à peine commencé, ce livre des Juges nous fait assister à un déclin aussi triste que rapide. Quelle en est la cause principale? L'oubli de la présence de l'Ãternel. Il n'est plus question de Guilgal, lieu du jugement de soi-même, et où se trouvait l'Ange de l'Ãternel. Quelle en est la conséquence? La puissance des hommes est redoutée, leurs chars de fer sont un sujet d'effroi (Prov. 29:25). Il peut y avoir une ressemblance apparente avec les temps de Josué. La prise de Luz fait penser à celle de Jéricho. Mais il n'est question de foi ni chez les fils de Joseph, ni chez l'homme qui révèle l'entrée de la ville. Rahab avait été épargnée à cause de sa foi. Tout différent est le cas du traître de Luz qui, au lieu d'habiter avec le peuple, va reconstruire sa ville ailleurs. Une victoire qui n'est pas le fruit de la confiance en Dieu n'est jamais durable.
Le déclin est général, mais chaque tribu se caractérise en tolérant ou subissant, avec plus ou moins de force de résistance, la présence d'ennemis sur son territoire. Dans l'Ãglise aussi le relâchement collectif est la conséquence du relâchement individuel. Chaque chrétien y a sa responsabilité personnelle. Demandons-nous, vous et moi: Quelle est la mienne? Quel a été mon témoignage depuis le jour de ma conversion?
Dieu avait bien des raisons pour exiger la destruction totale des ennemis d'Israël. Il voulait en particulier juger les Cananéens à cause de leur idolâtrie abominable, et aussi protéger Son peuple contre l'influence de leur idolâtrie. Moralement, le même danger existe pour nous. Une partie de notre temps se passe au contact de personnes inconverties: camarades de travail; parfois même certains membres de notre famille. Nous ne pouvons pas, en général, éviter ces relations. Mais nous devons veiller à ce qu'elles n'exercent aucune influence sur notre vie spirituelle. Prenons garde aux mauvaises compagnies (1 Cor. 15:33). Il y a des gens qu'il est nécessaire de fuir, même s'ils doivent se moquer de nous. Autrement ils ne tarderaient pas à nous «repousser dans la montagne», comme l'ont été les fils de Dan (v. 34), c'est-à -dire à nous empêcher de jouir paisiblement de ce que Dieu nous a donné.
L'Ange de l'Ãternel, chef de Son armée (Jos. 5:14), a attendu qu'Israël revienne à Guilgal, point de départ des glorieuses victoires d'autrefois. En vain! Alors il monte à Bokim, lieu des larmes. En comparant la faiblesse actuelle au glorieux commencement de lâhistoire de lâÃglise, n'est-ce pas l'humiliation qui nous convient?
Les années ayant passé, nous voyons se lever en Israël «une autre génération qui ne connaissait pas l'Ãternel ni l'Åuvre qu'il avait faite...». Cette génération n'avait pas fait l'expérience de la fidélité de Dieu dans le désert ni de Sa puissance en Canaan.
Câest un exemple sérieux à considérer pour nous qui faisons partie dâune nouvelle génération du peuple de Dieu, enfants de parents chrétiens qui avons «entendu parler» des merveilles que Dieu a faites pour les générations précédentes, mais qui ne connaissons peut-être pas le Seigneur par expérience personnelle. â Hélas, depuis le brillant réveil du 19° siècle, la pente a été tristement descendue. Les «anciens» dont nous avons entendu parler, s'en sont allés les uns après les autres, et si le Seigneur nous laisse quelques années encore, les plus jeunes dâentre nous auront leur tour de responsabilités à prendre. â «Souvenez-vous de vos conducteurs», recommande Hébreux 13:7. Ils nous ont laissé leur ministère écrit, leur exemple. Imitons par-dessus tout leur foi. Et puis, si eux nous ont quittés, le Seigneur nous reste. Présence suffisante même pour un temps de faiblesse comme celui d'aujourd'hui.
Dans ce livre des Juges, nous verrons constamment le même «cycle» se reproduire: Le peuple commence par abandonner l'Ãternel. Celui-ci emploie alors des ennemis pour réveiller sa conscience. Enfin Israël crie à Dieu qui, plein de compassion, le délivre en lui donnant un libérateur, un juge (voir aussi Ps. 107:6, 13, 19, 28). Ce cycle, hélas, se répète trop souvent dans la vie de chacun de nous. Quand, oubliant le Seigneur, nous subissons l'influence du monde, Il se sert parfois, pour nous réveiller, de lâinimitié de celui-ci.
Le v. 2 nous rappelle de quelle manière Dieu nous tient en état dâalerte et nous exerce à combattre. Il laisse subsister des ennemis expressément dans ce but. Une préparation militaire comporte nécessairement des exercices et des manÅuvres sans lesquels un soldat serait inapte à faire la guerre le moment venu. Combattre le bon combat de la foi est une exhortation permanente pour le chrétien (1 Tim. 6:12). Car la foi possède une double certitude: la première, que le monde est son ennemi; la seconde, que le monde est un ennemi vaincu. «Jâai vaincu le monde» est la dernière parole du Seigneur aux Siens avant la croix. Notre foi doit sâen emparer pour triompher à son tour (Jean 16:33; 1 Jean 5:4, 5).
La «verge» que Dieu emploie maintenant pour discipliner Son peuple, c'est Moab, cette même nation que lâÃternel avait jadis empêchée dâobtenir la malédiction dâIsraël de la bouche de Balaam. Dix-huit ans s'écoulent avant que le peuple retourne à l'Ãternel; précédemment huit ans avaient suffi (v. 8).
Dans Sa miséricorde, Il leur suscite un Sauveur: Ãhud le Benjaminite. Ãhud a «une parole de Dieu» pour Ãglon roi de Moab. Cette parole solennelle n'est autre que son épée à double tranchant, signifiant la mort pour le méchant. L'Ãpître aux Hébreux compare la Parole de Dieu, vivante et opérante, à une épée à deux tranchants (Héb. 4:12). Bienfaisante aujourdâhui pour celui qui se laisse sonder par son moyen, elle condamne et fera périr ceux qui n'auront pas cru (Apoc. 19:13-15).
L'arme de Shamgar, c'est encore la Parole de Dieu, mais cette fois telle que le monde la voit: un instrument sans aucune valeur apparente. Pourtant cette arme a une grande puissance et suffit à délivrer de nouveau Israël.
Faiblesse de l'homme (Ãhud était gaucher), faiblesse de l'instrument (l'aiguillon de Shamgar), l'une et l'autre font ressortir la puissance divine qui délivre ceux qui crient à Lui.
Au Nord du pays l'ennemi d'autrefois s'est reformé. Sous le même nom: Jabin; dans la même capitale: Hatsor (voir Josué 11:1). Et il opprime Israël pendant vingt ans. Veillons à ne pas perdre le fruit des victoires de ceux qui nous ont devancés. Il faut combattre tout à nouveau, et Debora, une femme prophétesse, «une mère en Israël» (5:7), va être employée par l'Ãternel pour juger et délivrer le peuple. Jeunes filles croyantes, ne pensez pas que vous êtes mises de côté dans les services de l'Assemblée. Certes il ne convient pas à la femme «d'user d'autorité sur l'homme», ni de prendre la parole en public (1 Tim. 2:12; 1 Cor. 14:34). Mais combien de chrétiennes ont obtenu, ne serait-ce que par leurs prières, de remarquables délivrances!
Debora appelle Barak, mais celui-ci manque de courage. Il a besoin de s'appuyer sur quelqu'un. Sa confiance en Dieu n'est pas suffisante pour se passer de tout secours humain (lire Ps. 146:3, 5). Notre courage dépend toujours de la mesure de confiance que nous avons dans le Seigneur. Si nous en manquons, faisons comme les apôtres au chapitre 4 des Actes. Ils demandent à Dieu «toute hardiesse» (v. 29) et, par l'Esprit, la reçoivent (v. 31).
Sisera s'est enfui à pied; ses neuf cents chars de fer ne lui ont été d'aucun secours. Il a cru trouver asile dans la tente du Kénien. Mais c'est la mort qu'il y a rencontrée par la main de Jaël, femme de foi. Elle est intéressante, cette famille du Kénien. Hobab, son ancêtre, avait jadis refusé d'accompagner Israël (Nomb. 10:29-30). Mais par la suite ses descendants suivirent le peuple (1:16), et c'est pour prendre part à présent à ses combats et à son triomphe.
Barak survenant, trouve son ennemi anéanti par une femme, perdant ainsi, comme l'en avait prévenu Debora, une partie de l'honneur de la victoire. Eh bien, Dieu discerne la foi où nous n'en voyons guère briller! Le nom de Barak figure dans la liste des fidèles témoins du chapitre 11 des Hébreux (v. 32). Quelle grâce! Le peu que le Seigneur nous permet de faire pour Lui, tout mêlé souvent de sentiments humains, ce peu a du prix pour Lui, et Il sâen souviendra.
Il est bien loin, le jour où tout le peuple chantait sur le rivage de la mer Rouge. Dans ce temps de faiblesse, nous nâentendons que deux voix, celles de Debora et de Barak, un homme et une femme de foi. Mais leur cantique n'est pas moins triomphant. Il commence par célébrer l'Ãternel à qui revient la gloire de la victoire.
Si le cantique de Barak et de Debora attribue justement à lâÃternel lâhonneur de la victoire, chaque tribu concernée ne doit pas moins recevoir sa louange ou son blâme. Certaines de ces tribus ont pris une part active aux combats. Zabulon et Nephthali, par exemple, ont exposé leur vie (v. 18; comp. Rom. 16:4; Phil. 2:30). Dâautres, au contraire, par lâcheté ou paresse, ne se sont pas engagées. Parmi elles les deux tribus et demie: Ruben, malgré des «considérations de cÅur», des hésitations, est resté auprès de ses troupeaux qui lui avaient déjà été en piège pour sâétablir au-delà du Jourdain. De même Galaad (Gad et Manassé; v. 17). Dan et Aser, retenus par leur commerce et leurs affaires, n'ont pas quitté les bateaux ni les ports. Le Seigneur ne peut pas se servir des indécis ni des gens trop occupés. à un moment ou à un autre lâoccasion est fournie de montrer ce qui a la priorité dans notre vie. Est-ce que ce sont les intérêts du peuple de Dieu, le bien de lâAssemblée? Ou bien ressemblons-nous à ceux dont Paul pouvait dire avec tristesse quâils cherchent «leurs propres intérêts, non pas ceux de Jésus Christ» ? (Phil. 2:21).
En rapprochant notre verset 12 du Psaume 68:18, cité en Ãphésiens 4:8, nous y discernons Christ vainqueur, délivrant les prisonniers de Satan, puis montant au ciel en triomphe. Merveilleuses paroles! Barak, cet homme timoré, peut donc être un reflet du Seigneur? Oui, et de même le plus faible racheté est appelé à Lui ressembler (2 Cor. 3:18).
Israël recommence à faire ce qui est mauvais aux yeux de l'Ãternel qui cette fois se sert de Madian pour le discipliner de la manière annoncée en Deutéronome 28:33. Chaque année, au temps de la moisson, ce peuple montait, telle une invasion de sauterelles, s'emparait des vivres et du bétail, pillait et ravageait tout le pays. â Que fait Satan pour affaiblir le croyant, pour le rendre spirituellement «très appauvri»? Il s'efforce de lui ôter sa nourriture. Avez-vous remarqué comme tout paraît quelquefois se liguer contre nous pour empêcher de lire notre Bible, ou pour nous priver d'une réunion d'édification? Câest lâÅuvre du diable, n'en doutons pas. Il connaît la force que nous en retirons, et il craint cette force-là .
Bien des jeunes rêvent de devenir très forts, des champions. Qu'ils imitent Gédéon! Voilà un homme fort (v. 12), énergique, qui se donne de la peine pour assurer sa subsistance et se mettre avec sa famille à l'abri de la disette. Forts et vaillants! Il ne s'agit pas de nos muscles bien sûr, mais de courage et de décision de cÅur pour le Seigneur; Dieu qui regarde (v. 14) voit si nous montrons cette vertu dans la vie de tous les jours.
En regardant à lui-même, Gédéon ne trouve pas cette force dont lui a parlé l'ange. Tout au contraire! Il est le plus petit dans le millier le plus pauvre. Mais, comme l'apôtre plus tard, comme vous et moi si souvent dans notre vie, Gédéon doit apprendre la leçon que voici: «Quand je suis faible, alors je suis fort» (2 Cor. 12:10); et «Je puis toutes choses en celui qui me fortifie» (Phil. 4:13). La force de Gédéon (v. 14) était celle de Dieu Lui-même: «la force que Dieu fournit» (1 Pierre 4:11) et qui «s'accomplit dans l'infirmité» du serviteur.
Précieuse rencontre avec l'Ange de l'Ãternel, figure de celle que nous devons nécessairement avoir avec le Seigneur une fois dans notre vie sur la base du sacrifice de la croix! La conséquence de cette rencontre n'est pas la mort, loin de là , c'est la paix (v. 23). Et Gédéon élève un autel en hommage à ce Dieu de paix qui s'est fait connaître à Lui. Puis, sitôt après, il doit apprendre qu'il y a des choses à renverser, à démolir et à couper. Nâavons-nous pas, nous aussi, des destructions à envisager si nous voulons être forts? Comment se pourrait-il quâune idole habite dans notre cÅur en même temps que le Saint-Esprit dont notre corps est devenu le temple?
Gédéon connaît à présent la paix intérieure. Mais en même temps, les combats qui vont commencer. En tout premier lieu il faut qu'il prenne position dans la maison paternelle. Où commence notre témoignage? à la maison, dans notre famille, en montrant à ceux qui nous connaissent le mieux, le changement que Dieu a opéré en nous (Marc 5:19). En ce qui concerne la plupart d'entre nous, une telle prise de position ne peut causer que de la joie à notre famille, tandis que pour beaucoup de jeunes convertis dans certains pays, musulmans par exemple, elle entraîne de terribles conséquences.
On sent qu'avant d'obéir Gédéon a passé par bien des tourments d'esprit. Il savait quel risque il courait (v. 30) même en agissant de nuit. Mais Dieu le soutient et change les dispositions de Joas, puis des hommes de la ville.
Après avoir travaillé en Gédéon, l'Ãternel va pouvoir travailler par son moyen. Sa trompette rassemble les combattants. Mais voyez! il manque encore de confiance. Il lui faut un signe, et l'Ãternel consent à lui donner ce double signe de la toison. Dieu est toujours patient envers nous, et Il nous montrera clairement Sa volonté, si nous la Lui demandons avec droiture.
à côté des multitudes de Madian, d'Amalek et de «tous les fils de l'Orient», la petite armée de trente-deux mille Israélites faisait déjà maigre figure. On peut donc imaginer la perplexité dans laquelle Gédéon dut être plongé quand l'Ãternel lui dit par deux fois: «Le peuple est trop nombreux» (vv. 2, 4). Mais il ne faut pas que celui-ci puisse s'attribuer par la suite l'honneur de la victoire. Un premier tri se fait: ceux qui manquent de courage s'en retournent, selon Deutéronome 20:8. Dix mille restent, que le test de lâeau va encore départager. Les uns se mettent à leur aise pour boire, les autres, à la hâte, lapent l'eau dans leur main. Ces derniers, au nombre de trois cents seulement, sont propres au combat. Ils savent faire passer la recherche de leurs aises après le but qu'ils poursuivent. Leçon pour nous dont le but est céleste! «Si quelqu'un veut venir après moi, avertit le Seigneur Jésus, qu'il se renonce soi-même» (Luc 9:23). N'est-Il pas digne de tout renoncement? Lui aussi a bu «du torrent dans le chemin» (Ps. 110:7), trouvant ici ou là quelque rafraîchissement pour son cÅur, mais sans perdre un instant de vue le but qu'il poursuivait: le triomphe de la croix et la gloire de Dieu Son Père (Luc 9:51 et Luc 12:50).
Un dernier encouragement pour Gédéon: le songe du Madianite expliqué par son compagnon. Une dernière leçon en même temps: il n'a pas plus de valeur qu'un pauvre pain d'orge. Alors le combat peut commencer. Dans la nuit, les trois petites troupes se disposent tout autour du camp ennemi, chacun à sa place. Observons bien quelles sont les armes de ces étranges soldats: un flambeau allumé à l'intérieur d'une cruche. Dans l'autre main une trompette, comme à Jéricho. Pas d'épée ni de lance; c'est l'Ãternel qui combat. «Afin que l'excellence de la puissance soit de Dieu et non pas de nous», explique 2 Corinthiens 4:6-7. Le même passage compare les croyants à des vases de terre dont la volonté doit être brisée, pour que le trésor resplendissant (Christ en eux) puisse rayonner au dehors.
à la sonnerie éclatante des clairons dans la nuit, aux lueurs fantastiques au flanc de la montagne, tout le camp soudain s'éveille épouvanté. Pris de panique, les hommes s'entre-tuent, fuient où ils peuvent. Et la poursuite commence, d'autres Israélites se joignant aux trois cents.
L'histoire d'Israël enregistre cette page glorieuse (Ps. 83:11). Le rocher d'Oreb avec le pressoir de Zeëb rappelleront aux générations à venir la délivrance de l'Ãternel.
Les leçons d'humilité que Dieu a enseignées à Gédéon ont porté leur fruit. Il est prêt à reconnaître la part que d'autres ont prise à la victoire. Et la colère des hommes d'Ãphraïm tombe devant sa réponse douce qui souligne l'importance de ce qu'eux avaient fait (vv. 2 et 3). Faire ressortir le travail des autres, mettre en valeur leurs qualités, au lieu d'insister sur notre travail et sur nos qualités est un fruit de la vie divine qui nâa rien de commun avec lâhypocrite diplomatie humaine. Pierre nous rappelle quâun esprit doux et paisible est dâun grand prix devant Dieu (1 Pierre 3:4).
Dieu a bien choisi les trois cents combattants. Ils ne tiennent pas plus compte maintenant de leur fatigue, que de leur confort et de leur soif au bord de la source (ch. 7). Ils ont un but et le poursuivent (v. 4). «Je fais une chose â déclare Paul â ... je cours droit au but» (Phil. 3:14). «Abattus, mais ne périssant pas» â dit-il ailleurs (2 Cor. 4:9). Comme Gédéon avec les hommes de Succoth et de Penuel, l'apôtre devra faire la pénible expérience de ceux qui «cherchent leurs propres intérêts» (Phil. 2:21), puis que tous l'ont abandonné (2 Tim. 4:16). Mais quel contraste avec la dure vengeance de Gédéon: Paul peut ajouter en vrai disciple de son Maître: «que cela ne leur soit pas imputé»!
Après la victoire, toute une série de dangers subtils menace encore le serviteur de Dieu. Hier, nous avons vu les jalousies d'Ãphraïm auxquelles Gédéon répond par la douceur. à présent voici les flatteries du monde. Mais ces compliments de Zébakh et Tsalmunna sur son visage â comme celui d'un fils de roi â n'empêchent pas Gédéon de les mettre à mort.
Un autre piège lui est tendu, cette fois par les Israélites: «Domine sur nous â disent-ils â et toi et ton fils... car tu nous as sauvés». Sa réponse est belle: «L'Ãternel dominera sur vous» (vv. 22, 23). Un serviteur doit veiller à ne pas prendre vis-à -vis des âmes la place qui revient au Seigneur, et les fidèles doivent prendre garde de ne pas flatter les serviteurs de Dieu (Matt. 23:8, 10).
Après ces victoires de Gédéon, voici un dernier «piège» (v. 27) dans lequel hélas il va cette fois tomber. En souvenir de sa victoire, il établit dans la ville un éphod (objet d'or rappelant la sacrificature) et tout Israël vient l'admirer, oubliant que le seul centre de la sacrificature était à Silo où se trouvait l'arche (Jos. 18:1). Puis Gédéon meurt... et le peuple retourne aux idoles!
Ce triste chapitre décrit les progrès rapides et effrayants du déclin.
Gédéon avait autrefois sagement refusé pour lui et son fils la domination qui lui était proposée, mais ensuite, la chair reprenant le dessus, il a donné au fils de sa concubine le nom dâAbimélec (mon père est roi â Juges 8:31). Ce dernier, par ruse et par violence s'empare du pouvoir. En contraste, voyez Jotham, le plus jeune des fils de Gédéon, seul réchappé de lâaffreux massacre de Sichem. Il n'a pas peur de dire la vérité et rend témoignage aux oreilles de toute une ville, un peu comme son père l'avait fait autrefois en construisant son autel et en renversant celui de Baal.
La parabole du roi des arbres est instructive pour nous. Elle souligne trois choses à ne pas laisser, à garder avec soin:
1° l'huile ou la graisse de l'olivier, figure du Saint-Esprit, seule puissance du chrétien;
2° la douceur et le bon fruit (du figuier) autrement dit les Åuvres de la foi;
3° le moût réjouissant Dieu et les hommes, image des joies de la communion avec Dieu et les uns avec les autres.
Accepter de régner ici-bas, autrement dit d'y occuper une place éminente, et de nous agiter pour le monde, ce serait nécessairement abandonner ces trois précieux privilèges. Que le Seigneur nous en garde tous!
Notre chapitre confirme la déclaration d'Ãsaïe à propos de tels hommes: «Leurs pieds courent au mal et se hâtent pour verser le sang innocent; leurs pensées sont des pensées d'iniquité; la destruction et la ruine sont dans leurs sentiers...» (Ãsaïe 59:7 cité en Rom. 3:15-16). Les choses ont-elles changé aujourd'hui dans le monde? Absolument pas! La politique des hommes reste dominée par la violence, le mensonge et l'agitation. «Irai-je m'agiter» parmi eux? C'était la question posée par Jotham dans sa parabole (vv. 9, 11, 13). Il aurait pu prendre parti contre Abimélec, pour venger ses frères assassinés. Mais il s'en garde bien! Loin du trouble et des intrigues, il est à Beër (v. 21; voir Nomb. 21:16), attendant paisiblement la délivrance de l'Ãternel. Et de la même manière que nous avons vu dans le camp de Madian les ennemis s'entre-tuer, à présent Abimélec et les hommes de Sichem travaillent à se détruire mutuellement. Ils sont l'un pour l'autre un feu dévorant. Ainsi se réalise ce que Jotham avait prédit (v. 20), et en même temps s'accomplit la parole toujours vérifiée dans l'histoire des hommes: «Ce qu'un homme sème, cela aussi il le moissonnera» (Gal. 6:7; voir aussi Gal. 5:15).
Deux juges sont nommés au début de ce chapitre: Thola et Jaïr, hommes considérés. Puis le déclin reprend de plus belle. Dans son égarement, Israël s'empresse à servir les dieux de tous les peuples possibles. Alors, comme précédemment, l'Ãternel emploie des ennemis pour le châtier. Ce sont cette fois les Philistins et les fils d'Ammon. Avoir adoré les idoles de ces deux nations n'est d'aucun profit à Israël. Remarquons que les premières victimes sont les tribus d'au-delà du Jourdain (v. 8). Elles sont littéralement «écrasées» (v. 7)! Enfin vient la confession: «Nous avons péché...!» Nous savons que c'est toujours le «mot de passe» pour revenir au Seigneur.
Et pourtant Dieu répond avec sévérité, disons même avec ironie: Ces dieux que vous vous êtes choisis, c'est le moment de faire appel à eux; ils nâont quâà vous sauver! Ah, c'est que la confession ne suffit pas! Il faut aussi ôter les idoles (comp. Gen. 35:2). C'est la pierre de touche d'un vrai travail de conscience. Le peuple le comprend. Alors nous entendons cette parole consolante: «Son âme fut en peine de la misère d'Israël» (v. 16). Quelle tendresse que celle de Dieu pour Son peuple misérable! En aurait-Il moins maintenant pour Ses enfants?
L'Ãternel «est un Dieu de pardons, faisant grâce et miséricordieux» (Néh. 9:17). Il va délivrer son peuple une fois encore, par la main de Jephté. L'histoire de ce juge commence un peu comme celle d'Abimélec. Mais au lieu de se rebeller, de se venger de ses frères, il renonce à ses droits et se retire au pays de Tob où Dieu sait le retrouver le moment venu.
Jephté, privé de sa part d'héritage, chassé par ses frères et exilé dans un pays étranger d'où il revient ensuite en libérateur, est sous cet aspect une figure du Seigneur Jésus. Le sauveur du peuple doit impérativement être aussi son chef et capitaine (Juges 10:18; 11:8, 9, 11); Christ est-il lâun et lâautre pour vous? Après avoir été rejeté par son peuple Israël qui n'a pas voulu reconnaître Ses droits, Christ est maintenant absent, monté au ciel d'où Il reviendra avec puissance et en vainqueur (voir Luc 19:12-14). Devant les ennemis d'Israël, Jephté est plein de courage. Comment répond-il à leurs réclamations, à leur mensonge? En rappelant les vérités du commencement et en s'appuyant sur les bénédictions d'autrefois. Exemple à suivre! Les principes de la Parole qui ont dirigé les croyants des générations passées, il nous faut bien les connaître et les maintenir avec fermeté (2 Thess. 2:15).
Jephté se croit obligé de payer à l'Ãternel, au moyen d'un sacrifice, sa victoire sur les fils d'Ammon. C'est bien mal connaître Dieu! Il se plaît à bénir les siens et attend seulement en retour de l'amour pour Lui! Il sauve gratuitement.
Voyez la folie de la promesse que fait Jephté. Dieu nous laisse parfois porter aussi les conséquences de ce que nous avons décidé précipitamment! Veillons donc de près sur nos paroles, car des promesses faites légèrement peuvent avoir de graves conséquences (Prov. 20:25).
Si la foi a manqué un moment chez Jephté, elle brille à présent chez sa fille. «Seule, unique», chérie par son père, sa soumission nous fait penser à celle du Seigneur Jésus (Jean 8:29). Elle ne tient pas sa vie pour précieuse et se réjouit de la victoire que l'Ãternel a donnée à Israël. Elle est obéissante jusqu'à la mort par amour pour l'Ãternel, pour son père et pour son peuple. En cela elle est une touchante figure de Christ quoique bien loin derrière Celui qu'elle représente.
Si la fille de Jephté méritait d'être célébrée d'année en année, infiniment plus digne est notre Seigneur Jésus d'être exalté dès ici-bas et pour toute l'éternité!
Au Juges 8:2 et 3, Gédéon avait fait l'expérience qu'«une réponse douce détourne la fureur». à présent Jephté va apprendre à ses dépens la suite de ce verset: «mais la parole blessante excite la colère» (Prov. 15:1). Il se heurte à ces mêmes hommes d'Ãphraïm, susceptibles, toujours prompts à contester (Juges 8:1 et Josué 17:14), espérant recueillir les fruits de la victoire sans avoir combattu, jaloux enfin du succès des autres alors qu'ils auraient dû se réjouir avec eux de la délivrance de l'Ãternel. à Jephté aussi ils reprochent de ne pas les avoir appelés au combat. Voyez la place que tient le moi dans sa réponse (vv. 2, 3). Et cette fois, c'est la guerre déchaînée Que c'est triste, une guerre entre frères! Pourtant les disputes dans nos familles ont le même caractère en plus petit! Et les causes en sont identiques: égoïsme, jalousie, susceptibilité. Pensons au grand commandement du Seigneur: «Comme je vous ai aimés, que vous aussi vous vous aimiez l'un l'autre» (Jean 13:34-35; Jean 15:12, 17), répété par l'apôtre Jean (1 Jean 3:23; 1 Jean 4:7, 11, 21).
Enfin, d'autres juges sont donnés à Israël, choisis dans différentes tribus. Temps de paix! Mettons à profit ceux qui nous sont donnés pour nous fortifier et non pour nous endormir
Une fois de plus Israël s'abandonne à la méchanceté, une fois de plus l'Ãternel le discipline par la main des Philistins. Une fois de plus... l'épreuve a-t-elle porté ses fruits? Malheureusement non! Quarante longues années s'écoulent. En vain Dieu attend,... prête l'oreille... Aucun cri ne monte cette fois vers Lui! Le peuple s'est habitué à son misérable état de servitude. Pourtant ici ou là quelques témoins sont fidèles et craignent l'Ãternel. Parmi eux Dieu nous présente Manoah et sa femme, un ménage pieux de la tribu de Dan, qui n'a pas d'enfant. Et voilà qu'un jour un visiteur céleste apparaît à la femme. Il a pour elle un heureux message: elle sera mère de celui qui commencera à sauver Israël de la main des Philistins. Cette scène nous transporte au début de l'Ãvangile de Luc où l'ange Gabriel annonce à Marie la venue glorieuse du Sauveur ici-bas.
Seulement il y a des conditions à remplir pour la mère comme pour l'enfant. Nazaréen selon Nombres 6, il devra être séparé pour Dieu et s'abstenir dâune forme de joies qui sont la part des autres hommes, représentées par le fruit de la vigne: Caractère de famille pas toujours facile, ni agréable à réaliser, mais... c'est celui que Dieu souhaite voir dans les maisons des siens (comp. Jér. 35:6â¦).
Ce n'est pas aux puissants en Israël que l'Ãternel fait connaître Ses pensées pour la délivrance de Son peuple; c'est à deux pauvres Israélites de Dan, la plus faible des tribus (chapitre 1:34). à qui Dieu révèle-t-il aujourd'hui Son plan de salut et le Sauveur qu'Il a donné? Aux petits enfants et à ceux qui leur ressemblent en simplicité de foi (Matt. 11:25). Lors de cette seconde visite de l'Ange, nous remarquons l'holocauste, l'offrande de gâteau, le rocher. Autant d'images de Christ qui nous sont familières. Mais l'Ange lui-même, qui est-il, quel est Son nom? Manoah qui avait ardemment désiré le connaître personnellement et pas seulement par l'intermédiaire de sa femme, obtient cette seule réponse: «Mon nom? Il est merveilleux» (v. 18). Pour que nous le reconnaissions, il n'a pas besoin d'en dire davantage. Ouvrons nos bibles en Ãsaïe 9:6. «On appellera Son nom: Merveilleux»! Et parce qu'Il est merveilleux, Il ne peut que faire «une chose merveilleuse» par laquelle nous Le reconnaissons aussi. LâAnge qui monte ici dans la flamme de l'holocauste, et Jésus qui, Son Åuvre achevée, «après leur avoir parlé fut élevé en haut dans le ciel» (Marc 16:19), sont une seule et même Personne.
C'était un grand privilège pour Samson de venir au monde dans une famille où Dieu était personnellement connu et craint. Peut-être avons-nous eu ce même privilège? Alors prenons garde à l'histoire de cet homme! Elle commence bien (Juges 13:24-25). Mais au moment de prendre une femme, il la choisit parmi les Philistins contre l'avis de ses parents. Expérience amère! Combien de jeunes l'ont faite après lui. Ils se sont engagés dans le chemin du mariage avec une personne qui «plaisait à leurs yeux» (v. 3) sans s'occuper de savoir s'il plaisait d'abord au Seigneur.
Pour bien comprendre l'histoire de Samson, il est nécessaire de se rappeler ceci: Il y a chez lui ce que fait l'homme... et combien c'est triste! Mais il y a aussi ce que Dieu fait par son moyen (se servant même de ses manquements: sens du v. 4); combien c'est glorieux! Et ce que Dieu accomplit par Samson, cet homme fort mis à part pour délivrer Israël, évoque à plus d'une reprise Jésus, le vrai Nazaréen, le grand vainqueur de la croix. Satan, le lion rugissant, s'est présenté sur le chemin de Christ et celui-ci l'a vaincu. De sorte que maintenant le terrible adversaire n'a plus de force contre le croyant qui le rencontre à son tour, en s'appuyant sur le Seigneur!
Les victoires du croyant, au lieu de le fatiguer et de l'affaiblir, lui procurent au contraire nourriture et douceur. Voilà ce que signifie le miel trouvé dans la carcasse du lion. Mais câest un secret que le monde ne peut pas comprendre car ses propres joies, il les trouve plutôt dans les fêtes (v. 10). Pour l'homme inconverti il y a là un mystère: Comment un chrétien peut-il trouver ses plaisirs et la nourriture de son âme là où lui-même ne discerne que la terreur et la mort (le pouvoir de Satan annulé par la mort de Christ â Héb. 2:14)? Samson pose son énigme aux Philistins et, sans la trahison de sa femme, ceux-ci n'auraient pu l'expliquer. Un peu plus tard, c'est son beau-père qui le trahit (Juges 15:2). Le monde est toujours trompeur, toujours décevant. S'il nous arrive comme à Samson de lui faire confiance, ou de nous mêler à ses joies, nous connaîtrons d'amères déceptions.
Dieu garde Son serviteur en lui évitant ce mariage avec une Philistine. Mais tout le souci et le tourment qu'il s'attire lui auraient été évités s'il avait écouté ses parents. Et Dieu n'aurait pas manqué de lui fournir une autre «occasion contre les Philistins».
Israël est tombé au plus bas. Non seulement il ne souffre nullement de la domination des Philistins, mais il est gêné par le libérateur que Dieu lui a donné. Les hommes de Juda montent pour lier Samson et s'en débarrasser. «Ne sais-tu pas que les Philistins dominent sur nous?» Cela revenait à lui dire: Nous sommes satisfaits comme cela. Pourquoi viens-tu nous attirer des difficultés?
Mais voilà l'occasion fournie à Samson! Il rompt les cordes neuves et, tout seul, remporte une éclatante victoire. Comme l'aiguillon de Shamgar (Juges 3:31), la mâchoire d'âne est une arme méprisable. Elle souligne que la victoire vient de Dieu seul.
Samson fait l'expérience qu'après le combat, il a besoin de l'eau que Dieu donne. En réponse à sa prière, elle jaillit pour lui du rocher, ce rocher qui parle toujours du Christ (1 Cor. 10:4). Dieu nous donnera de même, si nous les Lui demandons, les ressources fraîches et vivifiantes de Sa Parole que l'Esprit adapte à nos besoins.
Sa victoire sur le lion avait procuré à Samson de la nourriture; après celle-ci Dieu lui donne à boire. Les victoires que le Seigneur nous accordera, si nous nous attendons à Lui, seront toujours l'occasion de fortifier et de rafraîchir nos âmes en jouissant de Son amour.
Samson est un homme plein de contrastes: Physiquement très fort, moralement c'est un faible, habitué à céder à tous ses caprices. Extérieurement, il était séparé pour l'Ãternel; sa longue chevelure le montrait. Mais intérieurement, son cÅur était partagé. La preuve c'est qu'à présent il aime une ennemie de son peuple. Demandons-nous si ce que nous montrons au dehors correspond bien à l'état de notre cÅur? L'exercice corporel n'est pas inutile, mais ce qui a de la valeur pour le Seigneur, ce ne sont pas les exploits sportifs qui développent l'orgueil, ce sont les victoires secrètes sur nos convoitises. Par sa chevelure non coupée une jeune fille croyante montre extérieurement son obéissance. Encore faut-il que cette obéissance soit également dans son cÅur!
Réjouissons-nous de trouver aussi dans notre lecture une image de Celui qui a «brisé les portes d'airain, et a mis en pièces les barres de fer» (Ps. 107:16). Samson arrachant et emportant sur ses puissantes épaules les portes de Gaza, nous fait penser à Christ: Il a brisé les liens de la mort et délivré ainsi «tous ceux qui, par la crainte de la mort, étaient... assujettis à la servitude» (Héb. 2:15). Puis Il est ressuscité en puissance, avec les clés de la mort et du hadès (Apoc. 1:18).
Il y avait des secrets dans la vie de Samson: Son énigme au chapitre 14, et ici son nazaréat. Il n'a su garder ni l'un ni l'autre. Le racheté a ses propres secrets avec son Sauveur: telles expériences faites avec Lui dont il ne pourra peut-être parler à personne. Naturellement, notre conversion est une chose qui doit se savoir. Par contre nous ne pouvons pas toujours expliquer à autrui pourquoi nous faisons ou ne faisons pas telle ou telle chose (Dan. 3:16). Ce motif, c'est notre mise à part pour Dieu, notre «nazaréat» dont dépend notre force spirituelle. «Séparés de moi, vous ne pouvez rien faire» a dit le Seigneur Jésus (Jean 15:5). Alors si le monde arrive à découvrir en quoi consiste notre séparation, il saura aussi nous la faire perdre.
Séduisante, Deliia, jour après jour, harcèle le pauvre Samson. Et celui-ci, tourmenté, ennuyé «jusqu'à la mort», finit par céder. «Elle l'endormit», est-il ajouté. Fatal sommeil! «Ne dormons pas comme les autres, mais veillons et soyons sobres», recommande l'apôtre (1 Thess. 5:6).
Vainqueur d'un lion, l'homme fort à deux reprises n'a pas su garder sa langue (Juges 14:17 et Juges 16:17). «Toute espèce de bêtes sauvages... a été domptée par l'espèce humaine â déclare Jacques â mais pour la langue, aucun des hommes ne peut la dompter» (Jac. 3:7, 8). Pour y parvenir, il faut le secours de Dieu et Il ne l'accorde qu'à ceux qui Lui obéissent (1 Jean 3:22).
Pauvre Samson! Voici la fin de sa solennelle histoire: Aveugle, prisonnier, il devient un sujet de risée pour les ennemis de Dieu et de Son peuple. Et, ce qui est plus grave: sa honte rejaillit sur Dieu Lui-même puisque l'idole paraît plus puissante que le champion de l'Ãternel. Mais Dieu met un terme à une telle présomption de lâadversaire. Une dernière victoire sera accordée à Samson, la plus grande quâil ait jamais eue, mais il y perdra la vie.
Samson a ainsi perdu successivement sa force, sa liberté, sa vue et enfin sa vie. Méditons ce récit nous tous qui avons été élevés dans la connaissance du Seigneur Jésus. Nous avons beaucoup reçu; notre position est privilégiée. Il est vrai que nous sommes tenus à un «nazaréat» â à une séparation d'avec le monde et d'avec la plupart de ses plaisirs. Mais quelle compensation!: Une force surnaturelle de source divine, celle du Saint-Esprit, est à votre disposition. Et, dans le chemin de la volonté de Dieu, rien ne résiste à cette force-là ! Puissions-nous être et rester de ceux auxquels s'adresse l'apôtre Jean: «Je vous ai écrit, jeunes gens, parce que vous êtes forts, et que la Parole de Dieu demeure en vous, et que vous avez vaincu le méchant» (1 Jean 2:14).
Voici une triste famille, bien différente de celle de Manoah. Le fils vole, la mère jure par des imprécations, puis de la même bouche (voir Jac. 3:10), elle bénit son fils au lieu de lui faire sentir la gravité de sa faute. Enfin, elle fait fabriquer pour lui des images taillées. La loi qui défendait ces pratiques est donc complètement mise de côté, bien que le nom de l'Ãternel soit mêlé aux paroles de cette femme. «Ce peuple m'honore des lèvres â dira le Seigneur â mais leur cÅur est fort éloigné de moi» (Matt. 15:8; Ãsaïe 29:13; 46:6). Avertissement pour chacun de nous! Prononcer le nom du Seigneur exige que nous nous retirions du mal (2 Tim. 2:19). Appeler Jésus notre Seigneur, signifie que nous reconnaissons Son autorité. Ici au contraire, chacun fait ce qui est bon à ses propres yeux. C'est le cas de Michée, de sa mère et aussi de ce jeune lévite de Bethléhem que Michée s'établit comme sacrificateur et qu'il consacre sans aucun droit pour le faire. Hélas! ce jeune homme est un petit-fils de Moïse (Juges 18:30). Qu'aurait pensé celui qui avait apporté la loi, détruit le veau d'or, enseigné le cantique solennel (Deut. 32), en voyant son propre petit-fils devenir sacrificateur d'une image taillée! Les descendants dâun homme de Dieu ne sont pas à lâabri dâun naufrage spirituel.
La propre volonté et l'esprit d'idolâtrie manifestés dans la maison de Michée ont contaminé une tribu entière, comme notre chapitre nous le relate. Il en est toujours ainsi. Avant de se répandre et de troubler le peuple de Dieu, le mal a commencé par germer dans les familles.
Le lot des Danites ne leur était pas encore échu en ces jours-là , nous apprend le verset 1. Alors, au lieu de consulter l'Ãternel et de s'attendre à Lui, ils décident dans leur impatience de choisir eux-mêmes un héritage. Esprit d'indépendance! Et aussi, choix d'une solution facile. Nous nous souvenons que les fils de Dan s'étaient laissé repousser dans la montagne (Juges 1:34). Au lieu de s'emparer de ce qui leur était destiné et qui était à leur portée, mais qui exigeait l'énergie de la foi, ils entreprennent une expédition à l'autre bout du pays. Peut-être faisons-nous comme eux plus souvent que nous ne le pensons. Le Seigneur nous a préparé un service dans notre entourage. Mais nous reculons devant les exercices de foi et les combats que nous demanderait ce service. Et nous préférons une action plus spectaculaire dans la direction que nous avons choisie nous-mêmes.
La prise de Laïs n'a rien de commun avec les conquêtes de la foi du temps de Josué. Que voyons-nous chez Dan? Convoitise de «tout ce qui est sur la terre» (v. 10), confiance en sa force en même temps que lâcheté, ingratitude, vol, mauvaise foi et, pour couronner le tout, établissement d'un culte idolâtre. Quel tableau! Et nous passons par-dessus les chapitres suivants (lesquels rendent ce tableau plus sombre encore) pour arriver au dernier verset du livre, répétition du Juges 17:6: «Chacun faisait ce qui était bon-ses yeux». Cette phrase résume l'état d'Israël au temps des juges. Et elle résume aussi tristement celui de la chrétienté dans nos jours actuels. Si le livre de Josué a été rapproché des «Ãphésiens», l'épître qui ressemble le plus au livre des Juges est la 2e-Timothée (en particulier son 2 Tim. 3). Mais cette succession de hauts et de bas, de chutes et de restaurations, n'est-ce pas aussi trop souvent notre histoire? Soyons gardés de faire ce qui est bon à nos yeux auxquels nous ne pouvons pas nous fier, et appliquons-nous plutôt à faire ce qui est agréable au Seigneur (Ãph. 5:10; Héb. 13:21).
Fait bien solennel, Jonathan, petit-fils de Moïse, a donc confirmé ce quâavait prophétisé son grand-père en Deut. 4:25.
Comme un rayon de lumière, après les sombres pages du livre des Juges, Dieu nous donne l'histoire de Ruth. Ce beau récit nous apprend que la foi personnelle peut exister dans tous les temps et chez tous les peuples, et que Dieu est toujours prêt à faire de grandes choses pour répondre à cette foi.
Dans ces jours où les juges jugeaient, voici un homme, Ãlimélec, qui fait, comme chacun «ce qui est bon à ses yeux». Il quitte l'héritage de l'Ãternel et va s'établir avec les siens dans les champs de Moab, c'est-à -dire au milieu des ennemis de son peuple. On ne gagne rien à s'éloigner de Dieu. Qu'en résulte-t-il pour cette famille? La mort, les larmes, la misère, l'amertume! Et voilà Naomi la veuve, avec ses deux belles-filles, veuves elles aussi, sur le chemin du retour. Triste retour? Oui, mais pourtant heureux retour pour celui qui, à bout de ressources, tourne vers Dieu ses pensées et ses pas. Ainsi le fils de la parabole, dans le pays éloigné, se souvenant du lieu où il peut trouver du pain en abondance, se lève et s'en retourne à la maison paternelle reconnaissant son péché (comparer verset 6 avec Luc 15:17). On appelle cela la conversion. Nous aimons à penser que chacun de nos lecteurs connaît le sens de ce mot par expérience personnelle?
Orpa n'avait pas longtemps balancé. D'un côté: le veuvage, la misère en compagnie d'une femme triste et âgée, un peuple et un Dieu inconnus. De l'autre: sa propre nation, l'affection des siens, la perspective de fonder un nouveau foyer, ses idoles familières. Ses larmes vite séchées nous rappellent ce jeune homme qui, parce qu'il préférait ses richesses, s'en alla tout triste au lieu de suivre le Seigneur. «Je te suivrai où que tu ailles» dit un autre homme à Jésus. Mais Celui-ci le prévient: «Le Fils de l'homme n'a pas où reposer Sa tête» (Matt. 19:22; Matt. 8:19-20 â voir aussi Luc 14 versets 25 et suivants). Chez Ruth tout a été bien pesé; elle a calculé la dépense. Sa décision est irrévocable; c'est le choix de la foi. Elle s'est attachée à Naomi, mais aussi à son peuple, à son Dieu. Sans regarder en arrière, sans se laisser non plus arrêter par des craintes au sujet de l'avenir, elle se met en route avec sa belle-mère et arrive à Bethléhem: Ce nom signifie «maison du pain», lâabri par excellence contre la famine spirituelle. Là , avec le consentement de Naomi, elle va chercher sa subsistance. Et Dieu la conduit «fortuitement» (mais d'une main sûre) dans les champs de Boaz, l'homme qu'Il a préparé pour lui donner consolation et repos.
Ruth n'avait encore eu affaire qu'aux serviteurs de Boaz. à présent elle rencontre personnellement cet ami puissant et riche (v. 1), «figure» particulièrement belle du Seigneur Jésus. Boaz évoque pour nous l'Ami suprême, débonnaire et compatissant, celui dont Dieu peut dire au Psaume 89:19: «J'ai placé du secours sur un homme puissant». â Voyez-le dans cette ville de Bethléhem (celle-là même où le Sauveur devait naître), bénissant ses serviteurs et les dirigeant, veillant à tout, remarquant la pauvre glaneuse, usant enfin envers elle d'une grâce pleine de délicatesse qui met en confiance la jeune femme craintive. Il l'invite à s'approcher, parle à son cÅur et la console.
L'expérience que Ruth a faite, il faut que chacun de nous la fasse aussi. Il ne suffit pas de connaître les serviteurs du Seigneur: pasteurs, docteurs ou évangélistes, et de trouver auprès d'eux, ici et là , quelques enseignements tirés de la Parole de Dieu. Chacun doit avoir affaire directement au Seigneur Jésus. Alors Il parlera Lui-même-notre cÅur. Il nous fera comprendre ce qu'Il a traversé pour nous quand Il vint ici-bas pour souffrir et mourir (ce grain rôti du verset 14). Et Il nous rassasiera des trésors de Son amour.
En Israël, lors de la moisson, les coins du champ devaient être laissés au pauvre et à l'étranger qui viendraient pour glaner (Lév. 23:22; Deut. 24:19). Ruth a par conséquent un triple droit pour profiter de cette disposition de la grâce. Glaner nous parle de l'activité nécessaire pour que notre âme soit nourrie de ce que le Seigneur Jésus donne. Et souvent c'est avec l'aide des serviteurs de Dieu qui nous permettent de mieux entrer dans Ses pensées. Cela demande quelque effort, mais le Seigneur, vrai Boaz, ne sera pas en reste et donnera «bonne mesure pressée et secouée et qui débordera...» (Luc 6:38). Ruth bat sa récolte et la rapporte à la maison. Faisons profiter les nôtres des biens excellents que le Seigneur nous a fait trouver dans Sa Parole.
Nous avons remarqué le dévouement de Ruth à l'égard de Naomi. Admirons maintenant sa soumission envers sa belle-mère. Jeunes filles, quels exemples Ruth vous donne! Elle fait tout ce que lui demande Naomi qui, de son côté, pense au repos et au bonheur de sa fille (Ruth 3:1). Où trouver ce repos et ce bonheur sinon aux pieds de Boaz, figure d'un plus grand que lui? Combien sont venus à Jésus fatigués et chargés et ont trouvé le repos de leur âme! (Matt. 11:28-29).
«Il n'y a personne â affirme Jésus à Ses disciples â qui ait quitté maison, ou frères, ou sÅurs, ou père, ou mère, ou enfants, ou champs, pour l'amour de moi... qui n'en reçoive maintenant, en ce temps-ci, cent fois autant...» (Marc 10:29-30 â voir aussi Héb. 6:10). Ruth ne s'était pas trompée dans son choix. Aussi n'a-t-elle pas perdu sa récompense. Boaz qui avait demandé pour elle la bénédiction de l'Ãternel (Ruth 2:12) va être lui-même le prix qui récompensera sa foi. â Il en est ainsi du Seigneur Jésus pour les siens.
«Jâai fait la perte de toutes choses... â écrit l'apôtre Paul â afin que je gagneâ¦Â» une récompense? Non; «afin que je gagne Christ» (Phil. 3:8).
Mais quelque chose est nécessaire d'abord. Il faut que Ruth soit rachetée, et Boaz sans tarder s'occupe de cette question. Le plus proche parent, malgré son désir, ne le pouvait pas (v. 6). Il nous fait penser à la loi et à son incapacité quand il s'agit de sauver les hommes, ou de les introduire dans les bénédictions de Dieu. En Boaz au contraire nous avons la grâce divine. Quand il n'existe plus d'autre ressource, cette grâce se révèle dans une Personne: Jésus le Rédempteur, c'est-à -dire Celui qui rachète.
Les noms dans la Bible ont quelquefois une signification intéressante. Il en est ainsi dans ce livre de Ruth. Nous avons vu Naomi: mes délices, devenir Mara: amertume (Ruth 1:20). Makhlon, premier mari de Ruth, signifie: défaillance, grande faiblesse; tandis que Boaz (son deuxième époux), veut dire au contraire: en lui est la force (voir 1 Rois 7:21). Ruth, enfin, peut se traduire (entre autres) par satisfaite (1 Tim. 6:6). Quel nom magnifique!
Lié par nature à un état de misère et de faiblesse totale, le pécheur est introduit par grâce dans une relation avec Christ, l'Homme céleste en qui est la force et qui seul peut pleinement le satisfaire. Et cette grâce est encore soulignée par le fait que le Moabite n'avait pas le droit d'entrer dans la congrégation de l'Ãternel (Deut. 23:3). Eh bien, non seulement Ruth est introduite en Israël, mais elle fera partie de la famille des princes de Juda. Mère dâObed qui signifie celui qui sert, elle deviendra l'arrière-grand-mère de David et prendra place dans la généalogie du Seigneur Jésus. C'est la même grâce qui aujourd'hui encore fait entrer, sans qu'il y ait aucun droit, un pécheur dans la famille de Dieu, en lui donnant un Rédempteur.
Nous abordons aujourd'hui les livres de Samuel. Cependant l'époque des juges n'est pas terminée et nous en verrons deux encore: Ãli et Samuel, avant le début de la période des rois. Comme Il l'a fait pour Samson, Dieu commence par nous présenter la famille dans laquelle va naître Samuel. Elkana était un Lévite (1 Chr. 6:33-38) qui habitait la montagne d'Ãphraïm. Il avait deux femmes: Peninna et Anne. Ce n'était pas selon la pensée de Dieu, et voyez quelles en sont les conséquences dans cette maison: de continuelles disputes, au point que Peninna peut être appelée l'ennemie d'Anne. Au lieu de consoler celle-ci parce qu'elle n'a pas l'enfant qu'elle désire, Peninna ne cesse de la «chagriner aigrement». Des ennemis dans une famille? Quelle tristesse! Où en sont nos rapports entre frères et sÅurs?
Chaque année Elkana montait avec sa famille à Silo, le lieu où l'Ãternel avait mis la mémoire de Son nom. Là se trouvait l'arche avec les sacrificateurs. Anne, cette fois, y apporte son chagrin et l'expose-Dieu dans la prière. N'était-ce pas ce qu'elle avait de mieux à faire? Imitons-la, au lieu de répondre à ceux qui peuvent nous causer de la peine. Nous aurons affaire au «Dieu de toute consolation» (2 Cor. 1:3).
Dieu ne répond pas aux prières qui ont pour objet notre propre satisfaction (Jac. 4:3). Au contraire quand notre but est Sa gloire, Il ne manque jamais de nous exaucer (Jean 14:13). C'est le cas d'Anne. Elle a demandé un fils, non pas pour le garder égoïstement auprès d'elle mais afin qu'il devienne un serviteur de Dieu «pour tous les jours de sa vie». C'est aussi le plus cher désir des parents chrétiens, que leurs enfants, dès leur jeune âge, soient consacrés au Seigneur Jésus. Telle a été sans doute pour plusieurs d'entre nos jeunes lecteurs la prière de leurs parents dès avant leur naissance. Mais la réponse dépend aussi de votre désir personnel. Si vous avez, comme Samuel, une maman pieuse qui jour après jour vous a présenté au Seigneur, vous êtes privilégié, mais aussi bien responsable.
Anne a exposé sa requête à Dieu «par des prières et des supplications», comme y exhorte Philippiens 4:6. Mais elle a aussi réalisé le verset précédent en répondant avec douceur à Ãli qui l'a injustement accusée d'être ivre. Maintenant elle n'a plus le même visage. La paix de Dieu remplit son cÅur (Phil. 4:7) avant même la réponse qui ne tardera pas. «Dieu a exaucé» sera le nom du petit Samuel.
Selon Philippiens 4:6, verset cité hier, les actions de grâces, sont le complément indispensable de nos prières. Anne ne manque pas à présent de remercier Celui qui lâa exaucée. N'oublions pas de le faire, nous non plus, chaque fois que Dieu nous a répondu. Mais Anne va plus loin encore. C'est pour elle l'occasion de célébrer l'Ãternel dans un beau cantique. Quels sont les motifs de sa louange?: La sainteté de Dieu (v. 2), Sa connaissance (v. 3), Sa puissance (v. 6), Sa justice (v. 10). Mais par-dessus tout elle exalte la grâce dont elle porte le nom (Anne signifie grâce) et dont elle est l'objet. Cette grâce prend le pauvre misérable (vous et moi) de la poussière â image de la mort â et de dessus le «fumier» du péché, pour lui donner une part avec Jésus dans Sa gloire et dans Son règne.
Enfin les derniers mots de ce cantique introduisent ce roi puissant, cet «oint» qui est le Seigneur Jésus (dans la Parole la corne est le symbole de la puissance). Est-ce que nous nous réjouissons, comme le fait Anne, dans un tel salut (v. 1), dans un tel Sauveur? Il est instructif de comparer les paroles de Marie en Luc 1:46-55 avec ce cantique d'Anne. Elle aussi se réjouit, non seulement en Dieu son Sauveur, mais dans ce que Sa puissance et Sa grâce ont fait pour tout Israël (v. 54).
Ainsi qu'elle l'avait promis, Anne s'est séparée de son petit garçon qui demeure désormais avec Ãli à Silo dans la présence de l'Ãternel. Et nous remarquons le contraste entre ce jeune enfant qui sert et les fils d'Ãli, déjà des hommes, dont la mauvaise conduite était un scandale pour la sacrificature. Quel triste exemple ces derniers offraient en effet à tout le peuple et en particulier au petit Samuel qui les voyait tous les jours! Vous qui êtes des aînés, faites attention à l'exemple que vous donnez aux plus petits qui vous observent. Souvenez-vous de cette sérieuse parole du Seigneur: «Quiconque est une occasion de chute pour un de ces petits qui croient en moi, il serait avantageux pour lui qu'on lui eût pendu au cou une meule d'âne et qu'il eût été noyé dans les profondeurs de la mer» (Matt. 18:6). Et quant à vous les plus jeunes, ne vous laissez pas influencer par la conduite mauvaise de certains aînés, de certains soi-disant chrétiens. Regardez au Seigneur Jésus!
Nous constatons par cette belle histoire de Samuel qu'un tout jeune enfant peut déjà servir. Et qu'il peut aussi déjà ressembler Jésus (comparer le verset 26 avec Luc 2:52).
à l'égard du peuple l'inconduite des fils d'Ãli était un scandale. Mais surtout vis-à -vis de Dieu, quel déshonneur jeté sur Son nom! Hophni et Phinées (celui-ci porte pourtant le même nom qu'un sacrificateur fidèle: Nomb. 25:10) avaient été élevés dans la proximité du sanctuaire, au contact des vérités divines. Grande était leur responsabilité par rapport au reste du peuple! Grande est aussi la nôtre, à nous qui avons eu les mêmes privilèges par votre éducation!
Ãli, pieux lui-même, n'a pas su retenir ses enfants. Certes il leur a bien fait quelques remontrances (v. 23), mais il a manqué envers eux de fermeté. Certains enfants trouvent quelquefois leurs parents trop sévères. Quâils considèrent chez les fils d'Ãli les conséquences d'une éducation qui n'était pas assez ferme. Et pour Ãli lui-même ces conséquences sont dramatiques: Sa maison déchue de la sacrificature, ses fils retranchés. Un prophète est chargé de lui apporter ce triste message. Le Nouveau Testament nous confirme que, si les enfants d'un serviteur de Dieu ne sont pas soumis et disciplinés, ils peuvent ôter toute puissance au ministère de leur père (1 Tim. 3:4-5). Avertissement qui concerne peut-être l'un ou l'autre de nos jeunes lecteurs.
Depuis sa petite enfance, Samuel appartenait à l'Ãternel et Le servait. Mais il lui manquait la connaissance personnelle du Seigneur et la communication de Sa parole (v. 7). On peut posséder le salut, en jouir, et pourtant mal connaître pour soi-même la personne du Sauveur. C'était le cas de Job: «Mon oreille avait entendu parler de toi, maintenant mon Åil t'a vu» (Job 42:5). C'est probablement le cas de beaucoup de jeunes chrétiens. Quâils demandent au Seigneur Jésus de se faire connaître à eux toujours mieux.
Dieu parle! Non plus en visions, mais dans Son saint Livre qui s'adresse à chacun. Lisons-le comme s'il n'avait été écrit que pour nous. L'attitude de Samuel est celle que nous avons à prendre chaque fois que nous ouvrons notre Bible. «Parle, car ton serviteur écoute». Encore faut-il être prêt à faire ensuite ce que le Seigneur nous aura dit. Oui, cette belle réponse nous invite à nous mettre comme lui, à l'entière disposition du Seigneur, en lui demandant comme Saul, aussitôt quâil a été converti: «Que dois-je faire, Seigneur?» (Actes 22:10).
Ãli entend toutes les paroles solennelles que lui rapporte soigneusement le jeune serviteur. Il est soumis lui aussi: «C'est l'Ãternel, qu'Il fasse ce qui est bon à Ses yeux» (v. 18).
Le triste état du peuple va nécessiter une nouvelle discipline de la part de l'Ãternel. Les Philistins vont être les instruments de Dieu pour lui apprendre de dures leçons. Israël monte contre eux sans consulter l'Ãternel. Qu'aurait répondu Dieu s'Il avait été interrogé?: Ne montez pas! Je ne puis vous donner la victoire à cause de vos péchés. Commencez par vous humilier.
C'est ce qui s'était passé au moment de la prise d'Aï. Mais le peuple ne se préoccupe aucunement de ce que peut penser l'Ãternel. Même une première défaite ne lui apprend rien. Au contraire! L'Ãternel nous a battus? â disent-ils â Qu'à cela ne tienne! Nous allons Le prendre avec nous; Il sera bien obligé ainsi de nous soutenir.
Tant de personnes dites chrétiennes croient pouvoir disposer de Dieu à leur guise. Elles font leur propre volonté et en même temps se réclament bruyamment du Seigneur (voir Matt. 7:21). Mais il devra leur dire un jour: «Je ne vous connais pas» (Matt. 25:12). Ainsi Dieu est bien loin d'approuver tout ce qui est fait en Son nom dans la chrétienté. Le beau nom de Christ s'y trouve souvent associé à du mal connu, mais dont on ne désire pas se séparer.
