Psaume 42
1Comme le cerf brame après les courants d'eau, ainsi mon âme crie après toi, ô Dieu!2Mon âme a soif de Dieu, du *Dieu vivant. Quand viendrai-je et paraîtrai-je devant Dieu?3Mes larmes ont été mon pain, jour et nuit, quand on me disait tout le jour: Où est ton Dieu?4Je me souvenais de ces choses, et je répandais mon âme au dedans de moi: comment j'allais avec la foule, et je m'avançais en leur compagnie, avec une voix de triomphe et de louange, jusqu'à la maison de Dieu,... une multitude en fête.5Pourquoi es-tu abattue, mon âme, et es-tu agitée au dedans de moi? Attends-toi à Dieu; car je le célébrerai encore: sa face est le salut.
6Mon Dieu! mon âme est abattue au dedans de moi; c'est pourquoi il me souvient de toi depuis le pays du Jourdain et des Hermons, de la montagne de Mitsear.7Un abîme appelle un autre abîme à la voix de tes cataractes; toutes tes vagues et tes flots ont passé sur moi.8De jour, l'Éternel commandera à sa bonté; et, de nuit, son cantique sera avec moi, ma prière au *Dieu de ma vie.9Je dirai à Dieu, mon rocher: Pourquoi m'as-tu oublié? Pourquoi marché-je en deuil à cause de l'oppression de l'ennemi?10Mes adversaires m'outragent comme un brisement dans mes os quand ils me disent tout le jour: Où est ton Dieu?11Pourquoi es-tu abattue, mon âme? et pourquoi es-tu agitée au dedans de moi? Attends-toi à Dieu; car je le célébrerai encore: il est le salut de ma face et mon Dieu.

Avec cette nouvelle année, nous commençons le 2e Livre des Psaumes. Il s'applique prophétiquement à la période où le résidu juif fidèle, persécuté par l'Antichrist, aura dû fuir Jérusalem; et les versets 2, 4 et 6 traduisent spécialement la douleur de cet exil. Cependant, comme dans le Livre I, beaucoup d'expressions peuvent être placées dans la bouche du Seigneur Jésus, Lui qui a souffert plus que personne de la méchanceté de son peuple (par exemple vv. 7 et 10).

Existe-t-il une image plus forte que celle du verset 1 pour traduire les soupirs de l'âme assoiffée de la présence de Dieu? Puissions-nous ainsi rechercher cette présence chaque fois qu'une faute a interrompu notre communion avec le Seigneur! Et que chacun le connaisse sous ce précieux nom personnel: le «Dieu de ma vie», qui correspond à la devise de l'apôtre: «Pour moi, vivre c'est Christ» (Phil. 1:21). Il est Celui qui d'année en année veut conduire ma vie, la remplir, comme l'objet précieux de mon cœur. «Ou est ton Dieu?» demandent ironiquement les incrédules (vv. 3 et 10, comparer Matthieu 27:43). Ah! si eux ne Le discernent pas, que pour ma part je sache toujours où Le trouver, de jour ou de nuit, pour élever vers Lui avec amour mon cantique et ma prière (v. 8).

Psaume 43
1Juge-moi, ô Dieu! et prends en main ma cause contre une nation sans piété; délivre-moi de l'homme trompeur et inique.2Car toi, ô Dieu! tu es ma force; pourquoi m'as-tu rejeté? Pourquoi marché-je en deuil à cause de l'oppression de l'ennemi?3Envoie ta lumière et ta vérité: elles me conduiront, elles m'amèneront à ta montagne sainte et à tes demeures.4Et je viendrai à l'autel de Dieu, au *Dieu de l'allégresse de ma joie; et je te célébrerai sur la harpe, ô Dieu, mon Dieu!5Pourquoi es-tu abattue, mon âme? et pourquoi es-tu agitée au dedans de moi? Attends-toi à Dieu; car je le célébrerai encore: il est le salut de ma face et mon Dieu.

Ce psaume se lie au précédent comme le souligne la répétition finale des versets 5 et 11 du Psaume 42. Mon âme a souvent besoin d'être ainsi exhortée à ne pas être abattue, à s'attendre-Dieu et à le célébrer encore et toujours. Il n'a pas seulement été mon salut; Il est aussi «mon Dieu», Celui dont je dépends sans cesse, la source de «ma force» (v. 2).

Sa lumière et sa vérité me conduiront à une adoration intelligente si je le lui demande comme le fait ici le psalmiste (vv. 3 et 4).

L'expression soulignée hier: «le Dieu de ma vie», se complète au verset 4 d'une autre bien remarquable: le «Dieu de l'allégresse de ma joie». Chers croyants, Dieu suffit-Il à nous rendre heureux? Est-Il la source de notre joie comme Il l'était pour Jésus? (Luc 10:21). Connaissant un tel Dieu, notre âme serait-elle encore abattue ou agitée! «Que votre cœur ne soit pas troublé, disait le Seigneur à ses disciples, vous croyez en Dieu, croyez aussi en moi» (Jean 14:1). Et ailleurs: «Ayez foi en Dieu» (Marc 11:22). La foi, voilà le grand remède à tout ce que ce monde peut nous infliger de tristesse ou d'agitation. Elle est notre ressource aujourd’hui comme elle sera celle du résidu fidèle au temps de la tribulation.

Psaume 44:1-8
1O Dieu! nous avons entendu de nos oreilles, nos pères nous ont raconté l'oeuvre que tu as opérée dans leurs jours, aux jours d'autrefois.2Tu as, par ta main, dépossédé les nations, et tu as planté nos pères; tu as affligé les peuples et tu les as chassés.3Car ce n'est point par leur épée qu'ils ont possédé le pays, et ce n'est pas leur bras qui les a sauvés; car c'est ta droite et ton bras et la lumière de ta face, parce que tu avais pris ton plaisir en eux.4C'est toi qui es mon roi, ô Dieu! Commande le salut pour Jacob.5Avec toi, nous frapperons nos adversaires; par ton nom, nous foulerons ceux qui s'élèvent contre nous.6Car ce n'est pas en mon arc que je me confie, et mon épée ne me sauvera point;7Car tu nous as sauvés de nos adversaires, et tu rends confus ceux qui nous haïssent.8En Dieu nous nous glorifierons tout le jour, et nous célébrerons ton nom à toujours. Sélah.

Alors que les psaumes du Livre 1er étaient presque tous de David, ceux qui nous occupent (Ps. 42 - 49) ont été composés par les fils de Coré, ces objets de la grâce qui avaient été épargnés dans le châtiment de leur père (voir Nomb. 26:11). C'est pourquoi il est remarquable d'entendre ces hommes rappeler les merveilles accomplies par Dieu «aux jours d'autrefois». Car mieux que personne, ils sont en mesure d'apprécier et de célébrer la miséricorde divine. Non, ce n'est pas l'épée des fils d'Israël qui a pu les sauver et leur donner la possession du pays (il suffit de penser au passage de la mer Rouge et à la prise de Jéricho). Et le rappel des grandes délivrances du passé est une leçon pour ces fidèles. Pas plus que leurs pères, ils ne peuvent se confier dans leurs propres armes pour vaincre (v. 6). «Avec toi» et «par ton nom» (v. 5; Osée 1:7), voilà les seules ressources du croyant.

Une autre différence avec le Livre 1er est l'emploi ici du nom de Dieu (Élohim) alors que jusqu'au Psaume 41 il était question de l'Éternel (Jéhovah). C'est la triste preuve que maintenant les fidèles n'ont plus de relations avec le culte officiel devenu apostat. L'alliance garantie par le nom d'Éternel est rompue (Ex. 6:3, 6-8), mais le croyant fait encore appel au Dieu suprême.

Psaume 44:9-26
9Mais tu nous as rejetés et rendus confus, et tu ne sors plus avec nos armées;10Tu nous as fait retourner en arrière devant l'adversaire, et ceux qui nous haïssent ont pillé pour eux-mêmes;11Tu nous as livrés comme des brebis destinées à être mangées, et tu nous as dispersés parmi les nations;12Tu as vendu ton peuple pour rien, et tu ne t'es pas agrandi par leur prix;13nous as mis en opprobre chez nos voisins, en risée et en raillerie auprès de nos alentours;14Tu nous as mis comme proverbe parmi les nations, comme hochement de tête parmi les peuples.15Tout le jour ma confusion est devant moi, et la honte de ma face m'a couvert,16cause de la voix de celui qui outrage et qui injurie, à cause de l'ennemi et du vengeur.
17Tout cela nous est arrivé, et nous ne t'avons pas oublié, et nous n'avons pas été infidèles à ton alliance.18Notre coeur ne s'est pas retiré en arrière, et nos pas n'ont point dévié de ton sentier;19Quoique tu nous aies écrasés dans le lieu des chacals, et que tu nous aies couverts de l'ombre de la mort.20Si nous avions oublié le nom de notre Dieu, et étendu nos mains vers un *dieu étranger,21Dieu ne s'en enquerrait-il pas? car lui connaît les secrets du coeur.22Mais, à cause de toi, nous sommes mis à mort tous les jours, nous sommes estimés comme des brebis de tuerie.23Éveille-toi! Pourquoi dors-tu, Seigneur? Réveille-toi; ne nous rejette pas pour toujours.24Pourquoi caches-tu ta face, et oublies-tu notre affliction et notre oppression?25Car notre âme est courbée jusque dans la poussière, notre ventre est attaché à la terre.26Lève-toi, aide-nous, et rachète-nous à cause de ta bonté.

Le ton du psaume change à partir du verset 9. Au lieu de continuer de regarder à Dieu, à la lumière de sa face et à la puissance de son Nom (vv. 3, 5), les fidèles considèrent les épreuves qui les ont atteints. L'âme du racheté n'est pas toujours sur les lieux élevés, nous le savons tous par expérience.

Cependant la foi de ces croyants n'est pas renversée; ils savent attribuer à Dieu tout ce qui leur est arrivé et reçoivent les coups comme venant de sa main (Job 1:21). Leur conscience est droite; non seulement leurs pas n'ont pas dévié du sentier de l'obéissance, mais leur cœur ne s'est pas retiré en arrière (v. 18). Et Dieu en est témoin, Lui qui connaît les secrets du cœur. N'oublions jamais ce verset 21.

À quoi correspond l'étrange expression du verset 22: être «mis-mort tous les jours»? Sa citation en Romains 8:36 nous aide à la comprendre: C'est être rappelé, par le moyen des épreuves, au sentiment de notre néant, de notre incapacité totale. Mais le même passage nous invite à en réaliser aussi la contrepartie triomphante: «au contraire, dans toutes ces choses, nous sommes plus que vainqueurs par celui qui nous a aimés» (Rom. 8:37).

Psaume 45
1Mon coeur bouillonne d'une bonne parole; je dis ce que j'ai composé au sujet du roi; ma langue est le style d'un écrivain habile.2Tu es plus beau que les fils des hommes; la grâce est répandue sur tes lèvres: c'est pourquoi Dieu t'a béni à toujours.3Ceins ton épée sur ton coté, homme vaillant, dans ta majesté et ta magnificence;4Et, prospérant dans ta magnificence, mène en avant ton char, à cause de la vérité et de la débonnaireté et de la justice; et ta droite t'enseignera des choses terribles.5Tes flèches sont aiguës, -les peuples tomberont sous toi, -dans le coeur des ennemis du roi.
6Ton trône, ô Dieu, est pour toujours et à perpétuité; c'est un sceptre de droiture que le sceptre de ton règne.7Tu as aimé la justice, et tu as haï la méchanceté; c'est pourquoi Dieu, ton Dieu, t'a oint d'une huile de joie au-dessus de tes compagnons.8Tous tes vêtements sont myrrhe, aloès, et casse, quand tu sors des palais d'ivoire d'où ils t'ont réjoui.9Des filles de rois ont été parmi tes dames d'honneur; la reine est à ta droite, parée d'or d'Ophir.
10Écoute, fille! et vois, et incline ton oreille; et oublie ton peuple et la maison de ton père;11Et le roi désirera ta beauté, car il est le seigneur: adore-le.12Et avec une offrande, la fille de Tyr, les plus riches du peuple rechercheront ta faveur.13La fille du roi est tout gloire, dans l'intérieur du palais; son vêtement est de broderies d'or.14Elle sera amenée au roi en vêtements de brocart; des vierges qui la suivent, ses compagnes, te seront amenées;15Elles te seront amenées avec joie et allégresse, elles entreront dans le palais du roi.16Au lieu de tes pères, tu auras tes fils; tu les établiras pour princes dans tout le pays.17Je rappellerai ton nom dans toutes les générations; c'est pourquoi les peuples te célébreront à toujours et à perpétuité.

Sous l'action du Saint-Esprit, «écrivain habile», ce psaume nous invite à louer Christ, le Bien-aimé, Celui qui surpasse en beauté et en grâce tous les fils des hommes. Mais avant de jaillir sur les lèvres, la louange a été préparée, méditée dans un cœur qui bouillonne (comparer Matt. 12:34); elle célèbre sa personne, ses paroles, ses œuvres.

On a pu dire que le culte du dimanche était le cantique réunissant toutes les strophes que l'Esprit a enseignées au racheté durant les jours de la semaine sur les thèmes inépuisables des gloires et des grâces du Seigneur Jésus. Il est «le roi», mais les versets 6 et 7 cités en Hébreux 1:8-9, l'appellent «Dieu». Quand Il parait dans sa majesté et sa magnificence, Il est l'objet d'une admiration universelle. Sa puissance s'affirme dans le jugement terrible qu'Il accomplit (vv. 3-5). Des parfums imprègnent ses vêtements: la myrrhe rappelle ses souffrances, l'aloès sa mort (Jean 19:39) et la casse son élévation. Mais ce qui aura pour Christ plus de prix que toutes ces gloires, ce sera la beauté de l'Épouse qui Lui sera présentée (ici Jérusalem) et l'amour qu'elle Lui rendra. Ami chrétien, c'est ton privilège de Lui exprimer dès maintenant cet amour reconnaissant. «Il est ton Seigneur: adore-le» (v. 11).

Psaume 46
1Dieu est notre refuge et notre force, un secours dans les détresses, toujours facile à trouver.2C'est pourquoi nous ne craindrons point, quand la terre serait transportée de sa place, et que les montagnes seraient remuées et jetées au coeur des mers;3Quand ses eaux mugiraient, qu'elles écumeraient, et que les montagnes seraient ébranlées à cause de son emportement. Sélah.4Il y a un fleuve dont les ruisseaux réjouissent la ville de Dieu, le saint lieu des demeures du Très-haut.5Dieu est au milieu d'elle; elle ne sera pas ébranlée. Dieu la secourra au lever du matin.
6Les nations s'agitent tumultueusement, les royaumes sont ébranlés; il a fait entendre sa voix: la terre s'est fondue.7L'Éternel des armées est avec nous; le Dieu de Jacob nous est une haute retraite. Sélah.8Venez, voyez les actes de l'Éternel, quelles dévastations il a faites sur la terre!9Il a fait cesser les guerres jusqu'au bout de la terre; il brise les arcs et met en pièces les lances, il brûle les chariots par le feu.10Tenez-vous tranquilles, et sachez que je suis Dieu: je serai exalté parmi les nations, je serai exalté sur la terre.11L'Éternel des armées est avec nous; le Dieu de Jacob nous est une haute retraite. Sélah.

Combien de croyants dans la détresse ont fait la précieuse expérience du verset l ! À l'heure de l'épreuve, et tout spécialement au moment de la tentation, le jeune chrétien ne doit pas oublier qu'il a à sa disposition ce refuge, cette force, ce secours toujours facile-trouver. De telles ressources ne sont pas en lui-même, ni dans les bonnes résolutions qu’il a prises, mais en Dieu, autrement dit dans Sa communion!

Coré avait été englouti vivant par un bouleversement terrestre opéré par Dieu, comme ceux que suggère le v. 2. Mais ses fils furent sauvés, et il en sera de même des croyants du résidu juif. Ils seront en sécurité car leur abri n'est autre que l'Éternel Lui-même (Ps. 91:9-10). Quel contraste avec les hommes de la terre au cours de la même période apocalyptique (comparer Luc 21:26 et Apoc. 6:14-17)! Face à ces eaux écumantes et mugissantes du jugement (v. 3), Dieu rappelle qu'il y a un fleuve de la grâce se répandant en ruisseaux généreux, c'est-à-dire en manifestations multiples, qui «réjouissent la ville de Dieu» et ceux qui y trouvent refuge.

La fin du psaume nous montre les fidèles assistant paisiblement depuis leur «haute retraite» à l'accomplissement des derniers jugements de Dieu.

Psaume 47
1Battez des mains, vous, tous les peuples; poussez des cris de joie vers Dieu avec une voix de triomphe;2Car l'Éternel, le Très-haut, est terrible, un grand roi sur toute la terre.3assujettit les peuples sous nous, et les peuplades sous nos pieds.4Il nous a choisi notre héritage, la gloire de Jacob qu'il a aimé. Sélah.
5Dieu est monté avec un chant de triomphe, l'Éternel avec la voix de la trompette.6Dieu, chantez; chantez à notre roi, chantez;7Car Dieu est le roi de toute la terre; chantez avec intelligence.8Dieu règne sur les nations, Dieu est assis sur le trône de sa sainteté.9Ceux d'entre les peuples qui sont de bonne volonté se sont réunis au peuple du Dieu d'Abraham; car les boucliers de la terre sont à Dieu: il est fort exalté.

Ce psaume exprime la joie qui remplira le cœur des fidèles lorsque, après les jugements mentionnés au Psaume 46, Christ établira son règne. Israël aura une position de prééminence sur tous les peuples et leur enseignera à chanter Dieu, ses gloires, sa suprématie (vv. 3, 6; comparer Ésaïe 2:2-3). Les relations du peuple avec Dieu étant rétablies, nous remarquons que le nom d'Éternel reparaît (voir déjà Ps. 46:7 et 11). C'est Christ qui, enfin reconnu, prend son titre de grand roi sur toute la terre (Zach. 14:9). Et nous comprenons pourquoi nous chrétiens n'appelons pas Jésus notre roi. Nous sommes des citoyens du ciel, non pas des sujets du royaume terrestre. Christ ne régnera pas sur l'Église mais avec elle; elle sera dans la même position qu'une reine aux côtés du roi son époux.

Ne chanterions-nous pas, nous qui n'avons pas seulement un grand Roi à célébrer, mais un Sauveur divin, un Seigneur ressuscité, un Époux céleste aimant son Église et venant la chercher? Combien de gloires réunies dans la même personne, gloires merveilleuses qui devraient dès à présent remplir nos bouches et nos cœurs du cantique éternel des vrais adorateurs!

Psaume 48
1L'Éternel est grand et fort digne de louange dans la ville de notre Dieu, dans sa montagne sainte2Belle dans son élévation, la joie de toute la terre, est la montagne de Sion, aux côtés du nord, la ville du grand roi;3Dieu est connu dans ses palais pour une haute retraite.4Car voici, les rois se sont assemblés, ils ont passé outre ensemble:5Ils ont vu, -ils ont été étonnés; ils ont été troublés, ils se sont enfuis consternés.6Là, le tremblement les a saisis, une angoisse comme celle de la femme qui enfante.7Par le vent d'orient tu as brisé les navires de Tarsis.
8Comme nous avons entendu, ainsi nous l'avons vu dans la ville de l'Éternel des armées, dans la ville de notre Dieu: Dieu l'établit pour toujours. Sélah.9Dieu! nous avons pensé à ta bonté, au milieu de ton temple.10O Dieu! comme ton nom, ainsi est ta louange, jusqu'aux bouts de la terre; ta droite est pleine de justice.11Que la montagne de Sion se réjouisse, que les filles de Juda s'égayent, à cause de tes jugements.12Faites le tour de Sion, et faites-en le circuit; comptez ses tours,13Faites attention à son rempart, considérez ses palais, afin que vous le racontiez à la génération à venir.14Car ce Dieu est notre Dieu, pour toujours et à perpétuité; il sera notre guide jusqu'à la mort.

Le Psaume 48 termine l'aperçu prophétique commencé au Psaume 42. Nous assistons en raccourci à l'attaque finale des rois de la terre contre Jérusalem et à leur complète déroute (vv. 4-7). Les Juifs pieux constatent alors que ce qu'ils avaient entendu s'accomplit à leur profit (v. 8; Ps. 44:1). Certes ils n'avaient pas mis en vain leur confiance en Dieu. Après avoir tant souffert de l'exil, quelle valeur prend pour eux chaque pierre de la cité bien-aimée! Et ils se retrouvent au milieu de ce temple après lequel ils avaient tant soupiré (Ps. 42:4; Ps. 43:3-4), tout remplis du sentiment de la bonté de leur Dieu (v. 9). N'est-ce pas également notre sainte occupation lorsque nous sommes là où le Seigneur a promis sa présence: méditer sur son grand amour?

Mais alors la louange ne remplira pas seulement le cœur des croyants dispersés ici et là comme aujourd'hui; elle s'étendra jusqu'aux bouts de la terre et sera enfin digne du nom du grand Dieu qu'elle célébrera (v. 10).

Cher ami, ce Dieu qui préside aux destinées du monde et qui accomplira ce que sa bouche a dit, est-il ton Dieu pour toujours et ton guide jusqu'à ta dernière heure ici-bas? (v. 14).

Psaume 49
1Vous, tous les peuples, entendez ceci; vous, tous les habitants du monde, prêtez l'oreille;2Fils des gens du commun, et fils des grands, le riche et le pauvre pareillement:3Ma bouche dira des paroles de sagesse, et la méditation de mon coeur sera pleine d'intelligence;4Je prêterai l'oreille au discours sentencieux, j'exposerai mon énigme sur la harpe.5Pourquoi craindrais-je au mauvais jour, quand l'iniquité de ceux qui me talonnent m'enveloppe?
6Ils se confient en leurs biens et se glorifient en l'abondance de leurs richesses...7Un homme ne pourra en aucune manière racheter son frère, ni donner à Dieu sa rançon8(Car précieux est le rachat de leur âme, et il faut qu'il y renonce à jamais),9Afin qu'il vive encore, à toujours, et qu'il ne voie pas la fosse.10Car il voit que les sages meurent, que le sot et l'insensé périssent pareillement et laissent leurs biens à d'autres.11Leur pensée intérieure est que leurs maisons durent à toujours, et leurs demeures de génération en génération; ils appellent les terres de leur propre nom.12Pourtant l'homme qui est en honneur ne dure pas; il est semblable aux bêtes qui périssent.13Ce chemin qu'ils tiennent est leur folie; mais ceux qui viennent après eux prennent plaisir aux propos de leur bouche. Sélah.14Ils gisent dans le shéol comme des brebis: la mort se repaît d'eux, et au matin les hommes droits domineront sur eux; et leur beauté va se consumer dans le shéol, sans qu'ils aient plus de demeure.
15Mais Dieu rachètera mon âme de la puissance du shéol, car il me prendra. Sélah.16Ne crains pas quand un homme s'enrichit, quand la gloire de sa maison s'accroît;17Car, lorsqu'il mourra, il n'emportera rien; sa gloire ne descendra pas après lui,18Quoique pendant sa vie il bénît son âme (et on te louera, si tu te fais du bien),19Il s'en ira jusqu'à la génération de ses pères: ils ne verront jamais la lumière.20L'homme qui est en honneur et n'a point d'intelligence, est comme les bêtes qui périssent.

Face à l'avenir qu'Il vient d'esquisser dans les psaumes précédents, l'Esprit de Dieu s'adresse maintenant à tous les habitants du monde quel que soit leur rang dans la société (vv. 1, 2). À quoi servent les richesses dont ils se glorifient et dans lesquelles ils mettent leur confiance si le plus grand trésor de la terre ne peut suffire à racheter une seule âme? (vv. 7, 8). Rançon inestimable qu'il nous faut renoncer à jamais verser nous-mêmes! Mais «Dieu rachètera mon âme»... déclare le verset 15. Et nous savons quel prix Il a dû payer pour elle (1 Pierre 1:18-19).

Si quelqu'un recherche les honneurs de ce monde, qu'il médite le verset 12, complété par le verset 20. Où conduit-elle cette course aux honneurs, chemin de folie (v. 13) dans lequel sont engagés d'innombrables concurrents, riches ou pauvres, gens du commun ou fils des grands? À la mort où l'on n'emporte rien! (v. 17). La mort met en défaut la prévoyance humaine, menace les dispositions les plus prudentes, assombrit les joies et marque tous les projets d'une terrible incertitude (Luc 12:20). Aussi les hommes ferment-ils les yeux de peur d'avoir à la considérer en face. Mais pour le racheté, la mort n'est que le dernier pas vers la maison de son Père,... car Il le prendra (v. 15).

Psaume 50
1Dieu Fort, Dieu, l'Éternel, a parlé, et a appelé la terre, du soleil levant jusqu'au soleil couchant.2De Sion, perfection de la beauté, Dieu a fait luire sa splendeur.3Notre Dieu viendra, et il ne se taira point; un feu dévorera devant lui, et autour de lui tourbillonnera la tempête;4Il appellera les cieux d'en haut, et la terre, pour juger son peuple:5Assemblez-moi mes saints, qui ont fait alliance avec moi par un sacrifice.6Et les cieux déclareront sa justice, car Dieu lui-même est juge. Sélah.
7Écoute, mon peuple, et je parlerai; écoute, Israël, et je témoignerai au milieu de toi. Moi, je suis Dieu, ton Dieu.8Je ne te reprendrai pas à cause de tes sacrifices ou de tes holocaustes, qui ont été continuellement devant moi.9Je ne prendrai pas de taureau de ta maison, ni de boucs de tes parcs;10Car tout animal de la forêt est à moi, les bêtes sur mille montagnes.11Je connais tous les oiseaux des montagnes, et ce qui se meut par les champs et à moi.12Si j'avais faim, je ne te le dirais pas; car le monde est à moi, et tout ce qu'il contient.13Mangerais-je la chair des gros taureaux, et boirais-je le sang des boucs?14Sacrifie à Dieu la louange, et acquitte tes voeux envers le Très-haut,15Et invoque-moi au jour de la détresse: je te délivrerai, et tu me glorifieras.
16Dieu dit au méchant: Qu'as-tu à faire de redire mes statuts, et de prendre mon alliance dans ta bouche?17Toi qui hais la correction, et qui as jeté mes paroles derrière toi.18Si tu as vu un voleur, tu t'es plu avec lui, et ta portion est avec les adultères;19Tu livres ta bouche au mal, et ta langue trame la tromperie;20Tu t'assieds, tu parles contre ton frère, tu diffames le fils de ta mère:21Tu as fait ces choses-là, et j'ai gardé le silence; -tu as estimé que j'étais véritablement comme toi; mais je t'en reprendrai, et je te les mettrai devant les yeux.22Considérez donc cela, vous qui oubliez Dieu, de peur que je ne déchire, et qu'il n'y ait personne qui délivre.23Celui qui sacrifie la louange me glorifie; et à celui qui règle sa voie je ferai voir le salut de Dieu.

Le Psaume 49 rappelait à tous les habitants du monde la fragilité et la vanité des richesses et des honneurs, ces deux pôles d'attraction pour les hommes de tous les temps. Dans le Psaume 50, Dieu s'adresse à Israël son peuple (v. 7) pour lui montrer l'inutilité des sacrifices. Ceux-ci non plus ne peuvent racheter l'âme, ni «rendre parfaits ceux qui s'approchent». Par un seul sacrifice, Dieu a scellé son alliance avec Israël (v. 5; Héb. 10:1-10). En retour, ce qu'il attend maintenant de tous les siens, c'est la louange (vv. 14 et 23; Héb. 13:15).

Le court verset 15 résume l'histoire de nos délivrances. D'abord la prière; puis la réponse divine qui nous est assurée; enfin l'action de grâce (tu me glorifieras) — que nous oublions souvent. Mettons en Dieu notre confiance; invoquons-Le et Il accomplira sa promesse!

Dans les versets 16-22, Dieu avertit le méchant, mais celui-ci, tout en ayant la bouche remplie de paroles pieuses, les renie en pratique et il hait la correction. Gardons-nous de lui ressembler!

Remarquons encore la magnifique introduction (vv. 1, 2) qui donne, comme souvent, le thème du psaume: Dieu parlant à la terre pour lui révéler sa splendeur dans la Personne de Christ, juge souverain et roi glorieux en Sion.

Psaume 51
1Use de grâce envers moi, ô Dieu! selon ta bonté; selon la grandeur de tes compassions, efface mes transgressions.2Lave-moi pleinement de mon iniquité, et purifie-moi de mon péché.3Car je connais mes transgressions, et mon péché est continuellement devant moi.4Contre toi, contre toi seul, j'ai péché, et j'ai fait ce qui est mauvais à tes yeux; afin que tu sois justifié quand tu parles, trouvé pur quand tu juges.5Voici, j'ai été enfanté dans l'iniquité, et dans le péché ma mère m'a conçu.6Voici, tu veux la vérité dans l'homme intérieur, et tu me feras comprendre la sagesse dans le secret de mon coeur.
7Purifie-moi du péché avec de l'hysope, et je serai pur; lave-moi, et je serai plus blanc que la neige.8Fais-moi entendre l'allégresse et la joie, afin que les os que tu as brisés se réjouissent.9Cache ta face de mes péchés, et efface10Crée-moi un coeur pur, ô Dieu! et renouvelle au dedans de moi un esprit droit.11Ne me renvoie pas de devant ta face, et ne m'ôte pas l'esprit de ta sainteté.12Rends-moi la joie de ton salut, et qu'un esprit de franche volonté me soutienne.13J'enseignerai tes voies aux transgresseurs, et des pécheurs se retourneront vers toi.
14Délivre-moi de la coulpe du sang, ô Dieu, Dieu de mon salut! Ma langue chantera hautement ta justice.15Seigneur, ouvre mes lèvres, et ma bouche annoncera ta louange.16Car tu ne prends pas plaisir aux sacrifices, autrement j'en donnerais; l'holocauste ne t'est point agréable:17Les sacrifices de Dieu sont un esprit brisé. O Dieu! tu ne mépriseras pas un coeur brisé et humilié.18Fais du bien, dans ta faveur, à Sion; bâtis les murs de Jérusalem.19Alors tu prendras plaisir aux sacrifices de justice, à l'holocauste et au sacrifice qu'on brûle tout entier; alors on offrira des taureaux sur ton autel.

Le Psaume 51 a été écrit par David dans une circonstance bien humiliante (2 Sam. 12). Il nous révèle les sentiments produits dans l'âme par une réelle conviction de péché, ainsi que le chemin tracé par le Saint-Esprit pour retrouver la communion. Considérons-en les pénibles étapes: la confession de la faute commise (v. 3); la pensée que Dieu a été offensé, et pas seulement telle ou telle personne (v. 4); le rappel de notre nature mauvaise (v. 5); le sentiment des exigences de Dieu quant à «la vérité dans l'homme intérieur» (n'oublions jamais ce verset 6); le désir d'une conscience pure et droite (v. 10); enfin le besoin d'un retour à la sainteté pratique (v. 11), à la joie et à un service dévoué (vv. 8, 12). Une fois restauré, le croyant sera en mesure de faire connaître à d'autres la grâce qui lui a pardonné (v. 13; comparer Luc 22:32).

Tout ce travail ne comporte l'offrande d'aucun sacrifice (v. 16), d'aucune œuvre de «pénitence». Un esprit brisé, un cœur vraiment humilié, voilà ce que Dieu peut recevoir par l'efficacité de l'œuvre de Christ (vv. 16, 17).

Amis, si nous nous sommes laissés surprendre par quelque faute, relisons ce psaume dans la présence de Dieu, non comme la confession de David, mais comme notre propre prière.

Psaume 52
1Pourquoi te glorifies-tu du mal, homme fort? La bonté de *Dieu subsiste de jour en jour.2Ta langue trame des malheurs, pratiquant la fausseté, comme un rasoir affilé.3as aimé le mal plus que le bien, le mensonge plus que la parole de justice. Sélah.4Tu as aimé toutes les paroles de destruction, langue trompeuse!5Aussi *Dieu te détruira pour toujours; il te saisira et t'arrachera de ta tente, et il te déracinera de la terre des vivants. Sélah.
6Et les justes verront, et craindront, et ils se riront de lui:7Voilà l'homme qui n'a pas pris Dieu pour sa force, mais qui s'est confié en la multitude de ses richesses, et qui se fortifiait dans son avidité!8Mais moi, je suis dans la maison de Dieu comme un olivier vert. Je me confierai en la bonté de Dieu, pour toujours et à perpétuité.9Je te célébrerai à jamais, parce que tu l'as fait; et je m'attendrai à ton nom, car il est bon devant tes saints.

Jusqu'à la fin du 2e Livre (Ps. 72) nous allons trouver des psaumes de David dont plusieurs ont été composés, comme le 51, dans des circonstances particulières. 1 Samuel 22:9... nous raconte comment Doëg l'Édomite rapporta à Saül le passage de David chez Akhimélec le sacrificateur, et le massacre qui s'ensuivit. Ce Doëg est une figure de l'Antichrist, personnage prophétique qui incarnera le mal et y mettra sa gloire (v. 1). Quel contraste entre le verset 7 du Psaume 45 adressé au Seigneur Jésus et ces versets 1 et 3 qui interpellent cet «homme fort»! Pour la consolation des fidèles, la prophétie du verset 5 s'accomplira en Apocalypse 19:20.

En face de cette puissance de mal, le psalmiste se réfugie en Dieu (v. 8) et le célèbre même (v. 9). Ainsi l'Esprit de Dieu sait se servir des pires épreuves pour produire des accents de louange dans le cœur des rachetés. Quant à l'incrédule, il n'a jamais de paix, et ses appuis précaires ne méritent aucunement la confiance qu'il met en eux (v. 7). Non, cet homme fort n’a pas pris Dieu pour sa force, c’est dans son avidité qu’il se fortifiait (v. 7). Ses richesses sont pourries... son or et son argent sont rouillés, comme le déclare l'apôtre Jacques (Jac. 5:2-3).

Psaume 53
1L'insensé a dit dans son coeur: Il n'y a point de Dieu. Ils se sont corrompus, et ils ont rendu abominable la perversité; il n'y a personne qui fasse le bien.2Dieu a regardé des cieux sur les fils des hommes, pour voir s'il y a quelqu'un qui soit intelligent, qui recherche Dieu:3Ils se sont tous retirés, ils se sont tous ensemble corrompus; il n'y a personne qui fasse le bien, non pas même un seul.4Les ouvriers d'iniquité n'ont-ils aucune connaissance? Ils dévorent mon peuple, comme on mange du pain; ils n'invoquent point Dieu.5Là où il n'y avait pas de sujet de frayeur ils ont été saisis de frayeur; car Dieu disperse les os de ceux qui se campent contre toi. Tu les as rendus confus, parce que Dieu les a méprisés.6Oh! si de Sion le salut d'Israël était venu! Quand Dieu rétablira les captifs de son peuple, Jacob s'égayera, Israël se réjouira.

À l'exception du verset 5 et de la substitution du nom de Dieu à celui de l’Éternel, le Psaume 53 est la reproduction presque textuelle du Psaume 14. Romains 3:10 à 12 en cite les trois premiers versets pour démontrer la faillite générale de toute la race humaine, et personne jamais n'a pu le contredire. «Il n'y a personne qui fasse le bien» (v. 1), «non pas même un seul» ajoute le verset 3. Nous savons pourtant qu'il y a eu un Homme, Celui qui est venu du ciel, sainte exception entre les fils des hommes, que Dieu a pu regarder des cieux (v. 2; comparer Matt. 3:16-17).

«Il n'y a point de Dieu» prétend l'insensé dans son cœur, bien que sa conscience lui dise le contraire; et bien qu'il se meuve par Sa permission, vive de Ses bienfaits et respire par Son souffle (Actes 17:28). Mais Dieu le gêne, aussi s'efforce-t-il de se persuader qu'Il n'existe pas, mettant à sa place la science et ses hypothèses fragiles et mouvantes. Et quand il est obligé malgré tout d'admettre une cause aux choses qui le dépassent, l'incrédule parle vaguement de la Nature ou de la Providence pour éviter d'avoir à prononcer le nom qui lui fait peur... parce que Dieu est Lumière. C'est Lui qui confondra tous les «ouvriers d'iniquité».

Psaume 54
1O Dieu! sauve-moi par ton nom, et fais-moi justice par ta puissance.2O Dieu! écoute ma prière, prête l'oreille aux paroles de ma bouche.3Car des étrangers se sont levés contre moi, et des hommes violents cherchent ma vie; ils n'ont pas mis Dieu devant eux. Sélah.
4Voici, Dieu est mon secours; le Seigneur est entre ceux qui soutiennent mon âme.5Il rendra le mal à ceux qui me pressent: selon ta vérité, détruis-les.6De franche volonté je t'offrirai des sacrifices; je célébrerai ton nom, ô Éternel! car cela est bon.7Car il m'a délivré de toute détresse, et mon oeil a vu son plaisir en mes ennemis.

Après Doëg l'Édomite, les Ziphiens avaient eux aussi traîtreusement renseigné Saül sur les faits et gestes de David son rival et lui avaient permis de retrouver sa trace. Nous avons ce récit en 1 Samuel 23:19.... mais un détail essentiel n'y est pas mentionné: c'est cette prière confiante que le roi rejeté a fait monter vers son Dieu à l'heure du danger.

Il devrait y avoir ainsi dans la vie du chrétien, au travers de ses circonstances de tous les jours, une «trame» de prières tissée dans le secret entre le Seigneur et lui. C’est ce que nous trouvons par exemple tout au long du livre de Néhémie (Néh. 1:11; Néh. 2:4; Néh. 4:4; Néh. 5:19; Néh. 6:14…). Le monde qui n'a pas mis Dieu devant lui (v. 3) et ne peut rien comprendre à la puissance de la prière, attribuera à «un heureux hasard» la manière dont le croyant échappe aux dangers qui le menacent (voyez précisément en 1 Samuel 23:26 comment Saül cherche toujours David du côté de la montagne où il ne se trouve pas). Mais le racheté connaît le nom de Celui qui le délivre de toute détresse et c'est ce nom qu'il célèbre (vv. 1, 6, 7). Dieu est son secours, mais de plus, tout au long de l'épreuve, Il soutient l'âme qui pourrait se décourager (v. 4).

Psaume 55:1-11
1Prête l'oreille, ô Dieu, à ma prière, et ne te cache pas de ma supplication.2Ecoute-moi, et réponds-moi; je m'agite dans ma plainte et je me lamente,3A cause de la voix de l'ennemi et devant l'oppression du méchant; car ils font tomber sur moi l'iniquité, et me poursuivent avec passion.4Mon coeur est dans l'angoisse au dedans de moi, et des frayeurs mortelles sont tombées sur moi;5La crainte et le tremblement sont venus sur moi, et un frisson de terreur m'a couvert.6Et j'ai dit: Oh! si j'avais des ailes comme une colombe, je m'envolerais et je demeurerais tranquille;7Voici, je m'enfuirais loin, et je me logerais au désert. Sélah.8Je me hâterais de m'échapper loin du vent de tempête, loin de l'ouragan.
9Engloutis -les, Seigneur! divise leur langue; car j'ai vu la violence et les querelles dans la ville.10Jour et nuit ils font la ronde sur ses murailles; et l'iniquité et le tourment sont au milieu d'elle;11La perversité est au milieu d'elle, et l'oppression et la fraude ne s'éloignent pas de ses places.

Pressé par les méchants qui le poursuivent avec passion, saisi d'angoisse et de «frayeurs mortelles» (vv. 3 et 4), le fidèle ne répond pas lui-même à «la voix de l'ennemi»; il se tourne vers Dieu. C'est ce que nous avons toujours à faire plutôt que de riposter aux paroles venimeuses..., mais non pour crier vengeance comme David dans ces versets. Prophétiquement, les Psaumes nous transportent au-delà du temps actuel de la grâce dans ces jours où le Royaume ne pourra s'établir que par le jugement des iniques. La méchanceté du monde n'atteint pas aujourd'hui l'intensité qu'elle connaîtra dans cette terrible période. Elle est encore retenue, freinée, par la présence du Saint-Esprit sur la terre (2 Thess. 2:6, 7). Cependant les caractères décrits ici se manifestent déjà: la violence et les querelles (v. 9), l'iniquité et le tourment (v. 10), la perversité, l'oppression et la fraude (v. 11). Le racheté ne peut se sentir à l'aise dans un tel monde. Comme le fidèle du résidu, il soupire après le lieu du repos tranquille (v. 6), après la maison du Père, qui est son espérance et le thème de son cantique:
Oui, bientôt adieu, choses mortelles
Loin de vous je prendrai des ailes
Vers les demeures éternelles
Vers Jésus Christ.
(Hymnes et Cantiques N° 94).

Psaume 55:12-23
12Car ce n'est pas un ennemi qui m'a outragé, alors je l'aurais supporté; ce n'est point celui qui me hait, qui s'est élevé orgueilleusement contre moi, alors je me serais caché de lui;13Mais c'est toi, un homme comme moi, mon conseiller et mon ami:14Nous avions ensemble de douces communications; nous allions avec la foule dans la maison de Dieu.15Que la mort les saisisse! qu'ils descendent vivants dans le shéol! Car la malice est dans leur demeure, au milieu d'eux.
16Moi, je crie à Dieu; et l'Éternel me sauvera.17Le soir, et le matin, et à midi, je médite et je me lamente; et il entendra ma voix.18Il a mis en paix mon âme, la rachetant de la guerre qu'on me fait, car ils étaient plusieurs autour de moi.19Dieu a entendu, et il les accablera: il demeure dès les jours d'autrefois; (Sélah)... car il n'y a point de changement en eux, et ils ne craignent pas Dieu.20Le méchant a étendu ses mains sur ceux qui sont en paix avec lui; il a profané son alliance.21Les paroles de sa bouche étaient lisses comme le beurre, mais la guerre était dans son coeur; ses paroles étaient douces comme l'huile, mais elles sont des épées nues.22Rejette ton fardeau sur l'Éternel, et il te soutiendra; il ne permettra jamais que le juste soit ébranlé.23Et toi, ô Dieu! tu les feras descendre dans le puits de la destruction: les hommes de sang et de fourbe n'atteindront pas la moitié de leurs jours; mais moi, je me confierai en toi.

Celui dont parle David dans les versets 12-14 était probablement Akhitophel le Guilonite, dont 2 Samuel 15 - 17 nous raconte la trahison et le suicide. Mais, prophétiquement, ces paroles s'appliquent au malheureux Judas. Y a-t-il une expression plus forte que celle du verset 13 pour désigner des liens d'affection: «mon conseiller et mon ami» (d'après la note: «guide, intime ami»)? Voilà bien la preuve que les plus grandes marques de confiance et d'amour sont incapables de gagner le cœur naturel de l'homme, dans lequel habite la guerre contre Dieu (v. 21; comparer Marc 14:45). Pensons alors à ce qu'ont été ici-bas les sentiments du Seigneur. Il ne pouvait compter sur rien ni se fier à personne (Jean 2:24). Mais devant un tel déploiement de mal, le psalmiste nous dit: «Rejette ton fardeau sur l'Éternel...» (v. 22). Un fardeau gêne un homme dans sa course, c'est pourquoi Hébreux 12:1 nous dit aussi: «rejetant tout fardeau... courons avec patience». Cela ne veut pas dire que l'épreuve sera immédiatement retirée. Mais elle cesse d'être un fardeau à partir du moment où nous l'avons rejetée sur Dieu, en Lui laissant le soin de s’occuper de ce qui nous inquiète.

Psaume 56
1Use de grâce envers moi, ô Dieu! car l'homme voudrait m'engloutir; me faisant la guerre tout le jour, il m'opprime.2Mes ennemis voudraient tout le jour m'engloutir; car il y en a beaucoup qui me font la guerre, avec hauteur.3Au jour où je craindrai, je me confierai en toi.4En Dieu, je louerai sa parole; en Dieu je me confie: je ne craindrai pas; que me fera la chair?5Tout le jour ils tordent mes paroles; toutes leurs pensées sont contre moi en mal.6Ils s'assemblent, ils se cachent, ils observent mes pas, car ils guettent mon âme.7Echapperont-ils par l'iniquité? Dans ta colère, ô Dieu, précipite les peuples!
8Tu comptes mes allées et mes venues; mets mes larmes dans tes vaisseaux; ne sont-elles pas dans ton livre?9Alors mes ennemis retourneront en arrière, au jour où je crierai; je sais cela, car Dieu est pour moi.10En Dieu, je louerai sa parole; en l'Éternel, je louerai sa parole.11En Dieu je me confie: je ne craindrai pas; que me fera l'homme?12Les voeux que je t'ai faits sont sur moi, ô Dieu! je te rendrai des louanges.13Car tu as délivré mon âme de la mort: ne garderais-tu pas mes pieds de broncher, pour que je marche devant Dieu dans la lumière des vivants?

Ce Psaume se situe, comme le 34e, au moment de la triste expérience de David à Gath (1 Sam. 21:11-15).

Les versets 5 et 6 évoquent le Seigneur dans ses rapports avec ceux qui s'assemblaient, qui l'observaient pour le surprendre et qui tordaient ses paroles (Matt. 22:34, 41; Luc 11:53; Luc 20:20). À leur méchanceté Jésus répondait par sa confiance en son Père. Imitons-le!

Toutefois pour se confier en Dieu il est nécessaire d'abord de Le connaître. Un petit enfant ne mettra généralement pas sa main dans celle d'un inconnu. Or c'est la Parole qui nous révèle Celui sur qui nous pouvons nous appuyer; c'est pourquoi le fidèle s'écrie à deux reprises: «En Dieu, je louerai sa parole; en Dieu je me confie» (vv. 4, 10, 11).

Les méchants observent les pas des croyants (v. 6), mais Dieu compte ces mêmes pas (v. 8). Nous savons qu'Il connaît le nombre des cheveux de leurs têtes: Matthieu 10:30, et ici nous Le voyons s'inquiéter de chacune des larmes de ses enfants, même les plus secrètes. Ainsi donc, si dans «mes allées et mes venues» je dois rencontrer un piège tendu par l'Ennemi, Celui qui a délivré mon âme de la mort éternelle gardera aussi mes pieds de broncher (v. 13; Ps. 94:18; Jude 24).

Psaume 57
1Use de grâce envers moi, ô Dieu! use de grâce envers moi; car en toi mon âme se réfugie, et sous l'ombre de tes ailes je me réfugie, jusqu'à ce que les calamités soient passées.2Je crierai au Dieu Très-haut, à *Dieu qui mène tout à bonne fin pour moi.3a envoyé des cieux, et m'a sauvé; il a couvert de honte celui qui veut m'engloutir. Sélah. Dieu a envoyé sa bonté et sa vérité.4Mon âme est au milieu de lions; je suis couché parmi ceux qui soufflent des flammes, -les fils des hommes, dont les dents sont des lances et des flèches, et la langue une épée aiguë.5Elève-toi, ô Dieu! au-dessus des cieux; que ta gloire soit au-dessus de toute la terre!6Ils ont préparé un filet pour mes pas, mon âme se courbait; ils ont creusé devant moi une fosse, ils sont tombés dedans. Sélah.
7Mon coeur est affermi, ô Dieu! mon coeur est affermi; je chanterai et je psalmodierai.8Éveille-toi, mon âme! Éveillez-vous, luth et harpe! Je m'éveillerai à l'aube du jour.9Je te célébrerai parmi les peuples, ô Seigneur! je chanterai tes louanges parmi les peuplades;10Car ta bonté est grande jusqu'aux cieux, et ta vérité jusqu'aux nues.11Elève-toi, ô Dieu! au-dessus des cieux; que ta gloire soit au-dessus de toute la terre!

Comme les psaumes 51 et 56, celui-ci débute par les mots: «Use de grâce envers moi, ô Dieu!...» Car la grâce divine est ma ressource aussi bien contre le mal qui m'entoure qu'à l'égard du péché qui est en moi (Ps. 51). Que les ennemis s'appellent Absalom, les Philistins ou Saül,... Satan ou le monde, le refuge assuré de mon âme est «en toi», Seigneur Jésus, «sous l'ombre de tes ailes» (v. 1). Dans un tel abri, je ne crains ni ce qui sort de la bouche des hommes, ni le filet préparé sous mes pas (vv. 4, 6; comparer Ps. 91:3, 4). «Dieu... mène tout-bonne fin pour moi» (v. 2). C'est l'équivalent de Romains 8:28. «Nous savons, affirme l'apôtre, que toutes choses travaillent ensemble pour le bien de ceux qui aiment Dieu». La foi nous amène à croire, puis à faire l'expérience que «toutes choses», même les plus contraires à nos propres pensées, sont dirigées par Dieu en vue de notre bénédiction.

Mais ici le croyant est plus soucieux de la gloire de Dieu que de sa propre délivrance (v. 5 répété au verset 11 et Ps. 108:5). Ce fut la prière du Seigneur à propos de la croix qui était devant lui: «Père glorifie ton nom» (Jean 12:28) et ce doit être notre premier désir dans chaque circonstance de notre vie.

Psaume 58
1Est-ce que vraiment la justice se tait? Prononcez-vous ce qui est juste? Vous, fils des hommes, jugez-vous avec droiture?2Bien plutôt, dans le coeur, vous commettez des iniquités; dans le pays, vous pesez la violence de vos mains.3Les méchants se sont égarés dès la matrice; ils errent dès le ventre, parlant le mensonge.4Ils ont un venin semblable au venin d'un serpent, comme l'aspic sourd qui se bouche l'oreille,5Qui n'entend pas la voix des charmeurs, du sorcier expert en sorcelleries.
6O Dieu! dans leur bouche brise leurs dents; Éternel! arrache les grosses dents des jeunes lions.7Qu'ils se fondent comme des eaux qui s'écoulent! S'il ajuste ses flèches, qu'elles soient comme cassées!8Qu'ils soient comme une limace qui va se fondant! Comme l'avorton d'une femme, qu'ils ne voient pas le soleil!9Avant que vos chaudières aient senti les épines, vertes ou enflammées, le tourbillon les emportera.10Le juste se réjouira quand il verra la vengeance; il lavera ses pieds dans le sang du méchant.11Et l'homme dira: Certainement il y a un fruit pour le juste, certainement il y a un Dieu qui juge sur la terre.

Les versets 1 à 5 ne nous laissent aucune illusion sur ce qu'est la justice humaine. Si nous trouvons ce tableau trop sévère, il suffit d'évoquer la croix. Les rapports des hommes entre eux sont bien souvent régis par la loi du plus fort. Et le mensonge avec le venin de la calomnie sont des armes couramment employées (vv. 3, 4; Ps. 140:3). Oui, le monde autour de nous est rempli d'injustice, comme il l'était au temps de David. Mais notre attitude de chrétiens doit être bien différente de celle de l'Israélite pieux, telle qu'elle ressort des versets 6-10. À l'heure de la grande tribulation, celui-ci ne pourra que s'adresser au Dieu des vengeances pour hâter la venue du jour où la justice régnera sur la terre.

Ce jour viendra en effet, mais en attendant c'est encore «maintenant le jour du salut» (2 Cor. 6:2). Aussi nous appartient-il à nous à qui grâce a été faite, d'intercéder pour les hommes auprès du Dieu Sauveur. L'injustice qui nous entoure est pour nous l'occasion de faire du bien et de semer «le fruit de la justice» (Jac. 3:18). Nous n'avons pas à chercher à améliorer le monde qui ne peut pas l'être, mais à y manifester les caractères du Sauveur.

Psaume 59
1Délivre-moi de mes ennemis, ô mon Dieu! protège-moi contre ceux qui s'élèvent contre moi.2Délivre-moi des ouvriers d'iniquité, et sauve-moi des hommes de sang.3Car voici, ils ont dressé des embûches contre ma vie, des hommes forts se sont assemblés contre moi, -non pour ma transgression, ni pour mon péché, ô Éternel!4Sans qu'il y ait d'iniquité en moi ils courent et se préparent; éveille-toi pour venir à ma rencontre, et regarde.5Et toi, Éternel, Dieu des armées! Dieu d'Israël! réveille-toi pour visiter toutes les nations; n'use de grâce envers aucun de ceux qui trament l'iniquité. Sélah.6Ils reviennent le soir, ils hurlent comme un chien, et font le tour de la ville.7Voici, de leur bouche ils vomissent l'injure, des épées sont sur leurs lèvres; car, disent-ils, qui nous entend?
8Mais toi, Éternel, tu te riras d'eux, tu te moqueras de toutes les nations.9A cause de sa force, je regarderai à toi; car Dieu est ma haute retraite.10Dieu qui use de bonté envers moi me préviendra; Dieu me fera voir mon plaisir en mes ennemis.11Ne les tue pas, de peur que mon peuple ne l'oublie; fais-les errer par ta puissance, et abats-les, ô Seigneur, notre bouclier!12A cause du péché de leur bouche, -la parole de leurs lèvres, -qu'ils soient pris dans leur orgueil, et à cause de la malédiction et des mensonges qu'ils profèrent!13Consume-les en ta fureur, consume-les, et qu'ils ne soient plus, et qu'ils sachent que Dieu domine en Jacob jusqu'aux bouts de la terre. Sélah.14Et ils reviendront le soir, ils hurleront comme un chien, et feront le tour de la ville.15Ils errent çà et là pour trouver à manger; ils y passeront la nuit s'ils ne sont pas rassasiés.16Et moi je chanterai ta force, et, dès le matin, je célébrerai avec joie ta bonté; car tu m'as été une haute retraite et un refuge au jour où j'étais dans la détresse.17Ma force! à toi je chanterai; car Dieu est ma haute retraite, le Dieu qui use de bonté envers moi.

Parmi les psaumes qui se rapportent aux circonstances de la vie de David, celui-ci est le plus ancien (voir 1 Samuel 19:11-18). Il a été composé au cours de cette nuit dramatique où, à trois reprises, Saül avait envoyé ses agents criminels pour surveiller (v. 11), prendre (v. 14), et mettre-mort celui qu'il haïssait (v. 15; voyez dans notre psaume leur obstination à mal faire, versets 6 et 14). Pendant cette nuit d'angoisse, l'affligé se tourne vers son Dieu: «Éveille-toi pour venir à ma rencontre,... Dieu d'Israël, réveille-toi...» (vv. 4, 5; comparer Ps. 44:23 et Marc 4:38). Il le connaît dans Sa puissance; il sait que Dieu peut le délivrer s'il le désire, mais il connaît mal Sa fidélité, Sa vigilance et Sa tendresse envers les siens (comparer Matthieu 8:2-3). Le Psaume 121 versets 3 à 8 répond à l'inquiétude du croyant: «Celui qui te garde ne sommeillera pas...». Et au verset 17 nous constatons que David a éprouvé non seulement la force, mais la bonté de son Dieu; Il le célèbre sous ces deux caractères.

Le projet de Saül était de faire mourir son ennemi au matin (1 Sam. 19:11). Mais pour David, comme pour nous, ce matin devient celui de la délivrance, de la joie et de la louange (v. 16; 2 Sam. 23:4).

Psaume 60
1O Dieu! tu nous as rejetés, tu nous as dispersés, tu t'es irrité; ramène-nous.2as fait trembler la terre, tu l'as fendue: répare ses brèches, car elle chancelle.3Tu as fait voir à ton peuple des choses dures; tu nous as donné à boire un vin d'étourdissement.4Tu as donné une bannière à ceux qui te craignent, pour la déployer à cause de la vérité, (Sélah),5Afin que tes bien-aimés soient délivrés. Sauve par ta droite, et réponds-moi!
6Dieu a parlé dans sa sainteté: je me réjouirai; je partagerai Sichem et je mesurerai la vallée du Succoth.7Galaad est à moi, et Manassé est à moi, et Éphraïm est la force de ma tête; Juda est mon législateur;8Moab est le bassin où je me lave; sur Édom j'ai jeté ma sandale. Philistie, pousse des cris de triomphe à mon sujet!9Qui me conduira dans la ville forte? Qui me mènera jusqu'en Édom?10Ne sera-ce pas toi, ô Dieu, qui nous as rejetés, et qui n'es pas sorti, ô Dieu, avec nos armées?11Donne-nous du secours pour sortir de détresse; car la délivrance qui vient de l'homme est vaine.12Par Dieu nous ferons des actes de valeur, et c'est lui qui foulera nos adversaires.

En lisant en 2 Samuel 8 et 1 Chroniques 18 la page glorieuse des victoires de David sur les Syriens et sur les Édomites, qui aurait pensé qu'à cette occasion Israël et son roi avaient passé par une semblable détresse (vv. 1-3, 10, 11). La victoire du chrétien est souvent précédée de pénibles combats intérieurs connus du Seigneur seul. Et une partie du butin conquis dans ces luttes consiste dans les leçons qu'en même temps Dieu nous fait apprendre dans le secret de notre cœur. C'est dans ce sens qu'on peut comprendre l'expression de Romains 8:37 déjà citée: être «plus que vainqueurs». Aussi ce psaume est-il écrit spécialement «pour enseigner» (voir titre). David a appris, et nous rappelle, que «la délivrance qui vient de l'homme est vaine» (comparer Ps. 146:3) et que «par Dieu nous ferons des actes de valeur».

«Tu as donné une bannière à ceux qui te craignent pour la déployer à cause de la vérité». Tenons-la bien haut et d'une main ferme, cette bannière de la vérité.

Les psaumes précédents nous présentaient les relations individuelles de l'âme avec Dieu, il s'agit ici d'exercices communs à tout le peuple. Ne perdons jamais de vue l'unité des rachetés du Seigneur, leur caractère de «bien-aimés» (v. 5) et le témoignage collectif qu'ils sont appelés à rendre.

Psaume 61
1Dieu! écoute mon cri, sois attentif à ma prière.2Du bout de la terre je crierai à toi, dans l'accablement de mon coeur; tu me conduiras sur un rocher qui est trop haut pour moi.3Car tu m'as été un refuge, une forte tour, de devant l'ennemi.4Je séjournerai dans ta tente à toujours; je me réfugierai sous l'abri de tes ailes. Sélah.
5Car toi, ô Dieu! tu as entendu mes voeux, tu m'as donné l'héritage de ceux qui craignent ton nom.6Tu ajouteras des jours aux jours du roi; ses années seront comme des générations et des générations.7Il habitera pour toujours devant Dieu. Donne la bonté et la vérité, afin qu'elles le gardent.8Ainsi je chanterai ton nom à perpétuité, acquittant mes voeux jour par jour.

Quand le croyant rencontre la méchanceté sous toutes ses formes, quand il est poursuivi par les hommes, «dans l'accablement de son cœur», il trouve son refuge en Dieu (vv. 2, 3). Ce fut l'expérience de David pourchassé d'abord par Saül, plus tard par Absalom; ce sera celle du résidu fuyant la domination de l'Antichrist.

«Tu me conduiras sur un rocher qui est trop haut pour moi». L'Esprit de Dieu transporte la foi sur des hauteurs auxquelles l'intelligence naturelle n'a pas accès et dont on se sent indigne. Et, du haut de ce rocher, le croyant exalte tout ce que le Seigneur est pour lui; tous les aspects du secours et de la protection qu'il trouve en Lui: une forte tour contre les ennemis (comparer Proverbes 18:10); une tente contre l'orage ou l'ardeur du soleil; l'abri de ses ailes qui parle de tendresse et de sécurité.

De même qu'au Psaume 56:12, le fidèle rappelle les vœux qu'il a faits, c'est-à-dire les engagements qu'il a pris envers Dieu (vv. 5, 8). Pour nous chrétiens, ces vœux correspondent au sentiment des droits du Seigneur sur nous, à la conscience que nous sommes maintenant livrés-Dieu, que nous n'appartenons plus à nous-mêmes, mais à Celui qui nous a rachetés (2 Cor. 5:15; lire aussi Rom. 12:1).

Psaume 62
1Dieu seul mon âme se repose paisiblement; de lui vient mon salut.2Lui seul est mon rocher et mon salut, ma haute retraite; je ne serai pas beaucoup ébranlé.3Jusques à quand vous jetterez-vous sur un homme, et chercherez -vous tous à le renverser comme une muraille qui penche, comme un mur qui va crouler?4Ils ne consultent que pour le précipiter de son élévation; ils prennent plaisir au mensonge; ils bénissent de leur bouche, et intérieurement ils maudissent. Sélah.5Mais toi, mon âme, repose-toi paisiblement sur Dieu; car mon attente est en lui.6Lui seul est mon rocher et mon salut, ma haute retraite: je ne serai pas ébranlé.7Dieu reposent mon salut et ma gloire; le rocher de ma force, mon refuge, est en Dieu.
8Peuple, -confiez-vous en lui en tout temps, répandez votre coeur devant lui: Dieu est notre refuge. Sélah.9Les fils des gens du commun ne sont que vanité, les fils des grands ne sont que mensonge: placés dans la balance, ils montent ensemble plus légers que la vanité.10N'ayez pas confiance dans l'oppression, et ne mettez pas un vain espoir dans la rapine; si les biens augmentent, n'y mettez pas votre coeur.11Dieu a parlé une fois;... deux fois j'ai entendu ceci, que la force est à Dieu.12à toi, Seigneur, est la bonté; car toi tu rends à chacun selon son oeuvre.

Ce beau psaume n'est pas désigné comme s'appliquant à une circonstance spéciale de la vie de David. Comme pour nous confirmer «qu'en tout temps» (v. 8), l'âme doit se reposer paisiblement sur Dieu (nommé sept fois) et sur Lui seul! Précieuses expressions de confiance (vv. 1, 2, 5-8), et surtout précieux objet de ma confiance: Christ, le rocher des siècles sur lequel reposent à la fois mon salut et ma gloire! (v. 7). Si je le réalise, je puis en inviter d'autres à se confier en Lui (v. 8) et en même temps les mettre en garde contre tout appui trompeur. En effet, qu'ils soient en bas ou en haut de l'échelle sociale, les hommes s'enflent du vent de leur vanité et de leurs prétentions mensongères. À la balance divine, ils seront tous trouvés «manquant de poids» (v. 9; comparer Dan. 5:27).

Quant à nous, chrétiens, retenons soigneusement la fin du verset 10: «Si les biens augmentent, n'y mettez pas votre cœur». Beaucoup d'enfants de Dieu, fidèles tant qu'ils n'avaient que Dieu sur qui se reposer (v. 1) n'ont pas résisté à l'épreuve de... la prospérité (comparer Ps. 69:22). «La tromperie des richesses» a étouffé la parole vivante qui est alors restée sans fruit (Matt. 13:22).

Psaume 63
1Dieu! tu es mon *Dieu; je te cherche au point du jour; mon âme a soif de toi, ma chair languit après toi, dans une terre aride et altérée, sans eau,2voir ta force et ta gloire, comme je t'ai contemplé dans le lieu saint.
3Car ta bonté est meilleure que la vie; mes lèvres te loueront.4Ainsi je te bénirai durant ma vie, j'élèverai mes mains en ton nom.5Mon âme est rassasiée comme de moelle et de graisse, et ma bouche te louera avec des lèvres qui chantent de joie.6Quand je me souviens de toi sur mon lit, je médite de toi durant les veilles de la nuit;
7Car tu as été mon secours, et à l'ombre de tes ailes je chanterai de joie.8Mon âme s'attache à toi pour te suivre, ta droite me soutient.9Mais ceux qui cherchent ma vie pour sa ruine entreront dans les parties inférieures de la terre;10On les livrera à la puissance de l'épée, ils seront la portion des renards.11Mais le roi se réjouira en Dieu, et quiconque jure par lui se glorifiera; car la bouche de ceux qui parlent faussement sera fermée.

Que peut chercher David, dès le point du jour, dans le désert de Juda, un lieu aride, désolé, image du monde? Rien que Dieu mais son Dieu personnel. Avons-nous avec notre Seigneur un tel rendez-vous matinal, pour lui apporter notre faiblesse, nos craintes — le croyant n'est pas quelqu'un d'insensible — mais aussi pour écouter ses instructions, lui demander aide et directions? Exigence de l'âme que Lui seul peut satisfaire par sa propre présence: «Mon âme a soif de toi» (v. 1). À ce besoin-là, Dieu répond toujours (Jér. 31:25). Le v. 5 confirme: «Mon âme est rassasiée...». Dieu a-t-il changé le désert en un lieu fertile? C'est souvent dans ce sens que nous prions. Nous demandons telle amélioration de nos circonstances, faussement convaincus que notre condition spirituelle en dépend. Non, ici le désert est resté le désert, mais ce qui a changé, c'est la manière de le traverser. L'âme s'est ressourcée à l'intérieur du sanctuaire. Elle est maintenant capable de chanter de joie (v. 3, 5, 7). Car Dieu veut toujours se montrer suffisant et si le désert est nécessaire à cette démonstration, mes cantiques le sont aussi, parce qu'ils témoignent que c'est bien Lui qui fait mon bonheur.

Psaume 64
1Écoute, ô Dieu! ma voix, quand je me plains; garde ma vie de la crainte de l'ennemi.2Cache-moi loin du conseil secret des méchants, et de la foule tumultueuse des ouvriers d'iniquité,3Qui ont aiguisé leur langue comme une épée, ajusté leur flèche, -une parole amère,4Pour tirer de leurs cachettes contre celui qui est intègre: soudain ils tirent sur lui, et ils ne craignent pas.5Ils s'affermissent dans de mauvaises choses, ils s'entretiennent ensemble pour cacher des pièges; ils disent: Qui le verra?6Ils méditent des méchancetés: Nous avons fini; la machination est ourdie. L'intérieur de chacun, et le coeur, est profond.
7Mais Dieu tirera sa flèche contre eux: soudain ils sont blessés;8Et leur langue les fera tomber les uns par-dessus les autres; tous ceux qui les voient s'enfuiront.9Et tous les hommes craindront, et ils raconteront les actes de Dieu, et considéreront son oeuvre.10Le juste se réjouira en l'Éternel et se confiera en lui, et tous ceux qui sont droits de coeur se glorifieront.

Le croyant n'éprouve pas seulement comme au Psaume 63 l'aridité d'un monde où il ne peut étancher la soif de son âme (Ps. 63:1), mais il ressent aussi l'hostilité des hommes. Ils aiguisent leur langue contre lui comme une épée (comparer Ps. 55:21; 57:4). La fidélité a toujours excité l'animosité des incrédules. N'en soyons pas étonnés, mais veillons à ce que notre conduite ne donne aucune prise à des accusations justifiées. Contre cette épée et ces flèches, revêtons la cuirasse de la justice (c'est-à-dire une conduite irréprochable; Éphésiens 6:14; lire 1 Pierre 2:12) et opposons à toutes les manifestations de méchanceté «la douceur de la sagesse» (Jac. 3:13). Alors Dieu prendra notre cause en main (Rom 12:17-19).

«Qui le verra?» avaient dit les ennemis du juste (v. 5; voir aussi Ps. 10:11 et Ps. 59:7). Eh bien, Dieu le voit! Son regard décèle au plus profond du cœur la malveillance et la machination (v. 6). Et en réponse à la flèche (cette «parole amère») ajustée et décochée soudain contre l'homme intègre (v. 4), Il prépare sa propre flèche qui délivrera son racheté d'une manière tout aussi soudaine quand le moment sera venu (v. 7).

Psaume 65
1O Dieu! la louange t'attend dans le silence en Sion, et le voeu te sera payé.2O toi qui écoutes la prière! toute chair viendra à toi.3Les iniquités ont prévalu sur moi; nos transgressions, toi tu les pardonneras.4Bienheureux celui que tu as choisi et que tu fais approcher: il habitera tes parvis. Nous serons rassasiés du bien de ta maison, de ton saint temple.5Tu nous répondras par des choses terribles de justice, ô Dieu de notre salut, toi qui es la confiance de tous les bouts de la terre, et des régions lointaines de la mer!
6Toi qui as établi les montagnes par ta force, qui es ceint de puissance,7Qui apaises le tumulte des mers, le tumulte de leurs flots, et l'agitation des peuplades.8Et ceux qui habitent aux bouts de la terre craindront à la vue de tes prodiges; tu fais chanter de joie les sorties du matin et du soir.9Tu as visité la terre, tu l'as abreuvée, tu l'enrichis abondamment: le ruisseau de Dieu est plein d'eau. Tu prépares les blés, quand tu l'as ainsi préparée.10Tu arroses ses sillons, tu aplanis ses mottes, tu l'amollis par des ondées, tu bénis son germe.11Tu couronnes l'année de ta bonté, et tes sentiers distillent la graisse.12Ils distillent sur les pâturages du désert, et les collines se ceignent d'allégresse.13Les prairies se revêtent de menu bétail, et les plaines sont couvertes de froment: elles poussent des cris de triomphe; oui, elles chantent.

Avant d'être universelle à l'aube du «jour millénaire» (Ps. 66), la louange se prépare en silence dans le cœur des rachetés. Elle devrait nous être familière, cette adoration qui monte silencieusement vers Dieu avec d'autant plus de réalité que des paroles ne peuvent la trahir. Pratiquons-la dans nos trajets, pendant les pauses de notre travail, sur notre lit durant la nuit... (Ps. 63:6). Elle sera toujours entendue et comprise par Celui qui écoute la prière (v. 2).

Après avoir réalisé au verset 3 le pardon des péchés, Israël (et le chrétien également) pourra jouir de la présence de Dieu et des joies de Sa communion (v. 4).

Le Psaume se termine sur un tableau magnifique des futures bénédictions terrestres, images des richesses spirituelles du croyant dès maintenant en sa possession. Si celui-ci languit «dans une terre aride et altérée, sans eau» (Ps. 63:1), il doit se souvenir que «le ruisseau de Dieu est plein d'eau» (v. 9). Chers amis, n'est-ce pas alors notre faute si notre âme est quelquefois desséchée? (voir Jean 4:14, 15)

«Tu fais chanter de joie les sorties du matin et du soir» dit encore le verset 8. Oui, que nos journées commencent, se déroulent et s'achèvent dans un chant de bonheur et d'amour.

Psaume 66
1Poussez des cris de joie vers Dieu, toute la terre!2Chantez la gloire de son nom, rendez glorieuse sa louange.3Dites à Dieu: Que tes oeuvres sont terribles! Tes ennemis se soumettent à toi, à cause de la grandeur de ta force.4Toute la terre se prosternera devant toi, et chantera tes louanges; elle chantera ton nom. Sélah.5Venez, et voyez les oeuvres de Dieu: il est terrible dans ses actes envers les fils des hommes.6Il changea la mer en terre sèche; ils passèrent le fleuve à pied: là nous nous réjouîmes en lui.7Il domine par sa puissance pour toujours; ses yeux observent les nations. Que les rebelles ne s'éloignent pas! Sélah.
8Peuples, bénissez notre Dieu, et faites entendre la voix de sa louange.9C'est lui qui a conservé notre âme en vie, et il n'a pas permis que nos pieds fussent ébranlés.10Car, ô Dieu! tu nous as éprouvés, tu nous as affinés comme on affine l'argent;11Tu nous as fait entrer dans le filet, tu as mis un fardeau accablant sur nos reins;12Tu as fait passer les hommes sur notre tête; nous sommes entrés dans le feu et dans l'eau, et tu nous as fait sortir dans un lieu spacieux.
13J'entrerai dans ta maison avec des holocaustes; j'acquitterai envers toi mes voeux,14Ce que mes lèvres ont proféré, et que ma bouche a dit dans ma détresse.15Je t'offrirai des holocaustes de bêtes grasses, avec l'encens des béliers; je sacrifierai du gros bétail avec des boucs. Sélah.16Venez, écoutez, vous tous qui craignez Dieu, et je raconterai ce qu'il a fait pour mon âme.17J'ai crié à lui de ma bouche, et il a été exalté par ma langue.18Si j'avais regardé l'iniquité dans mon coeur, le Seigneur ne m'aurait pas écouté.19Dieu m'a écouté; il a fait attention à la voix de ma prière.20Béni soit Dieu, qui n'a point rejeté ma prière, ni retiré d'avec moi sa bonté.

Dans les temps heureux dont parlait le Psaume 65, ce sera le rôle d'Israël d'inviter les nations à la joie et à la louange. Tout d'abord à cause de Ses œuvres terribles (vv. 3, 5), puis pour Sa bonté à l'égard de son peuple. La sortie d'Égypte et l'entrée en Canaan (v. 6) sont les premiers grands actes de puissance qui devront toujours être exaltés. Chrétiens, ne cessons pas de célébrer la croix de notre Seigneur Jésus Christ. Il nous a délivrés du joug du prince de ce monde (l'Égypte) et nous a fait entrer dans des bénédictions célestes.

Puis les longues souffrances d'Israël seront aussi remises en mémoire (vv. 10-12). Les Juifs ont été (et sont encore) éprouvés de toutes les manières, accablés, foulés aux pieds (v. 12) par les nations au milieu desquelles ils ont été dispersés. Mais bientôt ils pourront bénir Dieu qui a conservé leur âme en vie et les a affinés au creuset de l'épreuve. N'oublions jamais, nous non plus, ce précieux but divin. Le verset 18 nous rappelle une vérité très importante: Dieu ne peut écouter nos prières tant que nous avons sur la conscience un péché non jugé. Hâtons-nous de le confesser afin de jouir à nouveau de Sa communion! (Ésaïe 1:15; Ps. 32:5, 6).

Psaume 67
1Que Dieu use de grâce envers nous et nous bénisse, qu'il fasse lever la lumière de sa face sur nous, (Sélah),2Pour que ta voie soit connue sur la terre, ton salut parmi toutes les nations.3Que les peuples te célèbrent, ô Dieu! que tous les peuples te célèbrent!4Que les peuplades se réjouissent, et chantent de joie; car tu jugeras les peuples avec droiture, et tu conduiras les peuplades sur la terre. Sélah.5Que les peuples te célèbrent, ô +Dieu! que tous les peuples te célèbrent!6terre donnera son fruit; Dieu, notre Dieu, nous bénira.7Dieu nous bénira, et tous les bouts de la terre le craindront.

Israël demande à être béni afin que la volonté de Dieu et Son salut soient connus de toute la terre (vv. 1, 2). Ne sommes-nous pas habituellement trop occupés de nous-mêmes dans nos prières? Demandons que la grâce dont nous sommes les objets et les bénédictions dont nous jouissons puissent être remarquées par ceux qui nous entourent et les attirent à Jésus.

L'Épître aux Romains (Rom. 9 - 11) nous explique comment Israël a été mis de côté pour permettre à Dieu d'étendre dorénavant sa grâce aux nations. Elle nous montre aussi comment cette participation des «gentils» aux promesses faites à Abraham devait exciter les Juifs à jalousie (lire Rom. 11:11, 12). Mais sous le sceptre du Messie, il y aura place pour les uns et pour les autres (Ps. 22:27). Toutes les nations du monde seront bénies avec le peuple juif. Il ne sera plus question de jalousie ni d'orgueil national; Israël n'aura qu'un désir: voir tous les peuples se réjouir en Dieu et Le célébrer (vv. 3, 5). Alors l'Agneau sera exalté dans les cieux et sur la terre comme Il en est digne. «Tu as acheté pour Dieu par ton sang, de toute tribu, et langue, et peuple, et nation...» (Apoc. 5:9).

Psaume 68:1-14
1Que Dieu se lève, que ses ennemis soient dispersés, et que ceux qui le haïssent s'enfuient devant lui.2Comme la fumée est dissipée, tu les dissiperas; comme la cire se fond devant le feu, les méchants périront devant Dieu.3Mais les justes se réjouiront, ils exulteront en la présence de Dieu et s'égayeront avec joie.4Chantez à Dieu, chantez son nom, dressez un chemin à celui qui passe comme à cheval par les déserts: son nom est Jah; réjouissez-vous devant lui.5Dieu, dans sa demeure sainte, est le père des orphelins et le juge des veuves.6Dieu fait habiter en famille ceux qui étaient seuls; il fait sortir ceux qui étaient enchaînés, pour qu'ils jouissent de l'abondance; mais les rebelles demeurent dans une terre aride.
7O Dieu! quand tu sortis devant ton peuple, quand tu marchas dans le désert, (Sélah)8La terre trembla; les cieux aussi distillèrent des eaux devant Dieu, ce Sinaï trembla devant Dieu, le Dieu d'Israël.9O Dieu! tu répandis une pluie abondante sur ton héritage, et, quand il était las, tu l'établis.10Ton troupeau a habité là; dans ta bonté, tu préparas tes biens pour l'affligé, ô Dieu!11Le Seigneur donna la parole: grande fut la foule des femmes qui répandirent la bonne nouvelle.12Les rois des armées s'enfuirent; ils s'enfuirent, et celle qui demeurait dans la maison partagea le butin.13Quoique vous ayez été couchés au milieu des étables, vous serez comme les ailes d'une colombe couverte d'argent, et dont le plumage est comme l'or vert.14Quand le Tout-Puissant y dispersa des rois, le pays devint blanc comme la neige du Tsalmon.

Terrible dans ses jugements contre les impies, Dieu se montre plein de tendresse envers ceux qui Lui appartiennent et qu'il appelle «les justes» (v. 3). Lui-même prend les beaux noms de «père des orphelins» et «juge des veuves» (v. 5; Ps. 146:9; Jér. 49:11). Il montre ainsi qu'il s'occupe d'une manière toute spéciale de ceux qui ont perdu leur soutien naturel. Les isolés sont les objets de soins particuliers: «Dieu fait habiter en famille ceux qui étaient seuls» (v. 6). Combien ont fait cette précieuse expérience! À leur conversion des portes s'étaient fermées; certains membres de leur famille ne voulaient plus les recevoir. Pour l'amour du Seigneur, ils avaient dû quitter «maison, ou frères, ou sœurs...». Mais «le Père des orphelins» les a recueillis dans sa propre famille où ils ont trouvé d'autres frères et d'autres sœurs (lire Marc 10:29, 30).

Jusqu'au verset 14 sont rappelés les soins de Dieu envers son peuple depuis le chemin du désert (comparer versets 1 et 7 avec Nomb. 10:33-36). Il n'a pas cessé de veiller sur Israël son «troupeau» (v. 10). Mais aujourd'hui le Seigneur a «d'autres brebis qui ne sont pas de cette bergerie» juive (Jean 10:16). Êtes-vous l'une d'elles? Pouvez-vous parler de l'amour de ce bon Berger?

Psaume 68:15-23
15Une montagne de Basan est la montagne de Dieu, une montagne à plusieurs sommets, une montagne de Basan.16Pourquoi, montagnes à plusieurs sommets, regardez-vous avec jalousie la montagne que Dieu a désirée pour y habiter? Oui, l'Éternel y demeurera pour toujours.17Les chars de Dieu sont par vingt mille, par milliers redoublés; le Seigneur est au milieu d'eux: c'est un Sinaï en sainteté.18Tu es monté en haut, tu as emmené captive la captivité; tu as reçu des dons dans l'homme, et même pour les rebelles, afin que Jah, Dieu, ait une demeure.19Béni soit le Seigneur, qui, de jour en jour, nous comble de ses dons, le *Dieu qui nous sauve. Sélah.20Notre *Dieu est un *Dieu de salut; et c'est à l'Éternel, le Seigneur, de faire sortir de la mort.21Mais Dieu brisera la tête de ses ennemis, le crâne chevelu de ceux qui marchent dans leurs iniquités.
22Le Seigneur a dit: Je ramènerai les miens de Basan, je les ramènerai des profondeurs de la mer;23Afin que tu trempes ton pied dans le sang de tes ennemis, et que la langue de tes chiens en ait sa part.

Il viendra un moment où toutes les prétentions des hommes à la puissance (ces montagnes à plusieurs sommets du verset 16) devront faire place à la seule puissance divine. Celle-ci a donné sa preuve la plus grande, non par sa victoire sur les ennemis d'Israël, mais par celle que Christ a remportée sur Satan (l'homme fort qui nous retenait captifs) et par Sa résurrection triomphante (v. 18; Rom. 1:4). Élevé «au-dessus de tous les cieux», le Seigneur est ici Celui qui reçoit des dons en tant qu'homme. Dans la citation d'Éphésiens 4:8-10, Il les distribue. Son Église aujourd'hui dispose pour son édification de ces dons répandus sur elle par le moyen du Saint-Esprit (Actes 2:33). De toutes manières nous pouvons dire avec le verset 19: «Béni soit le Seigneur, qui, de jour en jour, nous comble de ses dons, le Dieu qui nous sauve». En vérité notre Dieu est un Dieu de salut. C'est à Lui qu'il appartient de faire sortir de la mort (bien que ce verset 20 s'applique en premier lieu à la résurrection nationale d'Israël) et de donner à ceux qui étaient retenus par son pouvoir une part céleste et éternelle avec le Premier-né d'entre les morts, avec l'Homme ressuscité.

Psaume 68:24-35
24Ils ont vu ta marche, ô Dieu! la marche de mon *Dieu, de mon roi, dans le lieu saint:25Les chanteurs allaient devant, ensuite les joueurs d'instruments à cordes, au milieu des jeunes filles jouant du tambourin.26Dans les congrégations bénissez Dieu, le Seigneur, -vous qui êtes de la source d'Israël!27Là est Benjamin, le petit, qui domine sur eux; les princes de Juda, leur troupe; les princes de Zabulon, les princes de Nephthali.28Ton Dieu a commandé ta force. Établis en force, ô Dieu, ce que tu as fait pour nous!29A cause de ton peuple, à Jérusalem, les rois t'apporteront des présents.30Tance la bête des roseaux, l'assemblée des forts taureaux, avec les veaux des peuples: chacun se prosterne, offrant des lingots d'argent. Disperse les peuples qui trouvent leurs délices dans la guerre.31Des grands viendront d'Égypte; Cush s'empressera d'étendre ses mains vers Dieu.
32Royaumes de la terre, chantez à Dieu, chantez les louanges du Seigneur, (Sélah),33A celui qui passe comme à cheval sur les cieux, sur les cieux d'ancienneté! Voici, il fait retentir sa voix, un voix puissante.34Attribuez la force à Dieu: sa majesté est sur Israël, et sa force dans les nuées.35Tu es terrible, ô Dieu! du milieu de tes sanctuaires. Le *Dieu d'Israël, c'est lui qui donne la puissance et la force à son peuple. Béni soit Dieu!

Cette fin du Psaume nous présente un autre côté de l'établissement du Règne. La «marche» de Dieu avec son peuple, qui avait commencé dans le désert (v. 7), s'achève maintenant dans le lieu Saint, figure d'un glorieux repos (v. 24; comparer 2 Sam. 6:17 et 7:6). Les tribus d'Israël enfin rassemblées partagent ce repos. Le verset 27 mentionne Juda maintenant réuni à Zabulon et Nephthali ainsi que Benjamin, le petit. En effet cette dernière tribu avait été jadis presque anéantie par le jugement (Juges 21); elle est donc l'image du peuple d'Israël tout entier qui vient de traverser les tribulations. Mais à présent elle domine, car Dieu a commandé la force de son peuple (v. 28). Et le monde entier se soumet: les rois (v. 29), les grands (v. 31), les royaumes (v. 32), tous invités à attribuer à Dieu la force et la majesté qui sont visibles en Israël.

«Ils ont vu ta marche, ô Dieu!» (v. 24). Nous pensons aussi à ces disciples de Jean le Baptiseur «regardant Jésus qui marchait» (Jean 1:36) et qui l'ont suivi. Oui, considérons en lisant la Parole cette marche parfaite du Seigneur dans le désert de ce monde, en attendant de Le contempler face à face dans le repos et dans la gloire.

Psaume 69:1-19
1ô Dieu! car les eaux me sont entrées jusque dans l'âme.2Je suis enfoncé dans une boue profonde, et il n'y a pas où prendre pied; je suis entré dans la profondeur des eaux, et le courant me submerge.3Je suis las de crier; mon gosier est desséché; mes yeux se consument, pendant que j'attends mon Dieu.4Ceux qui me haïssent sans cause sont plus nombreux que les cheveux de ma tête; ceux qui voudraient me perdre, qui sont à tort mes ennemis, sont puissants; ce que je n'avais pas ravi, je l'ai alors rendu.5O Dieu! tu connais ma folie, et mes fautes ne te sont pas cachées.6Que ceux qui s'attendent à toi ne soient pas rendus honteux à cause de moi, Seigneur, Éternel des armées! Que ceux qui te cherchent ne soient pas rendus confus à cause de moi, ô Dieu d'Israël!7Car à cause de toi j'ai porté l'opprobre, la confusion a couvert mon visage.8Je suis devenu un étranger à mes frères, et un inconnu aux fils de ma mère;9Car le zèle de ta maison m'a dévoré, et les outrages de ceux qui t'outragent sont tombés sur moi.10Et j'ai pleuré, mon âme était dans le jeûne; et cela m'a été en opprobre.11J'ai pris aussi un sac pour mon vêtement, et je leur suis devenu un proverbe.12Ceux qui sont assis dans la porte parlent contre moi, et je sers de chanson aux buveurs.
13Mais, pour moi, ma prière s'adresse à toi, Éternel, en un temps agréé. -O Dieu! selon la grandeur de ta bonté, réponds-moi selon la vérité de ton salut.14Délivre-moi du bourbier, et que je n'y enfonce point; que je sois délivré de ceux qui me haïssent et des profondeurs des eaux.15Que le courant des eaux ne me submerge pas, et que la profondeur ne m'engloutisse pas, et que le puits ne ferme pas sa gueule sur moi.16Réponds-moi, ô Éternel! car ta gratuité est bonne; selon la grandeur de tes compassions, tourne-toi vers moi;17Et ne cache pas ta face de ton serviteur, car je suis en détresse. Hâte-toi, réponds-moi.18Approche-toi de mon âme, sois son rédempteur; rachète-moi à cause de mes ennemis.19Toi, tu connais mon opprobre, et ma honte, et ma confusion: tous mes adversaires sont devant toi.

Le Psaume 68 nous a montré Christ élevé au ciel en vainqueur, recevant des dons glorieux (v. 18). Le Psaume 69 nous Le présente abaissé, dans la honte et l'indicible douleur, rendant ce qu'Il n'avait pas ravi (v. 4). Nous avons déjà trouvé dans cet ordre le Psaume 21 précédant le Psaume 22, afin que nul ne se trompe quant à la personne présentée ensuite au milieu de telles souffrances. Comme l'arche frayant au peuple un chemin à travers le fleuve du Jourdain (fleuve de la mort), Christ s'avance prenant sur Lui-même le fardeau des fautes, «la folie» de son peuple (v. 5). Il enfonce dans la boue profonde du péché, dans la profondeur des eaux du jugement (v. 2); Il voit l'affreux puits de la mort menaçant de l'engloutir (v. 15); mais Il ne cesse malgré tout cela d'élever sa prière à son Dieu (v. 13).

La citation du verset 9 en Romains 15:3 nous invite à imiter ce grand Modèle qui n'a jamais cherché-plaire-Lui-même, à se soustraire à des outrages qui concernaient son Père (Matt. 27:43).

Il demande aussi que son épreuve ne soit pas une pierre d'achoppement pour les croyants lorsqu'ils verront un tel fidèle plongé dans une telle détresse (v. 6).

Psaume 69:20-36
20L'opprobre m'a brisé le coeur, et je suis accablé; et j'ai attendu que quelqu'un eût compassion de moi, mais il n'y a eu personne,... et des consolateurs, mais je n'en ai pas trouvé.21Ils ont mis du fiel dans ma nourriture, et, dans ma soif, ils m'ont abreuvé de vinaigre.
22Que leur table soit un piège devant eux, et que ce qui tend à la prospérité leur soit un filet;23Que leurs yeux soient obscurcis de sorte qu'ils ne voient pas, et fais continuellement chanceler leurs reins.24Répands sur eux ton indignation, et que l'ardeur de ta colère les atteigne.25Que leur demeure soit désolée, qu'il n'y ait personne qui habite dans leurs tentes.26Car ils persécutent celui que toi tu as frappé, et parlent pour la douleur de ceux que tu as blessés.27Mets iniquité sur leur iniquité, et qu'ils n'entrent pas en ta justice;28Qu'ils soient effacés du livre de vie, et qu'ils ne soient pas inscrits avec les justes.29Mais pour moi, je suis affligé et dans la douleur: que ton salut, ô Dieu, m'élève en un lieu de sûreté!
30Je louerai le nom de Dieu dans un cantique, et je le magnifierai par ma louange;31Et cela plaira plus à l'Éternel qu'un taureau, un boeuf qui a des cornes et l'ongle divisé.32Les débonnaires le verront, ils se réjouiront; vous qui cherchez Dieu, votre coeur vivra.33Car l'Éternel écoute les pauvres, et ne méprise pas ses prisonniers.34Les cieux et la terre le loueront, les mers et tout ce qui se meut en elles.35Dieu sauvera Sion, et bâtira les villes de Juda; et on y habitera, et on la possédera;36Et la semence de ses serviteurs l'héritera, et ceux qui aiment son nom y demeureront.

Les Psaume 22 et 69 qui, l'un et l'autre, nous occupent des souffrances du Seigneur, présentent entre eux une différence essentielle: Dans le Psaume 22 Christ est vu accomplissant l'expiation de nos péchés; Il y est présenté comme Celui que Dieu a frappé à notre place. Ici au contraire, nous voyons Jésus souffrir de la part des hommes; et que de moyens ceux-ci n'ont-ils pas trouvés pour le persécuter! Un mot revient quatre fois dans ce psaume: l'opprobre, autrement dit le déshonneur public (vv. 7, 10, 19, 20). Le cœur infiniment sensible du Seigneur en a été brisé (v. 20). En Lui la gloire de Dieu, Son amour, Sa sainteté, ont été foulés aux pieds devant tous par les hommes iniques. Et le verset 21 s'est littéralement réalisé à l'heure de la croix (Matt. 27:34, 48).

Une autre cause de profonde douleur pour le Sauveur a été l'incompréhension, l'indifférence de ses disciples: «J'ai attendu que quelqu'un eût compassion de moi, mais il n'y a eu personne...»

C'est à juste titre que les représentants de la race humaine coupable d'un tel forfait subiront, s'ils ne se sont pas repentis, l'indignation et la colère demandées au verset 24 par le résidu. Mais puisse le Seigneur trouver chacun de nos lecteurs parmi «ceux qui aiment son nom» (v. 36).

Psaume 70
1ô Dieu, de me délivrer! hâte-toi, ô Éternel, de me secourir!2Que ceux qui cherchent ma vie soient honteux et confondus; qu'ils se retirent en arrière et soient confus, ceux qui prennent plaisir à mon malheur;3Qu'ils retournent en arrière à cause de leur honte, ceux qui disent: Ha ha! ha ha!4Que tous ceux qui te cherchent s'égayent et se réjouissent en toi; et que ceux qui aiment ton salut disent continuellement: Magnifié soit Dieu!5Et moi, je suis affligé et pauvre; ô Dieu, hâte-toi vers moi! Tu es mon secours et celui qui me délivre; Éternel, ne tarde pas!

Trop souvent les souffrances des autres nous laissent insensibles (comparer Psaume 69:20). C'est encore plus vrai lorsque nous sommes nous-mêmes éprouvés. En général, dans de tels moments, nous ne pensons plus qu'à notre propre fardeau et nous trouvons même un certain soulagement à constater que nous ne sommes pas seuls à souffrir. Mais il n'en était pas ainsi de Jésus. Tout en étant Lui-même «affligé et pauvre», sa prière était que tous ceux qui cherchent Dieu s'égaient et se réjouissent en Lui... (v. 4). Déjà au Psaume 69:6, Il avait intercédé: «Que ceux qui te cherchent ne soient pas rendus confus à cause de moi, ô Dieu d'Israël»! Tout son désir était que Dieu soit magnifié et que les siens se réjouissent en Lui (v. 4). En revanche, la honte et la confusion atteindront ceux qui ont cherché sa vie, qui ont pris un insolent plaisir à son malheur (v. 2). Mais nous savons qu'aucun désir de vengeance comme ceux des versets 2, 3 n'est monté dans le cœur du Sauveur plein d'amour. Au contraire, au plus profond de sa douleur Il s'occupait en grâce de ceux qui le tourmentaient, et demandait à Dieu de leur pardonner (Luc 23:34).

Psaume 71:1-16
1En toi, Éternel! j'ai mis ma confiance: que je ne sois jamais confus!2Dans ta justice, délivre-moi et fais que j'échappe; incline ton oreille vers moi et sauve-moi.3Sois pour moi un rocher d'habitation, afin que j'y entre continuellement; tu as donné commandement de me sauver, car tu es mon rocher et mon lieu fort.4Mon Dieu! fais-moi échapper de la main du méchant, de la main de l'injuste et de l'oppresseur.5Car toi tu es mon attente, Seigneur Éternel! ma confiance dès ma jeunesse.6Je me suis appuyé sur toi dès le ventre; c'est toi qui m'as tiré hors des entrailles de ma mère: tu es le sujet continuel de ma louange.7Je suis pour plusieurs comme un prodige; mais toi, tu es mon fort refuge.8Ma bouche est pleine de ta louange et de ta magnificence, tout le jour.9Ne me rejette pas au temps de ma vieillesse; ne m'abandonne pas quand ma force est consumée.10Car mes ennemis parlent contre moi, et ceux qui guettent mon âme consultent ensemble,11Disant: Dieu l'a abandonné; poursuivez-le et saisissez-le, car il n'y a personne qui le délivre.12O Dieu! ne te tiens pas loin de moi; mon Dieu, hâte-toi de me secourir!13Qu'ils soient honteux, qu'ils soient consumés, ceux qui sont ennemis de mon âme; qu'ils soient couverts d'opprobre et de confusion, ceux qui cherchent mon malheur.
14Mais moi, j'attendrai continuellement, et je redirai sans cesse toutes tes louanges.15Ma bouche racontera tout le jour ta justice et ton salut, car je n'en connais pas l'énumération.16J'irai dans la puissance du Seigneur Éternel; je ferai mention de ta justice, de la tienne seule.

Tu es «ma confiance dès ma jeunesse...» dit le psalmiste (v. 5) et au verset 17: «Ô Dieu! tu m'as enseigné dès ma jeunesse; et jusqu'ici j'ai annoncé tes merveilles». Heureux le croyant qui entre de très bonne heure à l'école de Dieu et y apprend à se confier en Lui. «Je me suis appuyé sur toi», dit-il aussi (v. 6). Le Seigneur est son fort refuge (v. 7) son rocher d'habitation, son lieu fort (v. 3), expressions que nous rencontrons souvent dans les Psaumes (par exemple Psaume 31:2, 3). En ce qui nous concerne, nous ne sommes en général pas exposés à des persécutions dans nos pays. Mais, nous ne le dirons jamais trop, les ennemis qui «guettent» nos âmes ne sont pas moins redoutables que ceux des versets 10 et 13. 1 Pierre 2:11 nous met en garde contre les «convoitises charnelles, lesquelles font la guerre-l'âme». Quand elles surgissent, hâtons-nous de chercher notre refuge en Dieu, certains d'y trouver une délivrance entière. Cependant le Seigneur est plus qu'un lieu fort pour le racheté: «Tu es le sujet continuel de ma louange... Ma bouche est pleine de ta louange et de ta magnificence, tout le jour» (vv. 6, 8, 14, 22, 23). Seul Jésus pouvait affirmer cela (comparer aussi vv. 6, 11 et 12 avec respectivement Ps. 22:9, 11, 19). Mais qu'il nous soit donné, amis croyants, de le réaliser quelque peu!

Psaume 71:17-24
17O Dieu! tu m'as enseigné dès ma jeunesse; et jusqu'ici j'ai annoncé tes merveilles.18Et aussi, jusqu'à la vieillesse et aux cheveux blancs, ô Dieu! ne m'abandonne pas, jusqu'à ce que j'annonce ton bras à cette génération, ta puissance à tous ceux qui viendront.19Et ta justice, ô Dieu! est haut élevée. Toi qui as fait de grandes choses, ô Dieu! qui est comme toi?20Toi qui nous as fait voir de nombreuses et amères détresses, tu nous redonneras la vie, et tu nous feras remonter hors des profondeurs de la terre.21Tu multiplieras ma grandeur, et tu te tourneras, tu me consoleras.22Aussi, mon Dieu, je te célébrerai avec le luth, je louerai ta vérité; je chanterai tes louanges avec la harpe, ô Saint d'Israël!23Mes lèvres, et mon âme, que tu as rachetée, exulteront quand je chanterai tes louanges.24Ma langue aussi redira tout le jour ta justice; car ils seront honteux, car ils seront confondus, ceux qui cherchent mon malheur.

Il est probable que ce psaume a été rédigé par David quand il fuyait devant son fils Absalom. Déjà âgé (vv. 9, 18), l'homme de Dieu traverse une fois encore «de nombreuses et amères détresses» (v. 20). Il s'adresse à l'Éternel: «Jusqu'à la vieillesse et aux cheveux blancs, ô Dieu! ne m'abandonne pas...». Ésaïe 46:4 apporte une réponse divine à cette prière: «Jusqu'à votre vieillesse, je suis le Même, et jusqu'aux cheveux blancs, je vous porterai...». Non, Dieu n'a pas abandonné son serviteur et Il n'abandonnera jamais ceux dont Il a racheté l'âme (v. 23; lire Ps. 37:25), précisément parce qu'Il abandonna son Fils sur la croix pour accomplir ce rachat. S'Il est le Dieu de notre jeunesse — et nous désirons que ce soit votre cas à tous, jeunes amis lecteurs, — faisons-Lui confiance, Il sera Celui de toute notre vie.

Voyez combien de fois l'auteur du psaume rappelle et célèbre la justice de Dieu (vv. 2, 15, 16, 19, 24). Habitant un monde où règne l'injustice (et qui n'a pas changé depuis), il mesure par contraste tout le prix de cette justice de Dieu. Elle triomphera sur la terre quand celle-ci sera donnée au Roi glorieux dont nous parlera le Psaume 72 (v. 1).

