Jusqu'ici l'Ãternel avait entouré son serviteur Job d'une haie de protection (v. 10). Une barrière invisible protège ainsi les croyants à la fois contre les attaques du dehors et contre leur propre tendance à quitter le lieu de la bénédiction. Les enfants de parents chrétiens par exemple sont gardés par l'enseignement reçu à la maison et dans les réunions. Qu'ils ne renversent pas délibérément cette haie! (Ecc. 10:8).
Satan a obtenu la permission d'agir (comp. Luc 22:31). Il choisit le jour favorable et, avec un empressement qui souligne sa haine, il frappe le malheureux Job de quatre coups successifs. En un moment notre patriarche, sans avoir pu reprendre haleine (Job 9:18), se trouve dépouillé de toute sa prospérité et privé de ses dix enfants. Debout au milieu de ces ruines, il n'en est pas ébranlé, montrant que sa confiance ne reposait pas dans les biens reçus, mais en Celui qui les avait donnés. «Est-ce pour rien que Job craint Dieu?» avait insinué le diable (v. 9). Par grâce, Job lui donne tort; même lorsqu'il n'a plus rien, il continue de craindre Dieu. Satan avait affirmé: «Tu verras s'il ne te maudit pas» (v. 11).
Que le nom de l'Ãternel soit béni! s'écrie Job quand tout lui est ôté (v. 21). Il met en pratique lâexhortation particulièrement difficile à réaliser: «En toutes choses rendez grâces» (1 Thess. 5:18).
Avec la permission de l'Ãternel, Satan a lancé un nouvel assaut contre Job. Il s'attaque cette fois à sa personne. C'en est trop pour la femme de Job. «Maudis Dieu et meurs», s'écrie-t-elle. Nouvelle épreuve pour notre patriarche! Sa propre femme est l'instrument de l'Ennemi pour l'amener à «maudire Dieu en face» (comme Satan s'y était engagé: Job 1:11; Job 2:5). Mais il reste ferme, recevant le mal comme le bien «de la part de Dieu» (v. 10; Lam. 3:38). Nous qui nous irritons souvent pour si peu, admirons et imitons l'exemple de cet homme de Dieu. Notre tendance est toujours de nous arrêter aux causes visibles de nos difficultés. Mais pour Job ce ne sont pas ceux de Sheba, ni les Chaldéens, ni même Satan, qui sont responsables de ses malheurs. Il reconnaît la main de Dieu derrière ces agents (seulement il ne sait pas encore que c'est une main d'amour). Et nous avons un modèle incomparablement plus grand: Celui qui recevait tout de la main de son Père, y compris la coupe de la colère de Dieu contre le péché (Jean 18:11).
Le chapitre se termine sur une scène impressionnante: Job et ses trois amis, assis muets pendant sept jours, devant une douleur sans pareille et en présence d'un mystère profond.
Comme des vagues successives, sept épreuves ont déferlé sur Job. L'Ennemi (dont la haine est toujours excitée par l'amour que Dieu porte aux siens) a frappé le patriarche à cinq reprises: dans ses biens (trois fois), dans ses enfants, puis dans sa santé. Le sixième coup, particulièrement perfide, a été porté par sa propre femme, mais l'homme de Dieu est resté inébranlable. Vient alors la dernière de ces «sept détresses» (Job 5:19), d'un côté qu'il n'attendait pas. Trois amis se sont concertés pour faire à Job une visite de condoléances. Et ce que les assauts furieux de Satan n'ont pas réussi à produire, la démarche de ces consolateurs va l'accomplir. à ce propos remarquons combien il est difficile de faire une bonne visite à quelqu'un qui passe par l'épreuve, et combien il est important de la préparer dans la prière. Ces hommes sont là , silencieux, qui considèrent dans sa désolation celui qu'ils avaient connu et honoré dans sa prospérité. Leur donner en spectacle sa misère, être pris en pitié, est plus que Job n'en peut supporter. L'amertume longtemps contenue déborde enfin. En termes déchirants Job «maudit son jour»; il voudrait n'être jamais né. Il souhaite la mort. Mais dans sa sagesse et son amour, Dieu n'avait pas permis à Satan d'aller jusque-là .
à leur tour les amis de Job prennent la parole. Ces consolateurs, que vont-ils dire de consolant? Ces sages, avec quelle sagesse vont-ils instruire leur ami malheureux et calmer son désespoir? Auront-ils, comme plus tard le divin Docteur, cette langue des savants qui sait «soutenir par une parole celui qui est las?» (Ãsaïe 50:4). Au contraire, leurs discours ne feront qu'exaspérer peu à peu le pauvre Job! Ce n'est pas que leurs arguments soient toujours faux! Nous y trouvons de grandes vérités qui font partie de la Parole inspirée. Certains versets sont même cités dans le Nouveau Testament (par ex. Job 5:13 en 1 Cor. 3:19). Mais Ãliphaz, Bildad et Tsophar feront de ces vérités une fausse application au cas de Job. Comme ces trois hommes, nous pouvons connaître beaucoup de vérités... et les citer mal à propos. «Une parole dite en son temps, combien elle est bonne» (Prov. 15:23).
Ãliphaz dans les v. 3 et 4 rend un bon témoignage à Job qui, avant d'être lui-même sous la discipline, avait redressé les mains lassées et les genoux défaillants (Héb. 12:12). Eh bien, lui dit assez brusquement son ami, puisque c'est ton tour d'être atteint par le malheur, mets donc en pratique ce que tu enseignais aux autres (voir Rom. 2:21).
Le thème principal que les trois amis vont développer de diverses manières dans leurs discours est le suivant: Dieu est juste. Il n'aurait pas frappé Job si sévèrement si celui-ci ne l'avait pas mérité. Toutes ses épreuves sont une punition, un jugement. Qu'il confesse ses péchés et il sera rétabli! Or nous savons par le commencement du récit que Job ne s'était rendu coupable d'aucune faute particulière. L'Ãternel lui-même disait à Satan: «Tu m'as incité contre lui pour l'engloutir sans cause» (Job 2:3). Il était donc faux de considérer son épreuve comme un châtiment. Mais, à l'exception de ce mot, les v. 17 et 18 sont un admirable résumé de toute son histoire. Rapprochons-les de Prov. 3:11 et 12, cité en Héb. 12:5 et 6: «Mon fils, ne méprise pas l'instruction de l'Ãternel, et n'aie pas en aversion sa réprimande; car celui que l'Ãternel aime, il le discipline». L'Ãternel avait bien quelque chose à reprendre et à redresser chez son serviteur: c'était un esprit de propre justice. Il avait fait la plaie, mais il allait aussi la guérir pour le bonheur de Job. â Celui que le Seigneur aime! Quelle consolation extraordinaire! La tempête que Satan déchaîne est finalement pour le croyant une preuve de l'amour divin.
Chaque discours de l'un de ses amis donne lieu à une réponse de Job. Il sent bien que son chagrin excessif lui fait prononcer des paroles outrées (v. 3). Méfions-nous de ce qui peut nous échapper sous le coup de l'excitation... ou de la colère (Prov. 29:20). «Quelle est ma fin pour que je patiente?» demande Job au v. 11. «La patience de Job» à laquelle l'épître de Jacques rend témoignage, n'avait tenu bon que jusqu'à la sixième épreuve. Et avant qu'il puisse connaître «sa fin», ou plutôt la merveilleuse «fin du Seigneur» (son but) envers lui, il était nécessaire précisément que cette patience ait eu «son Åuvre parfaite» en lui. C'est l'épreuve de la foi qui la produira (Jac. 1:3, 4 et Jac. 5:11). Comme Job, nous sommes toujours pressés de connaître la fin de ce qui nous arrive. Mais Dieu, dans sa sagesse, ne nous la révèle généralement pas d'avance, de manière à nous enseigner la vraie patience, celle qui n'a pas besoin de comprendre pour se soumettre et compter sur lui.
Job a appris une première leçon, à savoir qu'il n'y a pas de secours en lui-même, que toute capacité est chassée loin de lui (v. 13). C'est une bonne chose que d'avoir compris cela. Et point n'est besoin d'avoir traversé autant d'épreuves pour en être convaincu. Croyons simplement ce que nous en dit la parole de Dieu.
La détresse de Job, écrasé dans son corps, torturé dans son âme, face à un Dieu dont le silence le remplit de frayeur, peut aider ceux qui, comme lui, passent par le découragement, ne comprenant pas le but de leur épreuve. Comme lui, à la fin du livre, ils n'en connaîtront le sens que par un acte de foi. Ce n'est plus à Ãliphaz, mais à l'Ãternel que Job adresse la fin de son discours. Il fait un bref tableau de la condition pitoyable de l'homme sur la terre. Labeur, soupirs, déception, misère, agitation, amertume, détresse, dégoût, vanité, sont les expressions qu'il emploie, et qui ne résument que trop bien l'expérience humaine. Mais le mot-clé n'a pas encore été prononcé, celui qui est, qu'on le reconnaisse ou non, la cause première des malheurs de l'homme. Finalement Job s'écrie: «J'ai péché» (v. 20). Mais il ajoute: «Que t'ai-je fait?», comme si le péché n'était que cela: une source de misère pour l'homme, alors qu'il est d'abord et surtout une offense-Dieu.
D'une manière générale c'est tout ce cheminement de pensée que Dieu s'efforce de produire chez quelqu'un qu'il éprouve: constatation de son malheureux état, conviction de péché et confession à Dieu.
à la question désespérée des v. 17 et 18, le Ps. 8 apporte la glorieuse réponse en présentant Christ, le Fils de l'Homme, le dernier Adam (1 Cor. 15:22. 45).
Ãcoutons maintenant ce que Bildad va dire. N'osant pas encore affirmer ouvertement que les malheurs de Job résultent de ses propres péchés, il commence par parler de ses fils. Pour lui la question est simple: la mort des enfants de Job est la conséquence de leur transgression (v. 4). Ils ont péché et Dieu les a frappés. Cruelle parole pour cet homme pieux dont nous connaissons l'heureuse habitude: il se levait de bonne heure pour offrir des holocaustes pour ses fils (Job 1:5). C'est comme si son ami lui disait: Tes prières étaient inutiles; Dieu ne t'a pas écouté et n'a pas voulu sauver tes enfants.
Les trois amis ne connaissent Dieu que comme un juste juge. Certes, la justice du Tout-puissant (v. 3) est un côté de la vérité. Elle est même si parfaite que lorsque son propre Fils s'est chargé de nos péchés, Dieu a été obligé de le frapper de sa colère. Mais la croix, où a été donnée cette preuve suprême de sa justice, nous apporte en même temps la plus merveilleuse preuve de son amour. En ne parlant aux hommes que de justice sans amour, on les pousse au découragement ou à se justifier eux-mêmes. C'est le double effet que produiront sur Job les raisonnements de ses amis.
Bildad a souligné la justice inflexible de Dieu. Job ne peut faire autrement que d'être d'accord avec lui. Mais alors il soulève la grande question: «Comment un homme sera-t-il juste devant Dieu!» (v. 2). Elle a tourmenté beaucoup de sages et de penseurs depuis les origines du monde! La réponse n'est pas dans les raisonnements des philosophes et des moralistes. Elle n'est pas même dans les Åuvres puissantes du Créateur, dont Job donne ici quelques exemples. C'est dans la parole de Dieu que nous la trouvons! Après avoir établi qu'«il n'y a point de juste, non pas même un seul». elle nous annonce la bonne nouvelle: nous sommes «justifiés gratuitement par sa grâce, par la rédemption qui est dans le Christ Jésus...». Et en même temps: «l'homme est justifié par la foiâ¦Â» (Rom. 3:10, 24, 28 â voir aussi Tite 3:7: 1 Cor. 6:11; Gal. 3:24).
à partir du v. 15 Job exprime sa totale impuissance. Entre Dieu et lui, la lutte est inégale. Il s'estime écrasé par un juge impitoyable qui sans cause multiplie ses blessures (v. 15, 17). Triste pensée pour un croyant! â Nous possédons un tendre Père en Jésus. Qu'aucune circonstance, si pénible soit-elle, ne nous le fasse oublier!
Au Job 7:6 Job avait comparé la fuite de ses jours à la navette du tisserand. Il emploie ici l'image d'un coureur, puis celle des barques légères emportées par un fleuve, enfin celle d'un aigle qui fond sur sa proie (v. aussi Jac. 4:14 et Ps. 39:5). Jeune on ne le réalise guère, par contre le témoignage de tous les vieillards est unanime: la vie est en réalité vite passée. Et nous n'en avons qu'une seule à vivre.
Non, il n'est pas possible de les retenir, ces jours qui s'échappent sans retour. Par contre, la manière dont nous les remplissons peut leur donner une valeur éternelle. Employé pour le monde, le temps se dissipe en vanités mensongères. Mais s'ils sont utilisés pour le Seigneur, les courts moments pendant lesquels nous sommes sur la terre peuvent porter un fruit qui demeure (Jean 15:16).
Nous adressons une exhortation toute spéciale à ceux d'entre nos lecteurs qui n'appartiendraient pas encore au Seigneur: Cette rapide fuite des jours incite bien des personnes à jouir de la vie. «De l'heure fugitive, hâtons-nous, jouissons; L'homme n'a point de port, le temps n'a point de rive...» â a dit un poète. Mensonge! Il y a une rive (Marc 4:35), il existe un port (Ps. 107:30). Préparez-vous à y aborder en sûreté!
«Prends-tu plaisir à opprimer?» Telle est la question que, dans son amertume, Job voudrait poser à Dieu (v. 3). L'Ãcriture lui répond par un verset qu'il ne faut jamais oublier dans nos épreuves: «Ce n'est pas volontiers qu'il afflige et contriste les fils des hommes» (Lam. 3:33). à plus forte raison quand il s'agit de ses enfants.
Comme Job dans les v. 8-12, David au Ps 139 (v. 14-16) s'émerveille de la manière dont il a été créé. Et il conclut de même: Celui qui m'a ainsi «façonné,... tissé d'os et de nerfs», me connaît jusqu'au fond de l'âme. Comment serait-il possible de lui cacher quoi que ce soit? La lumière de Dieu, ses yeux qui scrutent le péché, voilà ce qui met Job mal à l'aise (v. 6; Job 13:9). Il se sent devant l'Ãternel comme une proie chassée par un lion (v. 16). De même l'auteur du Ps. 139 cherche d'abord à s'abriter des regards de Dieu. Mais à la fin il en vient à désirer être sondé et connu par lui. Quel progrès quand nous en sommes arrivés là !
«Tes soins ont gardé mon esprit», reconnaît Job (v. 12). à défaut de ces soins, qui sait jusqu'où il aurait sombré? Peut-être jusqu'à maudire Dieu ou à s'ôter la vie (Job 2:9)? Réalisons à quel point notre esprit, si vite excité ou au contraire abattu, a besoin d'être gardé par le Seigneur!
Tsophar prend la parole à son tour. Ãtrange consolateur en vérité! Plus sévère encore que ses deux compagnons, il commence par accuser Job d'être un bavard (v. 2), un menteur et un moqueur (v. 3). Il parle ensuite de son iniquité (v. 6). Et, à partir du v. 13, il dresse un tableau de ce qu'à son avis il faut faire pour être béni par Dieu: Si tu fais ceci, si tu fais cela...! Cette disposition d'esprit s'appelle le légalisme. Déjà Ãliphaz avait engagé Job à mettre sa confiance, non en Dieu, mais dans sa propre crainte de Dieu, dans l'intégrité de ses voies (Job 4:6). Et Job n'était justement que trop disposé à s'appuyer sur lui-même â plutôt que sur l'Ãternel. Ceci nous montre à quel point le cÅur humain est imbu de propre justice. Même un croyant est exposé à cet esprit légal qui conduit à penser du bien de soi et par voie de conséquence à sous-estimer l'immensité de la grâce de Dieu. Les v. 7-9 posent précisément des questions au sujet de l'infini de Dieu dans toutes ses directions: hauteur, profondeur, longueur, largeur. Quel mortel peut les apprécier? Ãph. 3:18, 19 apporte la réponse: Par l'Esprit, tous les saints peuvent être rendus «capables de comprendre quelle est la largeur et la longueur, et la profondeur et la hauteur, â et de connaître l'amour du Christ qui surpasse toute connaissance».
Les lieux communs que Tsophar vient d'énoncer comme si Job lui était inférieur en connaissance n'ont fait qu'humilier et vexer celui-ci. Non seulement il n'a pas été l'objet de la miséricorde qu'il était en droit d'attendre de la part de ses amis (Job 6:14), mais il constate qu'il est devenu leur risée! (v. 4: voir aussi Job 17:2: Job 21:3: Job 30:1: Ps. 35:15). Comment ne pas évoquer les hochements de tête de ceux qui passaient devant le «Juste parfait» crucifié, en se moquant: «Il s'est confié en Dieu; qu'il le délivre maintenant, s'il tient à lui» (Matt. 27:43)? En d'autres termes: Si Dieu ne le délivre pas, c'est bien la preuve qu'il a mérité sa colère. (En somme, c'est ainsi que raisonnent les amis de Job à son sujet.) «Nous l'avons estimé battu, frappé de Dieu et affligé» â dira le peuple juif repentant quand il reviendra à Jésus son Sauveur (Ãsaïe 53:4). Oui, Christ, précisément parce qu'il était le juste parfait, a connu et ressenti plus que personne l'amertume des accusations injustes. Mais sa confiance en son Dieu et son entière soumission n'ont pas été ébranlées (Ps. 56:5, 6, 11).
Quel contraste avec Job qui n'a pu supporter ni la moquerie ni les accusations mensongères et qui pendant trois chapitres (12-14) va se faire l'avocat de «sa juste cause» (Job 13:18).
Beaucoup de personnes se font de Dieu la même image que Job: un Ãtre tout-puissant qui agit arbitrairement, sans rendre de comptes à personne et dont les voies sont incompréhensibles. L'homme est entièrement à sa merci, telle une feuille chassée par le vent (Job 13:25), et tout ce qu'il peut faire, c'est chercher à s'abriter de ses coups le mieux possible. Ce «fatalisme» se retrouve dans la plupart des religions orientales. Il est bien vrai que Dieu est tout-puissant et agit de manière souveraine. Il est également vrai que l'homme est faible et dépendant: qu'il sort «comme une fleur, et il est fauché» (v. 2: 1 Pierre 1:24). Mais il n'est pas vrai que Dieu se joue de l'homme en le dominant pour son plaisir (v. 20). Au contraire, il a soin de sa créature et ne brise pas «le roseau froissé» (Ãsaïe 42:3 Matt. 12:20). «Qui est-ce qui tirera de l'impur un homme pur?» demande Job (v. 4). Plus loin il s'écrie: «Ma transgression est scellée dans un sac...» (v. 17). Il n'a pas conscience de la plénitude de la grâce, comme c'est toujours le cas quand on est occupé de sa propre justice. Chacun de nous connaît-il Celui qui purifie parfaitement le pécheur souillé et qui a jeté dans les profondeurs de la mer le «sac» pesant contenant tous ses péchés? (Michée 7:19).
Un nouveau débat s'est ouvert. Chaque interlocuteur reprendra la parole dans le même ordre que la première fois. Coup après coup, les trois compagnons enfonceront leur accusation dans la conscience de Job, comme on enfonce un clou: Tu es un hypocrite, un homme rusé. Si tu n'étais pas coupable tu ne te défendrais pas avec autant de paroles. Qui s'excuse s'accuse â dit le proverbe (v. 5 et 6).
Les trois amis de Job sont des moralistes, chacun ayant sa théorie et sa méthode. Ãliphaz s'appuie sur l'expérience humaine: ce qu'il sait (v. 9), ce qu'il a vu (v. 17). Bildad par contre se réfère volontiers aux anciennes traditions (par ex. Job 8:8). Quant à Tsophar, nous l'avons remarqué, ses arguments sont inspirés du plus pur légalisme. Mais aucun des trois ne se fonde sur ce que Dieu a dit. N'ayant que ces bases incertaines, ne nous étonnons pas s'ils errent, «ne connaissant pas les écritures...» (Matt. 22:29). La parole de Dieu est la seule source à laquelle nous puissions nous fier pour nous-mêmes et pour aider ceux qui sont placés sur notre chemin. Un jeune, un enfant même, qui la connaît, a plus d'intelligence qu'un vieillard à cheveux blancs (v. 10) dont la sagesse ne s'appuie que sur sa propre expérience (Ps. 119:99, 100).
«Vous êtes tous des consolateurs fâcheux», répond Job à ses visiteurs (v. 2). Voici comment j'agirais si vous étiez à ma place et moi à la vôtre (v. 5). Pour sympathiser réellement avec quelqu'un, il est nécessaire d'entrer dans son épreuve comme si nous la subissions nous-même (Hébr. 13:3). Jésus ne guérissait pas un malade sans avoir senti d'abord tout le poids de sa souffrance. «Lui-même a pris nos langueurs, et a porté nos maladies» (Matt. 8:17). Aussi mérite-t-il ce nom d'ami (Matt. 11:19) qui convient si mal aux trois visiteurs de Job.
Au v. 9, Job se voit frappé de la colère de Dieu. Au v. 10, il exprime ce qu'il endure de la part des hommes. L'épreuve de Job a été multiple. Mais qu'est-elle en comparaison de ce que Christ a souffert, lui qui «n'avait fait aucune violence»? (Ãsaïe 53:9; comp. v. 17). Il a subi de la part des hommes animés par Satan, puis de la part de Dieu durant les trois heures de ténèbres de la croix, des souffrances inexprimables. Maintenant son sang répandu sauve les croyants et accuse le monde. Il est lui-même dans les cieux pour nous, le Témoin de notre justification (v. 19). Il est aussi, auprès de Dieu l'Arbitre ou le Médiateur (note) dont Job sentait la nécessité (v. 21).
Job, dans sa douleur, ne voit pas d'autre issue que la mort et l'appelle à son secours. Ceci aurait dû prouver à ses amis qu'il n'avait pas mauvaise conscience. S'il avait été coupable comme ils l'en accusaient, n'aurait-il pas redouté de paraître devant Dieu?
Ses paroles se font toujours plus déchirantes: «Je suis devenu un homme auquel on crache au visage» (v. 6). Cet outrage odieux et infamant a été infligé à notre Sauveur (Ãsaïe 50:6; Marc 14:65 et 15:19). L'homme a montré toute la bassesse dont il est capable en insultant aussi lâchement Celui qui était sans défense et déjà dans le plus profond abaissement volontaire!
«Les hommes droits en seront étonnés» continue Job au v. 8. Quelle chose incompréhensible en effet, que de voir «le juste abandonné»! (Ps. 37:25). Un tel spectacle risquait de renverser la foi de plusieurs en la justice de Dieu (comp. Ps. 69:6).
«Mes desseins sont frustrés â s'écrie Job â les plans chéris de mon cÅur», (v. 11). Il arrive en effet que Dieu se mette en travers de notre chemin pour nous amener à sonder nos cÅurs et à y découvrir des projets que nous caressions mais qui n'avaient pas son approbation (Prov. 16:9; Prov. 19:21). Et disons-nous bien que lorsqu'il ferme une porte devant nous, c'est parce qu'il sait qu'il n'y a rien de bon pour nous derrière elle.
En accablant leur ami, Ãliphaz, Bildad et Tsophar travaillent sans s'en rendre compte à ébranler sa foi.
Accuser quelqu'un, c'est faire l'Åuvre habituelle de Satan. Non seulement celui-ci attaque le croyant devant l'Ãternel, comme nous l'avons vu faire aux ch. 1 et 2, mais encore il l'accuse au-dedans de lui-même en lui inspirant des doutes: «Tu n'as pas la vraie sorte de foi! Tu n'es pas sauvé! Tu vois bien que Dieu t'abandonne! Si tu étais un enfant de Dieu, tu ne te conduirais pas ainsi».
Et les premiers doutes semés en amènent d'autres, car l'Ennemi en profite pour souffler ensuite: «Puisque tu as des doutes, c'est la preuve que tu n'as pas la foi; un croyant ne peut pas douter.»
Repoussons avec énergie ces «dards enflammés du méchant». Par quel moyen? En nous servant du «bouclier de la foi», autrement dit la simple confiance en Dieu et dans les promesses de sa Parole (Ãph. 6:16).
Bildad évoque le roi des terreurs (v. 14). C'est la mort, menace permanente, vers laquelle tout homme est contraint de marcher sans savoir quand il la rencontrera. Mais pour le croyant elle n'est plus un sujet d'effroi. Jésus en affrontant lui-même volontairement la mort, a rendu impuissant Satan qui en avait le pouvoir (Héb. 2:14).
«Jusques à quand?» â avait demandé Bildad (Job 18:2). â jusques à quand?... réplique Job dont le ton s'échauffe. Il n'y a en effet pas de raison pour que prenne fin ce «dialogue de sourds» où chacun poursuit son idée. «Job pense que Dieu est contre lui sans raison; ses amis que Dieu est contre lui avec raison. En fait tous se trompent; Dieu est pour Job» (A.G.) (comp. Lam. 3:1...).
Nous qui sommes, pour la plupart, entourés de l'affection et de la compréhension des nôtres â et que dire de celle de l'Ami suprême! â pensons combien Job a dû se sentir seul dans une telle douleur sans pouvoir ouvrir son cÅur à personne! Les v. 13-19 nous donnent un écho poignant de ce sentiment de solitude d'autant plus grande qu'il croit précisément avoir Dieu contre lui: «Il a allumé contre moi sa colère...» s'écrie-t-il (v. 11). Non Job! La colère divine que nous avions toi et moi méritée a frappé quelqu'un d'autre à notre place. Ceux qui appartiennent à Jésus ne la connaîtront jamais.
Ayant devant lui l'abandon de Dieu, Christ n'a pu confier sa douleur à personne. Il a été incompris de tous et délaissé par les siens (Marc 14:37, 50). Dans une souffrance qui n'eut jamais son égale, nul jamais ne fut seul comme lui.
La véhémence de Job contraste avec les froides sentences de ses trois compagnons. Ceux-ci ne pouvaient lui offrir aucun secours dans sa douleur, mais nous découvrons alors que Job possédait un point d'appui inébranlable: sa foi en un Rédempteur vivant. Les v. 25-27 du chapitre 19 nous l'apprennent: Job, comme les autres patriarches, avait reçu une révélation divine au sujet de la résurrection. «De ma chair je verrai Dieu» (comp. Ps. 17:15).
Combien nous en savons plus qu'eux, nous qui voyons l'avenir dans la pleine lumière du Nouveau Testament! Et pourtant beaucoup d'enfants de Dieu ne dépassent pas la croix où ils contemplent un Sauveur mort pour leurs péchés. Vérité certes inestimable! Mais savons-nous bien tous que notre Rédempteur est maintenant vivant (Apoc. 1:18)? «C'est Christ qui est mort, mais plutôt qui est aussi ressuscité, qui est aussi à la droite de Dieu, qui aussi intercède pour nous» (Rom. 8:34).
à ces remarquables paroles de foi que l'Esprit de Dieu a dictées à Job, Tsophar répond par sa propre intelligence (v. 2, 3). Reprenant le thème d'Ãliphaz et de Bildad (Job 15:20-35; Job 18:5-21) il s'étend longuement sur le sort qui attend les méchants, attaquant ainsi indirectement et sans pitié son pauvre ami (voir Prov. 12:18).
Job se trouve devant un impénétrable mystère: Pourquoi Dieu, qui est juste, frappe-t-il précisément celui qui cherchait à lui plaire? (Et n'est-ce pas là , la question des questions: celle qu'a posée Jésus sur la croix: Ps. 22:1?) Pourquoi d'autre part, contrairement à ce qu'ont affirmé Ãliphaz, Bildad et Tsophar, les méchants prospèrent-ils à leur gré sur la terre? Ils insultent Dieu en lui disant: «Retire-toi de nous, nous ne prenons pas plaisir à la connaissance de tes voies» (v. 14) et malgré cela restent présentement impunis! (v. 7-15; Mal. 3:18). Le silence de Dieu, son indifférence apparente aux provocations des hommes, sont une énigme pour beaucoup de croyants (Ps. 50:21). Ce grave problème tourmente par exemple le pieux Asaph dans le Ps. 73. à quoi sert-il de purifier mon cÅur â médite-t-il avec amertume â si tout de même mon châtiment doit revenir chaque matin? Les méchants ont la part plus belle que moi. Mais lisons le v. 17 de ce psaume: «...J'ai compris leur fin»! Ah! ne portons pas envie à ceux du monde! Ce n'est pas de ce côté de la tombe que Dieu dit son dernier mot. Le contraste est total entre cette fin terrible qui attend ceux qui n'auront pas cru et l'avenir glorieux que le Seigneur réserve à ses chers rachetés (Jean 14:3; Jean 17:24; Rom. 8:17, 18).
Une troisième série de discours commence. Jusqu'ici les amis avaient parlé du méchant d'une manière générale: Il fait ceci, il mérite cela (Job 15:20 ... ). à présent Ãliphaz découvre le fond de sa pensée par des accusations directes: ta méchanceté, tes iniquités... (v. 5). Combien cet homme et ses deux compagnons sont loin des enseignements du Seigneur qui ordonne d'enlever la poutre de son Åil avant d'ôter le fétu de l'Åil de son frère (Matt. 7:1-5). Et aussi combien loin de son exemple: lui qui s'abaissait pour laver les pieds de ses disciples (Jean 13:14, 15).
En comparant le v. 3 avec ce qu'a dit l'Ãternel à Satan (Job 1:8: Job 2:3), nous voyons combien mal Ãliphaz connaît Dieu. Rien au contraire ne lui est plus agréable qu'un homme qui pratique la justice (Actes 10:35).
Toutefois, à travers ces paroles, sachons écouter ce que l'Esprit de Dieu veut nous dire. Si par exemple l'un de nos lecteurs n'était pas encore en paix avec Dieu, qu'il obéisse à l'injonction du v. 21: «Réconcilie-toi avec lui, je te prie, et sois en paix: ainsi le bonheur t'arrivera» (comp. 2 Cor. 5:20). Quant au verset suivant, ne s'adresse-t-il pas à nous tous qui avons encore bien des progrès à faire? «Reçois l'instruction de sa bouche, et mets ses paroles dans ton cÅur»!
Job en est déjà à son huitième discours, et le fossé se creuse toujours plus entre lui et ses compagnons. Ces derniers, comme beaucoup de personnes aujourd'hui, voient en Dieu un Créateur souverain, trop grand pour condescendre à s'occuper en détail de leurs circonstances et pour tenir compte de leurs sentiments (voir Job 22:2, 3, 12). Job a davantage de connaissance. Il sait que Dieu s'intéresse à lui â plus même qu'il ne voudrait (Job 7:19) â mais il le croit inaccessible. «Oh! si je savais le trouver», s'écrie-t-il. Chacun de nous sait-il où trouver Dieu? Il s'est approché de nous en Jésus, de sorte que nous pouvons à notre tour nous approcher librement de lui par la prière et avoir accès là où Christ est assis, à la droite de Dieu (v. 3; Héb. 4:16).
Le v. 10 rappelle le but de l'épreuve: «j'en sortirai comme de l'or», affirme Job. Bien qu'il lui manque encore le sentiment de la grâce qui opère pour son bien, notre patriarche est d'accord avec l'apôtre Pierre. Vous êtes â écrit celui-ci â affligés pour un peu de temps, si cela est nécessaire, «afin que l'épreuve de votre foi, bien plus précieuse que celle de l'or qui périt... soit trouvée tourner à louange, et à gloire, et à honneur, dans la révélation de Jésus Christ» (1 Pierre 1:7, 8).
Bildad signifie «fils de contestation». C'est un nom qu'il mérite en effet! Or que recommande la Parole?: «Il ne faut pas que l'esclave du Seigneur conteste, mais qu'il soit doux envers tous, propre à enseigner, ayant du support, enseignant avec douceur les opposants...» (2 Tim. 2:24, 25). Aucun des trois amis n'a manifesté ces caractères. Ils savaient poser des questions, ils étaient incapables d'y apporter des réponses; ils pouvaient blesser mais non guérir, renverser mais non édifier. Après un bref discours de Bildad, ils se taisent définitivement. Les paroles les plus sévères n'ont pas réussi à produire chez Job une vraie conviction de péché. Plus il a été accusé, plus il a éprouvé le besoin de se justifier. Cette conviction de péché, seul l'Esprit de Dieu peut la produire dans une conscience. L'a-t-il fait dans la vôtre?
Et le cÅur de Job n'a pas davantage été touché par une vraie parole de consolation. Nous pensons à cette exclamation du plus grand des affligés: «J'ai attendu que quelqu'un eût compassion..., mais il n'y a eu personne,... et des consolateurs, mais je n'en ai pas trouvé» (Ps. 69:20).
Loin d'apaiser Job, de l'aider par un sage conseil (Job 26:2, 3), les propos de ses amis l'ont excité à un point extrême. Et il se lance à présent dans un long et désolant monologue.
Il ne faudra pas moins de six chapitres à Job pour établir sa propre justice. C'est trop et ce n'est pas assez! Y en aurait-il cent que cela ne suffirait pas, car rien de ce qui vient de l'homme ne peut faire le poids dans la balance de la justice divine. Mais d'autre part, cette justification est chose faite, entièrement en dehors de ses propres efforts.
Remarquons que le fait de se justifier lui-même, revient implicitement pour Job à accuser d'injustice ce Dieu qui le frappe à tort (comp. Job 40:3). De plus il se permet ouvertement de faire des reproches au Tout-puissant qui a écarté son droit et qui le tourmente sans raison (v. 2).
Il y a de l'orgueil dans cette attitude. «Je tiendrai ferme ma justice... â dit Job â mon cÅur ne me reproche aucun de mes jours» (v. 6). Mais que répond la parole de Dieu? «Si nous disons que nous n'avons pas de péché, nous nous séduisons nous-mêmes, et la vérité n'est pas en nous» (1 Jean 1:8). D'ailleurs, si notre propre cÅur ne nous reproche rien, cela ne prouve pas que nous sommes sans péché. Dieu est infiniment plus sensible au mal que ne l'est notre conscience (1 Cor. 4:4). Dans la pénombre, nos vêtements peuvent nous paraître propres tandis qu'en plein soleil (celui de la lumière de Dieu) la moindre tache apparaîtra (Prov. 4:18).
Job a déjà compris quelque chose d'important: De cette épreuve que Dieu lui fait traverser, sa foi sortira comme l'or éclatant du creuset de l'affineur (Job 23:10). Mais ce qu'il ignore, c'est de combien de scories il doit d'abord être débarrassé: «Oui... il y a un lieu pour l'or qu'on affine» (v. 1; voir aussi Zach. 13:9 et Mal. 3:3). Et ce lieu, c'est le creuset de l'épreuve! Le Seigneur, comme un sage orfèvre, connaît l'intensité et la durée de ce feu, nécessaire pour purifier son argent et son or, c'est-à -dire ses précieux rachetés. Le parfait «Diamantaire» sait combien de coups de ciseau douloureux il devra donner avant que brillent de tous leurs feux ses onyx et ses saphirs, ses rubis et ses topazes.
L'homme est capable d'accomplir des travaux considérables: barrages, tunnels, autoroutes etc... Il extrait du sol toutes sortes de denrées rares et de grand prix (v. 9-11). Mais il est une chose qu'il ne se préoccupe guère de rechercher: c'est la sagesse. Pourtant elle a plus de valeur que les perles (v. 18) ou les rubis, déclare le livre des Proverbes, qui nous parle tellement de cette Sagesse divine (Job 3:15: Job 8:11). Comparez aussi l'importante définition du v. 28 avec Prov. 9:10 et Ps. 111:10.
Au début du livre, Dieu nous avait brièvement parlé du premier état de Job. Ces versets en complètent le tableau. Mais cette fois c'est Job qui fait son propre portrait. Tout ce qu'il dit de ses Åuvres est certainement exact. Ainsi les accusations de Tsophar (Job 20:19) et d'Ãliphaz (Job 22:6, 7, 9) étaient de pures calomnies (comp. v. 12, 13).
Qui pourrait encore aujourd'hui, aligner autant de titres à l'approbation de Dieu et à la considération des hommes? Toutefois la complaisance avec laquelle Job décrit sa condition précédente montre qu'il y mettait son cÅur et s'en glorifiait. Il n'avait pas encore appris comme l'apôtre «à être content» dans les circonstances où il se trouvait; il supportait beaucoup moins bien d'être «abaissé» ou «dans les privations» que d'être «dans l'abondance» (Phil. 4:11, 12). De plus, nous avons pu remarquer les «je», «moi», «me» qui se succèdent dans ces versets (environ cent fois). Petits mots qui trahissent la haute opinion que Job nourrit de sa propre personne. Il avait jusque-là caché dans son cÅur, sous une modestie apparente, ce sentiment qui maintenant éclate au grand jour. Ce qui va permettre à Dieu de l'en délivrer, mais seulement lorsque Job l'aura confessé.
Quel contraste entre ce chapitre et le précédent! Comblé d'honneurs, jouissant d'une popularité flatteuse, Job s'est trouvé du jour au lendemain, objet de mépris et de moquerie. Le monde est hypocrite et traître. Les croyants qui ont cru pouvoir lui accorder un moment leur confiance ont fait tôt ou tard cette pénible découverte. Le cÅur humain trouve du plaisir dans le malheur des autres. Ne s'est-il pas réjoui avec malice de l'abaissement de Jésus? (comp. v. 9 et Ps. 69:12).
Les bénédictions terrestres de Job avaient ainsi pu se flétrir. Celles du chrétien par contre sont des «bénédictions spirituelles dans les lieux célestes en Christ» (Ãph. l:3). Ni Satan, ni le monde, ni la mort même, ne pourront jamais les lui enlever... Job qui estimait que sa piété lui donnait droit à la prospérité, va maintenant jusqu'à se plaindre de Dieu. Sommes-nous sûrs que cela ne nous arrive jamais? Et avec encore bien moins de raison apparente!
«Je crie à toi, et tu ne me réponds pas» (v. 20). Ce sont les paroles du Ps. 22:2. Mais quel contraste entre l'amertume de Job, qui prête à Dieu des sentiments d'animosité et de cruauté (v. 21), et la parfaite soumission du Seigneur Jésus qui n'abandonne à aucun moment sa confiance en son Dieu.
Au Job 29, Job s'est longuement étendu sur le bien qu'il faisait; il expose ici avec autant de détails le mal qu'il ne faisait pas: immoralité (v. 1-12), injustice (v. 13-15), égoïsme (v. 15-23), idolâtrie (v. 24-28). On peut se glorifier de l'une ou l'autre manière en oubliant que c'est Dieu seul qui nous incite à bien faire comme c'est lui qui nous préserve de mal faire.
Il n'en reste pas moins que si quelqu'un avait le droit de s'appuyer sur ses Åuvres, c'était bien le patriarche Job. Paul écrit la même chose à son propre sujet dans l'épître aux Philippiens (ch. 3:4). «Mais â ajoute-t-il â les choses qui pour moi étaient un gain, je les ai regardées, à cause du Christ, comme une perte...» Ses avantages naturels de bon Israélite, sa justice passée de pharisien consciencieux, tout cela il le considère désormais comme des ordures. De sorte que Dieu n'a rien besoin de lui ôter comme à Job; Paul, par grâce, a déjà mis de côté tout ce qui n'était pas Christ.
Remarquons les nombreux points de suspension dans le texte; ils semblent sous-entendre toutes les bonnes choses que Job pense de lui-même et de ses Åuvres passées.
Enfin, en terminant cet exposé de tous ses mérites, Job y appose solennellement sa signature et met Dieu au défi de lui répondre (v. 35).
Ãliphaz, Bildad et Tsophar ont épuisé leurs arguments. à son tour Job s'est tu! Alors entre en scène un nouveau personnage: Ãlihu, dont le nom signifie «Dieu lui-même». L'Esprit de Dieu va s'exprimer par sa bouche (1 Pierre. 4:11).
L'insuffisance de l'homme a été amplement démontrée. En Job s'est manifestée l'incapacité de supporter l'épreuve; chez ses amis: la vanité des consolations humaines. Maintenant que «la sagesse terrestre» a été mise en défaut, «la sagesse d'en haut» va parler par Ãlihu (Jac. 3:14-17). Et, devant cet homme plus jeune qu'eux, les quatre vieillards vont se trouver confondus.
Ãlihu a le sens des convenances. Il a attendu avec patience la fin des précédents discours. Les jeunes spécialement doivent savoir écouter. C'est d'abord une marque de sagesse (Jac. 1:19). La connaissance et l'expérience de leurs aînés est généralement plus grande que la leur! C'est ensuite de la simple politesse!
Toutefois ces égards n'empêchent pas Ãlihu d'être saisi d'une sainte colère. La gloire de Dieu a été mise en question par Job et ses compagnons, et l'homme de Dieu fidèle ne peut pas les ménager. Il n'a le droit ni de flatter, ni de faire acception de personnes, deux dangers auxquels nous n'échappons pas toujours (v. 21).
à deux reprises déjà Job a réclamé l'intervention d'un arbitre (ou d'un médiateur: Job 9:33 et Job 16:21). Désir qui est exaucé! Ãlihu va être pour lui l'interprète des pensées de Dieu. Ce rôle, Job l'avait compris, ne pouvait être rempli que par un homme comme lui (Job 9:32). «Voici je suis comme toi quant à Dieu, je suis fait d'argile, moi aussi», â répond Ãlihu (v. 6).
L'Ãcriture nous apprend que le «médiateur entre Dieu et les hommes est un, l'homme Christ Jésus...» (1 Tim. 2:5). Profond mystère de l'humanité du Seigneur, sans laquelle il n'aurait pu davantage se faire le porte-parole de l'homme devant Dieu!
«Dieu parle une fois, et deux fois...» (v. 14). Après avoir parlé par des prophètes, Dieu a parlé dans le Fils. Quelle attention le monde aurait-il dû porter à ce langage! (Héb. 1:1, 2; Héb. 2:1). Pourtant notre v. 14 continue ainsi: ... «et l'on n'y prend pas garde». Si grande est l'indifférence et la dureté du cÅur humain! C'est pourquoi la même épître avertit solennellement: «Prenez garde que vous ne refusiez pas... celui qui parle ainsi des cieux» (Héb. 12:25). Par une brève sentence, Ãlihu met de côté tous les raisonnements: «Dieu est plus grand que l'homme» (v. 12). Et il n'a pas de comptes à rendre à ce dernier (v. 13).
Les v. 23 et 24 du ch. 33 dirigent nos pensées sur Jésus, l'interprète par excellence, le Messager de l'amour divin. Il est venu montrer à l'homme pécheur le chemin de la droiture, autrement dit l'amener à reconnaître son état, à se juger dans la lumière divine. La vie de Christ ici-bas a, entre autres, ce but: elle manifeste par contraste le véritable état de l'homme. Mais pour que Dieu fasse grâce, une propitiation était nécessaire. Elle a été trouvée: c'est la mort de Christ. Par elle nous sommes délivrés de la fosse de la destruction. Ce n'est pas tout!: les v. 25 et 26 suggèrent la nouvelle vie, la communion, la joie, la justice qui sont notre part. Dieu nous a pour agréables (Ãph. 1:6). Autant de conséquences de la résurrection de Christ, notre Médiateur, et de sa présence actuelle dans la gloire. Enfin les v. 27 et 28 rappellent le témoignage que nous sommes appelés à rendre «devant les hommes» au sujet de ce que Dieu a fait pour nous. Puissions-nous ne pas l'oublier!
Au Job 34 Ãlihu est obligé de parler d'une manière sévère. En se justifiant, Job avait accusé Dieu d'injustice (Job 32:2). C'était plus grave qu'il ne le pensait! Il s'était en cela associé aux incrédules et aux méchants, et devait être repris vertement (Rom. 9:14).
Il est impossible à un homme de se former un jugement sur Dieu par ses propres raisonnements. Il n'a en effet que ses semblables comme éléments de comparaison. Pour que sa créature puisse Le connaître, il a fallu que Dieu se révèle lui-même. Et encore, n'est-ce pas notre propre intelligence qui peut saisir cette révélation divine. La foi seule en est capable. Dieu se manifeste maintenant par son Esprit. «Personne ne connaît les choses de Dieu... si ce n'est l'Esprit de Dieu» (1 Cor. 2:11). Il conduit le croyant dans toute la vérité (Jean 16:13). Ãlihu instruisant Job nous en est une image. Il lui montre qu'en déduisant sa connaissance de Dieu de ses expériences et de ses pensées (v. 33) il a fait complètement fausse route. N'en est-il pas arrivé à condamner Celui qui est pourtant le Juste par excellence (v. 17)?
Qu'aurait dû faire Job, plutôt que de nourrir et d'exprimer toutes ces fausses pensées au sujet de Dieu? Lui demander humblement: «Ce que je ne vois pas, montre-le moi» (v. 32). Courte prière que chacun de nous a aussi besoin d'adresser au Seigneur à tout moment de la journée!
Job avait tiré de ses malheurs la triste conclusion suivante: Ce n'était vraiment pas la peine de s'appliquer à être juste; il n'en avait finalement aucun avantage de plus que s'il avait péché! (Job 9:22: Job 34:9; Job 35:3). Hélas, il découvre là le fond de son cÅur! Il paraît donner raison à Satan qui avait insinué: «Est-ce pour rien que Job craint Dieu»? (Job 1:9). Cela ressemble presque au raisonnement de «ces hommes corrompus dans leur entendement... â dont parle l'apôtre â qui estiment que la piété est une source de gain» (1 Tim. 6:5: lire aussi Mal. 3:14).
Notre patriarche ne savait pas jusqu'alors qu'il y eût de tels sentiments dans son cÅur. Il connaissait ses bonnes actions, mais pas leurs secrets motifs. Et ceux-ci étaient loin d'être toujours bons. Laissons l'Esprit nous sonder par la Parole, discerner et mettre à nu les intentions de nos cÅurs (Hébr. 4:12). C'est le service qu'Ãlihu rend à Job en lui parlant la vérité. Certaines choses ne sont pas agréables à entendre; mais «les blessures faites par un ami sont fidèles» (Prov. 27:6 voir aussi Col. 4:6). Et quand ces leçons nécessaires auront été apprises, les larmes, les cris de détresse, les appels au secours (Job 19:21) feront place à «des chants de joie dans la nuit» (v. 9. 10).
Ãlihu poursuit son discours: Il justifie Dieu (v. 3) en réfutant deux fausses pensées à son sujet: Malgré sa puissance, le Créateur s'occupe de sa créature et ne la méprise nullement (v. 5). Le juste, autrement dit le croyant, est l'objet de ses soins particuliers. Qu'Il l'élève (v. 7) ou au contraire lui envoie des épreuves (v. 8), ses yeux sont toujours sur lui. Et, en second lieu, Dieu n'agit pas d'une manière capricieuse, comme Job l'avait laissé entendre. En permettant l'épreuve, il poursuit un but précis montrer aux siens ce qu'ils ont fait, ouvrir leurs oreilles à la discipline, les faire revenir s'il y a lieu de leur iniquité. La discipline forme les disciples. Héb. 12:7, nous rappelle qu'elle est réservée aux «fils de Dieu» de même que des parents corrigent leurs propres enfants et non ceux des autres. Elle est donc une preuve de notre relation avec notre Père. Mais, selon le même passage (Héb. 12:5, 6), l'âme qui y est soumise peut ou bien la mépriser: ne pas l'écouter, ni y attacher d'importance (v. 12; comp. ch. 5:17); ou au contraire perdre courage: c'est-à -dire oublier que c'est le fidèle amour du Seigneur qui l'a préparée (lire Ps. 119:75). Une troisième attitude est la bonne: être exercé par cette discipline, autrement dit se demander dans quel but Dieu nous l'envoie (Héb. 12:11).
«Qui enseigne comme lui?» demande Ãlihu (v. 22). Dieu a son école. à la différence de celles des hommes, elle dure toute la vie. Si nous acceptons d'en suivre les classes, elle nous rendra plus sages et plus instruits que ne pourraient le faire toutes les universités du monde (Ps. 94:10, 12; Ãsaïe 48:17).
Après avoir entendu le sermon sur la montagne, les foules devaient reconnaître que Jésus les enseignait «comme ayant autorité, et non pas comme les scribes» (Matt. 7:29). Autorité et aussi sagesse, patience inlassable, douceur même dans la répréhension, tels ont été les caractères du Docteur venu de Dieu pour enseigner les hommes (Jean 3:2). Il n'est plus sur la terre, mais il nous a laissé sa Parole, source de toute instruction pour nos âmes.
Ãlihu glorifie la puissance de Dieu (v. 22), son Åuvre (v. 24), sa grandeur, (v. 26), sa justice et sa bonté (v. 31). Réjouissons-nous de pouvoir proclamer avec lui: «voici, Dieu est puissant â voici, Dieu se montre élevé â voici, Dieu est grand». Faire connaître le Père et glorifier son nom, telle fut pour Jésus pendant qu'il était ici-bas le but de tout son ministère et le résumé de son enseignement (Jean 17:4, 6, 26).
Pour dépeindre l'état d'âme du patriarche et les voies de Dieu envers lui, Ãlihu prend ses exemples dans le ciel en un jour d'orage (voir déjà Job 36:27-29, 32, 33; Job 37:2...). Les sombres nuages illustrent les deuils et les épreuves qui, pour un moment, avaient caché à Job la lumière de la face de Dieu. Il est difficile au cÅur naturel d'en comprendre le mystérieux balancement (v. 16). Mais Job doit savoir une chose: ces nuages sont chargés par Dieu d'une eau de bénédiction pour lui (v. 11 et Job 26:8). Car la pluie peut tomber de plusieurs manières: en bonté, pour la terre (Ps. 65:10), ou au contraire comme châtiment, comme verge (v. 13; comp. Ps. 148:7, 8). Elle descend en gouttes abondantes et bienfaisantes (Job 36:27, 28), sous forme d'averses fertilisantes (v. 6) ou au contraire en flots torrentiels â les pluies de sa force â qui ravagent le sol sans y pénétrer. Dans ce dernier cas, il s'agit d'un jugement, sans effet sur l'âme. Mais telle n'est pas la pensée de Dieu envers son serviteur Job. Il veut le bénir, il le corrige avec mesure (Jér. 10:24) et lui fera dire avec le cantique: Si quelquefois un nuage, â Vient me dérober ta beauté, â Ami divin, après l'orage, â Comme avant, brille ta clarté (comp. v. 21).
«Que le Tout-puissant me réponde», s'était écrié Job (Job 31:35; comp. ce que lui avait dit Ãliphaz Job 5:1). Eh bien, ce Dieu qu'il croyait sourd et inaccessible exauce son désir, mais non pas comme Job l'aurait pensé! Car au lieu de répondre à ses questions, l'Ãternel va à son tour lui en poser toute une série. Nous voyons souvent le Seigneur Jésus faire de même avec ses interlocuteurs (par ex.: Luc 10:25, 26; Luc 20:2-4, 21-24).
à cause de la haute opinion qu'il avait de lui-même (Job 31:37), Job avait besoin d'être humilié; et c'est ce que Dieu va produire par ses questions: lui faire mesurer sa petitesse et sa profonde ignorance. La science d'observation, quand elle est objective, conduit à ce résultat, c'est pourquoi les plus grands savants sont souvent les plus modestes.
«Quand l'homme écoute, Dieu parle...» a dit quelqu'un. Et Dieu est patient; il a laissé à Job et à ses amis tout le temps d'exprimer leurs idées fausses; il a ensuite chargé Ãlihu de les réfuter. Enfin le silence s'est fait, Dieu peut parler, et il aura évidemment le dernier mot. Sachons, nous aussi, nous taire quelquefois, imposer silence à nos esprits agités, pour que Dieu puisse nous faire entendre sa voix.
La création est le premier témoignage que Dieu rende de lui-même, et tout homme sans exception est responsable de discerner par le moyen de l'intelligence «ce qui ne peut se voir de lui, savoir et sa puissance éternelle et sa divinité». Contempler les «choses qui sont faites,» sans reconnaître et honorer Celui qui les a faites rend les hommes inexcusables (Rom. 1:19, 20).
Dieu nous invite avec Job à admirer son bel univers. Et de toutes les merveilles de la création, qui peut parler avec plus de compétence que son Auteur lui-même? Or celui qui a créé la lumière, qui a «serré les liens des Pléiades» et établi «les lois des cieux», est aussi celui qui condescend à s'occuper d'une seule âme: ici celle de Job; mais également la mienne et la vôtre! Comme l'exprime un cantique: Le pécheur misérable â à plus de prix à ses yeux, â Que le cortège innombrable, â Des étoiles dans les cieux.
De tout temps les hommes se sont attachés à scruter les cieux. Certains y consacrent leur existence. N'est-il pas plus important de consacrer la nôtre à sonder les Ãcritures? (Jean 5:39). Car si «les cieux racontent la gloire de Dieu» (Ps. 19:1), la Parole, elle, rend témoignage à sa grâce.
Resté muet sur le sujet des grands phénomènes de la nature, puis sur celui des lois qui maintiennent l'équilibre des mondes, Job, élève ignorant, est à présent interrogé en zoologie, par le Maître de toute connaissance. Sa note en cette matière ne sera pas meilleure. Depuis les temps reculés où vivait notre patriarche, et en dépit de tous les efforts de l'homme pour les sonder, que de mystères subsistent dans la Création, mystères auxquels se heurte la science humaine, souvent aveuglée par ses théories. à commencer par celui de l'origine de la vie!
Dieu parle de beaucoup de choses dans ces quatre chapitres. De petites aussi bien que de grandes. Mais toutes sont des choses que Lui a faites. Par contre, nous n'y trouverons pas un seul mot des Åuvres de Job. De tous ses mérites dont le patriarche avait pourtant pris la peine de faire la longue énumération, l'Ãternel ne peut en retenir un seul. Sans la croix, sur laquelle déjà par avance Dieu portait ses regards (Rom. 3:25), oui, sans la croix, un tel homme était perdu.
Ami qui avez peut-être encore confiance dans vos propres efforts et dans vos capacités, regardez au Seigneur. Il a lui-même accompli de grandes choses qui exaltent sa sagesse,... mais, par-dessus toutes, l'Åuvre de votre salut qui magnifie son amour.
Job avait pensé que son bien-être n'intéressait pas l'Ãternel. Mais y avait-il une créature quelconque, du petit corbeau au cheval ou à l'aigle, dont Dieu ne s'occupait pas? S'il prend soin de tous les êtres vivants, à plus forte raison veille-t-il sur l'homme, sa créature la plus élevée, possédant même une vie au-delà du tombeau.
Le Seigneur Jésus, dans les évangiles, donne aux siens exactement le même enseignement (comp. v. 3 à Luc 12:24). Et il nous invite à ne pas nous faire de souci pour nos besoins de chaque jour; Dieu les connaît. Une seule chose peut nous manquer â et nous fait souvent défaut â c'est... la foi en ce Dieu fidèle.
L'Ãternel vient de parler à Job de sa création; celui-ci en conclut justement: «Voici je suis une créature de rien». Mais il ne peut encore en dire davantage. Lui qui s'était proposé de discuter avec Dieu pour ainsi dire d'égal à égal (Job 10:2; Job 13:3; Job 23:3, 4) maintenant que l'occasion lui en est fournie, comprend devant toute la grandeur de son Créateur que cela n'est pas possible. C'est une première leçon, mais il lui en reste une autre à apprendre. L'Ãternel va parler pour la seconde fois afin d'amener Job à une pleine et sincère conviction de péché.
Le tableau de la création ne serait pas complet sans la description de deux animaux mystérieux et terribles. Le premier est le béhémoth, peut-être l'hippopotame, en tout cas une bête impressionnante dont la puissance évoque celle de la mort. Fait solennel: celle-ci dut être la première des voies de Dieu envers l'homme coupable. Comme conséquence de la chute, une épée invincible arme la mort pour la sanction du péché (v. 14, voir Gen. 3:24). Non seulement elle fait sa proie de chaque homme, mais toutes les bêtes de la terre lui sont données en pâture (v. 15). Le Jourdain, fleuve de la mort (v. 18) nous en parle aussi.
Mais voici un monstre plus redoutable encore. La mort n'a pouvoir que sur la vie présente, tandis que Satan, dont le Léviathan est la figure, entraîne ses victimes avec lui dans la seconde mort (Ãsaïe 27:1). En face d'un tel ennemi, nous sommes naturellement aussi désarmés qu'un enfant qui prétendrait avec un hameçon dérisoire s'emparer d'un crocodile! (v. 20). Certes, on ne joue pas impunément avec la puissance du mal. Sommes-nous donc à sa merci? Non, par la grâce de Dieu! Christ a triomphé à la croix du terrible Adversaire. Souvenons-nous de cette bataille définitive et demeurons attachés à Celui qui l'a remportée (v. 27; Col. 2:15).
Sous cette image terrifiante du Léviathan, Dieu découvre à Job son accusateur de Job 1, son ennemi de Job 2. Un combattant doit connaître son adversaire pour ne pas le sous-estimer. Il faut que le croyant sache quelle est la force de Satan (v. 3) vaincu à la croix mais toujours actif, dont nous n'ignorons pas les desseins (2 Cor. 2:11). Voyez ce qui le caractérise: sa double mâchoire (v. 4; comp. 1 Pierre 5:8); son cÅur dur comme la pierre (v. 15) car il est absolument étranger à l'amour divin. Il est invulnérable à toute force humaine (v. 17-20) et il sème l'épouvante par son arme: la mort qui a raison des hommes les plus forts (v. 16).
Mais Satan est aussi «le menteur» et le séducteur; gardons-nous bien de ses illusions (v. 9; Jean 8:44; 2 Cor. 11:14). Il attire les âmes dans le monde, cette mer bouillonnante des passions humaines, en présentant ses ressources comme une nourriture valable (la marmite) ou comme un remède aux maux (le pot d'onguent). Sous une apparence de sagesse et d'expérience (les cheveux gris), c'est à l'abîme qu'il conduit, pour les y engloutir, les insensés qui suivent son brillant sillage (v. 22, 23).
Enfin, retenons le titre effrayant qui lui est donné: «Il est roi sur tous les fils de l'orgueil» (note; voir 1 Tim. 3:6).
Et nous arrivons au dénouement du livre, à la grande leçon que Job, enfin, a comprise. On l'appelle l'affranchissement, la délivrance du moi méprisable. Pendant que l'Ãternel lui parlait, toute la bonne opinion que Job avait de lui-même s'était progressivement évanouie. Au fur et à mesure, il découvrait avec effroi la méchanceté de son cÅur. Lui qui s'était engagé à ne plus rien ajouter (Job 39:38) s'écrie: «J'ai horreur de moi et je me repens...». Voilà ce que doit dire un homme «parfait et droit, craignant Dieu et se retirant du mal», lorsqu'il se tient dans la présence de Dieu!
Job a été criblé comme le blé. Pénible travail, mais qui, comme pour Pierre plus tard, l'a débarrassé de la confiance en lui. Il peut maintenant fortifier ses frères et il prie pour ses amis (v. 10; comp. Luc 22:32).
L'Ãternel l'appelle à quatre reprises «mon serviteur Job» et blâme les trois consolateurs fâcheux. Il en envoie d'autres à Job, qui, ceux-là , lui apportent une vraie sympathie. Et, non seulement il rétablit l'ancien état du patriarche, mais il lui donne le double de tout ce qu'il possédait précédemment. Cependant Job a maintenant acquis quelque chose de plus précieux que tout: il a appris-se connaître lui-même, en même temps qu'il apprenait à connaître Dieu.
Les Psaumes, ou «louanges» ont été appelés parfois «le cÅur des Ãcritures» parce que sous leur forme poétique ils expriment avant tout des sentiments. Sentiments qui seront ceux des fidèles Israélites pendant et après le règne de l'Antichrist: souffrance, angoisse, crainte... mais aussi confiance, joie, reconnaissance. Sentiments et affections du Seigneur Jésus entrant par avance en sympathie dans les afflictions de ce «résidu» juif. Enfin, sentiments que peuvent éprouver dans leurs circonstances les croyants de tous les temps.
Les premiers versets définissent les caractères des bienheureux qui peuvent chanter ces Psaumes. Et avant tout autre caractère, Dieu réclame celui de la mise-part, de la séparation du mal. Combien ce verset 1 a d'applications dans notre vie de tous les jours. Il est la condition indispensable pour jouir de la Parole (v. 2) et pour «porter du fruit» (v. 3; comparer Jér. 17:7, 8; voir aussi Jean 15:5). Lâarbre planté près des ruisseaux dâeaux représente le croyant enraciné en Christ, recevant de lui sa vigueur. Jésus, comme Homme, a réalisé parfaitement cette mise à part, ce plaisir dans la loi de l'Ãternel et enfin cette plénitude de fruit porté à la gloire de Dieu.
Servant d'introduction à l'ensemble du livre, les deux premiers psaumes sont complémentaires. Ils constatent les deux grands péchés dâIsraël qui a rejeté le double témoignage de Dieu à la nation: Désobéissance à Sa loi (Ps. 1) et reniement de Son Fils (Ps. 2).
Nous trouvons dans ce second Psaume les pensées de Dieu envers Celui qui est «son Oint» [= Messie] (v. 2), son Roi (v. 6), son Fils (vv. 7, 12 cité en Actes 13:33). Dieu veillera à ce que Jésus soit honoré sur cette terre où Il a été méprisé. Jadis Hérode et Ponce Pilate, avec les nations et les peuples d'Israël, se sont assemblés contre Lui (voir Actes 4:25-28). Sa croix a porté cette inscription outrageante: «Jésus le Nazaréen, le roi des Juifs», comme pour dire à Dieu: Voilà ce que nous faisons de ton Roi. Mais dans un temps futur, lors de la révolte ouverte des nations, paraîtra le juste Roi que Dieu réserve à la terre (Ps. 89:27, 28). Ainsi, dès le début du livre des Psaumes, pour encourager le fidèle dans ses détresses, Dieu se présente (v. 6) comme dominant les événements et les conduisant à ce glorieux but final.