Les calculs ont été déjoués. La présence de l'arche au milieu du peuple en mauvais état n'a pas empêché le désastre. L'arche est prise (voir Ps. 78:60, 61). Quelle honte pour un régiment quand l'ennemi lui prend son drapeau! à plus forte raison s'il s'agit, comme pour Israël, du trône même de son Dieu. Comment célébrer le jour des expiations (Lév. 16:14-15) sans le saint propitiatoire où le sang devait être apporté? Mais aussi comment le faire sans les descendants d'Aaron pour accomplir les ordonnances? car, du même coup, la sacrificature a été frappée à mort. Hophni et Phinées ont été tués tous les deux.
Ãli aurait peut-être eu un moyen d'arrêter le châtiment divin sur tout Israël. Selon Deutéronome 21:18-21, il devait désigner ses fils au peuple pour être lapidés à cause de leur mauvaise conduite. Il n'en avait pas eu le courage. Or maintenant, non seulement Hophni et Phinées ont péri, mais 34.000 hommes sont morts avec eux. Et l'arche sainte, la gloire d'Israël, s'en est allée. Cette dernière nouvelle est celle qui tue le vieillard. L'arche lui tenait à cÅur plus que les siens, et il en est de même pour sa belle-fille. En appelant son fils nouveau-né: I-Cabod (= privé de gloire, ou: la gloire sâen est allée), c'est l'oraison funèbre de son peuple qu'elle prononce.
L'Ãternel a permis que l'arche tombe entre les mains des Philistins. Mais il faut qu'ils sachent ceci: Si Israël a été battu ce n'est pas à cause de la supériorité du dieu philistin; c'est parce que Lui, l'Ãternel, l'a ainsi décidé. Il va montrer aux ennemis de Son peuple qu'ils ont chez eux «l'arche de Sa force» (Ps. 132:8). Par deux fois l'idole s'effondre devant le Dieu d'Israël. Puis, comme autrefois en Ãgypte, des plaies frappent les ennemis de l'Ãternel. Sa puissance est démontrée par les jugements.
Voyez encore l'égoïsme du cÅur humain. C'est à qui renverra chez les autres un objet aussi dangereux.
Détournons maintenant nos regards de ces tristes circonstances; portons-les sur Jésus, dont l'arche est toujours la belle image. Au chapitre 18 de Jean, on Le cherche pour se saisir de Lui. à cette parole: «C'est moi!», les hommes reculent et tombent par terre, comme ici la statue de Dagon. Il se laisse prendre; on l'envoie d'Anne à Caïphe, d'Hérode à Pilate (de même que l'arche d'Asdod à Gath et de Gath à Ãkron). Mais ceux qui disposent ainsi de Lui, qui L'outragent et qui Le condamnent, doivent apprendre ceci de Sa bouche: Ils verront «le Fils de l'homme assis à la droite de la Puissance, et venant sur les nuées du ciel» (Matt. 26:64).
Au lieu de rejeter leur idole impuissante, pour craindre et servir dorénavant l'Ãternel, les Philistins n'ont qu'une idée: se défaire au plus vite d'un Dieu aussi redoutable. Ceci nous rappelle une scène de l'Ãvangile: La puissance du Seigneur venait de délivrer Légion, le démoniaque, au pays des Gadaréniens. Ceux-ci avaient l'inestimable privilège d'une visite du Fils de Dieu. Hélas, aveuglés par leurs intérêts, ils ne considèrent que la perte de leurs pourceaux. Au lieu de se réjouir et de recevoir Jésus, ils Le prient de s'en aller de leur territoire (Marc 5:17).
Le monde n'a pu supporter la présence du Seigneur, parce que Sa perfection le jugeait. Alors il a voulu se débarrasser de Lui.
Les Philistins reconnaissent la puissance indiscutable du Dieu d'Israël. Ils L'honorent à leur manière ignorante. Et l'arche revient en terre d'Israël, non sans avoir de nouveau montré son pouvoir. En effet, malgré l'absence de conducteur, et tiré par ces vaches qui, contrairement aux instincts naturels, s'éloignent de leurs petits, le chariot qui la porte se dirige en droite ligne vers la frontière d'Israël.
Les habitants de Beth-Shémesh ont l'honneur de recevoir l'arche. Mais ils se permettent d'en soulever le propitiatoire (le couvercle) et Dieu les punit sévèrement (comparer Nomb. 4:20). Avertissement pour nous quant au saint respect dû à la personne de Jésus. Dieu ne tolère à Son sujet aucune curiosité profane.
Hélas, devant le châtiment, les Beth-Shémites réagissent comme les Philistins, souhaitant se défaire de cette arche trop sainte pour eux. â Certains chrétiens ressemblent à ces hommes. Plutôt que de se juger et de mettre en ordre leurs affaires, ils préfèrent éloigner le Seigneur de leur pensée et de leur vie. Sa présence les gêne. N'est-ce pas triste?
Mais Dieu nous présente maintenant ceux qui, au contraire, sont heureux de Le recevoir. Les habitants de Kiriath-Jéarim accueillent l'arche et la placent dans la maison d'Abinadab sur la colline.
Nos pensées vont de nouveau vers Jésus. Tandis que Son peuple Le rejetait; Il n'avait pas un lieu où reposer Sa tête, mais dans une certaine occasion, «une femme nommée Marthe Le reçut dans sa maison» (Luc 10:38). Maison d'Abinadab, maison de Béthanie: joie et bénédiction pour celui qui ouvre sa porte, joie pour l'Hôte divin qui y est honoré! (Apoc. 3:20).
«Il se passa un long temps, vingt années»! (v. 2). Pour qui ce temps est-il long? Pas pour le peuple qui n'a pas l'air d'en souffrir! Ni pour Abinadab et les siens, sans doute, heureux de la présence de l'arche dans leur maison! Mais Dieu, qui attendait, a compté ces vingt longues années.
Enfin le travail de conscience se produit: le peuple se lamente. Samuel lui parle de la part de l'Ãternel. Il s'agit de se détourner des idoles pour servir le Dieu vivant et vrai (1 Thess. 1:9). Israël obéit et Samuel peut alors parler à l'Ãternel en sa faveur.
Mais le rassemblement du peuple de Dieu ne peut convenir à l'ennemi. Il le considère comme une provocation. Les Philistins s'avancent,... et l'Ãternel donne la victoire à Israël: Réponse à lâhumiliation du peuple repentant et à lâintercession du médiateur fidèle. Ãben-Ãzer: Pierre de secours; «l'Ãternel nous a secourus jusqu'ici» (v. 12). Chacun de nous peut-il aussi le dire avec reconnaissance? heureuses expériences qui glorifient la grâce divine; il faut nous en souvenir.
Samuel sera le dernier des juges (Actes 13:20). Il remplit ses fonctions vis-à -vis du peuple. Mais en même temps il reste, par son autel, en communion avec l'Ãternel, devant lequel, tout jeune, il avait appris déjà à se prosterner (1 Sam. 1:28).
Les fils de Samuel, comme ceux d'Ãli, n'ont pas marché dans les voies de leur père. Voilà qui est sérieux à considérer pour tous les enfants de parents chrétiens. Pour jouir de la faveur de Dieu, il ne suffit pas, comme le pensaient les Juifs, d'avoir un Abraham pour père (Matt. 3:9).
à présent le peuple vient au prophète avec une demande qui le chagrine profondément. Il voudrait un roi, comme toutes les nations. Vouloir être comme tout le monde: Au fond c'est souvent aussi notre désir, car nous n'aimons guère nous faire remarquer. Ne pas agir comme ceux qui nous entourent entraîne généralement des moqueries, de l'incompréhension, des accusations d'orgueil. Pourtant, si «nous sommes maintenant enfants de Dieu» (1 Jean 3:2), cela même établit entre nous et notre entourage, une différence fondamentale, une différence qui en entraînera beaucoup d'autres: L'inconverti n'accepte pas l'autorité de Dieu, tandis que le croyant reconnaît au contraire Jésus Christ comme son Maître et son Seigneur.
Samuel est chargé d'avertir le peuple de ceci: alors que l'Ãternel était un Souverain qui comblait Ses sujets de Ses largesses, le roi qu'il désire sera exigeant et son régime sévère.
Une nouvelle période de l'histoire d'Israël commence avec notre lecture d'aujourd'hui. C'est celle de la royauté. Le peuple éprouve le besoin d'une belle organisation extérieure comme lâhomme les aime: une monarchie avec toute la vaine pompe qui sây rattache (Actes 25:23), une puissante armée, et enfin un roi dont il puisse être fier. Dieu va lui donner exactement ce qu'il désire. Voici Saül, fils de Kis, jeune homme d'élite, le plus beau et le plus grand de tout Israël! N'est-il pas tout désigné?
Le père de Saül l'a envoyé à la recherche de ses ânesses. Il obéit, mais la poursuite s'avère vaine. «Retournons-nous en», propose Saül à son compagnon. Nous pensons à ce changement de direction nécessaire dans la vie de tout homme et qui s'appelle la conversion. Quand on a découvert combien la poursuite des choses de la terre est inutile et décevante, alors il faut «revenir à soi-même» comme tel autre jeune homme (Luc 15:17) et retourner sur ses pas vers la maison du Père. Le compagnon de Saül lui donne un sage conseil: «Allons vers le voyant â dit-il â il nous enseignera le chemin». Le représentant de Dieu pour nous, c'est Jésus. Se tourner vers Lui pour connaître le chemin, c'est aller à la bonne adresse.
Samuel s'est attendu à l'Ãternel pour désigner le roi demandé. Et tout est divinement conduit pour qu'il le rencontre. Invité au festin, Saül va entendre le «voyant» lui déclarer «tout ce qui est dans son cÅur» (v. 19; 1 Cor. 14:25). Quels sont les souhaits qui habitent au fond de notre cÅur? Celui de devenir «quelqu'un», de faire de grandes choses? Ou plutôt l'humble désir de plaire au Seigneur Jésus?
Sur les instructions de Samuel, le cuisinier a réservé le meilleur morceau pour Saül; c'est l'épaule, image de la force qu'il fallait pour porter le peuple. Remarquons que, contrairement à la double portion des sacrificateurs (voir Lév. 7:31-32), il n'est pas question pour lui de la poitrine, image des affections nécessaires pour aimer l'Ãternel et Son peuple. Dans le cÅur de Saül, ouvert devant lui comme un livre, le prophète, hélas, n'avait pas trouvé cet amour. Sont-elles absentes du cÅur de Saül?
Le lendemain Samuel sâarrange pour prendre à part le futur roi: «Arrête-toi maintenant (ou un moment) â lui dit-il â et je te ferai entendre la Parole de Dieu» (v. 27). Cette injonction peut être adressée au pécheur qui suit son chemin de propre volonté, pour lâinviter à accepter Christ maintenant. Mais elle est aussi pour le chrétien. Savoir nous arrêter un moment pour écouter le Seigneur nous parler est, particulièrement dans la vie agitée dâaujourdâhui, une nécessité.
Samuel accomplit fidèlement l'acte qui pourtant met fin à son service de juge. Il verse sur la tête de Saül l'huile de l'onction royale. Puis il lui indique son chemin, comme les jeunes gens l'avaient espéré (1 Sam. 9:6). Il ne s'agit plus des ânesses; elles sont retrouvées.
Mais Saül doit à présent parcourir les étapes qui le prépareront à occuper le trône. Il ira d'abord au sépulcre de Rachel: La mort, fin de l'homme naturel et de tous ses avantages, est la première grande leçon pour tout jeune chrétien. Mais ce tombeau de Rachel se trouvait au lieu où était né Benjamin, à la tribu duquel appartenait Saül. Benjamin, le «fils de la droite» du père, est le type de Christ dont le racheté peut jouir quand il tient le vieil homme pour mort.
La seconde rencontre, à Béthel (la maison de Dieu), nous parle de l'adoration à laquelle le jeune croyant est invité à prendre part avec les deux ou trois témoins. Enfin, en présence des ennemis et dans la compagnie des prophètes, il y a un témoignage à rendre par la puissance du Saint-Esprit.
Saül semble être passé à côté de ces leçons sans les apprendre, comme la suite de son histoire nous le montrera. Preuve quâon peut se trouver «parmi les prophètes», avoir part à toutes les bénédictions des enfants de Dieu, sans en être un véritablement.
Maintenant que Dieu lui a fait connaître le roi qu'il va donner à son peuple, Samuel convoque Israël pour le lui présenter. Mais il faut prouver que ce choix vient bien de l'Ãternel; il va donc être confirmé devant tous par le tirage au sort. Saül est désigné et le peuple l'acclame à grands cris: «Vive le roi!» Jour de fête et de joie? Ah, plutôt triste jour dans l'histoire d'Israël! «Aujourd'hui vous avez rejeté votre Dieu» â lui déclare le prophète (v. 19). Cette scène nous transporte bien des siècles plus tard au moment où ce même peuple rejettera le Fils de Dieu en affirmant à Pilate: «Nous n'avons pas d'autre roi que César» (Jean 19:15); ou encore, selon la parabole de Luc 19:14: «Nous ne voulons pas que celui-ci règne sur nous». Ce n'est pas sur un trône, c'est sur une croix qu'Israël élèvera son Messie, une croix portant cette inscription: «Jésus le Nazaréen, le roi des Juifs». Mais ce roi méprisé, outragé, couronné d'épines, paraîtra bientôt comme le Roi de gloire (Ps. 24 et nombreux autres passages), et non plus seulement comme le Messie d'Israël, car Il «dominera d'une mer à l'autre et... jusqu'aux bouts de la terre» (Zach. 9:10).
Dire non à Dieu est dâune audace peu ordinaire. Trois fois le peuple a prononcé ce petit mot (1 Sam. 8:19; 1 Sam. 10:19; 1 Sam. 12:12). Mais nây a-t-il pas bien des manières et des occasions où nous risquons de faire comme lui?
C'est à l'occasion d'une victoire sur les ennemis du peuple que va s'affirmer l'autorité du roi Saül. Ennemis bien connus: les fils d'Ammon! Sous leurs menaces arrogantes et cruelles, les habitants de Jabès de Galaad se trouvent dans une situation tragique et quasi-désespérée. Nous ne les voyons pas se tourner vers l'Ãternel; au contraire, ils auraient voulu traiter alliance avec l'ennemi! Mais, usant de miséricorde, Dieu va néanmoins les délivrer par la main de Saül. Ces habitants de Jabès illustrent d'une manière frappante la terreur, l'opprobre et enfin le misérable esclavage qui attendent ceux qui font alliance avec le monde et son prince (voir Héb. 2:15).
Saül vainqueur montre quelques beaux traits de caractère. Outre le zèle et le courage, il y a chez lui de la noblesse, de la générosité, de la clémence (v. 13), ainsi qu'une certaine modestie. Il attribue à juste titre la victoire à l'Ãternel. Un commencement plein de promesses! Combien de jeunes ont pris comme lui un brillant départ! Et puis ils ont trébuché au premier obstacle placé sur leur chemin pour éprouver leur foi. Pourquoi? Tout simplement parce que cette foi,... il est probable qu'elle n'existait pas du tout!
Une troisième fois Samuel réunit le peuple. Il le rassemble à Guilgal pour y renouveler la royauté. Et, en même temps, il va se démettre de ses fonctions de juge dont il s'est acquitté fidèlement, ainsi que le peuple lui rend témoignage. Nous pouvons rapprocher ses paroles de celles de Paul aux anciens d'Ãphèse dans les Actes (Actes 20:26, 27, 33-35). Elles ne sont pas destinées à glorifier celui qui les prononce, mais à placer ceux qui les entendent devant leur responsabilité. Et pour la troisième fois également, Samuel fait sentir à Israël la perte qu'il a faite en demandant un roi. Il souligne son ingratitude et son manque de confiance envers l'Ãternel.
Les versets 14 et 15 nous montrent qu'il s'agit pour le peuple d'une nouvelle mise à l'épreuve. Sans la loi et sous la loi, dans le désert et dans le pays, avec et sans juges (ou sacrificateurs), encore et toujours le peuple avait manqué, abandonnant l'Ãternel pour retourner à ses convoitises et à ses idoles. C'est comme si Dieu lui disait maintenant: Vous voulez un roi? Eh, bien, voyons si peut-être cela ira mieux avec un roi! Et, dans Sa condescendance, Il permet cette nouvelle expérience.
La pluie à la demande de Samuel en pleine période de moisson (moment où il ne pleut jamais dans ces contrées: Prov. 26:1) était un miracle destiné à prouver au peuple que le prophète lui parlait bien de la part de l'Ãternel. Et que leur dit-il encore? D'une manière touchante, après qu'ils se sont humiliés, il les exhorte à se détourner des choses de néant qui ne profitent pas, pour servir Dieu «de tout leur cÅur» (vv. 20, 21 â comparez Tite 2:12-14). Le service de Samuel comme juge est terminé. Mais il garde toute son activité d'intercesseur (v. 23), aussi bien que de prophète, pour leur enseigner de la part de l'Ãternel «le bon et droit chemin». La grâce divine leur maintient dans la personne de Samuel cette double ressource: La prière et la Parole. Nous possédons, chers enfants de Dieu, une Personne bien plus excellente encore. Jésus, jusqu'à la fin, ne cesse pas de prier pour chacun de nous. Et pour nous tracer le bon et le droit chemin sur la terre, Il nous donne Son Esprit et Sa Parole. Avec de telles ressources, nous sommes bien moins excusables qu'Israël si nous ne marchons pas à Sa gloire.
Le règne de Saül va commencer. Il rassemble le peuple à Guilgal, face à des ennemis les Philistins.
La situation ne pourrait pas être plus critique. Les Philistins sont montés, nombreux comme le sable (v. 5); ils occupent les lieux forts, et détachent des patrouilles qui ravagent le pays (v. 17). En face d'eux, en Israël, c'est le sauve-qui-peut. Quelques centaines d'hommes suivent Saül en tremblant, mais ils n'ont pas même d'armes pour se défendre puisque le peuple dépend de lâennemi pour les forger! De son côté le roi se tourmente. Samuel, qui lui avait donné rendez-vous à Guilgal (chapitre 10:8), tarde à venir, bien qu'on soit au jour fixé. Pendant ce temps le peuple découragé l'abandonne et se disperse; le nombre des combattants s'amenuise. Le roi perd patience. Samuel n'arrive pas? Qu'à cela ne tienne! Il offrira lui-même l'holocauste. Mais l'acte profane n'est pas achevé que survient le prophète: «Qu'as-tu fait?» s'écrie-t-il, consterné. En vain Saül cherche à se justifier. «Tu as agi follement», répond Samuel. Et il lui fait connaître la décision de l'Ãternel: Saül ne fondera pas de dynastie: son fils ne montera pas sur le trône après lui. L'impatience, nous ne le savons que trop, c'est le mouvement de la chair qui ne peut pas supporter d'attendre. La foi, au contraire, est patiente; elle attend jusqu'au bout le moment de Dieu (Jac. 1:4).
Au ch. 13 nous avons considéré ce que la chair peut faire, ou plutôt ne peut pas faire: attendre l'instant voulu de Dieu. En contraste notre chapitre va nous montrer ce que la foi est capable dâaccomplir. Les ressources humaines sont toutes du côté de Saül. Officiellement le pouvoir en Israël est là , sous le grenadier de Guibha. Mais la foi, une foi individuelle, est du côté de Jonathan et de son compagnon. Pour eux, le secours est en Dieu, connu comme Sauveur (v. 6). Double tableau qui nous fait penser à la chrétienté d'aujourd'hui. Les grandes religions dites chrétiennes prétendent détenir à elles seules l'autorité spirituelle et se considèrent comme des intermédiaires nécessaires entre Dieu et les âmes. Mais le Seigneur connaît ceux qui sont siens et Il leur accorde à la fois son appui, lâintelligence de Ses pensées, et la jouissance de Sa présence, en dehors des organisations contrôlées par les hommes. Humainement, l'expédition de Jonathan était une folle aventure. Les Philistins en force occupaient les points stratégiques. Jonathan compte sur Dieu, attendant de Lui un signe pour aller de l'avant. Encore une fois, quel contraste avec son propre père précédemment, et quel exemple pour nous!
De leur poste fortifié au sommet de la dent de rocher, les guetteurs philistins ont aperçu tout en bas les deux jeunes gens d'Israël. Et ils ne se font pas faute de se moquer d'eux. â «Montez donc, montez vers nous», crient-ils avec mépris, sans se douter qu'ils donnent ainsi aux deux hommes vaillants le signal que ceux-ci attendent de la part de l'Ãternel: le signal de leur propre destruction.
Or la foi, non seulement sait attendre, mais elle sait aussi s'avancer et combattre quand Dieu lui en a donné l'instruction. Pleins de hardiesse, nos deux combattants escaladent le rocher et prennent pied à son sommet. Ils ne pensent pas au danger couru, mais à la puissance divine. Et celle-ci fait tomber devant eux les ennemis d'Israël. Les moqueries de l'instant précédent ont fait place à l'épouvante qui de proche en proche gagne tout le camp des Philistins. Ces derniers, dans une folie aveugle, se mettent à s'entre-détruire pendant que les Hébreux dispersés reprennent courage et se rassemblent à nouveau. Ainsi un petit commencement, quand c'est la foi qui le produit, peut avoir un grand résultat et de même, si nous sommes fidèles, Dieu pourra se servir de nos petites victoires pour encourager et affermir les chrétiens qui nous entourent.
La déroute des Philistins est totale. Le peuple s'est assemblé avec Saül afin de les poursuivre et de les tailler en pièces. Cependant il n'est pas animé de lâénergie qu'avaient déployée en pareille circonstance Gédéon et ses compagnons. Ceux-ci allaient après Madian «fatigués mais poursuivant toujours», car ils sâétaient rafraîchis avant dâaller à la bataille (Juges 7:6; 8:4). Ici, au contraire, Saül a fait défense au peuple de se restaurer en prenant de la nourriture, pendant toute la journée, malgré le rude effort qu'il avait à fournir. Interdiction légale, fruit de l'imagination, qui nous fait penser à tant d'autres inventions humaines en matière de religion! Elle n'entraîne que des conséquences fâcheuses: D'abord la défaite des Philistins est moins grande qu'elle n'eût été avec une armée en pleine possession de ses moyens. D'autre part, le soir venu, lorsque le peuple a enfin la liberté de manger, il est si pressé par la faim qu'il prépare sa viande en tuant les bêtes avec le sang, commettant ainsi un péché mortel (Lév. 17:10-14). N'était-ce pas autrement grave de désobéir à l'Ãternel que de transgresser l'ordonnance charnelle de Saül?
Veillons sur nos paroles et en particulier sur les promesses que nous pouvons faire. Nous avons vu hier les suites malheureuses du serment irréfléchi que Saül avait prononcé. Il a inutilement affaibli son armée, empêché la fin de la poursuite, amené le peuple à transgresser le commandement relatif au sang. Une dernière conséquence â mais qui, pas plus que les précédentes, n'ouvrira les yeux du pauvre roi â va être la condamnation du seul homme de foi précisément: le vaillant Jonathan. Celui-ci se trouve à présent en danger de mort, non par l'épée des Philistins, mais du fait de son propre père! Derrière tout cela nous comprenons que c'est Satan lui-même qui agit. Il tente par ce moyen de se débarrasser de l'homme de Dieu; toutefois l'Ãternel ne le permet pas et se sert du peuple pour délivrer Jonathan. Cette scène ressemble à celle qui suivit la défaite d'Aï (Jos. 7). Mais ici tous les torts sont du côté de Saül dont la folie et l'orgueil aveugle sont manifestés aux yeux de tous. Et loin de compter dorénavant sur l'Ãternel qui avait donné la victoire, le roi continue à s'appuyer sur la chair, en mobilisant des hommes forts et vaillants pour sa garde personnelle, un recrutement bien différent de celui de David plus tard (1 Sam. 22:2).
Ce chapitre 15 est important à un double point de vue. Il contient le châtiment divin contre Amalek et l'épreuve finale du roi Saül, sujet dont nous pensons parler demain. â Adversaire lâche et cruel, Amalek avait attaqué Israël par surprise, sitôt après la sortie d'Ãgypte. Cette méchanceté ne pouvait lui être pardonnée. «J'effacerai entièrement la mémoire d'Amalek», avait prononcé l'Ãternel (Ex. 17:8, 14). Quatre cents ans s'étaient écoulés, mais Dieu n'avait pas oublié. «Le ciel et la terre passeront, mais mes paroles ne passeront point», déclare le Seigneur (Matt. 24:35). Et Israël n'aurait pas dû l'oublier davantage: «Souviens-toi de ce que t'a fait Amalek en chemin, quand vous sortiez d'Ãgypte â avait recommandé Moïse â ... tu effaceras la mémoire d'Amalek de dessous les cieux: tu ne l'oublieras pas» (Deut. 25:17-19).
N'oublions pas non plus les ennemis qui nous ont surpris dans le passé. Comment s'appellent-ils? Colère, mensonge, impureté... ou péché de tout autre nom. Si notre vigilance se relâchait à l'égard de ces fruits de la chair, nous pourrions avoir à réapprendre une leçon que pourtant nous avions déjà chèrement payée précédemment. Ne nous épargnons donc pas nous-même et jugeons sans pitié toutes les manifestations de la vieille nature.
Samuel vient de passer une nuit d'angoisse qui a dû lui en rappeler une autre (1 Sam. 3:11): celle où lui fut annoncé le châtiment sur la maison d'Ãli.
Saül n'a pas achevé l'anéantissement d'Amalek, et en conséquence il doit être rejeté comme roi. Un roi désobéissant ne peut que conduire son peuple dans la désobéissance; il doit donc être écarté du pouvoir. â «Ãcouter est meilleur que sacrifice» (v. 22). La plus brillante action de toute notre vie est sans valeur si elle n'est pas accomplie par obéissance à Dieu. Et ce verset s'applique à toutes les Åuvres par lesquelles la chrétienté cherche en vain à satisfaire Dieu, au lieu d'écouter et de recevoir tout simplement Sa Parole.
Ici c'est écouter qui est meilleur que sacrifice. Mais il est dit la même chose de la bonté et de la connaissance de l'Ãternel (Osée 6:6), de la justice et de la droiture (Prov. 21:3), de l'esprit brisé (Ps. 51:16-17), de la miséricorde (Matt. 9:13), de l'amour (Marc 12:33). Voyez par contre chez Saül ce que produit la chair, outre la désobéissance: la vanterie (v. 20), le mensonge, le rejet de la faute sur autrui (vv. 15, 21), l'obstination, une fausse repentance et avec tout cela la recherche d'un vain prestige (v. 30). Bien triste tableau en vérité!
Le roi selon la chair est mis de côté dans les pensées de Dieu, bien que son règne se prolonge encore un certain nombre d'années. Et un autre roi est introduit, celui dont Samuel avait dit: «L'Ãternel s'est cherché un homme selon Son cÅur» (1 Sam. 13:14). C'est David, dont le nom signifie «Bien-aimé», type de Christ, celui qui est parfaitement selon le cÅur de Dieu.
Samuel n'était pas préparé à le reconnaître, car, malgré l'expérience faite avec Saül, il regardait encore «à l'apparence». Nous ne sommes que trop portés à juger dâaprès ce que nous voyons, et à nous laisser impressionner par les qualités (et les défauts) extérieurs. Or «Dieu n'a point égard à l'apparence de l'homme», répète Galates 2:6. Il regarde au cÅur! Et que voit-il dans mon cÅur? Que voit-Il dans le tien? Toutes les apparences de piété, par lesquelles nous pouvons nous tromper et tromper les autres, ne sauraient Le tromper Lui.
Samuel visite cette famille d'Isaï. Et c'est le jeune berger qu'on avait négligé d'appeler à la fête qui sera oint «au milieu de ses frères» comme roi pour l'Ãternel. Cette onction dâhuile (figure du Saint-Esprit) nous rappelle comment le Bien-Aimé du Père fut désigné au Jourdain à Jean le Baptiseur: «Celui sur qui tu verras lâEsprit descendre, et demeurer sur lui, câest celui-là qui baptise de lâEsprit Saint» (Jean 1:33; voir fin du v. 12).
L'Esprit de Dieu a saisi David. â Mais du malheureux Saül, Il s'est retiré, faisant place à un mauvais esprit qui le tourmente maintenant. Dieu se sert de ce moyen pour introduire à la cour, en qualité de joueur de harpe, le jeune David, musicien expérimenté qui deviendra plus tard «le doux psalmiste d'Israël» (2 Sam. 23:1). Et, à cette occasion, un beau témoignage lui est rendu (v. 18), montrant quâà la cour même du roi, il en était qui connaissaient lâoint de lâÃternel. Phil. 4:22 nous apprend un fait analogue: la maison de César, câest-à -dire lâentourage de lâempereur romain, comptait aussi des chrétiens. Câest ainsi que Dieu se pourvoit de témoins dans tous les milieux.
Maint détail nous reporte à Celui dont David est le type: Christ vrai «rejeton du tronc d'Isaï», dont il est écrit: «L'Esprit de l'Ãternel reposera sur Lui,⦠l'Esprit de connaissance et de crainte de l'Ãternel» (Ãsaïe 11:1-2). Quel témoignage rendons-nous devant le monde à notre Bien-aimé?
«Je t'ai pris des parcs, d'auprès du menu bétail, pour que tu fusses prince sur mon peuple, sur Israël», dira plus tard l'Ãternel (2 Sam. 7:8). Encore un contraste avec Saül: celui-ci avait été appelé alors qu'il poursuivait en vain des ânesses, montures des nobles, mais sans valeur pour les sacrifices; tandis quâen s'occupant des brebis, David a été préparé à «paître» fidèlement le peuple d'Israël (voir Ps. 78:70-72).
Voici à nouveau les Philistins rassemblés contre Israël. Et cette fois ils disposent d'un atout magistral: un champion extraordinaire, haut dâenviron trois mètres, revêtu d'une armure de soixante-quinze kilos; un colosse si formidable que sa vue suffit à frapper ses ennemis de terreur. C'est Goliath! Plein d'orgueil, il s'avance entre les lignes et met au défi quiconque de s'opposer à lui en combat singulier. Et non seulement aucun adversaire ne se présente, mais chaque fois, chez les Israélites, c'est une fuite éperdue; chaque fois c'est l'occasion pour le géant d'outrager les armées de l'Ãternel, et par voie de conséquence, lâÃternel lui-même. Goliath nous rappelle ce qui est dit du Léviathan: «Quand il se lève, les forts ont peur, ils s'enfuient saisis d'épouvante» (Job 41:16). Et surtout il nous fait penser à cet «homme fort» dont parle le Seigneur Jésus (Marc 3:27): Satan lui-même qui, par la crainte de la mort, exerce une domination cruelle sur les hommes, cherchant à en faire définitivement ses esclaves (v. 9).
Pendant ce temps David va et vient, de son troupeau à la cour du roi, aussi à l'aise ici que là , belle image de Jésus dans Son humilité et Son dévouement inlassable.
Envoyé par son père comme Joseph autrefois (Gen. 37:13) pour prendre des nouvelles de ses frères, David est ici l'image de Celui qui a quitté le ciel pour visiter le monde en grâce. Et voilà qu'il entend le défi quotidien, l'outrage jeté à la face d'Israël par le champion philistin. Consterné, il s'informe. Ãliab l'entend et le reprend pour sa curiosité. Ainsi arrive-t-il à des aînés de rabrouer injustement et sans ménagements leurs frères et sÅurs plus jeunes.
Bien qu'ayant assisté à l'onction de David, Ãliab ne le prend pas au sérieux. Il nous rappelle les frères de Jésus qui «ne croyaient pas en Lui non plus» (Jean 7:5).
Quarante jours ont passé â quarante est, dans toute lâÃcriture, le nombre qui correspond à une complète mise à lâépreuve. Hélas il faut bien se rendre à l'évidence: En face du Philistin il n'y a personne! Personne pour délivrer Israël! Ni Ãliab, malgré sa haute stature (ch. 16:7) â il aurait pu avoir honte de sa lâcheté devant David â ni même Saül (lui aussi plus grand que tout le peuple, et son défenseur tout désigné) car l'Ãternel l'a abandonné! Mais pour la foi de David, Goliath n'est qu'un Philistin comme les autres, vaincu d'avance parce qu'il s'est permis d'insulter les troupes rangées du Dieu vivant (Ãsaïe 37:23, 28).
David se présente devant Saül et lui fait part de son projet. «Tu n'es pas capable» â répond d'abord celui-ci. Impressionné toutefois par la résolution et la ferme confiance du jeune homme, il se déclare prêt à lui venir en aide: Voici son armure; il la prête à David. Mais embarrassé, paralysé dans ses mouvements, ce dernier ne peut s'en servir. Non, ses armes seront les humbles instruments du berger. Sans valeur aux yeux des hommes, elles mettront d'autant plus en évidence la puissance de l'Ãternel.
Cette armure de Saül nous parle de tous les secours et précautions de la sagesse humaine; la foi les considère comme une entrave!
Formé par Dieu dans le secret pour le service auquel il était destiné (comme l'ont été tant de serviteurs et Jésus lui-même à Nazareth), David paraît maintenant en public, prêt au combat. Et, pour démontrer la puissance de l'Ãternel, il raconte une expérience de cette «école du désert». Il a tué sans témoins un lion et un ours, délivré une brebis. Nous pensons à un autre Berger mettant Sa vie pour Ses brebis, les délivrant du cruel Adversaire (Jean 10:11; Jean 17:12, et Jean 18:8, 9). Valeur immense d'un seul agneau pour le cÅur de ce bon Berger!
Une nouvelle fois le Philistin sort des rangs avec sa provocation. Mais qui donc vient à sa rencontre? Est-ce là le champion que lui oppose Israël: un tout jeune homme avec ses armes dérisoires, un bâton, une fronde de berger? Se moque-t-on de lui? Il toise de haut en bas ce misérable adversaire, indigne de se mesurer à lui et lâinsulte avec mépris! Mais David est sans émoi, lui qui pourra écrire: «L'Ãternel est la force de ma vie; de qui aurai-je frayeur?» (Ps. 27:1). D'un geste sûr, la pierre est lancée; elle pénètre dans le front du géant qui s'affaisse. David court et lui tranche aussitôt la tête avec sa propre épée. Alors ce sont les cris de victoire dans le camp d'Israël, la confusion et la déroute dans celui des Philistins. Scène mémorable! Elle illustre la puissance de la foi, cette foi qui permet au croyant de remporter à genoux de semblables victoires. Mais nous savons qu'elle a une portée infiniment plus grande. Type de Christ, David a triomphé de Goliath, figure de Satan, en utilisant sa propre épée, la mort. Par la mort, Jésus a rendu impuissant «celui qui avait le pouvoir de la mort, c'est-à -dire le diable» (Héb. 2:14). C'est la victoire de la croix, inépuisable sujet de la louange éternelle.
Vainqueur, David se tient à nouveau devant le roi, tenant à la main la tête du géant. Et nous constatons avec étonnement que Saül ne sait plus de qui il est le fils. à l'égard du Seigneur Jésus, il se manifeste un semblable aveuglement: Les Juifs ne connaissaient ni Lui ni Son Père (Jean 8:19). Et il en est toujours ainsi, même dans nos pays chrétiens où beaucoup de personnes ne reconnaissent pas Jésus comme le Fils de Dieu (1 Jean 4:14-15).
Jonathan par contre ne se pose pas de question touchant David (1 Sam. 20:13-15). Celui qui vient de donner à Israël cette extraordinaire délivrance ne peut être que l'oint de l'Ãternel. Et son âme s'attache à lui, non pas simplement par reconnaissance, ou par admiration, mais par un lien d'amour intime et personnel. Bel exemple pour le croyant qui, non seulement se réjouit de son salut, mais aime Celui qui l'a sauvé. Or l'amour est un sentiment qui se montre. Pour David, le Bien-aimé, Jonathan se dépouille de ce qui fait sa force et sa gloire. Sommes-nous prêts à en faire autant? Avons-nous reconnu Jésus notre Sauveur comme Celui qui a aussi tous les droits sur votre cÅur et sur tout ce qui nous appartient?
Aussi profond était l'amour de Jonathan pour David, aussi violente la haine de Saül contre lui. Cela a débuté par de l'irritation (v. 8) accompagnée de jalousie, puis le désir de meurtre vient habiter son cÅur, enfin l'acte s'ensuit: une tentative pour assassiner David, qui sera suivie de beaucoup d'autres au cours des prochains chapitres. C'est là exactement ce que l'Ãcriture appelle «le chemin de Caïn» (Jude 11). Celui-ci commença par être «très irrité»... et finit par tuer son frère. Irritation et jalousie ne sont donc rien de moins que les premiers pas dans ce chemin terrible.
Le roi avait promis sa fille à qui vaincrait le Philistin. Il ne tient pas sa parole. Puis il se sert de sa cadette Mical pour essayer de faire périr David sous la main des ennemis. Il aurait pourtant pu se douter que le vainqueur de Goliath triompherait encore plus facilement de Philistins moins redoutables que celui-ci. En outre il nâignore pas le secret qui fait la force de David, et câest bien ce qui lâeffraie: «l'Ãternel était avec lui» (vv. 12, 14, 28). «Je ne craindrai aucun mal, car tu es avec moi», dit-il au Psaume 23:4. Connaissons-nous ce secret-là , et avons-nous fait lâexpérience du courage quâil peut nous donner (2 Tim. 4:17)?
Jonathan s'est attaché à David. Maintenant l'occasion se présente où il doit témoigner devant son père en faveur de son ami. â Si nous aimons le Seigneur nous n'aurons pas honte de parler de Lui, en tout premier lieu devant ceux de notre famille. Sans crainte, nous confesserons Celui qui est sans péché, qui a frappé le grand Ennemi et par lequel Dieu a opéré une merveilleuse délivrance (comparer versets 4, 5).
En réponse à l'intervention de Jonathan, Saül jure au nom de l'Ãternel qu'on ne fera pas mourir David. Promesse bientôt envolée! Au moment même où David est occupé à le soulager, le roi renouvelle son geste criminel. Combien grande est l'ingratitude du cÅur de l'homme envers ceux qui lui font du bien, mais tout spécialement envers le Sauveur dont David est l'image! (Ps. 109:4, 5).
Puis le misérable roi, égaré par sa jalousie, poursuit son propre gendre jusque dans sa maison, jusque dans son lit (voir le titre du Psaume 59). Mical protège son mari, mais non pas comme l'a fait son frère Jonathan par une confession courageuse: elle use de mensonge et de dissimulation. â David fuit par la fenêtre. Paul à Damas, objet de la haine des Juifs, devra échapper par le même moyen (Actes 9:25; 2 Cor. 11:32, 33).
David jusqu'ici avait bien fait son chemin: Gendre du roi, officier supérieur, héros populaire, il semble qu'il n'ait plus qu'à attendre tranquillement le moment de prendre la succession de Saül. Eh bien non! Le plan de Dieu à son égard prévoyait des années difficiles destinées à le préparer à occuper le trône. Les épreuves du croyant ont absolument le même but: le former ici-bas pour régner plus tard avec Jésus.
Ainsi David doit tout quitter: foyer, situation, ressources. Mais, avant les tribulations qui l'attendent, il va passer quelques jours dans la compagnie de Samuel à Naïoth. Privilège pour ce jeune homme au début de sa carrière de recevoir les enseignements et les exhortations du vieillard qui, lui, est au bout de la course. Jeunes croyants, nous vous conseillons de rechercher vous aussi cette compagnie de chrétiens plus âgés! Profitez de leur expérience. Timothée a été formé ainsi aux côtés de l'apôtre Paul. Les enseignements que vous recevrez de cette manière ne vous dispenseront pas de faire ensuite comme David des expériences personnelles. Mais ils peuvent et doivent vous préparer à les traverser sans dommage.
La venue de Saül à Naïoth a provoqué la fuite de David. Toutefois celui-ci a gardé quelque espoir de reprendre sa place à la cour et revient prendre conseil de son ami Jonathan. «L'ami aime en tout temps et un frère est né pour la détresse» (Prov. 17:17). Compagnons des jours heureux, David et Jonathan vont maintenant ressentir combien leur affection est précieuse et consolante au moment où arrive l'épreuve.
à plus forte raison en est-il ainsi dans nos relations avec l'Ami suprême. Pourrions-nous connaître Sa parfaite sympathie si nous n'en avions jamais besoin? (Héb. 4:15-16).
David apparemment n'est plus qu'un pauvre proscrit pour qui les promesses divines de la royauté paraissent annulées. Mais la foi de Jonathan continue de voir en lui celui qui doit régner infailliblement, celui dont les ennemis seront retranchés, y compris son propre père (que par un respect louable il évite de nommer). Remarquez comme il parle de l'avenir avec une pleine certitude. Ainsi les rachetés de Jésus discernent par la foi Ses gloires admirables et savent que leur Sauveur, aujourd'hui haï et rejeté par le monde et par son prince, paraîtra bientôt comme le Roi de gloire ayant tous Ses ennemis sous Ses pieds.
Comment s'explique l'amour réciproque de David et de Jonathan? Il y avait entre eux ce lien étroit: une même foi. L'un et l'autre avaient montré cette foi en remportant seuls une victoire de l'Ãternel sur les Philistins.
C'est parce qu'ils ont cette foi en commun «une foi de pareil prix» que les chrétiens se reconnaissent entre eux et s'aiment (2 Pierre 1:1). Souvenons-nous-en lorsque nous choisissons nos amis. Pour nous, enfants de Dieu, il ne peut y avoir de vraie, de profonde amitié en dehors d'une même foi dans le Seigneur Jésus Christ (Ps. 119:63).
Jonathan se fait à nouveau, non sans risques, l'avocat de David auprès de son père Saül. Incrédule, ce dernier a oublié la sentence de Dieu (1 Sam. 13:13, 14) et il voudrait malgré elle assurer les droits de son fils à la succession royale (v. 31). En apparence Jonathan agit donc à l'inverse de son propre intérêt. Câest le signe du vrai amour (voir 1 Cor. 13:5). Même après que son père ait cherché à le tuer lui aussi, s'il est affligé c'est à cause de l'outrage fait à David (v. 34) et nullement pour lui-même. Chers amis, est-ce que l'outrage fait au Seigneur Jésus par le monde nous afflige plus que les torts que ce dernier peut nous faire?
La vie errante de David va commencer. Il se rend à Nob auprès d'Akhimélec le sacrificateur. â Le Seigneur rappellera cette scène aux Juifs pour leur prouver que tout (y compris la loi) doit être soumis-leur Messie, dont David était le type (Marc 2:25-26). â Avant d'affronter nos difficultés, avant d'entreprendre quoi que ce soit, allons à Jésus, notre grand Sacrificateur. Demandons-Lui, comme David, la nourriture et l'épée. Sa Parole comprise et reçue nous fournira à la fois l'une et l'autre.
Hélas, de la bouche de David nous devons entendre un mensonge (v. 2)! Ensuite, nouveau manquement, il cherche refuge chez les ennemis d'Israël et contrefait le fou devant Akish, prince des Philistins. Triste tableau! N'est-il pas l'oint de l'Ãternel, le vainqueur de Goliath, l'image en dâautres temps du Seigneur Jésus? Triste spectacle aussi quand un chrétien oublie qu'il est un représentant de Christ et agit devant le monde comme un insensé!
Mais il est consolant d'apprendre par le titre du Psaume 34 qu'après son faux pas, David restauré a pu composer par l'Esprit ce merveilleux cantique: «Je bénirai l'Ãternel en tout temps...» (Ps. 34:1).
La caverne d'Adullam devient le refuge de David. Mais c'est plutôt l'Ãternel qui est son refuge, comme lâaffirme un Psaume quâil a composé dans cette caverne: «Tu es mon refuge» (Ps. 142:5 â voir aussi Psaume 57:1). Il ajoute: «Les justes m'environneront parce que tu m'auras fait du bien» (v. 7). Les justes? Peut-il s'agir de ces hommes du verset 2, en apparence si peu recommandables, suspects, hors la loi, véritables rebuts de la société? Oui, Dieu donne ce nom à ceux qui aiment Son oint et le reconnaissent comme chef. Du moment qu'ils sont venus à David il n'est plus question de leur triste passé.
Ainsi ceux qui se rassemblent aujourd'hui autour de Jésus ont échangé leur détresse morale, leur immense dette envers Dieu, lâamertume de leur âme (v. 2) contre Sa justice. Lorsqu'ils n'ont plus rien à faire valoir, que le monde n'a pu les satisfaire, ils trouvent en Lui un Chef et un objet pour leurs affections.
Que pouvait offrir David à ses compagnons? Pour le présent, rien que des souffrances! Mais pour l'avenir, le partage de sa gloire royale. Telle est la part du croyant! Quel contraste avec les gens de ce monde qui, comme les serviteurs de Saül au verset 7, reçoivent tous leurs avantages et leurs biens dans la vie présente!
Pendant que David, le futur roi, est errant et proscrit avec ses fidèles, Saül ourdit contre lui de sinistres projets. En même temps sa jalousie le pousse au meurtre des sacrificateurs de l'Ãternel. Et ce qu'il n'a pas exécuté contre Amalek, l'ennemi du peuple, en épargnant Agag ainsi que le bétail, il ne craint pas de le faire à l'égard de cette ville de Nob qui est entièrement passée au fil de l'épée. Pour accomplir sa vengeance, Saül se sert du traître lui-même, Doëg, un Ãdomite, terrible figure de l'Antichrist qui, dans un temps à venir, s'élèvera contre le Seigneur et contre Israël (voir Psaume 52 titre).
Considérons maintenant au contraire un tableau plein de grâce: Abiathar rejoint l'oint de l'Ãternel. «Demeure avec moi recommande ce dernier â ... celui qui cherche ma vie cherche ta vie...» â «Si le monde vous hait, sachez qu'il m'a haï avant vous â rappelle Jésus à Ses disciples â ... s'ils m'ont persécuté, ils vous persécuteront aussi» (Jean 15:18, 20). Cette persécution, cette haine du monde est-elle un sujet de crainte pour nos cÅurs? Alors écoutons, comme de Sa bouche, cette précieuse promesse jamais démentie: «Près de moi tu seras bien gardé» (v. 23; voir Jean 18:9)!
Informé de l'attaque des Philistins contre Kehila, David aurait pu se dire: «C'est l'affaire de Saül de protéger le pays». Eh bien non! Malgré le risque, celui qui jadis délivrait ses brebis du lion et de l'ours, se porte au secours de la ville en danger. David agit ainsi comme le véritable roi. Seulement il n'oublie pas de demander d'abord à Dieu ce qu'Il en pense (v. 2). N'y manquons jamais, même quand nous entreprenons quelque chose qui nous paraît bon. Cela s'appelle la dépendance!
Les hommes de David sont pleins de crainte. Ils nous font penser aux disciples du Seigneur qui «étaient stupéfiés et craignaient en Le suivant» (Marc 10:32).
Pour encourager ses gens, David questionne à nouveau l'Ãternel qui lui répond de manière plus précise encore. Et la victoire est remportée. Hélas, David le sait: Ceux qu'il a délivrés sont capables de le livrer à Saül sans hésitation; il n'a pas confiance en eux. N'en était-il pas ainsi du Seigneur? Il était venu délivrer Son peuple; cependant Il «ne se fiait pas à eux parce qu'Il connaissait tous les hommes... ce qui était dans l'homme» (Jean 2:24, 25). Et Il connaît aussi chacun de nos cÅurs.
Aveuglé et endurci, Saül avait osé dire de David au verset 7: «Dieu l'a rejeté et livré en ma main». Le verset 14, non sans ironie, rétablit la vérité: «Dieu ne le livra pas en sa main». Et pourtant le «bien-aimé», le roi «selon le cÅur de Dieu», doit connaître l'amertume et l'injustice de sa situation en marge de la société. Il faut qu'il fasse l'expérience de toute la méchanceté humaine s'exerçant contre lui: haine, jalousie, ingratitude et jusqu'à la trahison. Ces Ziphiens ne nous font-ils pas penser à Judas vendant son Maître? Oui Jésus, le Roi rejeté, a connu plus encore que David ce débordement de mal à son égard, cette «contradiction de la part des pécheurs contre lui-même» (Héb. 12:3). Son cÅur, infiniment sensible, en a souffert de la manière la plus profonde.
Ce que David a éprouvé alors, nous pouvons le comprendre par certains psaumes composés dans ce désert de Juda (Ps. 54; 63 ... ). La visite de Jonathan l'encourage et porte sa pensée vers l'avenir. Mais l'ami fidèle lui-même «s'en alla à sa maison» (comparer Jean 7:53), tandis que David, image d'un plus grand que lui continue, avec ceux qui ont tout abandonné pour le suivre, son chemin de réjection.
David et ses compagnons ont trouvé abri dans d'autres cavernes: les lieux forts d'En-Guédi. Hébreux 11:38 nous parle de ces hommes de foi «desquels le monde n'était pas digne, errant dans les déserts et les montagnes, et les cavernes et les trous de la terre». Or voilà Saül, respirant encore menace et meurtre (comme son homonyme en Actes 9:1) qui, tout en poursuivant David, pénètre fortuitement dans la caverne où celui-ci se tient caché. C'est la main de Dieu, estiment aussitôt ses jeunes hommes: L'Ãternel te fournit une occasion d'en finir avec ton ennemi et de prendre sa place sur le trône. Mais David ne le fera pas. Il honore «l'oint de l'Ãternel» malgré sa méchanceté (1 Pierre 2:17).
Il met aussi en pratique lâexhortation de Rom. 12:19: «Ne vous vengeant pas vous-mêmes, bien-aimésâ¦Â». Parlant peut-être de cette expérience, David dira: «jâai délivré celui qui me pressait sans cause» (Ps. 7:4). Sa noblesse et sa douceur nous font bien sûr penser à Celui qui ne sâest pas vengé de ses ennemis, mais au contraire priait pour eux: «Père, pardonne-leurâ¦Â» (Luc 23:34).
Confus (voir Psaume 35:4), humilié en apparence, Saül doit reconnaître les droits de David au royaume d'Israël. Les ennemis de Christ eux-mêmes devront confesser qu'il est «Seigneur à la gloire de Dieu le Père» (Phil. 2:11; voir aussi Ãsaïe 49:7).
Samuel meurt et avec lui cessent les prières qu'il faisait monter fidèlement en faveur du peuple (1 Sam. 12:23). Moïse et lui sont deux grands exemples de l'intercession (Jér. 15:1). C'est toujours solennel quand Dieu retire un homme ou une femme de prière, quand une voix se tait... après avoir peut-être beaucoup prié pour nous. Toutefois celle du Seigneur ne s'interrompra pas. Il est «toujours vivant pour intercéder pour nous» (Héb. 7:25).
David, le vrai roi, le sauveur d'Israël, est là au milieu de son peuple comme un berger fidèle. Il a veillé sur les troupeaux du riche Nabal aussi soigneusement que jadis sur ses propres brebis. à présent il envoie ses jeunes gens avec une parole de paix pour la maison de cet homme (v. 6; comparez Luc 10:5). Mais Nabal ne connaît pas David et il le méprise (v. 10). Il ressemble à ces pharisiens qui disaient de Jésus: «Pour celui-ci, nous ne savons d'où il est» (Jean 9:29). Il rejette à la fois le roi véritable et ses messagers. Et c'est aussi ce que le Seigneur annonçait à Ses disciples: «Celui qui vous écoute, m'écoute; et celui qui vous rejette, me rejette» (Luc 10:16).
En outre, tout comme le riche «insensé» de Luc 12:16-20, Nabal sâattribue ce que Dieu a placé entre ses mains: mon pain, mon eau, ma viande, etcâ¦
«Ils m'ont rendu le mal pour le bien», pourra dire David au Psaume 35:12. C'est ce que faisait Nabal. C'est déjà ce qu'avait fait Saül, ainsi que lui-même l'avait reconnu au chapitre précédent: «Tu m'as rendu le bien et moi je t'ai rendu le mal» (1 Sam. 24:18). Mais cette fois, David ne rend pas le bien. Sous le coup de la colère, le chef offensé a ceint son épée pour la vengeance. Il a cessé de ressembler au Modèle parfait, «qui lorsqu'on l'outrageait, ne rendait pas d'outrage, quand Il souffrait, ne menaçait pas, mais se remettait à Celui qui juge justement» (1 Pierre 2:23).
Dans cette maison de Nabal, la sagesse et la folie habitaient côte à côte. La folie s'était manifestée par la bouche de Nabal l'incrédule (dont le nom signifie fou, et nous lâavons déjà hier comparé au riche insensé de Luc 12). à présent la sagesse intervient à son tour par le moyen de la pieuse Abigaïl, femme de bon sens (v. 3). Avec ses présents, elle se porte à la rencontre de celui qu'elle reconnaît comme l'oint de l'Ãternel. Elle se prosterne, confesse son indignité et magnifie les gloires actuelles et futures que sa foi a discernées dans le roi selon Dieu. Nous constatons que la folie et l'incrédulité vont ensemble, comme aussi la vraie sagesse est inséparable de la foi.
Alors que Nabal festoie comme un roi (après avoir repoussé et outragé le roi véritable), Dieu va Lui-même le frapper. Nous ne perdons rien à laisser le Seigneur agir à notre place. Abigaïl, femme de foi, s'est distinguée par son bon sens, son empressement (elle se hâte: versets 18, 23, 42), son humilité, son dévouement. «Lorsque l'Ãternel t'aura établi prince... souviens-toi de ta servante», avait-elle demandé (vv. 30, 31; comparez avec la requête du brigand en Luc 23:42).
Réponse qui dépasse toutes ses espérances: David fait d'elle à présent son épouse. Et cette femme abandonne sans un regret les richesses de la terre pour partager dans les cavernes et les déserts le sort du roi rejeté. Précédemment unie à un insensé, elle devient l'heureuse compagne du «bien-aimé». Maintenant pour les souffrances, mais plus tard aussi pour le règne! Belle figure de l'Ãglise, l'Ãpouse de Christ partageant la position de son Seigneur, aujourd'hui méconnue et rejetée du monde comme Il l'est Lui-même; demain venant régner avec Lui en gloire! «Si nous souffrons nous régnerons aussi avec Lui», rappelle 2 Timothée 2:12 (voir aussi Rom. 8:17).
La générosité de David au chapitre 24 avait paru toucher enfin le cÅur de Saül. Mais, il ne s'agissait pas d'un vrai repentir! La lâche dénonciation des Ziphiens qui cherchent à se faire bien voir, remet le méchant roi en campagne contre celui qui doit un jour prendre sa place. Le Ps. 54 écrit à cette occasion, nous permet de mesurer ce que cet acte infâme des Ziphiens a eu de douloureux pour David. Il implore le secours de Dieu contre les hommes violents qui cherchent sa vie; ils nâont pas mis Dieu devant eux (Ps. 54:3) mais lui lâinvoque, et, en réponse à sa prière, Dieu protège Son oint et lui fournit une nouvelle occasion de montrer la pureté de ses intentions envers Saül. Une expédition nocturne met entre les mains de David la lance avec laquelle, à deux reprises, le roi criminel avait voulu le transpercer. Un mot aurait suffi;... Abishaï l'attend. Mais cette fois encore la miséricorde arrête son bras.
N'est-ce pas ainsi qu'a agi notre parfait Modèle (voir par exemple Luc 9:54, 55). Il mettait en pratique ce qu'il avait enseigné auparavant à ses disciples: «Aimez vos ennemis; faites du bien à ceux qui vous haïssent,... Soyez miséricordieux... ne jugez pas... ne condamnez pas» (Luc 6:27, 36, 37). Puissions-nous mettre davantage en application ces précieuses paroles du Seigneur Jésus!
Il nous est peut-être difficile de comprendre le caractère de Saül. Comment concilier ces regrets, ces promesses et ces démonstrations d'affection avec l'acharnement renouvelé qu'il met à poursuivre David pour le détruire? Ne confondons jamais la foi avec la sentimentalité. Cette dernière est capable de verser des larmes abondantes, de répéter sans vraie conviction: «J'ai péché» (1 Sam. 15:30; 1 Sam. 26:21), et de prendre aussi les engagements les plus solennels. Mais la conscience n'est pas atteinte et la preuve c'est que les fruits ne seront pas durables. Saül est un homme superficiel, capable de beaucoup d'émotion, mais sans force pour exécuter ses bonnes résolutions parce qu'il n'a pas la foi.
Quelle dignité David conserve, malgré son humiliation! Pourchassé «comme une perdrix dans les montagnes», tout montre que c'est pourtant lui le maître de la situation. Il reprend Abner et pose fermement à Saül des questions auxquelles celui-ci ne peut répondre (v. 18). â à nouveau nos cÅurs se reportent à Celui qui, après avoir été humilié, méprisé et rejeté, sera «exalté et élevé et placé très-haut». Et il est ajouté: «Des rois fermeront leur bouche en Le voyant» (Ãsaïe 52:13-15).
Une première visite de David à Gath chez Akish avait tourné à sa complète confusion (1 Sam. 21:10-15). Et malgré cela il y retourne à présent par crainte de Saül. Nous ne reconnaissons plus celui qui, au chapitre précédent, descendait sans peur au milieu même du camp de son adversaire, pour prendre la lance à son chevet. Et nous reconnaissons encore moins le vainqueur de Goliath en celui qui va chercher refuge auprès des Philistins. Hélas, est-ce que cela n'arrive pas souvent qu'on ne puisse plus nous reconnaître comme disciples de Jésus? Avec Son secours, nous avions peut-être remporté quelque victoire. Nous avions, comme David, montré de la confiance en Dieu, de la fermeté dans notre témoignage devant les hommes. On avait pu voir en nous quelques traits de la grâce. Puis, d'un moment à l'autre, plus rien ne paraît subsister. Nous nous retrouvons du côté du monde, ayant partie liée avec les ennemis du Seigneur.
Oui, David à Gath a oublié la défaite du Philistin. Chers amis, n'oublions jamais la croix! Comme une barrière, elle nous sépare du monde qui a crucifié Jésus (lire Gal. 6:14).
Pendant que David est à Gath dans une situation équivoque et dangereuse, Saül se trouve dans une position bien plus terrible encore. Devant les Philistins, qui montent pour une nouvelle guerre, son cÅur tremble très fort car rien ne le soutient plus. Ayant abandonné l'Ãternel, il est à présent abandonné de Lui. Il se tourne de tous côtés. Peine perdue; Dieu reste sourd! Solennelle illustration de Proverbes 1:24-28! Mais rappelons-nous que même un croyant ne peut pas espérer connaître la volonté du Seigneur lorsque sa conscience est en mauvais état.
Aujourd'hui encore, certaines personnes se prétendent capables d'évoquer les esprits des morts et le diable se sert dâelles pour égarer de pauvres âmes superstitieuses. Ces dernières se trouvent en effet mises ainsi en communication, non avec les morts, mais avec des démons.
Enfants de Dieu, n'ayons même pas la curiosité de ces choses. Elles sont aux yeux de Dieu une abomination (Deut. 18:10-12; Lév. 19:31). Saül le savait; en de meilleurs jours, il avait veillé à les ôter d'Israël (v. 3). Homme inconstant, charnel, le voilà pourtant qui, dans son désarroi, a recours à cette voyante d'En-Dor.