Psaume 72
1O Dieu! donne tes jugements au roi, et ta justice au fils du roi.
2Il jugera ton peuple en justice, et tes affligés avec droiture.3Les montagnes porteront la paix au peuple, et les coteaux, -par la justice.4Il fera justice aux affligés du peuple, il sauvera les fils du pauvre, et il brisera l'oppresseur.5Ils te craindront, de génération en génération, tant que dureront le soleil et la lune.6Il descendra comme la pluie sur un pré fauché, comme les gouttes d'une ondée sur la terre.7En ses jours le juste fleurira, et il y aura abondance de paix, jusqu'à ce qu'il n'y ait plus de lune.8Et il dominera d'une mer à l'autre mer, et depuis le fleuve jusqu'aux bouts de la terre.9Les habitants du désert se courberont devant lui, et ses ennemis lécheront la poussière.10Les rois de Tarsis et des îles lui apporteront des présents, les rois de Sheba et de Seba lui présenteront des dons.11Oui, tous les rois se prosterneront devant lui, toutes les nations le serviront.12Car il délivrera le pauvre qui crie à lui, et l'affligé qui n'a pas de secours.13Il aura compassion du misérable et du pauvre, et il sauvera les âmes des pauvres.14Il rachètera leur âme de l'oppression et de la violence, et leur sang sera précieux à ses yeux.15Et il vivra, et on lui donnera de l'or de Sheba, et on priera pour lui continuellement; et on le bénira tout le jour.16Il y aura abondance de froment sur la terre, sur le sommet des montagnes; son fruit bruira comme le Liban; et les hommes de la ville fleuriront comme l'herbe de la terre.17Son nom sera pour toujours; son nom se perpétuera devant le soleil, et on se bénira en lui: toutes les nations le diront bienheureux.
18Béni soit l'Éternel, Dieu, le Dieu d'Israël, qui seul fait des choses merveilleuses!19Et béni soit le nom de sa gloire, à toujours; et que toute la terre soit pleine de sa gloire! Amen! oui, amen!20Les prières de David, fils d'Isaï, sont finies.

Ce psaume a pour sujet Salomon (voir titre), figure de Christ, roi de justice et de paix. Au temps des souffrances et des combats dont parlaient les psaumes précédents, succédera le règne juste et béni du Messie, Fils de David. Auprès de Lui, le pauvre et l'affligé, tous les malheureux de la terre, trouveront compassion et secours. La violence et l'oppression, l'exploitation des plus faibles par les plus forts, toutes ces injustices prendront fin, en même temps que la misère matérielle et la sous-alimentation qui touche aujourd'hui la moitié au moins de la population du globe. «Il y aura abondance de froment sur la terre, sur le sommet des montagnes» (v. 16). «Abondance de paix» (v. 7), «abondance de froment», ne s'agit-il pas des biens que l'humanité désire le plus? Et toutes ces bénédictions éveilleront enfin un écho de reconnaissance dans le cœur de ces hommes aujourd'hui si ingrats à l'égard des bienfaits de Dieu. Ainsi que l'exprime un cantique: Les cieux béniront la terre, Et la terre aux cieux répondra (comparer Osée 2:21, 22). Alors la gloire de l'Éternel couvrira la terre (v. 19; Nomb. 14:21). C'est sur cette louange et sur la contemplation du vrai Salomon que se termine le 2e livre des Psaumes.

Psaume 73:1-14
1Certainement Dieu est bon envers Israël, envers ceux qui sont purs de coeur.2Et pour moi, il s'en est fallu de peu que mes pieds ne m'aient manqué, -d'un rien que mes pas n'aient glissé;3Car j'ai porté envie aux arrogants, en voyant la prospérité des méchants.4Car il n'y a pas de tourments dans leur mort, et leur corps est gras;5Ils n'ont point de part aux peines des humains, et ils ne sont pas frappés avec les hommes.6C'est pourquoi l'orgueil les entoure comme un collier, la violence les couvre comme un vêtement;7Les yeux leur sortent de graisse; ils dépassent les imaginations de leur coeur.8Ils sont railleurs et parlent méchamment d'opprimer; ils parlent avec hauteur;9Ils placent leur bouche dans les cieux, et leur langue se promène sur la terre.10C'est pourquoi son peuple se tourne de ce côté-là, et on lui verse l'eau à plein bord,11Et ils disent: Comment *Dieu connaîtrait-il, et y aurait-il de la connaissance chez le Très-haut?12Voici, ceux-ci sont des méchants, et ils prospèrent dans le monde, ils augmentent leurs richesses.13Certainement c'est en vain que j'ai purifié mon coeur et que j'ai lavé mes mains dans l'innocence:14J'ai été battu tout le jour, et mon châtiment revenait chaque matin.

Le 3e Livre des Psaumes commence par une série de onze psaumes d'Asaph. C'est lui qui, du temps de David, dirigeait le chant et l'accompagnait avec des cymbales (1 Chr. 16:5). Le Psaume 73 nous raconte sa dure expérience. En comparant son sort à celui des hommes impies, Asaph est bien découragé. Il lui semble que Dieu réserve peines et tourments à ceux qui le craignent (sous forme de discipline), tandis qu'il épargne les arrogants et les méchants dont les versets 3 et suivants nous font un odieux portrait. Le fidèle s'aigrit et se tourmente (v. 21). Il n'est pas loin d'accuser Dieu d'injustice et d'indifférence. S'il en est ainsi, pense-t-il, à quoi sert-il de purifier mon cœur?

D'une manière générale, il est arrivé à chacun de nous de porter envie à ceux qui peuvent jouir de tout ce qu'offre l'existence sans se laisser arrêter par la crainte de Dieu. Les jeunes chrétiens qui font des études connaissent tous des camarades qui ont à la fois beaucoup d'argent et des principes relâchés. Qu'ils n'oublient pas leurs propres richesses, lesquelles ne se mesurent pas à l'échelle des valeurs humaines! Il faut qu’ils s’en souviennent: leur espérance fait d’eux, non pas les plus misérables (1 Cor. 15:19), mais les plus privilégiés des hommes.

Psaume 73:15-28
15Si j'avais dit: Je parlerai ainsi, voici, j'aurais été infidèle à la génération de tes fils.16Quand j'ai médité pour connaître cela, ce fut un travail pénible à mes yeux,17ce que je fusse entré dans les sanctuaires de Dieu... j'ai compris leur fin.18Certainement tu les places en des lieux glissants, tu les fais tomber en ruines.19Comme ils sont détruits en un moment! Ils sont péris, consumés par la frayeur.20Comme un songe, quand on s'éveille, tu mépriseras, Seigneur, leur image, lorsque tu t'éveilleras.
21Quand mon coeur s'aigrissait, et que je me tourmentais dans mes reins,22J'étais alors stupide et je n'avais pas de connaissance; j'étais avec toi comme une brute.23Mais je suis toujours avec toi: tu m'as tenu par la main droite;24Tu me conduiras par ton conseil, et, après la gloire, tu me recevras.25Qui ai-je dans les cieux? Et je n'ai eu de plaisir sur la terre qu'en toi.26Ma chair et mon coeur sont consumés; Dieu est le rocher de mon coeur, et mon partage pour toujours.27Car voici, ceux qui sont loin de toi périront; tu détruiras tous ceux qui se prostituent en se détournant de toi.28Mais, pour moi, m'approcher de Dieu est mon bien; j'ai mis ma confiance dans le Seigneur, l'Éternel, pour raconter tous tes faits.

Le psalmiste poursuit sa pénible méditation (v. 16). Et soudain la lumière se fait! L'introduisant dans le sanctuaire de Sa communion, Dieu lui fait comprendre où finit la voie des méchants (comparer Ps. 37:38). La pente qu'ils suivent est glissante et les conduit à une ruine certaine; leur passage ici-bas n'aura été qu'un vain songe (vv. 18, 20). Proverbes 23:17, 18, qui exhorte aussi à ne pas envier les méchants, nous apprend que, pour celui qui craint l'Éternel, «certainement il y a une fin»... combien différente (Rom. 6:22).

Oui vraiment! comment le croyant avait-il pu l'oublier? Il s'accuse d'avoir été sans connaissance et stupide. Quel contraste entre ce sort des impies et ce qu'il possède, lui, même éprouvé! N'a-t-il pas l'honneur de la compagnie du Seigneur? «Je suis toujours avec toi» (v. 23). Il Le connaît selon les précieuses expressions du verset 26. Et c'est dans les cieux qu'il a sa part (Christ Lui-même; verset 25). On cite cette réflexion faite par des gens du monde à des chrétiens qui s'occupaient de politique: «Vous avez le ciel; laissez-nous la terre». Rappel à l'ordre ironique mais bien digne d'attention!

Puisse notre vie se résumer par cette parole qui en Jésus seul a pris toute sa valeur: «Je n'ai eu de plaisir sur la terre qu'en toi»! (v. 25)

Psaume 74
1Pourquoi, ô Dieu, nous as-tu rejetés pour toujours, et ta colère fume-t-elle contre le troupeau de ta pâture?2Souviens-toi de ton assemblée, que tu as acquise autrefois, que tu as rachetée pour être la portion de ton héritage, -de la montagne de Sion, où tu as habité.3Élève tes pas vers les ruines perpétuelles; l'ennemi a tout saccagé dans le lieu saint.4Tes adversaires rugissent au milieu des lieux assignés pour ton service; ils ont mis leurs signes pour signes.5Un homme se faisait connaître quand il élevait la hache dans l'épaisseur de la forêt;6Et maintenant, avec des cognées et des marteaux, ils brisent ses sculptures toutes ensemble.7Ils ont mis le feu à ton sanctuaire, ils ont profané par terre la demeure de ton nom;8Ils ont dit en leur coeur: Détruisons-les tous ensemble. Ils ont brûlé tous les lieux assignés pour le service de *Dieu dans le pays.9Nous ne voyons plus nos signes; il n'y a plus de prophète, et il n'y a personne avec nous qui sache jusques à quand.10Jusques à quand, ô Dieu! l'adversaire dira-t-il des outrages? L'ennemi méprisera-t-il ton nom à jamais?11Pourquoi détournes-tu ta main, et ta droite? Tire-la de ton sein: détruis!
12Et Dieu est d'ancienneté mon roi, opérant des délivrances au milieu de la terre.13Tu as fendu la mer par ta puissance, tu as brisé les têtes des monstres sur les eaux;14Tu as écrasé les têtes du léviathan, tu l'as donné pour pâture au peuple, -aux bêtes du désert.15Tu as fait sortir la source et le torrent; tu as séché les grosses rivières.16A toi est le jour, à toi aussi la nuit; toi tu as établi la lune et le soleil.17Tu as posé toutes les bornes de la terre; l'été et l'hiver, c'est toi qui les as formés.
18Souviens-toi de ceci, que l'ennemi a outragé l'Éternel! et qu'un peuple insensé a méprisé ton nom.19Ne livre pas à la bête sauvage l'âme de ta tourterelle; n'oublie pas à jamais la troupe de tes affligés.20Regarde à l'alliance! Car les lieux ténébreux de la terre sont pleins d'habitations de violence.21Que l'opprimé ne s'en retourne pas confus; que l'affligé et le pauvre louent ton nom.22Lève-toi, ô Dieu! plaide ta cause, souviens-toi des outrages que te fait tous les jours l'insensé.23N'oublie pas la voix de tes adversaires: le tumulte de ceux qui s'élèvent contre toi monte continuellement.

Le «pourquoi» qui commence le psaume ressemble à la grande question sur laquelle s'ouvre le Psaume 22. Mais le rejet, pour un temps, d'Israël a une raison que ce peuple finira par comprendre: ce sont ses propres péchés (Zach. 12:10), alors que l'abandon de Christ a eu pour cause nos iniquités. Dans ce 3e Livre des Psaumes, il ne s'agit plus seulement du résidu de Juda, mais aussi des fidèles des douze tribus. Contre celles-ci aussi fumera la colère, qui toutefois ne sera pas «pour toujours» (v. 1; Ps. 30:5). Ces pauvres croyants considèrent les ruines du sanctuaire, la cessation du culte public... et mesurent la puissance des adversaires. Ils n'ont aucun signe de la part de Dieu pour les encourager; au contraire, ils comprennent que c'est Lui qui a permis une telle désolation. Mais ils se confient dans le «Dieu d'ancienneté» et rappellent tout ce qu'Il a accompli autrefois pour délivrer son peuple. «Souviens-toi», répètent-ils (vv. 2, 18, 22). Ils savent qu'ils sont ses rachetés et que par conséquent l'ennemi, quand il s'est attaqué à Israël et à son culte, a en réalité méprisé et outragé Dieu Lui-même (vv. 10, 18). C'est Lui que cette affaire concerne; Il ne manquera pas de plaider Sa propre cause (v. 22).

Psaume 75
1Nous te célébrons, ô Dieu! nous te célébrons, et ton nom est proche: tes merveilles le racontent.2Quand je recevrai l'assemblée, je jugerai avec droiture.3La terre et tous ses habitants se sont fondus; moi, j'affermis ses piliers. Sélah.4J'ai dit à ceux qui se glorifient: Ne vous glorifiez pas; et aux méchants: N'élevez pas votre corne;5N'élevez pas en haut votre corne, ne parlez pas avec arrogance, d'un cou roide.
6Car ce n'est ni du levant, ni du couchant, ni du midi, que vient l'élévation.7Car c'est Dieu qui juge; il abaisse l'un, et élève l'autre.8Car une coupe est dans la main de l'Éternel, et elle écume de vin; elle est pleine de mixtion, et il en verse: oui, tous les méchants de la terre en suceront la lie, ils la boiront.9Mais moi, je raconterai ces choses à toujours; je chanterai au Dieu de Jacob.10Et toutes les cornes des méchants, je les abattrai; mais les cornes des justes seront élevées.

Ce cantique d'Asaph fait suite à son expérience du Psaume 73. Non seulement il a cessé d'envier les orgueilleux et les méchants, mais, connaissant la fin terrible qui les attend (Ps. 73:17), il les avertit de la part de Dieu (v. 4...). Ce service nous incombe aussi, chers enfants de Dieu, rappeler aux pécheurs la souveraineté et la justice de Dieu, sans oublier son amour.

Prophétiquement c'est Christ qui parle du moment où Il recevra l'assemblée d'Israël (v. 2; Ps. 73:24). Alors chacun occupera la place que le Seigneur lui assignera. Beaucoup qui auront été les premiers seront les derniers et des derniers seront les premiers (Marc 10:31; 1 Sam. 2:7). Dans ce monde, d'une manière générale chacun cherche à s'élever tout en rabaissant les autres. N'oublions pas, chrétiens, que le Seigneur a Lui-même fixé sur la terre la place de notre témoignage,... comme Il a aussi préparé celle que nous occuperons dans la maison du Père.

«Ton nom est proche» déclare le fidèle au verset 1. Et pour nous, c'est précisément ce nom de Père qui nous garantit pour le temps présent les soins les plus tendres ainsi qu'un libre et continuel accès auprès de Lui (Éph. 2:18).

Notons que «la corne» (vv. 4, 5, 10) dont il est souvent question dans les Psaumes et les prophètes est le symbole de la puissance et de la dignité.

Psaume 76
1Dieu est connu en Juda, son nom est grand en Israël;2Et son tabernacle est en Salem, et son domicile en Sion.3Là, il a brisé les éclairs de l'arc, le bouclier, et l'épée, et la bataille. Sélah.4Tu es plus resplendissant, plus magnifique que les montagnes de la rapine.5Les forts de coeur ont été dépouillés, ils ont dormi leur sommeil, et aucun des hommes vaillants n'a trouvé ses mains.6Quand tu les as tancés, ô Dieu de Jacob! chars et chevaux se sont endormis profondément.
7Tu es terrible, toi; et qui est-ce qui subsistera devant toi, dès que ta colère éclate?8Tu fis entendre des cieux le jugement; la terre en eut peur, et se tint tranquille,9tu te levas, ô Dieu, pour le jugement, pour sauver tous les débonnaires de la terre. Sélah.10Car la colère de l'homme te louera; tu te ceindras du reste de la colère.11Vouez, et acquittez vos voeux envers l'Éternel, votre Dieu; que tous ceux qui l'entourent apportent des présents au Redoutable.12Il retranchera l'esprit des princes, il est terrible aux rois de la terre.

Le moment viendra où Dieu fera sa demeure au milieu de son peuple Israël afin de se faire connaître de lui et à travers lui (vv. 1 et 2). Mais, dans le temps actuel, Il ne s'est pas laissé sans témoignage. C'est par l'Assemblée, «habitation de Dieu par l'Esprit» que Sa sagesse si diverse est maintenant donnée à connaître (Éph. 2:22 et Éph. 3:10). Et qu'attend-il de notre part, sinon que Jésus soit vraiment rendu visible autour de nous par notre moyen!

Le résidu considère et exalte la puissance qui l'aura délivré. Dieu est resplendissant et magnifique,... «redoutable» aussi dans le jugement qu'Il accomplira et par lequel Il sauvera «tous les débonnaires de la terre». Ceux-ci auront manifesté les caractères de leur grand Modèle, «débonnaire et humble de cœur» (Matt. 5:58; Matt. 11:29), en contraste avec «les forts de cœur» (v. 5): autrement dit les orgueilleux. Ils auront souffert de la part de ces derniers à cause de leur foi. En effet, le croyant fidèle est souvent méprisé, rejeté, persécuté dans un monde égoïste et dur; mais il n'en sera pas toujours ainsi. Le verset 10 nous fait comprendre de quelle manière Dieu interviendra en faveur de son peuple. Il se servira de la colère des hommes qui se détruiront mutuellement.

Psaume 77
1Ma voix s'adresse à Dieu, et je crierai; ma voix s'adresse à Dieu, et il m'écoutera.2Au jour de ma détresse j'ai cherché le Seigneur; ma main était étendue durant la nuit et ne se lassait point; mon âme refusait d'être consolée.3Je me souvenais de Dieu, et j'étais agité; je me lamentais, et mon esprit défaillait. Sélah.4Tu tiens ouvertes mes paupières; je suis inquiet, et je ne parle pas.5Je pense aux jours d'autrefois, aux années des siècles passés.6Je me souviens, de nuit, de mon cantique; je médite en mon coeur, et mon esprit cherche diligemment.7Le Seigneur rejettera-t-il pour toujours? et ne montrera-t-il plus sa faveur?8Sa bonté a-t-elle cessé pour toujours? Sa parole a-t-elle pris fin de génération en génération?9*Dieu a-t-il oublié d'user de grâce? A-t-il enfermé ses miséricordes dans la colère? Sélah.10Et je dis: C'est ici mon infirmité; -je me souviendrai des années de la droite du Très-haut,
11Je me souviendrai des oeuvres de Jah; car je me souviendrai de tes merveilles d'autrefois,12Et je penserai à toute ton oeuvre, et je méditerai tes actes.13O Dieu! ta voie est dans le lieu saint. Où y a-t-il un *dieu grand comme Dieu?14Toi, tu es le *Dieu qui fais des merveilles; tu as fait connaître ta puissance parmi les peuples.15Tu as racheté par ton bras ton peuple, les fils de Jacob et de Joseph. Sélah.16Les eaux t'ont vu, ô Dieu! les eaux t'ont vu, elles ont tremblé; les abîmes aussi se sont émus.17Les nuées ont versé des eaux, les nuages ont fait retentir une voix, et tes flèches se sont promenées.18La voix de ton tonnerre était dans le tourbillon, les éclairs ont illuminé le monde; la terre en a été émue et a tremblé.19Ta voie est dans la mer, et tes sentiers dans les grandes eaux; et tes traces ne sont pas connues.20Tu as conduit ton peuple comme un troupeau, par la main de Moïse et d'Aaron.

Comme le Psaume 73, celui-ci se divise en deux parties: une première qui nous expose l'amertume d'esprit du psalmiste, une seconde qui nous le montre comprenant la voie de Dieu qui est «dans le lieu saint» (v. 13; comparer Ps. 73:17). Cette fois ce n'est pas la prospérité des méchants qui le tourmente, mais le regret des bénédictions du passé: «Je pense aux jours d'autrefois... Sa bonté a-t-elle cessé?» (vv. 5, 8). Une épreuve est, hélas! souvent l'occasion de semblables murmures et de vains retours en arrière. Et on juge l'amour du Seigneur en fonction des circonstances qu'il permet pour nous. S'Il a cessé de montrer sa faveur (v. 7), nous nous mettons à douter de Lui. Eh bien! un tel raisonnement ne change rien à la fidélité de cet amour, mais il nous empêche de le goûter dans la consolation qu'il nous avait préparée. «Mon âme refusait d'être consolée» (v. 2).

«C'est ici mon infirmité» (v. 10), ajoute Asaph, qui regarde à lui-même et se compare aux autres. Mais Dieu lui montre l'inutilité de ses lamentations. Et ses pensées prennent une autre direction. Non pas qu'il ait cessé de regarder la route déjà suivie. Mais ce sont les merveilles de Dieu qu'il considère à présent et dont il se souvient pour Le célébrer.

Psaume 78:1-16
1Prête l'oreille à ma loi, mon peuple! inclinez vos oreilles aux paroles de ma bouche.2J'ouvrirai ma bouche en paraboles, j'annoncerai les énigmes des jours d'autrefois,3nous avons entendues et connues, et que nos pères nous ont racontées.4Nous ne les célerons pas à leurs fils; nous raconterons à la génération à venir les louanges de l'Éternel, et sa force, et ses merveilles qu'il a faites.5a établi un témoignage en Jacob, et il a mis en Israël une loi qu'il a commandée à nos pères, pour qu'ils les fissent connaître à leurs fils,6Afin que la génération à venir, les fils qui naîtraient, les connussent, et qu'ils se levassent et les annonçassent à leurs fils,7Et qu'ils missent leur confiance en Dieu, et qu'ils n'oubliassent pas les oeuvres de Dieu, et qu'ils observassent ses commandements,8Et qu'ils ne fussent pas, comme leurs pères, une génération indocile et rebelle, une génération qui n'a point affermi son coeur, et dont l'esprit n'a pas été fidèle à Dieu.
9Les fils d'Éphraïm, armés et tirant de l'arc, ont tourné le dos le jour du combat.10Ils n'ont pas gardé l'alliance de Dieu, et ont refusé de marcher selon sa loi;11Et ils ont oublié ses actes et ses oeuvres merveilleuses, qu'il leur avait fait voir.12Il fit des merveilles devant leurs pères dans le pays d'Égypte, dans la campagne de Tsoan.13Il fendit la mer, et les fit passer: il fit se dresser les eaux comme un monceau;14Et il les conduisit, le jour par une nuée, et toute la nuit par une lumière de feu.15Il fendit les rochers dans le désert, et les abreuva comme aux abîmes, abondamment;16Et il fit sortir des ruisseaux du rocher, et fit couler les eaux comme des fleuves.

Le long Psaume 78 rappelle ces merveilles (vv. 4, 12) accomplies en faveur des siens par «le Dieu qui fait des merveilles» (Ps. 77:14). Le peuple est invité à prêter l'oreille à ce récit qui lui est donné pour l'instruire! (voir titre). Et quant à nous, chrétiens, nous savons que cette histoire d'Israël a également été écrite «pour nous servir d'avertissement» (1 Cor. 10:11); elle est une sorte de vaste parabole (rapportant toutefois des faits réellement arrivés), selon le verset 2 que Matthieu 13:35 place dans la bouche du Seigneur Jésus. Enfin les versets 4 et 6 nous montrent que ce rappel des merveilles du passé énumérées dans les versets 12-16 s'adresse tout particulièrement à la nouvelle génération, avec un triple but défini par le verset 7: amener ces «fils» à mettre leur confiance en Dieu, à ne pas oublier ses œuvres, enfin à observer ses commandements. N'est-ce pas également ce qu'Il attend de nous? Demandons au Seigneur qu'Il nous garde d'être comme Israël dans le désert «une génération indocile et rebelle,... et dont l'esprit n'a pas été fidèle à Dieu» (v. 8; Ézéchiel 20:18). Et sachons nous laisser enseigner par les expériences déjà faites: ces choses «que nous avons entendues et connues, et que nos pères nous ont racontées» (v. 3).

Psaume 78:17-39
17Et ils péchèrent de nouveau contre lui, irritant le Très-haut dans le désert;18Et ils tentèrent *Dieu dans leurs coeurs, en demandant de la viande selon leur désir;19Et ils parlèrent contre Dieu; ils dirent: *Dieu pourrait-il dresser une table dans le désert?20Voici, il a frappé le rocher, et les eaux ont coulé, et des rivières ont débordé: pourrait-il aussi donner du pain, ou préparer de la chair à son peuple?21C'est pourquoi l'Éternel les entendit, et se mit en grande colère; et le feu s'alluma contre Jacob, et la colère aussi monta contre Israël,22Car ils ne crurent pas Dieu, et ne se fièrent pas en son salut,23Bien qu'il eût commandé aux nuées d'en haut, et qu'il eût ouvert les portes des cieux,24Et qu'il eût fait pleuvoir sur eux la manne pour manger, et qu'il leur eût donné le blé des cieux:25L'homme mangea le pain des puissants; il leur envoya des vivres à satiété.26Il fit lever dans les cieux le vent d'orient, et il amena par sa puissance le vent du midi;27Et il fit pleuvoir sur eux de la chair comme de la poussière, et, comme le sable des mers, des oiseaux ailés;28Et il les fit tomber au milieu de leur camp, autour de leurs demeures.29Et ils mangèrent, et en furent abondamment rassasiés. Il leur envoya ce qu'ils convoitaient.30Ils ne s'étaient pas encore détournés de leur convoitise, leur viande était encore dans leur bouche,31Que la colère de Dieu monta contre eux; et il tua de leurs hommes forts, et abattit les hommes d'élite d'Israël.32Avec tout cela ils péchèrent encore, et ne crurent point par ses oeuvres merveilleuses;33Et il consuma leurs jours par la vanité, et leurs années par la frayeur.34S'il les tuait, alors ils le recherchaient, et ils se retournaient, et cherchaient *Dieu dès le matin;35Et ils se souvenaient que Dieu était leur rocher, et *Dieu, le Très-haut, leur rédempteur;36Mais ils le flattaient de leur bouche et ils lui mentaient de leur langue;37Et leur coeur n'était pas ferme envers lui, et ils ne furent pas fidèles dans son alliance.38Mais lui, étant miséricordieux, pardonna l'iniquité et ne les détruisit pas; mais il détourna souvent sa colère, et n'éveilla pas toute sa fureur.39Et il se souvint qu'ils étaient chair, un souffle qui passe et ne revient pas.

Comment le peuple a-t-il répondu aux œuvres merveilleuses de Dieu (v. 11)? Par les «œuvres de la chair» dont Galates 5:19... nous donne la triste énumération. Ce chapitre 5 des Galates nous rappelle que les chrétiens ont été affranchis de la servitude, de même qu'Israël fut délivré de l'esclavage de l'Égypte. Mais la liberté dans laquelle nous sommes maintenant placés ne doit pas être une occasion pour la chair d'agir à sa guise. Aussi l'apôtre ajoute: «Marchez par l'Esprit et vous n'accomplirez pas la convoitise de la chair» (Gal. 5:1, 13, 16, 25). Les versets 17 et suivants de ce psaume nous montrent comment ces convoitises se sont éveillées dans le cœur du peuple. La manne (image de Christ et de sa Parole) a cessé de lui suffire (vv. 23, 24; voir Nomb. 11:4...). Et en même temps l'incrédulité est apparue (v. 22). Bien qu'ayant été témoin de la puissance de Dieu, Israël ne craint pas de le tenter, en disant: «Dieu pourrait-il dresser une table dans le désert?» (v. 19; comparer 2 Rois 7:2). À nous aussi, chers amis, le Seigneur a largement «ouvert les portes des cieux» pour nous bénir (v. 23). Répondons-Lui par toujours plus de confiance et de reconnaissance.

Psaume 78:40-72
40Que de fois il l'irritèrent dans le désert, et le provoquèrent dans le lieu désolé!41Et ils recommencèrent et tentèrent Dieu, et affligèrent le Saint d'Israël:42ne se souvinrent pas de sa main au jour où il les avait délivrés de l'oppresseur,43Lorsqu'il mit ses signes en Égypte, et ses prodiges dans les campagnes de Tsoan,44il changea en sang leurs fleuves et leurs courants d'eau, de sorte qu'ils n'en pussent pas boire;45Il envoya contre eux des mouches qui les dévorèrent, et des grenouilles qui les détruisirent;46Et il livra leurs fruits à la locuste, et leur travail à la sauterelle.47Il fit périr leurs vignes par la grêle, et leurs sycomores par les grêlons;48Et il livra leur bétail à la grêle, et leurs troupeaux à la foudre.49Il envoya sur eux l'ardeur de sa colère, la fureur, et l'indignation, et la détresse, une troupe d'anges de malheur.50Il fraya un chemin à sa colère; il ne préserva pas leurs âmes de la mort, et livra leur vie à la peste;51Et il frappa tout premier-né en Égypte, les prémices de la vigueur dans les tentes de Cham.52Et il fit partir son peuple comme des brebis, et les mena comme un troupeau dans le désert;53Et il les conduisit sains et saufs, et ils furent sans crainte; et la mer couvrit leurs ennemis.54Et il les introduisit dans les confins de sa sainte terre, cette montagne que sa droite s'est acquise.55Et il chassa de devant eux les nations, et leur partagea un héritage, et fit habiter dans leurs tentes les tribus d'Israël.56Mais ils tentèrent et irritèrent le Dieu Très-haut, et ne gardèrent pas ses témoignages,57Et se retirèrent, et agirent infidèlement, comme leurs pères; ils tournèrent comme un arc trompeur.58Et ils le provoquèrent à colère par leurs hauts lieux, et l'émurent à jalousie par leurs images taillées.59Dieu l'entendit, et se mit en grande colère, et il méprisa fort Israël.60Et il abandonna la demeure de Silo, la tente où il avait habité parmi les hommes;61Et il livra à la captivité sa force, et sa magnificence en la main de l'ennemi;62Et il livra son peuple à l'épée, et se mit en grande colère contre son héritage:63Le feu dévora leurs jeunes hommes, et leurs vierges ne furent pas célébrées;64Leurs sacrificateurs tombèrent par l'épée, et leurs veuves ne se lamentèrent pas.65Alors le Seigneur s'éveilla comme un homme puissant qui dort, et comme un homme puissant qui, animé par le vin, pousse des cris.66Et il frappa ses ennemis par derrière, il les livra à un opprobre éternel.67Et il méprisa la tente de Joseph, et ne choisit pas la tribu d'Éphraïm;68Mais il choisit la tribu de Juda, la montagne de Sion qu'il aima.69Et il bâtit son sanctuaire comme des lieux très-hauts, comme la terre qu'il a fondée pour toujours.70Et il choisit David, son serviteur, et le prit des parcs des brebis;71Il le fit venir d'auprès des brebis qui allaitent, pour paître Jacob, son peuple, et Israël, son héritage.72Et il les fit paître selon l'intégrité de son coeur, et les conduisit par l'intelligence de ses mains.

Le manque de mémoire du peuple et son ingratitude amènent Dieu à reprendre à ses débuts le récit de ce qu'Il a fait pour lui. Les plaies d'Égypte sont rappelées jusqu'au verset 51, puis le départ (v. 52), le voyage (v. 53) et l'entrée du peuple en Canaan (v. 54). Le verset 55 résume le livre de Josué, tandis que les versets suivants nous replacent au temps des Juges et du 1er Livre de Samuel. Les versets 60 et 61 font allusion à la prise de l'arche par les Philistins (1 Sam. 4). Nous voyons alors le Seigneur intervenir de nouveau d'une triple manière: Il frappe ses ennemis (v. 66); Il met de côté les dix tribus infidèles personnifiées par Joseph et Éphraïm (v. 67; historiquement il s'agit de la royauté de Saül et de ceux qui l'ont suivi: 2 Sam. 2:8-11). Enfin Exode 15:17 s'accomplit (v. 69) et Juda est élevée, parce qu'elle est la tribu royale de David. Le libre choix de Dieu et sa grâce sont exaltés (comparer Jean 15:16 et Rom. 9:15), car il n'est mentionné nulle part que cette tribu fut moins coupable que les autres. Mais elle est indissolublement unie à celui qui est l'Oint de l'Éternel et c'est aussi à ce titre que Dieu nous choisit et nous aime (v. 68: nous appartenons à Christ, son Bien-aimé; comparer Jean 17:6, 9, 10).

Psaume 79
1O Dieu! les nations sont entrées dans ton héritage; elles ont profané ton saint temple; elles ont mis Jérusalem en monceaux de pierres.2Elles ont donné les cadavres de tes serviteurs en pâture aux oiseaux des cieux, la chair de tes saints aux bêtes de la terre;3Elles ont versé leur sang comme de l'eau tout autour de Jérusalem, et il n'y a eu personne pour les enterrer.4Nous avons été en opprobre à nos voisins, en risée et en raillerie auprès de nos alentours.5Jusques à quand, ô Éternel? Seras-tu en colère à toujours? Ta jalousie brûlera-t-elle comme le feu?
6Verse ta fureur sur les nations qui ne t'ont pas connu, et sur les royaumes qui n'invoquent pas ton nom;7Car on a dévoré Jacob, et on a dévasté sa demeure.8Ne te souviens pas contre nous des iniquités anciennes; que tes compassions viennent en hâte au-devant de nous, car nous sommes devenus fort misérables.9Aide-nous, ô Dieu de notre salut! à cause de la gloire de ton nom; et délivre-nous, et pardonne nos péchés, à cause de ton nom.10Pourquoi les nations diraient-elles: Où est leur Dieu? Qu'elle soit connue parmi les nations, devant nos yeux, la vengeance du sang de tes serviteurs qui a été versé.11Que le gémissement du prisonnier vienne devant toi; selon la grandeur de ton bras garantis ceux qui sont voués à la mort;12Et rends à nos voisins sept fois dans leur sein l'opprobre qu'ils ont jeté sur toi, Seigneur!13Mais nous, ton peuple et le troupeau de ta pâture, nous te célébrerons à toujours; de génération en génération nous raconterons ta louange.

Ce psaume traduit les sentiments et les prières du résidu d'Israël quand les nations auront envahi la Palestine et profané le temple. Les fidèles se lamentent: ils sont des objets de risée et de raillerie pour leurs voisins (v. 4; comparer Ps. 80:6 et 44:13). Dans nos pays où l'oppression de jadis a fait place à la tolérance religieuse, la moquerie reste une des armes modernes de la persécution. Le chrétien fidèle sera parfois traité de fanatique, d'orgueilleux ou d'illuminé. Nous n'y échapperons pas si nous voulons rester séparés du monde. Toutefois, en plus des ennemis du dehors, le croyant qui n'est pas affranchi peut avoir affaire à des accusateurs au-dedans de lui-même. Ce sont les iniquités anciennes qui reviennent en mémoire, car l'épreuve est souvent l'occasion d'un pénible examen de conscience. Alors l'âme qui sent sa misère (fin du verset 8) fait appel aux compassions d'en haut. «Aide-nous, ô Dieu de notre salut! à cause de la gloire de ton nom... et pardonne nos péchés, à cause de ton nom» (v. 9). Notre position de rachetés est bien différente, mais c'est aussi à cause de son nom, parce qu'Il est fidèle et juste envers son Fils Jésus Christ, que Dieu pardonne nos péchés et nous purifie de toute iniquité (1 Jean 1:9).

Psaume 80
1Berger d'Israël! prête l'oreille. Toi qui mènes Joseph comme un troupeau, toi qui es assis entre les chérubins, fais luire ta splendeur!2Devant Éphraïm, et Benjamin, et Manassé, réveille ta puissance, et viens nous sauver!3O Dieu! ramène-nous; et fais luire ta face, et nous serons sauvés.4Éternel, Dieu des armées! jusques à quand ta colère fumera-t-elle contre la prière de ton peuple?5Tu leur as fait manger un pain de larmes, et tu les as abreuvés de larmes à pleine mesure.6Tu as fait de nous un sujet de contestation pour nos voisins, et nos ennemis se moquent de nous entre eux.7O Dieu des armées! ramène-nous; et fais luire ta face, et nous serons sauvés.
8as transporté d'Égypte un cep; tu as chassé les nations, et tu l'as planté;9Tu as préparé une place devant lui, il a poussé des racines, et a rempli le pays.10Les montagnes étaient couvertes de son ombre, et ses sarments étaient comme des cèdres de *Dieu;11Il étendait ses pampres jusqu'à la mer, et ses pousses jusqu'au fleuve.12Pourquoi as-tu rompu ses clôtures, de sorte que tous ceux qui passent le pillent?13Le sanglier de la forêt le déchire, et les bêtes des champs le broutent.14O Dieu des armées! retourne, je te prie; regarde des cieux, et vois, et visite ce cep,15Et la plante que ta droite a plantée, et le provin que tu avais fortifié pour toi.16Elle est brûlée par le feu, elle est coupée; ils périssent, parce que tu les tances.17Que ta main soit sur l'homme de ta droite, sur les fils de l'homme que tu as fortifié pour toi:18Et nous ne nous retirerons pas de toi. Fais-nous revivre, et nous invoquerons ton nom.19Éternel, Dieu des armées! ramène-nous; fais luire ta face, et nous serons sauvés.

À la fin du Psaume 79 Israël rappelait à Dieu qu'il était «le troupeau de sa pâture». Le Psaume 80 commence en invoquant le Berger d'Israël. Comme des brebis dispersées incapables de retrouver leur chemin, les fidèles s'écrient: «Ô Dieu! ramène-nous» (vv. 3, 7 19). Ce travail de restauration après un temps d'égarement fait partie des soins de notre bon Berger (Ps. 23:3).

«Fais luire ta splendeur» (v. 1), demande le résidu dans sa détresse. Éphraïm, Benjamin et Manassé, étaient les tribus qui, sous leur bannière, suivaient immédiatement l'arche, figure de Christ (Nomb. 10:22-24).

À partir du verset 12, les croyants s'étonnent: Pourquoi Dieu a-t-il livré au pillage et au feu le cep, Israël, qu'Il avait transporté d'Égypte et planté avec tant de soin? L'Éternel donne sa réponse en Ésaïe 5:4 sous la forme d'un autre pourquoi: Pourquoi quand j'espérais que ma vigne produirait de bons raisins, a-t-elle produit des raisins sauvages?

Mais en contraste avec ce cep d'Israël, improductif malgré tout le travail du divin Cultivateur, Jean 15 désigne «le vrai Cep»: Christ. Il est introduit au verset 17 comme l'homme de la droite de Dieu et le Fils de l'homme, ce nom qu'Il se donne si souvent dans les évangiles.

Psaume 81
1Chantez joyeusement à Dieu, notre force; poussez des cris de joie vers le Dieu de Jacob.2Entonnez le cantique, et faites résonner le tambourin, la harpe agréable, avec le luth.3Sonnez de la trompette à la nouvelle lune, au temps fixé, au jour de notre fête;4Car c'est un statut pour Israël, une ordonnance du Dieu de Jacob:5Il l'établit comme un témoignage en Joseph, lorsqu'il sortit à travers le pays d'Égypte, ou j'entendis une langue que je ne connaissais pas.6J'ai retiré son épaule de dessous le fardeau, ses mains ont été déchargées des corbeilles.7Dans la détresse tu as crié, et je t'ai délivré; je t'ai répondu du lieu secret du tonnerre; je t'ai éprouvé auprès des eaux de Mériba. Sélah.
8Écoute, mon peuple, et je témoignerai au milieu de toi; Israël, oh! si tu voulais m'écouter!9Il n'y aura point au milieu de toi de *dieu étranger, et tu ne te prosterneras pas devant un *dieu de l'étranger.10Moi, je suis l'Éternel, ton Dieu, qui t'ai fait monter du pays d'Égypte; ouvre ta bouche toute grande, et je la remplirai.11Mais mon peuple n'a pas écouté ma voix, et Israël n'a pas voulu de moi.12Alors je les ai abandonnés à l'obstination de leur coeur: ils ont marché selon leurs conseils.13Oh! si mon peuple m'avait écouté! si Israël avait marché dans mes voies!14bientôt subjugué leurs ennemis, et tourné ma main contre leurs adversaires.15Ceux qui haïssent l'Éternel se seraient soumis à lui; et leur temps, à eux, eût été à toujours;16Et il les aurait nourris de la moelle du froment, et je t'aurais rassasié du miel du rocher.

Israël est invité à chanter comme il l'avait fait jadis au bord de la mer Rouge, au son du tambourin (v. 2; Ex. 15:20). Mais, après la délivrance de l'Égypte évoquée au verset 6, l'Éternel aurait eu encore beaucoup de grandes choses à accomplir en faveur de son peuple... si celui-ci avait voulu l'écouter. Il était prêt en particulier à le nourrir de la moelle du froment (la fine fleur de farine qui nous parle toujours de Christ), ainsi que du miel du rocher, image de la douceur de la grâce divine. Mais Dieu est obligé de constater tristement: «Israël n'a pas voulu de moi...» (v. 11). Combien touchante est Son exclamation: «Israël, oh! si tu voulais m'écouter» (v. 8) et plus loin: «Oh! si mon peuple m'avait écouté» (v. 13; comparer Deut. 5:29). Amis croyants, Dieu a aussi retiré notre épaule de dessous le plus pesant des fardeaux: celui du péché (v. 6). Mais souvenons-nous qu'il a encore beaucoup d'autres bénédictions en réserve pour nous... à condition que nous ayons le désir de les recevoir et que nous écoutions sa Parole. Il nous a préparé des victoires (comparer verset 14); Il veut nous nourrir de Christ et de son amour. Ouvrons-Lui nos cœurs; Il les remplira et sa louange sera dans nos bouches (comparer verset 10).

Psaume 82
1Dieu se tient dans l'assemblée de *Dieu; il juge au milieu des juges.2Jusques à quand jugerez-vous injustement et ferez-vous acception de la personne des méchants? Sélah.3Faites droit au misérable et à l'orphelin, faites justice à l'affligé et au nécessiteux.4Délivrez le misérable et le pauvre, sauvez-le de la main des méchants.5Ils ne connaissent ni ne comprennent, ils marchent dans les ténèbres: tous les fondements de la terre chancellent.
6Moi j'ai dit: Vous êtes des dieux, et vous êtes tous fils du Très-haut.7Mais vous mourrez comme un homme, et vous tomberez comme un des princes.8Lève-toi, ô Dieu! juge la terre; car tu hériteras toutes les nations.

Le souverain Juge a placé l'homme sur la terre avec la charge d'y exercer la justice (lire Deut 1:17). Hélas! il suffit d'ouvrir les yeux pour voir de quelle manière ce dernier assume cette responsabilité. Nous sommes nous-mêmes souvent indignés de l'injustice qui règne autour de nous, spécialement quand nous en sommes les victimes, et elle exige de notre part beaucoup de patience (Jac. 5:10, 11). Comprenons alors ce que peuvent être les sentiments du Dieu juste par excellence, et combien grande est Sa patience envers ce monde! Elle a brillé tout particulièrement lorsque son saint Fils a été de la part des hommes l'objet de la suprême injustice.

Et qui donc aujourd'hui manifestera la justice de Dieu dans le monde, sinon Ses propres enfants? (Mais n'oublions pas que l'injustice peut prendre la forme d'un jugement défavorable ou malveillant que nous portons sur quelqu'un). C'est tous les jours que nous rencontrons, sous des visages qui nous laissent peut-être indifférents, le misérable, l'orphelin, l'affligé, le nécessiteux (v. 3). Demandons-nous si ce n'est pas notre service de les rechercher et de leur apporter, avec la compassion et sans parler de l'aide matérielle qui est en notre pouvoir, le témoignage de l'amour du Seigneur Jésus.

Psaume 83
1O Dieu! ne garde pas le silence. Ne te tais pas, et ne te tiens pas tranquille, ô *Dieu!2Car voici, tes ennemis s'agitent, et ceux qui te haïssent lèvent la tête.3Ils trament avec astuce des complots contre ton peuple, et ils consultent contre tes fidèles cachés.4Ils ont dit: Venez, et exterminons-les, de sorte qu'ils ne soient plus une nation et qu'on ne fasse plus mention du nom d'Israël.5Car ils ont consulté ensemble d'un coeur, ils ont fait une alliance contre toi:6Les tentes d'Édom, et les Israélites, Moab, et les Hagaréniens,7Guebal, et Ammon, et Amalek, la Philistie, avec les habitants de Tyr;8Assur aussi s'est joint à eux; ils servent de bras aux fils de Lot. Sélah.
9Fais-leur comme à Madian, -comme à Sisera, comme à Jabin au torrent de Kison,10Qui ont été détruits à En-Dor, qui sont devenus du fumier pour la terre.11Fais que leurs nobles soient comme Oreb et comme Zeëb, et tous leurs princes comme Zébakh et comme Tsalmunna;12Car ils ont dit: Prenons possession des habitations de Dieu.13Mon Dieu! rends-les semblables à un tourbillon, comme la balle devant le vent.14Comme le feu brûle la forêt, et comme la flamme embrase les montagnes,15Ainsi poursuis-les par ta tempête, et épouvante-les par ton ouragan.16Remplis leurs faces d'ignominie, afin qu'ils cherchent ton nom, ô Éternel!17soient honteux et épouvantés à jamais, qu'ils soient confondus et qu'ils périssent;18Et qu'ils sachent que toi seul, dont le nom est l'Éternel, tu es le Très-haut sur toute la terre.

Au temps de la grande tribulation, les nations coalisées énumérées aux versets 6-8 se concerteront pour effacer de la terre le nom d'Israël (Ésaïe 10:24). Parmi elles Assur, le roi du Nord, occupera une place prépondérante. Devant cette menace d'extermination, la plus terrible qu'ait jamais connue ce malheureux peuple déjà tellement éprouvé dans l’histoire, les fidèles du résidu se tourneront vers Dieu. Leurs ennemis sont aussi les Siens (v. 2); cette alliance a été conclue contre Lui (v. 5). Et, d'autre part, les croyants ont conscience de Lui appartenir. Ils sont Ses «fidèles cachés» (v. 3), tels les sept mille hommes au temps d'Achab qui, malgré la persécution, n'avaient pas fléchi les genoux devant Baal (1 Rois 19:18). Oui, Dieu ne peut manquer d'intervenir puisque tous ces peuples, dans leur folie aveugle, seront trouvés Lui faisant la guerre (v. 5; comparer Ps. 2:2 et Apoc. 19:19). Les fidèles se reportent aux délivrances du passé, aux grandes dates de l'histoire d'Israël (v. 9: Juges 4; v. 11: Juges 7, 8).

Nous, chrétiens, qui n'aurons pas à traverser ces temps terribles, aurions-nous moins de patience et de confiance? L'opposition du monde doit avoir pour seul effet de nous rejeter sur le Seigneur.

Psaume 84
1Combien sont aimables tes demeures, ô Éternel des armées!2Mon âme désire, et même elle languit après les parvis de l'Éternel; mon coeur et ma chair crient après le *Dieu vivant.3Le passereau même a trouvé une maison, et l'hirondelle un nid pour elle, où elle a mis ses petits:... tes autels, ô Éternel des armées! mon roi et mon Dieu!4Bienheureux ceux qui habitent dans ta maison; ils te loueront sans cesse! Sélah.5Bienheureux l'homme dont la force est en toi, et ceux dans le coeur desquels sont les chemins frayés!6Passant par la vallée de Baca, ils en font une fontaine; la pluie aussi la couvre de bénédictions.7Ils marchent de force en force, ils paraissent devant Dieu en Sion.
8Éternel, Dieu des armées! écoute ma prière; Dieu de Jacob! prête l'oreille. Sélah.9Toi, notre bouclier! -vois, ô Dieu! et regarde la face de ton oint.10Car un jour dans tes parvis vaut mieux que mille. J'aimerais mieux me tenir sur le seuil dans la maison de mon Dieu, que de demeurer dans les tentes de la méchanceté.11Car l'Éternel Dieu est un soleil et un bouclier; l'Éternel donnera la grâce et la gloire; il ne refusera aucun bien à ceux qui marchent dans l'intégrité.12Éternel des armées! bienheureux l'homme qui se confie en toi!

Dans la création, chaque être vivant a trouvé un gîte ou un nid. Mais le croyant, comme son Seigneur, ne connaît pas ici-bas de vrai repos (v. 3; Matt. 8:20). Ses affections sont ailleurs: dans ces demeures célestes où sa place est préparée (Jean 14:2; comparer vv. 2:10). Les points de suspension du verset 3 paraissent traduire l'émotion du cœur; il déborde de ce qui le remplit: «...tes autels, ô Éternel des armées!» L'autel d'airain et l'autel d'or nous parlent de Christ dans son sacrifice et dans son intercession, Lui dont la présence fait pour nous tout le prix de la Maison du Père. Mais le chemin qui conduit à cette Maison du Père traverse un monde qui est une vallée de Baca (ou de pleurs; et les fils de Coré, auteurs du psaume, en avaient fait l'expérience: voir Ps. 42:3). Qu'importe; si ce chemin est frayé dans notre cœur, si rien ne nous sépare de Celui vers qui nous allons, alors les larmes mêmes se changeront en expériences bienfaisantes; nous marcherons de force en force et non plus de chute en chute. Enfin les excellentes promesses du verset 11 seront notre part. Mais retenons du verset 9 que le précieux secret de l'exaucement de nos prières, revient à les présenter au nom du Seigneur Jésus, qui est l'Oint de Dieu.

Psaume 85
1Éternel! tu as été propice à ta terre, tu as rétabli les captifs de Jacob.2Tu as pardonné l'iniquité de ton peuple, tu as couvert tous leurs péchés. Sélah.3Tu as retiré tout ton courroux, tu es revenu de l'ardeur de ta colère.4Ramène-nous, ô Dieu de notre salut, et fais cesser ton indignation contre nous.5être à toujours en colère contre nous, faire durer ta colère de génération en génération?6Ne veux-tu pas nous faire vivre de nouveau, afin que ton peuple se réjouisse en toi?7Éternel! fais-nous voir ta bonté, et accorde-nous ton salut.
8J'écouterai ce que dira Dieu, l'Éternel; car il dira paix à son peuple et à ses saints. Mais qu'ils ne retournent pas à la folie!9Certainement, son salut est près de ceux qui le craignent, afin que la gloire demeure dans notre pays.10La bonté et la vérité se sont rencontrées, la justice et la paix se sont entre-baisées.11La vérité germera de la terre, et la justice regardera des cieux.12L'Éternel aussi donnera ce qui est bon, et notre pays rendra son fruit.13La justice marchera devant lui, et elle mettra ses pas sur le chemin.

Le sujet de ce psaume est le pardon que Dieu accordera à son peuple Israël. Les fidèles ne doutent pas de Sa bonté, mais ils sentent en même temps le poids de Sa juste colère contre son peuple coupable. Oui Dieu est bon; ne pardonnera-t-il donc pas? Mais Il est aussi saint, juste et véritable, comment passerait-il par-dessus un seul péché? Bonté et vérité, justice et paix, ces caractères divins, inconciliables à vue humaine, se sont cependant rencontrés (v. 10). À la croix, je vois le péché condamné, la justice satisfaite, la grâce se donnant libre cours (Rom. 5:21). Glorieuse harmonie! Combien de personnes hélas! ne connaissant pas ce merveilleux point de rencontre de la croix, se font de Dieu une idée totalement fausse! Elles veulent voir en Lui un Juge sévère, faisant souffrir sa créature à plaisir. Ou bien elles imaginent un «bon Dieu», indulgent pour les «petits» péchés, facilement contenté par de bonnes intentions et des efforts pour bien faire. Fatales pensées! Le Dieu juste condamne le péché, tout péché, mais le Dieu d'amour pardonne au pécheur. Et c'est à la croix où a été accomplie cette œuvre que j'apprends à Le connaître.

Psaume 86
1Éternel! incline ton oreille, réponds-moi; car je suis affligé et pauvre.2Garde mon âme, car je suis un de tes saints; toi, mon Dieu! sauve ton serviteur qui se confie en toi.3Use de grâce envers moi, Seigneur! car je crie à toi tout le jour.4Réjouis l'âme de ton serviteur; car à toi, Seigneur, j'élève mon âme.5Car toi, Seigneur! tu es bon, prompt à pardonner, et grand en bonté envers tous ceux qui crient vers toi.6Éternel! prête l'oreille à ma prière, et sois attentif à la voix de mes supplications.7Au jour de ma détresse je crierai vers toi, car tu me répondras.
8Seigneur! nul entre les dieux n'est comme toi, et il n'y a point d'oeuvres comme les tiennes.9Toutes les nations que tu as faites viendront et se prosterneront devant toi, Seigneur! et elles glorifieront ton nom.10Car tu es grand, et tu fais des choses merveilleuses; tu es Dieu, toi seul.11Éternel! enseigne-moi ton chemin; je marcherai dans ta vérité; unis mon coeur la crainte de ton nom.12Je te célébrerai de tout mon coeur, Seigneur, mon Dieu! et je glorifierai ton nom à toujours;13Car ta bonté est grande envers moi, et tu as sauvé mon âme du shéol profond.14Dieu! des hommes arrogants se sont levés contre moi, et l'assemblée des hommes violents cherche ma vie; et ils ne t'ont pas mis devant eux.15Mais toi, Seigneur! tu es un *Dieu miséricordieux et faisant grâce, lent à la colère, et grand en bonté et en vérité.16Tourne-toi vers moi, et use de grâce envers moi; donne ta force à ton serviteur, et sauve le fils de ta servante.17Opère pour moi un signe de ta faveur, et que ceux qui me haïssent le voient et soient honteux; car toi, ô Éternel! tu m'auras aidé, et tu m'auras consolé.

Dans ce psaume de David (le seul dans ce 3e Livre) celui-ci s'adresse à l'Éternel à plusieurs titres: Il est affligé et pauvre; il est un de ses saints; enfin il est son serviteur. Il s'en réclame pour demander la délivrance (v. 2), la joie (v. 4), la force (v. 16). Car ce serviteur connaît son Maître; il sait qu'il est Dieu, lui seul (v. 10), qu'il est «bon, prompt à pardonner...» (v. 5), «miséricordieux, faisant grâce, lent à la colère, et grand en bonté et en vérité» (v. 15; voir aussi Jonas 4:2). C'est en ces termes qu'autrefois l'Éternel s'était révélé à Moïse sur la montagne de Sinaï (Ex. 34:6).

Mais le psalmiste éprouve toute sa faiblesse et son incapacité à se diriger. «Enseigne-moi ton chemin», demande-t-il; puis: «Unis mon cœur-la crainte de ton nom» (v. 11). «Le cœur — écrit quelqu’un — a la tendance d'être distrait par mille objets, par mille pensées fugitives, aussi le psalmiste demande-t-il au Seigneur de lui donner un seul but. Combien nous avons besoin d'avoir un cœur concentré tout entier sur Christ. Là se trouve la puissance... Notre petitesse a trouvé dans Sa grandeur notre place et notre force» (Réflexions Pratiques - JND). Que cette «prière de David», spécialement ce verset 11, soit aussi celle de chacun de nous!

Psaume 87
1La fondation qu'il a posée est dans les montagnes de sainteté.2L'Éternel aime les portes de Sion plus que toutes les demeures de Jacob.3Des choses glorieuses sont dites de toi, cité de Dieu. Sélah.
4Je ferai mention de Rahab et de Babylone à ceux qui me connaissent; voici la Philistie, et Tyr, avec l'Éthiopie: celui-ci était né là.5Et de Sion il sera dit: Celui-ci et celui-là sont nés en elle; et le Très-haut, lui, l'établira.6Quand l'Éternel enregistrera les peuples, il comptera: Celui-ci est né là. Sélah.7Et en chantant et en dansant, ils diront: Toutes mes sources sont en toi!

Le contraste est complet entre Sion, la sainte cité fondée par Dieu Lui-même, et les puissantes nations de la terre: l'Égypte, Babylone, Tyr... empires édifiés par l'homme à sa propre gloire. Le moment vient où «l'Éternel enregistrera les peuples» et donnera à chacun son droit de cité.

Deux origines, deux citoyennetés, sont en quelque sorte reconnues aux hommes selon qu'ils ont passé ou non par la nouvelle naissance. Celle du croyant est dans les cieux (Phil. 3:20). Il est pour l'éternité citoyen de la Jérusalem céleste et Dieu le considère comme né en elle (v. 5). L'autre appartenance est celle du monde. Elle est éphémère, car «la figure de ce monde passe», tandis que «le solide fondement de Dieu demeure» (1 Cor. 7:31; 2 Tim. 2:19). Aussi sera-t-il dit des hommes de la terre, y compris les plus illustres: «celui-ci était né là» (v. 4).

«Toutes mes sources sont en toi» chantent les rachetés (v. 7). Nous qui sommes par grâce citoyens du ciel, irions-nous puiser nos joies aux sources du monde? Que le Seigneur nous donne plutôt de pouvoir chanter en toute vérité:
Source de lumière et de vie,
source de grâce pour la foi...
source d'amour toujours nouvelle...
nous les avons trouvées en toi
(Hymnes et Cantiques n° 182).

Psaume 88
1Éternel, Dieu de mon salut! j'ai crié de jour et de nuit devant toi.2Que ma prière vienne devant toi, incline ton oreille à mon cri.3Car mon âme est rassasiée de maux, et ma vie touche au shéol.4Je suis compté parmi ceux qui descendent dans la fosse, je suis comme un homme qui n'a pas de force,5Gisant parmi les morts, comme les tués qui sont couchés dans le sépulcre, desquels tu ne te souviens plus, et qui sont retranchés de ta main.6Tu m'as mis dans une fosse profonde, dans des lieux ténébreux, dans des abîmes.7Ta fureur s'est appesantie sur moi, et tu m'as accablé de toutes tes vagues. Sélah.8as éloigné de moi ceux de ma connaissance, tu m'as mis en abomination auprès d'eux; je suis enfermé, et je ne puis sortir.9Mon oeil se consume d'affliction; j'ai crié à toi, Éternel, tous les jours; j'ai étendu mes mains vers toi.
10Feras-tu des merveilles pour les morts? ou les trépassés se lèveront-ils pour te célébrer? Sélah.11Racontera-t-on ta bonté dans le sépulcre, ta fidélité dans l'abîme?12Connaîtra-t-on tes merveilles dans les ténèbres, et ta justice dans le pays de l'oubli?13Mais moi, Éternel! je crie à toi, et dès le matin ma prière te prévient.14Éternel! pourquoi as-tu rejeté mon âme, et me caches-tu ta face?15Je suis affligé et expirant dès ma jeunesse; je porte tes terreurs, je ne sais ou j'en suis.16Les ardeurs de ta colère ont passé sur moi, tes frayeurs m'ont anéanti;17Elles m'ont environné comme des eaux tout le jour, elles m'ont entouré toutes ensemble.18Tu as éloigné de moi amis et compagnons; ceux de ma connaissance me sont des ténèbres.

Ce psaume constitue une des pages les plus sombres de toute la Parole de Dieu. Il n'y est question que de ténèbres et de mort. Pas un rayon de lumière n'y brille; l'âme en détresse n'y trouve aucune perspective de délivrance. Et cependant un serviteur de Dieu a pu dire que ce psaume avait été pendant un certain temps le seul qui l'eût consolé. Exprimant les pensées d'un croyant, il lui prouvait qu'il pouvait aussi être croyant, même s'il passait par de terribles angoisses d'âme, pendant lesquelles le ciel lui semblait fermé. Un lecteur est-il troublé lui aussi, attendant que Dieu l'éclaire sur son état et lui donne — ou lui fasse retrouver — l'assurance de son salut? Eh bien! ses tourments mêmes et ses soupirs vers Dieu sont une preuve que la vie divine est en lui; un incrédule n'a jamais soupiré vers Dieu.

«Dès le matin ma prière te prévient», dit le psalmiste (v. 13). Imitons-le; exposons au Seigneur dès le réveil les circonstances de la journée qui commence, et pas seulement celles qui nous inquiètent (Ps. 5:3).

Dans certains versets enfin, la profondeur des angoisses, des douleurs et de la solitude porte les pensées du croyant sur Celui qui a été l'Affligé suprême (par exemple vv. 6-8, 16-18).

Psaume 89:1-14
1Je chanterai à toujours les bontés de l'Éternel; de génération en génération je ferai connaître de ma bouche ta fidélité.2Car j'ai dit: La bonté sera édifiée pour toujours; dans les cieux mêmes tu établiras ta fidélité.3J'ai fait alliance avec mon élu, j'ai juré à David, mon serviteur:4J'établirai ta semence pour toujours, et j'édifierai ton trône de génération en génération. Sélah.
5Et les cieux célébreront tes merveilles, ô Éternel! oui, ta fidélité, dans la congrégation des saints.6Car qui, dans les nues, peut être comparé à l'Éternel? Qui, parmi les fils des forts, est semblable à l'Éternel?7*Dieu est extrêmement redoutable dans l'assemblée des saints, et terrible au milieu de tous ceux qui l'entourent.8Éternel, Dieu des armées, qui est comme toi, puissant Jah? Et ta fidélité est tout autour de toi.9Toi, tu domines l'orgueil de la mer; quand ses flots se soulèvent, toi tu les apaises.10Toi, tu as abattu Rahab comme un homme tué; par le bras de ta force tu as dispersé tes ennemis.11A toi les cieux, et à toi la terre; le monde et tout ce qu'il contient, toi tu l'as fondé.12Le nord et le midi, toi tu les as créés; le Thabor et l'Hermon exultent en ton nom.13A toi est le bras de puissance; ta main est forte; ta droite est haut élevée.14La justice et le jugement sont les bases de ton trône; la bonté et la vérité marchent devant ta face.

Nous trouvons Éthan l'Ezrakhite, ainsi qu'Héman auteur du psaume précédent, parmi les sages que seul Salomon surpassait (1 Rois 4:31). Tous deux appartenaient à la famille de Zérakh, fils de Juda. Mais leurs dispositions d'esprit sont bien différentes. Alors qu'Héman ne parlait que de fosses et de lieux ténébreux, de fureur et de colère, les mots qui reviennent sans cesse dans le psaume d'Éthan sont ceux de bonté et de fidélité. Ces caractères divins sont rappelés et célébrés, comme pour répondre justement à l'angoisse qui remplissait le psaume précédent. C'est comme si Éthan avait écrit cette «instruction» afin de ranimer la foi de son frère. Deux amis croyants ont ainsi le privilège de s'encourager l'un l'autre à la confiance (Prov. 27:17 et 1 Sam. 23:16). Dieu est bon; Dieu est fidèle: c'est ainsi que nous le connaissons et notre foi s'attache à un tel Dieu, même si les événements paraissent quelquefois contredire cette bonté et cette fidélité (lire 1 Cor. 1:9; 1 Cor. 10:13). En regardant aux circonstances nous avons souvent de l’inquiétude, mais en pensant au Seigneur et à son amour fidèle, nous ne perdrons jamais courage.

Les versets 3 et 4 font allusion aux promesses assurées à David et à sa descendance, c'est-à-dire à Christ (comparer 2 Sam. 7:16).

Psaume 89:15-29
15Bienheureux le peuple qui connaît le cri de joie! ils marchent, ô Éternel! à la lumière de ta face.16Ils s'égaient en ton nom tout le jour, et sont haut élevés par ta justice.17Car tu es la gloire de leur force; et dans ton bon plaisir notre corne sera haut élevée.18Car l'Éternel est notre bouclier, et le Saint d'Israël, notre roi.
19Alors tu parlas en vision de ton saint, et tu dis: J'ai placé du secours sur un homme puissant, j'ai haut élevé un élu d'entre le peuple.20J'ai trouvé David, mon serviteur; je l'ai oint de mon huile sainte;21Ma main sera fermement avec lui, et mon bras le fortifiera;22L'ennemi ne le pressurera pas et le fils d'iniquité ne l'affligera pas;23J'abattrai ses adversaires devant sa face, et je frapperai ceux qui le haïssent;24Et ma fidélité et ma bonté seront avec lui, et, par mon nom, sa corne sera élevée.25Et j'ai mis sa main à la mer, et sa droite dans les fleuves.26Lui me criera: Tu es mon père, mon Dieu, et le rocher de mon salut.27Aussi moi, je ferai de lui le premier-né, le plus élevé des rois de la terre.28Je lui garderai ma bonté à toujours, et mon alliance lui sera assurée.29Et je ferai subsister sa semence à perpétuité, et son trône comme les jours des cieux.

Pour confirmer les promesses qu'ils se font réciproquement, les hommes échangent des signatures ou des gages. Mais Dieu, pour garantir l'accomplissement des siennes, a donné Son propre Fils. «Autant il y a de promesses de Dieu, en Lui (Christ) est le oui et en lui l'amen» (2 Cor 1:20). Qui pourrait mettre en doute des engagements assurés par une telle Personne? «J'ai placé du secours sur un homme puissant» (v. 19). Connaissons-nous ce secours, chers amis? Faisons-nous quelquefois appel à cet «Homme puissant»? Il est toujours prêt à déployer Sa puissance en faveur de ceux qu'Il condescend à appeler ses frères. S'Il est devenu homme, c'est afin de les sauver, mais aussi pour être capable de sympathiser à leurs infirmités humaines (Héb. 2:17; 4:15). Tout l'amour de Dieu pour le vrai David se discerne dans les expressions qu'Il emploie pour parler de Lui: Il est son saint, son élu (vv. 3,19), le serviteur qu'Il a trouvé, qu'Il a oint. Christ seul peut être appelé «le plus élevé des rois de la terre» (v. 27). Les chrétiens ont le privilège de le connaître déjà et d'attendre avec ferveur son apparition (2 Tim. 4:8).

Psaume 89:30-52
30Si ses fils abandonnent ma loi et ne marchent pas dans mes ordonnances,31S'ils violent mes statuts et ne gardent pas mes commandements,32Je visiterai leur transgression avec la verge, et leur iniquité avec des coups;33Mais je ne retirerai pas de lui ma bonté, et je ne démentirai pas ma fidélité;34Je ne violerai point mon alliance, et je ne changerai pas ce qui est sorti de mes lèvres.35J'ai une fois juré par ma sainteté, si jamais je mens à David!36Sa semence sera à toujours, et son trône comme le soleil devant moi.37Comme la lune, il sera affermi pour toujours; et le témoin dans les nues en est ferme. Sélah.
38Mais tu l'as rejeté et tu l'as méprisé, tu as été courroucé contre ton oint.39as répudié l'alliance de ton serviteur, tu as profané sa couronne jusqu'en terre;40Tu as rompu toutes ses clôtures, tu as mis en ruine ses forteresses:41Tous ceux qui passent le pillent; il est en opprobre à ses voisins.42Tu as élevé la droite de ses adversaires, tu as réjoui tous ses ennemis;43Tu as retourné le tranchant de son épée, et tu ne l'as pas soutenu dans la bataille.44Tu as fait cesser son éclat, et tu as jeté par terre son trône;45Tu as abrégé les jours de sa jeunesse, tu l'as couvert de honte. Sélah.46Jusques à quand, ô Éternel, te cacheras-tu à toujours, et ta fureur brûlera-t-elle comme un feu?47Souviens-toi, quant à moi, de ce qu'est la vie: pourquoi as-tu créé tous les fils des hommes pour n'être que vanité?48Qui est l'homme qui vit et qui ne verra pas la mort, -qui sauvera son âme de la main du shéol? Sélah.49Où sont, Seigneur, tes premières bontés, que tu as jurées à David dans ta fidélité?50Souviens-toi, Seigneur, de l'opprobre de tes serviteurs, -je porte dans mon sein celui de tous les grands peuples, -51l'opprobre dont tes ennemis couvrent, ô Éternel, dont ils couvrent les pas de ton oint.52Béni soit l'Éternel pour toujours! Amen, oui, amen!

La promesse faite à David en 2 Samuel 7:13, et rappelée dans nos versets 4 et 28, se complétait d'une condition: Si ses descendants commettaient l'iniquité, Dieu ne manquerait pas de les châtier (vv. 30-32; 2 Sam. 7:14). Hélas! nous connaissons la triste histoire de cette royauté de Juda et nos versets 38 et suivants nous montrent que, en ce qui concerne le châtiment, Dieu a tenu parole. Toutes les épreuves d'Israël, y compris la tribulation qui l'attend encore, sont la conséquence de cette infidélité.

La pire des douleurs pour les croyants c'est la honte et l'opprobre qui rejaillit sur leur Dieu (vv. 41, 45, 50, 51). «Jusques à quand...?» (v. 46); que de fois déjà nous avons entendu cette question angoissée dans les psaumes (par exemple Ps. 74:10; Ps. 79:5; Ps. 80:4...). Le temps paraît long quand on souffre (Job 7:3, 4). En réponse à ce cri, l'Éternel fera de son jugement «une affaire abrégée sur la terre» (Rom. 9:28 et Marc 13:20). Car le châtiment n'est pas son dernier mot. Ésaïe 28:21 l'appelle «son œuvre étrange, son travail inaccoutumé». Selon Sa même promesse, Dieu fera jouir son peuple de ses bontés pour toujours, en Christ, le Fils de David (v. 49; 2 Sam. 7:15...).

Ézéchiel 1:1-14
1Et il arriva en la trentième année, au quatrième mois, le cinquième jour du mois, comme j'étais au milieu des captifs, près du fleuve Kebar, que les cieux furent ouverts, et je vis des visions de Dieu.2Le cinquième jour du mois (c'était la cinquième année de la transportation du roi Jehoïakin),3la parole de l'Éternel vint expressément à Ézéchiel, le sacrificateur, fils de Buzi, dans le pays des Chaldéens, près du fleuve Kebar; et la main de l'Éternel fut là sur lui.
4Et je vis, et voici, un vent de tempête venait du nord, une grosse nuée, et un feu qui s'entortillait; et il y avait une splendeur tout autour, et de son milieu, du milieu du feu, brillait comme l'apparence de l'airain luisant;5et, du milieu, la ressemblance de quatre animaux; et voici leur aspect: ils avaient la ressemblance d'un homme;6et chacun d'eux avait quatre faces, et chacun avait quatre ailes;7et leurs pieds étaient des pieds droits, et la plante de leurs pieds était comme la plante du pied d'un veau; et ils étincelaient comme l'apparence de l'airain poli;8et il y avait des mains d'hommes sous leurs ailes sur leurs quatre côtés; et ils avaient, les quatre, leurs faces et leurs ailes;9leurs ailes étaient jointes l'une à l'autre; ils ne se tournaient pas quand ils allaient: ils allaient chacun droit devant soi.10Et la ressemblance de leurs faces était la face d'un homme; et, les quatre, ils avaient la face d'un lion, à droite; et, les quatre, ils avaient la face d'un boeuf, à gauche; et, les quatre, ils avaient la face d'un aigle;11et leurs faces et leurs ailes étaient séparées par le haut: chacun avait deux ailes jointes l'une à l'autre, et deux qui couvraient leur corps.12Et ils allaient chacun droit devant soi: là où l'Esprit devait aller, ils allaient; ils ne se tournaient point lorsqu'ils allaient.13Et quant à la ressemblance des animaux, leur aspect était comme des charbons de feu brûlants, comme l'aspect de torches; le feu courait entre les animaux; et le feu avait de l'éclat, et du feu sortaient des éclairs.14Et les animaux couraient et retournaient, comme l'aspect du sillon de l'éclair.

Nous abordons maintenant ce livre d’Ézéchiel, quelquefois négligé en raison de sa difficulté. Demandons spécialement au Seigneur son secours pour y trouver de l’édification.

Ce prophète était un sacrificateur comme Jérémie son contemporain. Mais, tandis que ce dernier demeurait dans Jérusalem, Ézéchiel avait fait partie d’un premier convoi de captifs emmenés «dans le pays des Chaldéens» pendant le règne de Jehoïakin (v. 3). C’est là, près du fleuve Kebar, que la Parole de Dieu lui est adressée et qu’il est témoin d’une vision extraordinaire. Au milieu du feu et de l’airain brillant, image de la justice divine exerçant ses droits, le prophète aperçoit quatre animaux fantastiques, qui étaient des chérubins, gardiens et défenseurs de la sainteté de Dieu (Éz. 10). Leurs attributs: faces, ailes, pieds et mains sont autant de symboles par lesquels Dieu veut faire comprendre quels sont Ses caractères en justice et en jugement: l’intelligence, la force, la patience et la rapidité, représentés respectivement par la face de l’homme, du lion, du bœuf et de l’aigle. Ces symboles se retrouvent avec beaucoup d’autres dans l’Apocalypse qui est aussi un livre de jugements (voir Apoc. 4:6, 7).

Ézéchiel 1:15-28
15Et je regardais les animaux, et voici, une roue sur la terre, à côté des animaux, vers leurs quatre faces.16L'aspect et la structure des roues étaient comme l'apparence d'un chrysolithe; et il y avait une même ressemblance pour les quatre, et leur aspect et leur structure étaient comme si une roue eût été au milieu d'une roue.17En allant, elles allaient sur leurs quatre côtés; elles ne se tournaient point quand elles allaient.18Et quant à leurs jantes, elles étaient hautes et terribles, -et leurs jantes, à toutes les quatre, étaient pleines d'yeux tout autour.19Et quand les animaux allaient, les roues allaient à côté d'eux; et quand les animaux s'élevaient de dessus la terre, les roues s'élevaient.20Là où l'Esprit devait aller, là ils allaient, là leur esprit tendait à aller; et les roues s'élevaient auprès d'eux, car l'esprit de l'animal était dans les roues.21Quand ils allaient, elles allaient; et quand ils s'arrêtaient, elles s'arrêtaient; et quand ils s'élevaient de dessus la terre, les roues s'élevaient auprès d'eux, car l'esprit de l'animal était dans les roues.22Et au-dessus des têtes de l'animal, il y avait la ressemblance d'une étendue, comme l'apparence d'un cristal terrible étendu sur leurs têtes, en haut.23Et au-dessous de l'étendue, leurs ailes se tenaient droites, l'une vers l'autre: chacun en avait deux, qui couvraient leur corps, d'un côté, et chacun en avait deux, qui couvraient leur corps, de l'autre coté.24Et j'entendis le bruit de leurs ailes quand ils volaient, comme le bruit de grandes eaux, comme la voix du Tout-puissant, un bruit tumultueux comme le bruit d'une armée. Quand ils s'arrêtaient, ils abaissaient leurs ailes;25et il y avait une voix au-dessus de l'étendue qui était sur leurs têtes: quand ils s'arrêtaient, ils abaissaient leurs ailes.
26Et au-dessus de l'étendue qui était sur leurs têtes, il y avait comme l'aspect d'une pierre de saphir, la ressemblance d'un trône; et, sur la ressemblance du trône, une ressemblance comme l'aspect d'un homme, dessus, en haut.27Et je vis comme l'apparence de l'airain luisant, comme l'aspect du feu, au dedans, tout autour: depuis l'aspect de ses reins vers le haut et depuis l'aspect de ses reins vers le bas, je vis comme l'aspect du feu; et il y avait une splendeur tout autour.28Comme l'aspect de l'arc qui est dans la nuée en un jour de pluie, tel était l'aspect de la splendeur tout autour. C'était là l'aspect de la ressemblance de la gloire de l'Éternel. Et je vis, et je tombai sur ma face et j'entendis une voix qui parlait.

L’ensemble de la vision du prophète se présentait comme un char terrifiant comportant plusieurs étages. Ses roues, particulièrement effrayantes, allaient et venaient sur la terre d’une manière qui pouvait paraître arbitraire. Mais leur mouvement dépendait des animaux et ceux-ci allaient «là où l’Esprit devait aller» (v. 20).

Ces roues sont un symbole du gouvernement de Dieu, ou de sa providence. Les événements du monde sont dirigés par son Esprit — qui souffle où Il veut (Jean 3:8), — et non par le hasard, comme le prétendent beaucoup de personnes parce qu’elles se refusent à regarder en haut. Elles voient bien «les roues» mais pas Celui qui les anime. Le prophète, lui, conduit par l’Esprit, lève les yeux et va contempler la partie la plus merveilleuse de la vision (v. 26…). Au-dessus des roues, des chérubins et de l’étendue, il découvre «la ressemblance d’un trône», et encore «une ressemblance comme l’aspect d’un homme, dessus, en haut» (v. 26). Ainsi, nous l’apprenons avec le prophète, le monde est gouverné selon la volonté et le propos d’un homme dans la gloire: Christ lui-même, tout rayonnant de splendeur divine. Devant cette vision extraordinaire, Ézéchiel tombe aussitôt sur sa face (comp. Apoc. 1:12-17).

Ézéchiel 2:1-10; Ézéchiel 3:1-11
1Et il me dit: Fils d'homme, tiens-toi debout sur tes pieds, et je parlerai avec toi.2Et comme il me parlait, l'Esprit entra en moi, et me fit tenir sur mes pieds, et j'entendis celui qui me parlait.3Et il me dit: Fils d'homme, je t'envoie vers les fils d'Israël, vers les nations, les rebelles qui se sont rebellés contre moi; eux et leurs pères m'ont désobéi jusqu'à ce jour même.4Et ce sont des fils à la face impudente et au coeur obstiné; je t'envoie vers eux, et tu leur diras:5Ainsi dit le Seigneur, l'Éternel. Et eux, soit qu'ils écoutent, soit qu'ils n'en fassent rien, car ils sont une maison rebelle, ils sauront qu'il y a eu un prophète au milieu d'eux.
6Et toi, fils d'homme, ne les crains pas, et ne crains pas leurs paroles; car tu as près de toi des ronces et des épines, et tu demeures parmi des scorpions: ne crains point leurs paroles et ne sois point effrayé de leurs visages, car ils sont une maison rebelle.7Et tu leur diras mes paroles, soit qu'ils écoutent, soit qu'ils n'en fassent rien; car ils sont rebelles.8Et toi, fils d'homme, écoute ce que je te dis; ne sois pas rebelle, comme cette maison rebelle; ouvre ta bouche, et mange ce que je te donne.9Et je regardai, et voici, une main étendue vers moi, et voici, il y avait en elle un rouleau de livre. Et il le déploya devant moi;10et il était écrit devant et derrière; et des lamentations, et des plaintes, et des gémissements y étaient écrits.
1Et il me dit: Fils d'homme, mange ce que tu trouves; mange ce rouleau, et va, parle à la maison d'Israël.2Et j'ouvris ma bouche, et il me donna à manger ce rouleau.3Et il me dit: Fils d'homme, nourris ton ventre et remplis tes entrailles de ce rouleau que je te donne. Et je le mangeai, et il fut dans ma bouche doux comme du miel.4Et il me dit: Va, fils d'homme, va vers la maison d'Israël, et tu leur parleras avec mes paroles.5Car ce n'est pas vers un peuple à langage obscur ou à langue incompréhensible que tu es envoyé: c'est vers la maison d'Israël;6ce n'est pas vers beaucoup de peuples à langage obscur ou à langue incompréhensible, dont tu ne puisses entendre les paroles: si tu étais envoyé vers eux, ne t'écouteraient-ils pas?7Mais la maison d'Israël ne voudra pas t'écouter, car aucun d'eux ne veut m'écouter; car toute la maison d'Israël a le front dur et le coeur obstiné.8Voici, j'ai rendu ta face dure contre leurs faces, et ton front dur contre leur front;9j'ai rendu ton front comme un diamant, plus dur que le roc. Ne les crains pas, et ne sois point effrayé d'eux, car ils sont une maison rebelle.10Et il me dit: Fils d'homme, toutes mes paroles que je te dirai, reçois-les dans ton coeur, et écoute-les de tes oreilles;11et va, va vers ceux de la transportation, vers les fils de ton peuple, et tu leur parleras et tu leur diras: Ainsi dit le Seigneur l'Éternel, -soit qu'ils écoutent, soit qu'ils n'en fassent rien.

Comme pour Ésaïe dans son ch. 6, la grande vision d’Ézéchiel va être le point de départ de son appel et de sa mission. L’Esprit de Dieu le saisit, lui permet de se tenir debout, et ouvre son intelligence à la Parole divine dont il doit commencer par se nourrir avant de pouvoir la communiquer (comp. Apoc. 10:8-11). Il en sentira ainsi l’effet sur sa propre âme, car il est impossible d’appliquer efficacement la Parole à d’autres sans en avoir soi-même éprouvé la douceur… ou le tranchant (Éz. 3:1-3; Jér. 15:16). D’une manière générale, se nourrir dès sa jeunesse des Saintes Écritures est le secret de tout service utile au Seigneur.

Israël refusera de t’écouter, dit l’Éternel à son messager, mais en fait c’est moi qu’ils refusent d’entendre (Éz. 3:7). Ce ne sont pas ses propres paroles, mais celles du Seigneur, qui doivent être dans la bouche du chrétien. Un tel message ne laissera aucune place à des discussions inutiles. Et c’est dans le cœur qu’il doit être reçu (Éz. 3:10).

Le front de la maison d’Israël était dur, mais l’Éternel donnait à son serviteur une énergie d’autant plus grande (comp. Éz. 3:8, 9 avec Ésaïe 50:7 et Luc 9:51). Son nom était d’ailleurs une promesse: Ézéchiel signifie: Dieu fortifiera.

Ézéchiel 3:12-27
12Et l'Esprit m'enleva; et j'entendis derrière moi le bruit d'une grande commotion, disant: Bénie soit de son lieu la gloire de l'Éternel!13-et le bruit des ailes des animaux qui s'entre-touchaient l'une l'autre, et le bruit des roues auprès d'eux, et le bruit d'une grande commotion.14Et l'Esprit m'enleva, et me prit; et je m'en allai plein d'amertume dans l'ardeur de mon esprit; et la main de l'Éternel était forte sur moi.15Et je vins à Thel-Abib vers ceux de la transportation qui demeuraient auprès du fleuve Kebar; et là où ils étaient assis, je m'assis stupéfait, là au milieu d'eux, sept jours.
16Et il arriva, au bout de sept jours, que la parole de l'Éternel vint à moi, disant:17Fils d'homme, je t'ai établi sentinelle pour la maison d'Israël; et tu entendras la parole de ma bouche, et tu les avertiras de ma part.18Quand je dirai au méchant: Tu mourras certainement, et que tu ne l'avertiras pas, et que tu ne parleras pas pour avertir le méchant de se détourner de sa méchante voie, afin qu'il vive, -lui, le méchant, mourra dans son iniquité, mais je redemanderai son sang de ta main.19Et si tu avertis le méchant, et qu'il ne se détourne pas de sa méchanceté ni de sa méchante voie, il mourra, lui, dans son iniquité; mais toi, tu as délivré ton âme.20Et si le juste se détourne de sa justice et commet l'iniquité, et que je mette une pierre d'achoppement devant lui, il mourra; parce que tu ne l'as point averti, il mourra dans son péché, et ses actes justes qu'il a faits ne viendront pas en mémoire; mais je redemanderai son sang de ta main.21Et si tu avertis le juste de ne pas pécher, et que le juste ne pèche pas, il vivra certainement, car il s'est tenu pour averti; et toi tu as délivré ton âme.
22Et la main de l'Éternel fut là sur moi, et il me dit: Lève-toi, sors dans la vallée, et là je parlerai avec toi.23Et je me levai, et je sortis dans la vallée; et voici, la gloire de l'Éternel se tenait là, selon la gloire que j'avais vue près du fleuve Kebar; et je tombai sur ma face.24Et l'Esprit entra en moi et me fit tenir sur mes pieds; et il me parla, et me dit: Va, enferme-toi dans ta maison.25Et toi, fils d'homme, voici, on mettra sur toi des cordes, et on t'en liera; et tu ne sortiras pas parmi eux.26Et je collerai ta langue à ton palais, et tu seras muet, et tu ne seras pas pour eux un homme qui les reprenne; car ils sont une maison rebelle.27Et quand je parlerai avec toi, j'ouvrirai ta bouche, et tu leur diras: Ainsi dit le Seigneur, l'Éternel: Que celui qui écoute, écoute; et que celui qui n'en fait rien, n'en fasse rien; car ils sont une maison rebelle.

Ézéchiel est emmené par l’Esprit de Dieu à Thel-Abib, au milieu des captifs de son peuple. Il apprend de la bouche de l’Éternel son affectation au poste de sentinelle, avec les consignes qui s’y rattachent. Ces fonctions exigeront à la fois une vigilance continuelle et une rigoureuse fidélité dans la transmission des avertissements divins. Une sentinelle doit être capable de dire à tous à quoi en est la nuit morale de ce monde (Ésaïe 21:11).

Mais nous constatons qu’il n’est plus question de provoquer le réveil de la nation dans son ensemble. C’est le méchant qui doit être averti; la responsabilité d’écouter est individuelle. Quant à la responsabilité du serviteur, elle consiste à présenter la Parole à tous, «soit qu’ils écoutent soit qu’ils n’en fassent rien» (Éz. 2:5, 7; Éz. 3:11, 27). Dieu ne juge pas ceux qu’Il emploie en fonction des résultats qu’ils obtiennent, ainsi que le font les hommes, mais selon leur fidélité (1 Cor. 4:2). Nous ne devons donc pas nous décourager si certains «ne font rien» de la Parole de vie que nous avons pu leur présenter. Chers amis, il est en effet bien sérieux d’y penser: chaque croyant aussi est établi sentinelle et a le devoir de rendre ici-bas témoignage à son Seigneur. Comment nous en acquittons-nous?

Ézéchiel 5:1-17
1Et toi, fils d'homme, prends un couteau tranchant (tu prendras un rasoir de barbier), et tu le feras passer sur ta tête et sur ta barbe; et tu prendras une balance à peser, et tu partageras les cheveux.2Tu en brûleras un tiers dans le feu, au milieu de la ville, lorsque les jours du siège seront accomplis; et tu en prendras un tiers, et tu les frapperas avec le couteau tout autour; et un tiers, tu le disperseras au vent, et je tirerai l'épée après eux.3Et tu en prendras un petit nombre, et tu les serreras dans les pans de ta robe;4et de ceux-ci, tu en prendras encore, et tu les jetteras au milieu du feu, et tu les brûleras au feu: il en sortira un feu contre toute la maison d'Israël.
5Ainsi dit le Seigneur, l'Éternel: C'est ici Jérusalem! Je l'ai posée au milieu des nations, et autour d'elle, des pays;6et, dans sa méchanceté, elle a été rebelle à mes jugements plus que les nations, et à mes statuts, plus que les pays qui sont autour d'elle; car ils ont rejeté mes jugements et n'ont point marché dans mes statuts.7C'est pourquoi, ainsi dit le Seigneur, l'Éternel: Parce que votre turbulence a été plus grande que celle des nations qui sont autour de vous, parce que vous n'avez point marché dans mes statuts et n'avez point pratiqué mes ordonnances, et que vous n'avez pas même agi selon les droits établis des nations qui sont autour de vous,8-à cause de cela, ainsi dit le Seigneur, l'Éternel: Voici, j'en veux à toi, moi aussi, et j'exécuterai au milieu de toi des jugements aux yeux des nations;9et je ferai en toi ce que je n'ai pas fait et ne ferai semblablement, à cause de toutes tes abominations.10C'est pourquoi les pères mangeront les fils au milieu de toi, et les fils mangeront les pères; et j'exécuterai des jugements sur toi, et je disperserai à tout vent tous tes restes.11C'est pourquoi, je suis vivant, dit le Seigneur, l'Éternel! parce que tu as rendu impur mon sanctuaire par toutes tes choses exécrables et par toutes tes abominations, moi aussi, je retirerai mon oeil et il n'aura plus compassion, et moi aussi je ne t'épargnerai pas.12un tiers d'entre vous mourra par la peste et sera consumé par la famine au milieu de toi; et un tiers tombera par l'épée autour de toi; et j'en disperserai un tiers à tout vent, et je tirerai l'épée après eux.13Et ma colère s'accomplira, et je satisferai ma fureur sur eux, et je me consolerai; et ils sauront que moi, l'Éternel, j'ai parlé dans ma jalousie, quand j'aurai accompli ma fureur sur eux.14Et je ferai de toi un désert et un opprobre parmi les nations qui sont autour de toi, aux yeux de tout passant.15Et l'opprobre et l'insulte seront une instruction et un étonnement pour les nations qui sont autour de toi, quand j'exécuterai sur toi des jugements, avec colère, et avec fureur, et par des châtiments de fureur. Moi, l'Éternel, j'ai parlé.16Quand j'enverrai parmi eux les flèches funestes de la famine qui seront pour la destruction, lesquelles j'enverrai pour vous détruire, j'augmenterai sur vous la famine, et je briserai pour vous le bâton du pain;17et j'enverrai sur vous la famine et les bêtes mauvaises qui te priveront d'enfants, et la peste et le sang passeront sur toi, et je ferai venir l'épée sur toi. Moi, l'Éternel, j'ai parlé.

À partir du ch. 4, l’Éternel fait entrer Ézéchiel au moyen de divers signes dans les douloureuses circonstances que va traverser son peuple. Un serviteur de Dieu qui a passé lui-même par l’école de l’humiliation et de la souffrance est en mesure ensuite de comprendre beaucoup mieux ceux qui les traversent aussi et de les exhorter avec plus d’autorité. Il connaît leur situation par sa propre expérience et peut donc utilement les mettre en garde. En se couchant sur le côté, en cuisant son pain avec de l’ordure, Ézéchiel portait en figure les conséquences de l’iniquité de son peuple (Éz. 4:4). Maintenant Dieu lui prescrit de raser ses cheveux et sa barbe, acte déshonorant pour un sacrificateur et défendu par la loi (Lév. 21:5). Les v. 11 et 12 nous en expliquent la portée symbolique. Israël, ornement de l’Éternel, est mis de côté, et divers jugements vont s’abattre sur lui, choisis par Celui qui pèse (v. 1) la culpabilité de chacun. Certains seront la proie de la peste et de la famine pendant le siège de la ville, d’autres tomberont par l’épée, d’autres enfin seront dispersés et persécutés. Moïse avait déjà annoncé ces châtiments (Lév. 26:14… Deut. 28:15…) et l’histoire d’Israël depuis lors a confirmé que Dieu ne peut qu’accomplir sa Parole (Éz. 12:28).

Ézéchiel 7:1-19
1Et la parole de l'Éternel vint à moi, disant:2Et toi, fils d'homme! Ainsi dit le Seigneur, l'Éternel, à la terre d'Israël: Une fin!... la fin vient sur les quatre coins du pays.3Maintenant la fin vient sur toi, et j'enverrai sur toi ma colère, et je te jugerai selon tes voies, et je mettrai sur toi toutes tes abominations.4Et mon oeil n'aura point compassion de toi, et je n'épargnerai pas; mais je mettrai tes voies sur toi, et tes abominations seront au milieu de toi; et vous saurez que je suis l'Éternel.5Ainsi dit le Seigneur, l'Éternel: Un mal, un mal unique! Voici, il est venu!6La fin est venue, la fin est venue! Elle se réveille contre toi; voici, elle vient!7Ton destin est venu sur toi, habitant du pays; le temps est venu, le jour est proche, -le trouble, et non le cri joyeux des montagnes.8Maintenant, bientôt, je verserai sur toi ma fureur, et je consommerai ma colère contre toi, et je te jugerai selon tes voies, et je mettrai sur toi toutes tes abominations.9Et mon oeil n'aura point compassion, et je ne t'épargnerai pas; je te rendrai selon tes voies, et tes abominations seront au milieu de toi; et vous saurez que c'est moi, l'Éternel, qui frappe.10Voici le jour, voici, il est arrivé! Le destin a germé, la verge a fleuri, la fierté s'est épanouie.11La violence s'élève pour être une verge de méchanceté. Il ne reste rien d'eux, ni de leur foule bruyante, ni de leur abondance de biens, ni de la magnificence au milieu d'eux.12Le temps est venu, le jour s'est approché; que celui qui achète ne se réjouisse pas, et que celui qui vend ne mène pas deuil; car il y a une ardente colère sur toute sa foule bruyante.13Car celui qui vend ne rentrera pas en possession de ce qui a été vendu, fût-il même encore en vie parmi les vivants; car la vision est touchant toute sa foule bruyante, elle ne sera point révoquée, et personne par son iniquité ne fortifiera sa vie.14Ils ont sonné de la trompette et ont tout préparé; mais personne ne marche au combat, parce que l'ardeur de ma colère est sur toute sa foule bruyante.15L'épée est au dehors, et la peste et la famine sont au dedans: celui qui est aux champs mourra par l'épée; et celui qui est dans la ville, la famine et la peste le dévoreront.
16Et leurs réchappés échapperont, et seront sur les montagnes comme les colombes des vallées, tous gémissant, chacun pour son iniquité.17Toutes les mains deviendront lâches, et tous les genoux se fondront en eau.18Ils se ceindront de sacs, et le frisson les couvrira; la honte sera sur tous les visages, et toutes leurs têtes seront chauves.19Ils jetteront leur argent dans les rues, et leur or sera rejeté comme une impureté; leur argent ni leur or ne pourra les délivrer au jour de la fureur de l'Éternel; ils ne rassasieront pas leurs âmes, et ne rempliront pas leurs entrailles, car c'est ce qui a été la pierre d'achoppement de leur iniquité.

Remarquons le nom que l’Éternel donne à son serviteur: «fils d’homme» (ou fils de l’homme: un des titres du Seigneur Jésus dont Ézéchiel est un type). Ce nom suggère un élu d’entre les hommes, un représentant qualifié pour parler au nom de la race humaine défaillante (voir Ecc. 7:28).

Après avoir au ch. 6 annoncé la dévastation, l’Éternel déclare solennellement au ch. 7 que le jour fatal est arrivé, le jour de sa fureur. Sa grande patience envers le peuple coupable avait duré bien des siècles. Elle prend fin après d’innombrables avertissements. Et nous pensons à cette patience de Dieu qui s’exerce encore aujourd’hui envers un monde qui a crucifié son Fils. Mais elle aussi cessera en un «jour de la colère» incomparablement plus terrible (Rom. 2:5). Ce chapitre ne nous en donne qu’une faible image. Les hommes y sont frappés d’épouvante (v. 17, 18). L’argent et l’or, tout-puissants jusqu’alors, ont cessé d’avoir cours. On les jette comme une impureté dans les rues, s’apercevant enfin qu’ils ne peuvent rassasier les âmes. Et surtout ils ne pourront délivrer personne dans ce jour, car Dieu n’accepte pour le rachat de l’homme perdu que le sang précieux de Christ (v. 19; comp. Prov. 11:4 et 1 Pierre 1:18, 19).

Ézéchiel 8:1-18
1Et il arriva, en la sixième année, au sixième mois, le cinquième jour du mois, qu'étant assis dans ma maison, et les anciens de Juda étant assis devant moi, la main du Seigneur, l'Éternel, tomba là sur moi.2Et je vis, et voici une ressemblance comme l'aspect d'un feu: depuis l'aspect de ses reins vers le bas, c'était du feu; et depuis ses reins vers le haut, c'était comme l'aspect d'une splendeur, comme l'apparence de l'airain luisant.3Et il étendit la forme d'une main, et me prit par les boucles de ma tête; et l'Esprit m'éleva entre la terre et les cieux, et m'emmena à Jérusalem, dans les visions de Dieu, à l'entrée de la porte intérieure qui regarde vers le nord, où était le siège de l'idole de jalousie qui provoque à la jalousie.4Et voici, là était la gloire du Dieu d'Israël, selon la vision que j'avais vue dans la vallée.5Et il me dit: Fils d'homme, lève tes yeux vers le nord. Et je levai mes yeux vers le nord; et voici, au nord de la porte de l'autel, cette idole de jalousie, à l'entrée.6Et il me dit: Fils d'homme, vois-tu ce qu'ils font, les grandes abominations que la maison d'Israël commet ici, pour m'éloigner de mon sanctuaire? Et tu verras encore de grandes abominations.
7Et il me mena à l'entrée du parvis; et je regardai, et voici, un trou dans le mur.8Et il me dit: Fils d'homme, perce le mur. Et je perçai le mur, et voici, une porte.9Et il me dit: Entre, et regarde les mauvaises abominations qu'ils commettent ici.10Et j'entrai, et je regardai; et voici toute sorte de figures de reptiles, et de bêtes exécrables, et toutes les idoles de la maison d'Israël tracées sur le mur, tout autour;11et soixante-dix hommes d'entre les anciens de la maison d'Israël se tenaient devant elles, et au milieu d'eux se tenait Jaazania, fils de Shaphan: chacun avait son encensoir dans sa main, et il montait une épaisse nuée d'encens.12Et il me dit: As-tu vu, fils d'homme, ce que les anciens de la maison d'Israël font dans les ténèbres, chacun dans leurs cabinets d'images? Car ils disent: L'Éternel ne nous voit pas, l'Éternel a abandonné le pays.
13Et il me dit: Tu verras encore de grandes abominations qu'ils commettent.14Puis il me mena à l'entrée de la porte de la maison de l'Éternel, qui est vers le nord; et voici des femmes assises là, pleurant Thammuz.15Et il me dit: As-tu vu, fils d'homme? Tu verras encore des abominations plus grandes que celles-là.16Puis il me fit entrer au parvis intérieur de la maison de l'Éternel; et voici, à l'entrée du temple de l'Éternel, entre le portique et l'autel, environ vingt-cinq hommes, le dos tourné vers le temple de l'Éternel, et leurs faces vers l'orient; et ils se prosternaient vers l'orient devant le soleil.17Et il me dit: As-tu vu, fils d'homme? Est-ce une chose légère à la maison de Juda de commettre les abominations qu'ils commettent ici, pour qu'ils remplissent encore le pays de violence, et qu'ils me provoquent à colère toujours de nouveau? Et voici, ils mettent le rameau à leur nez!18Et moi aussi, j'agirai avec fureur; mon oeil n'aura point compassion, et je n'épargnerai pas; et quand ils crieront à mes oreilles à haute voix, je ne les écouterai point.