Retenons encore pour nous l'exhortation du verset 11 «Servez l'Ãternel avec crainte» (v. 11). «Avec joie» dit aussi le Psaume 100:2. «De tout votre cÅur» complète 1 Samuel 12: 20.
Beaucoup de psaumes ont été composés dans des circonstances spéciales qui en ont inspiré en partie le contenu. La fuite de David devant Absalom a été l'occasion dont Dieu s'est servi pour nous donner celui-ci (2 Sam. 15-18). Pendant que le fils indigne trame des complots contre son père, «le doux psalmiste d'Israël» (2 Sam. 23:1), au lieu de préparer sa défense, exprime dans un cantique sa confiance en son Dieu. Qu'importe le nombre des ennemis, du moment que l'Ãternel s'est placé comme un «bouclier» protecteur entre ces «myriades du peuple» et son bien-aimé (comp. Gen. 15:1; Deut. 33:29). Aussi ce dernier peut-il jouir d'un doux sommeil au milieu des plus grands dangers, sachant que l'Ãternel veille sur lui (v. 5). Un épisode de la vie du Seigneur illustre cette parfaite tranquillité: Pendant la tempête, alors que les vagues furieuses remplissaient déjà la nacelle, «il était, lui, à la poupe, dormant sur un oreiller» (Marc 4:37, 38). Voir aussi lâexemple de Pierre en prison: Hérode voulait le produire le lendemain, sans doute pour le faire mourir. Mais lui, loin de s'en tourmenter, dormait paisiblement au milieu de ses chaînes (Actes 12:6). Heureuse confiance! Que Dieu nous donne de la réaliser!
Le v. 8 montre que, pour David, la bénédiction du peuple a plus de prix que sa propre sécurité. Israël est toujours le peuple de Dieu, quoiquâen révolte contre Son oint.
Au Psaume 3 l'Ãternel était la protection du fidèle; au Ps. 4 il est sa portion. L'homme pieux possède l'assurance que Dieu l'a choisi (v. 3; littéralement introduit dans sa faveur). Mais il se trouve encore au milieu d'un monde où règnent la vanité et le mensonge (v. 2) et il ne peut qu'y souffrir. «Qui me fera voir du bien?», voilà la question souvent posée dans un tel monde. Ce bien, nous ne le trouverons pas autour de nous, ni davantage en nous-même! Le seul bien véritable est celui que Dieu produit. Il nous en montre la parfaite expression dans la vie de son Fils, «l'homme pieux» par excellence, le seul dont on pouvait dire: «Il fait toutes choses bien» (Marc 7:37).
Dieu est la source de tout bien, mais aussi de toute vraie joie, «Tu as mis de la joie dans mon cÅur» déclare le psalmiste (v. 7). Cette joie-là ne dépend pas de l'abondance des biens matériels comme le prouve la fin du verset (comp. Hab. 3:17, 18). Le même chapitre des Philippiens qui nous exhorte à nous réjouir toujours dans le Seigneur, nous rappelle qu'un croyant peut être heureux dans les privations aussi bien que dans l'abondance (Phil. 4:4, 12). La joie divine peut remplir l'âme, même au milieu de la détresse. Les circonstances ne l'affectent pas, précisément, parce qu'elle a sa source en Celui qui ne change pas (Héb. 13:8).
à la fin du Psaume 4 nous avons vu le croyant se coucher et s'endormir en paix. Nous le considérons ici à son réveil. La piété doit marquer tous les moments de notre vie, y compris ceux que nous passons seuls dans notre chambre. Deut. 6:7 nous invite à donner sa place à la parole de Dieu, le matin comme le soir, au dedans comme au dehors. Dès l'aube, toute première occupation de sa journée, la prière du psalmiste montait vers son Roi, vers son Dieu (Ps. 63:1). Imitons-le, chers amis croyants, avec d'autant plus d'empressement et de liberté que le Dieu auquel nous nous adressons est, en Jésus, notre Père. Au Ps. 4 la prière avait un caractère dâurgence et se réduisait à un simple cri (v. 1, 3). Câest assez pour que Dieu lâécoute. Mais ici, la requête est disposée, formulée de façon précise, après quoi le fidèle peut attendre paisiblement une réponse quâil ne doit pas chercher à obtenir autrement.
Le sujet de la confiance en face des menées des méchants est poursuivi. Il est remarquable que le verset 9 qui s'applique aux ennemis, soit cité en Romains 3:13 pour qualifier tous les hommes, vous et moi compris. Cela s'explique par Romains 5:10: nous étions tous des ennemis de Dieu quant à notre entendement, dans les mauvaises Åuvres (voir aussi Col. 1:21).
Les épreuves du croyant sont parfois la conséquence directe de ses fautes. Il est alors sous le gouvernement de Dieu, qui le reprend et le châtie (v. 1; comp. Jér. 31:18). Ce fut le cas de David après la terrible affaire d'Urie le Héthien, et aussi après le dénombrement. Il ne peut plus alors être question de joie et de paix comme au Psaume 4, (vv. 7, 8). Au lieu de méditer dans son cÅur sur sa couche (Ps. 4:4), le coupable trempe son lit de larmes amères (v. 6). Sachant qu'il a mérité ce qui lui arrive, il est poursuivi par les regrets et par le sentiment d'avoir offensé Dieu. La crainte de la mort peut même s'emparer de son âme (v. 5). Il n'a plus l'heureuse liberté que donne une bonne conscience. Pourtant dans ce cas aussi Dieu peut être trouvé, car Il aime trop son racheté pour le laisser dans le désespoir; Il entend sa supplication et reçoit sa prière (v. 9). Ainsi quâà Ãzéchias, tourmenté sur son lit par la perspective de la mort, Il lui adresse cette parole consolante: «J'ai entendu ta prière, j'ai vu tes larmes... je te délivrerai...» (Ãsaïe 38:5; comparer verset 5 avec Ãsaïe 38:18). Oui, soudain David reçoit l'assurance que sa prière est exaucée. Les circonstances n'ont pas changé, mais déjà sa foi triomphe en espérance.
Pour comprendre les Psaumes et en particulier pour ne pas nous étonner de certaines paroles sévères au sujet des méchants, il est un fait qu'il ne faut jamais perdre de vue: Les croyants qui s'expriment ainsi ne font pas partie de l'Ãglise. Les Psaumes s'appliquent prophétiquement à la période qui suivra son enlèvement. Certes, nous pouvons nous approprier beaucoup de précieux versets: Par exemple tous ceux qui expriment la confiance (voir verset 1), la souffrance devant l'injustice (v. 9), la louange (v. 17) et bien d'autres sentiments encore. Mais ce n'est pas le temps d'en appeler au jugement de Dieu comme il arrive dans les Psaumes (voir verset 6). Notre prière comme chrétiens n'est pas: «Punis-les, ô Dieu!» (Ps. 5:10); mais à l'école de notre Modèle divin nous apprenons à dire: «Père, pardonne-leur...» (Luc 23:34) ou comme Ãtienne, son disciple: «Seigneur, ne leur impute point ce péché» (Actes 7:60). Par contre, lorsque le temps de la grâce sera terminé, et que lâAntichrist opprimera le faible résidu fidèle, prier pour la destruction des méchants sera selon la pensée de Dieu (Luc 18:7). Car c'est ainsi seulement et après le jugement des impies que pourra s'établir le royaume terrestre du Fils de l'homme, dont va nous parler le Psaume 8.
Ce psaume commence par établir la petitesse de l'homme par rapport à la création, impression que chacun de nous a pu ressentir en contemplant par exemple la prodigieuse immensité d'un ciel étoilé! «Qu'est-ce que l'homme»?Puis, ramenés à notre humble dimension, nous apprenons que, pourtant, Dieu avait en vue des choses magnifiques et glorieuses pour l'homme et par l'homme. Mais comment les réaliser avec un être pécheur et mortel? Impossible de couronner de gloire et d'honneur une créature plongée dans la misère et dans la corruption. Alors, ce que Dieu n'a pu faire ni pour ni par le premier Adam, il l'a accompli en Christ le second Homme. Oui, le Créateur s'est pour ainsi dire lui-même revêtu du corps qu'il avait créé. «Il a été fait un peu moindre que les anges». Hébr. 2:6-9, qui cite en les complétant nos v. 4-6, en donne le motif insondable: à cause de la mort qu'il a dû connaître. Et c'est dans cette nature humaine que le Fils a reçu la domination universelle. En lui l'homme retrouve plus que ce qu'Adam avait perdu (v. 5-8: 1 Cor. 15:27 ... ). Couronné de gloire et d'honneur, Christ, homme ressuscité, introduira d'autres hommes avec lui dans le ciel et leur fera partager sa gloire.
Sous leur aspect prophétique, les Ps. 9 et 10 sont étroitement liés. Le Ps. 9 met en scène l'ennemi du dehors: les nations coalisées contre Israël; le Ps. 10 introduit l'ennemi intérieur: les oppresseurs impies persécutant le résidu fidèle. Les menées des méchants ne sont que pour un temps limité. Leur nom sera effacé pour toujours (v. 5); leurs dévastations viendront à leur fin pour toujours (v. 6) et l'attente des débonnaires ne périra pas pour toujours (v. 18). En effet, c'est aussi pour toujours que l'Ãternel est assis: «il a préparé son trône pour le jugement» (v. 7; Ps. 58:11). Il demandera alors compte du sang et des larmes des fidèles, versés sous toutes les économies. Il vengera l'opprimé (v. 9), les affligés dont il n'a pas oublié le cri (v. 12). Mais le grand chef d'accusation retenu contre l'humanité, suggéré par le titre du psaume, c'est la mort du Fils de Dieu (Muth-Labben): l'outrage fait à Dieu par le monde en crucifiant son Bien-aimé. Un terrible châtiment est suspendu sur la race de ses meurtriers.
Dans la parabole des brebis et des boucs (Matt. 25:31) le Seigneur Jésus décrit le jugement des nations à l'aube de son Règne et annonce que chacun sera jugé selon ce qui lui aura été fait à lui-même.
Les «temps de la détresse» décrits dans ces Ps. 9:9 et Ps. 10:1 seront effrayants. Convoitises, orgueil, incrédulité, perfidie, violence..., ces caractères qui existent dans le monde actuel donneront leur pleine mesure quand «celui qui retient» (le Saint-Esprit) sera loin, aux jours de l'Antichrist dont ces versets nous font le portrait sinistre (voir 2 Thess. 2:7, 8). Mais contrairement aux pensées du méchant qui estime que Dieu «ne s'enquerra de rien» (v. 4. 13), tout ce qu'il fait en secret avec ruse et malice est découvert. Et tout ce qu'il dit «en son cÅur» (v. 6, 11, 13) est publié par Celui qui sonde les cÅurs (Luc 12:3). «Je ne serai pas ébranlé» est ici le langage de la folie (v. 6), mais peut aussi être celui de la foi (Ps. 62:6). La pensée que Dieu voit tout, encourage le fidèle éprouvé; le malheureux peut s'abandonner à Lui (v. 14). Et le v. 2 contient une autre vérité rassurante: le méchant se prendra toujours dans son propre filet (comp. Ps. 7:15; Ps. 9:16).
Le Ps. 9 s'achevait sur la pensée que les nations «ne sont que des hommes»; le Ps. 10 se termine en appelant le persécuteur: «l'homme qui est de la terre». Croyants, n'oublions jamais que nous sommes du ciel et de ce fait hors de l'atteinte du monde et de son prince
Dieu maintient aujourd'hui dans le monde des autorités: gouvernements, magistrats, police... chargées d'y assurer l'ordre, la justice et la paix. Mais lors de la grande tribulation, tout ce qui contribue à la sécurité des hommes: les bases et les valeurs de la société («les fondements») sera renversé. La question du v. 3 mettra alors les justes à l'épreuve. Vont-ils céder à la tentation de fuir, comme l'oiseau s'envole pour échapper au danger? Non; leur confiance n'est pas dans un refuge terrestre (la montagne) mais en Celui qui est immuable parce que son trône est dans les cieux (v. 4). Amis, qu'en est-il de notre foi? Si le Seigneur devait nous ôter nos principaux points d'appui ici-bas: famille, amis, santé, biens matériels, pourrait-on voir en qui nous nous sommes confiés? Et si nous pensons aux fondements de la vérité, nous constatons qu'ils sont ébranlés de toutes parts dans la chrétienté. Que doit faire le juste? Se séparer de tout ce qui attaque et cherche à détruire les piliers de la vérité divine.
Le regard de Dieu sonde les fils des hommes (v. 5; Ps. 7:9; voir par ex. Luc 7:39, 40; Luc 11:17; Luc 22:61). Troublante et insupportable pensée pour «le méchant»! Heureux sentiment pour «le juste»! C'est pour son bien qu'il est ainsi scruté (Ps. 139:23, 24).
Ce psaume traduit la souffrance d'une âme accablée par le sentiment de l'injustice qui l'entoure. David qui l'a composé avait eu mainte occasion de l'éprouver personnellement. La duplicité et la haine jalouse de Saül (1 Sam. 18:17...), les lâches intentions des habitants de Kehila (1 Sam. 23:12), la double trahison des Ziphiens (1 Sam. 23:19 et 26:1) et celle plus perfide encore de Doëg l'Ãdomite (1 Sam. 22:9-10), l'ingratitude méprisante de Nabal (1 Sam. 25:10-11), tout cela ne pouvait laisser David indifférent. Certes à chaque fois il a aussi pu faire l'expérience de la précieuse réponse divine: «Je mettrai en sûreté celui contre qui on souffle» (v. 5; comp. Ps. 10:5). Mais sa propre mesure de la vérité n'était pas parfaite (voir 1 Sam. 20:6; 1 Sam. 21:2...). Tandis que la sainteté du Seigneur Jésus le rendait entièrement sensible à la fausseté et à la ruse de ses adversaires (dont Luc 20:20 nous donne un exemple). Plus un chrétien se tiendra dans la lumière, et plus il souffrira de l'atmosphère corrompue de ce monde. Combien alors sa pénible expérience de la langue menteuse, hypocrite et orgueilleuse des hommes (vv. 2, 3) lui fera goûter par contraste la pureté et la valeur pratique des paroles de son Dieu (v. 6). «Ta parole est la vérité» (Jean 17:17; Ps. 119:140).
De cette tribulation que traversera le résidu de Juda pendant les temps apocalyptiques, le Seigneur Jésus déclare qu'il n'y en a point eu de semblable depuis le commencement de la création... et qu'il n'y en aura jamais. Il ajoute qu'à cause des élus, Dieu a abrégé ces jours (Marc 13:20; voir aussi Rom. 9:28). On peut donc comprendre ce cri angoissé: «Jusques à quand», quatre fois répété au début de ce psaume et aussi dans plusieurs autres. C'est pour y répondre que «le Seigneur fera une affaire abrégée sur la terre». Quoiqu'il ne puisse jamais connaître une pareille détresse selon la parole du Seigneur (Apoc. 3:10), un chrétien peut se trouver plus ou moins longtemps dans le découragement et penser que Dieu l'oublie ou lui cache volontairement sa face (v. 1). Cela nous est peut-être arrivé. Comment sortir alors de ce sombre tunnel? Cessons d'abord de nous tourmenter et de consulter avec chagrin notre propre cÅur (v. 2): il ne nous apportera aucune réponse, mais plutôt fatigue et angoisse (1 Sam. 27:1). Rappelons-nous plutôt cette exclamation triomphante: «Qui est-ce qui nous séparera de l'amour du Christ? Tribulation, ou détresse, ou persécution...» (Rom. 8:35...). Le souvenir de sa bonté et de son salut, voilà le secret qui ranimera notre confiance et notre joie (v. 5).
Insensé vraiment, celui qui, devant tous les témoignages que Dieu a donnés de sa puissance et de son amour, ferme ses yeux, endurcit son cÅur et déclare: Il n'y a point de Dieu (v. 1; Ps. 10:4; Jér. 5:12). Mais si tous les hommes ne sont pas des athées, tous sans exception sont dépourvus de la vraie intelligence. Car aucun ne recherche ce Dieu dont il reconnaît l'existence â à moins que Lui-même n'opère dans son cÅur.
Il est affreux, ce tableau de l'humanité telle que Dieu peut la contempler des cieux. Mais ne l'oublions pas, cette race rebelle et corrompue, par nature, c'est celle à laquelle nous appartenons vous et moi.
Après la triste constatation du Psaume 14:... «Il n'y a personne qui fasse le bien...», le Psaume 15 peut à juste titre poser la question: «Qui séjournera dans ta tente...?» Le chapitre 3 des Romains, qui cite les versets 1-3 du Psaume 14, révèle ensuite la vérité glorieuse qui nous concerne: D'entre ces hommes, tous démontrés pécheurs, Dieu justifie gratuitement ceux qui croient (vv. 10-12 et 22-26).
Les caractères de l'Israélite fidèle sont aussi ceux que la grâce doit produire chez un chrétien: Justice et vérité dans la marche, les actes et les paroles; bienveillance envers le prochain; appréciation du bien et du mal selon la mesure divine (lire Ãsaïe 33:15, 16).
Comme le montrent les citations qui en sont faites dans le livre des Actes (Actes 2:25-28 et Actes 13:35), ce psaume s'applique directement à l'Homme Christ Jésus. D'ailleurs, qui d'autre que Lui oserait déclarer: «Je me suis toujours proposé l'Ãternel devant moi» (v. 8)? Nous Le contemplons ici, non comme le Sauveur (ce sera le Ps. 22), mais comme le Modèle, non comme le Fils de Dieu, mais comme l'Homme de foi. En tant que Fils de Dieu, Il n'a pas besoin d'être gardé (v. 1) et sa bonté se confond avec celle de Dieu Lui-même (v. 2; voir Marc 10:18). Mais la confiance, la dépendance, la patience, la foi, bref tous les sentiments que nous voyons briller dans ce psaume à l'égard d'un Dieu connu et honoré sont des sentiments humains. Pour les manifester en perfection, Christ est venu vivre sur la terre (et dans quelles conditions!) la vie d'un homme... mais d'un homme sans péché! Il nous apparaît soumis à Dieu, le Seigneur (v, 2); trouvant sa joie dans les croyants (v. 3); dans la part que le Père Lui a réservée (vv. 5 et Héb. 12:2); enfin dans l'Ãternel Lui-même (vv. 8, 9 et 11). Il est confiant jusqu'en la mort même (v. 10). Chemin merveilleux qui fit les délices de son Dieu! Chemin qu'Il nous a aussi frayé pour que nous y marchions sur ses traces!
Au Ps. 16. nous avons admiré la confiance de l'homme parfait. Au Ps. 17 c'est sa justice qui est devant nous. Mais elle est aussi et d'abord devant Dieu qui y trouve une entière satisfaction. Les hommes ne peuvent voir que la marche de quelqu'un, mais Dieu va plus loin et considère les motifs qui règlent cette marche. Le Ps. 11:5 nous a appris que «L'Ãternel sonde le juste...». Or voici le résultat de cet examen attentif du cÅur de Jésus: «... Tu n'as rien trouvé: ma pensée ne va pas au-delà de ma parole» (v. 3; comp. Jean 8:25). Modèle incomparable! Veillons à ce que nos pensées soient toujours en parfait accord avec nos paroles et réciproquement.
Apprenons d'autre part à connaître et à employer la Parole de Dieu comme Lui l'a fait. Il s'en est servi pour se garder de l'homme violent, de Satan lui-même (v. 4; Matt. 4:4, 7, 10).
Les v. 14 et 15 soulignent le contraste entre «les hommes de ce monde qui ont leur portion dans cette vie» et le juste (Christ, mais aussi le croyant) dont la part est céleste (Ps. 16. 5). Tout en souffrant maintenant pour la justice, il pense à la résurrection et à l'Objet de ses affections: «Je serai rassasié de ton image» (v. 15; comp. Ps. 16:11).
Ce psaume constitue une grande prophétie embrassant la mort, la résurrection, l'exaltation, la victoire finale et la royauté du Messie. Les trois premiers versets fournissent le thème qui sera ensuite longuement développé, à savoir comment a été délivré «le serviteur de l'Ãternel» (voir titre). Le Seigneur Jésus nous enseigne, par sa propre expérience, ce qu'est Dieu pour celui qui se confie en lui. «L'excellente grandeur de sa puissance envers nous qui croyons» a été démontrée dans la résurrection de Christ, son ascension, la place qui lui est donnée au-dessus de tous ses ennemis (lire Ãph. 1:19-21). Ce que Dieu a été pour Jésus à l'heure de sa détresse (v. 6), de sa calamité (v. 18), il l'est aussi pour nous; et les épreuves que nous traversons sont autant d'occasions de le connaître d'une manière nouvelle. Suis-je fatigué, languissant? Il est ma force. Ma foi vient-elle à chanceler? Il est mon Rocher. Un danger apparaît-il? Il est mon lieu fort, la haute retraite où je trouve un refuge assuré (Ps. 9:9). Suis-je aux prises avec l'Ennemi? Il est le bouclier qui me protège de ses coups. Pour Jésus, cette délivrance était la conséquence de sa justice (v. 19. 24), tandis qu'à nous elle est assurée à cause de notre relation avec lui.
Le Seigneur Jésus se plaît à nous faire connaître son Dieu dont la voie est parfaite et dont la Parole est affinée (v. 30; Prov. 30:5). Dans la première partie du psaume, il nous a enseignés par son exemple à l'invoquer dans nos afflictions. Il nous apprend ici à nous appuyer sur lui pour la marche (v. 33, 36) et pour le combat (v. 34, 35, 39).
Savons-nous par expérience ce que c'est que de nous tenir debout sur nos lieux élevés? (comp. Hab. 3:19). D'un point culminant, on jouit d'une vue élargie et lointaine (voir Ãsaïe 33:17). Considérons celle qui s'offre à nous en terminant ce psaume. Les regards se portent vers l'avenir, au moment où Dieu détruira les ennemis de son Fils. à l'horizon nous voyons poindre l'aurore de son règne. Il sera établi Prince sur son peuple Israël, mais aussi Chef des nations. Comme nous y invite un cantique: Contemplons ce grand Roi des rois, régnant en puissance sur tout l'univers et, par sa présence, brisant tous les fers. Il était nécessaire pour la gloire de Dieu que les nations le louent, et toutes le feront pendant le Règne. Mais dès aujourd'hui c'est notre privilège, tirés comme nous l'avons été du milieu des nations, de chanter des cantiques à la gloire de son nom (v. 49 cité en Rom. 15:9). Ne l'en privons pas.
Dieu s'est révélé successivement par un double témoignage: Le premier est celui de sa création (v. 1-6), dont le langage silencieux, mais combien éloquent, fait connaître jusqu'au bout du monde sa puissance et sa sagesse (Actes 14:17). La course régulière et bienfaisante du soleil, versant sur toute la terre sa lumière et sa chaleur est une preuve constante de la bonté de Dieu envers toutes ses créatures (Ps. 136:8; Matt. 5:45).
Le second témoignage est celui de la Parole (v. 7-11). Sainte, juste, bonne, spirituelle, même s'il ne s'agissait que de la loi donnée à Israël (Rom. 7:12, 14), combien elle a plus de prix encore maintenant qu'elle est complète! Cette Parole excellente instruit le serviteur (v. 11) et atteint sa conscience (laquelle constitue au-dedans de tout homme un troisième témoignage). Elle met en lumière tant les fautes cachées (commises par erreur: v. 12) que les péchés volontaires: la propre volonté, fruit de la fierté ou de l'orgueil (voir cette distinction en Nomb. 15:27-30).
Au début de l'épître aux Romains, le même triple témoignage de la création (Rom. l:20), de la conscience (Rom. 2:15) et de la loi (Rom. 2:17 ...) est placé devant l'homme pour mettre en évidence son état et le conduire au salut.
Dieu a donné au monde plus que les témoignages mentionnés dans le Ps. 19: un Témoin vivant, Jésus Christ. Le Ps. 16:3 nous a montré l'homme parfait trouvant toutes ses délices dans les croyants, ces «saints» et ces «excellents» de la terre. Inversement dans ce Ps. 20 nous voyons Christ être le centre des intérêts et des affections des siens. à celui qui devra proclamer sur la croix: «Je crie de jour, mais tu ne réponds point» (Ps. 22:2) ils disent: «Que l'Ãternel te réponde!... Que l'Ãternel accomplisse toutes tes demandes!» (v. 1, 5). Puis la certitude de la foi: «Il lui répondra» (v. 6), à laquelle correspond le cri de délivrance du Ps. 22:21: «Tu m'as répondu...». Ensuite seulement les fidèles intercèdent pour eux-mêmes: «Que le roi nous réponde» (v. 9). Puissions-nous réaliser mieux nous aussi ce que furent pour Jésus son abandon puis sa délivrance et leurs glorieux résultats pour nous.
«Ceux-ci font gloire de leurs chars, et ceux-là de leurs chevaux, mais nous, du nom de l'Ãternel, notre Dieu» (v. 7). L'homme moderne met plus que jamais sa vanité dans ses puissants et rapides moyens de déplacement ainsi que dans bien d'autres choses. Mais la gloire du chrétien c'est d'appartenir à Christ et de porter son beau nom (Jac. 2:7).
Au Ps. 20 les fidèles s'étaient adressés à leur Roi. à présent ils parlent à l'Ãternel de ce Roi (v. 1-7). Sujet qui plaît au cÅur de Dieu! N'oublions pas que l'objet principal du culte chrétien est la présentation au Père de celui qui lui est infiniment agréable: son Fils Jésus Christ.
Les «bénédictions excellentes» qui sont maintenant les siennes prennent tout leur relief en regard des souffrances et des outrages qui furent sa part. Ainsi, à la couronne d'épines répond une couronne d'or fin; au partage de ses vêtements, la majesté et la magnificence dont Dieu l'a revêtu (Ps. 45:6-8); à la honte de la croix succède la gloire de sa résurrection (v. 4). Oui, celui qui fut fait malédiction pour nous, est mis pour bénédiction à toujours. Et celui dont Dieu, un moment, détourna son regard, est à nouveau rempli de joie par sa face (v. 6). On peut alors se demander pourquoi l'Esprit n'a pas interverti l'ordre des Ps. 21 et 22. N'est-ce pas précisément parce que Dieu a «prévenu» son Fils par ces bénédictions déjà préparées pour lui; il lui en a fait don par avance (comp. Jean 17:4, 5). Et aussi parce qu'il ne veut pas nous laisser aborder le sujet solennel de l'abandon de son Bien-aimé (Ps. 22) sans nous avoir préalablement fait connaître ses gloires.
Plus que toute autre portion des Ãcritures, celle-ci doit être abordée avec «des pieds déchaussés». Car elle contient le plus insondable des sujets: les sentiments et les prières de Christ pendant les heures de la croix. D'abord exposé à la méchanceté des hommes, souffrant pour la justice, Il connaît ensuite, durant trois heures de ténèbres impénétrables, l'abandon de son Dieu fort. Entièrement seul, l'Homme parfait traverse cette épreuve sans égale avec l'unique soutien intérieur de son amour incomparable. Et Il ne cesse pas un instant de se confier en Celui qui pour un moment ne peut Lui donner de réponse. Il proclame publiquement son opprobre et sa faiblesse (vv. 1, 2, 6), mais sans rien qui ressemble à de l'impatience, à du désespoir ni à une réaction de défense.
à la croix l'homme a donné sa mesure entière; il a montré jusqu'où il était capable d'aller dans sa haine, sa violence, son cynisme, sa bassesse morale (vv. 6-8, 12, 13, 16-18). Mais dans le même moment, Dieu a, Lui aussi, donné toute la mesure de ce qu'Il est: En justice parfaite contre le péché, en amour parfait envers le pécheur. La croix a tout magnifié. Ah! que cette contemplation de Jésus mourant pour nous, produise dans chacune de nos âmes, humiliation et reconnaissance, amour et adoration.
La réponse parvient à Celui qui est «entre les cornes des buffles» (comparer versets 2 et 21). C'est la résurrection et en même temps la joie de la communion retrouvée. Mais, dans son amour, Christ a hâte que cette joie soit partagée. Aussi sa première pensée est-elle de faire connaître à «ses frères» la nouvelle relation dans laquelle son Åuvre les a placés, en leur parlant de son Père qui devient leur Père, de son Dieu qui devient leur Dieu (v. 22; Jean 20:17). Contrairement aux autres psaumes qui traitent des souffrances de Christ, il n'est pas question de jugement dans celui-ci. Jésus y porte les péchés, et par conséquent tout n'est que grâce et bénédiction. Bénédictions pour l'Assemblée (composée à ses débuts de disciples juifs: verset 22 cité en Héb. 2:12); pour Israël restauré, appelé au verset 25 «la grande congrégation»; pour «toutes les familles des nations» sous le règne de mille ans (vv. 27, 28); enfin pour tous ceux qui naîtront au cours de ce règne glorieux. Comme des ondes s'élargissent autour du centre où elles ont été provoquées, ainsi s'étendent à toute la création les conséquences merveilleuses de l'Åuvre de la croix. Et nous comprenons alors quelque peu pourquoi Jésus fut abandonné (comparer verset 1).
Le bon Berger a mis sa vie pour ses brebis (Ps. 22: Jean 10:11). Maintenant il va devant elles. Il les paît avec tendresse; elles ne manqueront de rien puisqu'il est là , responsable d'elles. Les brebis, ces créatures faibles et dépendantes qui nous représentent, font l'expérience journalière des soins du berger (Ãsaïe 40:11 et 49:10). La simple reconnaissance constate: je n'ai manqué de rien (Luc 22:35), mais la foi affirme: je ne manquerai de rien (tout au moins de rien de ce qui est nécessaire à mon âme: c'est elle qui est restaurée â v. 3).
Le Seigneur Jésus me mène aux eaux paisibles, mais aussi dans des sentiers de justice; il le doit à son propre nom que je porte.
à partir du v. 4, la brebis s'adresse à lui directement: «Tu es avec moi...». Dans cette compagnie, même la vallée de l'ombre de la mort n'est plus redoutable. La houlette et le bâton de ce bon Berger me rassurent; il me protégera, y compris contre mes propres écarts. Je puis, sans être effrayé par la présence d'ennemis puissants, m'asseoir à la table royale où ma place a été préparée. Non pour une invitation occasionnelle, mais bien tous les jours de ma vie (comp. 2 Sam. 9:13). Et cela dans la maison du Dieu de bonté et de grâce â mon Père â chez qui je demeure par la foi, en attendant d'y habiter en réalité pour toujours.
Au Psaume 22 nous trouvons un Sauveur. C'est le passé, la croix où tout commence. Le Psaume 23 correspond au présent: c'est d'un Berger que nous faisons l'expérience. Le Psaume 24, enfin, nous ouvre l'avenir: nous y admirons le Roi de gloire.
Tous ces psaumes sont de David, homme qui connut le rejet et la souffrance, mais qui fut aussi berger d'Israël (2 Sam. 5:2) et roi glorieux en Sion. Le Psaume 24 commence par l'affirmation des droits de l'Ãternel sur la terre. La croix y fut dressée (Ps. 22). Elle est présentement une sombre vallée (Ps. 23). Mais bientôt l'Ãternel y établira son trône. «Le monde et ceux qui l'habitent» devront alors reconnaître Celui-qui ils appartiennent et se soumettre à sa domination. Certains ne s'y décideront que sous l'effet de la contrainte, «en dissimulant», comme l'annonce le Ps. 18:44. En ce qui nous concerne, puissions-nous rendre dès aujourd'hui au Seigneur Jésus l'obéissance de l'amour. Pour avoir part au Royaume, les citoyens doivent en posséder les caractères (v. 3-6). Jésus les a promulgués dès le début de son ministère (comp. v. 4 avec Matt. 5:8). Il était le Roi, le Messie d'Israël. Mais son peuple l'a rejeté, aussi est-il sorti, portant sa croix (Jean 19:5, 17). Contemplons-le maintenant entrant comme l'Ãternel lui-même, le Roi de gloire, dans son règne de bénédiction.
Les Psaume 16-24 nous ont spécialement occupés de Christ, le Messie. Le Psaume 25 commence une nouvelle série (Ps. 25-39) dans laquelle il est question du «résidu» et du fidèle en général. Il faut, dans la lecture des psaumes, faire attention aux astérisques * (version JND) qui signalent le commencement d'une série nouvelle et qui aussi, dans le texte, séparent les pensées principales. Ils nous aident dans ce Psaume 25 à remarquer deux prières: versets 4-7 et 16-22. Prenons tout spécialement à notre compte les demandes des versets 4 et 5 «... Fais-moi marcher dans ta vérité» (Ps. 43:3). C'était un grand sujet de joie pour l'apôtre Jean d'avoir trouvé dans la famille de «la dame élue» des enfants marchant dans la vérité (2 Jean 4).
Mais comment marcher sans connaître le chemin et les sentiers? Dieu les enseigne; et voyez comme l'âme y progresse (vv. 8-10 et 12). Toutefois une condition est requise: «Le secret de l'Ãternel (en note: ses communications intimes) est pour ceux qui le craignent» (vv. 12 et 14). Autrement dit, Dieu ne révèle ses pensées et ne fait comprendre sa Parole qu'à ceux qui sont disposés à s'y soumettre. Voilà sans doute pourquoi il y a beaucoup d'ignorance dans la chrétienté... et aussi souvent dans nos propres esprits.
Au Psaume 25 le fidèle avait des péchés à confesser (vv. 7, 11 et 18). Et sa prière était: «Fais-moi marcher dans ta vérité». Ici le ton change. Le croyant se tient devant Dieu avec bonne conscience (vv. 1 et 2) et peut déclarer: «J'ai marché dans ta vérité» (v. 3). Il est un de ces bienheureux qui, selon le Psaume 1: 1, ne se sont pas associés à ceux qui font le mal (vv. 4, 5). Une sainte occupation absorbe toutes ses pensées: celle des versets 6 et 7. Ayant lavé ses mains à la cuve dâairain, autrement dit sâétant jugé, il fait le tour de l'autel, considérant sous tous ses aspects l'Åuvre de la croix et Celui qui fut le parfait Sacrifice. Sa bouche sâouvre alors pour la louange et raconte «toutes les merveilles» opérées par la grâce (v. 7).
La vie chrétienne ne consiste pas seulement à se retirer de l'iniquité. Sâétant purifié des vases à déshonneur, l'enfant de Dieu trouve ceux qui, avec lui, invoquent le Seigneur d'un cÅur pur (2 Tim. 2:21, 22). Ici le fidèle qui a «haï la congrégation de ceux qui font le mal» (v. 5) jouit de la demeure de la gloire de Son Dieu et bénit l'Ãternel «dans les congrégations» (v. 12). La présence du Seigneur Jésus dans le rassemblement des deux ou trois réunis en son Nom, est-elle une joie pour votre cÅur (Matt. 18:20)?
Dans ce psaume brille toute la confiance du croyant en Celui qui est sa lumière, son salut, la force de sa vie (v. 1; comparer Psaume 18:27, 28, 29). L'épître aux Ãphésiens le confirme: le Seigneur est à la fois la lumière et la force du chrétien (Ãph. 5:14 et Ãph. 6:10). Qui a réalisé cette confiance envers Dieu comme le Seigneur Jésus? De même que le Psaume 22 est celui de la croix, on a pu appeler celui-ci «le Psaume de Gethsémané». Le verset 2 évoque d'une manière saisissante cette foule, armée d'épées et de bâtons, qui s'avance sous la conduite de Judas pour s'emparer du Seigneur de gloire. à sa seule parole «C'est moi», ils reculent et tombent par terre (Jean 18:6).
C'est dans la maison de l'Ãternel que le psalmiste cherche son refuge (vv. 3-5; comparer 2 Rois 19:1, 14), belle figure de la communion, «une chose» que nous avons à demander et à rechercher avant tout autre. Or cette communion n'est pas seulement pour l'heure de l'épreuve, mais pour «tous les jours de ma vie». Elle est «le climat» nécessaire pour discerner la beauté du Seigneur et faire des progrès dans sa connaissance.
Le dernier verset vient, comme une réponse dâen haut, apaiser toutes les alarmes du croyant: «Oui, attends-toi à l'Ãternel».
Les supplications que nous entendons dans ce psaume n'ont rien de comparable avec les prières confiantes qu'un chrétien peut aujourd'hui adresser à son Dieu et Père. Crainte de ne pas obtenir de réponse, effroi devant la mort, peur d'être entraîné avec les méchants, enfin, appel au jugement de ces derniers, tels sont ici les sentiments du fidèle Israélite des temps de la fin. Mais cette détresse intense ne peut que faire ressortir davantage la réponse qu'il reçoit et la joie qu'il en ressent (vv. 6-9). «L'Ãternel est ma force», déclare-t-il au verset 7. Et au verset 8: «LâÃternel est leur force». Lâexpérience est individuelle avant dâêtre collective.
On se rappelle un épisode de l'histoire de David, auteur de notre psaume. De retour à Tsiklag, après avoir failli combattre contre Israël aux côtés des Philistins, il trouve la ville incendiée et tous ses habitants emmenés en captivité; ses compagnons parlent de le lapider, il est dans une grande détresse. Et câest alors quâil «se fortifie en l'Ãternel son Dieu» (1 Sam. 30:6). Faire comme lui l'expérience de notre entière faiblesse est quelquefois nécessaire pour réaliser que toute notre force est dans le Seigneur (2 Cor. 12:10).
Remarquons aussi que la réponse de Dieu produit la louange dans le cÅur du croyant. Et n'oublions jamais de la Lui exprimer (Ãsaïe 25:1)!
Sous son aspect prophétique, ce psaume annonce le moment où les puissants de la terre auront à se soumettre à l'Ãternel. La gloire et la force que lâhomme sâattribue si volontiers appartiennent à Dieu seul. Et elles lui seront effectivement rendues lorsquâil jugera bon dâélever la voix pour revendiquer ses droits (la voix de lâÃternel est mentionnée sept fois dans ce psaume). La domination des nations (ces «fils des forts») sur Israël prendra fin, car c'est à son peuple que le Seigneur donnera la force, quand Il s'assiéra pour roi à toujours (vv. 10, 11).
N'est-elle pas puissante et magnifique, cette voix du Créateur que tous les hommes ont l'occasion d'entendre? Dieu leur parle à travers les phénomènes naturels: vent, tonnerre, avalanches ou tremblements de terre... qui frappent les âmes d'un sentiment de grandeur et d'effroi... généralement bien passager! Mais avant tout c'est par Jésus Christ, la Parole faite chair, que Dieu s'est adressé au monde (Jean 1:14 et Jean 18:37). Ce fut la voix de la puissance divine «sur les grandes eaux» (v. 3), quand d'un mot Il arrêtait la tempête (Marc 4:39); mais aussi la voix «douce et subtile» (1 Rois 19:12) de l'amour, la voix du Bon Berger. Elle se fait entendre aujourdâhui encore dans sa Parole. Sachons lâécouter!
De même que la seconde moitié du Psaume 22, les trois premiers versets de ce Psaume 30 peuvent être placés dans la bouche de Christ après sa résurrection. Celle-ci est toujours considérée dans les psaumes comme une délivrance opérée par Dieu (comparer Jean 10:18). «Un moment dans sa colère... une vie dans sa faveur...». Vrais du résidu d'Israël, les versets 1-5 sont propres à encourager tous les rachetés, en leur rappelant que s'ils ont à passer par une «légère tribulation d'un moment», celle-ci opère pour eux «un poids éternel de gloire» (2 Cor. 4:17). Aux larmes qui sont la part de beaucoup dans la sombre nuit de ce monde, succéderont bientôt les chants de joie, au matin du jour éternel. Mais dans la nuit même, au milieu des épreuves, celui qui connaît le Seigneur possède une joie intérieure qui lui permet de chanter (Ps. 42:8; Job 35:10). Il rend ainsi autour de lui le plus puissant des témoignages (Actes 16:24, 25).
Se décourager dans l'épreuve est un danger! à lâopposé, un croyant dans la prospérité risque de s'appuyer sur celle-ci (ma montagne, dit le Psalmiste), obligeant Dieu à en ébranler les fondements pour amener le fidèle à Le rechercher (vv. 6-8). La prospérité dans le monde devient facilement un obstacle à la communion avec le Seigneur; il est alors avantageux que nous en soyons dépouillés. Quel est le moyen d'échapper à ces dangers? Regarder au-delà de la nuit présente, et plus haut que «notre Montagne»; considérer toutes choses dans la perspective de la bienheureuse éternité.
«En toi, Ãternel, j'ai placé ma confiance», telle est à présent la ferme déclaration du fidèle (v. 1). Puis au verset 6: «Mais moi je me confierai en l'Ãternel». Et encore à la fin de notre lecture: «Je me suis confié en toi». Au milieu de la tempête déchaînée par les hommes, il se cramponne à cette certitude. Son refuge, il l'a trouvé, non plus sur sa propre montagne (Ps. 30:7), mais en l'Ãternel, son inébranlable Rocher (v. 3). «Sois pour moi un rocher...», dit-il au verset 2. Mais au verset 3: «Tu es mon rocher». Rien ne pourra jamais renverser une foi établie sur un tel fondement (Matt. 7:25). Cher jeune ami, est-ce sur ce roc que vous avez bâti?
Or, il est un moment de l'existence où cette confiance est nécessaire plus qu'à tout autre. C'est le dernier, celui où il faut tout laisser pour passer par la mort. Dans ce sombre passage, aucun appui ne subsiste pour l'âme, sinon le Dieu en qui, maintenant et pour toujours, nous aurons placé notre foi (voir Prov. 14:32). Considérons notre incomparable Modèle: Au moment de sa mort, Christ exprime cette confiance absolue par son ultime parole sur la croix, qui nous rappelle le verset 5: «Père! entre tes mains je remets mon esprit» (Luc 23:46, voir aussi v. 15).
«Il y a un temps pour toute affaire, ... un temps de naître et un temps de mourir...; un temps de se lamenter et un temps de sauter de joie...» (Ecc. 3:1-8). Mais tous nos temps sont dans la main de notre Dieu (Ps. 31:15). Il en a déterminé d'avance la succession et la durée, en particulier en ce qui concerne le temps de l'épreuve. Et n'oublions pas ce verset 15 chaque fois que nous faisons des projets (comparer Jac. 4:13-15).
à côté de la protection et de la délivrance, l'âme trouve auprès de l'Ãternel quelque chose de plus précieux encore: une bonté grande (v. 19), admirable (v. 21); une bonté «mise en réserve» au profit de ceux qui craignent Dieu et qui se confient en Lui (Ps. 34:9). Nâayons pas peur dâépuiser cette réserve divine. Mais aussi comment répondre à une telle bonté? Le verset 23 nous l'enseigne: «Aimez l'Ãternel, vous tous ses saints!». Câest «le grand et premier commandement» de la loi (Matt. 22:37, 38). Mais il n'est pas pénible (voir 1 Jean 5:2 et 3). Car, comprendre la bonté du Seigneur, c'est déjà L'aimer! Oui, pour que l'amour envers Lui soit produit et entretenu dans notre cÅur, soyons beaucoup occupés de son amour-Lui pour nous (1 Jean 4:19). «Câest de ton amour même, que notre amour vivra» â rappelle un cantique.
Plus l'âme a d'abord gémi sous le poids de ses péchés, plus elle goûte ensuite le bonheur dont nous entretiennent les v. 1 et 2. Ãtes-vous un de ces bienheureux? Sinon le v. 5 vous trace le chemin pour le devenir (comp. Luc 15:18). «Je n'ai pas couvert... ,» autrement dit tout confesser est le moyen indispensable pour que Dieu couvre mon péché (v. 1). Au contraire, si je cherche à le cacher, il faudra tôt ou tard que Dieu le mette en lumière (Matt. 10:26). C'est par le réveil de la conscience que commence le travail de Dieu. Il appesantit sa main jusqu'à ce que le pécheur soit amené à la repentance, aussitôt suivie du pardon. Ce dernier nous est présenté dans ces versets sous trois aspects: l'enlèvement d'un fardeau (v. 4), le recouvrement de la souillure (v. 1), l'annulation d'une dette (v. 2).
Puis vient la marche. Ne ressemblons pas à des bêtes de somme sans intelligence et qui de ce fait doivent être conduites par des contraintes extérieures. La bride et le mors sont l'image des moyens pénibles que Dieu est obligé d'employer quand nous ne voulons pas nous approcher de lui (v. 9; comp. Prov. 26:3). Combien il est préférable de nous laisser instruire (titre du psaume), enseigner, conseiller directement par la Parole et dans la communion avec le Seigneur.
Le premier verset reprend la pensée finale du Ps. 32: Celui qui est devenu un juste par le pardon de ses péchés est invité à se réjouir et à louer l'Ãternel. C'est la part et le devoir de tout croyant. Cependant ce psaume s'applique directement à l'Israël futur, quand le rejet de son Messie lui aura été pardonné. Sa louange aura trois grands thèmes: La fidélité de Dieu (v. 4-9): il est le créateur de toutes choses. La sagesse de Dieu (v. 10-17): il prend connaissance de tout et il gouverne les nations. La bonté de Dieu (v. 18-22): cette bonté s'exerce envers tous ceux qui se confient en lui. Le cantique nouveau (v. 3) est ici en rapport avec une terre nouvelle dont Dieu aura balayé l'injustice et qu'il aura remplie de sa bonté. Le conseil des nations, les desseins des peuples, auront été anéantis pour que s'achèvent les conseils éternels de Dieu et les desseins de son cÅur (v. 10 et 11). Sa Parole a créé les cieux (comp. v. 6 et Héb. 11:3). Elle nous régénère et opère en nous maintenant, en attendant de s'accomplir aussi dans un monde restauré. Dieu regarde des cieux et considère tous les habitants de la terre (v. 13, 14). Mais, selon sa promesse au Ps. 32:8, il suit tout particulièrement de son Åil vigilant ceux qui lui obéissent et qui s'attendent à son amour (v. 18 voir aussi Ps. 34:15).
Pour nous montrer que toutes nos circonstances, y compris les plus humiliantes, peuvent nous conduire en définitive à bénir Dieu, l'Esprit s'est servi d'un épisode de l'histoire de David pour lui dicter les paroles de ce psaume (voir 1 Sam. 21:10-15). Imitons «cet affligé»: sachons comme lui magnifier toujours et partout le nom de notre Dieu.
Au v. 11 c'est comme si, tendrement, le Seigneur nous rassemblait autour de Lui et disait: «Venez, fils, écoutez-moi...». Il a une parole d'encouragement pour chacun. Celui qui est en danger, Il le rassure par les versets 7, 15 et 17 (voir Ãsaïe 63:9). Un autre connaît-il des besoins matériels? Il répond à son souci par les versets 9 et 10. Quelqu'un traverse-t-il le deuil ou la peine? Il lui montre où trouver la consolation (v. 18). Son désir est de nous donner confiance en son Père pour que nous le louions avec Lui (v. 3). Goûtez, nous dit-Il, combien l'Ãternel est bon (comparer 1 Pierre 2:3). Mais le Seigneur sait aussi que nous avons besoin de son exhortation: «Garde ta langue du mal... retire-toi du mal, et fais le bien;... cherche la paix et poursuis-la» (vv. 13, 14; voir 1 Pierre 3:10-12). Pierre ne termine pas la citation du passage, car câest aujourdâhui le jour de la grâce. Le jugement annoncé à la fin du psaume est encore à venir.
L'Ange de l'Ãternel qui «campe autour de ceux qui le craignent et les délivre» (Ps. 34:7), est appelé ici à chasser et à poursuivre les ennemis du juste (vv. 5 et 6). «Après un temps de patience et de grâce infatigable, dâune grâce demeurée sans résultat, au lieu de se venger lui-même, le résidu sâen remettra à Dieu pour obtenir la délivrance» (JND). Cette délivrance du croyant juif s'accompagnera infailliblement du jugement des méchants.
Nous savons quâen ce qui concerne les chrétiens, ce n'est pas par la destruction des injustes que s'accomplira leur délivrance, mais par leur propre enlèvement à la rencontre du Seigneur! Chrétiens et inconvertis ne resteront pas toujours ensemble. Quand le Seigneur viendra sur la nuée, les premiers seront retirés de la terre, et les autres y seront laissés pour la terrible «heure de l'épreuve»... (Apoc. 3:10). Au contraire lors de Son apparition en gloire, les croyants de ce temps-là seront laissés pour le règne, alors que les méchants seront ôtés (Luc 17:34-36).
Quelle ingratitude que celle de l'homme naturel! David en parle par expérience, lui qui l'a si souvent éprouvée (vv. 12-15). Mais Christ a connu et ressenti cette ingratitude combien plus profondément. «Ils m'ont rendu le mal pour le bien, et la haine pour mon amour» (v. 12; Ps. 109:5).
Si nous n'avons guère affaire comme le fidèle de ce psaume à la méchanceté des hommes, n'oublions pas que la persécution a été, et est encore aujourd'hui, la part de beaucoup de chrétiens. Combien nous pouvons être reconnaissants que la liberté de conscience et de rassemblement continue de nous être accordée dans notre pays! Célébrer le Seigneur au milieu de son peuple de rachetés est le juste désir du croyant (v. 18). Apprécions-nous ce privilège, nous qui le possédons encore?
En Jean 15:25, Jésus se réfère à cette haine sans cause dont Il a été l'objet (v. 19). Sans cause certes!... et pourtant la haine du monde contre Christ et les siens ne doit pas nous étonner (1 Jean 3:13). C'est celle que Satan inspire aux hommes contre Celui qui l'a vaincu. Peut-on imaginer plus affreux sentiments que ceux des versets 21, 25, 26? Peu d'expressions sont aussi fortes pour mettre à nu dans toute leur horreur les profondeurs de méchanceté du cÅur humain: Joie perverse de voir souffrir un innocent⦠qui était le Fils de Dieu venu pour sauver les hommes. «Ha, ha! notre Åil lâa vu» â sâécrient les moqueurs (v. 21). «Tout Åil le verra, et ceux qui lâont percé» annonce Apoc. 1:7 â non plus sur la croix, mais dans toute sa gloire judiciaire.
Comparons la fin du verset 4 avec l'exhortation de Romains 12:9: «Ayez en horreur le mal». Non seulement l'homme du monde est indifférent au péché (car le juger serait se condamner lui-même), mais il s'en amuse et en fait les thèmes favoris de sa littérature et de ses spectacles. En même temps cette insensibilité au mal l'amène à se vanter et à «se flatter à ses propres yeux», même en présence de l'iniquité la plus criante (v. 2; Rom. 3:18; Deut. 29:19). Obligés que nous sommes de vivre dans une telle atmosphère, notre conscience de chrétiens risque à la longue de s'émousser. Mais nous aurons toujours le péché en horreur si nous nous souvenons de la croix et du terrible prix qui dut y être payé pour l'abolir. La bonté de Dieu est dans les cieux, hors d'atteinte des desseins des méchants (v. 5 et 7). Et en même temps elle s'étend comme des ailes protectrices pour abriter les fils des hommes (voir Ps. 17:8). Hélas, tels les habitants de Jérusalem au temps du Seigneur, beaucoup ne veulent pas du refuge ainsi offert (Matt. 23:37).
La source de la vie et la lumière divine, associées dans le verset 9, nous reportent à Christ, la Parole, dont il est écrit: «En elle était la vie, et la vie était la lumière des hommes» (Jean 1:4).
Le Psaume 37 n'est pas, comme la plupart des précédents, une prière du fidèle au sujet des méchants qui le tourmentent. C'est au contraire la réponse dâen haut qui lui parvient. Elle ne lui apporte pas encore la délivrance attendue, mais bien les précieuses ressources et instructions nécessaires pour faire face au mal qui l'environne. Et que de fois nous faisons cette expérience! En réponse à notre prière, au lieu d'enlever notre épreuve, le Seigneur nous donne ce qu'il faut pour la traverser. Selon la promesse du Psaume 32:8: «Je t'instruirai, et je t'enseignerai;... je te conseillerai...», nous reconnaissons la voix du tendre Maître. Il a Lui-même mis en pratique les instructions qu'Il donne ici. Et, connaissant nos pauvres cÅurs, Il sait bien que la vue du mal autour de nous peut y produire deux sentiments fâcheux: l'irritation et la jalousie (vv. 1, 7 et 8; Prov. 24:1, 19). D'où ces exhortations qu'il nous faudrait lire souvent: Ne t'irrite pas (3 fois); confie-toi; pratique le bien; remets ta voie sur l'Ãternel; demeure tranquille,... Riches promesses aussi, qui y sont liées!: «Il te donnera les demandes de ton cÅur...; Lui, il agira». Laissons-Le seul agir! Bientôt le Dieu de paix brisera Satan sous nos pieds (comparer versets 10, 17, 20 avec Rom. 16:20).
«Par l'Ãternel les pas de l'homme sont affermis» (v. 23). L'indépendance nous caractérise par nature. Reconnaître que nous avons besoin de Dieu pour chaque pas de notre vie quotidienne est une évidence que nous n'admettons pas toujours. N'attendons pas d'avoir fait de nombreuses chutes pour en être convaincus et pour accepter le secours du Seigneur.
Il est question dans ce psaume du juste (ou des justes). C'est le nom donné au résidu juif fidèle; celui-ci possédera le pays (vv. 9, 11, 22, 29, 34) après le retranchement des méchants, affirmé lui aussi à cinq reprises (vv. 9, 22, 28, 34, 38). L'enfant de Dieu aujourd'hui a le droit de porter le même titre (Rom. 5:19). Comment un juste se fait-il reconnaître? Il use de grâce et donne (v. 21). Sa bouche profère la sagesse, et sa langue parle la droiture; la loi de son Dieu est dans son cÅur (vv. 30, 31). Amour, sagesse, vérité, attachement à la Parole, tous ces traits peuvent-ils se remarquer dans notre marche de chaque jour? En retour, comptons sur la force, l'aide et la délivrance de Dieu (vv. 39, 40). Que le juste soit abandonné est en effet inconcevable (v. 25). Et pourtant nous savons qu'il dut en être ainsi du «Juste par excellence» (Job 34:17; Ps. 22:1).
L'instruction du Ps. 37 semble avoir été comprise. Le fidèle ne réclame plus le retranchement des méchants, qui lui a été expressément promis. Au lieu de s'irriter à cause de ceux qui font le mal, il sent profondément son propre péché (v. 3-5). En même temps il réalise qu'il est dans la main de Dieu qui le reprend et le châtie. Et c'est à Lui qu'il s'attend (v. 15). Il ne lui appartient pas de répondre lui-même à ceux qui le persécutent; encore moins de se venger. «Toi tu répondras, Seigneur, mon Dieu!» Nous reconnaissons là les enseignements du Nouveau Testament: «Ne rendant à personne mal pour mal...; ne vous vengeant pas vous-mêmes, bien-aimés; ... moi je rendrai, dit le Seigneur» (Rom. 12:16, 19). La seule réponse que nous sommes en droit de donner au mal qui nous est fait, c'est... le bien; à l'inverse de ces «ennemis» (v. 19), de ces «adversaires» qui «rendent le mal pour le bien» (v. 20). Et leur surprenant motif nous est ici dévoilé: «... parce que je poursuis ce qui est bon». La jalousie, le désir pervers de supprimer ce qui soulignait, par contraste, leur propre méchanceté, tels sont les affreux sentiments qui ont conduit les hommes à mettre à mort le Saint et le juste (Jean 10:32 , lire aussi 1 Jean 3:12).
Pour refréner la volonté propre d'un croyant, Dieu doit parfois se servir de la bride et du mors (Ps. 32:9). L'Esprit impose silence à la nature pour faire porter des fruits à la vie nouvelle et la faire parler (v. 1).
Nous qui avons tant de peine à nous taire, en particulier quand il nous est fait du tort, pensons à l'exemple parfait de l'Agneau qui n'a pas ouvert sa bouche (v. 9; Ps. 38:13: Ãsaïe 53:7; 1 Pierre 2:23).
«Tu m'as donné des jours comme la largeur d'une main...» (v. 5). Brève existence... et cependant si follement gaspillée par tant de personnes en vaine agitation pour amasser des biens terrestres! (v. 6: Ecc. 2:21-23). Prêtons attention aux quatre «certainement» des v. 5, 6 et 11. Non seulement l'homme n'est que vanité (v. 5 et 11), mais encore «il se promène parmi ce qui n'a que l'apparence...» Sur la scène de ce monde où le drame humain achève de se jouer, les personnages et le décor seront bientôt mis de côté. «La figure de ce monde passe». Ce qui est vrai, ferme, impérissable, c'est ce qui appartient au domaine invisible et céleste (1 Pierre 1:4). Comprenant qu'il ne peut rien attendre d'un tel monde, le fidèle se pose la question: «qu'est-ce que j'attends, Seigneur?» et donne lui-même la réponse: «Mon attente est en toi» (v. 7).
Psaume glorieux! Christ, Homme ressuscité, y prend la parole pour déployer «les Åuvres merveilleuses» et «les pensées» de Dieu (envers nous: il associe les siens â v. 5) comme en quatre tableaux successifs. Le premier nous transporte dans l'éternité passée (vv. 6, 7 cités en Héb. 10:5-9). Seul capable de régler la question du péché, le Fils se présente pour être le serviteur obéissant: «Voici je viens...» â «Et il est venu...» confirme Ãphésiens 2:17.
Le tableau suivant nous montre Jésus sur la terre, annonçant et accomplissant «toute justice» (Matt. 3:15), rendant témoignage au Dieu de bonté et de vérité, parlant de sa fidélité et de son salut. Toute la vie de Christ est résumée dans ces versets 8-10.
Puis le Sauveur est devant nous à l'heure solennelle où Il doit s'écrier «Mes iniquités m'ont atteint...» (v. 12). Mes iniquités...? Mais c'étaient les miennes et les vôtres! Elles sont trop nombreuses. Au Psaume 38:4 elles étaient trop pesantes.
Et enfin, le dernier tableau pour lequel nous revenons aux versets 1-3 (de même que le Ps. 21 précède le Ps. 22): Le «puits de la destruction» et le «bourbier fangeux» ont fait place au roc de la résurrection. Christ, délivré de la mort par la puissance de Dieu qu'Il a patiemment attendu, chante sa louange et invite les hommes à se tourner vers Lui pour Le célébrer aussi (v. 3).
Par l'Esprit prophétique, Christ a déclaré à la fin du Psaume 40: «Et moi, je suis affligé et pauvre». Pauvreté volontaire, destinée à nous enrichir! (2 Cor. 8:9). Bienheureux donc, celui qui comprend ce Pauvre! Et aussi qui sait se mettre à la place de tous les pauvres, des humbles, de ceux qui souffrent... Bienheureux celui qui, en esprit sinon en réalité, prend comme son Maître cette position de pauvre! (Matt. 5:3).
Quels encouragements le verset 3 apporte aux malades!: En premier lieu la promesse du secours divin! Même si l'être extérieur dépérit, l'homme intérieur est renouvelé de jour en jour par les soins du grand Médecin des âmes (2 Cor. 4:16). Mais de plus, «tout le lit» du malade va se trouver miraculeusement transformé. Car la présence du Seigneur à son chevet a le pouvoir de changer sa langueur en joie. Douce compagnie, propre à faire oublier l'incompréhension ou l'indifférence dont il a pu être l'objet (v. 8)!
Nous savons à quel moment s'est accompli le verset 9. Avec quelle tristesse le Seigneur a dû le citer, avant de donner au traître Judas «le morceau», qui le faisait reconnaître (Jean 13:18, 26).
Et ce livre 1 des Psaumes s'achève sur une louange éternelle à laquelle, amis croyants, nous pouvons joindre notre amen!
Dieu s'est servi de Salomon, le plus sage parmi les plus sages (1 Rois 4:29...), pour nous donner «les Proverbes», ce livre de la Sagesse. Bien que s'adressant à tous, il est en quelque sorte dédicacé au jeune homme (v. 4). Oui, ce livre a été spécialement écrit pour toi, jeune ami croyant parvenu à l'âge de la réflexion et du jugement personnel. C'est le moment de ton orientation et des choix décisifs. à l'école de Dieu, où se poursuit ton éducation chrétienne sous l'autorité et l'exemple de tes parents (vv. 7-9), les Proverbes constituent un de tes principaux «livres de classe». Il contient des définitions, des règles avec leurs applications, des exercices, des exemples à suivre, et d'autres à ne pas suivre. Mais la Sagesse (comme la Parole avec laquelle elle s'identifie), est en même temps une personne vivante qui enseigne et guide dans leur marche ceux qu'elle appelle ses fils.
Les Psaumes commençaient par la mise-part du fidèle (Ps. 1:1). Ici de même, la première instruction donnée au fils lui enjoint d'éviter «le chemin des pécheurs» qui chercheront à le séduire en lâinvitant: «Viens avec nous» (v. 11). Elle lui montre où ce chemin conduit, et le met en garde: «mon fils, ne fais pas route avec eux» (v. 15; lire Ãph. 5:11).