Scène effrayante! La femme elle-même a poussé un cri d'épouvante. Car ce n'est pas à la suite de ses enchantements que Samuel est apparu. Ni elle, ni Satan son maître n'avaient le pouvoir de le faire. C'est la main de Dieu qui pour un instant a entrouvert la porte du séjour des morts et a fait monter sur la scène son serviteur Samuel. Ce que le prophète déclare au roi déchu ressemble au message dont, tout jeune, il avait été chargé pour Ãli (1 Sam. 3:11-13). C'est une terrible confirmation de la sentence de l'Ãternel. Plus qu'un seul jour et elle sera exécutée: le royaume enlevé à Saül sera donné à David, et le roi, avec ses fils, rejoindra Samuel dans le lieu où les morts attendent la résurrection: pour la vie ou pour le jugement.
Elle est bien solennelle, la fin de cet homme qui avait commencé dans de si bonnes dispositions. Chers amis, rappelons-nous bien ceci: les qualités les plus aimables, en lâabsence de la vie nouvelle, conduisent au châtiment éternel tout aussi sûrement que les péchés les plus grossiers. Cette vie divine, Jésus la donne à tous ceux qui la Lui demandent. La possédez-vous?
Tant qu'il n'y avait pas guerre ouverte entre Israël et les Philistins, la position de David chez des étrangers pouvait, à la rigueur, sâexcuser; la haine de Saül le poussait en effet à l'exil. Mais à présent, à la veille de la bataille, cette situation devient intenable; et David aurait dû le sentir. Or, il persévère dans son double jeu, se montrant prêt à prendre les armes contre Israël aux côtés des Philistins. Mais l'Ãternel, dans Sa grâce, se sert de la méfiance des princes pour arracher David de justesse au piège dans lequel il s'est lui-même jeté. Rappelons-nous bien que, pour le chrétien, le monde n'est pas seulement étranger, mais ennemi. Il n'est pas moins dangereux par ses avances et ses compliments â ici ceux d'Akish à David (vv. 6, 9) â que par ses manifestations de violences.
L'homme réputé pour avoir frappé ses dix mille Philistins a pu perdre le souvenir de ses propres victoires. Mais ses ennemis, par contre, en ont gardé le cuisant souvenir (v. 5; 1 Sam. 21:11). Et quand nous avons oublié la croix et notre témoignage précédent, le monde sait toujours nous montrer du doigt: N'est-ce pas là ce chrétien qui se prétendait meilleur que nous?
Dieu n'a pas permis que David participe à la bataille contre Saül qu'il avait si généreusement épargné par deux fois; contre Jonathan son ami; et contre Israël sur lequel il était appelé à régner! Mais, bien que gardé, il faut qu'il passe maintenant par la discipline comme tout serviteur désobéissant. Cette discipline, c'est le désastre qu'il trouve en retournant à Tsiklag. Ah! quelle détresse pour ces hommes et tout spécialement pour leur chef. Ceux qui lui sont le plus chers ont disparu. Il ne sait s'ils sont morts ou seulement captifs. David a tout perdu. Pis encore: Exilé d'Israël, pourchassé par Saül, repoussé par ses faux amis les Philistins, ce sont maintenant ses vrais amis, ses fidèles compagnons du commencement, qui se tournent contre lui et parlent de le lapider. Il n'a plus rien... Si pourtant: Dieu lui reste! Et nous lisons cette remarquable parole: «David se fortifia en l'Ãternel son Dieu» (v. 6). Ne pouvant plus compter sur rien ni sur personne, il réalise ce que dit un cantique: «Quand tout vient à manquer, Il me reste, Lui-même». Alors, avec cette force divine quâil a retrouvée en son Dieu, David s'engage résolument sur la piste des ravisseurs Amalékites.
Le pauvre esclave égyptien, abandonné par ses maîtres et que David recueille et réconforte, nous fait penser à la condition du pécheur perdu. Quand Satan l'a laissé dans un état de faiblesse totale et de mort morale, Jésus, tel le bon Samaritain, lui donne la vie, ainsi que des forces et la capacité de Le servir.
Guidés par ce garçon, David et ses hommes tombent à l'improviste sur les Amalékites occupés à fêter leur victoire. Et, Dieu permet quâils recouvrent tout ce qui leur avait été ravi, et qu'ils sâemparent dâun très grand butin. Grâce divine dont il faut que tous profitent, y compris les gardiens du bagage! Telle est la réponse de David à ses compagnons égoïstes et jaloux. N'est-ce pas également l'enseignement de lâÃvangile? L'ouvrier de la onzième heure recevra autant que ses camarades du matin, malgré leur dépit, car il a affaire à un maître plein de bonté (Matt. 20:14, 15). Ne pensons pas, par exemple, qu'un croyant infirme ou malade sera moins favorisé au jour de Christ parce qu'apparemment il ne sâest pas trouvé «en première ligne». Nous ne pouvons juger le service des autres chrétiens ni apprécier leur récompense. Le Seigneur la leur a préparée à la mesure de Son amour parfait.
Pendant ces événements, la bataille s'est engagée entre Israël et les Philistins. Elle tourne vite à l'avantage de ces derniers, car ils disposent d'un corps d'archers contre lequel les Israélites, frappés à distance, ne peuvent faire usage de leurs armes. Alors soudain tout manque à Saül. Et, en contraste avec David au chapitre précédent (v. 6), Dieu lui manque aussi. La seule ressource tragique qu'il voit, est de s'ôter la vie. Ainsi fera Judas. Mais, comme tant dâincrédules que leur désespoir a conduits au suicide (plutôt que dans les bras du Seigneur), en voulant échapper au déshonneur sur la terre, Saül ne fait que se précipiter plus vite dans le malheur éternel. Homme misérable! Il avait eu le royaume et tout ce qu'on peut souhaiter dans ce monde. Mais à quoi cela sert-il pour celui qui fait la perte de son âme? (Marc 8:36).
Les hommes de Jabès de Galaad, ville liée par le sang à la tribu de Benjamin (Juges 21:14) montrent leur reconnaissance envers celui qui les a délivrés jadis (ch. 11).
Au commencement du livre, nous avons vu la ruine de la sacrificature. Parvenus à sa fin, nous assistons à la chute de la royauté selon l'homme. Elle s'écroule en un moment sur cette montagne de Guilboa. à présent tout l'ancien ordre de choses est mis de côté pour faire place au roi selon Dieu, David, image de Christ venant régner en gloire.
L'affaire de Tsiklag a laissé David humilié, conscient de sa faiblesse, mais aussi elle l'a rétabli dans d'heureuses relations avec l'Ãternel. Il a été ainsi préparé pour son règne, sur lequel va maintenant s'ouvrir ce deuxième livre de Samuel.
L'homme qui lui annonce la mort de Saül est à ses propres yeux «comme un messager de bonnes nouvelles» (2 Sam. 4:10). Ne s'agit-il pas pour David de la mort de son ennemi et de la possibilité de monter sur le trône? Mais cet homme ne connaît pas celui à qui il s'adresse. Dans le cÅur du «bien-aimé» de l'Ãternel brillent la grâce, le désintéressement, l'amour pour son peuple et le respect de l'ordre divin. Comment se réjouirait-il alors qu'Israël est vaincu et son prince déshonoré devant les ennemis de l'Ãternel?
D'où es-tu? â Lâhomme confirme quâil fait aussi partie des ennemis dâIsraël, et des pires: C'est un Amalékite! En essayant de tromper David par son récit mensonger, il n'a fait que se tromper lui-même (voir Prov. 11:18). Il aurait voulu que le nouveau roi tienne la couronne de sa main. Il ressemble en cela au grand Ennemi qui cherchait à faire accepter à Jésus â mais sans plus de succès â tous les royaumes du monde et leur gloire (Matt. 4:8-10).
Bien loin de se réjouir du malheur qui a atteint son rival et son persécuteur, David compose à son sujet une complainte émouvante. Ce chant de l'Arc célèbre les qualités humaines de Saül: sa force, sa magnificence, sa popularité. Et, couvrant la méchanceté du roi dont il avait cependant tant souffert, David voudrait également éviter de parler de la défaite qui provoquera chez les ennemis de l'Ãternel de la joie et du mépris: «Ne le racontez pas dans Gath...» (v. 20).
Tout autant que Juda (v. 18), nous avons besoin que nous soient enseignées les leçons de ce chant de l'Arc: Nous attrister du malheur dâautrui; relever le bien même chez ceux qui ne nous aiment pas; nous garder de raconter ce que nous pouvons savoir de fâcheux sur le compte de quelqu'un; couvrir surtout les fautes de nos frères et de nos sÅurs en pensant au témoignage du peuple de Dieu vis-à -vis du monde (1 Pierre 4:8).
Puis le cÅur de David, saisi de douleur, s'exprime au sujet de Jonathan. Amour merveilleux, plein de charmes, et pourtant pâle figure de l'amour de Jésus: amour insondable dont rien â pas même la mort â ne pourra nous séparer jamais (Rom. 8:38, 39).
David n'avait pas consulté Dieu au moment de descendre chez les Philistins, et cela lui avait mal réussi. Mais cette expérience amère n'a pas été inutile. Par deux fois maintenant il interroge l'Ãternel. â Nous n'insisterons jamais trop sur cette règle fondamentale de la vie chrétienne: la dépendance. Câest un devoir vis-à -vis de Dieu, mais aussi la source de notre force et de notre sécurité.
Hébron, où Dieu conduit son oint, est un endroit qui parle de mort. Les sépulcres des patriarches se trouvaient là . Christ, le Bien-aimé de Dieu, le vrai David, avant de prendre officiellement Son royaume, est entré dans la mort par obéissance à Dieu. Et c'est aussi le terrain sur lequel Il conduit les siens. Le chrétien est mort avec Christ.
David n'oublie pas ces habitants de Jabès de Galaad qui avaient usé de bonté envers Saül. Le Seigneur oublierait-il le peu de miséricorde qu'Il nous aura permis d'exercer? (Héb. 6:10)
La royauté de David ne s'établira que peu à peu. Pour le moment Juda seul la reconnaît. Le reste du peuple est soumis à Ish-Bosheth, fils de Saül, soutenu par Abner, l'ancien aide de camp de ce dernier.
Il s'agit jusqu'à la fin du chapitre 4 du conflit entre David et Ish-Bosheth ou plutôt entre leurs généraux respectifs: Joab et Abner. C'est une lutte de prestige, chacun de ces hommes orgueilleux voulant être le premier. Elle se terminera par le meurtre d'Abner, puis par celui d'Ish-Bosheth. Ces tristes circonstances â il s'agit d'une guerre civile â seront employées par l'Ãternel pour établir peu à peu le règne de Son roi.
La violence, l'esprit de vengeance, se donnent libre cours. Près du réservoir de Gabaon, l'épreuve de force commence comme un jeu. On veut simplement voir quels seront les plus adroits et les plus forts. Mais, de l'orgueil au meurtre, voyez comme la distance est facile à franchir. On se passionne, on perd le contrôle de soi-même, et le geste criminel est accompli avant d'avoir pu le préméditer. Les vingt-quatre malheureux jeunes gens tombent ensemble, transpercés l'un par l'autre.
Remarquons que David reste étranger aux combats que Joab prétend mener en son nom. Nous faisons la connaissance de ce dernier: homme rusé et sans scrupules, qui défend la cause de David uniquement parce qu'elle lui procure un avantage personnel.
Durant ces événements, David a attendu avec patience à Hébron que lâÃternel Lui-même l'établisse roi sur tout Israël. â Ainsi Jésus, maintenant au ciel, attend que Dieu Lui donne Son royaume universel.
Pour Israël, le début du chapitre 5 marque une grande date de son histoire. Elle est soulignée par le transfert du trône de David à Jérusalem, cette ville qui occupera dorénavant une place si importante dans l'histoire du peuple et dans les conseils de Dieu. Mais il subsistait à l'intérieur de l'enceinte de la cité, sur la montagne de Sion, une citadelle quasi imprenable où les Jébusiens s'étaient maintenus depuis le temps de Josué. Malgré leurs vanteries, David s'en empare. Toutefois il oublie ici la grâce qui l'a si souvent caractérisé, et exprime sa haine contre les infirmes en leur fermant l'accès de la maison de Dieu. Quelle différence avec le Seigneur recevant dans le temple pour les guérir, précisément les aveugles et les boiteux (Matt. 21:14), ou encore avec tel homme «faisant un grand souper» (Dieu Lui-même), qui, pour remplir Sa maison contraint ces malheureux (qui nous représentent, vous et moi) de prendre place au festin de la grâce (Luc 14:21-23).
Nous avons admiré les qualités de foi et de dépendance déployées par David en tant de circonstances (et encore dans nos versets 19 et 23 pour combattre les Philistins). Malheureusement sa vie de famille est loin d'atteindre le même niveau. Malgré une ordonnance de l'Ãternel spécialement adressée aux rois (Deut. 17:17), David prend un grand nombre de femmes, à Hébron d'abord, puis à Jérusalem. S'il n'avait eu comme épouse que la fidèle Abigaïl (dont le nom signifie la joie du père, et qui est une figure de l'Ãglise) nous ne lirions pas trois noms qui deviennent la source de tant de chagrins pour lui: Amnon, Absalom et Adonija (2 Sam. 3:2-4).
La guerre contre les Philistins peut reprendre victorieusement, suivant les instructions de l'Ãternel. Avant la deuxième bataille David aurait pu se dire: Faisons comme la première fois puisque cela avait bien réussi! Vous remarquez qu'au contraire il interroge de nouveau l'Ãternel. Il a bien raison de le faire, car la réponse est toute différente. Ainsi méfions-nous de notre propre sagesse; demandons au Seigneur ses directions et nous pourrons remporter, nous aussi, les victoires que Dieu nous a préparées.
La première pensée de David, inaugurant son règne, est pour l'arche de l'Ãternel. Il rassemble trente mille hommes, l'élite d'Israël, non point cette fois pour un combat, mais pour escorter dignement l'arche jusqu'à Jérusalem. Jamais nous ne rendrons trop d'honneur à la Personne du Seigneur Jésus. Seulement cet hommage, ce culte, il faut le Lui rendre avec intelligence et obéissance. Selon l'ordre divin, l'arche aurait dû être portée sur l'épaule (Nomb. 7:9). Mais David et le peuple n'en ont pas tenu compte. à leur avis un chariot neuf, comme celui qu'avaient employé les Philistins ignorants, ferait beaucoup mieux l'affaire. N'était-ce pas plus pratique que le transport à pied? Et voilà qu'Uzza qui a touché lâarche est frappé à mort. Consternation! Nous ne l'aurions pas cru si coupable. Eh bien si! Dieu veut nous faire comprendre, à nous comme à David, combien il est grave de remplacer Ses enseignements par nos bonnes intentions et par nos propres arrangements, spécialement quand il s'agit du culte.
Triste interruption de cette belle cérémonie! David, à la fois irrité et effrayé, détourne l'arche et perd ainsi une bénédiction, dont va jouir par contre la famille d'Obed-Ãdom.
Touchante figure du Seigneur Jésus présent dans la maison du croyant, l'arche est demeurée trois mois chez Obed-Ãdom, apportant la bénédiction à cet homme et à sa famille. Ce qui n'a pas été sans se savoir (v. 12). Si nous vivons habituellement près du Seigneur, ceux qui nous connaissent ne manqueront pas de s'en apercevoir. Et ils voudront jouir eux aussi des bénédictions dont Il nous a fait part. Maintenant David, qui a appris la leçon de Dieu, agit selon Sa pensée: L'arche est portée par les Lévites, qui se sont sanctifiés, et lui-même, ayant dépouillé sa majesté royale, exprime sa joie en dansant devant elle. L'Ãvangile nous montre, non plus l'arche, mais Jésus en personne faisant Son entrée dans cette même ville de Jérusalem au milieu de la joie de ceux qui l'acclament (Matt. 21:9).
Après six pas, le sacrifice était offert. On pense à la marche et au culte du chrétien. L'un et l'autre provoquent le mépris des incrédules dont Mical est la triste image. Le monde aime ce qui est élevé, brillant. Mais le croyant est heureux de s'abaisser, «d'être rendu plus vil encore» (v. 22), afin que les regards se détournent de lui et se portent sur Jésus seul (comparer Jean 3:30).
«Quand les voies d'un homme plaisent à l'Ãternel, Il met ses ennemis mêmes en paix avec lui» (Prov. 16:7). Cette parole se réalise maintenant pour David. Et, puisque lui habite une belle maison de cèdre, il a scrupule à laisser l'arche demeurer sous une simple tente. Noble sentiment de sa part! Ceux d'entre nous qui ont une vie bien assurée et confortable ne devraient jamais oublier que leur Maître a traversé ce monde comme un divin voyageur, sans un lieu où reposer Sa tête. â David se propose de construire une maison digne de l'Ãternel. Or écoutons ce que Celui-ci lui répond en substance par la bouche de Nathan: Ce caractère de voyageur, je l'ai pris volontairement pour partager en grâce le sort de mon peuple. Et le moment de mon repos n'est pas encore venu. Mais ce que, toi, tu ne peux faire, un de tes descendants l'accomplira.
Il s'agit d'abord de Salomon, fils de David, qui bâtira le temple. Mais le verset 14 cité en Hébreux 1:5 prouve que ce Roi, Fils de David, est prophétiquement Jésus, le Fils de Dieu. De Lui seul il peut être déclaré que Son royaume sera pour toujours. Bénédictions personnelles (vv. 8 et 9) ou collectives (v. 10), toutes ont leur source dans cette Personne incomparable.
David avait voulu faire quelque chose pour l'Ãternel. Mais la réponse divine a été: «C'est moi qui ai tout fait pour toi». Telle est la leçon que chacun doit apprendre. Dieu s'est occupé lui-même de notre salut, de notre repos, de tout ce qui concerne notre avenir (v. 9). Merveilleux conseils dans lesquels nous ne sommes pour rien! «Que Ses jugements sont insondables et Ses voies introuvables» (Rom. 11:33). Certes ce n'est pas là «la manière de l'homme» (v. 19).
Alors que reste-t-il à faire à David? Simplement à remercier Dieu. Dans la présence divine, le roi entre, s'assied et adore, tout comme le croyant aujourd'hui peut le faire dans le rassemblement des rachetés autour du Seigneur, avec la tranquille assurance qu'il a le droit d'être là et d'y jouir déjà de ce repos divin. «Qui suis-je et quel est mon peuple?» Ni David, simple berger (v. 8), ni Israël, tiré d'Ãgypte (v. 6), n'a aucun mérite personnel, aucun titre, pour occuper une position semblable. La grâce seule a «amené jusqu'ici» David et son peuple. Et la prière du roi, expression d'une entière communion, se résume ainsi: Fais comme tu as dit; et que Ton nom soit magnifié! (vv. 25, 26).
On placerait aussi volontiers le Psaume 23 à ce moment-là dans sa bouche, en particulier les versets 5 et 6.
Fortifié par les promesses de l'Ãternel, le nouveau roi assure son trône par des victoires qui vont soumettre ses ennemis. Les premiers sont les Philistins. L'ensemble de leur pays peut être enfin tenu en respect. C'est ensuite Moab qui est subjugué, en exécution partielle de la prophétie de Balaam (Nomb. 24:17). Hadadézer et les Syriens qui le soutiennent sont vaincus à leur tour. Enfin Ãdom est asservi, selon une prophétie plus ancienne encore: celle d'Isaac bénissant Jacob (Gen. 27:29 et aussi Gen. 25:23). Le psaume 60 nous révèle que ces victoires nâont pas été obtenues sans exercices ni prières. David réalise ici en figure ce qui est écrit du Seigneur Jésus dont le royaume glorieux s'établira quand tous ses ennemis auront été assujettis (Ps. 110).
Maintenant que la paix est acquise et la domination de David reconnue au dehors comme au dedans, l'organisation du royaume est esquissée (vv. 15-18). Le roi en est le centre, faisant droit et justice. Autour de lui, chacun à sa place remplit les fonctions qui lui sont assignées. Les sacrificateurs sont là , assurant les relations avec Dieu. Sécurité, stabilité, justice et paix: caractères glorieux qui seront, dans une mesure bien plus excellente, ceux du Royaume à venir!
Le ch. 8 a déployé devant nous la gloire du roi David. Mais quelque chose la dépasse encore: c'est sa grâce. Il l'a apprise à l'école de Dieu, étant lui-même lâobjet de cette grâce. Est-ce là en effet «la manière de l'homme» de recevoir à sa cour, à sa table, le dernier représentant de la race rivale, l'héritier de son ennemi? (lire 2 Samuel 4:4). Non, il s'agit bien d'une «bonté de Dieu». Car David ne se contente pas d'accomplir sa promesse à Jonathan et à Saül (1 Sam. 20: 14-15; 1 Sam. 24: 22-23); il fait surabonder cette grâce divine envers le pauvre Mephibosheth, lequel est tout rempli du sentiment de sa propre indignité. De plus cet homme n'était-il pas boiteux, et à ce titre encourant la haine du roi? (2 Sam. 5:8). Or voyez comment il est cherché, appelé par son nom, rassuré, enrichi, invité comme un membre de la famille à la table du roi, et enfin pris en charge par lui pour toujours. Quelle belle figure de l'Åuvre de Jésus pour un pécheur!
Mephibosheth restera infirme. Le verset 13 le répète intentionnellement. Mais quand il sera assis à la table royale, cela ne sera pas visible. N'en est-il pas ainsi du croyant ici-bas? Sa vieille nature ne lui est pas enlevée. Mais, en restant dans la communion du Seigneur, il peut ne pas la montrer.
Après Mephibosheth qui a accepté la grâce royale, voici l'exemple de ceux qui ne la comprennent pas et ne veulent pas la recevoir.
David a usé de bonté envers Hanun en cherchant à le consoler. Ainsi Jésus désire aujourd'hui Se révéler aux hommes comme Celui qui sympathise à leurs peines, et qui s'est aussi chargé de leurs douleurs (Ãsaïe 53:4). Y a-t-il plus grand outrage que de repousser un tel amour? Combien David a dû ressentir l'insulte faite à ses serviteurs! à combien plus forte raison le cÅur parfaitement sensible du Sauveur n'est-il pas blessé par le mépris de ceux qui, chaque jour, rejettent ses plus tendres appels (Jean 5:40; Matt. 22:6).
Il était encore temps pour Hanun et son peuple de s'humilier quand ils ont vu que leur cas était mauvais. L'expérience d'Abigaïl nous donne l'assurance que le jugement mérité aurait alors été détourné (1 Sam. 25). Au lieu de cela l'orgueil et l'aveuglement des fils d'Ammon les pousse à une guerre ouverte contre celui qui leur avait voulu du bien. Mais pour David c'est l'occasion d'une nouvelle victoire, plus glorieuse que celle du chapitre 8, sur Hadadézer et les Syriens qui avaient prêté main forte aux Ammonites.
On aimerait rester sur les victoires du chapitre 10 et passer sous silence ce qui vient maintenant. Car David y subit, de la part de l'ennemi des âmes, la plus cruelle défaite de son existence. Pourtant ce triste récit figure dans le livre de Dieu comme un avertissement solennel pour chacun d'entre nous. Le croyant le plus pieux possède un cÅur corrompu, grand ouvert à toutes les convoitises et doit veiller sur les entrées donnant accès à ce méchant cÅur, en particulier sur ses yeux: Satan aura tôt fait de lui présenter un objet séducteur qui pénétrera dans ses pensées secrètes. Hélas, c'est ce qui est arrivé à David! Cette histoire tragique nous montre un roi devenant un esclave: esclave de ses convoitises, pris dans lâengrenage terrible du péché.
Au lieu d'être au combat avec ses soldats, David se repose à Jérusalem, puis se promène désÅuvré sur la terrasse de son palais. L'oisiveté, la paresse, souvenons-nous-en, multiplient pour l'enfant de Dieu les occasions de chute. Dans l'inactivité, la vigilance se relâche infailliblement; et le diable, lui, ne se relâche jamais, il sait comment en tirer parti. Sachons donc être occupés. Et que nos yeux nous montrent plutôt des services à rendre.
David prend la femme d'Urie, et, pour cacher son péché, il en commet un second, avec la complicité de Joab, en machinant la mort de son noble et dévoué soldat.
«Tu ne convoiteras point la femme de ton prochain» â disait la loi. «Tu ne commettras point adultère». «Tu ne tueras point» (Ex. 20:17, 14, 13). David, qui au Psaume 19:7 déclare: «La loi de l'Ãternel est parfaite», a transgressé successivement trois au moins de ses commandements. Pourtant sa conscience ne le reprend toujours pas. Il faut que l'Ãternel lui envoie Nathan. Et la touchante parabole de la brebis volée, bien propre a atteindre le cÅur de celui qui fut berger, va lâaider à mesurer l'horreur de sa faute. Mais David ne se reconnaît pas aussitôt. Il est sans pitié pour l'homme riche. Ainsi sommes-nous! Le fétu dans l'Åil de notre frère ne nous échappe pas, tandis que nous ne remarquons même pas la poutre qui se trouve dans le nôtre. Alors le doigt de Dieu le désigne avec solennité: «Tu es cet homme». Puis toute la triste affaire, cachée si soigneusement, est, sans ménagement, mise à découvert: Tu as fait ceci, cela! Enfin, pour confondre le cÅur de David, Dieu lui rappelle tout ce que Sa grâce avait fait pour lui. Ãtait-ce peu de chose? David au 2 Samuel 7:19 avait dit le contraire. Plus nous avons reçu, moins nos convoitises sont excusables. Et nous avons beaucoup reçu!
Après être restée si longtemps endormie, la conscience de David est à présent saisie d'une profonde conviction de péché. Et il réalise que son crime ne concerne pas seulement Urie et sa femme; il est en premier lieu contre l'Ãternel.
Nos fautes envers nos frères et sÅurs, nos parents ou toute autre personne, comprenons qu'elles sont d'abord un péché contre Dieu. Il ne suffit donc pas de réparer le mal auprès de celui à qui nous avons fait du tort... quand cela est possible (David ne le pouvait plus); il faut encore le confesser à Dieu.
C'est ce que David fait au Psaume 51, écrit dans ce moment d'amère détresse (voir aussi Ps. 32:5, 1 et 2). En vérité Dieu «ne méprise pas un cÅur brisé et humilié» (Ps. 51:17). Il pardonne à son pauvre serviteur; Il lui pardonne complètement. David est «plus blanc que la neige» car il est lavé à l'avance par le même précieux sang de Jésus versé pour lui, pour vous, et pour moi (Ãsaïe 1:18). Mais ce qui ne peut pas être effacé, ce sont les conséquences du mal commis. Elles sont bien douloureuses. En premier lieu son petit enfant doit mourir. Chacun saura ainsi que, tout en pardonnant au pécheur, Dieu condamne absolument le péché, même et spécialement quand il est commis par un de Ses serviteurs.
Corruption, violence: tels sont les titres que pourraient porter les chapitres 11 et 13. Depuis le début de la Genèse, ce sont les caractères du monde. Et il nâa pas changé. Mais quelle terrible chose quand ces caractères se manifestent dans la famille de l'homme de Dieu! Celui-ci avait donné cours à ces deux formes du mal en prenant Bath-Shéba et en ordonnant la mort d'Urie. Maintenant elles s'introduisent dans sa maison. Jusquâà la fin de son histoire, David va faire lâexpérience amère que «ce quâun homme sème, cela aussi il le moissonnera» (Gal. 6:7).
Amnon est mort. Sur l'intervention de Joab, Absalom, le meurtrier de son frère, revient à Jérusalem. Mais on ne voit chez lui aucun regret, aucun sentiment d'humiliation. Ruse, orgueil, ambition, absence de piété et d'affection naturelle, voilà ce que nous trouvons chez cet homme, et la suite de son histoire rendra ce portrait plus sombre encore. Absalom est un homme dont lâétat moral est bien loin de répondre à sa beauté physique. Comment un aussi triste personnage peut-il être le fils du roi bien-aimé? Hélas, il en est pourtant ainsi! Nous n'héritons pas de la foi de nos parents. Il faut la posséder pour soi-même. 2 Timothée 3:1-5 nous apporte la triste preuve qu'il peut aussi y avoir des Absalom dans les familles chrétiennes!
Lâattitude dâAbsalom ne montre aucun travail de conscience. Il avait soigneusement préparé son coup d'état. Jour après jour, il s'était rendu à la porte de la ville pour y rencontrer ceux qui avaient une affaire à juger. Il leur tendait la main, les embrassait et les interrogeait sur la raison qui les amenait. Ensuite il leur donnait à entendre que son père n'était pas capable de prendre leur cause en main. Lui par contre, ajoutait-il, s'il recevait le pouvoir, ne manquerait pas de leur faire droit.
Hypocrite et flatteur, Absalom réussissait pourtant de cette manière à se faire auprès de tout Israël une réputation de bienveillance, d'amabilité, de justice, aux dépens du roi son père. Il «dérobait les cÅurs des hommes d'Israël» à leur seigneur véritable (v. 6). N'y a-t-il pas aujourd'hui encore des personnes (et des choses) habiles à dérober nos cÅurs au vrai David? Souvenons-nous que ces cÅurs appartiennent au Seigneur Jésus Christ. Il a payé un prix suffisamment grand pour les posséder sans réserve et sans retour.
Dans les v. 7-12 nous voyons Absalom, couvrant son action infâme dâun prétexte religieux, organiser la conjuration qui doit, compte-t-il, le placer sur le trône (Jér. 9:3-5).
Tant que tout allait bien pour le roi et son entourage, il était impossible de distinguer ceux qui étaient vraiment attachés à David de ceux qui restaient avec lui par simple intérêt personnel. L'épreuve va maintenant montrer ce qu'il y a dans les cÅurs et les départager. Les uns suivent Absalom (v. 13), les autres David (v. 18). La neutralité n'est plus possible.
Avons-nous déjà pensé à ce que nous ferions si demain les chrétiens devaient être persécutés, punis de prison ou de mort, comme ils l'ont été autrefois... et comme ils le sont encore dans d'autres pays? C'est alors qu'on verrait si vraiment nous aimons le Seigneur Jésus, et si nous Le suivons non seulement quand le chemin est facile, mais également quand il faut tout quitter et tout supporter pour demeurer avec Lui.
Itthaï était un étranger venu depuis peu auprès du roi. On a souvent vu de nouveaux convertis, venus de milieux où il y a peu de lumière, déployer une grande foi et un grand dévouement. D'autres chrétiens au contraire, dont on attendait beaucoup à cause de leur connaissance et de leur éducation, ont lâché pied au moment de l'épreuve. Puissions-nous tous ressembler à Itthaï le Guitthien!
Les douleurs que David doit connaître maintenant résultent de ses propres fautes. Elles ne peuvent donc se comparer aux souffrances du Seigneur Jésus qui toutes étaient la conséquence de nos péchés à nous. Pourtant, par certains côtés, elles nous permettent de mieux comprendre ce que notre Sauveur a traversé. Voyez David, au milieu de quelques amis fidèles, qui gravit en pleurant la montée des Oliviers! Plus tard, câest à cet endroit même, dans le jardin de Gethsémané, que l'Homme de douleurs, dans l'angoisse de Son combat, offrira «avec de grands cris et avec larmes, des prières et des supplications à Celui qui pouvait Le sauver de la mort» (Héb. 5:7).
C'est là que le roi apprend la trahison d'Akhitophel, son compagnon, son conseiller (mais dont le nom signifie frère de folie!). â C'est là aussi que s'avancera Judas à la tête des soldats et des huissiers (voir aussi Ps. 3:1 et titre).
L'exclamation désolée de David au Psaume 55:13, peut sans doute se situer à cet instant-là : «C'est toi, un homme comme moi, mon conseiller et mon ami: Nous avions ensemble de douces communications...» Pensons avec quelle tristesse le Seigneur a pu questionner son misérable disciple: «Ami, pourquoi es-tu venu?» (Matt. 26:50).
Tandis que David poursuit son chemin de douleur et de réjection, un Benjaminite nommé Shimhi en profite lâchement pour lui jeter des pierres et l'accabler d'injures. Contre le Seigneur Jésus, ce ne sera pas un accusateur mais toute une meute de «chiens» (Ps. 22:16) qui s'assembleront autour de la croix et profiteront de Son humiliation pour se moquer de Lui, hocher la tête et l'insulter. Non seulement Il ne leur donne aucune réponse, mais Il se tourne plus que jamais vers Son Dieu (Ps. 22:19). Et, toutes distances conservées, c'est aussi ce que fait David devant les accusations injustes. Il s'adresse à Celui qui connaît la vérité (comparer Ps. 7, titre et versets 3 et 4). De plus il reçoit cette nouvelle épreuve comme venant de la main divine et accepte l'injuste malédiction comme une chose que Dieu a jugée nécessaire. Il reprend Abishaï dont le zèle bouillant se manifestait pour la vengeance (v. 9 â comme en 1 Sam. 26:8). N'est-ce pas aussi ce qu'a fait en perfection notre Sauveur, quand, dans le même jardin où nous l'avons déjà considéré, Il a pu dire à Pierre: «Remets l'épée dans le fourreau; la coupe que le Père m'a donnée, ne la boirai-je pas?» (Jean 18:11).
Hushaï avait été renvoyé par David à Jérusalem afin d'annuler auprès d'Absalom le conseil d'Akhitophel. Et Dieu, en réponse à la prière du roi (2 Sam. 15:31), intervient pour faire réussir ce stratagème. Il semble qu'Il ne pourrait plus bénir aujourd'hui une telle façon de faire, car la venue du Seigneur Jésus nous a révélé une toute nouvelle mesure de la vérité et de la droiture selon Dieu.
Le conseil d'Hushaï permettait à David d'être informé à temps, de s'éloigner et de préparer sa défense.
Nous n'avons pas encore fait remarquer que tout ce récit a une portée prophétique. Il nous parle d'un temps à venir où, en Israël, un certain nombre de fidèles, un «résidu», sera persécuté et contraint de fuir, pourchassé par les ennemis de Christ. Ceux-ci: le Roi et le faux prophète (ou Antichrist), sous la figure d'Absalom et de son conseiller Akhitophel, feront la guerre au pauvre résidu dont les Psaumes nous permettent de comprendre la détresse. Mais, après une persécution de courte durée, les deux complices connaîtront une fin subite et effrayante: Le roi appelé «la Bête» et le faux prophète seront les premiers hommes jetés vivants dans l'étang de feu qui est la seconde mort (Apoc. 19:20).
Les Psaumes 3 à 7 se rapportent à cette sombre page de l'histoire de David. Se sauver devant Saül était peu de chose à côté de cette fuite devant son propre fils rebelle.
Mais si son cÅur est déchiré, sa soumission et sa confiance restent inébranlables. Ãcoutons ces belles paroles: «Toi Ãternel! tu es un bouclier pour moi». Pendant qu'Akhitophel propose une embuscade pour tomber de nuit sur le roi fatigué et l'épouvanter (v. 2), qu'est-ce que ce dernier est justement en train de déclarer? «Je me suis couché et je m'endormirai: je me réveillerai car l'Ãternel me soutient. Je n'aurai pas de crainte des myriades du peuple...» (Ps. 3:3, 5, 6).
Voyez le dévouement de ceux qui sont restés fidèles à David. Il y a d'abord ces deux jeunes gens: Akhimaats et Jonathan dont les jambes â et l'esprit de décision â sont utiles pour le service du roi. â En ce qui nous concerne, sachons saisir les occasions dâaider chaque fois quâelles se présentent. Il sâagit indirectement du service du «Roi». à la fin du chapitre nous avons encore l'exemple d'autres activités pour le Seigneur et pour Son peuple: s'occuper du bien-être et du réconfort de ceux qui sont fatigués, exercer l'hospitalité...
La bataille va maintenant s'engager. Mais il s'agit de nouveau d'une guerre civile! Et le pauvre roi est dans une situation tragique. Peut-il désirer la victoire quand celle-ci signifie la défaite et la mort possible du fils qu'il n'a pas cessé d'aimer?
«Ce qu'un homme sème, cela aussi il le moissonnera» (Gal. 6:7). L'heure de cette «moisson» solennelle a sonné pour le misérable Absalom. à lui s'applique cette effrayante déclaration: «L'Åil qui se moque d'un père et qui méprise l'obéissance envers la mère, les corbeaux du torrent le crèveront et les petits de l'aigle le dévoreront» (Prov. 30:17). La belle chevelure qui faisait la gloire dâAbsalom devient le moyen de sa perte. Et le cruel Joab est l'instrument par lequel le jugement de Dieu s'accomplit. Mais cela ne l'excuse en aucune manière. Malgré les ordres du roi, il ne craint pas de commettre froidement ce nouveau meurtre.
En dressant une stèle à son honneur, Absalom n'avait pas prévu qu'un autre monument serait érigé pour sa honte: ce grand monceau de pierres sur la fosse où serait jeté son cadavre (comme pour Acan: Josué 7:26), monceau sur lequel chacun viendra lancer sa pierre en signe de mépris et de condamnation.
Au chapitre précédent Akhimaats avait couru par obéissance et son service avait été efficace. Ici sa propre volonté paraît en jeu: «Je veux courir», déclare-t-il (v. 23). Et comme conséquence, son exploit va être inutile, entraînant même à la dissimulation. Il en est ainsi, non seulement de nos bonnes jambes si nous en avons, mais de toutes nos facultés; elles sont utiles, ou ne le sont pas, suivant que nous sommes ou non soumis au Seigneur Jésus.
La victoire qui vient dâêtre remportée, ne réjouit pas le cÅur de David. Quâimporte pour lui le trône, la vie même; Absalom est mort et la douloureuse nouvelle transperce le cÅur du pauvre père qui sent sa part de responsabilité dans les événements qui viennent de se dérouler: «Absalom mon fils, mon fils». Nous avons là un des cris les plus terribles de toute l'Ãcriture, propre à faire frissonner tous les parents chrétiens. Cri sans écho, sans espoir, qui exprime l'affreuse certitude d'une séparation définitive, éternelle. Bien différente était la mort du petit enfant de Bath-Shéba! David, au lieu de se désoler, avait alors déclaré avec la conviction du revoir dans la résurrection: «Moi je vais vers lui...» (2 Sam. 12:23). Mais pour Absalom, il eut été bon comme pour Judas qu'il ne fût pas né (Matt. 26:24).
Tous ceux qui ont suivi David ne l'ont pas fait par la foi. Joab en est un exemple. Pour cet homme il n'y a que son intérêt qui compte. Il est sans scrupules et ne recule pas devant un crime si quelqu'un fait obstacle à ses plans. Les reproches qu'il adresse à David sont d'autant plus déplacés que c'est lui-même, par le meurtre d'Absalom, qui est responsable de la douleur du pauvre roi. Pourtant ils aident celui-ci à se ressaisir pour penser à l'intérêt du peuple plutôt qu'à son propre chagrin.
Les malheurs de David ont maintenant produit leurs fruits. L'épreuve lui a permis de connaître son Dieu d'une manière plus réelle, plus intime. Il a rencontré la tribulation, la détresse, la persécution... le péril, l'épée. Mais toutes ces choses n'ont été qu'autant d'occasions de mieux comprendre les ressources inépuisables de l'amour divin (voir Rom. 8:35).
Au milieu du peuple, on remarque à présent des disputes (v. 9); chez Juda un fâcheux manque d'empressement. Mais David agit avec un esprit de grâce. Et les cÅurs s'inclinent vers lui, comme plus tard ils se soumettront au Seigneur Jésus quand, après Sa victoire définitive sur Ses ennemis, Il apparaîtra pour régner en gloire.
Nous apprenons comment David vainqueur se comporte vis-à -vis de ceux qui ne l'ont pas suivi. Shimhi l'accusateur vient implorer le pardon du roi. Celui-ci le lui accorde, bien qu'il puisse douter de la sincérité de ce repentir. Puis c'est le tour de Mephibosheth. Tsiba l'avait accusé avec malveillance auprès de David (2 Sam. 16:3). Ne nous arrive-t-il jamais, pour nous donner de l'importance, de prêter aux autres de mauvaises intentions et de les accuser injustement? Cela porte le nom de calomnie (v. 27).
Mephibosheth a montré son attachement pour le vrai roi en menant deuil publiquement pendant son absence (v. 24). Comment aurait-il pu se réjouir tandis que son seigneur et bienfaiteur était méconnu et rejeté? Nous pensons à ce que Jésus disait à Ses disciples au moment de les quitter: «Un peu de temps et vous ne me verrez pas... vous serez dans la tristesse, mais votre tristesse sera changée en joie» (Jean 16:19, 20 â voir aussi Marc 2:20). La joie de Mephibosheth le fait passer maintenant par-dessus toutes les injustices. Il peut abandonner sans regret tous ses biens. La présence du roi lui suffit (v. 30). De quoi a-t-il besoin dâailleurs puisqu'il mange à sa table?
Barzillaï était un de ces hommes dévoués que la fin du chapitre 17 nous a montrés employant pour le peuple les richesses dont il disposait (1 Tim. 6:17, 18). David ne l'a pas oublié. Et le grand Roi qui viendra dans Sa gloire se souviendra aussi des «bénis de Son Père». Il pourra leur dire au jour des récompenses: «J'ai eu faim, et vous m'avez donné à manger...» (Matt. 25:34, 35). â Plein de délicatesse, Barzillaï ne veut pas être à la charge du roi, mais il lui confie Kimham son fils. C'est le plus cher désir des parents chrétiens de voir leurs enfants suivre le Seigneur pour être pris en charge et bénis par Lui. Et David promet à Barzillaï: «Tout ce que tu voudras de moi, je te le ferai» (v. 38; comparer Jean 14:14 où le Seigneur dit aux siens: «Si vous demandez quelque chose en mon nom, moi, je le ferai»).
David repasse maintenant le Jourdain. Il va jouir de nouveau de Canaan, image du ciel, dont il avait été privé quelque temps à cause de son péché. Pour l'enfant de Dieu, il en est de même. Toute faute le prive de la joie présente du ciel et il lui faut refaire les étapes du chemin, repasser «le Jourdain» (la mort), s'arrêter à Guilgal (le jugement de soi-même), pour pouvoir retrouver lâheureuse communion avec le Seigneur.
à la fin du chapitre 19, nous avons vu s'élever une dispute entre Juda et les autres tribus d'Israël. Shéba, un nouvel ennemi, en a profité pour entraîner le peuple à la révolte (ch. 20). C'est ainsi que Satan tire parti de nos querelles et se réjouit des désaccords qui surviennent entre les enfants de Dieu.
Shéba mort, tout rentre dans l'ordre. L'organisation du royaume du 2 Samuel 8:15-18 est alors rappelée (2 Sam. 20:23-26), avec cette différence que les fils de David ne sont plus les principaux officiers. Après l'affaire d'Absalom, nous en comprenons la raison.
Notre lecture nous rapporte encore un triste récit. Saül avait violé le serment fait autrefois par Israël aux Gabaonites (Jos. 9:15). Longtemps après, son crime est remis en mémoire et réclame une expiation selon Nombres 35:19. Le temps, soyons-en bien certains, n'efface pas les péchés commis. Ils sont toujours devant Dieu. Mais, pour le croyant, le sang de Christ a entièrement fait disparaître toutes ses fautes. Pendu au bois (Actes 5:30 et Actes 10:39), portant la malédiction, Jésus a expié nos péchés, Lui le Juste pour nous les injustes. à lui notre reconnaissance et notre adoration, dès maintenant et pour l'éternité!
Une nouvelle fois David honore la mémoire de Saül et de ses descendants. Il veille personnellement à leur sépulture.
Puis Dieu nous trace encore une page glorieuse. Quatre ennemis redoutables, fils du géant, ont surgi. Ils ont été abattus l'un après l'autre par les compagnons de David. Celui-ci a donné l'exemple à ses hommes en triomphant le premier du vrai Goliath, le plus grand et le plus dangereux de tous les adversaires. Il leur a montré ce que peut la confiance en Dieu. Le grand combat de la croix n'est plus à recommencer. Satan est vaincu. Mais si nous sommes disciples de Christ, des combats seront aussi placés devant nous. En contraste avec David ici, notre Seigneur est toujours avec nous et n'est jamais fatigué. Il nous donnera la victoire puisque c'est pour Son nom, et pour Sa gloire que nous luttons â souvent par la prière simple et persévérante de la foi. Et ces ennemis, d'apparence souvent si effrayante et monstrueuse, s'enfuiront comme une ombre devant le Nom tout-puissant de Jésus avec lequel nous nous présentons. Connaissons-nous par expérience l'invincible pouvoir de ce nom de Jésus?
Les derniers ennemis du roi ont été anéantis. Comme Israël après la mer Rouge (le verset 16 y fait allusion), comme Debora avec Barak après leur victoire, et Anne après lâexaucement, David peut à présent célébrer les délivrances de l'Ãternel. Par un cantique, il remercie son Sauveur (v. 3). Nous arrive-t-il de chanter notre reconnaissance? Dans les réunions, ou en famille sans doute! Mais pourquoi ne pas le faire lorsque nous sommes seuls?
Ce cantique reproduit une grande partie du Psaume 18. Et comme tous les Psaumes, il va bien au-delà des expériences de celui qui l'a composé. Que sont en effet les souffrances de David à côté de celles du Seigneur? Que sont la violence et la méchanceté de Saül en comparaison de la haine de Satan, l'homme fort? Ce dernier a cherché à effrayer Jésus par la perspective de la colère de Dieu, puis à le retenir dans «les filets de la mort» (v. 6). Mais à Gethsémané, Christ a été exaucé «à cause de sa piété» (Héb. 5:7). Certes, Dieu ne pouvait épargner la croix à son Fils et «faire passer la coupe loin de Lui». Mais Il Lui a pourtant répondu en Le délivrant de Son «puissant ennemi», le diable (v. 18) et en le tirant (par la résurrection) des «grandes eaux» (v. 17), oui de ces terribles «vagues de la mort» (v. 5).
Les délivrances que Dieu nous accorde (et d'abord notre salut) ne dépendent pas de nos mérites, mais de Sa grâce seule. Au contraire, quand il s'agit de Son Fils, il y avait en Lui une telle excellence que Dieu ne pouvait pas ne pas Le délivrer. Entre tous les hommes, Christ est le seul qui ait, si l'on peut dire, mérité Sa résurrection. â à ceux qui contemplaient Jésus sur la croix, Son abandon paraissait un signe de la réprobation de Dieu. Les moqueurs hochaient la tête: «Qu'il le délivre, car il prend son plaisir en lui» (Ps. 22:8) ou «...s'il tient-lui» (Matt. 27:43). Dieu a relevé ce défi en ressuscitant Jésus. Et le Fils, qui connaît le cÅur de Son Père, répond au-delà de la mort: «Il me délivra parce qu'Il prenait Son plaisir en moi» (v. 20).
Suivent les motifs merveilleux que Jésus a donnés à Dieu pour trouver Son plaisir en Lui: Sa justice et la pureté de Ses actions (vv. 21, 25), Sa fidélité (v. 22), Son obéissance (v. 23), Sa sainteté (v. 24), Sa grâce (v. 26), Sa dépendance (vv. 29, 30), Sa confiance (v. 31); en résumé: Sa perfection (v. 24). En vérité, le regard du Père pouvait se poser avec une entière satisfaction sur «l'homme parfait» (v. 26).
Nous avons vu dans ce cantique de la délivrance ce qui concerne David et en même temps le croyant; puis ce qui concerne Christ dont David est le «type». Il nous reste à considérer le côté de Dieu. «Quant à Dieu, sa voie est parfaite...» ainsi commence le verset 31. Jésus désire que nous connaissions l'Auteur de Sa délivrance (relire vv. 17, 18 â voir Ps. 40:2). Voyez quel a été Son premier message aux disciples par Marie sitôt après Sa résurrection (comparer: Ps. 22:22; et Jean 20:17). C'est comme s'il leur avait dit: Le Père qui m'aime, le Dieu puissant qui m'a délivré, devient votre Père, votre Dieu. Il vous aime aussi et, par Sa même grande puissance, vous délivre avec moi du pouvoir de Satan et de la mort.
Les versets 33 et suivants nous montrent Dieu également puissant pour soutenir dans leur marche et dans leurs combats ceux qui se confient en Lui. Il a ainsi conduit Jésus, dont la confiance a été totale. â Et la fin de ce cantique s'ouvre sur l'avenir. Il nous montre ce que Dieu fera pour briser définitivement les ennemis de Christ sur la terre, pour placer les peuples sous Sa domination et L'établir enfin comme Roi sur tout l'univers.
La vie de David approche de sa fin. Et ses dernières paroles inspirées nous sont rapportées. Le «doux psalmiste d'Israël» évoque le passé: Il sait quâil n'a pas conduit sa maison comme il aurait dû! Mais il se repose entièrement sur la grâce de Dieu. Celle-ci a préparé pour Israël et pour le monde un avenir de gloire sous la domination de Christ, le Roi de justice et de paix. Il sera comme le jour radieux qui se lève après la sombre nuit, balayant les ténèbres qui règnent maintenant sur le monde. Sous cette domination, les hommes craindront et serviront Dieu, produisant du fruit comme celui que fait germer une terre fertile et bien arrosée.
Sans attendre la fin de notre vie, il est nécessaire de faire de temps en temps le point, comme le marin sur son navire. Le passé: c'est ma triste histoire, mais en même temps câest aussi la touchante histoire de la grâce du Seigneur envers moi. Le présent est marqué par deux principaux devoirs: Obéir au Seigneur et me confier en Lui seul. Quant à l'avenir des croyants, nous le savons, c'est la gloire. Christ partagera la sienne avec eux ainsi qu'Il l'a dit à Son Père (Jean 17:22).
Nous avons ici le «livre d'or» des compagnons du roi. Ils ont jadis combattu et souffert avec lui. Maintenant ils règnent aussi avec lui (2 Tim. 2:12). Page glorieuse où chaque nom, chaque exploit, est fidèlement consigné! C'est ainsi que rien ne sera oublié de tout ce que le Seigneur nous aura permis de faire pour Lui. N'a-t-Il pas promis: «Quiconque aura donné à boire seulement une coupe d'eau froide à l'un de ces petits,... ne perdra point sa récompense»? (Matt. 10:42). Considérons l'expédition des trois vaillants hommes au puits de Bethléhem; ils risquent leur vie pour un peu d'eau fraîche! Le moindre désir du chef qu'ils aiment mérite à leurs yeux un tel sacrifice. «Ces trois hommes forts firent cela» (v. 17). Sommes-nous prêts, par amour pour un Maître plus grand, à des actes de dévouement?
Le Seigneur évalue exactement la difficulté de ce qui est fait pour Lui: Tuer deux lions est un exploit déjà peu ordinaire, mais que la neige rendait plus pénible encore pour le courageux Benaïa. Eh bien, ce mauvais temps est mentionné spécialement!
Vient ensuite la liste des noms de ces héros. Tous sont là , précieux au cÅur du roi, oui tous, y compris le fidèle Urie (v. 39). Par contre, malgré toute son activité, Joab nây figure pas, alors que celui qui portait ses armes sây trouve (v. 37)!
David commet une nouvelle faute: Il procède au dénombrement du peuple. Le v. 1 semble lâexcuser puisquâil y est incité par lâÃternel. Mais 1 Chr. 21:1 révèle que Satan est lâinstrument malfaisant à qui Dieu a laissé la liberté dâagir afin de châtier Israël et de manifester ensuite Sa grâce. LâEnnemi ne parvient à ses fins quâen raison de l'orgueil du roi. Il est fier de dominer sur un peuple nombreux et de disposer d'une puissante armée. L'orgueil nous amène à nous attribuer de lâimportance, en oubliant que seule la grâce de Dieu nous a fait ce que nous sommes et nous a donné ce que nous possédons. En de meilleurs jours David l'avait reconnu: «Qui suis-je, Seigneur Ãternel... Et qui est comme ton peuple, comme Israël?» (2 Sam. 7:18, 23). La gloire d'Israël n'était ni dans sa force, ni dans le nombre de ses guerriers, comme pour les autres nations. Elle était dans le nom de l'Ãternel dont il était le peuple (voir Ps. 20:7)!
Joab, bien qu'il ne craigne pas Dieu, voit plus clair que David et cherche à le dissuader. En vain! Le recensement est fait... mais, à peine les chiffres connus, le roi comprend sa folie. Malgré son repentir, il lui faut, une fois de plus, avoir affaire au «gouvernement de Dieu» (Amos 3:2).
Le châtiment divin va passer sur le peuple. Et le recensement des hommes de guerre est à peine terminé que leur nombre est déjà réduit par l'épidémie. C'est comme si Dieu disait à David: Il m'appartient d'augmenter ou de diminuer en trois jours ce peuple qu'il t'a fallu près de dix mois pour dénombrer. Elle est belle, la réponse de David au choix difficile qui lui est imposé: «Que nous tombions... dans les mains de l'Ãternel, car ses compassions sont grandes...» (v. 14). Il connaît le cÅur de Dieu et, même sous la discipline, sa confiance dans l'amour divin n'est pas ébranlée. Cette confiance ne sera pas déçue. Une fois encore, le péché de l'homme est l'occasion pour Dieu de montrer les merveilleuses ressources de Sa miséricorde et de Son pardon. «Assez» â dit-Il, lorsque le fruit qu'il attendait est produit dans les cÅurs.
Un sacrifice est offert. Et l'aire d'Arauna achetée par le roi deviendra, ainsi que nous le verrons, l'emplacement du temple. â David ne veut pas présenter à l'Ãternel «des holocaustes qui ne coûtent rien». Nous pensons à l'offrande de Marie dans l'Ãvangile. Elle a tenu à apporter un excellent parfum pour montrer le prix que Jésus avait pour elle (Jean 12:3).
David est maintenant un vieillard. Fatigué par une vie de souffrances et de combats, il continue à se confier en Dieu selon la prière du Psaume 71: «à Dieu! tu m'as enseigné dès ma jeunesse... Et aussi, jusqu'à la vieillesse et aux cheveux blancs, ô Dieu! ne m'abandonne pas...» (vv. 17, 18 â voir aussi verset 9). L'Ãternel va lui répondre et lui accorder son secours dans la dernière épreuve qui l'attend. Après Absalom, voici qu'Adonija, un autre de ses fils, conspire pour s'emparer du trône. La fin tragique de son frère aîné ne lui avait rien appris. D'une manière générale d'ailleurs, l'éducation de ce jeune homme avait laissé à désirer. Son père ne l'ayant jamais repris ni contrarié, Adonija, depuis sa plus petite enfance, avait toujours fait tout ce qu'il avait voulu. Nouvel exemple à méditer pour ceux de nos plus jeunes lecteurs qui trouvent quelquefois leurs parents trop exigeants. Dites-vous bien qu'être «chagriné» de cette manière tant que l'on est un enfant, un jeune homme â ou une jeune fille â évite à l'âge adulte des chagrins autrement douloureux. Dieu n'agit pas différemment avec Ses enfants (Héb. 12:6; Lam. 3:27). Combien de fois Sa sagesse et Son amour nous auront empêchés de faire notre propre volonté pour notre bien présent et peut-être éternel!
à En-Roguel la fête bat son plein. Les invités sont là autour d'Adonija. L'astucieux Joab est présent, ainsi qu'Abiathar qui a oublié la parole de grâce de David («Demeure avec moi...» â 1 Sam. 22:23). Les autres fils du roi, par opportunisme et faiblesse de caractère, ont rallié la cause de leur frère. à l'exception d'un seul: Salomon, qui n'a pas été invité. Et pour cause! N'est-il pas le roi choisi par Dieu pour succéder à David? Que ferait-il à cette fête? Mais tout ce plan, savamment machiné, va être réduit à néant par quelques âmes fidèles et soumises à la pensée divine. David informé agit aussitôt: Salomon montera maintenant sur son trône. Et toutes les instructions sont données à ce sujet.
De nos jours, dans tous les domaines, l'homme s'élève, cherchant sa propre gloire. Une seule pensée ne le préoccupe pas du tout: connaître la volonté de Dieu. Or cette volonté divine est de donner au monde le Roi qui lui est destiné: Jésus Christ. Ce Roi-là est encore aujourdâhui rejeté et méprisé; il n'est pas invité aux fêtes joyeuses que le monde organise. Et ceux qui craignent Dieu n'y ont pas non plus leur place.
Selon les instructions de David, une fête toute différente va être maintenant célébrée. Au milieu de la joie du peuple fidèle, le jeune Salomon monte sur le trône de son père. Grand est le contraste avec Adonija! Le nouveau roi n'agit pas de lui-même: on le fait monter sur la mule royale, on le mène à Guihon où il est oint par Tsadok dans l'allégresse générale.
Cependant à En-Roguel le festin se termine. Un bruit inaccoutumé, persistant, vient de la ville. Joab, en militaire expérimenté, entend la trompette et s'inquiète. Et, en même temps, survient Jonathan, le porteur de nouvelles. En ce qui le concerne, celles-ci sont bonnes, car David est resté le roi son Seigneur. Mais quel désastre pour Adonija et ses invités! Tout le complot s'effondre en un instant et les conjurés désemparés se dispersent de tous côtés. Terrifié, Adonija l'usurpateur saisit les cornes de l'autel, implore le pardon du roi. Un sursis lui est accordé, mais l'orgueil et la méchanceté de son cÅur n'ont pas été jugés pour autant.
Quelle folie de s'opposer à Dieu et à Son Oint! C'est pourtant ce que fera bientôt l'Antichrist, mais il sera détruit pour faire place au Seigneur Jésus et à Son règne.
Ce sont toujours des paroles bien sérieuses que les dernières recommandations d'un père ou d'une mère à leurs enfants au moment de leur mort. Celles de David à Salomon se résument ainsi: Garde la parole de Dieu. C'était aussi le désir du Seigneur Jésus au moment de quitter les siens (Jean 14:23, 24).
Puis il est nécessaire de parler de jugement. Le règne de justice et de paix ne peut s'établir sans cela. Longtemps impunis, les crimes de Joab et les outrages de Shimhi doivent être à présent remis en mémoire. Ce qui efface un péché, câest la confession et non pas les années. Mais ce qu'a fait Barzillaï pour le roi et les siens n'est pas davantage oublié.
Salomon, type de Christ, roi de justice, va rendre à chacun selon ce qu'a été son Åuvre comme nous le montre la 2e partie de ce chapitre. Le jour où le Seigneur établira son royaume en gloire sera aussi celui des rétributions (Matt. 25:31). Les uns auront part à la vie éternelle, les autres à des tourments qui ne sont pas moins éternels. Oui, il y a un Juge, un tribunal, un enfer (Apoc. 20:12-15). Mais il y a aussi une «résurrection de vie» pour les croyants. C'est celle que David attend désormais. Il s'endort avec ses pères «après avoir â comme le déclare Actes 13:36 â en sa propre génération, servi au conseil de Dieu...».
Si cette nuit le Seigneur vous proposait comme à Salomon: «Demande ce que tu veux que je te donne», que Lui répondriez-vous? Réfléchissez! Je ne suis pas certain que chacun aurait comme premier désir de recevoir... «un cÅur qui écoute». Fortune, succès, distractions, voyages, tels sont les souhaits de la plupart des jeunes de ce monde. Quels sont les nôtres?
Un cÅur qui écoute (ou, d'après la note, un cÅur intelligent qui comprenne), voilà une demande agréable à Dieu et qu'il est toujours possible de Lui faire. «Si quelqu'un de vous manque de sagesse, qu'il demande à Dieu qui donne à tous libéralement... et il lui sera donné» (Jac. 1:5). On ne peut faire cette prière quand on est sage à ses propres yeux (Prov. 3:7). Mais Salomon n'a pas une haute opinion de lui-même: «Je suis un jeune garçon, dit-il, je ne sais sortir et entrer» (v. 7). Remarquons que c'est le cÅur ici â et non la tête â qui doit écouter et comprendre. Lâamour pour le Seigneur est la clé de la vraie intelligence. Et enfin considérons notre parfait Modèle, déclarant par la voix du prophète: «Le Seigneur, l'Ãternel... réveille mon oreille pour que j'écoute comme ceux qu'on enseigne» (Ãsaïe 50:4).