Dans une nouvelle vision, Ézéchiel est transporté à Jérusalem où Dieu lui révèle les choses horribles qui s’accomplissaient en secret dans son sanctuaire. «L’idole de jalousie», premier objet qu’il aperçoit, rappelle celle que Manassé avait déjà placée dans le temple (2 Rois 21:7 et 2 Rois 23:6; comp. Matt. 24:15). Puis, perçant le mur, il surprend, non pas le rebut du peuple, mais ses anciens occupés dans les ténèbres à vénérer toutes sortes de «bêtes exécrables». On a pu les comparer celles-ci aux fruits impurs de notre imagination, cultivés dans les recoins les plus obscurs de nos pauvres cœurs, qui peuvent être ainsi de vrais «cabinets d’images». Au milieu de ces idolâtres, officiait un certain Jaazania… fils du fidèle Shaphan! (voir 2 Chr. 34:8, 15…).

L’Éternel montre encore à Ézéchiel des femmes en train de pleurer Thammuz, une répugnante idole, et enfin vingt-cinq hommes, représentant les vingt-quatre classes de la sacrificature avec le souverain sacrificateur lui-même, prosternés devant le soleil (comp. Deut. 4:19 et Deut. 32:16)!

Remarquons que c’est Dieu qui découvre le mal aux regards des siens. Lui seul, éclairant notre conscience, peut nous en donner le juste sentiment en nous montrant combien ce mal porte atteinte-Sa propre gloire.

Ézéchiel 9:1-11
1Et il cria à mes oreilles à haute voix, disant: Approchez, vous qui avez la charge de la ville, et chacun avec son instrument de destruction dans sa main.2Et voici six hommes qui venaient du chemin de la porte supérieure qui est tournée vers le nord, et chacun avec son instrument de mort dans sa main; et il y avait au milieu d'eux un homme vêtu de lin, avec un encrier d'écrivain à ses reins; et ils entrèrent, et se tinrent à côté de l'autel d'airain.3Et la gloire du Dieu d'Israël s'éleva de dessus le chérubin sur lequel elle était, et vint sur le seuil de la maison; et il cria à l'homme vêtu de lin, qui avait l'encrier d'écrivain à ses reins;4et l'Éternel lui dit: Passe au milieu de la ville, au milieu de Jérusalem, et fais une marque sur les fronts des hommes qui soupirent et gémissent à cause de toutes les abominations qui se commettent au dedans d'elle.
5à ceux-là il dit, à mes oreilles: Passez par la ville après lui, et frappez; que votre oeil n'ait point compassion, et n'épargnez pas.6Tuez, détruisez vieillards, jeunes hommes, et vierges, et petits enfants, et femmes; mais n'approchez d'aucun de ceux qui ont sur eux la marque, et commencez par mon sanctuaire. Et ils commencèrent par les anciens qui étaient devant la maison.7Et il leur dit: Rendez impure la maison, et remplissez les parvis de tués; sortez! Et ils sortirent et frappèrent dans la ville.8Et il arriva que, comme ils frappaient et que moi je demeurais de reste, je tombai sur ma face, et je criai et dis: Ah, Seigneur Éternel! veux-tu détruire tout le reste d'Israël en versant ta fureur sur Jérusalem?9Et il me dit: L'iniquité de la maison d'Israël et de Juda est excessivement grande, et le pays est rempli de sang, et la ville est remplie d'injustices; car ils ont dit: L'Éternel a abandonné le pays, et l'Éternel ne voit pas.10Et moi aussi, -mon oeil n'aura point compassion, et je n'épargnerai pas; je ferai retomber leur voie sur leur tête.11Et voici, l'homme vêtu de lin, qui avait l'encrier à ses reins, rapporta, disant: J'ai fait comme tu m'as commandé.

Ézéchiel a pu constater de ses yeux de quelle ignoble manière la gloire de l’Éternel avait été foulée aux pieds. Aussi peut-il à présent comprendre combien le châtiment est justifié! Et ce dernier est à la porte (v. 2). Mais Dieu est loin de faire périr le juste avec le méchant (Gen. 18:25). Au milieu des six hommes armés d’instruments de destruction, il s’en trouve un septième qui, lui, tient dans sa main un instrument de grâce: l’encrier d’écrivain qui, sur l’ordre de l’Éternel, va lui servir à marquer le front de tous ceux que le péché fait soupirer et gémir (comp. Apoc. 9:4. Le T, dernière lettre de l’alphabet hébreu, servait de marque et de signature: Job 31:35). L’homme vêtu de lin fait penser au Seigneur Jésus. Dans la grande chrétienté envahie par le mal et sur le point d’être jugée, Il a mis son sceau, le Saint-Esprit, sur tous ceux qui Lui appartiennent: signe divin auquel Dieu reconnaît ses enfants. Tous les fidèles ayant reçu la marque protectrice, l’ordre de destruction peut être donné aux vengeurs. Et le jugement doit frapper d’abord l’élément le plus responsable: le sanctuaire souillé qu’Ézéchiel avait visité (v. 6; comp. 1 Pierre 4:17).

Ézéchiel 10:1-22
1Et je regardai, et voici, sur l'étendue, qui était au-dessus de la tête des chérubins, parut comme une pierre de saphir, comme l'aspect de la ressemblance d'un trône, au-dessus d'eux.2Et il parla à l'homme vêtu de lin, et dit: Viens entre les roues, au-dessous du chérubin, et remplis le creux de tes mains de charbons de feu pris d'entre les chérubins, et répands-les sur la ville. Et il entra, devant mes yeux.3Et les chérubins se tenaient à droite de la maison lorsque l'homme entra, et la nuée remplissait le parvis intérieur.4Et la gloire de l'Éternel s'éleva de dessus le chérubin, et vint sur le seuil de la maison; et la maison fut remplie de la nuée, et le parvis fut rempli de la splendeur de la gloire de l'Éternel.5Et le bruit des ailes des chérubins s'entendit jusqu'au parvis extérieur, comme la voix du *Dieu Tout-puissant quand il parle.6Et il arriva que, lorsqu'il eut commandé à l'homme vêtu de lin, disant: Prends du feu d'entre les roues, d'entre les chérubins, il entra et se tint à côté de la roue.7Et le chérubin étendit sa main entre les chérubins, vers le feu qui était entre les chérubins, et il en prit, et le mit dans le creux des mains de l' homme vêtu de lin; et il le prit et sortit.
8Et on voyait aux chérubins la figure d'une main d'homme sous leurs ailes.9Et je regardai, et voici quatre roues à côté des chérubins, une roue à côté d'un chérubin, et une roue à côté d'un chérubin, et l'aspect des roues était comme l'apparence d'une pierre de chrysolithe.10Et quant à leur aspect, elles avaient les quatre une seule ressemblance, comme si une roue était au milieu d'une roue.11Quand elles allaient, elles allaient sur leurs quatre côtés; elles ne se tournaient pas, quand elles allaient; mais, vers le lieu où la tête regardait, elles allaient après elle: elles ne se tournaient pas quand elles allaient.12Et tout leur corps, et leur dos, et leurs mains, et leurs ailes, et les roues, étaient pleins d'yeux tout autour, -à eux quatre, leurs roues.13Quant aux roues, on leur cria, moi l'entendant: Roue!14Et chacun avait quatre faces: la première face était la face d'un chérubin, et la seconde face était la face d'un homme, et la troisième était la face d'un lion, et la quatrième, la face d'un aigle.15Et les chérubins s'élevèrent. C'était là l'animal que j'avais vu près du fleuve de Kebar.16Et quand les chérubins allaient, les roues allaient à côté d'eux; et quand les chérubins levaient leurs ailes pour s'élever de dessus terre, les roues aussi ne se détournaient point d'à côté d'eux;17quand ils s'arrêtaient, elles s'arrêtaient, et quand ils s'élevaient, elles s'élevaient avec eux, car l'esprit de l'animal était en elles.18Et la gloire de l'Éternel sortit de dessus le seuil de la maison, et se tint au-dessus des chérubins.19Et les chérubins haussèrent leurs ailes et s'élevèrent de terre à mes yeux, quand ils sortirent; et les roues étaient auprès d'eux. Et ils s'arrêtèrent à l'entrée de la porte orientale de la maison de l'Éternel; et la gloire du Dieu d'Israël était au-dessus d'eux, en haut.20C'était là l'animal que j'avais vu au-dessous du Dieu d'Israël, près du fleuve Kebar; et je connus que c'étaient des chérubins.21Chacun avait quatre faces, et chacun, quatre ailes, et il y avait une ressemblance de mains d'homme sous leurs ailes.22Et quant à la ressemblance de leurs faces, c'étaient les faces que j'avais vues près du fleuve Kebar, leur aspect, et eux-mêmes; ils allaient chacun droit devant soi.

C’est une page solennelle de l’histoire d’Israël! Jadis l’Éternel s’était choisi une demeure au milieu de son peuple (Deut. 12:5). Il était venu l’occuper en grâce pour le bonheur des siens, mais ceux-ci étaient responsables d’y maintenir la sainteté qui sied-Sa maison (Ps. 93:5). Or dans ce saint temple, comme une suprême provocation, les pires abominations païennes s’étaient donné rendez-vous. Oui, Israël avait fait tout ce qu’il fallait pour chasser l’Éternel de son sanctuaire (ch. 8:6). Aussi maintenant Dieu s’en va! Mais voyez avec quelle touchante lenteur, par étapes, pour nous faire sentir toute la tristesse qu’Il a de ce départ et comme pour dire à Israël: Ne me retiendras-tu pas?

La gloire se tient d’abord sur le seuil du sanctuaire (v. 4 et Éz. 9:3). Elle s’élève ensuite, et s’arrête encore à la porte orientale de la maison de l’Éternel, comme si elle ne pouvait se résoudre à s’en aller (v. 19).

Chrétiens, n’oublions pas que nous sommes le temple de Dieu et que Son Esprit habite en nous (1 Cor. 3:16, 17). Si ce temple (notre cœur) vient à être rempli d’idoles, l’Esprit attristé n’agira plus, la communion avec Dieu s’interrompra. Il est «un Dieu jaloux», qui ne saurait supporter aucun partage dans nos affections (2 Cor. 6:15).

Ézéchiel 11:1-25
1Et l'Esprit m'éleva et me transporta à la porte orientale de la maison de l'Éternel qui regarde vers l'orient; et voici, à l'entrée de la porte, vingt-cinq hommes; et je vis au milieu d'eux Jaazania, fils d'Azzur, et Pelatia, fils de Benaïa, princes du peuple.2Et il me dit: Fils d'homme, ce sont ici les hommes qui méditent l'iniquité et qui donnent de mauvais conseils dans cette ville,3qui disent: Ce n'est pas le moment de bâtir des maisons; elle est la marmite, et nous sommes la chair.4C'est pourquoi prophétise contre eux, prophétise, fils d'homme!5Et l'Esprit de l'Éternel tomba sur moi et me dit: Parle: Ainsi dit l'Éternel: Vous dites ainsi, maison d'Israël; et je connais ce qui monte dans votre esprit.6Vous avez multiplié le nombre de vos tués dans cette ville, et vous avez rempli ses rues de tués.7C'est pourquoi, ainsi dit le Seigneur, l'Éternel: Vos tués, que vous avez mis au milieu d'elle, c'est la chair, et elle, c'est la marmite; mais vous, je vous ferai sortir du milieu d'elle.8Vous avez eu peur de l'épée; et je ferai venir l'épée sur vous, dit le Seigneur, l'Éternel.9Et je vous ferai sortir du milieu d'elle, et je vous livrerai en la main des étrangers, et j'exécuterai des jugements contre vous: vous tomberez par l'épée;10dans les confins d'Israël je vous jugerai, et vous saurez que je suis l'Éternel.11Elle ne sera pas pour vous une marmite, et vous ne serez pas la chair au milieu d'elle; je vous jugerai dans les confins d'Israël;12et vous saurez que je suis l'Éternel, dans les statuts duquel vous n'avez point marché, et dont vous n'avez point pratiqué les ordonnances; mais vous avez agi selon les droits établis des nations qui sont autour de vous.13Et il arriva, comme je prophétisais, que Pelatia, fils de Benaïa, mourut; et je tombai sur ma face, et je criai à haute voix, et je dis: Ah, Seigneur Éternel! veux-tu détruire entièrement le reste d'Israël?
14Et la parole de l'Éternel vint à moi, disant:15Fils d'homme, tes frères, tes frères, les hommes de ta parenté, et toute la maison d'Israël, eux tous, sont ceux auxquels les habitants de Jérusalem disent: Éloignez-vous de l'Éternel, ce pays nous est donné en possession.16C'est pourquoi dis: Ainsi dit le Seigneur, l'Éternel: Bien que je les aie éloignés parmi les nations, et bien que je les aie dispersés par les pays, toutefois je leur serai comme un petit sanctuaire dans les pays où ils sont venus.17C'est pourquoi dis: Ainsi dit le Seigneur, l'Éternel: Aussi je vous rassemblerai d'entre les peuples, et je vous recueillerai des pays où vous êtes dispersés, et je vous donnerai la terre d'Israël.18Et là ils viendront, et ils en ôteront toutes ses choses exécrables et toutes ses abominations.19Et je leur donnerai un seul coeur, et je mettrai au dedans de vous un esprit nouveau; et j'ôterai de leur chair le coeur de pierre, et je leur donnerai un coeur de chair,20-afin qu'ils marchent dans mes statuts, et qu'ils gardent mes ordonnances et les pratiquent; et ils seront mon peuple, et moi je serai leur Dieu.21Mais quant à ceux dont le coeur marche au gré de leurs choses exécrables et de leurs abominations, je ferai retomber leur voie sur leur tête, dit le Seigneur, l'Éternel.
22Et les chérubins levèrent leurs ailes, et les roues étaient auprès d'eux; et la gloire du Dieu d'Israël était au-dessus d'eux, en haut.23Et la gloire de l'Éternel monta du milieu de la ville, et se tint sur la montagne qui est à l'orient de la ville.24Et l'Esprit m'éleva et me transporta en Chaldée, vers ceux de la transportation, en vision, par l'Esprit de Dieu; et la vision que j'avais vue monta d'auprès de moi.25Et je dis à ceux de la transportation toutes les choses que l'Éternel m'avait fait voir.

Après l’iniquité religieuse du peuple de Jérusalem révélée au Éz. 8:1-12 dénoncent le péché de ses chefs politiques. L’Éternel s’apprête à confondre leurs conseils et leur prudence, et Il en donne la preuve en frappant un de ces hommes pendant qu’Ézéchiel s’adresse à eux.

«Veux-tu détruire entièrement?» s’écrie le prophète angoissé. Non, car sans même attendre la dispersion complète du peuple, l’Éternel parle déjà de sa restauration et de son rassemblement; Il lui donnera «un seul cœur… un esprit nouveau… un cœur de chair» (v. 19). Et avant de retirer tout à fait Sa gloire de ce sanctuaire souillé qui doit être détruit, Il leur promet d’être Lui-même «comme un petit sanctuaire» pour chacun de ceux qui Lui gardent leur foi. Merveilleuse grâce de Dieu! La ressource de 1 Rois 8:48 va manquer, mais si loin qu’ils soient de Jérusalem, par leur faute, ils pourront néanmoins Le trouver et L’adorer. Quelle consolation cette pensée, et cette expérience, ont apportés depuis à d’innombrables croyants isolés! La vision d’Ézéchiel à Jérusalem s’achève alors sur le départ de la gloire, du lieu même où les disciples contempleront l’ascension du Seigneur Jésus (v. 23; Actes 1:12). Puis l’esprit du prophète est ramené en Chaldée.

Ézéchiel 12:1-28
1Et la parole de l'Éternel vint à moi, disant:2Fils d'homme, tu demeures au milieu d'une maison rebelle; ils ont des yeux pour voir, et ne voient pas; ils ont des oreilles pour entendre, et n'entendent pas; car ils sont une maison rebelle.3Et toi, fils d'homme, fais-toi un bagage de transporté, et va captif, de jour, sous leurs yeux; va captif, de ton lieu vers un autre lieu, sous leurs yeux; peut-être verront-ils, car ils sont une maison rebelle.4Et, de jour, tu mettras dehors ton bagage, comme un bagage de transporté, sous leurs yeux; et toi, tu sortiras sur le soir, devant leurs yeux, comme ceux qui s'en vont en captivité.5Perce le mur sous leurs yeux, et mets dehors par là ton bagage;6tu le porteras sur l'épaule, sous leurs yeux; tu le mettras dehors dans l'obscurité; tu couvriras ta face, et tu ne verras pas le pays, car je t'ai donné pour signe la maison d'Israël.7Et je fis comme il m'avait été commandé: je sortis de jour mon bagage, comme un bagage de transporté, et, sur le soir, je perçai le mur avec la main: je le mis dehors dans l'obscurité, je le portai sur l'épaule, sous leurs yeux.8Et la parole de l'Éternel vint à moi, le matin, disant:9Fils d'homme, la maison d'Israël, la maison rebelle, ne t'a-t-elle pas dit: Que fais-tu?10Dis-leur: Ainsi dit le Seigneur, l'Éternel: Cet oracle concerne le prince qui est dans Jérusalem, et toute la maison d'Israël qui est au milieu d'eux.11Dis: Je suis pour vous un signe; comme j'ai fait, ainsi il leur sera fait: ils iront en exil et en captivité.12Et le prince qui est au milieu d'eux portera son bagage sur l'épaule, dans l'obscurité, et sortira; on percera le mur pour le faire sortir par là; il couvrira sa face, afin qu'il ne voie pas de ses yeux le pays.13Et j'étendrai sur lui mon filet, et il sera pris dans mon piège; et je l'amènerai à Babylone, dans le pays des Chaldéens; mais il ne le verra point, et là il mourra.14Et tout ce qui l'entoure, son secours, et toutes ses troupes, je les disperserai à tout vent; et je tirerai l'épée après eux.15Et ils sauront que je suis l'Éternel, quand je les aurai dispersés parmi les nations et que je les aurai disséminés dans les pays.16Et je laisserai de reste d'entre eux quelque peu de gens sauvés de l'épée, de la famine et de la peste, afin qu'ils racontent toutes leurs abominations parmi les nations où ils seront venus. Et ils sauront que je suis l'Éternel.
17Et la parole de l'Éternel vint à moi, disant:18Fils d'homme, mange ton pain dans le trouble, et bois ton eau avec tremblement et dans l'inquiétude;19et dis au peuple du pays: Ainsi dit le Seigneur, l'Éternel, touchant les habitants de Jérusalem, sur la terre d'Israël: Ils mangeront leur pain avec inquiétude et ils boiront leur eau avec stupeur, parce que leur pays sera désolé, vide de tout ce qu'il contient, à cause de la violence de tous ceux qui l'habitent;20et les villes habitées seront rendues désertes, et le pays sera une désolation; et vous saurez que je suis l'Éternel.
21Et la parole de l'Éternel vint à moi, disant:22Fils d'homme, quel est ce proverbe que vous avez dans la terre d'Israël, disant: Les jours seront prolongés, et toute vision a péri?23C'est pourquoi dis-leur: Ainsi dit le Seigneur, l'Éternel: Je ferai cesser ce proverbe, et on ne s'en servira plus comme proverbe en Israël; mais dis-leur: Les jours se sont approchés, et l'accomplissement de chaque vision;24car il n'y aura plus aucune vision vaine, ni divination flatteuse, au milieu de la maison d'Israël.25Car moi, je suis l'Éternel; je parlerai, et la parole que j'aurai dite sera exécutée, elle ne sera plus différée; car en vos jours, maison rebelle, je dirai une parole et je l'exécuterai, dit le Seigneur, l'Éternel.26Et la parole de l'Éternel vint à moi, disant:27Fils d'homme, voici, la maison d'Israël dit: La vision que celui-ci voit est pour des jours lointains, et il prophétise pour des temps éloignés.28C'est pourquoi dis-leur: Ainsi dit le Seigneur, l'Éternel: Aucune de mes paroles ne sera plus différée; la parole que j'aurai dite sera exécutée, dit le Seigneur, l'Éternel.

De même que Jérémie portait un joug sur ses épaules (Jér. 28:10) Ézéchiel est invité ici à se charger d’un bagage de transporté qui a la même signification. Ces prophètes étaient ainsi eux-mêmes des «signes» de ce que l’Éternel allait accomplir (v. 11). Enfants de Dieu, tout dans notre comportement devrait montrer notre obéissance à Dieu, notre caractère d’étrangers ici-bas, ainsi que notre prochain départ… non pas pour la captivité, mais au contraire pour notre patrie éternelle. Ézéchiel ne manque pas d’être questionné au sujet de son attitude insolite (v. 9), — comme nous le serions certainement souvent si nous étions plus fidèles. En craignant de nous singulariser, de nous faire remarquer par une ferme séparation du monde, nous perdons maintes occasions de rendre témoignage de l’espérance qui est en nous (1 Pierre 3:15).

L’étrange prophétie du v. 13 s’est réalisée à la lettre. Sédécias aveugle n’a pu voir le pays de sa captivité (comp. Jér. 39:7).

Les v. 26-28 nous font connaître les raisonnements de ceux de la maison d’Israël. N’osant pas nier la prophétie qui les condamne, ils en repoussent l’accomplissement à des temps éloignés.

Aujourd’hui aussi, de «méchants esclaves» semblent dire au Seigneur: Reviens le plus tard possible!

Ézéchiel 13:1-23
1Et la parole de l'Éternel vint à moi, disant:2Fils d'homme, prophétise contre les prophètes d'Israël qui prophétisent, et dis à ceux qui prophétisent d'après leur propre coeur: Écoutez la parole de l'Éternel!3Ainsi dit le Seigneur, l'Éternel: Malheur aux prophètes insensés qui suivent leur propre esprit et n'ont rien vu!4Israël, tes prophètes ont été comme des renards dans les lieux déserts.5Vous n'êtes point montés aux brèches, et vous n'avez pas fermé l'enceinte pour la maison d'Israël, afin de tenir ferme dans la bataille, au jour de l'Éternel.6Ils ont eu des visions de vanité et de divination de mensonge, ceux qui disent: L'Éternel a dit! et l'Éternel ne les a pas envoyés; et ils font espérer que la parole dite sera accomplie!7N'avez-vous pas vu des visions de vanité et prononcé des divinations de mensonge, quand vous dites: L'Éternel a dit! -et je n'ai point parlé?8C'est pourquoi, ainsi dit le Seigneur, l'Éternel: A cause que vous dites des choses vaines, et que vous avez eu des visions de mensonge, à cause de cela, voici, je suis contre vous, dit le Seigneur, l'Éternel.9Et ma main sera sur les prophètes qui ont des visions de vanité et qui devinent le mensonge: ils ne seront pas dans l'assemblée de mon peuple, et ils ne seront pas écrits dans le registre de la maison d'Israël, et ils n'entreront pas dans la terre d'Israël; et vous saurez que je suis le Seigneur, l'Éternel.
10A cause, oui, à cause qu'ils égarent mon peuple, disant: Paix! et il n'y a point de paix; et que, si celui-ci bâtit un mur, ceux-là l'enduisent de mauvais mortier,11dis à ceux qui enduisent le mur de mauvais mortier, qu'il s'écroulera: il y aura une pluie torrentielle; et vous, pierres de grêle, vous tomberez, et un vent de tempête éclatera.12Et voici, quand le mur s'écroulera, ne vous sera-t-il pas dit: Où est l'enduit dont vous l'avez enduit?13C'est pourquoi, ainsi dit le Seigneur, l'Éternel: Je ferai éclater, dans ma fureur, un vent de tempête; et, dans ma colère, il y aura une pluie torrentielle, et, dans ma fureur, des pierres de grêle, pour détruire entièrement.14Et je renverserai le mur que vous avez enduit de mauvais mortier, et je le jetterai par terre, et ses fondements seront découverts, et il croulera, et vous périrez au milieu de ses ruines; et vous saurez que je suis l'Éternel.15Et je consommerai ma fureur contre ce mur et contre ceux qui l'enduisent de mauvais mortier; et je vous dirai: Le mur n'est plus, ni ceux qui l'enduisaient,16les prophètes d'Israël qui prophétisent touchant Jérusalem, et qui voient pour elle une vision de paix, et il n'y a point de paix, dit le Seigneur, l'Éternel.
17Et toi, fils d'homme, tourne ta face contre les filles de ton peuple qui prophétisent d'après leur propre coeur, et prophétise contre elles, et dis:18Ainsi dit le Seigneur, l'Éternel: Malheur à celles qui cousent des coussinets pour toutes les jointures des mains, et qui font des voiles pour la tête des gens de toute taille, afin de prendre au piège des âmes! Voulez-vous prendre au piège les âmes de mon peuple et vous conserver la vie à vous-mêmes?19Et me profaneriez-vous auprès de mon peuple pour des poignées d'orge et pour des morceaux de pain, afin de faire mourir les âmes qui ne devaient pas mourir, et pour faire vivre les âmes qui ne devaient pas vivre, en mentant à mon peuple qui écoute le mensonge?20C'est pourquoi, ainsi dit le Seigneur, l'Éternel: Voici, j'en veux à vos coussinets pour que les âmes, que par eux vous prenez au piège, s'envolent; et je les arracherai de dessus vos bras, et je ferai échapper les âmes que vous prenez au piège, les âmes,... afin qu'elles s'envolent;21et je déchirerai vos voiles, et je délivrerai mon peuple de vos mains, et ils ne seront plus en vos mains pour les prendre au piège; et vous saurez que je suis l'Éternel.22Parce que vous avez chagriné par la fausseté le coeur du juste, que moi je n'ai pas attristé, et parce que vous avez fortifié les mains du méchant, pour qu'il ne se détournât pas de ses mauvaises voies afin de sauver sa vie,23à cause de cela, vous n'aurez plus de visions de vanité et vous ne pratiquerez plus la divination; et je délivrerai mon peuple de vos mains, et vous saurez que je suis l'Éternel.

La durée d’un édifice ne dépend pas tant de la qualité de ses pierres ou de ses briques que du mortier employé pour les joindre. Beaucoup d’ouvrages de maçonnerie construits par les Romains ont subsisté jusqu’à nos jours à cause de l’extraordinaire solidité de leur ciment, alors que tant de monuments bâtis beaucoup plus tard n’ont pas résisté aux agents destructeurs. Pour dissimuler les lézardes grandissantes de l’unité d’Israël, ses faux prophètes avaient employés le mauvais mortier d’une «paix» qui n’en était pas une (v. 10). Leurs discours rassurants ne pourraient empêcher la «muraille» de tomber au jour de la tempête (comparez Matt. 7:26, 27).

N’oublions pas que tout croyant est un ouvrier du Seigneur! Le seul fondement: Jésus Christ, ayant été posé, chacun doit considérer comment, avec quels matériaux, il édifie dessus (1 Cor. 3:10-15).

Les v. 17-21 nous montrent que les âmes mal affermies peuvent être littéralement prises au piège par des futilités, en particulier celles de la mode et du confort (2 Pierre 2:14). Veillons sur nos âmes.

Une dernière condamnation est prononcée au v. 22 sur ceux qui ont «chagriné par la fausseté le cœur du juste». Combien Christ a souffert ici-bas de cette même hypocrisie!

Ézéchiel 14:1-11
1Et des hommes d'entre les anciens d'Israël vinrent vers moi, et s'assirent devant moi.2Et la parole de l'Éternel vint à moi, disant:3Fils d'homme, ces hommes ont élevé leurs idoles dans leurs coeurs et ont placé devant leur face la pierre d'achoppement de leur iniquité. Serais-je consulté par eux?4C'est pourquoi parle-leur, et dis-leur: Ainsi dit le Seigneur, l'Éternel: Quiconque, de la maison d'Israël, aura élevé ses idoles dans son coeur et aura placé devant sa face la pierre d'achoppement de son iniquité, et viendra vers le prophète, -moi, l'Éternel, je lui répondrai selon ceci, selon la multitude de ses idoles;5afin de prendre la maison d'Israël par leur propre coeur, car ils se sont tous séparés de moi par leurs idoles.6C'est pourquoi dis à la maison d'Israël: Ainsi dit le Seigneur, l'Éternel: Revenez, détournez-vous de vos idoles, et détournez vos faces de toutes vos abominations.7Car quiconque, de la maison d'Israël ou des étrangers qui séjournent en Israël, se sépare de moi, et élève ses idoles dans son coeur et place la pierre d'achoppement de son iniquité devant sa face, et viendra vers le prophète pour me consulter par lui, -moi, l'Éternel, je lui répondrai par moi-même;8et je mettrai ma face contre cet homme et je le rendrai désolé de telle sorte qu'il sera en signe et en proverbe, et je le retrancherai du milieu de mon peuple; et vous saurez que je suis l'Éternel.9Et si le prophète est séduit, et qu'il profère une parole, moi l'Éternel, j'ai séduit ce prophète; et j'étendrai ma main sur lui, et je le détruirai du milieu de mon peuple Israël.10Et ils porteront leur iniquité: la peine de l'iniquité du prophète sera comme la peine de l'iniquité de celui qui consulte,11afin que la maison d'Israël ne s'égare plus d'auprès de moi, et qu'ils ne se rendent plus impurs par toutes leurs transgressions. Et ils seront mon peuple, et moi je serai leur Dieu, dit le Seigneur, l'Éternel.

Quelques-uns des anciens d’Israël rendent visite à Ézéchiel avec une intention qui paraît bonne: celle de consulter l’Éternel. Mais le prophète est averti par son Dieu de ne pas se laisser tromper par les apparences. Le cœur de ces hommes était rempli d’idoles qui constituaient un véritable mur de séparation entre Lui et eux: «Ils se sont tous séparés de moi par leurs idoles» (v. 5; comp. Luc 16:15).

Retenons cette importante leçon: Pour connaître et comprendre la pensée du Seigneur, la condition primordiale n’est pas notre degré d’intelligence, notre expérience chrétienne ou notre connaissance de la Bible, c’est l’état de notre cœur. Est-il droit devant Dieu? Ou cache-t-il des choses inavouables, des idoles bien enracinées? Peut-être est-ce la raison pour laquelle quelquefois Dieu ne répond pas à nos prières. Gravons bien dans notre mémoire cette parole du Seigneur: «Séparés de moi, vous ne pouvez rien faire» (comp. v. 5); avec sa contrepartie précieuse: «Si vous demeurez en moi, et que mes paroles demeurent en vous, vous demanderez ce que vous voudrez, et il vous sera fait» (Jean 15:5 et 7).

Ézéchiel 14:12-23; Ézéchiel 15:1-8
12Et la parole de l'Éternel vint à moi, disant:13Fils d'homme, si un pays pèche contre moi en commettant une infidélité, et que j'étende ma main sur lui, et que je lui brise le bâton du pain, et y envoie la famine, et retranche du milieu de lui les hommes et les bêtes,14et que ces trois hommes, Noé, Daniel et Job fussent au milieu de lui, ceux-ci délivreraient leurs âmes par leur justice, dit le Seigneur, l'Éternel.15Si je fais passer les bêtes mauvaises par le pays, et qu'elles le dépeuplent, et qu'il soit devenu une désolation en sorte que personne n'y passe à cause de ces bêtes,16-ces trois hommes fussent-ils au milieu de lui, je suis vivant, dit le Seigneur, l'Éternel, s'ils délivraient fils ou filles! eux seuls seraient délivrés, et le pays sera une désolation.17Ou, si je fais venir l'épée sur ce pays-là, et que je dise: Épée, passe par le pays; et que je retranche du milieu de lui les hommes et les bêtes,18-ces trois hommes fussent-ils au milieu de lui, je suis vivant, dit le Seigneur, l'Éternel, ils ne délivreraient ni fils ni filles! mais eux seuls seraient délivrés.19Ou, si j'envoie la peste sur ce pays-là, et que je verse ma fureur sur lui en faisant couler le sang, pour retrancher du milieu de lui les hommes et les bêtes,20-Noé, Daniel et Job fussent-ils au milieu de lui, je suis vivant, dit le Seigneur, l'Éternel, s'ils délivraient fils ou filles! eux seulement, par leur justice, délivreraient leurs âmes.21Car ainsi dit le Seigneur, l'Éternel: Combien plus si j'envoie mes quatre jugements désastreux, l'épée, et la famine, et les bêtes mauvaises, et la peste, contre Jérusalem, pour en retrancher les hommes et les bêtes!22Mais voici, il y aura en elle un reste réchappé de gens qui en sortiront, des fils et des filles; voici, ils sortiront vers vous, et vous verrez leur voie et leurs actions, et vous vous consolerez du mal que j'ai fait venir sur Jérusalem, de tout ce que j'ai fait venir sur elle.23Et ils vous consoleront, car vous verrez leur voie et leurs actions; et vous saurez que ce n'est pas sans raison que j'ai fait tout ce que j'ai fait en elle, dit le Seigneur, l'Éternel.
1Et la parole de l'Éternel vint à moi, disant:2Fils d'homme, le bois de la vigne, que vaut-il plus que tout autre bois, le sarment qui est parmi les arbres de la forêt?3En prendra-t-on du bois pour en faire quelque ouvrage, ou en prendra-t-on une cheville pour y suspendre quelque ustensile?4Voici, on le met au feu pour être consumé; le feu en consume les deux bouts, et le milieu est brûlé. Serait-il propre à un ouvrage?5Voici, quand il était entier, on n'en a fait aucun ouvrage; combien moins, quand le feu l'aura consumé et qu'il sera brûlé, en fera-t-on encore un ouvrage.6C'est pourquoi, ainsi dit le Seigneur, l'Éternel: Comme le bois de la vigne parmi les arbres de la forêt, que j'ai livré au feu pour être consumé, ainsi je livrerai les habitants de Jérusalem,7et je mettrai ma face contre eux: ils sortiront d'un feu, et un autre feu les consumera; et vous saurez que je suis l'Éternel, quand j'aurai mis ma face contre eux.8Et je ferai du pays une désolation, parce qu'ils ont commis le péché, dit le Seigneur, l'Éternel.

L’Éternel fait connaître à son serviteur les «jugements désastreux» qu’Il a en réserve: épée, famine, bêtes féroces et peste (v. 21). Et Il déclare que même la présence de trois hommes de Dieu aussi remarquables que Noé, Daniel et Job ne suffirait pas à délivrer le pays coupable. L’Éternel associe les noms de ces trois témoins exceptionnels ayant vécu à des époques très différentes (Daniel vivait encore à Babylone) pour rappeler que la crainte de Dieu et la justice peuvent être pratiquées dans tous les temps, fussent-ils aussi sombres que ceux qui précédèrent le déluge, et qu’Il y répondrait par une délivrance individuelle (comp. Prov. 11:8). Ainsi personne n’est en droit d’excuser sa conduite en invoquant le milieu dans lequel il vit et les influences qu’il subit.

Au ch. 15 est reprise l’image de la vigne Israël (voir aussi Éz. 17:6; Éz. 19:10). N’ayant pas porté de fruit, est-ce qu’au moins son bois peut être utilisé (v. 3)? En aucune manière! Il est sans valeur, tout juste bon à être brûlé. Terrible sort des sarments stériles de la vigne d’Israël… et de ceux que le Père sera obligé d’ôter du vrai cep (Jean 15:1, 2)!

Ézéchiel 16:1-22
1Et la parole de l'Éternel vint à moi, disant:2Fils d'homme, fais connaître à Jérusalem ses abominations, et dis:3Ainsi dit le Seigneur, l'Éternel, à Jérusalem: Ton origine et ta naissance sont du pays des Cananéens; ton père était un Amoréen, et ta mère une Héthienne.4Et, quant à ta naissance, le jour où tu naquis ton nombril ne fut pas coupé; et tu ne fus pas lavée dans l'eau pour être nettoyée; et tu ne fus pas frottée avec du sel, et tu ne fus pas emmaillotée.5Aucun oeil n'eut pitié de toi pour te faire une seule de ces choses, pour avoir compassion de toi; mais tu fus jetée sur la face des champs, à cause de l'horreur qu'on avait de toi, le jour que tu naquis.
6Et je passai près de toi, et je te vis gisante dans ton sang, et je te dis, dans ton sang: Vis! et je te dis, dans ton sang:7Vis! Je t'ai multipliée comme le germe des champs; et tu pris ta croissance, et tu devins grande, et tu parvins au comble de la beauté; tes seins se formèrent, et ta chevelure se développa; mais tu étais nue et découverte.8Et je passai près de toi, et je te vis, et voici, ton âge était l'âge des amours; et j'étendis sur toi le pan de ma robe, et je couvris ta nudité; et je te jurai, et j'entrai en alliance avec toi, dit le Seigneur, l'Éternel; et tu fus à moi.9Et je te lavai dans l'eau, et je lavai à grande eau ton sang de dessus toi, et je t'oignis d'huile;10et je te vêtis de broderie, et je te chaussai de peau de taisson, et je te ceignis de lin blanc, et je te couvris de soie;11et je te parai d'ornements, et je mis des bracelets à tes mains et un collier à ton cou;12et je mis un anneau à ton nez et des pendants à tes oreilles, et une couronne de beauté sur ta tête.13Et tu fus parée d'or et d'argent, et ton vêtement était de lin blanc, et de soie, et de broderie. Tu mangeas de la fleur de farine, et du miel, et de l'huile. Et tu devins extrêmement belle, et tu prospéras jusqu'à être un royaume.14Et ta renommée se répandit parmi les nations à cause de ta beauté, car elle était parfaite par ma magnificence que j'avais mise sur toi, dit le Seigneur, l'Éternel.
15Mais tu te confias en ta beauté, et tu te prostituas à cause de ta renommée, et tu prodiguas tes prostitutions à tout passant: c'était pour lui.16Et tu pris de tes vêtements, et tu te fis des hauts lieux de diverses couleurs, et tu t'y prostituas, ce qui n'était jamais arrivé, et ne sera plus.17Et tu pris tes objets de parure, faits de mon or et de mon argent que je t'avais donnés, et tu t'en fis des images d'un mâle, et tu te prostituas avec elles;18et tu pris tes vêtements de broderie, et tu les en couvris, et tu mis devant elles mon huile et mon encens;19et mon pain que je t'avais donné, la fleur de farine, et l'huile, et le miel, dont je te nourrissais, tu les mis devant elles, en odeur agréable. Il en a été ainsi, dit le Seigneur, l'Éternel.20Et tu pris tes fils et tes filles que tu m'avais enfantés, et tu les leur offris en sacrifice pour qu'ils les dévorassent. Était-ce trop peu que ta prostitution?21Tu égorgeas mes fils, et tu les livras, en les leur consacrant.22Et avec toutes tes abominations et tes prostitutions, tu ne t'es pas souvenue des jours de ta jeunesse, quand tu étais nue et découverte, gisante dans ton sang.

Ce chapitre saisissant décrit l’odieuse conduite de Jérusalem envers l’Éternel à qui elle devait tout. L’origine impure, l’entier dénuement de la petite fille méprisée et abandonnée dans les champs à sa naissance, font ressortir toute la compassion de Celui qui, l’ayant trouvée dans cet état misérable, a voulu la faire vivre, qui l’a ensuite honorée de son alliance, n’épargnant rien pour la rendre heureuse. Et à leur tour, ces soins divins font ressortir l’ingratitude abominable de celle qui s’est livrée à la pire idolâtrie, et a fait servir à ses infâmes passions les dons précieux de son Bienfaiteur.

Cette histoire navrante est en fait celle de tout homme. Dieu a trouvé sa créature dans le plus affreux état d’impuissance et de dégradation morale (comp. Luc 10:30-35). Il a tout fait pour l’en arracher et lui donner la vie nouvelle. Comment l’homme a-t-il répondu à tant de grâce?

Chers amis, il est bien sérieux d’y penser: cette conduite inqualifiable est aussi la nôtre chaque fois que nous détournons pour nos convoitises ce qui appartient au Seigneur et doit servir à sa gloire: que ce soient nos biens ou notre corps (1 Cor. 6:19, 20).

Ézéchiel 16:44-63
44Voici, tous ceux qui font des proverbes feront un proverbe sur toi, disant: Telle mère, telle fille!45Tu es la fille de ta mère qui avait en horreur son mari et ses enfants; et tu es la soeur de tes soeurs qui avaient en horreur leurs maris et leurs enfants. Votre mère était une Héthienne, et votre père était un Amoréen.46Et ta soeur, l'aînée, c'est Samarie qui demeure à ta gauche, elle et ses filles; et ta jeune soeur qui demeure à ta droite, c'est Sodome et ses filles.47Mais tu n'as pas marché dans leurs voies, et tu n'as pas fait selon leurs abominations; mais, comme si c'était bien peu, tu t'es corrompue dans toutes tes voies plus qu'elles.48Je suis vivant, dit le Seigneur, l'Éternel, que Sodome ta soeur, elle et ses filles, n'a pas fait comme tu as fait, toi et tes filles!49Voici, c'est ici l'iniquité de ta soeur Sodome: orgueil, abondance de pain et insouciant repos, elle les a possédés, elle et ses filles; mais elle n'a pas fortifié la main de l'affligé et du pauvre.50Elles se sont élevées et ont commis des abominations devant moi; et je les ai ôtées lorsque je l'ai vu.51Et Samarie n'a pas péché selon la moitié de tes péchés; tu as multiplié plus qu'elles tes abominations, et tu as justifié tes soeurs par toutes tes abominations que tu as commises.52Toi aussi, toi qui a jugé tes soeurs, porte ta confusion à cause de tes péchés, par lesquels tu as agi plus abominablement qu'elles; elles sont plus justes que toi. Et toi aussi, sois honteuse et porte ta confusion, parce que tu as justifié tes soeurs.53Et je tournerai en délivrance leur captivité, la captivité de Sodome et de ses filles, et la captivité de Samarie et de ses filles, et la captivité de tes captifs au milieu d'elles,54afin que tu portes ta confusion, et que tu sois confuse de tout ce que tu as fait, en ce que tu les consoles.55Et tes soeurs, Sodome et ses filles, retourneront à leur ancien état, et Samarie et ses filles retourneront à leur ancien état; et toi et tes filles, vous retournerez à votre ancien état.56Et Sodome, ta soeur, n'a pas été mentionnée par ta bouche, au jour de ton orgueil,57avant que ton iniquité fût découverte, comme au temps des outrages des filles d'Aram et de toutes celles d'alentour, des filles des Philistins, qui te méprisaient de toutes parts.58Ton infamie et tes abominations, tu les portes, dit l'Éternel.59Car ainsi dit le Seigneur, l'Éternel: Je te ferai comme tu as fait, toi qui a méprisé le serment et rompu l'alliance.
60Mais je me souviendrai de mon alliance avec toi dans les jours de ta jeunesse, et j'établirai pour toi une alliance éternelle.61Et tu te souviendras de tes voies; et tu seras confuse, quand tu recevras tes soeurs, tes aînées, avec celles qui sont plus jeunes que toi, et que je te les donnerai pour filles, mais non pas selon ton alliance.62Et j'établirai mon alliance avec toi, et tu sauras que je suis l'Éternel;63afin que tu te souviennes, et que tu sois honteuse, et que tu n'ouvres plus la bouche, à cause de ta confusion, quand je te pardonnerai tout ce que tu as fait, dit le Seigneur, l'Éternel.

La relation de Jérusalem avec l’Éternel aggravait terriblement ses péchés. À cet égard, Sodome était moins coupable qu’elle, et même Samarie qui était pourtant de la part des Juifs l’objet du mépris le plus profond (v. 52; Jean 4:9). Nous savons d’ailleurs que Satan fait parfois tomber ceux qui sont en relation avec Dieu plus bas que les autres hommes, car à travers eux, c’est la gloire du Seigneur qu’il cherche à ternir. L’état de péché décrit au v. 49 doit nous faire réfléchir: «orgueil, abondance de pain et insouciant repos»… avec pour conséquence inévitable l’égoïsme. C’est d’un tel point de départ que Sodome en est venue aux affreux péchés qui ont amené sa «totale subversion» (2 Pierre 2:6). Eh bien! Contrairement à toute attente, les v. 60-63 nous apprennent que tel n’est pas le sort final qui attend l’ingrate Jérusalem. Son infidélité n’a pu changer la fidélité de son Époux divin. La cité coupable sera une fois encore l’objet d’une miséricorde plus grande même que celle du commencement. Oui, nous restons confondus devant les derniers mots de ce chapitre rempli de tant de crimes et d’abominations: «Quand je te pardonnerai tout ce que tu as fait, dit le Seigneur, l’Éternel» (v. 63; Rom. 11:33).

Ézéchiel 17:1-21
1Et la parole de l'Éternel vint à moi, disant:2Fils d'homme, propose une énigme et présente une parabole à la maison d'Israël, et dis:3Ainsi dit le Seigneur, l'Éternel: Un grand aigle, à grandes ailes, à longues pennes, plein de plumes, qui était de couleurs variées, vint au Liban, et prit la cime d'un cèdre;4il arracha la plus haute de ses jeunes pousses, et la transporta dans un pays de marchands et la mit dans une ville de commerçants.5Et il prit de la semence du pays et la mit dans un champ où l'on sème; il la transporta près de grandes eaux, il la planta comme un saule.6Et elle poussa et devint une vigne qui s'étendit, mais avait peu de hauteur, pour que ses branches se tournassent vers lui et que ses racines fussent sous lui; et elle devint une vigne, et produisit des sarments, et poussa des feuilles.7Mais il y avait un autre grand aigle, à grandes ailes et à beaucoup de plumes; et voici, des carrés de sa plantation, cette vigne tourna vers lui ses racines, et étendit ses branches vers lui, afin qu'il l'arrosât.8Elle était plantée dans un bon terrain, près de grandes eaux, afin de produire des sarments et de porter du fruit, afin d'être une vigne magnifique.9Dis: Ainsi dit le Seigneur, l'Éternel: Prospérera-t-elle? N'arrachera-t-il pas ses racines, et ne coupera-t-il pas son fruit, en sorte qu'elle sèche? Toutes les jeunes feuilles de ses pousses sécheront, et il ne sera pas besoin d'un grand bras et d'un peuple nombreux pour l'enlever de dessus ses racines.10Et voici, elle est plantée: prospérera-t-elle? Quand le vent d'orient l'aura touchée, ne séchera-t-elle pas entièrement? Elle séchera sur les carrés où elle a poussé.11Et la parole de l'Éternel vint à moi, disant:12Dis à la maison rebelle: Ne savez-vous pas ce que signifient ces choses? Dis: Voici, le roi de Babylone est venu à Jérusalem, et il a pris son roi et ses princes, et les a emmenés avec lui à Babylone.13Et il en a pris un de la semence du royaume, et a fait alliance avec lui, et lui a fait prêter un serment d'exécration, et il a pris les puissants du pays,14afin que le royaume fût bas et qu'il ne s'élevât point, afin qu'il gardât son alliance pour subsister.15Mais il s'est rebellé contre lui, envoyant ses messagers en Égypte, pour qu'on lui donnât des chevaux et un peuple nombreux. Prospérera-t-il, échappera-t-il, celui qui fait de telles choses? Rompra-t-il l'alliance, et échappera-t-il?16Je suis vivant, dit le Seigneur, l'Éternel, si, dans le lieu même du roi qui l'a fait roi, dont il a méprisé le serment et dont il a rompu l'alliance, près de lui il ne meurt au milieu de Babylone!17Et le Pharaon, avec une grande armée et un grand rassemblement d'hommes, ne fera rien pour lui dans la guerre, quand on élèvera des terrasses et qu'on bâtira des tours, pour exterminer beaucoup de gens.18Il a méprisé le serment et rompu l'alliance; et voici, il a donné sa main, et il a fait toutes ces choses: il n'échappera pas.19C'est pourquoi, ainsi dit le Seigneur, l'Éternel: Je suis vivant, si je ne mets sur sa tête mon serment qu'il a méprisé et mon alliance qu'il a rompue!20Et j'étendrai sur lui mon filet, et il sera pris dans mon piège; et je l'amènerai à Babylone, et là j'entrerai en jugement avec lui pour son infidélité par laquelle il a été infidèle envers moi.21Et tous ses fugitifs, de toutes ses troupes, tomberont par l'épée, et ceux qui resteront seront dispersés à tout vent. Et vous saurez que moi, l'Éternel, j'ai parlé.

La parabole des deux grands aigles et de la vigne, expliquée dans les v. 11-21, retrace sous une forme imagée les événements qui se déroulaient alors. Le roi de Babylone, premier grand aigle, déporte Jehoïakin, faible rejeton du cèdre royal, et prend en tutelle la vigne de Juda. Il met à sa tête Sédécias en lui faisant prêter serment au nom de l’Éternel. Mais le roi de Juda n’hésite pas à trahir ce serment. Aussi le roi de Babylone, instrument dans la main de l’Éternel, châtie le prince félon et l’emmène en captivité.

Le crime de Sédécias avait ceci de particulièrement grave qu’il déshonorait le nom de l’Éternel devant les nations. Il montrait en quelle petite estime ce nom était tenu par ceux sur lesquels il avait été placé (Ex. 23:21). Rachetés du Seigneur Jésus, nous sommes responsables devant le monde d’honorer «le beau nom qui a été invoqué sur nous» (Jac. 2:7). Ceux qui nous entourent nous observent de beaucoup plus près que nous ne pensons; ils souligneront sans pitié nos inconséquences parce qu’ils s’en servent pour s’excuser eux-mêmes. Et comment pourrons-nous les conduire ensuite à un Sauveur pour lequel nous avons montré si peu d’attachement?

Ézéchiel 17:22-24; Ézéchiel 18:1-9
22Ainsi dit le Seigneur, l'Éternel: Et moi, je prendrai de la cime du cèdre élevé un rejeton, et je le placerai: de la plus haute de ses jeunes pousses, j'arracherai un tendre rejeton et je le planterai sur une montagne haute et éminente.23Je le planterai sur la haute montagne d'Israël; et il portera des branches et produira du fruit, et il sera un cèdre magnifique; et tout oiseau de toute aile demeurera sous lui; ils habiteront à l'ombre de ses branches.24Et tous les arbres des champs sauront que moi, l'Éternel, j'abaisse l'arbre élevé et j'élève l'arbre abaissé, je fais sécher l'arbre vert et je fais fleurir l'arbre sec. Moi, l'Éternel, je l'ai dit, et je le ferai.
1Et la parole de l'Éternel vint à moi, disant:2Que voulez-vous dire, vous qui usez de ce proverbe dans la terre d'Israël, disant: Les pères mangent du raisin vert, et les dents des fils en sont agacées?3Je suis vivant, dit le Seigneur, l'Éternel, si vous usez encore de ce proverbe en Israël!4Voici, toutes les âmes sont à moi; comme l'âme du père, ainsi aussi l'âme du fils est à moi: l'âme qui péchera, celle-là mourra.5Et si un homme est juste, et pratique le jugement et la justice;6s'il n'a pas mangé sur les montagnes, et s'il n'a pas levé ses yeux vers les idoles de la maison d'Israël, et n'a pas rendu impure la femme de son prochain, et ne s'est pas approché d'une femme pendant sa séparation,7et s'il n'a opprimé personne; s'il a rendu le gage de sa créance, n'a pas commis de rapine, a donné son pain à celui qui avait faim, et a couvert d'un vêtement celui qui était nu;8s'il n'a pas donné à intérêt, et n'a pas pris d'usure; s'il a détourné sa main de l'iniquité, a rendu un jugement juste entre homme et homme,9a marché dans mes statuts, et a gardé mes ordonnances pour agir fidèlement, celui-là est juste: certainement il vivra, dit le Seigneur, l'Éternel.

L’énigme du ch. 17 s’achève d’une manière divine. L’Éternel y parle du rejeton que Lui-même — et non plus le grand aigle cette fois — prendra du même cèdre royal de David et qu’Il établira sur une montagne haute et éminente comme un arbre puissant et plein de fruits. Nous comprenons qu’il s’agit du Seigneur Jésus et de son règne futur (comp. Ésaïe 11:1 et Ps. 2:6).

Au ch. 18, l’Éternel conteste avec les hommes d’Israël. Ceux-ci, plutôt que de s’humilier en voyant les châtiments s’accomplir, cherchent à se justifier par un proverbe insolent de leur invention (v. 2): «Les pères mangent du raisin vert, et les dents des fils en sont agacées» ; autrement dit: notre génération paie pour les précédentes; nos parents ont péché et c’est nous qui en supportons les conséquences (voir Jér. 31:29, 30). Cela revient à accuser Dieu d’injustice! Mais ce chapitre détruit leur raisonnement pervers; ils moissonnent ce qu’eux-mêmes ont semé (Gal. 6:7).

Ne reconnaissons-nous pas chez ces hommes une triste disposition de notre cœur: celle de rejeter sur d’autres la responsabilité de nos fautes? Ce qui trahit notre aveuglement et notre orgueil, et nous fait aussi manquer les salutaires leçons du Seigneur (voir Gen. 3:12 et Rom. 2:1).

Ézéchiel 18:19-32
19Et vous direz: Pourquoi le fils ne portera-t-il pas l'iniquité de son père? Mais le fils a pratiqué le jugement et la justice, il a gardé tous mes statuts et les a pratiqués: certainement il vivra.20L'âme qui a péché, celle-là mourra. Le fils ne portera pas l'iniquité du père, et le père ne portera pas l'iniquité du fils; la justice du juste sera sur lui, et la méchanceté du méchant sera sur lui.
21Et le méchant, s'il se détourne de tous ses péchés qu'il a commis, et qu'il garde tous mes statuts, et qu'il pratique le jugement et la justice, certainement il vivra; il ne mourra pas.22De toutes ses transgressions qu'il aura commises, aucune ne viendra en mémoire contre lui; dans sa justice qu'il a pratiquée, il vivra.23Est-ce que je prends plaisir à la mort du méchant? dit le Seigneur, l'Éternel; n'est-ce pas plutôt à ce qu'il se détourne de ses voies, et qu'il vive?24Et si le juste se détourne de sa justice et commet l'iniquité, faisant selon toutes les abominations que le méchant commet, vivra-t-il? De tous ses actes justes qu'il aura faits, aucun ne viendra en mémoire; dans son iniquité qu'il aura commise et dans son péché qu'il a fait, en eux il mourra.25Et vous dites: La voie du Seigneur n'est pas réglée. Écoutez donc, maison d'Israël: Ma voie n'est-elle pas réglée? Ne sont-ce pas vos voies qui ne sont pas réglées?26Quand le juste se détournera de sa justice, et qu'il pratiquera l'iniquité, il mourra pour cela; dans son iniquité qu'il aura commise, il mourra.27Et quand le méchant se détournera de sa méchanceté qu'il aura commise, et qu'il pratiquera le jugement et la justice, celui-là fera vivre son âme.28Puisqu'il prend garde, et se détourne de toutes ses transgressions qu'il a commises, certainement il vivra, il ne mourra point.29Et la maison d'Israël dit: La voie du Seigneur n'est pas réglée. Maison d'Israël! mes voies ne sont-elles pas réglées? Ne sont-ce pas vos voies qui ne sont pas réglées?
30C'est pourquoi je vous jugerai, chacun selon ses voies, maison d'Israël, dit le Seigneur, l'Éternel. Revenez, et détournez-vous de toutes vos transgressions, et l'iniquité ne vous sera pas une pierre d'achoppement.31Jetez loin de vous toutes vos transgressions dans lesquelles vous vous êtes rebellés, et faites-vous un coeur nouveau et un esprit nouveau; et pourquoi mourriez-vous, maison d'Israël?32Car je ne prends point plaisir à la mort de celui qui meurt, dit le Seigneur, l'Éternel. Revenez donc, et vivez.

Tout ce chapitre souligne le principe de la responsabilité individuelle de chaque âme (autrement dit de chaque personne) devant Dieu. Et nous répétons encore une fois: vous n’êtes pas sauvés par la piété de vos parents ou de vos grands-parents, ni parce que vous fréquentez une réunion d’enfants de Dieu. «L’âme qui a péché, celle-là mourra» (v. 20). «Car le salaire du péché, c’est la mort (bien qu’il ne soit question en Ézéchiel que de la mort du corps); mais le don de grâce de Dieu, c’est la vie éternelle dans le Christ Jésus, notre Seigneur» (Rom. 6:23).

Dieu a été accusé d’injustice par ce peuple aveugle et coupable (comme par tant d’incrédules aujourd’hui), ayant été jusqu’à dire: «La voie du Seigneur n’est pas réglée» (v. 25, 29; Éz. 33:17, 20). «Est-ce que je prends plaisir à la mort du méchant?» est obligé de demander l’Éternel. Quelle question! Dans son amour immense, «notre Dieu sauveur… veut que tous les hommes soient sauvés et viennent à la connaissance de la vérité» (1 Tim. 2:4; 2 Pierre 3:9). Aussi les derniers mots de ce chapitre sont-ils encore un appel de sa grâce adressés à son peuple… et peut-être à vous: «Revenez donc et vivez» !

Ézéchiel 19:1-14
1Et toi, élève une complainte sur les princes d'Israël, et dis:2Qu'était ta mère? Une lionne couchée parmi les lions, élevant ses petits au milieu des lionceaux.3Et elle éleva un de ses petits; il devint un jeune lion et apprit à déchirer la proie; il dévora des hommes.4Et les nations entendirent parler de lui; il fut pris dans leur fosse, et on le mena avec un anneau à ses narines dans le pays d'Égypte.5Et quand elle vit qu'elle avait attendu et que son espoir avait péri, elle prit un autre de ses petits, et en fit un jeune lion;6il marcha au milieu des lions, il devint un jeune lion et apprit à déchirer la proie; il dévora des hommes.7Il connut leurs palais désolés, et dévasta leurs villes, et le pays et tout ce qu'il contenait fut désolé par la voix de son rugissement.8Alors, de toutes les provinces, les nations d'alentour se rangèrent contre lui, et étendirent sur lui leur filet: il fut pris dans leur fosse.9Et elles le mirent dans une cage, avec un anneau à ses narines, et le menèrent au roi de Babylone; elles le menèrent dans une forteresse, afin que sa voix ne fût plus entendue sur les montagnes d'Israël.
10Ta mère était comme une vigne, plantée près des eaux dans ton repos; elle était féconde et chargée de branches à cause des grandes eaux.11Et elle avait des rameaux robustes pour des sceptres de dominateurs, et elle s'élevait haut au milieu de branches touffues, et elle était apparente par sa hauteur, par la multitude de ses rameaux.12Mais elle fut arrachée avec fureur, jetée par terre, et le vent d'orient fit sécher son fruit; ses rameaux robustes ont été brisés et desséchés, le feu les a consumés.13Et maintenant elle est plantée dans le désert, dans une terre sèche et aride.14Et un feu est sorti d'un rameau de ses branches et a consumé son fruit, et il n'y a pas en elle de rameau robuste, de sceptre pour dominer. C'est là une complainte, et ce sera une complainte.

Comme la parabole des deux grands aigles du Éz. 17, celle de la lionne et de ses lionceaux met en scène les derniers rois de Juda et leur histoire tragique telle qu’elle nous est racontée à la fin des Rois et des Chroniques. Fils du fidèle Josias, Joakhaz et Jehoïakim confirmaient tout à fait ce que l’Éternel avait déclaré au chapitre précédent. C’était pour leurs propres péchés que ces méchants princes subissaient le châtiment, et la justice de leur père n’avait pas pouvoir de les délivrer (voir Éz. 18:5… et Éz. 18:10-13).

De nouveau il est question de la captivité du dernier roi de Juda et de la destruction par le feu de la vigne d’Israël. Certains se demandent peut-être pourquoi ces événements occupent une telle place dans le Livre divin, alors qu’ils n’en tiennent pratiquement aucune dans les manuels d’histoire. Mais aux yeux de Dieu, il s’agit bien d’un des grands tournants de l’histoire de l’humanité. Le siège de Son gouvernement quittait Israël pour de longs siècles. Jérusalem cessait d’être le lieu où l’Éternel avait mis son habitation sur la terre. Le temps des nations commençait; il dure encore maintenant et ne prendra fin qu’avec le règne de Christ et la restauration d’Israël.

Ézéchiel 20:1-14
1Et il arriva, la septième année, au cinquième mois, le dixième jour du mois, que des hommes d'entre les anciens d'Israël vinrent pour consulter l'Éternel; et ils s'assirent devant moi.2Et la parole de l'Éternel vint à moi, disant:3Fils d'homme, parle aux anciens d'Israël, et dis-leur: Ainsi dit le Seigneur, l'Éternel: Etes-vous venus pour me consulter? Je suis vivant, dit le Seigneur, l'Éternel, si je suis consulté par vous!4Les jugeras-tu, fils d'homme? Fais-leur connaître les abominations de leurs pères, et dis-leur:
5Ainsi dit le Seigneur, l'Éternel: Au jour que je choisis Israël, et que je levai ma main à la semence de la maison de Jacob, et que je me fis connaître à eux dans le pays d'Égypte, et que je leur levai ma main, disant: Je suis l'Éternel, votre Dieu,6-en ce jour-là je leur levai ma main de les faire sortir du pays d'Égypte pour les amener dans le pays sur lequel j'avais jeté les yeux pour eux, pays ruisselant de lait et de miel, qui est un ornement entre tous les pays; et je leur dis:7Que chacun de vous rejette les abominations que ses yeux regardent, et ne vous rendez pas impurs par les idoles de l'Égypte. Je suis l'Éternel, votre Dieu.8Et ils se rebellèrent contre moi, et ne voulurent pas m'écouter; aucun d'eux ne rejeta les abominations que ses yeux regardaient, ni ne quitta les idoles de l'Égypte; et je dis que je verserais ma fureur sur eux, et que je consommerais ma colère sur eux, au milieu du pays d'Égypte.9Mais j'ai agi à cause de mon nom, afin de ne pas le profaner aux yeux des nations au milieu desquelles ils étaient, aux yeux desquelles je m'étais fait connaître à eux, en les faisant sortir du pays d'Égypte.
10Et je les fis sortir du pays d'Égypte, et les amenai au désert;11et je leur donnai mes statuts et leur fis connaître mes ordonnances, -par lesquels, s'il les pratique, un homme vivra.12Et je leur donnai aussi mes sabbats, pour être un signe entre moi et eux, afin qu'ils connussent que je suis l'Éternel qui les sanctifie.13Et la maison d'Israël se rebella contre moi dans le désert; ils ne marchèrent pas dans mes statuts, et ils rejetèrent mes ordonnances, -par lesquels, s'il les pratique, un homme vivra; et ils profanèrent extrêmement mes sabbats; et je dis que je verserais sur eux ma fureur dans le désert, pour les consumer.14Mais j'ai agi à cause de mon nom, afin de ne pas le profaner aux yeux des nations sous les yeux desquelles je les avais fait sortir.

Les anciens, auxquels leur première visite semble n’avoir rien appris (Éz. 14), reviennent trouver Ézéchiel. Dieu leur fait dresser par son serviteur — et pas en langage symbolique cette fois — la liste des abominations d’Israël, liste aussi ancienne que l’histoire de ce peuple. Dès l’Égypte, il s’est rebellé; il a refusé de rejeter ses idoles et n’a pas voulu écouter Celui qui se révélait (v. 8). Alors, pour se faire entendre, l’Éternel a amené son peuple dans le désert. Rien n’est plus impressionnant que le silence du désert. Aussi est-ce un endroit particulièrement favorable pour écouter Dieu; on n’y est pas distrait par les bruits extérieurs. Israël y reçut en Sinaï les statuts et les ordonnances de l’Éternel (v. 10, 11). Plus tard Jean y prêcha la repentance et la venue du Messie (Jean 1:23). Enfin c’est là que le peuple sera mené encore une fois avant l’avènement du Seigneur pour que Dieu lui parle au cœur (Os. 2:14). Moïse, Paul et tant d’autres serviteurs, y furent longuement préparés à leur ministère (Ex. 3; Gal. 1:17, 18).

Ne refusons donc pas, chers amis, cette mise-l’écart nécessaire, quelle que soit la forme (solitude forcée, longue maladie, etc.) sous laquelle le Seigneur juge bon quelquefois de nous la dispenser.

Ézéchiel 20:30-44
30C'est pourquoi, dis à la maison d'Israël: Ainsi dit le Seigneur, l'Éternel: Ne vous rendez-vous pas impurs dans la voie de vos pères, et ne vous prostituez-vous pas après leurs abominations?31Et quand vous offrez vos dons, en faisant passer vos fils par le feu, vous vous rendez impurs par toutes vos idoles jusqu'à aujourd'hui, -et moi, je serais consulté par vous, maison d'Israël? Je suis vivant, dit le Seigneur, l'Éternel, si je suis consulté par vous!32Et ce qui monte dans votre esprit n'arrivera nullement, en ce que vous dites: Nous serons comme les nations, comme les familles des pays, en servant le bois et la pierre.
33Je suis vivant, dit le Seigneur, l'Éternel, si je ne règne sur vous avec une main forte et un bras étendu, et avec effusion de fureur,34et si je ne vous fais sortir d'entre les peuples, et ne vous rassemble hors des pays dans lesquels vous êtes dispersés, avec une main forte et un bras étendu, et avec effusion de fureur,35et si je ne vous introduis dans le désert des peuples, et là n'entre en jugement avec vous face à face!36Comme je suis entré en jugement avec vos pères dans le désert du pays d'Égypte, ainsi j'entrerai en jugement avec vous, dit le Seigneur, l'Éternel;37et je vous ferai passer sous la verge, et vous introduirai dans le lien de l'alliance;38et je séparerai d'entre vous les rebelles et ceux qui se sont révoltés contre moi: je les ferai sortir du pays dans lequel ils séjournent, mais ils n'entreront point dans la terre d'Israël; et vous saurez que je suis l'Éternel.39Et vous, maison d'Israël! ainsi dit le Seigneur, l'Éternel: Allez, servez chacun vos idoles, à l'avenir aussi, si aucun de vous ne veut m'écouter; mais ne profanez plus mon saint nom par vos dons et par vos idoles.40Car en ma montagne sainte, en la haute montagne d'Israël, dit le Seigneur, l'Éternel, là me servira la maison d'Israël tout entière, dans le pays; là je prendrai plaisir en eux, et là je demanderai vos offrandes élevées et les prémices de vos offrandes, dans toutes vos choses saintes.41Je prendrai plaisir en vous comme en un parfum agréable, quand je vous aurai fait sortir d'entre les peuples, et que je vous aurai rassemblés des pays dans lesquels vous serez dispersés, et que je serai sanctifié en vous aux yeux des nations.42Et vous saurez que je suis l'Éternel, quand je vous aurai fait entrer dans la terre d'Israël, dans le pays touchant lequel j'ai levé ma main de le donner à vos pères.43Et là vous vous souviendrez de vos voies et de toutes vos actions par lesquelles vous vous êtes rendus impurs, et vous aurez horreur de vous-mêmes à cause de toutes vos iniquités, que vous avez commises;44et vous saurez que je suis l'Éternel, quand j'agirai envers vous à cause de mon nom, non pas selon vos mauvaises voies et selon vos actions corrompues, ô maison d'Israël, dit le Seigneur, l'Éternel.

Dieu conduit les siens au désert non seulement pour leur parler, mais aussi quand Il veut les discipliner. Et nous comprenons pourquoi. De même que des parents n’ont pas à corriger leurs enfants devant des étrangers, mais ils les prennent à part; de même cette discipline est une affaire entre Dieu et ses rachetés dans laquelle le monde n’a pas à entrer. Hélas! Nous redoutons souvent de rester seuls avec le Seigneur à cause du mauvais état de notre conscience et nous cherchons à Lui échapper dans le tourbillon de la vie quotidienne. Il est cependant indispensable que les croyants soient «épurés». Dieu ne peut supporter chez eux ni compromis ni mélange. Quant à ceux qui refusent de l’écouter, soit! Qu’ils servent leurs idoles (v. 39; comp. Os. 4:17 et Apoc. 22:11), mais qu’ils ne fassent pas semblant de Le servir aussi!

Nous savons que toute la génération des hommes de guerre d’Israël est tombée dans le désert, et que seuls les petits enfants sont entrés en Canaan (Deut. 2:14). À nouveau, quand le moment viendra de ramener les dix tribus actuellement dispersées dans «le désert des peuples», Dieu frappera les rebelles qui n’entreront pas dans son pays. Après seulement, Il pourra accepter les offrandes de son peuple et trouver son plaisir en lui (v. 40, 41; Mal. 3:4).

Ézéchiel 20:45-49; Ézéchiel 21:18-32
45(21:1) Et la parole de l'Éternel vint à moi, disant:46(21:2) Fils d'homme, tourne ta face vers le sud, et distille tes paroles contre le midi, et prophétise contre la forêt des champs du midi,47(21:3) et dis à la forêt du midi: Écoute la parole de l'Éternel: Ainsi dit le Seigneur, l'Éternel: Voici, j'allume en toi un feu qui consumera en toi tout bois vert et tout bois sec; la flamme flamboyante ne sera pas éteinte, et tout ce qu'elle rencontrera en sera brûlé, du midi jusqu'au nord.48(21:4) Et toute chair verra que moi, l'Éternel, je l'ai allumé; il ne sera pas éteint.49(21:5) Et je dis: Ah, Seigneur Éternel! ils disent de moi: Celui-ci ne parle-t-il pas en paraboles?
18(21:23) Et la parole de l'Éternel vint à moi, disant:19(21:24) Et toi, fils d'homme, place devant toi deux chemins par où vienne l'épée du roi de Babylone: qu'ils partent tous deux du même pays; et fais-toi un indicateur, fais-le à l'entrée du chemin d'une ville.20(21:25) Tu disposeras un chemin pour que l'épée vienne à Rabba des fils d'Ammon, et un chemin en Juda, pour que l'épée vienne à Jérusalem, la ville forte.21(21:26) Car le roi de Babylone se tient au point d'embranchement de la route, à la tête des deux chemins, pour pratiquer la divination: il secoue les flèches, il interroge les théraphim, il examine le foie.22(21:27) Dans sa droite est la divination touchant Jérusalem, pour placer des béliers, pour qu'on ouvre la bouche en cris de carnage, pour qu'on élève la voix en cris de guerre, pour placer des béliers contre les portes, pour élever des terrasses, pour bâtir des tours.23(21:28) Et ce sera pour eux, à leurs yeux, une divination fausse, pour eux qui se sont engagés par serment; mais lui, il rappellera le souvenir de l'iniquité, pour qu'ils soient pris.24(21:29) C'est pourquoi, ainsi dit le Seigneur, l'Éternel: Parce que vous rappelez en mémoire votre iniquité, en ce que vos transgressions sont découvertes, de sorte que vos péchés paraissent dans toutes vos actions; parce que vous êtes rappelés en mémoire, vous serez pris par sa main.25(21:30) Et toi, profane, méchant prince d'Israël, dont le jour est venu au temps de l'iniquité de la fin,26(21:31) ainsi dit le Seigneur, l'Éternel: Ote la tiare, et enlève la couronne; ce qui est ne sera plus. Élève ce qui est bas, et abaisse ce qui est élevé.27(21:32) J'en ferai une ruine, une ruine, une ruine! Ceci aussi ne sera plus, jusqu' à ce que vienne celui auquel appartient le juste jugement, et je le lui donnerai.
28(21:33) Et toi, fils d'homme, prophétise, et dis: Ainsi dit le Seigneur, l'Éternel, touchant les fils d'Ammon et touchant leur opprobre; et tu diras: L'épée, l'épée est tirée, elle est fourbie pour la tuerie, pour dévorer, pour briller,29(21:34) pendant qu'ils ont pour toi des visions de vanité et qu'ils devinent pour toi le mensonge, pour te jeter sur les cous des méchants qui sont tués, dont le jour est venu au temps de l'iniquité de la fin.30(21:35) Remets-la dans son fourreau! Je te jugerai au lieu où tu fus créé, au pays de ton origine.31(21:36) Je verserai sur toi mon indignation, je soufflerai contre toi le feu de mon courroux, et je te livrerai en la main d'hommes brutaux, artisans de destruction.32(21:37) Tu seras pour le feu, pour être dévoré; ton sang sera au milieu du pays; on ne se souviendra pas de toi; car moi, l'Éternel, j'ai parlé.

«Celui-ci ne parle-t-il pas en paraboles?» disait-on d’Ézéchiel avec un certain mépris. Son langage paraissait difficile au peuple uniquement parce qu’il ne voulait pas comprendre. C’est ainsi que les incrédules évoquent volontiers les difficultés de la Parole et s’en servent comme d’un prétexte pour éviter de s’y soumettre.

Dans ce terrible chapitre, l’épée, premier des quatre jugements désastreux (voir Éz. 14:21) sort de son fourreau pour le châtiment. Pour la manier, l’Éternel se servira du roi de Babylone que nous voyons au carrefour, occupé à consulter ses dieux (v. 26).

Commencera-t-il son attaque par Jérusalem ou par Rabba des fils d’Ammon? Aux yeux du peuple de Juda cette divination est fausse et sans valeur (v. 28). Et certes elle l’était! Mais l’Éternel, au-dessus de ces choses, a décidé la ruine de Jérusalem (v. 32) et la fin de la royauté. La couronne sera ôtée au «profane, méchant prince d’Israël» (le profane est celui qui foule aux pieds les bénédictions de Dieu: comp. Éz. 22:26, et en Héb. 12:16 l’exemple d’Ésaü).

Il n’y aura plus dorénavant de descendant de David sur le trône jusqu’à la venue de Christ «à qui appartient le juste jugement».

Ézéchiel 22:1-7, 23-31
1Et la parole de l'Éternel vint à moi, disant:2Et toi, fils d'homme, jugeras-tu, jugeras-tu la ville de sang? et lui feras-tu connaître toutes ses abominations?3Tu diras: Ainsi dit le Seigneur, l'Éternel: Ville, qui verses le sang au milieu de toi, afin que ton temps vienne, et qui as fait des idoles chez toi pour te rendre impure,4tu t'es rendue coupable par ton sang que tu as versé, et tu t'es rendue impure par tes idoles que tu as faites, et tu as fait approcher tes jours, et tu es parvenue à tes années: c'est pourquoi je t'ai livrée à l'opprobre des nations et à la raillerie de tous les pays.5Ceux qui sont près et ceux qui sont loin de toi se moqueront de toi, qui es impure de renommée, et pleine de trouble.6Voici, les princes d'Israël étaient au dedans de toi pour verser le sang, chacun selon son pouvoir.7Ils ont méprisé père et mère au dedans de toi; ils ont agi oppressivement envers l'étranger au milieu de toi; ils ont foulé l'orphelin et la veuve au dedans de toi.
23Et la parole de l'Éternel vint à moi, disant:24Fils d'homme, dis-lui: Tu es un pays qui n'est pas purifié, qui n'est pas arrosé de pluie au jour de l'indignation.25Il y a une conjuration de ses prophètes au milieu d'elle, comme un lion rugissant qui déchire la proie; ils dévorent les âmes, ils enlèvent les richesses et les choses précieuses; ils multiplient ses veuves au milieu d'elle.26Ses sacrificateurs font violence à ma loi et profanent mes choses saintes; ils ne font pas de différence entre ce qui est saint et ce qui est profane, et ils ne font pas connaître la différence entre ce qui est impur et ce qui est pur; et ils cachent leurs yeux de mes sabbats, et je suis profané au milieu d'eux.27Ses princes, au milieu d'elle, sont comme des loups qui déchirent la proie, pour verser le sang, pour détruire les âmes, afin de faire un gain déshonnête.28Et ses prophètes leur ont fait des enduits de mauvais mortier, ayant des visions de vanité et devinant pour eux le mensonge, disant: Ainsi dit le Seigneur, l'Éternel; -et l'Éternel n'a point parlé.29Le peuple du pays pratique l'extorsion et commet la rapine, et foule l'affligé et le pauvre; et ils oppriment l'étranger contrairement à tout droit.30Et j'ai cherché parmi eux un homme qui fermât l'enceinte, et qui se tînt à la brèche devant moi pour le pays, afin que je ne le détruisisse pas; mais je n'en ai point trouvé.31Et je verserai sur eux mon indignation; dans le feu de mon courroux je les consumerai, je ferai retomber leur voie sur leur tête, dit le Seigneur, l'Éternel.

Jérusalem est appelée ici «la ville de sang». Toutes les classes étaient coupables. Les princes, comme des loups, avaient versé le sang, transgressé la loi de toutes manières, détruit les âmes (v. 6 et 27). Les sacrificateurs faisaient violence à la loi (v. 26); les prophètes menteurs avaient pillé les choses précieuses, dévoré les âmes (v. 25, 28); le peuple enfin commettait la rapine et foulait l’affligé et le pauvre (v. 29). En vain l’Éternel avait cherché quelqu’un «qui fermât l’enceinte», et qui, comme Moïse, «se tînt-la brèche» devant Lui pour le pays (v. 30; Ps. 106:23)!

Cette double fonction correspond aux consignes du chrétien: Veiller et prier. Veiller pour empêcher la pénétration du mal et du monde dans l’assemblée et dans notre cœur. Intercéder pour le témoignage du Seigneur.

L’importance que Dieu attache à la séparation des siens est encore soulignée par le Éz. 23. Sous la figure des crimes d’Ohola (Samarie ou les dix tribus) et d’Oholiba (Jérusalem et Juda), Dieu nous parle des coupables alliances d’Israël avec les pays voisins: Égypte, Assyrie, Babylone et de son châtiment par leur moyen. Lorsqu’un chrétien a noué des liens avec le monde, c’est souvent de la main de ce dernier qu’il reçoit son châtiment.

Ézéchiel 24:1-27
1Et la parole de l'Éternel vint à moi, en la neuvième année, au dixième mois, le dixième jour du mois, disant:2fils d'homme, écris pour toi le nom de ce jour, de ce propre jour: le roi de Babylone s'approche contre Jérusalem, en ce jour même.3Et propose une parabole à la maison rebelle, et dis-leur: Ainsi dit le Seigneur, l'Éternel: Place la marmite, place-la, et verses-y aussi de l'eau.4Rassembles-y ses morceaux, tous les bons morceaux, la cuisse et l'épaule;5remplis-la d'os choisis, prends du meilleur du menu bétail; et mets aussi dessous un tas de bois pour les os; fais-la bien bouillir, et que les os cuisent au dedans d'elle.6C'est pourquoi, ainsi dit le Seigneur, l'Éternel: Malheur à la ville de sang, la marmite en laquelle est sa rouille, et dont la rouille ne se détache pas! Tires-en morceau par morceau; qu'on ne jette pas le sort sur elle;7car son sang est au milieu d'elle: elle l'a mis sur le roc nu, elle ne l'a pas versé sur la terre pour le couvrir de poussière.8Pour faire monter la fureur, pour exécuter la vengeance, j'ai mis son sang sur le roc nu, pour qu'il ne soit pas couvert.9C'est pourquoi, ainsi dit le Seigneur, l'Éternel: Malheur à la ville de sang! Moi aussi je ferai une grande pile de bois.10Entasse le bois, allume le feu, fais consommer la chair, assaisonne-la bien, et que les os soient brûlés.11Place-la vide sur les charbons ardents, afin qu'elle s'échauffe et que son airain devienne brûlant, et que son impureté soit fondue au dedans d'elle et que sa rouille soit consumée.12Elle a lassé les efforts, et la rouille dont elle est pleine ne se détache pas: -au feu sa rouille!13Il y a de l'infamie dans ton impureté; puisque je t'ai purifiée, et tu n'es point pure. Tu ne seras plus purifiée de ton impureté, jusqu'à ce que j'aie satisfait sur toi ma fureur.14Moi, l'Éternel, j'ai parlé: cela arrivera, et je le ferai; je ne reculerai point, et je n'aurai point de compassion, et je ne me repentirai pas. On te jugera selon tes voies et selon tes actions, dit le Seigneur, l'Éternel.
15Et la parole de l'Éternel vint à moi, disant:16Fils d'homme, voici, je vais t'ôter, par une plaie, le désir de tes yeux; et tu ne mèneras pas deuil, et tu ne pleureras pas, et tes larmes ne couleront pas.17Gémis en silence: tu ne feras point le deuil des morts. Enroule ton turban sur toi, et mets tes sandales à tes pieds, et ne couvre pas ta barbe, et ne mange pas le pain des hommes.18-Et je parlai au peuple le matin, et ma femme mourut le soir; et, le matin, je fis comme il m'avait été commandé.19Et le peuple me dit: Ne nous déclareras-tu pas ce que signifient pour nous ces choses que tu fais?20Et je leur dis: La parole de l'Éternel est venue à moi, disant:21Dis à la maison d'Israël: Ainsi dit le Seigneur, l'Éternel: Voici, je profane mon sanctuaire, l'orgueil de votre force, le désir de vos yeux, et l'affection de votre âme; et vos fils et vos filles que vous avez laissés en arrière tomberont par l'épée.22Et vous ferez comme j'ai fait: vous ne couvrirez point votre barbe et vous ne mangerez pas le pain des hommes;23et vos turbans seront sur vos têtes, et vos sandales à vos pieds; vous ne mènerez pas deuil et vous ne pleurerez pas, mais vous vous consumerez dans vos iniquités, et vous gémirez l'un vis-à-vis de l'autre.24Et Ézéchiel sera pour vous un signe: selon tout ce qu'il a fait, vous ferez. Quand cela arrivera, vous saurez que je suis le Seigneur, l'Éternel.25Et toi, fils d'homme, au jour où je leur ôterai ce qui a été leur confiance, la joie de leur ornement, le désir de leurs yeux, et ce que recherchent leurs âmes,26leurs fils et leurs filles, en ce jour-là celui qui sera réchappé ne viendra-t-il pas vers toi pour le faire entendre à tes oreilles?27En ce jour-là ta bouche sera ouverte avec le réchappé, et tu parleras et tu ne seras plus muet; et tu seras pour eux un signe, et ils sauront que je suis l'Éternel.

Ici commence une nouvelle division de la prophétie. Elle est datée d’un jour solennel qui marque le début du siège final de Jérusalem (comp. 2 Rois 25:1). L’Éternel reprend la comparaison de la marmite (Éz. 11:3) et annonce que non seulement son contenu (les habitants de la ville) sera consumé, mais la marmite aussi (Jérusalem, avec sa rouille invétérée) se fondra dans le feu qui s’allume.

Nous savons dans quel état la ville sortira de cet affreux siège (2 Chr. 36:19). Mais ce même jour apporte aussi à Ézéchiel personnellement le deuil et la souffrance: sa femme lui est enlevée subitement. Par ses propres circonstances, le prophète enseigne ainsi aux fils de son peuple quelles douleurs vont s’abattre sur eux quand l’Éternel leur ôtera ce qu’ils ont de plus cher: leur capitale et leur sanctuaire.

Il se vérifie qu’un serviteur de Dieu n’échappe pas au partage des épreuves de ceux au milieu desquels il vit. Que de peines ont été la part de cet homme de Dieu! Pour être «un signe» à son peuple (v. 27) nous le voyons se soumettre à tout ce que l’Éternel lui demande (comp. Ps. 131:2).

Sans que le Seigneur nous appelle nécessairement à de grands sacrifices, qu’Il trouve en nous des instruments dociles, des disciples obéissants!

Ézéchiel 25:1-1 7
1Et la parole de l'Éternel vint à moi, disant:

Comme dans d’autres prophètes, l’annonce des jugements sur Israël est maintenant suivie de prophéties contre les nations (voir Ésaïe 13 - 23; Jér. 46 - 51). Déjà le ch. 21 nous a montré le roi de Babylone hésitant à attaquer Rabba des fils d’Ammon avant Jérusalem, et à cette occasion les v. 33-37 du même chapitre annonçaient le châtiment de ces descendants de Lot, perpétuels ennemis d’Israël. Épargné momentanément, Ammon, au lieu d’en tirer instruction, s’était lâchement réjoui des coups qui avaient frappé le sanctuaire, la terre méprisée d’Israël et la royauté de Juda (v. 3, 6). Il s’était moqué d’Israël dans son malheur (Prov. 17:5). Or l’Éternel «se moque des moqueurs», déclare aussi Prov. 3:34 cité dans le Nouveau Testament: «Dieu résiste aux orgueilleux, mais Il donne la grâce aux humbles» (Jac. 4:6; 1 Pierre 5:5). C’est bien l’orgueil qui caractérise Ammon et son frère Moab (Soph. 2:8; Ésaïe 16:6). L’Éternel va les humilier et donner leur pays en possession à des nomades pillards (v. 4 et 10).

Édom et la Philistie sont également très coupables. L’un et l’autre ont profité de la ruine d’Israël pour se venger «cruellement» de leurs anciens griefs (v. 12 et 15). À leur tour ils auront affaire à la vengeance de l’Éternel.

Ézéchiel 26:1-6; Ézéchiel 27:1-11
1Et il arriva, la onzième année, le premier jour du mois, que la parole de l'Éternel vint à moi, disant:2Fils d'homme, parce que Tyr a dit touchant Jérusalem: Ha ha! elle est brisée, la porte des peuples! elle est tournée vers moi; je serai remplie; elle a été rendue déserte;...3à cause de cela, ainsi dit le Seigneur, l'Éternel: Voici, j'en veux à toi, Tyr! et je ferai monter contre toi des nations nombreuses, comme la mer fait monter ses flots.4Et elles détruiront les murs de Tyr et renverseront ses tours; et je balayerai d'elle sa poussière, et je ferai d'elle un rocher nu.5Elle sera un lieu pour étendre les filets, au milieu de la mer; car j'ai parlé, dit le Seigneur, l'Éternel; et elle deviendra la proie des nations;6et ses filles qui sont dans la campagne seront tuées par l'épée; et ils sauront que je suis l'Éternel.
1Et la parole de l'Éternel vint à moi, disant:2Et toi, fils d'homme, élève une complainte sur Tyr, et dis à Tyr:3Toi qui demeures aux avenues de la mer, qui trafiques avec les peuples dans beaucoup d'îles, ainsi dit le Seigneur, l'Éternel: Tyr, tu as dit: Je suis parfaite en beauté.4Tes frontières sont au coeur des mers; ceux qui t'ont bâtie ont rendu ta beauté parfaite.5Avec le cyprès de Senir ils construisaient tous tes doubles bordages; ils prenaient le cèdre du Liban pour faire ta mâture;6avec les chênes de Basan ils faisaient tes rames; ils faisaient tes ponts d'ivoire enchâssé dans le buis des îles de Kittim.7Le fin lin brodé d'Égypte était ta voile et te servait de pavillon; le bleu et la pourpre des îles d'Élisha étaient ta tente;8les habitants de Sidon et d'Arvad étaient tes rameurs. Tes sages, ô Tyr, qui étaient en toi, étaient tes pilotes.9Les anciens de Guebal et ses sages étaient en toi, réparant tes fissures; tous les navires de la mer et leurs marins étaient chez toi, pour faire trafic avec toi.10La Perse, et Lud, et Puth, étaient dans ton armée tes hommes de guerre; ils suspendaient chez toi le bouclier et le casque, ils faisaient ta splendeur.11Les fils d'Arvad et ton armée étaient autour sur tes murailles, et tes guerriers étaient dans tes tours; ils suspendaient leurs boucliers à tes murailles tout autour, ils rendaient parfaite ta beauté.

Les ch. 26 - 28 sont consacrés à Tyr, l’opulente cité phénicienne, maîtresse des mers, principal centre marchand de l’antiquité. De même qu’un commerçant peut se féliciter de la disparition d’un concurrent voisin, Tyr s’est réjouie des malheurs de Jérusalem. Eh bien! Cette joie malsaine deviendra précisément le motif de sa propre ruine.

Le ch. 27 énumère ses clients et ses fournisseurs et dresse la liste immense des produits de son négoce. Or Tyr est une image du monde et de ses richesses. Les hommes ont toujours pensé qu’un accroissement du niveau de vie des peuples était le moyen de délivrer l’humanité de ses peines et de ses misères. Et ils n’ont cessé de travailler à cette prospérité matérielle, tous leurs efforts tendant à embellir le monde, à y rendre la vie plus agréable. Mais loin de conduire les âmes à Dieu, cette course au progrès n’a fait que développer le contentement de soi (Éz. 27:3 fin), la prétention laodicéenne d’être riche et de n’avoir besoin de rien.

Parmi les marchandises précieuses de Tyr, on chercherait en vain «l’or passé au feu» de la justice divine, «les vêtements blancs» de la marche pratique et «le collyre» pour les yeux de la foi, qui est le Saint-Esprit. Car on ne peut les «acheter» que du Seigneur Jésus (Apoc. 3:17, 18).

Ézéchiel 28:1-19
1Et la parole de l'Éternel vint à moi, disant: Fils d'homme, dis au prince de Tyr:2Ainsi dit le Seigneur, l'Éternel: Parce que ton coeur s'est élevé et que tu as dit: Je suis *Dieu, je suis assis sur le siège d'un dieu, au coeur des mers (et tu es un homme, et non pas *Dieu), et que tu élèves ton coeur comme un coeur de dieu3(voici, tu es plus sage que Daniel! rien de caché n'est obscur pour toi;4par ta sagesse et par ton intelligence tu t'es acquis de la puissance et tu as amassé de l'or et de l'argent dans tes trésors;5par la grandeur de ta sagesse, tu as, par ton négoce, multiplié ta richesse; et ton coeur s'est élevé à cause de ta richesse)6-à cause de cela, ainsi dit le Seigneur, l'Éternel: Parce que tu as élevé ton coeur comme un coeur de dieu, à cause de cela,7voici, je fais venir contre toi des étrangers, les terribles d'entre les nations; et ils tireront leurs épées contre la beauté de ta sagesse, et ils profaneront ta splendeur;8ils te feront descendre dans la fosse, et tu mourras de la mort de ceux qui sont tués au coeur des mers.9Diras-tu peut-être devant celui qui te tue: Je suis Dieu? Mais tu seras un homme, et non pas *Dieu, dans la main de celui qui te transperce.10Tu mourras de la mort des incirconcis, par la main des étrangers; car j'ai parlé, dit le Seigneur, l'Éternel.
11Et la parole de l'Éternel vint à moi, disant:12Fils d'homme, élève une complainte sur le roi de Tyr, et dis-lui: Ainsi dit le Seigneur, l'Éternel: Toi, tu étais la forme accomplie de la perfection, plein de sagesse, et parfait en beauté;13tu as été en Éden, le jardin de Dieu; toutes les pierres précieuses te couvraient, le sardius, la topaze et le diamant, le chrysolithe, l'onyx et le jaspe, le saphir, l'escarboucle et l'émeraude, et l'or; le riche travail de tes tambourins et de tes flûtes était en toi; au jour où tu fus créé ils étaient préparés.14Tu étais un chérubin oint, qui couvrait, et je t'avais établi tel; tu étais dans la sainte montagne de Dieu, tu marchais parmi les pierres de feu.15Tu fus parfait dans tes voies depuis le jour où tu fus créé, jusqu'à ce que l'iniquité s'est trouvée en toi.16Par l'abondance de ton trafic, ton intérieur a été rempli de violence, et tu as péché; et je t'ai précipité de la montagne de Dieu comme une chose profane, et je t'ai détruit du milieu des pierres de feu, ô chérubin qui couvrait!17Ton coeur s'est élevé pour ta beauté, tu as corrompu ta sagesse à cause de ta splendeur; je t'ai jeté à terre, je t'ai mis devant les rois, afin qu'ils te voient.18Par la multitude de tes iniquités, par l'injustice de ton trafic, tu as profané tes sanctuaires; et j'ai fait sortir un feu du milieu de toi: il t'a dévoré, et je t'ai réduit en cendre sur la terre, aux yeux de tous ceux qui te voient.19Tous ceux qui te connaissent parmi les peuples sont dans la stupeur à cause de toi; tu es devenu une terreur, et tu ne seras plus, à jamais.

Le brillant prince de Tyr, qui s’est exalté comme un dieu, est l’objet d’une prophétie personnelle. Son châtiment nous rappelle celui qui frappa Hérode parce qu’il avait accepté les flatteries des Tyriens et des Sidoniens: «Voix d’un dieu et non pas d’un homme» (Actes 12:20-23). Mais sous cette figure du roi de Tyr, Dieu veut nous parler d’un être mystérieux et redoutable, Satan lui-même. Prince de ce monde dont Tyr est l’image, il en fait servir les richesses à la satisfaction des convoitises des hommes afin de les tenir en esclavage. Et nous apprenons par les v. 12-15 que Satan n’a pas toujours été le Méchant, l’ennemi de Dieu et des croyants. Chérubin resplendissant, «plein de sagesse et parfait en beauté», il fut parfait aussi dans ses voies jusqu’au jour où l’iniquité a été trouvée en lui (v. 15). Son cœur s’est élevé jusqu’à vouloir quitter sa position de créature, et devenir comme Dieu (v. 2; Ésaïe 14:13). L’orgueil est appelé «la faute du diable» (1 Tim. 3:6) et c’est par cette même tentation: «vous serez comme Dieu», qu’il a entraîné l’homme avec lui dans sa chute. Mais Satan a été vaincu par Christ à la croix et la Bible nous révèle le sort terrible qui lui est réservé (Apoc. 20:10).

Ézéchiel 28:20-26; Ézéchiel 29:1-7
20Et la parole de l'Éternel vint à moi, disant:21Fils d'homme, tourne ta face vers Sidon, et prophétise contre elle, et dis:22Ainsi dit le Seigneur, l'Éternel: Voici, j'en veux à toi, Sidon, et je serai glorifié au milieu de toi; et on saura que je suis l'Éternel, quand j'exécuterai des jugements au milieu d'elle et que j'aurai été sanctifié en elle.23Et j'enverrai chez elle la peste, et le sang dans ses rues; et les blessés à mort tomberont au milieu d'elle par l'épée qui sera tout autour contre elle; et ils sauront que je suis l'Éternel.24Et il n'y aura plus pour la maison d'Israël d'aiguillon qui blesse, ni d'épine qui cause de la douleur, d'entre tous ceux qui étaient autour d'eux et qui les méprisaient; et ils sauront que je suis le Seigneur, l'Éternel.25Ainsi dit le Seigneur, l'Éternel: Quand je rassemblerai la maison d'Israël d'entre les peuples parmi lesquels ils seront dispersés, et que je serai sanctifié en eux aux yeux des nations, alors ils habiteront sur leur terre que j'ai donnée à mon serviteur Jacob:26ils y habiteront en sécurité; ils bâtiront des maisons, et ils planteront des vignes, et ils habiteront en sécurité, quand j'aurai exécuté des jugements sur tous ceux qui les méprisaient, tout autour d'eux; et ils sauront que je suis l'Éternel, leur Dieu.
1La dixième année, au dixième mois, le douzième jour du mois, la parole de l'Éternel vint à moi, disant:2Fils d'homme, tourne ta face contre le Pharaon, le roi d'Égypte, et prophétise contre lui et contre l'Égypte tout entière.3Parle, et dis: Ainsi dit le Seigneur, l'Éternel: Voici, j'en veux à toi, le Pharaon, roi d'Égypte, grand monstre des eaux, couché au milieu de ses fleuves, qui dis: Mon fleuve est à moi, et je me le suis fait!4Et je mettrai un anneau dans tes mâchoires, et j'attacherai à tes écailles les poissons de tes fleuves, et je te ferai monter du milieu de tes fleuves, et tous les poissons de tes fleuves qui sont attachés à tes écailles.5Et je te jetterai dans le désert, toi et tous les poissons de tes fleuves; tu tomberas sur la face des champs, tu ne seras pas recueilli ni rassemblé; je te donnerai en pâture aux bêtes de la terre et aux oiseaux des cieux.6Et tous les habitants de l'Égypte sauront que je suis l'Éternel, parce qu'ils ont été un appui de roseau pour la maison d'Israël;7lorsqu'ils t'ont pris par la main, tu t'es rompu, et tu leur as déchiré toute l'épaule; et quand ils se sont appuyés sur toi, tu t'es cassé, et tu as fait chanceler tous leurs reins.

Après Tyr, c’est sa voisine et alliée Sidon qui est l’objet d’une courte prophétie. Elle faisait partie de ceux qui méprisaient la maison d’Israël (v. 24, 26) et elle apprendrait à connaître l’Éternel par ses jugements.

Quatre chapitres (29 - 32) sont maintenant consacrés presque entièrement à l’Égypte. Rivale de l’Assyrie, puis de Babylone, cette nation a joué un rôle considérable dans l’histoire d’Israël. Elle aussi aspirait à la domination universelle. Mais Dieu donnait celle-ci à Nebucadnetsar, et l’Égypte allait devenir à son tour une des provinces du grand empire babylonien. On peut se demander pourquoi l’Éternel avait choisi l’une de ces nations païennes plutôt que l’autre pour la domination du monde. Eh bien! Une des raisons entre autres pour lesquelles l’Égypte devait être abaissée était la fausse confiance qu’Israël avait placée en elle (Éz. 29:6, 16). Il ne fallait pas que Juda et ses rois paraissent avoir eu raison en comptant sur l’Égypte.

Celle-ci était un roseau cassé, blessant la main de ceux qui s’appuyaient sur elle (v. 6, 7; Ésaïe 36:6). Bien des fois dans sa fidélité, le Seigneur s’est plu à briser nos appuis humains pour nous en montrer la vanité et nous apprendre à ne nous reposer que sur Lui!