La Sagesse sâest donné pour tâche l'éducation de ses fils, autrement dit de ses disciples. Mais elle se tourne également vers le dehors pour en inviter d'autres à le devenir. Dieu n'a pas donné sa Parole seulement pour l'instruction des croyants; elle est aussi l'Ãvangile de la grâce qui montre aux inconvertis le chemin du salut. Voyez la sagesse â et à travers elle le Seigneur Jésus â chercher diligemment les âmes, partout où elles se sont égarées, pour les inviter à revenir, et à se repentir. Nous connaissons, peut-être pour les avoir fréquentés avant notre conversion, ces «lieux bruyants» où le monde s'étourdit. La sagesse crie pour faire entendre sa voix au-dessus de tout ce brouhaha (comparer Jean 7:37 et Jean 12:44). Et cette Parole, que Dieu fait annoncer partout, a un double effet: salut pour les uns, condamnation pour les autres (comp. Actes 17:32-34). Pour ceux, hélas nombreux, qui refusent d'écouter, la même voix qui aujourd'hui fait retentir les appels pressants de la grâce, un jour deviendra ironique et terrible (v. 26). Alors il sera trop tard (comparer verset 28 avec Amos 8:12). Mais pour ceux qui écoutent, ils habiteront en sécurité, sans crainte du jugement (v. 33). Ils seront au bénéfice de la promesse du v. 23: «Je ferai couler pour vous mon Esprit, je vous ferai savoir mes paroles».
Avant de reprendre en main l'éducation de son fils, la Sagesse sonde ses dispositions. Est-il décidé à se laisser instruire pour trouver la connaissance de Dieu? (v. 5). Est-ce de bon gré qu'il se plie à la discipline de cette «école»? En effet, aucun enseignement n'est vraiment profitable s'il n'est accompagné du désir personnel d'acquérir cette connaissance, et du sentiment de son importance. Il arrive qu'un mauvais écolier devienne un bon élève à partir du moment où il a compris que son avenir dépend de son travail.
Voici donc la sagesse et l'intelligence qui s'offrent à nous. Dieu ne limite pas les dons de son Esprit (Jean 3:34). Mais en même temps nous avons à les poursuivre, à les rechercher activement par la prière (v. 3; comp. 1 Cor. 14:1). Les v. 1-4 invitent le croyant à un septuple effort. En effet, si notre cÅur n'est pas fermement et personnellement engagé, la meilleure des éducations ne pourra pas nous préserver longtemps (comparer versets 10, 11; voir Dan. 1:8). Nous tendrons à nous aligner sur le milieu dans lequel nous nous trouverons, et nous serons donc à la merci des mauvaises influences (vv. 12-22). Et le jour du départ de la maison paternelle risquera de marquer un tournant fatal. Car, ne l'oublions jamais, «les mauvaises compagnies corrompent les bonnes mÅurs» (1 Cor. 15:33).
Elles sont pour toi, jeune ami croyant, ces paroles pleines d'amour de ton Père céleste: «Mon fils, n'oublie pas...». Cette expression «mon fils» est répétée quatorze fois dans les Proverbes 1 - 7. L'apôtre, citant aux Hébreux les versets 11 et 12, sera obligé de leur dire: «Vous avez oublié l'exhortation qui s'adresse à vous comme-des fils». Pesons donc bien les avertissements de ces chapitres, en nous rappelant qui nous les adresse (Héb. 12:5, 25).
La bonté et la vérité sont inséparables. Elles correspondent à la nature de ce Dieu d'amour et de lumière dont nous sommes les enfants. Serrons-les dans notre cÅur (v. 3).
Ainsi que nous l'a montré le chapitre 2, il y a une intelligence-rechercher par la prière; celle par laquelle le Saint-Esprit nous fait entrer dans les pensées de Dieu. Bienheureux celui qui l'obtient (v. 13). Par contre, il en est une autre dont il faut que je me méfie: ma propre intelligence (v. 5). Je ne puis en même temps m'appuyer sur elle et me confier en Dieu de tout mon cÅur, suivre à la fois mes raisonnements... et les directions d'en haut. «Ne soyez pas sages à vos propres yeux», recommande Romains 12:16 reprenant notre v. 7.
Les bénédictions promises ici au disciple de la Sagesse sont des bénédictions terrestres. à plus forte raison le chrétien devrait-il réaliser ces exhortations, puisque son appel est céleste.
Retenir les instructions de la Sagesse est nécessaire en premier lieu à la vie de mon âme. «L'homme ne vivra pas de pain seulement, mais de toute parole de Dieu» (Luc 4:4). Ce sera en même temps vis-à -vis des autres un ornement de la grâce (v. 22; Prov. 1:9; Prov. 4:9). Ma marche s'en trouvera affermie de jour, et durant la nuit, je reposerai en sécurité. Mon sommeil sera doux (v. 24). D'où viennent les hésitations et les erreurs de jugement qui me font souvent broncher au cours de la journée? Les craintes et les tourments d'esprit qui viennent quelquefois m'assaillir même pendant la nuit? De ce que j'ai perdu de vue les enseignements du Seigneur, ainsi que la simple confiance en Lui (v. 26), pour raisonner selon mes propres pensées.
Dieu, qui connaît mon cÅur égoïste, me rappelle ensuite ce que je dois à mon prochain (v. 27; Luc 6:30). Et Il attend de moi, parce que je suis son enfant, une entière droiture, l'absence de compromis dans mes actes, mes paroles et mes intentions. Douceur et débonnaireté sont des vertus dont le monde risque de profiter pour dépouiller le chrétien qui les manifeste. Mais celui-ci nâest jamais perdant. Dieu donne une plus grande grâce, comme nous le promet Jacques (Jac. 4:6) en citant le verset 34?
C'est dans sa famille que l'enfant de parents chrétiens commence à acquérir les rudiments de la sagesse selon Dieu. Contester, mépriser ou abandonner (v. 2) la «bonne doctrine» entendue à la maison, ce sont autant d'attitudes qui ne peuvent être bénies et le point de départ trop fréquent de vies perdues pour le témoignage (comparer verset 10 avec Ex. 20:12).
«Le père fera connaître aux fils ta vérité» (Ãsaïe 38:19). L'enseignement chrétien est à la responsabilité du chef de famille, qui transmet à ses enfants ce que lui-même a souvent reçu de ses propres parents (Ps. 78:4-6). Salomon, l'écrivain inspiré des Proverbes, se souvient sans doute des dernières paroles de son père David (v. 3; 1 Rois 2:1-3).
Les v. 11-13 nous instruisent quant à la marche, les v. 14-19 quant au chemin. Le sentier des méchants nous est décrit pour que nous sachions lâéviter et nous engager fermement sur ce sentier des justes qui est comme la lumière resplendissante qui va croissant⦠jusqu'à ce que le plein jour soit établi. La sagesse est un domaine dans lequel on progresse petit à petit (comp. Luc 2:52). Ce qui n'est pas normal, c'est un arrêt dans cette croissance, dû à un mauvais état de conscience. Puisse ce verset 18 résumer la vie de chacun d'entre nous!
Tous les sens, tous les organes vitaux du croyant doivent demeurer sous le contrôle de la sagesse. Cette sagesse, cher ami chrétien, Dieu l'a mise à ta disposition (Jac. 1:5). Par elle, tu es responsable de surveiller ton oreille (v. 20), tes yeux (vv. 21, 25), tes pieds (vv. 26, 27; voir Ps. 119:101), tes pensées, tes lèvres (chapitre 5:2). Et, par-dessus tout, ton cÅur, ce centre moteur qui gouverne lâêtre entier (v. 23). Sâil est pris, câen est fait de toi. Combien ont manqué leur vie, combien ont versé des larmes amères, pour avoir, au temps de leur jeunesse, laissé se développer en eux une affection qui n'était pas selon le Seigneur!
Si les lèvres sont la porte de sortie du cÅur, les yeux en sont la principale porte d'entrée. Veille donc à ce que nos yeux regardent droit en avant. Qu'ils se fixent sur Jésus, but de la course de la foi (Héb. 12:2)! De cette façon aucune convoitise ne pourra y trouver un accès complaisant.
Les v. 8 et suivants décrivent la misère de celui qui sâest laissé détourner par «lâétrangère»: il donne «ses années à lâhomme cruel» (v. 9). Nous nâavons donné que trop de nos années à Satan avant notre conversion. Voudrions-nous retourner sous son emprise?
Se porter caution c'est recommander quelqu'un en garantissant les engagements qu'il a contractés. En apparence cela part d'un bon sentiment. Mais Dieu a le cautionnement en horreur, dâabord parce qu'il traduit de la confiance en l'homme, ensuite parce quâil dispose inconsidérément de l'avenir, qui n'appartient qu'à Lui seul (Jér. 17:5; Jac. 4:13, 14).
Au paresseux, les versets 6-8 conseillent une visite à la fourmilière. Que de profitables leçons on peut apprendre auprès de ce petit peuple laborieux!: diligence, persévérance, prudence, ordre, entraide, libre discipline. Pas une ne reste inactive, et si le fardeau est trop lourd, une compagne accourt à son aide. Sachons observer les vivantes instructions que Dieu a disposées pour nous ici ou là dans sa création.
Nous avons déjà vu que tous les membres du croyant devaient être gardés et sanctifiés pour Dieu (Prov. 4:21-27; Prov. 5:1, 2). Les versets 12-19 nous montrent comment, chez l'homme naturel, ces mêmes membres sont mis au service du mal. Telle était aussi notre condition lorsque nous étions esclaves du péché. Mais Romains 6:18, 19 nous rappelle que nous avons été affranchis et nous exhorte fermement à livrer maintenant nos membres comme esclaves à la justice pour la sainteté.
Dès le début du livre, immédiatement après la crainte de l'Ãternel, un tout premier devoir a été rappelé au jeune chrétien: Ãcouter ses parents et leur obéir (Prov. 1:8, 9). Les versets 20-22 reviennent sur ce sujet important pour donner à l'enseignement du père et de la mère la même place que celle qu'attribue Deutéronome 11:18, 19 aux paroles de Dieu Lui-même. Obéir à ses parents, c'est donc obéir à Dieu. Chose non seulement «juste» (Ãph. 6:1), mais aussi «agréable dans le Seigneur» (Col. 3:20). Que cette obéissance soit visible dans les maisons chrétiennes, et cela d'autant plus qu'elle décline beaucoup dans le monde d'aujourd'hui! (2 Tim. 3:2). à l'influence du foyer familial, s'oppose une fois de plus celle de la femme étrangère qui personnifie le péché (Prov.2:16; Prov.5:3, 20; puis Prov.7:5). Ne nous étonnons pas de ces mises en garde répétées. Nous savons par expérience que les tentations se renouvellent. Mais elles seront d'autant plus pressantes qu'elles rencontreront dans nos pensées ou dans nos habitudes de l'impureté non jugée.
La paresse, elle aussi, ouvre toutes grandes les portes de la convoitise charnelle, comme nous l'apprend l'histoire de David et de son affreux péché (2 Sam. 11).
Ce chapitre illustre de la façon la plus solennelle le danger que la femme étrangère fait courir au jeune fils de la sagesse. Il s'agit d'une véritable chasse-l'âme (comp. Prov. 6:26). à l'affût: cette femme impure, bruyante et sans retenue. Elle camoufle ses intentions perverses sous des dehors religieux (v. 14). Elle va, vient, guette sa proie avec la complicité de la nuit. Ses armes: des paroles doucereuses et le battement de ses paupières (Prov. 2:16; Prov.5:3; Prov.6:25). Sa victime: un jeune homme léger, désÅuvré, vaincu d'avance parce qu'il n'a pas de volonté et qu'il est dominé par ses sens.
La scène est vite jouée: inconscient, stupide, «il est allé aussitôt après elle». Le piège de lâoiseleur â câest-à -dire Satan â sâest aussitôt refermé (v. 23; Ps. 91:3). Trop tard! Plaisirs d'un moment, mais payés de quel prix! Car «il y va de sa vie»... et il ne le savait pas (v. 23). Avertis comme vous lâêtes, jeunes chrétiens, vous êtes plus responsables encore. Mais vous savez aussi où trouver la ressource: «Comment un jeune homme rendra-t-il pure sa voie? Ce sera en y prenant garde selon ta parole» (Ps. 119:9). Méditez lâexemple de Joseph et de sa ferme réponse en Gen. 39:9. Et, à l'heure du danger, criez à Celui qui est toujours «à même de secourir ceux qui sont tentés» (Héb. 2:18).
Comme au chapitre 1, la Sagesse se tourne vers les perdus et fait retentir ses appels de grâce. Elle se poste cette fois sur les hauteurs, sur les chemins, aux portes de la ville, partout où le monde passe. Le carrefour (v. 2) est un endroit de la route où l'occasion se présente de changer de direction. C'est là que, dans la parabole, sont envoyés les serviteurs du roi, afin de chercher et de convier autant de gens qu'ils trouveront (Matt. 22:9). Le chapitre 9 nous montrera que la Sagesse a elle aussi son festin préparé et qu'elle envoie ses servantes pour confirmer son invitation. Vous qui peut-être marchez encore sur le chemin large, répondez maintenant à la voix insistante qui vous appelle au carrefour. Cette voix est celle de Jésus, qui veut votre bonheur. Il fait entendre à ceux qui L'écoutent des choses excellentes, des paroles droites, claires, véritables (vv. 6, 9). Il a en réserve des trésors qui n'ont rien de comparable avec l'or et l'argent de ce monde. Il fait hériter «les biens durables» (v. 18 note), «réels» (v. 21), les «biens à venir»... «meilleurs et permanents», comme les appellent aussi Hébreux 10:1, 34. Combien est glorieux en vérité, «ce que Dieu a préparé pour ceux qui lâaiment» (1 Cor. 2:9; comparer versets 17-21).
«Ce que Dieu a préparé pour ceux qui l'aiment» a sa source en Christ. Il est, Lui, «la sagesse de Dieu en mystère, la sagesse cachée, laquelle Dieu avait préordonnée avant les siècles pour notre gloire» (1 Cor. 2:7, 9; voir aussi 1 Cor. 1:30). Les versets 22-31, nous font remonter le cours du temps au-delà du commencement des choses créées, aussi loin que peut aller notre pensée. Déjà la Sagesse était là , une Personne à côté de Dieu: le Fils avec le Père, dans une plénitude réciproque d'amour et de joie, pour concevoir, puis réaliser ensemble l'Åuvre de la création. Mais de plus nous apprenons ici quelque chose d'extraordinaire: Avant que n'existe un seul homme, avant qu'il y ait seulement une terre pour le porter, avant même «le commencement de la poussière du monde», nous avons été, vous et moi, connus et aimés. «Mes délices étaient dans les fils des hommes», telle est la merveilleuse déclaration du Bien-aimé de Dieu, avant que le temps ne commence. Il ne voulait pas jouir seul de l'amour de son Père. Et toute l'Åuvre qu'Il allait entreprendre avait ce grand dessein final: Introduire des hommes sauvés et parfaits dans son propre bonheur, à la gloire de Dieu son Père.
La Parole qui était «au commencement auprès de Dieu», qui «était Dieu», est descendue pour parler aux hommes et leur apporter la révélation du Père (sujet de l'Ãvangile de Jean). Ainsi en est-il de la Sagesse. Elle n'est pas restée «à côté» de l'Ãternel. Elle a bâti sa maison au milieu des hommes (Jean 1:14 note), et les y invite: «Venez, mangez... buvez...» (comparer Jean 6:51). Elle rassasie d'abord; elle instruit ensuite. Jésus remplit le cÅur avant de garnir l'esprit et la mémoire. Car si l'amour pour Lui ne précède pas la connaissance de «ses commandements», nous ne serons pas capables de les garder.
De plus l'instruction de la sagesse doit commencer par son commencement qui est la crainte de l'Ãternel (v. 10): C'est le sentiment de l'autorité de celui qui dispense l'enseignement. On se tient avec respect devant Dieu en mesurant l'importance de chacune de ses paroles. Nous ne devrions pas lire autrement la Bible.
Dans le monde une autre voix cherche à détourner les hommes: celle de la folie (et du péché)! Elle prend l'apparence de la Sagesse (comparer versets 4 et 16) et nous offre «de jouir pour un temps des délices du péché» (Héb. 11:25). Mais regardons de plus près le visage de ses invités: ce sont des morts. à son sinistre festin sont attablés des trépassés (v. 18; Prov. 2:18, 19).
à partir de ce chapitre, les Proverbes se présentent comme une suite de sentences successives inspirées par la Sagesse. Il n'est pas toujours facile d'en saisir l'ordre ni d'en dégager les pensées principales. Nous ne saurions trop conseiller l'aide de l'ouvrage: Ãtude sur les Proverbes de H.R. pour tirer de ce livre un plus grand profit. Faute de place, nous ne pourrons nous arrêter ici chaque jour que sur un petit nombre de versets.
Le premier sert d'introduction générale: «Un fils sage réjouit son père». Il se complète par Proverbes 23:24: «Le père du juste aura beaucoup de joie...» (voir aussi Prov. 15:20; Prov. 17:21, 25; Prov. 29:3). Pensons à la satisfaction de nos parents quand nous montrons ces caractères de justice et de sagesse selon Dieu. Mais élevons-nous en même temps plus haut pour admirer le Fils dont l'excellente sagesse faisait les délices continuelles de son Père. Non seulement dans l'éternité passée, mais aussi pendant son chemin sur la terre (Prov. 4:3; Matt. 3:17; 17:5).
Les versets qui suivent nous montrent en détail de quelle manière un fils sage honore et réjouit son père: Justice pratique dans l'activité (vv. 4, 5), dans la marche (v. 9), dans les paroles (vv. 11, 13, 14), voilà ce qu'a manifesté Jésus, et ce qui a réjoui infiniment le cÅur du Père (voir Jean 8:29).
C'est en particulier par son langage qu'un juste se fait reconnaître (comparer Matt. 26:73). Est-ce que nous y prêtons assez d'attention? Absence de mots grossiers, de parole inconvenante ou folle (Ãph. 4:29; 5:4). Si nous avons l'habitude de dire tout ce qui traverse notre esprit, câest à nous que sâadressent les versets 19 et 20. Mais «la langue du juste est de l'argent choisi». Elle filtre les impuretés et ne laisse passer que ce qui a de la valeur. Le cÅur du croyant contient deux sources qui s'écoulent par la même issue de nos lèvres (Jac. 3:9-11): La fontaine de vie (v. 11; comparer Jean 4:14), capable d'en repaître plusieurs (v. 21). Et la source impure de notre chair qui laisse sourdre toute mauvaise pensée (Matt. 15:18, 19; voir aussi Prov. 12:18). L'enseignement de la Sagesse nous apprendra à parler comme à nous taire (lire la prière du Psaume 141:3).
Le sort du juste et celui de l'impie sont comparés dans les versets 24-30. Le méchant a une crainte (v. 24); ce n'est pas celle de l'Ãternel, mais une terreur vague et superstitieuse, avec à l'arrière-plan la mort à laquelle il n'est pas préparé (Job 15:20, 21). Combien différente est la part du chrétien! Pour la vie présente, Dieu lui accorde ses justes désirs (v. 24). Et quant à l'avenir, son cÅur est réjoui par une bienheureuse attente (v. 28).
Nous avons remarqué comment, dans presque chaque verset de ces chapitres, la part et le caractère du juste et du méchant sont mis en contraste. Eh bien! il en est ainsi dans la vie journalière de l'enfant de Dieu: Placé à côté des incrédules de ce monde, sa fidélité est appelée à faire ressortir leur iniquité et inversement. Il est droit et intègre au milieu de pervers, et dâimpies.
Les versets 9-14 présentent plus particulièrement le côté de la vie en société. Le juste n'est pas appelé à vivre seul. Sa présence au milieu du monde qui l'observe est un témoignage rendu à celui-ci. L'épître à Tite nous avertit d'avoir à vivre justement... dans le présent siècle, afin d'orner comme les illustrations dâun livre «l'enseignement qui est de notre Dieu sauveur» (Tite 2:10-12).
«La sagesse est avec les hommes modestes» (v. 2). Le croyant qui se tient devant Dieu n'a jamais une haute opinion de lui-même. Le meilleur remède à l'orgueil est de penser à la grandeur du Seigneur Jésus. Cet orgueil qui s'accompagne de mépris pour le prochain est le contraire de l'intelligence (v. 12). Car cette dernière me fera toujours trouver des raisons pour estimer l'autre supérieur à moi-même (Phil. 2:3).
La tendance de notre cÅur égoïste est d'accaparer et de retenir plus qu'il ne faut (vv. 24, 26). Mais lisons en Luc 6:38 ce que recommande le Seigneur Jésus. Le vrai moyen d'être béni soi-même est de s'occuper du bien des autres. Cela défie quelquefois la prudence et la sagesse humaine, mais Dieu n'a pas la même arithmétique que l'homme. Il renverse ses calculs et ses précautions. Et les richesses sont toujours un piège pour ceux qui s'y confient (v. 28; comparer Marc 10:24 et 1 Tim. 6:17, 18). «Riches en bonnes Åuvres» telle doit être notre ambition d'après ce dernier passage.
Pourtant il existe dans le monde une chose de la plus haute valeur, que nous sommes invités à rechercher et à gagner. Qu'y a-t-il de plus précieux qu'une âme? Pour acquérir la nôtre, le Seigneur a «vendu tout ce qu'il avait» (Matt. 13:44-46). Oui, «le sage gagne les âmes» (v. 30). Heureux service, le savons-nous? C'était celui du disciple André (Jean 1:41-43); et ce peut être le nôtre aussi, quel que soit notre âge et notre degré de connaissance. Celui qui veut gagner une âme au Seigneur, de quoi a-t-il tout spécialement besoin? Précisément de cette sagesse prompte à saisir l'occasion (Ãph. 5:15, 16). Et aussi de l'amour, habile à trouver le chemin du cÅur (1 Cor. 9:19, 22).
Le juste est à présent considéré dans sa vie familiale: sa femme (v. 4), sa maison (v. 7), son serviteur (v. 9), sa bête (v. 10), son travail (v. 11 ... ). Où est-ce que la fidélité du croyant doit se montrer, si ce n'est d'abord dans ses relations domestiques et dans son travail de tous les jours?
Il ne faut pas confondre ces enseignements de la Sagesse avec ce que, dans le monde, on appelle la morale. Celle-ci est l'ensemble des règles de bonne conduite que les hommes se donnent à eux-mêmes; elles aussi s'expriment souvent sous forme de maximes. Certaines d'entre elles ont été empruntées au christianisme; d'autres sont inspirées par le bon sens ou par l'expérience de la vie en société. Mais la morale humaine ne fait pas intervenir Dieu. Tandis que nous avons ici des principes divins, communiqués par Dieu. Jacques 3:15 distingue la sagesse d'en haut d'avec la sagesse de ce siècle, terrestre, animale, diabolique, celle qui par exemple faisait parler Pierre en Matt. 16:22, obligeant le Seigneur à lâappeler «Satan».
Le verset 15 nous montre que l'homme est incapable de juger par lui-même si sa voie est droite ou ne l'est pas. Le monde est rempli de ces fous qui règlent leurs pas selon la morale humaine, plutôt que d'écouter le conseil de Dieu.
«Qui surveille sa bouche, garde son âme» (Prov. 13:3). Ne nous étonnons donc pas de trouver dans les Proverbes autant de recommandations à propos de l'emploi de la langue. Il s'agit au verset 17 de la vérité. Un enfant de Dieu devrait être connu pour la dire, et toujours, quoi qu'il puisse lui en coûter (Ãph. 4:25)! La lèvre véridique (v. 19) est le contraire des lèvres menteuses qui sont «en abomination à l'Ãternel» (v. 22).
Le verset 25 nous suggère un autre usage de notre langue: Réjouir par une bonne parole ceux dont le cÅur est abattu. La bonne parole par excellence, n'est-ce pas la bonne nouvelle de l'Ãvangile? Par elle je pourrai montrer le chemin à mon compagnon (v. 26).
Montrer le chemin, c'est montrer Jésus (Jean 14:6) par mes paroles et surtout par mes Åuvres! Lui était ce Fils sage qui écoute l'instruction du Père (ch. 13:1; Jean 8:49). Une seule pensée le dirigeait: «Moi je fais toujours les choses qui lui plaisent» (Jean 8:29, 49). Quel modèle Il nous propose, n'est-ce pas?
Nous retrouvons ici le paresseux avec son opposé le diligent (vv. 24, 27 et Prov. 13:4). En négligeant de rôtir sa chasse (v. 27), le paresseux se prive de nourriture. Souvenons-nous quâun effort personnel est indispensable pour retenir et assimiler les vérités bibliques que nous avons pu lire ou entendre (notes prises et relues, versets appris par cÅur, etcâ¦). Ne soyons pas «paresseux à écouter» (Héb. 5:11).
«La lumière des justes est joyeuse...» (v. 9; comp. Ps. 97:11). La joie selon Dieu fait partie du témoignage des enfants de lumière. Un chrétien triste est souvent un triste chrétien. L'humeur maussade est comme un écran qui voile tout le rayonnement qu'un croyant pourrait avoir. En contraste, «la lampe des méchants s'éteindra» (v. 9; Prov. 24:20). L'huile leur manque, comme aux vierges folles de la parabole (Matt. 25:8), car la vie de l'Esprit est absente pour entretenir la lumière.
«Ce n'est que de l'orgueil que vient la querelle» (v. 10). Nous expliquons en général nos disputes par d'autres motifs. Tout au plus chacun saura-t-il discerner l'orgueil chez son adversaire. Eh bien! ce verset m'ouvre les yeux. Une querelle trahit mon propre orgueil: Je veux avoir raison; cela m'humilie de céder. Il suffira donc que je montre l'esprit de Christ pour faire aussitôt cesser le conflit et... au fond, remporter la victoire (Matt. 5:39, 40; Gen. 13:8, 9).
L'enseignement du sage est une fontaine de vie (v. 14). Ãcoutons donc ceux chez qui nous pouvons reconnaître cette sagesse d'en haut. Mais il est encore plus profitable de marcher avec eux (v. 20). Quelles sont nos fréquentations?
«La sagesse des femmes» est en rapport avec leur maison (v. 1). à notre siècle où la femme mariée cherche souvent à jouer un rôle dans tous les domaines, excepté celui de son propre foyer, il est opportun de souligner cet enseignement biblique (Tite 2:5). Ne faut-il pas toute sagesse divine pour l'éducation chrétienne des enfants? Même les tâches quotidiennes du ménage, lesquelles paraissent trop humbles et trop monotones à certaines, ont un grand prix pour le Seigneur.
Plusieurs versets établissent ce que Dieu appelle la folie. Il ne l'apprécie pas selon les mêmes points de vue que le monde (1 Cor. 1:19, 20). Un des caractères du fou est qu'il se moque du péché (v. 9). Or c'est en même temps mépriser la croix qui fut nécessaire pour ôter celui-ci; et il n'y a pas de plus grand outrage pour Dieu.
Le verset 13 définit la joie de l'incrédule en contraste avec celle du croyant (Prov. 13:9). L'espérance du chrétien maintient la joie dans son cÅur même au travers de ses peines. Il peut être à la fois «attristé mais toujours joyeux» (2 Cor. 6:10). Alors qu'inversement pour le monde, «même dans le rire le cÅur est triste...» (v. 13). Pauvre et sinistre joie que celle qui ne fait que masquer, un court moment, la perspective du terrible jugement à venir.
«L'homme prompt-la colère agit follement» (v. 17; comp. Ecc. 7:9). Au contraire «la lenteur-la colère est grande intelligence...» (v. 29; voir aussi Jac. 1:19) et câest un caractère souvent attribué à Dieu Lui-même (Ex. 34:6; Nb. Prov.14:18, etcâ¦). Combien d'actes ou de paroles prononcées sur le coup de l'irritation qui sont ensuite amèrement regrettées! Plutôt qu'un «esprit impatient», montrons donc cette grande intelligence: faisons précéder l'explosion de notre colère d'un moment de réflexion (ou mieux, de prière). Nous constaterons plus d'une fois ensuite qu'il ne subsiste aucun motif valable à notre irritation. Celui qui sait quâil a lâapprobation de Dieu est capable de sâattendre paisiblement à Lui (comp. 1 Rois 22:24, 25).
«Bienheureux celui qui use de grâce envers les malheureux» (v. 21). Sous prétexte que les bonnes Åuvres sont sans valeur pour accomplir notre salut, nous pourrions être portés à les négliger. Or justement les enfants de Dieu sont invités «à être les premiers dans les bonnes Åuvres» (Tite 3:14), sans toutefois perdre de vue que l'état des âmes passe avant les besoins matériels. Le verset 25 nous rappelle le Témoin par excellence... mais également ce qui doit caractériser tout témoignage fidèle: montrer aux âmes le chemin de la délivrance.
Le moyen d'apaiser notre propre colère, nous l'avons appris hier, c'est la patience et la prière. Voici à présent un remède à la colère des autres: Ce baume souverain s'appelle «une parole douce». La réponse humble et paisible de Gédéon aux hommes dâÃphraïm en Juges 8:1-3 a eu raison de leur irritation; et nâest-ce pas la moindre des victoires de cet homme de foi. à l'opposé, «une parole blessante» comme son nom l'indique, ouvre une blessure, qui est ensuite bien difficile à guérir.
Rapprochons les versets 5, 10 et 12 (ainsi que les versets 31, 32). Avoir égard-la répréhension et à la correction, permet de devenir avisé. C'est en tenir compte pour éviter de recommencer à mal faire. Proverbes 13:24 (et Héb. 12:6 par rapport à Dieu) nous a affirmé que des parents, contrairement aux apparences, montrent leur amour en disciplinant leurs enfants! Le secret pour accepter la répréhension est par conséquent de comprendre qu'elle est dictée par le vrai amour et qu'elle a en vue «notre profit». Ne soyons donc pas comme le moqueur, qui n'aime pas celui qui le reprend (v. 12).
«La prière des hommes droits lui est agréable» affirme le v. 8. La droiture est en effet lâabsence de volonté propre, la pleine soumission à la pensée de Dieu, lequel pourra alors exaucer une telle prière (1 Jean 5:14, 15).
«Le cÅur joyeux égaie le visage» (v. 13). La joie d'un enfant de Dieu doit pouvoir se lire sur sa figure. Et comment son cÅur pourra-t-il être heureux et joyeux? En trouvant continuellement sa force et sa nourriture en Christ, objet de son bonheur. «Le cÅur heureux est un festin continuel» (v. 15; comparer Jean 4:32).
Les versets 16 et 17 nous enseignent quelles sont les vraies valeurs ici-bas: la crainte de Dieu avec l'amour qui vient de Lui. «La piété avec le contentement est un grand gain â atteste l'apôtre â⦠ayant la nourriture et de quoi nous couvrir, nous serons satisfaits» (1 Tim. 6:6-8).
Soulignons le verset 23: «Une parole dite en son temps, combien elle est bonne!». Que de fois nous gardons le silence alors qu'il y aurait une parole à dire! Et c'est en général par manque de courage ou de dépendance du Saint-Esprit (Matt. 10:19, 20). Mais quand, avec le secours du Seigneur, nous avons pu saisir lâoccasion de parler de lui, nous expérimentons la première partie de ce verset: la joie vient remplir notre cÅur.
Notre chapitre se termine sur ce proverbe tant de fois commenté par le Seigneur Jésus: «L'abaissement va devant la gloire» (voir Matt. 18:4; Matt. 19:30; Matt. 20:27, 28; Matt. 23:11, 12 ... ). Mais Il ne s'est pas contenté de l'enseigner dans ses paroles. Qui jamais s'est abaissé comme Lui? Aussi nul ne sera non plus exalté davantage.
Comme le montrent les paroles mêmes du Seigneur Jésus, l'Ancien Testament comporte trois grandes parties: la loi de Moïse (le Pentateuque), les Prophètes (comprenant en outre les livres historiques) et les Psaumes avec les livres poétiques (Luc 24:44 et 27). Nous abordons par conséquent avec la prophétie une partie importante de la Bible, bien qu'elle soit trop souvent négligée à cause de ses difficultés. Demandons au Seigneur de nous aider à y découvrir aussi «les choses qui Le regardent». â Un prophète est le porte-parole de l'Ãternel auprès de son peuple pour le reprendre, l'avertir, le ramener, le consoler. Au ch. 1, comme entrée en matière, la première mission d'Ãsaïe est celle d'un médecin chargé de donner son avis sur un malade dont l'état est désespéré. Terrible diagnostic que celui des v. 5 et 6! Il est aussi valable pour l'homme d'aujourd'hui que pour l'Israélite d'autrefois. «Toute la tête est malade et tout le cÅur défaut». L'intelligence s'est corrompue en se détournant de Dieu (Rom. 1:21), les affections pour lui ont totalement manqué. Jusquâà la plante des pieds â la marche â rien nâest sain. Dans ces conditions, le déploiement de formes religieuses extérieures n'est plus qu'une vraie hypocrisie et même une abomination (v. 13; comp. Prov. 21:27).
Et voici toute la grâce divine qui brille envers le misérable peuple (mais aussi envers tout pécheur qui se reconnaît perdu). Nous l'avons laissé hier couvert de meurtrissures et de plaies vives, semblable à cet homme de la parabole, qui était tombé entre les mains des voleurs (Luc 10:30). à présent l'Ãternel l'invite à plaider avec lui. Plaider? à quoi bon! Que dire pour sa défense? Le coupable a la bouche fermée. Mais alors, au lieu de sa condamnation, voici qu'il peut entendre, prononcée par son propre juge, l'incomparable promesse du v. 18. Elle a apporté la paix à d'innombrables cÅurs: «Si vos péchés sont comme le cramoisi, ils deviendront blancs comme la neigeâ¦Â». Nous savons que c'est par le sang de Jésus Christ que cette purification peut s'accomplir (1 Jean 1:7). Sinon, le châtiment s'exécutera sur ceux qui refusent le pardon offert. Les v. 21 et suivants nous décrivent ce qu'est devenue Jérusalem, «la ville fidèle»: un repaire de meurtriers. Il est nécessaire que l'Ãternel la purifie. Ce ne sera pas, hélas, par le sang rédempteur â car elle n'en a pas voulu â mais par le jugement tombant sur les transgresseurs après toute la patience dont Dieu a fait preuve envers un peuple rebelle.
En dépit de leur ruine et de leur misère aveuglantes, Jérusalem et Juda étaient enflés d'orgueil et de prétention. Mais quand viendra le jour dont parlent les v. 12-21 «la hauteur des hommes sera humiliée, et l'Ãternel seul sera haut élevéâ¦Â» (v. 11 et 17). Dieu fera publiquement savoir ce qu'il pense de la gloire et du génie humains (avec tous ses objets d'art agréables â v. 16). Toutefois le v. 22 va beaucoup plus loin. «Finissez-en avec l'homme», c'est non seulement la conclusion de nos deux chapitres, mais celle de tout l'Ancien Testament, l'irrévocable sentence de Dieu sur la race humaine dont Israël n'est qu'un échantillon. Bientôt la croix mettra le point final à cette expérience de l'homme en Adam. Dieu n'en fait plus «aucun cas» dorénavant, et, d'accord avec Lui, nous avons le privilège de nous tenir nous-mêmes «pour morts au péché, mais pour vivants à Dieu dans le Christ Jésus» (Rom. 6:11).
Ce livre d'Ãsaïe commence comme l'épître aux Romains dont les trois premiers chapitres établissent formellement la culpabilité de l'homme, donc son besoin de justification. Le salut de l'Ãternel (signification du nom d'Ãsaïe) pourra dès lors être révélé plus loin dans la personne de Christ le Sauveur (Ãsaïe 40 et suivants).
Jusqu'au ch. 12 inclus, il va s'agir principalement du jugement d'Israël et de Juda; ensuite, du ch. 13 au ch. 27 de celui des nations. C'est toujours par sa maison â la sphère la plus responsable â que Dieu commence ce jugement, et ce sera le cas de la chrétienté professante (Rom. 2:9; 1 Pierre 4:17). La complète faillite de l'homme frappe davantage chez ceux qui ont des responsabilités et occupent une position en vue. Parmi eux, en dépit des enseignements formels de Dieu, on trouve le devin et «celui qui s'entend aux enchantements» (v. 3; Deut. 18:10). Dans quelle profonde corruption Israël n'est-il pas tombé! Mais Dieu sait faire néanmoins la différence entre le juste et le méchant (v. 10, 11) et il rend à chacun selon ses Åuvres. «Ce qu'un homme sème, cela aussi il le moissonnera», confirme Gal. 6:7 (comp. Job 4:8 et Os. 8:7; Os. 10:12, 13).
Un des fruits fâcheux récoltés par le peuple est le désordre social, le renversement de l'ordre établi. Il n'y a plus de discipline, les enfants contestent l'autorité de leurs parents et celle de leurs éducateurs; «le jeune garçon use d'insolence contre le vieillard» (v. 5), les valeurs morales et les contraintes sont mises de côté. Que d'analogies entre cette profonde décadence d'Israël et celle que nous constatons aujourd'hui dans nos pays christianisés!
Les v. 18-23 vous apprennent, jeunes filles, que les raffinements de la mode ne datent pas de notre époque. Est-il quelque chose de plus insupportable â et en même temps de plus ridicule (voyez fin du v. 16) â que cette extrême préoccupation de sa personne, cette recherche de l'attention et de l'admiration d'autrui? Tous ces accessoires de toilette et ces colifichets, Dieu en souligne la vanité. Est-ce à dire qu'une chrétienne ne doit pas veiller-sa «parure»? Au contraire! Et la Parole lui enseigne même la manière de le faire. De bonnes Åuvres (1 Tim. 2:9, 10), un esprit doux et paisible (1 Pierre 3:2-6) composent l'ornement moral qui plaît à Dieu, sans perdre de vue que notre tenue ne le laisse pas indifférent.
L'intervention de l'Ãternel en faveur de son peuple à la fin de son histoire rappelle ses soins du commencement (comp. v. 5 avec Ex. 13:21, 22). Comme pour lui affirmer: Je n'ai jamais cessé d'avoir les yeux sur toi!
Ici se termine la préface du livre. Elle nous a montré la ruine morale de Juda et de Jérusalem, les jugements qui les atteindront, mais elle s'achève sur leur restauration et sur la gloire de Christ (le Germe de l'Ãternel, source et puissance de vie â v. 2).
Une parabole touchante illustre les soins de l'Ãternel envers son peuple. Israël est la vigne du bien-aimé de Dieu. Plantée, puis aménagée et entretenue avec la plus tendre sollicitude, elle n'a en définitive produit que du raisin sauvage, immangeable et sans valeur. Dans sa parabole des méchants cultivateurs, le Seigneur exprimera la déception totale éprouvée dans sa vigne d'Israël, par le Bien-aimé qui avait tous les droits sur elle (Luc 20:9-16).
Mais ces versets nous font aussi toucher du doigt notre propre ingratitude. C'est comme si le Seigneur, après nous avoir fait faire le compte de toutes les grâces reçues depuis notre enfance, demandait avec tristesse à l'un ou l'autre d'entre nous: Qu'y avait-il encore à faire pour toi que je n'aie pas fait? N'étais-je pas en droit d'attendre quelque bon fruit de ta part? Et pourtant tu n'as rien produit pour moi!
Nous connaissons le moyen de porter du fruit. C'est de rester attachés au «vrai cep». Maintenant qu'Israël, vigne improductive, a été ôtée, Christ est devenu ce vrai cep et son Père en est le cultivateur (Jean 15:1â¦).
Au v. 8, Ãsaïe commence une série de «malheursâ¦Â»; ils nous montrent les tristes conséquences du refus d'obéir à Dieu, tant pour Israël que pour l'homme en général.
Les passions des hommes et les buts qu'ils poursuivent varient suivant leur condition sociale ou leur tempérament. Les uns s'affairent pour ajouter champ à champ, maison à maison (sans pouvoir en habiter plus d'une à la fois â v. 8). Malheur-eux, car ces choses de la terre, il faudra les laisser sur la terre⦠pour se présenter devant Dieu les mains vides! D'autres cherchent leur plaisir dans les fêtes du monde et l'excitation trompeuse de l'alcool (v. 11, 12, 22). Malheur-eux quand ils se réveilleront, trop tard, aux réalités éternelles! Compagnons tout trouvés de leurs débauches, voici ceux qui se vantent du péché et provoquent ouvertement l'Ãternel (v. 18, 19); ceux dont la conscience endurcie a perdu la notion du bien et du mal (v. 20), ceux qui se complaisent dans leur propre sagesse (v. 21; en contraste avec Prov. 3:7). Tous les hommes sont là , du misérable ivrogne au plus grand philosophe, dans une commune et vaine recherche du bonheur (Ecc. 8:13). Mais le mot de Dieu, et la fin de toutes les pensées et de toutes les convoitises des hommes, qu'elles soient distinguées ou vulgaires, c'est: malheur, malheur, malheur! â Nous verrons dans les prochains chapitres de quelle manière Dieu se sert d'une nation (l'Assyrie) comme verge pour châtier son peuple.
Dans une vision glorieuse, le jeune Ãsaïe se trouve soudain placé en présence du Dieu très-saint. L'effet solennel de cette présence est une conviction de péché qui amène le prophète à prononcer un nouveau malheur, cette fois contre lui-même (comp. Luc 5:8). Mais la grâce de Dieu va pourvoir aux exigences de Sa propre sainteté. L'autel est à côté du trône. La purification du pécheur s'accomplit par ce qui parle du sacrifice de Christ. Et voyez avec quel empressement Ãsaïe se présente aussitôt pour servir Celui qui vient d'ôter son péché. Sommes-nous prêts à répondre ainsi à l'appel du Seigneur: «Me voici, envoie-moi»? â C'est une étrange mission que reçoit en premier lieu le jeune prophète: Il s'agit pour lui d'annoncer à «ce peuple» que Dieu leur rendra son message incompréhensible. Endurcissement souvent rappelé (Matt. 13:14â¦), envoyé seulement après que ce peuple ait lui-même «rejeté avec dédain la parole du Saint d'Israël» (Ãsaïe 5:24). Et Dieu le permet pour que «les nations» puissent avoir part au salut (Rom. 11:25).
Cette année de la mort du roi Ozias a été décisive pour le jeune Ãsaïe. Y a-t-il aussi dans votre vie une date marquante: celle de votre rencontre avec le Seigneur Jésus Christ?
Après avoir répondu à l'appel de Dieu, Ãsaïe a été semble-t-il, obligé d'attendre longtemps (au moins seize ans: durée du règne de Jotham) avant de commencer son service public. Si nous avons à passer par une semblable école de patience, ne nous décourageons pas. Laissons le Seigneur choisir le moment et la manière qui lui conviendront pour nous employer. Notre seule responsabilité est d'être disponible et obéissant (comp. Matt. 8:9). â C'est au roi de Juda, le méchant Achaz, qu'Ãsaïe est d'abord envoyé. L'heure est grave pour le petit royaume. Il est menacé par Retsin, roi de Syrie, et, chose triste à dire, par Pékakh, roi d'Israël. Satan par leur moyen cherche à renverser le trône de David et à s'opposer ainsi au règne du Messie promis. Mais le prophète est chargé d'une bonne nouvelle: les deux agresseurs ne pourront accomplir leurs «mauvais desseins». Puis Achaz est invité à entendre une révélation combien plus grande et plus glorieuse: la naissance d'Emmanuel. Elle apportera le salut à la maison de David, à Israël et au monde. Beau nom d'Emmanuel: Dieu avec nous (Matt. 1:23). Nous le trouvons ici comme un premier rayon de lumière projeté par la lampe prophétique au milieu de profondes ténèbres morales (2 Pierre 1:19).
Deux figures, deux grands sujets dominent toute la prophétie d'Ãsaïe: L'un, infiniment précieux et consolant, est le Messie lui-même. L'autre au contraire est terrifiant: c'est l'Assyrien le puissant ennemi d'Israël aux derniers jours. Parce que le peuple a refusé le premier, il aura affaire au second. Parce qu'il a rejeté les eaux de la grâce de Celui qui lui était envoyé (Siloé signifie «envoyé»: Jean 9:7), il va se trouver submergé en jugement par les eaux «fortes et grosses» du redoutable roi d'Assyrie. Toutefois, se souvenant qu'il s'agit du pays d'Emmanuel, Dieu brisera finalement ceux qui s'unissent pour l'envahir. Ce v. 9 nous rappelle aussi quel sera bientôt le sort des associations de nations qui aujourd'hui sont à l'ordre du jour (Ãsaïe 54:15).
Pour garder le fil conducteur dans ces paroles prophétiques, n'oublions pas qu'elles concernent tantôt le peuple rebelle et apostat dans son ensemble (v. 11, 14, 15, 19â¦) tantôt le résidu fidèle auquel l'Esprit s'adresse également ici.
La citation du v. 18 en Hébreux 2:13 nous permet de voir dans le prophète et ses fils ( Ãsaïe 7:3 et Ãsaïe 8:3) Christ se présentant devant Dieu avec ses «disciples» (v. 16). Il n'a pas honte de les reconnaître et de les appeler ses frères (voir Jean 17:6; Jean 20:17).
Le ch. 8 s'achevait sur «d'épaisses ténèbres». Israël y marchait en aveugle, à tâtons (v. 2). Mais voici que, devant ses pas, va resplendir «une grande lumière». La citation de ce passage en Matt. 4:15, 16 nous transporte au temps de l'Ãvangile pour y voir briller Celui qui est la lumière du monde (Jean 9:5). C'est bien dans cette Galilée méprisée (mais combien privilégiée) que Jésus a accompli la plus grande partie de son ministère. Nous lây voyons au bord du lac, avec les disciples et les foules. Capernaüm en particulier a été «élevée jusquâau ciel» du fait de la présence du Fils de Dieu au milieu dâelle (Matt. 11:23).
Toutefois la vraie lumière nâest pas réservée à une région ou à un peuple. Elle «éclaire tout homme». Mais «les hommes ont mieux aimé les ténèbres que la lumière, car leurs Åuvres étaient mauvaises» (Jean 1:9; Jean 3:19). Nos versets passent par-dessus le temps du rejet du Seigneur et par-dessus toute la période actuelle de l'Ãglise dont il n'est jamais question dans les prophètes. Ils nous montrent d'emblée la joie d'Israël (v. 3) au moment où après des siècles d'obscurité, se lèvera le glorieux soleil de Justice (comp. Ãsaïe 60:1, 19, 20). Le beau v. 6 nous révèle quelques-uns des noms et des titres attribués au Fils. Autant de ces noms, autant de sujets bénis de méditation pour nos âmes!
Les trois derniers paragraphes du ch. 9 et le premier du ch. 10 nous montrent toutes les raisons pour lesquelles la colère de Dieu «ne s'est pas détournée» d'Israël «et sa main est encore étendue» (Ãsaïe 9:12, 17, 21; Ãsaïe 10:4). Or cette main tient une verge redoutable pour châtier le peuple coupable: c'est l'Assyrie déjà nommée. Il a existé un Assyrien historique (Sankhérib et ses armées: voir Ãsaïe 36:1). Mais il n'a été qu'une pâle figure du terrible Assyrien prophétique, qui envahira le pays d'Israël peu avant le règne de Christ. Dans son indignation, Dieu ordonnera cette attaque contre son peuple. Mais l'agresseur en profitera pour s'attribuer ses succès et même s'élever contre Dieu (v. 13 et 15; comp. 2 Rois 19:23â¦). Quelle folie! L'outil n'est rien sans la main qui le manie. Aussi, lorsqu'Il aura fini de se servir de cette verge, Dieu y mettra le feu comme on brûle un simple bâton (v. 16; Ãsaïe 30:31-33).
Profitons de cet exemple extrême pour nous souvenir de ce que nous sommes, même comme chrétiens: De simples instruments sans force et sans sagesse propre (comp. v. 13) que le Seigneur peut mettre de côté ou remplacer comme il lui plaît.
La pensée finale de Dieu n'est pas le jugement mais la grâce: ⦠«un résidu reviendra» (v. 21, 22 cités en Rom. 9:27).
Ãsaïe 10:18, 19, 33, 34 comparent Israël à une orgueilleuse forêt dans laquelle la hache et la scie (l'Assyrie dans la main de l'Ãternel, v. 15) tailleront de vastes éclaircies. Et l'arbre royal de Juda va être lui aussi abattu, puisqu'il n'y aura bientôt plus de descendant de David sur le trône. Mais il arrive dans la nature que de jeunes rejetons pleins de sève repoussent sur une souche fraîchement coupée. Sur le «tronc d'Isaï», mort en apparence, est apparu un rejeton tout nouveau! Il est monté devant Dieu et a porté en abondance le fruit de l'Esprit (Ãsaïe 11:2).
Le rejeton, la racine et la postérité de David (v. 1 et 10; Apoc. 22:16), ce sont des noms que porte le Seigneur Jésus en rapport avec la bénédiction d'Israël et du monde. Alors la justice et la paix régneront sur la terre, même parmi les animaux. Quel contraste entre ce tableau ravissant du règne de mille ans et l'état actuel de la création qui «soupire et est en travail», attendant le repos et la gloire à venir (Rom. 8:19-22)! Tous les exilés d'Israël y auront part. Ils reviendront de leur dispersion, comme autrefois le peuple de sa captivité en Ãgypte. Et le ch. 12 met dans leur bouche la louange finale qui rappelle le premier cantique chanté par Israël (comp. v. 2 et Ex. 15:2).
Dieu a commencé le jugement par Israël qui était alors «sa propre maison» (1 Pierre 4:17). Câest le sujet des douze premiers chapitres. Maintenant Dieu va nous parler jusqu'au ch. 27 de ses jugements sur les nations. Ils sont appelés «oracles», littéralement «fardeaux». Ce mot est significatif. Si l'homme de Dieu, aujourd'hui comme alors, est contraint d'annoncer le jugement à venir, il est impossible qu'il n'en ait pas le cÅur profondément accablé.
Historiquement, il s'agit d'abord ici des peuples contemporains d'Ãsaïe. Et à ce titre, les différentes prophéties que nous lirons successivement se sont déjà accomplies à la lettre. Des récits de voyages confirment qu'aujourd'hui encore, l'emplacement de Babylone est un endroit désolé et redouté, où gîtent seulement les bêtes du désert (v. 17-22). Toutefois «aucune prophétie de l'Ãcriture ne s'interprète elle-même», autrement dit ne s'explique isolément ni après coup par l'histoire (2 Pierre 1:20). Ce qu'il faut toujours y chercher avec l'intelligence que donne le Saint-Esprit, c'est un rapport avec la pensée centrale et finale de Dieu, à savoir Christ et son règne futur. Il y aura une Babylone prophétique: la fausse Ãglise apostate (voir Apoc. 17:5 et Apoc. 18). Elle tombera avant l'établissement du royaume, pour la joie des saints, de ceux qui se réjouissent en la grandeur de Dieu (v. 3; Apoc. 18:20; comp. Ps. 35:15, 26).
à cause de ses compassions pour le petit résidu de son peuple, Dieu renversera les plus grands empires (Ãsaïe 43:3-5). Rien n'est difficile pour Lui quand il s'agit de délivrer ceux qu'il aime. Ne craignons donc pas! Il a en main tous les moyens de secourir ses enfants, non à cause de notre fidélité mais de la sienne.
Après Babylone, il est question de son roi. Et nous assistons à une scène particulièrement saisissante. Par la pensée Ãsaïe nous transporte dans le séjour des morts et imagine l'émoi causé par l'arrivée de ce grand personnage. Tiens! Te voilà toi aussi â s'étonnent ceux qui l'auront connu au sommet de sa puissance! Dans ce roi de Babylone, nous reconnaissons le chef du quatrième Empire (romain) appelé aussi «la Bête». Cependant à partir du v. 12, la pensée de l'Esprit dépasse cet agent de Satan pour évoquer celui-ci même. «Comment es-tu tombé des cieuxâ¦?». Profond mystère, que cette apparition de l'orgueil en Lucifer, le chérubin de lumière! Devenu le prince des ténèbres, il sait encore, pour séduire, se déguiser en ange de lumière (2 Cor. 11:14). Il fait aujourd'hui trembler la terre par le pouvoir des ténèbres et ne relâche pas ses prisonniers (v. 17 et Ãsaïe 49:24, 25). Mais selon Sa promesse, Dieu le brisera bientôt sous nos pieds (Rom. 16:20; Ãz. 28:16-19).
Après le jugement contre Babylone et l'Assyrie, vient celui des nations voisines d'Israël. Comme des accusés qui se succèdent à la barre d'un tribunal, ces ennemis traditionnels du peuple juif vont entendre l'un après l'autre un solennel «oracle». La Philistie subjuguée par Ozias, père d'Achaz (2 Chr. 26:6) n'avait pas lieu de se réjouir de la mort de ce dernier (v. 28, 29). Car Ãzéchias son fils allait lui aussi la frapper (2 Rois 18:8).
Moab est appelé «le très hautain» (Ãsaïe 16:6). Ce qui caractérisait ce peuple, c'était l'orgueil, au sujet duquel l'Ãternel déclare: «Je hais l'orgueil et la hauteur», et annonce: «L'orgueil va devant la ruine, et l'esprit hautain devant la chute» (Prov. 8:13; Prov. 16:18). Nous assistons à cette ruine de Moab. Sa désolation est indescriptible. Ses hurlements d'épouvante et de désespoir remplissent les Ãsaïe 15 et 16.
Ãsaïe 16:3, 4 nous apprennent que les fidèles, fuyant la persécution de l'Antichrist en Juda, trouveront refuge sur le territoire de Moab. Enfin, après l'exécution des jugements, «il y en aura un» qui régnera en bonté, en vérité, en droiture et en justice (Ãsaïe 16:5). Le Ps. 72:1-4 annonce ces temps heureux où Christ, le vrai Salomon, jugera le peuple en justice et avec droiture.
Au Ãsaïe 7:1 nous avons vu Retsin, roi de Syrie attaquer Juda avec la complicité de Pékakh fils de Remalia. 2 Rois 16:5-9 complète ce récit par son dénouement: la prise de Damas par Tiglath-Piléser et la mort de Retsin. Cependant «l'oracle touchant Damas» se rapporte à l'avenir tout comme les jugements précédents. La Syrie moderne fera apparemment partie de cette «multitude de peuples nombreux» (v. 12; Apoc. 17:15), laquelle, comme une mer tumultueuse tentera de submerger Israël⦠mais, «avant le matin», elle ne sera plus (Ps. 37:36).
En contraste, le ch. 18 nous présente un pays maritime étendant sa puissance protectrice (l'ombre de ses ailes) pour venir en aide au peuple élu. Ainsi Dieu distingue entre les nations du monde selon qu'elles sont ou non favorables à Israël. Et voyez ce qu'Il pense de son pauvre peuple terrestre pendant que le monde le méprise et le foule aux pieds. à ses yeux Israël est «merveilleux» dès ce temps et au-delà ⦠N'est-il pas le peuple de Celui qui est appelé: «Merveilleux»⦠(Ãsaïe 9:6)? â Une nation qui attend, attendâ¦
Et nous, amis croyants, l'attendons-nous, celui qui n'est pas seulement notre Roi, mais l'Ãpoux céleste de l'Ãglise?
C'est au tour de l'Ãgypte d'entendre un oracle menaçant: Guerre civile, tyrannie d'un despote cruel, comme autrefois le Pharaon, dessèchement du Nil qui est l'artère vitale, la richesse et l'orgueil du pays (Ãz. 29:3), voilà principalement ce qui attend cet ennemi héréditaire d'Israël.
Ces princes de Tsoan et de Noph nous offrent la fidèle image des hommes de ce monde. Ils se croient sages et ne sont que des fous (v. 11; comp. Rom. 1:22). Car ils refusent d'écouter le Dieu qui s'est révélé. Et en même temps ils ajoutent foi à toutes les formes possibles de superstition (comp. v. 3). Il est à remarquer d'ailleurs que, paradoxalement, les pires incrédules sont souvent les plus crédules! Cela s'explique parfaitement: Ils sont, sans s'en rendre compte, aveuglés et séduits par Satan, le seigneur dur et le roi cruel (v. 4; 2 Tim. 3:13) qui domine sur eux en les trompant. Mais la grâce de Dieu aura encore son mot à dire, même envers l'Ãgypte. à côté d'Israël, héritage particulier de l'Ãternel, il y aura place dans la bénédiction milléniale pour l'Ãgypte et pour l'Assyrie, autrefois ennemis du peuple de Dieu, mais images du monde qui tout entier sera alors soumis au Fils de l'homme (Gen. 22:18).
Le ch. 20 complète «l'oracle touchant l'Ãgypte». En marchant nu et nu-pieds, le prophète annonce le lugubre passage des captifs égyptiens et éthiopiens déportés par le roi d'Assyrie lequel était spécialiste de ces transferts de populations. Alors Israël (l'habitant de cette côte) verra avec effroi et consternation qu'il était vain de se confier dans le peuple du Pharaon pour être délivré du redoutable Assyrien (Ps. 60:11 fin).
Le ch. 21 débute par «l'oracle touchant le désert de la merâ¦Â» (ch. 21:1). Il s'agit de nouveau de Babylone. Pendant ce qu'elle appelle «la nuit de mon plaisir», les Mèdes et les Perses (Ãlam) ont jadis brutalement mis fin à son empire et à son opulence (v. 4; voir Dan. 5:28-31). Mais cette prophétie a une application future comme celle du ch. 13 (Luc 21:35).
Au v. 6 le prophète est invité à placer une sentinelle. Ses consignes: écouter diligemment et crier! La sentinelle dans une armée, occupe un poste de confiance. Sa responsabilité est considérable. Deux devoirs lui incombent: Veiller et avertir (voir Ãz. 3:17, 18, et en contraste Ãsaïe 56:10). Chaque croyant n'a-t-il pas ces responsabilités? Sommes-nous fidèles à les remplir à l'égard des hommes de ce monde et vis-à -vis de nos frères?
Dans la liste des ennemis d'Israël nous devions nous attendre à trouver Ãdom (ici Duma ou l'Idumée). L'oracle qui le concerne est aussi bref que solennel. La fidèle sentinelle placée suivant l'ordre de l'Ãternel (Ãsaïe 21:6) est interpellée par les moqueurs de Séhir: «à quoi en est la nuit?» (v. 11; comp. 2 Pierre 3:3, 4). Mais la réponse est à la fois sérieuse et pressante: «Le matin vientâ¦Â». Il vient pour ceux qui l'attendent (voir Rom. 13:12). «Et aussi la nuit», la nuit éternelle de ceux qui sont perdus! Chrétiens, soyons des sentinelles vigilantes, conscients de notre service envers les pécheurs pour les exhorter: «Revenez, venez». Allons à la rencontre de celui qui a soif, pour lui apporter de l'eau (v. 14).
Après l'oracle contre l'Arabie, pays dont la gloire doit aussi prendre fin, le ch. 22 s'adresse à la «vallée de vision». Cette fois nous y reconnaissons Jérusalem elle-même dans son état d'incrédulité. Description tragique et saisissante! La ville entière est en effervescence, massée sur les terrasses des toits pour assister à son désastre. Toutes les précautions imaginables n'avaient-elles pas été prises (v. 8-11)? Oui, en vérité, excepté la seule qui eût été nécessaire: Regarder vers «Celui qui a fait cela», vers l'Ãternel leur Dieu.
Une réaction des gens du monde quand une calamité les menace consiste, selon les v. 8-11, à s'entourer de toutes les précautions humaines. Mais une autre attitude est pire: c'est le complet laisser-aller. Ici, par une épreuve, l'Ãternel vient d'inviter Israël à pleurer et à s'humilier; Il lui a en quelque sorte «chanté des complaintes» (Matt. 11:17). Or, non seulement le peuple ne s'est pas lamenté, mais le voilà qui s'abandonne à l'allégresse et à la joie! Cette philosophie dite matérialiste a beaucoup d'adeptes dans notre siècle tourmenté! Puisque l'existence est si brève â disent ces insensés â et que nous sommes à la merci d'une catastrophe, profitons justement du moment présent le plus joyeusement possible. C'est ce que résume la courte phrase: «Mangeons et buvons, car demain nous mourrons». L'apôtre la cite aux Corinthiens comme pour leur dire: S'il ne devait pas y avoir de résurrection, alors en effet nous n'aurions plus qu'à vivre comme des bêtes, dans l'unique jouissance de l'instant qui passe (1 Cor. 15:32; Luc 17:27).
Les v. 15-25 mettent de côté l'intendant infidèle, image de l'Antichrist, pour introduire le fils de Hilkija, Ãliakim (celui que Dieu établit), belle figure du Seigneur Jésus (v. 22-24; comp. Apoc. 3:7).
Tyr, la florissante métropole commerciale du monde ancien a fait l'objet au Ãsaïe 23 du dernier des «oracles». Chacun de ceux-ci a condamné l'homme sous un côté moral différent:
Babylone, la puissance de la corruption organisée, où le peuple de Dieu est captif
Assyrien: lâennemi public et ouvert de Dieu
Philistin: lâennemi intérieur
Moab, lâorgueil de lâhomme
Damas, qui a été ennemie du peuple de Dieu, mais qui sâest alliée avec la partie apostate de ce peuple, contre la partie fidèle
Ãgypte, le monde dans son état de nature, dont la sagesse disparaît dans la confusion
Babylone maintenant déserte au milieu des peuples
Duma, la liberté, lâindépendance de lâhomme
Jérusalem, le peuple professant
Tyr, la gloire du monde; et enfin tout ce qui est sur la terre, les malices spirituelles dans les lieux célestes, et les rois de la terre sur la terre.
Au Ãsaïe 24, les jugements apocalyptiques qui doivent mettre fin à la puissance du mal se sont déployés sur la terre. Ils l'ont bouleversée de fond en comble. Mais au ch. 25, du milieu même de ces ruines (v. 2), s'élève une mélodie touchante. Le «misérable» résidu d'Israël, miraculeusement épargné de la destruction, célèbre ce que l'Ãternel a été pour lui pendant la durée de la tourmente. Maintenant «la saison des chants» est arrivée (Cant. 2:12 â comp. Ãsaïe 24:13). Le v. 4 a été le réconfort â et l'expérience â d'innombrables croyants dans l'épreuve. Mais le v. 8 nous fait entrevoir la manifestation d'une puissance plus grande encore: «Il engloutira la mort en victoire»⦠Détail remarquable, cette parole est au futur tandis que sa citation en 1 Cor. 15:54 nous présente son accomplissement en faveur des croyants: «La mort a été engloutieâ¦Â». Entre ces deux versets est intervenue la croix et la résurrection triomphante du vainqueur de Golgotha. Enfin, lors de la résurrection des méchants, la mort sera abolie (1 Cor. 15:26).