En Israël le roi était aussi le juge suprême, figure de Christ qui sera à la fois l'un et l'autre. Le jeune roi Salomon a d'autant plus besoin de la sagesse divine pour cette double tâche: gouverner et juger le peuple. Mais la promesse de Dieu s'accomplit sans tarder, et le célèbre jugement qu'il rend dans l'affaire de ces deux femmes, le fait connaître dans tout Israël comme ayant reçu «la sagesse de Dieu... pour faire justice» (v. 28). Ce n'est pas ainsi qu'Absalom avait essayé d'établir sa réputation de juge (2 Sam. 15:4). Comment la justice aurait-elle pu régner si cet homme impie, révolté et meurtrier s'était emparé du trône que Dieu destinait à son jeune frère Salomon?
Un seul a été plus sage que Salomon. Considérons Jésus, enfant «rempli de sagesse», étonnant les docteurs par son intelligence (Luc 2:40, 47), puis au cours de Son ministère répondant à chacun selon l'état de son cÅur, discernant les pièges qui Lui étaient tendus et confondant Ses adversaires. Admirons-le en particulier dans cette scène où il rend son jugement au sujet dâune femme adultère: «Que celui de vous qui est sans péché, jette le premier la pierre contre elle», répond-il aux accusateurs (Jean 8). «Quelle est cette sagesse qui lui est donnée?» â disait-on de Lui (Marc 6:2).
Sur les bases solides de la paix et de la justice, le royaume de Salomon s'est établi. Il préfigure, nous l'avons dit, les temps heureux où, non seulement Israël, mais le monde entier sera affranchi de la guerre et de l'injustice. Actuellement, malgré tous leurs efforts, malgré tous les progrès techniques et sociaux, les hommes ne réussissent pas à établir eux-mêmes cette paix et cette justice après lesquelles pourtant chacun soupire. Il faudra préalablement que Satan soit lié et que le «Fils de l'homme» prenne la domination universelle.
Considérez l'ordre parfait qui préside à l'administration du royaume. Douze intendants, un pour chaque mois de l'année, ont la charge d'approvisionner à tour de rôle la maison du roi. Ils nous font penser à cet «esclave fidèle et prudent que son maître a établi sur les domestiques de sa maison pour leur donner leur nourriture au temps convenable» (Matt. 24:45).
Le Seigneur a qualifié des serviteurs: pasteurs, docteurs... qui ont la charge de veiller à la nourriture spirituelle des Siens. Mais, d'une manière plus générale, tout croyant doit être un fidèle intendant, un bon administrateur des «talents» que son Maître lui a confiés en vue de Sa propre gloire.
Comparez le verset 20 et le verset 29. Le peuple et le cÅur du roi ont une commune dimension: celle du sable sur les plages. Autrement dit, Dieu a donné à Son oint un cÅur assez grand pour contenir, pour aimer tout ce grand peuple dont il a maintenant la charge. De même l'amour du Seigneur est à la mesure du nombre de ceux qui Lui appartiennent et n'est pas dépassé par leur multitude. La croix en a été la preuve. Cher lecteur croyant, Il vous aime autant que si vous étiez Son seul racheté. Jamais nous n'aurons fini de connaître et de comprendre «l'amour du Christ qui surpasse toute connaissance» (Ãph. 3:18-19).
Cette belle préfiguration du règne millénaire de Christ évoque le repos que goûtera enfin la création, après avoir si longtemps gémi sous «la servitude de la corruption» (Rom. 8:19-22). Salomon a parlé sur les bêtes, les oiseaux, les reptiles, les poissons. Christ le «Fils de l'homme» selon le Psaume 8, «couronné de gloire et d'honneur», dominera sur toutes les Åuvres de Dieu: «les brebis et les bÅufs, tous ensemble, et aussi les bêtes des champs, l'oiseau des cieux, et les poissons de la mer... Ãternel, notre Seigneur! que ton nom est magnifique par toute la terre!» (Ps. 8:5-9).
Si David a été le roi de grâce, Salomon, son successeur, apparaît comme le roi de gloire. Dans les conseils de Dieu la grâce et la gloire se suivent sans se séparer. Et le croyant, qui jouit déjà de la grâce, recevra aussi la gloire à la venue du Seigneur. Hiram, roi de Tyr, avait toujours aimé David. Aussi, à l'avènement de Salomon, il a part à la gloire du grand roi et reçoit en abondance de quoi subvenir à ses besoins et à ceux de son peuple. En retour de ces bienfaits, il contribuera à la construction du temple, qui va être l'entreprise principale du règne de Salomon. Car maintenant qu'il a donné du repos à Israël, l'Ãternel peut aussi se reposer et échanger la tente du voyageur contre une demeure fixe. Comme précédemment le tabernacle, (mais avec bien des différences) le temple de Salomon va nous fournir de nombreuses illustrations de ce qui concerne les relations de Dieu avec Son peuple. Voici déjà une première différence: La maison du désert était posée à même le sable, alors que celle-ci doit être inébranlablement bâtie sur de grandes pierres, des pierres de prix. «La fondation qu'il a posée est dans les montagnes de sainteté» (Ps. 87:1).
Ce ne sont plus des ais (des planches) comme dans le Tabernacle, mais des pierres qui servent à bâtir la nouvelle maison. Belle image des croyants, ces «pierres vivantes» qui sont édifiées «une maison spirituelle...» (1 Pierre 2:5; voir Matt. 16:18). Or le verset 7 nous apprend que les pierres avaient été entièrement préparées avant d'être transportées. Le monde est «la carrière» d'où sont d'abord tirés les rachetés, et où ils sont encore les objets d'un patient travail de Dieu, avant d'être propres à être introduits dans la Maison de gloire. Telle est notre condition présente.
En plus du lieu saint et du lieu très-saint, le Temple comportait des chambres latérales qui n'existaient pas dans la maison du désert. Elles étaient réservées aux sacrificateurs. Précieuse figure des «plusieurs demeures» préparées par le Seigneur dans la Maison du Père, afin d'y avoir les siens avec Lui. Pierres façonnées; chambres apprêtées! Le Seigneur a préparé et prépare encore aujourd'hui les siens pour occuper une place dans la Maison de Son Père. C'est l'enseignement du chapitre 13 de Jean. Mais Il a aussi préparé la place pour les siens comme nous l'apprend le chapitre 14 du même Ãvangile. Parfait travail de l'amour de notre Seigneur Jésus!
Le seul psaume qui nous soit rapporté comme étant de Salomon commence ainsi: «Si l'Ãternel ne bâtit la maison, ceux qui la bâtissent y travaillent en vain...» (Ps. 127:1). Disposition d'esprit heureuse (et indispensable) de la part de celui qui construisait la Maison de l'Ãternel. Il est tout aussi nécessaire, quelle que soit l'entreprise à laquelle nous mettons la main, de nous assurer avant de commencer que le Seigneur est avec nous pour agir et pour bénir. Et ceci s'applique particulièrement à ceux qui songent à fonder un foyer.
Nous ne pourrons, faute de place, parler en détail de cette Maison merveilleuse. Elle comportait, comme le Tabernacle mais avec des proportions doublées, un lieu saint et un lieu très-saint, appelé l'oracle, où deux grands chérubins déployaient leurs ailes. Le voile qui les séparait n'est pas mentionné ici; mais lâaccès à lâintérieur de lâoracle est assuré dâune nouvelle manière par des portes ouvragées en bois d'olivier. En plus des pierres, les matériaux employés étaient: le bois de cèdre, symbole de durée et de majesté, et l'or pur de la justice divine, dont tout était entièrement recouvert. Admirable vision, n'est-ce pas, confirmant cette parole du Psaume 29:9: «Dans Son Temple tout dit: Gloire!»
Salomon a mis une grande diligence à construire le Temple. Il lui a suffi de sept années, alors qu'il en faudra quarante-six à Hérode pour le rebâtir (Jean 2:20).
à présent le roi s'occupe de sa propre maison sans toutefois déployer le même empressement: treize ans lui sont nécessaires. Apprenons à faire d'abord, à faire bien, à faire activement, ce que le Seigneur nous donne à accomplir pour Lui, avant de nous occuper de nos propres affaires.
Sage architecte, après le Temple Salomon construit encore trois autres maisons: La sienne (v. 1); la maison de la forêt du Liban avec son portique (vv. 2-7) et enfin celle de sa femme, la fille du Pharaon (v. 8). Chacune d'elles nous parle d'une sphère de relations de Dieu avec les hommes. Si le Temple est l'image de la maison du Père, la demeure personnelle de Salomon suggère plutôt la «maison du Fils», autrement dit l'Ãglise ou l'Assemblée (Héb. 3:6). La maison de la forêt du Liban parle des rapports futurs de Christ, roi de gloire, avec Israël. C'est là que se trouve le trône du jugement. Enfin la maison de la fille du Pharaon évoque Ses relations de Roi avec toutes les nations de la terre.
Pour la confection du Tabernacle et des objets qu'il contenait, l'Ãternel avait désigné Betsaleël, un ouvrier habile «rempli de l'Esprit de Dieu, en sagesse et en intelligence, et en connaissance et pour toutes sortes d'ouvrages...» (Ex. 31:2, 3). Pour la fabrication des objets d'airain (ou de bronze), Salomon fait appel à Hiram le Tyrien, un artisan, lui aussi «rempli de sagesse et d'intelligence, et de connaissance pour faire tous les ouvrages en airain» (v. 14). Puissions-nous posséder de telles qualités spirituelles. Alors le Seigneur pourra nous employer à toutes sortes d'ouvrages, car ceux-ci ne manquent pas.
Le premier travail d'Hiram, ce sont ces deux colonnes aux chapiteaux splendides. Et nous pensons à la promesse que fait le Seigneur à l'Assemblée de Philadelphie: «Celui qui vaincra, je le ferai une colonne dans le temple de mon Dieu...» â «Tu as peu de force...» avait-Il dit à ces croyants (Apoc. 3:12 et 8). Or les noms de ces colonnes, Jakin et Boaz, signifient respectivement: «Il établira» et «En Lui est la force». Précieuse réponse à la condition présente du racheté: Peu de force sur la terre? Fermeté et force à jamais dans le ciel de gloire, dont le temple est l'image.
Hiram est une figure du Saint-Esprit, «divin Ouvrier», occupé à préparer toutes choses ici-bas â et en particulier le cÅur des croyants â en vue de la gloire de Dieu. La mer, immense cuve de près de cinq mètres de diamètre, devait servir aux sacrificateurs pour s'y laver, tandis que les dix cuves, reposant sur dix bases, étaient employées pour y laver les offrandes (2 Chr. 4:6).
à partir du verset 48 nous avons l'énumération des objets d'or confectionnés par Salomon. Or celui-ci, apportant ensuite les choses saintes de David son père (v. 51), nous fait penser à Jésus, le Fils, disposant de ce qui appartient à Son Père. «Le Père aime le Fils, et a mis toutes choses entre ses mains» (Jean 3:35; 17:10). Remarquons en même temps que, contrairement à ce qui s'est passé pour le Tabernacle (Ex. 35:21-29), il n'est pas question ici de ce qu'a donné le peuple. Et nous en comprenons la raison: Dans le ciel, rien ne peut entrer de ce qui vient de l'homme. Tout y est divin, tout y est l'Åuvre exclusive et parfaite du Père, du Fils, du Saint-Esprit. Les trois Personnes, qui se sont occupées ensemble de la première création, sâoccupent ensemble de la gloire à venir et de la nouvelle création.
La Maison étant prête, Dieu va y faire Sa demeure. Salomon assemble les principaux du peuple. Et les sacrificateurs introduisent l'arche dans «l'oracle». Précieuse arche! Type de Christ, elle a connu les fatigues et soutenu les combats du peuple. Elle a pénétré pour lui dans le fleuve de la mort. Maintenant elle entre dans Son repos. Mais quelque chose rappellera toujours le chemin du désert. Ce sont ces barres visibles. Bien que désormais inemployées, elles ne devaient pas être retirées de leurs anneaux.
Au milieu des splendeurs du ciel, nous contemplerons Jésus dans Sa beauté. Mais sur Sa Personne même, nous verrons une chose étonnante qui touchera profondément nos cÅurs: les marques ineffaçables de Ses souffrances à la croix. Comme ces barres de l'arche, elles demeureront dans la gloire céleste en témoignage éternel de Son amour divin. Combien ils sont beaux, les pieds du Sauveur; ils se sont fatigués sur les chemins de ce monde pour nous y chercher (Ãsaïe 52:7), avant d'être percés sur la croix quand il sây laissa clouer pour nous sauver! Déjà sur ces pieds saints a été répandu l'hommage de Marie dans cette bienheureuse maison de Béthanie qui fut alors remplie de l'odeur du parfum. Avant-goût de la Maison du Père que la gloire remplira pour toujours!
Le roi Salomon prend maintenant la parole. Se substituant au descendant dâAaron, il remplit ici lui-même lâoffice de sacrificateur, parce quâil est un type de Christ, roi et sacrificateur. Il rappelle le passé: l'Ãgypte, la grâce envers David, l'alliance et les promesses.
Quatre cent quatre-vingts ans plus tôt, sur le rivage de la mer Rouge, les Israélites avaient chanté le cantique de la délivrance: «Il est mon Dieu, et je lui préparerai une habitation... Tu as conduit par ta bonté ce peuple que tu as racheté, tu l'as guidé par ta force jusqu'à la demeure de ta sainteté... Tu les planteras sur la montagne de ton héritage, le lieu que tu as préparé pour ton habitation, ô Ãternel! le sanctuaire, ô Seigneur! que tes mains ont établi» (Ex. 15:2, 13, 17). Près de cinq siècles ont été nécessaires pour que ces paroles se réalisent. Le temps qui sâécoule nâôte rien à la réalité des promesses de Dieu (comp. 2 Pierre 3:4). Ainsi que Salomon se plaît à le répéter: «Sa main a accompli sa Parole» (v. 15); «lâÃternel a accompli sa parole quâil a prononcée» (v. 20). Rappelons encore une fois cette promesse du Seigneur Jésus: «Là où deux ou trois sont assemblés en mon nom, je suis là au milieu dâeux» (Matt. 18:20).
Au commencement de sa prière, Salomon a exalté la fidélité, la bonté (v. 23), la grandeur de lâÃternel (v. 27). à présent il reconnaît ce dont le peuple est capable et quelles peuvent être les conséquences de ses fautes. Nos pensées vont de Salomon à Christ, grand souverain Sacrificateur. Il connaît bien la faiblesse du cÅur des siens et s'adresse à Dieu avant que Satan ne les crible, demandant que leur foi ne défaille pas. Il a fait cela pour Pierre avant son reniement (Luc 22:32)... et combien de fois aussi pour chacun de nous à notre insu, à l'heure de la tentation. En vérité Dieu connaît le cÅur de l'homme (v. 39; voir Jér. 17:9, 10).
Où ce cÅur décevant, «trompeur par-dessus tout et incurable», a-t-il donné sa pleine mesure? Dans quelles circonstances Christ en a-t-il connu l'extrême méchanceté? N'est-ce pas à la croix où lâinimitié de lâhomme s'est tout entière exprimée contre Lui (Ps. 22:16)? Mais ce crime, le plus grand de tous les péchés d'Israël, sera lui aussi pardonné quand le peuple repentant se tournera avec «grâce et supplications», non plus vers cette maison, mais vers «Celui qu'ils ont percé» (Zach. 12:10).
Il ne suffit pas pour intercéder de connaître la faiblesse du cÅur humain (v. 46). Il faut aussi, comme ici Salomon, avoir confiance dans les compassions du cÅur de Dieu. Si Jésus, notre souverain Sacrificateur et notre Avocat ne connaît que trop le cÅur de l'homme, Il connaît aussi celui de Son Père. Mais Son désir est que nous allions à Lui pour en faire l'expérience personnelle (comparer Jean 10:17 et Jean 16:27).
«Ãcoute et pardonne»! Notre chapitre nous enseigne qu'en vérité on peut aller à Dieu en toute occasion. Il y avait place aux pieds du Seigneur pour les plus grandes pécheresses (Luc 7:37). Aujourd'hui encore, fidèle à Sa promesse, Il ne met pas dehors celui qui vient à Lui (Jean 6:37).
Le péché est la chaîne par laquelle même un croyant peut être tenu «captif dans le pays de l'ennemi» (v. 46). Dieu est prêt à l'en délivrer. Seulement le chemin du pardon passe nécessairement par la confession. «Je t'ai fait connaître mon péché,... et toi, tu as pardonné l'iniquité de mon péché» (Ps. 32:5). â Dieu écoute; Il pardonne; oui, Il peut tout pardonner parce que Jésus a tout expié. «Si nous confessons nos péchés, il est fidèle et juste pour nous pardonner nos péchés et nous purifier de toute iniquité» (1 Jean 1:9).
Malgré la richesse et la grandeur de la maison, malgré la foule immense rassemblée, ce nâest pas un sentiment de puissance qui remplit le cÅur de Salomon; il se met à genoux, prenant vis-à -vis de son Dieu une attitude de dépendance. Nous espérons que c'est une position familière à chacun de nos lecteurs. Parlons ainsi librement à notre Dieu, à haute voix de préférence, quand c'est possible, afin d'éviter la distraction. Et si même nous oublions par la suite ce que nous avons demandé, nos paroles resteront «présentes à ... notre Dieu jour et nuit» (v. 59).
Enfin il est dit qu'Il fait droit «chaque jour selon que le cas le demande» (v. 59). Nous pouvons compter aujourd'hui sur la réponse d'aujourd'hui, mais pas sur celle de demain. Car Dieu connaît notre tendance à nous reposer sur ce quâIl donne plutôt que sur Lui. C'est pourquoi Il règle «l'affaire d'un jour dans son jour» (sens littéral de lâexpression du v. 59: voir note) et Jésus l'enseigne également: «à chaque jour suffit sa peine» (Matt. 6:34).
Cette cérémonie de la «dédicace» (ou de l'inauguration) du temple a lieu au moment de la grande fête annuelle des Tabernacles, au septième mois. Elle se termine par des sacrifices et par une joie conforme à Deutéronome 16:15.
L'Åuvre entreprise par Salomon est achevée. Le verset 1 souligne qu'il a pris plaisir à lâaccomplir. N'est-ce pas une leçon qu'il nous donne? Faisons avec plaisir tout ce que le Seigneur parce que câest Lui qui nous le demande! à présent l'Ãternel répond à la prière du roi. Cette maison où Sa gloire habite va être Son grand motif pour bénir Israël, pour écouter, pour pardonner. Dans la période chrétienne, câest au nom de Jésus que lie sa propre gloire et lâexaucement des prières qui lui sont adressées (Jean 14:13, 14). Car c'est en Lui, et non plus dans un temple, que Dieu est venu demeurer au milieu de nous (Jean 1:14; Col. 1:19; Col. 2:9; 1 Tim. 3:16). Aussi les yeux et le cÅur du Père sont-ils toujours sur cet Homme parfait (comparer v. 3). Et nous pouvons à tout moment nous adresser à Lui au nom de Jésus pour être exaucés. «Vois, ô Dieu! et regarde la face de ton Oint» (Ps. 84:9).
L'Ãternel place ensuite Salomon et le peuple devant leur responsabilité. Sa présence au milieu d'eux exige de leur part une stricte séparation du mal, sinon ce privilège leur sera ôté, et Israël comme nation sera retranché.
Donner au roi de Tyr des villes qui faisaient partie du pays d'Israël, était une faute grave de la part de Salomon. De même il peut nous arriver d'abandonner au profit du monde une portion de notre héritage. Prenons par exemple la manière dont nous employons la journée du dimanche. On se privera peut-être d'assister à une réunion pour faire plaisir à un ami ou à un parent. Soyons certains que de telles concessions sont une perte et pour l'un et pour l'autre. Comment pourrions-nous amener qui que ce soit à rechercher les vérités divines et les privilèges chrétiens en montrant que nous en faisons nous-mêmes bon marché? Voyez Hiram! Il n'apprécie même pas le geste de Salomon.
La fin du chapitre nous montre le roi, sage administrateur, fortifiant et organisant son royaume. Il est d'une part en relation avec l'Ãternel (v. 25) et de l'autre avec les différents peuples et pays qui l'entourent. Et pour la première fois depuis les temps de Josué, tous les Cananéens sont assujettis. Nous nous souvenons qu'ils sont une figure des ennemis de nos âmes. Les ennemis de mon âme sont-ils en liberté, ou bien ai-je trouvé en Christ la force qui peut les assujettir?
Le Seigneur rappellera cette scène aux pharisiens pour souligner leur incrédulité: «Une reine du midi... vint des bouts de la terre pour entendre la sagesse de Salomon, et voici il y a ici plus que Salomon» (Matt. 12:42). Le Fils de Dieu, le Roi de gloire, est ici en figure devant nos yeux. Et Il nous apprend comment Il reçoit celui ou celle qui vient à Lui. Ce ne sont ni la gloire ni les richesses du grand roi qui attirent à sa cour la noble visiteuse. On lui a parlé de la sagesse de Salomon en relation avec le nom de l'Ãternel, et, voulant s'en rendre compte par elle-même, elle vient lui poser toutes les questions «qu'elle avait sur son cÅur». Qu'il ne nous suffise pas d'avoir entendu parler du Seigneur Jésus. Allons-Lui! Mettons de côté nos propres pensées et apportons-Lui toutes nos difficultés, tout ce qui, peut-être, charge notre cÅur. Alors nous ferons personnellement l'expérience de Sa grandeur et de Sa puissance, de Ses richesses et de Sa sagesse, mais aussi de Son merveilleux amour. Il est prêt à nous donner tout ce que nous désirons, tout ce que nous Lui demandons (v. 13; Jean 15:7).
Ce qui impressionne la reine à la cour de Salomon (v. 4, 5) nous fait penser au témoignage rendu au Seigneur par lâassemblée (sa maison), à lâenseignement de la Parole (les mets de sa table), au comportement des Siens qui doit être digne de Lui (la tenue, lâordre, les vêtements de ses serviteurs). Dans tous les détails nous devrions montrer aux personnes avec lesquelles nous entrons en contact qui est le grand Roi auquel nous avons lâhonneur dâappartenir.
Contempler le grand roi Salomon, revêtu de vêtements précieux et magnifiques, assis sur son trône d'ivoire et d'or, devait être un spectacle grandiose! Et pourtant le Seigneur Jésus, nous invitant à étudier les lis des champs, affirme que «Salomon dans toute sa gloire, n'était pas vêtu comme l'un d'eux» (Matt. 6:29). Soyons convaincus que la plus belle des Åuvres de l'homme n'atteindra jamais la plus modeste de celles du Créateur.
Le Psaume 72 composé «au sujet de Salomon» décrit ce règne de justice (vv. 1-4), de paix (v. 7), de puissance (vv. 8-11), de grâce (vv. 12-14), de prospérité (v. 16) et de bénédiction (v. 17). «Les rois de Sheba et de Seba lui présenteront des dons... et on lui donnera de l'or de Sheba» (vv. 10 et 15). Et dans notre chapitre 10, bien des détails illustrent la richesse, la sagesse et la puissance de ce fils de David régnant en justice à Jérusalem. Mais comprenons qu'ici aussi il y a, en figure, «plus que Salomon». Centre de gloire et source de bénédiction pour tous les peuples, ce règne brillant n'est qu'une faible image de la prochaine domination universelle de notre Seigneur Jésus Christ. Mais les Siens nâattendent pas cet avenir glorieux pour reconnaître les droits quâil sâest acquis sur leur cÅur.
Jusqu'ici c'est à peine si nous avions vu une ombre sur l'éclat de ce règne exceptionnel. Et voilà que le chapitre 11 commence par un mais, qui soudain dévoile sous les dehors brillants décrits précédemment, un état des plus désolants. En double désobéissance à la loi, le roi s'est acquis «beaucoup de femmes» et des femmes étrangères (Deut. 17:17, et Deut. 7:3), qui au temps de sa vieillesse, ont détourné son cÅur. N'avait-il pas demandé et obtenu un cÅur sage, un cÅur qui écoute? Sans doute en avait-il senti le besoin pour conduire les autres, mais non pas pour se conduire lui-même. Ce cÅur large comme le sable que l'Ãternel lui avait donné pour lui permettre d'aimer tout son grand peuple, il ne lâavait pas gardé, il nâavait pas veillé sur ce qui y pénétrait. Mille femmes étrangères y avaient trouvé place, avec leurs idoles! Salomon est condamné par ses propres paroles: «Garde ton cÅur plus que tout ce que l'on garde car de lui sont les issues de la vie» (Prov. 4:23). C'est ce qu'il a enseigné aux autres... et négligé de faire lui-même (voir Rom. 2:21 et 1 Cor. 9:27). Il n'a pas tenu compte non plus de la mise en garde de son père (1 Rois 2:3) puis du double avertissement de l'Ãternel (vv. 9, 10).
Quand il s'agit de l'homme et de sa responsabilité, nous constatons encore et toujours la faillite la plus totale. L'histoire de Salomon démontre cela peut-être mieux que toute autre. Il a été le plus sage, le plus riche et le plus puissant de ceux qui ont vécu sous le soleil. Il a construit pour Dieu un temple grandiose, Åuvre sans égale. Mais plus quelquâun a été haut placé, plus sa chute est retentissante; et un homme pieux qui se permet un écart donne à cet écart tout le poids de sa piété. Quel triste exemple ce roi défaillant a donné à tout Israël! Quand notre marche n'est pas conforme à notre position, nous sommes pour les autres des occasions de chute.
Dieu suscite des adversaires à Salomon, au temps de sa vieillesse. D'abord à l'extérieur du royaume: Hadad et Rezon. Ensuite à l'intérieur même: Jéroboam. Mais nous ne voyons pas le roi rentrer en lui-même et revenir-Dieu de tout son cÅur â selon ses propres expressions ch. 8:47, 48. Il ne se tourne pas vers l'Ãternel pour lui dire «Ãcoute et pardonne». N'était-ce pas pourtant le chemin que, dans sa prière, il avait tracé à ceux qui auraient affaire à des ennemis comme conséquence de leurs péchés?
Comme Il l'avait fait en préparant David pendant que Saül vivait encore, Dieu suscite Jéroboam du vivant de Salomon. Et comme Saül autrefois, Salomon cherche à faire mourir celui que l'Ãternel a désigné pour lui succéder (v. 40). Mais quel contraste entre Jéroboam qui lève sa main contre le roi (v. 26) et David qui refuse de le faire, â entre Jéroboam qui sâenfuit en Ãgypte et y apprend lâidolâtrie, et David qui se cache dans les déserts! David avait bien commencé sa vie; il l'avait mal continuée, mais de nouveau bien terminée. Salomon a bien commencé, bien continué, mais mal fini sa carrière. Citons aussi un exemple inverse: Jacob, dont les jours furent «courts et mauvais» (Gen. 47:9) mais qui eut une fin de toute beauté (Héb. 11:21).
Cette tentative de meurtre est le dernier acte de Salomon qui nous soit rapporté! Puis il s'endort avec ses pères. Il avait eu «un temps de vivre». Selon sa propre déclaration, maintenant vient pour lui le «temps de mourir» (Ecc. 3:2). Cher lecteur, vous ne savez pas quand ce temps viendra pour vous. Mais ce que vous devez savoir, c'est que le temps de vivre est également le temps de croire, et le temps de vivre pour Christ.
Roboam succède à son père. Ce dernier s'était autrefois posé une question: L'homme qui sera après moi sera-t-il un sage ou un sot? (Ecc. 2:18-19). Trois jours suffisent au pauvre Roboam pour nous fournir la réponse. Le fils du plus sage des hommes est dépourvu d'intelligence. Et nous ne le voyons pas comme son père demander un cÅur sage à l'Ãternel. Dans sa jeunesse, à l'âge où normalement on doit apprendre, il n'a pas su profiter des enseignements de la sagesse contenus dans le livre des Proverbes dont l'auteur est Salomon. Pourtant ce livre commençait ainsi: «Ãcoute, mon fils, l'instruction de ton père...» (Prov. 1:8; Prov. 19:13, 20). De sorte qu'à l'âge de quarante ans, au moment des responsabilités, l'expérience, le bon sens, et surtout l'humilité lui font totalement défaut. Il méprise le conseil des vieillards, préférant suivre l'imprudent avis des jeunes gens. Beaucoup de jeunes écoutent plus volontiers ceux de leur âge que leurs parents ou des personnes plus âgées? Tendance bien dangereuse! Voyez ici ses conséquences. Mais Dieu se sert de ce manque de sagesse de Roboam, ainsi que des fautes du peuple, pour accomplir ce qu'Il avait décidé contre la maison de David.
à la suite de l'intransigeance de Roboam, dix tribus se sont séparées. Jéroboam devient leur roi. Quant aux descendants de Salomon, ils ne conserveront que la tribu de Juda et celle de Benjamin. à partir de maintenant nous suivrons parallèlement l'histoire de ces deux royaumes. Jusqu'à la fin du 2e Livre des Rois ce sera plutôt celle du royaume d'Israël (les dix tribus) tandis que le 2e Livre des Chroniques reprendra le récit par rapport au royaume de Juda.
D'une courte phrase Dieu arrête la guerre civile qui se préparait: «C'est de par moi que cette chose a eu lieu» (v. 24). Petite phrase sans doute; mais si importante pour nous! Une difficulté, un empêchement, viennent-ils contrarier nos projets? Prêtons l'oreille! Sans doute entendrons-nous la même voix nous dire: «C'est de par moi que cette chose a eu lieu».
Puis nous sont rapportés les premiers actes de Jéroboam. Il établit deux veaux d'or (comparer ses paroles au verset 28 avec celles dâAaron en Exode 32:4). Ce sont les éléments caractéristiques d'un culte entièrement inventé par l'homme, expert à faire servir la religion à des fins personnelles (lire Osée 8:4, 5). D'un règne à l'autre nous entendrons parler de ce péché de Jéroboam.
Au jour qu'il a «imaginé dans son propre cÅur», Jéroboam célèbre une fête à Béthel en l'honneur de son veau d'or. Mais quelqu'un vient troubler la cérémonie. C'est un prophète qui arrive de Juda avec les paroles les plus sévères: «Autel, autel! ainsi dit l'Ãternel!...» L'autel se fend; le roi rebelle est frappé, puis guéri par la puissance de Dieu. La grâce brille dans cette guérison dâun homme si impie. Dieu nous bénit selon ce quâIl est et jamais selon ce que nous sommes. Cette grâce aurait dû parler au roi.
Le prophète avait reçu l'ordre de revenir sitôt sa mission remplie. Se reposer, manger et boire sur le territoire de ces tribus désobéissantes, aurait contredit les paroles de jugement qu'il avait prononcées. Nous ne pouvons pas davantage montrer de communion avec des organisations religieuses non soumises à lâÃcriture.
Le vieux prophète, dont les fils paraissent avoir assisté à la fête du veau d'or, n'était pas à sa place à Béthel. Pour cette raison, bien qu'habitant la ville où il fallait accomplir un service, il n'en avait pas été chargé par l'Ãternel. Mais en attirant chez lui l'homme de Dieu de Juda, le vieillard justifiait sa fausse position et affermissait sa réputation. De son côté, si le prophète de Juda avait eu plus d'empressement à quitter ces lieux, il n'aurait pas été rejoint! (v. 14)
C'est au tour de l'homme de Dieu de Juda d'entendre une parole de jugement. Il a manqué de force de caractère, et les suites en sont tragiques.
Se laisser entraîner est un danger spécialement propre à la jeunesse qui par nature est influençable. Et remarquez que, pour faire sortir un chrétien du chemin de l'obéissance, le diable n'emploie pas seulement des séductions grossières! Il saura se servir pour le convaincre des moyens qui paraissent les plus respectables. Toutes les apparences étaient en faveur de ce prophète âgé qui prétendait avoir reçu la parole de l'Ãternel par le moyen dâun ange. Mais Dieu pouvait-il se contredire? En ce qui nous concerne, fions-nous simplement à ce qu'il nous dit dans la Bible et nous ne ferons pas fausse route (voir Gal. 1:8, 9). La mort est pour cet homme de Dieu la conséquence de son manquement. Son cadavre nâest pas dévoré, preuve évidente que câest Dieu qui le frappe. Et pour le vieux prophète, quel châtiment! Il a été une occasion de chute pour celui qu'il appelle son frère (v. 30), mais envers qui il n'avait nullement agi comme un frère! Pousser d'autres personnes à désobéir n'est pas moins grave que de désobéir soi-même, car câest faire tort à la fois à Dieu et à ceux quâon égare.
Malgré l'avertissement solennel que Dieu lui a adressé à Béthel, Jéroboam a persévéré dans son chemin d'iniquité. Alors l'Ãternel lui parle une seconde fois par la maladie de son fils Abija. Et nous constatons que le roi ne songe pas à chercher du secours auprès de son veau d'or, dont il reconnaît ainsi la totale impuissance. Il se tourne vers Akhija, le prophète qui lui avait autrefois annoncé la royauté (comp. Ãzéch. 14:3). A-t-il donc fait un retour sur lui-même? Hélas non! La fraude dont il use de connivence avec sa femme prouve qu'il n'y a dans son cÅur aucune vraie humiliation. Mais quelle folie de penser que Dieu peut être trompé par un déguisement! La reine se trouve démasquée à peine a-t-elle franchi la porte. Et, au lieu des paroles agréables que Jéroboam avait jadis entendues de la bouche de l'homme de Dieu, c'est un message effrayant que va lui rapporter la malheureuse femme, au moment même où meurt le jeune Abija. Pourquoi, dirons-nous peut-être, l'Ãternel n'a-t-il pas justement laissé vivre cet enfant en qui Il avait trouvé quelque chose d'agréable? Précisément parce qu'il voulait le retirer d'un aussi mauvais milieu et le prendre auprès de Lui. Sort incomparablement meilleur! (Ãsaïe 57:1, 2).
Roboam règne donc en même temps que Jéroboam. Bien que son royaume soit le plus petit, il possède la meilleure part. Sa capitale reste Jérusalem où se trouve le Temple, sainte demeure de l'Ãternel et centre de rassemblement pour tout Israël. Roboam lui-même est le «fils» de David, son descendant légitime. Hélas, avec tous ces privilèges, voyons jusqu'où tombe le peuple si peu d'années après les jours glorieux du 1 Rois 8:65, 66! Comme la mauvaise herbe peut gâter en peu de temps le plus beau jardin, l'idolâtrie introduite par Salomon a envahi l'ensemble du pays. Mais ce n'est pas tout! Puisque Roboam ne veille pas, l'ennemi va en profiter. Le pauvre roi se fait prendre à la fois tous ses trésors et tout ce qui le protégeait (les boucliers). Sérieuse mise en garde pour chacun de nous. Si nous ne veillons pas sur notre cÅur, l'Ennemi aura tôt fait dây semer la graine de diverses idoles. Puis, quand elle aura levé, il nous ravira sans peine nos trésors les plus précieux, dépôt que nos parents ou grands-parents peut-être nous avaient transmis: Christ et Sa Parole.
Abijam succède à Roboam et trois ans de règne suffisent à montrer qu'il marche dans tous les péchés pratiqués par son père.
Après Abijam, son fils Asa prend place sur le trône de Juda. Long règne, qui contraste avec les deux précédents! Asa fait «ce qui est droit aux yeux de l'Ãternel». Et faire ce qui est droit consiste d'abord à ôter, à faire disparaître, à abattre, à brûler. Attitude d'autant plus courageuse et difficile qu'elle l'oblige à agir contre sa propre grand-mère, Maaca, une idolâtre! Nous connaissons les paroles du Seigneur: «Celui qui aime père ou mère plus que moi, n'est pas digne de moi...» (Matt. 10:37). Depuis Asa, ils sont nombreux les jeunes convertis qui ont dû et doivent encore prendre position contre leur propre famille! Combien sont privilégiés ceux qui ont, au contraire, des parents qui les encouragent et leur sont en modèle. Pensons à ce jeune roi à qui son père, son grand-père et sa grand-mère n'avaient donné que le mauvais exemple! Triste constatation, la fin du règne d'Asa n'a pas le niveau de son commencement. Au lieu de chercher auprès de l'Ãternel du secours contre Baësha, il s'appuie sur Ben-Hadad. Le 2e livre des Chroniques (2 Chr. 16) nous permettra de revenir plus en détail sur ce règne et sur les leçons qu'il comporte pour nous.
Notre lecture nous ramène quarante ans en arrière pour considérer le royaume d'Israël alors qu'Asa domine sur Juda. En contraste avec lui, Nadab, fils de Jéroboam, marche pendant son court règne «dans la voie de son père et dans son péché par lequel il avait fait pécher Israël» (v. 26). Ce péché, c'est la fausse religion instituée par Jéroboam pour détourner le peuple du lieu choisi par l'Ãternel (Deut. 12:5, 6). Il existe dans la chrétienté, comme jadis en Israël, une multitude de personnes qui, tout en faisant partie du peuple de Dieu, ont été détournées du seul centre qui est Jésus. On leur a enseigné des formes religieuses qui ne sont pas selon la Parole.
Nadab, avec toute la famille de Jéroboam, subit le sort terrible annoncé par Akhija. Mais Baësha, qui exécute ce jugement, et succède à Nadab, lui succède aussi dans sa voie de péché. Or le même chemin se terminera de la même manière! L'Ãternel l'annonce à Baësha par le moyen du prophète Jéhu, qui, non sans courage, se présente devant le méchant roi avec des paroles solennelles. N'avons-nous pas, nous aussi, été élevés de la poussière pour prendre place avec les nobles? (v. 2 â 1 Sam. 2:8). Câest pourquoi examinons bien dans quel chemin nous marchons et quelle en est la fin (Prov. 16:25).
Ãla, fils de Baësha, règne deux ans sur Israël. Le seul acte qui nous soit rapporté à son sujet est celui-ci: «Il était à Thirtsa buvant et s'enivrant» (v. 9). Ce roi est dominé par une passion, pauvre esclave de l'alcool, comme le sont aujourd'hui encore des millions de malheureux. L'homme croit pouvoir gouverner ses semblables, alors qu'il n'est même pas capable de maîtriser les passions de son propre cÅur. Le livre des Proverbes contient les paroles d'un jeune roi nommé Lemuel. Il se souvient de ce que sa mère lui a enseigné: «Ce n'est point aux rois, Lemuel, ce n'est point aux rois de boire du vin...» (Prov. 31:4 â voir aussi Prov. 23:20, 31, 32 et Ãph. 5:18). En un instant Ãla, sans s'être réveillé, passe de l'ivresse à la mort. Ainsi les hommes de ce monde s'étourdissent dans les plaisirs du péché, puis, sans y être préparés, se trouvent précipités soudain dans une éternité de malheur.
Sept jours suffisent à Zimri, meurtrier d'Ãla, pour prouver qu'il marche dans la voie de Jéroboam! Sa fin n'est pas moins terrible: il se suicide! Puis Omri prend le pouvoir, bâtit Samarie, fait pis que ses prédécesseurs. Quelles épaisses ténèbres sur ce royaume d'Israël! (Michée 6:16).
Achab, fils d'Omri, dont le règne va nous occuper jusqu'à la fin du 1er livre des Rois, renchérit encore sur les péchés des rois précédents. Car le culte de Baal est officiellement introduit en Israël par le moyen de sa femme, l'abominable Jézabel. C'est aussi le moment où Jéricho est rebâtie. Provocation envers l'Ãternel; elle reçoit le châtiment annoncé par Josué! (Jos. 6:26) Alors, pour parler à la conscience du roi et de son peuple, Dieu suscite un prophète: Ãlie! Mais celui-ci sent qu'une épreuve est d'abord nécessaire pour mettre Israël en état de recevoir la parole divine. De sorte qu'il prie «avec instance» qu'il ne pleuve pas (Jac. 5:17). Puis, certain de la réponse de l'Ãternel, il se présente devant Achab avec autorité pour le lui annoncer. Quand nous avons demandé avec foi quelque chose à Dieu selon Sa volonté, nous devons agir avec l'entière assurance de Son exaucement. Remarquez l'expression: «l'Ãternel... devant qui je me tiens». Se tenir avec révérence devant Dieu, dans Sa lumière, toujours prêt à recevoir Ses instructions, telle est l'attitude du serviteur. C'était celle de Jésus au Psaume 16:8. Puis Dieu cache Ãlie et prend soin de lui d'une manière merveilleuse au torrent du Kerith.
Ãlie ne dépendait ni du torrent ni des corbeaux, mais de la parole de Celui qui avait dit (v. 4): «J'ai commandé aux corbeaux de te nourrir là » Aussi, quand le torrent vient à tarir, il n'est pas pris au dépourvu et reçoit un nouveau message: «J'ai commandé là à une femme veuve de te nourrir» (v. 9; Ps. 33:18, 19). Cette veuve est réduite à la plus extrême pauvreté, mais qu'importe à Ãlie, puisque l'Ãternel a dit: là ! Et cette femme de foi, que le Seigneur Jésus citera aux habitants de Nazareth pour leur faire honte (Luc 4:25-26), va faire une expérience extraordinaire. Quand Dieu demande quoi que ce soit (ici nourrir Son prophète), Il donne en même temps tout ce qui est nécessaire pour l'accomplir. Seulement il faut être prêt à faire premièrement, sans discuter ce qu'il nous a demandé. C'est ce que nous enseigne le petit gâteau, preuve de la foi de cette femme et «prémices» d'une abondance divine pour cette maison.
Puis la pauvre veuve va faire une seconde expérience plus extraordinaire encore: celle de la mort et de la résurrection de son fils. Et nos pensées s'élèvent de nouveau du prophète au Seigneur Jésus, ressuscitant les morts. Nâa-t-il pas lui aussi, un jour, rendu un fils unique à sa mère veuve? (Luc 7:11-15).
L'Ãternel, qui trois ans plus tôt avait dit à Ãlie: Va, cache-toi (1 Rois 17:3), lui ordonne maintenant: «Va, montre-toi à Achab». Et le prophète est tout aussi prêt à obéir dans ce cas que dans l'autre. Exemple pour nous aussi qui aurions tendance peut-être, selon notre caractère, à nous montrer ou à nous cacher quand Dieu nous demande justement le contraire!
Quelle est l'occupation d'Achab pendant la terrible sécheresse? Nous le voyons se soucier de ses chevaux et de ses mulets plutôt que de la misère de son peuple. Abdias, son intendant, tout en craignant l'Ãternel, n'a pas eu le courage de se séparer de son maître impie. Il lui aurait fallu renoncer à ses avantages terrestres, peut-être risquer sa vie. Tout comme Abdias, beaucoup de chrétiens ne sont pas prêts à se séparer du monde pour plaire au Seigneur, parce que ce choix leur coûterait trop cher!
Abdias a peur d'annoncer à Achab qu'il a rencontré Ãlie. Il se glorifie volontiers de ce qu'il a fait pour les cent prophètes; mais, quand il s'agit d'accomplir ce que lui demande Ãlie, il manque au pauvre Abdias ce qui brillait chez l'humble veuve de Sarepta: la simple confiance dans la parole de l'Ãternel.
Pendant que sévissaient la sécheresse et la famine, Achab avait fait l'impossible pour retrouver le prophète qu'il considère comme responsable du malheur d'Israël. â Est-ce toi â lui dit-il, en le rencontrant enfin â celui qui trouble Israël? Quelle inconscience! C'est toi-même â répond Ãlie â avec ta famille, qui as attiré ce châtiment par tes péchés â. Ainsi raisonnent les hommes de ce monde... et peut-être nous aussi quelquefois! Quand Dieu nous envoie une épreuve, plutôt que de nous examiner personnellement, nous nous hâtons d'accuser les autres et de les rendre responsables de ce qui nous arrive.
à la demande d'Ãlie, le roi assemble tout Israël avec les faux prophètes sur la montagne du Carmel. Le moment est venu de parler fermement au peuple et de le placer devant le choix. «Combien de temps hésiterez-vous (littéralement boiterez-vous) entre les deux côtés?» Plus tard Jésus parlera de la même manière aux foules d'Israël sur une autre montagne: «Nul ne peut servir deux maîtres...» (Matt. 6:24).
Lecteur ou lectrice qui n'auriez pas encore fait le choix, permettez-nous de répéter à votre intention la question d'Ãlie: «Combien de temps hésiterez-vous entre les deux côtés»... entre les deux maîtres?
Mis au défi, les prophètes de Baal ont vainement multiplié leurs incantations et leurs danses frénétiques. Leur dieu est resté sourd. Et pour cause! (Ps. 115:4-7). Alors Ãlie commence ses préparatifs avec un calme et une autorité qui contrastent avec toute l'excitation précédente. Il bâtit l'autel avec douze pierres, «selon le nombre des tribus», affirmant ainsi l'unité du peuple. Malgré la triste division en deux royaumes, aux yeux de Dieu, Israël est toujours un seul peuple. Il en est de même aujourd'hui de l'Ãglise du Seigneur. Si divisée qu'elle soit de fait en multiples dénominations, Dieu ne reconnaît qu'une seule Ãglise, composée de tous les croyants. C'est ainsi que nous devons la voir aussi.
Lorsque tout est prêt pour l'holocauste, Ãlie s'adresse à Dieu: «Ãternel, réponds-moi, et que ce peuple sache que toi, Ãternel, tu es Dieu, et que tu as ramené leur cÅur» (v. 37). Dieu exauce son serviteur, non seulement en envoyant le feu du ciel, mais en ramenant le cÅur du peuple vers Lui.
Achab assiste à cette scène, suivie de la mort de ses prophètes, sans paraître s'intéresser à autre chose qu'à manger et boire, tandis que de son côté l'homme de Dieu prie de nouveau... «et le ciel donna de la pluie» (Jac. 5:18).
Qui reconnaîtrait le brillant témoin du chapitre précédent dans cet homme découragé, fuyant sous les menaces d'une femme? Dieu ne nous donne pas ce récit pour que nous jugions son cher serviteur, mais pour notre instruction: L'homme le plus remarquable manque totalement quand il est livré à ses propres ressources (lire Prov. 29:25). Il ne reste à Ãlie que le désespoir. Pourtant, voyez comme Dieu prend soin de lui. Pensée précieuse: même quand il nous arrive d'être abattus ou irrités, Sa bonté ne cesse pas de s'exercer envers nous.
L'esprit légal d'Ãlie l'a amené en Horeb (partie du massif du Sinaï), ce lieu où la loi avait été donnée. «Que fais-tu ici, Ãlie?» lui demande l'Ãternel. Sérieuse question pour celui qui avait abandonné le peuple! Mais la réponse du prophète ne fait que trahir sa fausse position. Il est là pour accuser! Alors que Moïse, en ce même endroit, avait intercédé pour le peuple (Ex. 32:11), Ãlie «fait requête à Dieu contre Israël» ainsi que le rappelle tristement Romains 11:2.
Souvenons-nous bien de ceci: Accuser (ce qui peut prendre la forme du rapportage), c'est faire l'Åuvre de Satan (Apoc. 12:10). Intercéder, c'est au contraire agir comme le Seigneur Jésus (Rom. 8:34).
Contrairement à ce que pensait Ãlie, le langage que Dieu voulait maintenant faire entendre à Israël n'était pas celui du jugement.
L'Ãternel n'était ni dans le vent, ni dans le tremblement de terre, ni dans le feu. La voix «puissante», «magnifique»... et redoutable du Psaume 29:3-9, se tait pour faire place à celle, douce et subtile, de la grâce. Aujourd'hui encore, ce n'est pas le temps du jugement pour le monde; c'est celui de la grâce qui pardonne au pécheur. Dieu peut réveiller les hommes par des preuves de Sa puissance, mais seule la voix tendre de la grâce est capable de toucher les cÅurs. Encore faut-il pour la recevoir, sentir sa propre indignité.
Pour n'avoir pas su comprendre ce langage, Ãlie doit être mis de côté et Ãlisée est appelé à sa place. Lui saura, de la part de l'Ãternel, faire entendre cette voix d'amour au peuple.
Enfin Dieu enseigne encore à Ãlie une autre leçon. Il était monté sur la montagne en pensant qu'il était le seul fidèle. Il en descend ayant appris qu'il n'était qu'un des sept mille hommes que Dieu s'était réservé en Israël. Si lui-même n'avait pas su les découvrir, Dieu en revanche connaissait chacun d'eux (voir 2 Tim. 2:19).
L'Ãternel avait désigné à Ãlie le successeur de Ben-Hadad, roi de Syrie, et celui d'Achab, roi d'Israël (1 Rois 19:15-16). Mais ces deux personnages sont encore au pouvoir et le chapitre 20 nous raconte le conflit qui les oppose. Il en est ainsi du monde actuel: un simple sursis lui est accordé, ce qui nâempêche pas les hommes dâagir dans leur aveuglement comme si l'avenir leur appartenait. Mais ils oublient que Dieu a Ses propres pensées au sujet du monde et dirige le cours de l'histoire. Et tandis qu'ils se disputent la suprématie, dans les conseils de Dieu ils sont déjà remplacés par le roi qu'Il a désigné: Jésus Christ. Comme Ãlie, les croyants connaissent par la Parole ces pensées de Dieu au sujet du monde et ne se laissent pas impressionner par les événements qui agitent et inquiètent l'humanité (Ãsaïe 8:12-13).
En face des provocations de Ben-Hadad, Achab est réduit à l'impuissance. Il nous fait penser à l'homme dans son état de péché, à la merci de son puissant Ennemi, le diable. Celui-ci n'a-t-il pas en quelques moments dépouillé Adam de tout ce qu'il possédait en Ãden? Mais par la grâce de Dieu, Satan, l'homme fort, a trouvé en Christ quelqu'un de plus fort que lui, qui l'a vaincu et a fait «le partage de ses dépouilles» (Luc 11:22).
Ben-Hadad a compté sans l'Ãternel. Pendant qu'il s'enivre avec les trente-deux rois qui l'assistent le plan divin s'exécute.
On peut se demander pourquoi l'Ãternel vient au secours du méchant Achab sans même que celui-ci se soit adressé à Lui. Mais n'est-ce pas là justement la voix douce et subtile de la grâce dont Dieu veut encore essayer les vertus? En délivrant Achab et son peuple Il se propose de leur montrer qu'Il est toujours le Dieu d'Israël bien qu'ils ne Le recherchent pas. Aux Syriens, Il veut prouver qu'Il n'est ni un dieu de montagne ni un dieu de plaine, mais «le Seigneur du ciel et de la terre» (Actes 17:24).
Remarquons encore deux détails importants au verset 27: Avant d'aller au combat les fils d'Israël sont approvisionnés. Ne pensons pas que nous pourrons affronter nos adversaires sans avoir fait aussi nos provisions journalières dans les pages de la Parole.
Puis la petite armée d'Israël doit faire l'expérience qu'elle est sans force, méprisable aux yeux de ses ennemis «comme deux petits troupeaux de chèvres» en face de la multitude qui remplit le pays. Dieu fera toujours en sorte que Ses délivrances Lui soient attribuées, et Le glorifient. Et Sa puissance s'accomplira dans notre infirmité (2 Cor. 12:9).
Il est triste de ne trouver chez Achab aucun sentiment de reconnaissance pour la double victoire que l'Ãternel lui a accordée. Malheureusement, la plupart des hommes sont ainsi! La grâce de Dieu les laisse insensibles. En la méprisant, ils outragent Dieu et font leur propre malheur. Christ a vaincu pour nous un Ennemi infiniment plus puissant et plus cruel que Ben-Hadad et ses armées? L'avons-nous tous déjà remercié pour cette délivrance glorieuse?
Non seulement nous ne voyons pas Achab se tourner vers l'Ãternel, mais il fait preuve d'une indulgence coupable en épargnant l'ennemi de Dieu et de son peuple. Pis que cela, il l'appelle son frère! Dieu intervient et lui envoie un autre prophète, mais cette fois la voix de la grâce fait place à celle du jugement. â Comme Achab, il nous arrive d'oublier que le monde est l'ennemi de Dieu et de son peuple. Or l'humanité se divise en deux familles seulement: celle de Dieu et celle du diable (Jean 8:41-44). Elles ne peuvent se confondre. Si nous avons le bonheur de faire partie de la grande famille dont Dieu est le Père, nos frères et nos sÅurs sont tous les enfants de Dieu, mais eux seuls.
Il s'en est fallu de peu qu'Achab ne soit totalement dépouillé par le roi de Syrie. Ingrat envers l'Ãternel qui lui avait tout conservé, le voici qui, par convoitise, cherche à son tour à dépouiller son prochain. Naboth, en fidèle Israélite, ne peut céder son héritage, selon Lévitique 25:23. Est-ce que nous montrons la même fidélité, la même fermeté quand il s'agit de maintenir l'héritage spirituel qui nous a été laissé, par nos parents peut-être? Oui, gardons-nous de faire bon marché des incomparables vérités bibliques dont le dépôt nous est confié (1 Tim. 6:20; 2 Tim. 1:14).
Lâchement, le misérable roi laisse agir sa femme, et, sous le couvert de l'autorité royale, la plus abominable des injustices est accomplie.
Mais Naboth a le privilège de représenter un plus grand que lui. Dans la parabole où le Seigneur Jésus se présente Lui-même comme l'héritier de la vigne, nous entendons la terrible parole: «Venez, tuons-le, et possédons son héritage» (Matt. 21:38). Et la fin du même évangile nous apprend que deux faux témoins aussi comparurent devant le Sanhédrin. Là Jésus fut accusé de blasphème par les chefs du peuple (Matt. 26:60, 65-66), avant de souffrir et de mourir «hors de la ville» (v. 13; Héb. 13:12).
Comme Achab qui sâest approprié par un crime lâhéritage de Naboth, lâhomme sâétant débarrassé de Christ, se conduit comme si le monde lui appartenait. Dâune manière générale, Achab illustre la tendance à toujours vouloir ce quâon nâa pas. Comblé de richesses, tout ce qui lâintéressait, câétait la vigne de son voisin. Le cÅur naturel est perpétuellement insatiable.
Le mensonge et le meurtre ont donc mis le roi en possession de l'objet de sa convoitise. Le voici qui se lève et descend, le cÅur gai, reconnaître sa nouvelle propriété. Mais tout son plaisir s'évanouit brusquement! Quelqu'un, qu'il ne connaît que trop bien, l'attend dans la vigne de Naboth. C'est Ãlie! L'Ãternel l'a chargé d'annoncer au roi lâaffreux châtiment qui l'attend. Ce châtiment nous fait penser à celui du misérable Judas! (Actes 1:18).
Alors pour la première fois apparaît chez Achab un signe d'humiliation. Il sait par l'exemple de ses prédécesseurs que la parole de l'Ãternel s'accomplit toujours. S'agit-il d'une «repentance à salut» (2 Cor. 7:10)? Non, comme le montrera la suite de son histoire. C'est toujours aux fruits que se juge une vraie conversion. Toutefois Dieu, attentif à tout signe de retour vers Lui, tient compte de cette attitude d'Achab pour différer Son châtiment (Ãzéch. 33:11).
Ben-Hadad n'a pas tenu parole (1 Rois 20:34). Il a conservé Ramoth de Galaad. Achab se propose de la reprendre et fait part de son projet à un illustre visiteur: Josaphat, roi de Juda. Et d'abord que penser de cette visite? N'est-il pas réjouissant de voir s'établir une amitié entre les souverains de ces deux royaumes israélites si longtemps en conflit? C'est un pas vers l'union, chose aujourd'hui à l'ordre du jour dans le monde christianisé. En réalité, devant Dieu, c'est une infidélité de la part de Josaphat; il était roi à Jérusalem où se trouvait le temple de l'Ãternel. Achab au contraire était un idolâtre. Or demande l'apôtre: «quelle convenance y a-t-il entre le temple de Dieu et les idoles?» (2 Cor. 6:16). Comment le roi de Juda peut-il sâoublier jusquâà dire: «Moi, je suis comme toi»?
Voyez dans quel engrenage s'est laissé prendre le pauvre Josaphat! Mal à l'aise, il fait à Achab quelques timides observations, mais il n'a pas l'énergie nécessaire pour s'opposer à son projet. Il lui fallait pour cela plus de courage que pour faire la guerre aux Syriens. Et chacun de nous le sait certainement par expérience: l'action la plus difficile, celle qui demande le plus de courage, sera souvent un simple refus, un refus de s'associer au mal (Ps. 1:1).
D'une seule voix les quatre cents prophètes ont annoncé ce que le roi désire. Que risquent-ils? Si Achab gagne la guerre, leur prédiction sera confirmée. Et, s'il ne revient pas, il ne pourra leur faire de reproches. à côté de ces prophètes de mensonge, un seul prophète de l'Ãternel, le fidèle Michée, fait connaître courageusement la vérité et va souffrir à cause d'elle. Comme 1 Rois 18, celui-ci nous met en garde contre un danger: celui de juger si une chose est bonne ou mauvaise d'après le nombre de personnes qui la pratiquent.
Les hommes d'aujourd'hui, comme Achab, s'amassent «des docteurs selon leurs propres convoitises» (2 Tim. 4:3). Ils n'aiment pas, en particulier, entendre parler d'un jugement éternel et trouvent pour les rassurer des prédicateurs qui leur promettent que pour finir tout ira bien. Mais tôt ou tard Dieu confondra tous les menteurs. Sa Parole est la vérité (Jean 17:17).
Le manque de courage moral de Josaphat a bien failli lui coûter la vie. Il a suivi Achab, craignant de le mécontenter. Et celui-ci, lâchement, a cherché à détourner sur lui l'attention et les efforts de l'ennemi. Mais sa ruse ne pouvait tromper l'Ãternel qui avait les yeux sur un des rois pour le délivrer, sur l'autre pour accomplir Son infaillible jugement (voir Ps. 7:12-13).
Le règne de Josaphat est davantage détaillé dans le 2e Livre des Chroniques. Arrêtons-nous cependant ici sur un fait bien instructif. Josaphat avait armé une flotte pour chercher de l'or à Ophir. Mais la main de Dieu l'arrête. Ses navires sont brisés. Va-t-il s'obstiner? Au contraire; il se soumet. Le roi d'Israël a beau lui proposer le secours de ses marins, cette fois il sait lui répondre non!
Ne nous est-il pas arrivé à tous de faire de beaux projets qu'une circonstance inattendue est venue anéantir d'un seul coup? Il en fut ainsi pour Job qui dut s'écrier: «Mes desseins sont frustrés, â les plans chéris de mon cÅur» (Job 17:11). Pour faire échouer ces plans, Dieu se sert de divers moyens: mauvais temps, maladie, manque d'argent, échec à un examen...! Et cela est toujours pénible. Mais au lieu de nous irriter ou de vouloir faire malgré tout ce que nous nous étions proposé, demandons-nous si notre projet avait bien l'approbation du Seigneur. Un esprit brisé a plus de valeur à Ses yeux que des navires brisés.
Le dernier paragraphe nous ramène à la cour d'Israël. Et nous y voyons le nouveau roi Achazia servant Baal et se prosternant devant lui. Telle est la triste note finale de ce 1° Livre des Rois.