Ézéchiel 30:1-19
1Et la parole de l'Éternel vint à moi, disant:2Fils d'homme, prophétise, et dis: Ainsi dit le Seigneur, l'Éternel: Hurlez: Ah! quel jour!3Car le jour est proche; oui, le jour de l'Éternel est proche, un jour de nuées: c'est le temps des nations.4Et l'épée viendra sur l'Égypte, et il y aura de l'angoisse dans l'Éthiopie, quand ils tomberont blessés à mort en Égypte, et qu'on ôtera sa multitude, et que ses fondements seront détruits.5Cush, et Puth, et Lud, et tout le peuple mélangé, et Cub, et les fils du pays de l'alliance, tomberont par l'épée avec eux.6Ainsi dit l'Éternel: Les appuis de l'Égypte tomberont, et l'orgueil de sa force sera abaissé; ils tomberont au milieu d'elle par l'épée, depuis Migdol à Syène, dit le Seigneur, l'Éternel.7Et ils seront désolés au milieu des pays désolés, et ses villes seront entre les villes dévastées.8Et ils sauront que je suis l'Éternel, quand j'aurai mis le feu en Égypte, et que tous ceux qui lui aident seront brisés.9En ce jour-là des messagers sortiront de devant moi sur des navires pour effrayer l'Éthiopie dans sa sécurité; et il y aura au milieu d'eux de l'angoisse comme au jour de l'Égypte; car voici, il vient.10Ainsi dit le Seigneur, l'Éternel: Je mettrai fin aussi à la multitude de l'Égypte par la main de Nebucadnetsar, roi de Babylone.11Lui et son peuple avec lui, les terribles d'entre les nations, seront amenés pour détruire le pays; et ils tireront leurs épées contre l'Égypte, et rempliront le pays de blessés à mort.12Et je mettrai les fleuves à sec, et je vendrai le pays en la main des méchants, et, par la main des étrangers, je désolerai le pays et tout ce qu'il contient. Moi, l'Éternel, j'ai parlé.13Ainsi dit le Seigneur, l'Éternel: Je détruirai aussi les idoles, et je mettrai fin aux images de Noph; et il n'y aura plus de prince du pays d'Égypte; et je mettrai la frayeur dans le pays d'Égypte;14et je désolerai Pathros, et je mettrai le feu dans Tsoan, et j'exécuterai des jugements dans No;15et je verserai ma fureur sur Sin, la forteresse de l'Égypte, et je retrancherai la multitude de No;16et je mettrai le feu en Égypte; Sin sera dans une grande angoisse, et No sera ouverte par des brèches, et il y aura à Noph des ennemis en plein jour.17Les jeunes hommes d'Aven et de Pi-Béseth tomberont par l'épée, et elles-mêmes iront en captivité.18Et à Takhpanès le jour sera obscurci lorsque j'y romprai le joug de l'Égypte, et que l'orgueil de sa force y aura cessé; une nuée la couvrira elle-même, et ses filles iront en captivité.19Et j'exécuterai des jugements en Égypte; et ils sauront que je suis l'Éternel.

L’Éternel n’avait pas oublié que l’Égypte n’avait cessé d’être en piège à son peuple. Et Il allait le montrer! De plus, il donnait ce pays à Nebucadnetsar en récompense de son travail contre Tyr (Éz. 29:19, 20). Les coups dont l’Égypte allait être frappée nous rappellent les plaies qui, au temps de l’Exode, avaient désolé ce pays, son fleuve et ses canaux, ses idoles, ses habitants. La plus terrible avait été la mort des premiers-nés, quand l’Éternel avait exercé ses jugements «sur tous les dieux de l’Égypte» (v. 13; Ex. 12:12). Et, de même que jadis, ces grands jugements avaient pour but de faire savoir aux Égyptiens qui était l’Éternel (comp. v. 19 et Ex. 7:5). En effet, l’accomplissement de tous ces châtiments contre les nations devait avoir un résultat, répété comme un refrain à la fin de chaque prophétie: «Et ils sauront que je suis l’Éternel» (Éz. 23:49; Éz. 24:27; Éz. 25:5, 7, 11, 17; Éz. 26:6; Éz. 28:24, 26; Éz. 29:21; Éz. 30:19, 26).

Il n’est pas possible d’échapper à la connaissance du Dieu Saint et de ses exigences à l’égard du péché. Mais aujourd’hui, Il se révèle encore comme le Dieu Sauveur en Jésus Christ. Est-ce ainsi que vous le connaissez? Car tous ceux qui ne veulent pas le reconnaître maintenant en grâce auront affaire à Lui plus tard en jugement (Amos 4:12).

Ézéchiel 32:17-32
17Et il arriva, la douzième année, le quinzième jour du mois, que la parole de l'Éternel vint à moi, disant:18Fils d'homme, gémis sur la multitude de l'Égypte, et fais-la descendre, elle et les filles des nations magnifiques, dans les lieux bas de la terre, avec ceux qui descendent dans la fosse.19A qui es-tu supérieure en agrément? Descends, et sois couchée avec les incirconcis.20Ils tomberont parmi ceux qui ont été tués par l'épée; l'épée a été donnée; traînez l'Égypte et toute sa multitude.21Les forts d'entre les puissants, avec ceux qui lui avaient aidé, lui parleront du milieu du shéol; ils sont descendus, ils sont couchés, incirconcis, tués par l'épée.22Là est Assur et toute son assemblée, ses sépulcres autour de lui: tous tués, tombés par l'épée.23Ses sépulcres ont été posés au fond de la fosse, et son assemblée est autour de son sépulcre: tous tués, tombés par l'épée, eux qui répandaient la terreur sur la terre des vivants.24Là est Élam, et toute sa multitude autour de son sépulcre: tous tués, tombés par l'épée; ils sont descendus incirconcis dans les lieux bas de la terre, eux qui répandaient leur terreur sur la terre des vivants, et qui ont porté leur confusion avec ceux qui sont descendus dans la fosse.25On a mis sa couche au milieu des tués, avec toute sa multitude, ses sépulcres autour de lui: eux tous incirconcis, tués par l'épée, quoique leur terreur fût répandue sur la terre des vivants; et ils portent leur confusion avec ceux qui descendent dans la fosse: il a été placé parmi les tués.26Là est Méshec, Tubal, et toute leur multitude, leurs sépulcres autour d'eux: eux tous incirconcis, tués par l'épée, quoiqu'ils aient répandu leur terreur sur la terre des vivants.27Et ils n'ont pas été couchés avec les hommes forts, tombés d'entre les incirconcis, qui sont descendus dans le shéol avec leurs instruments de guerre, et sous la tête desquels on a mis leurs épées, et dont les iniquités sont sur leurs os; quoiqu'ils fussent la terreur des hommes forts sur la terre des vivants.28Toi aussi, tu as été brisée au milieu des incirconcis, et tu es couchée avec ceux qui ont été tués par l'épée.29Là est Édom, ses rois, et tous ses princes, qui, dans leur vaillance, ont été placés avec ceux qui ont été tués par l'épée; ils sont couchés avec les incirconcis et avec ceux qui sont descendus dans la fosse.30Là sont les princes du nord, eux tous, et tous les Sidoniens, qui sont descendus avec les tués, honteux de la terreur qu'ils répandaient par leur vaillance; et ils sont couchés incirconcis avec ceux qui ont été tués par l'épée, et ils portent leur confusion avec ceux qui sont descendus dans la fosse.31Le Pharaon les verra, et il sera consolé au sujet de toute sa multitude, le Pharaon et toute son armée, tués par l'épée, dit le Seigneur, l'Éternel.32Car j'ai répandu ma terreur dans la terre des vivants; et il sera couché au milieu des incirconcis, avec ceux qui ont été tués par l'épée, le Pharaon, et toute sa multitude, dit le Seigneur, l'Éternel.

Ce chapitre et les suivants peuvent paraître difficiles à comprendre. Mais les prophéties qu’ils contiennent s’éclairent quand nous les replaçons dans le cadre des événements de la fin, au moment où toutes les puissances humaines et nationales qui auront combattu contre Israël seront abattues pour faire place au règne de Christ.

Dans cette complainte (v. 16), le sort des nations nous est présenté de façon symbolique. Elles se rencontrent au shéol, au milieu des «tués par l’épée» (v. 21; l’expression se trouvera 3 fois au Éz. 32). La première est Assur, l’Assyrien des derniers jours, arbre puissant dont la chute a été racontée au ch. 31. Élam (l’Iran) est nommé ensuite avec Méshec et Tubal (la Russie). Là sont aussi Édom, les princes du Nord, les Sidoniens ainsi que «le Pharaon et toute sa multitude». Grands et petits peuples, après avoir tenu plus ou moins longtemps l’actualité de la scène mondiale, se retrouvent dans ce sinistre lieu de rendez-vous. Qu’est devenue leur magnificence? À quoi leur a servi leur vaillance? La terreur qu’ils répandaient n’effraie plus personne et est devenue leur honte (v. 30). Tout ce qui compte tellement que «la terre des vivants» n’a plus cours au seuil de l’éternité. Une seule question se posera alors pour chacun: son nom est-il dans le livre de vie (Apoc. 20:15)?

Ézéchiel 33:1-20
1Et la parole de l'Éternel vint à moi, disant:2Fils d'homme, parle aux fils de ton peuple, et dis-leur: Si je fais venir l'épée sur un pays, et que le peuple du pays prenne un homme d'entre eux tous, et se le donne pour sentinelle;3et qu'il voie venir l'épée sur le pays, et sonne de la trompette, et avertisse le peuple;4et que quelqu'un entende bien le son de la trompette, mais ne reçoive pas l'avertissement, et que l'épée vienne et le saisisse, son sang sera sur sa tête.5Il a entendu le son de la trompette, et n'a pas reçu l'avertissement: son sang est sur lui; alors que s'il eût reçu l'avertissement, il aurait délivré son âme.6Mais si la sentinelle voit venir l'épée, et ne sonne pas de la trompette, et que le peuple ne soit pas averti, et que l'épée vienne et saisisse quelqu'un d'entre eux, lui est saisi dans son iniquité; mais je redemanderai son sang de la main de la sentinelle.7Et toi, fils d'homme, je t'ai établi sentinelle pour la maison d'Israël, et tu entendras la parole de ma bouche, et tu les avertiras de ma part.8Quand je dirai au méchant: Méchant, certainement tu mourras! et que tu ne parleras pas pour avertir le méchant à l'égard de sa voie, lui, le méchant, mourra dans son iniquité; mais je redemanderai son sang de ta main.9Et si tu avertis le méchant à l'égard de sa voie, pour qu'il s'en détourne, et qu'il ne se détourne pas de sa voie, il mourra, lui, dans son iniquité; mais toi, tu as délivré ton âme.
10Et toi, fils d'homme, dis à la maison d'Israël: Vous avez parlé ainsi, disant: Nos transgressions et nos péchés sont sur nous, et nous sommes consumés par eux, et comment vivrions-nous?11Dis-leur: Je suis vivant, dit le Seigneur, l'Éternel, si je prends plaisir en la mort du méchant,... mais plutôt à ce que le méchant se détourne de sa voie et qu'il vive! Détournez-vous, détournez-vous de vos mauvaises voies; et pourquoi mourriez-vous, maison d'Israël?12Et toi, fils d'homme, dis aux fils de ton peuple: La justice du juste ne le délivrera pas, au jour de sa transgression; et la méchanceté du méchant ne le fera pas tomber, au jour où il se détournera de sa méchanceté; et le juste ne pourra pas vivre par sa justice, au jour où il péchera.13Quand j'aurai dit au juste que certainement il vivra, et que lui se confie en sa justice et commette l'iniquité, de tous ses actes justes, aucun ne viendra en mémoire, mais dans son iniquité qu'il a commise il mourra.14Et quand j'aurai dit au méchant: Certainement tu mourras,... s'il se détourne de son péché, et pratique le jugement et la justice;15si le méchant rend le gage, restitue ce qu'il a pillé, marche dans les statuts de la vie, en ne commettant pas l'iniquité, certainement il vivra, il ne mourra pas.16De tous ses péchés qu'il a commis, aucun ne viendra en mémoire contre lui: il a pratiqué le jugement et la justice; certainement il vivra.17Et les fils de ton peuple disent: La voie du Seigneur n'est pas réglée; mais c'est eux dont la voie n'est pas réglée.18Quand le juste se détournera de sa justice et pratiquera l'iniquité, il en mourra.19Et quand le méchant se détournera de sa méchanceté et pratiquera le jugement et la justice, il vivra à cause de cela.20Et vous dites: La voie du Seigneur n'est pas réglée. Je vous jugerai, chacun selon ses voies, maison d'Israël.

Au début de cette nouvelle division, l’Éternel rappelle au prophète ses consignes de sentinelle (voir Éz. 3:16…): avertir le méchant, l’exhorter à se détourner de sa voie d’iniquité. C’est aussi le service de chaque racheté du Seigneur, car il connaît par la Parole le sérieux du temps actuel. Si ma trompette rend un son confus (1 Cor. 14:8)… ou reste muette, Dieu se pourvoira d’une autre sentinelle, mais j’aurai manqué à ma responsabilité et il m’en sera demandé compte. L’apôtre Paul avait fidèlement rempli ce service à Éphèse, et il peut dire aux anciens de cette ville: «Je suis net du sang de tous;… je n’ai cessé d’avertir chacun de vous avec larmes» (Actes 20:26, 27, 31).

Le v. 10 peut s’appliquer à tous ceux qui ont conscience du poids de leurs péchés sans connaître encore le Dieu qui pardonne. En réponse à ces exercices, l’Éternel répète sa précieuse déclaration du Éz. 18:23: «Je suis vivant… si je prends plaisir en la mort du méchant… mais plutôt à ce que le méchant se détourne de sa voie et qu’il vive» (v. 11)! «Car Dieu a tant aimé le monde, qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse pas, mais qu’il ait la vie éternelle» (Jean 3:16).

Ézéchiel 33:21-33
21Et il arriva, la douzième année de notre transportation, au dixième mois, le cinquième jour du mois, qu'un réchappé de Jérusalem vint vers moi, disant: La ville est frappée.22Et la main de l'Éternel avait été sur moi le soir avant que vint le réchappé, et elle avait ouvert ma bouche jusqu'à ce qu'il vînt vers moi le matin; ainsi ma bouche fut ouverte, et je ne fus plus muet.23Et la parole de l'Éternel vint à moi, disant:24Fils d'homme, les habitants de ces lieux désolés, sur la terre d'Israël, parlent, disant: Abraham était un seul, et il a hérité le pays; et nous sommes plusieurs, le pays nous est donné pour héritage.25C'est pourquoi dis-leur: Ainsi dit le Seigneur, l'Éternel: Vous mangez avec le sang, et vous levez vos yeux vers vos idoles, et vous versez le sang: et vous hériteriez le pays?26Vous vous roidissez sur votre épée, vous commettez des abominations, et vous rendez impure, chacun de vous, la femme de son prochain: et vous hériteriez le pays?27Tu leur diras ainsi: Ainsi dit le Seigneur, l'Éternel: Je suis vivant, si ceux qui sont dans les lieux désolés ne tombent par l'épée; et si je ne livre aux bêtes celui qui est par les champs, afin qu'elles le dévorent; et si ceux qui sont dans les lieux forts et dans les cavernes ne meurent de la peste!28Et je réduirai le pays en désolation et en désert; et l'orgueil de sa force cessera; et les montagnes d'Israël seront dévastées, de sorte que personne n'y passera.29Et ils sauront que je suis l'Éternel, quand j'aurai réduit le pays en désolation et en désert, à cause de toutes leurs abominations qu'ils ont commises.
30Et toi, fils d'homme, les fils de ton peuple parlent contre toi auprès des murs et aux entrées des maisons, et ils parlent l'un avec l'autre, chacun avec son frère, disant: Venez donc, et écoutez quelle est la parole qui est sortie de la part de l'Éternel.31Et ils viennent vers toi comme vient un peuple, et ils s'asseyent devant toi comme étant mon peuple; et ils entendent tes paroles, mais ils ne les pratiquent pas; car de leur bouche ils disent des choses agréables, mais leur coeur va après leur gain déshonnête.32Et voici, tu es pour eux comme un chant agréable, une belle voix, et quelqu'un qui joue bien; et ils entendent tes paroles, mais ils ne les pratiquent nullement.33Et quand la chose arrivera (la voici qui arrive), alors ils sauront qu'il y a eu un prophète au milieu d'eux.

Ézéchiel reçoit la nouvelle de la prise de Jérusalem. L’Éternel lui avait précisé dès le premier jour du siège de quelle manière il en serait averti (comp. v. 21, 22 avec Éz. 24:25-27). Et Il va maintenant réduire le pays en désert à cause de l’orgueil de ceux qui restent en Judée.

La fin du chapitre (v. 30-33) est bien solennelle. Elle nous montre que les paroles d’Ézéchiel étaient appréciées: un chant agréable, une belle voix! Malheureusement on ne les pratiquait nullement. Et sans doute est-ce pour ce motif que le prophète avait été rendu muet pendant un temps (v. 22); c’était un jugement sur le peuple et non sur lui. Car la trompette d’une sentinelle ne résonne pas pour qu’on jouisse de sa mélodie. Il s’agit d’un signal d’alerte. Malheur à ceux qui n’en tiennent pas compte!

N’en est-il pas de même aujourd’hui? Certains soi-disant chrétiens paraissent entendre avec plaisir les prédications… mais ne sont nullement disposés à mettre en pratique ce qui leur est enseigné. D’où cela vient-il? D’un manque de droiture! L’apparence qu’on se donne ne correspond pas à l’état véritable du cœur (fin du v. 31; Ésaïe 29:13). Le Seigneur dira d’Israël: «Ce peuple-ci m’honore des lèvres, mais leur cœur est fort éloigné de moi» (Ésa. 29:13; Marc 7:6).

Ézéchiel 34:1-16
1Et la parole de l'Éternel vint à moi, disant:2Fils d'homme, prophétise contre les pasteurs d'Israël; prophétise, et dis-leur, à ces pasteurs: Ainsi dit le Seigneur, l'Éternel: Malheur aux pasteurs d'Israël, qui se paissent eux-mêmes! Les pasteurs ne doivent-ils pas paître le troupeau?3Vous mangez la graisse, et vous vous habillez de laine; vous égorgez ce qui est engraissé; vous ne paissez pas le troupeau.4Vous n'avez pas fortifié les brebis faibles, et vous n'avez pas guéri celle qui était malade, et vous n'avez pas bandé celle qui était blessée, et vous n'avez pas ramené celle qui était égarée, et vous n'avez pas cherché celle qui était perdue; mais vous les avez gouvernées avec dureté et rigueur.5Et elles ont été dispersées, parce qu'il n'y avait pas de pasteur, et elles étaient la pâture de toutes les bêtes des champs, et elles ont été dispersées.6Mes brebis ont erré dans toutes les montagnes et sur toute haute colline, et mes brebis ont été dispersées sur toute la face du pays, et il n'y a eu personne qui les ait recherchées, personne qui se soit enquis d'elles.
7C'est pourquoi, pasteurs, écoutez la parole de l'Éternel:8Je suis vivant, dit le Seigneur, l'Éternel: parce que mes brebis ont été une proie, et que mes brebis ont été la pâture de toutes les bêtes des champs, faute de pasteur, et que mes pasteurs n'ont pas cherché mes brebis, mais que les pasteurs se paissaient eux-mêmes, et ne paissaient pas mes brebis!...9C'est pourquoi, pasteurs, écoutez la parole de l'Éternel!10Ainsi dit le Seigneur, l'Éternel: Voici, j'en veux à ces pasteurs, et je réclamerai mes brebis de leur main; je les ferai cesser de paître le troupeau, et les pasteurs ne se paîtront plus eux-mêmes; et je délivrerai mes brebis de leur bouche, et ils ne les mangeront plus.11Car, ainsi dit le Seigneur, l'Éternel: Me voici, moi, et je rechercherai mes brebis, et j'en prendrai soin.12Comme un berger prend soin de son troupeau au jour où il est au milieu de ses brebis dispersées, ainsi je prendrai soin de mes brebis, et je les sauverai de tous les lieux où elles ont été dispersées au jour de la nuée et de l'obscurité profonde.13Et je les ferai sortir d'entre les peuples, et je les rassemblerai des pays, et les amènerai dans leur terre; et je les paîtrai sur les montagnes d'Israël, auprès des ruisseaux et dans toutes les habitations du pays;14je les ferai paître dans un bon pâturage, et leur parc sera dans les hautes montagnes d'Israël; elles seront là, couchées dans un bon parc, et paîtront dans de gras pâturages, sur les montagnes d'Israël.15Moi-même je paîtrai mes brebis, et moi je les ferai reposer, dit le Seigneur, l'Éternel.16La perdue, je la chercherai, et l'égarée, je la ramènerai, et la blessée, je la banderai, et la malade, je la fortifierai: mais je détruirai la grasse et la forte. Je les paîtrai avec jugement.

Ce chapitre condamne de la manière la plus sévère les mauvais pasteurs (rois, princes et chefs du peuple). Non seulement ils n’ont pas pris soin des brebis faibles, malades ou égarées, mais ils se sont eux-mêmes engraissés aux dépens du troupeau d’Israël. Sans crainte de Dieu et sans amour pour le peuple, ils ont agi comme si ce dernier leur appartenait, «dominant sur des héritages» au lieu d’être «les modèles du troupeau» (lire 1 Pierre 5:2-4). Devant cette complète défaillance, l’Éternel décide de s’occuper Lui-même de ses brebis. «Me voici, moi», déclare-t-Il. Et nous reconnaissons l’amour merveilleux du «Berger d’Israël» (Ps. 80:1), souligné par le contraste avec la méchanceté des mauvais bergers. Il promet de se tenir au milieu de ses brebis, de les sauver, de les rassembler, de les amener «auprès des ruisseaux», dans de «gras pâturages», de les faire reposer dans un bon parc (comp. Ps. 23). La perdue sera cherchée, l’égarée ramenée à la bergerie; la blessée sera soignée et la malade fortifiée. Il s’agit du rassemblement final et de la bénédiction d’Israël. Mais quelle image précieuse des tendres soins du Seigneur envers chacun de ses rachetés (lire 1 Pierre 5:7).

Ézéchiel 34:17-31
17Mais vous, mon troupeau, -ainsi dit le Seigneur, l'Éternel: Voici, je juge entre brebis et brebis, entre béliers et boucs.18Est-ce trop peu pour vous de brouter le bon pâturage, pour que vous fouliez avec vos pieds le reste de votre pâturage; -et de boire les eaux limpides, pour que vous troubliez le reste avec vos pieds?19Et mes brebis ont pour pâture ce que vos pieds ont foulé, et elles boivent ce que vos pieds ont troublé.20C'est pourquoi, ainsi leur dit le Seigneur, l'Éternel: Me voici, moi; et je jugerai entre la brebis grasse et la brebis maigre.21Parce que vous poussez du côté et de l'épaule, et que vous heurtez de vos cornes toutes les brebis faibles, jusqu'à ce que vous les ayez dispersées au dehors,22je sauverai mes brebis, et elles ne seront plus une proie, et je jugerai entre brebis et brebis.23Et je susciterai sur eux un pasteur qui les paîtra, mon serviteur David: lui les paîtra, et lui sera leur pasteur.24Et moi l'Éternel, je serai leur Dieu, et mon serviteur David sera prince au milieu d'eux. Moi, l'Éternel, j'ai parlé.25Et je ferai avec eux une alliance de paix, et je mettrai fin aux bêtes mauvaises dans le pays; et ils habiteront dans le désert en sécurité, et dormiront dans les forêts.26Et d'eux et des alentours de ma colline, je ferai une bénédiction; et je ferai tomber la pluie en son temps: ce seront des pluies de bénédiction.27Et l'arbre des champs donnera son fruit, et la terre donnera son rapport; et ils seront dans leur terre en sécurité, et sauront que je suis l'Éternel, quand j'aurai brisé les liens de leur joug, et que je les aurai sauvés de la main de ceux qui les tenaient asservis.28Et ils ne seront plus en proie aux nations, et les bêtes de la terre ne les dévoreront plus; mais ils habiteront en sécurité, et il n'y aura personne qui les effraye.29Et je leur susciterai un plant de renom; et ils ne seront plus enlevés par la famine dans le pays, et ils ne porteront plus l'ignominie des nations.30Et ils sauront que moi, l'Éternel, leur Dieu, je suis avec eux, et qu'eux, la maison d'Israël, ils sont mon peuple, dit le Seigneur, l'Éternel.31Et vous, mon troupeau, le troupeau de ma pâture, vous êtes des hommes; moi, je suis votre Dieu, dit le Seigneur, l'Éternel.

L’Éternel dénonce sévèrement l’égoïsme des brebis fortes et grasses et promet qu’il redressera les torts faits à celles qui sont maigres et faibles. Puis Il désigne, nous comprenons avec quelle satisfaction et quel amour, le pasteur qu’Il va susciter: son serviteur David. À travers celui-ci, fidèle berger du troupeau de son père, puis de celui d’Israël (1 Sam. 17:34, 35; 2 Sam. 5:2) Dieu veut nous parler de son Bien-aimé. «Moi je suis le bon Berger», dit Jésus, en contraste avec tous les mauvais pasteurs dont nous a parlé le début de ce chapitre. Il était ému de compassion envers les foules d’Israël lasses et dispersées comme des brebis qui n’ont pas de berger (Matt. 9:36). Or ce qui caractérise le bon Berger, c’est qu’il donne sa vie pour les brebis (Jean 10:11). Telle est bien la preuve suprême de sa bonté, dépassant tous les soins énumérés dans ce chapitre. «Je connais les miens et je suis connu des miens» ajoute le Seigneur, parole que nous pouvons rapprocher des v. 30 et 31! Écoutons encore cette touchante expression: «mon troupeau, le troupeau de ma pâture» (comp. Ps. 100:3). Au ch. 36:38 nous en trouverons d’autres: «un troupeau d’hommes… un troupeau saint… un troupeau de Jérusalem».

Ézéchiel 36:1-15
1Et toi, fils d'homme, prophétise touchant les montagnes d'Israël et dis: Montagnes d'Israël, écoutez la parole de l'Éternel:2Ainsi dit le Seigneur, l'Éternel: Parce que l'ennemi a dit contre vous: Ha ha! les hauteurs éternelles sont devenues notre possession;...3c'est pourquoi, prophétise et dis: Ainsi dit le Seigneur, l'Éternel: Parce que, oui, parce qu'on vous a désolées, et qu'on vous a englouties de toutes parts, afin que vous fussiez la possession du reste des nations, et que vous avez été en butte au bavardage de la langue et aux mauvais propos des hommes:4à cause de cela, montagnes d'Israël, écoutez la parole du Seigneur, l'Éternel: Ainsi dit le Seigneur, l'Éternel, aux montagnes et aux collines, aux ravins et aux vallées, et aux lieux déserts et désolés, et aux villes abandonnées, qui ont été la proie et la raillerie du reste des nations qui sont tout alentour;5à cause de cela, ainsi dit le Seigneur, l'Éternel: Si je ne parle dans le feu de ma jalousie contre le reste des nations, et contre Édom tout entier, qui se sont attribué mon pays comme une possession, dans toute la joie de leur coeur, dans le mépris de leurs âmes, afin de la dépouiller par le pillage!6C'est pourquoi, prophétise touchant la terre d'Israël, et dis aux montagnes et aux collines, aux ravins et aux vallées: Ainsi dit le Seigneur, l'Éternel: Voici, j'ai parlé dans ma jalousie et dans ma fureur, parce que vous avez porté l'ignominie des nations;7c'est pourquoi, ainsi dit le Seigneur, l'Éternel: J'ai levé ma main, si les nations qui sont autour de vous ne portent elles-mêmes leur ignominie!8Mais vous, montagnes d'Israël, vous pousserez vos branches, et vous porterez votre fruit pour mon peuple Israël, car ils sont près de venir.9Car voici, je pense à vous, et je me tourne vers vous: vous serez labourées et vous serez semées.10Et je multiplierai sur vous les hommes, la maison d'Israël tout entière; et les villes seront habitées, et les lieux désolés seront rebâtis;11et je multiplierai sur vous les hommes et les bêtes, et ils multiplieront et fructifieront; et je ferai que vous serez habitées comme en vos temps d'autrefois, et je vous ferai plus de bien que lors de votre commencement; et vous saurez que je suis l'Éternel.12Et je ferai marcher sur vous des hommes, mon peuple Israël; et ils te posséderont, et tu seras leur héritage, et tu ne les priveras plus d'enfants.13dit le Seigneur, l'Éternel: Parce qu'on dit de vous: Tu dévores les hommes, et tu prives d'enfants ta nation;...14c'est pourquoi tu ne dévoreras plus les hommes, et tu ne priveras plus d'enfants ta nation, dit le Seigneur, l'Éternel.15Et je ne te ferai plus entendre les insultes des nations; et tu ne porteras plus l'opprobre des peuples, et tu ne feras plus choir ta nation, dit le Seigneur, l'Éternel.

Parmi les voisins d’Israël, Édom était particulièrement coupable (v. 5). Tout le ch. 35 est une prophétie contre ces descendants d’Ésaü. Dans toute la joie mauvaise de leur cœur , ils pensaient profiter de la désolation d’Israël pour prendre possession de son territoire (Éz. 35:10). Or l’Éternel y était et Il veillait. N’avait-Il pas affirmé dès avant la naissance de Jacob et d’Ésaü: «Un peuple sera plus fort que l’autre peuple et le plus grand sera asservi au plus petit» (Gen. 25:23)? Et Il ne reviendra jamais sur sa parole.

Édom s’était moqué des «hauteurs — ou des collines — éternelles», ainsi nommées par Dieu Lui-même dans les deux bénédictions de Joseph (v. 2; Gen. 49:26; Deut. 33:15). Ces montagnes et ces collines avaient «porté l’ignominie des nations» (v. 6), car selon la coutume païenne le peuple impie y avait dressé des hauts lieux depuis les jours de Salomon (1 Rois 11:7). L’Éternel se plaira à les remplir de fruit (comp. Ps. 72:16). Comme les incrédules autrefois, les ennemis disaient de ce pays qu’il dévorait ses habitants (v. 13; Nomb. 13:33). Mais Dieu ne permettra plus aux nations d’insulter et de couvrir d’opprobre l’héritage de son peuple; il ne sera plus «en butte au bavardage de la langue et aux mauvais propos des hommes» (v. 3).

Ézéchiel 36:16-38
16Et la parole de l'Éternel vint à moi, disant:17Fils d'homme, la maison d'Israël habitait sa terre, et ils l'ont rendue impure par leur voie et par leurs actions; leur voie a été devant moi comme l'impureté d'une femme séparée à cause de ses mois;18Et je versai ma fureur sur eux, à cause du sang qu'ils avaient versé sur le pays, et parce qu'ils l'avaient rendu impur par leurs idoles;19et je les dispersai parmi les nations, et ils furent disséminés dans les pays: je les jugeai selon leur voie et selon leurs actions.20Et ils vinrent chez les nations où ils sont venus, et ils profanèrent mon saint nom, en ce qu'on disait d'eux: C'est ici le peuple de l'Éternel, et ils sont sortis du pays.21Mais j'ai épargné mon saint nom, que la maison d'Israël profana parmi les nations où ils sont venus.22C'est pourquoi, dis à la maison d'Israël: Ainsi dit le Seigneur, l'Éternel: Ce n'est point à cause de vous, maison d'Israël, que je le fais, mais c'est à cause de mon saint nom, que vous avez profané parmi les nations où vous êtes venus.23Et je sanctifierai mon grand nom, qui a été profané parmi les nations, et que vous avez profané au milieu d'elles; et les nations sauront que je suis l'Éternel, dit le Seigneur, l'Éternel, quand je serai sanctifié en vous, à leurs yeux.24Et je vous prendrai d'entre les nations, et je vous rassemblerai de tous les pays, et je vous amènerai sur votre terre;
25et je répandrai sur vous des eaux pures, et vous serez purs: je vous purifierai de toutes vos impuretés et de toutes vos idoles.26Et je vous donnerai un coeur nouveau, et je mettrai au dedans de vous un esprit nouveau; et j'ôterai de votre chair le coeur de pierre, et je vous donnerai un coeur de chair;27et je mettrai mon Esprit au dedans de vous, et je ferai que vous marchiez dans mes statuts, et que vous gardiez mes ordonnances et les pratiquiez.28Et vous habiterez dans le pays que j'ai donné à vos pères, et vous serez mon peuple, et moi je serai votre Dieu.29Et je vous délivrerai de toutes vos impuretés. Et j'appellerai le blé, et je le multiplierai, et je ne vous enverrai pas la famine;30et je multiplierai le fruit des arbres et le produit des champs, afin que vous ne portiez plus l'opprobre de la famine parmi les nations.31Et vous vous souviendrez de vos mauvaises voies et de vos actions qui ne sont pas bonnes, et vous aurez horreur de vous-mêmes à cause de vos iniquités et à cause de vos abominations.32Ce n'est point à cause de vous que je le fais, dit le Seigneur, l'Éternel: sachez-le. Soyez honteux et soyez confus à cause de vos voies, maison d'Israël!33Ainsi dit le Seigneur, l'Éternel: Au jour où je vous purifierai de toutes vos iniquités, je ferai que les villes seront habitées, et les lieux désolés seront rebâtis;34et le pays désert sera labouré, au lieu d'être une désolation aux yeux de tous les passants.35Et ils diront: Ce pays qui était désolé, est devenu comme le jardin d'Éden; et les villes ruinées et désertes et renversées sont fortifiées et habitées.36Et les nations qui demeureront de reste autour de vous, sauront que moi, l'Éternel, j'ai rebâti les villes renversées, j'ai planté ce qui était désolé. Moi, l'Éternel, j'ai parlé, et je le ferai.37Ainsi dit le Seigneur, l'Éternel: Encore en ceci je serai recherché par la maison d'Israël, pour le leur faire: je les multiplierai comme un troupeau d'hommes.38Comme un troupeau saint, comme un troupeau de Jérusalem dans ses fêtes solennelles, ainsi les villes ruinées seront remplies de troupeaux d'hommes; et ils sauront que je suis l'Éternel.

L’Éternel parle maintenant de l’œuvre qu’il veut accomplir par son Esprit dans le cœur des fils d’Israël… et de tous les hommes. Comparons le v. 26 aux paroles de Jésus à Nicodème, au sujet de la nouvelle naissance. «Si quelqu’un n’est né d’eau (v. 25) et de l’Esprit (v. 27) il ne peut entrer dans le royaume de Dieu» (Jean 3:5). L’eau qui purifie, c’est toujours la Parole que le Saint-Esprit applique à la conscience et au cœur pour être reçue et crue à salut (comp. Jean 4:14).

La vie nouvelle donnée gratuitement à tous ceux qui croient est la condition pour entrer dans le royaume et dans la famille de Dieu. Mais il ne suffit pas qu’un petit enfant vienne au monde. Il devra ensuite apprendre à marcher; plus tard il ira à l’école. Ainsi en est-il de l’enfant de Dieu (v. 27). De plus, il doit passer tôt ou tard par la grande expérience du v. 31: «Vous aurez horreur de vous-mêmes…» (voir Éz. 6:9; Éz. 20:43). C’est à cette connaissance de soi-même que l’Esprit de Dieu conduit l’âme régénérée (comp. Job 42:6).

Nicodème, docteur d’Israël, aurait dû connaître ces choses (Jean 3:10). Elles étaient expressément annoncées dans les prophètes (voir aussi Éz. 11:19; Jér. 24:7…). Et vous, ami lecteur, enseigné depuis votre enfance, ne devriez-vous pas les connaître mieux encore?

Ézéchiel 37:1-14
1La main de l'Éternel fut sur moi, et l'Éternel me fit sortir en esprit, et me posa au milieu de la plaine; et elle était remplie d'ossements;2et ils me fit passer auprès d'eux, tout autour; et voici, ils étaient fort nombreux sur la face de la plaine; et voici, ils étaient très-secs.3Et il me dit: Fils d'homme, ces os revivront-ils? Et je dis: Seigneur Éternel! tu le sais.4Et il me dit: Prophétise sur ces os, et dis-leur: Os secs, écoutez la parole de l'Éternel.5Ainsi dit le Seigneur, l'Éternel, à ces os: Voici, je fais venir en vous le souffle, et vous vivrez.6Et je mettrai sur vous des nerfs, et je ferai venir sur vous de la chair, et je vous recouvrirai de peau; et je mettrai en vous le souffle, et vous vivrez; et vous saurez que je suis l'Éternel.7Et je prophétisai selon qu'il m'avait été commandé; et comme je prophétisais, il y eut un bruit, et voici, il se fit un mouvement, et les os se rapprochèrent, un os de son os.8Et je vis, et voici, il vint sur eux des nerfs et de la chair, et de la peau les recouvrit par-dessus; mais il n'y avait pas de souffle en eux.9Et il me dit: Prophétise au souffle, prophétise, fils d'homme, et dis au souffle: Ainsi dit le Seigneur, l'Éternel: Esprit, viens des quatre vents, et souffle sur ces tués, et qu'ils vivent.10Et je prophétisai selon qu'il m'avait commandé; et le souffle entra en eux, et ils vécurent, et se tinrent sur leurs pieds, -une immense armée.11Et il me dit: Fils d'homme, ces os sont toute la maison d'Israël. Voici, ils disent: Nos os sont desséchés, et notre attente a péri; nous sommes retranchés!12C'est pourquoi prophétise, et dis-leur: Ainsi dit le Seigneur, l'Éternel: Voici, j'ouvrirai vos sépulcres, et je vous ferai monter hors de vos sépulcres, mon peuple, et je vous amènerai dans la terre d'Israël.13Et vous saurez que je suis l'Éternel, quand j'aurai ouvert vos sépulcres, et que je vous aurai fait monter hors de vos sépulcres, mon peuple.14Et je mettrai mon Esprit en vous, et vous vivrez, et je vous placerai sur votre terre; et vous saurez que c'est moi, l'Éternel, qui ai parlé et qui l'ai fait, dit l'Éternel.

Cet extraordinaire chapitre complète le précédent en nous montrant cette fois l’Éternel donnant une vie nouvelle à tout son peuple restauré. Comme l’expliquent les v. 11-14, cette vision saisissante s’applique à la résurrection nationale d’Israël (après l’enlèvement de l’Église). Le retour actuel des Juifs en Palestine paraît en être le prélude. À la parole du prophète, les os se rejoignent, les nerfs, la chair et la peau viennent les recouvrir, mais leur état de mort n’a pas changé. C’est un réveil national qui n’a rien de comparable avec le réveil spirituel que connaîtra ensuite le peuple à l’aube du règne de Christ. En effet pour donner la vie, l’Esprit de Dieu doit agir et Il le fera alors en réveillant la conscience et les affections de ce peuple (Ps. 104:30).

La complète impuissance humaine a été soulignée par la question posée au prophète (v. 3). Dans ces os il n’y a ni force ni vie. Mais tout ceci fait précisément ressortir la puissance du Dieu «qui fait vivre les morts et appelle les choses qui ne sont point comme si elles étaient» (Rom. 4:17).

Combien plus merveilleuse encore est l’œuvre qu’Il a accomplie en nous! Autrefois morts dans nos fautes, nous avons été vivifiés ensemble avec le Christ (Éph. 2:5; Col. 2:13; Jean 5:21).

Ézéchiel 37:15-28
15Et la parole de l'Éternel vint à moi, disant:16Et toi, fils d'homme, prends un bois, et écris dessus: Pour Juda, et pour les fils d'Israël, ses compagnons. Et prends un autre bois, et écris dessus: Pour Joseph, le bois d'Éphraïm et de toute la maison d'Israël, ses compagnons.17Et rapproche-les l'un de l'autre, pour qu'ils soient un seul bois, et ils ne seront qu'un dans ta main.18Et quand les fils de ton peuple te parleront, disant: Ne nous déclareras-tu pas ce que signifient pour toi ces choses?19dis-leur: Ainsi dit le Seigneur, l'Éternel: Voici, je prendrai le bois de Joseph, qui est dans la main d'Éphraïm, et les tribus d'Israël, ses compagnons; et je les mettrai sur celui-ci, savoir sur le bois de Juda, et je les ferai être un seul bois, et ils seront un dans ma main.20Et les bois sur lesquels tu auras écrit seront dans ta main, sous leurs yeux.21Et dis-leur: Ainsi dit le Seigneur, l'Éternel: Voici, je prendrai les fils d'Israël d'entre les nations où ils sont allés, et je les rassemblerai de toutes parts, et je les ferai entrer dans leur terre;22et je les ferai être une seule nation dans le pays, sur les montagnes d'Israël: un seul roi sera leur roi à tous; et ils ne seront plus deux nations, et ils ne seront plus divisés en deux royaumes.23Et ils ne se rendront plus impurs par leurs idoles, et par leurs choses exécrables, et par toutes leurs transgressions; et je les délivrerai de toutes leurs habitations où ils ont péché, et je les purifierai; et ils seront mon peuple, et moi je serai leur Dieu.24Et mon serviteur David sera roi sur eux, et il y aura un seul pasteur pour eux tous; et ils marcheront dans mes ordonnances, et ils garderont mes statuts et les pratiqueront.25Et il habiteront dans le pays que j'ai donné à mon serviteur Jacob, où vos pères ont habité; et ils y habiteront, eux et leurs fils, et les fils de leurs fils, à toujours; et David mon serviteur sera leur prince à toujours.26Et je ferai avec eux une alliance de paix, ce sera, avec eux, une alliance éternelle; et je les établirai, et je les multiplierai, et je mettrai mon sanctuaire au milieu d'eux pour toujours;27et ma demeure sera sur eux; et je serai leur Dieu, et ils seront mon peuple.28les nations sauront que moi je suis l'Éternel qui sanctifie Israël, quand mon sanctuaire sera au milieu d'eux à toujours.

Sous le règne de Roboam, les dix tribus, dont Éphraïm était le chef de file, s’étaient séparées de Juda et de Benjamin par suite de l’infidélité de Salomon. Et jamais depuis lors cette brèche n’a été réparée. Elle le sera pourtant quand paraîtra le règne de Christ, et Ézéchiel l’annonce par le moyen de ces deux bois qui dans sa main n’en forment plus qu’un (comp. Jér. 3:18). L’Éternel montre que, sans attendre ce moment, l’unité de son peuple ne cesse pas d’être dans sa pensée. Et de même les prophètes, puis les apôtres, n’ont jamais perdu de vue l’ensemble des douze tribus (1 Rois 18:31; Actes 26:7; Jac. 1:1).

Il en est de même de l’Église du Seigneur Jésus. Par la faute des hommes, son unité n’est plus visible, mais elle existe à Ses yeux et nous ne devrions jamais l’oublier. En présence de toute la confusion et des divisions de la chrétienté, il est consolant de penser qu’il n’y a qu’une seule Église véritable, composée de tous les croyants. «Il y a un seul corps» comme aussi «un seul Seigneur» : Christ, dont David est ici la figure (Éph. 4:4, 5; 1 Cor. 12:5, 12).

«Un seul roi sera leur roi à tous… et ils ne seront plus divisés» (v. 22). «Mon serviteur David sera roi sur eux et il y aura un seul pasteur pour eux tous» (comp. Jean 10:16).

Ézéchiel 38:1-23
1Et la parole de l'Éternel vint à moi, disant:2Fils d'homme, tourne ta face vers Gog, le pays de Magog, le prince de Rosh, de Méschec et de Tubal, et prophétise contre lui, et dis:3Ainsi dit le Seigneur, l'Éternel: Voici, j'en veux à toi, Gog, prince de Rosh, de Méshec et de Tubal!4et je te ferai retourner, et je mettrai un anneau dans tes mâchoires, et je te ferai sortir, toi et toute ton armée, chevaux et cavaliers, tous parfaitement équipés, un grand rassemblement, avec le bouclier et l'écu, tous portant l'épée;5avec eux la Perse, Cush, et Puth, ayant tous des boucliers et des casques; Gomer et toutes ses bandes;6la maison de Togarma, du fond du nord, et toutes ses bandes, -beaucoup de peuples avec toi.7Prépare-toi, et tiens-toi prêt, toi et tout ton rassemblement qui est assemblé auprès de toi, et sois leur chef.8Après beaucoup de jours tu seras visité: à la fin des années tu viendras dans le pays délivré de l'épée et rassemblé d'entre beaucoup de peuples, sur les montagnes d'Israël qui ont été une désolation perpétuelle, vers ceux qui sont sortis d'entre les peuples et qui habitent tous en sécurité.9Et tu monteras, tu viendras comme une tempête, tu seras comme une nuée pour couvrir le pays, toi et toutes tes bandes, et beaucoup de peuples avec toi.10Ainsi dit le Seigneur, l'Éternel: Il arrivera en ce jour-là, que des choses monteront dans ton coeur et que tu concevras une mauvaise pensée;11et tu diras: Je monterai dans un pays de villes ouvertes, je viendrai vers ceux qui sont tranquilles, qui habitent en sécurité, qui tous habitent là où il n'y a pas de murailles et chez qui il n'y a ni barres ni portes,12pour emporter un butin et faire un pillage, pour tourner ta main sur des lieux désolés de nouveau habités, et sur un peuple rassemblé d'entre les nations, qui a acquis du bétail et des biens, et habite le centre du pays.13Sheba et Dedan, et les marchands de Tarsis, et tous ses lionceaux, te diront: Est-ce pour emporter un butin que tu es venu? est-ce pour faire le pillage que tu as assemblé ton rassemblement de peuples, pour enlever de l'argent et de l'or, pour prendre le bétail et les biens, pour emporter un grand butin?
14C'est pourquoi, fils d'homme, prophétise, et dis à Gog: Ainsi dit le Seigneur, l'Éternel: En ce jour-là, quand mon peuple Israël habitera en sécurité, ne le sauras-tu pas?15Et tu viendras de ton lieu, du fond du nord, toi et beaucoup de peuples avec toi, tous montés sur des chevaux, un grand rassemblement et une nombreuse armée;16et tu monteras contre mon peuple Israël comme une nuée, pour couvrir le pays. Ce sera à la fin des jours; et je te ferai venir sur mon pays, afin que les nations me connaissent, quand je serai sanctifié en toi, ô Gog! devant leurs yeux.17Ainsi dit le Seigneur, l'Éternel: N'es-tu pas celui dont je t'ai parlé dans les jours d'autrefois, par mes serviteurs les prophètes d'Israël, qui, en ces jours-là, pendant des années, ont prophétisé que je te ferais venir contre eux?18Et il arrivera en ce jour-là, au jour où Gog viendra contre la terre d'Israël, dit le Seigneur, l'Éternel, que ma fureur me montera au visage;19-et je parle dans ma jalousie, dans le feu de mon courroux: Oui, en ce jour-là, il y aura une grande commotion sur la terre d'Israël;20et les poissons de la mer, et les oiseaux des cieux, et les bêtes des champs, trembleront devant moi, et tout ce qui rampe sur la terre, et tout homme qui est sur la face de la terre; et les montagnes seront renversées, et les hauts rochers s'écrouleront, et toutes les murailles tomberont par terre.21Et j'appellerai contre lui l'épée sur toutes mes montagnes, dit le Seigneur, l'Éternel; l'épée de chacun sera contre son frère.22Et j'entrerai en jugement avec lui par la peste et par le sang; et je ferai pleuvoir une pluie torrentielle, et des pierres de grêle, du feu et du soufre, sur lui et sur ses bandes, et sur les peuples nombreux qui seront avec lui.23Et je me glorifierai et je me sanctifierai, et je serai connu aux yeux de beaucoup de nations; et elles sauront que je suis l'Éternel.

Dans les ch. 38 et 39 entre en scène un effrayant personnage, déjà rencontré dans la prophétie sous le nom de l’Assyrien. Il porte ici le nom de Gog et sa domination s’étend sur Magog, l’ancien pays des Scythes au nord de la Mer Noire, peuple considéré autrefois comme particulièrement barbare (comp. Col. 3:11). Gog est le prince de Rosh, de Méshec et de Tubal (voir Gen. 10:2), noms dans lesquels on a pu reconnaître respectivement la Russie, Moscou et Tobolsk, capitale de la Sibérie. À la tête d’une formidable coalition de peuples asiatiques, ce chef plus terrible qu’Attila ou qu’aucun conquérant de l’histoire fondra «comme une tempête» sur le pays d’Israël pour en prendre possession. Mais Dieu interviendra directement du ciel pour les anéantir (v. 22), et de plus ces nations et races différentes s’entre-détruiront (v. 21). Il faut souvent si peu de chose pour changer les amis d’hier en adversaires acharnés. C’est de cette manière que furent sauvés jadis Josaphat et le peuple de Juda (2 Chr. 20:23). Chers amis, Celui qui peut accomplir de telles délivrances serait-Il pris au dépourvu par les dangers qui nous menacent? Laissons-Le toujours agir Lui-même chaque fois que nous avons affaire aux assauts de l’Ennemi.

Ézéchiel 39:1-29
1Et toi, fils d'homme, prophétise contre Gog, et dis: Ainsi dit le Seigneur, l'Éternel: Voici, j'en veux à toi, Gog, prince de Rosh, de Méshec et de Tubal;2et je ferai retourner, et je te mènerai, et je te ferai monter du fond du nord, et je te ferai venir sur les montagnes d'Israël.3Et j'abattrai ton arc de ta main gauche, et je ferai tomber tes flèches de ta main droite;4tu tomberas sur les montagnes d'Israël, toi et toutes tes bandes, et les peuples qui seront avec toi; je te donnerai en pâture aux oiseaux de proie de toute aile, et aux bêtes des champs;5tu tomberas sur la face des champs; car moi, j'ai parlé, dit le Seigneur, l'Éternel.6Et j'enverrai un feu en Magog et parmi ceux qui habitent les îles en sécurité; et ils sauront que je suis l'Éternel.7Et je ferai connaître mon saint nom au milieu de mon peuple Israël, et je ne profanerai plus mon saint nom; et les nations sauront que je suis l'Éternel, le Saint en Israël.
8Voici, cela vient et s'accomplit, dit le Seigneur, l'Éternel: c'est ici le jour dont j'ai parlé.9Et les habitants des villes d'Israël sortiront et allumeront du feu, et brûleront les armes, et les écus, et les boucliers avec les arcs, et les flèches, et les épieux, et les piques; et ils en feront du feu pendant sept ans.10Et ils n'apporteront point de bois des champs et ils n'en couperont point des forêts, car ils feront du feu avec des armes; et ils butineront ceux qui les ont butinés, et ils pilleront ceux qui les ont pillés, dit le Seigneur, l'Éternel.11Et il arrivera, en ce jour-là, que je donnerai là à Gog un lieu pour sépulcre en Israël, la vallée des passants, à l'orient de la mer; et le chemin sera ainsi fermé aux passants, et on enterrera là Gog et toute la multitude; et on l'appellera la vallée de Hamon-Gog.12Et la maison d'Israël les enterrera pendant sept mois, pour purifier le pays;13et tout le peuple du pays les enterrera; et ce sera un renom pour eux, le jour où je me glorifierai, dit le Seigneur, l'Éternel.14Et ils mettront à part, pour un service continuel, des hommes qui parcourront le pays et qui, avec les passants, enterreront ceux qui seront demeurés sur la face du pays, pour le purifier: au bout de sept mois ils en chercheront.15Et les passants passeront par le pays, et s'ils voient un ossement d'homme, ils élèveront à côté de lui un signal, jusqu'à ce que les enterreurs l'aient enterré dans la vallée de Hamon-Gog;16et le nom de la ville sera Hamona. Ainsi on purifiera le pays.17Et toi, fils d'homme, ainsi dit le Seigneur, l'Éternel: Dis aux oiseaux de toute aile, et à toutes les bêtes des champs: Assemblez-vous et venez, réunissez-vous de toutes parts vers mon sacrifice que je sacrifie pour vous, un grand sacrifice sur les montagnes d'Israël, et mangez de la chair et buvez du sang.18Vous mangerez la chair des forts, et vous boirez le sang des princes de la terre, -des béliers, des agneaux, des boucs, des boeufs, tous, bêtes grasses de Basan.19Vous mangerez de la graisse à satiété, et vous boirez du sang à en être enivrés, du sacrifice que j'ai sacrifié pour vous.20Et à ma table vous serez rassasiés de chevaux et d'attelages, d'hommes forts et de toute sorte d'hommes de guerre, dit le Seigneur, l'Éternel.21Et je mettrai ma gloire parmi les nations; et toutes les nations verront mon jugement, que j'aurai exécuté, et ma main, que j'aurai mise sur eux.22Et la maison d'Israël saura que je suis l'Éternel, leur Dieu, dès ce jour-là et dans la suite.
23Et les nations sauront que la maison d'Israël est allée en captivité à cause de son iniquité, parce qu'ils ont été infidèles envers moi, et que je leur avais caché ma face, et que je les avais livrés en la main de leurs ennemis; et ils sont tous tombés par l'épée.24Je leur ai fait selon leur impureté et selon leurs transgressions, et je leur ai caché ma face.25C'est pourquoi, ainsi dit le Seigneur, l'Éternel: Maintenant je rétablirai les captifs de Jacob et j'aurai compassion de toute la maison d'Israël, et je serai jaloux de mon saint nom,26et ils porteront en eux leur confusion, et toutes leurs infidélités par lesquelles ils ont été infidèles envers moi, alors qu'ils habiteront en sécurité dans leur terre et qu'il n'y aura personne qui les effraye,27quand je les aurai ramenés d'entre les peuples et que je les aurai rassemblés des pays de leurs ennemis, et que je serai sanctifié en eux aux yeux de beaucoup de nations.28Et ils sauront que je suis l'Éternel, leur Dieu, parce que je les ai emmenés captifs parmi les nations, et que je les aurai rassemblés dans leur terre, et que je n'en aurai laissé là aucun de reste.29Et je ne leur cacherai plus ma face, parce que j'aurai répandu mon Esprit sur la maison d'Israël, dit le Seigneur, l'Éternel.

Gog, ses alliés, ses vassaux et leurs hordes innombrables seront anéantis «sur les montagnes d’Israël». Pour nous donner une idée de l’ampleur effrayante de cet assaut final, le v. 9 déclare que le matériel de guerre abandonné fournira assez de combustible aux habitants pour les chauffer pendant sept ans, et le v. 14 ajoute que sept mois seront nécessaires pour enterrer les morts. Ainsi ce pays que Gog aura voulu posséder deviendra son tombeau. Et, de plus, Dieu enverra aussi un jugement en Magog, le propre territoire de l’agresseur.

Tout ce qui concerne cette destruction de l’Assyrien et de ses armées se trouve consigné depuis plus de vingt siècles dans le Livre de Dieu (comp. Éz. 38:17). Mais cela n’empêchera pas les multitudes aveuglées par Satan de se précipiter elles-mêmes sur le lieu désigné pour leur massacre. C’est ainsi que, depuis deux mille ans, l’Évangile déclare où mène le chemin large (Matt. 7:13) et pourtant combien nombreux sont ceux qui le suivent tête baissée, pour aller à la perdition.

Tels seront les derniers événements précédant le règne de Christ. Dorénavant Israël habitera en paix; il n’y aura personne qui l’effraye, et beaucoup de nations apprendront à craindre l’Éternel.

Ézéchiel 40:1-16
1En la vingt-cinquième année de notre transportation, au commencement de l'année, le dixième jour du mois, en la quatorzième année après que la ville eut été frappée, en ce même jour, la main de l'Éternel fut sur moi, et il m'amena là.2Dans les visions de Dieu, il m'amena au pays d'Israël, et me posa sur une très-haute montagne; et sur elle il y avait comme une ville bâtie, du côté du midi.3Et il m'amena là, et voici un homme dont l'aspect était comme l'aspect de l'airain; et il avait dans sa main un cordeau de lin et une canne à mesurer, et il se tenait dans la porte.4Et l'homme me dit: Fils d'homme, regarde de tes yeux, et écoute de tes oreilles, et applique ton coeur à tout ce que je te fais voir; car c'est afin de te le faire voir que tu as été amené ici. Déclare à la maison d'Israël tout ce que tu vois.
5Et voici, en dehors de la maison, un mur tout à l'entour, et, dans la main de l'homme, une canne à mesurer de six coudées, ayant chacune une coudée et une paume. Et il mesura la largeur de la construction, une canne, et la hauteur, une canne.6Et il vint à la porte qui regardait vers l'orient, et il monta par ses degrés; et il mesura le seuil de la porte, une canne en largeur, et l'autre seuil, une canne en largeur;7et chaque chambre, une canne en longueur et une canne en largeur; et entre les chambres, cinq coudées; et le seuil de la porte, du côté du portique de la porte, en dedans, une canne.8Et il mesura le portique de la porte, en dedans, une canne.9Et il mesura le portique de la porte, huit coudées, et ses piliers, deux coudées; et le portique de la porte était vers l'intérieur.10Et les chambres de la porte qui regardait vers l'orient étaient trois deçà et trois delà: elles avaient, les trois, une seule mesure, et les piliers deçà et delà, une seule mesure.11Et il mesura la largeur de l'entrée de la porte, dix coudées, et la longueur de la porte, treize coudées.12Et il y avait devant les chambres une banquette d'une coudée, et une banquette d'une coudée de l'autre côté; et chaque chambre avait six coudées deçà et six coudées delà.13Et il mesura la porte depuis le toit d'une chambre jusqu'au toit de l'autre chambre, une largeur de vingt-cinq coudées, entrée vis-à-vis d'entrée.14Et il fit des piliers, soixante coudées; et à côté du pilier était le parvis, tout autour de la porte.15Et depuis le devant de la porte d'entrée jusqu'au devant du portique de la porte intérieure, cinquante coudées.16Et il y avait aux chambres des fenêtres fermées, ainsi qu'à leurs piliers, en dedans de la porte, tout autour, et de même aux avances; et les fenêtres tout autour donnaient vers l'intérieur; et sur les piliers il y avait des palmiers.

À partir du ch. 40 et jusqu’à la fin du livre nous sommes devant une toute nouvelle vision du prophète. Elle nous transporte en Palestine pendant le millénium. Israël restauré et rassemblé, habite en sécurité; le Saint-Esprit est répandu sur lui (Éz. 39:25-29). Maintenant Dieu se plaît à décrire le lieu de sa propre habitation sur la terre, celui où sa gloire pourra de nouveau demeurer. De même que l’Éternel jadis avait montré à Moïse sur la montagne le modèle du premier tabernacle (Ex. 25:40; Héb. 8:5), Il révèle par une vision à Ézéchiel sur une autre montagne tous les détails du temple futur. Et chacun de nous peut prendre pour lui-même l’exhortation du v. 4: «Écoute de tes oreilles, et applique ton cœur à tout ce que je te fais voir». Le prophète va successivement examiner les trois portes donnant accès au parvis extérieur (ou cour). Chaque porte a l’aspect d’une petite maison traversée par un corridor central sur lequel trois chambres s’ouvrent de chaque côté.

Remarquons que la canne-mesurer dont se sert le guide est divisée en six unités ayant chacune une coudée et une paume (c’est-à-dire sept paumes), dimension que Dieu seul utilise! Ce qui doit nous apprendre à tout estimer selon Sa mesure à Lui, celle du sanctuaire.

Ézéchiel 40:35-49
35Et il m'amena à la porte du nord, et il mesura selon ces mesures-là36ses chambres, ses piliers, et ses avances; et elle avait des fenêtres tout autour: la longueur, cinquante coudées, et la largeur, vingt-cinq coudées.37Et ses piliers étaient vers le parvis extérieur; et il y avait des palmiers sur ses piliers, deçà et delà; et son escalier avait huit degrés.38Et il y avait une cellule et son entrée auprès des piliers des portes: là on lavait l'holocauste.
39Et, dans le portique de la porte, il y avait deux tables deçà et deux tables delà, pour égorger sur elles l'holocauste et le sacrifice pour le péché et le sacrifice pour le délit.40Et sur le côté, en dehors, à la montée, à l'entrée de la porte du nord, il y avait deux tables; et de l'autre côté, près du portique de la porte, deux tables:41quatre tables deçà et quatre tables delà, à côté de la porte, -huit tables, sur lesquelles on égorgeait;42et, auprès de l'escalier, quatre tables en pierre de taille, longues d'une coudée et demie, et larges d'une coudée et demie, et hautes d'une coudée; on y posait les instruments avec lesquels on égorgeait l'holocauste et les autres sacrifices.43Et les doubles crochets, d'une paume, étaient fixés à la maison, tout autour; et, sur les tables, on mettait la chair des offrandes.44Et en dehors de la porte intérieure il y avait dans le parvis intérieur deux cellules, l'une sur le côté de la porte du nord et qui regardait vers le midi, l'autre sur le côté de la porte du midi, qui regardait vers le nord.45Et il me dit: Cette cellule qui regarde vers le midi est pour les sacrificateurs qui font l'acquit de la charge de la maison;46et la cellule qui regarde vers le nord est pour les sacrificateurs qui font l'acquit de la charge concernant l'autel. Ce sont les fils de Tsadok, qui, d'entre les fils de Lévi, s'approchent de l'Éternel pour faire son service.47Et il mesura le parvis: la longueur, cent coudées, et la largeur, cent coudées, un carré; et l'autel était devant la maison.48Et il m'amena au portique de la maison; et il mesura le pilier du portique, cinq coudées deçà, et cinq coudées delà; et la largeur de la porte était de trois coudées deçà, et de trois coudées delà.49La longueur du portique était de vingt coudées, et la largeur, de onze coudées, et cela aux degrés par lesquels on y montait; et il y avait des colonnes près des piliers, une deçà et une delà.

Nous avons vu dans la première partie de ce livre que le temple de Salomon avait été profané, que Dieu en avait été en quelque sorte banni, que les sacrificateurs même y avaient adoré des idoles, et que la royauté avait tout à fait manqué à sa tâche. Les conséquences en avaient été la destruction du temple, la transportation du peuple juif ainsi que sa mise de côté comme nation. Mais Dieu ne permet jamais que ses desseins soient contrecarrés par les infidélités des hommes. Il faut que, sur les lieux mêmes où Il avait été déshonoré, Il soit pleinement glorifié, que les promesses faites à David s’accomplissent, qu’un nouveau temple soit construit, une nouvelle sacrificature instituée, sous le règne d’un nouveau roi — Christ — dominant en justice sur un peuple repentant. Tout cela sera réalisé pendant le millénium, temps du «rétablissement de toutes choses» dont parle Pierre (Actes 3:21). C’est là le sujet des ch. 40 - 48 à travers lesquels nous désirons nous laisser conduire par le Saint-Esprit, de même que le prophète est ici guidé pas à pas par son merveilleux compagnon. Avec Son secours nous visiterons aussi ce temple magnifique qui sera alors construit à Jérusalem afin que Dieu y soit recherché et adoré.

Ézéchiel 41:1-4, 15-26
1Et il m'amena dans le temple; et il mesura les piliers, six coudées en largeur deçà et six coudées en largeur delà, la largeur de la tente;2et la largeur de l'entrée, dix coudées, et les côtés de l'entrée, cinq coudées deçà et cinq coudées delà; et il mesura sa longueur, quarante coudées, et la largeur, vingt coudées.3Et il entra dans l'intérieur; et il mesura le pilier de l'entrée, deux coudées, et l'entrée, six coudées, et la largeur de l'entrée, sept coudées.4Et il mesura sa longueur, vingt coudées, et la largeur, vingt coudées, en face du temple. Et il me dit: C'est ici le lieu très-saint.
15Et il mesura la longueur du bâtiment devant la place séparée, sur le derrière, et ses galeries, deçà et delà, cent coudées; et le temple intérieur, et les portiques du parvis.16Les seuils, et les fenêtres fermées, et les galeries, à l'entour, -aux trois-(vis-à-vis des seuils il y avait une boiserie mince, tout autour, et depuis le sol jusqu'aux fenêtres, et les fenêtres étaient couvertes)17et le dessus de l'entrée, et jusqu'à la maison intérieure, et au dehors, et tout le long du mur, tout autour, intérieurement et extérieurement, tout avait ses mesures.18Et on y avait fait des chérubins et des palmiers, un palmier entre deux chérubins; et le chérubin avait deux faces:19une face d'homme vers le palmier, d'un côté, et une face de jeune lion vers le palmier, de l'autre côté; on avait fait ainsi sur toute la maison, tout autour.20Depuis le sol jusqu'au-dessus de l'entrée, on avait fait des chérubins et des palmiers, et sur le mur du temple.21Les poteaux de la porte du temple étaient carrés, ainsi que ceux du devant du lieu saint: ils avaient le même aspect.22L'autel de bois était haut de trois coudées, et sa longueur était de deux coudées; et il avait ses angles; et sa longueur et ses côtés étaient de bois. Et il me dit: C'est ici la table qui est devant l'Éternel.23Et le temple et le lieu saint avaient deux portes.24Et aux portes il y avait deux battants, deux battants tournants: deux à une porte, et deux battants à l'autre porte.25Et sur elles, sur les portes du temple, on avait fait des chérubins et des palmiers, comme on les avait faits sur les murs. Et il y avait un entablement en bois sur la façade du portique, en dehors,26et des fenêtres fermées, et des palmiers, deçà et delà, sur les côtés du portique et des chambres latérales de la maison et des entablements.

Le prophète et son guide ont passé sous le portique et pénètrent dans la maison. Elle est divisée comme le temple de Salomon en un lieu saint de quarante coudées et un lieu très-saint de forme cubique, ayant vingt coudées de côté. Malgré la surface considérable occupée par le sanctuaire et ses annexes — et qui nous parle de la grandeur du règne de Christ — nous constatons que les dimensions intérieures sont exactement les mêmes que celles du premier temple (1 Rois 6:17, 20). Le plan de Dieu est immuable; ses desseins n’ont jamais changé au sujet de Christ et de la bénédiction du monde. Et Il prend soin, si longtemps à l’avance, de les exposer dans son saint Livre comme un témoignage de sa bonté fidèle: Il accomplira ce qu’Il s’est proposé. Lire ces pages devrait tout spécialement parler à la conscience d’Israël en lui prouvant que Dieu n’a pas cessé de s’intéresser à lui.

À partir du v. 15 nous avons la description du bâtiment, puis celle de l’autel, enfin celle des portes ouvragées du sanctuaire. Leur décoration exprime les caractères du Règne: puissance en jugement (les chérubins chargés de son exécution); paix et victoire (les palmiers).

Ézéchiel 42:1-20
1Et il me fit sortir dans le parvis extérieur par le chemin qui va vers le nord; et il m'amena aux cellules qui étaient vis-à-vis de la place séparée, et qui étaient vis-à-vis du bâtiment, vers le nord,2en face de la longueur, qui était de cent coudées: l'entrée était au nord; et la largeur était de cinquante coudées,3vis-à-vis des vingt coudées qu'avait le parvis intérieur, et vis-à-vis du pavement qui était au parvis extérieur; il y avait galerie contre galerie, au troisième étage;4et devant les cellules, un passage de dix coudées de largeur; vers l'intérieur, un chemin de cent coudées; et leurs entrées étaient au nord.5Et les cellules supérieures étaient raccourcies (parce que les galeries en ôtaient une portion) en comparaison des inférieures et de celles du milieu du bâtiment.6Car elles étaient à trois étages, et n'avaient pas de colonnes comme les colonnes des parvis; c'est pourquoi le troisième étage était en retraite, en comparaison des cellules inférieures et de celles du milieu, depuis le sol.7Et le mur qui était en dehors, le long des cellules, du côté du parvis extérieur, en face des cellules, avait une longueur de cinquante coudées.8Car la longueur des cellules qui aboutissaient au parvis extérieur était de cinquante coudées; mais voici, en face du temple, elle était de cent coudées;9et, au-dessous de ces cellules, l'entrée était du côté de l'orient, lorsqu'on y arrivait du parvis extérieur.10Dans la largeur du mur du parvis, du côté du midi, vis-à-vis de la place séparée et vis-à-vis du bâtiment,11il y avait des cellules, et un passage devant elles, selon la forme des cellules qui étaient du côté du nord, selon leur longueur, selon leur largeur, et selon toutes leurs issues, et selon leurs ordonnances, et selon leurs portes d'entrée.12Et selon les entrées des cellules qui étaient du côté du midi, il y avait une entrée à la tête du chemin, du chemin qui était en face du mur correspondant, chemin venant de l'orient, quand on venait vers les cellules.13Et il me dit: Les cellules du nord et les cellules du midi, qui sont en face de la place séparée, ce sont des cellules saintes où les sacrificateurs qui s'approchent de l'Éternel mangeront les choses très-saintes; ils déposeront là les choses très-saintes: l'offrande de gâteau, et le sacrifice pour le péché, et le sacrifice pour le délit, car le lieu est saint.14Quand les sacrificateurs seront entrés, ils ne sortiront pas du lieu saint dans le parvis extérieur; mais ils déposeront là leurs vêtements dans lesquels ils font le service, car ils sont saints; et ils revêtiront d'autres vêtements, et s'approcheront de ce qui est pour le peuple.
15Et quand il eut achevé de mesurer la maison intérieure, il me fit sortir par le chemin de la porte qui regardait vers l'orient;16et il mesura l'enceinte tout autour. Il mesura le côté oriental avec la canne à mesurer: cinq cents cannes, avec la canne à mesurer, tout autour.17Il mesura le côté septentrional: cinq cents cannes, avec la canne à mesurer, tout autour.18Il mesura le côté méridional: cinq cents cannes, avec la canne à mesurer.19Il se tourna vers le côté occidental, et mesura cinq cents cannes avec la canne à mesurer.20Il la mesura des quatre côtés. Elle avait un mur tout à l'entour: la longueur, cinq cents, et la largeur, cinq cents, pour séparer ce qui est saint et ce qui était profane.

En plus des chambres qui, comme dans le premier temple, entourent la maison sur trois étages (Éz. 41:6… comp. 1 Rois 6:5) les sacrificateurs disposent d’un grand nombre de cellules donnant sur le parvis. C’est là qu’ils doivent manger les choses très saintes, les entreposer, et aussi changer de vêtements pour exercer leurs fonctions.

Nous pensons de nouveau par contraste à la position céleste des rachetés du Seigneur Jésus qui tous ont part à «un édifice de la part de Dieu, une maison qui n’est pas faite de mains, éternelle dans les cieux» (2 Cor. 5:1).

Le Seigneur pouvait révéler aux disciples que dans la maison de son Père, il y a plusieurs demeures (c’est-à-dire place pour tous; Jean 14:2). En les quittant, Il allait leur préparer des places dans ce céleste sanctuaire où bientôt tous les croyants seront reçus.

Remarquons que les cellules sont saintes (v. 13), que les sacrificateurs sont saints (v. 14), que les sacrifices sont très-saint. L’Éternel se souvient de la souillure introduite autrefois dans son temple par des rois impies (Éz. 43:8). Dorénavant un vaste mur de cinq cents cannes de côté circonscrira le sanctuaire et ses dépendances pour séparer ce qui est saint de ce qui est profane (v. 20 fin).

Ézéchiel 43:1-12
1Et il me conduisit à la porte, la porte qui regardait vers l'orient.2Et voici, la gloire du Dieu d'Israël venait du côté de l'orient; et sa voix était comme une voix de grandes eaux, et la terre était illuminée par sa gloire.3Et l'aspect de la vision que je voyais était comme la vision que j'avais vue quand je vins pour détruire la ville; et les visions étaient comme la vision que je vis près du fleuve Kebar; et je tombai sur ma face.4Et la gloire de l'Éternel entra dans la maison par le chemin de la porte qui regardait vers l'orient.5Et l'esprit m'enleva et m'amena dans le parvis intérieur; et voici, la gloire de l'Éternel remplissait la maison.6Et j'entendis quelqu'un qui me parlait depuis la maison, et un homme se tenait à côté de moi.
7Et il me dit: Fils d'homme, c'est ici le lieu de mon trône et le lieu de la plante de mes pieds, où je demeurerai au milieu des fils d'Israël à toujours. Et la maison d'Israël ne rendra plus impur mon saint nom, ni eux, ni leurs rois, par leurs prostitutions et par les cadavres de leurs rois sur leurs hauts lieux,8alors qu'ils mettaient leur seuil contre mon seuil, et leurs poteaux à côté de mes poteaux, et qu'il y avait seulement un mur entre moi et eux: et ils ont rendu mon saint nom impur par leurs abominations qu'ils ont commises, et je les ai consumés dans ma colère.9Maintenant, qu'ils éloignent de moi leurs prostitutions et les cadavres de leurs rois, et je demeurerai au milieu d'eux à toujours.10Toi, fils d'homme, montre à la maison d'Israël la maison, afin qu'ils soient confus à cause de leurs iniquités; et qu'ils en mesurent la disposition.11Et, s'ils sont confus de tout ce qu'ils ont fait, fais-leur connaître la forme de la maison, et son arrangement, et ses issues, et ses entrées, et toutes ses formes, et toutes ses ordonnances, et toutes ses formes, et toutes ses lois; et écris-les devant leurs yeux, afin qu'ils observent toute sa forme, et toutes ses ordonnances, et qu'ils les fassent.12C'est ici la loi de la maison: sur la cime de la montagne, toutes ses limites tout à l'entour sont un lieu très-saint. Voici, telle est la loi de la maison.

Le sanctuaire futur a été visité et mesuré en tous sens. Achevé, séparé de ce qui est profane, il y manque toutefois ce qui est sa raison d’être: la présence de l’Éternel. Alors, comme au jour de la dédicace du temple de Salomon, le merveilleux événement se produit: la gloire de Dieu, qu’au ch. 11 le prophète avait vue s’en aller, revient habiter la maison. La voici qui paraît, venant de l’Orient, après combien de siècles d’absence! Et ce retour est accompagné d’une promesse sans prix: «Je demeurerai au milieu des fils d’Israël à toujours» (v. 7 et 9).

Ce n’est pas seulement pour lui-même que le prophète, sentinelle vigilante, a reçu cette vision. Dieu l’invite à «montrer» la maison et sa disposition générale aux fils de son peuple (v. 10). Chose bien remarquable, l’effet produit sur eux ne sera ni l’émerveillement ni la joie, mais d’abord la confusion! Et seulement après que cette humiliation aura été produite, Ézéchiel pourra leur faire connaître tous les détails du temple nouveau (v. 11). Retenons ce principe de la plus haute importance et vrai pour tous les temps: le Seigneur ne peut nous faire connaître ses pensées que lorsque nos cœurs sont jugés.

Ézéchiel 43:13-27
13Et ce sont ici les mesures de l'autel, en coudées; la coudée est une coudée et une paume: l'embasement avait une coudée en hauteur, et une coudée en largeur; et le rebord de son avance, tout autour, un empan; et c'était la base de l'autel.14Et depuis l'embasement sur le sol jusqu'à la banquette inférieure il y avait deux coudées, et une coudée en largeur; et depuis la petite banquette jusqu'à la grande banquette, quatre coudées, et une coudée en largeur.15Et la montagne de *Dieu avait quatre coudées, et, depuis le lion de *Dieu en haut, les quatre cornes.16Et le lion de *Dieu avait douze coudées de longueur, sur douze de largeur, en carré, sur ses quatre côtés;17et la banquette, quatorze coudées de longueur, sur quatorze de largeur, sur ses quatre côtés; et le rebord qui l'entourait, une demi-coudée, et son embasement une coudée à l'entour; et ses degrés regardaient vers l'orient.18Et il me dit: Fils d'homme, ainsi dit le Seigneur, l'Éternel: Ce sont ici les ordonnances de l'autel, au jour où il sera fait, pour y offrir des holocaustes et pour faire aspersion du sang sur lui.19Et aux sacrificateurs Lévites, qui sont de la semence de Tsadok, qui s'approchent de moi, pour faire mon service, dit le Seigneur, l'Éternel, tu donneras un jeune taureau comme sacrifice pour le péché.20Et tu prendras de son sang, et tu le mettras sur les quatre cornes de l'autel, et sur les quatre coins de la banquette, et sur le rebord, tout à l'entour; et tu le purifieras, et tu feras propitiation pour lui.21Et tu prendras le taureau du sacrifice pour le péché, et on le brûlera dans le lieu de la maison, désigné pour cela, en dehors du sanctuaire.22Et le second jour, tu présenteras un bouc sans défaut, comme sacrifice pour le péché; et on purifiera l'autel comme on l'avait purifié par le taureau.23Quand tu auras achevé de purifier l'autel, tu présenteras un jeune taureau sans défaut, et un bélier du menu bétail, sans défaut;24et tu les présenteras devant l'Éternel, et les sacrificateurs jetteront du sel sur eux, et les offriront en holocauste à l'Éternel.25Pendant sept jours, tu offriras un bouc en sacrifice pour le péché, chaque jour; et on offrira un jeune taureau et un bélier du menu bétail, sans défaut.26Pendant sept jours, on fera propitiation pour l'autel, et on le purifiera, et on le consacrera.27Et quand les jours seront achevés, il arrivera que, dès le huitième jour et ensuite, les sacrificateurs offriront sur l'autel vos holocaustes et vos sacrifices de prospérités; et je vous aurai pour agréables, dit le Seigneur, l'Éternel.

Le ch. 41 mentionnait l’autel de bois placé à l’intérieur de la maison. Il s’agit maintenant de l’autel des sacrifices au milieu du parvis intérieur: sa description, ses mesures, enfin les instructions concernant son service.

Beaucoup se sont étonnés de retrouver des sacrifices dans le temple futur, croyant y voir une contradiction avec la pleine suffisance de l’œuvre de Christ. En effet, l’épître aux Hébreux affirme qu’il est impossible que le sang de taureaux et de boucs ôte les péchés. C’est pourquoi Jésus s’est présenté, offrant «une fois pour toutes… un seul sacrifice pour les péchés» (Héb. 10:1…). Mais il ne s’agit pas ici d’un retour en arrière; l’œuvre parfaite du Seigneur à la croix sera la base de la bénédiction d’Israël comme elle assure celle de l’Église (Ps. 22:23…). On peut donc comprendre qu’au lieu d’être «un acte remémoratif de péchés» comme ceux d’autrefois, les sacrifices brûlés sur cet autel serviront à rappeler celui de Christ-la croix. Souvenir visible, nécessaire au cœur oublieux de l’homme, ils seront en quelque mesure pour l’Israël de Dieu et le peuple qui naîtra ce que la cène est aujourd’hui pour les chrétiens (Ps. 22:31).

Ézéchiel 44:1-14
1Et il me fit retourner vers la porte extérieure du sanctuaire, qui regardait vers l'orient, et elle était fermée.2Et l'Éternel me dit: Cette porte sera fermée; elle ne sera pas ouverte, et personne n'entrera par elle; car l'Éternel, le Dieu d'Israël, est entré par elle; et elle sera fermée.3Quant au prince, le prince, lui, y sera assis pour manger le pain devant l'Éternel. Il entrera par le chemin du portique de cette porte, et il sortira par le même chemin.
4Et il m'amena par la porte du nord, devant la maison; et je vis, et voici, la gloire de l'Éternel remplissait la maison de l'Éternel; et je tombai sur ma face.5Et l'Éternel me dit: Fils d'homme, applique ton coeur et regarde de tes yeux, et écoute de tes oreilles tout ce que je te dis concernant toutes les ordonnances de la maison de l'Éternel et toutes ses lois; et applique ton coeur à considérer l'entrée de la maison, ainsi que toutes les issues du sanctuaire;6et dis aux rebelles, à la maison d'Israël: Ainsi dit le Seigneur, l'Éternel: C'en est assez de toutes vos abominations, maison d'Israël,7que vous ayez amené les fils de l'étranger, incirconcis de coeur et incirconcis de chair, pour qu'ils fussent dans mon sanctuaire, -ma maison, -pour le profaner quand vous avez présenté mon pain, la graisse et le sang; et ils ont rompu mon alliance par toutes vos abominations!8Et vous n'avez pas vaqué au service de mes choses saintes, mais vous avez établi pour vous des étrangers pour vaquer à mon service dans mon sanctuaire.9Ainsi dit le Seigneur, l'Éternel: Aucun étranger, incirconcis de coeur et incirconcis de chair, n'entrera dans mon sanctuaire, d'entre tous les étrangers qui sont au milieu des fils d'Israël.
10Mais les Lévites, qui se sont éloignés de moi dans les égarements d'Israël par lesquels ils se sont égarés d'auprès de moi en allant après leurs idoles, porteront leur iniquité,11mais ils serviront dans mon sanctuaire comme gardes aux portes de la maison, et feront le service de la maison; ils égorgeront pour le peuple l'holocauste et le sacrifice, et ils se tiendront devant eux pour les servir.12Parce qu'ils les ont servis devant leurs idoles, et ont été à la maison d'Israël une pierre d'achoppement pour l'iniquité, à cause de cela j'ai levé ma main contre eux, dit le Seigneur, l'Éternel: ils porteront leur iniquité!13Et ils ne s'approcheront pas de moi pour exercer la sacrificature devant moi, ni pour s'approcher de toutes mes choses saintes, dans ce qui concerne les choses très-saintes; et ils porteront leur ignominie, et leurs abominations qu'ils ont commises.14Et je les établirai pour faire l'acquit de la charge de la maison, pour tout son service, et pour tout ce qui y sera fait.

À l’exception du prince (qui sera comme le vice-Roi représentant le Christ en haut, sur la terre soumise et bénie), personne ne devra plus se servir de la porte par laquelle est entrée la gloire de l’Éternel. Nouveau contraste avec le chrétien! Celui-ci a libre accès dans les lieux célestes où est son Sauveur, par le même chemin de résurrection.

Ézéchiel contemple la gloire qui remplit le sanctuaire, et tombe sur sa face comme au commencement (Éz. 1:28). Alors l’Éternel lui explique quelles obligations de sainteté découlent de Sa présence. Aucun étranger ne pourra pénétrer dans son temple. D’où la nécessité de veiller aux portes. L’Éternel désigne des gardes (v. 11). Ils se tiendront dans les chambres disposées à l’intérieur de chaque porte et vérifieront l’identité de tous ceux qui voudront entrer. Ces fonctions reviennent aux Lévites. Ils avaient été «une pierre d’achoppement» pour les fils de leur peuple en les servant devant leurs idoles (v. 12; Mal. 2:8, 9). La miséricorde de Dieu leur confie de nouveau une charge, mais moins importante que jadis. Leçon pour nous! Nos infidélités comportent d’inévitables conséquences, non pour le service mais pour nous-mêmes et elles pourraient nous priver d’une partie de notre travail au profit d’autres ouvriers plus fidèles.

Ézéchiel 44:15-31
15Mais les sacrificateurs, les Lévites, fils de Tsadok, qui ont fait l'acquit de la charge de mon sanctuaire, quand les fils d'Israël se sont égarés d'auprès de moi, eux s'approcheront de moi pour faire mon service, et se tiendront devant moi, pour me présenter la graisse et le sang, dit le Seigneur, l'Éternel.16Eux entreront dans mon sanctuaire, et eux s'approcheront de ma table pour faire mon service, et ils feront l'acquit de la charge que je leur confie.
17Et il arrivera que, quand ils entreront dans les portes du parvis intérieur, ils se revêtiront de vêtements de lin, et ils ne porteront pas de laine sur eux pendant leur service dans les portes du parvis intérieur et vers la maison.18Ils auront des turbans de lin sur leur tête, et des caleçons de lin sur leurs reins; ils ne se ceindront pas avec ce qui fait transpirer.19Et quand ils sortiront dans le parvis extérieur vers le peuple, ils ôteront leurs vêtements dans lesquels ils auront fait le service, et les déposeront dans les cellules saintes; et ils revêtiront d'autres vêtements, afin de ne pas sanctifier le peuple par leurs vêtements.20Et ils ne se raseront pas la tête, et ne laisseront pas croître librement leurs cheveux; ils auront soin de couper les cheveux de leurs têtes.21Et aucun sacrificateur ne boira de vin quand il entrera dans le parvis intérieur.22Et ils ne prendront pas pour femme une veuve, ni une répudiée; mais ils prendront une vierge de la semence de la maison d'Israël, ou une veuve qui sera veuve d'un sacrificateur.23Et ils instruiront mon peuple à distinguer entre ce qui est saint et ce qui est profane, et lui feront connaître la différence entre ce qui est impur et ce qui est pur.24Et, dans les contestations, ils se tiendront là pour juger; ils jugeront par mes jugements, et ils garderont mes lois et mes statuts dans toutes mes solennités, et ils sanctifieront mes sabbats.25Et ils n'entreront pas auprès d'un homme mort, pour se rendre impurs; mais pour un père ou pour une mère, ou pour un fils ou pour une fille, pour un frère ou pour une soeur qui n'a pas été mariée, ils se rendront impurs.26Et après qu'il se sera purifié, on comptera sept jours pour celui qui s'est rendu impur.27Et au jour où il entrera dans le lieu saint, dans le parvis intérieur, pour faire le service dans le lieu saint, il présentera son sacrifice pour le péché, dit le Seigneur, l'Éternel.28Et mon service leur sera pour héritage: moi, je suis leur héritage; et vous ne leur donnerez pas de possession en Israël: moi, je suis leur possession.29mangeront l'offrande de gâteau, et le sacrifice pour le péché, et le sacrifice pour le délit; et tout ce qui est voué à Dieu en Israël leur appartiendra.30Et les prémices de tous les premiers fruits de toute espèce, et toute offrande élevée de toute espèce, de toutes vos offrandes élevées, appartiendront aux sacrificateurs; et les prémices de votre pâte, vous les donnerez au sacrificateur, pour faire reposer la bénédiction sur ta maison.31Les sacrificateurs ne mangeront de rien de ce qui est mort de soi-même ou de ce qui a été déchiré, soit d'entre les oiseaux, soit d'entre le bétail.

Éléazar et Ithamar, fils d’Aaron, s’étaient partagé la sacrificature après la mort de leurs frères Nadab et Abihu (Nomb. 3:4). Plus tard la branche issue d’Ithamar perdit ses droits à cause de la corruption des fils d’Éli et de la trahison d’Abiathar (1 Sam. 3:12, 13; 1 Rois 1:7, 8; 1 Rois 2:27). Aussi est-il précisé que les sacrificateurs sont fils de Tsadok, de la famille d’Éléazar (1 Chr. 6:50-53). Pas plus qu’autrefois cette charge ne s’obtiendra par des capacités personnelles, mais exclusivement par droit de naissance (Ps. 87:5). Et il en est de même aujourd’hui des rachetés du Seigneur. En vertu de la nouvelle naissance, tous ont droit au beau titre de sacrificateur.

Mais, comme tout privilège, celui-ci entraîne également des devoirs. Les instructions données aux sacrificateurs sont très précises tant pour l’accomplissement de leur service que pour leur vie familiale (comp. Lév. 21). Ils devront veiller spécialement à la pureté, et c’est aussi notre responsabilité de nous tenir à l’abri de la souillure, nous qui sommes par grâce «une sainte sacrificature pour offrir des sacrifices spirituels, agréables à Dieu par Jésus Christ» (1 Pierre 2:5; aussi 1 Thess. 4:4).

Ézéchiel 45:1-17
1Et quand vous partagerez par le sort le pays en héritage, vous offrirez en offrande élevée à l'Éternel une portion du pays sanctifiée: la longueur, vingt-cinq mille coudées en longueur, et la largeur, dix mille. Elle sera sainte dans toutes ses limites à l'entour.2De celle-ci il y aura, pour le lieu saint, cinq cents cannes sur cinq cents, un carré, à l'entour; et il aura cinquante coudées de banlieue, à l'entour.3Et, d'après cette mesure, tu mesureras en longueur vingt-cinq mille, et en largeur dix mille; et le sanctuaire sera là, le lieu très-saint.4Ce sera une portion sanctifiée du pays; elle sera pour les sacrificateurs qui font le service du sanctuaire, qui s'approchent pour servir l'Éternel; et ce sera un lieu pour leurs maisons, et un lieu consacré pour le sanctuaire.5un espace de vingt-cinq mille en longueur et de dix mille en largeur sera aux Lévites qui font le service de la maison; ils l'auront comme possession pour leurs lieux d'habitation.6Et, pour possession de la ville, vous donnerez cinq mille en largeur, et vingt-cinq mille en longueur, le long de la sainte offrande élevée: ce sera pour toute la maison d'Israël.7Et il y aura une portion pour le prince, d'un côté et de l'autre côté de la sainte offrande élevée et de la possession de la ville, en face de la sainte offrande élevée et en face de la possession de la ville, au côté occidental vers l'occident, et au côté oriental vers l'orient; et la longueur en sera vis-à-vis de l'une des portions des tribus, depuis la limite occidentale jusqu'à la limite vers l'orient.8Elle lui appartiendra comme terre, comme possession en Israël; et mes princes n'opprimeront plus mon peuple, mais ils laisseront le pays à la maison d'Israël, selon leurs tribus.
9Ainsi dit le Seigneur, l'Éternel: C'en est assez, princes d'Israël! Otez la violence et la rapine, et pratiquez le jugement et la justice; cessez d'expulser mon peuple de leur terre, dit le Seigneur, l'Éternel.10Ayez des balances justes, et un épha juste, et un bath juste.11L'épha et le bath auront une même mesure, en sorte que le bath contienne la dixième partie d'un khomer, et l'épha, la dixième partie d'un khomer; leur mesure correspondra au khomer.12Et le sicle sera de vingt guéras; vingt sicles, vingt-cinq sicles, quinze sicles, seront votre mine.
13C'est ici l'offrande élevée que vous offrirez: sur un khomer de froment, le sixième d'un épha, et sur un khomer d'orge, le sixième d'un épha;14et la redevance en huile, pour un bath d'huile, le dixième d'un bath sur un cor d'huile, le dixième d'un bath sur un cor, qui est un khomer de dix baths (car dix baths font un khomer);15et une brebis du petit bétail sur deux cents, des pâturages arrosés d'Israël; -pour offrande de gâteau, et pour holocauste, et pour sacrifices de prospérités, pour faire propitiation pour eux, dit le Seigneur, l'Éternel.16Tout le peuple du pays sera obligé à cette offrande élevée pour le prince en Israël.17Et le prince sera chargé de fournir les holocaustes, et l'offrande de gâteau, et la libation, aux jours de fête, et aux nouvelles lunes, et aux sabbats, dans toutes les solennités de la maison d'Israël. Lui, offrira le sacrifice pour le péché, et l'offrande de gâteau, et l'holocauste, et les sacrifices de prospérités, pour faire propitiation pour la maison d'Israël.

L’offrande élevée est une portion de territoire qui sera réservée à l’Éternel dans le partage du pays. Les sacrificateurs y habiteront (v. 4). Les possessions des Lévites, de la ville et du prince sont ensuite délimitées. Car Dieu veille à ce qu’il ne puisse plus y avoir d’oppression ni d’injustice en Israël (comp. v. 9 et Éz. 46:18).

Le même nom d’offrande élevée s’applique aux dons que les Israélites feront à l’Éternel proportionnellement au revenu de leurs champs et de leurs troupeaux (comp. Lév. 27:30). Comme chrétiens sous la grâce, nous ne sommes pas astreints à verser telle partie de ce que nous possédons. Aurions-nous pour cela moins d’empressement à donner pour le service du Seigneur?

Les différents sacrifices ordonnés par le Lévitique se retrouvent aux v. 15-17. L’holocauste nous rappelle que Christ s’est offert à Dieu en parfum de bonne odeur (Éph. 5:2). L’offrande de gâteau parle de sa vie de souffrance et de dévouement. Dans le sacrifice de prospérités nous pouvons nous nourrir de Christ assurant toutes nos bénédictions et devenant ainsi la base du culte. Enfin le sacrifice pour le péché présente la sainte Victime envoyée par Dieu pour être la propitiation pour nos péchés (1 Jean 2:2; 1 Jean 4:10).

Ézéchiel 45:21-25; Ézéchiel 46:1-11
21Au premier mois, le quatorzième jour du mois, sera pour vous la Pâque, une fête de sept jours; on mangera des pains sans levain.22Et le prince offrira en ce jour-là, pour lui-même et pour tout le peuple du pays, un taureau en sacrifice pour le péché.23Et, les sept jours de la fête, il offrira à l'Éternel, comme holocauste, sept taureaux et sept béliers sans défaut, chaque jour, les sept jours; et, en sacrifice pour le péché, un bouc, chaque jour.24Et il offrira, comme offrande de gâteau, un épha par taureau, et un épha par bélier, et de l'huile, un hin par épha.25Au septième mois, le quinzième jour du mois, à la fête, il fera selon ces ordonnances, sept jours, quant au sacrifice pour le péché, quant à l'holocauste, et quant à l'offrande de gâteau, et quant à l'huile.
1Ainsi dit le Seigneur, l'Éternel: La porte du parvis intérieur, qui regarde vers l'orient, sera fermée les six jours de travail; mais le jour du sabbat, elle sera ouverte, et le jour de la nouvelle lune, elle sera ouverte.2Et le prince viendra du dehors par le chemin du portique de la porte, et il se tiendra près des poteaux de la porte, et les sacrificateurs offriront son holocauste et ses sacrifices de prospérités; et il rendra son culte sur le seuil de la porte, et il sortira; et la porte ne se fermera pas jusqu'au soir.3Et le peuple du pays rendra son culte à l'entrée de cette porte, les jours de sabbat et aux nouvelles lunes, devant l'Éternel.4Et l'holocauste que le prince présentera à l'Éternel, le jour du sabbat, sera de six agneaux sans défaut, et d'un bélier sans défaut;5et l'offrande de gâteau, d'un épha pour le bélier; et pour les agneaux, l'offrande de gâteau sera ce que sa main peut donner; et de l'huile, un hin par épha.6Et, au jour de la nouvelle lune, un jeune taureau sans défaut, et six agneaux, et un bélier;7ils seront sans défaut; et il offrira une offrande de gâteau d'un épha pour le taureau, et d'un épha pour le bélier; et, pour les agneaux, selon ce que sa main aura pu trouver; et de l'huile, un hin par épha.8Et quand le prince entrera, il entrera par le chemin du portique de la porte, et il sortira par le même chemin.9Et quand le peuple du pays entrera devant l'Éternel, lors des solennités, celui qui entrera par le chemin de la porte du nord, pour rendre son culte, sortira par le chemin de la porte du midi; et celui qui entrera par le chemin de la porte du midi, sortira par le chemin de la porte du nord; il ne s'en retournera pas par le chemin de la porte par laquelle il est entré, mais il sortira par celle qui est vis-à-vis.10Et le prince entrera au milieu d'eux, quand ils entreront; et, quand ils sortiront, ils sortiront ensemble.11Et aux fêtes, et aux solennités, l'offrande de gâteau sera d'un épha pour le taureau, et d'un épha pour le bélier; et, pour les agneaux, ce que sa main peut donner; et de l'huile, un hin par épha.

Le ch. 45 se termine sur les instructions concernant la Pâque, première des trois grandes fêtes annuelles (Deut. 16). Dorénavant chaque Israélite pourra comprendre sa signification précieuse et penser à l’Agneau de Dieu dont le sang l’a mis à l’abri du jugement. La seconde fête, celle de la Pentecôte n’est pas mentionnée ici, et nous comprenons pourquoi: elle concerne l’Église dont la part est céleste et n’a pas sa place dans ce tableau du règne terrestre. Par contre il est question au v. 25 de la troisième solennité simplement appelée «la fête». Il s’agit des Tabernacles, mais il en est dit ici très peu de chose puisqu’elle préfigurait le millénium, lequel sera arrivé.

Le ch. 46 fixe les cérémonies du sabbat et de la nouvelle lune, ainsi que les obligations du prince à leur sujet.

L’importance et la précision de cette vision prophétique nous ont peut-être surpris. Mais, répétons-le, après avoir été tellement déshonoré en Israël, il est juste que Dieu s’étende avec satisfaction sur ce culte futur par lequel, enfin, Il sera glorifié sur la terre. Et Il veut nous en réjouir avec Lui, nous qui déjà Lui offrons la louange comme étant son peuple céleste.

Ézéchiel 47:1-12
1Et il me fit retourner à l'entrée de la maison, et voici des eaux qui sortaient de dessous le seuil de la maison, vers l'orient, car la façade de la maison était tournée vers l'orient. Et les eaux descendaient de dessous, du côté droit de la maison, au midi de l'autel.2Et il me fit sortir par le chemin de la porte du nord, et il me fit faire le tour par dehors vers la porte extérieure, vers la porte qui regarde vers l'orient; et voici des eaux qui coulaient du côté droit.3Quand l'homme sortit vers l'orient, il avait un cordeau dans sa main; et il mesura mille coudées, et me fit traverser les eaux, -des eaux montant jusqu'aux chevilles des pieds.4Et il mesura mille coudées, et me fit traverser les eaux, -des eaux montant jusqu'aux genoux. Et il mesura mille coudées, et me fit traverser, -des eaux montant jusqu'aux reins.5Et il mesura mille coudées: c'était une rivière que je ne pouvais traverser, car les eaux avaient crû, des eaux où il fallait nager, une rivière qu'on ne pouvait traverser.6Et il me dit: As-tu vu, fils d'homme? Et il me fit aller et retourner sur le bord de la rivière.7Quand j'y fus retourné, voici, au bord de la rivière, des arbres en très-grand nombre, d'un côté et de l'autre.8Et il me dit: Ces eaux sortent vers la contrée orientale, et elles descendent dans la plaine et parviennent jusqu'à la mer; lorsqu'elles se seront déversées dans la mer, les eaux de la mer seront rendues saines.9Et il arrivera que tout être vivant qui se meut partout où parvient la double rivière, vivra. Et il y aura une très-grande quantité de poissons, car ces eaux parviendront là, et les eaux de la mer seront rendues saines; et tout vivra, là où parviendra la rivière.10Et les pêcheurs se tiendront auprès d'elle: depuis En-Guédi jusqu'à En-Églaïm, ce sera un lieu pour étendre les filets. Leur poisson sera selon ses espèces, comme le poisson de la grande mer, en très grand nombre.11Ses marais et ses étangs ne seront pas assainis, ils seront abandonnés au sel.12Et sur la rivière, sur son bord, d'un côté et de l'autre, croissaient toutes sortes d'arbres dont on mange. Leur feuille ne se flétrira pas, et leur fruit ne cessera pas: tous les mois ils porteront du fruit mûr; car ses eaux sortent du sanctuaire. Et leur fruit sera pour nourrir, et leur feuille, pour guérir.