Les ch. 1-12 ayant pour sujet le jugement d'Israël se terminaient par une vision splendide du règne de mille ans. Et cette seconde partie (ch. 13-27) traitant du châtiment des nations s'achève de la même manière. Un cantique est chanté, dont quelques versets méritent spécialement d'être soulignés dans notre Bible: Ãsaïe 26:3, 4 qui ont soutenu bien des générations d'enfants de Dieu (comp. Ps. 16:1); les v. 8 et 9 qui expriment les soupirs fervents du fidèle; le v. 13 qui rappelle les liens d'esclavage du passé. Oui, nous ne les connaissons que trop ces autres «seigneurs»: Satan, le monde, nos convoitises. Ils ont dominé sur nous jusqu'à notre affranchissement par le Seigneur auquel nous appartenons dorénavant (2 Chr. 12:8)!
Au ch. 27, le léviathan, figure du diable (le serpent ancien), est mis hors d'état de nuire (Ps. 74:14; Apoc. 20:1-3). Puis Israël est comparé à une vigne nouvelle (comp. ch. 5). Elle produit cette fois, non plus du raisin sauvage, mais le vin pur d'une joie sans mélange et remplit la face du monde de fruits pour la gloire de Dieu. Car ce ne sont plus les méchants cultivateurs qui en ont la charge. L'Ãternel lui-même en prend soin nuit et jour.
Une troisième subdivision du livre commence avec ce ch. 28. Elle revient en arrière pour détailler l'envahissement d'Ãphraïm (les dix tribus), puis de Juda par le redoutable Assyrien prophétique. L'orgueil agira comme l'ivresse pour égarer le malheureux peuple juif. Il croira se protéger efficacement en faisant alliance avec la mort (c'est-à -dire avec le chef de l'Empire romain). Mais cela même sera sa perte. Tel un cyclone, l'Assyrien ravagera Jérusalem. L'Ãternel se servira de ce «fléau qui inonde» pour accomplir «son Åuvre étrange⦠son travail inaccoutumé»: le jugement. Car son Åuvre accoutumée c'est de sauver et de bénir (Jean 3:17).
Mais l'effondrement de toutes les valeurs et de tous les points d'appuis humains est l'occasion pour Dieu de révéler le sûr fondement qu'il a posé en Sion. Avec quel amour il le considère, s'arrêtant avec satisfaction sur chaque expression: «une pierre, une pierre éprouvée, une précieuse pierre de coin, un sûr fondement». Oui cette pierre, figure de Christ, «rejetée par les hommes» est «précieuse auprès de Dieu» et elle a aussi du prix pour nous qui croyons (lire 1 Pierre 2:4, 6, 7). Pour chacun, le Seigneur Jésus devient littéralement la pierre de touche. Est-il ou non précieux pour notre cÅur?
Après l'envahissement du ch. 28, Jérusalem n'est pas encore quitte (voir Ãsaïe 40:2). Elle va subir un nouvel assaut de la part d'une formidable coalition de peuples. Mais cette fois tous ces ennemis s'évanouiront comme un songe parce qu'ils se sont attaqués à «Ariel» (le lion de David), la cité du vrai David. En même temps que la délivrance, Dieu va accomplir une autre Åuvre digne de lui, celle-ci dans la conscience même de son peuple (v. 18-24). Les oreilles bouchées et les yeux obscurcis selon la prophétie du Ãsaïe 6:10, seront ouverts. L'intelligence lui sera rendue et les paroles du livre précédemment scellé (v. 11) seront comprises et reçues. Souvenons-nous à cette occasion que la Bible est un livre fermé à l'intelligence naturelle. Il faut le Saint-Esprit pour pouvoir la comprendre.
Le v. 13 sera cité par le Seigneur aux scribes et aux pharisiens car il traduit leur état (Matt. 15:7, 8). Honorer le Seigneur des lèvres, tout en ayant un cÅur fort éloigné de lui, certes, c'est un état dans lequel nous pouvons nous trouver si nous ne nous jugeons pas. Cette forme d'hypocrisie peut donner le change à d'autres et nous faire passer pour plus pieux que nous ne sommes, mais elle ne saurait tromper Celui qui lit dans notre cÅur (Ãz. 33:31, 32)!
Les ch. 30 et 31 appellent un double malheur sur le peuple rebelle parce qu'il a cherché du secours auprès de l'Ãgypte. Nous ne le répéterons jamais trop avec la Parole de Dieu: Mettre sa confiance dans les hommes est d'abord une folie. Car elle ne saurait être plus mal placée! C'est aussi de l'incrédulité puisque dès le début de ce livre Dieu a établi qu'on ne pouvait faire aucun cas de l'homme (Ãsaïe 2:22). C'est enfin un outrage à Dieu, un mépris de sa puissance et de son amour. Comme s'il était incapable de nous protéger; et comme si ce n'était pas son plaisir de le faire! Le chemin de la délivrance et de la force est tracé par le beau Ãsaïe 30:15 revenir au Seigneur, au lieu d'aller vers le monde (l'Ãgypte). Et se tenir en repos au lieu de s'agiter. De plus «la tranquillité et⦠la confiance» sont des conditions nécessaires pour percevoir les directions du Seigneur: «Que vous alliez à droite ou que vous alliez à gauche, tes oreilles (c'est personnel) entendront une parole derrière toi, disant: c'est ici le chemin, marchez-y» (v. 21). Voix fidèle, voix familière, combien de fois ne nous sommes-nous pas égarés pour avoir négligé d'y apporter l'attention de notre cÅur (Prov. 5:13, 14)!
Il ne faut pas chercher dans ces chapitres une histoire suivie des événements futurs. Ceux-ci sont présentés au contraire comme autant de vues distinctes projetées une à une sur l'écran prophétique. Isolés ou regroupés, les mêmes faits peuvent apparaître à plusieurs reprises sous des perspectives et des éclairages différents. C'est ainsi que, pour la troisième fois, l'aube radieuse du règne millénaire s'offre à notre admiration (ch. 32 et 33).
Après l'effrayante destruction de l'Assyrien et celle du faux «roi» ou Antichrist (ch. 30:31-33), place est faite au roi véritable, Christ qui régnera en justice. Précisément l'accent est mis à présent sur cette justice (Ãsaïe 32:16, 17; Ãsaïe 33:5, 15).
Alors, avec des yeux pour voir (Ãsaïe 32:3), les réchappés du peuple contempleront «le roi dans sa beauté». De plus, ils trouveront en lui «un homme» qui sera pour eux protection, repos, vie de l'âme (Ãsaïe 32:2). Combien ces promesses adressées à Israël sont douces aussi pour nos cÅurs, chers enfants de Dieu! Car nous vivons dans le même monde injuste. Et nous attendons le même Seigneur. Il est «plus beau que les fils des hommes» (Ps. 45:2).
Soulignons aussi Ãsaïe 32:8 en pensant à la noblesse morale qui devrait caractériser la conduite de ceux que Dieu a placés parmi les nobles.
Le ch. 34 se rapporte au châtiment d'Ãdom, ce peuple maudit, descendant d'Ãsaü. Il sera entièrement détruit, et son pays, la montagne de Séhir, réduit à une désolation perpétuelle. Des prédicateurs modernes osent affirmer que Dieu dans son amour ne peut condamner personne. Un tel passage leur apporte un démenti solennel. En contraste le ch. 35 donne un aperçu de ce que sera l'héritage d'Israël (frère d'Ãsaü). Même le désert y deviendra un merveilleux jardin où brillera sans nuage «la gloire de l'Ãternel, la magnificence de notre Dieu» (v. 2). Aussi voyez l'allégresse et la joie qui débordent dans ce petit ch. 35. Une telle perspective n'est-elle pas propre à ranimer les cÅurs découragés (v. 3)? Et il en est ainsi à plus forte raison de l'espérance chrétienne par excellence: la venue du Seigneur pour enlever son Ãglise. Ne l'oublions jamais nous-mêmes et parlons-en aux autres croyants. Il n'y a pas de moyen plus efficace pour fortifier les mains lassées et les genoux qui chancellent, autrement dit pour nous encourager au service, à la prière et à une marche sans défaillance (v. 3; comp. Héb. 12:12). «Consolez-vous donc l'un l'autre par ces paroles», recommande l'apôtre Paul (1 Thess. 4:18).
Les ch. 36-39 constituent entre les deux grandes divisions prophétiques du livre d'Ãsaïe, un intermède historique. Il s'agit d'un récit que nous connaissons déjà par 2 Rois 18:13-20, 21 et 2 Chr. 32. Dieu nous le donne une troisième fois comme une vivante illustration d'une part de la confiance en lui, d'autre part de ses miséricordieuses réponses-cette confiance. Inattendue à cette place du livre, cette belle histoire d'Ãzéchias est destinée à fortifier «les mains lassées» et à affermir «les genoux qui chancellent» (Ãsaïe 35:3). Elle est enfin une figure de la situation dans laquelle se trouvera le résidu d'Israël lors de l'invasion assyrienne.
L'ennemi jusqu'alors victorieux se présente «près de l'aqueduc de l'étang supérieur, sur la route du champ du foulon», à l'endroit même où lors de l'invasion de Retsin, le prophète et son fils Shear-Jashub avaient été envoyés à la rencontre d'Achaz avec un message de grâce (Ãsaïe 7:3, 4). Devant les provocations de ce nouvel envahisseur, Ãzéchias peut ainsi se souvenir de la promesse faite à son père au même lieu: «Prends garde et sois tranquille, ne crains point, et que ton cÅur ne défaille pasâ¦Â».
Les serviteurs d'Ãzéchias ont obéi à leur roi pour se taire devant l'ennemi. Ils lui ont ensuite fidèlement rapporté les paroles de ce dernier (Ãsaïe 36:21, 22). à présent ils accomplissent auprès d'Ãsaïe la mission dont ils ont été chargés, mettant en pratique le proverbe qu'ils ont eux-mêmes transcrit (voir Prov. 25:1, 13). Remarquons qu'ils sont conduits par Ãliakim, fils de Hilkija, l'intendant fidèle établi par Dieu, et qui est une figure du Seigneur Jésus (Ãsaïe 22:20).
Rassuré une première fois par la réponse du prophète, voici qu'Ãzéchias reçoit du roi d'Assyrie une lettre chargée en même temps de menaces pour lui et de mépris pour l'Ãternel. Dans le double sentiment de sa propre impuissance et de l'offense faite au Dieu d'Israël, le roi pénètre à nouveau dans le Temple où il déploie la missive arrogante. Et il ne se contente pas cette fois d'une prière d'Ãsaïe (v. 4). Il s'adresse lui-même à l'Ãternel. Remarquez ses arguments. Il ne fait mention ni de lui ni du peuple. Seule importe la gloire de celui qui est «assis entre les chérubins». On ne devait pas confondre les «dieux des nations» subjugués par l'Assyrie avec «le Dieu de tous les royaumes de la terre» (v. 12 et 16 â comp. aussi v. 17 avec Ps. 74:10, 18).
Ãzéchias a réalisé Ãsaïe 30:15: «Dans la tranquillité et dans la confiance sera votre force». Et il n'a pas été confus. Sa foi honore l'Ãternel, et, en réponse, l'Ãternel honore sa foi. Or Dieu est aujourd'hui «le Même» (Ãsaïe 37:16). Il ne peut pas ne pas répondre à la plus faible confiance, car il y va de sa propre gloire.
Ãzéchias s'étant dessaisi de cette affaire, l'Ãternel se charge de répondre lui-même à la lettre du roi d'Assyrie d'une manière à laquelle ce dernier était bien loin de s'attendre. Il estimait l'Ãternel incapable de délivrer Jérusalem (Ãsaïe 36:20). Eh bien, un seul ange de ce Dieu méprisé suffit à frapper cent quatre-vingt-cinq mille combattants de son armée! Forcé de renoncer à sa campagne, Sankhérib s'en retourne à Ninive plein de honte et de dépit. Puis il tombe à son tour sous les coups de ses propres fils. Quel contraste entre le conquérant fier et hautain trouvant sa perte dans le temple même de son idole, et l'humble roi de Juda, vêtu d'un sac, se tenant dans la Maison de son Dieu pour y obtenir sa délivrance (voir Ps. 118:5)!
Admirons la grâce de Dieu qui, à cette délivrance, ajoute encore un signe. Il connaît les besoins des siens et promet de pourvoir à leur subsistance (v. 30; Matt. 6:31-33).
La foi d'Ãzéchias obtient ici de la part de l'Ãternel une réponse plus grande encore que celle du chapitre précédent. La mort se présente, visiteuse importune. Le désespoir qu'éprouve le roi devant elle semble montrer une chose: il ne connaît pas la promesse que Dieu avait faite par la bouche d'Ãsaïe: «Il engloutira la mort en victoire; et le Seigneur, l'Ãternel, essuiera les larmes de dessus tout visage» (Ãsaïe 25:8). Ãzéchias qui vit au temps de promesses pour la terre (Ps. 116:9) ne voit pas au-delà d'un prolongement de ses jours. Il n'a pas devant lui, la certitude de la résurrection que les croyants possèdent aujourd'hui. Il ne sait pas que «mourir est un gain», car déloger et «être avec Christ, cela est de beaucoup meilleur» (Phil. 1:21, 23). Cependant Dieu entend sa prière, voit ses larmes⦠se laisse fléchir (Ps. 34:6). Et cette fois aussi, Il ajoute à sa réponse un signe de grâce: l'ombre qui rétrograde sur le cadran solaire, figure du jugement retardé.
Le v. 3 fait penser à Hébreux 5:7 et aux larmes de Gethsémané. Qui d'autre que Jésus pouvait pleinement réaliser ces paroles?
Ce beau récit nous a déjà été relaté en 2 Rois 20:1-11. Mais ce que nous ne trouvons qu'ici, c'est le touchant «écrit d'Ãzéchias» qui accompagne sa guérison.
«L'écrit d'Ãzéchias» s'achève sur une action de grâces. Il a prié pour être sauvé de la mort; il prie à présent pour remercier celui qui l'a exaucé.
Le lot des inconvertis ici-bas se ramène à un seul mot: «amertume sur amertume» (comp. Ecc. 2:23). Même lorsque tout leur réussit, ils ne peuvent se défaire d'une secrète angoisse. «Mais toi â s'écrie le racheté s'adressant à son Sauveur â tu as aimé mon âme, la retirant de la fosse de destruction, car tu as jeté tous mes péchés derrière ton dos». «L'Ãternel a voulu me sauver». Si telle est notre histoire, ne manquons pas de réaliser aussi le v. 19: «le vivant est celui qui te louera, comme moi aujourd'hui».
D'une manière plus générale, c'est l'histoire d'Israël qui revivra comme peuple de Dieu au dernier jour, après le pardon de tous ses péchés.
Le ch. 39 relate la tentation subtile dont Ãzéchias est l'objet de la part des ambassadeurs du roi de Babylone. Il succombe⦠et nous aussi chaque fois que nous faisons servir à notre propre gloire ce que Dieu nous a confié pour la sienne. «Qu'as-tu, que tu n'aies reçu? â demande 1 Cor. 4:7 â Et si aussi tu l'as reçu, pourquoi te glorifies-tu?». â «Je suis riche, et je me suis enrichiâ¦Â», ce n'est rien d'autre que l'insupportable prétention de Laodicée (Apoc. 3:17).
Les ch. 40-66 forment un ensemble bien distinct, au point qu'ils ont pu être appelés quelquefois «le 2º livre d'Ãsaïe». La 1º partie avait pour sujet principal l'histoire passée et future d'Israël, ainsi que celle des nations auxquelles il a eu (et aura) affaire. Dans la division que nous abordons, il est question essentiellement de l'Åuvre de Dieu dans les cÅurs pour les tourner vers Lui. Notre prière en abordant cette lecture est qu'une telle Åuvre se fasse dans chacun de nos cÅurs. Seule la grâce divine peut l'accomplir, et pour cette raison Dieu commence par parler de consolation et de pardon.
Parmi les «cris» qui retentissent au début de ce chapitre (v. 2, 3, 6, 9), il est un message que nous reconnaissons: ce sera celui de Jean le Baptiseur (Jean 1:23). Les Ãvangiles nous apprendront de quelle manière il a préparé le chemin du Seigneur Jésus. L'appel suivant (cité en 1 Pierre 1:24, 25) compare le caractère fragile et passager de la chair, y compris ce qu'elle peut produire de plus beau (sa fleur), avec «la vivante et permanente parole de Dieu» (comp. Matt. 24:35). Enfin Jérusalem est invitée à annoncer à tous: «Voici votre Dieuâ¦Â». Sommes-nous aussi des messagers de bonnes nouvelles (comp. 2 Rois 7:9)?
Une grande question va être débattue dans les ch. 40-48 que nous abordons: celle de l'idolâtrie du peuple. Tout naturellement ce sujet commence par une mise au point: Qui est le Dieu de la création (v. 12â¦)? Avant de parler des faux dieux, le prophète établit l'existence et la grandeur du Dieu incomparable (v. 18 et 25; comp. Ps. 147:5). Telle est aussi la meilleure façon d'annoncer l'Ãvangile. Commençons par présenter Jésus. Peu de paroles suffiront ensuite pour démontrer la vanité des idoles du monde. Lorsqu'un petit enfant s'est emparé d'un objet dangereux, faut-il le lui arracher? Non, mais plutôt lui présenter un jouet plus attrayant qui le lui fera lâcher sans difficulté.
Non seulement Dieu possède la puissance en lui-même, mais il est la source de toute vraie puissance. Pour vous aussi, jeunes gens qui peut-être croyez encore posséder des forces et des capacités personnelles! Retenez ces v. 29-31; ils ont fait leur preuve en ranimant d'innombrables croyants découragés. Serrez-les vous aussi dans votre cÅur, comme un coureur ou un voyageur prudent tient en réserve une provision spéciale pour le moment où la fatigue se fera sentir. Lâapôtre ne se lassait pas parce que ses regards demeuraient fixés sur les réalités invisibles (2 Cor. 4:1, 16-18).
Dieu ne s'est pas seulement fait connaître dans sa création. Il a également montré qu'il s'occupait de l'homme. Aux nations, il s'est révélé en justice et en jugement (v. 1-4). à Israël, il s'est manifesté en grâce. Ne s'agit-il pas des descendants de Jacob son serviteur et d'Abraham son ami? «Ils sont bien-aimés à cause des pères. Car les dons de grâce et l'appel de Dieu sont sans repentir» (Rom. 11:28, 29; Ps. 105:6-10).
La faiblesse de ce pauvre peuple â un misérable vermisseau â n'est pas un obstacle à sa bénédiction. Au contraire, elle est la condition même pour jouir des promesses magnifiques (du v. 10 en particulier), promesses bien propres à nous encourager aussi: «Ne crains point, car⦠je suis ton Dieu. Je te fortifierai; oui, je t'aiderai; oui, je te soutiendraiâ¦Â». «Ne crains point», câest la petite phrase familière (v. 10, 13, 14; Ãsaïe 43:1; Ãsaïe 44:2 ...) par laquelle Celui qui discerne nos troubles, nos inquiétudes, vient tendrement nous rassurer.
La fin du chapitre continue à établir ce qu'est Dieu par rapport aux idoles. Celles-ci sont mises au défi. Ont-elles la moindre connaissance des choses du passé, ou de «celles qui viendront» (v. 22, 23)? Alors, qu'elles le prouvent! Le Créateur, le Dieu qui s'intéresse à l'homme est également le Dieu de toute connaissance.
La révélation progressive que Dieu fait de lui-même va maintenant se compléter merveilleusement. Le ch. 42 débute par la présentation d'une Personne: «Voici mon Serviteurâ¦Â». Il est tellement question du Seigneur Jésus dans Ãsaïe que ce livre a été appelé quelquefois «l'évangile de l'Ancien Testament». Déjà , nous avons rencontré des versets annonçant sa naissance, puis sa manifestation en Galilée (Ãsaïe 7:14; Ãsaïe 9:1, 2, et 6). Nous sommes à présent transportés aux bords du Jourdain. La voix puissante de Jean le Baptiseur a retenti dans le désert (ch. 40:3). Alors paraît le parfait Serviteur. Et aussitôt, selon la promesse que nous avons ici, Dieu met son «Esprit sur lui». Sous l'apparence d'une colombe, le Saint-Esprit vient demeurer sur le Bien-aimé en qui le Père «trouve son plaisir» (v. 1; Matt. 3:16, 17). Oint de l'Esprit Saint et de puissance, il commence alors son ministère infatigable de grâce et de vérité (v. 1-4 cités en Matt. 12:18-21).
«Je ne donnerai pas ma gloire à un autre», affirme l'Ãternel. Ce v. 8 permet d'expliquer bien des châtiments et des humiliations non seulement pour Israël (v. 12â¦), mais aussi pour les chrétiens aujourd'hui (voir aussi Ãsaïe 48:11).
Il est important de comprendre à qui s'adresse l'Esprit de Dieu dans chaque partie des Saintes Ãcritures. Beaucoup de personnes se sont égarées, en particulier dans l'interprétation des prophètes, en appliquant à l'Ãglise ce qui se rapporte au peuple juif. Dans tous ces chapitres, il ne sera question que d'Israël ou de son Messie. Gardons-nous pourtant de négliger ces passages, sous prétexte qu'ils ne concernent pas directement les chrétiens. Que de touchantes paroles ils contiennent, que l'enfant de Dieu reconnaît et s'approprie, parce qu'il les a maintes fois entendues dans le secret de son cÅur: «Ne crains point, car je t'ai racheté; je t'ai appelé par ton nom, tu es-moi⦠Je serai avec toiâ¦, quand tu marcheras dans le feu, tu ne seras pas brûlé, et la flamme ne te consumera pasâ¦Â» (Ãsaïe 43:1, 2). Telle fut l'expérience des trois amis de Daniel (Dan. 3). Et si nous avons à passer nous aussi par le feu de l'épreuve nous n'y serons jamais seuls; le Seigneur nous a expressément promis sa compagnie; la «fournaise» est un lieu privilégié de rendez-vous de Christ avec les siens (2 Tim. 4:17).
«Quand tu passeras par les eaux...». Le feu et lâeau: il faut lâun et lâautre pour obtenir un bon acier, autrement dit pour nous forger une foi bien trempée.
Considérons les noms magnifiques que Dieu se donne dans les v. 11-15: L'Ãternel, le Même,⦠votre Rédempteur, votre Saint, le Créateur d'Israël, votre Roi. Hors lui il n'y en a point qui sauve. «Il n'y a de salut en aucun autre» reprendra l'apôtre Pierre en Actes 4:12.
Mais la vie chrétienne ne se limite pas au salut. Dieu a des droits sur nous, comme sur son peuple terrestre: «J'ai formé ce peuple pour moi-même; ils raconteront ma louange» (v. 21). Certes Israël n'a pas reconnu ces droits (v. 22â¦), mais dans la chrétienté actuelle l'importance de la louange et du culte est tout aussi méconnue!
«Pour moi-même»! C'est aussi à cause de lui-même (v. 25) que Dieu efface les péchés. Sa gloire exige notre sainteté. Il y pourvoit personnellement, bien qu'il soit le Dieu offensé: «C'est moi, c'est moi qui efface tes transgressions». Et il ne se contente pas de les ôter; il promet: «je ne me souviendrai pas de tes péchés». Quelle grâce! Toutefois il ajoute: Fais-moi souvenir⦠raconte toi-même. Dieu nous laisse le soin de confesser notre état, nos propres fautes, afin de faire pleinement ressortir l'Åuvre accomplie pour les exPierre Cela fait partie de sa louange que nous avons à raconter.
Ces chapitres nous reportent au commencement de l'histoire d'Israël. L'Ãternel avait formé et séparé ce peuple pour lui-même (Ãsaïe 43:21 et Ãsaïe 44:2). Ils étaient à lui et lui à eux (v. 5). Il leur avait ensuite donné la loi qui commençait ainsi: «Je suis l'Ãternel ton Dieu⦠tu n'auras point d'autres dieux devant ma face⦠Tu ne te feras point d'image tailléeâ¦Â» (Ex. 20:1-4). L'histoire du peuple nous apprend à quel point ces commandements ont été transgressés. Mais l'idolâtrie n'est pas le péché exclusif d'Israël ni des peuples païens (1 Cor. 10:14). En faisant l'inventaire des objets que nous possédons â et celui de nos pensées secrètes â peut-être découvrirons-nous plus d'une idole solidement installée. C'est pour cette raison que l'Esprit de Dieu est si souvent attristé et la bénédiction retenue (comp. v. 3).
Méditons encore les deux dernières expressions de notre lecture au sujet de l'idole. Elle est faite «selon la beauté de l'homme» (comp. Ãsaïe 1:6). Ce dernier se complaît en lui-même, honorant et servant la créature plutôt que Celui qui l'a créée (Rom. 1:25). En second lieu elle est faite «pour qu'elle demeure dans la maison» (v. 13). Nous avons à veiller sur notre cÅur, ce «lieu secret» de Deut. 27:15, mais aussi sur notre maison.
Pour se donner bonne conscience, le monde associe volontiers la religion avec la recherche de ses aises et de ses satisfactions (comp. Ex. 32:6). Comme un homme qui, du même bois, allume un feu, cuit son pain, se chauffe⦠et se taille une idole. Cette description suffit à prouver la folie d'un tel culte. Au lieu d'adorer celui qui l'a créé, l'insensé se prosterne devant un objet inerte sorti de ses propres mains! Les v. 9-20 sont remplis de l'activité de l'homme. Il fait ceci, il fait cela. Il se dépense sans mesurer sa peine et tout cela dans une tragique illusion, car «il se repaît de cendres⦠et ne délivre pas son âme» (v. 20). Mais à partir du v. 21 nous trouvons ce que Dieu fait. â¦Â«J'ai effacé comme un nuage épais tes transgressions, et comme une nuée tes péchés⦠je t'ai racheté». Ainsi que le vent balaie en un moment le ciel le plus nuageux, Dieu de son souffle puissant chasse tout ce qui s'est accumulé entre Lui â qui est lumière â et notre âme qui a besoin de cette lumière comme la terre de celle du soleil. Celui qui a «déployé les cieux⦠étendu la terre», formé l'homme, fera aussi le nécessaire pour la restauration de son peuple⦠et le salut de quiconque croit.
L'Ãternel a annoncé qu'il se servirait de Cyrus pour accomplir tout son bon plaisir (relire Ãsaïe 44:28). Ce roi, qui devait mettre fin à la captivité du peuple à Babylone, est appelé par son nom longtemps avant le début de cette captivité et par conséquent longtemps avant sa naissance! La grâce divine tenait donc pour ainsi dire ce «sauveur» en réserve pendant toute la durée du châtiment. Sous la forme d'une révélation personnelle à Cyrus, c'est l'occasion pour l'Ãternel de confirmer qu'il n'y a pas de Dieu, si ce n'est Lui seul (v. 5; comp. avec 1 Cor. 8:4-6 et Ãph. 4:6). Ce n'est donc pas seulement aux Juifs que Dieu s'est fait connaître, mais aussi aux nations dont nous faisons partie. Bien avant notre naissance, avant l'origine du monde, dès les temps éternels, votre nom et le mien ont été dans sa pensée. Il se proposait aussi d'accomplir par nous tout son bon plaisir au moment convenable⦠qui est le moment présent (Ãph. 3:8-10). Répondons-nous, chacun à sa place et dans sa mesure, à ce que Dieu a ainsi attendu de notre part (comp. Actes 13:36 au sujet de David)?
Les v. 9 et 10, auxquels a certainement pensé l'apôtre en écrivant Rom. 9:20, établissent la folie de ceux qui contestent contre ce Dieu créateur et souverain.
Ce que l'Ãternel accomplira pour le rétablissement de son peuple le fera connaître de tous comme «le Dieu d'Israël, le sauveurâ¦Â» (v. 15). En contraste avec les dieux qui ne sauvent pas (fin du v. 20), il déclare lui-même avec la plus grande force: «De Dieu juste et sauveur, il n'y en a point si ce n'est moi». Et il sâadresse non seulement à la descendance dâIsraël, mais à tous les hommes: «Tournez-vous vers moi, et soyez sauvés, vous tous les bouts de la terreâ¦Â» (v. 21, 22). Cet appel retentit dans le monde aujourd'hui. Chacun de nous y a-t-il répondu? Nous reconnaissons la voix de «notre Dieu sauveur, qui veut que tous les hommes soient sauvés et viennent à la connaissance de la véritéâ¦Â» (1 Tim. 2:4, 5; lire aussi Tite 2:11). Mais pour que Dieu puisse se montrer à la fois «juste et sauveur» nous savons ce qui était nécessaire. Le châtiment qui devait satisfaire sa justice à l'égard du péché a frappé celui que la suite du même passage de 1 Tim. appelle: «le médiateur entre Dieu et les hommes,⦠l'homme Christ Jésus, qui s'est donné lui-même en rançon pour tous». C'est à juste titre que tout genou se ploiera devant le Seigneur et que toute langue confessera hautement Dieu (v. 23 cité en Rom. 14:11).
Le prophète poursuit sa comparaison par un nouveau tableau saisissant. D'un côté, de vaines idoles qui sont des fardeaux pesants pour ceux qui s'en chargent! De l'autre, un Dieu puissant et fidèle qui s'est au contraire lui-même chargé de son peuple du début à la fin de son histoire (v. 3; Deut. 1:31 et Deut. 32:11, 12). à cette position privilégiée, Israël a préféré le service ingrat de faux dieux impuissants et ridicules (v. 6 et 7). Mais ces derniers l'ont fait lourdement trébucher, l'écrasant sous leur poids, et ils vont être finalement la cause de sa captivité. Moralement il en est toujours ainsi. Les idoles les plus nobles selon le monde (celles-ci sont en or et en argent, alors que celles du Ãsaïe 44 n'étaient qu'en bois) conduisent infailliblement ceux qui les servent à leur ruine finale. Et combien est grand le pouvoir qu'exerce l'or sur le cÅur humain. Mais, en contraste, que nous propose le Seigneur? Nous confier en lui dès notre jeunesse; continuer à nous reposer sur lui d'année en année tout au long de notre vie; enfin, si nous devons parvenir à l'âge où les forces déclinent, jouir encore de cette belle promesse: «Jusqu'à votre vieillesse je suis le Même, et jusqu'aux cheveux blancs, je vous porterai» (v. 4).
C'est de Babylone qu'il s'agit maintenant. Avant même son entrée dans l'histoire, sa chute se trouve annoncée. Employée par l'Ãternel pour discipliner son peuple, elle n'a usé d'aucune miséricorde envers lui; elle n'a pas pris «ces choses à cÅur», enfin, elle ne s'est pas souvenue «de ce qui en serait la fin» (v. 7; Deut. 32:29). Par la bouche de Daniel, Dieu lui avait fait connaître cette fin (voir Dan. 2:45). Et malgré cela l'orgueilleuse cité a proclamé: «Je serai maîtresse pour toujours» (v. 7). Aussi connaissons-nous sa fin à elle, solennelle et subite, pendant la nuit tragique du festin de Belshatsar (Dan. 5:30).
Babylone est dans le Nouveau Testament l'image de la chrétienté comme Ãglise responsable. Celle-ci s'est lassée d'être étrangère ici-bas et de souffrir. Elle a préféré un trône à la croix. Elle a oublié la miséricorde, dominé sur les âmes, méconnu les droits du Seigneur et perdu de vue son retour. Elle s'est accommodée d'une multitude d'idoles et de superstitions (v. 12 et 13). Mais le moment de sa ruine viendra (Apoc. 18). Alors Christ présentera au ciel et à la terre sa véritable Ãpouse: l'Ãglise, composée de tous ses chers rachetés, enlevée auprès de lui avant ces événements. En ferez-vous partie?
Les interprétateurs des cieux, les observateurs des étoiles (Ãsaïe 47:13) et autres astrologues, ont de tout temps proliféré aux dépens de la crédulité populaire. En dépit de leurs prétentions, prédire l'avenir n'est au pouvoir de personne. Dieu seul en a connaissance et nous révèle dans sa Parole ce que nous avons besoin d'en savoir (Ãsaïe 46:10; Actes 1:7). L'accomplissement dans le passé des événements qui furent annoncés à l'avance par le moyen des prophètes est une preuve de plus de l'existence et de la toute-puissance de Dieu (v. 5; voir Jean 13:19). Les premières choses, déclarées depuis longtemps, sont arrivées (v. 3). Ceci prouve que les choses nouvelles sont et seront aussi l'Åuvre de Dieu (v. 6; Matt. 13:52). Il est aujourd'hui à la portée de tous, et en particulier des Juifs, de sonder les Ãcritures pour s'en assurer. Bien des siècles à l'avance, le rejet de leur Messie a été clairement annoncé par le plus grand des prophètes, précisément dans les chapitres que nous lisons. Hélas, non seulement Israël, mais l'homme en général est vraiment «obstiné»; son cou est une barre de fer; son front est d'airain (v. 4); son oreille est fermée (v. 8). Par-dessus tout, son cÅur est dur (Ãsaïe 46:12).
«à cause de mon nom⦠à cause de moi-même!». Nous oublions trop souvent ce grand motif des interventions de Dieu. En adoptant Israël comme son peuple â et nous chrétiens comme ses fils et ses filles â Dieu s'est pour ainsi dire engagé personnellement, tout comme un père est obligé vis-à -vis des étrangers par les actes de ses enfants! Nous sommes, selon le cas, délivrés, purifiés⦠ou châtiés, à cause de la gloire du Père dont nous sommes les enfants (voir Jos. 7, fin du v. 9). Mais Dieu a encore un autre motif pour nous enseigner et nous discipliner: notre profit (v. 17; Héb. 12:10 souvent rappelé).
La paix du cÅur, «comme un fleuve» calme et puissant, découle de l'obéissance du croyant (v. 18). Cela se comprend: dans le courant de la volonté de Dieu, on ne connaît ni l'agitation ni les bouillonnements qui sont ceux du torrent dans la montagne. On réalise le v. 3 du ch. 26: «Tu garderas dans une paix parfaite l'esprit qui s'appuie sur toi, car il se confie en toi». Remarquons que c'est après avoir enjoint aux siens de garder ses commandements et sa parole, que le Seigneur leur donne sa paix (Jean 14:15, 21, 23, 27). Inestimable paix des rachetés du Seigneur! Elle est inconnue des méchants (v. 22).
à ce point du livre, marqué par une importante division, la preuve est faite qu'Israël a été un serviteur infidèle. Aussi l'Ãternel lui substitue Christ, le vrai Israël (v. 3), serviteur obéissant, en qui Il se glorifiera. Or, à première vue, le travail du Seigneur pouvait lui sembler avoir été inutile (v. 4). Non seulement Israël n'a pas été rassemblé, mais il a rejeté son Messie. Et pourtant les v. 5 et 6, comme aussi Ãsaïe 53:11, nous assurent que, malgré cet échec apparent, Christ «verra du fruit du travail de son âme». Les enfants de Dieu dispersés sont aujourd'hui rassemblés pour constituer la famille céleste (Jean 11:51, 52). Le rejet du Seigneur par son peuple a permis à Dieu d'étendre son salut «jusqu'au bout de la terre».
N'est-il pas merveilleux, cet entretien entre l'Ãternel et son «saint serviteur Jésus» (Actes 4:27)? S'adressant «à celui que l'homme méprise (comp. Ãsaïe 53:3), à celui que la nation abhorre, au serviteur de ceux qui dominent» (mais qui a un prix infini pour son propre cÅur) Dieu lui promet que bientôt les choses seront renversées: Quand il paraîtra dans sa gloire magnifique, ce sera au tour de «ceux qui dominent» de l'honorer et de s'incliner devant lui. Des rois se lèveront â des princes, et ils se prosterneront (comp. Phil. 2:6-11).
Lors de la première venue du Seigneur, Israël n'a pas été rassemblé (v. 5). Mais l'heure de ce rassemblement sonnera. Non seulement Juda et Benjamin, mais les dix tribus aujourd'hui dispersées prendront le chemin du retour. Elles convergeront de tous les horizons, y compris de la Chine lointaine, Dieu ayant su, durant plus de vingt siècles, préserver miraculeusement leur unité raciale. Vision glorieuse: Jérusalem rassemble enfin ses enfants sous son aile, ce que le Seigneur Jésus avait tant désiré faire, pendant qu'il était ici-bas. Mais câétait eux alors qui nâavaient pas voulu (Luc 13:34). Comme pour une immense réunion de famille, les fils et les filles de Jacob, si longtemps séparés, se reconnaissent, se réjouissent ensemble. Ce sera l'accomplissement prophétique du Ps. 133.
De cette scène terrestre, notre pensée s'élève à la grande réunion céleste. De tous les rachetés du Seigneur, de ceux qu'Il a reçus de son Père, il n'en manquera aucun. Chaque brebis est dès à présent à l'abri dans sa main et elle a son nom comme gravé sur les paumes de ces mains qui furent percées (v. 16; Jean 10:28 et Jean 17:12). Les captifs de l'homme fort lui ont été arrachés sans retour par la victoire de la croix (v. 25; Luc 11:21, 22).
En vain ont retenti les appels de l'Ãternel. «Ãcoutez-moi» n'a-t-il cessé de répéter (Ãsaïe 44:1; Ãsaïe 46:3, 12; Ãsaïe 48:1, 12; Ãsaïe 49:1). Que ce soit la voix de Jean le baptiseur (Ãsaïe 40:3) ou celle du Messie lui-même,⦠«il n'y a eu personne qui répondit» (v. 2). Combien cette indifférence â qui caractérise également les hommes d'aujourd'hui â a affligé le Seigneur Jésus! Il venait avec «la langue des savants»: celle de l'amour (Jean 7:46). Mais personne n'a voulu la comprendre ni seulement l'écouter. «Tu n'as pas entendu⦠et dès longtemps ton oreille ne s'est pas ouverte» (Ãsaïe 48:8). Pourtant quel exemple il leur donnait: Chaque matin trouvait cet Homme obéissant prêtant l'oreille aux paroles de son Père, attentif à l'expression de sa volonté pour la journée (s'il éprouvait ce besoin, à plus forte raison devrions-nous le ressentir).
Puis l'indifférence envers Jésus s'est changée en haine. Le v. 6 nous rappelle les outrages qu'il a subis. Mais tout en sachant ce qui l'attendait, il ne s'est pas retiré en arrière; il a dressé sa face comme un caillou (v. 5, 7; Luc 9:51).
En ce qui nous concerne, écoutons attentivement l'appel du v. 10. Nous qui sommes enfants de lumière ne nous laissons pas éblouir par les étincelles fugitives auxquelles le monde cherche à s'éclairer (v. 11).
Au Ãsaïe 46:12 l'Ãternel s'était adressé à ceux qui étaient éloignés de la justice. Sa grâce parle à présent à ceux qui poursuivent la justice (v. 1) et qui la connaissent (v. 7). Dans un monde injuste, ils sont exposés à souffrir pour cette justice et ils ont besoin d'un encouragement: «Ne craignez pas l'opprobre de la part de l'homme, et ne soyez pas effrayés de leurs outrages» (v. 7). Christ le premier a enduré cet opprobre et ces outrages «de la part de l'homme» (Ãsaïe 50:6). Aussi nous est-il laissé en modèle, afin que nous suivions ses traces (1 Pierre 2:20-24; 3:14).
à l'image du Seigneur Jésus (voir Ps. 40:8), Dieu peut parler ici d'un peuple dans le cÅur duquel sa loi demeure! Pourrait-il aujourd'hui nous désigner ainsi? La parole du Christ habite-t-elle en nous richement (Col. 3:16; Jean 15:7)?
La prière du v. 9 fait appel au puissant bras de l'Ãternel (Ãsaïe 53:1). Celui-ci avait jadis terrassé l'Ãgypte et desséché les eaux du grand abîme. Une nouvelle fois, il arrachera Israël à sa captivité. Comme au bord de la mer Rouge, l'Esprit mettra alors des chants de triomphe dans la bouche des «rachetés» et placera sur leur tête une joie éternelle (v. 11; comp. Ãsaïe 35:10).
«C'est moi, c'est moi qui vous console!» (v. 12). Combien de croyants dans l'épreuve ont fait l'expérience qu'il n'existe pas de vraies consolations en dehors de celles de Dieu. Il est en effet «le Dieu de toute consolation» (2 Cor. 1:3). Mais nous sommes quelquefois comme le psalmiste qui déclare: «Mon âme refusait d'être consolée» (Ps. 77:2). Les touchants appels de l'Ãternel à son peuple sont restés sans écho. Il n'y a eu «personne qui répondît» à l'exception d'un faible résidu poursuivant la justice (Ãsaïe 50:2; Ãsaïe 66:4). Maintenant un cri redoublé et pressant se fait entendre: «Réveille-toi; réveille-toi, lève-toi⦠revêts-toi de tes vêtements de parure» (v. 17 et Ãsaïe 52:1). Il s'agit d'arracher Jérusalem à son sommeil. Car le Messie va paraître. Ãsaïe 53 nous montrera l'accueil qui lui fut réservé lors de sa première venue. Rejeté, Christ est remonté dans la gloire. Mais aujourd'hui nous sommes à la veille de son retour. Le Seigneur Jésus nous rappelle sa promesse: «Voici, je viens bientôt». Il se présente lui-même: «Moi je suis⦠l'étoile brillante du matin» (Apoc. 22:12, 16, 17). Réveillée et pleine d'espoir, l'Ãpouse avec l'Esprit s'écrie: «Viens». Que chacun y fasse écho dans son cÅur et réponde: «Amen; viens, Seigneur Jésus»!
Jusquâau v. 6, il sâagit des rachetés. à partir du v. 7, le Rédempteur nous est présenté.
Le Saint Esprit a sur la terre une tâche première: diriger les regards des croyants sur Christ et sur ses souffrances. Toutes les exhortations à écouter, à se réveiller, à se séparer, convergent de même ici vers la présentation d'une personne: Christ, le Messie d'Israël. Il est le Messager qui apporte de bonnes nouvelles de paix, de bonheur et de salut (v. 7). Il est également le Serviteur agissant sagement (v. 13). Nous avons ainsi en résumé devant nous ses paroles et ses Åuvres.
En vérité, il y a de quoi être stupéfait et confondu d'étonnement en méditant sur l'inexprimable abaissement du Fils de Dieu (v. 14 complété par Ãsaïe 53:3). «Son visage défait» témoignait contre le monde impie de ce qu'il pouvait en coûter à l'Homme parfait de le traverser. Aussi est-ce en justice que Dieu l'a maintenant exalté, élevé et placé très haut, en attendant qu'il paraisse en gloire. Alors des rois fermeront leur bouche en le voyant. Mais les rachetés, eux, ne se tairont jamais. Comme ces sentinelles du v. 8, après les fatigues de la longue veille, après lâattente interminable évoquée par le Ps. 130:6, ils élèveront la voix avec chant de triomphe, car ils le verront face-face.
C'est la page mystérieuse que lisait dans son char l'intendant de Candace, reine des Ãthiopiens. «Et, Philippe,⦠commençant par cette écriture, lui annonça Jésus» (Actes 8:27â¦). Là est aussi pour nous le commencement de toute connaissance: Jésus le Sauveur. Nous nous étions tournés chacun vers son propre chemin de désobéissance (v. 6). Mais l'Agneau de Dieu a suivi pour nous sauver le chemin de la parfaite obéissance et de l'entière soumission. Dans ce chemin, il a été méprisé, délaissé, opprimé, affligé, enfin retranché par les hommes (v. 3, 7, 8). Mais il a été blessé, meurtri, frappé, soumis à la souffrance par Dieu lui-même (v. 4, 5, 10). Qui sondera jamais l'infini de cette expression: «Il plut à l'Ãternel de le meurtrir»? Nos langueurs et nos douleurs (v. 4), nos transgressions et nos iniquités (v. 5), notre péché sous toutes ses formes â des plus subtiles aux plus grossières â avec leurs terribles conséquences, tel a été le fardeau indiciblement lourd dont s'est chargé cet «homme de douleurs».
Ce fut là le travail de ton âme, bien-aimé Sauveur! Mais, au-delà de la mort à laquelle tu t'es livré toi-même, tu goûtes dorénavant et pour toujours, dans le fruit même de ta souffrance, l'inexprimable joie de l'amour satisfait (Héb. 12:2).
L'Åuvre décrite au Ãsaïe 53, étant accomplie, les croyants sont invités à se réjouir et à chanter. Ãsaïe 53:10 annonçait: «S'il livre son âme en sacrifice pour le péché, il verra une semence». Le Seigneur Jésus le confirmera: «à moins que le grain de blé, tombant en terre, ne meure, il demeure seul; mais s'il meurt, il porte beaucoup de fruit» (Jean 12:24). Le ch. 54 nous fait entrevoir cette riche moisson. Il s'agit d'Israël, descendance terrestre; mais le Nouveau Testament y associe les enfants de la famille céleste: «la Jérusalem d'en haut» (voir Gal. 4:26, 27).
Pour accueillir ses fils et ses filles, Jérusalem, longtemps veuve et stérile est invitée à s'élargir, à s'étendre. à cause de l'Åuvre de la croix, Dieu peut avoir compassion d'elle et la rassembler. La colère a été d'un moment, mais la bonté sera éternelle (v. 7, 8; Ps. 30:5).
«Tous tes fils seront enseignés de l'Ãternel», promet le v. 13 cité en Jean 6:45. L'Åuvre du Seigneur envers nous comprend deux grandes parties: Il a porté nos iniquités et il enseigne la justice à plusieurs (Ãsaïe 53:11). N'oublions pas ce second côté et, si nous lui avons apporté le fardeau de nos péchés, laissons-nous maintenant enseigner par Lui. Ainsi pourrons-nous porter le fruit de la justice à sa gloire (2 Cor. 9:10).
Comme du rocher frappé dans le désert (Ãsaïe 48:21), un fleuve de vie et de bénédiction découle de l'Åuvre de la croix. Source inépuisable offerte à quiconque a soif! Ici c'est l'appel du prophète, mais le Seigneur Jésus s'exprime de la même manière: «Si quelqu'un a soif, qu'il vienne à moi, et qu'il boive» (Jean 7:37; voyez aussi ce «quiconque» de la grâce au Jean 3:15, 16; Jean 11:26; Jean 12:46). Deux choses caractérisent le grand salut de Dieu: Il est gratuit. Les hommes se donnent une peine considérable et dépensent des fortunes «pour ce qui ne rassasie pas», alors que le plus excellent de tous les biens peut s'obtenir «sans argent et sans prix». Dieu en a fait tous les frais (comp. Ãsaïe 52:3).
En second lieu, le salut doit être saisi maintenant. «Cherchez l'Ãternel tandis qu'on le trouve» (v. 6). Dieu est proche, il pardonne abondamment⦠mais hâtez-vous! Le moment vient où il ne sera plus accessible (Jean 7:34; Jean 8:21).
Considérons encore dans ce beau chapitre ce qui est dit des pensées d'amour et des voies inscrutables de Dieu (v. 8, 9; voir aussi Rom. 11:33-36). Et de sa Parole: Elle ne reviendra pas à moi sans effet, promet le v. 11. A-t-elle produit cet effet sur votre cÅur?
Ces deux chapitres évoquent un sombre moment de l'histoire future d'Israël. La masse du peuple égarée par des sentinelles aveugles (v. 10â¦) s'en ira après l'Antichrist (le roi: Ãsaïe 57:9). Pendant ce temps Dieu suit des yeux et encourage de ses promesses les fidèles qui respectent ses sabbats. Le temple est présentement détruit après avoir été profané. Mais il reprendra son nom et son caractère de «maison de prière» pour la joie de ce résidu. Et de plus, il sera ouvert à tous les peuples (Ãsaïe 56:7). En ce qui nous concerne, chrétiens, nous avons accès à tout moment auprès de Dieu pour la prière et la louange. Usons de ce privilège!
Ãsaïe 57:1, 2 nous révèlent la vraie signification de la mort d'un juste et des «hommes de bonté». Dieu les met ainsi à l'abri des châtiments qu'il prépare pour les autres hommes (ex. 1 Rois 14:12, 13).
«Je crée le fruit des lèvres», déclare l'Ãternel (Ãsaïe 57:19). Hébreux 13:15 explique qu'il s'agit des «sacrifices de louanges». Ils sont adressés à Dieu, mais c'est lui-même qui les produit par son Esprit dans les cÅurs des siens.
Enfin le v. 20 brosse un rapide tableau de l'agitation malsaine des méchants avec ses conséquences. Jude le complète en comparant ceux-ci aux «vagues impétueuses de la mer, jetant l'écume de leurs infamies» (v. 13).
Cette nouvelle grande division du livre commence en nous montrant le peuple qui jeûne et s'afflige. Puisque l'Ãternel regarde précisément à celui qui est abattu et d'un esprit contrit (Ãsaïe 57:15 et Ãsaïe 66:2) on peut demander ce qu'il y trouve à redire. Les v. 3-7 nous l'apprennent: Dieu ne se contente pas de simples formes religieuses extérieures, ni de pieuses déclarations. Par la bouche d'un autre prophète, il pose à tous une question directe: «Est-ce réellement pour moi, pour moi, que vous avez jeûné?» (Zach. 7:5). Car derrière une belle façade de piété, que de choses peuvent habiter: la poursuite de notre plaisir, même dans le saint jour du Seigneur, la dureté et l'égoïsme, les contestations et les querelles (v. 3, 4), les jugements et les critiques (montrer du doigt) ainsi que le flot de vaines paroles (v. 9 et 13). Les vraies exigences de Dieu, les voici: En tout premier lieu que nous rompions avec les habitudes de péché, ces chaînes qui nous tiennent au pouvoir de l'Ennemi (v. 6; Dan. 4:27). Prov. 28:13 nous rappelle que la miséricorde est promise à qui confesse ses transgressions et les abandonne. Ensuite que nous sommes invités à mettre l'amour en pratique dans toutes les occasions qui se présentent (v. 7, 10). De belles promesses sont liées à une nouvelle marche!
Les iniquités du peuple constituent un écran impénétrable entre l'Ãternel et lui. Elles empêchent Dieu d'accepter aucun service religieux. Mais en sens inverse, lui-même ne peut intervenir en faveur des siens tant que ce mur subsiste. Peut-être est-ce aussi la raison pour laquelle nos prières restent quelquefois sans réponse (Prov. 15:8, 29).
La liste accablante de tous les péchés accumulés par le peuple est dressée devant lui aux v. 3-8, afin de l'aider à en prendre conscience. Rom. 3:10-18 en rappelle quelques-uns pour établir sans contestation possible la méchanceté de toute la race humaine.
Au v. 9 ce sont les fidèles du résidu qui prennent la parole. Ils reconnaissent avec humiliation lâexactitude du tableau qui vient d'être fait. «Nos iniquités, nous les connaissons», déclarent-ils, ajoutant même une nouvelle liste de fautes à celles que le prophète vient d'énumérer (v. 13-15). Bref, ce résidu montre combien il est «abattu et d'un esprit contrit» (Ãsaïe 57:15). Aussi, selon sa promesse, l'Ãternel pourra maintenant le consoler, le revivifier par son Esprit et lui faire justice par le moyen du Messie, son Rédempteur et son Libérateur qui sera aussi celui des nations (v. 20; Rom. 11:26).
Détail remarquable, dans la citation du v. 1 en Ãph. 5:14, l'expression: «la gloire de l'Ãternel s'est levée sur toi» devient: «le Christ luira sur toi». La gloire de Dieu s'identifie donc avec la personne de son Fils (voir aussi 2 Cor. 4:6). Et elle est unie au lieu où Il demeure: «Je rendrai glorieuse la place de mes pieds» (v. 13). «La Sion du Saint d'Israël» (v. 14) a son pendant dans la Jérusalem céleste, au ch. 21 de l'Apocalypse ainsi qu'il apparaît lorsque l'on met en parallèle les v. 19, 3 et 11 de notre chapitre avec Apoc. 21:23-26.
De nouveau, comme au ch. 49, le grand rassemblement d'Israël est évoqué dans une description émouvante et splendide. Cette vision, cette promesse, soutiendra les croyants du résidu au milieu de leurs tribulations. Quant à nous chrétiens, parfois découragés, levons nos yeux et considérons par la foi le peuple de Dieu, comme Abraham jadis fut invité à le faire (Gen. 15:5). Nous ne sommes pas seuls; une foule innombrable de pèlerins chemine avec nous vers la cité céleste. La fatigue, la souffrance ont souvent ralenti leurs pas; mais regardez-les: leur visage rayonne. Leux cÅur frissonne et s'élargit pour d'éternelles affections (v. 5).
Le début de ce chapitre est d'un intérêt tout particulier. C'est le passage qu'a choisi le Seigneur Jésus lorsqu'il s'est levé pour lire et méditer dans la synagogue de Nazareth (Luc 4:16-21). Mais remarquons un détail de la plus haute importance: Jésus a interrompu sa lecture au milieu de la phrase, avant la mention du jour de la vengeance. Seule la première partie de son ministère (celui de la grâce), était accomplie «eux l'entendant». Ce qui suit, c'est-à -dire le jugement, était suspendu et l'est encore aujourd'hui. Là où notre texte ne comporte pas même une virgule, Dieu a intercalé déjà presque deux mille ans de patience.
Toutefois cette vengeance n'est pas non plus le dernier mot de la phrase. Elle est suivie de consolation et de joie pour les fidèles du résidu. Comme Job à la fin, ils posséderont le double (v. 7), cette double fertilité déjà annoncée par le nom d'Ãphraïm (Gen. 41:52, note). «Ils auront une joie éternelle» (v. 7).
En réponse à ces promesses, la voix du résidu s'élève: «Je me réjouirai avec joie en l'Ãternel, mon âme s'égayera en mon Dieu; car il m'a revêtu des vêtements du salut, il m'a couvert de la robe de la justiceâ¦Â» (v. 10). Le chrétien aujourd'hui n'a-t-il pas les mêmes motifs pour louer le Seigneur et se réjouir en Lui?
Jérusalem, la délaissée, la femme stérile et désolée, la veuve du Ãsaïe 54, deviendra la mariée (v. 4), la recherchée, la ville non abandonnée (v. 12). L'Ãternel son Ãpoux pourra à nouveau se réjouir à son sujet. En attendant, de vigilants gardiens sont placés sur les murailles avec une consigne: «Vous qui faites se ressouvenir l'Ãternel, ne gardez pas le silence». Fidèles à ce mot d'ordre, les croyants juifs au temps de la fin crieront à Dieu: «Souviens-toi de ton assemblée que tu as acquise autrefois, que tu as rachetéeâ¦Â» (Ps. 74:2).
Amis chrétiens, chacun de nous a également été placé par le Seigneur à tel ou tel endroit et a reçu une mission semblable qui tient en deux mots: «Veillez et priez» (Matt. 26:41; 1 Pierre 4:7). Nos prières sont attendues là -haut et de riches exaucements leur sont préparés. N'avons-nous pas aussi d'importants sujets à rappeler au cÅur de notre Père céleste? Par exemple son Assemblée universelle et ceux qui en font partie dans notre ville ou dans notre village. Ne gardons pas le silence, puisque nous avons le privilège aujourd'hui d'être de ceux qui font se ressouvenir l'Ãternel. Chose bien touchante, Dieu parle comme si nos prières lui étaient nécessaires pour se rappeler ses promesses. Quelle grâce de sa part!
Qui est-il et d'où vient-il, celui qui surgit ici splendide et redoutable? Pourquoi y a-t-il du sang à ses vêtements? Ah, c'est l'exécuteur de ce terrible «jour de la vengeance» (Luc 21:22) qui revient, sa tâche accomplie (v. 4; Ãsaïe 61:2)! Les peuples dans leur suprême révolte se seront massés sur le territoire d'Ãdom en vue de l'assaut final contre Dieu et contre les siens (voir Ãsaïe 34:6). Mais ce sera pour y être écrasés selon l'image des vendangeurs qui foulaient autrefois le raisin dans les cuves.
Peut-être avons-nous peine à reconnaître dans ce Justicier notre Sauveur débonnaire? C'est que son service pour la gloire de Dieu comprend ces deux caractères. Lui qui fut seul sur la croix est seul ici pour le jugement (v. 3). Magnifique (v. 1), il agit par son bras magnifique (v. 12), se fait un nom magnifique (v. 14), demeure dans la magnificence (v. 15). «Prospérant dans ta magnificence, mène en avant ton charâ¦Â», comme il lui est dit au Ps. 45:4 à propos de ce même jugement.
Une nouvelle et dernière division de ce livre débute au v. 7 par le rappel des bontés et des louanges de l'Ãternel. Ne manquons pas à ce devoir, chacun pour son propre compte.
Les fidèles du résidu ont rappelé «les grands bienfaits» dont l'Ãternel avait autrefois comblé son peuple (Ãsaïe 63:7). Ayant donné de telles preuves d'amour, pourrait-il aujourd'hui les abandonner? Ils font donc appel au cÅur de ce Dieu secourable qui est leur Père. «Regarde des cieuxâ¦Â». Mais cela ne leur suffit pas. «Oh! si tu fendais les cieux! Si tu voulais descendreâ¦Â» s'écrient-ils. C'est ce que Christ a fait une première fois pour notre salut. Mais il redescendra plus tard pour délivrer les siens éprouvés, en consumant leurs ennemis (Ps. 18:9; 144:5).
Le v. 6 compare «toutes nos justices» à un vêtement souillé. Nous comprenons cela de nos péchés. Mais de nos justices? En vérité il en est ainsi! Tout ce que nous avons pu faire de bien et de juste avant notre conversion ressemble à des haillons qui confirment notre misère au lieu de la cacher. Mais le Seigneur remplace ces vêtements souillés par les vêtements du salut et la robe de la justice (Ãsaïe 61:10; Zach. 3:1-5).
Formés comme l'argile sur le tour du potier (v. 8) nous n'avons rien à faire valoir quant à la vile poussière d'où nous avons été tirés (Ps. 100:3). Seul compte le travail de l'Ouvrier divin s'appliquant à faire de nous «un vase à honneur»⦠(2 Tim. 2:21).
«Je suis trouvé de ceux qui ne me cherchaient pasâ¦Â» â écrit Ãsaïe en s'enhardissant tout-fait. C'est l'expression qu'emploie Paul en citant aux Romains notre v. 1 (Rom. 10:20). Sous la dictée de l'Esprit, le prophète ouvre en effet clairement ici la porte aux nations, qui ne cherchaient pas Dieu et n'étaient pas appelées de son nom (Ãsaïe 49:6). Déclaration hardie, pour ne pas dire révolutionnaire, aux oreilles des Israélites si jaloux de leurs privilèges! Elle faisait déjà partie de ces choses jamais entendues, mentionnées au chapitre précédent.
La confession et les supplications du pauvre résidu se terminaient par la question angoissée: «Te tairas-tu, et nous affligeras-tu extrêmement?» (Ãsaïe 64:12). Non, ce n'est jamais en vain qu'un cÅur repentant se tourne vers le Seigneur (Ps. 51:17). Chacun de nous le sait-il par expérience?
Dieu ne se taira donc pas. Il prend la parole et va la conserver pratiquement jusqu'à la fin du livre. Toutefois, avant de révéler ce qu'il a préparé pour ceux qui s'attendent-lui (ses élus et ses serviteurs: v. 9, 10; Ãsaïe 64:4), il faut qu'Il prononce la condamnation définitive d'Israël, mais aussi de la masse du «peuple rebelle» et apostat.
Les Israélites fidèles auront été longtemps confondus avec l'ensemble du peuple qui aura suivi l'Antichrist. Mais, le moment venu, Dieu saura distinguer et récompenser ses serviteurs. Alors ils oublieront leurs souffrances et «chanteront de joie à cause du bonheur de leur cÅur» (v. 14).
Et nous, enfants de Dieu que présentement le monde ne connaît pas comme il ne L'a pas connu, nous serons aussi manifestés par le Seigneur et avec lui à sa glorieuse venue (1 Jean 3:1, 2). Notre joie serait-elle moindre?
Dieu créera de nouveaux cieux et une nouvelle terre. Il ne s'agit pas encore du remplacement de l'univers actuel par de nouveaux éléments, selon 2 Pierre 3:13 et Apoc. 21:1. Mais durant le règne de mille ans, aussi bien le ciel, débarrassé de la présence de Satan, que la terre, soumise au Seigneur, seront dans un état nouveau. La création connaîtra la délivrance (Rom. 8:22). La vie humaine sera prolongée; l'âge de cent ans deviendra celui de la pleine jeunesse, et la mort ne sera plus qu'un châtiment exceptionnel (Prov. 2:22; Ps. 37:9). Même chez les animaux les instincts cruels auront disparu (v. 25). La nature connaîtra alors son épanouissement et répondra au dessein initial de Dieu pour sa splendide création.
Jérusalem sera un sujet de joie pour les fidèles du peuple. «Ãgayez-vous à cause d'elle, vous tous qui l'aimez» (v. 10). C'est à eux que s'adresse le Ps. 122: «Demandez la paix de Jérusalem; ceux qui t'aiment prospérerontâ¦Â» (v. 6). Comme une réponse à cette prière, la paix est étendue sur la ville, point de départ de la connaissance de la gloire de Dieu pour toutes les nations de la terre.
Le Seigneur n'est pas moins attentif aujourd'hui aux prières de ceux qui aiment son Assemblée (Ps. 122:6; 2 Cor. 11:28). Demandons qu'elle soit gardée dans la paix et qu'elle manifeste la gloire de Christ ici-bas.