Dès le début de ce livre, nous voyons le misérable Achazia faire encore un pas de plus dans l'idolâtrie. Malade, il envoie consulter Baal-Zebub (Seigneur des mouches, ou de la souillure). Acte d'autant plus ténébreux que, derrière cette idole, c'est Satan qui se fait adorer, lui que les Juifs appelleront Béelzébul, le chef des démons (Matt. 12:24)! Alors, de par l'Ãternel, le sort d'Achazia est décidé et Ãlie a charge de le lui annoncer, comme jadis à son père. Mais, tandis que chez Achab il s'en était suivi quelque humiliation, Achazia par contre ne pense qu'à s'emparer de la personne du prophète, au besoin par la violence. On pense aux actions criminelles d'un autre roi, le méchant Hérode, contre Jean le Baptiseur (que la Parole rapproche souvent d'Ãlie â comparez leur vêtement verset 8 et Marc 1:6). Cette révolte ouverte contre l'Ãternel reçoit aussitôt un châtiment solennel.
Ainsi Achazia nous paraît surpasser son père en méchanceté. Il n'avait eu sous les yeux que le triste exemple de ses parents, Achab et Jézabel. Mais que dire alors des jeunes gens et des jeunes filles élevés par des parents pieux et qui, malgré ce privilège, s'en sont allés après les idoles du monde?
Dans son obstination, Achazia a envoyé un second chef de cinquantaine pour lui amener Ãlie. Sa sommation est plus insolente encore: «Descends promptement»! Elle reçoit la même terrible réponse. â Au Carmel, le feu n'était pas tombé du ciel sur les assistants, mais sur l'holocauste. Figure du jugement divin descendant sur Christ en vue de ramener à Dieu le cÅur de Son peuple. Or maintenant, sur cette autre montagne, le feu doit descendre en jugement sur les hommes rebelles.
Jésus, sainte Victime, a été seul à connaître l'ardeur du courroux divin. Mais, plus tard, ceux qui n'auront pas cru auront à subir eux-mêmes éternellement cette inflexible colère (Rom. 1:18).
Ce jour de jugement n'est pas encore venu. C'est pourquoi, quand les disciples Jacques et Jean, se référant à cette scène, proposent au Seigneur de faire descendre le feu du ciel sur un village de Samaritains, Il doit les censurer fortement (Luc 9:52-55).
Le chef de la troisième cinquantaine est peut-être un des 7000 dont l'Ãternel avait entretenu le prophète. Il parle avec respect, humilité, affection pour ses soldats. Avec lui Ãlie ira vers le roi; mais seulement pour répéter mot pour mot son premier message, bientôt confirmé par la mort d'Achazia.
Alors que l'enlèvement d'Hénoc est résumé dans la Bible en deux versets seulement (Gen. 5:24; Héb. 11:5), Dieu nous permet (comme à Ãlisée) d'assister en détail à celui d'Ãlie. Ãvénement glorieux qui en évoque pour nous deux autres: l'un passé, l'autre encore à venir. La scène passée, c'est l'ascension du Seigneur au ciel. Comme Ãlie, Jésus a parcouru le chemin de son peuple Israël dont en figure nous avons ici les étapes. Guilgal, Béthel, Jéricho, enfin le Jourdain (cf. H.R. Ãtude 2 Rois p. 20-25 ou hyperliens). De même qu'Ãlisée refusait de se séparer d'Ãlie, les disciples s'étaient attachés au Seigneur Jésus. «Auprès de qui nous en irions-nous?» â lui disait Pierre (Jean 6:68 et Jean 11:16). Et ils furent aussi les témoins de Son ascension (Actes 1:9). Puis, selon la promesse qui leur avait été faite, le Saint-Esprit descendit sur eux avec puissance, ce que nous rappelle l'esprit d'Ãlie venant reposer sur Ãlisée après l'enlèvement de son maître.
Mais ce chapitre porte aussi nos pensées sur une scène-venir: L'enlèvement de tous les rachetés «dans les nuées, à la rencontre du Seigneur, en l'air» (1 Thess. 4:17). Comme Ãlie, nous sommes en chemin, sachant ce qui nous arrivera. Est-ce une espérance qui réjouit notre cÅur?
Les «fils» des prophètes étaient en réalité leurs disciples, vivant ensemble, enseignés dans la Parole et employés par l'Ãternel pour Son service. Ceux de Jéricho, comme plus tard Thomas, ne peuvent croire au mystérieux événement qui vient de se produire.
Ãlisée à Jéricho représente Christ venu en grâce dans ce monde marqué de mort et de stérilité. Il y a apporté la vie par la puissance purifiante de la grâce (le sel), contenue et manifestée dans le nouvel homme (le vase neuf). Chaque croyant est aussi appelé à être dans le même monde «un vase à honneur, sanctifié, utile au Maître, préparé pour toute bonne Åuvre» (2 Tim. 2:21).
Lâeffrayante scène qui suit nous rappelle les jugements qui seront la part des moqueurs (Prov. 19:29). Les garçons de Béthel outrageaient l'Ãternel Lui-même. «Monte chauve», c'était mettre Ãlisée au défi d'être enlevé comme Ãlie. Aux derniers jours, annonce lâapôtre Pierre, des moqueurs viendront, marchant dans la moquerie et disant: «Où est la promesse de Sa venue?» (2 Pierre 3:3, 4). Survient l'ours! Il est dans la Bible une figure du monde, souvent associé au lion: Satan. Combien câest solennel! Si des enfants méprisent la Parole, Dieu pourra permettre qu'ils deviennent la proie du monde et de son prince: sort pire que la mort puisque le salut de leur âme est en jeu!
Joram, frère d'Achazia, devient roi sur Israël. Bien qu'il fasse aussi ce qui est mauvais aux yeux de l'Ãternel, une amélioration est soulignée par rapport à la conduite de son père et de sa mère. Il renonce officiellement au culte de Baal.
Le premier verset de notre livre avait déjà mentionné la rébellion de Moab. Elle est pour Joram l'occasion de monter en guerre contre ce peuple en s'appuyant sur ses alliés les plus proches: le roi de Juda et celui d'Ãdom. Malheureusement Josaphat n'a pas appris la sérieuse leçon de Ramoth de Galaad. à la proposition de Joram, il fait exactement la même réponse que jadis à d'Achab (v. 7; 1 Rois 22:4).
L'expédition est sur le point de mal tourner. Joram en accuse l'Ãternel, alors qu'il est lui-même responsable de toute l'entreprise. Beaucoup de personnes sont ainsi. Elles accusent Dieu de leurs malheurs au lieu de se repentir. Proverbes 19:3 confirme que «la folie de lâhomme pervertit sa voie, et son cÅur sâirrite contre lâÃternel». Quant à Josaphat, il s'inquiète enfin de la parole de l'Ãternel. Devant les trois rois tristement associés, Ãlisée n'est pas à son aise. Ne sâagit-il pas de ce «joug mal assorti avec les incrédules» contre lequel les chrétiens sont très sérieusement mis en garde (2 Cor. 6:14). Et les paroles qu'Ãlisée adresse à Joram nous font penser à la solennelle déclaration que le Seigneur fera un jour aux incrédules: «En vérité, je vous dis: je ne vous connais pas» (Matt. 25:12).
De la part de l'Ãternel, Ãlisée a fait connaître le moyen de la délivrance. Et comme toujours, ce moyen, c'est la foi. Avant de rien recevoir, il faut commencer par creuser des fosses. Plus on en creusera, plus il y aura d'eau. Or cette eau, remarquons-le, arrive «au matin, à l'heure d'offrir l'offrande» (v. 20). N'était-ce pas à Jérusalem, bien loin de cette contrée, que le sacrifice était offert? Pourtant, c'est à cause de ce sacrifice que les eaux se mettent à couler. Nous comprenons ce que cela signifie: Toutes nos bénédictions découlent de l'Åuvre du Seigneur-la croix.
Mais les eaux, qui représentaient le salut pour les armées d'Israël, ont entraîné la destruction des Moabites. Pareillement, la mort de Jésus, salut pour les croyants, est en même temps la condamnation du monde (Jean 16:8).
Trompés par les apparences, les Moabites sont frappés et leur pays dévasté. Mais ce que fait leur roi â l'horrible sacrifice de son fils aîné â produit la consternation dans le camp des vainqueurs. Et finalement les trois armées se séparent sans qu'il reste aucun bénéfice réel pour personne de cette fâcheuse expédition. Tel sera toujours le résultat de ce que nous n'entreprenons pas avec Dieu.
Notre chapitre nous montre Ãlisée, type du Seigneur Jésus, comme source de bénédictions pour deux familles. La première est pauvre: Une veuve avec ses deux enfants est à la merci d'un créancier impitoyable. Mais sa foi sait à qui s'adresser (Ps. 68:5) et reçoit cette huile précieuse et abondante tant qu'il y a des vases vides pour la contenir.
Vendus par nos iniquités à Satan, le terrible créancier, celui-ci s'est ainsi acquis des droits sur nous (Ãsaïe 50:1). Mais il y a une ressource: Nous tourner vers le Seigneur. Et nous recevrons la puissance divine, selon la mesure de notre foi (les vases vides), non seulement pour le salut de ceux que nous aimons, mais aussi pour la vie de tous les jours (v. 7).
La seconde famille est bien différente. Ce sont des gens riches: Pourtant l'homme de Dieu y est reçu avec simplicité. Il s'y trouve à l'aise et ses hôtes aussi sont heureux quand il est là . Bel exemple pour nous!
Le Seigneur Jésus est-Il vraiment chez Lui dans notre maison et aussi dans notre cÅur? Pouvons-nous tout Lui montrer, tout Lui dire, Lui confier nos secrets désirs? Pour en prendre connaissance, Il n'a pas besoin d'un intermédiaire comme ici le prophète. Et Il y répondra si ces désirs sont selon Lui (Ps. 37:4).
L'Ãternel a donné un enfant à la pieuse Sunamite. Mais il désire faire pour elle encore quelque chose de plus: Il veut qu'elle connaisse Sa puissance qui ressuscite les morts. Un bébé qui arrive dans une famille est une source de joie pour ses parents et ses frères et sÅurs. Mais ce qui aura plus de prix encore aux yeux de Dieu, ce sera la nouvelle naissance de cet enfant; le ciel entier s'en réjouira. Ce passage de la mort à la vie, qui s'appelle la conversion, n'est-il pas le plus grand des miracles? Jésus l'opère encore aujourd'hui dans nos maisons! En avez-vous fait l'expérience?
Considérons le Sauveur dans la demeure de Marthe à Béthanie. Il y était reçu de temps en temps avec respect et affection, comme Ãlisée chez la Sunamite. Mais il fallait que cette famille Le connaisse sous un nouveau Nom: «La Résurrection et la Vie» (Jean 11:25). Jésus n'était pas là au moment où le deuil avait frappé et Son retard avait pu paraître de l'indifférence. Mais il était nécessaire que la foi fût éprouvée, et dans notre récit, il en est ainsi de la Sunamite. «Tout va bien», dit-elle, envers et contre tout. Nous qui nous plaignons pour si peu de chose, n'oublions pas dans toutes nos difficultés cette parole d'entière confiance: «Tout va bien»!
Comme le rappelle Hébreux 11, chapitre de la foi: «les femmes reçurent leurs morts par la résurrection» (Héb. 11:35). Il en a été ainsi de la veuve de Sarepta et maintenant de l'heureuse Sunamite. Mais quelle différence avec la scène du tombeau de Lazare, où un simple appel du Maître de la vie suffit à ranimer un homme mort depuis quatre jours. Bientôt, tous les rachetés endormis entendront «le cri de commandement» de Celui qui a vaincu la mort et ils ressusciteront avec puissance (1 Thess. 4:16).
L'incident des coloquintes dans la marmite nous rappelle comment l'homme, avec de bonnes intentions parfois, ne fait que gâter ce que Dieu veut lui donner. Veillons donc à ne rien ajouter à la Parole, nourriture de nos âmes, et méfions-nous de toutes les «nouveautés» (Gal. 1:7-8). Combien d'écrits religieux dans lesquels un peu de poison se trouve mêlé avec la vérité divine!
L'homme de Baal-Shalisha, dont le sac devient pour Ãlisée le moyen de nourrir cent personnes, nous reporte une fois encore aux scènes de l'Ãvangile (Matt. 14:15-21 et Matt. 15:32-38). Mais, là aussi, quelle différence entre le prophète et Celui qui fait asseoir les foules pour les rassasier en vertu de Sa propre puissance (Ps. 132:15).
Voici Naaman, général en chef du roi de Syrie, héros couvert de gloire et de distinctions. Et pourtant quelque chose fait de ce grand personnage le plus misérable des hommes: Son bel uniforme recouvre un corps rongé par la lèpre. Ainsi la maladie du péché a corrompu tous les humains, y compris les plus éminents.
Or dans la maison de Naaman habite une jeune messagère de bonnes nouvelles. Une petite fille captive rend son simple témoignage à la puissance de l'homme de Dieu. On n'est jamais trop jeune pour être un témoin du Seigneur Jésus.
Naaman se met en route et, après un détour par le palais de Joram, reçoit le message d'Ãlisée. Aujourd'hui encore, Dieu a un message pour les pécheurs: Sa Parole écrite. Beaucoup ne croient pas que Dieu s'adresse à eux de cette manière et ne reçoivent pas la Bible comme la Parole de Dieu. Beaucoup aussi trouvent le salut trop simple. L'instruction donnée à Naaman est la même que celle de Jésus à l'aveugle-né: «Va, et lave-toi» (v. 10; Jean 9:7). Dieu ne demande pas à l'homme de grandes choses (v. 13). Simplement ceci: se reconnaître souillé mort dans ses fautes (Ãph. 2:1, 5; Col. 2:13). Les grandes choses, Dieu les a Lui-même accomplies pour les pauvres pécheurs que nous étions.
La première chose que fait Naaman après sa guérison est d'aller remercier celui qui en a été lâinstrument. Il nous rappelle celui de ces dix lépreux rendus nets par le Seigneur, qui «voyant qu'il était guéri, revint sur ses pas, glorifiant Dieu à haute voix» (Luc 17:15). Or c'était également un étranger.
Naaman doit apprendre ensuite que le salut est entièrement gratuit. Tant de personnes ne parviennent pas à accepter ce fait. à plus forte raison lorsquâelles voient certains membres du clergé tirer de la religion un profit personnel: ce qui est appelé «un gain honteux» (1 Tim. 3:8; Tite 1:7; 1 Pierre 5:2). Guéhazi nous y fait penser. Sa démarche dictée par lâamour de lâargent risque dâannuler aux yeux de Naaman la gratuité du don de Dieu. Le cÅur de lâhomme de Dieu, inquiet pour ce «nouveau converti» a suivi toute la scène. Lâaction malhonnête est dénoncée et le misérable cupide reçoit son châtiment (Comp. Actes 5:1-11).
«Est-ce le temps...?», demande Ãlisée, dont toute la fortune était son manteau de prophète. Question sérieuse pour chacun de nous! Disciples d'un Maître qui a été «le Pauvre», à la veille de Son retour, ce n'est pas le temps de nous enrichir et de chercher nos aises ici-bas! (voir aussi Jac. 5, fin du verset 3 et Aggée 1:4).
«Le lieu où nous habitons... est trop étroit» déclarent à Ãlisée les fils des prophètes. Câest ce quâon entend dire quelquefois au sujet du christianisme. Aux yeux du monde, certes la vie du chrétien paraît bien étroite: il se prive de tant de choses! Sâil nous arrive de raisonner ainsi, c'est parce que nous regardons trop bas. En vérité «le ciel» dans toute son étendue est devant nous.
Le petit incident qui suit est touchant dans sa simplicité. Ãlisée est aussi disposé à rendre un outil à celui qui l'utilise, qu'un enfant à sa mère par la résurrection. Ainsi voyons-nous le Seigneur de gloire lavant les pieds de ses disciples ou leur préparant à dîner (Jean 13:5; Jean 21:13). Rien n'est trop petit pour le Seigneur Jésus. Chacun de nous nâen a-t-il pas déjà fait l'expérience?
Puis la guerre recommence entre Israël et les Syriens. Mais il existe une troisième armée dont le prophète est seul à connaître l'existence. Ce sont les combattants célestes: des anges que Dieu a placés comme une muraille de feu autour de Son serviteur (voir Psaume 34:7 et aussi Juges 5:20). Pour les discerner, il faut les yeux de la foi. Comme Ãlisée ici, Jésus à Gethsémané a dirigé les pensées de Son disciple Pierre sur les douze légions d'anges que Son Père Lui aurait fournies s'il avait voulu les Lui demander (Matt. 26:53).
Trois fois dans ce chapitre, à la prière du prophète, les yeux s'ouvrent (vv. 17 et 20) ou au contraire s'obscurcissent (v. 18). Demandons à Dieu d'ouvrir les nôtres. Ne perdons pas de vue, comme le serviteur d'Ãlisée, la puissance divine qui est à notre disposition. «J'élève mes yeux vers les montagnes d'où vient mon secours», dit le psalmiste (Ps. 121:1). Ãlie avait été seulement un prophète de jugement. Ãlisée par contre a le privilège d'employer une seconde arme plus efficace encore: la grâce. Il use de miséricorde envers ses ennemis et surmonte le mal par le bien. Nos pensées se tournent à nouveau vers Jésus. Il se servait d'une manière aussi parfaite de la puissance et de la grâce. Après avoir d'un mot fait tomber par terre ceux qui venaient pour Le prendre, Il guérit l'oreille tranchée par Son disciple impulsif (Jean 18:6; Luc 22:51).
Ce grand festin nous fait par ailleurs penser au «grand souper» de la grâce (Luc 14:17). Dieu y a convié ceux qui étaient Ses ennemis.
Mais la bonne action d'Ãlisée ne sera pas payée de retour! Les Syriens assiègent Samarie où sévit la famine avec ses horribles conséquences. Mais l'Ãternel s'en servira justement pour montrer à la fois Sa puissance et Sa bonté.
Le peuple de Samarie a atteint le fond de sa misère. à présent Dieu peut agir. De sa part, Ãlisée, le prophète de la grâce, répond à a tentative de meurtre du roi en annonçant la délivrance. Le salut est proclamé encore aujourd'hui. Mais combien, comme le capitaine, y répondent par de l'incrédulité et de la moquerie.
Ce sont quatre pauvres lépreux qui vont être employés pour faire connaître ce salut: «Dieu a choisi les choses viles du monde et celles qui sont méprisées...» (1 Cor. 1:28). Sans aucune intervention humaine, l'armée syrienne a été mise en déroute. L'Ãternel seul a remporté la victoire. Il en est ainsi de la croix où Jésus a triomphé seul de tous nos ennemis. Nous étions, comme ces misérables lépreux, des pécheurs dans une situation désespérée, voués à une mort certaine et éternelle. Mais celle-ci est maintenant annulée pour le croyant. Il trouve à sa place: la vie, la paix, des richesses spirituelles abondantes et gratuites pour le présent, et un avenir assuré. Tels sont les fruits de la victoire de Christ à la croix. L'ennemi y a été entièrement dépouillé. Et voyez, il suffisait de se lever et d'aller pour prendre possession de ces choses (v. 5; comparer Luc 15:18). L'avez-vous fait? Ou bien êtes-vous encore «assis dans les ténèbres... et dans l'ombre de la mort»? (Matt. 4:16).
«Ce jour est un jour de bonnes nouvelles» (v. 9). Ah! si nous les connaissons, ces bonnes nouvelles de l'Ãvangile, ne les gardons pas égoïstement pour nous-mêmes. Hâtons-nous de publier l'heureux message à ceux qui sont encore dans la détresse, ignorant la délivrance de Dieu. «Voici c'est maintenant le jour du salut» (2 Cor. 6:2). Ne serions-nous pas coupables de nous taire? (voir Ãzéch. 33:6). C'est ce que leur conscience dicte aux quatre lépreux. Et sans attendre le matin, ils se dépêchent d'aller crier la nouvelle aux portiers de la ville. Mais entendez les raisonnements qui l'accueillent! Le roi et ses serviteurs discutent et passent en revue toutes les explications possibles avant d'accepter la plus simple et la plus merveilleuse: Cette délivrance est celle que le prophète avait annoncée; elle vient de l'Ãternel. «O gens sans intelligence et lents de cÅur à croire toutes les choses que les prophètes ont dites»! pouvait s'étonner le Seigneur Jésus (Luc 24:25). Le salut était bien à la porte. Mais pour le capitaine incrédule, le jugement s'y trouvait aussi. Lui seul ne profitera pas de l'abondant butin. La parole de l'Ãternel s'accomplit exactement. Et il en est toujours ainsi!
Au début du chapitre 8 reparaissent des personnes connues: La femme de Sunem dont l'Ãternel a pris soin pendant une famine. Puis Guéhazi qui paraît avoir prospéré malgré sa lèpre (au sujet de laquelle il préfère certainement garder le silence). Nous le retrouvons en effet à la cour du roi où Dieu se sert de lui pour faire rendre justice à la Sunamite. La visite d'Ãlisée à Damas et sa rencontre avec Hazaël sont ensuite racontées. Ce dernier va par un meurtre prendre, sur le trône de Syrie, la place de Ben-Hadad. Celui-ci, témoin jadis de la guérison de Naaman, meurt misérablement.
Enfin, dans ces versets 16-29, nous voyons se poursuivre l'histoire parallèle des rois d'Israël et de Juda. Joram, fils de Josaphat, est loin de suivre le bon exemple de son père. Et la raison nous en est donnée: «Il avait pour femme une fille d'Achab» (v. 18). Voyez une fois encore, combien grande est l'influence d'une épouse ou d'un mari sur son conjoint â d'où l'extrême importance, pour un croyant devant un tel choix, d'avoir l'approbation du Seigneur. Joram de Juda est donc le beau-frère de Joram, roi d'Israël, que nous connaissons bien. Et à son tour, son fils Achazia devient «gendre de la maison d'Achab» (v. 27). Belles alliances selon le monde, mais, aux yeux de l'Ãternel, graves infidélités. Nous en constatons trop souvent les conséquences tragiques.
Il y avait bien longtemps que, sur le mont Horeb, l'Ãternel avait désigné Jéhu à Ãlie comme devant succéder à la maison d'Achab (1 Rois 19:16). Mais Dieu ne se hâte jamais quand il s'agit de jugement. Ce n'est qu'après avoir épuisé toutes les ressources de sa grâce qu'il se décide à agir. Ãlisée n'oindra pas lui-même ce nouveau roi justicier, précisément parce qu'il est le prophète de la grâce. Un jeune homme est choisi pour cette mission parmi les fils des prophètes. Preuve que même un service important peut parfois être confié par le Seigneur à un jeune. Il s'agissait de se présenter au milieu de l'état-major de l'armée d'Israël, en garnison à Ramoth de Galaad, et de verser l'huile de l'onction royale sur la tête de Jéhu, qui était probablement le commandant en chef. N'y avait-il pas de quoi intimider beaucoup ce jeune prophète? Mais quand on obéit à Dieu, on peut compter sur son secours dans les situations les plus impressionnantes. Le verset 7 nous montre que Dieu n'oublie pas les souffrances des siens (Luc 18:7, 8). à combien plus forte raison se souvient-il du sang de Son Fils, mis à mort par lâhomme coupable.
Choisi par l'Ãternel, acclamé par ses officiers, le nouveau roi va maintenant agir sans perdre un instant.
Jéhu est un homme astucieux et plein d'énergie. Son plan est aussi rapidement conçu qu'exécuté. Suivi d'une troupe décidée, il conduit furieusement son char à destination de Jizreël. On pense en le voyant à ce cavalier suivi des armées du ciel qui sort pour accomplir le jugement «de la fureur de la colère de Dieu». Son nom est «la Parole de Dieu» ou aussi «Roi des rois et Seigneur des seigneurs», autrement dit Christ Lui-même. Alors le temps de la grâce aura pris fin (Apoc 19:11-16).
«Est-ce la paix?» s'inquiète Joram par le moyen de ses émissaires, puis en venant lui-même à la rencontre de son justicier. Or que répond la Parole?: «Il n'y a pas de paix... pour les méchants» (Ãsaïe 57:21). Au contraire, «quand ils diront: «Paix et sûreté», alors une subite destruction viendra sur eux» (1 Thess. 5:3). Le moment est venu pour le roi impie de rendre des comptes. La grâce lui avait souvent parlé par le moyen d'Ãlisée. Mais il était resté sourd à son langage. «Trahison!» s'écrie-t-il. Châtiment! devrait-il plutôt dire, car c'est la main de Dieu qui le transperce dans ce champ même de Naboth où devait, selon la prophétie infaillible, se régler le sort de la sanglante maison d'Achab.
Après la mort de Joram et celle d'Achazia son neveu, il reste encore la plus méchante personne de toute la famille royale: la reine mère Jézabel. Elle vient d'avoir connaissance du sort de son fils (puisqu'elle traite Jéhu d'assassin de son seigneur) mais, au lieu de s'en affliger, dans un dernier sursaut de vanité, la vieille reine se pare et farde ses yeux (Jér. 4:30). Puis elle se poste à la fenêtre pour insulter avec mépris celui qui se présente. à l'appel de Jéhu, ses propres serviteurs précipitent en bas la misérable dont, en un moment, les chiens n'ont plus laissé que des restes sanglants, méconnaissables. Fin horrible de celle qui deviendra dans lâÃcriture la personnification de la puissance corruptrice dans l'Ãglise! (Apoc. 2:20)
Les anciens de Samarie et les chefs de Jizreël, comme autrefois dans l'affaire de Naboth, sont tout prêts à commettre des crimes pour plaire au nouveau souverain. Mais la main de l'Ãternel était derrière cette lâche action, et nous pouvons être sûrs qu'aucun de ces soixante-dix fils d'Achab ne méritait d'être épargné. Car, selon Ãzéchiel 18:17, le fils qui a pratiqué les ordonnances de l'Ãternel «ne mourra pas pour l'iniquité de son père; certainement il vivra».
Poursuivant sa mission vengeresse, Jéhu rencontre une troupe de joyeux jeunes gens qui vont leur chemin dans une totale insouciance. Ce sont les quarante-deux frères (ou cousins) d'Achazia. Sans se douter de ce qui vient de se passer, ils sont venus rendre visite à la brillante jeunesse de l'autre famille royale... justement celle dont les soixante-dix têtes sont en ce même moment amoncelées en deux tas à la porte de Jizreël! Eh bien, c'est dans la mort qu'ils vont les rejoindre! Pensons aux innombrables jeunes gens et jeunes filles dont la seule idée est de jouir de l'existence, en oubliant que la mort peut les surprendre tout à coup sans qu'ils soient prêts (Ecc. 11:9). Oui, combien d'entre eux ont déjà trouvé cette mort subite, par exemple dans un accident de la route, tandis qu'ils couraient à leurs plaisirs.
Une autre rencontre plus intéressante est celle de Jonadab, fils de Récab. C'est un homme fidèle. Le chapitre 35 de Jérémie nous raconte l'histoire de sa famille. Jéhu se vante de son zèle auprès de lui, puis lâinvite à assister au massacre des prêtres de Baal. Mais la ruse qu'il emploie n'a rien de comparable avec la scène du Carmel qui avait ramené à l'Ãternel le cÅur de son peuple Israël (1 Rois 18).
En considérant Jéhu, exécuteur de la vengeance de l'Ãternel, nous pensons au Roi, à l'Homme vaillant (Christ) auquel s'adresse le Psaume 45: «Tu as aimé la justice et tu as haï la méchanceté; c'est pourquoi Dieu, ton Dieu t'a oint d'une huile de joie au-dessus de tes compagnons...» (v. 7; 2 Rois 9:6). «Prospérant dans ta magnificence, mène en avant ton char...» (v. 4; 2 Rois 9:16). «Ta droite t'enseignera des choses terribles. Tes flèches sont aiguës... dans le cÅur des ennemis du roi» (vv. 4 et 5; 2 Rois 9:24). Et comme conséquence, le trône Lui est conféré, non pour un temps limité (quatre générations sont accordées à Jéhu; verset 30) mais «pour toujours et-perpétuité» (Ps. 45:6).
Mais le verset 31 souligne le contraste, et nous enseigne une sérieuse leçon: Il est possible de déployer un grand zèle pour Dieu, de faire des Åuvres spectaculaires qui ont toute l'apparence de la foi, et avec cela de rechercher ses propres intérêts.
Le chapitre 11 nous transporte au royaume de Juda où nous voyons l'abominable Athalie, digne fille d'Achab et de Jézabel, se débarrassant par le meurtre de tous ses descendants mâles pour s'emparer de la couronne.
La famille royale d'Israël vient d'être entièrement massacrée. Celle de Juda a subi le même sort, à l'exception d'un petit garçon caché dans le temple par sa tante, femme du souverain sacrificateur (2 Chr. 22:14). Et pendant ce temps, l'odieuse Athalie occupe le trône injustement.
Le temps actuel présente une situation similaire: Jésus, ayant passé par la mort (tandis que Joas y a échappé), se trouve aujourd'hui dans la Maison du Père, y exercent la sacrificature, caché aux yeux du monde, mais présent auprès de Dieu pour paraître au jour de Sa gloire comme le vrai «Fils de David». Certains â ceux qui sont de la famille de Dieu â Le connaissent et L'honorent comme le Roi véritable, attendant Son apparition (Tite 2:13). Ils possèdent à la fois un précieux secret et une «bienheureuse espérance». De sorte que la domination provisoire de Satan, «le Prince de ce monde», ne doit pas les impressionner: il sera bientôt détruit, comme l'est ici la méchante Athalie. Ce couronnement de Joas est donc l'image d'une scène future que nos cÅurs saluent par la foi.
Le culte de Baal est ensuite extirpé de Juda, sans qu'il soit besoin des ruses employées par Jéhu.
La mort de Jehoïada marque le tournant du long règne de Joas. Le 2e Livre des Chroniques nous relate la triste fin de sa vie. Mais ici, jusqu'au verset 16, se déroule la partie heureuse de son règne. Une seule chose paraît remplir le cÅur du roi: la restauration de la maison de l'Ãternel. Depuis les jours de Salomon, le Temple s'était dégradé. Or Joas, élevé avec les sacrificateurs dans les chambres attenantes au sanctuaire, a gardé de sa petite enfance un intérêt profond pour cette maison. En même temps, il avait eu l'occasion d'en connaître chaque brèche! Et vous, jeunes gens et jeunes filles élevés dans les vérités concernant l'Assemblée: celle-ci a-t-elle une place dans votre cÅur? Sans doute connaissez-vous aussi malheureusement quelques-unes de ses «brèches»: dissentiments, relâchement, manque de zèle, mondanité... Devenir comme Joas un «réparateur de brèches» (Ãsaïe 58:12), n'est-ce pas un beau et désirable service? Un jeune peut déjà en faire l'apprentissage. Quels sont les ciments qu'il faut savoir habilement employer? L'amour, la bienveillance, le support, la douceur et lâinestimable «lien de la paix» (Ãph. 4:2-3).
Hazaël roi de Syrie est monté contre Jérusalem. Mais que fait Joas au lieu de compter sur l'Ãternel? Il agit comme autrefois Asa au déclin de son règne, quand Baësha était monté contre lui (1 Rois 15:17, 18): Faisant l'abandon de toutes les choses saintes consacrées par ses pères et par lui-même au début de sa carrière, il les remet au roi de Syrie. Hélas, combien ont imité ce pauvre roi! Au commencement de leur vie chrétienne ils avaient fait pour le Seigneur de joyeux sacrifices. Ils avaient consacré, sanctifié ceci ou cela pour le service du Seigneur. Puis l'opposition du monde est survenue. Et, n'étant pas prêts à l'affronter par la foi, ils ont mieux aimé tout jeter par-dessus bord. C'est ce que l'Ennemi désirait. Dorénavant, il les a laissés tranquilles. Oui, mais à quel prix!
Si bien commencée, la vie du pauvre Joas finit de façon tragique. Il est assassiné par ses propres serviteurs. Amatsia règne à sa place, tandis qu'en Israël Joakhaz a remplacé Jéhu. Joakhaz est un méchant roi. Mais une parenthèse est ouverte où brille toute la grâce de Dieu (vv. 4-6). Il donne un sauveur à Son peuple (Ãsaïe 19:20). De quel plus grand Sauveur ne nous a-t-il pas fait don! (Luc 2:11).
Ãlisée, dont le nom signifie «salut de Dieu» reste jusqu'à la fin de son long ministère le prophète de la grâce. Il annonce ici la délivrance au nouveau roi d'Israël, Joas, qui lui rend visite. Où trouver aujourd'hui la grâce et le salut, si ce n'est auprès d'un Christ qui mourut pour nous?
Joas, malheureusement, n'est pas en état de profiter de toute la grâce offerte. Il manque de foi. Est-ce que nous ne sommes pas souvent comme lui? Dieu a en réserve de riches bénédictions. Il est prêt à nous les donner. Mais nous les Lui demandons timidement, comme s'Il était pauvre ou comme si ce n'était pas Son désir de nous en combler. C'est bien mal connaître notre Père. Les limites ne viennent jamais de Lui, mais de notre manque de foi. Nous n'avons pas, parce que nous ne demandons pas (Jac. 4:2).
Ãlisée meurt. Mais cette mort même devient une source de vie pour d'autres. Jusque dans le tombeau, ce prophète remarquable est ainsi un type de Christ (voir Matt. 27:52).
La fin du chapitre nous montre que l'Ãternel, obligé de châtier son peuple, est en même temps ému à son sujet d'une compassion divine (voir Michée 7:18, 19).
Amatsia, fils de Joas, monte sur le trône de Juda en même temps que l'autre Joas occupe celui d'Israël. Nous constatons une fois de plus la bonne influence d'une mère appartenant au peuple de Dieu (v. 2).
De bonnes choses sont dites au sujet de ce nouveau roi, en particulier son souci d'obéir à la Parole (v. 6; voir Deut. 24:16). «Non pas toutefois comme David son père», est-il précisé, rappelant l'exemple du roi bien-aimé.
Pour les croyants, le point de comparaison, c'est toujours Jésus, le parfait Modèle. Comme nous y invite la 1° Ãpître de Jean, il nous faut revenir à «ce qui était dès le commencement». Tels sont les premiers mots de cette Ãpître! Et quels sont les derniers? «Enfants, gardez-vous des idoles». Le 2e Livre des Chroniques (2 Chr. 25:14) le révélera: Amatsia, après sa victoire sur les Ãdomites, s'établit pour dieux leurs idoles. Quelle ingratitude envers l'Ãternel qui lui avait donné la victoire sur ces derniers! Une défaite cuisante devant Joas roi d'Israël, est la conséquence de cette idolâtrie et de lâorgueil dâAmatsia que Joas lui-même discerne (v. 10). Si nous nous attribuons le mérite dâune victoire, Dieu permettra que nous perdions la bataille suivante pour nous apprendre à ne compter que sur Lui.
Il n'est rien dit des quinze dernières années de la vie d'Amatsia. Années perdues! Plus rien ne mérite d'être mentionné par Dieu! N'y a-t-il pas de telles périodes aussi dans notre vie? Comme son père Joas, Amatsia périt de mort violente. Triste fin d'un homme qui s'était «détourné de l'Ãternel»! (2 Chr. 25:27). Azaria son fils (appelé ailleurs Ozias) lui succède à l'âge de seize ans, tandis qu'en Israël se poursuit le long règne du troisième descendant de Jéhu: Jéroboam II. Celui-ci reste attaché comme ses prédécesseurs aux veaux d'or du premier Jéroboam! Pourtant, dans Sa miséricorde, Dieu continue de délivrer Son peuple, même par le moyen de ce mauvais roi. Quelle patience, et combien cette parole est touchante: «l'Ãternel n'avait pas dit qu'Il effacerait le nom d'Israël de dessous les cieux» (v. 27). Dieu, contraint de sévir, s'empresse de saisir toutes les possibilités de grâce que Lui laisse Son alliance de justice.
Il envoie également des prophètes à Son peuple sous ce règne: Osée, Amos, Jonas, mentionné ici (v. 25). Dieu multiplie les avertissements. Il pourra être dit plus tard aux Hébreux quâIl a «à plusieurs reprises et en plusieurs manières, parlé aux pères par les prophètes». Mais maintenant Il nous a parlé dans son Fils (Héb. 1:1, 2).
Azaria ou Ozias, sur lequel 2 Chroniques 26 nous donnera beaucoup plus de détails, finit tristement, après cinquante-deux ans de règne, une carrière bien commencée. Déjà il en avait été ainsi de son père et de son grand-père. Rappelons-nous que ce n'est pas un bon début dans la vie chrétienne qui nous garantit une marche heureuse par la suite et jusqu'à la fin. Ne nous appuyons jamais sur notre fidélité passée ou présente, mais sur le Seigneur, seul capable de nous garder sans que nous bronchions (Jude 24).
Pendant cette longue vie d'Azaria, Zacharie, quatrième et dernier descendant de Jéhu, puis Shallum, Menahem, Pekakhia et Pékakh, occupent tour à tour le trône d'Israël. «Il fit ce qui est mauvais... il ne se détourna pas», est le triste refrain qui résume ces règnes successifs. Peu importe ce que l'histoire du monde en a retenu, ce qui compte comme pour toute vie d'homme, y compris la mienne et la vôtre c'est l'appréciation divine.
«Ils ont fait des rois, mais non de par moi» (Osée chapitre 8:4). Il est solennel de voir dans cette période finale de l'histoire du royaume d'Israël comment l'Ãternel, lassé par tant dâinfidélités, abandonne son peuple à lui-même (voir Osée 4:17).
Tous les avertissements de Dieu, y compris son silence, ont été vains pour réveiller la conscience de Son peuple. L'heure sonne enfin où la dernière mesure de discipline doit être prise envers lui. Il s'agit de sa dispersion au milieu des nations. C'était l'extrême châtiment, envisagé dès le début de l'histoire d'Israël (Lév. 26:33; Deut. 28:64), retardé pendant des siècles de divine patience. On peut penser combien cette décision a coûté au cÅur de Dieu. Il avait fait sortir ce peuple d'Ãgypte; Il l'avait rassemblé, mis à part, introduit dans un bon pays. Et voici qu'il Lui faut maintenant renverser Son propre travail et replacer ce pauvre peuple sous le joug d'où il avait été tiré (Jér. 45:4). Mais, dernière ressource de la grâce: la «transportation» ne reçoit qu'un commencement d'exécution. Il y a encore place pour la repentance.
Remarquons-le: parmi les premières victimes figurent les habitants de Galaad. Nombres 32 racontait le choix désastreux des deux tribus et demie qui s'étaient établies en deçà du Jourdain à cause de leurs biens matériels. Leurs descendants en subissent les conséquences tragiques.
En Juda règnent successivement le fidèle Jotham, puis son fils Achaz qui est au contraire un des rois les plus exécrables.
Sous ce règne d'Achaz en Juda (et de Pékakh en Israël), l'Assyrie fait son apparition dans l'histoire. Dieu va s'en servir comme «verge de Sa colère» (Ãsaïe 10:5) pour disperser Israël et pour châtier Juda. Devant cette intervention redoutable, Achaz agit sans doute en politicien adroit, mais sans tenir le moindre compte de la pensée de l'Ãternel. Cependant la plus merveilleuse des révélations lui avait été faite, ainsi que nous l'apprend Ãsaïe qui prophétisait sous son règne (Ãsaïe 7:14): «Voici la vierge concevra et elle enfantera un fils, et appellera son nom Emmanuel». Combien aujourd'hui ont entendu cette bonne nouvelle de la naissance du Sauveur mais n'ont pas voulu de ce Dieu venu pour être «avec nous».
Achaz se permet de tout changer dans la maison de l'Ãternel. Il fait fabriquer un autel plus large: l'homme trouve toujours ce que Dieu a établi trop étroit. Puis le roi impie désaffecte l'autel du sacrifice: la valeur de l'expiation, l'efficacité de la croix sont niées. Il enlève les bases de la mer et des cuves: suppression du jugement de soi-même. Enfin il fait modifier le portique et l'entrée «à cause du roi d'Assyrie» (v. 18): Figure d'une religion qui plaît au monde et lui ouvre ses portes toutes grandes.
Osée, meurtrier et successeur de Pékakh, sera le dernier roi d'Israël. Le sursis de quelques années accordé par l'Ãternel n'a pas été mis à profit. La neuvième année du règne d'Osée marque, avec la prise de Samarie, la déportation de l'ensemble des dix tribus. Mais le Dieu juste n'a pas voulu tirer ce trait final sans établir une fois encore et de manière indiscutable la culpabilité d'Israël. Les versets 7-18 constituent l'acte d'accusation irréfutable de l'Ãternel vis-à -vis de ce malheureux peuple. Il en sera ainsi plus tard devant le terrible grand trône. Les morts ne seront pas jugés sans que des livres relatant leurs Åuvres ne soient ouverts, à leur complète confusion (Apoc. 20: 12-13).
Le roi d'Assyrie a procédé à un échange de populations. Quelle honte de voir dorénavant le beau pays de Canaan occupé à nouveau par des nations idolâtres, même si extérieurement celles-ci apprennent à craindre l'Ãternel et ajoutent son culte à celui de leurs divinités! (v. 23-34).
Nous sommes ici au moment où, par la bouche du prophète Osée, l'Ãternel prononce au sujet d'Israël le solennel «Lo-Ammi»: «Vous n'êtes pas mon peuple», avec la réciproque: «et je ne serai pas à vous» (Osée 1:9).
Il ne sera dorénavant plus question que de Juda jusqu'à la fin de ce livre. Dieu vient de récapituler tristement tous les péchés de Son peuple. Mais maintenant il va trouver de la joie à nous parler d'un roi fidèle. Aussi le règne d'Ãzéchias n'occupera-t-il pas moins de onze chapitres de la Bible (18-20; 2 Chr. 29-32; Ãsaïe 36-39); comme si Dieu prenait plaisir, au moment de la ruine, et avant d'aborder une page plus sombre encore, à s'attarder sur la vie de Son pieux serviteur. Jusqu'à lui, le compte rendu des meilleurs règnes comptait toujours cette réserve: «Seulement les hauts lieux ne furent pas ôtés». Ces hauts lieux où le peuple offrait des sacrifices (que ce soit à l'Ãternel ou plus tard à des idoles) avaient subsisté en désobéissance à Deutéronome 12. Ils nous font penser à toutes les traditions et superstitions qui ont remplacé dans la chrétienté les enseignements de la Bible au sujet de l'adoration. La vénération dont on entourait le serpent d'airain nous rappelle que la croix elle-même est devenue pour beaucoup un objet d'idolâtrie. Ãzéchias ôte, brise, coupe et met en pièces.
Il rejette ensuite le joug de l'Assyrien et triomphe des Philistins selon la prophétie d'Ãsaïe (Ãsaïe 14:28...).
Ãzéchias a courageusement pris position pour l'Ãternel. Mais sa foi n'a pas encore été mise à l'épreuve. Il faut qu'elle le soit. Et, de même, chaque chrétien doit montrer tôt ou tard si ses Åuvres sont celles de la foi ou s'il a dépassé sa mesure. Devant le redoutable assaut du roi d'Assyrie, cette foi dâÃzéchias commence par chanceler. Il croit se tirer d'affaire en remettant à Sankhérib un énorme tribut. C'est ce qu'avait jadis fait Joas. Mais Dieu va lui apprendre (et à nous par la même occasion) que la délivrance et la paix véritable ne s'obtiennent pas en faisant des concessions (Prov. 29:25). L'Ennemi trompe et déçoit toujours. Sankhérib, loin de désarmer, envoie de grandes forces contre Ãzéchias et les habitants de Jérusalem. Il délègue en même temps trois dangereux personnages, chacun avec sa spécialité: son général en chef pour les vaincre, le chef de ses serviteurs pour les asservir, et son grand échanson pour les séduire si possible par des paroles mielleuses. Méfions-nous de certaines personnes que Satan nous envoie parfois avec une mission de ce genre! Leur langage les trahira.
Le Rab-Shaké commence une harangue dans laquelle il se moque ouvertement de leur confiance en l'Ãternel.
Le grand échanson poursuit son discours, usant tour à tour de menaces, de moqueries et de mensonges. Il a faussement prétendu avoir reçu un ordre de l'Ãternel pour monter contre Juda et le détruire (v. 25). à présent il va essayer de la séduction. Empruntant le langage du peuple (comme Satan sait parler le nôtre), il fait miroiter les richesses de l'Assyrie où il se propose de le transporter: blé, pain, vignes etc... Bref, affirme-t-il, c'est «un pays comme votre pays». En effet, si nous comparons ces ressources de l'Assyrie avec celles de Canaan (Deut. 8:7, 8), il y a apparemment peu de différences. Une cependant! et qui est essentielle: Le pays de lâennemi nâest pas comme celui de l'Ãternel «un pays de ruisseaux d'eau, de sources et d'eaux profondes qui sourdent dans les vallées et dans les montagnes». Un pays comme votre pays? Certes, non! Jésus ne donne pas comme le monde donne (Jean 14:27).
Faute de pouvoir faire accepter au croyant ses ressources trompeuses, l'Ennemi cherchera à le détourner de sa Ressource suprême: son Dieu fort (voir vv. 33-35). Quelle réponse le chrétien doit-il faire? Se taire tout simplement (v. 36). On ne discute pas avec le diable, on le fuit.
Devant l'assaut des armées assyriennes, Ãzéchias a une étrange façon de mener la guerre. Au lieu d'une armure il se revêt d'un sac. Son quartier général, ce n'est pas sur le rempart qu'il l'établit, mais dans la maison de l'Ãternel. Enfin, au lieu de faire appel à l'élite de ses soldats, il s'adresse à Ãsaïe le prophète! Mais contre la hauteur et lâorgueil du roi dâAssyrie, nâest-ce pas de la bonne stratégie militaire enseignée par lâapôtre Paul? «Les armes de notre guerre ne sont pas charnelles â écrit-il en 2 Corinthiens 10:4, 5 â mais puissantes par Dieu pour la destruction des forteresses, détruisant les raisonnements et toute hauteur qui sâélève contre la connaissance de Dieu».
Ãzéchias, dont le nom signifie «puissance de l'Ãternel», sait auprès de qui trouver du secours (Ps. 121:2). Sa confiance n'est pas déçue. «Ne crains pas...», lui fait répondre le prophète. Précieuse parole que nous entendons si souvent dans la Bible et en particulier de la bouche du Seigneur: «Ne crains pas, crois seulement...» (Marc 5:36). Il a la langue des savants pour soutenir par une parole celui qui est las (Ãsaïe 50:4). L'âme craintive, mais confiante, de son racheté encore dans l'épreuve reçoit par cette parole la force et le courage nécessaires pour attendre la délivrance.
Supporter en silence, ne rien répondre, telle est nous l'avons vu l'attitude du croyant, aussi bien devant les provocations du monde que devant ses propositions les plus séduisantes. Mais par contre devant son Dieu il peut prendre la parole. C'est ce que fait Ãzéchias. Commençant par déployer sous les yeux de l'Ãternel la lettre qu'il vient de recevoir, il Lui déclare en quelque sorte: Ceci te concerne; je te laisse le soin de t'en occuper. Car l'Assyrien a outragé Dieu Lui-même dont la gloire est ainsi en jeu (v. 19; voir Ps. 83:12, 18). Ãzéchias complète ses étonnantes dispositions militaires par la plus habile des tactiques: celle qui consiste à se retirer, à s'effacer pour laisser l'ennemi en face de l'Ãternel qui est le plus fort! Te laisser seul agir et, sûrs de la victoire, nous reposer en toi â dit un cantique. Dans nos difficultés, petites ou grandes, commençons par nous sentir trop faible pour surmonter l'obstacle. Exposons alors notre cas au Seigneur par la prière. Enfin, attendons paisiblement la délivrance d'en haut. Ainsi ce ne sera plus l'épreuve qui se placera comme un écran entre le Seigneur et nous, mais bien le Seigneur qui se tiendra Lui-même comme un bouclier protecteur entre l'épreuve et son racheté (lire Ps. 38:14, 15).
L'orgueil du roi d'Assyrie s'était enflé démesurément, car rien jusqu'alors n'avait pu lui résister. Voyez ce «je», six fois répété dans les versets 23 et 24. Mais cet orgueil est d'autant plus effrayant qu'il se mesure à Dieu lui-même. La folle prétention de l'homme à «être égal à Dieu» (Phil. 2:6) se discerne clairement dans le monde d'aujourd'hui. Par la science, la technique, les progrès dont il s'attribue le mérite, ce monde s'achemine rapidement vers le moment où l'homme s'adorera lui-même dans un «surhomme» qui sera l'Antichrist.
L'Assyrien est également un personnage de la prophétie: une formidable puissance asiatique qui, dans le temps à venir, envahira la Palestine et fera le siège de Jérusalem. Mais elle sera détruite à l'apparition du Seigneur Jésus, figuré ici par l'ange de l'Ãternel. Le camp assyrien est ravagé en une seule nuit. Puis Sankhérib à son tour est assassiné par ses propres fils dans le temple de son dieu Nisroc. Lui qui avait affirmé que l'Ãternel ne pourrait délivrer Ãzéchias, est frappé en la présence de son idole, bien incapable de le protéger.
Ainsi Dieu s'est glorifié, comme nous pouvons être sûrs qu'Il le fera toujours, en délivrant son serviteur fidèle.
Une seconde épreuve, plus terrible encore que la première, atteint à présent le malheureux roi. La mort frappe à sa porte. Dans sa détresse, cette fois aussi il a recours à l'Ãternel. Il ne peut sans doute monter au sanctuaire selon son habitude, mais n'est-il pas toujours possible de trouver son Dieu, même sur un lit de maladie? Combien d'alités en font tous les jours la bienfaisante expérience!
Achaz, père d'Ãzéchias, avait refusé le signe que l'Ãternel voulait lui donner (Ãsaïe 7:10-12). Et, sur le cadran solaire qu'il avait construit, l'heure du jugement approchait depuis avec rapidité. Mais ici le roi fidèle et pieux obtient avec la guérison un signe extraordinaire. Par le recul de l'ombre, Dieu lui montre qu'il accepte de retarder le châtiment.
Quelques détails de ce beau récit font penser par contraste au Seigneur Jésus. Dans le Psaume 102 nous avons Sa prière: «Mon Dieu, ne m'enlève pas à la moitié de mes jours!...» puis la réponse de Son Père: «Tes années sont de génération en génération» (v. 24). Ãsaïe a annoncé la guérison du roi pour le troisième jour. Et Christ, entré véritablement dans la mort, en est sorti aussi le troisième jour.
Sorti vainqueur de deux épreuves, le pauvre Ãzéchias va succomber à la troisième. Justement parce que cette dernière n'avait pas l'air d'être une épreuve! Quoi de plus flatteur que cette ambassade du roi de Babylone? Elle se présente avec une lettre et un cadeau pour Ãzéchias. Ah! que n'a-t-il déployé cette lettre-là devant l'Ãternel! Quant au cadeau, il va se trouver lié par lui, redevable vis-à -vis de ces étrangers. Combien les amabilités du monde sont dangereuses pour un chrétien! Elles trouvent si souvent un écho complaisant dans la vanité de son cÅur. N'était-ce pas plutôt l'occasion pour Ãzéchias de parler à ces hommes de la bonté et de la puissance de l'Ãternel qui l'avait deux fois délivré? L'occasion aussi de leur faire connaître la maison de son Dieu? Au lieu de cela, il leur montre sa propre maison, son arsenal qui ne lui avait été d'aucune utilité contre Sankhérib, tous ses trésors dont maintenant l'Ãternel lui annonce qu'il ne restera rien. «Quâont-ils vu dans ta maison?» Sérieuse question! Que voient les visiteurs dans nos maisons, de quoi leur parlons-nous? Des trésors tous périssables, que nous nous flattons de posséder? Ou de Celui à qui tout appartient?
Ãzéchias, reconnaît qu'il a mérité le jugement. Et là se termine la vie de ce roi fidèle.
Ãzéchias avait été le plus fidèle des rois depuis David. Son fils Manassé sera le plus détestable. «Il fit outre mesure ce qui est mauvais aux yeux de l'Ãternel» (v. 6). Et à tous ses crimes, s'ajoute la responsabilité d'être le fils du pieux Ãzéchias, celui qui jadis avait dit: «Le père fera connaître aux fils ta vérité» (Ãsaïe 38:19). Si nous n'avions que ce seul chapitre à son sujet, nous dirions qu'à coup sûr un tel homme est perdu pour l'éternité. Mais le 2e Livre des Chroniques (2 Chr. 33:12, 13), qui nous donne la fin de son histoire, nous apprend que la grâce de Dieu a eu le dernier mot. Qui aurait cru qu'un homme semblable pouvait se repentir, prier et être exaucé? En vérité les pensées de Dieu ne sont pas nos pensées. Notre salut ne dépend pas de la manière plus ou moins honnête dont nous avons pu nous conduire. Il résulte de lâincomparable grâce du Dieu d'amour. Ce que nous avons fait avant notre conversion devrait de toute manière nous paraître abominable devant Dieu. Paul s'appelait lui-même le premier des pécheurs, parce qu'il avait persécuté l'assemblée. «Mais miséricorde m'a été faite... â ajoute-t-il â afin qu'en moi, le premier, Jésus Christ montrât toute sa patience...» (1 Tim. 1:16).
Amon succède à Manassé. Après deux ans d'un règne impie, il périt de mort violente. Et le petit Josias, son fils, monte sur le trône à l'âge de huit ans. Nous nous souvenons que son nom avait déjà été prononcé bien des siècles plus tôt par un prophète qui était monté à Béthel pour parler contre l'autel en présence de Jéroboam (1 Rois 13:2). Ce fils devait naître à la maison de David pour accomplir la justice et le jugement. Ainsi, nous voyons qu'en présence du mal qu'Il supportait, les pensées de Dieu se tournaient depuis longtemps vers cet enfant. Mais de toute éternité elles reposaient sur le petit enfant de Bethléhem qui deviendrait le Sauveur du monde.
Le règne de Josias, comme celui de son aïeul Ãzéchias, correspond à ce qu'on appelle un réveil. Dans l'état de sommeil de la chrétienté, le Saint-Esprit a produit encore, ici ou là , de semblables réveils. Celui dont Josias est le remarquable instrument se trouve caractérisé: Par un nouvel intérêt pour la maison de Dieu, â par un retour au saint Livre, â enfin par le souci de se séparer du mal. Lâexemple du petit roi Josias rappelle aussi à tous nos enfants quâil nâest jamais trop tôt pour faire «ce qui est droit aux yeux du Seigneur» (v. 2).
Les travaux entrepris par Josias dans la maison de l'Ãternel ont amené la découverte du livre de la loi. Il avait été perdu, oublié même des sacrificateurs qui pourtant avaient charge de le garder (Deut. 31:9, 26). Au cours de l'histoire de l'Ãglise, le grand réveil de la Réformation a remis en honneur les Saintes Ãcritures. Après les siècles d'obscurité du Moyen Ãge, le livre de Dieu a été tiré de l'ombre, traduit dans les langues populaires, imprimé et répandu dans tous les milieux. N'oublions pas ce sujet de reconnaissance. La lecture de la Bible a alors ouvert les yeux de beaucoup sur l'état de ruine de la chrétienté. Mais, en même temps, la lumière de l'Ãvangile est venue éclairer les âmes ignorantes. Car cette Parole de vie ne nous montre pas seulement, comme le livre de la loi à Josias, ce que Dieu attendait de l'homme et comment ce dernier y a entièrement manqué (Ancien Testament). Elle nous apprend aussi maintenant ce qu'Il s'est proposé en Christ, le nouvel Homme, et que Celui-ci a entièrement accompli (c'est tout le Nouveau Testament). Si la Bible est un livre qui nous place devant toute notre responsabilité, elle nous apporte aussi le merveilleux message de la grâce de Dieu envers de pauvres pécheurs perdus.
Après la parole de jugement que lâÃternel vient de prononcer, Josias aurait pu conclure: à quoi bon purifier ce lieu sur lequel lâÃternel va allumer Sa colère? Mais ce nâest jamais ainsi que raisonne un croyant fidèle. Même à la veille du jugement final, lâÃcriture enjoint: «Que celui qui est saint soit sanctifié encore» (Apoc. 22:11).
En application de ce qui lui a été lu dans Deutéronome 31:11, le roi, qui maintenant reconnaît personnellement la valeur de la Parole de Dieu, a le souci de la faire entendre à tous «depuis le petit jusqu'au grand». Avons-nous ce même désir de faire connaître autour de nous la vivante et opérante Parole?
Le zèle de la maison de Dieu «dévore» Josias, comme il dévorera ensuite Un plus grand que lui (Jean 2:15-17). Souvenons-nous à cette occasion de la question que l'apôtre Paul pose aux Corinthiens: «Ne savez-vous pas que vous êtes le temple de Dieu et que l'Esprit de Dieu habite en vous?... le temple de Dieu est saint et tels vous êtes» (1 Cor. 3:16, 17; 1 Cor. 6:19). Recevrions-nous un noble visiteur dans une maison pleine de désordre et de saleté? Lui-même s'y sentirait-il à son aise? à plus forte raison quand il s'agit de l'Hôte divin qui veut faire Sa demeure dans notre cÅur. L'honorer c'est d'abord mettre de l'ordre dans ce cÅur, ôter tout ce qui l'encombre et le souille.
Josias poursuit son courageux travail de purification. Et voici qu'au milieu des sépulcres des sacrificateurs d'idoles se dresse un autre tombeau. C'est celui de l'homme de Dieu qui avait annoncé les choses qui maintenant s'accomplissent. Des ossements reposaient ainsi les uns près des autres, promis à une résurrection différente. Le Seigneur à sa venue distinguera et ressuscitera du milieu des morts les corps des croyants «endormis» (1 Thess. 4:13...). Les autres seront laissés pour la résurrection du jugement.
Josias a compris qu'avant de célébrer dignement la Pâque à l'Ãternel, toute souillure devait être préalablement ôtée du pays. Le culte du Dieu Saint ne peut s'accorder avec ce qui rappelle celui des idoles (2 Cor. 6:16-17). Sâil veut pouvoir prononcer dignement le nom du Seigneur, le croyant est invité à se retirer de l'iniquité, à se purifier des vases à déshonneur (2 Tim. 2:18). Ãtre séparé, se retirer, se purifier, autant de devoirs pénibles et qui nous feront sans doute accuser d'orgueil et dâétroitesse. Mais c'est ce que Dieu nous demande avant tout service pour Lui. Voyez quelle en a été la conséquence bénie pour Josias et le peuple: «Aucune Pâque n'avait été célébrée comme cette Pâque, depuis les jours des juges»
Malgré la fidélité de son roi, le peuple n'était pas revenu de tout son cÅur à l'Ãternel (Jér. 3:10). «Juda la perfide» n'a pas tiré leçon du châtiment subi par «Israël l'infidèle». Aussi l'heure va-t-elle sonner où cette tribu devra à son tour être chassée du pays.
Pour accomplir Ses desseins, Dieu s'est servi des grands peuples de l'antiquité, comme aussi des nations modernes, agents inconscients de Ses voies envers Israël. Il contrôle les événements mondiaux et les emploie pour protéger ou discipliner les siens.
Les deux grandes puissances du temps de Josias étaient l'Ãgypte et, l'Assyrie. Situés de part et d'autre du pays de Canaan, ces deux royaumes en perpétuel conflit devaient, pour se combattre, traverser le territoire d'Israël. Josias, prenant parti pour le roi d'Assyrie, tente de s'opposer au passage du Pharaon Neco, mais il est tué par ce dernier à Meguiddo. Que ne s'est-il séparé du monde et de ses alliances aussi soigneusement qu'il s'était séparé du mal! Il a pris parti dans une dispute qui nâétait pas la sienne et en subit les fatales conséquences (Prov. 26:17).