Dans ce temple de l’avenir, il reste au prophète à considérer un merveilleux détail. De dessous le seuil, comme du trône même de Dieu, jaillit une source fraîche, puissante, intarissable. Elle coule en s’élargissant (bien qu’il ne soit pas question d’affluents) et Ézéchiel, longeant la rivière avec son compagnon céleste, est invité à la traverser de mille en mille coudées. Bientôt il cesse d’avoir pied: ce sont «des eaux où il fallait nager».

Image précieuse de ce fleuve de la grâce qui jaillit pour nous du saint Lieu. Comme le prophète, nous apprenons-en apprécier la profondeur au fur et à mesure que nous avançons dans notre carrière chrétienne, jusqu’à réaliser que cette grâce est insondable (2 Pierre 3:18).

Ce fleuve extraordinaire coulera vers l’Orient, apportant la vie et la fertilité dans la région actuellement la plus désolée du globe: celle de la mer Morte (v. 8; comp. Joël 3:18 et Zach. 14:8); cette dernière sera rendue saine et poissonneuse; le désert changé en sources jaillissantes (Ésa. 41:18); rien ne rappellera plus la malédiction de Sodome. Ainsi la grâce divine et vivifiante produit du fruit pour Dieu partout où elle se répand, comme elle le fait dans notre propre cœur (Jean 7:38).

Ézéchiel 47:13-23; Ézéchiel 48:1-7
13Ainsi dit le Seigneur, l'Éternel: C'est ici la frontière selon laquelle vous donnerez le pays en héritage aux douze tribus d'Israël. Joseph aura deux parts.14Et vous l'hériterez l'un comme l'autre, le pays au sujet duquel j'ai levé ma main de le donner à vos pères; et ce pays vous écherra en héritage.15Et c'est ici la frontière du pays: Du côté du nord, depuis la grande mer, le chemin de Hethlon, quand on va à Tsedad;16Hamath, Bérotha, Sibraïm, qui est entre la frontière de Damas et la frontière de Hamath, Hatser-Hatthicon qui est sur la frontière du Hauran.17Et la frontière, depuis la mer, sera Hatsar-Énon, la frontière de Damas, et le nord, vers le nord, et la frontière de Hamath; c'est là le côté du nord.18-Et le côté de l'orient: vous mesurerez d'entre le Hauran et Damas, et Galaad, et le pays d'Israël, le long du Jourdain, -depuis la frontière jusqu'à la mer orientale; c'est là le côté de l'orient.19-Et le coté du midi, vers le sud: depuis Thamar jusqu'aux eaux de Meriba de Kadès, la rivière jusqu'à la grande mer, c'est là le côté du sud, vers le midi. -20Et le côté de l'occident: la grande mer, depuis la frontière jusque vis-à-vis de l'entrée de Hamath; c'est le côté de l'occident.21Et vous vous partagerez ce pays entre les tribus d'Israël.22Et il arrivera que vous le partagerez par le sort, comme un héritage pour vous et pour les étrangers qui séjournent au milieu de vous, qui engendreront des fils au milieu de vous; et ils vous seront comme les Israélites de naissance; ils hériteront avec vous par le sort, au milieu des tribus d'Israël.23Et il arrivera que, dans la tribu chez laquelle l'étranger séjourne, là vous lui donnerez son héritage, dit le Seigneur, l'Éternel.
1Et ce sont ici les noms des tribus. Depuis l'extrémité nord, le long du chemin de Hethlon quand on va à Hamath et Hatsar-Énan, la frontière de Damas, au nord près de Hamath, -le côté de l'orient, et l'occident, seront à lui, -une part pour Dan.2Et sur la frontière de Dan, depuis le côté de l'orient jusqu'au côté de l'occident: une part pour Aser.3Et sur la frontière d'Aser, depuis le côté de l'orient jusqu'au côté de l'occident: une part pour Nephthali.4Et sur la frontière de Nephthali, depuis le côté de l'orient jusqu'au côté de l'occident: une part pour Manassé.5Et sur la frontière de Manassé, depuis le côté de l'orient jusqu'au côté de l'occident: une part pour Éphraïm.6Et sur la frontière d'Éphraïm, depuis le côté de l'orient jusqu'au côté de l'occident: une part pour Ruben.7Et sur la frontière de Ruben, depuis le côté de l'orient jusqu'au côté de l'occident: une part pour Juda.

Les frontières d’Israël sont délimitées, et, dans ce cadre, chaque tribu reçoit son héritage: une bande droite s’étendant de la Méditerranée bien au-delà du Jourdain (jusqu’à l’Euphrate, conformément aux promesses divines enfin réalisées: Ex. 23:31; Jos. 1:4). En comparant ce partage du pays avec le tracé compliqué des frontières primitives par Josué et ses émissaires (voir Jos. 18), nous admirons combien tout est simple quand c’est Dieu qui l’établit! Chaque territoire étant régulièrement réparti, il n’y aura plus ni jalousies ni contestations (lire Jos. 17:14). Et comme pour devancer ces dernières, l’Éternel précise Lui-même que Joseph aura deux parts (v. 13, réalisation de Gen. 48:5). Ruben, Gad et la demi-tribu de Manassé avaient jadis choisi leur lot à part des autres tribus. Ils demeurent à présent au milieu de leurs frères dans les limites que l’Éternel a fixées pour eux (Éz. 48:4, 6, 27). Plus de division non plus entre Juda et les dix tribus. D’entre celles-ci, les unes habitent au nord, les autres au sud, de part et d’autre de la «sainte offrande élevée», réalisant désormais le v. 1 du Ps. 133: «Voici qu’il est bon et qu’il est agréable que des frères habitent unis ensemble».

Ézéchiel 48:20-35
20Toute l'offrande élevée sera de vingt-cinq mille sur vingt-cinq mille; vous offrirez la sainte offrande élevée, un carré, avec la possession de la ville.21Et le restant sera pour le prince, d'un côté et de l'autre de la sainte offrande et de la possession de la ville, en face des vingt-cinq mille de l'offrande élevée jusqu'à la frontière d'orient, et, vers l'occident, en face des vingt-cinq mille jusqu'à la frontière d'occident, le long des autres portions: cela sera pour le prince. Et la sainte offrande élevée et le sanctuaire de la maison seront au milieu d'elle.22Et depuis la possession des Lévites et la possession de la ville, qui sont au milieu de ce qui sera au prince, -ce qui est entre la frontière de Juda et la frontière de Benjamin sera pour le prince.23Et quant au reste des tribus, depuis le côté de l'orient jusqu'au côté de l'occident: une part pour Benjamin.24Et sur la frontière de Benjamin, depuis le côté de l'orient jusqu'au côté de l'occident: une part pour Siméon.25Et sur la frontière de Siméon, depuis le côté de l'orient jusqu'au côté de l'occident: une part pour Issacar.26Et sur la frontière d'Issacar, depuis le côté de l'orient jusqu'au côté de l'occident: une part pour Zabulon.27Et sur la frontière de Zabulon, depuis le côté de l'orient jusqu'au côté de l'occident: une part pour Gad.28Et sur la frontière de Gad, du côté du midi, vers le sud, la frontière sera depuis Thamar jusqu'aux eaux de Meriba de Kadès, la rivière jusqu'à la grande mer.29C'est là le pays que vous partagerez par le sort, comme héritage entre les tribus d'Israël, et ce sont là leurs parts, dit le Seigneur, l'Éternel.30Et ce sont ici les issues de la ville: du côté du nord, une mesure de quatre mille cinq cents coudées;
31et les portes de la ville seront selon les noms des tribus d'Israël: trois portes vers le nord: la porte de Ruben, une; la porte de Juda, une; la porte de Lévi, une.32Et vers le côté de l'orient, quatre mille cinq cents, et trois portes: la porte de Joseph, une; la porte de Benjamin, une; la porte de Dan, une.33Et du côté du midi, une mesure de quatre mille cinq cents coudées, et trois portes: la porte de Siméon, une; la porte d'Issacar, une; la porte de Zabulon, une.34Du côté de l'occident, quatre mille cinq cents et leurs trois portes: la porte de Gad, une; la porte d'Aser, une; la porte de Nephthali, une.35Le circuit était de dix-huit mille coudées; et le nom de la ville, dès ce jour: l'Éternel est là.

On a souvent comparé ce livre d’Ézéchiel à celui de l’Apocalypse. L’un et l’autre commencent par une vision glorieuse et solennelle, continuent par des jugements à venir, et s’achèvent sur un tableau du bienheureux règne à venir. Mais Ézéchiel envisage ces événements sous leur côté terrestre: par rapport à Israël. L’Apocalypse, au contraire, présente d’une manière symbolique dans ses derniers chapitres ce qui concerne l’Église et son avenir céleste. La sainte Cité, décrite et mesurée en Apoc. 21 en est la figure. Elle correspond dans le ciel à la Jérusalem terrestre de nos v. 30-35; elle aussi a douze portes portant les noms des douze tribus d’Israël (Apoc. 21:12; comp. également ce qui est dit du fleuve au Éz. 47:1; 12 avec Apoc. 22:1, 2).

Le beau nom que porte dorénavant la ville: l’Éternel est là (v. 35) nous rappelle que la nouvelle Jérusalem sera «l’habitation de Dieu» (Apoc. 21:3); plus encore: que la grande pensée de Dieu en Christ est d’être finalement «tout en tous» (1 Cor. 15:28). Qu’Il ait sa demeure dès à présent dans chacun de nos cœurs!

Luc 1:1-17
1Puisque plusieurs ont entrepris de rédiger un récit des choses qui sont reçues parmi nous avec une pleine certitude,2comme nous les ont transmises ceux qui, dès le commencement, ont été les témoins oculaires et les ministres de la parole,3il m'a semblé bon à moi aussi, qui ai suivi exactement toutes choses depuis le commencement, très-excellent Théophile, de te les écrire par ordre,4afin que tu connaisses la certitude des choses dont tu as été instruit.
5Aux jours d'Hérode, roi de Judée, il y avait un certain sacrificateur, nommé Zacharie, de la classe d'Abia; et sa femme était des filles d'Aaron, et son nom était Élisabeth.6Et ils étaient tous deux justes devant Dieu, marchant dans tous les commandements et dans toutes les ordonnances du *Seigneur, sans reproche.7Et ils n'avaient pas d'enfant, parce qu'Élisabeth était stérile; et ils étaient tous deux fort avancés en âge.8Or il arriva, pendant qu'il exerçait la sacrificature devant Dieu dans l'ordre de sa classe,9que, selon la coutume de la sacrificature, le sort lui échut d'offrir le parfum en entrant dans le temple du *Seigneur.10Et toute la multitude du peuple priait dehors, à l'heure du parfum.11Et un ange du *Seigneur lui apparut, se tenant au côté droit de l'autel du parfum.12Et Zacharie, le voyant, fut troublé, et la crainte le saisit.13Et l'ange lui dit: Ne crains pas, Zacharie, parce que tes supplications ont été exaucées, et ta femme Élisabeth t'enfantera un fils, et tu appelleras son nom Jean.14Et il sera pour toi un sujet de joie et d'allégresse, et plusieurs se réjouiront de sa naissance;15car il sera grand devant le *Seigneur, et il ne boira ni vin ni cervoise; et il sera rempli de l'Esprit Saint déjà dès le ventre de sa mère.16Et il fera retourner plusieurs des fils d'Israël au *Seigneur leur Dieu.17Et il ira devant lui dans l'esprit et la puissance d'Élie, pour faire retourner les coeurs des pères vers les enfants, et les désobéissants à la pensée des justes, pour préparer au *Seigneur un peuple bien disposé.

L'Évangile selon Luc est celui qui, pour ainsi dire, approche le Seigneur Jésus le plus près de nous. Car il nous le fait admirer spécialement dans son humanité parfaite. Dieu a choisi Luc, le médecin bien-aimé et fidèle compagnon de Paul, jusqu'à la fin (Col. 4:14; 2 Tim. 4:11), pour nous faire cette révélation. Elle se présente sous la forme d'un exposé destiné à un certain Théophile (celui qui aime Dieu).

Son sujet conduit l'évangéliste à décrire avec un soin tout particulier comment Jésus a revêtu notre humanité et a fait son entrée dans le monde. Certes, Il aurait pu paraître ici-bas à l'âge adulte. Mais Il a voulu vivre entièrement notre histoire de la naissance jusqu'à la mort, toutefois à la gloire de Dieu.

Le début du récit nous montre Zacharie, un sacrificateur pieux, accomplissant son service dans le temple. Tandis qu'il officie dans ce lieu solennel, il s'aperçoit soudain avec effroi qu'il n'est plus seul. Un ange se tient à côté de l'autel du parfum, porteur d'un message divin: un fils va être donné à Zacharie et Élisabeth. Mis à part pour Dieu dès sa naissance, ce sera un grand prophète chargé de préparer Israël à la venue de son Messie (comp. v. 17 et Mal. 4:5, 6).

Luc 1:18-38
18Et Zacharie dit à l'ange: Comment connaîtrai-je cela? car moi, je suis un vieillard, et ma femme est fort avancée en âge.19Et l'ange, répondant, lui dit: Moi, je suis Gabriel, qui me tiens devant Dieu, et j'ai été envoyé pour te parler et pour t'annoncer ces bonnes nouvelles.20Et voici, tu seras muet et tu ne pourras point parler jusqu'au jour où ce choses arriveront, parce que tu n'as pas cru mes paroles qui s'accompliront en leur temps.21Et le peuple attendait Zacharie; et ils s'étonnaient de ce qu'il tardait tant dans le temple.22Et quand il fut sorti, il ne pouvait pas leur parler: et ils reconnurent qu'il avait vu une vision dans le temple; et lui-même leur faisait des signes, et il demeura muet.23Et il arriva que, quand les jours de son ministère furent accomplis, il s'en alla dans sa maison.24Or après ces jours, Élisabeth sa femme conçut, et elle se cacha cinq mois, disant:25Le *Seigneur m'a ainsi fait aux jours où il m'a regardée, pour ôter mon opprobre parmi les hommes.
26Et au sixième mois, l'ange Gabriel fut envoyé par Dieu dans une ville de Galilée, nommée Nazareth,27à une vierge, fiancée à un homme dont le nom était Joseph, de la maison de David; et le nom de la vierge était Marie.28Et l'ange étant entré auprès d'elle, dit: Je te salue, toi que Dieu fait jouir de sa faveur! Le *Seigneur est avec toi; tu es bénie entre les femmes.29Et elle, le voyant, fut troublée à sa parole; et elle raisonnait en elle-même sur ce que pourrait être cette salutation.30Et l'ange lui dit: Ne crains pas, Marie, car tu as trouvé grâce auprès de Dieu.31Et voici, tu concevras dans ton ventre, et tu enfanteras un fils, et tu appelleras son nom Jésus.32Il sera grand et sera appelé le Fils du Très-haut; et le *Seigneur Dieu lui donnera le trône de David son père;33et il régnera sur la maison de Jacob à toujours, et il n'y aura pas de fin à son royaume.34Et Marie dit à l'ange: Comment ceci arrivera-t-il, puisque je ne connais pas d'homme?35Et l'ange répondant, lui dit: L'Esprit Saint viendra sur toi, et la puissance du Très-haut te couvrira de son ombre; c'est pourquoi aussi la sainte chose qui naîtra sera appelée Fils de Dieu.36Et voici, Élisabeth ta parente, elle aussi a conçu un fils dans sa vieillesse, et c'est ici le sixième mois pour celle qui était appelée stérile;37car rien ne sera impossible à Dieu.38Et Marie dit: Voici l'esclave du *Seigneur; qu'il me soit fait selon ta parole. Et l'ange se retira d'auprès d'elle.

Devant «ces bonnes nouvelles» (v. 19), le cœur de Zacharie reste incrédule. Pourtant ne contiennent-elles pas l'exaucement de ses prières (v. 13)? Hélas! Il nous arrive aussi de ne plus attendre du Seigneur ce que nous lui avons demandé. En réponse à ce «comment…?» le messager céleste révèle son propre nom: Gabriel qui signifie Dieu est puissant. Oui, Sa parole s'accomplira malgré les tristes raisonnements qui l'ont accueillie. Zacharie va demeurer muet jusqu'à la naissance de l'enfant, tandis qu'Élisabeth sa femme, objet de la grâce divine, se cachera modestement pour ne pas attirer l'attention sur elle-même.

Puis l'ange Gabriel est chargé d'une mission plus extraordinaire encore: celle d'annoncer à Marie, vierge d'Israël, qu'elle sera la mère du Sauveur. Merveilleux événement, infini dans ses conséquences!

On comprend le trouble et l'émotion dont est saisie la jeune fille. Mais Marie croit et se soumet entièrement à la volonté divine: «Voici l'esclave du Seigneur…» (v. 38). N'est-ce pas la même réponse qu'attend de nous Celui qui nous a rachetés?

De Jean l’ange avait dit: «il sera grand devant le Seigneur» (v. 15), mais de Jésus il déclare: «Il sera grand et sera appelé le Fils du Très-Haut… Fils de Dieu» (v. 32, 35).

Luc 1:39-56
39Et Marie, se levant en ces jours-là, s'en alla en hâte au pays des montagnes, dans une ville de Juda.40Et elle entra dans la maison de Zacharie et salua Élisabeth.41Et il arriva, comme Élisabeth entendait la salutation de Marie, que le petit enfant tressaillit dans son ventre; et Élisabeth fut remplie de l'Esprit Saint,42elle s'écria à haute voix et dit: Tu es bénie entre les femmes, et béni est le fruit de ton ventre!43Et d'où me vient ceci, que la mère de mon Seigneur vienne vers moi?44Car voici, dès que la voix de ta salutation est parvenue à mes oreilles, le petit enfant a tressailli de joie dans mon ventre.45Et bienheureuse est celle qui a cru; car il y aura un accomplissement des choses qui lui ont été dites de la part du *Seigneur.46Et Marie dit: Mon âme magnifie le *Seigneur,47et mon esprit s'est réjoui en Dieu mon Sauveur,48car il a regardé l'humble état de son esclave; car voici, désormais toutes les générations me diront bienheureuse;49car le Puissant m'a fait de grandes choses, et son nom est saint;50et sa miséricorde est de générations en générations sur ceux qui le craignent.51a agi puissamment par son bras; il a dispersé les orgueilleux dans la pensée de leur coeur;52il a fait descendre les puissants de leurs trônes, et il a élevé les petits;53il a rempli de biens ceux qui avaient faim, et il a renvoyé les riches à vide;54il a pris la cause d'Israël, son serviteur, pour se souvenir de sa miséricorde55selon qu'il avait parlé à nos pères) envers Abraham et envers sa semence, à jamais.56-Et Marie demeura avec elle environ trois mois; et elle s'en retourna en sa maison.

Empressée de partager l'heureux message avec celle dont l'ange vient de lui parler, Marie se rend chez sa parente Élisabeth. Quel entretien a lieu alors entre ces deux femmes! Il illustre Mal. 3:16: «Alors ceux qui craignent l'Éternel ont parlé l'un à l'autre…». Ce qui les occupe, c'est la gloire de Dieu, l'accomplissement de ses promesses, les bénédictions accordées à la foi. Avons-nous de tels sujets de conversation lorsque nous nous rencontrons entre enfants de Dieu?

«Bienheureuse est celle qui a cru…» s'écrie Élisabeth, et Marie répond: «Mon esprit s'est réjoui en Dieu mon Sauveur…» (v. 47). Voilà qui suffit à prouver que Marie n'a pas été sauvée autrement que par la foi. Pécheresse, elle avait besoin comme tous les hommes du Sauveur qui allait naître d'elle. Elle ajoute: «Il a regardé l'humble état de son esclave» (v. 48). Malgré l'honneur exceptionnel que Dieu lui fait, Marie reste à sa place devant Lui. Que penserait-elle du culte dont elle est devenue l'objet dans la chrétienté?

«Il a renvoyé les riches à vide». Dieu ne renvoie à vide que ceux qui sont remplis d'eux-mêmes. Remarquons combien le beau cantique de Marie ressemble à celui d'Anne (1 Sam. 2).

Luc 1:57-80
57Or le temps où elle devait accoucher fut accompli pour Élisabeth, et elle mit au monde un fils.58Et ses voisins et ses parents apprirent que le *Seigneur avait magnifié sa miséricorde envers elle, et ils se réjouirent avec elle.59Et il arriva qu'au huitième jour ils vinrent pour circoncire le petit enfant; et ils l'appelaient Zacharie, du nom de son père.60Et sa mère, répondant, dit: Non, mais il sera appelé Jean.61Et ils lui dirent: Il n'y a personne dans ta parenté qui soit appelé de ce nom.62Et ils firent signe à son père qu'il déclarât comme il voulait qu'il fût appelé.63Et ayant demandé des tablettes, il écrivit, disant: Jean est son nom. Et ils en furent tous étonnés.64Et à l'instant sa bouche fut ouverte et sa langue déliée; et il parlait, louant Dieu.65Et tous leurs voisins furent saisis de crainte; et on s'entretenait de toutes ces choses par tout le pays des montagnes de la Judée;66et tous ceux qui les entendirent, les mirent dans leur coeur, disant: Que sera donc cet enfant? Et la main du *Seigneur était avec lui.
67Et Zacharie, son père, fut rempli de l'Esprit Saint, et prophétisa, disant:68Béni soit le *Seigneur, le Dieu d'Israël, car il a visité et sauvé son peuple,69nous a suscité une corne de délivrance dans la maison de David son serviteur,70ce qu'il avait dit par la bouche de ses saints prophètes, qui ont été de tout temps,71une délivrance de nos ennemis et de la main de tous ceux qui nous haïssent;72pour accomplir la miséricorde envers nos pères et pour se souvenir de sa sainte alliance,73du serment qu'il a juré à Abraham notre père,74de nous accorder, étant libérés de la main de nos ennemis,75de le servir sans crainte, en sainteté et en justice devant lui, tous nos jours.76Et toi, petit enfant, tu seras appelé prophète du Très-haut: car tu iras devant la face du *Seigneur pour préparer ses voies,77pour donner la connaissance du salut à son peuple, dans la rémission de leurs péchés,78par les entrailles de miséricorde de notre Dieu, selon lesquelles l'Orient d'en haut nous a visités,79afin de luire à ceux qui sont assis dans les ténèbres et dans l'ombre de la mort, pour conduire nos pieds dans le chemin de la paix.80Et l'enfant croissait et se fortifiait en esprit; et il fut dans les déserts jusqu'au jour de sa manifestation à Israël.

Élisabeth met au monde celui qui deviendra le prophète du Très-Haut (v. 76). Voisins et parents se réjouissent avec elle. Voyez combien la joie remplit ces chapitres (ch. 1:14, 44, 47, 58; 2:10). C'est maintenant l'occasion pour Zacharie de montrer sa foi en confirmant le beau nom de cet enfant (Jean signifie faveur de l'Éternel). Aussitôt l'usage de la parole lui est rendu, et ses premiers mots sont pour louer et bénir Dieu. Plein du Saint-Esprit, il célèbre la grande délivrance que l'Éternel va accomplir en faveur de son peuple. Combien notre cantique chrétien peut monter plus haut encore! Par la venue de Christ et son œuvre à la croix, Dieu nous a délivrés non d'ennemis terrestres mais du pouvoir de Satan. Étant ainsi libérés, notre privilège n'est-il pas de servir le Seigneur «sans crainte, en sainteté et en justice devant lui, tous nos jours» (v. 74, 75)?

«L'Orient d'en haut nous a visités» ajoute Zacharie. Au temps d'Ézéchiel, la gloire s'en était allée en direction de l'Orient. Adorable mystère, cette gloire divine revient visiter le peuple impuissant et misérable (v. 79). Ce n'est plus cette fois sous l'aspect d'une nuée éblouissante mais sous les traits d'un humble petit enfant.

Luc 2:1-20
1Or il arriva, en ces jours-là, qu'un décret fut rendu de la part de César Auguste, portant qu'il fût fait un recensement de toute la terre habitée.2Le recensement lui-même se fit seulement lorsque Cyrénius eut le gouvernement de la Syrie.)3Et tous allaient pour être enregistrés, chacun en sa propre ville.4Et Joseph aussi monta de Galilée, de la ville de Nazareth, en Judée, dans la ville de David qui est appelée Bethléhem, parce qu'il était de la maison et de la famille de David,5pour être enregistré avec Marie, la femme qui lui était fiancée, laquelle était enceinte.6Et il arriva, pendant qu'ils étaient là, que les jours où elle devait accoucher s'accomplirent;7et elle mit au monde son fils premier-né, et l'emmaillota, et le coucha dans la crèche, parce qu'il n'y avait pas de place pour eux dans l'hôtellerie.
8Et il y avait dans la même contrée des bergers demeurant aux champs, et gardant leur troupeau durant les veilles de la nuit.9Et voici, un ange du *Seigneur se trouva avec eux, et la gloire du *Seigneur resplendit autour d'eux; et ils furent saisis d'une fort grande peur.10Et l'ange leur dit: N'ayez point de peur, car voici, je vous annonce un grand sujet de joie qui sera pour tout le peuple;11car aujourd'hui, dans la cité de David, vous est né un sauveur, qui est le Christ, le Seigneur.12Et ceci en est le signe pour vous, c'est que vous trouverez un petit enfant emmailloté et couché dans une crèche.13Et soudain il y eut avec l'ange une multitude de l'armée céleste, louant Dieu, et disant:14Gloire à Dieu dans les lieux très-hauts; et sur la terre, paix; et bon plaisir dans les hommes!15Et il arriva, lorsque les anges s'en furent allés d'avec eux au ciel, que les bergers dirent entre eux: Allons donc jusqu'à Bethléhem, et voyons cette chose qui est arrivée que le *Seigneur nous a fait connaître.16Et ils allèrent en hâte, et ils trouvèrent Marie et Joseph, et le petit enfant couché dans la crèche.17Et l'ayant vu, ils divulguèrent la parole qui leur avait été dite touchant ce petit enfant.18Et tous ceux qui l'ouïrent s'étonnèrent des choses qui leur étaient dites par les bergers.19Et Marie gardait toutes ces choses par devers elle, les repassant dans son coeur.20Et les bergers s'en retournèrent, glorifiant et louant Dieu de toutes les choses qu'ils avaient entendues et vues, selon qu'il leur en avait été parlé.

À son insu, l'empereur Auguste est un des instruments dont Dieu se sert pour accomplir ses merveilleux desseins. Inconnus de tous, Joseph et Marie se rendent à Bethléhem et c'est là qu'a lieu la sainte naissance du Seigneur Jésus. Mais quelle entrée le Fils de Dieu a faite ici-bas! Voyez-le couché dans une crèche parce qu'il n'y a pas de place pour Lui dans l'hôtellerie! Sa venue dérange le monde. Combien de cœurs ressemblent à cette hôtellerie: il ne s'y trouve pas de place pour le Seigneur Jésus.

Ce n'est pas à des grands, mais à d'humbles bergers qu'est annoncée la bienheureuse nouvelle: «Un Sauveur vous est né»; Il est né pour eux et pour nous. Si le monde ne se soucie pas de la naissance du Sauveur, le ciel tout entier célèbre cet incomparable mystère: «Dieu manifesté en chair… vu des anges» (1 Tim. 3:16). Ceux-ci donnent gloire à Dieu dans leur chœur magnifique, annoncent la paix sur la terre et le bon plaisir de Dieu dans les hommes (comp. Prov. 8:31). Grâce au signe qui leur a été donné, les bergers trouvent le petit enfant. Ils communiquent ce qu'ils viennent de voir et d'entendre, et à leur tour donnent gloire à Dieu (v. 20). Joignons notre reconnaissance et notre louange à la leur.

Luc 2:21-38
21Et quand huit jours furent accomplis pour le circoncire, son nom fut appelé Jésus, nom duquel il avait été appelé par l'ange avant qu'il fût conçu dans le ventre.22Et quand les jours de leur purification, selon la loi de Moïse, furent accomplis, ils le portèrent à Jérusalem, pour le présenter au *Seigneur23(selon qu'il est écrit dans la loi du *Seigneur, que tout mâle qui ouvre la matrice sera appelé saint au *Seigneur),24et pour offrir un sacrifice, selon ce qui est prescrit dans la loi du *Seigneur, une paire de tourterelles ou deux jeunes colombes.
25Et voici, il y avait à Jérusalem un homme dont le nom était Siméon; et cet homme était juste et pieux, et il attendait la consolation d'Israël; et l'Esprit Saint était sur lui.26Et il avait été averti divinement par l'Esprit Saint qu'il ne verrait pas la mort, que premièrement il n'eût vu le Christ du *Seigneur.27Et il vint par l'Esprit dans le temple; et comme les parents apportaient le petit enfant Jésus pour faire à son égard selon l'usage de la loi,28il le prit entre ses bras et bénit Dieu et dit:29Maintenant, Seigneur, tu laisses aller ton esclave en paix selon ta parole;30car mes yeux ont vu ton salut,31lequel tu as préparé devant la face de tous les peuples:32une lumière pour la révélation des nations: et la gloire de ton peuple Israël.33Et son père et sa mère s'étonnaient des choses qui étaient dites de lui.34Et Siméon les bénit et dit à Marie sa mère: Voici, celui-ci est mis pour la chute et le relèvement de plusieurs en Israël, et pour un signe que l'on contredira35(et même une épée transpercera ta propre âme), en sorte que les pensées de plusieurs coeurs soient révélées.36Et il y avait Anne, une prophétesse, fille de Phanuel, de la tribu d'Aser (elle était fort avancée en âge, ayant vécu avec un mari sept ans depuis sa virginité,37veuve d'environ quatre-vingt-quatre ans), qui ne quittait pas le temple, servant Dieu en jeûnes et en prières, nuit et jour;38celle-ci, survenant en ce même moment, louait le *Seigneur, et parlait de lui à tous ceux qui, à Jérusalem, attendaient la délivrance.

On fait à l'égard du petit enfant tout ce que prescrivait la loi du Seigneur (ce nom de Seigneur est répété quatre fois dans les v. 22-24 comme pour affirmer les droits divins sur cet enfant et l'accomplissement de la volonté de Dieu dès son berceau). Le sacrifice offert dans le temple fait ressortir la pauvreté de Joseph et Marie (lire Lév. 12:8). Et, cette fois encore, ce n'est pas aux principaux du peuple que le Libérateur d'Israël est présenté, mais à d'humbles et pieux vieillards: Siméon et Anne. À quel titre cette faveur leur est-elle accordée? Parce qu'ils l'attendaient!

L'Esprit conduit Siméon dans le temple et lui désigne Celui qui est «la consolation d'Israël» (v. 25), le salut de Dieu, la lumière des nations et la gloire du peuple. Il voit de ses yeux, il tient dans ses bras ce petit enfant qui est tout cela pour sa foi. Il rend grâces à Dieu, puis annonce que Jésus sera la pierre de touche pour manifester l'état des cœurs (Ésaïe 8:14). C'est ce qu'Il est encore aujourd'hui.

À son tour Anne, femme de prière et fidèle témoin, survient et se joint à la louange. Ne quittant pas le temple, elle réalise le v. 4 du Ps. 84. Enfin, dans l'abondance de son cœur, elle parle de Lui et à cet égard quel exemple elle est pour nous!

Luc 2:39-52
39Et quand ils eurent tout accompli selon la loi du *Seigneur, ils s'en retournèrent en Galilée, à Nazareth, leur ville.40Et l'enfant croissait et se fortifiait, étant rempli de sagesse; et la faveur de Dieu était sur lui.
41Et ses parents allaient chaque année à Jérusalem, à la fête de Pâque.42Et quand il eut douze ans, comme ils étaient montés à Jérusalem, selon la coutume de la fête,43et qu'ils avaient accompli les jours de la fête, comme ils s'en retournaient, l'enfant Jésus demeura dans Jérusalem; et ses parents ne le savaient pas.44Mais croyant qu'il était dans la troupe des voyageurs, ils marchèrent le chemin d'un jour et le cherchèrent parmi leurs parents et leurs connaissances;45et ne le trouvant pas, ils s'en retournèrent à Jérusalem à sa recherche.46Et il arriva qu'après trois jours ils le trouvèrent dans le temple, assis au milieu des docteurs, les écoutant et les interrogeant.47Et tous ceux qui l'entendaient s'étonnaient de son intelligence et de ses réponses.48Et quand ils le virent, ils furent frappés d'étonnement, et sa mère lui dit: Mon enfant, pourquoi nous as-tu fait ainsi? Voici, ton père et moi nous te cherchions, étant en grande peine.49Et il leur dit: Pourquoi me cherchiez-vous? Ne saviez-vous pas qu'il me faut être aux affaires de mon Père?50Et ils ne comprirent pas la parole qu'il leur disait.51Et il descendit avec eux, et vint à Nazareth, et leur était soumis. Et sa mère conservait toutes ces paroles dans son coeur.52Et Jésus avançait en sagesse et en stature, et en faveur auprès de Dieu et des hommes.

Ce passage a une importance toute particulière: il est en effet le seul aperçu que Dieu ait jugé bon de nous donner sur l'enfance et la jeunesse du Seigneur Jésus. Aussi avons-nous ici, tout spécialement pour les jeunes et les enfants, le Modèle par excellence. Il est parfait dans ses relations avec son Père céleste, dont «les affaires» passent avant toute autre considération. Parfait aussi dans ses rapports avec les docteurs du Temple: infiniment plus sage qu'eux tous, Il ne les enseigne pas, mais les écoute et les interroge, seule attitude qui convienne à son âge. Parfait encore dans ses relations avec ses parents: Il leur était soumis, précise le v. 51, pour qu'on ne puisse pas supposer qu'Il leur avait échappé par insubordination. Lui qui avait conscience de sa souveraineté de Fils de Dieu s'est plié à une obéissance entière dès son plus jeune âge dans la maison de ses parents.

Soulignons enfin l'assiduité de l'enfant Jésus au Temple et son précoce intérêt pour les vérités divines. Rien d'autre ne l'attirait dans l'illustre cité de Jérusalem visitée pourtant pour la première fois. Quel prix attachons-nous à la présence du Seigneur et à son enseignement?

Luc 3:1-14
1Or, en la quinzième année du règne de Tibère César, Ponce Pilate étant gouverneur de la Judée, et Hérode tétrarque de la Galilée, et Philippe son frère tétrarque de l'Iturée et de la contrée de Trachonite, et Lysanias tétrarque de l'Abilène,2sous la souveraine sacrificature d'Anne et de Caïphe, la parole de Dieu vint à Jean, le fils de Zacharie, au désert.3Et il alla dans tout le pays des environs du Jourdain, prêchant le baptême de repentance en rémission de péchés;4comme il est écrit au livre des paroles d'Ésaïe le prophète: "Voix de celui qui crie dans le désert: Préparez le chemin du *Seigneur, faites droits ses sentiers.5Toute vallée sera comblée, et toute montagne et toute colline sera abaissée, et les choses tortues seront rendues droites, et les sentiers raboteux deviendront des sentiers unis;6et toute chair verra le salut de Dieu".7Il disait donc aux foules qui sortaient pour être baptisées par lui: Race de vipères, qui vous a avertis de fuir la colère qui vient?8Produisez donc des fruits qui conviennent à la repentance; et ne vous mettez pas à dire en vous-mêmes: Nous avons Abraham pour père; car je vous dis que Dieu peut, de ces pierres, susciter des enfants à Abraham.9Et déjà même la cognée est mise à la racine des arbres; tout arbre donc qui ne produit pas de bon fruit, est coupé et jeté au feu.10Et les foules l'interrogèrent, disant: Que faut-il donc que nous fassions?11Et répondant, il leur dit: Que celui qui a deux tuniques en donne à celui qui n'en a point, et que celui qui a des vivres fasse de même.12Et des publicains vinrent aussi pour être baptisés; et ils lui dirent: Maître, que faut-il que nous fassions?13Et il leur dit: Ne percevez rien au delà de ce qui vous est ordonné.14Et des gens de guerre l'interrogèrent aussi, disant: Et nous, que faut-il que nous fassions? Et il leur dit: Ne commettez pas d'extorsions, ni n'accusez faussement personne, et contentez-vous de vos gages. -

Les routes de jadis étaient en général si mauvaises qu'il fallait les réparer et les rectifier chaque fois que le cortège d'un haut personnage devait y passer. Vu dans un sens moral, c'est le service de Jean le baptiseur. Chargé de préparer la venue du Messie, il avertit les Juifs que leur qualité d'enfants d'Abraham ne suffit pas à les mettre à l'abri de la colère. Ce que Dieu réclame d'eux c'est la repentance accompagnée de fruits réels. La repentance ou la colère, oui, tel est le choix laissé à Israël et à tout homme.

Des personnes appartenant à différentes classes s'adressent à Jean les unes après les autres et il a quelque chose à dire à chacune de la part de Dieu. Ainsi la Parole répond-elle à tous les états et à toutes les circonstances.

En dernier lieu ce sont des hommes de guerre qui se présentent. Ceux-là s'attendaient peut-être à être enrôlés sous la bannière du Messie dans une armée de libération du joug romain. La réponse de Jean a dû alors les surprendre (v. 14). Ne pensons pas que le Seigneur ait besoin de nous pour accomplir des actions d'éclat. Ce qu'Il attend de notre part c'est un témoignage d'honnêteté, de douceur et de contentement dans la situation où nous nous trouvons (1 Cor. 7:24).

Luc 3:15-38
15Et comme le peuple était dans l'attente, et que tous raisonnaient dans leurs coeurs à l'égard de Jean si lui ne serait point le Christ,16Jean répondait à tous, disant: Moi, je vous baptise avec de l'eau; mais il vient, celui qui est plus puissant que moi, duquel je ne suis pas digne de délier la courroie des sandales: lui vous baptisera de l'Esprit Saint, et de feu.17Il a son van dans sa main, et il nettoiera entièrement son aire et assemblera le froment dans son grenier, mais il brûlera la balle au feu inextinguible.18Et faisant aussi plusieurs autres exhortations, il évangélisait donc le peuple;19mais Hérode le tétrarque, étant repris par lui au sujet d'Hérodias, la femme de son frère, et à cause de toutes les choses méchantes qu'Hérode avait faites,20ajouta encore à toutes les autres celle de mettre Jean en prison.
21Et il arriva que, comme tout le peuple était baptisé, Jésus aussi étant baptisé et priant, le ciel s'ouvrit;22et l'Esprit Saint descendit sur lui sous une forme corporelle, comme une colombe; et il y eut une voix qui venait du ciel: Tu es mon Fils bien-aimé; en toi j'ai trouvé mon plaisir.23Et Jésus lui-même commençait d'avoir environ trente ans, étant, comme on l'estimait, fils de Joseph: d'Héli,24de Matthat, de Lévi, de Melchi, de Janna, de Joseph,25de Mattathie, d'Amos, de Nahum, d'Esli, de Naggé,26de Maath, de Mattathie, de Séméi, de Joseph, de Juda,27de Johanna, de Rhésa, de Zorobabel, de Salathiel, de Néri,28de Melchi, d'Addi, de Cosam, d'Elmodam, d'Er,29de José, d'Éliézer, de Jorim, de Matthat, de Lévi,30de Siméon, de Juda, de Joseph, de Jonan, d'Éliakim,31de Méléa, de Maïnan, de Mattatha, de Nathan,32de David, de Jessé, d'Obed, de Booz, de Salmon, de Naasson,33d'Aminadab, d'Aram, d'Esrom, de Pharès, de Juda,34de Jacob, d'Isaac, d'Abraham, de Thara, de Nachor,35de Seruch, de Ragaü, de Phalek, d'Éber, de Sala,36de Caïnan, d'Arphaxad, de Sem, de Noé, de Lamech,37de Mathusala, d'Énoch, de Jared, de Maléléel, de Caïnan,38d'Énos, de Seth, d'Adam, de Dieu.

Jean a exhorté et évangélisé le peuple (v. 18). Messager fidèle, il a parlé de Christ et de sa puissance; après quoi il est mis de côté, sa tâche accomplie. Quel bel exemple il est pour nous qui désirons servir le Seigneur! Il n'est pas en notre pouvoir de convertir qui que ce soit. Mais notre vie et nos paroles doivent préparer ceux qui nous connaissent à recevoir le Seigneur Jésus. Il ne suffit pas d'appeler à la repentance; il faut présenter le Sauveur. Jésus paraît donc. En grâce, Il prend place avec ceux de son peuple dès leurs premiers pas dans le bon chemin. Il est baptisé, Il prie (ce que Luc est seul à mentionner) et, réponse divine, le Saint-Esprit descend sur Lui. En même temps la voix du Père s'adresse personnellement à lui (en Matt. 3:17 elle est pour les assistants): «Tu es mon fils bien-aimé; en toi j'ai trouvé mon plaisir». Puissions-nous trouver nous aussi tout notre plaisir en Lui!

La généalogie du Seigneur par Marie remonte à Adam et à Dieu, attestant sa qualité de Fils de l'homme en même temps que de Fils de Dieu. Matt. 1:1-17 établissait son titre de Fils de David et d'Abraham, Héritier des promesses divines à Israël.

Luc 4:1-15
1Or Jésus, plein de l'Esprit Saint, s'en retourna du Jourdain et fut mené par l'Esprit dans le désert,2étant tenté par le diable quarante jours. Et il ne mangea rien pendant ces jours-là; et lorsqu'ils furent accomplis, il eut faim.3Et le diable lui dit: Si tu es Fils de Dieu, dis à cette pierre qu'elle devienne du pain.4Et Jésus lui répondit, disant: Il est écrit que "l'homme ne vivra pas de pain seulement, mais de toute parole de Dieu".5Et le diable, le menant sur une haute montagne, lui montra, en un instant, tous les royaumes de la terre habitée.6Et le diable lui dit: Je te donnerai toute cette autorité et la gloire de ces royaumes; car elle m'a été donnée, et je la donne à qui je veux.7Si donc tu te prosternes devant moi, elle sera toute à toi.8Et Jésus, lui répondant, dit: Il est écrit: "Tu rendras hommage au *Seigneur ton Dieu, et tu le serviras lui seul".9Et il l'amena à Jérusalem, et le plaça sur le faîte du temple et lui dit: Si tu es Fils de Dieu, jette-toi d'ici en bas;10car il est écrit: "Il donnera des ordres à ses anges à ton sujet, pour te garder;11et ils te porteront sur leurs mains, de peur que tu ne heurtes ton pied contre une pierre".12Et Jésus, répondant, lui dit: Il est dit: "Tu ne tenteras pas le *Seigneur ton Dieu".13Et ayant accompli toute tentation, le diable se retira d'avec lui pour un temps.
14Jésus s'en retourna en Galilée, dans la puissance de l'Esprit; et sa renommée se répandit par tout le pays d'alentour.15Et lui-même enseignait dans leurs synagogues, étant glorifié par tous.

La tentation du Seigneur se déroule au désert, ce lieu où Israël avait multiplié les murmures et les convoitises (Ps. 106:14). La première attaque de l'Ennemi est l'occasion pour Jésus de rappeler cette vérité fondamentale: l'homme a une âme qui a besoin d’aliment, c'est la Parole de Dieu dont se nourrit l’être intérieur.

Puis à cet homme parfaitement dépendant, Satan offre à la fois tous les royaumes du monde et leur gloire. Combien ont vendu leur âme pour infiniment moins! Le monde fait en effet partie de l'héritage destiné au Seigneur Jésus. Mais que ce soit la terre entière ou un simple morceau de pain, Christ ne voulait rien recevoir sinon de la main de son Père (Ps. 2:8).

Alors Satan insinue pour la seconde fois: «Si tu es Fils de Dieu…» (v. 3, 9), comme si la chose était à prouver. C'était mettre en doute ce que le Père venait de proclamer solennellement ( Luc 3:22), autrement dit tenter Dieu.

Jésus n'aurait pas pu être un modèle pour nous s'Il avait vaincu le diable en vertu de sa puissance divine. Mais Il triomphe par les armes à la disposition de l'homme: une dépendance entière de Dieu, une obéissance absolue à Sa Parole et une confiance inébranlable en Ses promesses.

Luc 4:16-30
16Et il vint à Nazareth où il avait été élevé; et il entra dans la synagogue au jour du sabbat, selon sa coutume, et se leva pour lire.17Et on lui donna le livre du prophète Ésaïe; et ayant déployé le livre, il trouva le passage où il était écrit:18"L'Esprit du *Seigneur est sur moi, parce qu'il m'a oint pour annoncer de bonnes nouvelles aux pauvres;19il m'a envoyé pour publier aux captifs la délivrance, et aux aveugles le recouvrement de la vue; pour renvoyer libres ceux qui sont foulés, et pour publier l'an agréable du *Seigneur".20Et ayant ployé le livre, et l'ayant rendu à celui qui était de service, il s'assit; et les yeux de tous ceux qui étaient dans la synagogue étaient arrêtés sur lui.21Et il se mit à leur dire: Aujourd'hui cette écriture est accomplie, vous l'entendant.22Et tous lui rendaient témoignage, et s'étonnaient des paroles de grâce qui sortaient de sa bouche, et ils disaient: Celui-ci n'est-il pas le fils de Joseph?23Et il leur dit: Assurément vous me direz cette parabole: Médecin, guéris-toi toi-même; fais ici aussi dans ton pays toutes les choses que nous avons ouï dire qui ont été faites à Capernaüm.24Et il dit: En vérité, je vous dis qu'aucun prophète n'est reçu dans son pays.25Et, en vérité, je vous dis qu'il y avait plusieurs veuves en Israël, aux jours d'Élie, lorsque le ciel fut fermé trois ans et six mois, de sorte qu'il y eut une grande famine par tout le pays;26et Élie ne fut envoyé vers aucune d'elles, sinon à Sarepta de la Sidonie vers une femme veuve.27Et il y avait plusieurs lépreux en Israël du temps d'Élisée le prophète; et aucun d'eux ne fut rendu net, sinon Naaman, le Syrien.28Et ils furent tous remplis de colère dans la synagogue en entendant ces choses;29et s'étant levés, ils le chassèrent hors de la ville, et le menèrent jusqu'au bord escarpé de la montagne sur laquelle leur ville était bâtie, de manière à l'en précipiter.30Mais lui, passant au milieu d'eux, s'en alla.

Nous voyons débuter le ministère du Seigneur à Nazareth où Il a été élevé. Notre témoignage commence à la maison, dans notre entourage. Nous aurions peut-être plus de courage pour aller évangéliser les païens que pour prendre ainsi position devant ceux qui nous connaissent.

Dans la synagogue, le divin Docteur lit le passage d'Ésaïe qui le recommande comme le Messager de la grâce. Il proclame aux captifs l'ouverture de la prison (voir Ésaïe 61:1 et Ésaïe 42:7). Si l'on venait annoncer à des prisonniers l'amnistie et la mise en liberté, imaginerions-nous que certains puissent préférer la captivité; que quelques-uns osent compter plutôt sur leur innocence pour être libérés par voie légale; que plusieurs disent au contraire: ce n'est pas pour moi, je suis trop coupable; que d'autres enfin refusent de croire au message de grâce? Attitudes insensées, bien improbables… et courantes pourtant parmi ceux qui rejettent le salut. Mais bien des captifs de Satan saisissent avec joie la délivrance offerte. Auxquels de ces prisonniers ressemblez-vous? Hélas! La triste fin de cet épisode nous montre comment les habitants de Nazareth, image de tout le peuple, ont accueilli ces «bonnes nouvelles».

Luc 4:31-44
31Et il descendit à Capernaüm, ville de Galilée, et il les enseignait au jour de sabbat.32Et ils s'étonnaient de sa doctrine, parce que sa parole était avec autorité.33Et il y avait dans la synagogue un homme qui avait un esprit de démon immonde; et il s'écria à haute voix, disant:34Ha! qu'y a-il entre nous et toi, Jésus Nazarénien? Es-tu venu pour nous détruire? Je te connais, qui tu es: le Saint de Dieu.35Et Jésus le tança, disant: Tais-toi, et sors de lui. Et le démon, l'ayant jeté au milieu de tous, sortit de lui sans lui avoir fait aucun mal.36Et ils furent tous saisis d'étonnement, et ils parlaient entre eux, disant: Quelle parole est celle-ci? car il commande avec autorité et puissance aux esprits immondes, et ils sortent.37Et sa renommée se répandait dans tous les lieux d'alentour.38Et s'étant levé, il sortit de la synagogue et entra dans la maison de Simon. Et la belle-mère de Simon était prise d'une grosse fièvre, et on le pria pour elle.39Et s'étant penché sur elle, il tança la fièvre, et la fièvre la quitta; et à l'instant s'étant levée, elle les servit.40Et comme le soleil se couchait, tous ceux qui avaient des infirmes atteints de diverses maladies, les lui amenèrent; et, ayant imposé les mains à chacun d'eux, il les guérit.41Et les démons aussi sortaient de plusieurs, criant et disant: Tu es le Fils de Dieu. Et, les tançant, il ne leur permettait pas de parler, parce qu'ils savaient qu'il était le Christ.42Et quand il fut jour, il sortit et s'en alla en un lieu désert; et les foules le recherchaient et vinrent jusqu'à lui; et elles le retenaient, afin qu'il ne s'en allât point d'auprès d'elles.43Mais il leur dit: Il faut que j'annonce le royaume de Dieu aux autres villes aussi; car j'ai été envoyé pour cela.44Et il prêchait dans les synagogues de la Galilée.

Chassé de Nazareth, Jésus poursuit son ministère à Capernaüm. Il enseigne et guérit avec une autorité qui n'aurait pas tellement étonné les hommes (v. 32, 36) s'ils avaient voulu reconnaître en Lui le Fils de Dieu. Par contre les démons, eux, ne s'y trompent pas. Jac. 2:19 nous déclare qu'ils croient et qu'ils frissonnent. Et pendant que le Seigneur était ici-bas leur activité redoublait pour faire obstacle à la Sienne. Il rencontrait ces esprits impurs jusque dans la synagogue, mais Il ne leur permettait pas de Lui rendre témoignage.

Les v. 38 et 39 nous racontent la guérison de la belle-mère de Simon. Jésus se penche affectueusement sur la malade, car ce n'est pas de loin qu'Il s'occupe de nos maux. Comment cette femme emploie-t-elle la santé qu'elle vient de recouvrer? D'une manière qui nous parle à tous: «à l'instant… elle les servit».

Étranger à ce monde, Jésus n'était pas étranger à ses peines et à ses misères. Le soir n'interrompt pas son activité inlassable, et dès le matin Il est prêt à la reprendre parce qu'Il a passé un moment à l'écart, seul avec Dieu. Mais cette dépendance ne se laisse pas arrêter par les foules qui cherchent à le retenir.

Luc 5:1-11
1Or il arriva, comme la foule se jetait sur lui pour entendre la parole de Dieu, qu'il se tenait sur le bord du lac de Génésareth.2Et il vit deux nacelles qui étaient au bord du lac. Or les pêcheurs en étaient descendus et lavaient leurs filets.3Et montant dans l'une des nacelles qui était à Simon, il le pria de s'éloigner un peu de terre; et, s'étant assis, il enseignait les foules de dessus la nacelle.4Et quand il eut cessé de parler, il dit à Simon: Mène en pleine eau, et lâchez vos filets pour la pêche.5Et Simon, répondant, lui dit: Maître, nous avons travaillé toute la nuit, et nous n'avons rien pris; mais sur ta parole je lâcherai le filet.6Et ayant fait cela, ils enfermèrent une grande quantité de poissons, et leur filet se rompait.7Et ils firent signe à leurs compagnons qui étaient dans l'autre nacelle de venir les aider; et ils vinrent et remplirent les deux nacelles, de sorte qu'elles enfonçaient.8Et Simon Pierre, ayant vu cela, se jeta aux genoux de Jésus, disant: Seigneur, retire-toi de moi, car je suis un homme pécheur.9Car la frayeur l'avait saisi, lui et tous ceux qui étaient avec lui, à cause de la prise de poissons qu'ils venaient de faire;10de même que Jacques et Jean aussi, fils de Zébédée, qui étaient associés de Simon. Et Jésus dit à Simon: Ne crains pas; dorénavant tu prendras des hommes.11Et ayant mené les nacelles à terre, ils quittèrent tout et le suivirent.

C'est le récit bien connu de la pêche miraculeuse… et d'un événement plus merveilleux encore: la conversion de Simon. Que fait celui-ci pendant que le divin Maître enseigne les foules auprès de lui? Il lave ses filets salis par le travail infructueux de la nuit précédente. Jésus va l'obliger à écouter. Il lui demande de le mener sur le lac, de façon à s'adresser depuis la nacelle au peuple massé sur le rivage… en même temps qu'à l'homme qui est à côté de lui. Puis le Seigneur va encore parler d'une autre manière à Simon et à ses compagnons. Il remplit leur filet, se faisant connaître ainsi comme le Maître de l'univers, Celui qui commande aux poissons de la mer selon le Ps. 8:6, 8 et qui peut tout là où l'homme ne peut rien. Saisi de crainte, convaincu de péché par la présence du Seigneur, Simon se jette à ses genoux en s'écriant: «Retire-toi de moi…». Mais est-ce pour se retirer de lui que le Sauveur plein d'amour a cherché le pécheur?

Luc est seul à nous raconter cette rencontre décisive du Seigneur avec son disciple Pierre. Dans le livre des Actes, il nous montrera ce dernier, devenu pêcheur d'hommes, être le moyen d'une miraculeuse «prise» d'environ trois mille âmes (Actes 2:41).

Luc 5:12-26
12Et il arriva, comme il était dans une des villes, que voici un homme plein de lèpre; et voyant Jésus, il se jeta sur sa face et le supplia, disant: Seigneur, si tu veux, tu peux me rendre net.13Et étendant la main, il le toucha, disant: Je veux, soit net. Et aussitôt la lèpre se retira de lui.14Et il lui commanda de ne le dire à personne: mais va et montre-toi au sacrificateur, et offre pour ta purification selon ce que Moïse a ordonné, pour que cela leur serve de témoignage.15Et sa renommée se répandait de plus en plus; et de grandes foules s'assemblèrent pour l'entendre et pour être guéries de leurs infirmités;16mais lui, se tenait retiré dans les déserts et priait.
17Et il arriva, l'un de ces jours, qu'il enseignait. Et des pharisiens et des docteurs de la loi, qui étaient venus de chaque bourgade de Galilée, et de Judée, et de Jérusalem, étaient assis là, et la puissance du *Seigneur était là pour les guérir.18Et voici des hommes portant sur un lit un homme qui était paralysé; et ils cherchaient à l'introduire et à le mettre devant lui.19Et ne trouvant pas par quel moyen ils pourraient l'introduire, à cause de la foule, ils montèrent sur le toit et le descendirent par les tuiles, avec son petit lit, au milieu, devant Jésus.20Et voyant leur foi, il dit: Homme, tes péchés te sont pardonnés.21Et les scribes et les pharisiens se mirent à raisonner, disant: Qui est celui-ci qui profère des blasphèmes? Qui peut pardonner les péchés, si ce n'est Dieu seul?22Et Jésus, connaissant leurs pensées, répondant, leur dit: Pourquoi raisonnez-vous dans vos coeurs?23Lequel est le plus facile, de dire: Tes péchés te sont pardonnés, ou de dire: Lève-toi et marche?24Or, afin que vous sachiez que le fils de l'homme a le pouvoir sur la terre de pardonner les péchés (il dit au paralytique): Je te dis, lève-toi, et, prenant ton petit lit, va dans ta maison.25Et à l'instant, s'étant levé devant eux, il prit le lit sur lequel il était couché, et s'en alla dans sa maison, glorifiant Dieu.26Et ils furent tous saisis d'étonnement, et glorifiaient Dieu; et ils furent remplis de crainte, disant: Nous avons vu aujourd'hui des choses étranges.

Un homme lépreux vient à Jésus dont il reconnaît la puissance. Il est guéri par la volonté de Son amour.

Le v. 16 nous révèle de nouveau le secret de cet homme parfait: sa vie de prière. La perfection pour un homme consiste à réaliser une entière dépendance de Dieu, et cette dépendance trouve son expression dans la prière. C'est pourquoi Luc nous montre à tout moment notre incomparable Modèle dans cette attitude bénie (Luc 3:21; Luc 5:16; Luc 6:12; Luc 9:18, 29; Luc 11:1; Luc 22:32, 44).

Nous assistons ensuite à l'effort considérable déployé par quelques personnes pour mettre un pauvre paralytique en contact avec Jésus. Puissent ce zèle et cette foi persévérante nous encourager! Nous pouvons aussi apporter au Seigneur (par la prière) ceux dont la conversion nous tient à cœur et peut-être les inviter à nous accompagner là où Il a promis sa présence.

Dans les chapitres 4 et 5 le péché nous est présenté sous différents aspects: Comme puissance de Satan dans les démoniaques (Luc 4:33, 41); sous forme de souillure chez le lépreux; enfin en tant qu'état de mort devant Dieu (le paralytique). Jésus est venu répondre à ces trois caractères: Il est celui qui délivre, qui purifie et qui rend à l'homme l'usage de ses facultés pour Dieu.

Luc 5:27-39
27après cela il sortit; et il vit un publicain nommé Lévi, assis au bureau de recette, et il lui dit: Suis-moi.28Et quittant tout, il se leva et le suivit.29Et Lévi lui fit un grand festin dans sa maison; et il y avait une grande foule de publicains et d'autres gens qui étaient avec eux à table.30Et leurs scribes et les pharisiens murmuraient contre ses disciples, disant: Pourquoi mangez-vous et buvez-vous avec les publicains et les pécheurs?31Et Jésus, répondant, leur dit: Ceux qui sont en santé n'ont pas besoin de médecin, mais ceux qui se portent mal.32Je ne suis pas venu appeler des justes, mais des pécheurs à la repentance.33Et ils lui dirent: Pourquoi les disciples de Jean jeûnent-ils souvent et font-ils des prières, pareillement aussi ceux des pharisiens, mais les tiens mangent et boivent?34Et il leur dit: Pouvez-vous faire jeûner les fils de la chambre nuptiale pendant que l'époux est avec eux?35Mais des jours viendront, où aussi l'époux leur aura été ôté; alors ils jeûneront en ces jours-là.36Et il leur dit aussi une parabole: Personne ne met un morceau d'un habit neuf à un vieil habit; autrement il déchirera le neuf, et aussi la pièce prise du neuf ne s'accordera pas avec le vieux.37Et personne ne met du vin nouveau dans de vieilles outres; autrement le vin nouveau rompra les outres, et il se répandra, et les outres seront perdues;38mais le vin nouveau doit être mis dans des outres neuves, et tous les deux se conservent.39Et il n'y a personne qui ait bu du vieux, qui veuille aussitôt du nouveau; car il dit: Le vieux est meilleur.

Lévi (ou Matthieu: Matt. 9:9) est à son travail lorsque la voix de Jésus l'appelle. Il quitte tout, se lève et le suit. Puis il reçoit le Seigneur chez lui en même temps que ses anciens collègues, pour leur donner l'occasion de rencontrer son nouveau Maître (Puissent nos invitations avoir aussi ce motif!). Ces publicains, percepteurs d'impôts, étaient détestés par les autres Juifs parce qu'ils s'enrichissaient à leurs dépens et tiraient un profit personnel du joug romain. D'où l'indignation des scribes et des pharisiens en voyant Jésus et ses disciples en compagnie de ces renégats. Combien de personnes sont davantage portées à se retirer des pécheurs plutôt que du péché! En réponse à ces murmures Jésus se fait connaître comme le grand médecin des âmes. De même que le docteur ne se rend pas chez des gens bien portants (ou qui se croient tels), le Seigneur ne peut s'occuper que de ceux qui reconnaissent leur culpabilité.

Puis les scribes et les pharisiens soulèvent la question du jeûne. Jésus leur répond que cette marque de tristesse n'était pas de saison pendant que Lui, l'Époux, était au milieu d'eux. Du reste la servitude de la loi et des ordonnances ne s'accorde pas avec la liberté et la joie qu'apporte la grâce (v. 36, 37).

Luc 6:1-19
1Or il arriva, au sabbat second-premier, qu'il passait par des blés; et ses disciples arrachaient des épis et les mangeaient, les froissant entre leurs mains.2Et quelques-uns des pharisiens leur dirent: Pourquoi faites-vous ce qu'il n'est pas permis de faire au jour de sabbat?3Et Jésus, répondant, leur dit: N'avez-vous pas même lu ce que fit David quand il eut faim, lui et ceux qui étaient avec lui;4comment il entra dans la maison de Dieu, et prit les pains de proposition, et en mangea, et en donna aussi à ceux qui étaient avec lui, quoiqu'il ne soit pas permis d'en manger, sinon aux sacrificateurs seuls?5Et il leur dit: Le fils de l'homme est seigneur aussi du sabbat.6Et il arriva aussi, un autre sabbat, qu'il entra dans la synagogue et qu'il enseignait. Et il y avait là un homme, et sa main droite était sèche.7Et les scribes et les pharisiens observaient s'il guérirait en un jour de sabbat, afin qu'ils trouvassent de quoi l'accuser.8Et lui connut leurs pensées et dit à l'homme qui avait la main sèche: Lève-toi, et tiens-toi là devant tous. Et s'étant levé, il se tint là.9Jésus donc leur dit: Je vous demanderai s'il est permis, le jour de sabbat, de faire du bien ou de faire du mal, de sauver la vie ou de la perdre?10Et les ayant tous regardés à l'entour, il lui dit: Étends ta main. Et il fit ainsi; et sa main fut rendue saine comme l'autre.11Et ils en furent hors d'eux-mêmes, et s'entretenaient ensemble de ce qu'ils pourraient faire à Jésus.
12Or il arriva, en ces jours-là, qu'il s'en alla sur une montagne pour prier. Et il passa toute la nuit à prier Dieu.13Et quand le jour fut venu, il appela ses disciples. Et en ayant choisi douze d'entre eux, lesquels il nomma aussi apôtres:14Simon, qu'il nomma aussi Pierre, et André son frère; Jacques et Jean; Philippe et Barthélémy;15Matthieu et Thomas; Jacques le fils d'Alphée, et Simon qui était appelé Zélote;16Jude frère de Jacques, et Judas Iscariote, qui aussi devint traître;17-et étant descendu avec eux, il s'arrêta dans un lieu uni, ainsi que la foule de ses disciples et une grande multitude de peuple de toute la Judée et de Jérusalem, et de la contrée maritime de Tyr et de Sidon, qui étaient venus pour l'entendre et pour être guéris de leurs maladies;18ceux aussi qui étaient tourmentés par des esprits immondes furent guéris;19et toute la foule cherchait à le toucher, car il sortait de lui de la puissance, et elle les guérissait tous.

Le Seigneur Jésus était venu introduire un nouvel ordre de choses. Mais Israël trouvait meilleur l'ancien régime de la loi (comp. Luc 5:39). L'homme est tel, qu'il préfère des ordonnances parce qu'elles lui permettent de se glorifier en les accomplissant tant soit peu; tandis que la grâce l'humilie en le considérant perdu. Pour ce motif les Juifs tenaient fortement au sabbat, et le Seigneur donne à ce sujet deux leçons aux pharisiens: l'une tirée des Écritures et de l'histoire d'Israël (v. 3, 4), l'autre de son propre exemple d'amour (v. 9, 10). Seul effet sur leurs cœurs: ils trament un complot pour se débarrasser de Lui!

Puis le Maître désigne ses apôtres; mais avant de le faire, Il prie une nuit entière. Quelle importance avait ce choix pour l'œuvre qui devait être accomplie ensuite! Le Seigneur Jésus connaissait le caractère naturel de tous ses disciples, ce que chacun avait à acquérir et à abandonner… Il les connaissait mais Il les aimait, comme Il vous connaît et vous aime (Jean 10:14, 27).

Et puis il s'agissait pour Celui qui savait toutes choses de prendre avec Lui le traître Judas! Mais là encore triomphe Sa soumission parfaite. Jésus était venu accomplir les Écritures.

Luc 6:20-38
20Et lui, élevant les yeux vers ses disciples, dit: Bienheureux, vous pauvres, car à vous est le royaume de Dieu;21bienheureux, vous qui maintenant avez faim, car vous serez rassasiés; bienheureux, vous qui pleurez maintenant, car vous rirez.22Vous êtes bienheureux quand les hommes vous haïront, et quand ils vous retrancheront de leur société, et qu'ils vous insulteront et rejetteront votre nom comme mauvais, à cause du fils de l'homme.23Réjouissez-vous en ce jour-là et tressaillez de joie, car voici, votre récompense est grande dans le ciel, car leurs pères en ont fait de même aux prophètes.24Mais malheur à vous, riches, car vous avez votre consolation;25malheur à vous qui êtes rassasiés, car vous aurez faim; malheur à vous qui riez maintenant, car vous mènerez deuil et vous pleurerez.26Malheur à vous quand tous les hommes diront du bien de vous, car leurs pères en ont fait de même aux faux prophètes.
27Mais à vous qui écoutez, je vous dis: Aimez vos ennemis; faites du bien à ceux qui vous haïssent;28bénissez ceux qui vous maudissent; priez pour ceux qui vous font du tort.29A celui qui te frappe sur une joue, présente aussi l'autre; et si quelqu'un t'ôte ton manteau, ne l'empêche pas de prendre aussi ta tunique.30à tout homme qui te demande, et à celui qui t'ôte ce qui t'appartient, ne le redemande pas.31Et comme vous voulez que les hommes vous fassent, vous aussi faites-leur de même.32Et si vous aimez ceux qui vous aiment, quel gré vous en saura-t-on? car les pécheurs aussi aiment ceux qui les aiment.33Et si vous faites du bien à ceux qui vous font du bien, quel gré vous en saura-t-on car les pécheurs aussi en font autant.34Et si vous prêtez à ceux de qui vous espérez recevoir, quel gré vous en saura-t-on? car les pécheurs aussi prêtent aux pécheurs, afin qu'ils reçoivent la pareille.35Mais aimez vos ennemis, et faites du bien, et prêtez sans en rien espérer; et votre récompense sera grande, et vous serez les fils du Très-haut; car il est bon envers les ingrats et les méchants.36Soyez donc miséricordieux, comme aussi votre Père est miséricordieux;
37et ne jugez pas, et vous ne serez point jugés; ne condamnez pas, et vous ne serez point condamnés; acquittez, et vous serez acquittés;38donnez, et il vous sera donné: on vous donnera dans le sein bonne mesure, pressée et secouée, et qui débordera; car de la même mesure dont vous mesurerez, on vous mesurera en retour.

Combien nous nous sentons repris par ces enseignements du Maître. Laissons-les pénétrer dans nos cœurs et surtout vivons-les! La plupart de ces paroles se trouvent en Matt. 5 - 7; mais ici elles sont plus personnelles. Ce n'est pas «bienheureux ceux qui…» mais «bienheureux vous…».

Le v. 31 résume les exhortations adressées «à vous qui écoutez» (v. 27): «Comme vous voulez que les hommes vous fassent, vous aussi faites-leur de même» (v. 31). Que nos semblables seraient bien traités si nous obéissions à cette parole!

Tous ces traits de caractère sont étrangers à notre nature orgueilleuse, égoïste et impatiente. Le Seigneur souligne qu'ils sont ceux de Dieu même et nous feront reconnaître comme les enfants du Père céleste… sur la terre (v. 35 fin et 36). Nous n'aurons plus en effet l'occasion de les manifester au ciel puisqu'il n'y aura là-haut ni ennemis à aimer, ni injustices à supporter, ni misères à soulager. Notre responsabilité et notre privilège, c'est de ressembler-Jésus ici-bas, de refléter la douceur, l'amour, l'humilité, la patience du Modèle parfait «qui, lorsqu'on l'outrageait ne rendait pas d'outrage, quand il souffrait, ne menaçait pas…» (1 Pierre 2:21, 23).

Luc 6:39-49
39Et il leur disait aussi une parabole: un aveugle peut-il conduire un aveugle? ne tomberont-ils pas tous deux dans la fosse?40Le disciple n'est pas au-dessus de son maître, mais tout homme accompli sera comme son maître.41Et pourquoi regardes-tu le fétu qui est dans l'oeil de ton frère, et tu ne t'aperçois pas de la poutre qui est dans ton propre oeil?42Ou comment peux-tu dire à ton frère: Frère, permets, j'ôterai le fétu qui est dans ton oeil, toi qui ne vois pas la poutre qui est dans ton oeil? Hypocrite, ôte premièrement la poutre de ton oeil, et alors tu verras clair pour ôter le fétu qui est dans l'oeil de ton frère.43Car il n'y a pas de bon arbre qui produise de mauvais fruit, ni d'arbre mauvais qui produise de bon fruit;44car chaque arbre se connaît à son propre fruit, car on ne récolte pas des figues sur des épines, ni ne cueille du raisin sur un buisson.45L'homme bon, du bon trésor de son coeur produit ce qui est bon, et l'homme mauvais, du mauvais produit ce qui est mauvais: car de l'abondance du coeur sa bouche parle.46Et pourquoi m'appelez-vous: Seigneur, Seigneur, et ne faites-vous pas ce que je dis?47Je vous montrerai à qui est semblable tout homme qui vient à moi, et qui entend mes paroles et les met en pratique:48il est semblable à un homme qui bâtit une maison, qui a foui et creusé profondément, et a mis un fondement sur le roc: mais une inondation étant survenue, le fleuve s'est jeté avec violence contre cette maison, et il n'a pu l'ébranler, car elle avait été fondée sur le roc.49Mais celui qui a entendu et n'a pas mis en pratique, est semblable à un homme qui a bâti une maison sur la terre, sans fondement; et le fleuve s'est jeté avec violence contre elle, et aussitôt elle est tombée; et la ruine de cette maison a été grande.

Si un petit corps étranger se dépose sur la lentille d'un microscope on ne peut plus rien voir à travers. Chose curieuse, pour nous c'est l'inverse! Plus grosse est la poutre que nous avons dans l'œil, plus nous avons la vue perçante pour distinguer le petit fétu dans l'œil de notre frère.

Au v. 46, Jésus nous pose à tous une question qui doit nous faire réfléchir: «Pourquoi m'appelez-vous: Seigneur, Seigneur, et ne faites-vous pas ce que je dis?». Ne sommes-nous pas souvent très légers et très inconséquents en prononçant dans nos prières le nom du Seigneur Jésus? Nous n'avons pas le droit de l'appeler ainsi si nous ne sommes pas disposés à faire en toutes choses sa volonté (1 Jean 2:4). Beaucoup d'enfants de parents chrétiens ont, par grâce, accepté Jésus Christ comme leur Sauveur; mais, tant qu'ils ne reconnaissent pas aussi son autorité de Seigneur, peut-on dire qu'ils se sont vraiment tournés vers Lui? Le vrai christianisme consiste à ne plus vivre pour soi-même mais pour Celui qui est mort pour nous, à Le servir et à L'attendre (1 Thess. 1:9, 10; 2 Cor. 5:15).

Fonder ses espérances «sur la terre» c'est aller au-devant d'une grande ruine (v. 49). Oui, allons à Jésus, écoutons ses paroles et mettons-les en pratique (v. 47).

Luc 7:1-17
1Or, quand il eut achevé tous ses discours, le peuple l'entendant, il entra dans Capernaüm.2Et l'esclave d'un certain centurion, à qui il était fort cher, était malade et s'en allait mourir.3Et ayant ouï parler de Jésus, il envoya vers lui des anciens des Juifs, le priant de venir sauver son esclave.4Et étant venus à Jésus, ils le priaient instamment, disant: Il est digne que tu lui accordes cela,5car il aime notre nation et nous a lui-même bâti la synagogue.6Et Jésus alla avec eux. Et déjà comme il n'était plus guère loin de la maison, le centurion envoya des amis vers lui, lui disant: Seigneur, ne te donne pas de fatigue, car je ne suis pas digne que tu entres sous mon toit;7c'est pourquoi je ne me suis pas cru digne moi-même non plus d'aller vers toi; mais dis une parole et mon serviteur sera guéri.8Car moi aussi, je suis un homme placé sous l'autorité d'autrui, ayant sous moi des soldats; et je dis à l'un: Va, et il va; et à un autre: Viens, et il vient; et à mon esclave: Fais cela, et il le fait.9Et Jésus, ayant entendu ces choses, l'admira; et se tournant vers la foule qui le suivait, il dit: Je vous dis que je n'ai pas trouvé, même en Israël, une si grande foi.10Et ceux qui avaient été envoyés, s'en étant retournés à la maison, trouvèrent bien portant l'esclave malade.
11Et le jour suivant, il arriva que Jésus allait à une ville appelée Naïn, et plusieurs de ses disciples et une grande foule allaient avec lui.12Et comme il approchait de la porte de la ville, voici, on portait dehors un mort, fils unique de sa mère, et elle était veuve; et une foule considérable de la ville était avec elle.13Et le Seigneur, la voyant, fut ému de compassion envers elle et lui dit: Ne pleure pas.14Et s'approchant, il toucha la bière; et ceux qui la portaient s'arrêtèrent; et il dit: Jeune homme, je te dis, lève-toi.15Et le mort se leva sur son séant, et commença à parler; et il le donna à sa mère.16Et ils furent tous saisis de crainte, et ils glorifiaient Dieu, disant: Un grand prophète a été suscité parmi nous, et Dieu a visité son peuple.17Et le bruit de ce fait se répandit à son sujet dans toute la Judée et dans le pays d'alentour.

Quels nobles sentiments nous trouvons chez le centurion de Capernaüm: grande affection pour un simple esclave; bienveillance envers Israël; humilité («je ne suis pas digne…» déclare-t-il; comp. v. 4); sens de l'autorité et du devoir acquis par la vie militaire (v. 8)! Mais ce ne sont pas ces qualités morales que le Seigneur admire; c'est la foi de cet étranger. Jésus la cite en exemple. La foi n'existe que par l'objet sur lequel elle s'appuie: ici la toute-puissance du Seigneur. Plus l'objet sera connu dans sa grandeur, plus grande sera la foi. Que Christ soit grand pour notre cœur!

En approchant de Naïn, le Seigneur et la foule qui l'accompagne croisent un autre cortège. C'est un enterrement, comme ceux qu'on voit dans les rues (Ecc. 12:5 fin: rappel tragique que la mort constitue le salaire du péché). Mais celui-ci est particulièrement triste, car il s'agit du fils unique d'une veuve. Ému de compassion, Jésus commence par consoler la pauvre mère. Puis il touche le cercueil (de même qu'Il a touché le lépreux au Luc 5:13, sans en être souillé; comp. Nomb. 19:11). Et voilà ce mort qui s'assied et qui commence à parler!

N'oublions pas que le témoignage verbal est une preuve nécessaire de la vie qui est en nous (Rom. 10:9).

Luc 7:18-35
18Et les disciples de Jean lui rapportèrent toutes ces choses.
19Et ayant appelé deux de ses disciples, Jean les envoya vers Jésus, disant: Es-tu celui qui vient, ou devons-nous en attendre un autre?20Et les hommes, étant venus à lui, dirent: Jean le baptiseur nous a envoyés auprès de toi, disant: Es-tu celui qui vient, ou devons-nous en attendre un autre?21(En cette heure-là, il guérit plusieurs personnes de maladies et de fléaux et de mauvais esprits, et il donna la vue à plusieurs aveugles)22Et Jésus, répondant, leur dit: Allez, et rapportez à Jean les choses que vous avez vues et entendues: que les aveugles recouvrent la vue, que les boiteux marchent, que les lépreux sont rendus nets, que les sourds entendent, que les morts ressuscitent, et que l'évangile est annoncé aux pauvres.23Et bienheureux est quiconque n'aura pas été scandalisé en moi.24Et lorsque les messagers de Jean s'en furent allés, il se mit à dire de Jean aux foules: Qu'êtes-vous allés voir au désert? Un roseau agité par le vent?25Mais qu'êtes-vous allés voir? Un homme vêtu de vêtements précieux? Voici, ceux qui sont vêtus magnifiquement et qui vivent dans les délices, sont dans les palais des rois.26Mais qu'êtes-vous allés voir? Un prophète? Oui, vous dis-je, et plus qu'un prophète.27C'est ici celui dont il est écrit: "Voici, j'envoie mon messager devant ta face, lequel préparera ton chemin devant toi";28car je vous dis: Parmi ceux qui sont nés de femme, il n'y a aucun prophète plus grand que Jean le baptiseur; mais le moindre dans le royaume de Dieu est plus grand que lui.29(Et tout le peuple qui entendait cela, et les publicains, justifiaient Dieu, ayant été baptisés du baptême de Jean;30mais les pharisiens et les docteurs de la loi rejetaient contre eux-mêmes le conseil de Dieu, n'ayant pas été baptisés par lui.)31A qui donc comparerai-je les hommes de cette génération, et à qui ressemblent-ils?32Ils sont semblables à des petits enfants qui sont assis au marché et qui crient les uns aux autres et disent: Nous vous avons joué de la flûte et vous n'avez pas dansé; nous vous avons chanté des complaintes et vous n'avez pas pleuré.33Car Jean le baptiseur est venu, ne mangeant pas de pain et ne buvant pas de vin, et vous dites: Il a un démon.34Le fils de l'homme est venu, mangeant et buvant, et vous dites: Voici un mangeur et un buveur, un ami des publicains et des pécheurs.35Et la sagesse a été justifiée par tous ses enfants.

De la prison où Hérode l'avait enfermé (Luc 3:20), Jean le baptiseur envoie vers Jésus deux de ses disciples pour s'enquérir à son sujet. À travers la question posée, transparaissent ses doutes et son découragement. Il avait annoncé le royaume, et c'est la prison qu'il a obtenue. Vraiment est-il possible que Jésus soit «celui qui vient»?

Bien des personnes, considérant l'état actuel de l'Église, la persécution des croyants dans de nombreux pays, et l'indifférence du monde à l'égard de l'Évangile, en viennent à douter de la puissance du Seigneur et de son règne. Mais ce dernier ne s'établira pas avant l'enlèvement de l'Église et l'accomplissement des événements prophétiques.

Les œuvres de Jésus se chargent de répondre à la question des deux messagers.

Jean avait rendu témoignage au Seigneur. Maintenant c'est le Seigneur qui, devant les mêmes foules, rend témoignage à Jean. Et Il montre avec tristesse quel accueil le ministère du précurseur et le sien ont rencontré auprès de «cette génération» privilégiée (v. 31). Ni les complaintes de Jean (ses appels à se repentir) ni les bonnes nouvelles du Sauveur qui devaient produire la joie et la louange, n'avaient trouvé d'écho auprès de la masse du peuple et de ses chefs.

Luc 7:36-50
36Et un des pharisiens le pria de manger avec lui. Et entrant dans la maison du pharisien, il se mit à table.37Et voici, une femme dans la ville, qui était une pécheresse, et qui savait qu'il était à table dans la maison du pharisien, apporta un vase d'albâtre plein de parfum;38et se tenant derrière à ses pieds, et pleurant, elle se mit à les arroser de ses larmes, et elle les essuyait avec les cheveux de sa tête, et couvrait ses pieds de baisers, et les oignait avec le parfum.39Et le pharisien qui l'avait convié, voyant cela, dit en lui-même: Celui-ci, s'il était prophète, saurait qui et quelle est cette femme qui le touche, car c'est une pécheresse.40Et Jésus, répondant, lui dit: Simon, j'ai quelque chose à te dire. Et il dit: Maître, dis-le.41Un créancier avait deux débiteurs: l'un lui devait cinq cents deniers, et l'autre cinquante;42et comme ils n'avaient pas de quoi payer, il quitta la dette à l'un et à l'autre. Dis donc lequel des deux l'aimera le plus.43Et Simon, répondant, dit: J'estime que c'est celui à qui il a été quitté davantage. Et il lui dit: Tu as jugé justement.44Et se tournant vers la femme, il dit à Simon: Vois-tu cette femme? Je suis entré dans ta maison; tu ne m'as pas donné d'eau pour mes pieds, mais elle a arrosé mes pieds de ses larmes et les a essuyés avec ses cheveux.45Tu ne m'as pas donné de baiser; mais elle, depuis que je suis entré, n'a pas cessé de couvrir mes pieds de baisers.46Tu n'as pas oint ma tête d'huile, mais elle a oint mes pieds avec un parfum.47C'est pourquoi je te dis: Ses nombreux péchés sont pardonnés, car elle a beaucoup aimé; mais celui à qui il est peu pardonné, aime peu.48Et il dit à la femme: Tes péchés sont pardonnés.49Et ceux qui étaient à table avec lui, se mirent à dire en eux-mêmes: Qui est celui-ci qui même pardonne les péchés?50Et il dit à la femme: Ta foi t'a sauvée, va-t'en paix.

Bien différent du publicain Lévi au Luc 5:29, Simon le pharisien a aussi convié le Seigneur à sa table. Il pensait peut-être en recevoir de l'honneur, mais c'est une leçon humiliante que Jésus va lui donner. Voici qu'une femme connue pour sa vie dissolue s'est introduite dans la maison. Elle répand aux pieds de Jésus, avec l'hommage de son parfum, d'abondantes larmes de repentir. C'est cette pécheresse, et non le pharisien Simon, qui rafraîchit et restaure le cœur du Sauveur. Car elle a conscience de sa grande dette envers Dieu et elle vient à Jésus dans le seul état convenable: avec un cœur brisé et humilié (Ps. 51:17). Avant d'adresser à cette femme la parole de grâce qu'elle attend, le Seigneur a «quelque chose à dire» à Simon dont Il connaît les pensées secrètes. Que de fois nous pourrions entendre notre nom à la place de celui de Simon. «J'ai quelque chose à te dire à toi aussi», déclare le Maître à tel ou tel d'entre nous: Tu te compares peut-être avantageusement à d'autres qui n'ont pas reçu comme toi une éducation chrétienne, mais ce qui compte à mes yeux c'est l'amour pour moi et les preuves qui m'en sont données.

Sachons mieux discerner combien il nous a été pardonné pour aimer davantage notre Sauveur!

Luc 8:1-15
1Et il arriva après cela, qu'il passait par les villes et par les villages, prêchant et annonçant le royaume de Dieu; et les douze étaient avec lui,2des femmes aussi qui avaient été guéries d'esprits malins et d'infirmités, Marie, qu'on appelait Magdeleine, de laquelle étaient sortis sept démons, et Jeanne,3femme de Chuzas intendant d'Hérode, et Suzanne, et plusieurs autres, qui l'assistaient de leurs biens.
4Et comme une grande foule s'assemblait, et qu'on venait à lui de toutes les villes, il dit en parabole:5Le semeur sortit pour semer sa semence. Et comme il semait, quelques grains tombèrent le long du chemin, et furent foulés aux pieds, et les oiseaux du ciel les dévorèrent.6Et d'autres tombèrent sur le roc; et ayant levé, ils séchèrent, parce qu'ils n'avaient pas d'humidité.7Et d'autres tombèrent au milieu des épines; et les épines levèrent avec eux et les étouffèrent.8Et d'autres tombèrent dans la bonne terre, et ils levèrent, et produisirent du fruit au centuple. En disant ces choses, il criait: Qui a des oreilles pour entendre, qu'il entende.9Et ses disciples l'interrogèrent, disant: Qu'est-ce que cette parabole?10Et il dit: A vous il est donné de connaître les mystères du royaume de Dieu; mais il en est parlé aux autres en paraboles, afin que voyant, ils ne voient pas, et qu'entendant, ils ne comprennent pas.11Or voici ce qu'est la parabole: La semence est la parole de Dieu;12et ceux qui sont le long du chemin, sont ceux qui entendent la parole; ensuite vient le diable, et il ôte de leur coeur la parole, de peur qu'en croyant, ils ne soient sauvés.13Et ceux qui sont sur le roc, sont ceux qui, lorsqu'ils entendent la parole, la reçoivent avec joie; et ceux-ci n'ont pas de racine: ils ne croient que pour un temps, et au temps de la tentation ils se retirent.14Et ce qui est tombé dans les épines, ce sont ceux qui, ayant entendu la parole et s'en étant allés, sont étouffés par les soucis et par les richesses et par les voluptés de la vie, et ils ne portent pas de fruit à maturité.15Mais ce qui est dans la bonne terre, ce sont ceux qui, ayant entendu la parole, la retiennent dans un coeur honnête et bon, et portent du fruit avec patience.

Avec les disciples, quelques femmes dévouées suivaient le Seigneur et «l'assistaient de leurs biens». Ce qu'elles ont fait pour Jésus est mentionné à la suite de ce que Lui a d'abord fait pour elles (v. 2).

Les v. 4-15 contiennent la parabole du Semeur et son explication. Trois choses amènent la stérilité du sol: les oiseaux, figure du diable (v. 12), le roc, image ici du cœur aride, impénétrable à toute action profonde et durable, les épines enfin, qui nous parlent du monde avec ses préoccupations, ses richesses et ses plaisirs (v. 14). Cependant le meilleur des terrains doit d'abord être labouré. Opération pénible! le sol est brisé, remué, retourné, rendu ainsi propre à laisser pénétrer et germer la semence. C'est ainsi que Dieu opère (souvent par des épreuves) dans la conscience de ceux qui vont recevoir la Parole.

Mais ce travail ne se fait pas dans les trois premiers terrains. Il est inutile de labourer dans un chemin continuellement piétiné et c'est chose impossible sur le rocher. Quant aux épines, un défrichage est d'abord nécessaire et les racines du monde dans un cœur sont souvent profondément enfoncées.

Entendre la Parole caractérise tous les sols. La retenir et porter du fruit avec patience est le propre de la bonne terre (v. 15).

Luc 8:16-25
16Or personne, après avoir allumé une lampe, ne la couvre d'un vase, ni ne la met sous un lit; mais il la place sur un pied de lampe, afin que ceux qui entrent voient la lumière.17Car il n'y a rien de secret qui ne deviendra manifeste, ni rien de caché qui ne se connaîtra et ne vienne en évidence.18Prenez donc garde comment vous entendez; car à quiconque a, il sera donné, et à quiconque n'a pas, cela même qu'il paraît avoir sera ôté.19Or sa mère et ses frères vinrent auprès de lui; et ils ne pouvaient l'aborder, à cause de la foule.20Et cela lui fut rapporté par quelques-uns qui disaient: Ta mère et tes frères se tiennent dehors, désirant te voir.21Mais lui, répondant, leur dit: Ma mère et mes frères sont ceux qui écoutent la parole de Dieu et qui la mettent en pratique.
22Et il arriva, l'un de ces jours, qu'il monta dans une nacelle, et ses disciples avec lui. Et il leur dit: Passons à l'autre rive du lac.23Et ils prirent le large. Et comme ils voguaient, il s'endormit; et un vent impétueux fondit sur le lac, et la nacelle s'emplissait, et ils étaient en péril.24Et ils vinrent et le réveillèrent, disant: Maître, maître, nous périssons! Et lui, s'étant levé, reprit le vent et les flots; et ils s'apaisèrent, et il se fit un calme.25Et il leur dit: Où est votre foi? Mais eux, saisis de crainte, étaient dans l'étonnement, disant entre eux: Qui donc est celui-ci, qui commande même aux vents et à l'eau, et ils lui obéissent?

Il ne viendrait à l'idée de personne, après avoir allumé une lampe, de la cacher sous un vase ou sous un lit. «Enfants de lumière», notre raison d'être ici-bas est de faire briller bien distinctement dans les ténèbres de ce monde les vertus de Celui qui est Lumière (v. 16; Matt. 5:14; 1 Pierre 2:9).

À l'occasion de la venue de sa mère et de ses frères, le Seigneur parle encore de «ceux qui écoutent la Parole de Dieu et qui la mettent en pratique» (v. 21; Luc 6:47). Eux seuls peuvent se prévaloir d'une relation avec Lui.

Le sommeil de Jésus dans la nacelle nous le montre comme un homme fatigué par sa journée de travail. Mais, l'instant d'après, l'ordre qu'Il donne au vent et aux vagues le fait connaître comme Dieu souverain. Saisis de crainte, les disciples s'écrient: «Qui donc est celui-ci…?». Plusieurs fois nous avons entendu cette question (v. 25; Luc 5:21; Luc 7:49). Agur autrefois l'avait posée: «Qui a rassemblé le vent dans le creux de ses mains? Qui a serré les eaux dans un manteau?…» (Prov. 30:4). Celui qui «commande même aux vents et à l'eau» et révèle sa puissance aux disciples manquant de foi est le Fils de Dieu, le Créateur. Sa puissance aujourd'hui n'a pas changé. Mais qu'en est-il de notre foi?

Luc 8:26-39
26Et ils abordèrent dans le pays des Gadaréniens, qui est vis-à-vis de la Galilée.27Et quand il fut descendu à terre, un homme de la ville vint à sa rencontre, qui depuis longtemps avait des démons, et ne portait pas de vêtements, et ne demeurait pas dans une maison, mais dans les sépulcres.28Et ayant aperçu Jésus, et s'étant écrié, il se jeta devant lui, et dit à haute voix: Qu'y a-t-il entre moi et toi, Jésus, Fils du Dieu Très-haut? Je te supplie, ne me tourmente pas.29Car Jésus avait commandé à l'esprit immonde de sortir de l'homme; car depuis longtemps il s'était saisi de lui, et l'homme avait été lié et gardé dans les chaînes et avec les fers aux pieds; et brisant ses liens, il était emporté par le démon dans les déserts.30Et Jésus lui demanda, disant: Quel est ton nom? Et il dit: Légion; car beaucoup de démons étaient entrés en lui.31Et ils le priaient pour qu'il ne leur commandât pas de s'en aller dans l'abîme.32Et il y avait là un grand troupeau de pourceaux paissant sur la montagne, et ils le priaient de leur permettre d'entrer en eux; et il le leur permit.33Et les démons, sortant de l'homme, entrèrent dans les pourceaux, et le troupeau se rua du haut de la côte dans le lac, et fut étouffé.34Et ceux qui le paissaient, voyant ce qui était arrivé, s'enfuirent, et le racontèrent dans la ville et dans les campagnes.35Et ils sortirent pour voir ce qui était arrivé, et vinrent vers Jésus, et trouvèrent assis, vêtu et dans son bon sens, aux pieds de Jésus, l'homme duquel les démons étaient sortis; et ils eurent peur.36Et ceux qui avaient vu ce qui s'était passé, leur racontèrent aussi comment le démoniaque avait été délivré.37Et toute la multitude du pays environnant des Gadaréniens, pria Jésus de s'en aller de chez eux, car ils étaient saisis d'une grande frayeur: et lui, étant monté dans la nacelle, s'en retourna.38Et l'homme duquel les démons étaient sortis, le supplia de lui permettre d'être avec lui;39mais il le renvoya, disant: Retourne dans ta maison et raconte tout ce que Dieu t'a fait. Et il s'en alla, publiant par toute la ville tout ce que Jésus lui avait fait.

La puissance divine dont Jésus a donné un aperçu en calmant la tempête se trouve ici en face d'une violence autrement redoutable: celle de Satan. Une armée de démons s'était complètement emparée de la volonté de ce malheureux Gadarénien. On avait bien essayé, mais sans succès, de le maîtriser par des chaînes et des fers, image des vains efforts de la société pour réfréner les passions. Habitant les sépulcres, ce possédé était déjà moralement un mort. Il était nu; c'est-à-dire incapable, comme Adam, de cacher à Dieu son état. Quel tableau de la déchéance morale de la créature! Mais aussi quel changement lorsque intervient la délivrance du Seigneur (lire Éph. 2:1-6)! Les gens de la ville ne peuvent que le constater. Ils trouvent cet homme «assis, vêtu et dans son bon sens, aux pieds de Jésus». Oui, le racheté trouve enfin paix et repos auprès de son Sauveur; Dieu le revêt de justice et lui donne une intelligence pour le connaître.

Hélas! La présence de Dieu inquiète et dérange davantage le monde que la domination du diable.

Le démoniaque guéri souhaite accompagner Jésus (comp. Phil. 1:23). Mais le Seigneur lui désigne son champ de travail: sa propre maison et sa ville où il raconte tout ce que Jésus a fait pour lui (Ps. 66:16).

Luc 8:40-56
40Et quand Jésus fut de retour, il arriva que la foule l'accueillit, car tous l'attendaient.41Et voici, un homme dont le nom était Jaïrus, -et il était chef de la synagogue, -vint, et se jetant aux pieds de Jésus, le supplia de venir dans sa maison,42car il avait une fille unique, d'environ douze ans, et elle se mourait. Et comme il s'en allait, les foules le serraient.43Et une femme qui avait une perte de sang depuis douze ans, et qui, ayant dépensé tout son bien en médecins, n'avait pu être guérie par aucun,44s'approcha par derrière et toucha le bord de son vêtement; et à l'instant sa perte de sang s'arrêta.45Et Jésus dit: Qui est-ce qui m'a touché? Et comme tous niaient, Pierre dit, et ceux qui étaient avec lui: Maître, les foules te serrent et te pressent, et tu dis: Qui est-ce qui m'a touché?46Et Jésus dit: Quelqu'un m'a touché, car je sais qu'il est sorti de moi de la puissance.47Et la femme, voyant qu'elle n'était pas cachée, vint en tremblant, et, se jetant devant lui, déclara devant tout le peuple pour quelle raison elle l'avait touché, et comment elle avait été guérie instantanément.48Et il lui dit: Aie bon courage, ma fille; ta foi t'a guérie; va-t'en en paix.49-Comme il parlait encore, il vient quelqu'un de chez le chef de synagogue, lui disant: Ta fille est morte, ne tourmente pas le maître.50Et Jésus, l'ayant entendu, lui répondit, disant: Ne crains pas, crois seulement, et elle sera sauvée.51Et quand il fut arrivé à la maison, il ne permit à personne d'entrer, sinon à Pierre et à Jean et à Jacques, et au père de la jeune fille et à la mère.52Et tous pleuraient et se lamentaient sur elle; et il leur dit: Ne pleurez pas, car elle n'est pas morte, mais elle dort.53Et ils se riaient de lui, sachant qu'elle était morte.54Mais lui, les ayant tous mis dehors, et l'ayant prise par la main, cria, disant: Jeune fille, lève-toi.55Et son esprit retourna en elle, et elle se leva immédiatement; et il commanda qu'on lui donnât à manger.56Et ses parents étaient hors d'eux; et il leur enjoignit de ne dire à personne ce qui était arrivé.

Jaïrus, ce chef de synagogue dont la fille unique est en train de mourir, supplie Jésus de venir dans sa maison. Il n'a pas autant de foi que le centurion du Luc 7; car ce dernier savait qu'une parole du Seigneur était suffisante pour que son serviteur soit guéri, même à distance. Pendant que Jésus est en chemin, Il est touché furtivement par cette femme qui auparavant avait consulté en pure perte un grand nombre de médecins. Mais avec la guérison le Seigneur veut lui donner l'assurance de la paix: aussi l'oblige-t-il à se faire connaître.

Poursuivant sa route avec le père angoissé, Jésus a «la langue des savants» pour soutenir par une parole (v. 50; comp. Luc 7:13 et Ésaïe 50:4). Et alors, a lieu une scène extraordinaire. À l'appel du «Prince de la vie» (Actes 3:15), la jeune fille se lève immédiatement. Mais Jésus sait qu'elle a maintenant besoin de nourriture, et dans sa tendre sollicitude, Il veille à ce que celle-ci soit assurée. Ainsi dans ces deux circonstances nous voyons l'amour du Seigneur se manifester encore après la délivrance: Envers la femme pour l'établir dans une relation personnelle avec Lui et l'amener à Lui rendre un témoignage public; envers cette jeune fille pour la nourrir et la fortifier.

Luc 9:1-17
1Et ayant assemblé les douze, il leur donna puissance et autorité sur tous les démons, et le pouvoir de guérir les maladies.2Et il les envoya prêcher le royaume de Dieu et guérir les infirmes;3et il leur dit: Ne prenez rien pour le chemin, ni bâton, ni sac, ni pain, ni argent; et n'ayez pas chacun deux tuniques.4Et dans quelque maison que vous entriez, là demeurez, et de là partez.5Et tous ceux qui ne vous recevront pas,... en sortant de cette ville-là, secouez même la poussière de vos pieds, en témoignage contre eux.6Et, partant, ils parcouraient tous les villages, évangélisant et guérissant partout.7Et Hérode le tétrarque ouït parler de toutes les choses qui étaient faites par lui; et il était en perplexité, parce que quelques-uns disaient que Jean était ressuscité d'entre les morts;8et quelques-uns, qu'Élie était apparu; et d'autres, que l'un des anciens prophètes était ressuscité.9Et Hérode dit: Moi, j'ai fait décapiter Jean; mais qui est celui-ci, de qui j'entends dire de telles choses? et il cherchait à le voir.
10Et les apôtres, étant de retour, lui racontèrent tout ce qu'ils avaient fait. Et les prenant avec lui, il se retira à l'écart dans un lieu désert d'une ville appelée Bethsaïda.11Et les foules, l'ayant su, le suivirent. Et les ayant reçus, il leur parla du royaume de Dieu, et guérit ceux qui avaient besoin de guérison.12Et le jour commença à baisser; et les douze, s'approchant, lui dirent: Renvoie la foule, afin qu'ils aillent dans les villages et dans les campagnes d'alentour, et s'y logent et trouvent des vivres, car nous sommes ici dans un lieu désert.13Mais il leur dit: Vous, donnez-leur à manger. Et ils dirent: Nous n'avons pas plus de cinq pains et de deux poissons, à moins que nous n'allions et que nous n'achetions de quoi manger pour tout ce peuple;14car ils étaient environ cinq mille hommes. Et il dit à ses disciples: Faites-les asseoir par rangs de cinquante chacun.15Et ils firent ainsi, et les firent tous asseoir.16Et ayant pris les cinq pains et les deux poissons, et regardant vers le ciel, il les bénit, et les rompit; et il les donna à ses disciples pour les mettre devant la foule.17Et ils mangèrent tous et furent rassasiés; et de ce qui leur était resté de morceaux, on ramassa douze paniers.