Même au milieu du bonheur millénaire, il faut que subsiste un témoignage visible du châtiment terrible des iniques. Un solennel spectacle sera là pour le rappeler, tel le monceau de pierres sur le tombeau d'Absalom (2 Sam. 18:17). Ainsi finit ce beau livre d'Ãsaïe. De toutes les prophéties, elle est la plus vaste, la plus souvent citée dans le Nouveau Testament (environ 60 fois), celle aussi qui donne le plus de place au Seigneur Jésus dans ses souffrances et dans ses gloires.
La voix des prophètes s'est tue depuis quatre cents ans. Pour Dieu «l'accomplissement du temps est venu» (Gal. 4:4). Il va parler «dans le Fils» et faire connaître à son peuple, au monde, ainsi qu'à chacun de nous personnellement, la bonne nouvelle de l'Ãvangile (Héb. 1:1, 2). Elle se résume en peu de mots: le don de ce Fils.
Mais comment faire entrer nos esprits limités dans la connaissance d'une telle Personne? Dieu y a pourvu en nous donnant quatre évangiles afin de nous permettre de considérer la gloire de son Fils sous plusieurs aspects, comme on met en relief un objet de grand prix sous des éclairages différents. Matthieu est l'évangile du Roi. Une généalogie est nécessaire ici pour placer d'emblée le Messie dans le cadre des promesses faites à Abraham et prouver de façon irréfutable son titre d'héritier au trône de David (Gal. 3:16 et Jean 7:42). De cette longue liste, certains noms tristement illustres (Achaz, Manassé, Amonâ¦) n'ont pas été effacés. Dâautres: Rachab (Rahab), Ruth, la femme dâUrie, rappellent la grâce divine qui se manifeste envers ceux et celles qui nâavaient aucun droit. Câest cette grâce qui maintenant va donner un Sauveur à Israël, au monde entier... et donc à vous et à moi. Qu'il s'agisse d'un patriarche, d'un roi, ou d'une femme peu recommandable, chacun a besoin du même salut et du même Ãvangile.
Jésus a voulu entrer dans ce monde à la manière de tous les hommes, c'est-à -dire par la naissance. Objets d'une faveur exceptionnelle, Joseph et Marie ont été choisis pour accueillir et élever l'Enfant divin. Les conseils de Dieu s'accomplissent; en accord avec les prophéties, la naissance de l'héritier au trône de David a lieu dans la ville royale de Bethléhem. Et vous remarquez qu'il n'est pas question dans cet évangile de la crèche qui lui servit de berceau, ni de rien qui rappelle sa pauvreté. Au contraire, Dieu veille à ce que son Fils soit honoré par quelques nobles visiteurs: ces mages venus de l'Orient. Quant aux principaux parmi les Juifs, aucun n'est moralement qualifié pour venir se prosterner devant le Messie d'Israël. Ils ne désirent pas sa venue. Nous sommes d'ailleurs dans une des périodes les plus ténébreuses de l'histoire de ce peuple. Le cruel Hérode règne à Jérusalem en violation de Deut. 17:15, car c'était un Ãdomite!
à l'exception d'un petit nombre d'âmes pieuses que Luc nous fera connaître, personne en Israël n'attendait le Christ. Et aujourd'hui, parmi tous ceux qui se réclament de Lui, combien attendent vraiment son retour?
Après un long voyage, préfiguration du Ps. 72:10, les mages ont été conduits par l'étoile auprès du petit enfant. Grand sujet de joie pour eux! Ils le rencontrent, lui présentent leurs hommages, leurs offrandes, et s'en retournent «par un autre chemin». N'est-ce pas l'histoire de toute personne qui vient au Sauveur?
Les desseins meurtriers d'Hérode sont déjoués. Et en même temps le sont ceux de Satan, cherchant à se débarrasser dès son entrée dans le monde de Celui qui deviendra son vainqueur. Le voyage en Ãgypte, moyen ordonné de Dieu pour soustraire le petit enfant à ces plans criminels, illustre aussi la grâce de Celui qui a voulu suivre le même chemin que son peuple autrefois.
Deux noms ont déjà été donnés à l'Enfant divin au chapitre précédent: Celui de Jésus (Dieu Sauveur: Matt. 1:21) si précieux au cÅur de chaque croyant. Puis son nom d'Emmanuel (Dieu avec nous; Matt. 1:23). Il s'y ajoute maintenant celui de «Nazaréen» (v. 23) avec une triple signification: Jésus a été moralement séparé et consacré-Dieu selon Nomb. 6. Il a aussi été sur le tronc d'Isaï (père de David) une branche nouvelle portant du fruit (voir note et Ãsaïe 11:1). Enfin il sera, durant trente années, citoyen inconnu de la ville méprisée de Nazareth (Jean 1:47).
Comme un ambassadeur précède un haut personnage, Jean le baptiseur proclame la prochaine apparition du Roi. Seulement ce dernier ne peut prendre place au milieu d'un peuple indifférent à son état de péché. La prédication de Jean est donc un appel à la repentance. Mais, aux pharisiens et aux sadducéens qui venaient à son baptême en propres justes, il annonce le jugement.
On comprend que Jean soit déconcerté quand celui dont il ne s'estimait pas digne de porter les sandales se présente à son tour pour être baptisé par lui. Mais nous entendons au v. 15 la première parole prononcée par Jésus dans cet évangile: «Laisse faire maintenantâ¦Â». L'homme n'a su faire que le mal; il convient dorénavant de laisser Dieu agir en Christ et «accomplir toute justice» (Rom. 10:3). «Alors il Le laissa faire», est-il dit de Jean, bien que ce soit lui qui baptise. N'avons-nous pas toujours intérêt, nous aussi, à laisser faire le Seigneur?
Jésus remonte aussitôt de l'eau car il n'a, lui, rien à confesser. Et voici que le ciel s'ouvre pour lui rendre un double témoignage: Le Saint Esprit descend sur lui comme l'huile de l'onction qui jadis désignait le roi (comp. 1 Sam. 16:13). En même temps il reçoit de son Père une douce parole d'amour et d'approbation.
Revêtu de la puissance de l'Esprit, Jésus est prêt à accomplir son ministère. Mais, comme tout serviteur de Dieu, il est nécessaire qu'il soit premièrement mis-l'épreuve. Aussi a-t-il affaire au grand ennemi. Pour faire sortir un homme de Dieu du sentier de l'obéissance, Satan utilise deux principales tactiques: Il présente des choses effrayantes dans le chemin (pour Christ ce sera tout particulièrement le combat de Gethsémané). Ou bien, au contraire, il offre des objets désirables à côté du chemin. Et c'est ce que le diable fait ici.
Mais remarquons qu'en citant le Ps. 91:11, 12, il se garde d'y ajouter le verset suivant qui fait allusion à son propre écrasement: «Tu marcheras sur le lion et sur l'aspic, tu fouleras le lionceau et le dragon». L'aspic, c'est le serpent, dont Gen. 3:15 annonçait qu'il aurait la tête brisée par Christ, «semence de la femme». Alors qu'en Ãden, ne manquant de rien, le premier Adam avait essuyé une triple défaite par la convoitise de la chair, celle des yeux et l'orgueil de la vie, l'Homme parfait triomphe au désert du serpent ancien par la souveraine parole de son Dieu (1 Jean 2:16; Ps. 17:4). Et, en ce qu'il a souffert lui-même étant tenté, il est maintenant à même de secourir ceux qui sont tentés (Héb. 2:18).
La citation d'Ãsaïe 9:1, 2, comporte au v. 16 une légère variante. Au temps du prophète le peuple «marchait» encore dans les ténèbres. Il est maintenant «assis», ayant pris sa place loin de la lumière de Dieu et ayant perdu tout courage, toute espérance. C'est précisément le moment où Dieu peut intervenir. Celui qui est la Lumière paraît, apportant la délivrance. Il passe. à son appel, saisis par son amour, quelques disciples s'attachent à lui et le suivent. Deux ici; deux là : Simon et André; Jacques et Jean. C'est pour ces hommes l'instant décisif, celui qui soudain a tout changé dans leur vie et qu'ensuite ils n'oublieront plus (Matt. 19:27). Oui, ils quittent aussitôt leur père, la nacelle, les filets. Mais c'est pour trouver un Maître comme il n'y en eut jamais d'autre et la promesse d'une tâche nouvelle: ils deviendront pêcheurs d'hommes. Le moment venu, le Seigneur fera d'eux des évangélistes et des apôtres.
Tous les chrétiens ne sont pas appelés à abandonner leur gagne-pain ou à renoncer à jouir des liens de famille. Mais tous ont entendu un jour ou l'autre dans leur cÅur la voix connue qui leur disait: «Suis-moi». Y avez-vous répondu?
Les v. 23 et 24 résument admirablement toute l'activité d'amour du Seigneur Jésus.
Suivre Jésus, c'est d'abord lui obéir (Jean 12:26). Dès lors on peut manifester les mêmes caractères que lui. Ces caractères, le Seigneur va maintenant les enseigner à ses disciples. Bienheureux ceux qui ont une foi simple et ne font pas valoir leur propre intelligence; ceux qui s'affligent de la méchanceté du monde, sans se lasser pour autant d'y exercer la bonté et la miséricorde; ceux qui supportent pour le nom du Seigneur toutes sortes d'injustices et de persécutions⦠Ce n'est pas le genre de bonheur que souhaite la majorité des hommes, loin de là . Mais aux croyants, il suffit pour être heureux, bienheureux, d'avoir l'approbation du Seigneur. Et les joies du royaume leur sont réservées. Aux v. 13 et 14, il s'agit de leur position actuelle. En se tenant séparé du mal, le chrétien remplit sur la terre le rôle du «sel» qui préserve de la corruption. Il est aussi «lumière», responsable de faire briller les caractères moraux de Dieu devant les hommes et d'abord aux yeux de «ceux qui sont dans la maison»: sa propre famille. Le boisseau, récipient à mesurer, est le symbole de lâactivité, le lit (Luc 8:16) celui de la paresse; deux extrêmes susceptibles l'un comme l'autre d'éteindre tout le rayonnement que devrait avoir un enfant de Dieu.
On ne peut lire ces v. 17 et suivants sans être saisi de crainte. Non seulement le Seigneur y déclare qu'il n'est pas venu abolir la redoutable loi de Dieu qui nous condamnait tous, mais voici qu'il donne une interprétation beaucoup plus sévère encore de la volonté divine. Jusque-là un Israélite scrupuleux pouvait espérer mériter la vie éternelle quand il avait plus ou moins «gardé toutes ces choses dès sa jeunesse» (voir Marc 10:20). à présent les paroles de Jésus ne lui laissent aucune illusion. Si telles sont les exigences de la sainteté de Dieu, qui donc peut être sauvé? Oui, la pleine mesure de la justice divine était là dans cet homme incomparable. Mais la même personne qui était venue la faire connaître était aussi venue l'accomplir-notre place (v. 17; Ps. 40:8-10).
L'ancien judaïsme ne se préoccupait pas de ce que Dieu pensait de la colère ni des regards impurs. Il n'en condamnait que les fruits extrêmes: le meurtre et l'adultère. Les commandements du Seigneur, par contre, remontent à la source de ces actes coupables et nous font prendre conscience qu'elle est dans notre cÅur, capable des mêmes effets (Matt. 15:19). Car, avant d'entendre parler de grâce, il est nécessaire que nous comprenions à quel point nous en avons besoin.
Celui qui parle ici, ne l'oublions pas, c'est le Messie, le Roi d'Israël. Son enseignement a été appelé la charte du royaume, car il expose les conditions que devront remplir ceux qui en deviendront les sujets. Mais quelle différence avec les constitutions et les codes des nations d'ici-bas, lesquels sont basés sur la défense des droits des personnes et sur la règle égoïste: «chacun pour soi»! Tandis que l'enseignement de Jésus établit non seulement des principes de non-violence, mais d'amour, d'humilité et de renoncement, absolument étrangers à l'esprit de ce monde. Certains pensent que de tels préceptes sont inapplicables sur la terre où nous vivons. Les chrétiens qui les réaliseraient à la lettre ne seraient-ils pas des victimes sans défense, à la merci de n'importe quel abus? Soyons certains que Dieu saurait alors les protéger. De plus un tel comportement constituerait un puissant témoignage, capable de confondre ceux qui voudraient nuire au croyant et même d'amener leur conversion. Ces v. 38-48 nous humilient et nous reprennent. Quelle distance nous sépare de Celui dont nous parlent 1 Pierre 2:22, 23; Jac. 5:6 et tant d'autres passages! Mais ce qui donnait autorité à lâenseignement du Seigneur, câest justement quâIl faisait ce quâIl enseignait (Matt. 7:29).
Les aumônes (v. 1-4), les prières (v. 5-15) et les jeûnes (v. 16-18) sont trois principales manières par lesquelles les hommes pensent s'acquitter de leurs «devoirs religieux». Quand ces actes sont faits de manière à être remarqués par autrui, la considération qu'on en retire, tient déjà lieu de récompense (Jean 5:44). Hélas! Le cÅur humain est si rusé qu'il se sert des meilleures choses pour se donner de l'importance. Les dons les plus généreux, pourvu qu'on les voie, peuvent aller de pair avec le pire égoïsme; la contrition peut être sur le visage⦠et le contentement de soi-même au fond du cÅur.
Le Seigneur nous enseigne comment prier. Il ne s'agit en aucune façon d'un acte méritoire, mais de l'humble présentation de nos besoins à notre Père céleste, dans le secret de notre chambre. Nos prières ne sont-elles pas trop souvent des phrases machinales, de fastidieuses répétitions (voir Ecc. 5:2)? Oui, même cette belle prière enseignée par le Seigneur à ses disciples (v. 9-13), parfaitement adaptée aux besoins du moment, est devenue pour beaucoup une vaine redite. L'enfant de Dieu a des privilèges que l'Israélite ne possédait pas. Il peut s'approcher en tout temps, par l'Esprit, du trône de la grâce au nom du Seigneur Jésus. En profitons-nous assez?
L'Åil simple est celui qui ne se porte que sur un seul objet. Cet objet, ce «trésor», pour le croyant, c'est Christ. Nous le contemplons «à face découverte» dans la Parole, et cette vision illumine tout notre être intérieur (lire 2 Cor. 3:18 et 2 Cor. 4:6, 7). Notre cÅur ne peut pas se trouver à la fois dans le ciel et sur la terre. Chérir un trésor céleste et en même temps amasser pour ici-bas sont par conséquent deux occupations absolument incompatibles. Tout comme il est impossible de servir plus d'un seul maître (v. 24). Sinon les ordres reçus seraient souvent contradictoires. Mais en renonçant à Mammon (les richesses; voir Luc 16:13), ne va-t-on pas s'exposer à des privations, courir le risque de manquer du nécessaire pour le temps présent? Le Seigneur prévient cette mauvaise excuse: «C'est pourquoi je vous dis: Ne soyez pas en souciâ¦Â» (v. 25). Ouvrons les yeux comme Jésus nous y invite. Observons dans la Création les petits témoins innombrables de la sollicitude touchante et de la bonté du Père céleste: les fleurs, les oiseaux⦠(comp. Ps. 147:9).
Non, Dieu ne sera jamais le débiteur de ceux qui feront passer ses intérêts avant les leurs, de ceux qui Le choisiront (Luc 10:42). Mais il faut commencer par là .
Les v. 1-6 et v. 12 placent devant nous les motifs qui doivent régler nos rapports avec les hommes, nos frères. Pour tenter d'apporter des solutions à ce problème, de grands penseurs de toutes les civilisations ont rempli des bibliothèques entières de leurs doctrines sociales, politiques, morales, ou religieuses. Au Seigneur, il suffit d'un petit verset pour exprimer et contenir Sa solution, divinement sage, parfaite et définitive: «Toutes les choses donc que vous voulez que les hommes vous fassent, faites-les-leur, vous aussi, de même» (comp. Rom. 13:10). Règle d'or, que nous avons chaque jour mainte occasion de mettre en pratique. Apprenons à nous mettre toujours à la place de ceux à qui nous avons affaire.
Les v. 13 et 14 nous rappellent que s'il y a deux maîtres, il existe aussi deux chemins, deux portes. Le chemin large est celui du grand nombre. Et cela en dépit d'un poteau indicateur de nature à faire trembler: par ici «la perdition» (v. 13)! En revanche, peu nombreux sont ceux qui trouvent (parce que peu nombreux ceux qui cherchent â voir v. 7) le chemin qui mène à la Vie. «Ãtroite est la porte». On n'y pénètre qu'après avoir abandonné les bagages du moi et de la propre justice ainsi que les fardeaux dont nos vies sont souvent encombrées.
Puisque c'est à leurs bons fruits que se reconnaissent les bons arbres, ne voila-t-il pas au v. 22 d'excellentes personnes? Elles se présentent apparemment les mains pleines d'Åuvres méritoires: prophéties, miracles, démons chassés⦠avec à tout propos le nom du Seigneur sur les lèvres. «Je ne vous connais pas», leur répondra solennellement le Seigneur Jésus. Vos fruits ne sont pas ceux de l'obéissance à Dieu.
Tous ces enseignements ne sont pas difficiles à saisir. Ce qui nous manque d'ailleurs, ce n'est pas de les comprendre, mais bien de les réaliser. C'est pourquoi, en achevant ses discours, le Seigneur illustre par une courte parabole la différence entre cette mise en pratique et le fait d'écouter seulement. Voici deux maisons extérieurement semblables. Mais descendez au sous-sol et regardez! L'une se fonde sur le roc de la foi en Jésus Christ (1 Cor. 3:11); son constructeur a creusé profondément (Luc 6:48). L'autre maison, elle, ne repose que sur le sable mouvant et incertain des sentiments humains. Jusqu'à l'épreuve â l'épreuve nécessaire â on a pu les confondre. Ensuite,⦠eh bien! Cherchez ce qu'est devenue la seconde maison. Prudent et Insensé, tels sont respectivement les noms des deux constructeurs. Quel est votre nom?
Le service d'amour et de justice du Seigneur succède à son enseignement. Nous assistons d'abord à trois guérisons. Le lépreux du v. 2 connaît le pouvoir de Jésus. Mais il doute de son amour: «Si tu veux, tu peuxâ¦Â». Jésus voulait et le guérit (Os. 11:3 fin).
Le centurion de Capernaüm s'approche dans le double sentiment de l'autorité toute-puissante du Seigneur et de sa propre indignité. «Dis seulement une paroleâ¦Â». Cette foi exceptionnelle étonne et réjouit le Seigneur Jésus. Il la donne en exemple à ceux qui le suivent et elle nous humilie aussi, n'est-ce pas?
Enfin il est nécessaire que le Maître agisse également dans les familles des siens. Il guérit la belle-mère de son disciple Pierre.
Jésus ne s'est pas occupé des malades à la manière des médecins qui examinent, font un diagnostic, rédigent une ordonnance, perçoivent leurs honoraires, et s'en vont. Il ne s'est pas contenté de guérir. Il a Lui-même «pris nos langueurs et a porté nos maladies», remontant à leur source qui est le péché. Il en a senti tout le poids, toute l'amertume (Jean 11:35). Une telle sympathie n'est-elle pas plus précieuse que la délivrance proprement dite? C'est l'expérience de beaucoup de malades chrétiens.
Au scribe qui s'offre à le suivre où qu'il aille, le Seigneur ne cache pas que Son chemin est celui d'un entier renoncement. Même les oiseaux du ciel, dont prend soin le Père céleste (Matt. 6:26), sont mieux partagés que leur Créateur ici-bas. Quel abaissement que le sien! Il n'a pas eu sur la terre de lieu où reposer sa tête. Ce n'est que sur la croix, l'Åuvre achevée, qu'il pourra enfin reposer â ou baisser â la tête (même verbe grec: Jean 19:30).
Au v. 21 un autre homme répond à son invitation par une excuse apparemment justifiée. Quoi de plus légitime que d'assister à l'enterrement de son père? Toutefois, si urgent que paraisse un devoir, aucun «premièrement» ne peut prendre la place de celui qu'a commandé le Seigneur (Matt. 6:33). Il n'est pas dit ce qu'ensuite ont décidé ces deux hommes. Ce qu'il importe que nous sachions c'est si nous nous avons répondu à l'appel du Seigneur Jésus.
La scène si connue et si belle de la traversée dans la tempête illustre le voyage terrestre du croyant. Il rencontre bien des orages. Mais son Sauveur est aussi le Maître des éléments et Il est avec lui (Ps. 23:4). Il commande au vent et aux flots, à la maladie et à la mort, aux puissances sataniques, comme le montre la délivrance des deux démoniaques du pays des Gergéséniens.
Les différentes maladies que le Seigneur rencontre et guérit sont autant d'aspects de la triste condition dans laquelle il a trouvé sa créature. La lèpre met l'accent sur la souillure du péché; la fièvre: sur l'agitation incessante de l'homme de ce monde. Le démoniaque est sous le pouvoir direct de Satan, tandis que le sourd, l'aveugle et le muet (v. 27, 32; Matt. 11:5) ont leurs sens fermés aux appels du Seigneur et ne savent pas le prier. Enfin le paralytique que l'on amène ici à Jésus démontre la totale incapacité de l'homme pour faire le moindre mouvement vers Dieu (comp. Jean 5:7). Il ne dit rien, il attend⦠il espère. Mais le divin Médecin (v. 12) sait qu'une maladie autrement grave ronge l'âme de ce paralytique et Il commence par le délivrer de celle-ci: «Tes péchés sont pardonnés». De quoi devrions-nous nous inquiéter le plus en nous et chez les autres? D'une maladie ou d'un péché?
Suit l'appel de Matthieu raconté par lui-même. Il faisait partie de ces pécheurs pour lesquels Christ était venu.
Enfin la question des disciples de Jean est l'occasion d'un nouvel enseignement: Pour contenir le vin nouveau de l'Ãvangile, les vieilles outres de la religion judaïque ne faisaient plus l'affaire.
Les Ãvangiles sont loin de nous raconter tous les miracles accomplis par le Seigneur Jésus (voir Jean 21:25). Dieu n'a consigné dans sa Parole que ceux qui correspondent à l'enseignement qu'il veut nous donner. Ainsi la résurrection de la fille de ce chef de synagogue a, entre autres, une application prophétique. Le Seigneur est vu comme étant en chemin pour redonner la vie à son peuple Israël. Pendant ce temps (le temps actuel), Il est à la disposition de tous ceux qui s'approchent de lui par la foi comme le fait cette femme au v. 20.
Il y avait assez de puissance en Jésus pour guérir «toute maladie et toute langueur» (v. 35). Et il y avait assez d'amour dans son cÅur pour porter tout son peuple comme le vrai Berger d'Israël (v. 36). Hélas! S'il rencontrait ici ou là de la foi, notamment chez ces deux aveugles (v. 28, 29), il se heurtait aussi à la plus terrible incrédulité (v. 34).
Nous qui traversons le même monde et côtoyons les mêmes besoins (mais avec des cÅurs souvent si tristement insensibles; Jac. 2:15, 16) demandons au Seigneur de nous donner une vue plus large et plus distincte de sa grande moisson (Jean 4:35). Et supplions-le d'y pousser de nouveaux ouvriers (v. 38).
Les douze disciples sont devenus apôtres (v. 2). En les citant, Matthieu le publicain rappelle son origine (voir Matt. 21:31 fin). Instruits par les paroles et l'exemple du divin Docteur, le moment vient où ils sont envoyés (sens du mot apôtre) comme ouvriers dans la moisson. Un enfant n'ira pas toute sa vie à l'école; c'est évident â bien que dans un sens le croyant soit toujours-celle de Dieu. Mais, tôt ou tard, nous devrions avoir appris l'essentiel de nos leçons, en particulier celle de notre complète incapacité naturelle. C'est alors seulement que le Seigneur pourra nous utiliser. Remarquons quelques points de la plus haute importance: C'est le Seigneur qui appelle, prépare, envoie, dirige, soutient, encourage et récompense ses serviteurs. Ils ne vont pas de leur propre mouvement ou envoyés par des hommes. Ils n'attendent de ceux-ci aucun salaire, mais donnent gratuitement ce qu'ils ont reçu gratuitement. Combien ces simples vérités sont perdues de vue dans la chrétienté! Sous forme de comités, de hiérarchies, d'organisations diverses, des personnes souvent bien intentionnées se sont interposées entre le Seigneur et ses ouvriers pour le plus grand dommage de ces derniers et surtout du travail qui leur avait été confié.
Le disciple n'est pas au-dessus de son maître (v. 24); il ne saurait prétendre à être traité mieux que lui. Qu'il soit chrétien, ou juif au temps de la tribulation, le vrai disciple peut donc s'attendre à rencontrer de la part d'un monde injuste et méchant, une opposition semblable à celle qu'a rencontrée Jésus (voir v. 17 et 18). Mais ce sera pour lui l'occasion de goûter toutes les ressources de la grâce, cette grâce illimitée qui connaît et préserve le racheté jusqu'à un cheveu près (v. 30; voir 2 Cor. 12:9).
Ce n'est pas seulement la haine du monde qui atteint le croyant fidèle mais il a fréquemment affaire à l'hostilité de sa propre famille (v. 36). Qu'il ne se décourage pas! Le Seigneur a expressément annoncé qu'il en serait ainsi, et il a aussi prévu des ressources pour son cas.
Prendre sa croix, c'est porter le signe distinctif des condamnés à mort. Autrement dit, c'est montrer qu'on en a fini avec les plaisirs du monde, qu'on a fait abandon de sa volonté personnelle. à vue humaine, cela revient à perdre sa vie. Non, affirme le Maître, c'est au contraire la seule manière de la gagner. Mais encore faut-il que ce soit pour un motif essentiel: «pour l'amour de moi», précise le Seigneur Jésus (2 Cor. 5:14, 15).
Le Seigneur ne se contente pas d'envoyer des disciples, il poursuit son propre ministère. Jean le baptiseur par contre, dès le Matt. 4:12, a terminé le sien dans la prison d'Hérode. La question que ses disciples viennent poser à Jésus de sa part nous montre son découragement et sa perplexité: Celui dont il avait été le grand précurseur n'établissait pas son royaume et ne faisait rien pour le délivrer. N'était-il donc pas le Messie promis? Le Seigneur lui répond par un message qui met avec douceur le doigt sur sa défaillance (v. 6). Mais vis-à -vis des foules, il rend un témoignage sans réserve au plus grand de tous les prophètes (v. 7-15).
Quand il s'agit de l'entrée dans le royaume, la violence devient une qualité, et une qualité indispensable (v. 12). Dieu nous ouvre tous ses trésors, encore faut-il de notre côté l'ardent désir de posséder ce qu'Il nous offre; le saint zèle de la foi qui s'empare hardiment de toutes les promesses divines. Hélas! Combien de jeunes gens, de jeunes filles qui par manque de décision et d'énergie, par crainte de combats et de renoncements, sont restés derrière la porte. N'oublions pas que les timides s'y trouveront en compagnie des incrédules, des meurtriers et de tous les autres pécheurs sans repentance (Apoc. 21:8).
C'est dans les villes de la Galilée que Jésus avait accompli la plupart de ses miracles. Mais les cÅurs étaient restés fermés ainsi qu'Ãsaïe l'avait prophétisé: «Qui a cru à ce que nous avons fait entendre et à qui le bras de l'Ãternel a-t-il été révélé?» (Ãsaïe 53:1). à cette question toutefois, Jésus peut donner une réponse «en ce temps-là » (v. 25) et rendre grâces à son Père: «Tu as caché ces choses aux sages et aux intelligents, et⦠tu les as révélées aux petits enfants». Puis se tournant vers les hommes, il les appelle: «Venez-moi»; venez avec cette foi enfantine. Nul autre que moi ne peut vous révéler le Père. Et apprenez non seulement par ma bouche mais de moi, par mon exemple, car je suis «débonnaire et humble de cÅur» (Ãph. 4:20, 21).
Près de Jésus nous trouvons deux choses en apparence contradictoires: Le repos et le joug. Ce dernier est la lourde pièce de bois servant à atteler les bÅufs, symbole de l'obéissance et du service. Mais celui du Seigneur est léger: son joug, c'était la volonté de son Père, et l'accomplir était tout son délice. De même le racheté échange la fatigue et la charge du péché (v. 28) contre le dévouement joyeux de l'amour (2 Cor. 8:3-5). «Bienheureux les débonnaires» avait annoncé le Seigneur Jésus (Matt. 5:5). N'ont-ils pas le privilège de Lui ressembler?
Après avoir offert le vrai repos de l'âme (Matt. 11:28, 29), le Seigneur Jésus fait comprendre que le repos légal du sabbat n'a plus sa raison d'être. Sur cette question du sabbat, les Pharisiens cherchent à prendre en défaut successivement les disciples (v. 2), puis le Maître lui-même (v. 10). Mais Lui se sert de cette occasion pour leur expliquer, en leur citant pour la seconde fois le verset d'Os. 6:6 (v. 7; voir Matt. 9:13 et Mich. 6:6-8), que tout le système basé sur la loi et les sacrifices était mis de côté par sa venue en grâce. à quoi servait l'observation du quatrième commandement de la loi quand tous les autres étaient transgressés? La miséricorde, elle aussi, réclamait ses droits. Et quelle prétention d'imposer le respect du sabbat à Celui qui l'avait institué! En fait, tant que le péché régnait, personne ne pouvait se reposer. Ni l'homme, chargé de ce fardeau; ni Dieu: le Père avec le Fils, travaillant à ôter le mal en même temps que ses conséquences (Jean 5:16, 17). Aussi, sans se laisser arrêter par les conseils des méchants, le Serviteur parfait poursuit son Åuvre. Il l'accomplit dans l'esprit d'humilité, de grâce, de douceur qui, selon Ãsaïe 42:1-4 devait permettre de le reconnaître, et qui a toujours un si grand prix pour le cÅur de Dieu (comp. 1 Pierre 3:4).
Les pharisiens haïssent le Seigneur Jésus parce qu'ils sont jaloux de son pouvoir ainsi que de son autorité sur les foules. Ils contestent l'origine de ce pouvoir puisqu'ils ne peuvent contester les miracles eux-mêmes. Comme ils l'ont déjà fait (Matt. 9:34; Matt. 10:25), ils attribuent au chef des démons la puissance du Saint-Esprit que Dieu avait mise sur son Bien-aimé (v. 18; comp. Marc 3:29, 30). C'était là le blasphème contre l'Esprit Saint, péché qui ne pouvait être pardonné. Non, l'Åuvre du Seigneur était au contraire la preuve de sa victoire sur Satan, l'homme fort. Il l'avait «lié» au désert par le moyen de la Parole (Matt. 4:3-10) et maintenant lui enlevait ses captifs (voir Ãsaïe 49:24, 25). Puis Jésus montre à ces pharisiens qu'ils étaient eux-mêmes sous l'empire de Satan: de mauvais arbres produisant de mauvais fruits.
«De l'abondance du cÅur la bouche parle» (v. 34). Si c'est de Christ que notre cÅur est rempli, il nous sera impossible de ne pas parler de lui. «Mon cÅur bouillonne⦠â s'écrient les fils de Coré au Ps. 45 â Je dis ce que j'ai composé au sujet du roi». Inversement les mauvaises pensées enfouies au plus profond de nous-mêmes monteront tôt ou tard à nos lèvres. Et de toute parole même simplement oiseuse, chacun aura un jour à rendre compte.
Avec le ch. 12 s'achève la première partie de cet évangile. Le Messie étant rejeté par ceux qui auraient dû être les premiers à le recevoir, Jésus commence à parler de sa mort et de sa résurrection. C'était le grand miracle qui restait à accomplir et dont les Juifs possédaient déjà une figure: l'histoire de Jonas englouti par le cétacé et rejeté vivant par celui-ci. En même temps, le Seigneur montre à ces scribes et à ces pharisiens leur écrasante responsabilité. Ils étaient pourtant bien plus instruits que jadis les païens de Ninive ou la reine de Shéba! Et combien lui-même surpassait Jonas ou Salomon! Il était venu pour habiter cette maison d'Israël, chassant le démon et balayant l'idolâtrie (comp. Matt. 8:31 et Matt. 21:12, 13). Mais il n'y avait pas été reçu, et la maison restait vide⦠prête à abriter une puissance de mal beaucoup plus terrible que la première. C'est ce qui arrivera à Israël sous le règne de l'Antichrist.
Les versets 46-50 montrent que Jésus ne peut même plus reconnaître ses proches. Il rompt désormais les relations terrestres et naturelles avec son peuple et va expliquer par les paraboles du Matt. 13 ce qu'est le royaume des cieux et qui peut y être reçu.
Le cÅur du peuple s'était endurci. Il avait volontairement fermé ses yeux et bouché ses oreilles (v. 15). Aussi est-ce en paraboles, d'une manière cachée, que Jésus va lui parler dorénavant. Ses enseignements seront réservés à ses seuls disciples. Oui, les v. 18 et 36, 37 nous prouvent que le Seigneur est toujours prêt à expliquer aux siens ce qu'ils sont désireux de comprendre. La Bible contient bien des choses difficiles et obscures pour notre intelligence naturelle limitée (Deut. 29:29). Mais l'explication nous en sera donnée au bon moment si nous en avons vraiment le désir (voir Prov. 28, fin du v. 5). Ne nous laissons donc pas décourager par les passages ou les expressions que nous ne comprenons pas immédiatement. Demandons au Seigneur de nous expliquer Sa Parole.
Le rejet du Messie par Israël a encore une autre conséquence: Ne trouvant pas de fruit à récolter au milieu de son peuple, le Seigneur va maintenant ensemencer le monde de la parole de l'Ãvangile. Celle-ci est appelée ailleurs «la parole implantée» qui a la puissance de sauver les âmes (Jac. 1:21). Mais, s'il n'y a qu'une seule espèce de semence, tous sont loin de recevoir la Parole de la même manière. Comment l'avez-vous reçue?
Parmi ceux qui entendent la parole, le Seigneur, dans sa parfaite connaissance du cÅur humain, distingue quatre classes de personnes. La première est comparée au sol battu du chemin, devenu dur à force d'être piétiné par tout le monde. Notre cÅur ressemblerait-il à ce chemin sur lequel le monde passe et repasse, de sorte que la Parole ne peut plus y pénétrer?
D'autres, comme ces «endroits rocailleux», sont des esprits superficiels. Leur conscience n'a pas été profondément labourée par la conviction du péché. Aussi l'émotion fugitive ressentie en entendant l'évangile n'est-elle que l'apparence de la foi.
Si la véritable foi a, nécessairement, des racines (invisibles), c'est à son fruit visible qu'elle se fait connaître. Sans Åuvres, la foi est morte, étouffée comme ces grains levés au milieu des épines (Jac. 2:17).
Mais la semence est aussi tombée dans la bonne terre où l'épi pourra mûrir en sa saison.
La parabole de l'ivraie nous apprend que l'ennemi n'a pas seulement ravi la bonne semence chaque fois qu'il le pouvait (v. 19) mais qu'il en a aussi semé de la mauvaise pendant que les hommes dormaient. Le sommeil spirituel nous met à la merci de toutes les mauvaises influences. Aussi sommes-nous continuellement exhortés à la vigilance (Marc 13:37; 1 Pierre 5:8 etc.).
Dans les six «paraboles du royaume» qui font suite à celle du semeur, le Seigneur expose quel va être le résultat de ses semailles dans ce monde. La parabole du grain de moutarde devenant un grand arbre décrit la forme extérieure qu'a revêtue le royaume des cieux après le rejet du roi, tandis que celle du levain caché dans la pâte met l'accent sur un travail secret qui altère son caractère. C'est le temps de l'Ãglise responsable. Après un très petit commencement (quelques disciples), le christianisme a eu le grand développement que nous lui connaissons. Mais son succès et son extension dans le monde ne sont nullement la preuve de la bénédiction et de l'approbation de Dieu et ne le mettent pas â bien au contraire â à l'abri des attaques de Satan. Il a été de bonne heure envahi par le mal (les oiseaux â cf. v. 4 et 19 â et le levain).
Le mélange qui caractérise la chrétienté professante est illustré d'une autre manière par la parabole de l'ivraie du champ que le Seigneur explique ici. Nous savons que le nom de chrétien est porté aujourd'hui par tous ceux qui sont baptisés, qu'ils soient ou non des enfants de Dieu véritables. Le Seigneur supporte cet état de choses jusqu'au jour de la moisson (Apoc. 14:15, 16). Il montrera alors par le sort final des uns et des autres ce qu'il pensait de chacun d'eux.
Les courtes paraboles du trésor et de la perle soulignent deux vérités merveilleuses: le très grand prix attaché par Christ à son Assemblée et payé pour l'acquérir: Il a vendu tout ce qu'il avait; il a donné jusqu'à sa vie. En second lieu, la joie qu'il trouve en elle. Au v. 47, le filet de l'évangile est jeté dans la mer des peuples. Le Seigneur avait annoncé à ses disciples qu'il ferait d'eux des pêcheurs d'hommes. Voici donc les serviteurs à l'Åuvre. Mais les poissons ne sont pas tous bons,⦠ni tous les chrétiens de nom, des croyants véritables! C'est la Parole qui permet de les distinguer: Le bon poisson se reconnaît à ses écailles et ses nageoires (Lév. 11:9-11) et le vrai chrétien à son armure morale, à sa capacité de résister à la pénétration et à l'entraînement du courant de ce monde.
à côté du trésor que le Seigneur a trouvé dans les siens (v. 44) le v. 52 nous montre celui que le disciple possède dans Sa Parole. Est-elle pour chacun de nous le trésor d'où nous savons tirer «des choses nouvelles et des choses vieilles»?
Hélas! Ce chapitre s'achève comme le précédent sur l'incrédulité des foules; elles ne voient en Jésus que «le fils du charpentier». De sorte que sa grâce ne peut s'exercer envers elles.
Le ch. 11 nous a montré Jean le Baptiseur en prison. Nous apprenons ici qu'il y avait été jeté par Hérode (fils de celui du ch. 2). Et pour quel motif? Jean n'avait pas craint de le reprendre parce qu'il avait pris la femme de son frère. Maintenant le fidèle témoin paie de sa vie la vérité qu'il a eu le courage de dire au roi. Sa mort entre dans le cadre des divertissements et des fêtes de la cour royale; elle est l'affreux salaire du plaisir que s'est offert le méchant (comp. Jac. 5:5, 6). Hérode a beau être affligé sur le moment, il nourrissait depuis longtemps le secret désir de faire mourir Jean (v. 5), car la haine de la vérité et de ceux qui l'annoncent vont toujours de pair (Gal. 4:16). à vue humaine, cette fin de Jean est tragique et horrible; aux yeux de Dieu elle est l'achèvement triomphant de «sa course» (Actes 13:25).
On lit entre les lignes ce qu'a été pour Jésus la nouvelle de la mort de son précurseur. N'était-ce pas déjà l'annonce de son propre rejet et de sa croix? Il semble que sa tristesse lui fasse éprouver le besoin d'être seul (v. 13). Mais déjà les foules le rejoignent et son cÅur, ne pensant qu'aux autres, s'émeut de compassion pour elles. Il accomplit en leur faveur de grand miracle de la première multiplication des pains.
Cette scène de la barque au milieu de la tempête est l'image de la position actuelle des rachetés du Seigneur. Pendant que lui est dans les cieux, absent mais priant et intercédant pour eux, ils ont à traverser péniblement la mer agitée de ce monde. C'est la nuit morale: l'Ennemi soulevant l'opposition des hommes agit comme le vent et les vagues qui annulent presque l'effort des rameurs. Mais Jésus ne vient-il pas à la rencontre des siens? Sa voix familière rassure les pauvres disciples. «Ayez bon courage; câest moi, nâayez point de peur». Et la foi, s'appuyant sur sa parole (viens!) porte Pierre au-devant de Celui qui l'aime. Mais soudain cette foi manque et il enfonce. Que s'est-il passé? Pierre a quitté son Maître des yeux pour regarder à la hauteur des vagues et à la violence du vent. Comme s'il était plus facile de marcher sur une eau calme que sur une mer tourmentée! Mais il crie au Seigneur, qui aussitôt vient à son secours.
Puis Jésus est reçu dans cette contrée de Génésareth où il nâavait pu faire que peu de miracles à cause de leur incrédulité (Matt. 13:58). Figure du moment où son peuple qui l'a rejeté, le reconnaîtra, lui rendra hommage et sera délivré par lui.
Le zèle religieux des pharisiens se bornait à observer strictement un certain nombre de formes extérieures et de traditions. Et, sous le couvert de cette pieuse apparence (qui peut faire illusion aux hommes mais ne saurait tromper Dieu) ils suivaient tous les penchants de leur cÅur naturel. Ils en étaient arrivés à se soustraire par avarice même aux devoirs les plus élémentaires: comme celui de pourvoir aux besoins de leurs parents (v. 5; comp. Prov. 28:24). La question du Seigneur (v. 3) répond coup pour coup à celle des pharisiens (v. 2). Ceux-ci, par leurs traditions, annulaient les commandements de Dieu. Alors Jésus, dont ces commandements faisaient précisément les délices, confond ces hypocrites par leurs propres Ãcritures. Puis, à l'intention des disciples qui sont eux-mêmes déconcertés par ses paroles, il met à nu la méchanceté du cÅur humain et démontre sa ruine complète. Oui, les mains peuvent être soigneusement lavées⦠alors que le cÅur est rempli de souillure. Eh bien! Nous reconnaissons combien est vrai cet inventaire effrayant du contenu du cÅur de l'homme, de notre propre cÅur (v. 19, 20)! Quand bien même nous le masquons sous des apparences flatteuses et respectables!
Jésus rend visite aux quartiers de Tyr et de Sidon. Ces villes païennes, avait-il déclaré, étaient moins coupables que celles de la Galilée où il avait accompli la plupart de ses miracles (Matt. 11:21, 22). Mais elles n'avaient aucune part aux bénédictions du «Fils de David» (v. 22); elles étaient étrangères aux alliances de la promesse (Ãph. 2:12). Câétait notre cas, ne lâoublions pas, à nous gens des nations. Le Seigneur, par une parole inhabituelle dans sa bouche, commence par souligner cela à la pauvre Cananéenne qui le supplie pour sa fille. Et cette femme reconnaît sa complète indignité. Quand nous prenons notre place devant Dieu la grâce peut briller de tout son éclat. En effet, s'il y avait du côté de l'homme le moindre droit ou le moindre mérite, il ne s'agirait plus de grâce mais de chose due (Rom. 4:4). Pour mesurer toujours mieux la grandeur de cette grâce envers nous, n'oublions jamais notre misère et notre indignité devant Dieu.
Puis le Seigneur se tourne à nouveau vers son peuple. Selon le Ps. 132:15, il bénit abondamment ses vivres et rassasie de pain ses pauvres. Et ce qui le fait agir, dans ce second miracle comme dans le premier, c'est la compassion dont son cÅur est étreint pour ces foules (v. 32; Matt. 14:14).
Une nouvelle fois les pharisiens demandent un signe (Matt. 12:38â¦); une nouvelle fois Jésus les renvoie au signe de Jonas: sa mort qu'Il allait accomplir. Les chrétiens parvenus aujourd'hui à la veille du retour du Seigneur Jésus, n'ont pas davantage de signes à attendre avant sa venue. Leur foi repose sur sa promesse et non sur des preuves visibles, sans quoi elle ne serait plus la foi. Et pourtant, que d'indices nous montrent que nous arrivons à la fin de l'histoire de l'Ãglise ici-bas! L'orgueil de l'homme s'enfle plus que jamais; le monde christianisé manifeste les caractères annoncés en 2 Tim. 3:1-5. Signes extérieurs aussi: le peuple juif retourne dans son pays, les nations dâEurope cherchent à s'unir dans le cadre de l'ancien empire romain⦠Ouvrons les yeux, levons-les vers le ciel: Jésus revient.
Le Seigneur laisse ces incrédules et s'en va (v. 4). Mais ce sont maintenant ses propres disciples qui l'attristent par leur manque de confiance et de mémoire comme ils l'ont affligé au Matt. 15:16, 17 par leur manque d'intelligence. Ne leur ressemblons-nous pas quelquefois? Retenons l'exhortation que Dieu nous donne par la bouche de Pierre lui-même, à rejeter sur Lui tout notre souci, car Il a soin de nous (1 Pierre 5:7).
La question que pose le Seigneur à ses disciples nous apprend qu'à son sujet les opinions sont partagées, et c'est encore le cas aujourd'hui. Mais vous, lecteur, pouvez-vous dire qui est Jésus et ce qu'Il est pour vous? Le Père dicte à Simon sa magnifique confession: «Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant». Voilà l'inébranlable fondement sur lequel le Seigneur édifiera son Assemblée, dont chaque croyant, comme Simon, deviendra une pierre vivante. Comment les forces du mal prévaudraient-elles contre ce qui est-Christ et qu'Il bâtit lui-même? Et le Seigneur honorera son disciple d'une mission particulière: celle d'ouvrir (par ses prédications) les portes du royaume aux Juifs et aux nations (Actes 2:36; Actes 10:43).
«Dès lors», Jésus, mentionnant l'Assemblée, doit parler du prix qu'il va payer pour l'acquérir: ses souffrances et sa mort. Hélas! le pauvre Pierre, qui l'instant d'avant parlait «comme oracle de Dieu» devient ici un instrument de Satan. Ce dernier cherche à détourner Christ de son chemin d'obéissance, mais il est aussitôt reconnu et repoussé.
Jésus qui s'avance le premier dans la voie de l'entier renoncement ne cache pas ce que cela comporte de venir après Lui (comp. Matt. 10:37-40). Sommes-nous prêts à le suivre coûte que coûte (Phil. 3:8)?
Le ch. 16 se terminait sur la pensée des souffrances et de la mort de Jésus. Le ch. 17 s'ouvre sur son apparition en gloire qui répond à la promesse faite aux disciples (Matt. 16:28). Après le mépris dont son Fils a été l'objet de la part de son peuple Israël et toutes les formes d'incrédulité qu'Il a rencontrées au chapitre précédent, Dieu a voulu donner à des témoins choisis d'entre les hommes un avant-goût de ce que sera sa majesté royale. Quelle scène grandiose! Mais les trois disciples sont incapables de la supporter. L'effroi s'empare d'eux (après le sommeil: Luc 9:32). Et finalement il est nécessaire que Dieu prenne la parole pour empêcher que son Bien-aimé ne soit confondu avec les deux compagnons de sa gloire. Plus tard seulement, après la résurrection, les disciples comprendront la portée de cette vision magnifique et seront autorisés à la raconter. C'est ce que fera Pierre dans sa 2º épître (2 Pierre 1:17, 18). Mais à présent, tandis que Moïse et Ãlie retournent à leur repos, le Fils de Dieu revêt de nouveau l'humble «forme d'esclave» qu'il n'avait quittée que pour un moment, et descendant de la montagne, il reprend tout seul le chemin de la croix.
L'adoration du chrétien a pour effet de le transporter en esprit «sur la montagne», dans la compagnie du Seigneur glorifié. Puissions-nous connaître plus souvent de tels moments! Mais il faut savoir redescendre avec lui au milieu des circonstances de la vie dans ce monde, ce monde où Satan règne. C'est l'expérience que font ici les disciples. La guérison de l'enfant lunatique est pour Jésus l'occasion de souligner la toute-puissance de la foi.
La scène des v. 24-27 est à la fois instructive et touchante. Pierre, toujours prêt à s'avancer sans réflexion, oubliant la vision de gloire et la voix du Père, s'est engagé au nom de son Maître à acquitter l'impôt du temple. Jésus lui demande avec douceur s'il s'est jamais vu que le fils d'un roi paie des impôts à son propre père. Or lui, Simon, L'avait peu avant reconnu comme le Fils du Dieu vivant! Après cette mise au point, le Seigneur charge Pierre de payer tout de même cette somme qu'Il ne doit pas. Mais en même temps il manifeste sa puissance: il est Celui qui domine sur toute la création, y compris les poissons de la mer (Ps. 8:6-8). Et il manifeste aussi son amour: Il s'associe son faible disciples en payant également pour lui.
Le monde se complaît dans ce qui est grand. Les disciples n'échappent pas à cet esprit. Ils désirent savoir qui est le plus grand dans le royaume des cieux. Le Seigneur leur répond que la première chose est d'y entrer et que pour cela, il faut au contraire être petit. Afin de bien graver cet enseignement dans leur esprit, il appelle un petit enfant et le place au milieu d'eux. Nous avons peut-être de jeunes enfants dans notre entourage. Eux aussi sont placés près de nous comme des modèles de confiance et de simplicité. Gardons-nous de les mépriser à cause de leur faiblesse, de leur ignorance et de leur naïveté. Et gardons-nous davantage encore de les scandaliser. Le mauvais exemple d'un aîné est le pire des pièges devant les pas de ses cadets. Jésus répète donc ici ce qu'il a déjà dit au sujet des occasions de chute (comp. v. 8, 9 et Matt. 5:29, 30).
Bien loin de dédaigner ces petits, Dieu répond à leur faiblesse par des soins particuliers. Des anges sont chargés de veiller sur eux. Et n'oublions pas que le Seigneur Jésus est venu pour les sauver (v. 11); ils sont mis au bénéfice de son Åuvre s'ils meurent sans avoir atteint l'âge de responsabilité. La parabole de la brebis perdue nous apprend quelle est la valeur d'un seul de ces agneaux pour le bon Berger.
Le Seigneur explique comment doivent se régler les torts entre frères (v. 15-17). Et nous pouvons y rattacher son enseignement concernant le pardon (v. 22; comp. Ãph. 4:32 et Col. 3:13). Mais c'est aussi pour lui l'occasion de reprendre le sujet de l'Assemblée en nous donnant un verset, ou plutôt une promesse, d'une importance capitale: «Là où deux ou trois sont assemblés en mon nom, je suis là au milieu d'eux» (v. 20). De cette présence découle tout ce dont a besoin le plus faible rassemblement de croyants réunis au nom de Jésus. La bénédiction pourrait-elle manquer quand celui qui en est la source est là au milieu de ceux qui s'attendent à Lui? Cette promesse est ici spécialement en rapport avec l'autorité conférée à l'assemblée (lier et délier) et avec la prière des deux ou trois à laquelle tout est accordé. Malheureusement certains chrétiens semblent oublier l'importance des réunions de prière.
La parabole de l'esclave aux dix mille talents (une somme fabuleuse), nous rappelle la dette incalculable que Dieu nous a remise en Christ (Esd. 9:6). Que sont à côté d'elle les petites injustices que nous pourrons avoir à subir? Le pardon divin dont nous avons été les objets nous rend responsables d'exercer à notre tour la miséricorde.
Au début de ce chapitre, Jésus répond à une question des pharisiens en condamnant de nouveau le divorce (voir Matt. 5:31, 32).
Puis il bénit les petits enfants qui lui sont amenés et reprend ses disciples qui voudraient les en empêcher. Faisons-nous partie de ceux qui apportent de jeunes âmes au Seigneur par la prière? Ou bien sommes-nous au contraire de ceux qui les empêchent de venir?
Au v. 16 nous voyons un jeune homme sâapprocher de Jésus avec un heureux désir: obtenir la vie éternelle. Seulement la question était mal posée et le Seigneur voudrait le faire comprendre à son visiteur. «Tu veux faire le bien? Eh bien! Voici les commandements»! La réponse du jeune homme montre qu'il ne réalisait pas son incapacité de faire quelque bien que ce soit. Alors le Seigneur lui apprend qu'une idole habite dans son cÅur. Ce sont ses biens temporels, obstacle qui empêche tant de personnes de venir à Christ et de le suivre! Non, la vie éternelle ne s'obtient pas en faisant du bien. Et les meilleures dispositions avec les plus grands dons naturels ne servent à rien pour la mériter⦠parce qu'elle ne se mérite pas. Elle est le don gratuit que Jésus fait à ceux qui le suivent (Jean 10:28).
Cette question qui préoccupait tant les disciples, savoir qui serait premier et dernier dans le royaume des cieux est illustrée par une nouvelle parabole. Nous serions assez disposés peut-être à prendre le parti des ouvriers mécontents et à trouver injuste la façon dont agit ce maître. Mais considérons le récit de plus près. Les ouvriers du matin étaient «tombés d'accord» avec le propriétaire (v. 2, 13). Ils estimaient leur travail à un certain prix. Au contraire les suivants ont fait confiance au maître pour fixer «ce qui sera juste» (v. 4, 7). Ils n'ont pas à le regretter. Dans le royaume des cieux, la récompense n'est jamais un droit. Tous sont des esclaves inutiles selon Luc 17:10; personne ne mérite rien. Tout dépend de la grâce souveraine de Dieu et chacun reçoit ce quâil lui faut pour vivre, indépendamment de son travail. D'autre part, les ouvriers de la onzième heure ne sont-ils pas en réalité les moins favorisés de tous? Ils ont manqué l'occasion et la joie de servir ce bon maître pendant la plus grande partie de la journée. «Jésus est le meilleur maître» â dit un cantique â servons-le dès notre enfance, c'est à lui qu'on ne peut être ni trop tôt ni trop longtemps.
Dans l'histoire des voies de Dieu, les premiers ouvriers tombés d'accord avec le maître représentent Israël sous le régime de l'alliance; ceux de la onzième heure nous parlent des «nations», objets de la grâce de Dieu.
C'est sur un sujet particulièrement intime et solennel que le Seigneur Jésus cherche la compréhension de ses disciples: les souffrances et la mort qui l'attendent à Jérusalem. Eh bien! La mère de Jacques et de Jean choisit ce moment pour lui faire une demande intéressée. Elle serait fière de voir ses fils occuper les places d'honneur dans le royaume du Messie. Et les dix de manifester leur indignation! Non pas peut-être parce que la demande était égoïste et inopportune, mais parce que, secrètement, chacun d'eux ambitionnait cette première place (Luc 22:24). Hélas! Après tout ce que le Seigneur leur avait dit, ce petit enfant qu'il avait placé au milieu d'eux, ils n'avaient donc rien compris ni retenu? Ne les jugeons pas! Combien de peine nous avons à apprendre nos leçons, les mêmes leçons! Combien nous leur ressemblons!
Alors, sans un reproche, avec une patience infinie, le Maître reprend son enseignement. Et, cette fois, il l'appuie de son propre exemple par le v. 28, thème éternel de l'adoration des rachetés.
Poursuivant son chemin qui monte à Jérusalem, Jésus guérit deux aveugles à la porte de Jéricho. Soulignons chez ceux-ci la belle insistance de la foi et chez le Seigneur son immense compassion.
Dans chacun des trois premiers évangiles, la traversée de Jéricho et l'entrée à Jérusalem marquent le début de la dernière partie du voyage de notre Sauveur ici-bas. L'accomplissement de Zach. 9:9 était pour Israël une nouvelle preuve que c'était bien son Messie qui venait le visiter. Il était impossible de le confondre avec un autre: «Juste et ayant le salut, humble et monté sur un âneâ¦Â». On se représente plutôt un roi hautain et superbe, faisant son entrée dans sa capitale sur un cheval de guerre, à la tête de ses armées. Mais un roi humble et débonnaire voilà une notion bien étrangère aux pensées des hommes.
Ces caractères de grâce et de douceur n'empêchent nullement le Seigneur d'agir avec la plus grande sévérité lorsqu'il voit que les droits de Dieu sont foulés aux pieds (v. 12â¦). Il doit en être de même de ceux qui sont ses disciples. La douceur qui doit les caractériser n'exclut pas la plus grande fermeté (1 Cor. 15:58). La présence de Jésus dans le temple produit divers effets: En premier lieu une immédiate purification. Mais en même temps la guérison en grâce des infirmes qui viennent à Lui. Puis la louange de la part des petits enfants. Enfin également l'indignation et l'opposition des ennemis de la vérité.
Sur le chemin de Jérusalem, Jésus accomplit un miracle qui, exceptionnellement, n'est pas un miracle d'amour, mais un signe avertisseur du jugement qui va tomber sur le peuple. Considérons ce figuier: Rien que des feuilles! Toutes les formes extérieures de la piété, mais pas un seul fruit! C'était l'état d'Israël⦠et c'est celui de tous les soi-disant chrétiens!
Ce miracle est pour Jésus l'occasion de rappeler à ses disciples la toute-puissance de la prière de la foi. Puis il entre de nouveau dans le temple où les responsables du peuple viennent contester son autorité. Par sa question, le Seigneur leur fait comprendre qu'ils ne peuvent reconnaître cette autorité s'ils n'ont pas reconnu d'abord la mission de Jean le baptiseur. Comme le second fils dâune autre parabole (Luc 15:29), les chefs du peuple faisaient ostensiblement profession d'accomplir la volonté de Dieu. Mais en réalité elle restait pour eux lettre morte (Tite 1:16). D'autres au contraire, autrefois rebelles, pécheurs notoires, se sont repentis à la voix de Jean et ont fait ensuite cette volonté. Enfants de parents chrétiens, nous risquons d'être largement devancés au ciel par des gens pour lesquels nous éprouvons peut-être maintenant du mépris ou de la condescendance (voir ch. 20:16). Pensons à notre responsabilité!
Une autre parabole illustre le terrible état du peuple et de ses mauvais conducteurs. Dieu attendait du fruit de sa vigne Israël. Il n'avait rien négligé pour en obtenir (comp. Ãsaïe 5:1, 2). Or les Juifs (et les hommes en général) ont montré non seulement leur incapacité d'en produire, mais un esprit de révolte et de haine contre le légitime Possesseur de toutes choses. Ils ont méconnu et rejeté ses esclaves les prophètes, ils s'apprêtent maintenant à chasser â et de quelle manière â l'Héritier lui-même, afin de rester seuls maîtres de l'héritage â c'est-à -dire du monde (1 Thess. 2:15).
Le Seigneur amène ces hommes à prononcer leur propre condamnation (v. 40, 41). Puis il montre qu'il est lui-même la «maîtresse pierre de coin, élue, précieuse» que Dieu avait posée en Israël. Ceux qui bâtissaient (les chefs des Juifs) n'en avaient pas voulu selon le Ps. 118:22, 23. Alors il est devenu à la fois la pierre d'angle d'une «maison spirituelle»: l'Assemblée, et «un rocher de chute» pour les désobéissants (1 Pierre 2:4-8). Selon ce passage, Christ est, à proprement parler, la pierre de touche de la foi. Précieux auprès de Dieu, et ayant ce prix pour nous qui croyons, il est rejeté par les hommes et devient une pierre d'achoppement pour les incrédules.
La parabole des noces du fils du roi complète celle des méchants cultivateurs. Elle montre ce qui se passera après le rejet de l'Héritier. Les Juifs, premiers conviés, refusent la grâce annoncée par les apôtres (les esclaves du v. 3). Alors ces derniers se tourneront vers les «nations» (Actes 13:46).
Dieu fait aux hommes l'honneur et la grâce de les inviter. Vous avez, vous aussi, sa lettre d'invitation entre les mains. Hélas! Le mépris et l'opposition sont les deux réponses qu'il reçoit généralement (Héb. 2:3). Car il ne suffit pas d'être convié (v. 3), il faut accepter, venir⦠et venir à la manière ordonnée par Dieu, c'est-à -dire avec cette robe de justice fournie par le Roi lui-même (comp. Phil. 3:9). L'homme du v. 11 avait pensé que ses propres habits feraient aussi bien l'affaire. Il représente ceux qui s'imaginent être reçus au ciel avec leur propre justice; ils se joignent à l'Ãglise mais ne reçoivent pas Christ comme leur Sauveur personnel (Matt. 5:20; Rom. 10:3, 4). Quelle confusion les attend et quel terrible sort final!
Sourds à tous ces enseignements, les pharisiens et les hérodiens s'approchent avec une question calculée pour «enlacer» Jésus. Mais il discerne aussitôt le piège enrobé de flatteries. Et sa réponse inattendue retourne la flèche à ceux qui l'avaient envoyée.
D'autres contradicteurs, les sadducéens, viennent au Seigneur avec une question oiseuse. Ils pensent par leur récit démontrer l'extravagance de la résurrection. Avant d'en donner la preuve par les Ãcritures, Jésus s'adresse à la conscience de ces hommes et leur montre qu'ils discutent sans connaître la Parole, sur la base incertaine (et toujours fausse) de leurs propres pensées. C'est ce que font aujourd'hui nombre de personnes, en particulier celles qui appartiennent à des sectes d'erreur et de perdition.
Battus sur le terrain de l'Ãcriture, les ennemis de la vérité reviennent à la charge (v. 34-40). Ils reçoivent en réponse un résumé magistral de la loi tout entière⦠qui les condamne sans appel. Alors, à son tour, Jésus pose à ses interlocuteurs une question qui leur ferme la bouche. Rejeté, celui qui est à la fois le Fils et le Seigneur de David allait occuper une position glorieuse. Et ceux qui, envers et contre tout, voulaient rester ses ennemis, trouvaient eux aussi la place qui leur est réservée⦠comme le marchepied de ses pieds (v. 44). Il est toujours impressionnant de voir des personnes si déterminées à suivre leur propre chemin qu'elles refusent de s'incliner devant les enseignements bibliques les plus clairs (2 Tim. 3:8).
Jésus, qui a déjoué toutes les attaques des chefs religieux, met maintenant en garde contre eux les disciples et les foules. Ce qu'ils disaient de faire était en général excellent; malheureusement ce qu'ils faisaient était bien différent (voir Matt. 21:30). Nous qui avons peut-être appris tant de vérités bibliques et qui savons fort bien à l'occasion les rappeler aux autres, sommes-nous sûrs de les mettre nous-mêmes en pratique (Jean 13:17; Rom. 2:21â¦)?