Joakhaz, fils de Josias, après un mauvais règne de trois mois, tombe au pouvoir de Neco. Celui-ci le déporte et le remplace par son frère Jehoïakim qui ne sera pas meilleur que lui.
Selon la prophétie d'Ãsaïe 10, la puissance assyrienne a été anéantie. Sur ses ruines s'est élevé l'empire babylonien englobant la quasi-totalité du monde ancien, y compris l'Ãgypte, et appelé de ce fait le premier grand empire des nations. C'est un tournant de l'histoire du monde. Israël est mis de côté; il cesse d'être le siège du gouvernement de Dieu sur la terre. Ce gouvernement est confié aux «nations» (les peuples non juifs) et ce qu'on appelle le temps des nations va commencer. Il dure encore aujourd'hui.
Jehoïakim, roi de Juda, devenu lui aussi vassal de Nebucadnetsar, se révolte au bout de trois ans et son fils Jehoïakin (ou Jéconias), qui lui succède, en fait autant. Alors a lieu la première transportation de Juda à Babylone. Ãvénement solennel! Et pourtant une dernière occasion est laissée aux plus pauvres du peuple qui échappent à la déportation. à leur tête, Nebucadnetsar place sur le trône de Juda un troisième fils de Josias: Sédécias. Mais celui-ci n'agit pas autrement que ses prédécesseurs. L'aveuglement de ces derniers rois est d'autant plus coupable que Jérémie le prophète n'a cessé durant leurs règnes de les avertir de la part de l'Ãternel.
Excédé par l'esprit de rébellion des rois de Juda, Nebucadnetsar pour la troisième fois monte contre Jérusalem, l'investit et y pénètre après plus d'un an de siège. Et cette fois il n'y a pas de miséricorde pour l'orgueilleuse cité. Elle est entièrement brûlée, à commencer par le Temple. Ses murailles sont démolies, ses habitants emmenés en captivité. Sédécias subit les cruelles conséquences de son obstination. Seuls quelques campagnards sont laissés dans le pays.
Puis les gardes chaldéens s'acharnent contre le Temple qui pour eux symbolise l'esprit de résistance. Non contents de l'avoir brûlé, ils réussissent à briser et à emporter les puissantes colonnes d'airain, ainsi que la mer, ses bases et le reste des ustensiles. Pourquoi les versets 16 et 17 répètent-ils quelques détails de l'ornementation des colonnes, précisément au moment où elles vont disparaître? Sans doute pour une raison bien touchante: N'est-ce pas là le dernier regard jeté sur un objet qu'on aime et qu'on s'attarde à contempler encore? Combien elles étaient belles ces colonnes, images de la stabilité et de la force que l'Ãternel retirait dorénavant à Son peuple désobéissant et rebelle! (1 Rois 7:21).
Ainsi finissent ces deux livres des Rois (qui n'en font qu'un seul dans l'original hébreu). Ils s'étaient ouverts sur la gloire du roi d'Israël, et s'achèvent sur celle du roi de Babylone. Ils débutaient par l'édification du temple; ils se terminent par le tableau de sa destruction. Au commencement, le premier successeur de David était monté sur le trône à Jérusalem (1 Rois 1). à la fin, son dernier descendant a été enfermé dans une prison à Babylone. Entre ce commencement et cette fin, de chapitre en chapitre, nous avons assisté au lamentable déclin. Ainsi en est-il une fois de plus de tout ce qui est confié à l'homme! En vérité son cÅur est bien trompeur et incurable (Jér. 17:9). Et Ãzéchiel, dont la voix va se faire entendre pendant ce temps de captivité, le confirme dans cette exclamation navrante: «Oh! que ton cÅur est faible, dit le Seigneur, l'Ãternel, que tu aies fait toutes ces choses!...» (Ãzéch. 16:30).
Il est consolant de voir poindre dans les derniers versets un tout petit début de restauration. Dieu nous montre que Son travail n'est pas terminé. Le dernier mot Lui appartiendra, lorsque après la faillite de tous ces rois, paraîtra le Christ, le Fils de David, le vrai Roi d'Israël.
L'homme ayant totalement manqué sur le principe de sa responsabilité, nous allons voir le Dieu de grâce reprendre Lui-même les choses tout au commencement dans ces livres des Chroniques. L'histoire de l'humanité s'y trouve en quelque sorte retracée, non plus en mettant l'accent sur le mal produit par l'homme (Livres de Samuel et des Rois), mais en soulignant le bien pensé et accompli par Dieu en réponse à ce mal. Voilà donc cette histoire de l'humanité récapitulée en remontant à Adam! Et on a remarqué que le sens des dix premiers noms permettait de lire une phrase qui est comme un résumé de tout lâÃvangile: Adam: l'homme â Seth: ayant pris la place de â Ãnos: mortel, incurable â Kénan: pleurant â Mahalaleël: le Dieu bienheureux â Jéred: descendit â Hénoc: consacré, instruit â Methushélah: sa mort procure â Lémec: (au) transgresseur â Noé: consolation (et) repos.
N'avons-nous pas là d'abord une conclusion à tout ce qui précède, c'est-à -dire la constatation de l'irrémédiable ruine de la créature? Et, en même temps, une introduction admirable au déploiement des conseils de Dieu, que nous suivrons comme un fil d'or, tout au long de ces deux livres!
Ne cherchons pas dans ces listes de noms l'ordre et la rigueur exigés par exemple d'un registre de l'état-civil. Ici, comme toujours, la Parole de Dieu ne répond pas à la curiosité ni aux recherches de l'intelligence humaine. Des omissions, des substitutions, des interversions, se retrouvent plusieurs fois dans ces chapitres pour répondre aux intentions de l'Esprit de Dieu. Or quelles sont ces intentions? Pourquoi ces longues généalogies difficiles à lire? Il s'agit en premier lieu de prouver les droits des familles d'Israël aux promesses faites à Abraham. Chaque Israélite pouvait, en s'y reportant, se prévaloir de ses origines et de ses droits à l'héritage. Hélas! nous savons que les Juifs au temps du Seigneur se vantaient d'avoir Abraham pour père, tout en refusant de reconnaître au milieu d'eux Celui qui est avant Abraham (Jean 8:58).
Quant au chrétien, ayant reçu la vie divine lors de sa nouvelle naissance, il fait partie de la famille de Dieu. Son ascendance terrestre est sans importance; Dieu est devenu son Père en Jésus, et il peut sâécrier: «Voyez de quel amour le Père nous a fait don, que nous soyons appelés enfants de Dieu» (1 Jean 3:1).
Ces généalogies ont une autre raison d'être: La filiation du Messie devait être établie d'une manière indiscutable. En descendant le cours des âges, nous voyons Dieu mettre à part successivement du milieu de la race humaine: la famille d'Abraham; d'entre celle-ci la tribu de Juda et encore, du milieu de cette tribu, la dynastie royale de David. C'est celle-ci qui occupe le chapitre 3. Et on peut penser avec quelle attention Dieu suivait, de génération en génération, la lignée qui devait aboutir à «Jésus qui est appelé Christ» (Matt. 1:16). â La courte histoire de Jahbets, plus honoré que ses frères, est incluse dans la liste des fils de Juda. Sentant le poids de la douleur qui est la conséquence du péché, cet homme prie lâÃternel d'écarter celle-ci de son chemin. Il est exaucé. Ãcoutons les quatre demandes quâil formule, et imitons-le pour réclamer sans crainte:
1° La jouissance d'abondantes bénédictions spirituelles.
2° Des limites plus larges, pour notre intelligence et pour notre cÅur. â
3° La «main de Dieu» avec nous dans tout ce que nous entreprenons (Ps. 119:173). â
4° La mise à l'abri du péché et de la tentation (Matt. 6:13).
Toujours parmi les fils de Juda, voici après les rois, après les personnes riches et honorées comme Jahbets, de modestes artisans (vv. 14, 21-23). Ils étaient ouvriers en byssus, tisserands, potiers, jardiniers. Humble était leur condition, mais grand leur privilège, car «ils habitaient là , auprès du roi, pour ses travaux». Gardons-nous de rechercher une position élevée dans le monde, si le Seigneur ne nous y a pas appelés expressément. Le peuple de Dieu ne compte «pas beaucoup de puissants, pas beaucoup de nobles...» (1 Cor. 1:26; lire aussi Jér. 45:5). Toute situation importante entraîne inévitablement des responsabilités absorbantes, qui laissent généralement peu de temps pour s'occuper de la Parole et de l'Åuvre du Seigneur. Ne choisissons donc pas une profession qui nous empêche d'habiter auprès du Roi, ni d'accomplir Ses travaux.
La tribu de Siméon avait été l'objet d'un sévère jugement à cause de la violence de son chef de race (Gen. 49:5-7) et de l'idolâtrie de Baal-Péor (Nomb. 25:14). Mais ici, selon le propos du livre, il n'est question que du bien que la grâce a produit: Cette tribu a étendu ses limites et remporté de brillantes victoires.
Il est question dans ce chapitre 5 des fils de Ruben, de Gad et de la demi-tribu de Manassé. Plus soucieuses de leur bien-être que de la possession du pays de la promesse, ces tribus s'étaient établies en deçà du Jourdain. Leur manque de foi, de persévérance, leur matérialisme, sont ailleurs mis en évidence. Mais ici (à part le verset 25, nécessaire pour comprendre le récit) combien il est touchant de voir de nouveau la Parole relever seulement tout le bien qu'il est possible d'en dire. Leur courage et leur confiance sont particulièrement soulignés (Ps. 146:5). Ils crièrent à Dieu dans la bataille (cette bataille venait de Dieu â v. 22) et il se rendit à leurs prières, car ils avaient mis leur confiance en Lui (v. 20; comp. 2 Chr. 32:8).
Le cÅur de Dieu est toujours le même. De ses faibles disciples qui allaient L'abandonner quelques instants plus tard, le Seigneur Jésus pouvait dire à Son Père: «Ils ont gardé ta parole... ils ont cru que toi tu m'as envoyé» (Jean 17:6-8). Là où nous ne savons voir que ruine et misère, Lui découvre quelque chose qui Lui est agréable. Quel exemple pour nous! Avant de formuler un jugement, une critique, souvenons-nous de la manière dont le Seigneur parle des siens en leur absence.
Consacré aux fils de Lévi et aux sacrificateurs fils d'Aaron, ce chapitre fait le pendant du chapitre 3 où nous avons trouvé les rois. Il sâagit des familles privilégiées en Israël! Mais, dans le peuple actuel de Dieu, ces fonctions sont la part de chaque croyant. Lâapôtre Pierre nous le rappelle: «Vous êtes une race élue, une sacrificature royale... pour que vous annonciez les vertus de Celui qui vous a appelés...» (1 Pierre 2:9; voir aussi Apoc. 1:6). Exprimer au Seigneur notre louange, annoncer Ses vertus à d'autres, tel est le double service du chrétien. Les Lévites nous y font penser. Les uns étaient préposés au chant (vv. 31-33). D'autres servaient dans la Maison de Dieu sous la direction d'Aaron et de ses fils (vv. 48, 49).
Viennent ensuite aux chapitres 7 et 8, les généalogies d'Issacar, de Benjamin, de Nephthali, de l'autre demi-tribu de Manassé, enfin d'Ãphraïm et d'Aser. Remarquons la négligence de Nephthali, tribu si peu soucieuse de se souvenir de ses privilèges que toute son histoire ne donne matière quâà un bref verset du livre de Dieu (ch. 7:13). Et soulignons à cette occasion l'intérêt que nous devrions porter à l'histoire de l'Ãglise, au souvenir de ceux qui furent de fidèles conducteurs. Car, pour beaucoup, nous sommes spirituellement leurs héritiers bien responsables.
D'autres Lévites sont mentionnés dans ce chapitre 9. Ce sont les portiers. Leurs fonctions sont bien importantes. Elles se résument en un ordre bref et précis, rappelé par le Seigneur dans une petite parabole: «Et il (le maître) commanda au portier de veiller» (Marc 13:34).
Veiller sur les vases et les ustensiles, sur les sacrifices, sur la nourriture, sur l'accès dans la Maison! Quel soin ces lévites apportent aux ustensiles sur lesquels ils sont préposés, les comptant et les recomptant! (v. 28; lire 2 Cor. 8:20, 21). à ce service correspond dans le Nouveau Testament celui des surveillants, pasteurs ou anciens. Ce sont eux en particulier qui, dans les assemblées, avaient (et ont encore) à prendre soin des âmes et à maintenir la saine doctrine. Poste de confiance et d'honneur, dont ils auront à répondre au retour de leur Seigneur!
Ces portiers étaient des descendants de Coré le rebelle (Nomb. 16). Mais ils préféraient se tenir sur le seuil dans la maison de leur Dieu, que de demeurer dans les «tentes de la méchanceté», où avait habité leur père. Nous connaissons le beau Psaume 84 composé par ces Corites. «Combien sont aimables tes demeures, ô Ãternel des armées... un jour dans tes parvis vaut mieux que mille» (Ps. 84:1 et 10). à qui Dieu confie-t-il les soins de Sa maison, de Son Assemblée? à ceux qui y sont attachés et qui lâaiment (Jean 21:15-17).
à partir de maintenant, les Chroniques vont reprendre l'histoire de David et de ses successeurs, depuis la mort de Saul. Mais le récit comportera de nombreuses différences avec celui des Livres de Samuel et des Rois. Certains faits sont ajoutés, d'autres sont passés sous silence. Chacun de ces changements correspond au but que Dieu s'est proposé en écrivant à nouveau cette histoire sous un autre point de vue: celui de Sa grâce souveraine. Pour le même motif, Il nous a donné quatre fois, en quatre évangiles, l'histoire de Son Fils, afin de nous permettre de Le considérer en des gloires différentes.
Ainsi, ne nous lassons pas de relire des récits connus, mais cherchons plutôt à remarquer ce que l'Esprit ajoute et ce qu'Il omet volontairement.
Ne nous décourageons pas non plus, réjouissons-nous plutôt d'entendre répéter que Dieu en a fini avec l'homme dans la chair. Saül en est l'image avec sa race. Il tombe par la main des Philistins, et il est dépouillé sur la montagne de Guilboa. Sa ruine est consommée, sa mort constatée, avant que David paraisse sur la scène: l'homme qui répond aux conseils divins, image du Seigneur Jésus.
Les longues années de souffrances et dâexil sont terminées pour David. Ses droits au trône sont reconnus par tout Israël. Il s'empare de cette forteresse de Sion, célébrée dans tant de psaumes (par exemple Ps. 87:1-3) et qui nous parle de grâce royale. Mais il n'y habitera pas seul. Les hommes de foi qui, avec lui, avaient erré dans les déserts et les montagnes, demeurant dans les cavernes et les trous de la terre (mais desquels le monde n'était pas digne), pourront demeurer maintenant avec lui pour toujours dans cette cité (Néh. 3, fin du verset 16; Héb. 11:16, 38). Enfants de Dieu, la voyons-nous poindre à l'horizon, la merveilleuse Cité d'or où Jésus conduit nos pas? Que cette perspective nous fortifie pour la marche et le combat chrétien!
Le vaillant Ãléazar s'est battu avec dâautres contre les Philistins pour préserver un champ d'orge. Il nous fait penser à ceux des serviteurs du Seigneur qui ont dû lutter pour assurer la nourriture du peuple de Dieu. Plusieurs ont soutenu de dures controverses contre les ennemis de la vérité. Nous devons leur en être reconnaissants et être prêts à notre tour à défendre la saine doctrine qu'ils nous ont conservée (Jude 3).
Au jour de son accession au pouvoir, David n'a pas oublié ses compagnons d'Adullam. Le Seigneur oublierait-Il ceux qui cherchent ici-bas à Le suivre et à Le servir? Nous savons bien que c'est impossible. Au moment même où Il allait donner Sa vie pour Ses disciples, et pendant que ceux-ci étaient occupés de savoir lequel d'entre eux serait estimé le plus grand, que leur déclare le Maître?: «Vous êtes ceux qui avez persévéré avec moi dans mes tentations. Et moi, je vous confère un royaume comme mon Père m'en a conféré un ...» (Luc 22:28, 29).
Il y a parmi ces hommes forts une hiérarchie. Elle n'est pas basée sur la force, car tous sont des hommes forts; mais sur leur dévouement, quâil sâagisse de service, comme pour les trois vaillants puiseurs dâeau, ou de combat comme pour Benaïa. Il en est de même aujourd'hui parmi les croyants. Certains, dans tous les milieux chrétiens, dépassent les autres par leur zèle et leur attachement au Seigneur. Un jour, au ciel, nous connaîtrons leurs actes de valeur. Ne désirez-vous pas vous trouver parmi eux? «Car ainsi l'entrée dans le royaume éternel de notre Seigneur et Sauveur Jésus Christ vous sera richement donnée» (2 Pierre 1:11).
La défaite de Saul avait été provoquée par les archers philistins auxquels il n'avait pas été en mesure de riposter (1 Chr. 10:3). Nous apprenons pourtant ici qu'il aurait pu trouver d'habiles hommes de guerre, maniant admirablement l'arc et la fronde, parmi ses propres frères de la tribu de Benjamin. Malheureusement pour lui, à la différence de ceux du v. 29, ceux des v. 1-7 avaient quitté le roi condamné pour rejoindre David à Tsiklag. Ils avaient mis leurs capacités à la disposition de celui qu'ils reconnaissaient par la foi comme leur véritable seigneur. Que faisons-nous des talents que Dieu nous a confiés? Au service de quel maître sont-ils employés? Pour Christ ou pour le prince de ce monde?
D'entre les Gadites également se sont ralliés onze guerriers peu ordinaires. David leur confie des responsabilités. â Viennent encore des hommes de Juda et de Benjamin. Le roi sonde leurs dispositions.
N'est-elle pas magnifique, la réponse que fait par l'Esprit Amasçaï, chef des principaux capitaines? «Nous sommes à toi, David, et avec toi, fils d'Isaï... !» Puisse chacun de nous confesser par le même Esprit: Je suis-toi, Jésus...
à toi, mais aussi avec toi! Chose triste à dire, un certain nombre de rachetés appartiennent bien au Seigneur, mais ne paraissent pas se plaire beaucoup en Sa compagnie.
Centre de rassemblement, David voit venir à lui, d'entre toutes les tribus, les hommes fidèles qui le reconnaissent. D'ici, de là , des troupes arrivent, les unes plus empressées que les autres, jusqu'à ce qu'un immense camp se trouve réuni. Tsadok, un jeune homme fort et vaillant s'y trouve spécialement nommé. Qui le Seigneur pourrait-il ainsi désigner au milieu de Son peuple aujourd'hui?
Chaque soldat qui se rallie possède son caractère particulier: Certains ont plus de force et de courage, d'autres davantage de discernement et de sagesse, d'autres encore plus d'ordre ou plus de droiture... Il en est ainsi parmi les enfants de Dieu. Différents les uns des autres, chacun brillera plus spécialement par un trait ou l'autre de son caractère: énergie, sagesse, patience, foi, amour, persévérance... Et chacune de ces vertus est connue du Seigneur qui la souligne, Lui qui seul les a toutes manifestées.
La scène qui termine ce chapitre nous fait penser à Luc 12:37. Mais le Maître incomparable ne laissera à nul autre le soin de s'occuper de Ses esclaves fidèles, de Ses combattants fatigués. Il se ceindra Lui-même «et les fera mettre à table, et s'avançant, Il les servira».
Un heureux désir est né dans le cÅur du nouveau roi: Redonner à l'arche sa place d'honneur en Israël et associer tout le peuple à cet événement. Tout semble se dérouler aussi bien que possible. La joie est générale. Malheureusement un détail (mais c'était un détail de toute importance) avait été oublié, et suffit à provoquer la mort d'Uzza, en même temps que le plus grand désarroi. Sur le coup, dans le cÅur du roi, la joie fait place à la frayeur, l'irritation remplace la louange.
La Parole prescrivait aux Lévites de porter l'arche sur l'épaule et cela n'avait pas été fait. Probablement par pure ignorance! On avait fait pour le mieux, faute d'en savoir davantage. Mais aussi bien le roi, qui devait copier le livre de la loi que les Lévites qui devaient l'enseigner, auraient dû connaître l'ordonnance à ce sujet (Deut. 17:18; 31:12), . Ils étaient donc inexcusables. Nous qui avons la Bible entre les mains, sommes responsables de marcher et de servir le Seigneur selon les enseignements qu'elle contient.
L'arche est détournée chez Obed-Ãdom et va demeurer trois mois «avec la famille» de cet homme dans sa maison. Elle y apporte la bénédiction comme le fait toujours la présence du Seigneur Jésus dans nos maisons et dans nos cÅurs.
La gloire et la prospérité de David ont leur retentissement auprès de ses voisins. Les uns, comme Hiram et son peuple, recherchent la faveur et l'amitié du roi d'Israël; d'autres, tels les Philistins, n'ont pas désarmé.
Remarquons qu'en accord avec le caractère des «Chroniques», il n'y est pas question de la coupable collaboration de David avec Akish (1 Sam. 27-29) sauf lâallusion discrète de 1 Chr. 12:19.
Le vainqueur de Goliath monte donc à deux reprises contre les Philistins, non sans avoir d'abord chaque fois interrogé Dieu. Insistons de nouveau sur cette attitude d'humilité. David n'a pas confiance dans ses capacités de chef, il ne se fie pas à son expérience militaire pour décider de la tactique quâil convient d'adopter.
Lorsque l'Ennemi «monte pour nous chercher», notre premier réflexe est-il d'interroger Dieu sur la manière dont nous pourrons le vaincre? N'ayons pas confiance en notre propre sagesse et, avant d'affronter l'Adversaire, comme aussi avant de prendre n'importe quelle décision, demandons au Seigneur Jésus Ses directions et Son secours. La plupart de nos défaites devant notre grand Ennemi n'ont pas d'autre explication que celle-ci: Nous avions oublié de rechercher la pensée du Seigneur.
Ayons le courage de reconnaître nos fautes devant le Seigneur et devant les hommes (Prov. 28:13). Nous n'avons pas recherché Dieu «conformément à l'ordonnance» (v. 13), déclare David aux Lévites chargés de porter l'arche. Et toutes les dispositions sont prises cette fois pour la faire monter «selon la parole de l'Ãternel». Scène de joie et de louange! Remarquons la place qu'y occupe Obed-Ãdom. Il aurait pu se plaindre égoïstement de voir l'arche quitter sa maison. Ne perdait-il pas avec elle une source de bénédiction? (1 Chr. 13:14.) Mais cette pensée ne lâeffleure pas. La bénédiction va être le partage de tout Israël, et lui-même, Lévite d'entre les fils de Coré, exercera simultanément les fonctions de musicien, de maître de chant, et de portier pour l'arche. Il ne quitte donc pas celle-ci. Fidèle dans ce qui était petit, il reçoit ce qui est grand (Luc 16:10); il a veillé au bien de sa propre maison, Dieu lui confie maintenant une charge dans la sienne (1 Tim. 3:5).
Kenania, chef des Lévites, enseigne la musique, car il était intelligent (v. 22). Il nous rappelle cette parole de l'apôtre: «Je chanterai avec l'esprit, mais je chanterai aussi avec lâintelligence» (1 Cor. 14:15).
Psaume 68:24, 25 font allusion à la fête qui se déroule sous nos yeux: «Ils ont vu ta marche, ô Dieu! (la marche du Fils de Dieu que l'arche représente)... Les chanteurs allaient devant, ensuite les joueurs d'instruments à cordes...» Mais c'est surtout le Psaume 132 qui nous permet de connaître les pensées de David en cette occasion solennelle. L'entrée de l'arche dans son repos répondait à son plus ardent désir (Ps. 132:3-5, 8).
Puisse notre cÅur vibrer aussi à la pensée du repos céleste dans lequel Jésus nous a précédés! Combien les promesses de ce beau Psaume 132 vont au-delà de la scène de notre chapitre: «Je revêtirai de salut ses sacrificateurs et ses saints exulteront en chantant de joie» (comparer 1 Chr. 15:27, 28 et Ps. 132:16).
«Je bénirai abondamment ses vivres, je rassasierai de pain ses pauvres» (comparer 1 Chr. 16:3 et Ps. 132:15).
Les rachetés du Seigneur sont appelés à exprimer leur joie et leur louange sans attendre le repos céleste. Sur la terre déjà , ils possèdent un Centre de rassemblement: Christ. Ils sont établis pour faire le service, rappeler, célébrer, louer (v. 4) et le Père et le Fils.
Les chanteurs et les musiciens ont été désignés. De nos jours le chant n'est plus la part de quelques-uns seulement. Nâaimons-nous pas tous chanter notre reconnaissance et en particulier pendant le culte, joindre notre voix aux cantiques d'adoration? (Ãph. 5:19; Col. 3:16). à présent David remet à Asaph «ce psaume, le premier, pour célébrer l'Ãternel». Son nom, ses Åuvres, sa gloire, ses relations avec ses saints,... que de motifs l'Israélite avait de Le bénir. Nous qui connaissons Jésus et Son Åuvre de la croix, combien nos sujets d'adoration sont plus nombreux! Oui, chantons avec intelligence: Méditons les paroles que nous prononçons. Nos hymnes, composés d'après la Bible, développent de multiples aspects des gloires du Père et du Fils. Il est important et édifiant de les distinguer les uns des autres.
Que sont les enfants de Dieu par rapport au monde qui les entoure?: «Un petit nombre d'hommes, peu de chose, et étrangers dans le pays» (v. 19). Sont-ils misérables? Bien au contraire! «Glorifiez-vous de Son saint nom» répond le verset 10. Le nom de Jésus, notre relation par Lui avec Son Père, voilà notre gloire, notre richesse, notre joie et aussi notre sécurité (1 Cor. 1:30, 31)!
De même que la première «strophe» de ce cantique (vv. 7-22) correspond à une partie du Psaume 105:1-15, celle qui suit réunit une fraction du Psaume 96:2-12, avec trois versets du Psaume 106:1, 47, 48. Mais un fait est bien remarquable: Tout ce qui ne répond pas dans ces trois psaumes au caractère de la grâce, a été laissé de côté. Il n'est fait mention ici ni de fautes commises, ni de jugement mérité.
Lorsque les rachetés entoureront le trône de l'Agneau et que retentira le cantique nouveau, celui-ci pourrait-il contenir un rappel accablant de leurs péchés (comme dans le Psaume 106:6, 7, 13-43 pour Israël)? C'est impossible, car Dieu l'a promis: «Je ne me souviendrai plus jamais de leurs péchés ni de leurs iniquités» (Héb. 8:12). Il n'en sera question que pour dire: «à celui qui nous aime et qui nous a lavés de nos péchés dans son sang... à lui la gloire et la force aux siècles des siècles! Amen». (Apoc. 1:5-6.)
Cette scène se termine par l'établissement définitif du service devant l'arche. Chacun à sa place remplira dorénavant ses saintes fonctions, figure de celles qui appartiennent dès maintenant aux vrais adorateurs.
Ce chapitre reproduit presque textuellement 2 Samuel 7. Mais il convenait bien de relire cette merveilleuse «conversation» entre Dieu et un homme objet de sa grâce: Dieu parle par Nathan au roi bien-aimé; puis ce dernier Lui répond (v. 3-15). Connaissons-nous par expérience ces entretiens avec Dieu (et avec le Seigneur Jésus)? C'est essentiellement par le moyen de Sa Parole qu'il communique avec nous. Et nous avons pleine liberté pour Lui répondre par la prière.
Toujours en accord avec le caractère du livre, quelques mots ont été effacés à propos du fils de David. L'expression: «s'il commet l'iniquité, je le châtierai...» (2 Sam. 7:14) ne se retrouve pas dans notre chapitre, preuve que la Parole a ici en vue un plus grand que Salomon.
«Moi je lui serai pour père â déclare l'Ãternel â et lui me sera pour fils» (v. 13). La citation de ce verset en Hébreux 1:5 confirme aussi que ce fils est bien Jésus, en qui la grâce nous a été révélée. Ainsi le sujet précieux des entretiens que nous avons avec Dieu, c'est Jésus, Son Fils bien-aimé. «Notre communion est avec le Père...» autrement dit nous pouvons avoir une même pensée avec Lui, et cette pensée concerne Son Fils Jésus Christ (1 Jean 1:3).
David sent qu'il n'a rien mérité. Confondu, il rappelle la bonté de Dieu à son égard, Lui rend hommage, Le remercie. â Dire merci! Lorsque quelqu'un y manque envers nous, nous appelons cela de l'impolitesse ou de l'ingratitude. Ne croyons pas que Dieu soit insensible quand Ses enfants oublient de le faire. Et pourtant, si nous y réfléchissons, que de bienfaits à côté desquels nous passons chaque jour sans penser à L'en remercier ou même sans les avoir seulement remarqués. Comme le Psalmiste, encourageons notre âme à nâoublier aucun de ses bienfaits (Ps. 103:2). Combien de ses grâces trouvons-nous toutes naturelles, du moins tant que nous les possédons! à l'occasion des repas, les familles chrétiennes ont l'habitude (et le devoir) de rendre grâces. Mais il faut que notre cÅur s'associe vraiment aux paroles prononcées par le chef de famille. Plus encore que pour Ses soins matériels, bénissons Dieu pour nos privilèges chrétiens: la Parole, le rassemblement des croyants, l'éducation selon le Seigneur (Ãph. 5:20). Et par-dessus tout, ne nous lassons pas de Lui rendre grâces pour Son grand salut, pour le grand Sauveur quâIl nous a donné. Répétons avec l'apôtre: «Grâces à Dieu pour Son don inexprimable!» (2 Cor. 9:15).
Les chapitres 18, 19 et 20 se rapportent aux guerres de David. Ils groupent des faits qui, dans le 2e Livre de Samuel, sont dispersés à divers moments de l'histoire du roi. Nous les y avons déjà considérés et il n'y a pas de différences appréciables entre les deux textes. à l'exception d'une seule: Le silence total qui est fait au début du chapitre 20 sur le terrible péché de David et sur ses conséquences tragiques. Ni la scandaleuse affaire d'Urie, ni le péché d'Amnon suivi de son assassinat, ni la conspiration d'Absalom, ni le rôle criminel de Joab, ne trouvent place dans ce Livre des Chroniques. Câest ainsi quâagit la grâce. Dieu étend un voile miséricordieux sur cette période sombre de la vie de son pauvre serviteur. «Bienheureux celui dont la transgression est pardonnée et dont le péché est couvert», dira David lui-même dans le Psaume 32. â Chacun de nos lecteurs fait-il partie de ces bienheureux?
David triomphe successivement des Philistins, des Moabites, des Syriens, des Ãdomites; puis à nouveau des fils d'Ammon (chapitres 19 et 20). Tous les ennemis traditionnels d'Israël sont subjugués, figure du moment où Dieu assujettira toutes choses à Christ et mettra Ses ennemis pour marchepied de ses pieds (Héb. 1:13 et Héb. 2:8).
On peut se demander pourquoi Dieu, qui a couvert les fautes précédentes de David, rappelle ici celle du dénombrement. Ce péché nous montre d'abord la distance qui sépare ce roi, de Celui dont il n'a été qu'une faible figure. Il ne fallait pas qu'Israël pût confondre son Messie, même avec le plus grand de ses rois. Le Fils de David était en même temps son Seigneur (Matt. 22:41-45). D'autre part, il était nécessaire d'expliquer le châtiment divin et la grâce qui y mettrait fin. Faute de quoi le récit serait incompréhensible. David apparaît ici ni plus ni moins que comme un coupable, tel que vous et moi. Mais il connaît le cÅur de Dieu. Sa réponse à Gad en est la preuve: «Que je tombe... dans les mains de l'Ãternel, car ses compassions sont très grandes» (v. 13). Chacun de nous connaît-il par expérience personnelle la richesse et la variété de ces compassions du Seigneur? (lire Lam. 3:22, 23, 32). Pour l'expiation de nos péchés, il ne pouvait être question de choisir entre trois ans de famine, trois mois de guerre ou trois jours de maladie. Mais Christ, à notre place, a connu pendant les trois heures sombres de la croix la pleine mesure de la colère de Dieu; Il a porté l'éternité de notre châtiment.
Sur cette même montagne de Morija, Abraham jadis avait offert son fils Isaac (Gen. 22:2; 2 Chr. 3:1). Mais Dieu avait arrêté sa main, de même qu'à présent Il retient celle de l'ange. Le jugement divin ainsi détourné tombera sous forme de feu sur l'holocauste qu'offre David (v. 26). Abraham, après avoir présenté lui aussi à la place d'Isaac un sacrifice de substitution, avait appelé ce lieu «Jéhovah Jiré», c'est-à -dire: «En la montagne de l'Ãternel il y sera pourvu» (Gen. 22:14).
Pour ce qui nous concerne, nous savons de quelle manière solennelle il devait y être pourvu et nous savons aussi qui devait recevoir, à notre place, les coups du jugement de Dieu. La voix qui dit ici à l'ange: «Assez»; puis lui ordonne de remettre l'épée dans le fourreau, cette voix est la même qui devra dire un jour: «Ãpée, réveille-toi contre mon berger, contre l'homme qui est mon compagnon...; frappe le berger...» (Zach. 13:7). Insondable et merveilleux mystère! Le châtiment que nous méritions a été à tout jamais détourné parce qu'il est tombé sur Celui qui a été frappé à notre place: Jésus, le berger établi par Dieu, notre bon Berger, le «compagnon de l'Ãternel».
La maison qu'entrevoit David et que construira Salomon est l'image de l'habitation future de Dieu au milieu d'Israël. Toutefois bien des détails relatifs à sa préparation et à sa construction nous aideront à mieux comprendre par comparaison les grandes vérités du Nouveau Testament au sujet de l'Ãglise. De même que l'aire d'Ornan, où le sacrifice a été offert, va devenir la base de la Maison, l'Åuvre de Christ à la croix sera le fondement de l'Assemblée. La même vérité apparaît sous une autre forme si nous considérons ensemble David et Salomon comme un seul type du Seigneur Jésus. David nous parle d'un Christ souffrant et rejeté, qui a préparé â dans son affliction (v. 14) â tout ce qui est nécessaire pour l'édification de la Maison de Dieu. Salomon représente Christ glorifié, bâtissant son Assemblée et prêt à paraître avec elle pour régner sur l'univers. Les matériaux, en particulier les «pierres vivantes» que sont les croyants, ne pouvaient être rassemblés sans les souffrances et la mort du Seigneur Jésus. Mais il fallait Son exaltation pour que l'Ãglise puisse être bâtie. Cet édifice n'est pas encore achevé à ce jour. Peut-être ne manque-t-il plus qu'une seule «pierre». Seriez-vous cette pierre?
David fait asseoir Salomon avec lui sur son trône. Aucune mention n'est faite ici, ni de la conspiration d'Adonija, ni des circonstances du couronnement du nouveau roi. Nous pouvons de ce fait nous élever plus haut que dans le 1er Livre des Rois et considérer en figure le Fils assis avec le Père sur Son trône (voir Apocalypse 3:21). Or une des activités de Jésus dans la gloire nous est donnée par Ãphésiens 4:8-12: «Ãtant monté en haut, il... a donné des dons aux hommes... les uns comme apôtres, les autres comme prophètes, les autres comme évangélistes, les autres comme pasteurs et docteurs; en vue du perfectionnement des saints, pour l'Åuvre du service, pour l'édification du corps de Christ».
Ici et dans les chapitres qui suivent, nous assistons à la désignation de chaque ouvrier: surveillants, intendants, juges, portiers, musiciens, répartis selon les trois familles des Lévites. Leurs fonctions sont précisées et spécialement ce qui concerne le service essentiel de la louange. Célébrer et louer Dieu chaque matin et chaque soir est un service bien enviable... qui est à notre portée (v. 30; Ps. 92:1, 3)!
Au chapitre suivant ce sont les sacrificateurs, fils d'Aaron, qui sont distribués en vingt-quatre classes.
Les dons, les charges et les différents services sont, nous l'avons rappelé hier, distribués par le Chef de l'Ãglise. Mais le croyant est invité à désirer ces dons et à les demander au Seigneur. «Désirez avec ardeur les dons spirituels, mais surtout de prophétiser... Celui qui prophétise parle aux hommes pour l'édification et l'exhortation et la consolation» (1 Cor. 14:1 et 3). Est-ce bien le désir de chacun de nous d'être ainsi employé par le Seigneur? Alors demandons-lui de nous accorder un de ces dons spirituels. Non pour nous donner de l'importance, mais en vue du bien de l'Assemblée et de la gloire du Seigneur Jésus. Après ceux qui prophétisaient (chapitre 25) les portiers ou surveillants sont nommés à nouveau (chapitre 26). Service également bien souhaitable! «Si quelqu'un aspire à la surveillance, il désire une Åuvre bonne» (1 Tim. 3:1).
Nous retrouvons ici Obed-Ãdom avec ses huit fils et ses soixante-deux descendants. Il avait honoré l'arche. à présent c'est Dieu qui l'honore et le bénit (1 Chr. 26:4-8, 15). Il confie à cette famille la maison des approvisionnements. D'eux dépendra la nourriture des sacrificateurs, figure de l'enseignement dans l'Assemblée. Importante responsabilité (voir Matthieu 24:45, 46)!
Parmi les Lévites, quelques-uns étaient commis sur les trésors de la Maison de l'Ãternel et sur les trésors des choses saintes. L'un d'eux, Shebuel, «surintendant des trésors» était un descendant de Moïse. Sommes-nous conscients qu'à nous aussi beaucoup de trésors ont été confiés? Le plus grand n'est autre que la Parole de Dieu. Ses richesses sont inépuisables. Quel cas faisons-nous de notre Bible? La considérons-nous véritablement comme un trésor?
«Garde le bon dépôt», recommande Paul à un jeune homme, Timothée (2 Tim. 1:14). Et dans sa 1° Ãpître, après avoir mis en contraste les vaines richesses de ce monde avec le trésor qui est un bon fondement pour l'avenir, l'apôtre supplie son jeune disciple: «à Timothée, garde ce qui t'a été confié...» (1 Tim. 6:19, 20). Que chacun de nous relise ce verset 20 en mettant son nom à la place de celui de Timothée.
D'autres Lévites sont nommés dans les versets 29-32. Ils étaient intendants, juges, administrateurs. Ãtablis «pour toutes les affaires de Dieu» (vv. 30, 32; 2 Chr. 29:11), ils nous font penser à Celui qui, dès son enfance, faisait passer avant toute autre chose «les affaires de Son Père» (Luc 2:49).
Le chapitre 27 nous enseigne qu'à côté des intendants, les soldats sont aussi nécessaires. Pour conserver nos trésors il faudra peut-être combattre et nous devons en être capables.
Les versets 25-31 nous apprennent qu'il existait d'autres trésors, moins nobles que ceux du sanctuaire, mais qui n'en devaient pas moins être soigneusement gardés car câétait des biens qui appartenaient au roi (v. 31). Faisons le compte de tout ce que le Seigneur nous a confié. Comme ce Maître qui, en s'en allant, avait remis des talents à ses esclaves, le Seigneur a prêté à chacun de nous un certain nombre de biens ou d'aptitudes à faire valoir pour Lui (Matt. 25:14...).
Il est question ici spécialement des travaux des champs. Que ceux de nos lecteurs qui habitent à la campagne ne sous-estiment pas la part que le Seigneur leur a donnée. Ce qui leur est confié s'appelle aussi des trésors, des «talents». Il ne s'agit pas de les comparer à ceux que d'autres ont reçus, mais de les administrer avec fidélité. Là où nous avons été placés, faisons donc en sorte que le Maître puisse nous adresser un jour cette parole de grâce: «Bien, bon et fidèle esclave; tu as été fidèle en peu de chose, je t'établirai sur beaucoup: entre dans la joie de ton maître».
Au chapitre 22:17, David avait déjà réuni les chefs du peuple. à présent il rassemble avec eux tous ceux qui ont une charge ou une responsabilité en Israël. Sans doute, tous les hommes dont les noms remplissent les chapitres 23-27 se trouvent-ils là pour écouter leur seigneur. Aucun n'aurait voulu manquer ce rendez-vous.
Le Seigneur nous convie aussi à des réunions où Il veut nous instruire. Ne sommes-nous pas coupables si nous nous en abstenons pour une cause futile (Héb. 10:25)?
à tous ces hommes assemblés autour de lui, le roi communique ses pensées les plus intimes et les plus précieuses. Il les exhorte à rechercher et à garder tous les commandements de l'Ãternel. Il les entretient de la Maison glorieuse qui doit être construite. Et surtout il leur parle de son fils, en qui et par qui tout son propos s'accomplira. Sujets qui correspondent à ceux dont l'Esprit nous occupe dans les réunions d'édification!
Puis David s'adresse à Salomon. Ãcoutons bien ces paroles d'un père à son fils! Elles nous sont aussi adressées: «Mon fils, connais le Dieu de ton père, et sers-le avec un cÅur parfait et avec une âme qui y prenne plaisir... Si tu le cherches, Il se fera trouver de toi» (v. 9).
à présent David remet solennellement à son fils Salomon tout ce qu'il a préparé pour la maison de Dieu. Nous pensons à cette déclaration insondable de l'Ãvangile: «Le Père aime le Fils et a mis toutes choses entre Ses mains» (Jean 3:35).
Depuis le portique jusqu'à la moindre coupe, tout est l'objet d'instructions précises et détaillées. L'intelligence en avait été donnée à David par écrit, par la main de l'Ãternel sur lui (v. 19). Pour communiquer Ses pensées, Dieu s'est servi d'écrivains inspirés. Les soixante-six livres de la Bible ont été rédigés par une quarantaine dâauteurs très différents sur une période dâenviron 1600 ans. Mais un seul et même Esprit a dicté toutes les pages du Saint Livre. Aussi n'oublions jamais quand nous le lisons que c'est Dieu qui nous y parle.
Le chapitre se termine par une nouvelle parole du père à son fils. Salomon a reçu tout ce qui était nécessaire. Maintenant c'est à lui d'agir en comptant sur le secours de l'Ãternel. Nous avons aussi beaucoup reçu; un moment vient où il faut agir selon ce que le Seigneur attend de chacun de nous! Il nous sera demandé compte de ce que, par timidité ou paresse, nous aurons négligé d'accomplir.
David a consacré toute sa force (v. 2) à préparer un palais pour l'Ãternel.
Demandons-nous en passant si vraiment le palais de notre cÅur «n'est point pour un homme» (généralement le moi), alors quâil devrait être pour le Seigneur? (v. 1).
«L'affection» du roi envers cette maison l'a conduit à donner pour elle de grandes richesses qui lui appartenaient en propre. Combien l'amour de Jésus est plus grand! L'Ãvangile nous parle de ce marchand qui a vendu tout ce qu'il avait, afin d'acheter une perle de très grand prix (Matt. 13:45, 46). Parabole dont Ãphésiens 5:25 fournit lâinterprétation: «Christ a aimé l'assemblée et s'est livré lui-même pour elle» (voir aussi 2 Cor. 8:9). Cela, Jésus a été seul à pouvoir le faire. Mais quant au service d'amour, Il nous dit comme à Ses disciples: «Je vous ai donné un exemple, afin que, comme je vous ai fait, moi, vous aussi vous fassiez» (Jean 13:15). L'exemple de David a porté des fruits. Tous ces hommes qui l'ont entendu offrent à leur tour volontairement de l'or, de l'argent et des pierres précieuses pour édifier la Maison de Dieu (voir 1 Cor. 3:12). Grande joie pour David... et pour le Seigneur quand notre cÅur est ainsi à l'unisson du sien!
Après s'être adressé au peuple, David se tourne vers l'Ãternel. Va-t-il faire valoir tout ce que lui et les chefs ont donné? Au contraire! Il rend gloire au Dieu à qui tout appartient, et s'humilie devant Lui. Ces deux sentiments vont toujours ensemble.
«Ce qui vient de ta main, nous te le donnons» â déclare le roi. Le Seigneur nous confie des biens pour nous accorder la joie de Lui en offrir quelque chose. Lui-même n'a besoin de rien (Ps. 50:10-12). Mais ce qui est apporté volontairement, avec joie, a du prix pour Son cÅur. Donner par contrainte ou avec un esprit légal n'exerce ni l'amour ni la foi. C'est de cette manière que les pharisiens payaient les dîmes (Matt. 23:23). Au contraire, les Macédoniens dont parle l'apôtre Paul avaient agi «spontanément», abondant «dans la richesse de leur libéralité» (2 Cor. 8:1-3).
N'est-elle pas magnifique la louange de David (vv. 10-13)? Il vaut la peine de la lire à haute voix en pensant à qui nous nous adressons. «à toi... la grandeur, la force et la gloire et la splendeur et la majesté; car tout, dans les cieux et sur la terre, est à toi. à toi... est le royaume et l'élévation comme Chef sur toutes choses...». Sur toutes choses, y compris le cÅur de ceux qui Lui appartiennent!
C'est un grand jour de fête et une date marquante dans l'histoire d'Israël! Des sacrifices sont offerts; le peuple mange, boit et se réjouit dans la présence de Dieu. Alors, pour la seconde fois, Salomon est établi roi, et oint pour l'Ãternel. Il s'assied sur «le trône de l'Ãternel». La majesté et la domination conférées au fils de David préfigurent cette période de mille ans où Christ régnera pour Dieu sur toute la terre.
La mort de David «en bonne vieillesse, rassasié de jours, de richesses, et de gloire» (v. 28), vient clore ce 1° Livre des Chroniques auquel nous donnerions volontiers pour titre une expression d'Ãsaïe 55:3: «Les grâces assurées de David». La citation qu'en fait Paul (Actes 13:34) montre qu'il s'agit en particulier de la résurrection que cet homme de foi attend désormais avec la multitude des saints endormis. Mais n'a-t-il pas toute sa vie été un objet de grâces, assurées par Dieu Lui-même? Chers amis croyants, nous aussi, pour le présent et pour l'avenir, nous jouissons de grâces assurées en Christ. «Car de Sa plénitude nous tous (pas seulement David) nous avons reçu, et grâce sur grâce» (Jean 1:16).
D'emblée nous sommes introduits dans le règne du grand Salomon. Son nom, qui signifie «le Pacifique», porte nos regards sur Christ, comme «Prince de paix» (Ãsaïe 9:6), dont le règne à venir est richement illustré par les récits et les descriptions que nous allons lire. Précisons bien qu'il s'agit avant tout, dans ces chapitres, du royaume et du culte terrestres du Messie d'Israël. Mais plus d'une fois nos pensées seront dirigées, par analogie ou par contraste, sur l'Ãglise et sur son Chef.
La demande que l'Ãternel lit dans le cÅur du jeune roi correspond à une requête de Paul en faveur des Ãphésiens. Il faisait mention d'eux dans ses prières, afin que le Dieu de notre Seigneur Jésus Christ, le Père de gloire, leur donne l'esprit de sagesse et de révélation dans sa connaissance, les yeux de leur cÅur étant éclairés (Ãph. 1:16-18).
«Car l'Ãternel donne la sagesse; de sa bouche procèdent la connaissance et l'intelligence», écrira Salomon dans le livre des Proverbes (Prov. 2:6). Désirons posséder cette sagesse dâen haut et demandons-la à Celui «qui donne à tous libéralement et qui ne fait pas de reproches» (Jac. 1:5).
Les rapports d'Hiram, roi de Tyr, avec Salomon préfigurent les relations qu'auront avec Israël toutes les nations de la terre pendant le règne de mille ans. Alors «la terre sera pleine de la connaissance de l'Ãternel, comme les eaux couvrent le fond de la mer. Et, en ce jour-là , il y aura une racine d'Isaï, se tenant là comme une bannière des peuples: les nations la rechercheront, et son repos sera gloire» (Ãsaïe 11:9, 10). Hiram bénit lâÃternel qui a fait les cieux et la terre (v. 12).
Outre tout ce que David avait accumulé dans son affection pour la Maison de Dieu, il avait aussi préparé des ouvriers pour accomplir le travail (fin du verset 7; voir aussi 1 Chr. 22:15, 16). Il en est ainsi de l'Åuvre du Seigneur aujourd'hui.
Tout travail pour Lui nécessite de Sa part une soigneuse «mise au point» des serviteurs. S'engager trop tôt dans un service expose par conséquent à faire du mauvais travail. Dieu qui a préparé les Åuvres, a aussi appelé, puis formé, les ouvriers pour les faire. Ãphésiens 2:10 nous rappelle que «nous sommes son ouvrage, ayant été créés dans le Christ Jésus pour les bonnes Åuvres que Dieu a préparées à l'avance, afin que nous marchions en elles».
Nous avons compris en méditant le Livre des Rois que Huram-Abi (ou Hiram; ne pas le confondre avec le roi de même nom), l'ouvrier habile entre tous, était un type du Saint-Esprit. C'est sous la direction éclairée de cet homme que les artisans préparés par David vont accomplir leur tâche. Et c'est en se laissant conduire par l'Esprit de Dieu que le croyant sera rendu capable de servir. Voyez dans les Actes comment l'Esprit communique aux apôtres les ordres du Seigneur: Actes 1:2; Actes 8:29; Actes 13:2, 4, et prêtons l'oreille à Sa voix. Elle nous dira souvent comme à Paul et à ses compagnons: Ne fais pas ceci; ne va pas là ! (Actes 16:6 et 7).
153.600 hommes ont été dénombrés pour faire le travail. Certains étaient portefaix, d'autres taillaient la pierre; enfin il y avait les surveillants. Trois formes de l'activité chrétienne sont ainsi suggérées:
1° Porter les fardeaux par la prière. Cela vient en premier lieu.
2° Détacher les pierres vivantes de la carrière du monde et les y façonner: Åuvre de l'évangéliste et des autres ministères;
3° Veiller à l'Åuvre et sur le troupeau.
Chose remarquable: les équipes se composent de ces Cananéens, étrangers, autrefois ennemis et en piège à Israël. Sous le règne du roi de paix, ils sont devenus des serviteurs utiles.
Les Chroniques présentent la construction du Temple sous un autre point de vue que le Livre des Rois. Ce dernier l'envisageait surtout comme l'habitation de l'Ãternel au milieu de Son peuple. Notre livre va nous le montrer plutôt comme le lieu où l'adorateur est admis à rencontrer son Dieu. Le fondement de la Maison est établi sur cette montagne de Morija où la grâce de Dieu avait fait cesser le jugement et consumé l'holocauste.
En ce qui concerne l'Ãglise, nous savons par la déclaration de Pierre et par la réponse du Seigneur Jésus, sur quel roc elle est bâtie: «Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant» (Matt. 16:16, 18).
Salomon construit successivement le portique, la maison proprement dite et le lieu très-saint. Il confectionne ensuite les deux grands chérubins, le voile, puis les deux colonnes Jakin et Boaz. L'extraordinaire hauteur du portique n'est mentionnée qu'ici: Cent vingt coudées, soit quatre fois la hauteur de la maison. N'est-ce pas là une illustration du Psaume 24:7-9 qui répète: «Portes, élevez vos têtes! et élevez-vous, portails éternels, et le roi de gloire entrera»? Pour une Personne aussi grande, quelle porte saurait convenir?
Toute recouverte d'or, la maison parle de justice parfaite et pure. Aussi l'adorateur ne pourrait s'en approcher sans être passé d'abord à l'autel d'airain des sacrifices. Cet autel est carré, et ses dimensions: vingt coudées de large et vingt coudées de long, sont identiques à celles de «l'oracle» Autrement dit, les gloires de ce lieu très-saint correspondent à la grandeur et à la perfection du sacrifice représenté par l'autel.
Il est question ensuite de «la mer» dont les douze bÅufs rappellent le travail patient et persévérant de Christ selon Ãphésiens 5:26, ainsi que la fermeté à déployer dans toutes les directions pour résister aux influences extérieures et préserver la pureté. Après quoi seulement sont énumérés: les cuves, les chandeliers, les tables, l'autel d'or, et les divers accessoires des sacrificateurs, comme pour nous rappeler que nous ne pouvons jouir des vérités représentées par ces objets quâaprès nous êtres purifiés moralement à la mer «mer dâairain» (Ps. 26:6; 2 Cor. 7:1).
à l'exception de la coupe et du pain de la Cène, l'adorateur du Nouveau Testament n'a plus devant lui ni objets visibles, ni «sacrements», ni cérémonies. C'est en toute simplicité qu'il est invité à participer au repas du Seigneur. Son culte est rendu en esprit et en vérité (Jean 4:24).
La merveilleuse maison est achevée. Mais il y manque encore l'objet principal: l'arche sainte. Son introduction «en son lieu, dans l'oracle de la maison, dans le lieu très-saint, sous les ailes des chérubins» (v. 7), porte nos regards sur Jésus dans les hauts lieux, exalté par Dieu même, centre de l'universelle louange, remplissant le ciel et la terre de Sa gloire. Il est l'objet de l'admiration des anges (les chérubins; 1 Tim. 3:16) et de l'adoration de son peuple bienheureux. «Une même voix», mais divers instruments (v. 13; Ps. 150). Un seul cantique: le cantique nouveau, chanté par la multitude des rachetés apportant chacun sa note particulière, mais dans un parfait accord.
Des trois objets que l'arche avait contenus: la manne dans sa cruche d'or, la verge d'Aaron le sacrificateur, et les tables de la loi, seules subsistent ces dernières (v. 10). Au temps du voyage, achevé désormais, Dieu avait donné la manne et conduit le peuple jusqu'à Lui par la sacrificature. Maintenant l'arche est en Sion, dans le repos de Dieu qui a réalisé Sa promesse. Et Lui-même, sur la base d'une nouvelle alliance garantie par les tables, se repose dans Son amour au milieu de Son peuple racheté (Soph. 3:17).
Salomon, devant tout le peuple assemblé, célèbre le Dieu d'Israël, rappelle Ses grâces, ainsi que les motifs pour lesquels le Temple a été construit.
Tourner vers l'Ãternel le cÅur du peuple, tel est le désir du roi. Et nous pensons à Celui qui pouvait déclarer, de l'autre côté de la mort: «J'annoncerai ton nom à mes frères, je te louerai au milieu de la congrégation» (Ps. 22:22). Quelquefois nous craignons de nous adresser à Dieu dans nos prières. Nous croyons trouver auprès du Seigneur Jésus plus de compréhension et de tendresse. N'est-ce pas un manque de confiance envers le Dieu dâamour? «Car le Père lui-même vous aime» (Jean 16:27), affirme le Seigneur à ses disciples. Christ désire nous voir connaître Son Père comme Lui Le connaît. Mais la croix était nécessaire pour établir cette relation. Aussi Sa toute première parole pour les siens après Sa résurrection a été: «Je monte vers mon Père et votre Père, et vers mon Dieu et votre Dieu» (Jean 20:17). Maintenant qu'est accomplie l'Åuvre de la rédemption, ce n'est plus à un Dieu redoutable que nous avons affaire, à un Juge qu'il est nécessaire dâapaiser et de fléchir. Dieu est pour nous un Père dont nous pouvons nous approcher sans frayeur, au nom du Seigneur Jésus.
On a remarqué que l'estrade d'airain du haut de laquelle le roi s'adresse à l'Ãternel a exactement les dimensions de l'autel d'airain du désert (v. 13; Ex. 27:1). Détail qui a une belle et importante signification: C'est sur la base de son sacrifice accompli, et accepté par Dieu, que Christ exerce en faveur des siens Ses offices de sacrificateur et d'avocat auprès du Père. De sorte que, «si nous confessons nos péchés», Dieu est «fidèle et juste» pour nous les pardonner. Fidèle et juste, parce que Jésus les ayant expiés sur la croix (dont l'autel nous parle), Dieu ne peut nous en demander compte une seconde fois.
Remarquez qu'il n'est pas dit: si nous demandons pardon; car le pardon est déjà acquis à l'enfant de Dieu; mais: «si nous confessons». Et le même passage continue en nous assurant: «Si quelqu'un a péché, nous avons un avocat auprès du Père, Jésus Christ, le juste; et lui est la propitiation pour nos péchés» (1 Jean 1:9 et 2:1, 2).
Après les versets 22-39, peu différents de 1 Rois 8:31-53, Salomon termine sa prière en se servant des paroles du Psaume 132 versets 8-10.
«Ãcoute de cieux⦠écoute dans les cieux!» Les chrétiens, instruits de la volonté dâamour du Seigneur, peuvent dire par expérience: «Nous savons quâIl nous écoute» (1 Jean 5:15).
En réponse à la prière du roi, le feu descend sur l'holocauste. Et, pour la seconde fois (voir 2 Chr. 5:14), la gloire de l'Ãternel remplit la Maison. Dès lors, et jusqu'au temps d'Ãzéchiel (Ãzéch. 10:18; Ãzéch. 11:23) elle y fera sa demeure.
La crainte qu'inspire cette gloire empêche les sacrificateurs de pénétrer dans la maison (2 Chr. 5:14; 2 Chr. 7:2). Pensons par contraste à notre part éternelle. Le Seigneur veut avoir les siens auprès de Lui dans la gloire. Déjà , sur la sainte montagne, Il est présenté aux disciples, Moïse et Ãlie étant avec Lui dans l'éblouissante nuée, appelée «la gloire magnifique» (Matt. 17:5; 2 Pierre 1:17).
Tout le peuple se prosterne et entonne le cantique qui sera celui du règne de mille ans: «Célébrez l'Ãternel, car Il est bon, car sa bonté demeure à toujours» (v. 3; Ps. 136). Après quoi des sacrifices sont offerts en immense quantité: 22.000 bÅufs et 120.000 moutons. Quel contraste, ici aussi, avec la «seule offrande» par laquelle nous avons été sanctifiés et rendus parfaits: celle du «corps de Jésus Christ faite une fois pour toutes» (Héb. 10:10, 14)!
Puis, pour le peuple du grand roi, c'est la joie sans mélange de la Fête des Tabernacles.
La Maison a été achevée et inaugurée. Dans Sa réponse à Salomon, l'Ãternel déclare qu'il l'a sanctifiée afin que Son nom y soit à jamais (vv. 16 et 20). Heureuse assurance! Ce qui caractérise aujourd'hui le rassemblement des croyants auquel Jésus a promis Sa présence, c'est qu'il se réunit au nom du Seigneur (Matt. 18:20). D'où la sérieuse responsabilité de n'y rien tolérer qui déshonore ce Nom et cette présence. C'est dans ce sens que l'Ãternel avertit Salomon à partir du verset 19.
Mais en même temps la présence du Seigneur au milieu des siens leur assure tout ce dont leur âme a besoin. Comment se fait-il donc que certaines réunions soient languissantes, routinières? Quelque chose manque alors, et il est évident que ce n'est pas l'accomplissement de la promesse du Seigneur. Ce qui manque, hélas! c'est la foi, ma foi en Sa présence qui est suffisante pour me bénir abondamment et pour me bénir là ! Remarquons comment la réponse divine correspond dans les détails à la prière du roi au chapitre précédent. Comparons par exemple le verset 15 avec le verset 40 du chapitre 6. Oui, attendons de Dieu des bénédictions précises. Il se plaira à nous les accorder.