Le Seigneur envoie ses apôtres. La puissance et l'autorité qu'Il leur confère sont la seule chose dont ils ont besoin pour le chemin (v. 3). À leur retour, les douze s'empressent de raconter ce qu'ils ont fait (v. 10; comp. Actes 14:27 où Paul et Barnabas font le récit de «toutes les choses que Dieu avait faites avec eux»; voir aussi Actes 21:19 et 1 Cor. 15:10). Alors Jésus les prend avec lui à l'écart; mais les foules ne tardent pas à le découvrir, de sorte que, sans la moindre impatience, sans se lasser, Il reprend son ministère. Il les reçoit, leur parle, et les guérit. Quant aux disciples, ils voudraient renvoyer tous ces gens, moins peut-être par intérêt pour eux comme ils le prétendent (v. 12) que par souci de leur propre repos. Mais leur Maître, en même temps qu'Il va s'occuper de ces foules, a préparé une leçon pour les siens. Quand a été constatée l'insuffisance de leurs ressources pour nourrir cette multitude, Jésus y pourvoit par son propre pouvoir. Remarquons qu'Il aurait pu se passer des cinq pains et des deux poissons. Mais dans sa grâce, Il prend le peu que nous mettons à sa disposition et sait en faire une grande abondance. Sa puissance s'accomplit toujours dans l'infirmité de ses serviteurs (2 Cor. 12:9).

Luc 9:18-36
18Et il arriva, comme il priait à l'écart, que ses disciples étaient avec lui. Et il les interrogea, disant: Qui disent les foules que je suis?19Et répondant, ils dirent: Jean le baptiseur; et d'autres: Élie; et d'autres, que l'un des anciens prophètes est ressuscité.20Et il leur dit: Et vous, qui dites-vous que je suis? Et Pierre, répondant, dit: Le Christ de Dieu!21Et s'adressant à eux avec force, il leur commanda de ne dire ceci à personne, disant:22Il faut que le fils de l'homme souffre beaucoup, et qu'il soit rejeté des anciens et des principaux sacrificateurs et des scribes, et qu'il soit mis à mort, et qu'il soit ressuscité le troisième jour.23Et il disait à tous: Si quelqu'un veut venir après moi, qu'il se renonce soi-même, et qu'il prenne sa croix chaque jour, et me suive:24car quiconque voudra sauver sa vie la perdra; et quiconque perdra sa vie pour l'amour de moi, celui-là la sauvera.25Car que profitera-t-il à un homme de gagner le monde entier, s'il se détruit lui-même ou se perd lui-même?26Car quiconque aura honte de moi et de mes paroles, le fils de l'homme aura honte de lui quand il viendra dans sa gloire et dans celle du Père et des saints anges.27Et je vous dis, en vérité, que de ceux qui sont ici présents, il y en a quelques-uns qui ne goûteront point la mort jusqu'à ce qu'ils aient vu le royaume de Dieu.
28Et il arriva, environ huit jours après ces paroles, qu'il prit avec lui Pierre et Jean et Jacques, et qu'il monta sur une montagne pour prier.29Et comme il priait, l'apparence de son visage devint tout autre, et son vêtement devint blanc et resplendissant comme un éclair;30et voici, deux hommes, qui étaient Moïse et Élie, parlaient avec lui,31lesquels, apparaissant en gloire, parlaient de sa mort qu'il allait accomplir à Jérusalem.32Et Pierre et ceux qui étaient avec lui étaient accablés de sommeil; et quand ils furent réveillés, ils virent sa gloire et les deux hommes qui étaient avec lui.33Et il arriva, comme ils se séparaient de lui, que Pierre dit à Jésus: Maître, il est bon que nous soyons ici; et faisons trois tentes: une pour toi, et une pour Moïse, et une pour Élie, ne sachant ce qu'il disait.34Et comme il disait ces choses, une nuée vint et les couvrit; et ils eurent peur comme ils entraient dans la nuée.35Et il y eut une voix venant de la nuée, disant: Celui-ci est mon Fils bien-aimé, écoutez-le.36Et la voix s'étant fait entendre, Jésus se trouva seul. Et ils se turent, et ne rapportèrent en ces jours-là à personne rien de ce qu'ils avaient vu.

Les foules considèrent Jésus comme un prophète, et non comme le Christ, le Fils de Dieu (v. 19). C'est ce qui conduit le Seigneur à parler de son chemin de réjection et de souffrances où Il invite les siens à Le suivre. Ce chemin implique le renoncement non pas simplement-telle ou telle chose, mais-soi-même,-toute volonté propre. Vis-à-vis du monde et de ses convoitises, les chrétiens sont morts (Gal. 6:14), mais ils sont vivants pour Dieu et pour le ciel. Par contre, ceux qui veulent vivre leur vie ici-bas ont devant eux la mort éternelle. L'enjeu de ce choix capital, c'est notre âme; elle a plus de prix que le monde tout entier.

En même temps qu'Il ouvre ce difficile chemin de la croix, le Seigneur, pour encourager les siens, désire leur montrer où il se termine: dans la gloire avec Lui. Et quel est là-haut le grand sujet d'entretien? La mort du Seigneur Jésus. Il en parle avec Moïse et Élie, n'ayant pu le faire avec ses disciples (v. 22; Matt. 16:21, 22). Mais quelque grands que soient ces témoins de l'Ancien Testament, ils doivent s'effacer devant la gloire du «Fils bien-aimé». La loi et les prophètes ont pris fin; dorénavant Dieu parle dans le Fils. Écoutons-Le (v. 35; Héb. 1:2)!

Luc 9:37-56
37Et il arriva, le jour suivant, quand ils furent descendus de la montagne, qu'une grande foule vint à sa rencontre.38Et voici, un homme de la foule s'écria, disant: Maître, je te supplie, jette les yeux sur mon fils, car il est mon unique;39et voici, un esprit le saisit; et soudain il crie; et il le déchire, en le faisant écumer; et c'est à peine s'il se retire de lui après l'avoir broyé;40et j'ai supplié tes disciples de le chasser, et ils n'ont pas pu.41Et Jésus, répondant, dit: O génération incrédule et perverse, jusques à quand serai-je avec vous et vous supporterai-je? Amène ici ton fils.42Et encore, comme il approchait, le démon le renversa et le tourmenta violemment; mais Jésus tança l'esprit immonde, et guérit l'enfant, et le rendit à son père.
43Et tous furent étonnés de la grandeur de Dieu. Et comme tous s'étonnaient de tout ce que Jésus faisait, il dit à ses disciples:44Vous, gardez bien ces paroles que vous avez entendues, car le fils de l'homme va être livré entre les mains des hommes.45Mais ils ne comprirent pas cette parole, et elle leur était cachée, en sorte qu'ils ne la saisissaient pas; et ils craignaient de l'interroger touchant cette parole.46Et il s'éleva au milieu d'eux une question, à savoir lequel d'entre eux serait le plus grand.47Mais Jésus, voyant la pensée de leur coeur, prit un petit enfant, et le plaça auprès de lui;48et il leur dit: Quiconque recevra ce petit enfant en mon nom, me reçoit; et quiconque me reçoit, reçoit celui qui m'a envoyé. Car celui qui est le plus petit parmi vous tous, c'est celui-là qui est grand.49Et Jean, répondant, dit: Maître, nous avons vu quelqu'un qui chassait des démons en ton nom, et nous le lui avons défendu, parce qu'il ne te suit pas avec nous.50Et Jésus lui dit: Ne le lui défendez pas, car celui qui n'est pas contre vous est pour vous.
51Or il arriva, comme les jours de son assomption s'accomplissaient, qu'il dressa sa face résolument pour aller à Jérusalem;52et il envoya devant sa face des messagers. Et s'en étant allés, ils entrèrent dans un village de Samaritains pour lui préparer un logis;53et ils ne le reçurent point, parce que sa face était tournée vers Jérusalem.54Et ses disciples, Jacques et Jean, voyant cela, dirent: Seigneur, veux-tu que nous disions que le feu descende du ciel et les consume, comme aussi fit Élie?55Et, se tournant, il les censura fortement et dit: Vous ne savez de quel esprit vous êtes animés!56Et ils s'en allèrent à un autre village.

Après la scène de gloire dont Il a été le centre, Jésus doit faire face à une situation terrible: l'emprise de Satan sur un jeune garçon et la détresse de son père. La délivrance qu'Il opère exalte la grandeur de Dieu (v. 43).

Quelle inconséquence nous trouvons ensuite chez les disciples! Ils suivent Celui dont l'abaissement volontaire le conduit à la croix. Mais en même temps ils s'occupent de savoir lequel d'entre eux sera le plus grand (v. 46)! Ils ont eux-mêmes chassé les démons au nom du Seigneur — sans toujours y réussir (v. 40), mais ils interdisent à un autre de le faire (v. 49; comp. Nomb. 11:26-29). Enfin, tandis que leur Maître est en chemin pour accomplir l'œuvre du salut des hommes… et le leur, Jacques et Jean voudraient faire descendre le feu du jugement sur les Samaritains qui refusent de le recevoir. Égoïsme, jalousie, étroitesse, rancune et projets de vengeance, nous reconnaissons le triste esprit qui, hélas! anime souvent nos pauvres cœurs naturels (v. 55).

Jésus entreprend maintenant son dernier voyage à Jérusalem en pleine connaissance de ce qui l'y attend, mais avec une sainte détermination. Il dresse sa face résolument (v. 51). Notre cher Sauveur ne déviera pas du but que son amour s'est assigné.

Luc 9:57-62; Luc 10:1-9
57Et il arriva, comme ils allaient par le chemin, qu'un certain homme lui dit: Seigneur, je te suivrai où que tu ailles.58Et Jésus lui dit: Les renards ont des tanières, et les oiseaux du ciel ont des demeures; mais le fils de l'homme n'a pas où reposer sa tête.59Et il dit à un autre: Suis-moi; -et il dit: Seigneur, permets-moi d'aller premièrement ensevelir mon père.60Et Jésus lui dit: Laisse les morts ensevelir leurs morts; mais toi, va et annonce le royaume de Dieu.61Et un autre aussi dit: Je te suivrai, Seigneur; mais permets-moi de prendre premièrement congé de ceux qui sont dans ma maison.62Et Jésus lui dit: Nul qui a mis la main à la charrue et qui regarde en arrière, n'est propre pour le royaume de Dieu.
1Or après ces choses, le Seigneur en désigna aussi soixante-dix autres, et les envoya deux à deux devant sa face dans toutes les villes et dans tous les lieux où il devait lui-même aller.2Il leur disait donc: La moisson est grande, mais il y a peu d'ouvriers: suppliez donc le Seigneur de la moisson, en sorte qu'il pousse des ouvriers dans sa moisson.3Allez; voici, moi je vous envoie comme des agneaux au milieu des loups.4Ne portez ni bourse, ni sac, ni sandales; et ne saluez personne en chemin.5Mais, dans quelque maison que vous entriez, dites premièrement: Paix sur cette maison!6Et si un fils de paix est là, votre paix reposera sur elle, sinon elle retournera sur vous.7Et demeurez dans la même maison, mangeant et buvant de ce qui vous sera offert de leur part; car l'ouvrier est digne de son salaire. Ne passez pas de maison en maison.8Et dans quelque ville que vous entriez et qu'on vous reçoive, mangez de ce qui sera mis devant vous,9et guérissez les infirmes qui y seront, et dites-leur: Le royaume de Dieu s'est approché de vous.

Il est facile de déclarer: «Seigneur, je te suivrai où que tu ailles» (v. 57). Mais Jésus n'a pas caché ce que cela comporte de Le suivre (voir v. 23). Or les plus grands obstacles ne sont pas dans le chemin mais dans notre cœur; et pour nous aider à les y découvrir, le Seigneur passe en revue ses recoins les plus secrets. L'amour de nos aises (v. 58), telle ou telle convenance, affection ou habitude (v. 59, 61) prendraient vite le pas sur l'obéissance que nous devons à Christ et nous conduiraient ensuite inévitablement à des regrets, à des regards en arrière et peut-être même à un humiliant abandon final.

Au ch. 10, Jésus met à part 70 ouvriers qu'Il pousse Lui-même dans sa moisson. Il leur donne ses instructions et les envoie «comme des agneaux au milieu des loups» (v. 3). Car ils ont à manifester les caractères d'humilité et de douceur de Celui qui était l'Agneau au milieu des mêmes loups.

Il y a peu d'ouvriers aujourd'hui comme alors. Supplions donc le Seigneur de la grande moisson (2 Thess. 3:1). Lui se chargera de désigner, de former et d'envoyer de nouveaux serviteurs; toutefois pour pouvoir le demander avec ferveur et droiture, il faut être prêt à accepter d'y être poussé soi-même.

Luc 10:10-24
10Mais dans quelque ville que vous soyez entrés et qu'on ne vous reçoive pas, sortez dans ses rues et dites:11La poussière même de votre ville, qui s'est attachée à nos pieds, nous la secouons contre vous; mais sachez ceci, que le royaume de Dieu s'est approché.12Je vous dis que le sort de Sodome sera plus supportable en ce jour-là que celui de cette ville-là.13Malheur à toi, Chorazin! malheur à toi, Bethsaïda! car si les miracles qui ont été faits au milieu de vous eussent été faits dans Tyr et dans Sidon, il y a longtemps qu'elles se seraient repenties, s'étant assises dans le sac et la cendre;14mais le sort de Tyr et de Sidon, au jugement, sera plus supportable que le vôtre.15Et toi, Capernaüm, qui as été élevée jusqu'au ciel, tu seras abaissée jusque dans le hadès.16Celui qui vous écoute, m'écoute; et celui qui vous rejette, me rejette; et celui qui me rejette, rejette celui qui m'a envoyé.
17Et les soixante-dix s'en revinrent avec joie, disant: Seigneur, les démons même nous sont assujettis en ton nom.18Et il leur dit: Je voyais Satan tombant du ciel comme un éclair.19Voici, je vous donne l'autorité de marcher sur les serpents et sur les scorpions, et sur toute la puissance de l'ennemi; et rien ne vous nuira;20toutefois ne vous réjouissez pas de ce que les esprits vous sont assujettis, mais réjouissez-vous parce que vos noms sont écrits dans les cieux.21En cette même heure, Jésus se réjouit en esprit et dit: Je te loue, ô Père, Seigneur du ciel et de la terre, parce que tu as caché ces choses aux sages et aux intelligents, et que tu les as révélées aux petits enfants. Oui, Père, car c'est ce que tu as trouvé bon devant toi.22Toutes choses m'ont été livrées par mon Père; et personne ne connaît qui est le Fils, si ce n'est le Père; ni qui est le Père, si ce n'est le Fils, et celui à qui le Fils voudra le révéler.23Et se tournant vers les disciples, il leur dit en particulier: Bienheureux sont les yeux qui voient ce que vous voyez!24Car je vous dis que plusieurs prophètes et plusieurs rois ont désiré de voir les choses que vous voyez, et il ne les ont pas vues, et d'entendre les choses que vous entendez, et ils ne les ont pas entendues.

Jésus s'adresse solennellement aux villes dans lesquelles Il avait enseigné et accompli tant de miracles. Et Il souligne la grande responsabilité de leurs habitants. Que pourrait-Il dire aujourd'hui de tant de jeunes élevés dans des familles chrétiennes, bien plus privilégiés, mais plus responsables aussi que tant d'autres?

Les 70 reviennent tout joyeux. Qu'ils aient ainsi chassé les démons dirige les pensées du Seigneur sur le moment où le diable sera lui-même chassé du ciel et précipité sur la terre (Apoc. 12:7…). Mais Jésus invite les disciples à se réjouir pour un autre motif: le ciel, purifié de la présence de Satan, deviendra leur demeure. Dès maintenant leurs noms y sont écrits. À son tour, le Seigneur se réjouit et s'émerveille, non de la puissance qui a été exercée, mais des conseils du Dieu d'amour. Il a plu au Père de se faire connaître par le moyen du Fils. Et, en contraste avec ce que nous disons généralement aux enfants: «quand tu seras grand, tu comprendras ceci ou cela», à qui une telle révélation a-t-elle justement été faite? Aux petits enfants et à ceux qui leur ressemblent par l'humilité et la simplicité de leur foi. Remplissons-nous ces conditions?

Luc 10:25-42
25Et voici, un docteur de la loi se leva pour l'éprouver, et dit: Maître, que faut-il que j'aie fait pour hériter de la vie éternelle?26Et il lui dit: Qu'est-il écrit dans la loi?27Comment lis-tu? Et répondant, il dit: "Tu aimeras le *Seigneur ton Dieu de tout ton coeur, et de toute ton âme, et de toute ta force, et de toute ta pensée"; "et ton prochain comme toi-même".28Et il lui dit: Tu as bien répondu; fais cela, et tu vivras.29Mais lui, voulant se justifier lui-même, dit à Jésus: Et qui est mon prochain?30Et Jésus, répondant, dit: Un homme descendit de Jérusalem à Jéricho, et tomba entre les mains des voleurs, qui aussi, l'ayant dépouillé et l'ayant couvert de blessures, s'en allèrent, le laissant à demi mort.31Or, par aventure, un sacrificateur descendait par ce chemin-là, et, le voyant, passa outre de l'autre côté;32et pareillement aussi un lévite, étant arrivé en cet endroit-là, s'en vint, et, le voyant, passa outre de l'autre côté:33mais un Samaritain, allant son chemin, vint à lui, et, le voyant, fut ému de compassion,34et s'approcha et banda ses plaies, y versant de l'huile et du vin; et l'ayant mis sur sa propre bête, il le mena dans l'hôtellerie et eut soin de lui.35Et le lendemain, s'en allant, il tira deux deniers et les donna à l'hôtelier, et lui dit: Prends soin de lui; et ce que tu dépenseras de plus, moi, à mon retour, je te le rendrai.36Lequel de ces trois te semble avoir été le prochain de celui qui était tombé entre les mains des voleurs?37Et il dit: C'est celui qui a usé de miséricorde envers lui. Et Jésus lui dit: Va, et toi fais de même.
38Et il arriva, comme ils étaient en chemin, qu'il entra dans un village. Et une femme nommée Marthe le reçut dans sa maison.39Et elle avait une soeur appelée Marie, qui aussi, s'étant assise aux pieds de Jésus, écoutait sa parole;40mais Marthe était distraite par beaucoup de service. Et étant venue à Jésus, elle dit: Seigneur, ne te soucies-tu pas de ce que ma soeur me laisse toute seule à servir? Dis-lui donc qu'elle m'aide.41Et Jésus, lui répondant, dit: Marthe, Marthe, tu es en souci et tu te tourmentes de beaucoup de choses,42mais il n'est besoin que d'une seule; et Marie a choisi la bonne part qui ne lui sera pas ôtée.

Interrogé par un docteur de la loi, Jésus retourne la question à la conscience de son interlocuteur. Celui-ci, pour l'esquiver, voudrait restreindre la portée du mot «prochain». Eh bien! Le Seigneur lui apprend que ce prochain c'est d'abord Lui, Jésus (v. 36, 37), et qu'à son exemple un racheté devient, par amour, prochain de tous les hommes. Nous reconnaissons dans le malheureux dépouillé et laissé à demi-mort le pécheur perdu et sans ressource; dans le sacrificateur et le lévite les vains secours de la religion; mais dans le Samaritain charitable le Sauveur qui s'est penché sur notre misère et nous a arrachés à notre sort tragique et désespéré. L'hôtellerie nous fait penser à l'Assemblée où l'homme secouru recevra des soins appropriés, et l'hôtelier au Saint-Esprit y pourvoyant par la Parole et la prière (les deux deniers), sujets des v. 38-42 et Luc 11:1-13. En conclusion le Seigneur ne dit plus: «fais cela (la loi) et tu vivras» (v. 28) mais «va, et toi fais de même» (v. 37).

La scène suivante se déroule dans une maison amie. Jésus y est reçu, servi, écouté et aimé. Mais le service accapare les pensées de Marthe et elle doit être reprise. Le cœur de Marie ouvert à sa Parole, voilà ce qui réjouit celui du Sauveur (1 Sam. 15:22).

Luc 11: 1-20
1Et comme il était en prière dans un certain lieu, il arriva, après qu'il eut cessé, que quelqu'un de ses disciples lui dit: Seigneur, enseigne-nous à prier, comme aussi Jean l'a enseigné à ses disciples.2Et il leur dit: Quand vous priez, dites: Père, que ton nom soit sanctifié; que ton règne vienne;3donne-nous chaque jour le pain qu'il nous faut;4et remets-nous nos péchés, car nous-mêmes aussi nous remettons à tous ceux qui nous doivent; et ne nous induis pas en tentation.5Et il leur dit: Qui sera celui d'entre vous qui, ayant un ami, aille à lui sur le minuit, et lui dise: Ami, prête-moi trois pains,6car mon ami est arrivé de voyage chez moi, et je n'ai rien à lui présenter?...7et celui qui est dedans, répondant, dira: Ne m'importune pas; la porte est déjà fermée, et mes enfants sont au lit avec moi; je ne puis me lever et t'en donner. -8Je vous dis que, bien qu'il ne se lève pas et ne lui en donne pas parce qu'il est son ami, pourtant, à cause de son importunité, il se lèvera et lui en donnera autant qu'il en a besoin.9Et moi, je vous dis: Demandez, et il vous sera donné; cherchez, et vous trouverez; heurtez, et il vous sera ouvert;10car quiconque demande, reçoit; et celui qui cherche, trouve; et à celui qui heurte, il sera ouvert.11Or quel est le père d'entre vous à qui son fils demandera un pain et qui lui donnera une pierre? ou aussi, s'il demande un poisson, lui donnera, au lieu d'un poisson, un serpent?12ou aussi, s'il demande un oeuf, lui donnera un scorpion?13Si donc vous qui êtes méchants, vous savez donner à vos enfants des choses bonnes, combien plus le Père qui est du ciel donnera-t-il l'Esprit Saint à ceux qui le lui demandent.
14Et il chassa un démon qui était muet. Et il arriva que, quand le démon fut sorti, le muet parla; et les foules s'en étonnèrent.15Mais quelques-uns d'entre eux disaient: Il chasse les démons par Béelzébul, le chef des démons.16Et d'autres, pour l'éprouver, lui demandaient un signe du ciel.17Mais lui, connaissant leurs pensées, leur dit: Tout royaume divisé contre lui-même sera réduit en désert; et une maison divisée contre elle-même tombe;18et si Satan aussi est divisé contre lui-même, comment son royaume subsistera-t-il? parce que vous dites que je chasse les démons par Béelzébul.19Or si c'est par Béelzébul que moi je chasse les démons, vos fils, par qui les chassent-ils? C'est pourquoi ils seront eux-mêmes vos juges.20Mais si je chasse les démons par le doigt de Dieu, alors le royaume de Dieu est parvenu jusqu'à vous.

Les disciples sont frappés par la place qu'occupe la prière dans la vie de leur Maître. Faisons comme eux: demandons au Seigneur de nous apprendre à prier. S'agit-il de réciter quelques phrases apprises par cœur? La parabole des deux amis nous apprend au contraire à exprimer chaque besoin d'une manière simple et précise: «Ami, prête-moi trois pains…» (v. 5). Peut-être est-ce un besoin spirituel qui tout à coup se fait sentir, et, pour ainsi dire, est venu frapper à la porte de notre propre cœur (v. 6)? Gardons-nous de le repousser; traitons-le au contraire comme un ami de passage (v. 6). Mais nous n'avons rien-lui présenter? Alors tournons-nous vers l'Ami divin, sans crainte de L'importuner. Dans son amour, Dieu se plaît à répondre à ses enfants et ne les trompe jamais. Au contraire, si dans notre ignorance et notre manque de sagesse il nous est arrivé de Lui demander «une pierre», Il a su changer notre demande en «des choses bonnes».

Jusqu'à ce qu'il ait rencontré le Seigneur Jésus, l'homme est aussi muet pour Dieu que le démoniaque du v. 14. Sauvé par Christ, ayant à sa conversion reçu le don du Saint-Esprit (comp. v. 13), c'est alors qu'il peut élever sa voix en louange et en prière. Usons largement de ce privilège!

Luc 11:21-36
21Quand l'homme fort, revêtu de ses armes, garde son palais, ses biens sont en paix;22mais s'il en survient un plus fort que lui qui le vainque, il lui ôte son armure à laquelle il se confiait, et fait le partage de ses dépouilles.23Celui qui n'est pas avec moi est contre moi; et celui qui n'assemble pas avec moi, disperse.24Quand l'esprit immonde est sorti d'un homme, il va par des lieux secs, cherchant du repos; et n'en trouvant point, il dit: Je retournerai dans ma maison d'où je suis sorti.25Et y étant venu, il la trouve balayée et ornée.26Alors il va, et prend sept autres esprits plus méchants que lui-même; et étant entrés, ils habitent là; et la dernière condition de cet homme-là est pire que la première.
27Et il arriva, comme il disait ces choses, qu'une femme éleva sa voix du milieu de la foule et lui dit: Bienheureux est le ventre qui t'a porté, et les mamelles que tu as tétées.28Et il dit: Mais plutôt, bienheureux sont ceux qui écoutent la parole de Dieu et qui la gardent.
29Et comme les foules s'amassaient, il se mit à dire: Cette génération est une méchante génération; elle demande un signe; et il ne lui sera pas donné de signe, si ce n'est le signe de Jonas.30Car comme Jonas fut un signe aux Ninivites, ainsi aussi sera le fils de l'homme à cette génération.31Une reine du midi se lèvera au jugement avec les hommes de cette génération et les condamnera; car elle vint des bouts de la terre pour entendre la sagesse de Salomon, et voici, il y a ici plus que Salomon.32Des hommes de Ninive se lèveront au jugement avec cette génération et la condamneront; car ils se sont repentis à la prédication de Jonas, et voici, il y a ici plus que Jonas.33Or personne, après avoir allumé une lampe, ne la met dans un lieu caché, ni sous le boisseau, mais sur le pied de lampe, afin que ceux qui entrent voient la lumière.34La lampe du corps, c'est ton oeil; lorsque ton oeil est simple, ton corps tout entier aussi est plein de lumière; mais lorsqu'il est méchant, ton corps aussi est ténébreux.35Prends donc garde que la lumière qui est en toi ne soit ténèbres.36Si donc ton corps tout entier est plein de lumière, n'ayant aucune partie ténébreuse, il sera tout plein de lumière, comme quand la lampe t'éclaire de son éclat.

Seule la puissance du Seigneur Jésus, vainqueur de «l'homme fort», peut nous délivrer du mal qui est en nous. Sinon une passion chassée sera fatalement remplacée par une autre. Notre cœur est semblable à la maison du v. 25. Rien ne sert de le balayer ou de l'orner si un hôte nouveau, Jésus, ne vient l'habiter et le gouverner.

La bénédiction, répète ensuite le Seigneur, ne dépend ni des relations de famille (v. 27, 28; comp. Luc 8:21) ni des privilèges d'une génération. Elle est promise à ceux qui écoutent et qui gardent la Parole de Dieu.

Le v. 33 reprend l'enseignement du Luc 8:16. Le boisseau, mesure de capacité, est le symbole du commerce et des affaires; le lit, celui du sommeil et de la paresse. Choses opposées l'une à l'autre, mais toutes deux capables d'étouffer la petite flamme de notre témoignage. En Matt. 5:15, la lampe devait luire «pour tous ceux qui sont dans la maison». Ici, elle est allumée «afin que ceux qui entrent — les visiteurs — voient la lumière».

L'œil méchant (v. 34) est celui qui fait pénétrer en nous les ténèbres du péché. Attention à la direction que prennent quelquefois nos regards (Job 31:1), à certaines lectures qui souillent le cœur et égarent l'imagination! (2 Cor. 7:1).

Luc 11:37-54
37Et comme il parlait, un pharisien le pria de dîner chez lui; et entrant, il se mit à table.38Mais le pharisien, voyant cela, s'étonna parce qu'il ne s'était pas premièrement lavé avant le dîner.39Et le Seigneur lui dit: Pour vous, pharisiens, vous nettoyez le dehors de la coupe et du plat, mais au dedans vous êtes pleins de rapine et de méchanceté.40Insensés! celui qui a fait le dehors, n'a-t-il pas fait le dedans aussi?41Mais donnez l'aumône de ce que vous avez; et voici, toutes choses vous seront nettes.42Mais malheur à vous, pharisiens! car vous payez la dîme de la menthe et de la rue et de toute sorte d'herbe, et vous négligez le jugement et l'amour de Dieu: il fallait faire ces choses-ci, et ne pas laisser celles-là.43à vous, pharisiens! car vous aimez les premiers sièges dans les synagogues, et les salutations dans les places publiques.44Malheur à vous! car vous êtes comme les sépulcres qui ne paraissent pas; et les hommes, marchant dessus, n'en savent rien.45Et l'un des docteurs de la loi, répondant, lui dit: Maître, en disant ces choses tu nous dis aussi des injures.46Et il dit: A vous aussi, malheur, docteurs de la loi! car vous chargez les hommes de fardeaux difficiles à porter, et vous-mêmes vous ne touchez pas ces fardeaux d'un seul de vos doigts.47Malheur à vous! car vous bâtissez les tombeaux des prophètes, et vos pères les ont tués.48Vous rendez donc témoignage aux oeuvres de vos pères et vous y prenez plaisir; car eux, ils les ont tués, et vous, vous bâtissez leurs tombeaux.49C'est pourquoi aussi la sagesse de Dieu a dit: Je leur enverrai des prophètes et des apôtres, et ils en tueront et en chasseront par des50persécutions: afin que le sang de tous les prophètes qui a été versé depuis la fondation du monde soit redemandé à cette génération,51depuis le sang d'Abel jusqu'au sang de Zacharie, qui périt entre l'autel et la maison: oui, vous dis-je, il sera redemandé à cette génération.52Malheur à vous, les docteurs de la loi! car vous avez enlevé la clef de la connaissance: vous n'êtes pas entrés vous-mêmes, et vous avez empêché ceux qui entraient.53Et comme il leur disait ces choses, les scribes et les pharisiens se mirent à le presser fortement; et ils le provoquaient à parler de plusieurs choses,54lui dressant des pièges, et cherchant à surprendre quelque chose de sa bouche, afin de l'accuser.

Pour la seconde fois Jésus se trouve invité à la table d'un pharisien (comp. Luc 7:36). Et ici encore son hôte se permet des critiques à son sujet. Alors, dans un discours véhément, Celui qui connaît les cœurs dénonce la méchanceté et l'hypocrisie de cette classe responsable du peuple. Tout en se donnant une apparence pieuse aux yeux des hommes, ces pharisiens et ces docteurs de la loi cachaient un état intérieur de corruption et de mort, comme un tombeau sur lequel on marche sans s'en apercevoir.

Qui oserait jamais parler aussi sévèrement à quelqu'un qui l'a invité? Mais, selon le témoignage des pharisiens eux-mêmes, Jésus était vrai et ne s'embarrassait de personne et n'avait pas égard-l'apparence des hommes (Matt. 22:16). Quel exemple pour nous qui savons si bien, par des paroles aimables (mais souvent si peu sincères), ménager notre réputation! Sous prétexte de courtoisie, c'est faire preuve au fond de cette fausseté et de ce formalisme que Jésus condamnait chez les pharisiens.

Ne pouvant contredire le Seigneur, ses adversaires cherchent à le trouver en faute. Quelques expressions du Ps. 119 nous font connaître ses prières pendant qu'Il souffrait d'une telle opposition (Ps. 119:98, 110, 150…).

Luc 12:1-12
1Cependant les foules s'étant rassemblées par milliers, de sorte qu'ils se foulaient les uns les autres, il se mit, avant tout, à dire à ses disciples: Tenez-vous en garde contre le levain des pharisiens, qui est l'hypocrisie.2Mais il n'y a rien de couvert qui ne sera révélé, ni rien de secret qui ne sera connu.3C'est pourquoi toutes les choses que vous avez dites dans les ténèbres seront entendues dans la lumière, et ce dont vous avez parlé à l'oreille dans les chambres sera publié sur les toits.4Mais je vous dis à vous, mes amis: Ne craignez pas ceux qui tuent le corps et qui après cela ne peuvent rien faire de plus;5mais je vous montrerai qui vous devez craindre: craignez celui qui, après avoir tué, a le pouvoir de jeter dans la géhenne: oui, vous dis-je, craignez celui-là.6Ne vend-on pas cinq passereaux pour deux sous? et pas un seul d'entre eux n'est oublié devant Dieu.7Mais les cheveux même de votre tête sont tous comptés. Ne craignez donc pas: vous valez mieux que beaucoup de passereaux.8Et je vous dis: Quiconque m'aura confessé devant les hommes, le fils de l'homme le confessera aussi devant les anges de Dieu;9mais celui qui m'aura renié devant les hommes sera renié devant les anges de Dieu.10Et quiconque parlera contre le fils de l'homme, il lui sera pardonné; mais à celui qui aura proféré des paroles injurieuses contre le Saint Esprit, il ne sera pas pardonné.11Et quand ils vous mèneront devant les synagogues et les magistrats et les autorités, ne soyez pas en souci comment, ou quelle chose vous répondrez, ou de ce que vous direz;12car le Saint Esprit vous enseignera à l'heure même ce qu'il faudra dire.

L'hypocrisie qui caractérisait les pharisiens pouvait aussi, sous une autre forme, devenir un danger pour les disciples. Ceux qui suivent Jésus peuvent cacher aux yeux du monde leur relation avec Lui. C'est pourquoi le Seigneur, en présence des foules, encourage les siens à Le reconnaître ouvertement devant les hommes sans crainte des conséquences. Nous savons qu'en effet des persécutions terribles attendaient les disciples et les chrétiens des premiers siècles. Avec tendresse, le Seigneur prépare ses amis (v. 4) à ces jours difficiles, et Il dirige leurs pensées vers le Père céleste. Dieu qui se préoccupe du sort d'un petit moineau de valeur infime, n'aurait-Il pas soin de ses enfants dans l'épreuve? Et de plus, pour le témoignage qu'ils auraient à rendre, ils n'avaient pas à se tourmenter; le Saint-Esprit leur en dicterait les paroles.

De nos jours, dans nos pays, les croyants ne sont ni maltraités ni mis à mort. Mais s'ils sont fidèles, ils seront néanmoins haïs et méprisés par le monde, chose toujours pénible à supporter. Ces exhortations et les promesses qui les accompagnent sont donc bien aussi pour nous. Demandons au Seigneur de nous donner plus de courage pour proclamer son Nom.

Luc 12:13-31
13Et quelqu'un lui dit du milieu de la foule: Maître, dis à mon frère de partager avec moi l'héritage.14Mais il lui dit: Homme, qui est-ce qui m'a établi sur vous pour être votre juge et pour faire vos partages?15Et il leur dit: Voyez, et gardez-vous de toute avarice; car encore que quelqu'un soit riche, sa vie n'est pas dans ses biens.16Et il leur dit une parabole, disant: Les champs d'un homme riche avaient beaucoup rapporté;17et il raisonnait en lui-même, disant: Que ferai-je, car je n'ai pas où je puisse assembler mes fruits?18Et il dit: voici ce que je ferai: j'abattrai mes greniers et j'en bâtirai de plus grands, et j'y assemblerai tous mes produits et mes biens;19je dirai à mon âme: Mon âme, tu as beaucoup de biens assemblés pour beaucoup d'années; repose-toi, mange, bois, fais grande chère.20Mais Dieu lui dit: Insensé! cette nuit même ton âme te sera redemandée; et ces choses que tu as préparées, à qui seront-elles?21Il en est ainsi de celui qui amasse des trésors pour lui-même, et qui n'est pas riche quant à Dieu.
22Et il dit à ses disciples: A cause de cela, je vous dis: Ne soyez pas en souci pour la vie, de ce que vous mangerez; ni pour le corps, de quoi vous serez vêtus:23la vie est plus que la nourriture, et le corps plus que le vêtement.24Considérez les corbeaux: ils ne sèment ni ne moissonnent, et ils n'ont pas de cellier ni de grenier; et Dieu les nourrit: combien valez-vous mieux que les oiseaux!25Et qui d'entre vous, par le souci qu'il se donne, peut ajouter une coudée à sa taille?26Si donc vous ne pouvez pas même ce qui est très-petit, pourquoi êtes-vous en souci du reste?27Considérez les lis, comment ils croissent: ils ne travaillent ni ne filent; cependant je vous dis que même Salomon, dans toute sa gloire, n'était pas vêtu comme l'un d'eux.28Et si Dieu revêt ainsi l'herbe qui est aujourd'hui au champ et qui demain est jetée dans le four, combien plus vous vêtira-t-il, gens de petite foi29Et vous, ne recherchez pas ce que vous mangerez ou ce que vous boirez, et n'en soyez pas en peine;30car les nations du monde recherchent toutes ces choses, et votre Père sait que vous avez besoin de ces choses;31mais recherchez son royaume, et ces choses vous seront données par-dessus.

Le Seigneur est interpellé par quelqu'un de la foule au sujet d'une question d'héritage. Il en profite pour mettre à nu la racine de ces contestations: l'avarice. «Car c'est une racine de toutes sortes de maux que l'amour de l'argent» (1 Tim. 6:10). La parabole du riche et de ses greniers devenant trop petits, illustre cette passion d'amasser. Accumuler, calculer et faire des projets à long terme, on couvre volontiers cela du nom de prévoyance. Eh bien! C'est au contraire la suprême imprévoyance, car c'est négliger et tromper ce qu'on a de plus précieux: …son âme! Dans sa folie, le riche avait cru satisfaire la sienne en lui offrant «beaucoup de biens» (v. 19). Mais à l'âme impérissable il faut une autre nourriture. Oui, «insensé» est le nom que Dieu donne à cet homme (comp. Jér. 17:11 fin). Sur combien de tombes cette épitaphe pourrait-elle être inscrite (Ps. 52:7)?

En contraste, Jésus apprend aux siens que la vraie prévoyance consiste à mettre sa confiance en Dieu. Toute inquiétude au sujet de nos besoins journaliers est réglée par cette affirmation: «Votre Père sait que vous avez besoin de ces choses» (v. 30). Si nous faisons passer d'abord Son royaume et Ses intérêts, Lui se chargera entièrement des nôtres.

Luc 12:32-48
32-Ne crains pas, petit troupeau, car il a plu à votre Père de vous donner le royaume.33Vendez ce que vous avez, et donnez l'aumône; faites-vous des bourses qui ne vieillissent pas, un trésor qui ne défaille pas, dans les cieux, d'où le voleur n'approche pas, et où la teigne ne détruit pas;34car là où est votre trésor, là sera aussi votre coeur.35Que vos reins soient ceints et vos lampes allumées;36et soyez vous-mêmes semblables à des hommes qui attendent leur maître, à quelque moment qu'il revienne des noces, afin que, quand il viendra et qu'il heurtera, ils lui ouvrent aussitôt.37Bienheureux sont ces esclaves, que le maître, quand il viendra, trouvera veillant. En vérité, je vous dis qu'il se ceindra et les fera mettre à table, et, s'avançant, il les servira.38Et s'il vient à la seconde veille, et s'il vient à la troisième, et qu'il les trouve ainsi, bienheureux sont ces esclaves -là.39Mais sachez ceci, que si le maître de la maison eût su à quelle heure le voleur devait venir, il eût veillé et n'eût pas laissé percer sa maison.40Vous donc aussi soyez prêts; car, à l'heure que vous ne pensez pas, le fils de l'homme vient.
41Et Pierre lui dit: Seigneur, dis-tu cette parabole pour nous, ou aussi pour tous?42Et le Seigneur dit: Qui donc est l'économe fidèle et prudent que le maître établira sur les domestiques de sa maison, pour leur donner au temps convenable leur ration de blé?43Bienheureux est cet esclave-là, que son maître lorsqu'il viendra, trouvera faisant ainsi.44En vérité, je vous dis qu'il l'établira sur tous ses biens.45Mais si cet esclave-là dit en son coeur: Mon maître tarde à venir, et qu'il se mette à battre les serviteurs et les servantes, et à manger et à boire et à s'enivrer,46le maître de cet esclave-là viendra en un jour qu'il n'attend pas, et à une heure qu'il ne sait pas, et il le coupera en deux, et lui donnera sa part avec les infidèles.47Or cet esclave qui a connu la volonté de son maître, et qui ne s'est pas préparé et n'a point fait selon sa volonté, sera battu de plusieurs coups;48celui qui ne l'a point connue, et qui a fait des choses qui méritent des coups, sera battu de peu de coups: car à quiconque il aura été beaucoup donné, il sera beaucoup redemandé; et à celui à qui il aura été beaucoup confié, il sera plus redemandé.

Le riche dans la parabole avait amassé des trésors pour lui-même (v. 21) et il avait tout perdu, y compris son âme. Le Seigneur révèle maintenant à ses disciples un moyen pour se constituer des trésors à l'abri de tous les risques: donner l'aumône, partager leurs biens, car cela revient à faire un sûr placement à la banque du ciel (v. 33; comp. Luc 18:22). Le cœur s'attachera alors à ce trésor céleste et attendra d'autant plus ardemment la venue du Seigneur (lire 1 Pierre 1:4). Jésus revient. Cette espérance a-t-elle dans notre vie ses conséquences pratiques: nous détacher déjà d'un monde que nous allons quitter et nous purifier «comme Lui est pur» (1 Jean 3:3); nous remplir de zèle dans le service envers les âmes et enfin nous réjouir? Pensons aussi à la joie de notre cher Sauveur dont les affections seront comblées. Il se plaira à recevoir et à servir Lui-même au festin de la grâce ceux qui l'auront servi et attendu sur la terre (v. 37). Alors «l'économe fidèle et prudent» recevra sa récompense et l'esclave qui n'a point fait selon la volonté de son Maître — tout en la connaissant (v. 47; Jac. 4:17) — sa rétribution solennelle. «À celui à qui il aura été beaucoup confié…». Essayons de faire chacun le compte de tout ce que nous avons reçu et tirons notre conclusion.

Luc 12:49-59; Luc 13:1-5
49Je suis venu jeté le feu sur la terre; et que veux-je, si déjà il est allumé?50Mais j'ai à être baptisé d'un baptême; et combien suis-je à l'étroit jusqu'à ce qu'il soit accompli!51Pensez-vous que je sois venu donner la paix sur la terre? Non, vous dis-je; mais plutôt la division.52Car désormais ils seront cinq dans une maison, divisés: trois seront divisés contre deux, et deux contre trois;53le père contre le fils, et le fils contre le père; la mère contre la fille, et la fille contre la mère; la belle-mère contre sa belle-fille, et la belle-fille contre sa belle-mère.
54Et il dit aussi aux foules: Quand vous voyez une nuée se lever de l'occident, aussitôt vous dites: Une ondée vient; et cela arrive ainsi.55Et quand vous voyez souffler le vent du midi, vous dites: Il fera chaud; et cela arrive.56Hypocrites! vous savez discerner les apparences de la terre et du ciel, et comment ne discernez-vous pas ce temps-ci?57Et pourquoi aussi ne jugez-vous pas par vous-mêmes de ce qui est juste?58Car quand tu vas avec ta partie adverse devant le magistrat, efforce-toi en chemin d'en être délivré, de peur qu'elle ne te tire devant le juge; et le juge te livrera au sergent, et le sergent te jettera en prison.59Je te dis que tu ne sortiras point de là, que tu n'aies payé jusqu'à la dernière pite.
1Or en ce même temps, quelques-uns se trouvaient là présents, qui lui racontèrent ce qui s'était passé touchant les Galiléens dont Pilate avait mêlé le sang avec leurs sacrifices.2Et Jésus répondant, leur dit: Croyez vous que ces Galiléens fussent plus pécheurs que tous les Galiléens, parce qu'ils ont souffert de telles choses?3Non, vous dis-je; mais si vous ne vous repentez, vous périrez tous de la même manière.4Ou, ces dix-huit sur qui tomba la tour dans Siloé, et qu'elle tua, croyez vous qu'ils fussent plus coupables que tous les hommes qui habitent Jérusalem?5Non, vous dis-je; mais si vous ne vous repentez, vous périrez tous pareillement.

Jusqu'au «baptême» de sa mort, Jésus est «à l'étroit» dans son âme. La croix est nécessaire pour que son amour puisse s'exprimer pleinement et trouver un écho dans le cœur des hommes.

Sa venue est une mise à l'épreuve. Au sein de familles autrefois unies dans l'impiété, Il sera reçu par les uns, rejeté par les autres. Combien de maisons ressemblent à celle qui est décrite ici (v. 52, 53)!

Puis le Seigneur s'adresse de nouveau aux Juifs «hypocrites»… dans un amour vrai pour leurs âmes (v. 56). Ne nous étonnons pas de la dureté que revêtent parfois ses paroles. Elle est imposée par celle du cœur de l'homme. Il faut un marteau de fer pour briser le roc (Jér. 23:29).

Israël avait encouru la colère de Dieu qui était devenu sa «partie adverse» (v. 58). Or Dieu était alors en Christ, offrant la réconciliation à son peuple, mais celui-ci refusait de la saisir et de discerner les signes avant-coureurs du jugement (v. 56). Aujourd'hui encore Dieu offre à tout homme la réconciliation avant le moment où Il ne pourra être rencontré que comme le Juge inexorable (2 Cor. 5:19).

Au Luc 13:1-5, Jésus évoque deux événements récents et solennels et s'en sert pour exhorter ses auditeurs à la repentance. Sachons aussi saisir les occasions d'avertir ceux qui nous entourent.

Luc 13:6-21
6Et il disait cette parabole: Quelqu'un avait un figuier planté dans sa vigne; et il vint y chercher du fruit, et il n'en trouva point.7Et il dit au vigneron: Voici trois ans que je viens chercher du fruit sur ce figuier, et je n'en trouve point: coupe-le; pourquoi aussi occupe-t-il inutilement la terre?8Et répondant, il lui dit: Maître, laisse-le cette année aussi, jusqu'à ce que je l'aie déchaussé et que j'y aie mis du fumier;9et peut-être portera-t-il du fruit: sinon, après, tu le couperas.
10Or il enseignait dans l'une des synagogues en un jour de sabbat.11Et voici, il y avait là une femme ayant un esprit d'infirmité depuis dix-huit ans, et elle était courbée et ne pouvait nullement se redresser.12Et Jésus, la voyant, l'appela et lui dit: Femme, tu es délivrée de ton infirmité.13Et il posa les mains sur elle: et à l'instant elle fut redressée, et glorifiait Dieu.14Et le chef de synagogue, indigné de ce que Jésus avait guéri, un jour de sabbat, répondant, dit à la foule: Il y a six jours où il faut travailler; venez donc ces jours-là, et soyez guéris, et non pas le jour du sabbat.15Le Seigneur donc lui répondit, et dit: Hypocrites! chacun de vous ne détache-t-il pas de la crèche son boeuf ou son âne un jour de sabbat, et ne les mène-t-il pas boire?16Et celle-ci qui est fille d'Abraham, laquelle Satan avait liée, voici, il y a dix-huit ans, ne fallait-il pas la délier de ce lien le jour du sabbat?17Et comme il disait ces choses, tous ses adversaires furent couverts de honte; et toute la foule se réjouissait de toutes les choses glorieuses qui étaient faites par lui.
18Et il disait: A quoi est semblable le royaume de Dieu, et à quoi le comparerai-je?19Il est semblable à un grain de moutarde qu'un homme prit et jeta dans son jardin; et il crût et devint un grand arbre, et les oiseaux du ciel demeuraient dans ses branches.20Et il dit encore: A quoi comparerai-je le royaume de Dieu?21Il est semblable à du levain qu'une femme prit, et qu'elle cacha parmi trois mesures de farine, jusqu'à ce que tout fût levé.

L'histoire d'Israël racontée par le figuier stérile est en même temps celle de l'humanité tout entière. Dieu a tout essayé pour tirer quelque bien de sa créature. Hélas! L'homme dans la chair, en dépit de ses prétentions religieuses (de belles feuilles) est incapable de porter le moindre fruit pour Dieu. Il occupe donc inutilement la terre et doit être jugé.

Poursuivant son ministère de grâce, Jésus guérit une pauvre femme infirme. Elle était courbée, comme nous risquons de l’être spirituellement quand nos regards sont tournés vers les choses de la terre ou que nous nous obstinons à porter des fardeaux dont le Seigneur veut se charger pour nous. Mais «Il relève ceux qui sont courbés» et veut nous faire «marcher la tête levée» (Ps. 146:8; Lév. 26:13).

De nouveau ce miracle en un jour de sabbat sert de prétexte à ses adversaires hypocrites. Mais sa réponse les couvre de honte et les rappelle à leurs devoirs d'amour envers une sœur: fille d'Abraham.

Les deux petites paraboles qui suivent décrivent le grand développement visible que le christianisme était appelé à prendre ici-bas, tout en étant pénétré intérieurement par le levain des fausses doctrines. Le grand arbre de la chrétienté subira finalement le même sort que le figuier d'Israël (v. 9).

Luc 13:22-35
22Et il allait par les villes et par les villages, enseignant, et poursuivant son chemin vers Jérusalem.
23Et quelqu'un lui dit: Seigneur, ceux qui doivent être sauvés sont-ils en petit nombre?24Et il leur dit: Luttez pour entrer par la porte étroite; car beaucoup, je vous le dis, chercheront à entrer et ne pourront pas.25Dès que le maître de la maison se sera levé, et aura fermé la porte, et que vous vous serez mis à vous tenir dehors et à heurter à la porte, en disant: Seigneur, ouvre-nous! et que, répondant, il vous dira: Je ne vous connais pas ni ne sais d'où vous êtes;26alors vous vous mettrez à dire: Nous avons mangé et bu en ta présence, et tu as enseigné dans nos rues.27Et il dira: Je vous dis, je ne vous connais pas, ni ne sais d'où vous êtes; retirez-vous de moi, vous tous, ouvriers d'iniquité.28Là seront les pleurs et les grincements de dents, quand vous verrez Abraham et Isaac et Jacob et tous les prophètes dans le royaume de Dieu, mais vous, jetés dehors.29Et il en viendra d'orient et d'occident, et du nord et du midi; et ils s'assiéront dans le royaume de Dieu.30Et voici, il y a des derniers qui seront les premiers, et il y a des premiers qui seront les derniers.
31En ce même jour, des pharisiens vinrent, lui disant: Retire-toi et va-t'en d'ici; car Hérode veut te tuer.32Et il leur dit: Allez, dites à ce renard: Voici, je chasse des démons et j'accomplis des guérisons aujourd'hui et demain, et le troisième jour je suis consommé.33Mais il faut que je marche aujourd'hui et demain et le jour suivant, car il ne se peut qu'un prophète périsse hors de Jérusalem.34Jérusalem, Jérusalem, la ville qui tue les prophètes et qui lapide ceux qui lui sont envoyés, que de fois j'ai voulu rassembler tes enfants, comme une poule sa couvée sous ses ailes, et vous ne l'avez pas voulu!35Voici, votre maison vous est abandonnée; et je vous dis, que vous ne me verrez point jusqu'à ce qu'il arrive que vous disiez: Béni soit celui qui vient au nom du *Seigneur!

Jamais nous ne voyons le Seigneur satisfaire la curiosité. Quand on Lui demande si les élus sont en petit nombre, Il en profite pour parler-la conscience, comme pour dire à chacun: Ne t'inquiète pas des autres; fais en sorte d'être de ce nombre. Certes la porte est étroite, mais le royaume est assez vaste pour accueillir tous ceux qui désirent y entrer maintenant. Et si tu ne veux pas de cette porte étroite (v. 24), tu n'auras devant toi plus tard qu'une porte fermée (v. 25). Quoi de plus solennels que ces coups frappés, que ces vains appels et que cette réponse terrible: «Je ne vous connais pas»! Il y a erreur, s'écrieront certains, j'ai pourtant eu des parents chrétiens, je suis allé régulièrement aux réunions, j'ai lu ma Bible et chanté des cantiques. Mais le Seigneur ne recevra dans son ciel que ceux qui L'auront ici-bas reçu dans leur cœur.

Ces paroles sévères, Jésus les adresse tout spécialement à la nation d'Israël. Pendant qu'Hérode «ce renard» cruel et rusé ravageait «la couvée» d'Israël, son Roi véritable avait cherché à la rassembler (v. 34). Mais on n'avait pas voulu de Lui ni de sa grâce, et maintenant le Seigneur de gloire, abandonnant la maison, son «chez soi» où Il n'avait pas été reçu (v. 35; Jean 1:11), poursuit sa marche vers la croix.

Luc 14:1-14
1Et il arriva que, comme il entrait, un sabbat, dans la maison d'un des principaux des pharisiens pour manger du pain, ils l'observaient.2Et voici, il y avait un homme hydropique devant lui.3Et Jésus, répondant, parla aux docteurs de la loi et aux pharisiens, disant: Est-il permis de guérir, un jour de sabbat?4Et ils se turent. Et l'ayant pris, il le guérit, et le renvoya.5Et répondant, il leur dit: Qui sera celui de vous, qui, ayant un âne ou un boeuf, lequel vienne à tomber dans un puits, ne l'en retire aussitôt le jour du sabbat?6Et ils ne pouvaient répliquer à ces choses.
7Or il dit une parabole aux conviés, observant comment ils choisissaient les premières places; et il leur disait:8Quand tu seras convié par quelqu'un à des noces, ne te mets pas à table à la première place, de peur qu'un plus honorable que toi ne soit convié par lui,9que celui qui vous a conviés, toi et lui, ne vienne et ne te dise: Fais place à celui-ci; et qu'alors tu ne le mettes avec honte à occuper la dernière place.10Mais, quand tu seras convié, va et assieds-toi à la dernière place, afin que, quand celui qui t'a convié viendra, il te dise: Ami, monte plus haut. Alors tu auras de la gloire devant tous ceux qui seront à table avec toi.11Car quiconque s'élève sera abaissé; et celui qui s'abaisse sera élevé.12Et il dit aussi à celui qui l'avait convié: Quand tu fais un dîner ou un souper, n'appelle pas tes amis, ni tes frères, ni tes parents, ni de riches voisins; de peur qu'eux aussi ne te convient à leur tour, et que la pareille ne te soit rendue.13Mais quand tu fais un festin, convie les pauvres, les estropiés, les boiteux, les aveugles;14et tu seras bienheureux, car ils n'ont pas de quoi te rendre la pareille: car la pareille te sera rendue en la résurrection des justes.

De nouveau nous trouvons le Seigneur chez un pharisien. Il y est cette fois encore, l'objet d'une franche malveillance. On l'observe (v. 1) pour le prendre en faute sur la question du sabbat. Mais Jésus guérit l'homme hydropique et comme au Luc 13:15, ferme la bouche à ses adversaires. Puis c'est son tour de les observer (v. 7). Son œil auquel rien n'échappe considère la course aux meilleures places autour de la table. Il en est ainsi dans le monde. C'est à qui obtiendra le plus d'honneur ou les meilleurs morceaux. Mais pour nous chrétiens, la dernière place est toujours celle où nous serons le plus heureux parce que c'est celle où nous rencontrerons Jésus! Nous n'avons en effet pas besoin de nous demander depuis quelle place le Seigneur a fait ces observations. Car le pharisien ne semble guère avoir été disposé à le faire monter plus haut.

Si Jésus a une leçon pour les convives, Il en a une aussi pour le maître de maison. Aux premiers Il a appris à choisir leur place, au second Il enseigne à choisir ses invités. Le Seigneur veut toujours nous faire examiner le motif qui nous fait agir. Est-ce l'espoir d'obtenir des avantages ou de la considération? Ou l'amour qui se satisfait dans le dévouement pour Lui?

Luc 14:15-35
15Et un de ceux qui étaient à table, ayant entendu ces choses, lui dit: Bienheureux celui qui mangera du pain dans le royaume de Dieu.16Et il lui dit: Un homme fit un grand souper et y convia beaucoup de gens.17Et à l'heure du souper, il envoya son esclave dire aux conviés: Venez, car déjà tout est prêt.18Et ils commencèrent tous unanimement à s'excuser. Le premier lui dit: J'ai acheté un champ, et il faut nécessairement que je m'en aille et que je le voie; je te prie, tiens-moi pour excusé.19Et un autre dit: J'ai acheté cinq couples de boeufs, et je vais les essayer; je te prie, tiens-moi pour excusé.20Et un autre dit: J'ai épousé une femme, et à cause de cela je ne puis aller.21Et l'esclave, s'en étant retourné, rapporta ces choses à son maître. Alors le maître de la maison, en colère, dit à son esclave: Va-t'en promptement dans les rues et dans les ruelles de la ville, et amène ici les pauvres, et les estropiés, et les aveugles, et les boiteux.22Et l'esclave dit: Maître, il a été fait ainsi que tu as commandé, et il y a encore de la place.23Et le maître dit à l'esclave: Va-t'en dans les chemins et le long des haies, et contrains les gens d'entrer, afin que ma maison soit remplie;24car je vous dis, qu'aucun de ces hommes qui ont été conviés ne goûtera de mon souper.
25Et de grandes foules allaient avec lui. Et se tournant, il leur dit:26Si quelqu'un vient à moi, et ne hait pas son père, et sa mère, et sa femme, et ses enfants, et ses frères, et ses soeurs, et même aussi sa propre vie, il ne peut être mon disciple.27Et quiconque ne porte pas sa croix, et ne vient pas après moi, ne peut être mon disciple.28Car quel est celui d'entre vous qui, voulant bâtir une tour, ne s'asseye premièrement et ne calcule la dépense, pour voir s'il a de quoi l'achever?29de peur que, en ayant jeté le fondement et n'ayant pu l'achever, tous ceux qui le voient ne se mettent à se moquer de lui, disant:30Cet homme a commencé à bâtir, et il n'a pu achever.31Ou, quel est le roi qui, partant pour faire la guerre à un autre roi, ne s'asseye premièrement et ne délibère s'il peut, avec dix mille hommes, résister à celui qui vient contre lui avec vingt mille?32Autrement, pendant qu'il est encore loin, il lui envoie une ambassade et s'informe des conditions de paix.33Ainsi donc, quiconque d'entre vous ne renonce pas à tout ce qu'il a, ne peut être mon disciple.34Le sel donc est bon; mais si le sel aussi a perdu sa saveur, avec quoi l'assaisonnera-t-on?35Il n'est propre, ni pour la terre, ni pour le fumier; on le jette dehors. Qui a des oreilles pour entendre, qu'il entende.

De tous les gens conviés à ce grand souper, c'est à qui trouvera la plus mauvaise excuse. Attend-on en effet d'avoir acheté un champ pour le voir, des bœufs pour connaître leur force? Celui qui venait de se marier aurait pu amener sa jeune femme au festin. En déclinant l'invitation, non seulement ils manquent la fête mais ils offensent le maître de maison.

Au grand souper de sa grâce, Dieu a convié d'abord le peuple juif, puis sur son refus, tous ceux qui ne peuvent cacher leur pauvreté, leur infirmité, leur misère. Ce sont de telles créatures qui vont remplir son ciel (comp. v. 21 fin avec v. 13). Il y reste encore des places vides… la vôtre si vous ne l'avez pas déjà prise.

Le v. 26 nous apprend simplement que, si quelqu'un était empêché de devenir disciple de Christ, y compris par ses propres parents, cet obstacle deviendrait aussitôt haïssable. Il faut venir à Lui (v. 26) et ensuite venir après Lui (v. 27). Mais l'ennemi est redoutable. Insensé celui qui se mettrait en route sans avoir calculé la dépense: Celle-ci est grande, car il s'agit de renoncer à tout ce qu'on a (v. 33). Si on porte la croix, on ne peut se charger d'autres bagages. Mais le gain est incomparable: c'est Christ Lui-même (Phil. 3:8).

Luc 15:1-10
1Et tous les publicains et les pécheurs s'approchaient de lui pour l'entendre.2Et les pharisiens et les scribes murmuraient, disant: Celui-ci reçoit des pécheurs, et mange avec eux.3Et il leur dit cette parabole, disant:4Quel est l'homme d'entre vous, qui, ayant cent brebis et en ayant perdu une, ne laisse les quatre-vingt-dix-neuf au désert, et ne s'en aille après celle qui est perdue, jusqu'à ce qu'il l'ait trouvée?5et l'ayant trouvée, il la met sur ses propres épaules, bien joyeux;6et, étant de retour à la maison, il appelle les amis et les voisins, leur disant: Réjouissez-vous avec moi, car j'ai trouvé ma brebis perdue.7Je vous dis, qu'ainsi il y aura de la joie au ciel pour un seul pécheur qui se repent, plus que pour quatre-vingt-dix-neuf justes qui n'ont pas besoin de repentance.8Ou quelle est la femme, qui, ayant dix drachmes, si elle perd une drachme, n'allume la lampe et ne balaye la maison, et ne cherche diligemment jusqu'à ce qu'elle l'ait trouvée?9et l'ayant trouvée, elle assemble les amies et les voisines, disant: Réjouissez-vous avec moi, car j'ai trouvé la drachme que j'avais perdue.10Ainsi, je vous dis, il y a de la joie devant les anges de Dieu pour un seul pécheur qui se repent.

Les trois paraboles de ce chapitre forment un ensemble merveilleux. La condition d'un pécheur nous y est présentée sous trois aspects: celui de la brebis, de la drachme et de l'enfant, tous trois perdus; et son salut comme accompli en amour à la fois par le Fils (le bon Berger) par le Saint-Esprit (la femme diligente) et par le Père.

Non seulement le tendre Berger cherche sa brebis «jusqu'à ce qu'il l'ait trouvée» (v. 4; comp. v. 8 fin) mais Il la charge ensuite sur ses propres épaules pour la conduire à la maison.

Comme cette drachme, pièce de monnaie à l'effigie du souverain qui l'a émise, l'homme est à l'image de Celui qui l'a créé. Mais perdu, à quoi pouvait-il servir? Il est devenu inutile (Rom. 3:12). Alors le Saint-Esprit «allumant la lampe» s'est mis à l'œuvre diligemment et Il nous a trouvés dans nos ténèbres et dans notre poussière.

Chaque parabole mentionne la joie du propriétaire légitime, une joie qui cherche à être partagée. Celle de Dieu rencontre un écho chez les anges. Si nous entendons ceux-ci chanter au moment de la création (Job 38:7) puis lors de la naissance du Sauveur ( Luc 2:13), l'allégresse remplit aussi le ciel «pour un seul pécheur qui se repent». Le prix d'une âme est si grand aux yeux du Dieu d'amour!

Luc 15:11-32
11Et il dit: Un homme avait deux fils;12et le plus jeune d'entre eux dit à son père: Père, donne-moi la part du bien qui me revient. Et il leur partagea son bien.13Et peu de jours après, le plus jeune fils, ayant tout ramassé, s'en alla dehors en un pays éloigné; et là il dissipa son bien en vivant dans la débauche.14après qu'il eut tout dépensé, une grande famine survint dans ce pays-là; et il commença d'être dans le besoin.15Et il s'en alla et se joignit à l'un des citoyens de ce pays-là, et celui-ci l'envoya dans ses champs pour paître des pourceaux.16Et il désirait de remplir son ventre des gousses que les pourceaux mangeaient; et personne ne lui donnait rien.17Et étant revenu à lui-même, il dit: Combien de mercenaires de mon père ont du pain en abondance, et moi je péris ici de faim!18Je me lèverai et je m'en irai vers mon père, et je lui dirai: Père, j'ai péché contre le ciel et devant toi;19je ne suis plus digne d'être appelé ton fils; traite-moi comme l'un de tes mercenaires.20Et se levant, il vint vers son père. Et comme il était encore loin, son père le vit et fut ému de compassion, et, courant à lui, se jeta à son cou et le couvrit de baisers.21Et le fils lui dit: Père, j'ai péché contre le ciel et devant toi; je ne suis plus digne d'être appelé ton fils.22Mais le père dit à ses esclaves: Apportez dehors la plus belle robe, et l'en revêtez; et mettez un anneau à sa main et des sandales à ses pieds;23et amenez le veau gras et tuez-le; et mangeons et faisons bonne chère;24car mon fils que voici était mort, et il est revenu à la vie; il était perdu, et il est retrouvé. Et ils se mirent à faire bonne chère.25Or son fils aîné était aux champs; et comme il revenait et qu'il approchait de la maison, il entendit la mélodie et les danses;26et, ayant appelé l'un des serviteurs, il demanda ce que c'était.27Et il lui dit: Ton frère est venu, et ton père a tué le veau gras, parce qu'il l'a recouvré sain et sauf.28Et il se mit en colère et ne voulait pas entrer. Et son père étant sorti, le pria.29Mais lui, répondant, dit à son père: Voici tant d'années que je te sers, et jamais je n'ai transgressé ton commandement; et tu ne m'as jamais donné un chevreau pour faire bonne chère avec mes amis;30mais quand celui-ci, ton fils, qui a mangé ton bien avec des prostituées, est venu, tu as tué pour lui le veau gras.31Et il luit dit: Mon enfant, tu es toujours avec moi, et tout ce qui est à moi est à toi;32mais il fallait faire bonne chère et se réjouir; car celui-ci, ton frère, était mort, et il est revenu à la vie; il était perdu, et il est retrouvé.

Un premier tableau nous présente ce jeune homme qui considère son père comme un obstacle à son bonheur et qui s'en va, loin de sa présence, dissiper follement tout ce qu'il a reçu de lui. La scène suivante nous le montre dans le pays éloigné réduit à la pire déchéance, au dénuement le plus complet. Chacun de nous a-t-il jusqu'ici reconnu sa propre histoire? Puisse-t-elle alors s'achever de la même manière! Sous le poids de sa misère, le prodigue revient-lui-même, se souvient des ressources de la maison paternelle, se lève, prend le chemin du retour… Et c'est le troisième tableau: l'empressement du père qui se porte à sa rencontre, les bras ouverts, les baisers, la confession suivie du plein pardon, les haillons échangés contre la plus belle robe…

Ami qui réalisez votre misère morale, ce récit vous apprend quelles sont envers vous les dispositions du cœur de Dieu. Ne craignez pas d'aller à Lui. Vous serez reçu comme ce fils.

Hélas! Le père ne peut faire partager complètement sa joie. Le frère aîné qui n'aurait pas hésité à faire bonne chère avec ses amis pendant que son frère était perdu, refuse de prendre part à la fête. Figure du peuple juif obstiné dans son légalisme, mais aussi de tous les propres justes dont le cœur est fermé-la grâce de Dieu.

Luc 16:1-13
1Et il dit aussi à ses disciples: Il y avait un homme riche qui avait un économe; et celui-ci fut accusé devant lui comme dissipant ses biens.2Et l'ayant appelé, il lui dit: Qu'est-ce que ceci que j'entends dire de toi? Rends compte de ton administration; car tu ne pourras plus administrer.3Et l'économe dit en lui-même: Que ferai-je, car mon maître m'ôte l'administration? Je ne puis pas bêcher la terre; j'ai honte de mendier:4sais ce que je ferai, afin que, quand je serai renvoyé de mon administration, je sois reçu dans leurs maisons.5Et ayant appelé chacun des débiteurs de son maître, il dit au premier: Combien dois-tu à mon maître?6Et il dit: cent baths d'huile. Et il lui dit: Prends ton écrit, et assieds-toi promptement et écris cinquante.7Puis il dit à un autre: Et toi, combien dois-tu? Et il dit: cent cors de froment. Et il lui dit: Prends ton écrit, et écris quatre-vingt.8Et le maître loua l'économe injuste parce qu'il avait agi prudemment. Car les fils de ce siècle sont plus prudents, par rapport à leur propre génération, que les fils de la lumière.9Et moi, je vous dis: Faites-vous des amis avec les richesses injustes, afin que, quand vous viendrez à manquer, vous soyez reçus dans le tabernacles éternels.10Celui qui est fidèle dans ce qui est très-petit, est fidèle aussi dans ce qui est grand; et celui qui est injuste dans ce qui est très-petit, et injuste aussi dans ce qui est grand.11Si donc vous n'avez pas été fidèles dans les richesses injustes, qui vous confiera les vraies?12Et si, dans ce qui est à autrui, vous n'avez pas été fidèles, qui vous donnera ce qui est vôtre?13Nul serviteur ne peut servir deux maîtres; car ou il haïra l'un et aimera l'autre, ou il s'attachera à l'un et méprisera l'autre: vous ne pouvez servir Dieu et les richesses.

Il nous étonne, ce maître qui approuve son serviteur malhonnête, comme aussi nous étonne la conclusion du Seigneur: «Faites-vous des amis avec les richesses injustes…» (v. 9). Mais cet adjectif nous fournit la clé de la parabole. Rien ici-bas n'appartient-l'homme. Les richesses qu'il prétend posséder sont en réalité toutes à Dieu; ce sont donc des richesses injustes. Placé sur la terre en vue de l'administrer, l'homme s'est comporté comme un voleur. Il a détourné à son profit, pour satisfaire ses convoitises, ce que Dieu avait mis entre ses mains pour Son propre service. Mais il peut encore se repentir et se mettre à employer pour les autres et en vue de l'avenir les biens du divin Propriétaire tant qu'ils sont entre ses mains.

L'économe du Luc 12:42 était fidèle et prudent; celui-ci est infidèle, toutefois il agit aussi prudemment, et c'est cette qualité que lui reconnaît son maître. Si les gens du monde montrent une telle prévoyance, ne devrions-nous pas, nous qui sommes «fils de la lumière», penser davantage aux vraies richesses (v. 11; Luc 12:33).

Le v. 13 nous rappelle que nous n'avons pas deux cœurs: un pour Christ, l'autre pour Mammon et les choses de ce monde. Qui voulons-nous aimer et servir (1 Rois 18:21)?

Luc 16:14-31
14Et les pharisiens aussi, qui étaient avares, entendirent toutes ces choses, et il se moquèrent de lui.15Et il leur dit: Vous êtes ceux qui se justifient eux-mêmes devant les hommes; mais Dieu connaît vos coeurs: car ce qui est haut estimé parmi les hommes est une abomination devant Dieu.16La loi et les prophètes ont été jusqu'à Jean; dès lors le royaume de Dieu est annoncé et chacun use de violence pour y entrer.17Or il est plus facile que le ciel et la terre passent, qu'il ne l'est qu'un seul trait de lettre de la loi tombe.18Quiconque répudie sa femme et en épouse une autre, commet adultère; et quiconque épouse une femme répudiée par son mari, commet adultère.
19Or il y avait un homme riche qui se vêtait de pourpre et de fin lin, et qui faisait joyeuse chère, chaque jour, splendidement.20Et il y avait un pauvre, nommé Lazare, couché à sa porte, tout couvert d'ulcères,21qui désirait de se rassasier des miettes qui tombaient de la table du riche; mais les chiens aussi venaient lécher ses ulcères.22Et il arriva que le pauvre mourut, et qu'il fut porté par les anges dans le sein d'Abraham. Et le riche aussi mourut, et fut enseveli.23Et, en hadès, levant ses yeux, comme il était dans les tourments, il voit de loin Abraham, et Lazare dans son sein.24Et s'écriant, il dit: Père Abraham, aie pitié de moi et envoie Lazare, afin qu'il trempe dans l'eau le bout de son doigt, et qu'il rafraîchisse ma langue, car je suis tourmenté dans cette flamme.25Mais Abraham dit: Mon enfant, souviens-toi que tu as reçu tes biens pendant ta vie, et Lazare pareillement les maux; et maintenant lui est consolé ici, et toi tu es tourmenté.26Et outre tout cela, un grand gouffre est fermement établi entre nous et vous; en sorte que ceux qui veulent passer d'ici vers vous ne le peuvent, et que ceux qui veulent passer de là ne traversent pas non plus vers nous.27Et il dit: Je te prie donc, père, de l'envoyer dans la maison de mon père,28j'ai cinq frères, en sorte qu'il les adjure; de peur qu'eux aussi ne viennent dans ce lieu de tourment.29Mais Abraham lui dit: Ils ont Moïse et les prophètes; qu'ils les écoutent.30Mais il dit: Non, père Abraham; mais si quelqu'un va des morts vers eux, ils se repentiront.31Et il lui dit: S'ils n'écoutent pas Moïse et les prophètes, ils ne seront pas persuadés non plus si quelqu'un ressuscitait d'entre les morts.

À ces pharisiens avares, Jésus déclare que Dieu connaît leur cœur et juge autrement que les hommes. Sur les plus grandes œuvres, réussites et ambitions terrestres, est écrite la terrible appréciation du v. 15: «une abomination devant Dieu». Aussi, quels renversements de situations apparaîtront dans l'autre monde! Le Seigneur en donne un exemple saisissant. Ce riche était précisément un économe infidèle. Bien qu'ayant son prochain à sa porte, il employait pour lui-même, dans le luxe et l'égoïsme ce que Dieu l'avait chargé d'administrer sur la terre. Mais le même événement survient pour le riche comme pour le pauvre: c'est la mort; tôt ou tard chacun la rencontre. Et ce récit, fait par Celui qui ne peut mentir, prouve que notre histoire n'est pas terminée pour autant. Elle comporte encore le chapitre définitif dont le Seigneur, tournant un instant la page, nous permet de lire quelques lignes. Que découvrons-nous dans cet au-delà sur lequel tant d'hommes en frissonnant s'interrogent? Un lieu de bonheur et un lieu de tourment! Alors il sera impossible de passer de l'un dans l'autre, trop tard pour croire, mais aussi trop tard pour annoncer l'évangile. «Voici, c'est maintenant le jour du salut» (2 Cor. 6:2).

Luc 17:1-19
1Or il dit à ses disciples: Il est impossible qu'il n'arrive pas des scandales; mais malheur à celui par qui ils arrivent!2Mieux lui vaudrait qu'on lui mît au cou une meule d'âne, et qu'il fût jeté dans la mer, que de scandaliser un de ces petits.3Prenez garde à vous-mêmes. Si ton frère pèche, reprends-le, et s'il se repent, pardonne-lui;4et si sept fois le jour il pèche contre toi, et que sept fois il retourne à toi, disant: Je me repens, tu lui pardonneras.5Et les apôtres dirent au Seigneur: Augmente-nous la foi.6Et le Seigneur dit: Si vous avez de la foi comme un grain de moutarde, vous diriez à ce mûrier: Déracine-toi, et plante-toi dans la mer; et il vous obéirait.7Mais qui est celui d'entre vous, qui, ayant un esclave labourant ou paissant le bétail, quand il revient des champs, dise: Avance-toi de suite et mets-toi à table?8Ne lui dira-t-il pas au contraire: Apprête-moi à souper et ceins-toi, et me sers jusqu'à ce que j'aie mangé et bu; et après cela, tu mangeras et tu boiras, toi?9Est-il obligé à l'esclave de ce qu'il a fait ce qui avait été commandé?10Je ne le pense pas. Ainsi, vous aussi, quand vous aurez fait toutes les choses qui vous ont été commandées, dites: Nous sommes des esclaves inutiles; ce que nous étions obligés de faire, nous l'avons fait.
11Et il arriva qu'en allant à Jérusalem, il traversait la Samarie et la Galilée.12Et comme il entrait dans un village, dix hommes lépreux le rencontrèrent; et ils s'arrêtèrent de loin;13et ils élevèrent la voix, disant: Jésus, maître, aie pitié de nous!14Et les voyant, il leur dit: Allez, montrez-vous aux sacrificateurs. Et il arriva qu'en s'en allant ils furent rendus nets.15Or l'un d'entre eux, voyant qu'il était guéri, revint sur ses pas, glorifiant Dieu à haute voix;16et ils se jeta sur sa face aux pieds de Jésus, lui rendant grâces. Et c'était un Samaritain.17Et Jésus, répondant, dit: Les dix n'ont-ils pas été rendus nets? Et les neuf, où sont-ils?18Il ne s'en est point trouvé qui soient revenus pour donner gloire à Dieu, si ce n'est cet étranger.19Et il lui dit: Lève-toi, et t'en va; ta foi t'a guéri.

Il est normal que le monde où règne le mal soit rempli de scandales et d'occasions de chute. Mais qu'un chrétien puisse être en piège à de plus faibles que lui est une chose infiniment triste… et solennelle pour lui.

Celui qui pardonne (ch. 7:48) enseigne ici comment pardonner (v. 3, 4). Toutefois les apôtres sentent que pour agir selon ces principes de grâce ils ont besoin de plus de foi et ils la demandent au Seigneur. Il leur répond qu'une autre vertu est indispensable: l'obéissance, parce que c'est dans la connaissance et dans l'accomplissement de la volonté de Dieu que nous pourrons compter sur Lui. Oui, la foi ne se sépare pas de l'obéissance ni celle-ci de l'humilité. Esclaves inutiles: c'est ce que nous devons penser de nous-mêmes, car Dieu peut travailler sans nous et s'Il nous emploie c'est pure grâce de sa part. Mais ce n'est pas ce que le Seigneur pense de ceux qui sont ses amis (comp. v. 7, 8 et Luc 12:37; Jean 15:15).

Dix lépreux rencontrent Jésus, élèvent la voix vers Lui et s'en vont guéris. Un seul, le Samaritain, tient à remercier son Sauveur. Ainsi dans la grande chrétienté, parmi tous ceux qui sont sauvés, un petit nombre seulement sait «revenir» pour rendre culte au Seigneur. En faites-vous partie?

Luc 17:20-37
20Or étant interrogé par les pharisiens quand viendrait le royaume de Dieu, il leur répondit et dit: Le royaume de Dieu ne vient pas de manière à attirer l'attention;21et on ne dira pas: Voici, il est ici; ou, voilà, il est là. Car voici, le royaume de Dieu est au milieu de vous.22Et il dit aux disciples: Les jours viendront où vous désirerez de voir l'un des jours du fils de l'homme, et vous ne le verrez pas.23Et on vous dira: Voici, il est ici; ou, voilà, il est là. N'y allez pas, et ne les suivez pas.24Car comme l'éclair qui brille, luit de l'un des côtés de dessous le ciel jusqu'à l'autre côté de dessous le ciel, ainsi sera le fils de l'homme en son jour.25Mais auparavant il faut qu'il souffre beaucoup, et qu'il soit rejeté par cette génération.26Et comme il arriva aux jours de Noé, ainsi en sera-t-il aux jours du fils de l'homme aussi:27on mangeait, on buvait, on se mariait, on donnait en mariage, jusqu'au jour où Noé entra dans l'arche; et le déluge vint, et les fit tous périr.28De même aussi, comme il arriva aux jours de Lot: on mangeait, on buvait, on achetait, on vendait, on plantait, on bâtissait;29mais, au jour où Lot sortit de Sodome, il plut du feu et du soufre du ciel, qui les fit tous périr;30il en sera de même au jour où le fils de l'homme sera manifesté.31En ce jour-là, que celui qui sera sur le toit et qui aura ses effets dans la maison, ne descende pas pour les emporter; et pareillement que celui qui sera aux champs ne retourne pas en arrière.32Souvenez-vous de la femme de Lot.33Quiconque cherchera à sauver sa vie, la perdra; et quiconque la perdra la gagnera.34Je vous dis qu'en cette nuit-là deux seront sur un même lit, l'un sera pris et l'autre laissé;35deux femmes moudront ensemble, l'une sera prise et l'autre laissée;36deux seront aux champs, l'un sera pris et l'autre laissé.37Et répondant, ils lui disent: Où, Seigneur? Et il leur dit: Là où est le corps, là aussi s'assembleront les aigles.

Contre toute logique, les pharisiens se préoccupent du moment où viendra le royaume de Dieu… tout en refusant de reconnaître et de recevoir le roi qui se trouve au milieu d'eux (v. 21). Le royaume de Dieu, souvent mentionné dans l'évangile de Luc, est la sphère, le domaine, où les droits de Dieu sont reconnus. Il comprend d'abord le ciel — et pour cette raison nous trouvons aussi, spécialement dans Matthieu, l'expression du royaume des cieux.

Mais il devait aussi s’étendre à Israël et à la terre. Or le Roi, afin de mettre ses sujets à l'épreuve, est venu parmi eux sous une humble apparence, sans «attirer l'attention» (v. 20); et comme tel il a été rejeté. Qu'en est-il résulté? Le fait que le royaume n'existe encore que sous la forme céleste. Il s'établira bien sur la terre, le moment venu, mais par des jugements. Ceux-ci seront soudains et terribles. Le déluge, la destruction subite de Sodome, en sont des illustrations solennelles (et les v. 27-30 pourraient tout aussi bien caractériser notre époque). Cependant il existe un autre domaine où les droits moraux du Seigneur sont reconnus dès maintenant: ce sont les cœurs de ceux qui Lui appartiennent. Ami, votre cœur est-il «une province» du royaume de Dieu?

Luc 18:1-17
1Et il leur dit aussi une parabole, pour montrer qu'ils devaient toujours prier et ne pas se lasser, disant:2Il y avait dans une ville un certain juge qui ne craignait pas Dieu et qui ne respectait pas les hommes;3et dans cette ville-là il y avait une veuve, et elle alla vers lui, disant: Venge-moi de mon adversaire.4Et il ne le voulut pas pour un temps. Mais après cela, il dit en lui-même: Quoique je ne craigne pas Dieu et que je ne respecte pas les hommes,5néanmoins, parce que cette veuve m'ennuie, je lui ferai justice, de peur que, revenant sans cesse, elle ne me rompe la tête.6Et le Seigneur dit: Écoutez ce que dit le juge inique.7Et Dieu ne ferait-il point justice à ses élus, qui crient à lui jour et nuit, et il use de patience avant d'intervenir pour eux?8Je vous dis que bientôt il leur fera justice. Mais quand le fils de l'homme viendra, trouvera-t-il de la foi sur la terre?
9Et il dit aussi cette parabole à quelques-uns qui se confiaient en eux-mêmes comme s'ils étaient justes, et qui tenaient le reste des hommes pour rien:10deux hommes montèrent au temple pour prier, l'un pharisien, et l'autre publicain.11Le pharisien, se tenant à l'écart, priait en lui-même en ces termes: O Dieu, je te rends grâces de ce que je ne suis pas comme le reste des hommes qui sont ravisseurs, injustes, adultères; où même comme ce publicain.12Je jeûne deux fois la semaine, je donne la dîme de tout ce que je possède.13Et le publicain, se tenant loin, ne voulait même pas lever les yeux vers le ciel, mais se frappait la poitrine, disant: O Dieu, sois apaisé envers moi, pécheur!14Je vous dis que celui-ci descendit en sa maison justifié plutôt que l'autre; car quiconque s'élève, sera abaissé; et celui qui s'abaisse sera élevé.
15Et on lui apporta aussi les petits enfants, afin qu'il les touchât; et les disciples, le voyant, reprirent ceux qui les apportaient.16Mais Jésus, les ayant appelés, dit: Laissez venir à moi les petits enfants, et ne les en empêchez pas; car à de tels est le royaume de Dieu.17En vérité, je vous dis: Quiconque ne recevra pas le royaume de Dieu comme un petit enfant, n'y entrera point.

La parabole de la veuve et du juge inique nous encourage à prier avec persévérance (Rom. 12:12 fin; Col. 4:2). En effet, si un homme méchant finit par se laisser fléchir, à plus forte raison le Dieu d'amour interviendra-t-il pour délivrer «ses élus». Il tarde quelquefois à le faire, parce que le fruit qu'Il attend n'est pas mûr, mais n'oublions pas que Lui-même se contraint-user de patience, car son amour le porterait à agir aussitôt (fin du v. 7). Il viendra un temps, celui de la tribulation finale, où ce passage prendra toute sa force pour les élus du peuple juif.

Le pharisien plein de lui-même qui présente à Dieu sa propre justice et le publicain qui se tient à l'écart dans une profonde conviction de péché, sont moralement les descendants respectifs de Caïn et d'Abel (mais ce dernier se savait justifié). Le seul titre qui nous donne le droit de nous approcher de Dieu est celui de pécheur. Il est humiliant pour l'homme d'avoir à mettre de côté à la fois ses œuvres (v. 11) et aussi ses raisonnements, sa sagesse, son expérience. Mais les vérités divines du royaume ne peuvent être saisies que par la simple foi, dans la confiance du petit enfant nous offre une image si touchante. Le Seigneur lorsqu'Il viendra, trouvera-t-il en nous une telle foi (v. 8)?

Luc 18:18-34
18Et un des chefs du peuple l'interrogea, disant: Bon maître, que faut-il que j'aie fait pour hériter de la vie éternelle?19Et Jésus lui dit: Pourquoi m'appelles-tu bon? Nul n'est bon, sinon un seul, Dieu.20Tu sais les commandements: Ne commets point adultère; ne tue point; ne dérobe point; ne dis point de faux témoignage; honore ton père et ta mère.21Et il dit: J'ai gardé toutes ces choses dès ma jeunesse.22Et quand Jésus eut entendu cela, il lui dit: Une chose te manque encore: vends tout ce que tu as, et distribue-le aux pauvres, et tu auras un trésor dans les cieux; et viens, suis-moi.23Et lui, ayant entendu ces choses, devint fort triste; car il était extrêmement riche.24Et Jésus, voyant qu'il était devenu fort triste, dit: Combien difficilement ceux qui ont des biens entreront-ils dans le royaume de Dieu!25Car il est plus facile qu'un chameau entre par un trou d'aiguille, qu'un riche n'entre dans le royaume de Dieu.26Et ceux qui entendirent cela dirent: Et qui peut-être sauvé?27Et il dit: Les choses qui sont impossibles aux hommes, sont possibles à Dieu.28Pierre dit: Voici, nous avons tout quitté et nous t'avons suivi.29Et il leur dit: En vérité, je vous dis, qu'il n'y a personne qui ait quitté maison, ou parents, ou frères, ou femme, ou enfants, pour l'amour du royaume de Dieu,30qui ne reçoive beaucoup plus en ce temps-ci, et, dans le siècle qui vient, la vie éternelle.
31Et prenant à lui les douze, il leur dit: Voici, nous montons à Jérusalem, et toutes les choses qui sont écrites par les prophètes touchant le fils de l'homme seront accomplies:32car il sera livré aux nations; on se moquera de lui, et on l'injuriera, et on crachera contre lui;33et après qu'ils l'auront fouetté, ils le mettront à mort; et le troisième jour il ressuscitera.34Et ils ne comprirent rien de ces choses; et cette parole leur était cachée, et ils ne comprirent pas les choses qui étaient dites.

En présence de ce chef du peuple, apparemment doué des plus nobles qualités, tout autre que Jésus n'aurait pas manqué de se dire: voilà quelqu'un qui va me faire honneur, un disciple de choix qu'il faut chercher à retenir. Mais c'est au cœur que Dieu regarde (1 Sam. 16:7), et le Seigneur va sonder celui de cet homme.

«Que faut-il que j'aie fait?» a été sa question. Sur ce terrain, Jésus ne peut que lui rappeler la loi. Mais pourquoi aurait-il dérobé? Il était riche; tué ou porté un faux témoignage? Il avait une réputation à ménager; manqué d'honneur à ses parents qui lui avaient laissé probablement un bel héritage? En réalité, il enfreint le premier commandement puisque son dieu ce sont ses richesses (Ex. 20:3). La tristesse de cet homme, qui humainement possédait tout pour être heureux: situation en vue, immense fortune et la jeunesse pour en jouir, prouve à ceux qui envient de tels avantages, que rien de tout cela ne donne le bonheur. Au contraire, si le cœur s'y attache, ce sont des entraves pour suivre Jésus et avoir part à la vie éternelle. Lui-même allait accomplir l'œuvre qui nous y donne accès. Dans ces v. 32 et 33, il nous faut méditer chaque expression en nous disant: Jésus a souffert ainsi pour moi.

Luc 18:35-43; Luc 19:1-10
35Et il arriva, lorsqu'il fut venu dans le voisinage de Jéricho, qu'un aveugle était assis sur le bord du chemin et mendiait.36Et entendant la foule qui passait, il demanda ce que c'était.37Et on lui rapporta que Jésus le Nazaréen passait.38Et il cria, disant: Jésus, Fils de David, aie pitié de moi!39Et ceux qui allaient devant le reprirent afin qu'il se tût; mais il criait d'autant plus fort: Fils de David! aie pitié de moi.40Et Jésus, s'étant arrêté, ordonna qu'on le lui amenât; et comme il s'approchait, il l'interrogea, disant:41Que veux-tu que je te fasse? Et il dit: Seigneur, que je recouvre la vue.42Jésus lui dit: Recouvre la vue, ta foi t'a guéri.43Et à l'instant il recouvra la vue et le suivit, glorifiant Dieu. Et tout le peuple, voyant cela, donna louange à Dieu.
1Et il entra dans Jéricho, et traversa la ville.2Et voici, un homme appelé du nom de Zachée: et il était chef de publicains, et il était riche;3et il cherchait à voir Jésus, quel il était; et il ne pouvait, à cause de la foule, car il était petit de taille.4Et courant en avant, il monta sur un sycomore pour le voir; car il allait passer là.5Et quand il fut venu à cet endroit, Jésus regardant, le vit, et lui dit: Zachée, descends vite; car il faut que je demeure aujourd'hui dans ta maison.6Et il descendit à la hâte, et le reçut avec joie.7Et voyant cela, tous murmuraient, disant qu'il était entré chez un pécheur pour y loger.8Et Zachée, se tenant là, dit au Seigneur: Voici, Seigneur, je donne la moitié de mes biens aux pauvres; et si j'ai fait tort à quelqu'un par une fausse accusation, je lui rends le quadruple.9Et Jésus lui dit: Aujourd'hui le salut est venu à cette maison, vu que lui aussi est fils d'Abraham;10car le fils de l'homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu.

La visite du Seigneur Jésus à Jéricho est probablement l'unique occasion donnée à ces deux hommes de le rencontrer. En dépit des obstacles, ils ont su ne pas la manquer (comp. Luc 16:16).

Considérons cet aveugle; il ne peut voir le Sauveur qui passe, et de plus la foule cherche à le faire taire; mais il crie d'autant plus fort et obtient la réponse à la foi. Quant à Zachée, sa petite taille et la même foule qui se presse autour de Jésus, l'empêchent de le distinguer. Alors il court pour devancer le cortège et escalade un arbre sans se préoccuper du qu'en-dira-t-on. Lui aussi triomphe des difficultés et quelle récompense il obtient! Nous imaginons sa confusion et sa joie en s'entendant appeler par son nom, invité à descendre vite pour accueillir le Seigneur dans sa propre maison.

Cher ami, Jésus passe encore maintenant près de toi, apportant le salut (v. 9). Ne te laisse arrêter ni par ton incapacité naturelle, ni par les formes d'une fausse religion qui, comme cette foule, empêche de voir «Jésus comme il est»; ni non plus par la crainte de l'opinion d'autrui. Le Maître t'appelle par ton nom: «Il faut que je demeure aujourd'hui dans ton cœur.» Vas-tu le laisser passer?

Luc 19:11-28
11Et comme ils entendaient ces choses, il ajouta et leur dit une parabole, parce qu'il était près de Jérusalem, et qu'ils pensaient que le royaume de Dieu allait immédiatement paraître.12Il dit donc: Un homme noble s'en alla dans un pays éloigné, pour recevoir un royaume et revenir.13Et ayant appelé dix de ses propres esclaves, il leur donna dix mines, et leur dit: Trafiquez jusqu'à ce que je vienne.14Or ses concitoyens le haïssaient; et ils envoyèrent après lui une ambassade, disant: Nous ne voulons pas que celui-ci règne sur nous.15Et il arriva, à son retour, après qu'il eut reçu le royaume, qu'il commanda d'appeler auprès de lui ces esclaves auxquels il avait donné l'argent, afin qu'il sût combien chacun aurait gagné par son trafic.16Et le premier se présenta, disant: Maître, ta mine a produit dix mines.17Et il lui dit: Bien, bon esclave, parce que tu as été fidèle en ce qui est très-peu de chose, aie autorité sur dix villes.18Et le second vint, disant: Maître, ta mine a produit cinq mines.19Et il dit aussi à celui-ci: Et toi, sois établi sur cinq villes.20Et un autre vint, disant: Maître, voici ta mine, que j'ai gardée déposée dans un linge;21car je t'ai craint, parce que tu es un homme sévère: tu prends ce que tu n'as pas mis, et tu moissonnes ce que tu n'as pas semé.22Il lui dit: Je te jugerai par ta propre parole, méchant esclave: tu savais que moi je suis un homme sévère, prenant ce que je n'ai pas mis et moissonnant ce que je n'ai pas semé;23et pourquoi n'as-tu pas mis mon argent à la banque, et quand je serais venu je l'eusse retiré avec l'intérêt?24Et il dit à ceux qui étaient présents: Otez-lui la mine et donnez-la à celui qui a les dix mines.25-Et ils lui dirent: Seigneur, il a dix mines.26-Car je vous dis qu'à quiconque a, il sera donné; et à celui qui n'a pas, cela même qu'il a lui sera ôté.27Mais ceux-là, mes ennemis, qui n'ont pas voulu que je régnasse sur eux, amenez-les ici et tuez-les devant moi.
28Et ayant dit ces choses, il allait devant eux, montant à Jérusalem.

Cette parabole nous présente à la fois le rejet du Seigneur Jésus comme roi (v. 14) et la responsabilité des siens pendant le temps de son absence. Dans celle des «talents» en Matt. 25, chaque esclave a reçu une somme différente selon la souveraineté du maître, mais la récompense est la même. Dans celle-ci au contraire, une mine a été confiée à chaque esclave, tandis que la rémunération est proportionnelle à son activité. À chaque croyant, Dieu fait don du même salut, de la même Parole, du même Esprit, sans parler des grâces variées dispensées à chacun. En revanche, tous n'ont pas le même zèle pour faire valoir ces dons à la gloire de leur Maître absent. Car le secret du service, c'est l'amour éprouvé pour Celui que l'on sert. Plus cet amour est grand, plus grand est le dévouement. C'est parce qu'il haïssait son maître, le trouvant sévère et injuste, que le troisième serviteur n'a pas travaillé pour lui. Il représente tous les soi-disant chrétiens à qui Dieu ôtera ce qu'ils paraissent avoir (v. 26). Mais il arrive, malheureusement à de vrais enfants de Dieu, d'accepter les dons tout en refusant le service, frustrant le Seigneur et finalement eux-mêmes, du fruit dont Il les aurait fait jouir avec Lui.

Luc 19:29-48
29Et il arriva, comme il approchait de Bethphagé et de Béthanie, vers la montagne appelée des Oliviers, qu'il envoya deux de ses disciples, disant:30Allez au village qui est vis-à-vis; et y étant entrés, vous trouverez un ânon attaché, sur lequel jamais aucun homme ne s'assit; détachez-le, et amenez-le.31Et si quelqu'un vous demande pourquoi vous le détachez, vous lui direz ainsi: Le Seigneur en a besoin.32Et ceux qui étaient envoyés, s'en allant, trouvèrent tout comme il le leur avait dit.33Et comme ils détachaient l'ânon, les maîtres de celui-ci leur dirent: Pourquoi détachez-vous l'ânon?34Et ils dirent: Parce que le Seigneur en a besoin.35Et ils l'amenèrent à Jésus; et ayant jeté leurs vêtements sur l'ânon, ils mirent Jésus dessus.36Et comme il allait son chemin, ils étendaient leurs vêtements sur le chemin.37Et comme il approchait déjà, à la descente de la montagne des Oliviers, toute la multitude des disciples, se réjouissant, se mit à louer Dieu à haute voix pour tous les miracles qu'ils avaient vus,38disant: Béni soit le roi qui vient au nom du *Seigneur! Paix au ciel, et gloire dans les lieux très-hauts!39Et quelques-uns des pharisiens lui dirent du milieu de la foule: Maître, reprends tes disciples.40Et répondant, il leur dit: Je vous dis que si ceux-ci se taisent, les pierres crieront.
41Et quand il fut proche, voyant la ville, il pleura sur elle, disant:42Si tu eusses connu, toi aussi, au moins en cette tienne journée, les choses qui appartiennent à ta paix! mais maintenant elles sont cachées devant tes yeux.43Car des jours viendront sur toi, où tes ennemis t'entoureront de tranchées, et t'environneront, et te serreront de tous côtés,44et te renverseront par terre, toi et tes enfants au dedans de toi; et ils ne laisseront pas en toi pierre sur pierre, parce que tu n'as point connu le temps de ta visitation.45Et il entra au temple, et se mit à chasser dehors ceux qui y vendaient et qui y achetaient,46leur disant: Il est écrit: "Ma maison est une maison de prière"; mais vous, vous en avez fait une caverne de voleurs.47Et il enseignait tous les jours dans le temple; et les principaux sacrificateurs et les scribes, et les principaux du peuple, tâchaient de le faire mourir.48Et ils ne trouvaient rien qu'ils pussent faire; car tout le peuple se tenait suspendu à ses lèvres pour l'entendre.