Quel contraste entre ces conducteurs-là et Christ le seul vrai conducteur (v. 8, 10)! Eux recommandaient la loi; lui l'accomplissait (Matt. 5:17). Eux chargeaient sur les autres des «fardeaux pesants et difficiles à porter» (v. 4); lui appelait ceux qui se fatiguaient et qui étaient chargés, pour leur donner du repos (Matt. 11:28). Eux choisissaient les premières places (v. 6); lui, de la crèche à la croix, a pris constamment la dernière. Il a été serviteur avant d'être conducteur (v. 11). Nul ne sera plus haut élevé, car nul ne s'est abaissé plus profondément. Mais de leur côté ces scribes et ces pharisiens, qui poursuivaient leur propre gloire, iront à la ruine et à la perdition. Au lieu des béatitudes du commencement de son ministère, «malheur» est le mot terrible que le Sauveur doit prononcer maintenant par sept fois contre ces hommes si responsables.
Dans ces paroles véhémentes, le Seigneur condamne solennellement ce qu'on peut appeler «le clergé» en Israël. Ils étaient doublement coupables, ces guides aveugles qui, non seulement n'entraient pas eux-mêmes dans le royaume des cieux, mais qui de plus abusaient de leur position d'autorité pour empêcher les autres d'entrer (v. 13). Pointilleux pour de très petites choses, ils négligeaient les principales: le jugement, la miséricorde, la fidélité (v. 23). Avec tout cela, leur masque hypocrite trompait la confiance des simples. Jésus, rempli d'indignation, découvre leur vrai visage: Ce sont des «sépulcres blanchis» (morts intérieurement), des «serpents», des meurtriers, fils de meurtriers.
Avant de quitter le temple et de laisser déserte cette maison où Dieu n'avait plus sa place, Jésus s'exprime en termes pathétiques au sujet du jugement qui allait tomber sur Jérusalem. Oui, nous comprenons un peu ce qu'a été pour son cÅur divinement sensible ce mépris de la grâce offerte: «Vous ne l'avez pas voulu» (Matt. 22:3; Os. 11:7)! Parole accablante! Parmi ceux qui devront l'entendre un jour, quel homme pourra rendre Dieu responsable de son malheur éternel? Le salut en Christ lui aura été offert. Et il ne l'aura pas voulu.
Les disciples cherchent à faire partager au Seigneur leur fierté au sujet de ce temple qui semble défier le temps⦠mais qui sera bientôt détruit. Aussi, les prenant à part, il va leur exposer dans les ch. 24 et 25 la succession des événements prophétiques. Avant de répondre une à une à leurs trois questions (Quand auront lieu ces choses? v. 15-28; quel sera le signe de sa venue? v. 29-31; quel sera le signe de la consommation du siècle? v. 32-51), le Seigneur commence par parler à leur conscience (v. 4). Une vérité doit toujours avoir un effet moral: par exemple celui d'augmenter la crainte de Dieu ou l'amour pour le Seigneur. Sans quoi la curiosité seule est nourrie et la conscience s'endurcit. Ici, il s'agit pour les disciples de prendre garde. Ils sont encore de «petits enfants» dans la foi. Ils connaissent le Père que Jésus leur a révélé (Matt. 11:27). Mais ils ne sont pas armés contre ceux que 1 Jean 2:18 appelle «plusieurs antichrists», autrement dit les propagateurs d'erreurs diverses, et ils ont besoin d'être avertis. Satan cherche à séduire par des contrefaçons (2 Thess. 2:9, 10). Avertis comme nous le sommes, ne nous laissons pas troubler (v. 6). Et veillons à ce que notre amour pour Dieu et pour nos frères ne se refroidisse pas.
Les événements annoncés dans ces versets concernent Israël et ne se produiront qu'après l'enlèvement de l'Ãglise. Mais pour bien montrer qu'ils sont la conséquence de Son rejet aux chapitres précédents, le Seigneur s'adresse à ses disciples comme si leur génération devait traverser cette terrible période. En réalité quand l'Antichrist séduira les nations, souillera le temple (v. 15) et persécutera les fidèles (v. 16â¦), les chrétiens de l'économie actuelle ne seront plus sur la terre. Ainsi tous les avertissements et les encouragements donnés ici ne nous concernent pas directement. Mais Jésus lui-même porte un grand intérêt à ces circonstances qui précèdent sa venue en gloire (v. 30). Et il pense avec une profonde sympathie aux fidèles qui souffriront alors. Il suppose aussi que ceux qu'il appelle ses amis partagent cet intérêt, cette sympathie (Jean 15:15). Nous en parler à l'avance (v. 25) constitue de sa part une grande marque de confiance et d'amour (comp. Gen. 18:17). N'est-ce pas là une raison suffisante pour chercher à comprendre ces sujets de la prophétie? Et de plus, c'est une source d'exhortations profitables en tous temps-tous les témoins du Seigneur. Exhortations telles que: Persévérez (v. 13); priez (v. 20); veillez (v. 42).
Le Seigneur interrompt son exposé prophétique pour exhorter les siens à la vigilance et au service. Le jugement va tomber subitement sur le monde. Il frappera les incrédules et les moqueurs. Il atteindra également les indifférents, les indécis, les enfants de chrétiens qui ne sont pas en même temps des enfants de Dieu. Peut-être est-ce votre cas? «C'est pourquoi, vous aussi, soyez prêts» dit le Seigneur à chacun (v. 44). Au v. 45 un beau service est placé devant ceux qui ont été établis par Lui: distribuer autour d'eux la nourriture de la Parole (Actes 20:28; 1 Tim. 1:12). Deux conditions sont à remplir: La fidélité, pour connaître cette Parole et ne pas s'en écarter, la prudence, pour l'adapter aux besoins et aux circonstances des autres. Mais dans la grande chrétienté demeurent aussi de méchants esclaves. Ils ont dominé durement sur les âmes; ils se sont enivrés de plaisirs avec le monde (comp. 1 Thess. 5:7â¦). La cause: c'est qu'au fond d'eux-mêmes ils ne croient pas au retour du Maître. Car le serviteur de Christ ne peut être fidèle et prudent qu'en gardant un heureux secret: chaque jour il attend le Seigneur. «Mon âme attend le Seigneur, plus que les sentinelles n'attendent le matinâ¦Â» s'écrie l'auteur du Ps. 130.
Selon la coutume orientale, un époux arrivant de nuit pour le festin de ses noces était éclairé et escorté par des jeunes filles, amies de l'épouse (nous dirions aujourd'hui des demoiselles d'honneur; comp. Ps. 45:9 et 14). Le Seigneur emploie cette illustration touchante pour nous montrer de quelle manière il devait être attendu, lui, le céleste Ãpoux. Chose juste, les chrétiens dans leur ensemble se sont lassés de cette attente! Le sommeil spirituel s'est emparé d'eux tous et a duré bien des siècles. Il a fallu qu'à un moment récent de l'histoire de l'Ãglise, appelé très justement le Réveil, retentisse ce «cri de minuit»: «Voici l'époux!â¦Â». Le Seigneur revient! Comme conséquence une différence est apparue: Les jeunes filles prudentes ont de l'huile dans leur lampe; ainsi les croyants véritables sont prêts pour la venue du Maître et leur lumière, celle du Saint-Esprit, peut briller dans la nuit du monde. D'autres personnes comme ces vierges folles, auront professé attendre le Seigneur sans posséder sa vie. C'est indûment qu'elles portaient le beau titre de chrétien. Terrible illusion et non moins terrible réveil!
Ah! Que chacun s'interroge pendant qu'il est temps encore: Y a-t-il de l'huile dans ma lampe? Suis-je prêt pour Son retour (Rom. 8 fin du v. 9)?
La parabole des dix vierges se rapportait à l'attente du Seigneur. Celle des talents considère le côté du service. La vie du chrétien après sa conversion revêt ce double caractère: «servir le Dieu vivant et vrai et attendre des cieux son Fils» (1 Thess. 1:9, 10). Car attendre le Seigneur ne signifie pas se croiser les bras jusqu'à ce qu'il vienne. Au contraire chaque racheté a le privilège de pouvoir travailler pour Lui. Et il a reçu dans ce but, un certain nombre de talents qu'il est responsable de faire fructifier: santé, mémoire, intelligence, loisirs, biens matériels⦠Par-dessus tout il possède la Parole divine avec la connaissance qui y correspond (1 Cor. 2:12). Chers amis, même si nous sommes sauvés, nous pouvons ressembler plus ou moins au méchant esclave. Sommes-nous sûrs de ne pas avoir égoïstement, paresseusement, et de toute manière malhonnêtement, enfoui l'un ou l'autre de ces dons qui appartiennent au Maître? Oui, qu'aurons-nous à lui rendre quand il viendra? Pourra-t-il nous faire entrer dans sa joie, celle de l'Åuvre achevée et de l'amour satisfait, joie qui était aussi «devant lui» (Héb. 12:2)? La récompense, notons-le, est la même pour les deux premiers esclaves. Ce qui a du prix pour le Seigneur, ce n'est pas tant les résultats (toujours peu de chose) que la fidélité.
Le v. 31 reprend le cours de la prophétie au moment où l'avaient laissé Matt. 24:30, 31, c'est-à -dire à la venue du Seigneur en gloire pour son peuple terrestre. Pour ceux des «nations» présents sur la terre (v. 32) sonnera alors le jour des récompenses ou du châtiment. Et ce qui fera la différence entre eux, ce sera la manière dont ils auront accueilli les ambassadeurs du Roi (ses frères â ici les juifs â v. 40) quand ceux-ci leur annonçaient l'évangile du royaume (Matt. 24:14).
Certains ont voulu se servir de cette parabole pour appuyer la doctrine du salut par les Åuvres. Mais il est clair que nous sommes ici en dehors du temps de l'Ãglise et de la foi chrétienne proprement dite.
Toutefois, en laissant de côté cette question du salut, la déclaration du Roi est pleine d'instruction pour nous chrétiens. Si le Seigneur Jésus était sur la terre aujourd'hui, quel empressement nous mettrions à le recevoir, à le servir, bref à satisfaire ses moindres désirs. Eh bien! Ces occasions nous les avons tous les jours. Dons, hospitalité, visites, tout ce que nous faisons par amour pour quelqu'un, c'est d'abord pour Lui que nous l'accomplissons (comp. Jean 13:20; 1 Cor. 12:12). Inversement ce que nous ne faisons pas, nous le refusons au Seigneur.
Le Seigneur a terminé ses enseignements. Maintenant les derniers événements vont s'accomplir. Pendant qu'à Jérusalem se trame le conseil des méchants (v. 3-5), une scène bien différente se déroule à Béthanie. Rejeté et haï par les grands de son peuple, Jésus trouve parmi d'humbles fidèles l'accueil, l'amour et, nous pouvons bien dire, l'adoration qui lui reviennent. N'ayant plus place dans le temple, il est reçu dans la maison de Simon le lépreux. La royauté lui a été refusée, mais un parfum de grand prix est répandu sur sa tête, figure de l'onction royale. Cette femme discerne et honore le Messie d'Israël. «Pendant que le roi est à table, mon nard exhale son odeur» (Cant. 1:12). Le Seigneur est seul à comprendre et à apprécier son acte. Mais qu'importe! Du moment que Lui y trouve du plaisir, personne n'a le droit de donner du déplaisir à cette femme. De nouveau nous passons avec le v. 14 à une scène de ténèbres. Le traître Judas qui venait de respirer lui aussi l'odeur du parfum, accomplit son forfait et reçoit son salaire: trente pièces d'argent, le prix d'un esclave. Mais le prophète Zacharie l'appelle, et non sans ironie, un prix magnifique, parce que c'est celui auquel le Fils de Dieu devait être estimé (Zach. 11:13).
On peut penser à ce qu'ont été les sentiments du Seigneur en mangeant cette pâque avec ses disciples. Elle était la figure de ce dont lui-même allait être la réalité. Encore quelques moments et le saint Agneau de la Pâque serait sacrifié (1 Cor. 5:7). Mais il lui restait d'abord à donner à ses disciples une marque toute particulière de son amour. Chaque année, depuis la grande nuit de l'exode, la pâque annonçait en figure une Åuvre à venir. Désormais la cène rappellera chaque premier jour de la semaine au croyant que cette Åuvre est accomplie. Toutes les fois que nous la célébrons, nous annonçons la mort du Seigneur jusqu'à ce qu'il vienne (1 Cor. 11:26).
Après leur avoir distribué le pain, Jésus donne aussi la coupe aux siens en leur disant: «Buvez-en tous». Oui, il veut que chacun d'eux participe avec lui à ce repas d'amour (sauf Judas qui est sorti: Jean 13:30). En sont-ils dignes? Pierre va le renier; tous les autres s'enfuiront. Malgré cela Jésus leur dit â et dit encore-ses rachetés: «Buvez-en tous». Puis il leur explique la valeur inestimable de son sang qui va être versé «pour plusieurs en rémission de péchés». Lecteur, êtes-vous parmi ces «plusieurs»? S'il en est ainsi, quelle sera votre réponse au désir exprimé par le Seigneur Jésus (comp. Ps. 116:12-14)?
Plein de confiance en lui-même, Pierre s'est déclaré prêt à mourir avec le Seigneur. Il n'ira pas loin, nous le verrons.
Puis Jésus, ayant enjoint à ses disciples de veiller et de prier avec lui, s'avance seul dans ce jardin où il devait donner la preuve suprême de son dévouement à la volonté du Père. Cette volonté, qui n'avait cessé de faire les délices du Fils, comporte maintenant une double et terrible nécessité: l'abandon de Dieu, infiniment triste pour le cÅur de son Bien-aimé; et le fardeau du péché qu'Il devait porter, avec la mort son salaire, â profondément angoissante pour l'Homme parfait. Ainsi la tristesse et l'angoisse ont envahi son âme (v. 37). Ah! Il réalise tout ce que représente ce terrible chemin de la croix, dont Satan à cette heure encore fait tous ses efforts pour le détourner. Mais il reçoit la coupe de la main de son Père: «Que ta volonté soit faite»!
Dans sa grâce, Dieu nous a permis d'assister à ce combat du Sauveur à Gethsémané, d'entendre sa prière instante et douloureuse. Qu'il nous garde d'avoir, comme les trois disciples â ceux qui forment pourtant autour de lui le cercle le plus intime â des cÅurs assoupis et indifférents à sa souffrance! Qu'il veuille au contraire pénétrer nos âmes, en y pensant, de reconnaissance et d'adoration!
Un disciple n'avait pas dormi comme les autres. C'était Judas. Le voici à la tête d'une troupe menaçante venue s'emparer de Jésus. Et quel moyen choisit le misérable pour désigner son Maître? Le baiser empressé de l'hypocrisie. «Ami â lui répond le Sauveur â pourquoi es-tu venu?». Dernière question propre à sonder l'âme du malheureux Judas! Mais il est trop tard désormais pour le «fils de perdition» (Jean 17:12). Ces flèches pour la conscience (voir aussi v. 55) sont les seuls actes de défense de Celui qui se livre lui-même. Les douze sont défaillants, mais au même moment plus de douze légions d'anges sont pour ainsi dire l'arme au pied, prêtes à intervenir sur sa demande au Père. Toute la puissance de Dieu est à sa disposition s'il veut y faire appel. Mais son heure est venue. Loin de se dérober ou de se défendre, il retient au contraire le bras de son disciple trop impulsif, lequel donne l'instant d'après la vraie mesure de son courage en fuyant avec ses compagnons!
Mais déjà , dans le palais du souverain sacrificateur, les scribes avec les anciens sont assemblés en pleine nuit pour accomplir la suprême injustice (Ps. 94:21).
Les chefs du peuple tiennent Jésus en leur pouvoir. Mais il leur manque un motif permettant de le condamner. Car l'Homme parfait n'offre aucune prise à leurs accusations. Ils en sont réduits à chercher contre lui «quelque faux témoignage» (Ps. 27:12; Ps. 35:11, 12). Et même celui-ci est difficile à trouver, car il doit pourtant avoir une apparence de réalité. Enfin deux faux témoins se présentent avec une parole qu'ils ont tordue (comp. v. 61 avec Jean 2:19). Mais ce qui sert de prétexte pour condamner Jésus, c'est sa déclaration solennelle qu'il est le Fils de Dieu, prêt à venir en puissance et en gloire! La peine de mort est prononcée. Et aussitôt la brutalité et la lâcheté des hommes se donnent libre cours (v. 67, 68). La première partie de ce que le Sauveur avait plus d'une fois annoncé aux siens s'est accomplie (Matt. 16:21; Matt. 17:22; Matt. 20:18, 19).
Pour Pierre aussi l'heure est sombre, mais pour une raison bien différente. Satan qui n'a pu ébranler le Maître, va faire trébucher le disciple. à trois reprises, le pauvre Pierre renie Celui pour lequel il s'était déclaré prêt à mourir. Il va jusqu'à prendre un langage grossier pour donner le change. Car auparavant sans qu'il s'en rendît compte, sa manière de parler l'avait fait reconnaître comme disciple de Jésus.
Le jour se lève. Un jour comme il n'y en a pas eu de pareil dans l'histoire du monde et de l'éternité! Les premières lueurs du matin trouvent les principaux sacrificateurs et les anciens machinant la mise à mort qu'ils ont décidée. Mais quelqu'un leur rend visite; ils le connaissent bien: c'est le traître grâce auquel ils sont parvenus à leurs fins. Que veut-il? Judas affirme l'innocence de son Maître, rapporte l'argent, exprime son remords.
C'est ton affaire, répondent les autres, sans la moindre compassion. Alors le misérable va se pendre, perdant avec sa vie, son âme, sans parler de l'argent pour lequel il l'avait vendue! Quant aux sacrificateurs qui n'avaient pas eu de scrupules à acheter le sang innocent, ils en éprouvent quand il s'agit d'en mettre le prix dans le trésor du Temple!
Jésus a été conduit devant Pilate, le gouverneur. Il lui serait facile de trouver auprès de ce magistrat romain un appui contre la haine de son peuple. Mais il garde le silence; sauf toutefois pour reconnaître son titre de roi des Juifs. «Brebis muette devant ceux qui la tondent⦠il n'a pas ouvert sa bouche» (Ãsaïe 53:7; comp. v. 12 et 14 et Matt. 26:63).
Grande est la perplexité de Pilate en face de l'accusé que lui ont amené les chefs des Juifs. Jamais il n'a eu devant lui un homme comme celui-là . Un double témoignage: celui de sa femme (v. 19) et celui de sa conscience (v. 24 fin) lui donne la conviction qu'il a affaire à un juste. De plus il connaît la perversité de ceux qui l'ont livré par envie (v. 18). Que faire? Certes, s'il le condamne, il accomplit une injustice. Mais s'il le libère, sa popularité en souffrira certainement. Lavant symboliquement ses mains (mais pas sa conscience) il en rejette la responsabilité sur le peuple qui l'accepte les yeux fermés. Derrière cette foule poussée par les instincts les plus bas, et derrière ses chefs qui l'excitent, Satan poursuit son Åuvre de haine. Mais Dieu poursuit aussi son Åuvre, toute de grâce et de salut.
Maintenant Jésus est entre les mains des soldats grossiers. Ils lui mettent un simulacre de vêtement royal afin de se moquer de lui avant de le conduire au supplice. Mais un jour, à tous les regards, le Seigneur paraîtra dans toute sa majesté de Roi des rois. Et sa main puissante, cette main qui tenait alors un roseau, se lèvera en jugement contre ses ennemis (comp. v. 29 avec Ps. 21:3, 5, 8).
Jésus est conduit du prétoire au Calvaire. Simon de Cyrène est contraint de porter Sa croix. Mais Lui va se charger volontairement d'un fardeau incomparablement lourd: celui du péché, que nul n'a pu prendre à sa place. Il est crucifié entre deux malfaiteurs. «Son accusation écrite», au-dessus de la croix accuse en réalité un peuple qui crucifie son Roi. Ce récit nous est donné brièvement, sans les détails que des hommes n'auraient manqué d'y ajouter pour émouvoir les sentiments. Cependant, à travers le sobre langage de l'Esprit, nous comprenons qu'aucune forme de souffrance n'a été épargnée au bien-aimé Sauveur. Souffrances physiques, mais avant tout indicibles blessures morales. Les moqueurs sont là : ils provoquent Jésus en le mettant au défi de se sauver lui-même (v. 40). (Mais s'il demeure sur la croix, n'est-ce pas précisément pour sauver les autres?) Ils provoquent Dieu en mettant en doute son amour pour Christ qui ressent infiniment cet outrage (v. 43; Ps. 69:9). Toutefois la souffrance des souffrances pour lui, c'est l'abandon des trois heures. Alors Dieu détourna sa face, quand Jésus fut fait malédiction, expiant mes péchés et les vôtres, et que «son cÅur infini, sous ce poids d'un moment, porta l'éternité de notre châtiment».
L'Åuvre de l'expiation est achevée, la victoire remportée. C'est avec un puissant cri de triomphe que Christ entre dans la mort. Et Dieu donne aussitôt d'autres preuves de cette victoire: Il déchire le voile du temple, ouvrant «un chemin nouveau et vivant» par où l'homme pourra pénétrer dorénavant dans sa présence avec «une pleine liberté» (Héb. 10:19-21). Il ouvre des sépulcres, et la mort est forcée de rendre quelques-uns de ses prisonniers comme signe quâelle est vaincue.
Puis Dieu veille à l'honneur dû à son Fils. Conformément à la prophétie, Jésus occupe le tombeau d'un homme riche qui, pieusement, sâest occupé de sa sépulture (Ãsaïe 53:9). Quelques femmes dont le dévouement est rappelé assistent à toute la scène. L'amour ensevelit Celui que la haine a crucifié. Du commencement à la fin de cet évangile cette haine de l'homme s'est acharnée contre Jésus. Dès son berceau elle s'est manifestée en Hérode. Elle le poursuit jusque dans le tombeau, gardé et scellé par les soins des chefs des Juifs. Mais les soldats, le sceau, la pierre, sont autant de vaines précautions; elles ne serviront qu'à démontrer de façon plus éclatante la réalité de la résurrection.
Détail attristant, les ennemis du Seigneur se souviennent de ce que ses propres disciples ont oublié (v. 63)!
C'est matin triomphant de la résurrection. Par elle, Dieu rend un témoignage éclatant à la perfection de la victime, à l'entière satisfaction qu'il trouve dans l'Åuvre accomplie. Les gardiens postés au sépulcre, loin de pouvoir s'opposer à ce prodigieux événement, en sont les témoins involontaires⦠et terrifiés (Ps. 48:5). Mais les sacrificateurs, totalement endurcis, achèteront la conscience de ces hommes comme précédemment celle de Judas.
Les femmes au tombeau reçoivent le message de l'ange. Le cÅur rempli à la fois de crainte et de joie, elles s'empressent d'aller le communiquer. Alors elles rencontrent le Seigneur lui-même.
Puis Jésus apparaît à ses onze disciples, au rendez-vous qu'il leur a fixé en Galilée. Il leur donne un «ordre de route» aux v. 19 et 20, une mission d'autant plus importante qu'elle est la dernière volonté de Celui qui la leur confie. Toute lâautorité royale que lâhomme lui a refusée, Dieu la lui a donnée dans le ciel et sur la terre et ses disciples ont charge de la faire reconnaître. Mais Jésus donne aussi une promesse aux siens. Elle n'a manqué et ne manquera aucun jour à aucun racheté. «Je suis avec vous tous les jours». Ainsi finit comme il avait commencé l'Ãvangile d'Emmanuel: Dieu avec nous (Matt. 1:23).
Le livre de Jérémie nous ramène au temps des derniers rois de Juda avant la captivité. L'apparition d'un prophète est toujours l'indice du mauvais état du peuple d'Israël, mais aussi une preuve de la grâce de Dieu. Dès avant sa naissance, l'Ãternel avait mis à part ce jeune sacrificateur pour le service auquel il le destinait (comp. Gal. 1:15). Timide, Jérémie commence par résister à l'appel de Dieu: «Je suis un enfant». Ne parle pas ainsi, lui répond l'Ãternel. Qu'importent tes capacités, du moment que tu ne dis et ne fais rien d'autre que ce que je te commande. C'est ce que nous exprimons quand nous chantons: â Notre impuissance même est notre sûreté, â Qui ne veut rien sans Lui peut tout en Sa bonté. â Pour encourager son jeune messager, Dieu lui donne deux visions remarquables: Le bâton d'amandier («l'arbre qui veille») rappelle la verge d'Aaron qui jadis avait bourgeonné, fleuri et mûri des amandes (Nomb. 17:8) et confirme la décision de ce Dieu vigilant et fidèle. Il faut donc se hâter d'avertir le peuple et le presser de se repentir, car le pot bouillant annonce la menace imminente d'ennemis venant du nord. Tâche difficile! Mais Jérémie reçoit la force d'en haut (v. 18) avec une promesse: «Moi je suis avec toi» (v. 19; voir aussi Jér. 15:20).
Les premiers mots que l'Ãternel met dans la bouche de Jérémie sont destinés à regagner le cÅur de son peuple oublieux⦠trop fidèle image de notre propre cÅur! Et c'est comme si le Seigneur nous demandait avec tendresse: Te souviens-tu de cet heureux temps qui a suivi ta conversion? Comme tu brûlais alors de zèle et de reconnaissance! Certes, tu marchais dans ce monde comme dans un désert, «un pays non semé». Mais je te suffisais alors pleinement. Si tu as oublié ce temps-là , moi j'en ai gardé le souvenir. Car elle m'était agréable, cette ardeur de tes affections, cette joie de ton premier amour (Apoc. 2:4).
Hélas! dit l'Ãternel, «mon peuple a changé sa gloire contre ce qui n'est d'aucun profit» (v. 11, et 8 fin). Soyez franc, lecteur qui, peut-être, vous êtes éloigné du Seigneur, cela vous a-t-il profité? Il est «la source des eaux vives»; quelle folie de l'abandonner pour se creuser «des citernes crevassées qui ne retiennent pas l'eau»! Ou pour aller boire aux fleuves de l'Ãgypte et de l'Assyrie, figures du monde (v. 18). Car «quiconque boit de cette eau-ci aura de nouveau soif»; mais celui qui boit de l'eau que Jésus donne, n'aura plus soif-jamais (Jean 4:10, 13, 14).
L'abandon du premier amour est toujours le point de départ, caché d'abord, de beaucoup d'autres maux. Dieu avait appelé Israël hors d'Ãgypte pour Le servir (Ex. 4:23). Et voilà ce peuple qui lui déclare effrontément: «Je ne servirai pas» (v. 20; comp. en Néh. 3:5 l'exemple des chefs Thekohites). Eh bien! C'est aussi la triste réponse de nombreux chrétiens à Celui qui les a sauvés, même s'ils n'osent pas le formuler à haute voix! Nous pouvons leur affirmer qu'ils se trompent eux-mêmes. Car il est impossible de ne pas servir un maître. Refuser l'obéissance au Seigneur, c'est tomber dans l'esclavage des idoles (v. 28).
Allant plus avant dans sa rébellion contre l'Ãternel, ce méchant peuple lui a délibérément tourné le dos (v. 27). Avec une ingratitude inqualifiable, il a oublié Celui qui ne lui avait fait que du bien (v. 32). Pauvre peuple! Dieu cherche à lui ouvrir les yeux. Il l'invite à se retourner et à considérer les traces sinueuses qu'il a laissées derrière lui (v. 23; voir Jér. 14:10). Chers amis chrétiens, il est nécessaire aussi quelquefois de faire le point et de considérer nos voies. Que de faux pas, de détours, d'impasses où nous nous sommes égarés parce que nous n'avons pas voulu suivre le chemin tout droit et tout simple de la volonté du Seigneur!
Ce chapitre 3 représente Israël comme une épouse infidèle, ayant oublié les liens qui l'unissent à l'Ãternel son Ãpoux. Et dans ce chemin d'iniquité, Juda est allée plus loin encore que les dix tribus d'Israël, ajoutant à son infidélité la perfidie: sa trahison est aggravée d'hypocrisie. Pourtant nous sommes ici historiquement sous le règne du pieux Josias. Mais le cÅur du peuple n'a pas réellement suivi son roi dans le réveil dont celui-ci avait donné le signal (voir v. 10 et 2 Chr. 34:33). Juda a fait semblant de revenir à l'Ãternel. Telle est sa perfidie, pire aux yeux de Dieu que l'abandon pur et simple.
Combien sont touchants ces appels: «Reviens, reviens à moi»; «revenez, fils infidèles», «je suis bon»; je vous guérirai (v. 12, 14; Jér. 4:1)! Mais que de temps, que de siècles sont inclus dans les petits points de suspension du v. 22 entre l'appel de Dieu et la réponse du peuple! Car cette réponse d'Israël, Dieu l'attend encore maintenant!
«Je vous ai fiancés à un seul mari, pour vous présenter au Christ comme une vierge chaste», écrira Paul aux Corinthiens (2 Cor. 11:2). Une telle relation avec le Seigneur implique des cÅurs non partagés. Plus privilégiée qu'Israël, l'Ãglise, l'Ãpouse de Christ, objet d'un amour si grand, est plus responsable encore de Lui garder ses affections.
En dépit de belles professions de foi, il faudrait se donner beaucoup de peine pour trouver dans Jérusalem «quelqu'un qui fasse ce qui est droit, qui cherche la fidélité» (v. 1; voir aussi Ez. 22:30). Le Dieu de miséricorde serait prêt à pardonner à la ville coupable à cause d'un seul homme (v. 1; comp. Gen. 18:23â¦). Malheureusement cette fidélité, agréable à Dieu, ne s'est trouvée ni parmi les gens du peuple, ni parmi les grands, mieux enseignés, donc plus responsables (comp. Ps. 62:9). La fin du chapitre le confirme tristement, ainsi d'ailleurs que toute l'histoire de Jérémie.
«Ce sont de pauvres gens⦠des fous» (v. 4). N'est-ce pas également ce qui peut être dit des foules qui aujourd'hui vont inconscientes à la perdition?
En vain l'Ãternel a châtié son peuple. «Ils n'en ont pas ressenti de douleur⦠ils ont refusé de recevoir la correction⦠ils ont refusé de revenir» (v. 3; Soph. 3:2). Que peut faire un médecin quand son malade, prétextant qu'il ne souffre pas, refuse de prendre ses médicaments? Ne nous dérobons jamais à cette correction nécessaire. Et conservons une conscience très sensible à ce que le Seigneur veut nous dire par ce moyen. Sinon «que ferez-vous à la fin?» demande le prophète (v. 31).
Peu à peu le prophète a changé de ton. Aux accents de l'amour divin succèdent ceux de la colère. L'Ãternel s'apprête à «visiter» son peuple en jugement (v. 6, 15; Ãsaïe 10:3). Il se servira d'un ennemi venant du nord (v. 22) comme le prédisait le chaudron fumant du ch. 1, prêt à déverser son contenu redoutable et à inonder le pays d'Israël. Mais un nouvel appel de grâce s'intercale entre ces châtiments. Ãcoutons-le; il s'adresse à chacun: «Tenez-vous sur les chemins, et regardez, et enquérez-vous touchant les sentiers anciens, quelle est la bonne voie; et marchez-y et vous trouverez du repos pour vos âmes» (v. 16; Jér. 7:23). Ces anciens sentiers de fidélité et de séparation du monde ne sont pas les plus faciles; on y marche parfois tout seul. Mais ce sont les sûrs chemins d'autrefois, tracés et éprouvés par ceux qui nous ont devancés, des «sentiers de force où le bonheur abonde, où tout est paix malgré l'aride lieu». Refusons les chemins plus larges et plus agréables qui s'offrent à nous. Recherchons avec soin cette «bonne voie», ces «sentiers de justice» (Ps. 23:3) et de vérité, dans notre «guide» qui est la Parole de Dieu. Et marchons-y!
L'Ãternel envoie Jérémie à la porte du temple pour y prononcer un discours sévère. Car malgré son état de rébellion, le peuple de Jérusalem se vantait bruyamment de posséder «le temple de l'Ãternel» et continuait d'y pratiquer un culte de pure forme. Quelle inconséquence! Ce qui faisait la valeur de ce temple n'était-ce pas Celui qui l'habitait (Matt. 23:21)? Or ils Le reniaient par leurs actions méchantes dont le v. 9 nous donne une liste affreuse. Ils foulaient aux pieds presque toute la loi de Dieu tout en ne craignant pas de se tenir devant Lui dans sa maison (v. 10). Ils faisaient de celle-ci une caverne de voleurs (v. 11 cité par le Seigneur) et la souillaient de leurs abominations (v. 10). La chrétienté professante offre aujourd'hui le même double tableau: respect de formes extérieures, mais tragique absence de vie intérieure (Apoc. 3:1). Et chacun de nous, s'il ne veille pas, est exposé à ce danger: se contenter des formes de la piété et en renier la puissance⦠qui est l'amour pour le Seigneur (2 Tim. 3:5). Dieu veut de la réalité dans nos vies. C'est l'outrager que de faire état de relations avec lui quand on ne s'est pas d'abord séparé du mal.
Longtemps l'Ãternel a parlé et le peuple a refusé d'écouter. à présent c'est Lui qui refuse d'entendre, même la prière du prophète (v. 16).
Le Jér. 5:3 nous a montré qu'Israël ne sentait même plus les coups dont l'Ãternel avait dû le frapper. Ici nous voyons ses responsables panser eux-mêmes «légèrement» les blessures et prétendre à la paix que Dieu ne pouvait pas leur donner (v. 11; Jér. 6:14). Pourtant le baume de Galaad (la grâce) était à leur disposition ainsi que le fidèle Médecin qui savait comment l'appliquer (v. 22; comp. Matt. 9:12). Il y a là une leçon pour le croyant que Dieu discipline. Si nous acceptons de la main du Seigneur les épreuves qui nous sont nécessaires, laissons-le aussi bander lui-même les plaies qu'il a permises (Job 5:18). Ne cherchons pas à les guérir superficiellement par nos propres ressources.
Le prophète ajoute au v. 12: «Ils n'ont eu même aucune honte»⦠c'est le propre d'une conscience endurcie (Soph. 3:5 fin). Une indifférence totale quant au mal qu'il a commis caractérise ce pauvre peuple.
Le v. 20 peut être souligné en ce début de septembre où les moissons sont terminées, où l'été s'achève. Il y a un temps favorable pour être sauvé: c'est aujourd'hui. Bientôt le Seigneur va rassembler les épis mûrs de sa grande moisson d'âmes. Alors l'été finira. Quel terrible réveil pour ceux qui devront dire: «Nous ne sommes pas sauvés»!
Tout comme au temps de Jérémie, le peuple de Dieu aujourd'hui compte beaucoup de blessés-mort (v. 1). Si nous en connaissons, apportons-les par la prière au grand Médecin qui a le pouvoir de les guérir (Jér. 8:22).
Ce ch. 9 exprime l'indicible douleur du prophète. Parler sévèrement à ce peuple ne l'empêche pas d'être excessivement affligé à son sujet. Il souffre certes en pensant à l'état d'Israël et au châtiment qui le menace, mais surtout à cause du déshonneur jeté sur le nom de l'Ãternel. Si nous aimions davantage le Seigneur, nous aurions aussi plus de tristesse en constatant l'ingratitude et l'indifférence qui, si souvent, répondent à son amour.
Méditons les importants v. 23 et 24 (cités en 1 Cor. 1:31). Il est dans la nature de chacun d'être fier de ses capacités et de se vanter de ce qu'il possède. Le sportif fera valoir ses exploits, ses muscles et sa souplesse; le bon élève ses succès scolaires; l'automobiliste, sa voiture plus puissante que celle de son voisin. Eh bien! La seule chose dont Dieu nous permette de nous glorifier c'est de Le connaître (Ps. 20:7; 2 Cor. 10:17). Apprécions-nous à sa valeur notre relation avec le Seigneur Jésus? Ou nous arrive-t-il quelquefois d'en avoir honte?
S'il existe un ancien et bon chemin dont nous avons à nous enquérir (Jér. 6:16), il en est un autre que nous devons nous garder d'apprendre (v. 2): celui des nations, autrement dit du monde. En fait, tous nos contacts avec celui-ci tendent à nous imprégner de ses façons de vivre et de penser. Nous ne pouvons évidemment pas nous soustraire à ces contacts, et certains parmi nous y sont plus particulièrement exposés à cause de leurs occupations. Mais n'ayons en tout cas aucune curiosité ni intérêt pour «ces choses qui sont dans le monde» (Rom. 16:19 fin). L'exemple de Dina en Gen. 34:1 constitue un avertissement sérieux. Méfions-nous de certaines compagnies, de certains livres, prêts à nous instruire de ce dangereux chemin-là . Nous n'ignorons pas où il conduit ceux qui le suivent (Matt. 7:13). Ce qui caractérise les nations au temps de Jérémie (de même que le monde actuel) c'est le service des idoles. Dieu déclare ce qu'il en pense et le fait dire à ces nations au v. 11 dans leur propre langue (ce verset est écrit en araméen).
Le v. 23 nous rappelle une double vérité: Le jour de demain n'est pas à nous pour en disposer (Jac. 4:13). Et nous ne sommes pas capables de diriger nos propres pas. Jérémie savait cela. Chacun de nous l'a-t-il appris?
Sous le règne de Josias, Hilkija le sacrificateur (certains admettent qu'il était le père de Jérémie: voir ch. 1:1) avait retrouvé le livre de la loi au cours des travaux de restauration du temple (2 Chr. 34:14). Ce livre comprenait le Deutéronome où toutes les conséquences de l'inobservation de l'alliance étaient annoncées dans son redoutable ch. 28 (voir en particulier le v. 64). Effrayé, Josias s'était empressé au nom du peuple de renouveler cette alliance (2 Rois 22:8â¦; 2 Rois 23:1-3). Or notre chapitre nous montre comme celle-ci a été violée de plus belle! Il n'y a plus de remède (2 Chr. 36:16 fin). Dieu ferme dorénavant son oreille aux prières et enjoint au prophète de ne plus intercéder pour le peuple (v. 14 et Jér. 7:16).
Jérémie est le représentant d'un résidu fidèle, persécuté. Mais à travers lui nous évoquons l'Agneau plein de douceur, objet des complots pour le détruire «avec son fruit», «afin qu'on ne se souvienne plus de son nom» (v. 19; comp. Gen. 37:18; Luc 10:3). Tel était le vain propos des hommes et celui de Satan qui les inspirait. Car la pensée invariable de Dieu est que soit à jamais honoré le beau Nom de Jésus (Phil. 2:9). Et nous y répondons, toutes les fois que nous mangeons le pain et que nous buvons la coupe, en mémoire de Lui (1 Cor. 11:25, 26).
Ce ch. 12 nous rapporte un entretien de l'Ãternel avec Jérémie. Il ne s'agit pas cette fois d'une prière du prophète en faveur d'Israël, mais des questions douloureuses qu'il a sur le cÅur et qu'il expose à Dieu dans l'amertume de son âme. Les hommes de la ville d'Anathoth, ses concitoyens, avaient été jusqu'à le menacer de mort s'il ne se taisait pas (Jér. 11:21). Le v. 6 nous apprend que la famille même de Jérémie avait agi perfidement à son égard et crié contre lui «à plein gosier» (comp. Luc 4:24-26). Il y avait de quoi lui faire perdre courage. Mais l'Ãternel comprend le trouble de son serviteur (son propre peuple ne l'a-t-il pas aussi trahi?). Et il lui explique ce qu'il est obligé de faire: abandonner le temple souillé, délaisser Israël, son héritage et le livrer à ses ennemis (v. 7). On peut penser quels sont les sentiments de Dieu en prenant de telles décisions. Afin de nous les faire mesurer, il emploie pour parler de son peuple l'expression la plus touchante: «le bien-aimé de mon âme».
Les nations agissaient comme de mauvais voisins; elles en subiraient les conséquences. Toutefois Dieu avait encore des bénédictions en réserve pour Israël et aussi pour ces nations si elles apprenaient Ses voies.
L'Ãternel donne un signe à Jérusalem: cette ceinture qu'il doit successivement porter sur lui sans jamais la laver; aller enfouir près de l'Euphrate à plus de 400 kilomètres; enfin retourner prendre, pour constater alors qu'elle n'est plus bonne-rien. Puis Il lui en explique la signification spirituelle. La ceinture est un ornement; elle a sa place près du cÅur; de plus elle faisait partie du vêtement des sacrificateurs (Ex. 28:40; et Jérémie en était un). Ainsi Dieu s'était-il étroitement attaché ce peuple qui devait rehausser Sa gloire et le servir. Mais l'orgueil et le culte des idoles avaient rendu Jérusalem et Juda aussi souillés et inutiles que peut l'être une ceinture pourrie. Comme celle-ci, ils seront transportés sur les bords de l'Euphrate, à Babylone (fin du v. 19). à moins qu'ils ne s'humilient, ce dont les plus haut placés, le roi et la reine, sont invités à donner l'exemple. Le v. 23 nous rappelle que le péché marque l'homme d'une manière indélébile. Nous ne pouvons pas plus nous en défaire qu'un Ãthiopien n'est en mesure d'éclaircir sa peau ou un léopard d'effacer ses taches. Mais, par la vertu du sang de Christ, Dieu peut ôter les péchés et donner un cÅur nouveau. C'est ce qui arriva précisément à un Ãthiopien dont Actes 8 nous raconte la conversion.
Dieu parle à Israël, non seulement par la voix de Jérémie, mais aussi en lui envoyant la sécheresse et la famine. Le prophète â malheureusement il est seul à le faire â confesse les iniquités de son peuple et supplie l'Ãternel pour lui. Dans son amour pour ce peuple, il ne peut se résoudre à ne plus prier pour lui. Il n'a aucun argument à faire valoir en sa faveur. Alors il demande: «Agis-cause de ton nom» (v. 7 et 20, 21; Ez. 20:9; Dan. 9:19). Tel est bien le motif le plus élevé pour demander à Dieu d'intervenir. En son temps, Josué a aussi fait valoir ce même argument: «Que feras-tu pour ton grand nom?» (Jos. 7:9). De notre côté tout est misère. Que pouvons-nous invoquer pour faire agir le bras de Dieu? Une seule chose: le nom de Jésus. Lui-même nous en a révélé le merveilleux pouvoir (Jean 15:16). Le Père ne peut pas ne pas répondre aux prières qui lui sont adressées en ce Nom qu'il aime. Et «si nous confessons nos péchés, ce que le peuple ne veut pas faire, il est fidèle et juste pour nous pardonner nos péchés et nous purifier de toute iniquité» (1 Jean 1:9).
Les v. 10-19 parlent de faux prophètes qui rassurent le peuple par des mensonges. Ils subiront eux-mêmes, avec ceux qui les écoutent, le châtiment auquel ils ont refusé de croire (v. 15).
Une nouvelle fois l'Ãternel prévient Jérémie qu'Il ne peut agréer son intercession. Moïse et Samuel eux-mêmes, dont nous connaissons la vie de prière et leur amour pour Israël, ne pourraient plus rien dans l'état actuel de ce pauvre peuple (voir Ps. 99:6). Jérémie est au bord du désespoir (v. 10). Il prend Dieu à témoin de sa fidélité: «Tes paroles se sont-elles trouvées, je les ai mangées» (comp. Ps. 119:103). Le livre de la loi avait en effet été retrouvé dans le temple et le jeune sacrificateur en avait fait ses délices. Enfants de Dieu, puissions-nous comme Jérémie trouver tous les jours dans la Bible la nourriture de notre âme et en même temps la joie de notre cÅur. Paul rappelait à Timothée qu'un bon serviteur du Christ Jésus doit être nourri dans les paroles de la foi et de la bonne doctrine (1 Tim. 4:6).
L'Ãternel encourage son fidèle mais craintif témoin qui, pour Lui, «porte l'opprobre» (v. 15; Ps. 69:7) et il lui promet de le délivrer. Il l'invite à séparer ce qui est précieux de ce qui est vil. Un disciple de Jésus doit avoir une conscience délicate pour discerner le bien et le pratiquer, pour juger le mal et s'en séparer (comp. aussi 1 Pierre 3:10-12). C'est à cette condition seulement qu'il pourra parler comme la bouche ou l'oracle de Dieu (v. 19).
Parce que lui-même est précieux aux yeux de l'Ãternel, Jérémie a été invité à se tenir séparé de ce qui est vil (ch. 15:19) c'est-à -dire de ce peuple méchant. Il est impossible de se mêler au mal et de rendre en même temps témoignage contre ceux qui le pratiquent. Dieu ne permet même pas à ce jeune homme de fonder une famille dans un tel lieu. Tout ceci pour bien montrer qu'il ne peut plus y avoir d'installation durable dans Jérusalem à la veille du jugement qui la menace. De plus â et ceci nous parle à tous â Jérémie doit s'abstenir en vrai Nazaréen, de toute communion avec les festins et les réjouissances d'un peuple condamné. Mais ce n'est certainement pas une grande privation pour quelqu'un qui trouve ses joies dans la Parole de son Dieu (Jér. 15:16). Plus le Seigneur et sa Parole feront notre bonheur, moins nous aurons envie de goûter aux plaisirs trompeurs que le monde peut offrir.
Les v. 10-21 mentionnent: le châtiment de l'Ãternel sur son peuple; le motif de ce châtiment; mais aussi la promesse d'une future restauration (v. 15). La puissante intervention de l'Ãternel par des «pêcheurs» et des «chasseurs» pour ramener les fils d'Israël aura pour effet de Le faire reconnaître aussi par les nations (v. 19).
Le péché de Juda est encore plus tenace que les taches du léopard; il est comme buriné sur son cÅur avec une pointe de fer: qui pourrait lâen effacer? Pour faire prendre conscience à l'homme de sa condition de pécheur invétéré, Dieu emploie dans sa Parole différents langages: l'exemple du peuple d'Israël et de sa faillite morale; le don de sa loi sainte, la vie parfaite de Christ ici-bas (faisant par contraste ressortir la méchanceté de l'homme), enfin comme ici des déclarations directes et irréfutables. Le v. 9 affirme que le cÅur humain est foncièrement pervers et incorrigible: «trompeur par-dessus tout et incurable». Sentence qu'il nous faut graver définitivement dans notre pensée; nous serons ainsi gardés d'accorder la moindre confiance à ce pauvre cÅur â le nôtre aussi bien que celui d'autrui â et nous nous épargnerons bien des déceptions. Réalisons plutôt le v. 7: «Béni l'homme qui se confie en l'Ãternel», avec l'heureuse portion qui en résulte (comp. le v. 8 avec le Ps. 1:3). Abreuvé à la source intarissable, un tel homme ne redoute ni chaleur ni sécheresse; il ne s'en aperçoit même pas. «Enraciné en Lui» (Col. 2:7) il ne craint pas et ne cesse de porter du fruit pour Dieu. Il réalise en effet la condition énoncée par le Seigneur Jésus: «Celui qui demeure en moi, et moi en lui, celui-ci porte beaucoup de fruit; car, séparés de moi, vous ne pouvez rien faire» (Jean 15:5).
Essayons d'écrire notre nom sur le sol (v. 13); il sera bientôt illisible. Combien d'insensés qui, sans penser à l'avenir, cherchent à se faire un nom sur une terre⦠qui va passer! Cher ami, c'est dans le livre de vie que votre nom doit être inscrit.
Et nous retrouvons la déclaration attristée du ch. 2:13: «ils ont délaissé la source des eaux vivesâ¦Â». En Jean 6:66 plusieurs disciples se retirent d'avec Jésus, lui qui précisément au chapitre suivant va se révéler comme cette source des eaux vives (Jér. 7:37).
La prière du v. 14 reconnaît que Dieu seul peut changer le méchant cÅur de l'homme. «Guéris-moi⦠et je serai guéri; sauve-moi, et je serai sauvé». Au ch. 31:18, Ãphraïm demandera à son tour: «Convertis-moi, et je serai converti». â «Car c'est toi qui es ma louange», ajoute le prophète. Dans l'Åuvre de notre salut tout est à la gloire de Dieu.
Dans le reste du chapitre l'Ãternel rappelle ses instructions au sujet du sabbat. La loi avait été violée sur ce point comme sur les autres (Jér. 7:9). Un siècle plus tard, après le retour de Babylone, le fidèle Néhémie prendra à cÅur cet enseignement des v. 21, 22 (Néh. 13:15â¦). Il rappellera aux nobles de Juda que les malheurs du peuple avaient été la conséquence de l'infidélité de leurs pères à cet égard.
Un nouvel enseignement attend Jérémie dans la maison du potier. Le premier vase qu'il voit fabriquer est à l'image du peuple. Comme la ceinture du Jér. 13, ce vase a été, lui aussi, gâté, reconnu bon-rien (v. 4; 13:7). Oui, Israël, et en réalité l'humanité tout entière, se trouve ainsi représentée. L'Artisan divin n'a rien pu faire du premier homme qu'il a formé d'argile. «Ils se sont tous ensemble rendus inutilesâ¦Â» (Rom. 3:12 et 23). Le péché a ruiné et corrompu toute la race humaine. Mais sur le tour du potier, voici que le travail reprend: un nouveau vase est façonné «comme il plut aux yeux du potier de le faire». Ce vase sans défaut porte nos pensées sur le second Homme, en qui Dieu a trouvé son plaisir. Selon les conseils de Dieu, Christ est venu remplacer la race d'Adam défaillante. Mais il n'est plus seul dorénavant. «Si quelqu'un est en Christ, c'est une nouvelle création» (2 Cor. 5:17). Par la grâce de Dieu, le racheté peut devenir à son tour «un vase à honneur, sanctifié, utile au Maître, préparé pour toute bonne Åuvre» (2 Tim. 2:21; lire aussi Ãph. 2:10).
Le dialogue des v. 11 et 12 confirme l'état désespéré du peuple et justifie son rejet comme le vase gâté du potier.
Jérémie est invité par l'Ãternel à retourner dans la maison du potier. Non plus cette fois pour le regarder travailler, mais pour lui acheter un vase. Après quoi, prenant avec lui quelques-uns des anciens du peuple, il doit emporter ce vase dans la vallée des fils de Hinnom.
C'était un sinistre endroit que ce gué de Hinnom (qui a donné le mot géhenne) appelé aussi Topheth (v. 6). Des sacrifices humains y avaient été offerts à Baal du temps du roi Manassé (2 Chr. 33:6; Jér. 7:31). C'est pourquoi Josias l'avait souillé (2 Rois 23:10). Dans ce lieu, témoin de ses affreux péchés, le peuple doit entendre des paroles terribles en même temps qu'est mis en pièces ce vase qui le représente lui-même. Jérémie se rend ensuite au temple et confirme la parole de l'Ãternel aux oreilles de tout Jérusalem. Pensons au courage qui lui a été nécessaire pour condamner ainsi publiquement la conduite du peuple et lui annoncer l'irrévocable décision divine à son sujet. Il peut nous arriver de nous trouver isolés dans un milieu hostile et d'avoir à y rendre témoignage par nos actes et par nos paroles. Demandons au Seigneur de nous donner la même hardiesse.
Dire la vérité au monde sur son état expose aussitôt à sa haine. Le prophète en fait durement l'expérience. Les complots que nous avons vu se tramer contre lui aux Jér. 11:19 et Jér. 18:18 aboutissent cette fois. Jérémie est frappé et mis à la torture par les soins de Pashkhur. Qui était cet homme? Un des premiers sacrificateurs (v. 1), et de plus un de ces prophètes de mensonge (v. 6; Jér. 14:14) qui, à la différence de Jérémie, jouissait de toute la faveur du peuple. à son tour il faut que cet homme entende une prophétie de vérité prononcée contre lui.
Jérémie nous rappelle l'exhortation de Jac. 5:10. Il est une figure du Seigneur Jésus. Seul à proclamer la vérité, haï et frappé à cause d'elle (et cela par un des sacrificateurs) «objet de dérision» et d'opprobre, la Parole de son Dieu est en lui «comme un feu brûlant» (v. 9). Il est étreint par l'amour qu'il porte et à l'Ãternel et à son peuple. Malgré cela Jérémie reste loin du parfait Modèle! Il exprime de l'amertume, et, comme Job (Job 3), il maudit le jour de sa naissance. La grâce envers ses ennemis n'apparaît pas en lui.
Lecteur, permettez-nous une question: Avez-vous été réellement saisi par le Seigneur? A-t-il été le plus fort (v. 7; comp. Phil. 3:12)?
Les prophéties de Jérémie ne nous sont pas rapportées dans l'ordre dans lequel elles ont été prononcées. Celle-ci nous transporte au temps du dernier règne de Juda. Attaqué par son voisin redoutable, Nebucadnetsar, le roi Sédécias a envoyé deux délégués au prophète pour le prier de consulter l'Ãternel. De fait c'était bien ce qu'il avait de mieux à faire. Mais en réalité lui et son peuple recherchaient la délivrance sans repentance préalable, feignant d'ignorer cette condition indispensable. Car Dieu ne donne pas l'une sans l'autre. Après tout ce qu'avait dit Jérémie dans les précédents chapitres, une telle demande était presque de l'insolence. Aussi l'Ãternel répond-il de la façon la plus sévère. Non seulement le roi de Babylone, mais Lui-même combattra contre Juda. Il va frapper d'une grande peste les hommes et les bêtes, comme autrefois les troupeaux des Ãgyptiens (Ex. 9:1-7). Pourtant, à côté de ce chemin de la mort, il restait encore pour ce peuple un chemin de la vie⦠mais qui passait nécessairement par la confession de ses péchés et la soumission à la volonté de Dieu. Ce chemin est encore ouvert; chacun de nous sây est-il engagé?
Sur l'ordre de l'Ãternel, Jérémie est tout aussi prêt à se rendre au palais royal qu'à l'humble maison du potier. Sa tâche est de nouveau difficile, car il s'agit d'avertir et d'exhorter personnellement le roi de Juda lui-même. Rendre témoignage devant un supérieur est particulièrement exerçant pour un jeune croyant. Mais, s'il compte sur le Seigneur, il sera toujours fortifié et béni en le faisant (lire Actes 26:22).
Dieu avait jadis promis à David que si ses descendants prenaient garde à leur voie pour marcher avec Lui en vérité et de tout leur cÅur, il ne manquerait pas d'un homme sur le trône d'Israël (1 Rois 2:4). Hélas! Ni Shallum (ou Joakhaz, voir 2 Rois 23:31, 32) ni ses frères Jehoïakim et Sédécias, ni Conia (Jehoïakin) n'ont rempli cette condition. Aussi seront-ils les quatre derniers rois de la dynastie de David avant la dispersion du peuple. Dans ces ch. 21 et 22, chacun d'eux est condamné nommément pour ses propres fautes. Aucun ne pourra dire qu'il supporte les conséquences des péchés de ses prédécesseurs (comp. Jér. 31:29). Aucun, non plus, qui n'a pas été averti, car le ministère du prophète s'est prolongé sous tous ces règnes (Jér. 21:7; Jér. 22:11, 18, 24).
«Ãcoute la parole de l'Ãternel, ô roi de Juda⦠toi et tes serviteurs, et ton peupleâ¦Â» (v. 2). Mais c'est en vain que Jérémie a adressé à Jehoïakim cette invitation pressante. Dès sa jeunesse, quand tout allait bien, celui-ci avait décidé de ne pas écouter la voix de l'Ãternel (d'après le v. 21 qui s'applique aussi à tout son peuple). Aussi voyez tous les mauvais fruits qui en sont la conséquence quand il est arrivé à l'âge de l'homme, avec toutes les responsabilités qui sont les siennes: injustice, manque de droiture, orgueil, malhonnêteté, tyrannie et violence (v. 13 et 17 où Jérémie n'hésite pas à dire à ce roi qu'il est un meurtrier). Pourtant Jehoïakim avait eu sous les yeux le bon exemple de son père Josias et les heureuses conséquences de sa marche fidèle (v. 15, 16)! Enfants de parents chrétiens, souvenez-vous de l'histoire de ce roi!
Le v. 14 mérite aussi toute notre attention. La recherche du luxe de la part d'un chrétien ne contredit-elle pas son caractère d'étranger et sa vocation céleste?
Il s'agit ensuite de Conia, jeune homme de 18 ans, qui n'a régné que trois mois avant d'être transporté à Babylone avec sa mère (2 Rois 24:8â¦). Par de tels événements Dieu s'adressait alors au monde entier (v. 29). Ce châtiment public montrait qu'on ne bravait pas impunément sa volonté.
Aux ch. 21-22 la parole de l'Ãternel a condamné les derniers rois. En réalité tous les responsables de Juda, «tant le prophète que le sacrificateur» (v. 11), ont failli à leur mission. Au lieu de paître le peuple «en étant les modèles du troupeau» (1 Pierre 5:3), ils ont été de mauvais pasteurs. Sous leur conduite déplorable, le troupeau a été négligé, détruit et dispersé (comp. Ez. 34:4-6). Aussi Dieu se chargera-t-il de rassembler lui-même le reste de ce troupeau en lui donnant un autre Berger (Jean 10:14). La famille royale d'Israël a complètement manqué. Mais Dieu suscitera dans cette même maison de David un Germe juste, un Roi divin: «L'Ãternel notre justice» (comp. 1 Cor. 1:30). Cette expression «le Germe» est employée cinq fois dans les Prophètes pour désigner le Seigneur Jésus. Ici et au Jér. 33:15: comme le Roi, caractère qui est le sien dans l'Ãvangile de Matthieu. En Zacharie: au Zach. 3:8 comme «mon serviteur, le Germe» et au Zach. 6:12 comme «un homme dont le nom est Germe», respectivement Christ dans les Ãvangiles de Marc et de Luc. Enfin en Ãsaïe 4:2: comme «un germe de l'Ãternel pour splendeur et pour gloire», en qui nous reconnaissons le Fils de Dieu présenté par l'Ãvangile de Jean.
Parmi les mauvais bergers d'Israël, les prophètes étaient particulièrement coupables. Ils avaient bercé le peuple de la folle illusion que, malgré ses péchés, tout irait pour le mieux. Ils étaient menteurs. Ils avaient couru⦠sans que l'Ãternel les envoie, parlé, mais pas comme oracles de Dieu (v. 21 et 38; 1 Pierre 4:11). Une grande activité religieuse est loin d'être toujours la preuve et le résultat d'un bon état spirituel. Pour le chrétien maintenant, comme pour le prophète autrefois, il n'existe qu'une seule règle pour courir et pour parler: se tenir d'abord «dans le conseil secret de l'Ãternel» (v. 18, 22), autrement dit dans la communion du Seigneur, pour connaître et faire sa volonté.
Au v. 23 une question est posée: «Suis-je un Dieu de près, dit l'Ãternel, et non un Dieu de loin?». «Le Seigneur est proche» peut répondre l'apôtre (Phil. 4:5). Chacun de nous en a-t-il fait l'expérience? La Parole de Dieu est un feu (v. 29). De la même manière que la flamme d'un chalumeau permet d'ôter les scories du métal, elle s'emploie à purifier notre âme en consumant les impuretés qui la souillent et qui l'étouffent (Prov. 25:4). Elle est la «force motrice» du croyant, comme le foyer sous la chaudière (Jér. 20:5). Mais elle est aussi d'abord ce marteau, seul capable de briser une volonté rebelle.
La vision du ch. 24 se situe à un moment où Nebucadnetsar a déjà transporté à Babylone une partie de Juda avec son roi Jéconias (ou Conia; Jér. 22:24). Deux paniers de figues apparaissent au prophète. Les premières sont splendides, excellentes; les autres affreuses et immangeables. Contrairement à ce qu'on pourrait penser, les mauvaises figues sont l'image des habitants de Juda demeurés dans le pays, tandis que celles qui sont très bonnes représentent les «transportés». L'Ãternel fera prospérer et ramènera ces derniers au temps fixé. Bien que pénible, cet arrachement à leur pays et à leurs habitudes, est conforme à la volonté de Dieu et tournera à leur profit.
Parmi les promesses qui leur sont faites, la plus précieuse est certainement celle du v. 7: «Je leur donnerai un cÅur pour me connaître». C'est par le cÅur, et non par l'intelligence, que l'homme apprend à connaître Dieu.
Remarquons qu'il n'y a pas de troisième panier. D'une manière générale, il n'existe pas de position intermédiaire devant Dieu. Et parmi les hommes aujourd'hui, Il ne peut reconnaître de même que des vivants et des morts, des «enfants de lumière» et des «enfants de colère» (Ãph. 2:3; Ãph. 5:8). De quel côté nous trouvons-nous?
Le ch. 25 revient en arrière, au règne de Jehoïakim. Il y avait vingt-trois ans déjà que Jérémie prophétisait. Dans son zèle et son amour pour le peuple, il se levait de bonne heure le matin pour lui adresser ses appels (v. 3). La patience de Dieu allait bientôt prendre fin. Chaque jour pouvait être le dernier. Aussi l'homme de Dieu se sentait-il pressé dès le matin d'aller délivrer son message. Et, détail remarquable, la même expression est employée souvent à propos de l'Ãternel (ici au v. 4). Lui aussi se lève de bonne heure pour envoyer ses serviteurs. Sommes-nous prêts nous-mêmes à cette heure matinale où les tâches sont distribuées? Imitons le parfait Serviteur dont l'activité inlassable commençait dès le point du jour (Jean 8:2) ou même avant (Marc 1:35).
Dieu, dans sa grâce, fixe une durée limitée à cette déportation à Babylone: 70 années. Lorsque ce temps sera presque achevé, Daniel lira cette prophétie et en tiendra compte pour donner à Israël en captivité le signal et l'exemple de l'humiliation (Dan. 9:2, 3).
Puis, jusqu'à la fin du chapitre, Dieu développe la déclaration du v. 14, montrant de quelle manière il s'apprête à châtier les nations qui n'ont pas craint d'asservir et d'opprimer son peuple.