Salomon affermit son royaume. Il bâtit des entrepôts et des ouvrages militaires. Parmi ceux-ci Beth-Horon la haute et Beth-Horon la basse (v. 5) nous rappellent l'extraordinaire victoire de Josué (ou plutôt de l'Ãternel) dans la descente qui sépare ces deux cités (Jos. 10:11). à présent tous les Cananéens, ayant par l'infidélité du peuple survécu au temps de la conquête, sont assujettis aux levées. Au contraire, en obéissance à la Parole (Lév. 25:42) les fils d'Israël ne sont pas soumis à ces travaux réservés aux esclaves. Le roi fait ainsi une différence bien nette entre ceux qui appartiennent et ceux qui n'appartiennent pas au peuple de Dieu, même quand il s'agit de sa propre femme (v. 11). Cette distinction existe encore aujourd'hui, ne l'oublions jamais.
Il est vrai que nous étions autrefois esclaves du péché (Rom. 6:20). Mais maintenant le Fils nous a affranchis; nous sommes libres (Jean 8:36). Libres «pour louer et pour faire le service... selon l'Åuvre de chaque jour» (v. 14). Mais pas libres de faire ce que nous voulons. «On ne sâécarta point du commandement du roi» (v. 15). Le v. 13 mentionne le commandement de Moïse et le v. 14 celui de David. La vraie liberté pour le chrétien consiste à faire par amour la volonté du Seigneur.
à côté de son caractère prophétique, la visite de la reine de Sheba illustre le chemin du pécheur qui vient au Sauveur. C'est l'occasion d'une parole pour celui de nos lecteurs qui n'aurait pas encore fait ce pas de la foi vers le Seigneur Jésus: Sachez que rien de ce qui vous est rapporté à Son sujet ne peut se comparer avec la connaissance personnelle que vous ferez de Lui. De sorte que nous vous dirons seulement, comme Philippe à Nathanaël: «Viens et vois» (Jean 1:47; comparer verset 6).
Et nous qui connaissons Jésus depuis déjà plus ou moins longtemps, savons-nous quel est le plus puissant témoignage que nous puissions Lui rendre? Montrons que nous sommes heureux! Autour de nous, beaucoup sans l'avouer soupirent après le vrai bonheur. Peuvent-ils constater que nous le possédons? Et que le secret de ce bonheur est notre relation personnelle avec le Seigneur? Notre part leur fait-elle envie, comme c'était le cas pour la reine par rapport aux serviteurs de Salomon? Si nous avons l'air triste, nous donnerons à penser que Jésus n'est pas en mesure de satisfaire notre cÅur et nous empêcherons les autres de venir, de voir... et de croire.
Remarquons quâil nây a pas de commune mesure entre ce que la reine avait apporté et ce quâelle reçoit: «tout son désir, tout ce quâelle demanda» (v. 12).
Gloire, richesses, sagesse, puissance, le règne du fils de David s'achève sur une vision magnifique! Non seulement la reine de Sheba, mais tous les rois de la terre viennent entendre la sagesse du grand Salomon, lui apporter leurs présents, et avant tout rechercher sa face (v. 23).
à combien plus forte raison en sera-t-il ainsi du Seigneur Jésus lors de son avènement! «Des rois verront et se lèveront, â des princes, et ils se prosterneront à cause de l'Ãternel qui est fidèle, du Saint d'Israël qui te choisira» (Ãsaïe 49:7; lire aussi Ãsaïe 11:10). Il est aussi écrit: «Tes yeux verront le roi dans sa beauté» (Ãsaïe 33:17). L'accomplissement de cette promesse sera pour Israël et pour les nations la suprême bénédiction. Mais Ses bienheureux rachetés seront les premiers à Le contempler. â Oui, voir le Seigneur! Cette pensée remplit-elle votre cÅur de joie... ou de crainte?... Ou encore vous laisse-t-elle indifférent?
L'histoire de Salomon est terminée. Mais où sont donc les graves péchés mis en évidence par le 1° Livre des Rois? Est-il possible vraiment que notre livre n'en fasse pas la moindre mention? En vérité la merveilleuse grâce les a tous effacés, afin de nous montrer à travers ce roi un plus grand que Salomon.
Israël s'est assemblé à Sichem autour du nouveau roi et lui demande: «Allège notre dur service...» Que conseillent les vieillards à Roboam? «Si tu es bon envers ce peuple, et si tu es affable...» (v. 7). Et dans 1 Rois 12:7: «Si tu deviens le serviteur de ce peuple et que tu le serves...» Tel est, même pour un roi, la seule façon de gagner ou de garder les affections d'autrui. Nos pensées se portent sur le Seigneur Jésus. Il est venu, non «pour être servi, mais pour servir» (Matt. 20, lire versets 26-28). Ses titres de gloire ne l'ont pas retenu dans Son chemin d'abaissement, d'amour et de dévouement. De sorte qu'Il s'est acquis maintenant tous les droits à l'obéissance des hommes (Phil. 2:6-11). à l'image de ce grand Modèle, ceux qui ont une position d'autorité doivent être les premiers dans le service. Car comment exiger l'obéissance et le dévouement quand soi-même on n'en donne pas l'exemple? Roboam a refusé de servir son peuple. Est-il étonnant qu'en retour les dix tribus refusent aussi de le servir? Son propre orgueil les a détournées du chemin de l'humble soumission. Et c'est la division! Jamais plus, jusqu'à l'avènement du Seigneur, le peuple ne retrouvera son unité véritable.
La division d'Israël en deux royaumes a été un jugement de Dieu. C'est donc peine perdue que de mettre en campagne 180.000 hommes d'élite pour renverser la situation. Roboam, averti par l'homme de Dieu, renonce à son entreprise. Il consacre ses forces à bâtir des villes pour assurer la protection et le ravitaillement de son petit royaume.
De son côté Jéroboam n'est pas inactif non plus; hélas dans un tout autre sens! De crainte de perdre son influence en laissant ses sujets monter aux fêtes de Jérusalem, il établit un culte national idolâtre, abominable aux yeux de Dieu. Alors les sacrificateurs et les Lévites des dix tribus montrent leur attachement à l'Ãternel et à Ses ordonnances. Quittant le terrain souillé, ils vont s'établir en Juda, préférant abandonner tout ce qu'ils possèdent, plutôt que de rester associés à l'iniquité. Combien de chrétiens ont dû, et doivent encore, en faire autant par fidélité au Seigneur (voir 2 Tim. 2:19). Encouragés par l'exemple de ces Lévites, d'autres fidèles appartenant à ces dix tribus, sans cesser probablement d'habiter leurs villes, montent dorénavant à Jérusalem pour y sacrifier en obéissance à la Parole.
Trois courtes années! C'est ce qu'a duré la fidélité de Roboam et du peuple. Alors, comme autrefois sous les juges, Dieu va leur parler en suscitant contre eux des adversaires. L'offensive du Pharaon Shishak va permettre au roi et au peuple de comparer le service de l'Ãternel avec celui du roi d'Ãgypte (v. 8). Première constatation: Tandis que l'Ãternel enrichit Ses serviteurs, l'Ennemi dépouille ceux qu'il réduit en esclavage.
La parole de Shemahia le prophète a produit l'humiliation dans le cÅur des chefs d'Israël et du roi. Elle les conduit à dire: «L'Ãternel est juste». Reconnaître cette justice... même quand elle a dû sâexercer contre nous, est toujours un heureux signe (voir Luc 23:41). Cela permet à Dieu de Se révéler ensuite, non seulement comme un Dieu juste, mais aussi comme un Dieu miséricordieux, un Dieu Sauveur. Voyez comment Il souligne en grâce les «bonnes choses» qu'Il peut encore discerner dans le royaume de Juda. Malgré tout, dans l'ensemble, Roboam «fit le mal» (v. 14). Un mal aux racines lointaines, car sa mère, une Ammonite, avait été épousée par Salomon dès avant la mort de David (comparer 2 Chr. 9:30 et 2 Chr. 12:13).
Contrairement aux instructions de la Parole (Deut. 21:15-17), Roboam a établi comme son héritier et successeur Abija, le fils de sa femme préférée, Maaca (ou Micaïa â voir chapitre 11:20, 21), qui était d'ailleurs une idolâtre (chapitre 15:16). D'une telle infidélité ne pouvait résulter qu'un règne mauvais. Et pourtant la courte histoire de ce roi contient une belle page. Elle est omise dans les «Rois», mais notre livre de la grâce ne pouvait la passer sous silence. Il s'agit de la guerre qui éclate entre Abija et Jéroboam. Selon Luc 14:31, il était insensé de la part du roi de Juda d'entreprendre une guerre avec moitié moins de soldats que son adversaire. Mais Abija a pour lui des atouts qui compensent à ses yeux son infériorité numérique. Il les fait valoir dans le discours qu'il adresse à l'armée d'Israël. Du côté de Juda demeurent la dynastie de David, le vrai culte avec la sacrificature, ainsi que la présence de l'Ãternel. Abija prétend ne pas L'avoir abandonné (v. 10), preuve qu'il ne se connaît pas lui-même. Enfin il y avait, efficace entre toutes, une arme secrète et nous verrons demain le rôle décisif qu'elle va jouer: la trompette au son éclatant (v. 12).
La harangue d'Abija aux troupes d'Israël a été prononcée sur un ton de supériorité qui n'était pas de bon aloi. Il faut la manÅuvre d'encerclement de Jéroboam pour mettre à l'épreuve le roi de Juda et son armée. En un moment celle-ci se trouve prise à rebours, sur le point d'être écrasée. Mais une direction reste dégagée: le ciel. Les cris de détresse montent vers l'Ãternel; à présent toute prétention s'en est allée. Et la foi se montre. Elle se sert d'un instrument de guerre étrange,... mais bien connu dans l'histoire d'Israël: les trompettes (voir Josué 6:4; Juges 7:18). Arme irrésistible, parce que la foi qui s'en sert s'appuie sur la Parole divine et sur ses promesses toujours valables (lire Nombres 10:9). Eh bien, l'appel de la foi ne pouvait manquer d'être entendu! Le son éclatant a parlé au cÅur de Dieu du danger que couraient les siens. Et sans doute a-t-il aussi parlé solennellement au cÅur des hommes de Jéroboam en train de faire la guerre à leurs frères... et à l'Ãternel.
L'armée d'Israël est taillée en pièces et humiliée (v. 18), ayant fourni la preuve que ni la force (v. 3), ni la ruse (v. 13) ne pouvaient venir à bout de la confiance en Dieu.
Roi fidèle, Asa, fils et successeur d'Abija, purifie Juda de son idolâtrie. Notre livre insiste sur le repos et la tranquillité dont jouit le pays pendant la première partie de ce règne (vv. 1, 5, 6, 7). Ce repos, Asa le met à profit pour bâtir des citadelles et renforcer la défense de son territoire. Et il nous donne ainsi une leçon importante. Certaines périodes de notre vie correspondent à des temps de repos: Vacances, moments divers de loisirs ou de détente. Profitons-en pour fortifier nos âmes par la lecture de la Bible et pour nous affermir dans la vérité. «L'armure complète de Dieu» doit être revêtue à l'avance, «afin que, au mauvais jour, vous puissiez résister...» (Ãph. 6:12â¦).
Le mauvais jour, celui de l'offensive de Zérakh, trouve donc un Asa préparé. «Par-dessus tout», il dispose du «bouclier de la foi», autrement dit de la simple confiance en son Dieu. Elle brille dans sa belle prière du verset 11. Point de force de son côté, malgré ses 580.000 soldats. En face de lui un million d'adversaires. à vue humaine, conflit bien inégal! Mais il est toujours vrai que «quand je suis faible, alors je suis fort» (2 Cor. 12:10). Dieu répond à la foi d'Asa en lui donnant une victoire éclatante et un butin considérable.
Asa a été fidèle. Par le moyen d'Azaria, Dieu va encore l'encourager. Sa Parole n'est pas moins nécessaire après le combat qu'avant celui-ci. Car la tendance naturelle est alors de se relâcher. «Que vos mains ne soient pas lâches» recommande le prophète; ajoutant cette promesse: «Il y a une récompense pour ce que vous ferez». Ces paroles produisent leur effet. Asa, plein d'énergie, fait disparaître du pays les choses abominables et rétablit le service de l'autel. Zèle remarquable, qui entraîne à sa suite non seulement ceux de Juda et de Benjamin, mais «beaucoup d'Israélites» des autres tribus (v. 9)! Ainsi en sera-t-il du dévouement que nous montrerons pour le Seigneur. Il encouragera d'autres croyants, plus timides peut-être, à manifester leur foi. C'est une expérience que beaucoup ont faite, en particulier au service militaire. Quelqu'un l'a dit: Un cÅur sincèrement attaché au Seigneur, c'est ce qui parle à la conscience des autres (W. K.).
Asa comprend qu'il ne peut demander au peuple une complète purification si lui-même n'en donne pas l'exemple dans sa propre maison. Et il n'hésite pas à sévir contre Maaca, la reine mère, en lui ôtant sa couronne et en réduisant son idole en poussière et en cendre.
Le v. 11 distingue dans les Actes dâAsa «les premiers», agréables à Dieu, et «les derniers», hélas, bien différents.
Baësha, roi d'Israël, jaloux de voir beaucoup de ses sujets se rendre au pays de Juda (chapitre 15:9), construit une ville pour les en empêcher. Alors Asa, au lieu de regarder à l'Ãternel pour l'arrêter dans son entreprise, conclut une alliance profane avec la Syrie. Politique adroite en apparence, puisqu'elle commence par produire l'effet désiré! Mais Dieu ne juge pas ainsi et blâme le roi par le moyen d'un prophète. Son manque de confiance â et de mémoire (v. 8) â va le priver d'une victoire sur les Syriens. Irrité d'avoir laissé échapper une aussi bonne occasion et blessé dans son amour-propre, Asa emprisonne celui qui est devenu son ennemi en lui disant la vérité (Gal. 4:16). Dieu le discipline par une maladie douloureuse. En vain! Il continue à se confier dans les hommes plutôt qu'en Dieu et meurt tristement sans avoir appris cette dernière leçon. Trente-cinq années sur quarante, Asa avait marché avec Dieu. Il s'en est fallu de peu d'années quâil achevât bien sa course. Demandons au Seigneur de nous garder jusqu'à notre dernier jour (2 Tim. 1:12; 2 Tim. 4:18).
Nous retrouvons maintenant Josaphat, roi pieux, dont les livres des Rois nous ont déjà beaucoup parlé. Rappelons qu'à partir de la mort de Salomon, les «Chroniques» retracent l'histoire des rois de Juda, alors que dans le livre des Rois il était question de ceux d'Israël. Pourquoi alors la vie de Josaphat y tenait-elle autant de place? Parce qu'elle était malheureusement étroitement mêlée à celles d'Achab et de Joram, rois d'Israël! Mais notre chapitre 17 n'a que de bonnes choses à dire de ce roi. Il se fortifie (v. 1); il marche «dans les premières voies de David»... il recherche le Dieu de ses pères, marche dans ses commandements, prend courage..., ôte les idoles (vv. 1-6). Et non seulement il se sépare du mal comme l'a fait Asa son père, mais il fait le bien (vv. 7-11). Deux côtés inséparables de l'activité chrétienne! (Rom. 12:9; 1 Pierre 3:11).
Parmi les officiers supérieurs, Amasia s'était volontairement donné à l'Ãternel, comme un vrai Nazaréen (Nombre 6:1; voir aussi 2 Corinthiens 8:5). Il est possible â et c'est un appel adressé à chaque croyant â d'être consacré au Seigneur, tout en accomplissant fidèlement son métier ou sa tâche quotidienne. «Quoique vous fassiez, faites-le de cÅur, comme pour le Seigneur» enjoint Coloss. 3:23.
L'histoire de Josaphat se poursuit. Ce qui a fait tomber cet homme fidèle, ce sont ses fréquentations. Les relations mondaines, les échanges d'amabilités entre gens du même milieu social, ont été en piège à beaucoup de croyants (1 Cor. 15:33). Voyez pour Josaphat quelles en ont été les conséquences!
1° Il a été amené à conclure pour son fils une noble union en lui donnant comme femme une fille de la maison royale d'Israël qui n'est autre qu'Athalie! Brillant mariage sans doute aux yeux des hommes! En réalité point de départ d'une ruine immanquable de toute sa famille. â
2° Il renie son témoignage en se mettant au même niveau que le méchant roi d'Israël: «Moi je suis comme toi...» (v. 3). â
3° Enfin dans la crainte de déplaire à son royal ami, il se laisse entraîner dans la récupération périlleuse de Ramoth de Galaad.
En vérité méditons et retenons Galates 1:10. L'alliance que conclut Josaphat avec Israël, contre les Syriens, n'était pas meilleure que celle de son père Asa avec les Syriens, contre Israël. Elle finit par placer le malheureux roi dans une situation dramatique comme celle de Saül sur le mont Guilboa. Situation d'où Dieu seul, en réponse à son cri, peut le faire échapper par miracle! (voir Ps. 120:1).
Son alliance funeste avec Israël vaut à Josaphat un blâme sévère de la part de l'Ãternel. Jéhu pose au roi une question qui le sonde, en même temps qu'elle lui apprend ce que Dieu pense d'Achab: «Aides-tu au méchant, et aimes-tu ceux qui haïssent l'Ãternel?» (v. 2).
Chrétiens, n'oublions pas quel nom terrible la Parole donne à ceux qui aiment le monde: «Quiconque... voudra être ami du monde, se constitue ennemi de Dieu» (Jac. 4:4).
Jéhu n'a pas manqué de courage, car sous le règne d'Asa, une mission semblable avait valu la prison à son père Hanani (2 Chr. 16:7-10). Mais Josaphat écoute la répréhension. C'est le moyen de devenir «avisé», d'acquérir «du sens» (Prov. 13:18; Prov. 15:5, 32). Acceptons, nous aussi, les réprimandes et les observations qui peuvent nous être faites, puisqu'elles ont un aussi bienfaisant résultat.
Tandis que son père Asa n'avait pas été restauré, Josaphat, lui, peut reprendre après cette éclipse sa belle activité du 2 Chroniques 17. Non content cette fois d'envoyer des émissaires, il sort lui-même parmi le peuple. Et en vrai berger d'Israël, il s'occupe à le ramener à l'Ãternel (v. 4). Après quoi il établit des juges, auxquels il fait des recommandations pressantes.
Pas moins de trois adversaires s'avancent ensemble contre le petit royaume de Juda. Ce sont ses ennemis de toujours: Moab, Ammon et les Maonites qui faisaient partie d'Ãdom. Devant cette menace dâinvasion, Josaphat cherche l'Ãternel et proclame un jeûne. Le peuple s'assemble. Se référant à la prière de Salomon (2 Chr. 6:34, 35) le roi se tient devant la sainte Maison et invoque Celui qui a promis d'écouter et de faire droit (vv. 8, 9).
En additionnant les effectifs militaires dont disposait Josaphat (2 Chr. 17:14-18) on arrive au chiffre impressionnant de un million cent soixante mille soldats. Eh bien, il ne sera pratiquement pas question d'eux dans tout ce long chapitre! Josaphat a compris cette parole du Psaume 33: «Un roi n'est pas sauvé par la multitude de son armée, et l'homme puissant n'est pas délivré par sa grande force⦠Notre âme s'attend à l'Ãternel, il est notre aide et notre bouclier» (Ps. 33:16, 20). Ainsi le roi reconnaît à la fois son manque de force et son manque de sagesse (v. 12). Mais, ajoute-t-il, «nos yeux sont sur toi». Et, inversement, «les yeux de l'Ãternel parcourent toute la terre, afin qu'il se montre fort, en faveur de ceux qui sont d'un cÅur parfait envers lui» (2 Chr. 16:9).
La prière confiante de Josaphat reçoit une réponse immédiate et publique. Au nom de l'Ãternel, Jakhaziel rassure le peuple et son roi. Encouragements divins, dont la lecture a profité depuis lors à tant de croyants dans le danger! Comparons le verset 17 avec la parole qu'adresse Moïse à Israël au moment du passage de la mer Rouge: «Ne craignez point; tenez-vous là , et voyez la délivrance de l'Ãternel...» (Ex. 14:13).
Sans attendre que Dieu ait agi, Josaphat, avec tout le peuple, rend grâces et adore. Elle glorifie Dieu, la foi qui peut d'avance, non seulement mettre de côté toute inquiétude, mais aussi le remercier pour la réponse dont Il nous a donné l'entière certitude! C'est faire comme le divin Modèle. Prêt à ressusciter Lazare en vertu de la puissance de Dieu Son Père, Jésus commence par s'adresser à Lui: «Père â dit-Il â je te rends grâces de ce que tu m'as entendu» (Jean 11:41).
Combien est beau ce culte célébré dans la présence même des ennemis! (voir Ps. 23:5). Ceux qui louent sortent devant les troupes équipées. Et le chant de triomphe entonné soudain, donne pour ainsi dire le signal d'une victoire extraordinaire remportée sans frapper un seul coup.
Tandis que retentissait le cantique de la délivrance, les ennemis se sont entre-détruits! Il ne s'agit plus maintenant pour le peuple que de constater leur anéantissement et de s'emparer de l'abondant butin. Combien de fois Dieu n'a-t-il pas, de la même manière, fait disparaître de notre chemin des difficultés qui nous paraissaient insurmontables.
Puis le peuple s'assemble de nouveau pour célébrer l'Ãternel dans la vallée de Beraca â ou de la bénédiction (lire Ps. 107:21, 22).
Pensons au triomphe de la croix remporté par Jésus sans la moindre participation des croyants. Que leur reste-t-il à faire? à jouir des fruits de cette victoire. Et, le cÅur plein de reconnaissance, à la célébrer au milieu de la vallée terrestre, avant de le faire éternellement dans la sainte Cité (comparer verset 28).
Le dernier paragraphe revient en arrière sur le règne de Josaphat. Il rappelle qu'après sa désastreuse alliance militaire avec Achab, le roi de Juda en a conclu une autre, non moins fâcheuse, dans un but commercial avec son fils Achazia. Dieu en permet l'échec et nous apprend par la bouche d'Ãliézer, ce qu'il pense de ce genre d'association avec un mondain dans le but de s'enrichir.
Voici le livre des Chroniques qui paraît brusquement abandonner son caractère de livre de la grâce! Sauf exceptions justifiées par lâenchaînement des faits, il avait systématiquement couvert les fautes du peuple et de son roi, pour souligner au contraire tout le bien qui pouvait l'être. C'est une chose que nous devrions toujours faire, disons-le en passant! (lire 1 Pierre 4:8).
Or les pages que nous abordons contrastent bien tristement avec les «bonnes choses» que Dieu s'était plu à relever jusqu'ici (chapitre 12:12 et 19:3). Mais il n'est vraiment plus possible à partir de maintenant de couvrir la méchanceté de Joram et de ses successeurs. Ce roi, gendre d'Achab et de Jézabel, meurtrier et idolâtre, pousse lui-même Juda à adorer les faux dieux. Terrible état,... qui fait cependant ressortir lâincomparable patience de Dieu envers Son pauvre peuple! De sorte que la grâce va continuer à briller dans ce livre, d'autant plus magnifique que les ténèbres s'épaissiront sur le royaume de Juda. Elle surabondera à mesure qu'abondera le péché (Rom. 5:20).
Un écrit d'Ãlie parvient à Joram pour récapituler ses crimes et l'avertir du châtiment divin. Celui-ci ne manque pas de s'accomplir.
Triste chapitre! Achazia, conseillé par sa mère et par ceux de sa parenté du côté d'Achab, s'allie à Joram roi d'Israël et entreprend avec lui une nouvelle expédition contre les Syriens. Cette fatale association le conduit à sa «ruine complète» (v. 7). Il périt de mort violente.
Revenons maintenant en arrière: Les six frères de Joram ont été assassinés par lui (chapitre 21:4). Puis tous ses fils ont été mis à mort par les Arabes, à l'exception du plus jeune, Achazia (v. 1). Enfin, à la troisième génération, un nouveau massacre de la souche royale n'épargne encore une fois qu'un seul rejeton: Joas, un tout petit bébé. Comment expliquer ces exterminations successives? Par l'acharnement de Satan, s'efforçant d'interrompre la lignée de David qui devait mener jusqu'au Christ.
Et comment expliquer d'autre part qu'il subsiste, malgré tout, chaque fois un membre â unique, et le plus faible â mais tout de même un descendant de la famille royale? Par la fidèle grâce de Dieu! Il tient la promesse qu'Il a faite à David de lui conserver une lampe (2 Rois 8:19). Une lampe qui n'est plus alors qu'un bien faible lumignon (voir Matt. 12:20)!
Au milieu de la nuit morale qui règne en Juda, c'est comme si un phare venait concentrer son faisceau de lumière sur Joas, le précieux petit prince. Tous les conseils de Dieu reposent dorénavant sur ce faible enfant, le dernier «fils de David» (Ps. 89:29, 36).
Que d'analogies avec un autre temps, plus sombre encore, celui où Hérode occupera injustement le trône de Jérusalem! Le véritable roi des Juifs né à Bethléhem sera préservé, comme ici Joas, du massacre ordonné par l'usurpateur. Sa vie entière, Jésus restera caché sous l'humble «forme d'esclave» qu'Il a voulu revêtir. Et, maintenant encore, Il est caché aux yeux du monde, dans le ciel où seule la foi Le discerne et Le connaît. Nous avons en type dans ce chapitre le jour de Sa manifestation glorieuse. Comme ces Lévites et ces chefs du peuple, ceux qui aujourd'hui Le servent et L'attendent, Lui seront associés en ce jour. Ils paraîtront avec Lui en gloire (voir Col. 3:4; 1 Thess. 3:13). Quel privilège! Faire partie de cette escorte bienheureuse! Ãtre «avec le roi quand Il entrera et quand Il sortira» (v. 7). Puisque telle doit être notre part, chrétiens, tenons-nous déjà maintenant près de Lui par la foi, pendant qu'il est encore, pour peu de temps, invisible dans les cieux.
Le couronnement de Joas et son apparition publique ont déjoué tous les calculs de la méchante Athalie. De la même manière la résurrection du Seigneur Jésus a annulé les complots de l'Ennemi.
Lâusurpatrice est passée au fil de l'épée. Son châtiment subit préfigure celui de lâAntichrist lors de lâapparition du Seigneur. Cet «homme de péché» sera précipité vivant dans lâétang de feu en même temps que le chef de lâempire romain.
Toutefois, comme sa mère Jézabel, Athalie, cette femme exécrable, meurtrière de ses propres petits-enfants, nous fait en même temps penser à la fausse Ãglise, la grande chrétienté professante. Elle a voulu régner, sacrifiant pour cela les âmes dont elle était responsable. Quel est le jugement du Seigneur?: «Parce qu'elle dit dans son cÅur: Je suis assise en reine, et je ne suis point veuve, et je ne verrai point de deuil; â c'est pourquoi en un seul jour viendront ses plaies, mort, et deuil, et famine, et elle sera brûlée au feu; car le Seigneur Dieu qui l'a jugée est puissant!» (Apoc. 18:7, 8). La mort d'Athalie est suivie de celle de Matthan, sacrificateur de Baal, puis de l'introduction solennelle du règne de Joas.
Aussi longtemps que Jehoïada était là pour le diriger, tout donnait à penser que Joas compterait parmi les meilleurs rois. Mais la mort du souverain sacrificateur marque dans sa vie un tournant fatal. Comment l'expliquer? Au lieu de s'appuyer directement sur Dieu â ce qui est le propre de la foi â Joas se reposait sur son père adoptif. Et quand celui-ci est venu à lui manquer, du même coup sa fidélité s'est effondrée. Il n'avait pas de foi personnelle.
Ne vous y trompez pas, jeunes lecteurs qui avez des parents chrétiens: L'éducation, les bonnes habitudes, les plus heureuses dispositions, toutes ces choses ne sont pas la foi. Et la foi de vos parents n'est pas non plus votre foi. Eux partis, le Seigneur vous restera-t-Il?
Les chefs du peuple viennent et flattent Joas. «Alors le roi les écouta...» (v. 17; Prov. 29:12). Que fera-t-il sous leur influence? Des choses qui nous font frémir: Il ordonne le meurtre du fils de son bienfaiteur. Le Seigneur rappellera aux pharisiens hypocrites la mort de Zacharie (dont le nom signifie: celui dont l'Ãternel se souvient) au moment où ils seront sur le point de commettre un crime plus affreux encore (comp. Matt. 23:34, 35; voir aussi Matt. 21:33-39).
Amatsia succède à son père Joas. Dans l'ensemble il commence par faire ce qui est droit aux yeux de l'Ãternel. «Non pas toutefois d'un cÅur parfait», est-il ajouté! Un cÅur parfait ne signifie pas que le péché en soit absent, mais qu'il contient une volonté arrêtée de ne faire qu'une chose: plaire à Dieu en Lui obéissant (comparer ce mot en Phil. 3:15 avec le verset qui le précède). â Première faute: Amatsia monte en guerre contre Ãdom et engage cent mille mercenaires d'Israël pour renforcer son armée. Repris par un homme de Dieu, il se soumet et triomphe de ses ennemis. Mais ensuite quelle déchéance! Dans ce cÅur partagé d'Amatsia, les idoles des Ãdomites trouvent une place à occuper (voir v. 14). Et, comme il n'est pas possible de servir à la fois Dieu et Mammon (Matt. 6:24; Luc 16:13), dès ce moment l'Ãternel disparaît de sa pensée. Amatsia s'en est détourné (v. 27). Si Jésus ne remplit pas tout notre cÅur, l'Ennemi saura que mettre dans la place restée vide.
Ayant essuyé une défaite cuisante devant le roi d'Israël, le pauvre Amatsia vit quinze années encore, après quoi il est mis à mort sans avoir manifesté aucun signe de repentance.
Le roi Ozias nous est présenté comme un homme dâune ouverture dâesprit exceptionnelle. Son règne particulièrement long (cinquante-deux ans) est rempli d'une activité remarquable. Le roi veille à ce que son peuple ne manque de rien: Puits, bétail, labours, vignobles; le tout accompagné d'une forte protection militaire. Bref, il assure à son royaume à la fois prospérité et sécurité. N'est-ce pas vers ces deux buts que tendent tous les efforts des hommes? Et à quoi cela les conduit-il en général? Est-ce à être reconnaissants envers Dieu? à employer leurs biens pour le service du Seigneur? Hélas, plutôt à s'en attribuer le mérite, à se confier dans les choses acquises, et à en jouir d'une manière égoïste! Ces mêmes dangers menacent un croyant qui est matériellement à son aise. Il risque beaucoup de s'appuyer sur ses propres ressources, de se sentir fort. Du même coup, il cesse de compter sur l'aide merveilleuse de Dieu (v. 15) et en perd le bénéfice. Dans ces conditions, une chute ne saurait tarder.
Ozias avait tout préparé pour résister à un assaut extérieur. Mais il avait négligé de veiller sur le front intérieur, autrement dit sur son propre cÅur.
Cinq rois: Asa, Josaphat, Joas, Amatsia, Ozias! Cinq histoires qui ont entre elles une tragique ressemblance! Cinq fois, après un heureux début de règne, un piège différent a entraîné une chute fatale.
Retenons bien le nom de chacun de ces pièges. Car l'Ennemi rusé n'a pas cessé de les employer pour faire broncher les enfants de Dieu. Pour Asa, il s'agissait de l'appui du monde. Pour Josaphat: de son alliance et de son amitié. Joas est tombé à cause de ses flatteries, tandis qu'Amatsia sâest détourné après ses idoles. Enfin nous voyons ici l'orgueil spirituel (1 Jean 2:16), faire trébucher Ozias.
Le nom de ce roi signifie «force de Dieu»; le moment vint où il puisa sa force en lui-même et ce fut sa perte (v. 16). Face aux sacrificateurs qu'il a l'audace de vouloir remplacer dans leurs saintes fonctions, le roi est frappé solennellement devant tous, par la main de l'Ãternel (Prov. 16:18). L'orgueil est au fond de chacun de nos cÅurs bien avant de faire son apparition extérieure comme une lèpre sur notre front. Si nous le jugeons immédiatement, Dieu ne sera pas contraint de le faire en nous infligeant peut-être une humiliation publique.
De Jotham, fils et successeur d'Ozias, ce court chapitre n'a que de bonnes choses à dire. Bien que lui aussi soit devenu fort (v. 6), il a su tirer instruction de la terrible leçon reçue par son père, comme le souligne le verset 2. C'est un signe de sagesse! Si nous savons nous laisser enseigner par l'expérience dâautrui, nous éviterons d'avoir à passer personnellement par la même école douloureuse. Jotham triomphe des fils d'Ammon. Quel est son secret? Retenons-le si nous désirons, nous aussi, acquérir cette force divine: «Il régla ses voies devant l'Ãternel son Dieu» (v. 6; dâaprès la note: disposa, ou établit). Régler ses voies, c'est accorder sa marche avec les instructions de la Parole, câest les disposer devant Dieu comme pour solliciter son approbation. «Pèse le chemin de tes pieds, et que toutes tes voies soient bien réglées. N'incline ni à droite ni à gauche; éloigne ton pied du mal» (Prov. 4:26, 27).
Malheureusement, nous ne voyons pas le peuple suivre l'exemple de ce roi fidèle! Il se corrompait encore (v. 2). Le temps de Jotham ne correspond donc pas à un réveil comme ceux que l'Esprit de Dieu produira sous les règnes d'Ãzéchias et de Josias.
En contraste avec Jotham dont il n'a été rapporté que du bien, pas un mot ne peut être dit en faveur de son fils, le misérable Achaz. Affreux règne, où rien ne manque de ce qui peut outrager l'Ãternel! Dans quel état est tombé le peuple de Juda! Dieu emploie successivement pour son châtiment le roi de Syrie et celui d'Israël. Ce dernier tue en un jour cent vingt mille hommes et s'empare de deux cent mille captifs. Mais la leçon, comme vient le déclarer le prophète Oded, est pour le vainqueur tout autant que pour le vaincu. Et nâest-elle pas aussi pour nous? Avant de nous occuper des autres pour les juger, demandons-nous si nous n'avons pas, ne concernant que nous, des péchés contre notre Dieu (v. 10; Matt 7:2-4)? Oded a parlé dans ce sens aux hommes d'Israël. Quatre d'entre eux, cités par leur nom, sont profondément touchés et intercèdent en faveur des pauvres captifs. Puis, non contents d'avoir obtenu leur délivrance, ils multiplient les soins envers eux et les reconduisent en Juda. Ils mettent en pratique Romains 12:20, 21. Bel exemple d'amour et de dévouement! Ne nous fait-il pas penser à la manière dont agit le Samaritain de la parabole (Luc 10:33, 34)?
Insensible à la grâce qui lui avait rendu les captifs de son peuple, Achaz s'enfonce toujours plus dans le mal. Il cherche à présent du secours auprès du roi d'Assyrie. Or il est écrit: «Maudit l'homme qui se confie en l'homme et qui fait de la chair son bras» (Jér. 17:5). Malgré les richesses qu'il donne à Tilgath-Pilnéser en dépouillant le Temple, ce dernier roi ne lui est d'aucune aide (v. 21). Alors l'impie Achaz ajoute encore à son péché. Cette aide que les hommes ne lui donnent pas, il la recherche auprès des idoles, autrement dit des démons (1 Cor. 10:20)! Or, non seulement il ne l'obtient évidemment pas, mais ce qu'il fait est le signal de sa ruine.
En même temps, pour combler la mesure, Achaz ferme les portes du Temple, comme on fait quand une maison est en vente ou abandonnée. Il interdit l'accès au saint sanctuaire après l'avoir rempli de souillure et d'impuretés (2 Chr. 29:5, 16). Or la déclaration de la Parole est formelle: «Si quelqu'un corrompt le temple de Dieu, Dieu le détruira» (1 Cor. 3:17). Oui, la mesure est comble! Achaz meurt et n'est même pas jugé digne de partager le tombeau de ses ancêtres.
Bien que les Chroniques n'en fassent pas mention, nous sommes arrivés au moment où l'Ãternel vient de transporter les dix tribus d'Israël en captivité par le moyen du roi d'Assyrie. Achaz a donné à Dieu toutes les raisons d'en faire autant avec le royaume de Juda. Mais la grâce a encore une ressource que rien ne laissait prévoir. Cette ressource, c'est un roi fidèle: Ãzéchias. La providence de Dieu l'a fait échapper aux affreux sacrifices dâenfants à Moloc dont ses frères ont été victimes (2 Chr. 28:3; 2 Rois 23:10). Câest «un tison sauvé du feu» (Zach. 3:2).
On sent combien ce jeune homme a dû souffrir sous le règne infâme de son père. En effet, à peine sur le trône, sans perdre un seul jour, il entreprend avec l'aide des sacrificateurs et des Lévites désignés par leurs noms, l'Åuvre de la purification. Elle débute le premier jour du premier mois de la première année (vv. 3 et 17)! Chers amis, si vous ne l'avez pas encore fait, commencez sans retard la mise en ordre de votre cÅur. Ouvrez toutes grandes ses portes à Celui qui veut y pénétrer. Jetez dehors la souillure tolérée sous le règne précédent du prince des ténèbres. Sanctifiez ce cÅur pour Jésus Christ. Il veut y faire sa demeure dès aujourd'hui et pour toujours.
Il n'avait pas fallu moins de seize jours aux quatorze Lévites et à leurs frères pour procéder au complet nettoyage de la maison de l'Ãternel et à sa remise en ordre. Mais il ne suffit pas qu'elle soit «vide, balayée et ornée» (Matt. 12:44). Le culte de l'Ãternel doit y être maintenant rétabli. à peine réalisée la sanctification du sanctuaire, Ãzéchias de nouveau ne tarde pas un instant. Il se lève de bonne heure pour offrir les sacrifices avec les chefs de la ville et les sacrificateurs (toutefois sans prendre comme Ozias la place de ceux-ci).
Remarquez que l'holocauste et le sacrifice pour le péché sont pour tout Israël. Ne l'oublions jamais: les croyants qui se souviennent du Seigneur autour de Sa table ne sont qu'une faible «expression» de tout le peuple de Dieu. Le pain et la coupe rappellent le sacrifice offert, non seulement pour le petit nombre de ceux qui sont présents, mais pour la multitude des rachetés composant l'Ãglise universelle.
Enfin le cantique accompagne l'holocauste. Il ne pouvait le précéder. Pas de louange, pas de joie possible avant l'Åuvre de Golgotha. Mais, maintenant qu'elle est accomplie une fois pour toutes, le service des vrais adorateurs peut commencer... et il ne finira jamais (Ps. 84:4).
Le cÅur intelligent d'Ãzéchias comprend qu'il faut maintenant rétablir la Pâque. Elle aura lieu au second mois comme l'autorise Nombres 9:11. Le cÅur large d'Ãzéchias embrasse tout Israël, où il envoie des messagers... de même que le Seigneur aujourd'hui fait publier partout lâinvitation de Sa grâce. Trouve-t-il en vous et en moi des serviteurs quâIl peut charger du précieux message? Que contient celui-ci?:
1° «Retournez à l'Ãternel»: c'est la repentance. â
2° «Donnez la main à l'Ãternel». C'est la foi. â
3°«Venez à Son sanctuaire»: Cherchez le lieu de Sa présence. â
4° «Servez l'Ãternel» â Enfin
5°: Sachez qu'Il fait grâce et qu'Il est miséricordieux (v. 9).
Un tel message rencontre bien des moqueries: Incrédulité, indifférence, tel est lâaccueil que le grand nombre réserve aux appels de la grâce. Néanmoins il valait la peine de les faire entendre puisque quelques-uns sâhumilient et viennent à Jérusalem où se rassemble une grande congrégation.
Elle y continue la purification commencée par les Lévites. Les autels qu'Achaz s'était faits «dans tous les coins de Jérusalem» (2 Chr. 28:24) vont rejoindre les impuretés du temple au fond du torrent du Cédron (2 Chr. 29:16).
Comme le roi de la parabole, Ãzéchias a fait proclamer par tout le pays l'invitation de la grâce: «Voici, j'ai apprêté mon dîner;... tout est prêt: venez...» (Matt. 22:4). Beaucoup n'en ont pas tenu compte. Et parmi ceux qui sont venus, une grande partie ne s'est pas sanctifiée (v. 17). Que faire? Faut-il les renvoyer chez eux? Non pas! De même que les conviés du grand festin reçoivent du roi une robe de noce, la grâce de Dieu s'occupe de purifier ces Israélites, afin de les rendre propres pour Sa présence sainte. Et cette purification s'accomplit précisément par le moyen de la Pâque qu'ils sont venus célébrer. Le sang des victimes égorgées pourvoit à leur sanctification.
Nous pensons au sang de Jésus, le saint Agneau de Dieu. Il purifie de tout péché (1 Jean 1:7).
Quant aux faibles et aux ignorants, Ãzéchias, type de Christ, intercède en leur faveur auprès du Dieu qui pardonne.
La fête des pains sans levain vient ensuite. Elle parle de sanctification pratique. Une grande joie l'accompagne, preuve que la séparation pour Dieu nâest nullement synonyme de tristesse. Et la prière des porte-parole du peuple atteint son but: elle parvient à la demeure sainte de lâÃternel dans les cieux.
Les Israélites qui ont répondu à l'appel d'Ãzéchias ont fait l'expérience de la présence de l'Ãternel et de la joie qu'elle procure. Ils s'en vont maintenant, remplis de zèle, à travers le pays, détruisant toute trace de la religion des idoles. Ayant personnellement éprouvé la valeur du vrai culte d'Israël, ils mesurent à présent combien ils s'en étaient écartés précédemment.
Vérité de grande importance! Pour être capable de juger le mal, il faut avoir d'abord rencontré le Seigneur. C'est peine perdue que d'exhorter simplement quelqu'un à rejeter le monde et ses idoles. Commençons par le conduire à Jésus; des fruits en résulteront. Telle est la leçon que nous donne ici Ãzéchias.
La bienfaisance ne se sépare pas des autres sacrifices (voir Héb. 13:15, 16). Les prémices et les dîmes sont amoncelées à l'occasion des deux grandes fêtes annuelles qui venaient après la Pâque: la Pentecôte au 3e mois, et les Tabernacles au 7e (v. 7). Le roi prend sur ses propres biens ce qu'il faut pour les holocaustes. Et le peuple l'imite, comme déjà il l'avait imité pour détruire les faux dieux. La force de lâexemple est plus grande que celle des paroles. Ne lâoublions pas en ce qui nous concerne (voir 2 Thess. 3:7-9).
Le roi interroge les sacrificateurs et les Lévites au sujet des «monceaux». De la même façon le Seigneur prend connaissance de tout ce que nous donnons (ou ne donnons pas) pour Lui. Ce sera toujours peu de chose: «cinq pains d'orge et deux poissons», mais Lui saura en faire une grande abondance. Et il y en aura de reste après que chacun aura été rassasié (v. 10; voir Jean 6:12 et aussi Mal. 3:10). Rien de ce que Dieu nous donne ne doit être perdu ni gaspillé.
Des intendants et des administrateurs sont désignés. Leurs fonctions consistent pour les uns à veiller sur les provisions, pour les autres à «faire les distributions avec fidélité à leurs frères» (v. 15). «Au reste â dit l'apôtre â ce qui est requis dans des administrateurs, c'est qu'un homme soit trouvé fidèle» (1 Cor. 4:2). Lui-même en était un exemple quand il allait personnellement à Jérusalem apporter le produit d'une collecte (Rom. 15:25, 26; 1 Cor. 16:3, 4). Mais cette fidélité n'est pas moins nécessaire quand il s'agit de la nourriture spirituelle du peuple de Dieu.
Ãzéchias a fait ce qui est bon et droit et vrai. Il a agi de tout son cÅur. Beau résumé de son activité. Puisse le Seigneur en dire autant de chacun de nous à la fin de notre carrière!
On pouvait s'y attendre: «Ces choses et cette fidélité», agréables à Dieu, étaient au contraire insupportables au grand Ennemi. Elles n'ont pas manqué de l'exciter contre Israël et contre son roi. La joie que nous pouvons goûter dans le Seigneur ne doit pas nous faire oublier la présence de cet adversaire qui rôde autour de nous comme un lion rugissant, cherchant qui il pourra dévorer (1 Pierre 5:8). Satan va donc passer à l'attaque. Il pousse contre Jérusalem le puissant roi d'Assyrie, lequel commence par adresser au peuple un discours menaçant et perfide: Ãzéchias â leur dit-il â vous livre à la mort par la faim et par la soif (v. 11). Pur mensonge! Les chambres du sanctuaire n'étaient-elles pas abondamment garnies de vivres, mises en réserve au jour de l'abondance (2 Chr. 31:10-11)? Et, grâce à l'aqueduc que le roi venait de construire (comparer vv. 4 et 2 Rois 18:17; 2 Rois 20:20), l'eau fraîche jaillissait dans l'intérieur même de la ville.
Ainsi parle encore aujourd'hui le Menteur. à l'entendre, rester auprès de Jésus c'est s'exposer à la disette et aux privations. Mais nous savons que c'est tout le contraire! Christ est le pain de vie (Jean 6:48, 51) et il est la source des eaux vives (Jean 7:37), alors qu'au dehors règne la soif (v. 4).
Dans le 2e livre des Rois (2 Rois 18 et 19) nous avons lu tout au long les propos outrageux du Rab-Shaké, suivis de la lettre du roi d'Assyrie. Comment Ãzéchias va-t-il répondre? Par la prière! Ãsaïe et lui, les deux ensemble, crient à Dieu à ce sujet. C'est la plus réduite des réunions de prière. Mais le Seigneur la prévoit et elle a un pouvoir irrésistible conformément à Sa promesse: «Si deux d'entre vous sont d'accord⦠pour une chose quelconque, quelle que soit la chose qu'ils demanderont, elle sera faite pour eux par mon Père qui est dans les cieux» (Matt. 18:19). D'un côté: deux hommes en prière; de l'autre: une armée formidable. La victoire est avec les premiers; la multitude des assaillants est écrasée sans même savoir comment! Son chef suprême s'en retourne, «la honte au visage», pour périr à son tour, assassiné par ses deux fils.
Après le roi d'Assyrie, voici le roi des terreurs: la Mort (Job 18:14), ennemi plus effrayant encore, qui se présente pour engloutir Ãzéchias. Mais, contre elle aussi, sa prière est souveraine, et Dieu le délivre à nouveau.
Hélas! cet heureux règne ne s'achèvera pas sans une éclipse: une grave défaillance due à l'orgueil, que suit l'humiliation et la restauration.
Le règne de Manassé bat un double record: celui de la longueur (cinquante-cinq ans) et celui de la méchanceté. Qu'est-ce qui explique cette durée exceptionnelle, alors que justement l'iniquité était particulièrement insupportable aux regards de l'Ãternel? Nous le comprenons avec émerveillement: C'est la patience de la grâce. N'oublions pas que celle-ci caractérise d'un bout à l'autre ces deux livres des Chroniques.
Après avoir parlé à Manassé et à son peuple â mais ils nây firent pas attention (v. 10), lâÃternel emploie le langage des chaînes et de la captivité, et celui-ci est enfin écouté. L'exemple de Manassé nous apprend qu'il n'y a pas de si grand pécheur dont Dieu ne puisse changer le cÅur. Et ce récit est, de toute l'Ãcriture, un des plus encourageants. Ne pensons jamais qu'une personne est trop enfoncée dans le mal pour être sauvée.
C'est aussi l'histoire prophétique d'Israël que nous avons en raccourci dans le règne impie de Manassé. Le nom de ce roi signifie «oubli» et nous rappelle la déclaration de l'Ãternel: «Mon peuple m'a oublié pendant des jours sans nombre» (Jér. 2:32). Lâexil actuel d'Israël sous le joug des nations a été la conséquence de cet abandon; mais sera également, comme pour Manassé, le moyen de réveiller enfin sa conscience et son cÅur.
Non seulement la grâce de Dieu s'est laissée fléchir par la supplication de Manassé, mais elle lui a encore donné l'occasion de réparer dans une certaine mesure le mal qu'il avait précédemment commis. En effet, il y a des conversions qui n'ont lieu que sur le lit de mort. Et s'il est alors encore temps pour que l'âme soit sauvée, il est par contre trop tard pour servir le Seigneur ici-bas. Perte irréparable pour l'éternité! (2 Cor. 5:10; 1 Cor. 3:15).
Une conversion se prouve par des fruits. Tout Juda est témoin de celle de Manassé. Les faux dieux, qu'il avait tant servis, sont rejetés; le culte de l'Ãternel remplace celui des idoles. C'est bien là la marque d'une véritable conversion (1 Thess. 1:9). Ce mot signifie un retournement, un changement complet de direction. Jésus devient le but de la vie et toute l'énergie, mise jusque-là à servir le monde et le péché, est remplacée par le dévouement au Seigneur.
Amon n'a tiré aucun profit de l'exemple de son père (Jér. 8:12). L'humiliation ne se produit pas dans son cÅur. Aussi passe-t-il «comme la fleur de l'herbe»; selon l'expression du prophète: «Le souffle de l'Ãternel a soufflé dessus» (Ãsaïe 40:6, 7).
Josias signifie: «Celui dont Dieu prend soin». Nous aurions tous le droit de porter ce beau nom. Accompagné depuis sa naissance de ces soins de l'Ãternel, c'est à l'âge de seize ans que Josias commence à Le rechercher. Il entreprend alors la grande Åuvre de réveil considérée en 2 Rois 22 et 23.
Seize ans est peut-être l'âge de quelques-uns de nos lecteurs. Ce ne sont plus des enfants; la vie s'ouvre devant eux avec toutes ses possibilités. La jeunesse est un capital précieux que Dieu leur donne. Comment vont-ils l'employer? Certains la gaspillent follement... et en récoltent plus tard les fruits amers. D'autres, plus prudents à vue humaine, la consacrent à se préparer dans la vie une place avantageuse. D'autres enfin, les plus sages de tous, font comme Josias. Ils recherchent d'abord le Seigneur, puis mettent tout en accord avec Sa volonté (voir Matt. 6:33).
La loi a été retrouvée dans le temple au cours des travaux. Josias en fait profiter l'ensemble du peuple, mais il doit lâobliger à servir l'Ãternel (v. 33). C'est mauvais signe! L'obéissance au Seigneur ne devrait-elle pas toujours découler de notre amour pour Lui? «Ces paroles que je te commande aujourdâhui seront sur ton cÅur» disait Moïse au moment où il leur donnait ce livre (Deut. 6:6).
La célébration de la Pâque par Josias et le peuple occupe ici près d'un chapitre, tandis que le 2e Livre des Rois ne lui consacrait que trois versets (2 Rois 23:21-23). Elle est la conséquence du retour à la Parole auquel nous avons assisté au chapitre précédent. La Pâque était pour Israël la toute première institution divine. L'Ãternel la lui avait donnée dès avant la sortie d'Ãgypte. Elle correspondait au souvenir de sa grande délivrance. Pour les enfants de Dieu un tel «mémorial» existe aussi (1 Cor. 11:24, 25). Autour de la Table du Seigneur, chaque premier jour de la semaine, les rachetés se souviennent de leur grand salut et de Celui qui l'a accompli. Qu'est-ce qui caractérise cette Pâque, comme aussi le culte chrétien? D'abord la présence de l'arche: Christ (v. 3). Puis nécessairement la sainteté: L'arche étant sainte, il faut que les Lévites se sanctifient afin d'être propres pour cette présence. Enfin la raison même de la fête était l'offrande des sacrifices. Ils nous rappellent celui que chaque croyant est invité à offrir, non seulement le dimanche, mais sans cesse à Dieu: «Un sacrifice de louanges, c'est-à -dire le fruit des lèvres qui confessent son nom» (Héb. 13:15).
La page est sur le point d'être tournée. Les règnes affreux de Manassé et d'Amon ont conduit l'Ãternel à prendre à l'égard de Juda une décision irrévocable. Mais combien il est beau de voir la grâce produire encore dans cette période finale un réveil comme celui de Josias!
Le jugement du monde actuel est lui aussi à la porte. Tout nous le montre. Cependant, même en des temps comme ceux-ci, l'Esprit de Dieu se plaît à susciter ici et là des réveils. Et Son désir est d'en produire un d'abord dans chacun de nos cÅurs.
Voyez cette Pâque qui rappelle les jours d'autrefois; non seulement ceux de Salomon et de David, mais les anciens temps de Samuel! Tout y est bien réglé; chacun est à sa place; l'amour fraternel s'exerce. Scène qui brille d'autant plus qu'elle se trouve intercalée entre les règnes impies des rois précédents et la décadence finale qui va suivre!
La fin de Josias n'est pas à la hauteur du reste de sa carrière. De même qu'Ãzéchias, il trébuche dans ses relations avec les puissances politiques de son temps. Malgré un avertissement qui venait de Dieu Lui-même, il sâoppose au Pharaon et trouve la mort dans une bataille qu'il n'aurait pas dû livrer.
Dans son ensemble le peuple de Juda n'avait pas suivi l'exemple de Josias. Bien des signes le montraient. L'obéissance à la loi lui avait été imposée. Au moment de la Pâque, il avait été loin de montrer la même joie et la même spontanéité que lors de la Pâque d'Ãzéchias. C'était le roi et les chefs qui avaient dû fournir les sacrifices (2 Chr. 35:7-9). Maintenant que le fidèle Josias a été retiré, que le juste a été «recueilli de devant le mal» (Ãsaïe 57:1), rien n'empêche plus l'Ãternel d'exécuter Son jugement contre Juda. Alors les événements se précipitent: Quatre souverains se succèdent: Joakhaz, Jehoïakim, Jehoïakin et Sédécias; l'un plus mauvais que l'autre. Leur esprit de révolte a été pour l'Ãgypte d'abord, pour Babylone ensuite, l'occasion d'intervenir dans les affaires du petit royaume. Lâadversaire et lâennemi entrent dans les portes de Jérusalem (Lam. 4:12) et à trois reprises vont avoir lieu des transportations partielles à Babylone, les objets du Temple subissant le même sort que les personnes. Les versets 14 et suivants soulignent que les chefs des sacrificateurs et le peuple partagent la responsabilité de leurs rois dans le jugement qui les atteint.
Livres de la grâce, les «Chroniques» sont pourtant obligés de conclure: «Il n'y eut plus de remède», car lorsque la grâce est méprisée, il ne reste plus place quâà «une certaine attente terrible de jugement» (Héb. 10:27). La parole du verset 15: «Il avait compassion de son peuple», devient au verset 17: «Il n'eut pas compassion...»
De la même manière Celui qui était «ému de compassion» envers les foules... devra prononcer peu après une sentence sans appel contre les villes d'où venaient ces foules: «Malheur à toi, Chorazin! malheur à toi, Bethsaïda!... Et toi, Capernaüm...» (Matt. 9:36; Matt. 11:21, 23). Malgré cela nous trouvons encore ici la miséricorde divine. Les «Chroniques», contrairement aux «Rois», passent très rapidement sur cette triste période finale. Et ces livres ne se terminent pas sur la transportation elle-même, mais sur l'édit de Cyrus qui y a mis fin soixante-dix ans plus tard! L'insondable grâce de Dieu a ainsi tout de même le dernier mot.
Nous le voyons, ces événements ne nous sont pas racontés comme le feraient nos manuels d'Histoire. Dieu ne nous rapporte pas des faits simplement pour intéresser notre esprit et meubler notre mémoire. Son intention est de parler à notre conscience et de toucher notre cÅur. A-t-il atteint ce but en s'adressant à vous?
Par Jérémie, l'Ãternel avait fixé d'avance à 70 années la durée de la captivité à Babylone. Ceux qui, comme Daniel, sondaient les Ãcritures avaient donc eu la possibilité d'en connaître la fin prochaine (Daniel 9:2). Les 70 ans sont comptés de la 1° année de Nebucadnetsar, le responsable de la transportation, à la 1° de Cyrus, celui qui y a mis fin (Jér. 25:1, 11). Environ deux siècles plus tôt l'Ãternel avait déjà désigné ce dernier roi par son nom (Ãsaïe 44:28 et 45:1). Sans nul doute, Cyrus a eu connaissance de cette prophétie car il est conscient d'être l'instrument choisi par Dieu pour le rétablissement de Son culte.
En même temps, l'Ãternel «réveille l'esprit» d'un certain nombre de Juifs captifs; d'entre ceux qui se souvenaient en pleurant de Jérusalem et qui l'avaient mise «au-dessus de la première de leurs joies» (voir Ps. 137:1, 5, 6). Amis chrétiens, nous sommes aussi «sur un sol étranger». Aspirons-nous aux joies de la sainte Cité? Notre esprit a-t-il été «réveillé» pour attendre le Seigneur Jésus? Lui est le grand Roi, Centre de la prophétie, à qui Dieu donnera bientôt tous les royaumes de la terre (v. 2) afin qu'il rétablisse Sa louange et Sa gloire.
La route de Jérusalem est ouverte. Quels sont ceux qui vont en profiter? Un peu moins de 50.000 personnes d'entre les diverses classes du peuple. Et de plus, parmi ce faible résidu, un certain nombre n'est pas en mesure de prouver qu'ils font bien partie d'Israël. Même des sacrificateurs ont été négligents, ce qui va les empêcher d'exercer leurs saintes fonctions. Or, beaucoup de chrétiens sont comme ces Israélites! Ils ne peuvent affirmer avec certitude qu'ils sont des enfants de Dieu. Si câétait le cas dâun de nos lecteurs, quâil se reporte à son «inscription généalogique» (v. 62). Il la trouvera dans sa Bible. Quâil sâappuie fermement sur des passages comme Jean 1:12; Jean 5:24; 1 Jean 5:1, 13. Tant d'âmes incertaines ont trouvé dans ces versets, et dans d'autres, la preuve indiscutable qu'elles appartenaient à la famille de Dieu!
Dieu a les yeux sur ce résidu sans force. Il l'a compté avec soin et va veiller tendrement sur lui. Non seulement à cause de Sa miséricorde, mais aussi parce qu'il a une grande pensée par-devers Lui: C'est aux descendants de ces Juifs rentrés dans leur pays que doit être présenté, après quatorze générations, le Christ, le Messie d'Israël (Matt. 1:17).
Le Psaume 137 nous montre les captifs de Juda auprès des fleuves de Babylone, incapables de chanter à cause de leur tristesse. Mais maintenant c'est le Psaume 126 qu'ils réalisent: «Quand l'Ãternel rétablit les captifs de Sion, nous étions comme ceux qui songent. Alors notre bouche fut remplie de rire, et notre langue de chants de joie... L'Ãternel a fait de grandes choses pour nous; nous en avons été réjouis» (Ps. 126:1-3). N'est-ce pas d'ailleurs un ordre divin? (Ãsaïe 48:20). Ils célèbrent les «Tabernacles», fête de la joie (au verset 11 nous les voyons aussi chanter). Et leur première pensée est pour l'autel de l'Ãternel qu'ils édifient «sur son emplacement». Leur motif est remarquable: «Car la terreur des peuples... était sur eux» (v. 3). La crainte les pousse, non à organiser leur protection, mais à se serrer autour de l'Ãternel qui, Lui, les défendra.
Puis les fondements de la nouvelle maison sont posés. Cela donne lieu à une touchante cérémonie où joie et pleurs sont également de saison (voir Jér. 33:10, 11). Quel contraste avec le premier temple! Le même contraste existe entre les débuts de l'Ãglise selon le livre des Actes, et le faible témoignage collectif que les croyants peuvent rendre au milieu de la ruine actuelle.