Le chemin du Seigneur approche de son terme: cette ville de Jérusalem vers laquelle, dès le Luc 9:51, il avait dressé résolument sa face sachant ce qui l'y attendait. Pourtant, un bref moment, les disciples peuvent penser que son règne va immédiatement paraître (comp. v. 11). Jésus montre sa souveraineté en revendiquant l'ânon (et n'y a-t-il pas dans notre vie tant de choses dont nous pourrions entendre dire: «le Seigneur en a besoin»?; v. 34). Le Roi va faire son entrée majestueuse dans la ville aux acclamations de la foule de ses disciples. Hélas! En contraste avec cette joie, les pharisiens montrent leur indifférence hostile (v. 39). En vérité des pierres seraient plus dociles à l'action de la puissance divine que le cœur endurci du malheureux peuple juif (S.P.). En apercevant la ville, Jésus pleure sur elle. Il sait quelles vont être les tragiques conséquences de son aveuglement. Il voit déjà les légions de Titus, quarante ans plus tard, assiéger la cité coupable (comp. Ésaïe 29:3, 6). Des scènes indescriptibles de massacre et de destruction passent devant ses yeux!

Puis entrant dans la ville et dans le temple, Il considère avec non moins de peine le trafic qui remplit ce dernier et, avec une sainte énergie, Il s'emploie à le faire cesser (comp. Éz. 8:6).

Luc 20:1-18
1Et il arriva, l'un de ces jours, comme il enseignait le peuple dans le temple et évangélisait, que les principaux sacrificateurs et les scribes survinrent avec les anciens.2Et ils lui parlèrent, disant: Dis-nous par quelle autorité tu fais ces choses, ou qui est celui qui t'a donné cette autorité?3Et répondant, il leur dit: Je vous demanderai, moi aussi, une chose,4et dites-moi: Le baptême de Jean était-il du ciel, ou des hommes?5Et ils raisonnèrent entre eux, disant: Si nous disons: Du ciel, il dira: Pourquoi ne l'avez-vous pas cru?6Et si nous disons: Des hommes, tout le peuple nous lapidera, car il est persuadé que Jean était un prophète.7Et ils répondirent qu'ils ne savaient pas d'où il était.8Et Jésus leur dit: Moi non plus, je ne vous dis pas par quelle autorité je fais ces choses.
9Et il se mit à dire au peuple cette parabole: Un homme planta une vigne, et la loua à des cultivateurs, et s'en alla hors du pays pour longtemps.10Et en la saison, il envoya un esclave aux cultivateurs, afin qu'ils lui donnassent du fruit de la vigne; mais les cultivateurs, l'ayant battu, le renvoyèrent à vide.11Et il envoya encore un autre esclave; mais l'ayant battu lui aussi, et l'ayant traité ignominieusement, ils le renvoyèrent à vide.12Et il en envoya encore un troisième; mais ils blessèrent aussi celui-ci, et le jetèrent dehors.13Et le maître de la vigne dit: Que ferai-je? J'enverrai mon fils bien-aimé; peut-être que, quand ils verront celui-ci, ils le respecteront.14Mais quand les cultivateurs le virent, ils raisonnèrent entre eux, disant: Celui-ci est l'héritier, tuons-le, afin que l'héritage soit à nous.15Et l'ayant jeté hors de la vigne, ils le tuèrent. Que leur fera donc le maître de la vigne?16Il viendra et fera périr ces cultivateurs, et donnera la vigne à d'autres. Et l'ayant entendu, ils dirent: Qu'ainsi n'advienne!17Et lui, les regardant, dit: Qu'est-ce donc que ceci qui est écrit: "La pierre que ceux qui bâtissaient ont rejetée, celle-là est devenue la maîtresse pierre du coin"?18Quiconque tombera sur cette pierre, sera brisé; mais celui sur qui elle tombera, elle le broiera.

S'ils s'étaient trouvés au baptême de Jean, les pharisiens n'auraient pas eu besoin de demander au Seigneur par quelle autorité il faisait «ces choses» (voir Luc 7:30). Dieu y avait solennellement désigné son Fils bien-aimé et l'avait revêtu de puissance pour son ministère (Luc 3:22). D'ailleurs tout ce que Jésus faisait ou disait ne montrait-il pas clairement que c'était le Père qui l'avait envoyé (Jean 12:49, 50)?

Le Seigneur donne encore à ces hommes de mauvaise foi une occasion de se reconnaître dans la parabole des méchants cultivateurs. Refusant à Dieu le fruit de l'obéissance, Israël a méprisé, maltraité et parfois mis à mort Ses messagers et Ses prophètes (2 Chr. 36:15). Et lorsque l'amour de Dieu leur a donné son propre Fils, ils n'ont pas hésité à le «jeter hors de la vigne» et à le tuer. Mais le Seigneur énumère les conséquences terribles de ce dernier crime: Dieu fera périr ce peuple méchant. Il confiera à d'autres (pris d'entre les nations) le soin de porter du fruit pour Lui. Enfin, si du temple terrestre il ne doit pas rester pierre sur pierre (Luc 19:44; Luc 21:5, 6), Christ, «la pierre rejetée», deviendra en résurrection le fondement précieux d'une maison spirituelle et céleste qui est l'Assemblée (lire 1 Pierre 2:4…).

Luc 20:19-40
19Et les principaux sacrificateurs et les scribes cherchèrent, en cette heure même, à mettre les mains sur lui; et ils craignaient le peuple, car ils connurent qu'il avait dit cette parabole contre eux.
20Et l'observant, ils envoyèrent des agents secrets, qui feignaient d'être justes, pour le surprendre en quelque parole, de manière à le livrer au magistrat et au pouvoir du gouverneur.21Et ils l'interrogèrent, disant: Maître, nous savons que tu dis et que tu enseignes justement, et que tu n'as point égard à l'apparence des personnes, mais que tu enseignes la voie de Dieu avec vérité.22Nous est-il permis de payer le tribut à César, ou non?23Et s'apercevant de leur perfidie, il leur dit: Pourquoi me tentez-vous?24Montrez-moi un denier; de qui a-t-il l'image et l'inscription? Et répondant, ils dirent: De César.25Et il leur dit: Rendez donc les choses de César à César, et les choses de Dieu à Dieu.26Et il ne pouvaient le surprendre dans ses paroles devant le peuple; et étonnés de sa réponse, ils se turent.
27Et quelques-uns des sadducéens, qui nient qu'il y ait une résurrection, s'approchèrent, et l'interrogèrent, disant:28Maître, Moïse nous a écrit, que si le frère de quelqu'un meurt, ayant une femme, et qu'il meure sans enfants, son frère prenne la femme et suscite de la postérité à son frère.29Il y avait donc sept frères; et le premier, ayant pris une femme, mourut sans enfants;30et le second prit la femme, et celui-ci aussi mourut sans enfants;31et le troisième la prit, et de même aussi les sept: ils ne laissèrent pas d'enfants et moururent;32et après eux tous la femme aussi mourut.33Dans la résurrection donc, duquel d'entre eux sera-t-elle la femme, car les sept l'ont eue pour femme?34Et Jésus leur dit: Les fils de ce siècle se marient et sont donnés en mariage;35mais ceux qui seront estimés dignes d'avoir part à ce siècle-là et à la résurrection d'entre les morts, ne se marient ni ne sont donnés en mariage,36aussi ils ne peuvent plus mourir; car ils sont semblables aux anges, et ils sont fils de Dieu, étant fils de la résurrection.37Or que les morts ressuscitent, Moïse même l'a montré, au titre: "Du buisson", quand il appelle le *Seigneur: le Dieu d'Abraham, et le Dieu d'Isaac, et le Dieu de Jacob.38Or il n'est pas le Dieu des morts, mais des vivants; car pour lui tous vivent.
39Et quelques-uns des scribes, répondant, dirent: Maître, tu as bien dit.40Et ils n'osèrent plus l'interroger sur rien.

À la question perfide que posent ces «agents secrets», Jésus répond comme d'habitude en parlant à leur conscience. Il faut rendre à chacun ce qui lui est dû et d'abord à Dieu l'obéissance et l'honneur (Rom. 13:7).

Quant aux sadducéens, le Seigneur leur prouve la réalité de la résurrection simplement par ce titre que Dieu se donne: «le Dieu d'Abraham, et le Dieu d'Isaac, et le Dieu de Jacob» (v. 37; Ex. 3:6). Lorsque l'Éternel parlait ainsi à Moïse, ces patriarches avaient quitté la terre depuis longtemps. Mais Il se proclamait toujours leur Dieu. Pour Lui, ils étaient donc encore vivants et ils devaient ressusciter. Ces hommes de foi s'étaient attachés à des «choses promises» au-delà de la vie présente et montraient qu'ils les attendaient avec certitude. «C'est pourquoi — est-il souligné — Dieu n'a pas honte… d'être appelé leur Dieu» (Héb. 11:13-16). — Croyants, appliquons-nous aussi à montrer autour de nous que nous avons une espérance vivante.

Les pharisiens et les sadducéens correspondent à deux tendances religieuses de tous les temps: d'une part le formalisme légal, l'attachement à des traditions, et à l'opposé le rationalisme (ou modernisme) qui met en doute la Parole et ses vérités fondamentales.

Luc 20:41-47; Luc 21:1-9
41Et il leur dit: Comment dit-on que le Christ est fils de David?42Et David lui-même dit, dans le livre des Psaumes: "Le *Seigneur a dit à mon seigneur: Assieds-toi à ma droite,43jusqu'à ce que je mette tes ennemis pour marchepied de tes pieds".44David donc l'appelle seigneur; et comment est-il son fils?45Et comme tout le peuple écoutait, il dit à ses disciples:46Soyez en garde contre les scribes, qui se plaisent à se promener en longues robes, et qui aiment les salutations dans les places publiques, et les premiers sièges dans les synagogues, et les premières places dans les repas;47qui dévorent les maisons des veuves, et pour prétexte font de longues prières; -ceux-ci recevront une sentence plus sévère.
1Et comme il regardait, il vit des riches qui jetaient leurs dons au trésor.2Et il vit aussi une pauvre veuve qui y jetait deux pites.3Et il dit: En vérité, je vous dis que cette pauvre veuve a jeté plus que tous les autres;4car tous ceux-ci ont jeté aux offrandes de Dieu de leur superflu, mais celle-ci y a jeté de sa pénurie, tout ce qu'elle avait pour vivre.
5Et comme quelques-uns parlaient du temple et disaient qu'il était orné de belles pierres et de dons, il dit:6Quant à ces choses que vous regardez, les jours viendront où il ne sera laissé pierre sur pierre qui ne soit jetée à bas.7Et ils l'interrogèrent, disant: Maître, quand donc ces choses auront-elles lieu, et quel sera le signe quand ces choses devront arriver?8il dit: Prenez garde que vous ne soyez séduits; car plusieurs viendront en mon nom, disant: C'est moi, et le temps est proche; n'allez point après eux.9Et quand vous entendrez parler de guerres et de séditions, ne vous épouvantez pas; car il faut que ces choses arrivent premièrement; mais la fin ne sera pas tout aussitôt.

Côtoyant des riches et des pauvres, des gens instruits et des ignorants, des flatteurs et des contradicteurs, Jésus, dans sa sagesse parfaite, discerne les motifs et les sentiments de tous, et prend envers chacun l'attitude qui convient à son état. Il dénonce la vanité des chefs du peuple en même temps que leur cupidité, et Il met en garde ceux qui pourraient être trompés par eux. Il se plaît à souligner, en contraste, le dévouement d'une de ces pauvres veuves qui étaient victimes de la rapacité des scribes. En jetant au trésor ses dernières ressources, elle s'abandonnait entièrement à Dieu, montrant qu'elle ne dépendait plus que de Lui seul (1 Tim. 5:5; comp. 2 Cor. 8:1-5). Le Seigneur considère moins ce que chacun donne que ce que chacun garde pour lui. Il n'a pas la même façon de compter que nous (v. 3) et c'est un encouragement pour tous ceux qui ne peuvent pas donner beaucoup (2 Cor. 8:12). Combien de pites deviendront des fortunes pour le trésor céleste (comp. Luc 12:33; Luc 18:22)!

Certains sont éblouis par les belles pierres et les ornements du temple. Mais là aussi Jésus juge différemment. Il connaît l'intérieur de ce temple et le compare à une caverne de voleurs (Luc 19:46). Puis Il déclare quel sera le sort de ces choses que l'homme regarde et admire (v. 6).

Luc 21:10-24
10Alors il leur dit: Nation s'élèvera contre nation, et royaume contre royaume;11et il y aura de grands tremblements de terre en divers lieux, et des famines, et des pestes; et il y aura des sujets d'épouvantement et de grands signes du ciel.12Mais, avant toutes ces choses, ils mettront les mains sur vous, et vous persécuteront, vous livrant aux synagogues et vous mettant en prison; et vous serez menés devant les rois et les gouverneurs à cause de mon nom.13Et cela se tournera pour vous en témoignage.14Mettez donc dans vos coeurs de ne pas vous préoccuper à l'avance de votre défense,15moi je vous donnerai une bouche et une sagesse, à laquelle tous vos adversaires ne pourront répondre ou résister.16Et vous serez aussi livrés par des parents et par des frères, et par des proches et par des amis, et on fera mourir quelques-uns d'entre vous;17vous serez haïs de tous, à cause de mon nom.18Et pas un cheveu de votre tête ne périra.19Possédez vos âmes par votre patience.
20Et quand vous verrez Jérusalem environnée d'armées, sachez alors que sa désolation est proche.21Alors, que ceux qui sont en Judée s'enfuient dans les montagnes; et que ceux qui sont au milieu de Jérusalem s'en retirent; et que ceux qui sont dans les campagnes n'entrent pas en elle.22Car ce sont là des jours de vengeance; afin que toutes les choses qui sont écrites soient accomplies.23Mais malheur à celles qui sont enceintes et à celles qui allaitent en ces jours-là! car il y aura une grande détresse sur le pays, et de la colère contre ce peuple.24Et ils tomberont sous le tranchant de l'épée, et seront menés captifs parmi toutes les nations; et Jérusalem sera foulée aux pieds par les nations jusqu'à ce que les temps des nations soient accomplis.

Déjà au ch. 17, Jésus avait prévenu ses disciples des châtiments subits qui atteindraient Israël et le monde à cause de son rejet. Mais, au milieu d'un peuple condamné, le Seigneur a toujours su distinguer ceux qui Lui appartiennent. Comme au ch. 12, Il les avertit et les encourage à l'avance en vue de ces temps difficiles (comp. v. 14, 15 avec Luc 12:11, 12). «Possédez vos âmes par votre patience» (v. 19). Cette exhortation nous concerne tous. «Usez donc de patience, frères…», c'est ce que recommande Jacques, «car la venue du Seigneur est proche» (Jac. 5:7, 8). Dieu est patient (Luc 18:7) et Il désire que ses enfants manifestent ce même caractère.

Les v. 20 et 21 se réalisèrent à la lettre avant la destruction de Jérusalem par les Romains en l'an 70. Ayant occupé une première fois leurs positions autour des murailles, les armées assaillantes levèrent le siège sans aucune raison apparente et partirent en direction du nord. Alors les chrétiens, se souvenant des paroles du Seigneur, mirent à profit ce temps de répit pour quitter la ville en hâte, avant que les légions romaines ne reviennent à nouveau l'investir. Le v. 24 correspond donc à la période qui suivit; elle dure depuis bientôt deux mille ans.

Luc 21:25-38
25Et il y aura des signes dans le soleil et la lune et les étoiles, et sur la terre une angoisse des nations en perplexité devant le grand bruit de la mer et des flots,26les hommes rendant l'âme de peur et à cause de l'attente des choses qui viennent sur la terre habitée, car les puissances des cieux seront ébranlées.27alors on verra le fils de l'homme venant sur une nuée avec puissance et une grande gloire.28Et quand ces choses commenceront à arriver, regardez en haut, et levez vos têtes, parce que votre rédemption approche.
29Et il leur dit une parabole: Voyez le figuier et tous les arbres:30quand ils ont déjà commencé à pousser, vous connaissez par vous-mêmes, en les voyant, que l'été est déjà proche.31De même aussi vous, quand vous verrez arriver ces choses, sachez que le royaume de Dieu est proche.32En vérité, je vous dis que cette génération ne passera point que tout ne soit arrivé.33Le ciel et la terre passeront, mais mes paroles ne passeront point.34Et prenez garde à vous-mêmes, de peur que vos coeurs ne soient appesantis par la gourmandise et l'ivrognerie, et par les soucis de la vie, et que ce jour-là ne vous surprenne inopinément;35car il viendra comme un filet sur tous ceux qui habitent sur la face de toute la terre.36Veillez donc, priant en tout temps, afin que vous soyez estimés dignes d'échapper à toutes ces choses qui doivent arriver, et de vous tenir devant le fils de l'homme.37Et il passait les jours dans le temple à enseigner; et les nuits il sortait et demeurait dans la montagne qui est appelée des Oliviers.38Et tout le peuple, dès le point du jour, venait à lui dans le temple, pour l'entendre.

À partir du v. 25, les signes annoncés concernent des événements encore à venir. Ce seront des temps terribles. Les choses les plus stables seront bouleversées, et les âmes des hommes le seront aussi. Déjà la peur plane sur le monde. Les hommes pensent échapper en se creusant des abris (Apoc. 6:15…). Mais pour les fidèles de ce temps-là, la délivrance (appelée leur rédemption au v. 28) viendra d'en haut. Ce sera le retour du Seigneur en gloire; et pour nous, croyants d'aujourd'hui, ce que nous attendons c'est sa venue sur la nuée. Promesse certaine! Oui, car le ciel et la terre passeront, mais Ses paroles ne passeront point (v. 33).

On ne considère pas généralement la gourmandise comme un péché bien grave. Pourtant elle est associée à l'ivrognerie, parce qu'elle contribue à appesantir le cœur. Elle cultive l'égoïsme; on en oublie les besoins qui nous entourent (comp. Luc 16:19…). La joie d'attendre le Seigneur disparaît d'un cœur appesanti (fin du v. 34); les soucis de la vie l'envahissent. Pour cette raison, les épîtres associent souvent les exhortations à être sobre et à veiller (1 Thess. 5:6, 7; 1 Pierre 1:13; 1 Pierre 4:7; 1 Pierre 5:8); et ici le Seigneur nous recommande «prenez garde à vous-mêmes… veillez donc, priant en tout temps» (v. 34, 36).

Luc 22:1-23
1Or la fête des pains sans levain, qui est appelée la Pâque, approchait.2Et les principaux sacrificateurs et les scribes cherchaient comment ils pourraient le faire mourir; car ils craignaient le peuple.3Et Satan entra dans Judas, surnommé Iscariote, qui était du nombre des douze;4il s'en alla et parla avec les principaux sacrificateurs et les capitaines sur la manière dont il le leur livrerait.5Et ils se réjouirent, et convinrent de lui donner de l'argent.6Et il s'engagea; et il cherchait une bonne occasion pour le leur livrer sans que la foule y fût.
7Et le jour des pains sans levain, dans lequel il fallait sacrifier la pâque, arriva.8Et il envoya Pierre et Jean, disant: Allez, et apprêtez-nous la pâque, afin que nous la mangions.9Et ils lui dirent: Où veux-tu que nous l'apprêtions?10Et il leur dit: Voici, quand vous entrerez dans la ville, un homme portant une cruche d'eau viendra à votre rencontre; suivez-le dans la maison où il entrera.11Et vous direz au maître de la maison: Le maître te dit: Où est le logis où je mangerai la pâque avec mes disciples?12Et lui vous montrera une grande chambre garnie; apprêtez là la pâque.13Et s'en étant allés, ils trouvèrent tout comme il leur avait dit; et ils apprêtèrent la pâque.14Et quand l'heure fut venue, il se mit à table, et les douze apôtres avec lui.15Et il leur dit: J'ai fort désiré de manger cette pâque avec vous, avant que je souffre;16car je vous dis que je n'en mangerai plus jusqu'à ce qu'elle soit accomplie dans le royaume de Dieu.17Et ayant reçu une coupe, il rendit grâces et dit: Prenez ceci et le distribuez entre vous,18car je vous dis que je ne boirai plus du fruit de la vigne, jusqu'à ce que le royaume de Dieu soit venu.19Et ayant pris un pain, et ayant rendu grâces, il le rompit, et le leur donna, en disant: Ceci est mon corps, qui est donné pour vous; faites ceci en mémoire de moi;20-de même la coupe aussi, après le souper, en disant: Cette coupe est la nouvelle alliance en mon sang, qui est versé pour vous;
21mais voici, la main de celui qui me livre est avec moi à table.22Et le fils de l'homme s'en va bien, selon ce qui est déterminé; mais malheur à cet homme par qui il est livré!23Et ils se mirent à s'entre-demander l'un à l'autre, qui donc serait celui d'entre eux qui allait faire cela.

Les chefs du peuple sont embarrassés pour réaliser leurs desseins criminels parce qu'ils savent que la foule prend plaisir à écouter Jésus (Luc 19:48). Mais Satan va leur venir en aide. Il a préparé son instrument: Judas, et maintenant il entre en lui, se substituant à la volonté du misérable disciple. Celui-ci s'en va aussitôt conclure son affreux marché.

Quand il s'agit de célébrer la pâque — et la cène aujourd'hui — rien n'est laissé à l'initiative des disciples. Jésus leur demande de l'apprêter, mais Il attend aussi d'être interrogé pour leur révéler où cela doit avoir lieu. Combien de chrétiens, au lieu de poser cette question au Seigneur, ont eux-mêmes choisi leur lieu de rassemblement! Pourtant tout est si simple. Il suffit de se laisser conduire par cet homme chargé d'une cruche d'eau, figure du Saint-Esprit présentant la Parole. La grande chambre garnie suggère qu'il y a place pour tous les croyants, là où Jésus se trouve Lui-même. «J'ai fort désiré…», dit-Il aux siens lorsque l'heure fut venue. Quel amour! Le Seigneur parle non d'une faveur qu'Il leur fait, mais d'un besoin de son propre cœur, «comme quelqu'un qui, avant de quitter sa famille, désire avoir encore avec elle une réunion d'adieu» (J.N.D.).

Luc 22:24-38
24Et il arriva aussi une contestation entre eux pour savoir lequel d'entre eux serait estimé le plus grand.25Et il leur dit: Les rois des nations les dominent, et ceux qui exercent l'autorité sur elles sont appelés bienfaiteurs;26mais il n'en sera pas ainsi de vous; mais que le plus grand parmi vous soit comme le plus jeune, et celui qui conduit comme celui qui sert.27Car lequel est le plus grand, celui qui est à table ou celui qui sert? N'est-ce pas celui qui est à table? Or moi, je suis au milieu de vous comme celui qui sert.28Mais vous, vous êtes ceux qui avez persévéré avec moi dans mes tentations.29Et moi, je vous confère un royaume comme mon Père m'en a conféré un,30afin que vous mangiez et que vous buviez à ma table dans mon royaume; et que vous soyez assis sur des trônes, jugeant les douze tribus d'Israël.31Et le Seigneur dit: Simon, Simon, voici, Satan a demandé à vous avoir pour vous cribler comme le blé;32mais moi, j'ai prié pour toi, afin que ta foi ne défaille pas; et toi, quand une fois tu sera revenu, fortifie tes frères.33-Et il lui dit: Seigneur, avec toi, je suis prêt à aller et en prison et à la mort.34-Et il dit: Pierre, je te dis: le coq ne chantera point aujourd'hui, que premièrement tu n'aies nié trois fois de me connaître.35Et il leur dit: Quand je vous ai envoyés sans bourse, sans sac et sans sandales, avez-vous manqué de quelque chose? Et ils dirent: De rien.36Il leur dit donc: Mais maintenant, que celui qui a une bourse la prenne, et de même celui qui a un sac, et que celui qui n'a pas d'épée vende son vêtement et achète une épée.37Car je vous dis, qu'il faut encore que ceci qui est écrit, soit accompli en moi: "Et il a été compté parmi les iniques". Car aussi les choses qui me concernent vont avoir leur fin.38Et ils dirent: Seigneur, voici ici deux épées. Et il leur dit: C'est assez.

C'est le dernier entretien du Maître avec ses disciples. Mais que font ceux-ci pendant ce saint moment? Ils se disputent à qui sera estimé le plus grand! Avec quelle patience et quelle douceur le Seigneur les reprend! Une dernière fois Il leur rappelle (ainsi qu'à nous) que la vraie grandeur consiste à servir les autres. C'est ce que Lui-même n'a cessé de faire (comp. v. 27 et Luc 12:37). Et non seulement Il ne leur adresse aucun reproche, mais Il se plaît à reconnaître leur dévouement et leur fidélité: «vous êtes ceux qui avez persévéré avec moi dans mes tentations» — leur dit-Il. Toutefois il allait y avoir encore pour les faibles disciples des tentations qui risqueraient de renverser leur foi. Alors Jésus révèle de quelle manière Il sert et servira dorénavant les siens: son intercession devancera leur épreuve et les soutiendra tandis qu'ils la traverseront (Jean 17:9, 11, 15). Pendant qu'Il était avec eux, ils n'avaient eu besoin de rien; Lui veillait à tout et les protégeait. Maintenant qu'Il va les quitter, ils auront à combattre pour leur propre compte. Mais pas avec des armes charnelles (v. 38; 2 Cor. 10:4), ni «contre le sang et la chair» (Éph. 6:12). Satan s'approche à cette heure, adversaire autrement redoutable (1 Pierre 5:8).

Luc 22:39-53
39Et sortant, il s'en alla, selon sa coutume, à la montagne des Oliviers, et les disciples aussi le suivirent.40Et quand il fut en ce lieu-là, il leur dit: Priez que vous n'entriez pas en tentation.41Et il s'éloigna d'eux lui-même environ d'un jet de pierre, et s'étant mis à genoux, il priait,42disant: Père, si tu voulais faire passer cette coupe loin de moi! Toutefois, que ce ne soit pas ma volonté mais la tienne qui soit faite.43Et un ange du ciel lui apparut, le fortifiant.44Et étant dans l'angoisse du combat, il priait plus instamment; et sa sueur devint comme des grumeaux de sang découlant sur la terre.45Et s'étant levé de sa prière, il vint vers les disciples, qu'il trouva endormis de tristesse;46et il leur dit: Pourquoi dormez-vous? Levez-vous, et priez afin que vous n'entriez pas en tentation.
47Comme il parlait encore, voici une foule, et celui qui avait nom Judas, l'un des douze, les précédait; et il s'approcha de Jésus, pour le baiser.48Et Jésus lui dit: Judas, tu livres le fils de l'homme par un baiser?49Et ceux qui étaient autour de lui, voyant ce qui allait arriver, lui dirent: Seigneur, frapperons-nous de l'épée?50Et l'un d'entre eux frappa l'esclave du souverain sacrificateur et lui emporta l'oreille droite.51Mais Jésus, répondant, dit: Laissez faire jusqu'ici; et lui ayant touché l'oreille, il le guérit.52Et Jésus dit aux principaux sacrificateurs et aux capitaines du temple et aux anciens qui étaient venus contre lui: Etes-vous sortis comme contre un brigand avec des épées et des bâtons?53Lorsque j'étais tous les jours avec vous, dans le temple, vous n'avez pas étendu vos mains contre moi; mais c'est ici votre heure, et le pouvoir des ténèbres.

Ce récit solennel de la scène de Gethsémané contient des détails que Luc est seul à nous donner. Nous y voyons Jésus à genoux au v. 41; un ange lui apparaît pour le fortifier au v. 43. Il y est question de l'angoisse du combat et nous savons à quel ennemi Il avait affaire. Combat si intense, qu'à un certain moment sa sueur se changea en des grumeaux de sang! Mais cette angoisse même démontre sa perfection. Car le mal fait souvent peu d'impression sur nos cœurs endurcis, tandis que, pour l'Homme saint par excellence, la pensée de porter le péché ne pouvait que le saisir d'horreur et d'effroi.

Puis Jésus vient vers ses disciples qu'Il trouve endormis. Accablés de sommeil sur la montagne en présence de sa gloire (Luc 9:32), ils le sont ici, devant sa souffrance. Il leur avait appris à demander: «Ne nous induis pas en tentation, mais délivre-nous du mal» (Luc 11:4; Matt. 6:13). Que n'ont-ils fait cette prière à l'heure où Satan s'approchait!

Voici Judas et la troupe qui l'accompagne. Et il est merveilleux de voir le Seigneur qui, au moment précédent traversait le plus terrible des combats, montrer à présent devant les hommes une patience, une grâce (v. 51) et un calme parfaits.

Luc 22:54-71
54Et se saisissant de lui, ils l'emmenèrent, et le conduisirent dans la maison du souverain sacrificateur. Or Pierre suivait de loin.55Et lorsqu'ils eurent allumé un feu au milieu de la cour et qu'ils se furent assis ensemble, Pierre s'assit au milieu d'eux.56Et une servante, le voyant assis auprès de la lumière, et l'ayant regardé fixement, dit: Celui-ci aussi était avec lui.57Mais il le renia, disant: Femme, je ne le connais pas.58Et peu après, un autre le voyant, dit: Et toi, tu es de ces gens-là. Mais Pierre dit: O homme, je n'en suis point.59Et environ une heure après, un autre affirma, disant: En vérité, celui-ci aussi était avec lui; car aussi il est Galiléen.60Et Pierre dit: O homme, je ne sais ce que tu dis. Et à l'instant, comme il parlait encore, le coq chanta.61Et le Seigneur, se tournant, regarda Pierre; et Pierre se ressouvint de la parole du Seigneur, comme il lui avait dit: Avant que le coq chante, tu me renieras trois fois.62Et Pierre, étant sorti dehors, pleura amèrement.
63Et les hommes qui tenaient Jésus se moquaient de lui et le frappaient;64et lui couvrant les yeux, ils l'interrogeaient, disant: Prophétise; qui est celui qui t'a frappé?65Et ils disaient plusieurs autres choses contre lui, en l'outrageant.66Et quand le jour fut venu, le corps des anciens du peuple, principaux sacrificateurs et scribes, s'assembla; et ils l'amenèrent dans leur sanhédrin,67disant: Si toi, tu es le Christ, dis-le-nous. Et il leur dit: Si je vous le disais, vous ne le croiriez point;68et si je vous interroge, vous ne me répondrez point ou ne me laisserez point aller.69Mais désormais le fils de l'homme sera assis à la droite de la puissance de Dieu.70Et ils dirent tous: Toi, tu es donc le Fils de Dieu? Et il leur dit: Vous dites vous-mêmes que je le suis.71Et ils dirent: Qu'avons-nous encore besoin de témoignage? Car nous-mêmes nous l'avons entendu de sa bouche.

Pauvre Pierre! Pendant que Jésus priait, lui dormait; pendant qu'Il se laissait prendre et amener «comme un agneau familier qui est mené à la tuerie» (Jér. 11:19; Ésaïe 53:7), Pierre frappait de l'épée (v. 50; comp. Jean 18:10). Enfin pendant que le Seigneur confessait la vérité devant les hommes, lui par trois fois mentait et Le reniait! Il s'était assis dans la cour en compagnie de ceux qui venaient d'arrêter son Maître et qui parlaient contre Lui (Ps. 69:12 et Ps. 1:1 fin). Comment dans une telle position aurait-il pu Lui rendre témoignage?

Un simple regard du Seigneur brise le cœur du pauvre disciple bien davantage que des reproches n'auraient pu le faire. Oh! Ce regard. Il pénètre sa conscience et y commence une œuvre de restauration. Ce reniement si douloureux pour le Seigneur s'ajoute à tous les outrages reçus (v. 63-65).

Les hommes méchants devant lesquels Il se tient sont obligés de reconnaître eux-mêmes que «le fils de l'homme» (v. 69) est en même temps «le Fils de Dieu» (v. 70). C'est pourquoi Jésus peut leur répondre: «vous dites vous-mêmes que je le suis». C'est pourquoi aussi, ils sont infiniment plus coupables en le condamnant après de telles paroles!

Luc 23:1-12
1Et se levant tous ensemble, ils le menèrent à Pilate.2Et ils se mirent à l'accuser, disant: Nous avons trouvé cet homme pervertissant notre nation et défendant de donner le tribut à César, se disant lui-même être le Christ, un roi.3Et Pilate l'interrogea, disant: Toi, tu es le roi des Juifs? Et répondant, il lui dit:4Tu le dis. Et Pilate dit aux principaux sacrificateurs et aux foules: Je ne trouve aucun crime en cet homme.5Mais ils insistaient, disant: Il soulève le peuple, enseignant par toute la Judée, ayant commencé depuis la Galilée jusqu'ici.6Et Pilate, ayant entendu parler de la Galilée, demanda si l'homme était Galiléen.7ayant appris qu'il était de la juridiction d'Hérode, il le renvoya à Hérode qui, en ces jours-là, était lui-même aussi à Jérusalem.8Et Hérode, voyant Jésus, se réjouit fort; car il y avait longtemps qu'il désirait de le voir, parce qu'il avait entendu dire plusieurs choses de lui; et il espérait voir quelque miracle opéré par lui.9Et il l'interrogea longuement; mais il ne lui répondit rien.10Et les principaux sacrificateurs et les scribes se tinrent là, l'accusant avec véhémence.11Et Hérode, avec ses troupes, l'ayant traité avec mépris et s'étant moqué de lui, le revêtit d'un vêtement éclatant et le renvoya à Pilate.12Et Pilate et Hérode devinrent amis entre eux ce même jour; car auparavant ils étaient en inimitié l'un avec l'autre.

L'unanimité s'est facilement faite contre Jésus. Les chefs du peuple se lèvent tous ensemble pour le conduire à Pilate qui seul a le pouvoir de condamner à mort. De quoi accusent-ils leur prisonnier? De pervertir la nation, c'est-à-dire de la détourner vers le mal, Lui qui n'avait travaillé qu'à ramener à Dieu le cœur de ce peuple. De défendre de donner le tribut à César, alors qu'Il avait dit au contraire: «Rendez donc les choses de César à César…» (Luc 20:25). Mais ces mensonges n'ont pas sur Pilate l'effet que les Juifs en attendent. Dans sa perplexité le gouverneur cherche un moyen de se dérober. Il fait conduire Jésus à Hérode qui éprouve à son égard un mélange de crainte (Luc 9:7), de haine (Luc 13:31) et de curiosité (v. 8). mais ce dernier sentiment n'étant pas satisfait, toute la bassesse morale de cet homme haut placé se découvre: Il se plaît à humilier un prisonnier sans défense, dont on lui avait de plus rapporté les miracles d'amour! Puis, déçu, il le renvoie à Pilate.

En contemplant Celui dont on dispose ainsi, que l'on raille et que l'on méprise, nos cœurs se réjouissent en pensant au moment où Il paraîtra dans sa gloire et où chacun devra reconnaître qu'Il est Seigneur, à la gloire de Dieu le Père (Ésaïe 53:3; Phil. 2:11).

Luc 23:13-32
13Et Pilate, ayant assemblé les principaux sacrificateurs, et les chefs, et le peuple,14leur dit: Vous m'avez amené cet homme comme détournant le peuple, et voici, l'ayant examiné devant vous, moi je n'ai trouvé aucun crime dans cet homme quant aux choses dont vous l'accusez,15ni Hérode non plus, car je vous ai renvoyés à lui; et voici, rien n'a été fait par lui qui soit digne de mort.16L'ayant donc châtié, je le relâcherai.17Or il était obligé de leur relâcher quelqu'un à la fête.18Et toute la multitude s'écria ensemble, disant: Ote celui-ci, et relâche-nous Barabbas19(qui avait été jeté en prison pour une sédition qui avait eu lieu dans la ville, et pour meurtre).20Pilate donc s'adressa de nouveau à eux, désirant relâcher Jésus.21Mais ils s'écriaient, disant: Crucifie, crucifie-le!22Et il leur dit pour la troisième fois: Mais quel mal celui-ci a-t-il fait? Je n'ai rien trouvé en lui qui soit digne de mort; l'ayant donc châtié, je le relâcherai.23Mais ils insistaient à grands cris, demandant qu'il fût crucifié. Et leurs cris et ceux des principaux sacrificateurs eurent le dessus.24Et Pilate prononça que ce qu'ils demandaient fût fait.25Et il relâcha celui qui, pour sédition et pour meurtre, avait été jeté en prison, lequel ils demandaient; et il livra Jésus à leur volonté.
26Et comme ils l'emmenaient, ils prirent un certain Simon, Cyrénéen, qui venait des champs, et le chargèrent de la croix, pour la porter après Jésus.27Et une grande multitude du peuple et de femmes qui se frappaient la poitrine et le pleuraient, le suivait.28Mais Jésus, se tournant vers elles, dit: Filles de Jérusalem, ne pleurez pas sur moi; mais pleurez sur vous-mêmes et sur vos enfants;29car voici, des jours viennent dans lesquels on dira: Bienheureuses les stériles, et les ventres qui n'ont pas enfanté, et les mamelles qui n'ont pas nourri.30Alors ils se mettront à dire aux montagnes: Tombez sur nous; et aux coteaux: Couvrez-vous;31car s'ils font ces choses au bois vert, que sera-t-il fait au bois sec?
32Et deux autres aussi, qui étaient des malfaiteurs, furent menés avec lui, pour être mis à mort.

Plus embarrassé que jamais, Pilate assemble les sacrificateurs, les chefs et le peuple et affirme devant eux à trois reprises qu'il n'a rien trouvé en Jésus qui soit digne de mort. Mais son insistance à vouloir le libérer ne fait qu'augmenter celle du peuple à réclamer sa crucifixion. Une foule est facilement lâche et cruelle parce que, sous le couvert de l'anonymat, les plus bas instincts se donnent libre cours. Celle-ci l'est d'autant plus qu'elle est poussée par ses propres conducteurs. Finalement leurs cris ont le dessus, et, en échange de la libération du meurtrier Barabbas, ils obtiennent que Jésus soit livré-leur volonté. Car pour Pilate, homme sans scrupules, une vie humaine a moins de valeur que la faveur de la populace.

Parmi ceux qui accompagnent le condamné innocent, beaucoup sont pris de pitié et pleurent. Mais l'émotion n'est pas une preuve de l'œuvre de Dieu dans un cœur. Sans quoi ces femmes auraient pleuré sur elles-mêmes et sur leur ville criminelle comme Jésus l'avait fait au Luc 19:41. Bien des personnes sont touchées sentimentalement par la vie admirable de Jésus, indignées de l'injustice dont il a été l'objet, sans penser qu'elles ont, par leurs péchés, une responsabilité personnelle à sa mort (Ésaïe 53:6).

Luc 23:33-49
33Et quand ils furent venus au lieu appelé Crâne, ils le crucifièrent là, et les malfaiteurs, l'un à la droite, l'autre à la gauche.34Et Jésus dit: Père, pardonne-leur, car ils ne savent ce qu'ils font. Et ayant fait le partage de ses vêtements, ils tirèrent au sort.35Et le peuple se tenait là, regardant; et les gouverneurs aussi se raillaient de lui avec eux, disant: Il a sauvé les autres; qu'il se sauve lui-même, si lui est le Christ, l'élu de Dieu.36Et les soldats aussi se moquaient de lui, s'approchant, et lui présentant du vinaigre,37et disant: Si toi, tu es le roi des Juifs, sauve-toi toi-même.38Et il y avait aussi au-dessus de lui un écriteau en lettres grecques, romaines, et hébraïques: Celui-ci est le roi des Juifs.39Et l'un des malfaiteurs qui étaient pendus l'injuriait, disant: N'es-tu pas le Christ, toi? Sauve-toi toi-même, et nous aussi.40Mais l'autre, répondant, le reprit, disant: Et tu ne crains pas Dieu, toi, car tu es sous le même jugement?41Et pour nous, nous y sommes justement; car nous recevons ce que méritent les choses que nous avons commises: mais celui-ci n'a rien fait qui ne se dût faire.42Et il disait à Jésus: Souviens-toi de moi, Seigneur, quand tu viendras dans ton royaume.43Et Jésus lui dit: En vérité, je te dis: Aujourd'hui tu seras avec moi dans le paradis.
44Or il était environ la sixième heure; et il y eut des ténèbres sur tout le pays jusqu'à la neuvième heure;45et le soleil fut obscurci, et le voile du temple se déchira par le milieu.46Et Jésus, criant à haute voix, dit: Père! entre tes mains je remets mon esprit. Et ayant dit cela, il expira.47Et le centurion, voyant ce qui était arrivé, glorifia Dieu, disant: En vérité, cet homme était juste.48Et toutes les foules qui s'étaient assemblées à ce spectacle, ayant vu les choses qui étaient arrivées, s'en retournaient, frappant leurs poitrines.49Et tous ceux de sa connaissance, et des femmes qui l'avaient accompagné depuis la Galilée, se tenaient loin, regardant ces choses.

Jésus est conduit à ce sinistre lieu du Crâne où Il est crucifié entre deux malfaiteurs. «Père, pardonne-leur…», telle est Sa réponse sublime à tout le mal que lui font les hommes (comp. Luc 6:27). S'ils se repentent, leur crime — le plus grand de l'histoire de l'humanité — sera expié par Sa mort même.

À la croix où tous sont présents: des gouverneurs (v. 35) au misérable brigand (v. 39), l'entière méchanceté du cœur humain se découvre sans honte: regards cyniques, railleries, provocations, injures grossières… Mais voici qu'un entretien merveilleux s'engage entre le Sauveur crucifié et l'autre brigand convaincu de péché (v. 41). Éclairé par Dieu, il discerne dans l'homme méprisé et couronné d'épines qui va mourir à côté de lui, une victime sainte, un roi glorieux (v. 42). Et il reçoit une promesse sans prix (v. 43). Ainsi, sur la croix même, le Seigneur goûte déjà un premier fruit du terrible travail de son âme.

Après les trois dernières heures de ténèbres impénétrables, Jésus retrouve les relations interrompues pendant l'abandon qu'Il vient de traverser. Et, en pleine sérénité, Il remet Lui-même son esprit entre les mains de son Père. La mort du Juste est l'occasion d'un dernier témoignage que Dieu fait rendre par le centurion romain (v. 47).

Luc 23:50-56; Luc 24:1-12
50Et voici, un homme nommé Joseph, qui était conseiller, homme de bien et juste51(celui-ci ne s'était pas joint à leur conseil et à leur action), qui était d'Arimathée, ville des Juifs, et qui attendait, lui aussi, le royaume de Dieu...;52celui-ci, étant venu à Pilate, lui demanda le corps de Jésus.53Et l'ayant descendu, il l'enveloppa d'un linceul, et le mit dans un sépulcre taillé dans le roc, où personne n'avait jamais été déposé.54Et c'était le jour de la Préparation et le crépuscule du sabbat.55Et des femmes qui l'avaient accompagné depuis la Galilée, ayant suivi, regardèrent le sépulcre et comment son corps y avait été déposé.56Et s'en étant retournées, elles préparèrent des aromates et des parfums; et, le sabbat, elles se tinrent en repos, selon le commandement.
1Or le premier jour de la semaine, de très-grand matin, elles vinrent au sépulcre, apportant les aromates qu'elles avaient préparés.2Et elles trouvèrent la pierre roulée de devant le sépulcre.3Et étant entrées, elles ne trouvèrent pas le corps du Seigneur Jésus.4Et il arriva, comme elles étaient en grande perplexité à ce sujet, que voici, deux hommes se trouvèrent avec elles, en vêtements éclatants de lumière.5Et comme elles étaient épouvantées et baissaient le visage contre terre, ils leur dirent: Pourquoi cherchez-vous parmi les morts celui qui est vivant?6n'est point ici, mais il est ressuscité. Souvenez-vous comment il vous parla quand il était encore en Galilée, disant:7Il faut que le fils de l'homme soit livré entre les mains des pécheurs, et qu'il soit crucifié, et qu'il ressuscite le troisième jour.8Et elles se souvinrent de ses paroles.9Et, laissant le sépulcre, elles s'en retournèrent et rapportèrent toutes ces choses aux onze et à tous les autres.10Or ce furent Marie de Magdala, et Jeanne, et Marie, la mère de Jacques, et les autres femmes avec elles, qui dirent ces choses aux apôtres.11Et leurs paroles semblèrent à leurs yeux comme des contes, et ils ne les crurent pas.12Mais Pierre, s'étant levé, courut au sépulcre; et, se baissant, il voit les linges là tout seuls; et il s'en alla chez lui, s'étonnant de ce qui était arrivé.

L'intervention de Joseph d'Arimathée, nous montre que la grâce avait atteint dans cet homme à la fois un de ces riches dont il est si souvent question dans Luc (voir Luc 18:24; Matt. 27:57) et un des principaux du peuple. Ce disciple a été spécialement préparé en vue du service qu'il remplit maintenant: celui d'ensevelir le corps du Seigneur (selon Ésaïe 53:9). L'Esprit nous présente ensuite ces femmes dévouées dont il est répété qu'elles avaient accompagné Jésus depuis la Galilée (v. 49, 55). Elles se sont tenues au Calvaire. Puis, avec plus d'affection que d'intelligence, elles ont préparé des parfums pour oindre Son corps. Enfin, nous les voyons se rendre au sépulcre au matin du premier jour de la semaine, et y faire une merveilleuse rencontre. Deux anges sont là pour leur annoncer que leurs préparatifs n’ont plus de raison d’être: Celui qu'elles cherchent n'est plus dans le tombeau; Il est ressuscité.

L'expérience chrétienne de nombreux enfants de Dieu ne va pas plus loin que la croix. La question étonnée de la fin du v. 5 pourrait leur être adressée. Chers amis, réjouissons-nous! Jésus n'est pas seulement un Sauveur mort sur la croix pour nos péchés. Il est vivant pour l'éternité (Apoc. 1:18). Et nous vivons avec Lui (Jean 14:19).

Luc 24:13-35
13Et voici, deux d'entre eux étaient ce même jour en chemin, pour aller à un village dont le nom était Emmaüs, éloigné de Jérusalem de soixante stades.14Et ils s'entretenaient ensemble de toutes ces choses qui étaient arrivées.15Et il arriva, comme ils s'entretenaient et raisonnaient ensemble, que Jésus lui-même, s'étant approché, se mit à marcher avec eux.16Mais leurs yeux étaient retenus, de manière qu'ils ne le reconnurent pas.17Et il leur dit: Quels sont ces discours que vous tenez entre vous en marchant, et vous êtes tristes?18Et l'un d'eux, dont le nom était Cléopas, répondant, lui dit: Est-ce que tu séjournes tout seul dans Jérusalem, que tu ne saches pas les choses qui y sont arrivées ces jours-ci?19Et il leur dit: Lesquelles? Et ils lui dirent: Celles touchant Jésus le Nazaréen, qui était un prophète puissant en oeuvre et en parole devant Dieu et devant tout le peuple;20et comment les principaux sacrificateurs et nos chefs l'ont livré pour être condamné à mort, et l'ont crucifié.21Or nous, nous espérions qu'il était celui qui doit délivrer Israël; mais encore, avec tout cela, c'est aujourd'hui le troisième jour depuis que ces choses sont arrivées.22Mais aussi quelques femmes d'entre nous nous ont fort étonnés; ayant été de grand matin au sépulcre,23et n'ayant pas trouvé son corps, elles sont venues, disant qu'elles avaient vu aussi une vision d'anges qui disent qu'il est vivant.24Et quelques-uns de ceux qui sont avec nous, sont allés au sépulcre, et ont trouvé les choses ainsi que les femmes aussi avaient dit; mais pour lui, ils ne l'ont point vu.25Et lui leur dit: O gens sans intelligence et lents de coeur à croire toutes les choses que les prophètes ont dites!26Ne fallait-il pas que le Christ souffrît ces choses, et qu'il entrât dans sa gloire?27Et commençant par Moïse et par tous les prophètes, il leur expliquait, dans toutes les écritures, les choses qui le regardent.28Et ils approchèrent du village où ils allaient; et lui, il fit comme s'il allait plus loin.29Et ils le forcèrent, disant: Demeure avec nous, car le soir approche et le jour a baissé. Et il entra pour rester avec eux.30Et il arriva que, comme il était à table avec eux, il prit le pain et il bénit; et l'ayant rompu, il le leur distribua.31Et leurs yeux furent ouverts, et ils le reconnurent; mais lui devint invisible et disparut de devant eux.32Et ils dirent entre eux: Notre coeur ne brûlait-il pas au dedans de nous, lorsqu'il nous parlait par le chemin, et lorsqu'il nous ouvrait les écritures?33Et se levant à l'heure même, ils s'en retournèrent à Jérusalem, et trouvèrent assemblés les onze et ceux qui étaient avec eux,34disant: Le Seigneur est réellement ressuscité, et il est apparu à Simon.35Et ils racontèrent les choses qui étaient arrivées en chemin, et comment il s'était fait connaître à eux dans la fraction du pain.

Deux disciples marchent tristement sur le chemin d'Emmaüs. Ayant perdu leur espérance terrestre d'un Messie pour Israël, ils s'en retournent maintenant à leurs champs et à leurs affaires (Marc 16:12). Mais le mystérieux étranger qui se joint à eux va complètement changer le cours de leurs pensées. Il commence par s'étonner de leur manque d'intelligence et de leur incrédulité (v. 25). Ce sont deux choses qui vont souvent ensemble. Que de fois notre ignorance vient de ce que nous ne croyons pas (Héb. 11:3)! Puis le Seigneur ouvre les écritures à ces deux compagnons de route, et leur y fait découvrir «les choses qui le regardent». Ne l'oublions jamais, la clé de l'Ancien Testament, et spécialement des prophéties, consiste à y chercher Jésus.

Remarquez comment le Seigneur se laisse retenir par ceux qui ont besoin de Lui: Il entre pour rester avec ces deux disciples. Puissions-nous faire aussi cette expérience! En particulier lorsque nous sommes découragés et que nos circonstances ont tourné autrement que ce que nous espérions, apprenons dans Sa présence à les accepter telles qu'elles sont. «La consolation des écritures» dirigera alors nos pensées vers un Sauveur vivant et fera brûler notre cœur (lire Rom. 15:4).

Luc 24:36-53
36Et comme ils disaient ces choses, il se trouva lui-même là au milieu d'eux, et leur dit: Paix vous soit!37Et eux, tout effrayés et remplis de crainte, croyaient voir un esprit.38Et il leur dit: Pourquoi êtes-vous troublés, et pourquoi monte-t-il des pensées dans vos coeurs?39Voyez mes mains et mes pieds; -que c'est moi-même: touchez-moi, et voyez; car un esprit n'a pas de la chair et des os, comme vous voyez que j'ai.40Et en disant cela, il leur montra ses mains et ses pieds.41Et comme, de joie, ils ne croyaient pas encore et s'étonnaient, il leur dit: Avez-vous ici quelque chose à manger?42Et ils lui donnèrent un morceau de poisson cuit et quelque peu d'un rayon de miel;43et l'ayant pris, il en mangea devant eux.44Et il leur dit: Ce sont ici les paroles que je vous disais quand j'étais encore avec vous, qu'il fallait que toutes les choses qui sont écrites de moi dans la loi de Moïse, et dans les prophètes, et dans les psaumes, fussent accomplies.45Alors il leur ouvrit l'intelligence pour entendre les écritures.46Et il leur dit: Il est ainsi écrit; et ainsi il fallait que le Christ souffrît, et qu'il ressuscitât d'entre les morts le troisième jour,47et que la repentance et la rémission des péchés fussent prêchées en son nom à toutes les nations, en commençant par Jérusalem.48Et vous, vous êtes témoins de ces choses;49et voici, moi j'envoie sur vous la promesse de mon Père. Mais vous, demeurez dans la ville, jusqu'à ce que vous soyez revêtus de puissance d'en haut.
50Et il les mena dehors jusqu'à Béthanie, et, levant ses mains en haut, il les bénit.51Et il arriva qu'en les bénissant, il fut séparé d'eux, et fut élevé dans le ciel.52Et eux, lui ayant rendu hommage, s'en retournèrent à Jérusalem avec une grande joie.53Et ils étaient continuellement dans le temple, louant et bénissant Dieu.

Le Seigneur aurait pu monter au ciel au moment de sa résurrection. Mais Il désirait encore rencontrer ses chers disciples (Jean 16:22); Il voulait leur donner la preuve que non seulement Il était vivant, mais qu'Il restait un homme pour toujours, le même Jésus qu'ils avaient connu, suivi et servi ici-bas. Chers enfants de Dieu, Celui que nous verrons au ciel n'est pas seulement «un esprit», ni non plus un étranger pour nos cœurs. C'est le Jésus des Évangiles, le Fils de l'homme, que Luc nous a présenté, le tendre Sauveur que nous aurons appris sur la terre à connaître et à aimer.

«Il faut», «il fallait», «ne fallait-il pas?» (v. 7, 26, 44, 46). Tout le conseil de Dieu devait s'accomplir dans les souffrances de Christ, mais aussi dans ses gloires.

Et c'est Béthanie que Jésus choisit pour y quitter les siens. En figure, Il les établit ainsi pour le temps de son absence sur un nouveau terrain, en «dehors» du système juif (v. 50): celui de la vie nouvelle et de la communion (1 Jean 12:1…).

La dernière parole du Seigneur est une promesse (v. 49), son dernier geste une bénédiction (v. 50). Il s'en est allé, mais le cœur des siens déborde désormais de joie et de louange. Objets du même amour, célébrons, nous aussi, notre Dieu, notre Père, et réjouissons-nous en un Sauveur parfait.

Jean 1:1-18
1Au commencement était la Parole; et la Parole était auprès de Dieu; et la Parole était Dieu.2Elle était au commencement auprès de Dieu.3Toutes choses furent faites par elle, et sans elle pas une seule chose ne fut faite de ce qui a été fait.4En elle était la vie, et la vie était la lumière des hommes.
5Et la lumière luit dans les ténèbres; et les ténèbres ne l'ont pas comprise.6Il y eut un homme envoyé de Dieu; son nom était Jean.7Celui-ci vint pour rendre témoignage, pour rendre témoignage de la lumière, afin que tous crussent par lui.8Lui n'était pas la lumière, mais pour rendre témoignage de la lumière:9la vraie lumière était celle, qui, venant dans le monde, éclaire tout homme.10était dans le monde, et le monde fut fait par lui; et le monde ne l'a pas connu.11Il vint chez soi; et les siens ne l'ont pas reçu.12Mais à tous ceux qui l'ont reçu, il leur a donné le droit d'être enfants de Dieu, savoir à ceux qui croient en son nom;13lesquels sont nés, non pas de sang, ni de la volonté de la chair, ni de la volonté de l'homme, mais de Dieu.14Et la Parole devint chair, et habita au milieu de nous (et nous vîmes sa gloire, une gloire comme d'un fils unique de la part du Père) pleine de grâce et de vérité;
15-Jean rend témoignage de lui, et a crié, disant: C'était celui-ci duquel je disais: Celui qui vient après moi prend place avant moi; car il était avant moi;16-car, de sa plénitude, nous tous nous avons reçu, et grâce sur grâce.17Car la loi a été donnée par Moïse; la grâce et la vérité vinrent par Jésus Christ.18Personne ne vit jamais Dieu; le Fils unique, qui est dans le sein du Père, lui, l'a fait connaître.

«Le Fils unique» faisant connaître le Père, tel est le résumé de cet évangile (v. 18; voir 1 Jean 4:9; 2:23; 1:3). Le premier verset déjà, dont chaque terme doit être pesé, nous Le présente comme la Parole, une Personne éternelle, distincte de Dieu, tout en étant Dieu. Aussi loin que peut remonter notre pensée, elle était (Ps. 90:2). Mais cette Parole créatrice, unique source de la vie et de la lumière, ne s'est pas adressée à nous du haut du ciel; non, elle est venue dans le monde (v. 9), s'assujettissant à nos limites de l'espace et du temps. Mystère insondable: la Parole devint chair (v. 14; 1 Tim. 3:16)! Et elle n'est pas venue comme un messager rapide qui s'en retourne aussitôt à Celui qui l'a envoyé. Elle a habité (dressé sa tente) au milieu de nous, sans cesser jamais pourtant d’être «dans le sein du Père» (v. 18). Tout ce qu’est Dieu dans sa nature même: amour et lumière (grâce pour le cœur et vérité pour la conscience du pécheur), s'est approché de nous et a brillé dans cette Personne adorable. Mais les ténèbres morales de l'homme n'ont pas compris la vraie lumière (v. 5). Le monde n'a pas connu son Créateur. Les siens n'ont pas reçu leur Messie (v. 11). Et vous, lecteur, l'avez-vous reçu? S'il en est ainsi, vous êtes un enfant de Dieu (v. 12; Gal. 3:26).

Jean 1:19-34
19Et c'est ici le témoignage de Jean, lorsque les Juifs envoyèrent de Jérusalem des sacrificateurs et des Lévites, pour lui demander: Toi, qui es-tu?20Et il confessa, et ne nia pas, et confessa: Moi, je ne suis pas le Christ.21Et ils lui demandèrent: Quoi donc? Es-tu Élie? Et il dit: Je ne le suis pas. Es-tu le prophète? Et il répondit: Non.22Ils lui dirent donc: Qui es-tu, afin que nous donnions réponse à ceux qui nous ont envoyés? Que dis-tu de toi-même?23Il dit: Moi, je suis la voix de celui qui crie dans le désert: Faites droit le chemin du *Seigneur, comme dit Ésaïe le prophète.24Et ils avaient été envoyés d'entre les pharisiens.25Et ils l'interrogèrent et lui dirent: Pourquoi donc baptises-tu, si tu n'es ni le Christ, ni Élie, ni le prophète?26Jean leur répondit, disant: Moi, je baptise d'eau; mais au milieu de vous il y en a un que vous ne connaissez pas,27celui qui vient après moi, duquel moi je ne suis pas digne de délier la courroie de la sandale.28Ces choses arrivèrent à Béthanie, au delà du Jourdain, où Jean baptisait.
29Le lendemain, il voit Jésus venant à lui, et il dit: Voilà l'agneau de Dieu qui ôte le péché du monde!30C'est de celui-ci que moi, je disais: Après moi vient un homme qui prend place avant moi, car il était avant moi.31Et pour moi, je ne le connaissais pas; mais afin qu'il fût manifesté à Israël, à cause de cela, je suis venu baptiser d'eau.32Et Jean rendit témoignage, disant: J'ai vu l'Esprit descendant du ciel comme une colombe, et il demeura sur lui.33Et pour moi, je ne le connaissais pas; mais celui qui m'a envoyé baptiser d'eau, celui-là me dit: Celui sur qui tu verras l'Esprit descendre, et demeurer sur lui, c'est celui-là qui baptise de l'Esprit Saint.34Et moi, j'ai vu et j'ai rendu témoignage que celui-ci est le Fils de Dieu.

Ce n'était pas le fardeau de leurs péchés qui conduisait les délégués des Juifs auprès de Jean le baptiseur, mais plutôt la curiosité et le désir de se faire une opinion; peut-être aussi une certaine inquiétude. Leur enquête est cependant l'occasion pour Jean de délivrer son message (comp. 1 Pierre 3:15 fin). Or ce n'est pas à son propre sujet qu'il a quelque chose à dire (v. 22). Lui-même n'est qu'une simple voix. Il est «envoyé de Dieu… pour rendre témoignage de la lumière» (v. 6-8). Dans un certain sens, tous les rachetés sont appelés à rendre témoignage de la lumière et tout d'abord en marchant «comme des enfants de lumière» (Éph. 5:8). En eux-mêmes ils ne sont rien, sinon des instruments par le moyen desquels Christ, la lumière morale du monde, doit être manifesté.

Dieu a indiqué d'avance à son serviteur comment reconnaître celui qu'il est chargé de désigner. «Voilà l'Agneau de Dieu», s'écrie Jean lorsque Jésus paraît. Dieu s'est pourvu d'une victime sainte pour ôter le péché du monde. Elle était attendue depuis la chute et annoncée par les prophètes ainsi que par les figures de l'ancienne alliance (Ésaïe 53; Ex. 12:3). Et quelle victime! L'Agneau de Dieu n'est autre que le Fils de Dieu (v. 34).

Jean 1:35-51
35Le lendemain encore, Jean se tint là, et deux de ses disciples;36et regardant Jésus qui marchait, il dit: Voilà l'agneau de Dieu!
37Et les deux disciples l'entendirent parler, et ils suivirent Jésus.38Et Jésus se retournant, et voyant qu'ils le suivaient, (1-39) leur dit: Que cherchez-vous? Et il lui dirent: Rabbi (ce qui, interprété, signifie maître), où demeures-tu?39(1:40) Il leur dit: Venez et voyez. Ils allèrent donc, et virent où il demeurait; et ils demeurèrent auprès de lui ce jour-là: c'était environ la dixième heure.40(1:41) André, le frère de Simon Pierre, était l'un des deux qui avaient ouï parler de lui à Jean, et qui l'avaient suivi.41(1:42) Celui-ci trouve d'abord son propre frère Simon, et lui dit: Nous avons trouvé le Messie (ce qui, interprété, est Christ).42(1:43) Et il le mena à Jésus. Jésus, l'ayant regardé, dit: Tu es Simon, le fils de Jonas; tu seras appelé Céphas (qui est interprété Pierre).
43(1:44) Le lendemain, il voulut s'en aller en Galilée. Et Jésus trouve Philippe, et lui dit: Suis-moi.44(1:45) Or Philippe était de Bethsaïda, de la ville d'André et de Pierre.45(1:46) Philippe trouve Nathanaël et lui dit: Nous avons trouvé celui duquel Moïse a écrit dans la loi et duquel les prophètes ont écrit, Jésus, le fils de Joseph, qui est de Nazareth.46(1:47) Et Nathanaël lui dit: Peut-il venir quelque chose de bon de Nazareth? Philippe lui dit: Viens et vois.47(1:48) Jésus vit Nathanaël venir vers lui, et il dit de lui: Voici un vrai Israélite, en qui il n'y a pas de fraude.48(1:49) Nathanaël lui dit: D'où me connais-tu? Jésus répondit et lui dit: Avant que Philippe t'eût appelé, quand tu étais sous le figuier, je te voyais.49(1:50) Nathanaël répondit et lui dit: Rabbi, tu es le Fils de Dieu; tu es le roi d'Israël.50(1:51) Jésus répondit et lui dit: Parce que je t'ai dit que je te voyais sous le figuier, tu crois? tu verras de plus grandes choses que celles-ci.51(1:52) Et il lui dit: En vérité, en vérité, je vous dis: Désormais vous verrez le ciel ouvert, et les anges de Dieu montant et descendant sur le fils de l'homme.

La marche de Jésus (et non plus seulement le signe d'en haut: v. 33) remplit le cœur de Jean de conviction et de joie (v. 36). Choses qui parlent toujours aux autres! Ses deux disciples l'entendent et s'attachent à Jésus. Ils Le suivent et restent dans sa compagnie, privilège que nous aussi nous pouvons connaître maintenant selon sa promesse (Matt. 28:20). André nous donne encore un autre exemple: Il mène à Jésus «son propre frère Simon». Avant de songer à quelque activité que ce soit, pensons à ceux de nos proches qui ne connaissent pas encore le Seigneur. André est un disciple effacé. Mais son service ce jour-là va avoir de grandes conséquences puisque son frère Simon deviendra l'apôtre Pierre. Philippe entend l'appel du Seigneur et à son tour parle à Nathanaël de ce Nazaréen qui n’est autre que le Messie promis. Mais aucun argument n'a le poids de cette simple invitation: «Viens et vois»!

Que de noms et de titres magnifiques exaltent dans ce chapitre les gloires éternelles actuelles ou à venir du Seigneur Jésus Christ: Parole, Vie, Lumière, Fils unique dans le sein du Père, Agneau de Dieu, Maître qui enseigne, Messie ou Christ, vrai Nazaréen, Roi d'Israël et Fils de l'homme.

Jean 2:1-12
1Et le troisième jour, il y eut une noce à Cana de Galilée, et la mère de Jésus était là.2Et Jésus fut aussi convié à la noce, ainsi que ses disciples.3Et le vin étant venu à manquer, la mère de Jésus lui dit: Ils n'ont pas de vin.4Jésus lui dit: Qu'y a-t-il entre moi et toi, femme? Mon heure n'est pas encore venue.5Sa mère dit aux serviteurs: Faites tout ce qu'il vous dira.6Or il y avait là six vaisseaux de pierre, pour tenir de l'eau, placés là selon l'usage de la purification des Juifs, pouvant recevoir chacun deux ou trois mesures.7Jésus leur dit: Emplissez d'eau les vaisseaux. Et ils les emplirent jusqu'au haut.8Et il leur dit: Puisez maintenant, et portez-en au maître d'hôtel. Et ils lui en portèrent.9Mais lorsque le maître d'hôtel eut goûté l'eau qui était devenue du vin, et qu'il ne savait point d'où celui-ci venait (mais les serviteurs qui avaient puisé l'eau le savaient), le maître d'hôtel appelle l'époux,10et lui dit: Tout homme sert le bon vin le premier, et puis le moindre, après qu'on a bien bu; toi, tu as gardé le bon vin jusqu'à maintenant.11Jésus fit ce commencement de ses miracles à Cana de Galilée, et il manifesta sa gloire; et ses disciples crurent en lui.
12Après cela, il descendit à Capernaüm, lui et sa mère et ses frères et ses disciples; et ils y demeurèrent peu de jours.

Jésus est convié à une noce. Mais remarquons que toute la scène se passe en dehors de la salle du festin et rien ne nous est dit au sujet des époux. Tout ce que nous savons d'eux c'est qu'ils avaient eu l'heureuse pensée d'inviter Jésus et ses disciples. Chers amis, pouvons-nous associer le Seigneur à chacune de nos circonstances? Serait-Il toujours libre de prendre part à nos fêtes de famille et à nos divertissements? Lui seul pourra nous procurer la vraie joie, dont le vin est l'image dans la Parole. Toutefois c'est l'eau destinée à la purification qui produit ce vin de la joie. Il en sera ainsi d'Israël au temps de son rétablissement, et il en est ainsi pour nous aussi: nous ne goûtons les joies spirituelles que dans la mesure où nous pratiquons d'abord le jugement de nous-mêmes.

La manière de l'homme est de servir «le bon vin le premier» (v. 10). Il se hâte dès sa jeunesse de profiter de tout ce que peut offrir la vie. Car avec l'âge, peu à peu, viendront les soucis, les chagrins, le déclin, la mort. Le meilleur vin a été tiré le premier. Jésus agit autrement. Il a réservé aux siens des joies éternelles sans comparaison possible avec les vains bonheurs d'ici-bas. N'en désirons pas d'autres!

Jean 2:13-25
13Et la Pâque des Juifs était proche, et Jésus monta à Jérusalem.14Et il trouva dans le temple les vendeurs de boeufs et de brebis et de colombes, et les changeurs qui y étaient assis.15Et ayant fait un fouet de cordes, il les chassa tous hors du temple, et les brebis et les boeufs; et il répandit la monnaie des changeurs et renversa les tables.16Et il dit à ceux qui vendaient les colombes: Otez ces choses d'ici; ne faites pas de la maison de mon Père une maison de trafic.17Et ses disciples se souvinrent qu'il est écrit: "Le zèle de ta maison me dévore".18Les Juifs donc répondirent et lui dirent: Quel miracle nous montres-tu, que tu fasses ces choses?19Jésus répondit et leur dit: Détruisez ce temple, et en trois jours je le relèverai.20Juifs donc dirent: On a été quarante-six ans à bâtir ce temple, et toi, tu le relèveras en trois jours!21Mais lui parlait du temple de son corps.22Lors donc qu'il fut ressuscité d'entre les morts, ses disciples se souvinrent qu'il avait dit cela; et ils crurent à l'écriture, et à la parole que Jésus avait dite.
23Et comme il était à Jérusalem, à la Pâque, pendant la fête, plusieurs crurent en son nom, contemplant les miracles qu'il faisait.24Mais Jésus lui-même ne se fiait pas à eux, parce qu'il connaissait tous les hommes,25et qu'il n'avait pas besoin que quelqu'un rendit témoignage de l'homme; car lui-même connaissait ce qui était dans l'homme.

De Capernaüm, Jésus monte à Jérusalem. La Pâque «des Juifs» est proche. Cette fête n'a plus le caractère d'un «jour solennel de l'Éternel» ni d'une «sainte convocation» (Lév. 23:2; comp. Jean 7:2). Car un trafic honteux remplit le Temple à cette occasion. Des commerçants y vendent les divers animaux nécessaires aux sacrifices. Indigné, le Seigneur purifie la maison de son Père (v. 16).

Amis chrétiens, notre corps est le temple du Saint-Esprit. Si nous nous sommes laissés envahir et dominer par des habitudes ou des pensées impures, laissons le Seigneur y mettre de l'ordre et nous sanctifier. Il est jaloux de nos affections pour son Père.

Les gens dont il est question aux v. 23-25 croyaient en Jésus par l'intelligence sans que leur cœur soit véritablement touché. Ils reconnaissent sa puissance pour faire des miracles, mais ce n'était pas la foi et Jésus ne se fiait pas à eux. Car «la foi vient de ce qu'on entend… par la parole de Dieu» (comp. v. 22 et Rom. 10:17). La parfaite connaissance qu'a Jésus du cœur humain est une preuve de sa divinité (v. 25; lire Jér. 17:9, 10). Mais son amour ne s'en est pas pour autant refroidi, car ses motifs pour aimer, c'est en Lui-même et non dans les hommes qu'Il les puisait.

Jean 3:1-21
1Mais il y avait un homme d'entre les pharisiens, dont le nom était Nicodème, qui était un chef des Juifs.2Celui-ci vint à lui de nuit, et lui dit: Rabbi, nous savons que tu es un docteur venu de Dieu; car personne ne peut faire ces miracles que toit tu fais, si Dieu n'est avec lui.3Jésus répondit et lui dit: En vérité, en vérité, je te dis: Si quelqu'un n'est né de nouveau, il ne peut voir le royaume de Dieu.4Nicodème lui dit: Comment un homme peut-il naître quand il est vieux? Peut-il entrer une seconde fois dans le sein de sa mère et naître?5Jésus répondit: En vérité, en vérité, je te dis: Si quelqu'un n'est né d'eau et de l'Esprit, il ne peut entrer dans le royaume de Dieu.6Ce qui est né de la chair est chair; et ce qui est né de l'Esprit est esprit.7Ne t'étonne pas de ce que je t'ai dit: Il vous faut être nés de nouveau.8Le vent souffle où il veut, et tu en entends le son; mais tu ne sais pas d'où il vient, ni où il va: il en est ainsi de tout homme qui est né de l'Esprit.9Nicodème répondit et lui dit: Comment ces choses peuvent-elles se faire?10Jésus répondit et lui dit: Tu es le docteur d'Israël, et tu ne connais pas ces choses?11En vérité, en vérité, je te dis: Nous disons ce que nous connaissons, et nous rendons témoignage de ce que nous avons vu, et vous ne recevez pas notre témoignage.12Si je vous ai parlé des choses terrestres, et que vous ne croyiez pas, comment croirez-vous, si je vous parle des choses célestes?13Et personne n'est monté au ciel, sinon celui qui est descendu du ciel, le fils de l'homme qui est dans le ciel.14Et comme Moïse éleva le serpent dans le désert, ainsi il faut que le fils de l'homme soit élevé,15afin que quiconque croit en lui ne périsse pas, mais qu'il ait la vie éternelle.16Dieu a tant aimé le monde, qu'il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse pas, mais qu'il ait la vie éternelle.17Car Dieu n'a pas envoyé son Fils dans le monde afin qu'il jugeât le monde, mais afin que le monde fût sauvé par lui.18Celui qui croit en lui n'est pas jugé, mais celui qui ne croit pas est déjà jugé, parce qu'il n'a pas cru au nom du Fils unique de Dieu.19Or c'est ici le jugement, que la lumière est venue dans le monde, et que les hommes ont mieux aimé les ténèbres que la lumière, car leurs oeuvres étaient mauvaises;20car quiconque fait des choses mauvaises hait la lumière, et ne vient pas à la lumière, de peur que ses oeuvres ne soient reprises;21mais celui qui pratique la vérité vient à la lumière, afin que ses oeuvres soient manifestées, qu'elles sont faites en Dieu.

Craintif, mais poussé par les besoins de son âme, Nicodème va rencontrer Celui qui est la vie et la lumière (Jean 1:4, 5). Ce chef des Juifs, cet éminent docteur d'Israël, apprend auprès du Docteur venu de Dieu une vérité aussi étrange qu'humiliante pour lui: Ni ses qualités, ni ses connaissances, ni aucune de ses capacités humaines ne lui donnent droit au royaume de Dieu. Car de même qu'on entre dans le monde des hommes par la naissance naturelle, une autre naissance est nécessaire pour entrer dans ce domaine spirituel, celui de la famille de Dieu.

Nous trouvons deux «il faut» dans la réponse du Seigneur. L'un s'applique à l'homme: «Il vous faut être né de nouveau». L'autre, qui en est la contrepartie terrible, concerne notre Sauveur adorable lui-même: «Il faut que le Fils de l'homme soit élevé…». L'élévation de Jésus Christ présenté sur la croix aux regards de ma foi, me sauve de l'éternelle perdition (v. 14, 15; comp. Nomb. 21:8, 9). En le contemplant, j'apprends à connaître l'amour de Dieu pour le monde (donc pour moi personnellement) et la preuve suprême qu'Il en a donnée. Le monde ne sera pas jugé sans avoir d'abord été aimé. Tout l'Évangile est contenu dans ce merveilleux v. 16, moyen de salut pour d'innombrables pécheurs, et qui ne devrait jamais cesser de confondre nos âmes.

Jean 3:22-36
22Après ces choses, Jésus vint dans le pays de Judée, et ses disciples avec lui; et il séjourna là avec eux, et baptisait.23Et Jean aussi baptisait en Énon, près de Salim, parce qu'il y avait là beaucoup d'eau; et on venait, et on était baptisé.24Car Jean n'avait pas encore été jeté en prison.25Il y eut donc une discussion entre quelques-uns des disciples de Jean et un Juif, touchant la purification.26Et ils vinrent à Jean, et lui dirent: Rabbi, celui qui était avec toi au delà du Jourdain, à qui tu as toi-même rendu témoignage, voilà, il baptise, et tous viennent à lui.27Jean répondit et dit: Un homme ne peut rien recevoir, à moins qu'il ne lui soit donné du ciel.28Vous-mêmes, vous me rendez témoignage que j'ai dit: Ce n'est pas moi qui suis le Christ, mais je suis envoyé devant lui.29Celui qui a l'épouse est l'époux; mais l'ami de l'époux, qui assiste et l'entend, est tout réjoui à cause de la voix de l'époux; cette joie donc, qui est la mienne, est accomplie.30Il faut que lui croisse, et que moi je diminue.31Celui qui vient d'en haut est au-dessus de tous. Celui qui est de la terre est la terre, et parle comme étant de la terre. Celui qui vient du ciel est au-dessus de tous;32et de ce qu'il a vu et entendu, de cela il rend témoignage; et personne ne reçoit son témoignage.33Celui qui a reçu son témoignage, a scellé que Dieu est vrai;34car celui que Dieu a envoyé parle les paroles de Dieu, car Dieu ne donne pas l'Esprit par mesure.35Le Père aime le Fils, et a mis toutes choses entre ses mains.36Qui croit au Fils a la vie éternelle; mais qui désobéit au Fils ne verra pas la vie, mais la colère de Dieu demeure sur lui.

Les disciples de Jean éprouvent un peu de jalousie en voyant leur maître perdre son importance au profit d'un autre (v. 26; Jean 4:1). À l'exception de deux d'entre eux (dont André) qui avaient quitté Jean pour suivre Jésus (Jean 1:37), ces hommes n'avaient pas compris quelle était précisément la mission du précurseur. Il était l'ami de l'Époux. Et ce qui provoquait le mécontentement de ses disciples rendait au contraire sa joie accomplie (v. 29); il était heureux de s'effacer devant le Seigneur. Sa belle réponse devrait être gravée comme une devise dans chacun de nos cœurs: «Il faut que lui croisse et que moi je diminue» (v. 30). Cette parole est l'occasion pour Jean d'exalter le Seigneur Jésus: Il est au-dessus de tous, non par l'autorité que les foules lui reconnaissent, mais parce qu'Il vient du ciel (v. 31). Et il n'en vient pas comme un ange, mais comme l'objet de toutes les affections du Père, son héritier (Héb. 1:2). Une telle visite met l'humanité entièrement à l'épreuve et la partage en deux groupes: ceux qui croient au Fils: ils ont dès maintenant la vie éternelle. Quant à ceux qui ne croient pas, terrible pensée, la colère de Dieu demeure sur eux! De quel côté vous trouvez-vous (Jean 20:31)?

Jean 4:1-18
1Quand donc le Seigneur connut que les pharisiens avaient entendu dire: Jésus fait et baptise plus de disciples que Jean2(toutefois Jésus lui-même ne baptisait pas, mais ses disciples),3il quitta la Judée, et s'en alla encore en Galilée.
4Et il fallait qu'il traversât la Samarie.5Il vient donc à une ville de la Samarie, nommée Sichar, près de la terre que Jacob donna à Joseph son fils.6Et il y avait là une fontaine de Jacob. Jésus donc, étant lassé du chemin, se tenait là assis sur la fontaine; c'était environ la sixième heure.7Une femme de la Samarie vient pour puiser de l'eau. Jésus lui dit:8Donne-moi à boire (car ses disciples s'en étaient allés à la ville pour acheter des vivres).9La femme samaritaine lui dit donc: Comment toi qui es Juif, me demandes-tu à boire à moi qui suis une femme samaritaine? (Car les Juifs n'ont point de relations avec les Samaritains.)10Jésus répondit et lui dit: Si tu connaissais le don de Dieu, et qui est celui qui te dit: Donne-moi à boire, toi, tu lui eusses demandé, et il t'eût donné de l'eau vive.11La femme lui dit: Seigneur, tu n'as rien pour puiser, et le puits est profond; d'où as-tu donc cette eau vive?12Es-tu plus grand que notre père Jacob qui nous a donné le puits; et lui-même en a bu, et ses fils, et son bétail?13Jésus répondit et lui dit: Quiconque boit de cette eau-ci aura de nouveau soif;14mais celui qui boira de l'eau que je lui donnerai, moi, n'aura plus soif à jamais; mais l'eau que je lui donnerai, sera en lui une fontaine d'eau jaillissant en vie éternelle.15La femme lui dit: Seigneur, donne-moi cette eau, afin que je n'aie pas soif et que je ne vienne pas ici pour puiser.16Jésus lui dit: Va, appelle ton mari, et viens ici.17La femme répondit et dit: Je n'ai pas de mari. Jésus lui dit: Tu as bien dit: Je n'ai pas de mari;18car tu as eu cinq maris, et celui que tu as maintenant n'est pas ton mari; en cela tu as dit vrai.

Ce n'est pas seulement pour des gens estimés, comme Nicodème, que Dieu a donné son Fils unique. Ce merveilleux «don de Dieu» (v. 10) a été fait gratuitement aux pécheurs les plus misérables. Quel tableau nous avons ici! Dans son abaissement inconcevable, le Fils de Dieu est assis sur le bord de ce puits, vraiment homme, éprouvant la fatigue et la soif. Et pourtant Il ne pense qu'au salut de sa créature. Une femme s'approche, et voyez comment Jésus s'y prend pour gagner sa confiance. Il lui demande un service, et se met à sa portée en lui parlant de ce qu'elle connaît. Avide de trouver le bonheur, cette femme a bu à bien des eaux décevantes dans ce monde. Elle a cherché ce bonheur auprès de cinq maris. Toujours elle a eu «de nouveau soif». Mais le Sauveur connaît pour elle une «eau vive» dont Il est Lui-même la source (v. 10, 13, 14; comp. Jér. 2:13, 18 et Jér. 17:13). Sans en comprendre la nature, la Samaritaine s'attend à Lui pour recevoir ce don extraordinaire. Toutefois il est nécessaire que le Seigneur mette d'abord le doigt sur ce qui n'est pas en règle dans la vie de cette femme (v. 16-18). Car on ne peut être heureux tant que la lumière de Dieu n'a pas pénétré dans la conscience. La grâce en Jésus est inséparable de la vérité (Jean 1:17).

Jean 4:19-38
19La femme lui dit: Seigneur, je vois que tu es un prophète.20Nos pères ont adoré sur cette montagne-ci, et vous, vous dites qu'à Jérusalem est le lieu où il faut adorer.21Jésus lui dit: Femme, crois-moi: l'heure vient que vous n'adorerez le Père, ni sur cette montagne, ni à Jérusalem.22Vous, vous adorez, vous ne savez quoi; nous, nous savons ce que nous adorons; car le salut vient des Juifs.23Mais l'heure vient, et elle est maintenant, que les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité; car aussi le Père en cherche de tels qui l'adorent.24Dieu est esprit, et il faut que ceux qui l'adorent, l'adorent en esprit et en vérité.25La femme lui dit: Je sais que le Messie qui est appelé le Christ, vient; quand celui-là sera venu, il nous fera connaître toutes choses.26Jésus lui dit: Je le suis, moi qui te parle.
27Et là-dessus ses disciples vinrent; et ils s'étonnaient de ce qu'il parlait avec une femme; toutefois nul ne dit: Que lui demandes-tu? ou, de quoi parles-tu avec elle?28La femme donc laissa sa cruche et s'en alla à la ville, et dit aux hommes:29voyez un homme qui m'a dit tout ce que j'ai fait; celui-ci n'est-il point le Christ?30Ils sortirent de la ville, et ils venaient vers lui.31Mais pendant ce temps, les disciples le priaient, disant: Rabbi, mange.32Mais il leur dit: Moi, j'ai de la viande à manger que vous, vous ne connaissez pas.33Les disciples donc dirent entre eux: Quelqu'un lui aurait-il apporté à manger?34Jésus leur dit: Ma viande est de faire la volonté de celui qui m'a envoyé, et d'accomplir son oeuvre.35Ne dites-vous pas, vous: Il y a encore quatre mois, et la moisson vient? Voici, je vous dis: Levez vos yeux et regardez les campagnes; car elles sont déjà blanches pour la moisson.36Celui qui moissonne reçoit un salaire et assemble du fruit en vie éternelle; afin que, et celui qui sème et celui qui moissonne, se réjouissent ensemble.37Car en ceci est vérifiée la vraie parole: L'un sème, et un autre moissonne.38Moi je vous ai envoyés moissonner ce à quoi vous n'avez pas travaillé; d'autres ont travaillé, et vous, vous êtes entrés dans leur travail.

Le tout premier enseignement du Seigneur à cette pauvre Samaritaine concerne non pas sa conduite, mais l'adoration, excellente fonction qui est celle de tous les croyants. Où, quand et comment la louange doit-elle être présentée? La religion de formes et de cérémonies étant mise de côté, l'heure était venue — et elle est maintenant — d'un culte en esprit et en vérité. À qui et par qui doit-il être rendu? Non plus à l'Éternel, le Dieu d'Israël, mais au Père, selon la relation toute nouvelle qui est celle des enfants de Dieu. C'est à eux qu'il appartient dorénavant de présenter la louange. Ils sont appelés de vrais adorateurs. Vous qui avez été cherchés dans ce but, allez-vous priver le Seigneur du fruit de son travail?

Toute à ce qu'elle vient d'entendre, la femme abandonne sa cruche et se hâte d'aller faire connaître dans la ville Celui qu'elle a rencontré. Quant aux disciples, ils montrent leur incapacité d'entrer dans les pensées de leur Maître. Ses forces et ses joies, Jésus les puisait dans la communion de son Père (v. 34), et dans les perspectives qui étaient devant Lui. Déjà Il discernait la moisson future: la multitude de ceux qu'Il allait racheter (v. 35; comp. Ps. 126:6).

Jean 4:39-54
39Or plusieurs des Samaritains de cette ville-là crurent en lui, à cause de la parole de la femme qui avait rendu témoignage: Il m'a dit tout ce que j'ai fait.40Quand donc les Samaritains furent venus vers lui, ils le priaient de demeurer avec eux; et il demeura là deux jours.41Et beaucoup plus de gens crurent à cause de sa parole;42et ils disaient à la femme: Ce n'est plus à cause de ton dire que nous croyons; car nous-mêmes nous l' avons entendu, et nous connaissons que celui-ci est véritablement le Sauveur du monde.
43Or, après les deux jours, il partit de là, et s'en alla en Galilée;44car Jésus lui-même rendait témoignage qu'un prophète n'est pas honoré dans son propre pays.45Quand donc il fut venu en Galilée, les Galiléens le reçurent, ayant vu toutes les choses qu'il avait faites à Jérusalem pendant la fête; car eux aussi allaient à la fête.46Il vint donc encore à Cana de Galilée, où il avait, de l'eau, fait du vin. Et il y avait à Capernaüm un seigneur de la cour, duquel le fils était malade;47celui-ci, ayant ouï dire que Jésus était venu de la Judée en Galilée, s'en alla vers lui, et le pria de descendre et de guérir son fils; car il allait mourir.48Jésus donc lui dit: Si vous ne voyez des signes et des prodiges, vous ne croirez point.49Le seigneur de la cour lui dit: Seigneur, descends avant que mon enfant meure.50Jésus lui dit: Va, ton fils vit. Et l'homme crut la parole que Jésus lui avait dite, et s'en alla.51Et, déjà comme il descendait, ses esclaves vinrent au-devant de lui, et lui rapportèrent que son fils vivait.52Alors il s'enquit d'eux à quelle heure il s'était trouvé mieux; et ils lui dirent: Hier, à la septième heure, la fièvre l'a quitté.53Le père donc connut que c'était à cette heure-là à laquelle Jésus lui avait dit: Ton fils vit. Et il crut, lui et toute sa maison.54Jésus fit encore ce second miracle, quand il fut venu de Judée en Galilée.

Jésus passe deux jours au milieu de ces Samaritains méprisés comme Il l'était Lui-même (comp. ch. 8:48). Et ces gens croient en Lui, non plus seulement sur le témoignage de la femme, mais par suite du contact personnel qu'ils ont eu avec «le Sauveur du monde» (v. 42; 1 Jean 4:14). Ne nous contentons jamais de l'expérience des autres pour connaître le Seigneur Jésus. Il faut l’avoir rencontré personnellement, et que le Sauveur du monde soit aussi notre Sauveur.

Jésus se rend ensuite en Galilée. Il y rencontre un seigneur de la cour, inquiet pour son fils gravement malade, et insistant pour que le Maître vienne et le guérisse. Cet homme est loin d'avoir la grande foi du centurion romain de la même ville de Capernaüm, lequel ne s'estimait pas digne de la visite du Seigneur et se contentait d'une seule parole pour la guérison de son serviteur (Luc 7:7). Jésus commence par répondre à ce père angoissé que la foi consiste à croire sur Sa simple parole et sans avoir besoin de voir quoi que ce soit (v. 48; comp. Jean 2:23). C'est donc pour mettre cet homme à l'épreuve que le Seigneur ne descend pas avec lui. Et la puissance de la mort est arrêtée par la puissance de la vie venue d'en haut (1 Jean 5:12).

Jean 5:1-14
1Après ces choses, il y avait une fête des Juifs, et Jésus monta à Jérusalem.2Or il y a à Jérusalem, près de la porte des brebis, un réservoir d'eau, appelé en hébreu Béthesda, ayant cinq portiques,3dans lesquels étaient couchés une multitude d'infirmes, d'aveugles, de boiteux et de gens qui avaient les membres secs, attendant le mouvement de l'eau.4Car à de certaines saisons un ange descendait dans le réservoir et agitait l'eau; le premier donc qui entrait après que l'eau avait été agitée, était guéri, de quelque maladie qu'il fût pris.5Or il y avait là un homme infirme depuis trente-huit ans.6Jésus, le voyant couché là, et sachant qu'il était dans cet état déjà depuis longtemps, lui dit: Veux-tu être guéri?7Le malade lui répondit: Seigneur, je n'ai personne qui, lorsque l'eau a été agitée, me jette dans le réservoir; et, pendant que moi je viens, un autre descend avant moi.8Jésus lui dit: Lève-toi, prends ton petit lit, et marche.9Et aussitôt l'homme fut guéri, et il prit son petit lit, et marcha. Or c'était sabbat ce jour-là.10Les Juifs donc dirent à celui qui avait été guéri: C'est un jour de sabbat; il ne t'est pas permis de prendre ton petit lit.11Il leur répondit: Celui qui m'a guéri, celui-là m'a dit: Prends ton petit lit, et marche.12Ils lui demandèrent donc: Qui est l'homme qui t'a dit: Prends ton petit lit, et marche?13Mais celui qui avait été guéri ne savait pas qui c'était; car Jésus s'était retiré de là, une foule se trouvant dans ce lieu.14Après ces choses, Jésus le trouva dans le temple, et lui dit: Voici, tu es guéri; ne pèche plus, de peur que pis ne t'arrive.

Ce réservoir de Béthesda (maison de miséricorde) représentait une image de l'ancienne alliance. Il fallait de la force à ces infirmes pour se jeter dans l'eau bienfaisante et, pour avoir cette force, il aurait fallu… être déjà guéri! La loi pareillement ne peut faire vivre que celui qui l'accomplit et personne n'en est capable. À moins d'avoir justement d'abord reçu la vie divine. On peut se demander pourquoi, parmi cette multitude d'infirmes, d'aveugles, de boiteux, Jésus paraît ne s'être occupé que de ce paralytique. Parce que, pour être au bénéfice de sa grâce, deux conditions sont nécessaires: il faut en éprouver et le désir et le besoin. Sentiments que font ressortir la question du Seigneur: «Veux-tu être guéri?» et la réponse de ce malheureux: «Je n'ai personne…». Toujours devancé dans le réservoir, toute sa vie misérable n'avait été que déception sur déception. Sans doute avait-il jadis compté sur les siens ou sur des amis secourables, mais ceux-ci s'étaient depuis longtemps découragés. Et il ne lui avait pas fallu moins de trente-huit ans pour perdre ses dernières illusions. À présent, il n'a plus personne: il peut avoir Jésus. Ami encore inconverti, n'attendez pas plus longtemps pour comprendre que Jésus seul peut vous sauver. Mais est-ce que vous désirez vraiment l'être?

Jean 5:15-30
15L'homme s'en alla et annonça aux Juifs que c'était Jésus qui l'avait guéri.16à cause de cela les Juifs persécutaient Jésus et cherchaient à le faire mourir, parce qu'il avait fait ces choses en un jour de sabbat.
17Mais Jésus leur répondit: Mon Père travaille jusqu'à maintenant, et moi je travaille.18A cause de cela donc les Juifs cherchaient d'autant plus à le faire mourir, parce que non-seulement il violait le sabbat, mais aussi parce qu'il disait que Dieu était son propre Père, se faisant égal à Dieu.19Jésus donc répondit et leur dit: En vérité, en vérité, je vous dis: Le Fils ne peut rien faire de lui-même, à moins qu'il ne voie faire une chose au Père, car quelque chose que celui-ci fasse, cela, le Fils aussi de même le fait.20Car le Père aime le Fils, et lui montre toutes les choses qu'il fait lui-même, et il lui montrera des oeuvres plus grandes que celles-ci, afin que vous soyez dans l'admiration.21Car comme le Père réveille les morts et les vivifie, de même aussi le Fils vivifie ceux qu'il veut;22car aussi le Père ne juge personne, mais il a donné tout le jugement au Fils;23afin que tous honorent le Fils comme ils honorent le Père. Celui qui n'honore pas le Fils, n'honore pas le Père qui l'a envoyé.24En vérité, en vérité, je vous dis que celui qui entend ma parole, et qui croit celui qui m'a envoyé, a la vie éternelle et ne vient pas en jugement; mais il est passé de la mort à la vie.25En vérité, en vérité, je vous dis que l'heure vient, et elle est maintenant, que les morts entendront la voix du Fils de Dieu, et ceux qui l'auront entendue vivront.26Car comme le Père a la vie en lui-même, ainsi il a donné au Fils aussi d'avoir la vie en lui-même;27et il lui a donné autorité de juger aussi, parce qu'il est fils de l'homme.28Ne vous étonnez pas de cela; car l'heure vient en laquelle tous ceux qui sont dans les sépulcres entendront sa voix;29et ils sortiront, ceux qui auront pratiqué le bien, en résurrection de vie; et ceux qui auront fait le mal, en résurrection de jugement.30Je ne puis rien faire, moi, de moi-même; je juge selon ce que j'entends, et mon jugement est juste; car je ne cherche pas ma volonté, mais la volonté de celui qui m'a envoyé.

La haine des Juifs est l'occasion pour Jésus de révéler encore quelques-unes de ses gloires:
1º) Son travail d'amour pour ôter le péché du monde (v. 17; Jean 1:29). En présence de la ruine de sa création, le Fils pas plus que le Père ne pouvait se reposer.
2º) L'affection infinie du Père pour ce Fils avec lequel Il partage toutes ses pensées (v. 20; Jean 3:35).
3º) La puissance de vie qui est en Lui (v. 21, 26) par laquelle Il donne maintenant la vie éternelle à ceux qui croient en Lui (v. 24). Il exercera cette puissance dans une heure encore à venir pour la résurrection des morts (v. 28, 29).
4º) Le jugement qui Lui a été donné en sa qualité de Fils de l'homme (v. 22, 27).
5º) Enfin, aux v. 19 et 30, son obéissance! Quelle valeur elle prend quand elle est réalisée précisément par Celui qui a droit Lui-même à l'obéissance de toute créature (v. 23)!
Si le Seigneur parle de ses propres gloires c'est parce qu'elles sont étroitement liées à celles de son Père. Ne pas honorer le Fils, c'est offenser Celui qui l'a envoyé (v. 23; voir 1 Jean 2:23).

En présence de toutes les perfections de notre Sauveur, nous ne pouvons qu’être nous aussi dans l'admiration (v. 20 fin) et dans l'adoration.

Jean 5:31-47
31Si moi je rends témoignage de moi-même, mon témoignage n'est pas vrai.32C'est un autre qui rend témoignage de moi; et je sais que le témoignage qu'il rend de moi est vrai.33Vous, vous avez envoyé auprès de Jean, et il a rendu témoignage à la vérité;34mais moi, je ne reçois pas témoignage de l'homme, mais je dis ces choses afin que vous, vous soyez sauvés.35Celui-là était la lampe ardente et brillante; et vous, vous avez voulu vous réjouir pour un temps à sa lumière;36mais moi, j'ai un témoignage plus grand que celui de Jean; car les oeuvres que le Père m'a données pour les accomplir, ces oeuvres mêmes que je fais rendent témoignage de moi, que le Père m'a envoyé.37Et le Père qui m'a envoyé, lui, a rendu témoignage de moi. Jamais vous n'avez entendu sa voix, ni vu sa figure;38et vous n'avez pas sa parole demeurant en vous; car celui-là que lui a envoyé, vous, vous ne le croyez pas.39Sondez les écritures, car vous, vous estimez avoir en elles la vie éternelle, et ce sont elles qui rendent témoignage de moi:40-et vous ne voulez pas venir à moi pour avoir la vie.41Je ne reçois pas de gloire des hommes;42mais je vous connais, et je sais que vous n'avez pas l'amour de Dieu en vous.43Moi, je suis venu au nom de mon Père, et vous ne me recevez pas; si un autre vient en son propre nom, celui-là vous le recevrez.44Comment pouvez-vous croire, vous qui recevez de la gloire l'un de l'autre et qui ne cherchez pas la gloire qui vient de Dieu seul?45Ne pensez pas que moi, je vous accuserai devant le Père; il y en a un qui vous accuse, Moïse en qui vous espérez.46Car si vous croyiez Moïse, vous me croiriez aussi;47car lui a écrit de moi. Mais si vous ne croyez pas ses écrits, comment croirez-vous mes paroles?

Jésus répond à l'incrédulité des Juifs en invoquant quatre témoignages en sa faveur: celui de Jean (v. 32-35), celui de ses propres œuvres (v. 36), celui du Père qui au Jourdain avait désigné son Fils bien-aimé (v. 37); enfin celui des Écritures (v. 39). Il est souvent question du Messie dans les livres de Moïse (v. 46; voir par ex. Gen. 49:10, 25; Nomb. 24:17). Tout en prétendant vénérer ce dernier, les Juifs ne croyaient pas ses paroles puisqu'ils rejetaient Celui qu'il annonçait (v. 46; Deut. 18:15). Ils seront prêts par contre à recevoir l'Antichrist (v. 43).

«Sondez les Écritures», recommande le Seigneur Jésus. C'est par elles que nous pourrons avancer dans la connaissance de sa Personne infinie.

Recevoir de la gloire des hommes et chercher leur approbation est une forme d'incrédulité (v. 44). Car Dieu déclare que nous ne sommes rien (Gal. 6:3) et qu'il n'y a rien dont nous puissions nous glorifier (2 Cor. 10:17). Mais, plutôt que d’accepter ce fait, nous nous complaisons quelquefois dans le bien que d'autres peuvent penser de nous! Jésus ne recherchait aucune gloire de la part des hommes (v. 41; comp. Paul en 1 Thess. 2:6). Et nous pourrons l'imiter si nous avons en nous l'amour de Dieu et le désir de Lui plaire (comp. v. 42).