De nouveau ce chapitre nous ramène en arrière, de quatre ans par rapport au précédent (Jér. 25:1). Sur l'ordre de l'Ãternel, Jérémie cette fois se rend au temple pour y prophétiser. Sans doute est-ce à l'occasion de l'une des trois fêtes annuelles où tous les Israélites montaient à Jérusalem. Le v. 2 permet de le penser. Quoiqu'il en soit, l'appel s'adresse à tout Juda et non plus seulement à ses chefs. Et «pas une parole» ne doit en être retranchée (comp. Actes 20:27).
Combien le v. 3 est touchant! Il nous fait entrer dans les pensées de grâce de Dieu. Bien que sachant tout à l'avance, Il exprime son vÅu le plus cher: «Peut-être qu'ils écouterontâ¦Â» (voir aussi Jér. 36:3 et 7).
Ce même peut-être traduit l'espoir du Maître de la parabole: «J'enverrai mon fils bien-aimé; peut-être que, quand ils verront celui-ci, ils le respecteront» (Luc 20:13). Mais ils n'ont pas plus respecté le Fils que les prophètes qui l'ont précédé. Voyez l'accueil fait à Jérémie et par conséquent à Celui qui l'envoie. Quel aveuglement! Ces gens qui pourtant étaient venus se prosterner dans la maison de l'Ãternel (v. 2) rejettent sa parole, se saisissent de son messager, le condamnent à mort dans cette même maison!
Le fidèle témoin de l'Ãternel n'est pas troublé par sa condamnation à mort, ni par la présence de tous ces gens hostiles assemblés contre lui. Il les exhorte encore une fois fermement à se repentir. Après quoi, sans crainte, il se remet entre leurs mains. Loin de s'attendrir sur son propre sort, c'est encore au peuple qu'il pense et à la terrible responsabilité que ce crime fera peser sur lui. En ceci Jérémie fait penser à Ãtienne intercédant pour ceux qui le lapidaient (Actes 7:60) et tous deux nous rappellent le Seigneur Jésus (Luc 23:28 et 34).
L'intervention des princes et des anciens délivre ici l'homme de Dieu. Mais ils auraient dû faire un pas de plus: craindre et implorer l'Ãternel, comme Ãzéchias précisément (v. 19). Il ne suffit pas de savoir citer un bel exemple, encore faut-il l'imiter.
Voyez comme la foule est influençable et versatile. Au v. 8 «tout le peuple» avait suivi les sacrificateurs pour s'écrier: «Tu mourras certainement». Mais, au v. 16, ce même peuple est de l'avis des princes pour dire: «cet homme ne mérite pas la mort».
L'histoire d'Urie poursuivi et frappé par Jehoïakim confirme le triste portrait qui nous a été fait de ce roi. Il est prompt à verser le sang innocent (Jér. 22:17).
Ce chapitre et les suivants nous transportent à présent sous le règne final de Sédécias. Celui-ci paraît avoir comploté avec ces cinq voisins: les rois d'Ãdom, de Moab, d'Ammon, de Tyr et de Sidon pour résister à Nebucadnetsar. Et sans doute est-ce pour mettre sur pied cette alliance que les délégués de ces nations se réunissent à Jérusalem (v. 3). Jérémie est chargé par l'Ãternel de remettre à chacun de ces diplomates un présent pour le moins original, fabriqué à son intention: Il s'agit de jougs et de liens qui précisément symbolisent la domination du roi de Babylone dont ces peuples comptaient se libérer. Nous pouvons imaginer avec quels sentiments les cinq négociateurs ont accueilli cet humiliant cadeau.
L'orgueil sous différentes formes est encore de nos jours le grand principe qui gouverne les états modernes (comme aussi les individus). Mais au-dessus de leurs intrigues ambitieuses, Dieu conduit les destinées du monde. C'est à Lui que le chrétien s'attend et non aux incertitudes de la politique des hommes (Dan. 4:17).
Dieu qui mettait de côté Israël, confiait dorénavant le pouvoir universel à Nebucadnetsar qu'il appelle son serviteur. Rom. 13:14 rappelle aux chrétiens qui auraient tendance à lâoublier que celui qui détient lâautorité est «serviteur de Dieu» et que câest pour leur bien.
C'est au roi de Juda, puis aux sacrificateurs, que Jérémie s'adresse à présent. à deux reprises déjà , Nebucadnetsar avait emporté du temple une partie de ses ustensiles. Loin de les restituer, il organisera un troisième et définitif pillage au moment de la transportation de Sédécias lui-même et du reste de son peuple (2 Chr. 36:7, 10, 18). On peut penser que ces objets leur tenaient à cÅur plutôt par orgueil national que comme moyen de rendre culte à l'Ãternel. Il n'en est pas autrement de nos jours. Beaucoup de personnes sont très attachées aux formes d'une religion dite chrétienne, tout en se souciant fort peu de servir Dieu en les observant.
Ce que Jérémie ne cesse de prêcher, c'est la soumission à l'autorité que l'Ãternel a établie, en l'occurrence celle du roi de Babylone. «Il n'existe pas d'autorité si ce n'est de par Dieu⦠celui qui résiste à l'autorité résiste à l'ordonnance de Dieu» (Rom. 13:1 et 2). Qu'il s'agisse des gouvernants ou des magistrats, des parents ou des chefs (même durs et injustes: 1 Pierre 2:18), cette exhortation est toujours de saison pour nous.
La prophétie de ce chapitre ne se termine pas sans que Dieu annonce qu'un jour il s'occupera personnellement des ustensiles du temple et les fera remonter. Cette parole s'accomplira en Esd. 1:7 et Esd. 7:19.
Une nouvelle scène se déroule dans le temple en présence des sacrificateurs et de tout le peuple. Jérémie s'y trouve, avec sur son cou l'un des jougs qu'il avait fabriqués. Il le porte, comme la ceinture du Jér. 13, en témoignage à tout Jérusalem. Et voici que l'homme de Dieu est publiquement pris à partie par le prophète Hanania dont la parole arrogante et mensongère contredit absolument ce que lui ne cesse d'annoncer. La belle réponse de Jérémie est empreinte à la fois d'amour, de vérité et de sagesse. Certes ce n'est pas de gaieté de cÅur qu'il annonce les désastres qui vont fondre sur le peuple qu'il aime. Tout son désir serait qu'Hanania puisse avoir raison (v. 6). Mais il ne peut changer un mot à la parole de l'Ãternel. Il leur dit la vérité, si pénible qu'elle soit. Admirons enfin la sagesse du v. 9. Ce qui prouve qu'une prophétie est vraie, c'est son accomplissement. Dieu se chargera le moment venu de montrer qui a eu raison. En attendant, Jérémie ne s'irrite pas et ne s'acharne pas à les convaincre. Il les laisse et s'en va (comp. Jean 8:59 et Jean 12:36). Telle est toujours la façon la plus sage de mettre fin à une vaine discussion (Prov. 17:14).
Le jugement annoncé ne tarde pas à tomber sur Hanania (v. 15-17; lire Deut. 18:20-22).
Jérémie a confié à deux voyageurs une lettre pour Babylone. Elle est destinée à ceux, de toutes les classes du peuple, qui avaient déjà été transportés sous le règne précédent. Le ton de cette lettre est tout différent de celui que prend le prophète quand il s'adresse au peuple resté à Jérusalem. à eux il peut exprimer de la part de l'Ãternel des «pensées de paix et non de mal», des consolations, des encouragements et de touchantes promesses.
De même qu'Israël à Babylone, le chrétien est un étranger sur la terre. Sa bourgeoisie est dans les cieux (Phil. 3:20). Il attend l'accomplissement de la promesse qui l'introduira dans sa vraie Patrie. La «bonne parole» de Dieu lui garantit «un avenir et une espérance» (v. 10 et 11). Toutefois elle ne fixe pas, comme à ces transportés, le moment exact où cette espérance bienheureuse se réalisera. Le Seigneur désire en effet que nous l'attendions continuellement. Et, jusqu'à l'heureux moment de son retour, rappelons-nous que nous avons aussi des devoirs vis-à -vis de notre ville ou de notre village (v. 7): Procurer la paix (comp. Matt. 5:9), penser au vrai bien des âmes et prier pour ceux avec lesquels nous vivons.
La funeste activité des faux prophètes ne se limitait pas à Jérusalem et à Juda. à Babylone même, parmi le peuple transporté, quelques-uns d'entre eux propageaient «des paroles de mensonge» (v. 23). Dans sa lettre, Jérémie met les «captifs» en garde contre eux et annonce la fin horrible de deux de ces méchants hommes, Sédécias et Achab. Un troisième, Shemahia, avait écrit de Babylone au peuple resté à Jérusalem pour le pousser à la révolte contre l'Ãternel (fin du v. 32). Et même, dans une de ses lettres, il n'avait pas hésité à désigner un nouveau sacrificateur sur lequel il comptait pour s'emparer de Jérémie. Mais, comme ce dernier l'écrit lui-même ailleurs: «Qui est-ce qui dit une chose, et elle arrive, quand le Seigneur ne l'a point commandée?» (Lam. 3:37). Shemahia aussi doit entendre la sentence de l'Ãternel contre lui.
Que de fois, dans leurs épîtres inspirées, d'autres serviteurs de Dieu seront contraints de dénoncer de faux docteurs et de mauvais ouvriers (voir par exemple Gal. 1:7; Phil. 3:2; 2 Pierre 2:1; 1 Jean 2:18; Juda 3:4â¦). Enfants de Dieu, notre sécurité consiste à bien connaître la voix du bon Berger (Jean 10:4, 5). Nous ne risquerons pas alors de la confondre avec une autre voix.
L'Ãternel invite Jérémie à consigner toutes Ses paroles dans un livre. Les générations qui suivront pourront s'y reporter, et c'est encore notre privilège. Nous n'avons plus ni prophètes ni apôtres au milieu de nous pour nous enseigner, mais Dieu a pris soin de nous conserver sa Parole écrite, seule source de vérité pour nos âmes.
Par les Ãcritures, Israël recevra au milieu de sa pire détresse des promesses et des consolations.
Au v. 11 brillent à la fois la sainteté et la bonté de Dieu. «Je ne te tiendrai point pour innocent» â dit-il. Le Dieu saint ne peut en aucune manière passer par-dessus le mal. Il se doit à lui-même de corriger les siens. Mais le Dieu d'amour le fait «avec mesure», sans frapper un seul coup de plus que cela n'est nécessaire (voir aussi Jér. 10:24 et Jér. 46:28). Jér. 31: 18 et 19 nous montreront l'effet de cette correction salutaire (1 Cor. 11:32). En même temps on sent, en lisant les v. 18-22, combien Dieu se réjouit à la pensée de guérir et de rétablir son peuple.
«Qui est celui qui engage son cÅur?», demande l'Ãternel (v. 21). Et nous, sommes-nous chrétiens par conformisme et habitude? Ou bien avons-nous vraiment notre cÅur engagé pour le Seigneur?
Peu de portions de l'Ancien Testament traduisent l'amour de Dieu de manière plus touchante que ces v. 1-14. Amour inconditionnel, s'exprimant envers des êtres qui n'avaient rien d'aimable, sa grandeur est mise en évidence par notre éloignement! «L'Ãternel m'est apparu de loin» (v. 3). Pensons à tout le chemin parcouru par le Fils de Dieu pour venir jusqu'à nous. L'amour du Dieu d'éternité est un amour éternel. Il est sa nature même (1 Jean 4:8 et 16). Et chaque croyant en est personnellement l'objet dès l'éternité passée.
à l'appel pathétique du Jér. 3:4: «Mon Père! Tu es le conducteur de ma jeunesse», l'Ãternel peut maintenant répondre: «Je serai pour père à Israël» (v. 9). Il sera sensible aux larmes de son peuple, qu'il avait jadis «racheté de la main d'un plus fort que lui» (v. 11), et il le rassemblera comme un berger son troupeau.
Ces versets rappellent à chacun de nous une vérité bénie. Dieu ne nous aime pas seulement lorsqu'il nous comble de grâces visibles (comme il le fera pour son peuple terrestre selon les magnifiques déclarations des v. 7-14). Dans nos moments les plus sombres, alors même que nous avons perdu par notre faute la jouissance de sa communion, Lui ne cesse jamais de penser à nous.
La belle restauration d'Israël annoncée dans la première partie du chapitre sera précédée de larmes amères. Le peuple affligé est vu sous la figure de Rachel, la femme de Jacob, pleurant ses enfants disparus. (Comme c'est souvent le cas dans l'Ãcriture, ce v. 15 a reçu un accomplissement partiel, à l'occasion du massacre des petits enfants de Bethléhem: Matt. 2:18). Mais il s'agira pour ce peuple d'une tristesse selon Dieu, celle qui «opère une repentance à salut dont on n'a pas de regret» (2 Cor. 7:10). Les v. 18-20 nous montrent que Dieu entend très bien l'expression d'une semblable tristesse. Ãcoutons Ãphraïm raconter son histoire. La correction divine a été salutaire; elle a amené sa conversion, accompagnée d'une vraie repentance. La connaissance de lui-même l'a couvert de honte et de confusion. Il condamne sa jeunesse coupable et indomptée. Chacun de nous peut-il faire le même récit? Alors, écoutons également comment Dieu se plaît à nous appeler: «un fils précieux, un enfant de prédilection». Notre confession rencontre aussitôt un témoignage personnel et intime de l'Amour éternel, ainsi que les ressources qui l'accompagnent: «J'ai rassasié l'âme lassée et j'ai rempli toute âme languissante» (v. 25).
Jérémie n'annonce pas seulement des événements fâcheux. Il a aussi de bonnes nouvelles pour le peuple. «Voici des jours viennent», dit-il, où l'Ãternel rétablira la maison d'Israël et celle de Juda en vertu d'une nouvelle alliance. L'ancienne avait été rompue par le peuple. Celui-ci s'était montré incapable de faire face à ses obligations résumées dans la loi. Alors cette loi, Dieu ne la donnera plus aux siens sur des tables de pierre. Il la mettra au-dedans d'eux (ils seront ainsi à l'image du Serviteur obéissant; Ps. 40:8). Il va l'écrire directement sur leur cÅur régénéré (v. 33; 2 Cor. 3:3). Autrement dit, c'est par amour et non par crainte qu'ils accompliront la volonté de l'Ãternel. N'est-ce pas à plus forte raison le grand motif qui doit porter les enfants de Dieu à obéir à leur Père céleste? Oui, laissons-le graver sur chacun de nos cÅurs les enseignements de sa Parole. â «Ils me connaîtront tous, depuis le petit d'entre eux jusqu'au grandâ¦Â». Le Seigneur désire qu'il en soit ainsi dans chacune de nos familles.
Les v. 31-34 sont cités en Héb. 8:10-12, ils se terminent par la promesse qui nous concerne aussi: «Je pardonnerai leur iniquité, et je ne me souviendrai plus de leur péché» (comp. Actes 10:43). Car «Le sang de la nouvelle alliance» est aussi versé pour nous (Matt. 26:28).
Ce ch. 32 s'ouvre sur des événements particulièrement critiques. Jérusalem, assiégée par l'armée babylonienne, est en train de vivre les derniers jours de son indépendance. Pour faire taire Jérémie, accusé de saper le courage des assiégés, le roi a pris soin de l'enfermer dans la prison du palais. Mais la captivité du prophète n'empêche pas la parole de l'Ãternel de parvenir jusqu'à lui. Elle ne l'empêche pas non plus, conformément aux instructions qu'il reçoit, d'acheter le champ de son cousin Hanameël par l'intermédiaire du fidèle Baruc mentionné ici pour la première fois. Cet acte prend dans un tel moment une signification évidente et publique. Tout en sachant par la parole de l'Ãternel que la ruine est imminente et inévitable, Jérémie montre ainsi sa foi dans la même Parole divine, selon laquelle la restauration d'Israël s'accomplira ensuite tout aussi certainement (Jér. 31). La situation personnelle du prophète est sans issue (en quoi un champ peut-il être utile à un prisonnier?), celle du peuple est désespérée; humainement Jérémie n'a plus rien à attendre ni de ses compatriotes, ni des ennemis chaldéens. Mais contre toute espérance, il croit avec espérance (voir Rom. 4:18). Et ce champ qu'il achète en rend témoignage à tous.
Encore aujourd'hui, lorsque quelqu'un achète un terrain ou une maison, un certain nombre de formalités doivent être remplies devant le notaire et les autorités. Après quoi le nouvel acquéreur reçoit une pièce officielle prouvant sa qualité de propriétaire. Jérémie conservera soigneusement les lettres attestant que le champ lui appartient (v. 14). Par la Parole de sa grâce, Dieu garantit à ses enfants «un héritage avec tous les sanctifiés» (Actes 20:32). Et nous pouvons affirmer comme Paul: «Je suis persuadé qu'il a la puissance de garder ce que je lui ai confié, jusqu'à ce jour-là » (2 Tim. 1:12). Cette fin du royaume de Juda ressemble d'ailleurs à bien des égards aux jours de la 2º Ãpître à Timothée. Au milieu de la ruine, Jérémie, seul et prisonnier comme l'apôtre, sait qui il a cru. Sa prière monte vers l'Ãternel (v. 16-25). Il met en contraste la détresse actuelle avec les bénédictions d'autrefois. Mais il connaît la grande puissance du Seigneur (v. 17), sa bonté (v. 18) et la grandeur de son conseil (v. 19; comp. 2 Tim. 1:7). «Aucune chose n'est trop difficile pour toi», peut-il dire. C'est ce que, dans sa belle réponse, Dieu lui confirme â et nous confirme (v. 27; comp. Matt. 19:26).
De nouveau l'Ãternel s'adresse à son serviteur en prison. Il a encore de précieuses révélations à lui faire et il l'engage à prier pour les obtenir (v. 3; Amos 3:7). Dieu est toujours prêt à nous instruire de choses grandes et cachées que nous ne savons pas. Mais il nous invite à les Lui demander d'abord.
Jérémie va entendre parler de ce qui lui tient le plus à cÅur: la restauration de son peuple après le désastre qui va fondre sur lui. Il existe, dans certaines régions dont le sol est ingrat, des villages entiers abandonnés à la suite du dépeuplement des campagnes. Peu de spectacles sont aussi lugubres. Combien pire devait être la désolation d'une cité comme Jérusalem dévastée et brûlée après l'exil de ses habitants (v. 10; voir Néh. 2:13, 14). Mais les promesses de Dieu sont formelles: la joie et l'animation rempliront de nouveau la ville. Un nouveau nom lui sera donné: «l'Ãternel notre justice» (v. 16); il nous rappelle que personne non plus n'entrera dans la cité céleste en vertu de sa propre justice. Tout y sera exclusivement fondé sur celle de Christ. Et les deux familles par lesquelles les relations du peuple avec Dieu étaient assurées: celle des rois et celle des sacrificateurs, seront de nouveau représentées (v. 17, 18).
Pendant que se déroule le siège de Jérusalem, l'Ãternel charge Jérémie d'un message personnel pour le roi Sédécias (v. 2-6), sans doute celui auquel fait allusion le ch. 32:3. Dieu promet au roi de l'épargner et de lui accorder une mort paisible. Les v. 8 et 9 nous apprennent en effet que les intentions de cet homme n'étaient pas mauvaises. Il était même animé d'une certaine bienveillance envers Jérémie (Jér. 38:10, 16). Mais il manquait totalement de force de caractère. Il n'avait pas l'énergie que la foi donnera à Néhémie dans une occasion comparable (voir Néh. 5). Après avoir décrété la mise en liberté de tous les serviteurs hébreux, Sédécias n'est pas capable de faire respecter longtemps cette décision. Alors l'Ãternel rappelle quelles sont à ce sujet les instructions précises de la loi, dont les pères déjà n'avaient tenu aucun compte. Et nous nous souvenons des enseignements concernant le serviteur qui, par amour, ne veut pas sortir libre, beau type du Seigneur Jésus (Ex. 21:2-6).
Dieu va se servir de la méchante action de ces hommes pour illustrer le châtiment qu'il leur réserve. Il va agir comme eux, c'est-à -dire leur retirer la liberté qu'il leur avait jadis accordée et les assujettir au roi de Babylone (Luc 6:38).
Cette fois Jérémie a devant lui un service qui se révélera plus encourageant. Dieu l'a chargé d'inviter les membres de la famille des Récabites dans la maison de l'Ãternel afin de les mettre à l'épreuve. Boiront-ils le vin que leur versera le prophète? Avec fermeté, ces hommes refusent les coupes qui leur sont présentées et en font connaître la raison. En vrais nazaréens, ils sont voués à s'abstenir de ce qui parle des joies du monde (Nomb. 6:1-3). De plus, réalisant le caractère d'étrangers sur une terre où ils ne font que séjourner (fin du v. 7), ils ne sèment ni ne bâtissent, mais ils habitent sous des tentes. Toute cette conduite, précisent-ils, leur a été dictée par leur ancêtre Jonadab, cet homme fidèle que 2 Rois 10:15⦠nous montre prenant fermement position pour l'Ãternel.
Plusieurs d'entre nous ont eu des parents ou grands-parents qui leur ont enseigné â sans qu'ils la comprennent toujours â la séparation d'avec un monde où le chrétien est étranger comme l'a été son Seigneur. Plus que jamais elle doit être réalisée à la veille de Son retour (Apoc. 22:11, 12). Et Il ne nous invite pas à nous abstenir des joies du monde sans nous avoir d'abord donné, en Lui-même «une joie ineffable et glorieuse» (1 Pierre 1:8).
Les fils de Récab auraient facilement pu faire valoir que, depuis les instructions de leur ancêtre, plus de 250 ans s'étaient écoulés, qu'il était nécessaire de «vivre avec son temps», ou qu'un comportement extérieur était sans valeur à côté des dispositions du cÅur. Certains invoquent aujourd'hui de tels prétextes pour élargir le chemin. Eh bien non! Et Dieu se plaît à le reconnaître lui-même: «les fils de Jonadab, fils de Récab, ont observé le commandement de leur père» (v. 16). D'une génération à l'autre, ils avaient maintenu fermement, sans bruit (mais certainement pas sans opprobre et sans souffrances) la pieuse ligne de conduite tracée par leur devancier. Sous les règnes les plus odieux d'Achaz, de Manassé et d'Amon, ils avaient compté parmi les fidèles cachés que l'Ãternel connaissait, comme les sept mille au temps d'Ãlie (1 Rois 19:18). Et nous n'aurions rien su de cette famille si Dieu n'avait voulu se servir d'elle pour rendre un témoignage public à tout Juda. Oui, l'exemple des Récabites soulignait la désobéissance du peuple de Jérusalem,⦠de même qu'aujourd'hui la manière de vivre des chrétiens devrait condamner par contraste un monde révolté contre Dieu et parler à sa conscience.
Nous avons déjà fait la connaissance de Baruc, secrétaire et ami fidèle de Jérémie (ch. 32:12). Son nom signifie «béni». Bien qu'appartenant à une noble famille (son frère Seraïa était premier chambellan du roi; ch. 51:59), cet homme avait choisi la compagnie du prophète captif, haï et méprisé plutôt que celle des princes à laquelle sa naissance lui donnait droit. Il nous fait penser à Onésiphore, ce frère dévoué qui visitait Paul dans sa prison à Rome, au sujet duquel ce dernier peut écrire à Timothée: «Il m'a souvent consolé et n'a point eu honte de ma chaîne,⦠et tu sais mieux que personne combien de services il a rendus dans Ãphèse» (2 Tim. 1:16-18). Baruc, lui aussi, est toujours prêt à servir malgré les risques que cela comporte. Oui admirons â et souhaitons posséder â ce beau zèle dicté par l'amour à la fois pour Dieu, pour son serviteur et pour son peuple. Il s'agit ici d'écrire, sous la dictée de Jérémie prisonnier, les paroles de Dieu lui-même (comp. aussi Rom. 16:22); puis de les lire, le jour du jeûne, aux oreilles de tout Juda. Un auditeur nommé Michée, spécialement attentif, s'empresse d'informer les princes et ceux-ci convoquent Baruc pour qu'il leur donne une audition particulière du contenu de ce rouleau.
Nous avons laissé Baruc assis au milieu des princes de Juda, occupé à leur lire les paroles de l'Ãternel. Effrayés, ces hommes se regardent les uns les autres. La question leur paraît trop sérieuse pour ne pas en parler au roi. Ce dernier, mis au courant, ordonne qu'on lui fasse aussi la lecture de ce redoutable rouleau. Nous remarquons que son contenu ne nous a été donné ni lors de sa rédaction, ni à l'occasion des trois lectures qui en sont faites. Mais il est permis de penser que le ch. 25 de notre livre en faisait partie (comp. respect. v. 1 et 29 avec Jér. 25:1 et 9).
Après avoir écouté un moment avec une irritation grandissante, le roi s'empare du rouleau, le taillade et le jette au feu. C'était sa manière insensée de se débarrasser du jugement. Or, non seulement il ne pouvait détruire avec le rouleau une seule des paroles qui y étaient écrites (au contraire, sur l'ordre de l'Ãternel un autre vient le remplacer, sur lequel sont ajoutées encore «plusieurs paroles semblables»). Mais le roi attirait ainsi que sa tête un châtiment supplémentaire (v. 30, 31; Prov. 13:13).
Combien de personnes méprisent la Parole de Dieu, sans que ce soit nécessairement en imitant le geste téméraire de Jehoïakim (Ps. 50:17; 1 Jean 4:6)!
Le ch. 37 nous replace au temps de Sédécias. Mieux intentionné, mais plus faible que son prédécesseur, ce roi est également resté sourd à toutes les paroles de l'Ãternel. Ce qui ne l'empêche pas, comme au ch. 21, de consulter Jérémie et de réclamer son intercession. Bien souvent nous sommes davantage portés à faire des demandes au Seigneur qu'à écouter ce que lui veut nous dire. Mais si nous désirons qu'il réponde à nos prières, commençons donc par Lui obéir (Jean 15:7)!
Les événements semblent un moment contredire ce que le prophète a annoncé. Au lieu de prendre Jérusalem, les Chaldéens menacés par l'armée égyptienne ont levé le siège et s'en sont allés. La ville paraît délivrée. Situation toute provisoire, l'Ãternel le rappelle à Jérémie! Celui-ci pense en profiter pour quitter la ville condamnée, mais il est reconnu et amené aux princes sous l'inculpation de trahison. Du temps de Jehoïakim, les princes semblent avoir eu de meilleures dispositions que le roi (Jér. 36:19). Sous Sédécias c'est le contraire. Alors que Jérémie a été battu et emprisonné par ces princes, le roi se ménage avec lui une entrevue secrète, et ensuite il améliore les conditions de sa captivité.
Les princes sont exaspérés contre Jérémie qu'ils accusent de tenir des propos défaitistes. Ils obtiennent du roi l'autorisation dont ils ont besoin pour le jeter dans la fosse et l'y laisser mourir. Grande est la détresse de l'homme de Dieu dans ce puits immonde et bourbeux. Mais il invoque l'Ãternel et reçoit cette précieuse réponse: «ne crains pas» (lire Lam. 3:52-57). La délivrance est prête. Dieu en a préparé l'instrument: quelqu'un qui ne faisait même pas partie du peuple, un serviteur noir du palais, nommé Ãbed-Mélec (il nous fait penser au jeune homme dont Dieu se sert pour la délivrance de Paul: Actes 23:16). Sédécias est influençable pour le bien comme pour le mal; il se laisse fléchir. Et nous assistons à l'opération laborieuse de la sortie du sombre puits, qui souligne le dévouement d'Ãbed-Mélec.
Faussement accusé, battu, jeté dans cette fosse affreuse, Jérémie est tout spécialement ici une figure du Seigneur Jésus. La fin du v. 6 nous fait penser du Ps. 69:2: «Je suis enfoncé dans une boue profonde, et il n'y a pas où prendre piedâ¦Â». C'est une image des souffrances et de la mort de Christ. Et le v. 13 peut être rapproché du début du Ps. 40 relatif à sa résurrection: «Il m'a fait monter hors du puits de la destruction, hors d'un bourbier fangeuxâ¦Â».
Le pauvre Sédécias, tourmenté de soucis et d'incertitudes, convoque de nouveau secrètement Jérémie. Celui-ci l'exhorte à sortir «franchement» vers les chefs chaldéens et à se rendre. Il l'avertit de ce qui l'attend s'il ne le fait pas: il est menacé d'avoir ses pieds comme «enfoncés dans le bourbier» (v. 22). Sans doute le prophète dit-il cela en pensant à son expérience récente. Mais quelle différence entre les deux hommes! Tout en sachant bien quelle était la volonté de Dieu, Sédécias est sans force pour l'accomplir parce qu'il est dominé par la crainte des hommes: crainte des Chaldéens, crainte des princes (v. 5 et 25), crainte des Juifs déjà transportés (v. 19; voir Prov. 29:25). Seule, la vraie crainte de Dieu paraît absente de sa pensée. Oui, quel contraste avec l'assurance que la foi donne à Jérémie! Cette rencontre nous fait penser à la scène du Jér. 26 des Actes où nous voyons Paul prisonnier comparaître devant le roi Agrippa. Il peut lui parler «hardiment» (v. 26) et termine en disant: «Plût à Dieu que vous deveniez de toutes manières tels que je suis, hormis ces liens» (v. 29). Qu'il nous soit donné à nous aussi d'être tels que Paul et que Jérémie, toujours pleins de courage devant les hommes parce que le Seigneur est avec nous (Héb. 13:6).
Et c'est la prise, tragique, de Jérusalem! â Sédécias et ses guerriers s'enfuient à travers les jardins. Trop tard! Ils sont rejoints, enchaînés, conduits au roi de Babylone. Onze ans plus tôt, ce dernier avait lui-même placé Sédécias sur le trône de Juda et lui avait fait prêter un serment de fidélité en jurant par Dieu (2 Chr. 36:13; Ãz. 17:18-20). En se révoltant avec l'appui de l'Ãgypte (Jér. 37:7), Sédécias avait manqué à sa parole et montré aux ennemis d'Israël le peu de cas qu'il faisait du nom de l'Ãternel, auquel Nebucadnetsar par contre avait attaché de la valeur. D'où le cruel châtiment que subit le roi lâche et parjure.
Une parole personnelle est adressée à Ãbed-Mélec dans les v. 15-18. Dieu connaissait ses craintes (v. 17) â de même qu'il connaît toutes nos inquiétudes â et il ne les condamne pas. Mais alors que les craintes de Sédécias l'avaient conduit à s'appuyer sur des hommes pour échapper à d'autres hommes, la peur éprouvée par Ãbed-Mélec le rejetait sur l'Ãternel. «Tu as eu confiance en moi», dit l'Ãternel. Beau témoignage qui ouvre à cet humble esclave étranger l'accès aux promesses de grâce du Jér. 17:7 et 8 (comp. Ps. 37:3, 39, 40 et Ruth 2:12).
Qu'est devenu Jérémie au milieu de ces événements? Resté dans la cour de la prison «jusqu'au jour où Jérusalem fut prise» (Jér. 38:28), il a été enchaîné au milieu de tous les autres captifs, et il a fait partie jusqu'à Rama du lugubre cortège des déportés conduits en exil. Cependant Nebuzaradan, le chef des gardes chargé des prisonniers, a reçu du roi de Babylone lui-même des instructions bienveillantes au sujet de Jérémie. Non seulement il ne doit lui être fait aucun mal, mais le prophète est invité à décider lui-même de son sort. Ira-t-il à Babylone où se trouvent les «bonnes figues» du ch. 24, ces transportés que l'Ãternel a promis de protéger et de faire prospérer? Ou restera-t-il avec ces pauvres du pays qui sont laissés en Judée? Malgré la liberté qui lui est laissée, le prophète s'abstient de choisir lui-même (v. 5), en quoi il nous donne une nouvelle leçon de dépendance. Ce n'est pas son bien-être qui est en question, mais le désir de se trouver à l'endroit où Dieu veut le placer pour Son service. Sans direction spéciale d'en haut, il laisse le chef des gardes choisir à sa place et reconnaît dans le conseil qui lui est donné la volonté de l'Ãternel. Câest un exemple à suivre toutes les fois que notre chemin nâest pas clair (comp. Gen. 13:9).
Avec la destruction de Jérusalem et la captivité de son dernier roi, Nebucadnetsar a supprimé toute possibilité de révolte dans le royaume de Juda. Il y a pourtant maintenu un certain nombre d'habitants parmi les plus pauvres, afin de ne pas laisser le pays à l'abandon, et a placé à leur tête Guedalia, un gouverneur qui a la faveur de tous. Pendant ce temps, nous voyons l'Ãternel veiller en grâce sur ces réchappés de la transportation en faisant prospérer leurs récoltes (v. 12; comp. Prov. 30:25).
Hélas! Cette période favorable ne dure pas. Dieu, qui connaît les cÅurs, permet de nouveaux événements tragiques afin de manifester leur état. Sous la figure du roi des fils d'Ammon (v. 14) réapparaît un vieil ennemi d'Israël qu'on pouvait croire anéanti. Mais il existe toujours, et ses méchantes dispositions n'ont pas changé; la faiblesse du peuple est maintenant pour lui l'occasion de les montrer. Ainsi en est-il de Satan, notre grand adversaire. Il ne désarme jamais et cherche toujours à profiter de ce qui a affaibli notre résistance (fatigue, paresse, manque de vigilanceâ¦).
Avec l'appui de Baalis, Ismaël, jaloux sans doute de l'autorité de Guedalia, organise un complot pour l'assassiner lâchement, ainsi que les Juifs qui sont avec lui à Mitspa.
La nouvelle de l'affreux massacre de Mitspa est parvenue aux oreilles de Jokhanan. Il se porte rapidement au-devant de la troupe d'Ismaël et, à sa venue, tout le peuple que ce dernier emmenait en captivité chez les fils d'Ammon s'empresse de changer de camp. Ismaël lui-même, constatant qu'il a affaire à plus fort que lui, échappe avec huit hommes et trouve refuge auprès de Baalis son protecteur. De leur côté Jokhanan et le peuple délivré habitent à l'hôtellerie de Kimham près de Bethléhem (peut-être la même où, plus tard, il ne sera pas trouvé place pour le Fils de Dieu â Luc 2:7).
Mais tout danger est loin d'être écarté pour ces pauvres gens. Le meurtre du gouverneur établi par le roi de Babylone expose maintenant les Juifs à la colère de celui-ci dès qu'il sera informé. Nebucadnetsar, poussé à bout par les rebellions successives du peuple de Juda, ne peut manquer d'intervenir avec la dernière sévérité, les innocents payant cette fois pour les coupables. Dans leurs craintes et leur perplexité, Jokhanan et ses compagnons se tournent avec une apparente humilité vers Jérémie que nous retrouvons ici au milieu d'eux. Il est le porteur de la Parole de Dieu, et celle-ci est, répétons-le, la seule source de lumière pour nous comme pour ce peuple (Ps. 119:105).
En Ãsa. 30:2 (lire tout le paragraphe), lâÃternel déclare: «ils sâen vont pour descendre en Ãgypte, et ils nâont pas interrogé ma bouche». Ici, Dieu a bien été consulté par lâintermédiaire de son prophète, mais le peuple nâobéira que si la réponse correspond à ses intentions.
Dix jours s'écoulent. Le prophète ne se hâte pas de répondre, attendant lui-même la révélation de la pensée divine.
Pourquoi le Seigneur tarde-t-il souvent à exaucer nos prières? Il veut mettre à l'épreuve notre confiance en lui. Or la foi est toujours patiente. Aussi le temps seul permet-il de reconnaître si notre prière a été celle de la foi, ou si au contraire, fatigués d'attendre, nous avons fini par chercher nous-mêmes une solution à notre difficulté.
La question posée était la suivante: Faut-il descendre en Ãgypte ou demeurer dans le pays?
Par la bouche de Jérémie, l'Ãternel fait connaître sa réponse pleine de grâce mais péremptoire: Restez dans le pays! Vous y serez bénis. Le roi de Babylone sera incliné à la bienveillance et à la miséricorde. Ce serait votre perte que d'aller en Ãgypte.
Amis croyants, quel que soit le chemin qui s'ouvre devant nous, gardons-nous de nous y engager avant de connaître la volonté du Seigneur.
En s'adressant à Jérémie, le peuple s'était engagé solennellement à écouter la voix de l'Ãternel «soit bien, soit mal» (Jér. 42:6). Or la réponse était aussi claire que possible: ils ne devaient pas partir. Mais cette défense ne s'accordait pas avec les secrètes intentions de Jokhanan et de ses compagnons. Ils s'étaient séduits eux-mêmes dans leurs âmes (Jér. 42:20), étant décidés à aller en Ãgypte. Et Jér. 41:17 nous montre qu'ils avaient déjà fait ce projet en arrivant à Kimham, avant même de consulter Jérémie. N'est-ce pas se moquer de Dieu que de Lui demander sa volonté en sachant très bien d'avance ce qu'on a l'intention de faire? Hélas! Un tel manque de droiture est peut-être plus fréquent que nous ne le pensons et nous avons tous besoin de prendre garde à nos cÅurs rusés (Jér. 17:9).
Une fois de plus Jérémie souffre injustement. Il est accusé par ces «hommes orgueilleux» de mentir et de chercher la servitude et la mort du peuple, lui qui, au contraire, va donner la mesure de son amour en accompagnant encore ce peuple dans son voyage désastreux.
Ils ont cru se mettre à l'abri, mais c'est justement là que Nebucadnetsar les atteindra (v. 11). Les dispositions prises par manque de foi attirent souvent sur nous l'épreuve même que nous voulions éviter.
«Qu'as-tu affaire d'aller en Ãgypte pour boire les eaux du Shikhor?» avait demandé l'Ãternel au début de ce livre (Jér. 2:18). Et Il savait bien pour quelle raison il ne voulait pas de ce voyage en Ãgypte (comp. Deut. 17:16). L'affreuse idolâtrie de Juda, en particulier depuis le temps de son roi Manassé, avait été la cause des jugements qui venaient de les frapper. Or l'Ãgypte était, elle aussi, vouée aux idoles (qu'importe si elles portaient des noms différents) et le peuple risquait de s'y corrompre encore davantage. Ce qui n'a pas manqué de se produire! Nous pouvons être certains qu'en nous fermant un chemin, Dieu veut nous protéger contre des dangers que lui connaît, même si, sur le moment, nous ne comprenons pas ses motifs. En insistant, en agissant selon notre propre sagesse, nous ne pouvons donc que nous faire le plus grand tort à nous-mêmes.
«Pourquoi faites-vous un grand mal contre vos âmes?», demande ici l'Ãternel au peuple. Oui, ne le perdons pas de vue, c'est à nos âmes que nous causons du dommage en n'accomplissant pas la volonté du Seigneur (Prov. 8:36; Hab. 2:10).
Gens de cou raide, malgré toutes les pénibles leçons reçues, ces Juifs ne s'étaient pas humiliés jusqu'à ce jour; leur orgueil n'était pas brisé (v. 10; Jér. 43:2).
Délibérément le peuple choisit de servir les idoles, ainsi qu'avaient fait leurs pères, et il n'a pas honte de le déclarer. Il est en rébellion ouverte contre l'Ãternel. Moralement, que de chemin a été parcouru depuis Jos. 24 où Israël, monté d'Ãgypte en Canaan, suivait son conducteur pour prendre cet engagement: «Loin de nous que nous abandonnions l'Ãternel pour servir d'autres dieux⦠nous servirons l'Ãternel, car c'est lui qui est notre Dieu» (lire Jos. 24:16, 18). Et, avec une entière mauvaise foi, ces Juifs attribuent leur misère actuelle au fait d'avoir cessé de vénérer «la reine des cieux» (comp. Jér. 7:18). Alors que l'Ãternel les avait avertis que l'épée, la peste et la famine les attendaient en Ãgypte, au moment où ces malheurs surviennent, ils en prennent prétexte pour renouveler leurs sacrifices à ces idoles! Combien de gens raisonnent de la même manière: Dieu ne m'a pas donné ce que je désirais! Qu'à cela ne tienne; je me tourne du côté du monde (dont l'Ãgypte est toujours l'image); lui ne me refusera rien.
Misérable cÅur humain! Ces versets nous apprennent aussi qu'il peut être simultanément sous l'emprise de l'incrédulité orgueilleuse et de la plus ténébreuse superstition (2 Cor. 4:4).
Jérémie a fait le rappel des abominables péchés du peuple. Il a pris note de l'outrageuse réponse de cette assemblée de rebelles. Il en tire maintenant les conclusions. Elles sont effrayantes! à l'exception d'un fort petit nombre, ce peuple va périr en Ãgypte sous le coup des calamités qui l'attendent (et dont «la reine des cieux» sera bien incapable de les protéger). Il n'en sera plus jamais question.
Mais, dans ces temps de ruine générale, il est consolant de constater que «le Seigneur connaît ceux qui sont siens» (2 Tim. 2:19). Tout un petit chapitre est consacré à Baruc. L'Ãternel a pour lui une parole personnelle, tout à la fois de remontrance et de réconfort. Cet homme a été â avec Jérémie qu'il n'a pas quitté â l'objet de calomnies et d'accusations publiques (Jér. 43:3). Toutefois ce qui importait, c'était ce que Dieu pensait de lui (2 Tim. 2:15). Baruc, descendant de famille princière, avait peut-être espéré jouer un rôle, prendre la tête d'un peuple humilié et restauré. Aussi le découragement l'a-t-il atteint (v. 3; Prov. 24:10). Mais l'Ãternel l'exhorte: «Tu chercherais pour toi de grandes choses? Ne les cherche pas» (v. 5). De notre part non plus, le Seigneur n'attend pas de grandes choses⦠à l'exception d'une chose très grande à ses yeux: la fidélité (comp. Apoc. 3:8).
De même qu'Ãsaïe dans ses ch. 13 et suivants, Jérémie est maintenant amené à prophétiser au sujet des nations. La première est précisément l'Ãgypte où le peuple a cru trouver un refuge. Image du monde idolâtre: des jugements terribles vont tomber sur elle. Et nous nous souvenons des déclarations du Nouveau Testament au sujet de ce monde qui s'en va (1 Jean 2:17), de la figure de ce monde qui passe (1 Cor. 7:31).
Le roi d'Ãgypte est l'objet d'une comparaison ironique et sévère: «Le Pharaon⦠n'est qu'un bruit» (v. 17). Un bruit peut effrayer un instant, mais qu'y a-t-il de plus fugace et de plus inutile? Combien de grands, et de moins grands, personnages de ce monde ne sont rien de plus qu'un «bruit» passager! Les journaux de cette semaine leur consacrent des colonnes; dans un mois ou dans un an, ils auront sombré dans l'oubli.
Une autre triste parole est ajoutée au sujet de ce Pharaon: Comme son lointain prédécesseur de l'Exode qui avait endurci son cÅur, cet homme «a laissé passer le temps» (comp. Jean 12:35). Chers jeunes lecteurs, c'est là une pensée sérieuse. Le temps de vous convertir, le temps de servir le Seigneur ici-bas, le temps aussi de répondre à l'invitation de Luc 22:19, ne les laissez point passer!
Au milieu de ces jugements contre les nations, l'Ãternel prend soin d'intercaler une parole destinée à rassurer le futur résidu d'Israël. De la même manière, quand l'avenir s'assombrit pour le monde, l'enfant de Dieu est invité à ne pas craindre et à se souvenir de son espérance (2 Thess. 2:16, 17).
Dans le ch. 47, c'est la Philistie qui est condamnée. Nous savons que cet ennemi traditionnel d'Israël était installé à l'intérieur des frontières, contrairement aux autres nations (Moab, Ammon, Ãdomâ¦) dont il sera question dans les chapitres suivants. Si ce peuple a été parfois tributaire, en particulier sous le règne de David (2 Sam. 8:1), cependant Israël, même du temps de ses plus puissants rois, n'a jamais pu lui arracher les villes (Gaza, Askalonâ¦) qui faisaient partie de son territoire. Tirant leur origine de l'Ãgypte (Mitsraïm: Gen. 10:6 note, 13, 14), les Philistins nous parlent des «professants» inconvertis de ce monde qui prennent place sans en avoir le droit dans le pays de la bénédiction. Ils se réclament des privilèges chrétiens sans avoir la vie qui y donne droit; ils prétendent être des enfants de Dieu, tout en étant les ennemis de Son peuple et de la vérité. Nous devons les traiter pour ce qu'ils sont en réalité et ne leur faire aucune concession.
Après le court chapitre consacré à la Philistie, l'Ãternel a en revanche beaucoup à dire au sujet de Moab. Ce peuple avait mis sa confiance dans ses ouvrages, dans ses trésors (v. 7), dans son dieu Kemosh (v. 13) et dans ses hommes de guerre (v. 14). Or non seulement ces secours sur lesquels il comptait ne le délivrent aucunement, mais ils sont la cause du jugement qui tombe sur lui (v. 7).
Quelque chose d'essentiel avait manqué à Moab. Si étonnant que cela puisse paraître, c'était⦠des épreuves. Le vin nouveau doit d'abord être transvasé de tonneau en tonneau jusqu'à ce qu'il devienne clair, «dépouillé», toute sa lie s'étant peu à peu déposée. Mais Moab n'avait jamais subi ce traitement. Il avait été «à son aise dès sa jeunesse» (v. 11; Zach. 1:15); il n'avait pas appris par des circonstances difficiles à se connaître de manière à perdre son mauvais goût d'origine (c'est ce résultat que l'Ãternel va chercher à produire chez Israël en l'envoyant en captivité). Oui, le Seigneur sait ce qu'il fait quand il nous remue et nous arrache à notre nonchalance (Ps. 119:67). Ces «transvasements» désagréables sont destinés à nous faire perdre chaque fois un peu plus de notre propre volonté, un peu de notre prétention, un peu de notre confiance en nous-mêmes.
Les fils d'Ammon avaient lâchement profité de la transportation des dix tribus pour s'approprier le territoire de Gad de l'autre côté du Jourdain. Par un juste retour des choses, après avoir indûment «hérité» d'Israël, ils deviendront son héritage (fin du v. 2). Nous avons vu hier Moab le moqueur devenir à son tour un objet de dérision (Jér. 48:26, 27), et il est remarquable de constater que les jugements que Dieu envoie sont souvent en rapport avec la faute commise envers autrui. De telles leçons, si nous savons les recevoir, nous permettront de mieux comprendre la portée de Matt. 7:2 et 12, en nous incitant à ne pas faire aux autres ce que nous ne désirons pas qu'il nous soit fait.
Ce qui caractérise ici Ãdom, c'est son extrême arrogance. Niché comme l'aigle dans ses rochers escarpés et sauvages de la montagne de Séhir (v. 16), ce peuple se considérait comme invulnérable. Mais Dieu a su et saura de nouveau l'y trouver pour l'en faire descendre, réduisant son repaire en désert perpétuel (v. 13 et Abd. 4). Contrairement à Moab et à Ammon, l'Ãternel ne fait en terminant aucune promesse à Ãdom de rétablir ses captifs. «Il n'y aura pas de reste de la maison d'Ãsaü» (Abd. 18; comp. Jér. 48:47 et Jér. 49:6).
Après Ãdom, il s'agit d'abord de Damas, avec Hamath et Arpad, villes principales de la Syrie; puis de Kédar et de Hatsor où habitaient des tribus nomades. C'est enfin la sentence contre Ãlam (la Perse), nation éloignée d'Israël, alors que toutes les autres étaient ses voisines.
Dieu est juste. Il a mesuré exactement le châtiment de chacun de ces peuples et le proportionne aux privilèges reçus (Rom. 2:6; Dan. 4:35). Au Jér. 2:10, 11, l'Ãternel avait précisément comparé Israël à Kédar, peuplade ignorante mais restée au moins fidèle à ses faux dieux, alors que Son peuple s'était détourné du vrai Dieu. Combien Israël instruit par la loi était plus coupable! Rappelons-nous â spécialement si nous sommes enfants de parents chrétiens â ce sérieux verset: «à quiconque il aura été beaucoup donné, il sera beaucoup redemandé» (Luc 12:48).
Tous ces peuples devaient tomber comme Juda au pouvoir de Nebucadnetsar (v. 30) et devenir autant de provinces du grand empire babylonien. Il était donc vain et insensé de la part des Juifs de se tourner vers ces voisins pour y chercher refuge et sécurité (Ps. 60:11). Comment ceux-ci leur viendraient-ils en aide, eux qui ne pouvaient se délivrer eux-mêmes?
Berceau de la mondanité et de la corruption, Babylone est la dernière des nations à entendre le jugement de l'Ãternel. Parce que Jérémie prêchait la soumission à Nebucadnetsar, on l'avait accusé d'être favorable aux Chaldéens et de trahir son propre peuple. Eh bien! Ces deux longs chapitres de la prophétie nous montrent ce que Dieu lui avait enseigné au sujet de Babylone. Il avait d'ailleurs déjà déclaré que si l'Ãternel s'en servait pour discipliner Juda, le moment viendrait où, à son tour, la grande cité serait «visitée» en jugement et réduite en désolations perpétuelles (Jér. 25:12-14). Bel, Merodac (le dieu Mardouk) et toutes ses autres idoles allaient honteusement disparaître avec ceux qui les servaient, tandis qu'Israël et Juda ne seraient point «privés de leur Dieu, de l'Ãternel des armées» (voir Jér. 51:5). Ces jugements qui allaient frapper Babylone contribueraient à ouvrir enfin les yeux et le cÅur des captifs du peuple. Jér. 50:4 et 5 nous montrent les larmes et l'humiliation qui accompagneront leur retour à l'Ãternel, prélude de leur délivrance complète et finale. Le monde actuel est rempli de vaines idoles qui bientôt passeront avec lui. Instruits comme nous le sommes par la Parole de Dieu, pourrions-nous nous y attacher (1 Jean 5:21)?
On trouvera un plan résumant et expliquant ces ch. 50 et 51 dans la brochure «Sommaire du Livre de Jérémie» de H.R., dont nous recommandons la lecture.
Certes le châtiment d'Israël par le moyen des Chaldéens répondait à la volonté de Dieu. Mais l'acharnement et la cruauté que ceux-ci allaient apporter à son exécution justifieraient la «vengeance» dont Babylone serait ensuite l'objet. De plus, en s'attaquant à Israël, Babylone combattrait contre l'Ãternel (fin du v. 24; voir Zach. 2:8). En particulier, la destruction et le pillage du temple seraient une insulte personnelle envers Celui qui y avait mis sa gloire. Pour cette raison le châtiment de Babylone est appelé «la vengeance de Son temple» (v. 28 et Jér. 51:11).
Remarquons combien ces sombres chapitres sont en même temps remplis d'encouragements pour les fidèles du peuple de Dieu. L'Ãternel, leur rédempteur, est fort; et il prendra en main la cause d'Israël, sa «brebis chassée» pour la sauver de la gueule des lions qui la dévorent (v. 17 et 34). En ce temps-là , Son pardon aura effacé toutes ses fautes: «On cherchera l'iniquité d'Israël, et il n'y en aura point, et les péchés de Juda, et ils ne seront pas trouvés» (v. 20; Nomb. 23:21).
Bien des expressions de ces chapitres sont reprises dans l'Apocalypse à propos de la Babylone future. Celle-ci n'est plus une ville, mais un vaste système religieux, contrefaçon satanique de l'Ãglise de Christ, qui prendra tout son essor après que cette dernière aura été enlevée. Dans ce déploiement de mal, l'appel divin se fait entendre à plusieurs reprises: «Sortez du milieu d'elle, mon peuple» (Jér. 50:8; Jér. 51:6 et 45; Zach. 2:7; Apoc. 18:4). En effet, rester à Babylone après la condamnation prononcée par Dieu, c'est d'une part participer-ses péchés, et d'autre part s'exposer à partager ses plaies. Un ordre semblable est adressé aujourd'hui par le Seigneur à tous les siens encore dispersés dans les différents milieux de la chrétienté professante: «Qu'il se retire de l'iniquité, quiconque prononce le nom du Seigneur» (2 Tim. 2:19). Mais, tout en constatant autour d'eux cette iniquité, certains croyants estiment devoir, malgré tout, rester dans un milieu reconnu mauvais; ils espèrent par leur bonne influence contribuer à son amélioration. C'est se bercer d'une illusion, et en même temps s'estimer plus sage que Celui qui leur enjoint d'en sortir (2 Cor. 6:14-18).
«De loin souvenez-vous de l'Ãternel et que Jérusalem vous vienne au cÅur» (v. 50). Ce n'est pas sans savoir où aller que le résidu fidèle était invité à sortir du milieu corrompu de Babylone. Pour prendre cette décision courageuse, il fallait être d'abord attiré au dehors par de puissantes affections (Ps. 137:5, 6). De même aujourd'hui, c'est «vers Lui», vers Jésus présent au milieu des «deux ou trois» réunis en son nom, que le croyant est invité à sortir hors du camp religieux de la profession chrétienne (Héb. 13:13).
En terminant l'exposé de tous ses jugements, l'Ãternel les signe d'un nom redoutable: «Le Dieu des rétributions» (v. 56). Mais, détail remarquable, ces paroles de jugement contre Babylone précèdent le récit de la destruction du temple au Jér. 52. Il faut que la ruine des idoles babyloniennes soit annoncée avant que n'ait lieu effectivement celle du Temple (v. 47 et 52). Ainsi personne ne pourra penser que ces idoles sont réellement plus puissantes que le Dieu d'Israël. Sept années avant la prise de Jérusalem, toutes ces paroles devaient être écrites dans un livre. Et celui-ci, après lecture, devait être immergé au milieu de l'Euphrate par les soins de Seraïa, frère de Baruc, comme gage que Babylone serait engloutie.
Ce chapitre 52 ne fait plus partie des «paroles de Jérémie» (Jér. 51:64). De même que le Jér. 39, il expose les événements qui ont mis fin au royaume de Juda, et il reproduit à peu de chose près 2 Rois 25.
L'heure du jugement a sonné; il frappe à la fois Jérusalem, son temple (v. 17-23), son roi, ses habitants. La ville est prise, Sédécias et son armée cherchent en prenant la fuite à échapper au filet qui se referme. Mais ce n'est pas aux Chaldéens, c'est-Dieu qu'ils ont affaire. Conduit à Ribla auprès de Nebucadnetsar, le roi de Juda a les yeux crevés, punition réservée aux vassaux félons, et, lié de chaînes d'airain, il prend le chemin de l'exil. Jusqu'à la fin de sa vie misérable, il gardera comme dernière vision le spectacle atroce de ses fils égorgés. Un mois plus tard, le chef des gardes revient à Jérusalem pour brûler et démanteler systématiquement la ville rebelle et faire un tri parmi la population. Le v. 15 mentionne des transfuges. Quelques-uns avaient donc écouté Jérémie.
Ces choses ne sont pas écrites (et répétées) à cause de leur intérêt historique, mais pour l'instruction de nos âmes, afin de nous servir d'avertissement (1 Cor. 10:11). «Vous donc, bien-aimés, sachant ces choses à l'avance, prenez gardeâ¦Â» (lire 2 Pierre 3:17, 18).
En assistant au pillage de la maison de l'Ãternel, en regardant les Chaldéens briser et emporter ses belles et puissantes colonnes, nous sommes saisis de tristesse en pensant à ce qu'est devenu le témoignage d'Israël au milieu des nations. Mais que sont en comparaison les sentiments de l'Ãternel devant la destruction de la maison sur laquelle Il avait mis son nom, et la ruine de Jérusalem (lire 1 Rois 9:6-9)! Quelle valeur prennent par contraste les promesses du Seigneur au vainqueur de Philadelphie! «Celui qui vaincra, je le ferai une colonne dans le temple de mon Dieu⦠et j'écrirai sur lui le nom de mon Dieu et le nom⦠de la nouvelle Jérusalem⦠et mon nouveau nom» (Apoc. 3:12). Chers amis, en terminant la lecture de ce livre de Jérémie, demandons au Seigneur qu'Il nous donne de faire partie de ces vainqueurs, c'est-à -dire de garder sa Parole et de ne pas renier son nom, jusqu'au moment de son retour.
Dieu ne permet pas que le livre s'achève sur un triste tableau. La grâce dont Jehoïakin est l'objet de la part du successeur de Nebucadnetsar (v. 31-34) est un témoignage des soins dont l'Ãternel ne cessera d'user envers un faible résidu de son peuple.
Les Lamentations de Jérémie expriment la douleur du prophète devant les événements racontés par le dernier chapitre de son livre, c'est-à -dire la prise et la destruction de Jérusalem par l'armée de Nebucadnetsar. Mais, comme toute prophétie, la portée de celle-ci dépasse les circonstances qui en ont été l'occasion et l'Esprit nous conduit dans ces chapitres jusqu'au temps à venir de la «grande tribulation» par laquelle Israël devra passer.
Il est touchant de voir Jérémie, bien que personnellement non coupable, prendre la plus grande part à l'humiliation de Jérusalem et s'identifier avec le peuple qui est sous le jugement de Dieu. Les malheurs qu'il n'avait cessé d'annoncer, et auxquels le peuple n'avait pas voulu croire, sont maintenant arrivés. Un autre n'aurait pas manqué de dire: Je vous avais avertis! Si seulement vous m'aviez écouté! Le serviteur de Dieu ne cherche pas ainsi à triompher. Bien au contraire! Jérusalem qui ne trouve plus au jour de sa détresse personne qui lui aide (v. 7; Ãsaïe 51:18, 19), personne qui la console (v. 2, 9, 17, 21) aura en Jérémie (type de Christ) le plus fidèle des amis, le plus fervent des intercesseurs (voir Prov. 17:17).
«N'est-ce rien pour vous tous qui passez par le chemin?» s'écrie Jérusalem du milieu de sa calamité (v. 12). Que de fois nous passons insensibles à côté de la souffrance d'autrui (v. 21)! Que d'occasions précieuses nous perdons d'exprimer un peu de sympathie! Demandons au Seigneur de nous donner des cÅurs plus sensibles, mieux à même de comprendre les peines de ceux qui nous entourent et de leur apporter, de la part de Dieu, une consolation véritable. â Comment ne pas penser à la croix en présence de cette douleur sans égale infligée par la colère de Dieu (v. 12)? Mais Christ n'avait «rien fait qui ne se dût faire», alors que, par la bouche de Jérémie, Jérusalem reconnaît, comme le brigand, avoir pleinement mérité ce qui lui arrive (v. 18; Luc 23:41). Il nous semble aussi voir la foule de «ceux qui passaient par là », devant le Sauveur crucifié (Matt. 27:39). Il y avait parmi ces passants â et il y a encore aujourd'hui en présence de la croix â des gens hostiles, des moqueurs, mais surtout des indifférents. C'est à eux que cette question s'adresse. Cher ami, ces souffrances de Jésus étaient pour votre salut. Est-ce qu'elles vous laissent insensible? Est-ce que cela n'est rien pour vous?
Au ch. 1, les ennemis de Jérusalem étaient considérés comme responsables de ses malheurs. à partir de maintenant, tout ce qui est arrivé est vu comme l'Åuvre du Seigneur et de lui seul. Sachons aussi reconnaître Celui qui nous discipline⦠quelquefois pour nous châtier, mais toujours pour nous bénir à la fin. Et au lieu de nous arrêter aux moyens dont Dieu se sert dans ce but: soucis de santé, d'argent, contrariétés survenant dans notre travailâ¦, au lieu de chercher seulement à en être soulagés le plus tôt possible, humilions-nous sous la puissante main de Dieu et rejetons sur lui tout notre souci, car il a soin de nous (1 Pierre 5:6, 7).
Jérusalem fait l'inventaire complet de son désastre. Son roi, ses sacrificateurs, ses prophètes sont captifs ou massacrés, ses cultes solennels abolis, ses murailles ruinées. Rien n'a été épargné, pas même les choses les plus saintes: l'autel et le sanctuaire ont été souillés (Lam. 1:10), dévastés, et les objets précieux emportés à Babylone. Oui, jusqu'à l'arche elle-même, «marchepied de Ses pieds» (v. 1; Ps. 132:7) avec la loi qui y était contenue (v. 9; 1 Rois 8:9)! Elle disparaît à jamais, preuve que Dieu rompait pour l'avenir toutes relations avec son peuple coupable.
Immense est la désolation du prophète devant le tableau des versets précédents. Ses larmes coulent, intarissables, en présence de cette ruine «grande comme la mer» (v. 13).
Jésus aussi a pleuré sur Jérusalem, sachant d'avance quelles allaient être pour la ville coupable les conséquences de Son rejet (Luc 19:41â¦).
Si le roi, les princes, les sacrificateurs, les prophètes menteurs (v. 14) et la plus grande partie du peuple, ont mérité les coups qui sont tombés sur eux, nombreux sont ceux qui souffrent sans être directement responsables. Des bébés meurent de faim; des vieillards et de jeunes enfants tombent d'inanition dans les rues (v. 11, 19, 21). Cependant Jérémie ne soulève aucun pourquoi. Il se met lui-même «à la brèche» en faveur de ce peuple qu'il aime.
Les v. 15 et 16 nous présentent de nouveau «ceux qui passent par le chemin». Mais il ne s'agit plus seulement d'indifférence, comme au Lam. 1:12. Cette fois ce sont les hochements de tête, les grincements de dents, les regards éhontés, les insultes et le mépris. Jésus, sainte Victime, a connu pendant les heures de la croix toutes ces manifestations de la méchanceté des hommes (voir Ps. 22:7, 8; Ps. 35:21).