La prise de position des hommes de Juda n'a pas été sans attirer l'attention des peuples environnants. Les voici qui viennent avec une offre séduisante. «Nous bâtirons avec vous, car nous recherchons votre Dieu comme vous...» (v. 2). N'était-ce pas vraiment aimable de leur part? Le travail avancerait beaucoup plus vite. Et un refus risquait de blesser ces gens. Mais les chefs des Juifs ne sont pas dupes. Ils déclinent fermement la proposition; tandis qu'à un piège semblable Josué et les princes s'étaient jadis laissés prendre (Jos. 9). Pour travailler à l'Åuvre de Dieu, il faut nécessairement appartenir au peuple de Dieu. Contrairement à ce que suggérerait un faux amour ou tout simplement le désir de ne faire de peine à personne, ne craignons pas de maintenir une séparation bien nette d'avec les milieux religieux dont les principes sont mélangés.
La suite révèle qui étaient ces aides bénévoles: Des ennemis! Leur ruse n'ayant pas réussi, ils découvrent leur jeu et ont recours aux menaces. Puis, changeant encore de tactique, ils adressent une lettre accusatrice à Artaxerxès, le nouveau chef de l'Empire.
Pour faire cesser le travail des fils de Juda, leurs ennemis ont successivement employé la ruse (v. 2), l'intimidation (vv. 4, 5) et les accusations (vv. 6-16). Maintenant qu'ils ont obtenu du roi lâappui souhaité, ils ont recours à une nouvelle arme: la violence. Ils se rendent en hâte auprès des Juifs pour les contraindre «par force et par puissance» de cesser leur travail. Mais la vraie cause de l'arrêt de l'ouvrage est différente. Le prophète Aggée nous la fait connaître dans son chapitre 1: c'est le manque de foi et la négligence du peuple lui-même. Au cours des années (quinze environ) qui se sont écoulées depuis la pose des fondations, l'intérêt pour la Maison de Dieu a peu à peu décliné, et chacun s'est mis à s'occuper de sa propre maison. Hélas! chrétiens, ne connaissons-nous pas aussi de telles périodes de baisse spirituelle? Le Seigneur et Sa Maison (l'Assemblée) perdent leur prix pour notre cÅur. Dans la même proportion augmente le souci que nous prenons de nos propres affaires. Mais Dieu ne veut pas nous laisser dans cet état. Il nous parle, comme Il parle ici à Juda. à la voix d'Aggée et de Zacharie, le peuple se réveille, sort de son indifférence et se remet à l'ouvrage.
Tandis que, sous «l'Åil de leur Dieu» (v. 5; Ps. 32:8), les Juifs ont repris le travail, les adversaires de leur côté reprennent leurs menées malfaisantes.
Aussi longtemps que notre vie chrétienne est languissante, que nous cherchons nos propres intérêts et non pas ceux de Jésus Christ (Phil. 2:21), nous ne gênons pas le diable. Et lui-même se gardera bien de nous déranger dans notre somnolence. Elle lui convient parfaitement. Mais que le Seigneur, par Sa Parole, réveille notre cÅur et notre zèle pour Lui, aussitôt nous retrouvons Satan sur notre chemin (voir 1 Cor. 16:9).
Le gouverneur et ses collègues renouvellent la tactique qui leur avait si bien réussi au chapitre précédent: Ils écrivent au nouveau roi Darius pour essayer d'obtenir son intervention, mais cette fois, en cachant leur hostilité sous une apparence dâindifférence et presque de tolérance. Leur lettre, qui rapporte les déclarations des anciens des Juifs, constitue involontairement un beau témoignage en faveur de ceux-ci (vv. 11 et suivants). Ces anciens n'ont pas eu honte de se déclarer serviteurs de Dieu, ni d'exposer ce que l'Ãternel a fait pour eux, même si cela les oblige à confesser les fautes de leurs pères.
Une nouvelle lettre des accusateurs est donc partie pour la capitale. Mais elle va tourner à leur confusion. Non seulement les recherches que Darius fait entreprendre permettent de retrouver l'édit de Cyrus, mais le roi dans sa réponse prend lui-même en main la cause du résidu de Juda et de la construction du Temple. Et, pour comble, il ordonne précisément aux ennemis des Juifs d'apporter à ceux-ci toute l'aide dont ils ont besoin. Enfin le rescrit de Darius est accompagné des pires menaces contre ceux qui y changeraient quoi que ce soit. Tel a donc été le résultat de l'attitude franche et courageuse prise par les anciens des Juifs (Esdras 5:11, 12; voir Matt. 10:32). Elle a permis à l'Ãternel de leur montrer publiquement son approbation.
Il est beau de voir le roi reconnaître au verset 10 l'efficacité des prières au Dieu des cieux, en les demandant pour lui et ses fils. Ce Dieu des cieux est à présent notre Père; ne négligeons pas de nous adresser à Lui. Nous sommes d'ailleurs exhortés à prier «pour tous les hommes» et précisément «pour les rois (les autorités) et pour tous ceux qui sont haut placés, afin que nous puissions mener une vie paisible et tranquille en toute piété et honnêteté» (1 Tim. 2:1, 2).
Les accusateurs des Juifs ont compris qu'il était préférable de ne pas s'opposer aux ordres reçus. Ils les exécutent promptement, toutefois avec le dépit qu'on peut imaginer.
Ainsi protégés par les autorités, et disposant de nouveaux moyens, les anciens de Juda achèvent la construction du temple. Mais, détail bien remarquable, s'ils prospèrent, ce n'est pas au rescrit de Darius qu'ils le doivent. C'est «par la prophétie d'Aggée, le prophète, et de Zacharie, fils d'Iddo» (v. 14). Il en est exactement ainsi du chrétien. La vraie source de sa prospérité n'est pas dans les circonstances favorables que Dieu peut permettre pour lui sur la terre. Elle réside dans la soumission à la Parole de son Dieu.
La maison est inaugurée dans la joie. Quel contraste pourtant avec la dédicace du premier temple où 22.000 bÅufs et 120.000 moutons avaient été sacrifiés (2 Chr. 7:5). Et il n'est question ici ni du feu descendant du ciel, ni de la gloire remplissant la Maison, car l'arche de Dieu est perdue; elle ne sera pas retrouvée.
Après cela la Pâque et les pains sans levain sont célébrés au premier mois. Malgré toute leur faiblesse, l'Ãternel a rendu joyeux ces pauvres juifs remontés de la captivité.
Quarante ans environ se sont écoulés entre les événements du chapitre 6 et ceux qui commencent au chapitre 7 avec le voyage d'Esdras sous le règne d'Artaxerxès. En contraste avec les sacrificateurs négligents dont il était question au chapitre 2 versets 61, 62, Esdras est capable de fournir une généalogie, remontant jusqu'à Aaron. Il est de plus un «scribe versé dans la loi de Moïse». C'est une chose bien souhaitable que d'être instruit dans la Parole divine. Mais il ne suffit pas de la connaître par l'intelligence et la mémoire, comme les matières enseignées à l'école. Ce genre de connaissance ne servirait qu'à enfler d'orgueil (1 Cor. 8:1; 13:2). Il faut aussi aimer cette Parole et la Personne qu'elle nous présente. Voyez Esdras! Il avait «disposé son cÅur à rechercher la loi de l'Ãternel» (v. 10). Et non seulement à la rechercher, mais aussi à «la faire». Car connaître, même par le cÅur, n'est pas encore suffisant si on ne met pas en pratique ce que la Bible nous a appris (Jac. 1:22). C'est seulement quand ces conditions sont remplies qu'on peut se permettre d'enseigner les autres.
Avec bienveillance et générosité, le roi a pris toutes les dispositions nécessaires pour permettre à Esdras dâentreprendre son voyage et aussi de sâoccuper, à lâarrivée, du service de la maison de lâÃternel.
Esdras a gardé la Parole de Dieu et n'a pas renié Son nom. Lui et les hommes qui s'assemblent à son appel vont faire l'expérience qu'ils ont peu de force (ils sont 1500 à peine), mais, en même temps, que Dieu a mis devant eux «une porte ouverte que personne ne peut fermer» (Apoc. 3:8). Artaxerxès 1er, dit Longue Main, est comme ses prédécesseurs Cyrus et Darius, un instrument préparé par l'Ãternel pour tenir ouverte devant le résidu captif de Juda la porte du retour à Jérusalem. La lettre du roi montre quâil veille à tout: dâabord au rétablissement du culte à Jérusalem, avec tout ce qui est nécessaire aux sacrifices et à lâentretien des sacrificateurs et des lévites, puis à la mise en place des autorités: magistrat et juges; enfin, chose remarquable, il donne des instructions à Esdras pour faire connaître à tous, les lois de son Dieu (v. 25). «Le cÅur d'un roi dans la main de l'Ãternel, est des ruisseaux d'eau; il l'incline à tout ce qui lui plaît» (Prov. 21:1; voir aussi Prov. 8:15, 16).
Il n'est pas dit qu'Esdras ait remercié Artaxerxès, bien que certainement il n'ait pas manqué de le faire. Par contre il bénit l'Ãternel comme Celui «qui a mis de telles pensées dans le cÅur du roi». Exerçons-nous comme lui à voir toujours «la main», oui «la bonne main de Dieu» (vv. 6, 9, 28; Esdras 8:18, 31), dans tout ce qui nous arrive.
Le rassemblement a lieu auprès du fleuve Ahava. Esdras, pour compléter sa troupe, est obligé d'envoyer chercher des Lévites. «Il y a peu d'ouvriers» et «la moisson est grande», déclarait le Seigneur à ses disciples (Matt. 9:37). Aujourd'hui encore, Il considère tous Ses rachetés sur la terre et fait le compte parmi eux de ceux qui sont vraiment disposés à Le servir.
Tout est-il prêt maintenant pour le départ? Non; une chose essentielle manque encore! De même qu'un voyageur ne prend pas la route sans avoir étudié la carte, Esdras se préoccupe du chemin à suivre. Et il consulte l'Ãternel. «Le vrai chemin pour nous et pour nos enfants» n'est-ce pas celui de l'entière obéissance à Dieu? Christ le premier l'a frayé dans ce monde (1 Pierre 2:21). De sorte que la Bible, qui nous en montre les traces parfaites, nous tient lieu en quelque sorte de «carte routière». Eh bien! nous manquons souvent le vrai, le sûr chemin, parce que nous nous fourvoyons sur les fausses pistes de notre propre volonté!
Humiliation, dépendance, confiance en Dieu plutôt qu'en l'homme, autant de leçons bénies que nous apprenons dans la compagnie d'Esdras... ou plutôt du Seigneur Jésus.
Lors du premier retour à Jérusalem, Cyrus avait fait remettre aux Juifs rapatriés quelques-uns des ustensiles de la maison de Dieu. Esdras et ses compagnons ne sont pas non plus partis les mains vides. Le roi et son entourage, ainsi que les Israélites demeurant en exil, ont fait des dons pour le sanctuaire.
Avec ces richesses qui pouvaient tenter les brigands, la faible troupe, sans escorte (mais protégée par la bonne main de Dieu) est arrivée à Jérusalem. Son premier soin est de remettre le précieux dépôt entre les mains des sacrificateurs responsables. Puis «promptement», comme ils avaient été chargés de le faire (Esdras 7:17), ils offrent des sacrifices.
Pensons aux «talents» qui nous ont été confiés pour le chemin (Matt. 25:15): Quel cas faisons-nous de tous ces dons reçus du Seigneur: santé, intelligence, mémoire, et surtout Sa Parole? à l'arrivée dans la cité céleste, tout sera compté et pesé à la balance du sanctuaire (voir vv. 33 et Luc 12, fin du v. 48).
Mais le retour d'Esdras est soudain assombri par ce qu'il apprend au sujet du peuple. Aussi est-ce à une scène de douleur et de larmes que nous assistons maintenant. «Des ruisseaux dâeau coulent de mes yeux, parce quâon ne garde pas ta loi» â disait le psalmiste (Ps. 119:136).
Remarquons et imitons l'attitude d'Esdras dans ce chapitre. Un autre aurait adressé au peuple les reproches les plus sévères. Esdras au contraire se place devant Dieu et s'accuse en même temps que tout Israël. En offrant douze taureaux et douze boucs (Esdras 8:35), il avait réaffirmé l'unité du peuple de Dieu. Or une conséquence de cette unité est justement la responsabilité commune, la souffrance partagée (voir 1 Cor. 12:26). Quelle leçon nous donne ce serviteur de Dieu! Il nous apprend non seulement à ne pas montrer du doigt les fautes des autres chrétiens, mais à en être nous-mêmes honteux, affligés devant le Seigneur. «Mon Dieu, je suis confus, et jâai honte de lever ma face vers toiâ¦Â» â dit lâhomme de Dieu (v. 6).
Les paroles d'Esdras sont bien touchantes. Elles opposent la miséricorde du Dieu d'Israël à l'ingratitude de Son peuple. Mais, tout en sentant profondément le poids du péché dont il n'était pas personnellement coupable, Esdras ne pouvait rien faire pour l'ôter de devant le regard d'un Dieu Saint. Un seul était en mesure d'accomplir l'expiation. Le Fils de Dieu, prenant sur Lui nos péchés comme étant les siens, a pu déclarer dans Son indicible douleur: «Mes iniquités m'ont atteint...» (Ps. 40:12).
L'exemple d'Esdras avait déjà amené «tous ceux qui tremblaient aux paroles du Dieu d'Israël» à s'humilier avec lui (chapitre 9:4). à présent, comme une réponse à sa prière, ce même sentiment est produit dans le cÅur d'une «très grande congrégation d'hommes, de femmes et d'enfants». Ãtre jeune n'empêche pas de s'attrister de ce qui déshonore Dieu.
Ces alliances avec des personnes étrangères rappellent une nouvelle fois à lâenfant de Dieu lâinjonction formelle du Nouveau Testament: «Ne vous mettez pas sous un joug mal assorti avec les incrédules» (2 Cor. 6:14). Mais elles signalent aussi le piège redoutable de la mondanité. N'avons-nous pas laissé parfois cette intruse pénétrer dans nos foyers et dans nos vies? Et les jeunes ont été souvent les premiers à l'introduire dans la maison paternelle. Eh bien! il ne suffit pas de constater ce mal à la lumière de la Parole, ni même de nous en humilier. Il faut nous en séparer. Cela nous conduira par exemple à faire la revue sévère de nos habitudes... celle de notre étagère de livres, de nos vêtements... afin d'éliminer sans pitié ceci ou cela. Travail désagréable, qui durera peut-être un certain temps (voir v. 13)! Mais la reprise d'heureuses relations avec le Seigneur est à ce prix.
Historiquement le livre de Néhémie est le dernier coup d'Åil que l'Ancien Testament nous permette de jeter sur le peuple d'Israël. Les événements qu'il relate commencent environ trente ans après ceux que rapporte le livre d'Esther et treize ans après le retour d'Esdras. Ses enseignements nous sont donc particulièrement appropriés, à nous chrétiens «que les fins des siècles ont atteints» (1 Cor. 10:11). Pauvre peuple! Il est dans une «grande misère et dans l'opprobre», selon le compte rendu que font quelques voyageurs (v. 3). Mais Dieu a préparé quelqu'un qui va prendre à cÅur cet état. C'est Néhémie! Cet homme est sensible aux souffrances et à l'humiliation de ceux qui sont demeurés de reste de la captivité et il confesse devant l'Ãternel les péchés qui en sont la cause. Ainsi avait fait Esdras (Esdras 9). C'est toujours parmi ceux qui aiment son peuple que Dieu choisit les instruments de Ses délivrances.
Mais portons nos regards sur un plus grand que Néhémie. Qui a pris à cÅur la condition désespérée d'Israël et de l'homme en général, sinon le Fils de Dieu Lui-même? Il sondait à fond notre état misérable, cet abîme de mal où nous étions plongés. Et Il est venu pour nous en arracher.
Pendant que les fils de Juda étaient dans la misère et dans l'opprobre, Néhémie occupait à la cour un poste des plus honorables: celui d'échanson du roi. Il aurait pu égoïstement conserver cette place avantageuse. Ou encore justifier celle-ci en se disant: Puisque j'ai la confiance du roi, c'est auprès de lui que je serai le plus utile à mon peuple. Dieu m'a placé ici dans ce but.
Mais Néhémie ne raisonne pas ainsi. Son cÅur, comme celui de Moïse autrefois, le porte à visiter ses frères, les fils d'Israël (Actes 7:23). Et, plutôt que de jouir pour un temps des délices du palais royal, il choisit «d'être dans l'affliction avec le peuple de Dieu» (Héb. 11:25).
Remarquez que son entretien avec Artaxerxès est non seulement précédé (Néh. 1:11), mais aussi accompagné par la prière (v. 5). Entre la question du roi et sa propre réponse, Néhémie trouve le temps de s'adresser à Dieu dans son cÅur. On a appelé cela une «prière-flèche». Imitons plus souvent cet exemple! Et nous verrons, comme ce serviteur (de l'Ãternel avant d'être celui du roi), la bonne main de Dieu reposer sur nous et sur ce que nous ferons.
Néhémie est arrivé à Jérusalem muni des lettres du roi. Il commence par faire l'inspection des murailles, ou plutôt de ce qu'il en reste. Son frère lui en avait parlé (chapitre 1:2, 3), mais il désire se rendre compte par lui-même de l'étendue des dégâts. Grande est sa consternation devant ce spectacle auquel les habitants de Jérusalem, de leur côté, s'étaient accoutumés! Chrétiens, nous sommes certainement aussi en danger de ne plus souffrir de l'état de ruine dans lequel se trouve aujourd'hui l'Ãglise responsable. Aucune muraille ne la protège plus contre l'envahissement du monde. Et un tel état fait parfaitement l'affaire de ses ennemis.
Du temps de Zorobabel et d'Esdras, ces ennemis s'appelaient pour Israël: Bishlam, Tabeël... puis Thathnaï, Shethar-Boznaï et leurs collègues. Il s'agit, sous Néhémie, de Sanballat, de Tobija et de Guéshem. Le diable se sert d'instruments divers. Il renouvelle son «personnel». Mais son but est toujours le même: Maintenir le peuple de Dieu dans l'abaissement et dans la servitude.
Néhémie sait s'y prendre pour exhorter les hommes de Jérusalem. Son nom signifie: l'Ãternel a consolé. Il obtient cette réponse joyeuse et encourageante: «Levons-nous et bâtissons» (v. 18).
à l'inverse de l'ordre normal, la reconstruction de Jérusalem a commencé par l'autel, puis par le temple (Esdras 3) et c'est seulement maintenant qu'est rebâtie la muraille de la cité. L'autel et le sanctuaire nous parlent du culte qui est évidemment la première responsabilité du peuple de Dieu. Mais nous ne sommes pas seulement des chrétiens du dimanche. Le reste de la ville, qui suggère la vie quotidienne dans nos maisons et nos circonstances de tous les jours, doit également être protégé contre les ennemis et séparé franchement du monde environnant. à chacun d'y veiller et en particulier de construire devant sa propre maison (Néh. 3:10, 28, 30).
Sous l'impulsion donnée par Néhémie, tout Juda s'est mis à l'ouvrage. Et ce chapitre nous fait faire le tour de la ville pour nous présenter en action les différents groupes de travailleurs. Chacun a entrepris, qui sa porte, qui sa tour, qui sa partie de mur, en proportion de ses forces et surtout de son dévouement. Mais tandis que certains ont assez de zèle pour réparer une double portion (Néh. 3:11, 19, 24, 27, 30), d'autres â et parmi les principaux â refusent de plier leur cou au service de leur Seigneur (comparer Matt. 20:27, 28; 2 Cor. 5:15). Triste témoignage consigné dans le livre de Dieu!
à partir du verset 16, il s'agit de la portion de muraille protégeant la cité de David et le parvis du temple.
Nous sommes étonnés d'apprendre qu'Ãliashib, le souverain sacrificateur, n'a pas réparé devant sa propre maison (comparer 1 Timothée 3:5). D'autres ont dû le faire à sa place (vv. 20, 21). Seconde négligence coupable: En construisant la porte des Brebis, lui et ses frères, ces mauvais bergers, avaient omis de la munir de verrous et de barres (v. 1). C'était laisser aux voleurs et aux larrons la faculté de s'introduire pour s'emparer des «brebis» d'Israël (voir Jean 10:8, 10).
Des orfèvres, des parfumeurs, des commerçants (vv. 8, 32) se sont improvisés maçons. Un des chefs, Shallum (v. 12), bâtit avec ses filles. Dieu nous enseigne par ces exemples que nous pouvons travailler à Son Åuvre quel que soit notre âge, notre sexe ou notre profession. Remarquons encore que plusieurs de ces hommes, ou leurs pères, avaient été compromis du temps d'Esdras dans lâalliance impie avec des femmes étrangères. Tel était le cas de Baruc fils de Zabbaï, de Malkija, de Pedaïa, fils de Parhosh (Esdras 10:25, 28). Il est beau de voir maintenant leur empressement à protéger Jérusalem précisément contre les influences étrangères.
Pendant que les murs se réparaient, la colère des ennemis grondait contre Juda. Sanballat, leur porte-parole, sâirrite et se moque tout à la fois. Nous sommes spécialement sensibles à la moquerie. Le monde ne se fait pas faute de tourner en ridicule les chrétiens, la faiblesse de leurs rassemblements... Ne nous laissons pas troubler par ses réflexions. Au lieu de répondre, Néhémie sâadresse à son Dieu: «Ãcoute, ô notre Dieu, car nous sommes méprisésâ¦Â» (v. 4). Et il ne tient aucun compte des menaces. «Mais nous rebâtîmes...», conclut l'homme de Dieu (v. 6)!
Alors l'ennemi se prépare à la guerre ouverte. Et le découragement menace les hommes de Juda. Ils regardent à leur propre faiblesse (v. 10). C'est être d'accord avec l'ennemi qui avait méprisé «ces faibles Juifs» (v. 2). Ils considèrent le poids des fardeaux, le volume des décombres... Cependant il en est qui, avec Néhémie, connaissent la double ressource (v. 9). Elle est en même temps un ordre du Seigneur: «Veillez et priez...» (Matt. 26:41; 1 Pierre 4:7). La prière doit être notre première réponse aux efforts de l'Adversaire. Toutefois elle ne dispense pas de la vigilance. C'est pourquoi Néhémie prend diverses dispositions pour assurer la surveillance et la garde du peuple durant la fin du travail.
Aux difficultés et aux fatigues de la construction viennent s'ajouter, à la fin du chapitre 4, celles du combat. Et en effet le croyant n'est pas seulement ouvrier, il est aussi soldat. Il ressemble au milicien de Néhémie, tenant d'une main son outil, de l'autre son arme (qui est la Parole de Dieu: Ãph 6:17). Il n'a le droit de déposer ni l'un ni l'autre.
Après le beau zèle auquel nous avons assisté, le chapitre 5 nous apporte une pénible surprise. Ces «réchappés», qui, dès avant la venue de Néhémie étaient dans une grande misère (Néh. 1:3), se trouvent à présent dans une situation pire encore. Ils ont dû mettre en gage ce qu'ils possédaient, et parfois livrer leurs enfants à l'esclavage, pour pouvoir payer leurs impôts et ne pas mourir de faim. De plus, ceux qui les ont réduits à cet état ne sont pas des ennemis. Ce sont leurs propres frères, qui ont ainsi transgressé la loi (Ex. 22:25; Lév. 25:39-43; Deut. 15:11; Deut. 23:19, 20).
Où en sommes-nous sur le plan de l'amour fraternel? Sans lui le plus beau service chrétien n'a pas de valeur (1 Cor. 13:1-3). Réalisons ce que dit l'apôtre Jacques (Jac. 2:15, 16). Oui, examinons bien notre cÅur à ce sujet. Et aussi notre comportement!
Indigné et «très irrité», Néhémie a rassemblé les nobles et les chefs devant le reste du peuple. C'est pour leur adresser les reproches qu'ils méritent. Les coupables se soumettent. Non pas simplement parce que Néhémie est le gouverneur, mais parce que lui-même donne l'exemple de l'amour désintéressé. Il a renoncé aux droits personnels que lui donnait sa position, et cela lui permet maintenant de demander à ces chefs d'agir de la même manière. L'exemple est la règle d'or pour obtenir quoi que ce soit de son prochain. L'apôtre Paul s'est toujours attaché à pouvoir servir de modèle aux croyants qu'il instruisait (Actes 20:35; 1 Cor. 4:16; 1 Cor. 10:32, 33 ... ). Par-dessus tout, considérons le divin Maître. Il disait à Ses disciples: «Je vous ai donné un exemple, afin que, comme je vous ai fait, moi, vous aussi vous fassiez» (Jean 13:15). Mais en même temps Il les mettait en garde contre les scribes et les pharisiens: «Toutes les choses donc qu'ils vous diront, faites-les et observez-les; mais ne faites pas selon leurs Åuvres, car ils disent et ne font pas...» (Matt. 23:3). Les foules remarquaient la différence: Jésus les enseignait «comme ayant autorité, et non pas comme leurs scribes» (Matt. 7:29).
Leurs insuccès précédents n'ont pas découragé Sanballat, Tobija et Guéshem. Ils font à Néhémie une proposition hypocrite: «Viens et rencontrons-nous...» La vallée d'Ono (ou des artisans: Néh. 11:35), fixée comme lieu de rendez-vous, suggère une collaboration avec les ennemis du peuple de Dieu. Mais l'offre est repoussée, malgré les menaces qui, à la cinquième fois, l'accompagnent. Alors un autre piège est tendu par l'intermédiaire d'un juif, Shemahia. Par une fausse prophétie, cet agent de l'ennemi essaie d'amener Néhémie (qui n'était pas sacrificateur) à désobéir à l'Ãternel en cherchant asile dans le Temple (voir 2 Cor. 11:13 et 1 Jean 4:1). Ainsi ont agi les Pharisiens avec le Seigneur Jésus. «Retire-toi et va-t-en d'ici â Lui disent-ils â car Hérode veut te tuer» (Luc 13:31). Ils cherchaient (et Satan était derrière eux) à effrayer, et à faire sortir du chemin de la foi, Celui qui avait dressé résolument Sa face pour aller à Jérusalem (Luc 9:51).
La double offensive, déjouée par le fidèle Néhémie, met le chrétien en garde contre deux dangers opposés:
1° Ãlargir le chemin, en travaillant la main dans la main avec ceux qui ne sont pas soumis à la Parole.
2° «S'enfermer» dans un sectarisme prétentieux et égoïste.
Cinquante-deux jours ont suffi aux hommes de Juda pour combler les brèches et rebâtir la muraille. Ils étaient pour la plupart inexpérimentés dans le maniement de la truelle et de la pioche. Mais ils avaient du zèle, du cÅur au travail (Néh. 3:20; 4:6). Et, aux yeux du Seigneur, le dévouement de ses ouvriers a plus de valeur que leurs capacités. Ces capacités, d'ailleurs, Il les donne précisément à ceux qui ont du dévouement et qui s'attendent à Lui.
Les efforts de Tobija pour intimider Néhémie, et l'appui que ce personnage malfaisant trouve auprès de quelques nobles de Juda, sont les dernières manifestations d'hostilité des ennemis. Jérusalem avec ses murailles reconstituées apparaît désormais aux nations environnantes, «bâtie comme une ville bien unie ensemble en elle-même» (Ps. 122:3). Mais encore faut-il en assurer la surveillance. Néhémie s'occupe des portes, ainsi que d'établir des gardiens (voir Ãsaïe 62:6 et 7). D'autres fonctions sont attribuées, y compris celles des deux gouverneurs de la ville (vv. 1, 2). L'un et l'autre ont mérité cette charge: Hanani par son intérêt pour le peuple (Néh. 1:2), Hanania en raison de sa fidélité et de sa crainte de Dieu (v. 2).
Néhémie a eu à cÅur le recensement du peuple. Il s'est servi du registre généalogique établi lors du premier retour à Jérusalem. Les versets 6-73 reproduisent donc à peu de chose près le chapitre 2 du livre d'Esdras. Nous y retrouvons par exemple la descendance de cet homme «qui prit une femme d'entre les filles de Barzillaï le Galaadite, et fut appelé de leur nom» (v. 63). Barzillaï était ce vieillard riche et considéré qui avait entretenu David et sa suite à Mahanaïm (2 Sam. 19:32). Nous apprenons ici que son gendre, bien que sacrificateur, avait jadis renoncé à son propre nom. Il s'était fait appeler de celui de son beau-père qui le mettait davantage en évidence. Quelles en ont été les conséquences fâcheuses? Ses descendants sont exclus comme profanes des charges de la sacrificature! Gardons-nous, par souci de considération, de faire abandon de nos privilèges chrétiens! Y a-t-il plus grande dignité et noblesse que d'appartenir à la famille de Dieu, à la «sacrificature royale»?
Cet enregistrement du peuple souligne le contraste avec les jours de David! La seule tribu de Juda comptait alors 470.000 hommes tirant l'épée; dix fois plus que maintenant. Mais ce qui importe, ce n'est pas la puissance; c'est la fidélité!
Pour la belle scène qui occupe ce chapitre, Néhémie a cédé la place principale à Esdras, le sacrificateur. Nous savons que celui-ci était un «scribe versé dans la loi de Moïse» et qu'il avait depuis longtemps «disposé son cÅur... à enseigner en Israël les statuts et les ordonnances» (Esdras 7:6, 10). Heureux désir, qui, à la demande du peuple, trouve l'occasion de se réaliser! Il s'agit de la lecture distincte et de l'explication de la Parole de Dieu.
En l'ouvrant, Esdras ne manque pas de bénir l'Ãternel qui a donné cette Parole, tout comme aujourd'hui on commence par rendre grâces lorsque la Bible va être lue et méditée dans une assemblée. Quant aux assistants, il ne leur suffit pas d'avoir de l'intelligence (v. 3); il faut aussi qu'ils prêtent l'oreille (fin verset 3). Le faisons-nous toujours pendant les réunions ou la lecture de famille? Comprendre la Parole est le moyen d'être soi-même nourri et réjoui par la communion avec le Seigneur (v. 12). Mais pensons aussi à «envoyer des portions», c'est-à -dire à faire profiter tel et tel absent de ce qui nous a fait du bien.
Soulignons enfin ce verset magnifique: «La joie de l'Ãternel est votre force» (fin v. 10; comp. Ps. 28:7). Et surtout faisons que ce soit notre expérience!
«Ainsi sera ma parole qui sort de ma bouche: elle ne reviendra pas à moi sans effet...», dit l'Ãternel (Ãsaïe 55:11). Et cette promesse se réalise ici. Selon l'instruction divine, le peuple, sous la conduite de ses chefs, célèbre la fête des Tabernacles avec davantage d'éclat encore qu'aux plus beaux jours de Salomon.
Trop occupés du repos présent, les Israélites avaient oublié celui qui est à venir, et ce danger nous guette aussi. Maintenant que la faiblesse et la ruine sont si évidentes, les yeux se portent plus facilement sur les joies du royaume futur, et le caractère dâétrangers (lâhabitation sous des tentes) est mieux réalisé.
Au commencement du chapitre 9, la scène change. Les fils d'Israël s'assemblent de nouveau à un jour fixé. Cette fois le but de la réunion est la confession de leurs péchés. Y a-t-il aussi dans notre vie de croyants des moments particuliers où nous avons à dresser le bilan de nos fautes et à nous en humilier? Certains pensent qu'il y a lieu de pratiquer cette mise en ordre chaque samedi soir; d'autres, à la fin de chaque journée. Ils n'ont raison ni les uns ni les autres. Le jugement de nous-mêmes est une action continuelle. Nous avons à le pratiquer chaque fois que le Saint-Esprit nous a donné conscience d'un péché.
Quelques Lévites, désignés par leurs noms, invitent le peuple à se lever pour bénir l'Ãternel. Et ils Lui adressent, au nom de toute l'assemblée, la longue prière qui occupe le reste du chapitre. Les premiers mots en sont: «Tu es le Même, toi seulâ¦Â». Puis remontant à la création, les lévites célèbrent l'accomplissement des conseils de Dieu: l'appel d'Abraham (dont le cÅur fut trouvé fidèle), la délivrance de l'Ãgypte, la mer Rouge, les soins patients tout au long du désert avec le don de la loi, puis l'entrée dans le pays. Les pronoms tu et toi accompagnés dâun verbe actif, ne figurent pas moins de 25 fois dans ces quelques versets.
Célébrer ce quâest Dieu dâabord, ce quâil a fait ensuite, nâest-ce pas aussi notre privilège puisque nous appartenons au Seigneur? Repassons souvent dans nos cÅurs ce que la grâce a fait pour nous. Et exerçons-nous à découvrir des motifs toujours plus nombreux de reconnaissance, qui seront autant de liens d'amour nouveaux avec notre Père céleste et avec le Seigneur Jésus. Comme David, exhortons notre âme à bénir l'Ãternel et à n'oublier «aucun de Ses bienfaits» (Ps. 103:2)! Mais en vérité ces bienfaits sont innombrables (voir Ps. 139:17, 18)!
Après avoir, comme ces Lévites, retracé longuement l'histoire de la grâce de Dieu envers Israël, Ãtienne, dans le chapitre 7 des Actes, continue son discours de la même manière: «Gens de col roide,... vous résistez toujours à l'Esprit Saint...» (v 51). Le col roide, la nuque qui ne veut pas plier pour se soumettre au joug du Seigneur, ne caractérise pas uniquement le peuple d'Israël. Ni non plus seulement les inconvertis! Nous avons tous en nous cette nature volontaire, insoumise. Chaque chrétien, sans exception, ne la connaît que trop bien. Et il lui est impossible d'en venir à bout par ses propres efforts. Mais chacun connaît-il en même temps la délivrance que Dieu lui accorde? Ayant, à la croix, mis à mort cette volonté rebelle et irréductible, Il nous a donné à Sa place la nature obéissante de Jésus. La vieille nature est toujours en nous, avec ses désirs, mais elle n'a plus le droit de nous diriger.
Combien tous ces péchés d'Israël ressortent davantage quand ils sont, comme ici, mis en contraste avec la grâce divine! Ils se doublent pour ainsi dire d'ingratitude (voir Deut. 32:5, 6). Et n'est-ce pas aussi le cas pour tant de jeunes gens et de jeunes filles élevés par des parents croyants?
Le résumé de tout ce chapitre, nous l'avons au verset 33: «Tu es juste dans tout ce qui nous est survenu, car tu as agi avec vérité, et nous, nous avons agi méchamment» (comp. Lam. 1:18). Celui qui a reçu le témoignage de Jésus «a scellé que Dieu est vrai» (Jean 3:33; voir aussi Rom. 3:4). Sceller, c'est approuver formellement une déclaration, la garantir et s'engager à la respecter. Les princes, les Lévites et les sacrificateurs apposent ainsi leurs sceaux (autrement dit leurs signatures) pour confirmer leur accord.
à la fin de cette longue confession, retenons encore deux enseignements bien importants: En premier lieu qu'il est nécessaire pour juger un mal de remonter autant que possible jusqu'aux origines de ce mal, par un retour complet en arrière. La violation de la loi a commencé par l'affaire du veau d'or; eh bien, celle-ci ne peut être passée sous silence (v. 18)! Puis, qu'une confession doit être précise: Dire à Dieu d'une manière générale: Je suis un pécheur; j'ai commis des péchés , ne coûte guère et n'a pas de valeur à Ses yeux. Il attend que nous lui disions: Seigneur je suis ce coupable. Voilà ce que jâai fait et ce que jâai omis de faire (voir Lév. 5:5).
Les hommes dont les noms sont donnés au début du chapitre sont ceux qui ont apposé leur sceau sous l'alliance de l'Ãternel. Savez-vous que Dieu a également Son sceau: Le Saint Esprit. Celui-ci est sur chaque racheté, la marque de propriété par laquelle Dieu le reconnaît et déclare: Voilà quelqu'un qui m'appartient (Ãph. 1:13 et Ãph. 4:30). «Il est à moi» (comp. Ex. 13:2 et Ãsaïe 43:1): Peut-Il reconnaître de cette manière chaque lecteur de ces lignes?
Mais, tandis que leurs propres sceaux ne pouvaient conférer aux compagnons de Néhémie la force d'accomplir ce à quoi ils s'engageaient (comp. Néh. 10:39 et Néh. 13:10, 11), le Saint-Esprit est au contraire, en même temps que le sceau, la puissance par laquelle le chrétien agit selon la volonté divine (Ãph. 3:16).
Tout le peuple s'est associé d'un même cÅur à ses conducteurs. La connaissance de la loi, nouvellement acquise, ne reste pas théorique pour eux. Elle les conduit successivement à la purification, au respect du sabbat et de l'année de relâche. Puis au service de la maison et à l'observation des instructions concernant les prémices et les dîmes. «Si vous savez ces choses, vous êtes bienheureux si vous les faites», disait le Seigneur Jésus (Jean 13:17).
Bien peu nombreux étaient les rapatriés de Babylone par rapport à ceux qui habitaient dans le pays avant la transportation. Jérusalem, avec ses murailles reconstruites sur leurs anciennes bases, ne comptait qu'un nombre infime de citoyens: entre autres ceux qui avaient réparé vis-à -vis de leur maison! On tire au sort ceux qui viendront repeupler la ville, et il sây ajoute ceux qui sont volontaires. Leurs noms sont donnés. Dieu honore en effet ceux qui, renonçant à leurs champs, viennent demeurer près de Son sanctuaire par attachement pour celui-ci: Ils ne seront pas perdants comme lâannonce le Ps. 122:6, «Jérusalem, ceux qui tâaiment prospéreront».
Des promesses sont faites au sujet de la Jérusalem du règne de mille ans (Zach. 2:4; Ãsaïe 33:20; Ãsaïe 60:4, 15). Mais des promesses plus belles encore concernent la sainte Cité, la Jérusalem céleste. Dieu qui l'a «préparée» pour Christ (Apoc. 21:2) l'a aussi «préparée» pour ceux qui Lui appartiennent et qui ont renoncé à posséder ici-bas une cité permanente (Héb. 11:16). Cette merveilleuse Cité n'est pas faite pour demeurer vide. Dieu y habitera Lui-même, au milieu des siens. Toutefois pour y pénétrer une condition est indispensable: Il faut avoir «lavé sa robe» par la foi au sang de l'Agneau (Apoc. 22:14). L'avez-vous fait?
La cérémonie de la dédicace de la muraille, qui commence au verset 27, se déroule au milieu d'une grande joie. Deux cortèges formés de chanteurs et accompagnés de trompettes prennent ensemble le départ sur le chemin de ronde, chacun de son côté. L'un est conduit par Esdras, tandis que Néhémie ferme la marche du second. Les deux processions se rencontrent à proximité du Temple après avoir accompli chacune la moitié du tour de la ville. Ils ont réalisé cette parole du beau psaume 48: «Faites le tour de Sion, et faites-en le circuit, comptez ses tours⦠faites attention à son rempartâ¦Â» (Ps. 48:12-13).
Parvenus à la maison de l'Ãternel, les deux chÅurs réunis font entendre leur voix et de «grands sacrifices» sont offerts au milieu de la joie générale. Le verset 43 nous apprend trois choses à propos de cette joie: 1. Tout d'abord elle a sa source en Dieu: «Dieu les avait réjouis d'une grande joie». 2. Tous y ont part, les enfants compris. Ce qui fait la joie de leurs parents, fait aussi la leur. 3. Enfin cette joie «s'entendait au loin». Le monde qui nous entoure peut-il voir et entendre que nous sommes des gens heureux?
Néhémie avait été obligé de retourner auprès du roi. Profitant de son absence, Tobija, l'ennemi bien connu, était parvenu à se faire attribuer une des chambres attenantes à la maison de l'Ãternel, grâce à la complicité d'un des sacrificateurs. Et ce dernier n'était autre qu'Ãliashib qui s'était déjà montré si insouciant au moment de la construction de la muraille. Mais les portiers, les hommes qui au chapitre précédent avaient été «préposés... sur les chambres des trésors», n'avaient pas gardé non plus ce que leur Dieu leur avait donné à garder (Néh. 12:45).
Saisi d'indignation, Néhémie, à son retour, jette lui-même dehors tous les effets de Tobija. Puis il fait purifier les chambres et remettre en place les ustensiles et les offrandes (comp. Matt. 21:12, 13). Nos cÅurs sont quelquefois comme ces chambres où le monde a mis ses affaires à la place de ce qui appartenait à Dieu et servait aux offrandes!
Cette première négligence en avait entraîné d'autres, et Néhémie doit encore s'occuper des portions des Lévites ainsi que de la surveillance et de la répartition des dîmes apportées par le peuple.
Malgré l'engagement que le peuple avait pris (Néh. 10:31), le repos du sabbat n'était pas non plus respecté. Néhémie prend les mesures les plus énergiques pour remédier à cette situation.
Ne devrions-nous pas, chers enfants de Dieu, attacher au moins autant d'importance au jour du Seigneur qu'Israël à son sabbat? Certes nous ne sommes plus sous la loi. Mais il est triste que le dimanche puisse être considéré par certains chrétiens comme une simple journée de repos ou de loisir. Ou qu'il soit employé à un travail scolaire qui aurait pu être achevé la veille!
à quoi nous font penser, par contraste, ces portes qu'il était nécessaire de fermer pendant la nuit pour se protéger contre les dangers du monde extérieur? N'est-ce pas encore une fois à la sainte Cité dont il est dit: «Et ses portes ne seront point fermées de jour: car il n'y aura pas de nuit là ... Et il n'y entrera aucune chose souillée ni ce qui fait une abomination ou un mensonge» (Apoc. 21:25, 27).
Le rideau de l'histoire, à présent, tombe sur Israël. Il ne se lèvera que quatre siècles plus tard (exactement quatre cent quarante ans) sur son Libérateur et son Messie, à la première page du Nouveau Testament.
L'histoire d'Esther constitue un récit bien distinct qui se place chronologiquement entre les chapitres 6 et 7 du livre d'Esdras. Elle met en scène, d'une part les Juifs demeurés dans l'Empire Perse après le premier retour à Jérusalem, â d'autre part le souverain de cet Empire: le puissant Assuérus avec son entourage. Ce roi est connu dans l'histoire sous le nom de Xerxès, fils de Darius. Il est célèbre par sa campagne contre les Grecs, marquée par la défaite retentissante de sa flotte à Salamine. Daniel 11:2 fait allusion à ce monarque et à ses richesses.
La réception fastueuse que nous le voyons donner ici se situe avant cette guerre, probablement en vue de la préparer. Tout dans ce chapitre est à la gloire de l'homme, dont l'orgueil n'a pas de limite. Sans atteindre ce luxe et cette ampleur, il ne manque pas, à notre époque, de fêtes ni de manifestations grandioses dans lesquelles une personne (ou une nation) cherche à éblouir et à éclipser ses voisins. Un enfant de Dieu fidèle ne s'associe pas à ces choses. Pourquoi? Justement parce que la puissance, l'intelligence et la tolérance (v. 8) de l'homme s'y trouvent exaltées.
Le refus de Vasthi, qui avait été invitée à montrer sa beauté, excite la fureur du roi son époux. Assuérus est un homme violent. Or la colère n'est nullement un signe de force et d'autorité. Elle dénote en général lâinverse: la faiblesse de caractère et l'incapacité de se maîtriser. Nous savons par expérience combien il nous est difficile de contrôler nos réactions quand des contrariétés se présentent et quelquefois s'accumulent. Demandons au Seigneur la force de nous dominer.
La reine Vasthi est ici l'image de la chrétienté responsable, tirée du milieu des nations. Christ attendait de Son Ãglise qu'elle montre sa beauté au monde, rehaussant ainsi Sa propre gloire. Hélas, comment a-t-elle répondu à ce désir? Par un mépris total de la volonté de son Seigneur! Aussi le jour vient où elle entendra cette terrible parole: «Je vais te vomir de ma bouche» (Apoc. 3:16). Chrétiens, si dans son ensemble l'Ãglise a perdu de vue le témoignage qu'elle devait rendre, en ce qui nous concerne n'oublions jamais celui-ci! Dieu attend de chacun de Ses enfants qu'il présente au monde quelque chose de la beauté morale de Jésus.
Le chapitre 2 nous fait sortir du palais d'Assuérus. Et c'est pour apprendre l'existence, à Suse et dans l'Empire, d'un peuple abaissé, souffrant, dont l'humiliation contraste avec les fastes de la cour, un peu comme celle du pauvre Lazare était soulignée par la table du riche (Luc 16:19-21). Ce sont les Juifs de la transportation. Ils sont là , loin de leur patrie, n'ayant plus ni temple, ni sacrifices, ni roi, ni unité nationale. Ils n'avaient pas pris à cÅur la remontée au pays de leurs pères (Esdras 1:3). En sorte quâils paraissent totalement délaissés de lâÃternel dont le nom, détail remarquable, n'est pas mentionné une seule fois dans tout ce livre.
Il peut y avoir dans notre vie des périodes où, par notre faute, nous avons perdu la jouissance de Christ; nous cessons de réaliser la valeur de Son sacrifice. Ce n'est pas Lui, mais le monde qui domine sur notre cÅur. Triste état! Le Seigneur nous a-t-Il oubliés pour autant? Ce livre d'Esther, par analogie, va nous montrer qu'il n'en est rien.
à la porte du palais se tient Mardochée, un Israélite de la tribu de Benjamin. Il a recueilli sa jeune cousine Esther qui est orpheline et veille sur elle avec dévouement, même après qu'elle a été choisie parmi les candidates à la succession de Vasthi (v. 11).
La main invisible de Dieu a conduit les événements et disposé les cÅurs. Sans que ni Mardochée ni elle-même n'aient rien fait pour cela, Esther, la jeune juive, devient la reine du puissant Empire médo-perse. Elle nous est apparue comme une jeune fille réservée, modeste, respectueuse de l'autorité (en contraste avec Vasthi), prête ainsi au rôle extraordinaire qu'elle va être appelée à jouer. Ces qualités peu courantes ont contribué à la faire remarquer au milieu des autres candidates au trône. Ne pensez pas, jeunes filles de familles chrétiennes, que c'est en imitant les manières, les toilettes et les allures libres des jeunes filles du monde que vous préparez votre avenir et votre bonheur sur la terre. Bien au contraire! Toute la question est de savoir à qui vous désirez plaire.
Sous l'angle prophétique, ce récit nous apprend que Christ, après avoir renié toute relation avec la chrétienté de nom (Vasthi, l'épouse d'entre les «gentils»), élèvera à sa place Israël (Esther) à la tête des nations. Mais cela n'aura pas lieu, sans que d'abord le peuple juif ne traverse de profondes afflictions dont les prochains chapitres vont nous donner une préfiguration terrifiante.
Un nouveau personnage apparaît sur la scène: Haman l'Agaguite. L'emprise de cet homme séduisant sur le faible Assuérus a tôt fait de le conduire au sommet du pouvoir. Mais qu'Haman ôte son masque! Il s'agit d'un membre de la famille royale d'Amalek. Devant un tel homme, Mardochée ne saurait s'incliner. Dieu n'avait-Il pas déclaré solennellement dès le début du désert: «L'Ãternel aura la guerre contre Amalek de génération en génération» (Ex. 17:16). Et plus tard: «Souviens-toi de ce que t'a fait Amalek... tu ne l'oublieras pas» (Deut. 25:17-19). C'est assez pour empêcher l'israélite fidèle de donner à un ennemi de l'Ãternel le moindre signe de déférence. Les siècles qui s'étaient écoulés depuis ces déclarations divines n'en avaient nullement diminué la portée. En ce qui nous concerne, ne soyons pas plus tolérants à l'égard du monde et de son prince que ne l'étaient les premiers chrétiens.
à vue humaine, l'attitude de Mardochée paraît insensée. Et les conséquences, non seulement pour lui, mais pour tout son peuple, en sont proprement terribles, sans aucune proportion avec la faute reprochée. Mais Mardochée a obéi à la Parole sans se préoccuper des conséquences, et câest ce que nous devrions toujours faire.
Tandis que le roi et Haman sont assis-boire, les malheureux Juifs connaissent la pire des angoisses.
Prophétiquement, nous nous trouvons dans la période future appelée «la grande tribulation» qui suivra de peu l'enlèvement de l'Ãglise. Deux acteurs principaux domineront alors la scène: le Roi appelé «la Bête», chef de l'empire romain, et l'Antichrist, personnage maléfique, dont l'acharnement contre Israël s'appuiera sur le pouvoir civil du premier. C'est le moment où le résidu d'Israël pourra s'adresser à l'Ãternel selon le Psaume 83: «Voici tes ennemis s'agitent... ils trament avec astuce des complots contre ton peuple, et ils consultent contre tes fidèles cachés. Ils ont dit: Venez, et exterminons-les, de sorte... qu'on ne fasse plus mention du nom d'Israël» (vv. 2, 3, 4). Comment expliquer la haine séculaire dont ce peuple a été, est, et sera plus que jamais l'objet dans le temps dont nous parlons? Elle est la conséquence des efforts inouïs déployés par Satan pour se débarrasser de Christ, le Messie dont l'avènement sera sa propre perte. Et nous comprenons que, si derrière Haman nous voyons finalement se profiler le grand Adversaire, en Mardochée nous avons par contre une figure remarquable du Seigneur Jésus Christ.
C'est une heure de ténèbres et d'effroi pour le peuple de Mardochée! Un seul petit espoir subsiste: l'intercession d'Esther auprès de son royal époux. Toutefois le risque est grand! L'accès de la cour du palais est interdit et, d'autre part, comment espérer faire revenir l'orgueilleux monarque sur une décision qu'il a prise! Cependant le miracle se produit: Dieu incline son cÅur et il accueille la reine favorablement.
Mais quel contraste entre Assuérus et Celui dont l'épître aux Hébreux nous assure qu'il est pleinement capable de sympathiser à nos infirmités, en ajoutant: «Approchons-nous donc avec confiance du trône de la grâce, afin que nous recevions miséricorde et que nous trouvions grâce pour avoir du secours au moment opportun» (Héb. 4:15, 16).
Comme Mardochée l'avait entrevu (Esther 4:14), c'était pour ce service spécial que la providence divine avait placé Esther sur le trône. Chaque jeune fille chrétienne, n'a-t-elle pas également un service bien précis à accomplir là où le Seigneur lâa placée?
La fin du chapitre nous l'apprend: Aucun des honneurs dont Haman est l'objet, n'a pu éteindre la haine implacable qui couve au-dedans de son cÅur.
Le Seigneur Jésus, dans une courte parabole, présente le royaume de Dieu de la manière suivante: «C'est comme si un homme jetait de la semence sur la terre et dormait...» Ainsi apparaît ce livre d'Esther. L'Ãternel, qui n'y est pas une seule fois nommé, paraît dormir. Mais lisons la suite: «...et se levait de nuit et de jour...» Quelques versets plus loin, le Maître des vents et des flots dort au fond de la nacelle... sans cesser, soyons-en sûrs, de veiller sur Ses chers disciples (Marc 4:26, 27, 38).
Or nous voyons dans notre chapitre par quel enchaînement admirable tout se trouve conduit par un Dieu qui ne se montre pas: L'insomnie du roi, la lecture qui lui est faite, la question qu'il pose, le moment précis où Haman pénètre dans la cour, tout est dirigé, réglé, comme un mécanisme minutieux, par Sa main souveraine. Les incrédules jugent invraisemblable un tel concours de circonstances. Mais nous, chrétiens, n'en sommes nullement étonnés. Nous connaissons bien, pour en avoir fait maintes fois l'expérience, cette intervention toute puissante qui fait travailler toutes choses ensemble pour le bien de ceux qui aiment Dieu (Rom. 8:28).
Le Ps. 7:13-16 et Ps. 37:32, 33 reçoivent dans notre récit une confirmation magistrale.
L'action s'est déroulée à un rythme rapide. à présent c'est le dénouement. Désigné par le doigt de la reine, Haman s'est effondré. Il est l'adversaire, l'Ennemi le Méchant, trois noms que, dans la Parole de Dieu, porte le diable lui-même! Et, séance tenante, sur l'ordre du roi, Haman est pendu au bois même qu'il avait préparé pour Mardochée (comparer Ps. 7:14, 15). Cette scène évoque pour nous un ensemble de faits incomparablement plus grands:
Tel Mardochée devant le favori du roi, Christ a été seul d'entre les fils des hommes à ne pas se courber devant Satan. Nous connaissons sa réponse lors de la tentation: «Tu rendras hommage au Seigneur ton Dieu et tu le serviras lui seul» (Matt. 4:9, 10).
Puis, ne pouvant faire fléchir cet homme parfait, l'Ennemi n'a eu de cesse qu'il ne s'en soit débarrassé. Dans ce but, il a dressé les hommes contre Jésus, les poussant à préparer sa croix, comme Haman préparait son gibet pour Mardochée (bien que ce dernier n'y soit pas monté). Or précisément cette croix, où Satan pensait triompher et en finir avec Jésus, a signifié sa défaite définitive (lire Col. 2:15; Héb. 2:14). Tout l'effort de sa haine n'a tourné qu'à sa propre destruction... et en même temps à notre salut.
Le cours des choses est maintenant renversé. Il n'appartient qu'à Dieu de retourner ainsi une situation. Mais la mort d'Haman est loin d'avoir tout réglé. Le roi, lié par son propre sceau, n'a pas le pouvoir d'annuler purement et simplement son funeste décret. Ce qu'il fait â et c'est encore Dieu qui l'incline à cette sagesse â c'est de remettre à Esther et à Mardochée le soin de dénouer le complot d'Haman. Les ennemis ne seront pas désarmés. Mais les Juifs, par contre, vont être autorisés et même encouragés à se défendre et à les détruire. Le chrétien a des ennemis qui cherchent à l'opprimer. Bien que leur chef, Satan, ait été vaincu par l'Åuvre de Christ à la croix (de même qu'Haman a été pendu à la potence qu'il avait préparée), le pouvoir d'agir contre les enfants de Dieu ne leur a pas encore été enlevé. Mais ces derniers reçoivent maintenant la possibilité de les combattre efficacement.
Ces ennemis, chacun de nous ne les connaît que trop pour son propre compte. Si nous les ménageons, eux ne nous épargneront pas. Usons donc des moyens de la foi pour annuler leurs efforts, y compris en nous assemblant (voir verset 11) pour la prière en commun. Fortifions-nous dans le Seigneur, et dans la puissance de Sa force (Ãph. 6:10).
Le temps de se tenir humblement à la porte du roi est passé pour Mardochée. Assuérus, détenteur du pouvoir suprême, lui a conféré gloire, majesté, honneur et puissance. Figure de l'élévation du Seigneur Jésus Christ, lorsque, comme l'a dit un poète, «nous le verrons surgir éblouissant de gloire, Fils de l'homme, nimbé de l'auréole d'or» (HR; comparer v. 15). Repassons brièvement la carrière de Mardochée et ses ressemblances avec le chemin de Jésus: Il a pris soin de la jeune fille d'Israël, de même que Christ a constamment veillé sur Son peuple. Serviteur fidèle du roi, Mardochée a pourtant refusé de s'incliner devant l'Amalékite, tel Jésus qui n'a pas reconnu le moindre droit au Tentateur. Mais Christ, à cause de cette perfection et de Son amour pour Son peuple, a dû connaître en réalité le bois d'infamie, dont l'ombre seule a passé sur Mardochée.
Après les souffrances viennent les gloires. Oui, à travers Esther 8:15 et Esther 9:3, 4, nous contemplons avec adoration le triomphe de Jésus, qu'accompagnera la destruction ou la soumission de tous Ses ennemis (voir Ps. 66:3).
Les dix fils d'Haman dont leur père était si fier (Esther 5:11) périssent à leur tour. «De la race des méchants il ne sera jamais fait mention» (Ãsaïe 14:20).
Ce jour, le 13e du mois d'Adar, qui devait marquer à jamais le massacre et la disparition d'Israël, est devenu au contraire celui de son triomphe et de l'anéantissement de ses ennemis. Ces derniers en ont fait la tragique expérience: Ce n'est pas impunément que l'on s'attaque au peuple de Dieu. Celui qui le touche «touche la prunelle de son Åil» (Zach. 2:8; voir Ps. 105:12-15).
Serions-nous les objets de moins de tendresse, nous qui faisons partie du peuple céleste, de l'Ãpouse de Christ? Israël en captivité porte bien les caractères d'une nation «répandue loin et ravagée... un peuple merveilleux dès ce temps et au-delà ... une nation qui attend, attend, et qui est foulée aux pieds» (Ãsaïe 18:2). Dieu, pour qui ce peuple est merveilleux parce que c'est de lui qu'est né le Sauveur du monde, mettra en Åuvre Ses moyens puissants pour délivrer cette nation que le monde foulait aux pieds.
Qu'il est riche, ce livre d'Esther dont nous aurions pu penser en l'abordant qu'il contenait peu d'édification! Quelle place il donne en figure à Jésus abaissé et exalté! Quels horizons il découvre sur l'avenir d'Israël, son repos et sa joie (v. 17), cette joie du règne qui l'attend à la fin de toutes ses souffrances.
Ainsi, d'année en année, la grande délivrance dont le peuple a été l'objet devra être commémorée par cette fête des Purim.
La chrétienté, avec des sentiments hélas bien mélangés, célèbre chaque année la naissance et la mort du Sauveur. Certes, réjouissons-nous de ce que beaucoup sont amenés de cette manière à penser au moins une fois ou deux par an à ces événements merveilleux. Et chaque fin d'année est bien, pour nous aussi, une occasion de bénir Dieu pour toutes les grâces accordées. Mais puissions-nous, non pas une fois par an, mais chaque premier jour de la semaine, et en vérité chaque jour de notre vie, nous souvenir de notre glorieuse rédemption, de notre glorieux Rédempteur.
Celui-ci nous apparaît une fois encore au chapitre 10 sous les traits de Mardochée: «Grand... agréable à la multitude de ses frères, cherchant le bien... parlant pour la paix...» (v. 3). En tout ceci nous contemplons Jésus qui, étant serviteur, a agi sagement et en conséquence doit être exalté et élevé, et placé très haut (Ãsaïe 52:13; voir aussi Ps. 45:6-8; Phil. 2:9-11). Mais Il est également digne d'occuper la première place dans nos pensées et dans nos affections (Col. 1, fin du verset 18). Que chacun de nous la lui donne dès maintenant!
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With the prayerful desire that the Lord Jesus Christ will use this God-given ministry in this form for His glory and the blessing of many in these last days before His coming. © Les Hodgett
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Grande est la différence entre le livre de Josué et celui des Juges. Le premier montrait Israël prenant victorieusement possession du pays de Canaan. Le second va nous raconter l'histoire du peuple habitant dans son héritage. En apparence, le sujet continue. Mais certains signes indiquent déjà que nous ne sommes plus au temps de Josué: Tout en se portant avec zèle contre le Cananéen, Juda semble compter moins sur l'Ãternel que sur son frère Siméon. Puis le roi ennemi, laissé en vie, est traité d'une manière barbare. â La page glorieuse est tournée; nous allons assister au déclin.
C'est ce qui est arrivé aussi à l'Ãglise responsable. La force et, dans une grande mesure, la bénédiction collective ont aujourd'hui disparu. Mais Dieu n'a pas changé. Sa puissance est toujours à la disposition de la foi individuelle. Othniel s'emparant de Debir en est un exemple. La bénédiction est aussi à notre portée (1 Pierre 3, fin du v. 9). Il suffit de la demander comme fait Acsa (v. 15). Elle découle pour nous de l'Esprit de Dieu qui, tel ces «sources» fertilisantes promises en Deutéronome 8:7, rafraîchit nos âmes par la Parole de Dieu. En ce début d'année, demandons à notre Père cette bénédiction.