Avec le ch. 3 nous arrivons au cÅur de ce petit livre et en même temps au fond de la détresse du prophète. Bien que n'étant pas coupable, Jérémie prend personnellement sur lui les iniquités de son peuple, de sorte que le châtiment est considéré comme tombant aussi sur lui seul: «Je suis l'homme qui ai vu l'affliction par la verge de sa fureurâ¦Â» (v. 1). Il représente ainsi le Seigneur Jésus accomplissant l'expiation de nos péchés. Les souffrances endurées à la croix de la part de l'homme, et que nous rappellent les v. 14 et 30 (comp. respectivement Ps. 69:12 et Ãsaïe 50:6) ont été suivies pendant les trois heures de ténèbres des souffrances qui Lui ont été infligées par Dieu, quand Il le traita comme le péché devait lâêtre. Ces terribles expressions de sa colère ont toutes été la part du Sauveur (comp. v. 8 et Ps. 22:2). Et pourtant sa confiance et son espérance n'ont pas manqué un instant; tandis que celles de Jérémie l'abandonnent (v. 18).
Mais, à partir du v. 21, l'affligé recherche le secours auprès de Celui même qui le frappe. Alors sa foi, soumise et confiante, lui fait trouver les merveilleuses compassions de l'Ãternel, «nouvelles chaque matin» (v. 23).
Pour que l'épreuve ne nous conduise jamais à douter de l'amour de Dieu, le prophète s'empresse maintenant d'ajouter que «ce n'est pas volontiers qu'Il afflige et contriste les fils des hommes» (v. 33). à plus forte raison ceux qui sont ses rachetés! 1 Pierre 1:6 confirme qu'il ne le fait que «pour un peu de temps» et seulement «si cela est nécessaire». Or l'épreuve est souvent nécessaire pour briser notre volonté propre quand nous l'avons laissée se développer. Voilà pourquoi il est bon à l'homme «de porter le joug dans sa jeunesse» (v. 27). S'appliquer à l'obéissance quand on est encore un enfant, apprendre la soumission dans la maison paternelle, c'est se préparer à accepter ensuite toute sa vie l'autorité du Seigneur.
L'épreuve est souvent aussi pour nous l'occasion d'un retour sur nous-mêmes: «Recherchons nos voies et scrutons-lesâ¦Â» (v. 40). Nous pourrons ainsi reconnaître avec l'auteur du Ps. 119: «Il est bon pour moi que j'aie été affligé» (v. 71).
«Tu nous as faits la balayure et le rebut au milieu des peuples» (v. 45). Paul reprendra la même comparaison, mais non pour s'en plaindre (1 Cor. 4:13). Le service de l'évangile et l'amour des saints lui permettaient d'accepter volontiers cette condition.
Nous nous souvenons de la fosse horrible dans laquelle Jérémie avait été jeté par ceux qui étaient «ses ennemis sans cause». Elle a inspiré les v. 52 et suivants et elle illustre les terreurs de la mort dans laquelle notre Sauveur, pour sa part, est entré réellement (voir aussi Jon. 2:3).
Mais les v. 55-58 peuvent être l'expérience de quiconque gémit sous le poids de ses péchés et vient à réaliser ce que le Seigneur a fait pour lui.
Le ch. 4 met en contraste l'état actuel de Jérusalem avec ce qu'elle avait été précédemment. Au temps de sa prospérité, tout avait le plus brillant aspect. Les fils de Sion étaient estimés à l'égal de l'or fin. à l'égal seulement, remarquons-le, car lorsque l'épreuve a passé comme le feu de l'affineur, tout a été consumé, alors que l'or véritable y résiste victorieusement. Oui, il ne s'agissait, hélas! que d'un éclat trompeur. Souvenons-nous-en, c'est toujours l'épreuve qui fait tomber les apparences et manifeste le véritable état d'un cÅur. La cruauté (v. 3), l'absence de toute piété (v. 4), l'égoïsme odieux conduisant aux actes les plus abominables (v. 10), voilà ce qui apparaît maintenant à nu chez ces habitants de Jérusalem. Dieu manifeste le fond de leur cÅur, et le feu de son jugement ne laisse rien subsister de leur fausse piété.
La corruption en Israël a gagné jusqu'à ses nazaréens, c'est-à -dire ceux qui (comme les chrétiens aujourd'hui) doivent se distinguer par la pureté de leur conduite et leur entière séparation pour Dieu. Ils sont au comble de la déchéance. «On ne les connaît pas dans les rues» (v. 8). Rien ne les fait plus remarquer parmi les autres malheureux habitants de Jérusalem! Demandons-nous dans quelle mesure notre comportement au milieu du monde nous fait reconnaître comme étant véritablement mis-part pour le Seigneur.
Et quant à ceux qui étaient chargés de veiller sur le peuple, à savoir ses prophètes et ses sacrificateurs, ils avaient versé le sang des justes (v. 13)! Jérémie était bien placé pour le savoir (Jér. 26:8). â «Notre fin est proche⦠notre fin est venue» disent les affligés du peuple (v. 18) après avoir inutilement attendu «un secours de vanité» et constaté que personne ne pouvait les sauver (v. 17). Eh bien! C'est le moment où Dieu déclare: «La peine de ton iniquité a pris fin» (comp. Ãsaïe 40:1, 2). Ce sera le tour d'Ãdom de subir le châtiment. Il en est toujours ainsi. Quand il est devenu évident que rien ne peut nous venir en aide et que nous sommes au bout de nos propres forces, le moment est arrivé pour Dieu d'intervenir souverainement et de nous délivrer.
Dans une dernière complainte, le «résidu» du peuple fait la triste et humiliante description de son état sans rien cacher. Non seulement leurs pères (v. 7), mais eux-mêmes ont péché et en portent la peine (v. 16). C'est à ce point que doit en arriver aussi bien un inconverti que le croyant qui s'est laissé surprendre par une faute. Nous connaissons tous par expérience, il faut l'espérer, ce pénible travail de Dieu dans notre conscience, auquel notre orgueil fait trop souvent obstacle! Mais, à la différence des affligés de ce chapitre (v. 22), au moment où nous confessons nos péchés, nous savons que Dieu nous a déjà pardonné en vertu de l'Åuvre de Christ.
Ces versets toutefois, comme d'ailleurs tout le livre, placent spécialement devant nous le côté du péché collectif. Et nous pensons au mal qui a aussi envahi l'Ãglise comme un levain, à la mondanité, à la ruine qui en est résultée et dont les effets moraux sont aussi lamentables que le tableau de ce chapitre. Ah! Si nous avons le souci de la gloire du Seigneur, nous ne pourrons pas rester indifférents à un si désolant état de choses. Qu'il nous soit donné des cÅurs véritablement humiliés, mais aussi confiants en un Dieu qui, lui, ne change jamais (v. 19).
L'Ãvangile selon Marc est celui du parfait Serviteur. Aussi n'y trouvons-nous pas le récit de la naissance du Seigneur Jésus, ni non plus sa généalogie. Car pour apprécier un serviteur, seules comptent ses qualités d'obéissance, de fidélité, de promptitude⦠Mais il est désigné dès les premiers mots comme le Fils de Dieu pour que le lecteur ne se méprenne pas sur la personne dont l'humble service va lui être raconté: il s'agit d'un esclave volontaire. Ãtant en forme de Dieu, Jésus a lui-même pris la forme d'esclave (Phil. 2:6, 7).
Précédé par le témoignage de Jean, le Seigneur commence donc immédiatement son ministère, et ce premier chapitre est caractérisé par l'emploi du mot aussitôt (onze fois).
Jésus se soumet au baptême. Bien que «saint, innocent, sans souillure» (Héb. 7:26), il prend place au milieu des pécheurs repentants. Mais pour qu'il ne soit pas confondu avec eux, Dieu fait du ciel une solennelle déclaration au sujet de son «saint serviteur Jésus» (Actes 4:27 et 30), déclaration qui devance son ministère. Ce n'est pas: en toi je trouverai; mais «j'ai trouvé mon plaisir».
Puis Jésus est poussé par l'Esprit au désert pour y lier l'Ennemi qui nous tenait asservis (voir Marc 3:27). Partout où le péché nous avait amenés, l'amour et l'obéissance ont conduit Jésus pour notre délivrance.
Jésus ayant paru, le ministère de Jean le Baptiseur se trouve par là même terminé.
Le royaume de Dieu s'est approché; le Roi en personne se trouve au milieu de son peuple. Et il fait une proclamation qui se résume à deux commandements toujours actuels: «Repentez-vous et croyez-l'évangile». Le Seigneur lit dans le cÅur de chacun la réponse donnée à cette pressante invitation. Puis, à ceux qui l'ont écoutée et reçue, il adresse un autre appel individuel à servir à sa suite: «Venez après moi», dit-il aux quatre disciples dont il connaît les dispositions intérieures. «Et aussitôt ils le suivent». Ils vont avoir le privilège dâaccompagner Jésus tout au long de son ministère, dâêtre ainsi ses témoins de tout ce quâils ont vu et entendu (1 Jean 1:1), ses disciples, apprenant de Lui (Matt. 11:29), ceci étant la condition pour être aussi plus tard ses apôtres, autrement dit ses envoyés (Jean 20:21) pour prêcher lâévangile dans le monde!
à Capernaüm, Jésus guérit un homme possédé d'un esprit immonde qui se trouve dans la synagogue même, preuve caractéristique du terrible état de ruine dans lequel Israël était tombé. Dès le début du ministère du Seigneur, Sa puissance est aux prises avec celle de Satan â à laquelle on croit si peu â et qui agit sur les corps aussi bien que sur les âmes.
Après la synagogue de Capernaüm, c'est la maison d'André et de Simon qui est la scène d'un miracle de grâce. Jésus est toujours prêt à être reçu dans nos maisons et à nous accorder ses délivrances. Faisons comme les disciples, parlons-Lui de ce qui nous tourmente (v. 30).
Sitôt guérie, la belle-mère de Simon s'empresse de servir le Seigneur et les siens. N'avait-elle pas sous les yeux l'exemple du plus grand des services?
Le soir tombe; mais pour un tel serviteur la journée n'est pas terminée. On lui amène ceux qui se portent mal et inlassablement il les soulage et les guérit. Quel était le secret de cette merveilleuse activité? Où Jésus puisait-il des forces constamment renouvelées? Le v. 35 nous apprend que c'est dans la communion avec son Dieu. Voyez de quelle manière cet homme parfait commençait sa journée (comp. Ãsaïe 50, fin du v. 4). Mais lorsqu'on l'informe de sa popularité, il quitte ces foules qui sont seulement curieuses de voir des miracles, et s'en va prêcher l'évangile ailleurs.
Puis Jésus guérit un lépreux et lui dit exactement de quelle manière il doit rendre son témoignage, un témoignage selon la Parole (v. 44; Lév. 14). Malheureusement l'homme agit selon ses propres pensées et c'est au détriment de l'Åuvre de Dieu dans cette ville.
Dans la maison de Capernaüm, Jésus se fait reconnaître selon le Ps. 103:3 comme celui qui pardonne toutes les iniquités, qui guérit toutes les infirmités. à l'égard du paralytique, il accomplit, et dans le même ordre, les deux parties de ce verset en témoignage à tous. Oui, celui qui pardonne les péchés â Åuvre spirituelle â et qui en donne une preuve matérielle en guérissant aussi la maladie, ne peut être que l'Ãternel, le Dieu d'Israël.
Les publicains percevaient les impôts pour le compte des Romains, ce qui leur procurait à la fois richesse (ils en gardaient une partie pour eux)⦠et le mépris de leurs compatriotes. Mais le Seigneur, en appelant Lévi et en acceptant son invitation, montre qu'il ne méprise et ne repousse personne. Au contraire, il est venu pour les pécheurs notoires, ceux qui ne cachent pas leur état (1 Tim. 1:15). Et il est à table avec eux, s'étant fait leur ami. Car depuis la chute, l'homme a peur de Dieu, et le fuit, à cause de sa mauvaise conscience. Avant de sauver sa créature, le premier travail de Dieu consistait donc à s'approcher d'elle, à gagner sa confiance. C'est ce qu'a fait Jésus en s'abaissant jusqu'à rencontrer l'homme misérable, afin de lui faire comprendre que Dieu l'aime.
Si le mot du parfait Serviteur est «aussitôt», celui des Juifs incrédules est «pourquoi?» (v. 7, 16, 18, 24). Interrogé au sujet du jeûne, Jésus explique qu'il s'agit d'une marque de tristesse qui, par conséquent, ne saurait convenir pendant qu'il était avec eux. Sa venue n'était-elle pas pour tout le peuple un grand sujet de joie (Luc 2:10)? Puis il saisit cette occasion pour mettre en contraste les règles et les traditions du judaïsme avec l'évangile de la libre grâce qu'il était venu leur apporter. Il est triste de constater que l'homme préfère à celle-ci des formes religieuses, parce qu'elles lui permettent de se faire une bonne réputation aux yeux d'autrui⦠tout en continuant à faire sa propre volonté. Inversement, le v. 22 nous suggère que le chrétien est quelquâun dâentièrement renouvelé. Si son cÅur est changé, s'il est rempli d'une joie nouvelle, son comportement extérieur doit nécessairement s'en trouver aussi transformé.
Les pharisiens blâment les disciples parce qu'ils arrachent des épis le jour du sabbat. L'homme détourne toujours de son but ce que Dieu lui a donné. Le sabbat était une grâce accordée à Israël, mais celui-ci s'en est servi comme d'un joug pour augmenter son esclavage moral (Actes 15:10).
Une seconde guérison a lieu dans la synagogue de Capernaüm et c'est de nouveau un jour de sabbat (Marc 1:21â¦). à ce malade dont la main est sèche, le Seigneur demande exactement l'acte qu'il est incapable d'accomplir. En commençant par obéir, l'homme donne la preuve de sa foi et c'est elle qui permet à Jésus de le guérir. Hélas, voyez la dureté de cÅur des assistants! Au lieu de se réjouir avec l'homme guéri, et d'admirer la puissance du Seigneur, ces hommes méchants prennent prétexte de ce miracle pour chercher à Le faire périr. Mais lui poursuit son ministère de grâce, et les foules, y compris des étrangers de Tyr et de Sidon (et même des Ãdomites) continuent d'affluer vers lui pour l'entendre et trouver la guérison. Puis il met à part douze disciples et les établit «pour être avec lui, et pour les envoyerâ¦Â» (comp. Jean 15:16). Ãtre avec Jésus: immense privilège, et, en même temps, condition indispensable pour pouvoir ensuite être envoyé. Comment accomplir un service sans avoir d'abord reçu ses directions (Jér. 23:21, 22)?
Dans cet évangile chacun des douze est nommé seul, pour nous rappeler qu'un serviteur doit s'attendre directement et personnellement à son Maître pour recevoir direction et secours.
Toujours prêt à se laisser approcher, le Seigneur permet à la foule d'envahir la maison dans laquelle il est entré, de sorte qu'il recommence aussitôt de les enseigner sans même avoir le temps de manger. Nous qui sommes souvent si peu disposés à ouvrir notre porte à des étrangers, à nous laisser déranger et à changer quoi que ce soit de nos habitudes, prenons exemple sur cet infatigable dévouement et sur ce complet renoncement. Pensons aussi que tel visiteur indésirable nous est peut-être envoyé pour que nous lui parlions du salut de son âme.
Certaines personnes sont troublées par le v. 29. Elles craignent d'avoir prononcé une fois, sans y prendre garde, une parole coupable qui ne pourrait jamais être pardonnée. C'est méconnaître la grâce de Dieu. «Le sang de Jésus Christ son Fils nous purifie de tout péché» (1 Jean 1:7). Le blasphème contre le Saint-Esprit était le terrible péché d'Israël incrédule. Ce peuple attribuait à Satan la puissance de l'Esprit Saint dont Jésus était revêtu. C'était d'une extrême gravité et de plus contraire à tout bon sens (v. 26).
Dans le dernier paragraphe le Seigneur distingue nettement ceux qu'il considère comme membres de sa famille. Faire la volonté de Dieu, c'était (et c'est encore) écouter le Seigneur Jésus.
Jésus se tient près de la mer et enseigne les foules en se servant du langage imagé des paraboles. La première est celle du Semeur. Il s'y présente lui-même comme celui qui apporte et répand dans le monde la bonne semence de l'Ãvangile. Bien que connaissant les cÅurs et la manière dont ils recevront â ou ne recevront pas â la vérité, Il donne à chacun l'occasion d'être en contact avec la Parole de vie. L'avez-vous reçue?
Le v. 12 ne doit pas nous déconcerter. Comme si le Seigneur pouvait craindre de voir les hommes se convertir et qu'il soit obligé, malgré lui, de pardonner leurs péchés! Comprenons que c'est du peuple juif dans son ensemble qu'il s'agit ici. Il a accusé Jésus d'avoir un démon, rejetant ainsi le témoignage du Saint-Esprit. Un tel péché ne peut lui être pardonné, et Israël sera endurci en tant que peuple (Marc 3:29; Rom. 11:7, 8 et 25). Mais tous ceux qui désirent interroger Jésus «en particulier» trouvent place «autour de lui» (v. 10), aujourd'hui comme alors, pour entendre la révélation des mystères du royaume de Dieu (v. 11, 34; comp. Prov. 28, fin du v. 5). Usons de ce grand privilège et en particulier ne nous privons pas des réunions où nous entourons le Seigneur pour écouter sa Parole.
Le Seigneur explique à ses disciples la parabole du semeur. Elle est le point de départ de tout son enseignement (v. 13). En effet, pour comprendre celui-ci, il est nécessaire que l'Ãvangile ait d'abord pris racine dans le cÅur.
Même si nous sommes de vrais croyants, craignons de ressembler parfois aux trois premiers terrains, car ce n'est pas seulement la bonne nouvelle du salut que Satan cherche à ravir aussitôt semée. Combien de paroles Dieu ne nous a-t-il pas adressées auxquelles notre cÅur n'a pas été sensible parce que nos contacts avec le monde l'avaient endurci comme le chemin (voir Marc 6:52)? Ou bien ne nous est-il pas souvent arrivé d'agir sous l'effet de nos sentiments, jusqu'à ce qu'une épreuve manifeste notre manque de dépendance et de foi (comp. v. 17)?
à l'opposé de l'insouciance, les soucis sont également nuisibles (Luc 21:34)! Avec «la tromperie des richesses et les convoitises à l'égard des autres choses», ils peuvent étouffer un temps la vie spirituelle d'un enfant de Dieu et priver le Seigneur du fruit qu'il aurait dû porter en sa saison (Tite 3:14 fin). «Prenez garde à ce que vous entendez» â recommande le Seigneur Jésus (v. 24). En Luc 8:18 nous lisons: «Prenez garde comment vous entendez». Oui, de quelle manière recevons-nous la divine Parole?
La parabole des v. 26-29 qui correspond à celle de l'ivraie dans le champ en Matt. 13, présente un enseignement sensiblement différent. Il n'est question ici que du travail de Dieu, tandis qu'en Matthieu l'ennemi intervient aussi, à cause de la négligence des hommes qui dormaient. Dans notre v. 27, le grand Semeur lui aussi paraît dormir. Mais en réalité, de jour comme de nuit, sans être vu, il veille sur sa précieuse semence et l'entoure de tous les soins nécessaires pour qu'elle croisse jusqu'à la moisson. Chers amis chrétiens, il peut nous sembler quelquefois que le Seigneur est indifférent, qu'il n'entend pas nos prières, que son Åuvre est abandonnée. Mais levons les yeux, comme Jésus invite ses disciples à le faire par la foi. Les campagnes sont déjà blanches pour la moisson (Jean 4:35).
Pour passer-l'autre rive, ce qui correspond à la périlleuse traversée du monde, les disciples ne sont pas seuls. Avec eux, dans la nacelle, ils ont pris le Seigneur «comme il était» (v. 36). Que de personnes se font de Jésus une image fausse et lointaine. «Qui est celui-ci?» demandent les disciples. â Le même qui a rassemblé le vent dans le creux de ses mains, serré les eaux dans un manteau (Prov. 30:4).
Le Seigneur et les disciples abordent au pays des Gadaréniens. La première personne qu'ils y rencontrent est un homme entièrement possédé par des démons qui le rendent furieux et indomptable. Réalité terrible, nous avons dans ce forcené le portrait moral de l'homme pécheur, jouet du diable, entraîné et tourmenté par ses passions brutales, demeurant dans la mort (les sépulcres), ne pouvant que se faire du mal à lui-même, et danger pour ses semblables. Ceux-ci avaient vainement tenté de le réduire à lâimpuissance en le couvrant de chaînes, images des règles morales par lesquelles la société cherche à refréner les débordements de la nature humaine.
Nous nous serions probablement écartés avec effroi et horreur d'une telle créature. Jésus ne s'en détourne pas. Au contraire, il va s'occuper de ce malheureux, non pour le lier de chaînes, comme l'avaient vainement essayé ses concitoyens, mais bien pour le délivrer de sa misère et de son esclavage.
Les habitants de la ville, eux, ne semblent retenir de ce miracle que la perte de leurs pourceaux! Sur leur demande le Seigneur s'en va, mais laisse maintenant derrière lui un témoin, et lequel? «Celui qui avait été démoniaque». â N'est-ce pas l'image du temps actuel? Rejeté par ce monde, Christ y maintient ceux qu'il a sauvés, et leur donne pour mission de parler de Lui. Comment nous en acquittons-nous (lire Ps. 66:16)?
Un chef de synagogue, nommé Jaïrus, a fait appel à Jésus pour la guérison de sa fille. Mais pendant que le Maître est en chemin, une femme qu'aucun médecin n'avait pu soulager va secrètement recourir à sa puissance.
Cher ami, qui a cherché peut-être de divers côtés un remède à tes souillures morales, Jésus passe encore aujourd'hui près de toi. Fais comme cette pauvre femme: saisis le bord de son vêtement (comp. Marc 6:56 fin)!
La femme sait qu'elle est sauvée, et le Seigneur le sait aussi. Mais il est nécessaire que tous l'entendent; c'est pourquoi Jésus veut l'amener à vaincre sa timidité, à se faire connaître, à confesser publiquement «toute la vérité». Ainsi obtiendra-t-elle, en réponse à sa foi, une parole de grâce infiniment meilleure que la simple guérison: «Ma fille, ta foi t'a guérie; va en paixâ¦Â» (v. 34).
Durant ce temps, la maison de Jaïrus retentissait de lamentations et de cris de désespoir (sans grande réalité; voir v. 40). Mais d'une parole Jésus réconforte le pauvre père (v. 36) tournant vers Dieu les pensées de cet homme⦠et les nôtres: «Ne crains pas; crois seulement». Puis d'une autre parole, si touchante que l'Esprit nous l'a donnée dans la langue même employée par le Sauveur, il ressuscite la jeune fille.
Pour les habitants de Nazareth, Jésus était «le charpentier». Durant trente années, il avait caché sa gloire sous l'humble condition d'un artisan de village. Un tel abaissement est incompréhensible pour l'homme naturel habitué à juger d'après les apparences.
S'il était difficile que le témoignage du Seigneur soit reçu «dans son pays et parmi ses parents et dans sa maison», à plus forte raison est-ce le cas pour le nôtre là où nous sommes connus⦠avec tous nos défauts et notre triste passé. Mais c'est aussi là que les fruits d'une vie nouvelle seront les plus évidents et constitueront la plus puissante des prédications (Phil. 2:15). Ayant été choisis au Marc 3:13-19, les douze sont maintenant envoyés prêcher la repentance. Le Seigneur les exhorte à ne rien prendre pour le chemin. Leur vie doit être celle de la foi. Moment après moment, ils recevront ce qui leur est nécessaire et pour le service, et pour leurs propres besoins. Se munir de provisions les priverait de riches expériences et leur ferait perdre de vue le lien qui les unit à leur Maître absent. Par contre les sandales sont indispensables. Elles suggèrent ce que Ãph. 6:15 appelle «la préparation de l'évangile de paix». Tout croyant doit en orner sa marche pour confirmer le message de la grâce dont il est porteur (comp. Rom. 10:15).
Tout est sujet d'effroi pour une mauvaise conscience (Prov. 28:1). Lorsque Hérode, qui avait fait décapiter Jean, entend parler de Jésus, il est terrifié à la pensée que le prophète pourrait être ressuscité. Car cela signifierait que Dieu lui-même a pris fait et cause pour sa victime. Pour la même raison les hommes seront saisis d'épouvante quand Jésus le crucifié paraîtra sur les nuées du ciel (Apoc. 6:2, 15-17; voir aussi Apoc. 11:10, 11).
Bienheureuse est la part de Jean, le plus grand des prophètes, et quel contraste avec le sort de son misérable meurtrier! Ce dernier est lâche, plutôt que cruel comme son père, Hérode le grand. Faible de caractère, dominé par ses convoitises, «il faisait beaucoup de choses» quand il avait écouté Jean, excepté de mettre sa vie en accord avec la volonté de Dieu. Faire beaucoup de choses, même de bonnes choses, ne suffit pas pour Lui être agréable. Mais voici qu'arrive «un jour favorable», oui, favorable pour Satan et les deux femmes dont il va se servir. Un banquet, la séduction d'une danse, une promesse inconsidérée tenue par amour-propre,⦠il n'en faut pas davantage pour commettre un crime abominable, payé des plus affreux tourments d'esprit.
Les apôtres qui reviennent auprès du Seigneur sont tout occupés de ce qu'ils ont fait et pressés de le raconter. Le Maître sait qu'ils ont besoin maintenant d'un peu de repos et il le leur a préparé «à l'écart» avec lui. Nous qui invoquons parfois un peu légèrement la nécessité de nous détendre, considérons quelques-unes des conditions dans lesquelles les disciples goûtent ce repos:
1º Il succède-une activité pour le Seigneur.
2º Il ne peut s'agir que d'un peu de repos, car la terre ne saurait en offrir de durable (voir Mich. 2:10).
3º Il est pris à l'écart du monde et non dans les distractions que celui-ci peut offrir.
4º On en jouit avec le Seigneur.
Repos de courte durée en effet! Déjà les foules s'assemblent. Jésus va nourrir leurs âmes, puis leurs corps (Matt. 4:4); mais d'abord, il met ses disciples à l'épreuve. Ceux-ci venaient de raconter tout ce qu'ils avaient accompli. Eh bien! C'était le moment de prouver leurs capacités au lieu de vouloir renvoyer ces gens. «Vous, donnez-leur à manger», leur dit le Seigneur, pour leur faire réaliser que tout pouvoir vient de lui. En même temps il les associe en grâce à son geste de bonté. Sagesse, puissance, amour, une fois de plus nous voyons briller ensemble ces caractères du parfait Serviteur.
Lors de la première traversée du lac (Marc 4:35-41), le Seigneur était avec ses disciples, bien qu'il dormît dans la nacelle. Ici la foi des douze est encore plus profondément éprouvée, puisque leur Maître n'est pas avec eux. Il est monté sur la montagne pour prier, pendant qu'eux, seuls dans la nuit, luttent contre le vent et les vagues. Ils ont perdu Jésus de vue, mais Lui, détail remarquable, les voit sur la mer agitée (v. 48). Et il vient à eux vers la fin de la nuit (lire Job 9:8). Combien ils sont peu préparés à le rencontrer! Alors, d'une parole, il se fait reconnaître et les rassure: «Ayez bon courage, c'est moi; n'ayez point de peur» (v. 50; Ãsaïe 43:2). Que de croyants, traversant l'épreuve, parvenus au bout de leurs forces et ayant perdu tout courage, ont pu entendre ainsi la voix connue du Seigneur leur rappeler sa présence et son amour!
En abordant dans la contrée de Génésareth, Jésus est reçu avec empressement et fait de nombreux miracles. Quel contraste avec le commencement du chapitre (v. 5, 6)! «Reconnaître Jésus comme ces gens lâont fait, même après lâavoir méconnu un temps, le recevoir, cela suffit pour se trouver au bénéfice des trésors infinis de sa grâce, toujours à la disposition de la foi» (SP).
Les pharisiens sont jaloux du succès du Seigneur auprès des foules, mais craignant celles-ci, ils n'osent pas lui tenir tête. Alors ils accusent ses disciples comme ils l'ont déjà fait au Marc 2:24. Pour ces hypocrites, la pureté extérieure avait une importance d'autant plus grande que celle de leur conscience les préoccupait moins. Tant il est vrai que la religion sans la sainteté convient parfaitement au cÅur naturel. Les pharisiens se souciaient de l'approbation des hommes et nullement de celle de Dieu.
à l'inverse, le but des croyants est avant tout de plaire au Seigneur (voir Gal. 1:10). Et comme Lui regarde au cÅur, cela nous conduira à pratiquer un soigneux «nettoyage» intérieur, autrement dit à juger nos pensées, nos motifs et nos intentions à la lumière de la Parole qui met la moindre souillure en évidence.
Jésus montre à ces pharisiens que leurs traditions vont jusqu'à contredire les commandements divins et ceci dans un cas flagrant: celui des égards et du respect dûs aux parents. Insistons sur le danger de la tradition. Faire quelque chose simplement «parce qu'on l'a toujours fait» enlève tout exercice et peut gravement nous égarer. Nous devrions toujours nous enquérir de ce que dit l'Ãcriture.
Le Seigneur, qui connaît bien le cÅur de l'homme met en garde ses disciples contre ce qui peut en sortir. Ce cÅur naturel est aussi le nôtre, mais, Dieu soit béni, il existe un remède à cet état (Ps. 51:10).
Après la constatation qu'il vient de faire, on peut penser quelle joie procure à Jésus sa rencontre avec la femme syrophénicienne. La sévérité dont il paraît user dâabord envers elle va mettre en évidence non seulement une grande foi que rien ne décourage, mais aussi une vraie humilité, car, en contraste avec les pharisiens orgueilleux, cette femme ne fait valoir aucun titre ni aucun mérite; elle prend sa vraie place devant Dieu et accepte le jugement porté sur sa condition (Ãsaïe 57:15).
C'est ensuite un sourd-muet auquel Jésus rend l'usage de ses sens après l'avoir préalablement mené-l'écart de la foule. Qui aurait eu le droit de se mêler à cette entrevue du Sauveur avec celui dont il sâoccupe? La conversion d'un pécheur exige un contact direct, personnel et intime avec le Seigneur (voir aussi Marc 8:23).
Notre lecture s'achève sur le témoignage rendu à Jésus par ces foules: «Il fait toutes choses bien» (v. 37). Et chaque croyant regardant en arrière devrait pouvoir le confirmer pour son propre compte: Oui, Seigneur, tu fais toutes choses bien!
On peut avoir en faisant le bien différents motifs plus ou moins avouables: rechercher de la considération comme les pharisiens, ou apaiser sa conscience en accomplissant un devoir social. Et, dans la chrétienté, combien d'Åuvres n'ont pas d'autres mobiles! Mais ce qui ne cessait d'animer le Seigneur Jésus, c'était sa compassion pour ces foules qu'il nourrit une seconde fois par un acte de puissance (v. 2; Marc 6:34). Nos contacts quotidiens avec le monde, ses convoitises, sa souillure, ont tendance à nous endurcir. Habitués à voir autour de nous la misère matérielle, morale et par-dessus tout spirituelle, nous n'en souffrons plus beaucoup. Mais Jésus conservait un cÅur divinement sensible. L'état du sourd-muet au Marc 7:34 le faisait soupirer (ou gémir) en regardant vers le ciel. Au v. 12 de notre chapitre, c'est l'incrédulité des pharisiens qui le fait profondément soupirer. Et enfin, la dureté de cÅur de ses propres disciples l'afflige également (voir aussi Marc 6:52; Marc 7:18). Les deux miracles auxquels ils avaient participé n'avaient pas suffi à leur donner confiance en leur Maître (comp. Jean 14:8, 9)! Combien le Seigneur a souffert pendant sa vie par sympathie, mais aussi en raison de l'incrédulité, de l'ingratitude des hommes⦠et quelquefois des siens!
à Bethsaïda, cette ville dont le Seigneur souligne spécialement l'incrédulité (Matt. 11:21), il accomplit encore un miracle en faveur d'un pauvre aveugle. Une double intervention est nécessaire pour le guérir; et de même c'est quelquefois progressivement que nous venons à la lumière de Dieu (Ps. 138:8; Phil. 1:6).
Après cela, Jésus interroge ses disciples sur les opinions qui ont cours à son sujet. Puis il leur pose la question directe et capitale: Qui suis-je pour vous? Oui, quelles que soient les pensées des autres hommes au sujet du Seigneur Jésus, je dois avoir de lui une appréciation personnelle. Mais celle-ci n'est que le point de départ du chemin dans lequel il m'invite à le suivre: celui du renoncement à moi-même et de la croix où je suis mort avec Lui. Certaines personnes éprouvées parlent de la croix qu'elles ont à porter, ou du «calvaire» qu'il leur faut accepter avec résignation. Mais ce n'est pas ce que le Seigneur veut dire ici. Il demande à chaque croyant de prendre volontiers le fardeau d'opprobre et de souffrance que le monde ne manque pas de lui présenter s'il est fidèle (Gal. 6:14). «Pour l'amour de moi», spécifie le Seigneur Jésus, car tel est le grand secret qui permet au chrétien d'accepter la mort par rapport au monde et à lui-même (v. 35; Rom. 8:36).
Selon la promesse du v. 1, trois disciples sont maintenant admis à contempler par avance «le royaume de Dieu venant avec puissance». Ce royaume est représenté par le Roi lui-même, en qui ils reconnaissent Jésus, leur maître, revêtu de majesté et de gloire resplendissante. Celui qui habituellement voilait cette gloire et la cachait sous l'humble «forme d'esclave», la découvre un moment aux regards des siens éblouis et stupéfaits (Ps. 104:1). Alors une voix sort de la nuée; elle est aussi pour nous: «Celui-ci est mon Fils bien-aimé, écoutez-le». Plus une personne a de grandeur et de dignité, plus ses paroles ont d'importance. Or celui que nous sommes invités à écouter n'est autre que le Fils bien-aimé de Dieu. Prêtons à son enseignement une attention d'autant plus grande (Héb. 12:25; rapprocher aussi Héb. 1:1, 2; Héb. 2:1).
Si bon qu'il fasse sur la montagne (v. 5), il est nécessaire d'en redescendre, et le Seigneur fait comprendre aux trois disciples que ce qu'ils ont vu n'aura son accomplissement que plus tard. Ni Jean (qu'Ãlie représentait), ni Lui-même, n'ont été reçus. C'est pourquoi il est nécessaire maintenant qu'il passe par la croix et souffre beaucoup avant d'entrer dans sa gloire.
Descendu de la montagne, le Seigneur reprend son service d'amour dont l'apôtre Pierre, qui en a été le témoin privilégié, fait dans les Actes un résumé merveilleux. Jésus de Nazareth, dit-il, «a passé de lieu en lieu, faisant du bien, et guérissant tous ceux que le diable avait asservis à sa puissance; car Dieu était avec lui» (Actes 10:38, 39). Le Seigneur trouve un grand rassemblement de gens discourant et disputant entre eux. L'objet de toute cette agitation est un malheureux garçon, sujet depuis son plus jeune âge à de terribles crises nerveuses provoquées par un démon. C'est en vain que le pauvre père a soumis aux disciples le cas de son fils unique; ils n'ont pu chasser cet esprit. Avant d'opérer lui-même la délivrance, Jésus met le doigt sur la raison de leur échec: l'incrédulité; car «toutes choses sont possibles-celui qui croit». Alors, avec larmes, cet homme s'abandonne au Seigneur. Il comprend que ce n'est pas un effort de volonté qui pourra lui donner la foi et s'en reconnaît incapable. L'aide divine est nécessaire non seulement pour la délivrance proprement dite, mais même pour la demander.
Au v. 26 la puissance démoniaque se manifeste encore une fois, pour que la victoire du Seigneur soit évidente. Il prend tendrement l'enfant par la main et le fait lever.
Pauvres disciples! Alors que leur Maître vient de les entretenir de ses souffrances et de sa mort, la seule chose qui les intéresse, au point de provoquer une dispute entre eux, est de savoir lequel sera le plus grand. Par sa question, le Seigneur les sonde (v. 33), puis avec grâce et patience, il leur apprend ce qu'est l'humilité.
Cette leçon est suivie d'une autre. Les disciples avaient cru devoir empêcher un homme d'accomplir des miracles au nom de Jésus. «Il ne nous suit pas», est le prétexte invoqué par Jean. Le Seigneur leur montre qu'en cela aussi ils ont été occupés d'eux-mêmes et non de Lui. Veillons à ne pas être sectaires! De nombreux chrétiens, tout en ne marchant par avec nous, suivent le Seigneur de très près dans le chemin du renoncement et de la croix (Marc 8:34).
Nous avons trouvé dans Matthieu ce qui correspond aux v. 42-51 (voir Matt. 5:29; Matt. 18:8). Mais d'une manière générale, nous remarquons dans l'évangile de Marc que les enseignements du Seigneur tiennent peu de place par rapport à son activité. Nous n'y avons pas par exemple l'équivalent du sermon sur la montagne. Peu de paroles, mais beaucoup de dévouement, tel est bien le caractère du fidèle serviteur.
Les pharisiens essayent de mettre Jésus en contradiction avec Moïse sur la question du divorce. Mais Il leur ferme la bouche en remontant avant la loi, leur rappelant l'ordre des choses tel que Dieu l'avait créé au commencement. Le monde a souillé et gâté tout ce que Dieu avait établi dans sa belle création et en particulier l'institution du mariage.
La dureté de cÅur, l'égoïsme qui conduisent les hommes à mépriser et à dénaturer tout ce qui touche au mariage, se montre aussi souvent dans leur peu de considération pour les petits enfants. Et les disciples n'échappent pas à cet esprit. Les v. 13-16 nous apportent par rapport à Matthieu quelques détails supplémentaires qui sont bien touchants: Le Seigneur commence par être indigné de l'attitude des disciples. Il prend ensuite ces petits tendrement entre ses bras où ils sont en parfaite sécurité. Enfin il les bénit expressément (comp. Matt. 19:13, 14).
Dans la scène qui suit, Marc est également le seul à mentionner un point de toute importance: l'amour du Seigneur pour l'homme venu le rencontrer. Mais celui-ci y reste insensible et s'en va, peut-être pour toujours, préférant ses vaines richesses à la compagnie présente et éternelle de Celui qui l'a aimé.
Dans l'Ancien Testament les bénédictions étaient terrestres et les richesses considérées comme une preuve de la faveur de Dieu (Deut. 8:18). D'où l'étonnement des disciples! Ils venaient de voir un homme comblé, donc en apparence béni de Dieu, aimable, de conduite irréprochable, et qui était disposé à faire beaucoup de bien. Et le Seigneur l'avait laissé partir. Vraiment, si de tels avantages ne donnaient pas accès au royaume de Dieu, qui donc pouvait être sauvé? En effet, leur répond Jésus, le salut est chose impossible pour les hommes; Dieu seul a pu l'accomplir.
Le Seigneur condamne ici non les riches, mais «ceux qui se confient aux richesses». Au reste, aller après Lui implique inévitablement des renoncements. Mais s'ils sont consentis pour l'amour du Seigneur et de l'évangile, ils seront en même temps la source de joies incomparables, dont la première sera le sentiment de Son approbation. Oui, le regard si pénétrant du Seigneur (v. 21, 23, 27) lit dans notre cÅur pour voir si c'est bien ce motif-là qui nous fait agir. Juste réponse à l'amour de Celui qui a tout quitté pour nous (voir Zach. 7:5).
Dans ce chapitre, nous trouvons la chair aimable (v. 17-22), présomptueuse (v. 28), timorée (v. 32), jalouse (v. 41), enfin égoïste (v. 35-40).
Ne manquons pas de remarquer la foi de Jacques et de Jean. Ils savaient que leur maître était le Messie, l'héritier du royaume et qu'ils y auraient part avec lui. Mais leur demande trahit l'ignorance et la vanité de leur cÅur naturel. Plein de grâce, le Seigneur réunit ses disciples autour de lui et fait servir à leur instruction (ainsi qu'à la nôtre) cette intervention malheureuse des deux frères. Ne comprennent-ils pas qu'ils ont devant eux le Modèle par excellence de l'humilité, celui qui, ayant tous les droits à être servi, a voulu se faire lui-même esclave pour délivrer sa créature et payer de sa propre vie la rançon exigée par le souverain Juge? Ce v. 45 a pu être appelé le verset clé de l'évangile, et il le résume tout entier.
L'Esprit nous montre dans ce chapitre trois attitudes bien différentes: l'homme que le Seigneur invite à le suivre et qui s'en va (v. 21, 22); les disciples appelés eux aussi, qui l'ont suivi, en tremblant (v. 32) et font valoir leur renoncement (v. 28); enfin ce pauvre aveugle, auquel Jésus n'a rien demandé en le guérissant, mais qui, sans un mot, et jetant loin le vêtement qui pouvait entraver sa marche, le suivit «dans le chemin» (v. 52).
Observons l'inconstance de la foule qui d'abord reprend l'aveugle, mais l'instant d'après lui dira: «Aie bon courageâ¦Â»!
Le chemin de Jésus approche de son terme. Il fait son entrée solennelle à Jérusalem et se rend au temple où il commence par promener ses regards de tous côtés sur tout (v. 11) comme pour demander: «Suis-je ici chez moi?». Ce détail, particulier à Marc, nous montre que Dieu ne juge jamais hâtivement d'un état de choses avant de le condamner (comp. Gen. 18:21). Mais qu'ont dû être les sentiments du Seigneur en voyant à ce point profanée cette maison de prière!
Il quitte ce lieu souillé et se retire à Béthanie avec le petit nombre de ceux qui le reconnaissent et qui l'aiment. Béthanie signifie «maison de l'Affligé» ou aussi «des figues». Comme souvent dans l'Ãcriture, ce double sens nous paraît caractéristique. Au moment où Jésus est contraint de maudire le figuier stérile qui représente Israël tel qu'Il l'a trouvé, c'est comme si Lui, l'Affligé, le Pauvre (Ps. 40:17), rencontrait là , et seulement là , du fruit pour Dieu (de «bonnes figues» selon l'expression de Jér. 24:2), consolation pour son cÅur, et avant-goût du fruit du travail de son âme à la croix. En dépit d'une abondance de feuilles, image d'une belle religion, «il n'y a pas de figues sur le figuier» d'Israël, comme le constate le même prophète (Jér. 8:13).
Le Seigneur purifie ce temple qu'il avait inspecté la veille. Le zèle du parfait Serviteur le dévore pour la Maison de son Dieu (Jean 2:17).
Le soir venu, il quitte la ville souillée, mais il y retourne le jour suivant en passant devant le figuier. En réponse à la remarque de Pierre, Jésus ne souligne pas son propre pouvoir, mais dirige sur Dieu la pensée des disciples. C'est comme s'il leur disait: Celui qui m'a répondu est prêt à exaucer aussi vos prières et à ôter tout obstacle de votre route, serait-il aussi grand qu'une montagne. Avoir foi en Dieu, ce n'est pas nous forcer-croire à la réalisation de nos désirs, c'est compter sur quelqu'un que nous connaissons, qui nous a fait des promesses et est fidèle pour les tenir, et qui nous aime. Mais il est un cas où Dieu ne pourra absolument pas nous répondre: celui où nous avons «quelque chose contre quelqu'un». Voilà sur le chemin de nos relations avec Dieu une montagne infranchissable. Il faut nous en occuper séance tenante afin de retrouver vers Lui, et aussi vers nos frères, ces «chemins frayés» du cÅur, dont parle le Ps. 84:5.
Au v. 27 commencent les derniers entretiens du Seigneur, au cours desquels il va confondre successivement tous ses adversaires.
Les chefs du peuple sont contraints de se reconnaître dans la parabole accablante des méchants cultivateurs.
Remarquez comment est désigné (dans Marc seulement) le dernier envoyé du Maître de la vigne: «Ayant donc encore un unique fils bien-aiméâ¦Â» (v. 6). Cette expression rappelle la parole de l'Ãternel à Abraham: «Prends ton fils, ton unique, celui que tu aimes» (Gen. 22:2) et traduit d'une manière émouvante les affections du Père pour le Bien-aimé qu'il a sacrifié pour nous!
Ainsi démasqués, les pharisiens et les hérodiens vont essayer de riposter. Avec des compliments hypocrites, mais qui sont involontairement un témoignage à Jésus («tu es vrai⦠tu enseignes la voie de Dieu avec vérité», v. 14) ils essaient de le surprendre par une question des plus subtiles. Son oui l'aurait disqualifié comme Messie; son non, condamné auprès des Romains. Il leur répond de la seule façon qu'ils n'attendaient pas, en s'adressant à leur conscience. Divine et admirable sagesse! Toutefois combien le Sauveur en qui tout était vérité et amour, a souffert de cette mauvaise foi, de cette méchanceté, oui, de cette continuelle «contradiction de la part des pécheurs contre lui-même» (Héb. 12:3; voir aussi Ãz. 13:22).
à leur tour les Sadducéens tentent de se mesurer à la sagesse de Jésus. En réalité ils ne croient pas à la résurrection (v. 18; voir Actes 23:8), mais le Seigneur au v. 26 va les chercher sur ce terrain-là et leur fermer la bouche par la Parole. La résurrection est doublement attestée: par les Ãcritures et par la puissance de Dieu qui a ressuscité Christ (v. 24). Pourtant il est probable qu'aucune vérité ne s'est davantage heurtée à l'incrédulité des hommes (voir Actes 26:8). Or, comme le démontre Paul en 1 Cor. 15, il s'agit là d'un des fondements essentiels du Christianisme; on ne peut y toucher sans que toute notre foi s'effondre.
Contrairement aux disputeurs précédents, il y a de la droiture et de l'intelligence chez le scribe qui interroge le Seigneur au sujet du commandement le plus grand. L'amour, répond Jésus, voilà le premier commandement; l'amour pour Dieu et pour le prochain, qui constitue le résumé de la loi (Rom. 13:10; Gal. 5:14). Chers amis, ne devrions-nous pas aimer beaucoup plus qu'Israël, nous qui avons été cherchés plus loin que lui (du milieu des nations étrangères aux promesses) et amenés plus près dans la relation d'enfants du Dieu d'amour (Ãph. 2:13)?
C'est maintenant à Jésus de poser un problème embarrassant à ses interlocuteurs. Comment le Christ peut-il être à la fois le fils et le seigneur de David (voir aussi Ps. 89:3, 4, 23, 36)? Ils ne savent l'expliquer et leur orgueil les empêche de demander la réponse⦠au Christ lui-même. Car c'est à cause de son rejet que le Fils de David va occuper la position céleste que lui attribue le Ps. 110.
Pour mettre le peuple en garde contre ses chefs indignes, le Seigneur fait ensuite un triste portrait des scribes, vaniteux, cupides et hypocrites. Hélas! Ces traits ont parfois caractérisé d'autres chefs religieux que ceux d'Israël (1 Tim. 6:5).
Le v. 41 nous montre Jésus assis près du trésor du Temple. De ce regard pénétrant que nous l'avons déjà vu porter sur tout et sur tous, il observe non pas combien (seule chose qui intéresse les hommes), mais comment chacun donne au trésor. â Et voici cette pauvre veuve qui s'approche avec sa touchante obole: les quelques centimes qui lui restaient pour vivre. Ãmu, le Seigneur appelle ses disciples et commente ce qu'il vient de voir. Ah! Cette offrance extraordinaire â «tout ce qu'elle avait» â prouvait non seulement les affections de cette femme pour l'Ãternel et Sa Maison, mais aussi la totale confiance qu'elle avait mise en Dieu pour subvenir à ses besoins (comp. 1 Rois 17:13-16).
Les disciples sont impressionnés par la grandeur et la beauté extérieure des bâtiments du temple. Mais le Seigneur ne regarde pas «ce à quoi l'homme regarde» (1 Sam. 16:7; Ãsaïe 11:3). Il était entré dans ce temple et avait constaté l'iniquité qui le remplissait (Marc 11:11). Aussi sa vue se porte-t-elle au-delà , sur les événements qui, peu d'années après son rejet, amèneront la ruine de la cité coupable. L'histoire nous apprend qu'en l'an 70, Jérusalem a été l'objet d'un siège effroyable et d'une destruction quasi totale par les armées de Titus. Ce châtiment terrible n'a pas été sans éprouver beaucoup la foi des croyants si attachés à la ville sainte. Mais Jésus les avait encouragés d'avance par les paroles que nous avons ici. Combien d'enfants de Dieu, traversant les persécutions, ont fait à cette occasion des expériences bénies. Au moment de rendre témoignage, ce qu'ils avaient à dire leur a été dicté par l'Esprit Saint. Il en a été ainsi de Pierre quand il a été traduit devant les chefs, les anciens et les sacrificateurs au Actes 4:8 et d'Ãtienne au Actes 7:55. Mais, dans notre mesure et selon nos besoins, nous pouvons aussi réaliser cette puissance du Saint-Esprit en le laissant agir en nous.
L'Ãglise n'aura pas à traverser les terribles tribulations que connaîtra le résidu juif (Apoc. 3:10). En nous reposant sur cette certitude, craignons toutefois de nous endormir du sommeil spirituel qui nous guette si dangereusement dans la longue et éprouvante nuit morale de ce monde. Pensons au retour imminent du Seigneur et prenons pour nous les sérieuses exhortations de ce chapitre. Une courte parabole nous présente le Seigneur comme un maître de maison qui s'est absenté après avoir laissé son domaine à la responsabilité de ses serviteurs. Chacun d'eux a reçu «son ouvrageâ¦Â» précis, particulier. Et le Maître n'a pas fait de restrictions non plus quant à la diversité des tâches-accomplir. Les points de suspension qui suivent le mot «ouvrageâ¦Â» ne suggèrent-ils pas un nombre illimité de services différents que le Seigneur a préparés pour les siens (comp. Rom. 12:6-8)?
La brève consigne reçue par le portier (fin du v. 34) s'adresse également «à tous»⦠donc à vous et à moi (v. 37). Et, détail remarquable, c'est sur ce mot «veillez» que se termine dans Marc le ministère de Jésus. Serrons-le précieusement dans notre cÅur, comme on conserve la dernière recommandation d'un être cher qui nous a quittés⦠mais qui revient!
à l'approche de la mort du Seigneur, les sentiments des cÅurs s'affirment et se manifestent. Haine et mépris de la part des chefs du peuple qui complotent à Jérusalem! Amour et respect dans la maison familière de Béthanie où cette femme accomplit à Son égard une «bonne Åuvre», fruit d'un amour intelligent. Belle illustration du culte des enfants de Dieu! Ils reconnaissent dans un Sauveur rejeté celui qui est digne de tout hommage; ils lui expriment par l'Esprit et dans le sentiment de leur indignité, cette adoration qui est pour son cÅur un parfum d'un prix inestimable (remarquons que ce sont les hommes qui font l'évaluation â v. 5 â ramenant tout à une affaire d'argent). Les critiques ne manquent pas à l'adresse de ces adorateurs, même de la part de certains croyants qui placent la bienfaisance (v. 5) ou lâévangile avant toute autre activité chrétienne. Sans négliger ces choses, n'oublions pas que la louange est le premier de nos devoirs. Et contentons-nous de l'approbation du Seigneur pour accomplir avec un esprit brisé (dont ce vase est le symbole) le saint service de l'adoration, le seul qui soit directement envers Lui et pour l'éternité.
Les v. 10-16 nous montrent les dispositions que prennent les disciples pour préparer la pâque⦠et Judas pour trahir son Maître.
C'est l'instant du dernier souper. Dans cette heure intime des adieux, où Jésus voudrait laisser parler librement ses affections, un fardeau accable son âme. Non pas la croix qui s'approche, mais l'indicible tristesse de savoir que se trouve là , au milieu des douze, un homme qui a décidé sa perte. «L'un d'entre vous⦠me livrera». à leur tour les disciples s'attristent et s'interrogent. Ils n'ont pas ici la confiance en eux-mêmes qui apparaîtra aux v. 29 et 31 dans leurs protestations de dévouement, en particulier de la part de Pierre.
Quand le traître est sorti, le Seigneur institue le saint repas du souvenir. Il bénit, rompt le pain et le distribue aux siens; il prend la coupe, rend grâces et la leur donne. Et il leur explique la portée de ces symboles simples et cependant solennels par les grands faits dont ils perpétuent la mémoire: son corps donné, son sang versé, sûrs fondements de notre foi. Lecteur, n'auriez-vous pas aimé vous trouver dans cette chambre haute auprès de votre Sauveur? Alors, pourquoi ne pas vous joindre, chaque premier jour de la semaine, à ceux qui annoncent Sa mort en attendant son retour?
Puis Jésus chante une hymne avec ses onze disciples et se rend au jardin des Oliviers.
Il appartient maintenant à Celui qui a pris la forme d'esclave de montrer jusqu'où ira son obéissance. Sera-ce jusqu'à la mort;⦠la mort même de la croix (Phil. 2:7, 8)? Satan met tout en Åuvre pour faire sortir Jésus du chemin de sa perfection. Dans cette lutte décisive, il se sert de lâeffroi et de lâangoisse du Seigneur, qui mesure toute l'horreur de la coupe de la colère de Dieu contre le péché. L'arme de Jésus, c'est sa dépendance. Un nom que nous ne l'entendons employer qu'ici traduit l'intimité la plus profonde dans un tel moment: «Abba Père», s'écrie-t-il dans la conscience que cette parfaite communion devra s'interrompre quand il portera le péché. Mais précisément, son amour sans réserve pour le Père entraîne une obéissance sans réserve. «Non pas ce que je veux, moi, mais ce que tu veux toi»!
En présence d'un tel combat, combien le sommeil des disciples est coupable! Peu de temps avant, leur Maître les a exhortés à veiller et à prier (Marc 13:33). Il le leur demande encore instamment à trois reprises. En vain; mais lui est prêt. Voici le traître qui s'avance avec ceux qui viennent Le prendre. Alors tous l'abandonnent et s'enfuient, y compris finalement ce jeune homme enveloppé d'une toile de fin lin: image de la profession chrétienne qui ne résiste pas à l'épreuve.
En pleine nuit, le palais du souverain sacrificateur est en grande effervescence. Jésus se tient devant ses accusateurs. De faux témoins font des dépositions qui ne s'accordent pas. Mais lui n'en tire pas parti pour se défendre. Il est condamné, souffleté, frappé; on lui crache au visage. Notre adorable Sauveur accepte tous ces outrages, annoncés par la prophétie (Ãsaïe 50:6). Hélas! Une autre scène se joue dans la cour du palais. Pierre n'avait pas cru son Maître, à qui il avait assuré: «Je ne te renierai point» (v. 31). Il ne l'avait ensuite pas écouté pour veiller et prier à Gethsémané. Le secret de sa défaite est là . Pourtant le Seigneur les avait avertis que «la chair est faible» (v. 38). Mais c'était une vérité que Pierre n'était pas prêt à accepter, aussi doit-il en faire l'amère expérience. Ce que nous ne voulons pas apprendre avec le Seigneur en recevant humblement sa Parole, nous pourrons avoir à l'apprendre douloureusement en ayant affaire avec l'Ennemi de nos âmes.
Pour mieux confirmer qu'il ne connaît pas «cet homme», le pauvre Pierre profère des imprécations et des jurons. Ne l'accablons pas; pensons plutôt de combien de manières nous pouvons renier le Seigneur si nous ne veillons pas: par nos actes, par nos paroles, ou⦠par nos silences (lire 1 Cor. 10:12).
L'Åuvre de mort doit, elle aussi, s'accomplir aussitôt (v. 1). Pressés par l'approche de la Pâque et dans leur hâte d'en finir avec ce prisonnier qui leur inspire de la crainte, les chefs du peuple ne perdent pas un instant. Ils conduisent Jésus à Pilate après avoir lié ces mains qui avaient guéri tant de misères et qui n'avaient jamais fait que le bien. Devant le gouverneur romain, le Sauveur à nouveau garde un silence dont les Ps. 38:13-15; Ps. 39:9 et Lam. 3:28 révèlent les profonds motifs. Sa prière dans le même moment est: «Je m'attends à toi,⦠toi tu répondras, Seigneur, mon Dieu»⦠et: «c'est toi qui l'as fait».
Sous la pression des principaux sacrificateurs, tout le peuple dans sa folie aveugle réclame à grands cris la mise en liberté du meurtrier Barabbas et la crucifixion de son Roi. Alors Pilate, voulant contenter la foule, libère le criminel et condamne celui dont il reconnaît l'innocence. Voilà jusqu'où peut aller le désir de plaire aux hommes (Jean 19:12)!
Les soldats brutaux se moquent, feignant de se soumettre à Celui qui est en leur pouvoir (parce qu'il s'est livré volontairement). Et l'homme couronne son Créateur des épines que la terre avait produites comme conséquence de son péché (Gen. 3:18).
L'homme accomplit le plus grand forfait de tous les temps. Il crucifie le Fils de Dieu et ne lui épargne aucune forme de souffrance et d'humiliation. Le Sauveur est sur le bois d'infamie où le retient son amour pour le Père et pour les hommes. «Compté parmi les iniques», comme l'annonçaient les Ãcritures (v. 28; Ãsaïe 53:12), il connaît en outre sur cette croix toutes sortes d'insultes et de provocations. Le monde le rejette, se condamnant ainsi lui-même; mais voici que le ciel se ferme aussi comme l'exprime le cri de son indicible détresse: «Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné?» (voir Amos 8:9, 10). Le ciel est fermé pour lui afin qu'il puisse s'ouvrir pour nous. Car c'est pour amener «plusieurs fils à la gloire», que le chef de notre salut a été consommé par des souffrances (Héb. 2:10). Cette page de lâÃcriture sainte, sur laquelle notre foi se fonde avec adoration, constitue le document incontestable qui nous garantit l'accès du ciel de gloire; accès dont un signe est donné par le voile qui s'est déchiré. Et le grand cri du Sauveur expirant est la preuve qu'il laisse sa vie de lui-même, en pleine possession de sa force. C'est le dernier acte d'obéissance de Celui qui était venu ici-bas pour servir, souffrir et mourir, donnant sa vie précieuse en rançon pour plusieurs (Marc 10:45).
Maintenant qu'est passée l'heure de la croix où le Sauveur a été seul, Dieu se plaît à relever l'empressement et les égards de quelques personnes dévouées qui ont honoré son Fils. C'est en premier lieu Joseph d'Arimathée qui demande à Pilate le corps de Jésus et s'occupe pieusement de son ensevelissement. Puis l'aube du jour de la résurrection nous montre trois femmes se hâtant vers le sépulcre. Elles étaient de celles qui «l'avaient suivi et l'avaient servi», avant d'assister avec douleur à la crucifixion (Marc 15:40, 41; Jean 12:26). Dans leur désir d'accomplir un dernier service envers celui qu'elles pensent avoir perdu, elles apportent des aromates pour embaumer son corps. Mais elles ont à apprendre l'inutilité de ces préparatifs, car un ange leur annonce la glorieuse nouvelle: Jésus est ressuscité. Or il est une autre femme que nous ne trouvons pas au sépulcre: celle qui au ch. 14:3 avait oint les pieds de Jésus. Ãtait-ce manque d'affection de sa part? Elle a donné la preuve du contraire. Mais elle avait su discerner le moment de répandre son parfum. Souvenons-nous que le dévouement de l'amour est d'autant plus agréable au cÅur du Seigneur qu'il est accompagné du discernement de sa volonté et de l'obéissance à sa Parole.
Une parole de Pierre au début des Actes résume bien l'évangile selon Marc. L'apôtre évoque «tout le temps que le Seigneur Jésus entrait et sortait au milieu de nous (deux verbes caractérisant le service) en commençant depuis le baptême de Jean, jusqu'au jour auquel il a été élevé au ciel d'avec nousâ¦Â» (Actes 1:21, 22). Premier tableau de l'évangile: au Jourdain le ciel s'ouvre sur Jésus; dernier tableau: ce même ciel s'ouvre pour le recevoir; entre les deux, sa vie de service et de dévouement. Approuvé de Dieu, il occupe désormais à la droite de la Majesté la place de gloire qui lui revient, son Åuvre achevée. C'est aux disciples qu'il appartient maintenant d'accomplir la leur en suivant les instructions des v. 15-18⦠et le grand exemple qu'ils ont eu sous les yeux. Mais ils ne sont pas abandonnés à leurs propres ressources. Le Seigneur est vu là -haut comme celui qui dirige le travail des siens. Le service est un privilège éternel que son amour se réserve. Serviteur à toujours (Deut. 15:17; Luc 12:37) il va coopérer avec ses disciples et les accompagner de sa puissance (v. 20; Actes 14:3; Héb. 2:4). Et nous chrétiens, appelés à notre tour à suivre Ses traces, et témoins du même évangile, nous pourrons aussi compter sur Lui si nous avons à cÅur de le servir en l'attendant.
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With the prayerful desire that the Lord Jesus Christ will use this God-given ministry in this form for His glory and the blessing of many in these last days before His coming. © Les Hodgett
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Le livre de Job est différent de ceux qui le précèdent. C'est un livre poétique: il est très ancien, enfin ses personnages sont choisis en dehors du peuple d'Israël. Car la leçon qu'il contient concerne non seulement la famille d'Abraham mais toute créature. Demandons à Dieu de nous l'enseigner en même temps qu'à Job. â «Il n'était pas utile de nous donner un long récit de la prospérité de Job; par contre le Saint-Esprit nous raconte en détail tout ce qui a eu lieu pendant ses épreuves. Il en valait la peine et ce récit profitera aux enfants de Dieu jusqu'à la fin des temps» (J.N.D.).
Les premiers versets (1-5) nous apprennent donc brièvement qui est cet homme, ce qu'il possède, ce qu'il fait pour les siens. Les suivants nous révèlent ce qui se passe au ciel à son sujet. L'Accusateur redoutable entre en scène (Apoc. 12:10). Mais remarquons deux faits rassurants:
1° C'est Dieu qui engage l'action le premier.
2° La permission qu'il accorde à Satan est rigoureusement limitée.
Enfin n'oublions jamais la question de Rom. 8:33... ni le v. 28 du même chapitre. Nous allons voir «toutes choses» (les épreuves après la prospérité) travailler ensemble pour le bien de celui qui craint Dieu.