Jean 6:1-21
1Après ces choses Jésus s'en alla de l'autre côté de la mer de Galilée, qui est la mer de Tibérias.2Et une grande foule le suivit, parce qu'ils voyaient les miracles qu'il faisait sur ceux qui étaient malades.3Et Jésus monta sur la montagne, et s'assit là avec ses disciples.4Or la Pâque, la fête des Juifs, était proche.5Jésus donc, ayant levé les yeux, et voyant qu'une grande foule venait à lui, dit à Philippe: D'où achèterons-nous des pains, afin que ceux-ci mangent?6Mais il disait cela pour l'éprouver, car lui savait ce qu'il allait faire.7Philippe lui répondit: Pour deux cents deniers de pain ne leur suffirait pas, pour que chacun en reçût quelque peu.8L'un de ses disciples, André, le frère de Simon Pierre, lui dit:9Il y a ici un petit garçon qui a cinq pains d'orge et deux poissons; mais qu'est-ce que cela pour tant de monde?10Et Jésus dit: Faites asseoir les gens (or il y avait beaucoup d'herbe en ce lieu-là). Les hommes donc s'assirent, au nombre d'environ cinq mille.11Et Jésus prit les pains; et ayant rendu grâces, il les distribua à ceux qui étaient assis; de même aussi des poissons, autant qu'ils en voulaient.12après qu'ils furent rassasiés, il dit à ses disciples: Amassez les morceaux qui sont de reste, afin que rien ne soit perdu.13Ils les amassèrent donc et remplirent douze paniers des morceaux qui étaient de reste des cinq pains d'orge, lorsqu'ils eurent mangé.14Les hommes donc, ayant vu le miracle que Jésus avait fait, disaient: Celui-ci est véritablement le prophète qui vient dans le monde.
15Jésus donc, sachant qu'ils allaient venir et l'enlever, afin de le faire roi, se retira encore sur la montagne, lui tout seul.16Et quand le soir fut venu, ses disciples descendirent à la mer.17Et étant montés sur une nacelle, ils allèrent de l'autre côté de la mer, à Capernaüm. Et il faisait déjà nuit, et Jésus n'était pas venu à eux.18Et la mer s'élevait par un grand vent qui soufflait.19Ayant donc ramé environ vingt-cinq ou trente stades, ils voient Jésus marchant sur la mer et s'approchant de la nacelle; et ils furent saisis de peur.20Mais il leur dit: C'est moi, n'ayez point de peur.21Ils étaient donc tout disposés à le recevoir dans la nacelle; et aussitôt la nacelle prit terre au lieu où ils allaient.

Les foules ont suivi le Seigneur Jésus. Mais elles sont attirées davantage par sa puissance que par sa grâce et toutes ses perfections morales. Or, l'une ne va pas sans les autres; une fois de plus Jésus va les manifester ensemble dans cette scène de la multiplication des pains. Le petit garçon mentionné au v. 9 nous rappelle qu'à tout âge nous pouvons faire quelque chose pour le Seigneur et pour le bien des autres. Il paraît être le seul à avoir pensé à sa propre nourriture. En acceptant de mettre ce peu qu'il a à la disposition du Seigneur, il devient le moyen de pourvoir aux besoins de cinq mille hommes. Lorsque le Seigneur veut se servir de nous, ne prétextons jamais notre jeunesse ni l'insuffisance de nos ressources; Il saura, Lui, comment les utiliser (Jér. 1:6, 7).

Après ce miracle, on veut enlever Jésus «afin de le faire roi». Mais Il ne peut recevoir le royaume de la main des hommes (ch. 5:41), pas plus que de celle de Satan (Matt. 4:8-10). C'est Dieu qui le fait roi (Ps. 2:6).

Enfin, dans une autre scène toute illuminée elle aussi de sa puissance et de sa grâce, nous le voyons venir à la rencontre de ses disciples sur la mer agitée et dissiper leur inquiétude.

Jean 6:22-36
22Le lendemain, la foule qui était de l'autre côté de la mer, voyant qu'il n'y avait point là d'autre petite nacelle que celle là sur laquelle ses disciples étaient montés, et que Jésus n'était pas entré avec ses disciples dans la nacelle, mais que ses disciples s'en étaient allés seuls23(mais d'autres petites nacelles étaient venues de Tibérias, près du lieu où ils avaient mangé le pain, après que le Seigneur eut rendu grâces);24-lors donc que la foule vit que Jésus n'était point là, ni ses disciples, ils montèrent eux-mêmes sur les nacelles, et vinrent à Capernaüm, cherchant Jésus.25Et l'ayant trouvé de l'autre côté de la mer, ils lui dirent: Rabbi, quand es-tu venu ici?26Jésus leur répondit et dit: En vérité, en vérité, je vous dis: Vous me cherchez, non parce que vous avez vu des miracles, mais parce que vous avez mangé des pains et que vous avez été rassasiés.27Travaillez, non point pour la viande qui périt, mais pour la viande qui demeure jusque dans la vie éternelle, laquelle le fils de l'homme vous donnera; car c'est lui que le Père, Dieu, a scellé.
28Ils lui dirent donc: Que ferons-nous pour faire les oeuvres de Dieu?29Jésus répondit et leur dit: C'est ici l'oeuvre de Dieu, que vous croyiez en celui qu'il a envoyé.30Ils lui dirent donc: Quel miracle fais-tu donc, toi, afin que nous le voyions, et que nous te croyions. Quelle oeuvre fais-tu?31Nos pères ont mangé la manne au désert, ainsi qu'il est écrit: "Il leur a donné à manger du pain venant du ciel".32Jésus donc leur dit: En vérité, en vérité, je vous dis: Moïse ne vous a pas donné le pain qui vient du ciel, mais mon Père vous donne le véritable pain qui vient du ciel.33Car le pain de Dieu est celui qui descend du ciel, et qui donne la vie au monde.34Ils lui dirent donc: Seigneur, donne-nous toujours ce pain-là.35Et Jésus leur dit: Moi, je suis le pain de vie. Celui qui vient à moi n'aura jamais faim; et celui qui croit en moi n'aura jamais soif.36Mais je vous ai dit qu'aussi vous m'avez vu, et vous ne croyez pas.

Le Seigneur ne s'y trompe pas. Ces foules le poursuivent pour un motif très terre à terre; elles espèrent qu'Il va continuer à leur donner du pain. Aussi les engage-t-Il à travailler pour le ciel (v. 27). Demandons-nous si notre travail a d'abord en vue les choses d'en haut qui nourrissent notre âme et qui demeurent, ou celles d'ici-bas, destinées à périr.

Est-ce à dire qu'il faut accomplir des œuvres pour être sauvé? Nombreux sont ceux qui le pensent aujourd'hui encore dans la chrétienté (comp. v. 28). Mais la Parole nous affirme: «vous êtes sauvés par la grâce, par la foi… non pas sur le principe des œuvres…» (Éph. 2:8, 9). Dieu ne reconnaît qu'une œuvre qui permette à l’homme de s’approcher de Lui: elle consiste à croire au Sauveur qu'Il nous a donné (v. 29). Tout vient de Lui: l'Eau vive (le Saint-Esprit; ch. 4:10) et «le Pain de vie» (Christ Lui-même; v. 35). Comment se fait-il alors que nos âmes ne soient pas continuellement satisfaites? Le Seigneur manque-t-Il à ses promesses (v. 35; Jean 4:14)? Certes non! Mais de notre côté nous ne remplissons pas toujours la condition: «celui qui croit en moi — dit Jésus — n'aura jamais soif». Nous avons besoin de foi pour être sauvés, mais aussi chaque jour pour pouvoir nous abreuver de toute Sa plénitude.

Jean 6:37-50
37Tout ce que le Père me donne viendra à moi; et je ne mettrai point dehors celui qui vient à moi;38car je suis descendu du ciel, non pour faire ma volonté, mais la volonté de celui qui m'a envoyé.39Or c'est ici la volonté de celui qui m'a envoyé: que je ne perde rien de tout ce qu'il m'a donné, mais que je le ressuscite au dernier jour.40Car c'est ici la volonté de mon Père: que quiconque discerne le Fils et croit en lui, ait la vie éternelle; et moi, je ressusciterai au dernier jour.41Juifs donc murmuraient contre lui, parce qu'il avait dit: Moi, je suis le pain descendu du ciel;42et ils disaient: N'est-ce pas ici Jésus, le fils de Joseph, duquel nous connaissons le père et la mère? Comment donc celui-ci dit-il: Je suis descendu du ciel?43Jésus donc répondit et leur dit: Ne murmurez pas entre vous.44Nul ne peut venir à moi, à moins que le Père qui m'a envoyé ne le tire; et moi, je le ressusciterai au dernier jour.45Il est écrit dans les prophètes: "Et ils seront tous enseignés de Dieu". Quiconque a entendu le Père et a appris de lui vient à moi.46Non pas que quelqu'un ait vu le Père, sinon celui qui est de Dieu; celui-là a vu le Père.47En vérité, en vérité, je vous dis: Celui qui croit en moi, a la vie éternelle.48Moi, je suis le pain de vie.49Vos pères ont mangé la manne au désert, et sont morts;50c'est ici le pain qui descend du ciel, afin que quelqu'un en mange et ne meure pas.

«Je ne mettrai point dehors celui qui vient à moi» promet le tendre Sauveur (v. 37). Allons à Lui, si nous ne l'avons pas déjà fait; Il ne repousse personne. — Mais pour venir à Jésus, il est nécessaire qu'une œuvre de l'Esprit s'accomplisse dans le cœur. L'homme ne peut faire un pas vers Dieu à moins que Lui ne le tire (v. 44). — Ce n'est donc pas ma faute si je ne suis pas converti, répondra peut-être quelqu'un. — Au contraire, vous êtes pleinement responsable de laisser ce travail divin se faire en vous. En ce moment même, Dieu vous attire à Lui. Ne Lui résistez pas plus longtemps.

La grâce dont Jésus use envers le pécheur est l'expression de son propre amour. Mais elle fait partie de la volonté de Dieu, qui est de donner la vie à sa créature (v. 40). Or Jésus était venu pour accomplir cette volonté et pour ne rien faire d'autre (v. 38; comp. Héb. 10:9: «Voici, je viens pour faire ta volonté»).

L'homme a un corps et une âme. C'est pourquoi il ne peut vivre de pain seulement, nourriture de son corps. Son âme a besoin elle aussi d'un aliment et le seul qui lui convienne est la Parole divine, le Pain du ciel, Christ Lui-même (Luc 4:4).

Jean 6:51-71
51Moi, je suis le pain vivant qui est descendu du ciel: si quelqu'un mange de ce pain, il vivra éternellement; or le pain aussi que moi je donnerai, c'est ma chair, laquelle moi je donnerai pour la vie du monde.52Les Juifs disputaient donc entre eux, disant: Comment celui-ci peut-il nous donner sa chair à manger?53Jésus donc leur dit: En vérité, en vérité, je vous dis: Si vous ne mangez la chair du fils de l'homme et ne buvez son sang, vous n'avez pas la vie en vous-mêmes.54Celui qui mange ma chair et qui boit mon sang a la vie éternelle, et moi, je le ressusciterai au dernier jour.55Car ma chair est en vérité un aliment, et mon sang est en vérité un breuvage.56Celui qui mange ma chair et qui boit mon sang demeure en moi et moi en lui.57Comme le Père qui est vivant m'a envoyé, et que moi, je vis à cause du Père, de même celui qui me mangera, celui-là aussi vivra à cause de moi.58C'est ici le pain qui est descendu du ciel, non pas comme les pères mangèrent et moururent: celui qui mangera ce pain vivra éternellement.59Il dit ces choses dans la synagogue, enseignant à Capernaüm.
60Plusieurs donc de ses disciples, l'ayant entendu, dirent: Cette parole est dure; qui peut l'ouïr?61Et Jésus, sachant en lui-même que ses disciples murmuraient là-dessus, leur dit: Ceci vous scandalise-t-il?62Si donc vous voyez le fils de l'homme monter où il était auparavant...?63C'est l'Esprit qui vivifie; la chair ne profite de rien: les paroles que moi je vous ai dites sont esprit et sont vie;64mais il y en a quelques-uns d'entre vous qui ne croient pas; car Jésus savait, dès le commencement, qui étaient ceux qui ne croyaient pas, et qui était celui qui le livrerait.65Et il dit: C'est pour cela que je vous ai dit que nul ne peut venir à moi, à moins qu'il ne lui soit donné du Père.66Dès lors plusieurs de ses disciples se retirèrent; et ils ne marchaient plus avec lui.67Jésus donc dit aux douze: Et vous, voulez-vous aussi vous en aller?68Simon Pierre lui répondit: Seigneur, auprès de qui nous en irions-nous? Tu as les paroles de la vie éternelle;69et nous, nous croyons et nous savons que toi, tu es le Saint de Dieu.70Jésus leur répondit: N'est-ce pas moi qui vous ai choisis vous, les douze, et l'un d'entre vous est un diable?71Or il parlait de Judas Iscariote, fils de Simon; car c'était lui qui allait le livrer, lui qui était l'un des douze.

Malgré la promesse que Dieu leur avait faite, les fils d'Israël en découvrant la manne au désert s'étaient demandé l'un à l'autre: «Qu'est-ce que cela?» (Ex. 16:15). La même incrédulité se montre chez leurs descendants. Ils disputent entre eux au sujet de l'étrange nourriture dont Jésus leur a parlé: sa chair et son sang; c'est-à-dire sa mort. Un Christ vivant ici-bas ne suffit pas à faire vivre notre âme. Il faut nous approprier sa mort (en figure manger sa chair et boire son sang) pour avoir la vie éternelle. Ensuite nous avons chaque jour à nous identifier avec Lui dans sa mort. Nous sommes morts avec Lui quant au monde et au péché. L'homme naturel ne peut comprendre cela. Il veut bien d'un modèle, mais il lui est trop dur de reconnaître son propre état de condamnation dont lui parle la mort de Christ.

Au lieu d'interroger le Seigneur, plusieurs qui avaient professé être de ses disciples s'en vont choqués par ses paroles. Il ne cherche pas à les retenir en «adoucissant» la vérité. Mais Il sonde le cœur de ceux qui restent: «Et vous, voulez-vous aussi vous en aller?». — «Seigneur, auprès de qui nous en irions-nous?» est la belle réponse de Pierre. Puisse-t-elle être aussi la nôtre (v. 68, 69; lire Héb. 10:38, 39)!

Jean 7:1-24
1Et après ces choses, Jésus se tenait en Galilée, car il ne voulait pas se tenir en Judée, parce que les Juifs cherchaient à le faire mourir.2Or la fête des Juifs, celle des tabernacles, était proche.3Ses frères lui dirent donc: Pars d'ici et va en Judée, afin que tes disciples aussi voient les oeuvres que tu fais;4car nul ne fait quelque chose en secret et ne cherche à être lui-même publiquement connu; si tu fais ces choses, montre-toi au monde toi-même.5Car ses frères ne croyaient pas en lui non plus.6Jésus donc leur dit: Mon temps n'est pas encore venu, mais votre temps est toujours prêt.7Le monde ne peut pas vous haïr; mais il me hait, parce que moi je rends témoignage de lui, que ses oeuvres sont mauvaises.8Vous, montez à cette fête; moi, je ne monte pas à cette fête, car mon temps n'est pas encore accompli.9Leur ayant dit ces choses, il demeura en Galilée.10Mais lorsque ses frères furent montés, alors lui aussi monta à la fête, non pas publiquement, mais comme en secret.11Les Juifs donc le cherchaient à la fête et disaient:12Où est cet homme? Et il y avait une grande rumeur à son sujet parmi les foules. Les uns disaient: Il est homme de bien. D'autres disaient: Non, mais il séduit la foule.13Toutefois personne ne parlait ouvertement de lui, par crainte des Juifs.
14Mais, comme on était déjà au milieu de la fête, Jésus monta au temple, et il enseignait.15Les Juifs donc s'étonnaient, disant: Comment celui-ci connaît-il les lettres, vu qu'il ne les a point apprises?16Jésus donc leur répondit et dit: Ma doctrine n'est pas mienne, mais de celui qui m'a envoyé.17Si quelqu'un veut faire sa volonté, il connaîtra de la doctrine si elle est de Dieu, ou si moi je parle de par moi-même.18Celui qui parle de par lui-même cherche sa propre gloire; mais celui qui cherche la gloire de celui qui l'a envoyé, celui-là est vrai, et il n'y a point d'injustice en lui.19Moïse ne vous a-t-il pas donné la loi? Et nul d'entre vous n'observe la loi. Pourquoi cherchez-vous à me faire mourir?20La foule répondit et dit: Tu as un démon; qui cherche à te faire mourir?21répondit et leur dit: J'ai fait une oeuvre, et vous vous étonnez tous.22C'est pourquoi Moïse vous a donné la circoncision (non qu'elle soit de Moïse, mais elle est des pères), et vous circoncisez un homme en un jour de sabbat.23Si un homme reçoit la circoncision en un jour de sabbat, afin que la loi de Moïse ne soit pas violée, êtes-vous irrités contre moi de ce que j'ai guéri un homme tout entier en un jour de sabbat?24Ne jugez pas sur l'apparence, mais portez un jugement juste.

Les frères de Jésus faisaient partie de ceux qui ne croyaient pas, parce qu'ils recherchaient la gloire qui vient des hommes (v. 4, 5; comp. Jean 5:44). Ils comptaient que Sa popularité rejaillirait sur leur famille, tandis que s'ils avaient cru qu'Il était le Fils de Dieu, ils auraient mesuré la distance qui les séparait de Lui (lire Luc 8:21 et 2 Cor. 5:16). Par la suite, les frères du Seigneur ont cru en Lui et se sont trouvés parmi les disciples (Actes 1:14).

Leur principe ici est celui de tout homme: faire valoir ses dons et ses capacités à son propre avantage, pour se faire connaître et honorer (v. 4). À l'opposé le Seigneur n'a jamais cessé de chercher «la gloire de celui qui l'a envoyé» (v. 18). Et Il ne monte à la fête qu'à l'heure choisie par Dieu. Combien nous sommes loin de ce parfait Modèle! Beaucoup de nos douleurs viennent soit de notre précipitation pour agir, soit du retard apporté à obéir aux ordres de Dieu. Le v. 17 nous rappelle aussi que la soumission à cette volonté de Dieu est le moyen pour chacun de connaître la vérité.

À Jérusalem, Jésus rencontre ces Juifs pleins de haine qui cherchent à le faire mourir depuis la guérison du paralytique de Béthesda accomplie en un jour de sabbat (v. 1; Jean 5:16).

Jean 7:25-36
25Quelques-uns donc de ceux de Jérusalem disaient: N'est-ce pas celui qu'ils cherchent à faire mourir?26Et voici, il parle librement, et ils ne lui disent rien: les chefs auraient-ils vraiment reconnu que celui-ci est le Christ?27Mais nous connaissons celui-ci, et nous savons d'où il est; mais lorsque le Christ viendra, personne ne sait d'où il est.28Jésus donc criait dans le temple, enseignant et disant: Et vous me connaissez, et vous savez d'où je suis: et je ne suis pas venu de par moi-même, mais celui qui m'a envoyé est véritable, et vous ne le connaissez pas.29Moi, je le connais, car je viens de lui, et c'est lui qui m'a envoyé.30Ils cherchaient donc à le prendre; et personne ne mit la main sur lui, parce que son heure n'était pas encore venue.31Et plusieurs d'entre la foule crurent en lui, et disaient: Le Christ, quand il sera venu, fera-t-il plus de miracles que celui-ci n'en a fait?32Les pharisiens entendirent la foule murmurant ces choses de lui; et les pharisiens et les principaux sacrificateurs envoyèrent des huissiers pour le prendre.33Jésus donc dit: Je suis encore pour un peu de temps avec vous, et je m'en vais à celui qui m'a envoyé.34Vous me chercherez, et vous ne me trouverez pas; et là ou moi je serai, vous, vous ne pouvez venir.35Les Juifs donc dirent entre eux: Où celui-ci va-t-il aller que nous ne le trouverons pas? Va-t-il aller à la dispersion au milieu des Grecs, et enseigner les Grecs?36Quelle est cette parole qu'il a dite: Vous me chercherez, et vous ne me trouverez pas; et là où moi je serai, vous, vous ne pouvez venir?

Le v. 25 comparé au v. 20 prouve l'hypocrisie de ces Juifs. Et, comme aujourd'hui, de vains raisonnements sont tenus au sujet de Jésus! Chacun donne son avis; l'opinion des chefs est discutée. En réalité, si la présence et les paroles du Seigneur suscitent une telle effervescence, c'est parce que ces gens sont troublés intérieurement par cette voix qu'ils sentent sans se l'avouer, être celle de Dieu (comp. v. 28). Ils essaient d'y échapper en se persuadant que ce Galiléen ne peut être le Christ parce qu'ils connaissent sa famille et son lieu d'origine. En effet, vous me connaissez, leur répond Jésus; et mieux même que vous ne pensez; votre conscience vous dit qui je suis, et elle vous accuse.

Il est bien solennel d'entendre le Seigneur crier à ces foules (v. 28, 37; comp. Prov. 8:1 et Prov. 9:3). Nul ne pourra dire aujourd'hui non plus qu'il n'a pas entendu.

«Là où moi je serai, vous, vous ne pouvez venir», déclare le Seigneur à tous les incrédules (v. 34). Mais quant aux siens, ils ont sa promesse d'un prix infini: «Je vous prendrai auprès de moi, afin que là où moi je suis, vous, vous soyez aussi» (Jean 14:3). Lecteur, laquelle de ces deux paroles peut-Il vous adresser? Où serez-vous pendant l'éternité?

Jean 7:37-53
37Et en la dernière journée, la grande journée de la fête, Jésus se tint là et cria, disant: Si quelqu'un a soif, qu'il vienne à moi, et qu'il boive.38Celui qui croit en moi, selon ce qu'a dit l'écriture, des fleuves d'eau vive couleront de son ventre.39(Or il disait cela de l'Esprit qu'allaient recevoir ceux qui croyaient en lui; car l'Esprit n'était pas encore, parce que Jésus n'avait pas encore été glorifié).40Des gens de la foule donc, ayant entendu cette parole, disaient: Celui-ci est véritablement le prophète.41D'autres disaient: Celui-ci est le Christ. D'autres disaient: Le Christ vient-il donc de Galilée?42L'écriture n'a-t-elle pas dit que le Christ vient de la semence de David et de la bourgade de Bethléhem, où était David?43Il y eut donc de la division dans la foule à cause de lui.44Et quelques-uns d'entre eux voulaient le prendre; mais personne ne mit les mains sur lui.
45Les huissiers donc s'en vinrent vers les principaux sacrificateurs et les pharisiens; et ceux-ci leur dirent: Pourquoi ne l'avez-vous pas amené?46Les huissiers répondirent: Jamais homme ne parla comme cet homme.47Les pharisiens donc leur répondirent: Et vous aussi, êtes-vous séduits?48Aucun d'entre les chefs ou d'entre les pharisiens, a-t-il cru en lui?49Mais cette foule qui ne connaît pas la loi est maudite.50Nicodème, qui était l'un d'entre eux, leur dit:51Notre loi juge-t-elle l'homme avant de l'avoir entendu et d'avoir connu ce qu'il fait?52Ils répondirent et lui dirent: Et toi, es-tu aussi de Galilée? Enquiers-toi, et vois qu'un prophète n'est pas suscité de Galilée.53Et chacun s'en alla dans sa maison.

Ces ch. 6 et 7 font penser respectivement aux Exode16, 17. Au ch. 6, Jésus s'est présenté comme le véritable Pain venu du ciel dont la manne n'était que la figure. Il est devant nous maintenant comme le rocher d'Exode 17 d'où l'eau de la vie jaillit en abondance. Ésaïe, dans son ch. 55, invitait «quiconque a soif» à venir aux eaux de la grâce. Mais ici c'est le Sauveur Lui-même qui crie «Si quelqu'un a soif, qu'il vienne à moi et qu'il boive» (v. 37). Et le croyant, rempli du Saint-Esprit, devient un canal pour la bénédiction des autres (v. 38). — Hélas! Pour toute réponse ce sont de nouvelles contestations. C'est comme si des gens assoiffés, mis en présence d'une source pure, se mettaient au lieu de boire, à discuter de la composition chimique de l'eau ou de son origine!

La fin du chapitre nous montre encore deux témoignages rendus au Seigneur devant les pharisiens. Les huissiers envoyés pour le prendre sont obligés de reconnaître que ses paroles ne sont pas des paroles humaines: «Jamais homme ne parla comme cet homme». C'est ensuite Nicodème qui plaide timidement en faveur de Celui avec lequel il avait eu, au Jean 3, un entretien personnel et inoubliable.

Jean 8:1-20
1Et Jésus s'en alla à la montagne des Oliviers.2Et au point du jour il vint encore au temple, et tout le peuple vint à lui; et s'étant assis, il les enseignait.3Et les scribes et les pharisiens lui amènent une femme surprise en adultère; et l'ayant placée devant lui, ils lui disent:4Maître, cette femme a été surprise sur le fait même, commettant adultère.5Or, dans la loi, Moïse nous a commandé de lapider de telles femmes: toi donc, que dis-tu?6Or ils disaient cela pour l'éprouver, afin qu'ils eussent de quoi l'accuser. Mais Jésus, s'étant baissé, écrivait avec le doigt sur la terre.7Et comme ils continuaient à l'interroger, s'étant relevé, il leur dit: Que celui de vous qui est sans péché, jette le premier la pierre contre elle.8Et s'étant encore baissé, il écrivait sur la terre.9Et eux, l'ayant entendu, sortirent un à un, en commençant depuis les plus anciens jusqu'aux derniers; et Jésus fut laissé seul avec la femme devant lui.10Et Jésus, s'étant relevé et ne voyant personne que la femme, lui dit: Femme, où sont-ils, ceux-là, tes accusateurs? Nul ne t'a-t-il condamnée?11Et elle dit: Nul, Seigneur. Et Jésus lui dit: Moi non plus, je ne te condamne pas; va, -dorénavant ne pèche plus.
12Jésus donc leur parla encore, disant: Moi, je suis la lumière du monde; celui qui me suit ne marchera point dans les ténèbres, mais il aura la lumière de la vie.13Les pharisiens donc lui dirent: Tu rends témoignage de toi-même; ton témoignage n'est pas vrai.14Jésus répondit et leur dit: Quoique moi je rende témoignage de moi-même, mon témoignage est vrai, car je sais d'où je suis venu et où je vais; mais vous, vous ne savez pas d'où je viens et où je vais.15Vous, vous jugez selon la chair; moi, je ne juge personne.16Et si aussi moi, je juge, mon jugement est vrai, car je ne suis pas seul, mais moi et le Père qui m'a envoyé.17Et il est écrit aussi dans votre loi, que le témoignage de deux hommes est vrai.18Moi, je rends témoignage de moi-même; et le Père qui m'a envoyé rend aussi témoignage de moi.19Ils lui dirent donc: Où est ton père? Jésus répondit: Vous ne connaissez ni moi, ni mon Père; si vous m'aviez connu, vous auriez connu aussi mon Père.20Il dit ces paroles dans le trésor, enseignant dans le temple; et personne ne le prit, parce que son heure n'était pas encore venue.

C'est un piège particulièrement subtil dans lequel les scribes et les pharisiens pensent faire tomber le Seigneur Jésus. Par Lui sont venues ensemble la grâce et la vérité (Jean 1:17). Or s'Il condamne cette femme coupable, où est la grâce que tous connaissent (Luc 4:22)? Et s'Il l'épargne, n'est-ce pas au détriment de la vérité, en contradiction avec la loi? Dans sa sagesse infaillible, Jésus leur montre que cette loi les atteint tous. On l'a comparée à une épée sans poignée qui blesse d'abord celui qui s'en sert. Mais au lieu de confesser les péchés qui leur reviennent à la mémoire, les accusateurs se retirent l'un après l'autre, remplis de confusion (Job 5:13). «La Lumière du monde» est devant eux (v. 12). Mais «les hommes ont mieux aimé les ténèbres que la lumière», tels ces insectes qui, lorsqu’on soulève la pierre qui les abritait courent se cacher ailleurs (ch. 3:19). Alors le seul qui, étant sans péché, aurait eu le droit d'exercer le châtiment déclare à la femme: «Moi non plus, je ne te condamne pas». Il ajoute: «va, dorénavant ne pèche plus» (v. 11). Bien des personnes s'efforcent par leur propre conduite de mériter le pardon de Dieu; tandis que le Seigneur commence par pardonner et ensuite seulement commande de ne plus pécher (comp. Jean 5:14; Ps. 130:4; 1 Jean 3:9).

Jean 8:21-36
21Jésus leur dit donc encore: Moi, je m'en vais, et vous me chercherez; et vous mourrez dans votre péché: là où moi je vais, vous, vous ne pouvez venir.22Les Juifs donc disaient: Se tuera-t-il, qu'il dise: Là où moi je vais, vous, vous ne pouvez venir?23Et il leur dit: Vous êtes d'en bas; moi, je suis d'en haut: vous êtes de ce monde; moi, je ne suis pas de ce monde.24Je vous ai donc dit que vous mourrez dans vos péchés; car si vous ne croyez pas que c'est moi, mous mourrez dans vos péchés.25Ils lui disaient donc: Toi, qui es-tu? Et Jésus leur dit: Absolument ce qu'aussi je vous dis.26J'ai beaucoup de choses à dire de vous et à juger; mais celui qui m'a envoyé est vrai, et les choses que j'ai ouïes de lui, moi, je les dis au monde.27Ils ne connurent pas qu'il leur parlait du Père.28Jésus donc leur dit: Quand vous aurez élevé le fils de l'homme, alors vous connaîtrez que c'est moi, et que je ne fais rien de moi-même, mais que, selon que le Père m'a enseigné, je dis ces choses.29Et celui qui m'a envoyé est avec moi; il ne m'a pas laissé seul, parce que moi, je fais toujours les choses qui lui plaisent.30Comme il disait ces choses, plusieurs crurent en lui.
31Jésus donc dit aux Juifs qui avaient cru en lui: Si vous persévérez dans ma parole, vous êtes vraiment mes disciples;32et vous connaîtrez la vérité, et la vérité vous affranchira.33Ils lui répondirent: Nous sommes la postérité d'Abraham, et jamais nous ne fûmes dans la servitude de personne; comment dis-tu, toi: Vous serez rendus libres?34Jésus leur répondit: En vérité, en vérité, je vous dis: Quiconque pratique le péché est esclave du péché.35Or l'esclave ne demeure pas dans la maison pour toujours; le fils y demeure pour toujours.36Si donc le Fils vous affranchit, vous serez réellement libres.

Les Juifs avaient déclaré au Seigneur que son témoignage n'était pas vrai (v. 13). À quoi bon alors Lui demander maintenant qui Il est (v. 25)? Il ne peut que leur répondre: «Absolument ce qu'aussi je vous dis» (voir note). Ses paroles sont l'expression parfaite de ce qu'Il est (Ps. 17:3). Il suffit de penser par contraste à la différence entre ce que nous disons ou montrons aux autres et ce que nous sommes en réalité. Tout ce que Jésus disait et faisait était en harmonie parfaite avec la pensée de son Père. «Je fais toujours les choses qui Lui plaisent», peut-Il affirmer! Modèle inimitable et que pourtant nous devons chercher à imiter!

À ceux qui croient en Lui, Jésus annonce une pleine délivrance. Mais les Juifs qui sont là protestent: «Jamais nous ne fûmes dans la servitude de personne» (v. 33). Par un étrange manque de mémoire, ou plutôt par orgueil, ils ont effacé de leur histoire l'Égypte, Babylone… et la présente domination romaine. Tel est l'homme: il n'admet pas qu'il est esclave du péché et s'imagine être libre de faire ce qu'il veut (2 Pierre 2:19).

Reconnaissons, chers amis, la terrible condition dans laquelle nous avons été trouvés, mais retenons aussi la vraie liberté dans laquelle le Fils nous a placés en qualité d'enfants de Dieu.

Jean 8:37-59
37Je sais que vous êtes la postérité d'Abraham; mais vous cherchez à me faire mourir, parce que ma parole n'a pas d'entrée auprès de vous.
38Moi, je dis ce que j'ai vu chez mon Père; vous aussi donc, vous faites les choses que vous avez entendues de la part de votre père.39Ils répondirent et lui dirent: Abraham est notre père. Jésus leur dit: Si vous étiez enfants d'Abraham, vous feriez les oeuvres d'Abraham;40mais maintenant vous cherchez à me faire mourir, moi, un homme qui vous ai dit la vérité que j'ai ouïe de Dieu: Abraham n'a pas fait cela.41Vous, vous faites les oeuvres de votre père. Ils lui dirent donc: Nous ne sommes pas nés de la fornication; nous avons un père, Dieu.42Jésus leur dit: Si Dieu était votre père, vous m'aimeriez, car moi je procède de Dieu et je viens de lui; car je ne suis pas venu de moi-même, mais c'est lui qui m'a envoyé.43Pourquoi n'entendez-vous pas mon langage? Parce que vous ne pouvez pas ouïr ma parole.44Vous, vous avez pour père le diable, et vous voulez faire les convoitises de votre père. Lui a été meurtrier dès le commencement, et il n'a pas persévéré dans la vérité, car il n'y pas de vérité en lui. Quand il profère le mensonge, il parle de son propre fonds, car il est menteur, et le père du mensonge.45Mais moi, parce que je dis la vérité, vous ne me croyez pas.
46Qui d'entre vous me convainc de péché? Si je dis la vérité, vous, pourquoi ne me croyez-vous pas?47Celui qui est de Dieu entend les paroles de Dieu; c'est pourquoi vous, vous n'entendez pas, parce que vous n'êtes pas de Dieu.48Les Juifs répondirent et lui dirent: Ne disons-nous pas bien que tu es un Samaritain, et que tu as un démon?49Jésus répondit: Moi, je n'ai point un démon, mais j'honore mon Père, et vous, vous jetez du déshonneur sur moi.50Mais pour moi, je ne cherche pas ma gloire; il y en a un qui cherche, et qui juge.
51En vérité, en vérité, je vous dis: Si quelqu'un garde ma parole, il ne verra point la mort, à jamais.52Les Juifs donc lui dirent: Maintenant nous connaissons que tu as un démon: Abraham est mort, et les prophètes, et toi, tu dis: Si quelqu'un garde ma parole, il ne goûtera point la mort, à jamais.53Es-tu plus grand que notre père Abraham, qui est mort? et les prophètes sont morts. Qui te fais-tu toi-même?54Jésus répondit: Si moi je me glorifie moi-même, ma gloire n'est rien; c'est mon Père qui me glorifie, lui de qui vous dites: Il est notre Dieu.55Et vous ne le connaissez pas; mais moi, je le connais: et si je disais que je ne le connais pas, je serais menteur, semblable à vous; mais je le connais, et je garde sa parole.56Abraham, votre père, a tressailli de joie de ce qu'il verrait mon jour; et il l'a vu, et s'est réjoui.57Les Juifs donc lui dirent: Tu n'as pas encore cinquante ans, et tu as vu Abraham!58Jésus leur dit: En vérité, en vérité, je vous dis: Avant qu'Abraham fût, je suis.59Ils prirent donc des pierres pour les jeter contre lui; mais Jésus se cacha et sortit du temple.

Au Jean 5:45, le Seigneur a fait remarquer aux Juifs leur inconséquence: ils se référaient à Moïse mais ses écrits les accusaient! Ils se réclament ici de leur qualité d'enfants d'Abraham. Mais leurs œuvres sont celles du diable qui est menteur et meurtrier dès le commencement. On entend parfois dire: tel père, tel fils (comp. Éz. 16:44), et le Seigneur confirme que c'est la nature de nos œuvres qui fait reconnaître de qui nous sommes les enfants (comp. aussi 1 Jean 3:7-10). Il n'y a sur la terre que deux grandes familles: celle de Dieu et celle du diable. Chacun doit savoir à laquelle il appartient. Le fait d'être enfants de parents chrétiens ne confère pas plus de droits devant Dieu, qu'à ces Juifs orgueilleux leur titre de descendants d'Abraham. C'est au contraire une responsabilité supplémentaire.

«Tu as un démon» répètent ces misérables (v. 48 et 52; comp. Jean 7:20 et Jean 10:20). Et nous admirons la patience du Seigneur Jésus. Devant cet outrage, Il laisse au Père le soin de revendiquer sa gloire. Il est en cela, encore notre grand Modèle. Notre seule affaire est de connaître Dieu et de garder sa parole (v. 55).

«Je suis» — déclare Jésus au v. 58. Non pas seulement «j'étais avant Abraham», mais «je suis éternellement» (comp. Ex. 3:14).

Jean 9:1-16
1Et comme il passait, il vit un homme aveugle dès sa naissance.2Et ses disciples l'interrogèrent, disant: Rabbi, qui a péché: celui-ci, ou ses parents, pour qu'il soit né aveugle?3Jésus répondit: Ni celui-ci n'a péché, ni ses parents; mais c'est afin que les oeuvres de Dieu soient manifestées en lui.4Il me faut faire les oeuvres de celui qui m'a envoyé, tandis qu'il est jour; la nuit vient, en laquelle personne ne peut travailler.5Pendant que je suis dans le monde, je suis la lumière du monde.6Ayant dit ces choses, il cracha en terre et fit de la boue de son crachat, et mit la boue comme un onguent sur ses yeux,7et lui dit: Va, et lave-toi au réservoir de Siloé (ce qui interprété Envoyé). Il s'en alla donc, et se lava, et revint voyant.
8Les voisins donc, et ceux qui, l'ayant vu auparavant, savaient qu'il était mendiant, dirent: N'est-ce pas celui qui était assis et qui mendiait?9Quelques-uns disaient: C'est lui. D'autres disaient: Non, mais il lui ressemble.10Lui dit: C'est moi-même. Ils lui dirent donc: Comment ont été ouverts tes yeux?11Il répondit et dit: Un homme, appelé Jésus, fit de la boue et oignit mes yeux, et me dit: Va à Siloé et lave-toi. Et je m'en suis allé, et je me suis lavé, et j'ai vu.12Ils lui dirent donc: Où est cet homme? Il dit: Je ne sais.
13Ils amenèrent aux pharisiens celui qui auparavant avait été aveugle.14Or c'était un jour de sabbat que Jésus fit la boue, et qu'il ouvrit ses yeux.15Les pharisiens donc aussi lui demandèrent encore comment il avait recouvré la vue. Et il leur dit: Il a mis de la boue sur mes yeux, et je me suis lavé, et je vois.16Quelques-uns donc d'entre les pharisiens dirent: Cet homme n'est pas de Dieu, car il ne garde pas le sabbat. D'autres disaient: Comment un homme pécheur peut-il faire de tels miracles? Et il y avait de la division entre eux.

L'évangile de Jean est celui des rencontres personnelles avec le Seigneur: Nicodème, la Samaritaine, le paralytique de Béthesda,… hommes et femmes de toutes conditions y ont affaire à Jésus individuellement. Chacun de nous a-t-il eu avec Jésus une entrevue particulière?

Cet aveugle-né illustre notre condition naturelle. Le péché nous rend incapables de percevoir la lumière de Dieu. Notre vision morale et spirituelle est obscurcie depuis notre naissance. Dieu doit nous ouvrir les yeux, sur notre état, sur les exigences de sa sainteté, sur le monde…

Ce n'est pas à la suite d'un péché particulièrement grave que Dieu a châtié cet homme et ses parents; mais cette infirmité va être l'occasion pour Jésus de faire briller sa grâce. La boue qu'Il fait est une figure de son humanité présentée à l'homme. Mais pour voir, celui-ci doit être lavé: la Parole (l'eau) lui révélant Christ comme l'envoyé de Dieu (Siloé). L'aveugle s'en va croyant, et il revient voyant. Puis il s'agit de son témoignage. Les voisins, ceux qui le connaissaient s'étonnent: Est-il possible que ce soit lui? Une conversion ne peut pas passer inaperçue. La nôtre a-t-elle produit dans notre vie un changement visible par tous?

Jean 9:17-34
17Ils disent donc encore à l'aveugle: Toi, que dis-tu de lui, sur ce qu'il t'a ouvert les yeux? Et il dit: C'est un prophète.18Les Juifs donc ne crurent pas qu'il avait été aveugle et qu'il avait recouvré la vue, jusqu'à ce qu'ils eussent appelé les parents de celui qui avait recouvré la vue.19Et ils les interrogèrent, disant: Celui-ci est-il votre fils, que vous dites être né aveugle? Comment donc voit-il maintenant?20Ses parents leur répondirent et dirent: Nous savons que celui-ci est notre fils, et qu'il est né aveugle;21mais comment il voit maintenant, nous ne le savons pas; et qui lui a ouvert les yeux, nous ne le savons pas, nous; il a de l'âge, interrogez-le, il parlera de ce qui le concerne.22Ses parents dirent ces choses, parce qu'ils craignaient les Juifs; car les Juifs étaient déjà convenus que si quelqu'un le confessait comme le Christ, il serait exclu de la synagogue.23C'est pourquoi ses parents dirent: Il a de l'âge, interrogez-le.24Ils appelèrent donc, pour la seconde fois, l'homme qui avait été aveugle, et lui dirent: Donne gloire à Dieu; nous savons que cet homme est un pécheur.25Il répondit donc: S'il est un pécheur, je ne sais; je sais une chose, c'est que j'étais aveugle, et que maintenant je vois.26Et ils lui dirent encore: Que t'a-t-il fait? Comment a-t-il ouvert tes yeux?27Il leur répondit: Je vous l'ai déjà dit, et vous n'avez pas écouté. Pourquoi voulez-vous encore l'entendre? Voulez-vous aussi, vous, devenir ses disciples?28Ils l'injurièrent et dirent: Toi, tu es le disciple de celui-là; mais nous, nous sommes disciples de Moïse.29Pour nous, nous savons que Dieu a parlé à Moïse; mais, pour celui-ci, nous ne savons d'où il est.30L'homme répondit et leur dit: En ceci pourtant il y a une chose étrange, que vous ne sachiez pas d'où il est, et il a ouvert mes yeux.31Or, nous savons que Dieu n'écoute pas les pécheurs; mais si quelqu'un est pieux envers Dieu et fait sa volonté, celui-là il l'écoute.32Jamais on n'ouït dire que quelqu'un ait ouvert les yeux d'un aveugle-né.33Si celui-ci n'était pas de Dieu, il ne pourrait rien faire.34Ils répondirent et lui dirent: Tu es entièrement né dans le péché, et tu nous enseignes! Et il le chassèrent dehors.

L'aveugle guéri constitue pour les pharisiens un témoin gênant de la puissance de Jésus. Ils cherchent donc d'abord à tirer de lui ou de ses parents un mot qui leur permette de contester ce miracle. Et quand il leur devient impossible de le nier, ils s'efforcent de rabaisser Celui qui l'a accompli et de jeter du déshonneur sur Lui (Jean 8:49). «Nous savons que cet homme est un pécheur» (v. 24), affirment-ils, alors que peu auparavant le Seigneur leur avait posé la question: «Qui d'entre vous me convainc de péché?» (Jean 8:46).

Il y a une grande différence entre l'aveugle guéri et ses parents. Ceux-ci tiennent moins à la vérité qu'à leur position religieuse. Reconnaître Jésus comme le Christ et partager sa réjection c'est plus qu'ils n'en peuvent supporter. Ils redoutent l'opprobre — et combien leur ressemblent aujourd'hui! Leur fils au contraire ne s'embarrasse pas de semblables raisonnements. Les pharisiens ne parviennent pas à lui enlever son humble confiance en Celui qui l'a guéri. Il est passé des ténèbres à la lumière; ce n'est pas pour lui une théorie ni une doctrine; c'est un fait, une évidence. «Je sais une chose — dit-il simplement — c'est que j'étais aveugle et que maintenant je vois» (v. 25). Pouvons-nous le dire avec lui?

Jean 9:35-41; Jean 10:1-6
35Jésus apprit qu'ils l'avaient chassé dehors, et l'ayant trouvé, il lui dit: Crois-tu au Fils de Dieu?36Il répondit et dit: Qui est-il, Seigneur, afin que je croie en lui?37Et Jésus lui dit: Et tu l'as vu, et celui qui te parle, c'est lui.38Et il dit: Je crois, Seigneur! Et il lui rendit hommage.
39Et Jésus dit: Moi, je suis venu dans ce monde pour le jugement, afin que ceux qui ne voient pas, voient; et que ceux qui voient deviennent aveugles.40Et quelques-uns d'entre les pharisiens qui étaient avec lui entendirent ces choses, et lui dirent: Et nous, sommes-nous aussi aveugles?41Jésus leur dit: Si vous étiez aveugles, vous n'auriez pas de péché; mais maintenant vous dites: Nous voyons! -votre péché demeure.
1En vérité, en vérité, je vous dis: Celui qui n'entre pas par la porte dans la bergerie des brebis, mais qui y monte par ailleurs, celui-là est un voleur et un larron.2Mais celui qui entre par la porte, est le berger des brebis.3A celui-ci le portier ouvre; et les brebis écoutent sa voix; et il appelle ses propres brebis par leur nom, et les mène dehors.4Et quand il a mis dehors toutes ses propres brebis, il va devant elles; et les brebis le suivent, car elles connaissent sa voix;5mais elles ne suivront point un étranger, mais elles s'enfuiront loin de lui, parce qu'elles ne connaissent pas la voix des étrangers.6Jésus leur dit cette similitude; mais ils ne comprirent pas ce que c'était qu'il leur disait.

C'est pour son bonheur que l'aveugle guéri est chassé dehors par les pharisiens. Car il y rencontre Celui qui a été rejeté avant lui et qui est aussi sorti du temple à la fin du chapitre précédent. Maintenant cet homme va pouvoir faire un grand pas en avant dans la vérité et connaître non seulement le pouvoir de Jésus, mais sa Personne: Celui en qui il avait discerné un prophète (v. 17) est «le Fils de Dieu» (v. 35-37). Beaucoup se contentent de savoir qu'ils sont sauvés, mais restent ignorants quant au Sauveur. Peut-être parce qu'ils sont encore retenus dans les systèmes religieux, n'ayant pas fait l'expérience de la présence du Seigneur là où Il l'a promise (Matt. 18:20). Tout en prétendant voir clair, ces pharisiens se laissent aveugler par leur haine et par leur orgueil religieux. Au ch. 8, ils ont rejeté la Parole du Seigneur; au ch. 9, c'est son œuvre dont ils ne veulent pas. Aussi n'a-t-Il plus rien à faire avec eux. Il appelle par leur nom ses propres brebis, les mène dehors, va devant elles. Mais ne peuvent-elles pas se tromper, suivre un étranger qui les égarera? Oh non! Elles ont un moyen infaillible pour reconnaître Celui auquel elles appartiennent: sa voix bien connue. Est-elle familière à chacun de nos lecteurs?

Jean 10:7-21
7Jésus donc leur dit encore: En vérité, en vérité, je vous dis que moi je suis la porte des brebis.8Tous, autant qu'il en est venu avant moi, sont des voleurs et des larrons; mais les brebis ne les ont pas écoutés.9Moi, je suis la porte: si quelqu'un entre par moi, il sera sauvé; et il entrera et il sortira, et il trouvera de la pâture.10Le voleur ne vient que pour voler, et tuer, et détruire: moi, je suis venu afin qu'elles aient la vie, et qu'elles l'aient en abondance.11Moi, je suis le bon berger: le bon berger met sa vie pour les brebis;12mais l'homme qui reçoit des gages, et qui n'est pas le berger, à qui les brebis n'appartiennent pas en propre, voit venir le loup, et laisse les brebis, et s'enfuit; et le loup les ravit, et il disperse les brebis.13Or l'homme à gages s'enfuit, parce qu'il est un homme à gages et qu'il ne se met pas en souci des brebis.14Moi, je suis le bon berger, et je connais les miens et je suis connu des miens,15le Père me connaît et moi je connais le Père; et je mets ma vie pour les brebis.16Et j'ai d'autres brebis qui ne sont pas de cette bergerie; il faut que je les amène, elles aussi; et elles écouteront ma voix, et il y aura un seul troupeau, un seul berger.17A cause de ceci le Père m'aime, c'est que moi je laisse ma vie, afin que je la reprenne.18Personne ne me l'ôte, mais moi, je la laisse de moi-même; j'ai le pouvoir de la laisser, et j'ai le pouvoir de la reprendre: j'ai reçu ce commandement de mon Père.
19Il y eut encore de la division parmi les Juifs à cause de ces paroles;20et plusieurs d'entre eux disaient: Il a un démon, et il est fou; pourquoi l'écoutez-vous?21D'autres disaient: Ces paroles ne sont pas d'un démoniaque; un démon peut-il ouvrir les yeux des aveugles?

Nous ne trouvons pas de paraboles dans cet évangile. Celui qui est «la Parole» y parle aux hommes un langage direct. Par contre que de précieuses images et comparaisons le Seigneur emploie pour se faire connaître à nous! Voyez les passages dans lesquels Il déclare: «Moi, je suis…» (Jean 6:35, 48, 51; Jean 8:12; Jean 10:7, 9, 11, 14; Jean 11:25; Jean 14:6; Jean 15:1, 5). «Moi je suis la porte des brebis» dit-Il aux v. 7 et 9. Pour être sauvé, il faut nécessairement entrer par Lui (comp. Éph. 2:18). Mais nous avons aussi besoin d'être conduits. Livrés à nous-mêmes nous ressemblons à la brebis, animal sans intelligence qui s'égare lorsqu'il n'a pas de conducteur (lire Ésaïe 53:6). En contraste avec les hommes à gages, avec les voleurs et les larrons habiles à dérober les âmes, Jésus se présente donc comme le bon Berger (v. 11 et 14). Et Il en donne deux preuves: La première est le don volontaire de sa vie pour acquérir ses brebis, témoignage suprême de son amour pour elles, et en même temps, ne l'oublions pas, le motif souverain donné à l'amour du Père pour lui (v. 17). — La seconde est la connaissance qu'Il a de ses brebis et, réciproquement, que celles-ci ont de leur Berger (v. 14). Un lien aussi étroit confirme ses droits sur son troupeau et sur chacun de nos cœurs.

Jean 10:22-42
22Or la fête de la Dédicace se célébrait à Jérusalem, et c'était en hiver.23Et Jésus se promenait dans le temple, au portique de Salomon.24Les Juifs donc l'environnèrent et lui dirent: Jusques à quand tiens-tu notre âme en suspens? Si toi, tu es le Christ, dis-le nous franchement.25Jésus leur répondit: Je vous l'ai dit, et vous ne croyez pas. Les oeuvres que moi je fais au nom de mon Père, celles-ci rendent témoignage de moi;26mais vous, vous ne croyez pas, car vous n'êtes pas de mes brebis, comme je vous l'ai dit.27Mes brebis écoutent ma voix, et moi je les connais, et elles me suivent,28et moi, je leur donne la vie éternelle, et elles ne périront jamais; et personne ne les ravira de ma main.29Mon Père, qui me les a données, est plus grand que tous, et personne ne peut les ravir de la main de mon Père.30Moi et le Père, nous sommes un.31Les Juifs donc levèrent encore des pierres pour le lapider.32Jésus leur répondit: Je vous ai fait voir plusieurs bonnes oeuvres de la part de mon Père: pour laquelle de ces oeuvres me lapidez-vous?33Les Juifs lui répondirent: Nous ne te lapidons pas pour une bonne oeuvre, mais pour blasphème; et parce que toi, étant homme, tu te fais Dieu.34Jésus leur répondit: N'est-t-il pas écrit dans votre loi: "Moi j'ai dit: Vous êtes des dieux"?35S'il appelle dieux ceux à qui la parole de Dieu est venue (et l'écriture ne peut être anéantie),36dites-vous à celui que le Père a sanctifié, et qu'il a envoyé dans le monde: Tu blasphèmes, parce que j'ai dit: Je suis le Fils de Dieu?37Si je ne fais pas les oeuvres de mon Père, ne me croyez pas;38mais si je les fais, alors même que vous ne me croiriez pas, croyez les oeuvres, afin que vous connaissiez et que vous croyiez que le Père est en moi, et moi en lui.
39Ils cherchaient donc encore à le prendre; mais il échappa de leur main40et s'en alla encore au delà du Jourdain, à l'endroit où Jean avait baptisé au commencement, et il demeura là.41Et plusieurs vinrent à lui, et ils disaient: Jean n'a fait aucun miracle; mais toutes les choses que Jean a dites de celui-ci étaient vraies.42Et plusieurs crurent là en lui.

Avec une entière mauvaise foi, les Juifs questionnent de nouveau le Seigneur: «Si toi tu es le Christ, dis-le nous franchement» (v. 24). Or non seulement Il le leur a déclaré (par ex. Jean 8:58), mais Il le leur a aussi montré (v. 25, 32, 37, 38). Désormais c'est à son troupeau que son activité sera réservée. Les brebis Lui appartiennent de droit, d'abord parce que le Père les Lui a expressément données (v. 29), ensuite parce qu'Il les a rachetées. Et les précieux v. 27 et 28 nous disent à la fois ce que Lui fait pour ses brebis: Il leur donne la vie éternelle, Il les conduit, Il les tient à l'abri dans sa main — et ce qui les caractérise: elles écoutent sa voix et elles le suivent. N'est-ce pas la juste réponse à son merveilleux amour?

De nouveau les Juifs cherchent à lapider Jésus (Jean 8:59), l'accusant maintenant de blasphème. «Étant homme tu te fais Dieu», prétendent-ils. Telle était en effet l'ambition du premier Adam et de tous ses descendants: être égal à Dieu. Mais Jésus a suivi le chemin exactement inverse: «Étant en forme de Dieu…», il a été «trouvé en figure comme un homme, il s'est abaissé Lui-même» (Phil. 2:6-8).

«Plusieurs crurent là en lui» conclut pourtant le v. 42 (comme Jean 8:30) pour devenir ses heureuses brebis.

Jean 11:1-27
1Or il y avait un certain homme malade, Lazare, de Béthanie, du village de Marie et de Marthe sa soeur.2(Et c'était la Marie qui oignit le Seigneur d'un parfum et qui lui essuya les pieds avec ses cheveux, de laquelle Lazare, le malade, était le frère).3Les soeurs donc envoyèrent vers lui, disant: Seigneur, voici, celui que tu aimes est malade.4Jésus, l'ayant entendu, dit: Cette maladie n'est pas à la mort, mais pour la gloire de Dieu, afin que le Fils de Dieu soit glorifié par elle.5Or Jésus aimait Marthe, et sa soeur, et Lazare.6Après donc qu'il eut entendu que Lazare était malade, il demeura encore deux jours au lieu où il était.7Puis après cela, il dit à ses disciples: Retournons en Judée.8Les disciples lui disent: Rabbi, les Juifs cherchaient tout à l'heure à te lapider, et tu y vas encore!9Jésus répondit: N'y a-t-il pas douze heures au jour? Si quelqu'un marche de jour, il ne bronche pas, car il voit la lumière de ce monde;10mais si quelqu'un marche de nuit, il bronche, car la lumière n'est pas en lui.11Il dit ces choses; et après cela il leur dit: Lazare, notre ami, s'est endormi; mais je vais pour l'éveiller.12Les disciples donc lui dirent: Seigneur, s'il s'est endormi, il sera guéri.13Jésus avait parlé de sa mort; mais eux pensaient qu'il avait parlé du dormir du sommeil.14Jésus leur dit donc alors ouvertement: Lazare est mort;15et je me réjouis, à cause de vous, de ce que je n'étais pas là, afin que vous croyiez. Mais allons vers lui.16Thomas donc, appelé Didyme, dit à ses condisciples: Allons-y, nous aussi, afin que nous mourions avec lui.
17Jésus étant donc arrivé trouva qu'il était déjà depuis quatre jours dans le sépulcre.18Béthanie était près de Jérusalem, à une distance d'environ quinze stades.19Et plusieurs d'entre les Juifs étaient venus auprès de Marthe et de Marie, pour les consoler au sujet de leur frère.20Marthe donc, quand elle eut ouï dire que Jésus venait, alla au-devant de lui; mais Marie se tenait assise dans la maison.21Marthe donc dit à Jésus: Seigneur, si tu eusses été ici mon frère ne serait pas mort;22mais même maintenant je sais que tout ce que tu demanderas à Dieu, Dieu te le donnera.23Jésus lui dit: Ton frère ressuscitera.24Marthe lui dit: Je sais qu'il ressuscitera en la résurrection, au dernier jour.25Jésus lui dit: Moi, je suis la résurrection et la vie: celui qui croit en moi, encore qu'il soit mort, vivra;26et quiconque vit, et croit en moi, ne mourra point, à jamais. Crois-tu cela?27Elle lui dit: Oui, Seigneur, moi je crois que tu es le Christ, le Fils de Dieu, qui vient dans le monde.

Dans leur inquiétude, les deux sœurs de Béthanie ont adressé à l'Ami divin une prière qui peut nous servir de modèle: «Seigneur, celui que tu aimes est malade» (v. 3). En l'appelant Seigneur, elles reconnaissent son autorité et ne se permettent pas de lui dicter par exemple: viens pour le guérir. Elles exposent simplement le cas qui les préoccupe; elles connaissent aussi son amour et s'y réfèrent. Toutefois cette affection ne décide pas Jésus à aller aussitôt en Judée, pas plus que les intentions criminelles des Juifs ne l'empêchent de s'y rendre le moment venu. Il ne se laisse pas, comme nous souvent, emporter par ses sentiments, ni arrêter par la crainte des hommes. Seule l'obéissance-son Père dirigeait ses pas. Par ce délai, la gloire de Dieu va briller bien davantage puisque Lazare est déjà depuis quatre jours dans le sépulcre quand Jésus arrive à Béthanie. Nous nous trouvons parfois en présence de personnes éprouvées par le deuil. Et nous ressentons alors toute l'insuffisance de ce que peut apporter la sympathie humaine (comme celle des Juifs au v. 19). Mais tout change lorsque les regards se portent ensemble sur Celui qui est «la Résurrection et la Vie». Alors nous réalisons la pleine valeur des choses éternelles.

Jean 11:28-44
28Et ayant dit cela, elle s'en alla et appela secrètement Marie, sa soeur, disant: Le maître est venu, et il t'appelle.29Celle-ci, aussitôt qu'elle l'eut entendu, se lève promptement et s'en vient à lui.30(Or Jésus n'était pas encore arrivé dans le village; mais il était au lieu où Marthe l'avait rencontré).31Les Juifs donc qui étaient avec Marie dans la maison et qui la consolaient, ayant vu que Marie s'était levée promptement et était sortie, la suivirent, disant: Elle s'en va au sépulcre pour y pleurer.32Marie donc, quand elle fut venue là où était Jésus, et qu'elle l'eut vu, se jeta à ses pieds, lui disant: Seigneur, si tu eusses été ici, mon frère ne serait pas mort.
33Jésus donc, quand il la vit pleurer, et les Juifs qui étaient venus avec elle, pleurer, frémit en son esprit, et se troubla,34et dit: Où l'avez-vous mis? Ils lui disent: Seigneur, viens et vois.35Jésus pleura.36Les Juifs donc dirent: Voyez comme il l'affectionnait.37Mais quelques-uns d'entre eux dirent: Celui-ci qui a ouvert les yeux de l'aveugle, n'aurait-il pas pu faire aussi que cet homme ne mourût pas?38Jésus donc, frémissant encore en lui-même, vient au sépulcre (or c'était une grotte, et il y avait une pierre dessus).39Jésus dit: Otez la pierre. Marthe, la soeur du mort, lui dit: Seigneur, il sent déjà, car il est là depuis quatre jours.40Jésus lui dit: Ne t'ai-je pas dit que, si tu crois, tu verras la gloire de Dieu?41Ils ôtèrent donc la pierre. Et Jésus leva les yeux en haut et dit: Père, je te rends grâces de ce que tu m'as entendu.42Or moi je savais que tu m'entends toujours; mais je l'ai dit à cause de la foule qui est autour de moi, afin qu'ils croient que toi, tu m'as envoyé.43ayant dit ces choses, il cria à haute voix: Lazare, sors dehors!44Et le mort sortit, ayant les pieds et les mains liés de bandes; et son visage était enveloppé d'un suaire. Jésus leur dit: Déliez-le, et laissez-le aller.

Marthe discerne que sa sœur est plus capable qu'elle d'entrer dans les pensées du Seigneur. Elle l'appelle. Mais Marie ne peut que dire elle aussi: «Seigneur si tu eusses été ici…» (v. 32; comp. 21). Elle ne sait que regarder en arrière, comme beaucoup de personnes dans le deuil. Jésus, étreint dans son cœur, se fait conduire au tombeau. Et nous le voyons pleurer. Ne savait-Il pas ce qu'Il allait faire? Certes, mais en présence des ravages de la mort et de son tragique pouvoir sur l'esprit des hommes, le saint Fils de Dieu est saisi de douleur, d'effroi, d'indignation (voir note). Oui, le vainqueur de la mort est là. Mais pour que la gloire de Dieu éclate devant la foule qui en sera témoin, il faut encore que l'état de corruption de Lazare soit dûment constaté (v. 39), et aussi que le Seigneur, d'avance, attribue par une action de grâces son pouvoir à Celui qui l'a envoyé (v. 41, 42). Alors seulement, son puissant cri de commandement fait sortir du tombeau le mort encore enveloppé de ses bandes… Quel saisissement pour tous les assistants! Quant à nous, retenons la promesse que le Seigneur fait à Marthe: «Si tu crois, tu verras…» — peut-être pas exactement ce que tu espères, mais certainement — «la gloire de Dieu» (v. 4 et 40).

Jean 11:45-57
45Plusieurs donc d'entre les Juifs qui étaient venus auprès de Marie, et qui avaient vu ce que Jésus avait fait, crurent en lui;46mais quelques-uns d'entre eux s'en allèrent auprès des pharisiens et leur dirent ce que Jésus avait fait.47Les principaux sacrificateurs et les pharisiens donc assemblèrent un sanhédrin, et dirent: Que faisons-nous? car cet homme fait beaucoup de miracles.48Si nous le laissons ainsi faire, tous croiront en lui, et les Romains viendront, et ôteront et notre lieu et notre nation.49Et l'un d'entre eux, appelé Caïphe, qui était souverain sacrificateur cette année-là, leur dit:50Vous ne savez rien, ni ne considérez qu'il nous est avantageux qu'un seul homme meure pour le peuple et que la nation entière ne périsse pas.51Or il ne dit pas cela de lui-même; mais étant souverain sacrificateur cette année-là, il prophétisa que Jésus allait mourir pour la nation;52et non pas seulement pour la nation, mais aussi pour rassembler en un les enfants de Dieu dispersés.53Depuis ce jour-là donc, ils consultèrent ensemble pour le faire mourir.54Jésus donc ne marcha plus ouvertement parmi les Juifs; mais il s'en alla de là dans la contrée qui est près du désert, en une ville appelée Éphraïm; et il séjourna là avec les disciples.55Or la Pâque des Juifs était proche, et plusieurs montèrent de la campagne à Jérusalem, avant la Pâque, afin de se purifier.56Ils cherchaient donc Jésus, et se disaient l'un à l'autre, comme ils étaient dans le temple: Que vous semble? Pensez-vous qu'il ne viendra point à la fête?57Or les principaux sacrificateurs et les pharisiens avaient donné ordre que si quelqu'un savait où il était, il le déclarât, afin qu'on le prît.

Dieu a répondu à son Fils non seulement en ressuscitant Lazare, mais également en amenant plusieurs témoins de cette scène merveilleuse à croire en Lui (v. 42 fin; v. 45). Mais ce miracle, le plus grand de ceux que rapporte cet évangile, et le dernier avant Sa propre résurrection, est aussi celui qui décide de Sa mort puisque «depuis ce jour-là» ont lieu les ténébreuses machinations qui aboutiront au crime suprême (v. 53). Les Juifs répondent ainsi à la question que le Seigneur avait posée (Jean 10:32).

Les sacrificateurs font semblant de craindre qu'en suivant Jésus le peuple n'attire l'attention des Romains ainsi que leurs représailles. Mais c'est au contraire le rejet du Seigneur qui sera, quarante ans plus tard, la cause de la destruction de leur lieu de culte (Jérusalem) et de leur nation par les Romains (v. 48). Dieu permet que la prophétie de Caïphe dépasse infiniment les pensés de cet homme cynique et méchant. Jésus laissera sa vie pour la nation (car Israël sera restauré plus tard), mais aussi pour rassembler en un les enfants de Dieu dispersés (v. 52). Satan ravit et disperse (comp. ch. 10:12) tandis que, par Son œuvre, Jésus rassemble dès ici-bas ceux qui font partie de la famille de Dieu.

Jean 12:1-19
1Jésus donc, six jours avant la Pâque, vint à Béthanie où était Lazare, le mort, que Jésus avait ressuscité d'entre les morts.2On lui fit donc là un souper; et Marthe servait, et Lazare était un de ceux qui étaient à table avec lui.3Marie donc, ayant pris une livre de parfum de nard pur de grand prix, oignit les pieds de Jésus et lui essuya les pieds avec ses cheveux; et la maison fut remplie de l'odeur du parfum.4L'un de ses disciples donc, Judas Iscariote, fils de Simon, qui allait le livrer, dit:5Pourquoi ce parfum n'a-t-il pas été vendu trois cents deniers et donné aux pauvres?6Or il dit cela, non pas qu'il se souciât des pauvres, mais parce qu'il était voleur, et qu'il avait la bourse et portait ce qu'on y mettait.7Jésus donc dit: Permets-lui d'avoir gardé ceci pour le jour de ma sépulture.8Car vous avez les pauvres toujours avec vous; mais moi, vous ne m'avez pas toujours.9Une grande foule d'entre les Juifs sut donc qu'il était là, et vint, non-seulement à cause de Jésus, mais aussi pour voir Lazare qu'il avait ressuscité d'entre les morts.10Mais les principaux sacrificateurs tinrent conseil, afin de faire mourir aussi Lazare;11car, à cause de lui, plusieurs des Juifs s'en allaient et croyaient en Jésus.
12Le lendemain, une grande foule qui était venue à la fête, ayant ouï dire que Jésus venait à Jérusalem,13prit les rameaux des palmiers, et sortit au-devant de lui, et criait: Hosanna! béni soit celui qui vient au nom du Seigneur, le roi d'Israël!14Et Jésus, ayant trouvé un ânon, s'assit dessus, selon qu'il est écrit:15"Ne crains point, fille de Sion; voici, ton roi vient, assis sur l'ânon d'une ânesse".16Or ses disciples ne comprirent pas d'abord ces choses; mais quand Jésus eut été glorifié, alors ils se souvinrent que ces choses étaient écrites de lui et qu'ils avaient fait ces choses à son égard.17La foule donc qui était avec lui, lui rendait témoignage, parce qu'il avait appelé Lazare hors du sépulcre, et qu'il l'avait ressuscité d'entre les morts.18C'est pourquoi aussi la foule alla au-devant de lui, parce qu'ils avaient appris qu'il avait fait ce miracle.19Les pharisiens donc dirent entre eux: Vous voyez que vous ne gagnez rien; voici, le monde est allé après lui.

Dans ce tableau touchant de trois versets (1-3) sont figurés les différents aspects du culte: présence du Seigneur, communion, témoignage, saint service, louange. Il ne s'agit pas d'une fête en l'honneur de Lazare; Jésus est le centre de cette réunion: «On lui fit donc là un souper». Et le seul titre donné à Lazare pour être à table avec Lui est celui d'un mort qui a reçu une vie nouvelle (ce qui est le cas de tous les rachetés). Cet homme ne dit rien, ni ne fait rien; il est là simplement bien vivant, sa présence suffisant à raconter à tous ce que le Seigneur a fait pour lui. Marthe sert et son activité est ici parfaitement à sa place (en contraste avec Luc 10:40). Marie, enfin, répand le parfum qui est «de grand prix» aussi pour le cœur du Sauveur et qui remplit la maison, image de l'adoration exprimée en commun par les rachetés reconnaissants. L'incrédule n'a que mépris pour un tel culte et, au fond, c'est parce qu'il honore un autre dieu: l'argent (v. 6).

Le v. 10 montre Lazare associé à Jésus comme objet de la haine des hommes.

Puis nous assistons à l'entrée solennelle du roi d'Israël dans la ville de Jérusalem, précédé par la réputation toute passagère que lui a faite son grand miracle.

Jean 12:20-36
20Or il y avait quelques Grecs, d'entre ceux qui étaient montés pour adorer pendant la fête.21Ceux-ci donc vinrent à Philippe qui était de Bethsaïda de Galilée, et ils le priaient, disant: Seigneur, nous désirons voir Jésus.22Philippe vient, et le dit à André; et puis André vient, et Philippe, et ils le disent à Jésus.23Et Jésus leur répondit, disant: L'heure est venue pour que le fils de l'homme soit glorifié.24En vérité, en vérité, je vous dis: A moins que le grain de blé, tombant en terre, ne meure, il demeure seul; mais s'il meurt, il porte beaucoup de fruit.25Celui qui affectionne sa vie, la perdra; et celui qui hait sa vie dans ce monde-ci, la conservera pour la vie éternelle.26Si quelqu'un me sert, qu'il me suive; et où je suis, moi, là aussi sera mon serviteur: si quelqu'un me sert, le Père l'honorera.
27Maintenant mon âme est troublée; et que dirai-je? Père, délivre-moi de cette heure; mais c'est pour cela que je suis venu à cette heure. Père, glorifie ton nom.28Il vint donc une voix du ciel: Et je l'ai glorifié, et je le glorifierai de nouveau.29La foule donc qui était là et qui avait entendu, dit qu'un coup de tonnerre avait eu lieu; d'autres disaient: Un ange lui a parlé.30Jésus répondit et dit: Cette voix n'est pas venue pour moi, mais pour vous.31Maintenant est le jugement de ce monde; maintenant le chef de ce monde sera jeté dehors.32Et moi, si je suis élevé de la terre, j'attirerai tous les hommes à moi-même.33Or il disait cela pour indiquer de quelle mort il allait mourir.34La foule lui répondit: Nous, nous avons appris de la loi, que le Christ demeure éternellement: et comment, toi, dis-tu qu'il faut que le fils de l'homme soit élevé? Qui est ce fils de l'homme?35Jésus donc leur dit: Encore pour un peu de temps la lumière est au milieu de vous; marchez pendant que vous avez la lumière, afin que les ténèbres ne s'emparent pas de vous; et celui qui marche dans les ténèbres ne sait où il va.36Pendant que vous avez la lumière, croyez en la lumière, afin que vous soyez fils de lumière. Jésus dit ces choses, et s'en allant, il se cacha de devant eux.

On a retrouvé dans d'anciens tombeaux égyptiens du blé vieux de milliers d'années, qui était encore capable de germer. Cependant, quel que soit le temps écoulé, et même conservé dans le plus précieux des vases, ce grain ne pouvait s'y multiplier. Pour que des épis jaillissent, chargés d'autres grains semblables à la semence, il fallait que celle-ci soit placée dans la terre, soit sacrifiée. C'est la figure que Jésus emploie pour parler de sa mort. Le désir de le voir, exprimé par des Grecs, a porté ses pensées sur les conséquences merveilleuses de sa croix: la bénédiction des nations sous la domination universelle du Fils de l'homme; beaucoup de fruit (v. 24 fin); le jugement de Satan (v. 31); tous les hommes attirés à Lui-même (v. 32). Mais ce que cette heure comporte de souffrances pour Lui passe aussi devant son âme sainte. Et Il se tourne vers Dieu qui Lui répond du ciel par la promesse de la résurrection (v. 28).

Pour le peuple juif, c'était le crépuscule. La lumière allait disparaître à l'horizon: Jésus allait les quitter (v. 35; Jér. 13:16). Le jour actuel de la grâce s'achève lui aussi. Le moment vient où il ne sera plus possible de croire (comp. v. 40). Il y a eu pour Jésus un solennel «maintenant» (v. 27, 31). Pour nous maintenant est le temps de croire en Lui.

Jean 12:37-50
37Et quoiqu'il eût fait tant de miracles devant eux, ils ne crurent pas en lui;38afin que la parole d'Ésaïe le prophète, qu'il prononça, fût accomplie: "*Seigneur, qui est-ce qui a cru à ce qu'il a entendu de nous, et à qui le bras du *Seigneur a-t-il été révélé?".39C'est pourquoi ils ne pouvaient croire, parce qu'Ésaïe dit encore:40"Il a aveuglé leurs yeux et il a endurci leur coeur, afin qu'ils ne voient pas des yeux, et qu'ils n'entendent pas du coeur, et qu'ils ne soient pas convertis, et que je ne les guérisse pas".41Ésaïe dit ces choses parce qu'il vit sa gloire et qu'il parla de lui.
42Toutefois plusieurs d'entre les chefs mêmes crurent en lui; mais à cause des pharisiens ils ne le confessaient pas, de peur d'être exclus de la synagogue;43car ils ont aimé la gloire des hommes plutôt que la gloire de Dieu.
44Et Jésus s'écria et dit: Celui qui croit en moi, ne croit pas en moi, mais en celui qui m'a envoyé;45et celui qui me voit, voit celui qui m'a envoyé.46Moi, je suis venu dans le monde, la lumière, afin que quiconque croit en moi ne demeure pas dans les ténèbres.47Et si quelqu'un entend mes paroles et ne les garde pas, moi, je ne le juge pas; car je ne suis pas venu afin de juger le monde, mais afin de sauver le monde.48Celui qui me rejette et qui ne reçoit pas mes paroles, a qui le juge; la parole que j'ai dite, celle-là le jugera au dernier jour.49Car moi, je n'ai pas parlé de moi-même; mais le Père qui m'a envoyé, lui-même m'a commandé ce que je devais dire et comment j'avais à parler;50et je sais que son commandement est la vie éternelle. Les choses donc que moi je dis, je les dis comme le Père m'a dit.

Ce chapitre 12 termine une grande division de l'évangile. À partir du Jean 13 en effet, le Seigneur s'adressera exclusivement à ses disciples. Et nous avons ici ses dernières paroles au peuple. Dorénavant celui-ci sera endurci en tant que nation, conformément à la prophétie d'Ésaïe. Le v. 11 du ch. 1 s'est vérifié: Il vint chez soi (en Israël) et les siens ne l'ont pas reçu. Mais le verset suivant s'est lui aussi confirmé. Quelques-uns l'ont reçu et, de ce fait, ont acquis le droit d'être enfants de Dieu. Même d'entre les chefs, plusieurs ont cru en Lui sans oser toutefois rendre témoignage de leur foi. Et la raison nous en est donnée: «Ils ont aimé la gloire des hommes plutôt que la gloire de Dieu». Nous qui manquons tellement de courage pour confesser notre foi, demandons-nous si ce n'est pas pour le même motif.

Une dernière fois, Jésus affirme publiquement et solennellement le caractère divin de son ministère. Il est l'Envoyé de Dieu en même temps que la parfaite image du Père (v. 44, 49; Héb. 1:3). Pas une de ses paroles qui ne soit l'expression absolue de la pensée divine! Méditons cet exemple merveilleux et, à notre tour, apprenons de Lui à la fois ce que nous devons dire, et comment nous avons à parler (v. 49).

Jean 13:1-20
1Or, avant la fête de Pâque, Jésus, sachant que son heure était venue pour passer de ce monde au Père, ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, les aima jusqu'à la fin.2Et pendant qu'ils étaient à souper, le diable ayant déjà mis dans le coeur de Judas Iscariote, fils de Simon, de le livrer,3-Jésus, sachant que le Père lui avait mis toutes choses entre les mains, et qu'il était venu de Dieu, et s'en allait à Dieu,4se lève du souper et met de côté ses vêtements; et ayant pris un linge, il s'en ceignit.5Puis il verse de l'eau dans le bassin, et se met à laver les pieds des disciples, et à les essuyer avec le linge dont il était ceint.6Il vient donc à Simon Pierre; et celui-ci lui dit: Seigneur, me laves-tu, toi, les pieds?7Jésus répondit et lui dit: Ce que je fais, tu ne le sais pas maintenant, mais tu le sauras dans la suite.8Pierre lui dit: Tu ne me laveras jamais les pieds. Jésus lui répondit: Si je ne te lave, tu n'as pas de part avec moi.9Simon Pierre lui dit: Seigneur, non pas mes pieds seulement, mais aussi mes mains et ma tête.10Jésus lui dit: Celui qui a tout le corps lavé n'a besoin que de se laver les pieds; mais il est tout net; et vous, vous êtes nets, mais non pas tous.11Car il savait qui le livrerait; c'est pourquoi il dit: Vous n'êtes pas tous nets.12Quand donc il eut lavé leurs pieds et qu'il eut repris ses vêtements, s'étant remis à table, il leur dit: Savez-vous ce que je vous ai fait?13Vous m'appelez maître et seigneur, et vous dites bien, car je le suis;14si donc moi, le Seigneur et le Maître, j'ai lavé vos pieds, vous aussi vous devez vous laver les pieds les uns aux autres.15Car je vous ai donné un exemple, afin que, comme je vous ai fait, moi, vous aussi vous fassiez.16En vérité, en vérité, je vous dis: L'esclave n'est pas plus grand que son seigneur, ni l'envoyé plus grand que celui qui l'a envoyé.17Si vous savez ces choses, vous êtes bienheureux si vous les faites.
18Je ne parle pas de vous tous; moi, je connais ceux que j'ai choisis; mais c'est afin que l'écriture soit accomplie: "Celui qui mange le pain avec moi a levé son talon contre moi".19Je vous le dis dès maintenant, avant que cela arrive, afin que, quand ce sera arrivé, vous croyiez que c'est moi.20En vérité, en vérité, je vous dis: Celui qui reçoit quelqu'un que j'envoie, me reçoit; et celui qui me reçoit, reçoit celui qui m'a envoyé.

Pour le cœur du Seigneur, sa mort c'était d'abord «passer de ce monde au Père» (v. 1; comp. Jean 16:28). Mais Il laissait ceux qu'Il aimait dans un monde rempli de corruption et de violence. Et, de même qu'un voyageur marchant sur les chemins a les pieds couverts de poussière, les croyants, bien qu'ayant «tout le corps lavé» par le sang de la croix (v. 10; Apoc. 1:5 fin) sont, par leurs contacts incessants avec le mal, exposés à la souillure, en pensées, en paroles et en actes. Mais le Seigneur fidèle y a pourvu, car Il veille à la sainteté pratique des siens. Grand souverain sacrificateur, Il lave leurs pieds, autrement dit, Il les purifie en les amenant à se juger continuellement à la lumière de la Parole (l'eau) qu'Il applique à leurs consciences (Éph. 5:26; Héb. 10:22). Eh bien! Ce service d'amour, nous avons aussi à l'exercer les uns vis-à-vis des autres. Dans l'humilité, en nous mettant à leurs pieds, nous avons à montrer à nos frères par la Parole en quoi ils ont manqué, ou quels sont les dangers auxquels ils s'exposent (Gal. 6:1). Chers amis, le Seigneur ne dit pas: vous êtes bienheureux si vous savez ces choses, mais, les sachant, «vous êtes bienheureux si vous les faites» (v. 17).

Jean 13:21-38
21Ayant dit ces choses, Jésus fut troublé dans son esprit, et rendit témoignage et dit: En vérité, en vérité, je vous dis que l'un d'entre vous me livrera.22Les disciples se regardaient donc les uns les autres, étant en perplexité, ne sachant de qui il parlait.23Or l'un d'entre ses disciples, que Jésus aimait, était à table dans le sein de Jésus.24Simon Pierre donc lui fait signe de demander lequel était celui dont il parlait.25Et lui, s'étant penché sur la poitrine de Jésus, lui dit: Seigneur, lequel est-ce?26Jésus répond: C'est celui à qui moi je donnerai le morceau après l'avoir trempé. Et ayant trempé le morceau, il le donne à Judas Iscariote, fils de Simon.27Et après le morceau, alors Satan entra en lui. Jésus donc lui dit: Ce que tu fais, fais-le promptement.28Mais aucun de ceux qui étaient à table ne comprit pourquoi il lui avait dit cela;29car quelques-uns pensaient que, puisque Judas avait la bourse, Jésus lui avait dit: Achète ce dont nous avons besoin pour la fête; ou, qu'il donnât quelque chose aux pauvres.30Ayant donc reçu le morceau, il sortit aussitôt; or il était nuit.
31Lors donc qu'il fut sorti, Jésus dit: Maintenant le fils de l'homme est glorifié, et Dieu est glorifié en lui.32Si Dieu est glorifié en lui, Dieu aussi le glorifiera en lui-même; et incontinent il le glorifiera.33Enfants, je suis encore pour un peu de temps avec vous: vous me chercherez; et, comme j'ai dit aux Juifs: là ou moi je vais, vous, vous ne pouvez venir, je vous le dis aussi maintenant à vous.34Je vous donne un commandement nouveau, que vous vous aimiez l'un l'autre; comme je vous ai aimés, que vous aussi vous vous aimiez l'un l'autre.35A ceci tous connaîtront que vous êtes mes disciples, si vous avez de l'amour entre vous.
36Simon Pierre lui dit: Seigneur, où vas-tu? Jésus lui répondit: Là où je vais, tu ne peux pas me suivre maintenant, mais tu me suivras plus tard.37Pierre lui dit: Seigneur, pourquoi ne puis-je pas te suivre maintenant? Je laisserai ma vie pour toi.38Jésus répond: Tu laisseras ta vie pour moi! En vérité, en vérité, je te dis: Le coq ne chantera point, que tu ne m'aies renié trois fois.

«Le disciple que Jésus aimait», est le nom que prend Jean dans son évangile. Il connaissait l'amour du Seigneur pour les siens (v. 1), mais il se savait aussi un objet personnel de cet amour. Et il l’éprouvait près du cœur de Jésus, place des communications les plus intimes. Mais c'est un secret terrible que le Seigneur révèle à présent. Il dénonce le traître Judas que Lui-même connaissait depuis le commencement (Jean 6:64). Satan entre alors dans cet homme qui était prêt à le recevoir et qui s'en va dans la nuit consommer son affreux forfait. De nouveau le Seigneur parle de sa croix où sa gloire brillera dans la honte (v. 31), et de sa résurrection par laquelle Dieu glorifiera Celui qui l'a parfaitement glorifié (v. 32). Mais comment pourront être dorénavant reconnus ses disciples, puisqu'Il ne sera plus au milieu d'eux? À un signe certain: leur amour les uns pour les autres (v. 35). Est-ce vraiment ce qui nous caractérise? Question bien propre à sonder notre cœur!

En contraste avec Jean occupé des affections de Jésus pour lui, Pierre fait valoir son propre dévouement, hélas! sans prendre garde à l'avertissement du Seigneur!

Jean 14:1-14
1Que votre coeur ne soit pas troublé; vous croyez en Dieu, croyez aussi en moi.2Dans la maison de mon Père, il y a plusieurs demeures; s'il en était autrement, je vous l'eusse dit, car je vais vous préparer une place.3Et si je m'en vais et que je vous prépare une place, je reviendrai, et je vous prendrai auprès de moi; afin que là où moi je suis, vous, vous soyez aussi.
4Et vous savez où moi je vais, et vous en savez le chemin.5Thomas lui dit: Seigneur, nous ne savons pas où tu vas; et comment pouvons-nous en savoir le chemin?6Jésus lui dit: Moi, je suis le chemin, et la vérité, et la vie; nul ne vient au Père que par moi.7Si vous m'aviez connu, vous auriez connu aussi mon Père; et dès maintenant vous le connaissez et vous l'avez vu.8Philippe lui dit: Seigneur, montre-nous le Père, et cela nous suffit.9Jésus lui dit: Je suis depuis si longtemps avec vous, et tu ne m'as pas connu, Philippe? Celui qui m'a vu, a vu le Père; et comment toi, dis-tu: Montre-nous le Père?10Ne crois-tu pas que moi je suis dans le Père, et que le Père est en moi? Les paroles que moi je vous dis, je ne les dis pas de par moi-même; mais le Père qui demeure en moi, c'est lui qui fait les oeuvres.11Croyez-moi, que je suis dans le Père, et que le Père est en moi; sinon, croyez-moi à cause des oeuvres elles-mêmes.
12En vérité, en vérité, je vous dis: Celui qui croit en moi fera, lui aussi, les oeuvres que moi je fais, et il en fera de plus grandes que celles-ci; parce que moi, je m'en vais au Père.13Et quoi que vous demandiez en mon nom, je le ferai, afin que le Père soit glorifié dans le Fils.14Si vous demandez quelque chose en mon nom, moi, je le ferai.

Au ch. 13 nous avons vu comment le Seigneur préparait les siens à avoir dès ici-bas une part avec Lui (v. 8). Il s'en va maintenant préparer leur place dans la maison de son Père. Et il faut pour cela qu'il les devance, un peu comme un maître de maison prend ses dispositions pour arriver chez lui avant ses invités. La Bible nous donne peu de détails sur le ciel. Mais ce qui en fait un séjour de bonheur, c'est la présence du Seigneur. Et Lui-même réclame pour sa propre joie la présence des siens avec Lui.

Jésus est le seul chemin pour aller au Père. Il est la vérité, Il est la vie. Il n'avait cessé de révéler le Père en paroles et en œuvres, aussi quelle peine Lui cause l'ignorance de ses disciples! Mais ne pourrait-Il pas nous dire aussi quelquefois: Depuis si longtemps que tu entends parler de moi, que tu lis ma Parole, comment ne me connais-tu pas mieux?

«Quoi que vous demandiez en mon nom, je le ferai», promet le Seigneur (v. 13). «En mon nom» n'est pas une simple formule, mais implique qu'Il peut être d'accord avec notre demande. Notre prière devient alors celle de Jésus et Il y répondra nécessairement. Non pas seulement parce qu'Il nous aime, mais en premier lieu parce que la gloire du Père est en question. Peut-il y avoir un plus excellent motif?

Jean 14:15-31
15Si vous m'aimez, gardez mes commandements;16et moi, je prierai le Père, et il vous donnera un autre consolateur, pour être avec vous éternellement,17l'Esprit de vérité, que le monde ne peut pas recevoir, parce qu'il ne le voit pas et ne le connaît pas; mais vous, vous le connaissez, parce qu'il demeure avec vous, et qu'il sera en vous.
18Je ne vous laisserai pas orphelins; je viens à vous.19Encore un peu de temps, et le monde ne me verra plus; mais vous, vous me verrez; parce que moi je vis, vous aussi vous vivrez.20En ce jour-là, vous connaîtrez que moi je suis en mon Père, et vous en moi et moi en vous.21Celui qui a mes commandements et qui les garde, c'est celui-là qui m'aime; et celui qui m'aime, sera aimé de mon Père; et moi je l'aimerai, et je me manifesterai à lui.22Jude (non pas l'Iscariote) lui dit: Seigneur, comment se fait-il que tu vas te manifester à nous, et non pas au monde?23Jésus répondit et lui dit: Si quelqu'un m'aime, il gardera ma parole, et mon Père l'aimera; et nous viendrons à lui, et nous ferons notre demeure chez lui.24Celui qui ne m'aime pas ne garde pas mes paroles. Et la parole que vous entendez n'est pas la mienne, mais celle du Père qui m'a envoyé.
25Je vous ai dit ces choses demeurant avec vous;26mais le Consolateur, l'Esprit Saint, que le Père enverra en mon nom, lui, vous enseignera toutes choses et vous rappellera toutes les choses que je vous ai dites.27Je vous laisse la paix; je vous donne ma paix; je ne vous donne pas, moi, comme le monde donne. Que votre coeur ne soit pas troublé, ni craintif.
28avez entendu que moi je vous ai dit: Je m'en vais, et je viens à vous. Si vous m'aviez aimé, vous vous seriez réjouis de ce que je m'en vais au Père, car mon Père est plus grand que moi.29Et maintenant je vous l'ai dit avant que cela arrive, afin que, quand ce sera arrivé, vous croyiez.30Je ne parlerai plus beaucoup avec vous, car le chef du monde vient, et il n'a rien en moi;31mais afin que le monde connaisse que j'aime le Père; et selon que le Père m'a commandé, ainsi je fais. Levez-vous, partons d'ici!

Jésus est sur le point de quitter ses chers disciples, mais Il ne les laissera pas orphelins. Il va leur envoyer une Personne divine pour les consoler, les soutenir, leur venir en aide (v. 16; voir note). C'est le Saint-Esprit qui sera non seulement avec les croyants, mais en eux pour les instruire (v. 26). Le Seigneur l'appelle: «un autre consolateur» parce que Lui-même demeure le consolateur céleste, l'avocat auprès du Père (1 Jean 2:1).

Jésus fait encore aux siens trois autres promesses: la vie nouvelle, découlant de la sienne (v. 19), une place particulière dans l'amour du Fils — et du Père — pour quiconque Lui prouve son affection en gardant ses commandements (v. 21, 23). Et puis la paix, sa propre paix (v. 27). Combien c'est vrai qu'Il ne donne pas «comme le monde donne»! Ce dernier offre peu et prend beaucoup; il distrait et étourdit la conscience, agissant comme un remède tranquillisant qui trompe un moment les inquiétudes et les tourments de l'âme; mais ce n'est qu'une illusion de paix. Celle que Jésus donne, satisfait entièrement le cœur, et elle est éternelle.

Enfin le Seigneur fait comprendre à ses disciples que le vrai amour pour Lui ne devait pas chercher égoïstement à le retenir ici-bas mais se réjouir de son bonheur à Lui (v. 28).

Jean 15:1-15
1Moi, je suis le vrai cep, et mon Père est le cultivateur.2Tout sarment en moi qui ne porte pas de fruit, il l'ôte; et tout sarment qui porte du fruit, il le nettoie, afin qu'il porte plus de fruit.3Vous, vous êtes déjà nets, à cause de la parole que je vous ai dite.4Demeurez en moi, et moi en vous. Comme le sarment ne peut pas porter de fruit de lui-même, à moins qu'il ne demeure dans le cep, de même vous non plus vous ne le pouvez pas, à moins que vous ne demeuriez en moi.5Moi, je suis le cep, vous, les sarments. Celui qui demeure en moi, et moi en lui, celui-là porte beaucoup de fruit; car, séparés de moi, vous ne pouvez rien faire.6Si quelqu'un ne demeure pas en moi, il est jeté dehors comme le sarment, et il sèche; et on les amasse, et on les met au feu, et ils brûlent.7Si vous demeurez en moi, et que mes paroles demeurent en vous, vous demanderez ce que vous voudrez, et il vous sera fait.8En ceci mon Père est glorifié, que vous portiez beaucoup de fruit; et vous serez mes disciples.
9Comme le Père m'a aimé, moi aussi je vous ai aimés; demeurez dans mon amour.10Si vous gardez mes commandements, vous demeurerez dans mon amour; comme moi j'ai gardé les commandements de mon Père, et je demeure dans son amour.11Je vous ai dit ces choses, afin que ma joie soit en vous, et que votre joie soit accomplie.12C'est ici mon commandement: Que vous vous aimiez les uns les autres, comme je vous ai aimés.13Personne n'a un plus grand amour que celui-ci, qu'il laisse sa vie pour ses amis.14Vous êtes mes amis, si vous faites tout ce que moi je vous commande.15Je ne vous appelle plus esclaves, car l'esclave ne sait pas ce que son maître fait; mais je vous ai appelés amis, parce que je vous ai fait connaître tout ce que j'ai ouï de mon Père.

Israël était une vigne stérile malgré tous les soins du divin Cultivateur (Ps. 80:8, 9; Ésaïe 5:2). En contraste, Jésus se présente comme le vrai Cep, portant du fruit par le moyen des disciples. Mais, de même que sur un pied de vigne tous les sarments sont loin d'être également chargés, le Seigneur fait une différence entre ceux qui disent le connaître, suivant qu'ils portent «pas de fruit,… du fruit,… plus de fruit» (v. 2), …et «beaucoup de fruit» (v. 5). Pour faire partie de ces derniers, deux conditions sont nécessaires: Demeurer en Lui, de même qu'une branche reste attachée au tronc nourricier — et Lui en nous: comme cette même branche se laisse traverser et imprégner par la sève qui est sa vie. D'autre part n'oublions jamais que si le Père nous «nettoie» en nous dépouillant d'une manière parfois douloureuse, c'est afin que nous portions plus de fruit (v. 2).

Mais que d'autres conséquences heureuses découlent d'une telle communion! La connaissance de la volonté de Dieu et par suite l'exaucement de nos prières, puisque nous ne voulons plus autre chose que ce que Lui-même désire (v. 7); la joie (v. 11), enfin l'approbation inestimable de Celui qui consent à nous appeler ses amis (v. 14).

Jean 15:16-27
16Ce n'est pas vous qui m'avez choisi; mais c'est moi qui vous ai choisis et qui vous ai établis, afin que vous alliez, et que vous portiez du fruit, et que votre fruit demeure; afin que tout ce que demanderez au Père en mon nom, il vous le donne.17Je vous commande ces choses, c'est que vous vous aimiez les uns les autres.
18Si le monde vous hait, sachez qu'il m'a haï avant vous.19Si vous étiez du monde, le monde aimerait ce qui serait sien; mais parce que vous n'êtes pas du monde, mais que moi je vous ai choisis du monde, à cause de cela le monde vous hait.20Souvenez-vous de la parole que moi je vous ai dite: L'esclave n'est pas plus grand que son maître. S'ils m'ont persécuté, ils vous persécuteront aussi; s'ils ont gardé ma parole, ils garderont aussi la vôtre.21Mais ils vous feront toutes ces choses à cause de mon nom, parce qu'ils ne connaissent pas celui qui m'a envoyé.22Si je n'étais pas venu, et que je ne leur eusse pas parlé, ils n'auraient pas eu de péché; mais maintenant ils n'ont pas de prétexte pour leur péché.23Celui qui me hait, hait aussi mon Père.24Si je n'avais pas fait parmi eux les oeuvres qu'aucun autre n'a faites, ils n'auraient pas eu de péché; mais maintenant ils ont, et vu, et haï et moi et mon Père.25Mais c'est afin que fût accomplie la parole qui est écrite dans leur loi: "Ils m'ont haï sans cause".
26Mais quand le Consolateur sera venu, lequel moi je vous enverrai d'auprès du Père, l'Esprit de vérité, qui procède du Père, celui-là rendra témoignage de moi.27Et vous aussi, vous rendrez témoignage; parce que dès le commencement vous êtes avec moi.

Si nos prières ont pour objet du fruit pour Dieu, elles seront toujours exaucées (v. 16). Or en quoi ce fruit consiste-t-il? Essentiellement dans l'amour des rachetés les uns pour les autres, et dans ses multiples manifestations. «Je vous commande ces choses…», ajoute le Seigneur, comme pour suggérer tous les services qui découlent de l'amour. C'est la troisième fois qu'Il formule ce «commandement nouveau», tant Il y attache d'importance (v. 17; voir v. 12 et Jean 13:34). Quand l'affection manque entre les membres d'une famille, n'est-ce pas une chose triste et anormale? À plus forte raison dans la famille de Dieu. Par contre la haine du monde envers les croyants (dont la conduite juge la sienne) est tout à fait naturelle et nous devons nous y attendre — à moins que le monde ne trouve quelque chose de lui à aimer en nous, mais c'est alors un bien mauvais signe.

«L'esclave n'est pas plus grand que son maître» (v. 20), répète ici le Seigneur. Au ch. 13:16, c'était en rapport avec le service; ici il s'agit de souffrances.

Ainsi le nom de Jésus «invoqué sur nous» est à la fois un motif pour le monde de nous manifester sa haine (v. 21) et pour le Père de répondre à nos prières (v. 16 fin).

Jean 16:1-18
1Je vous ai dit ces choses, afin que vous ne soyez pas scandalisés.2Ils vous excluront des synagogues; même l'heure vient que quiconque vous tuera pensera rendre service à Dieu.3Et ils feront ces choses, parce qu'ils n'ont connu ni le Père, ni moi.4Mais je vous ai dit ces choses, afin que, quand l'heure sera venue, il vous souvienne que moi je vous les ai dites; et je ne vous ai pas dit ces choses dès le commencement, parce que j'étais avec vous.5Mais maintenant je m'en vais à celui qui m'a envoyé, et aucun d'entre vous ne me demande: Où vas-tu?6Mais parce que je vous ai dit ces choses, la tristesse a rempli votre coeur.
7Toutefois, je vous dis la vérité: Il vous est avantageux que moi je m'en aille; car si je ne m'en vais, le Consolateur ne viendra pas à vous; mais si je m'en vais, je vous l'enverrai.8Et quand celui-là sera venu, il convaincra le monde de péché, et de justice, et de jugement:9de péché, parce qu'ils ne croient pas en moi;10de justice, parce que je m'en vais à mon Père, et que vous ne me voyez plus;11de jugement, parce que le chef de ce monde est jugé.12J'ai encore beaucoup de choses à vous dire; mais vous ne pouvez les supporter maintenant.13Mais quand celui-là, l'Esprit de vérité, sera venu, il vous conduira dans toute la vérité: car il ne parlera pas de par lui-même; mais il dira tout ce qu'il aura entendu, et il vous annoncera les choses qui vont arriver.14Celui-là me glorifiera; car il prendra de ce qui est à moi, et vous l'annoncera.15Tout ce qu'a le Père est à moi; c'est pourquoi j'ai dit qu'il prend du mien, et qu'il vous l'annoncera.
16Un peu de temps et vous ne me verrez pas, et encore un peu de temps et vous me verrez, parce que je m'en vais au Père.17Quelques-uns donc d'entre ses disciples se dirent les uns aux autres: Qu'est-ce que ceci qu'il nous dit: Un peu de temps et vous ne me verrez pas, et encore un peu de temps et vous me verrez, et: Parce que je m'en vais au Père?18Ils disaient donc: Qu'est ce que ceci qu'il dit: Un peu de temps? Nous ne savons ce qu'il dit.

Si ce n'était pas le Seigneur qui le déclare, nous aurions peine à considérer son départ comme «avantageux» pour les disciples. Il en est ainsi de tant de circonstances que nous ne comprenons pas et qui sur le moment nous affligent, alors qu'elles sont pour notre profit (v. 6, 7). L'Esprit Saint, envoyé du ciel par Jésus, allait conduire les croyants dans toute la vérité (v. 13). On a remarqué que le Seigneur confirme dans ces ch. 14 - 16 l'inspiration de toutes les parties du Nouveau Testament: les Évangiles: Il «vous rappellera toutes les choses que je vous ai dites» (Jean 14:26); les Actes: «celui-là rendra témoignage de moi» (Jean 15:26 fin et 27); les Épîtres: «Lui vous enseignera toutes choses» (Jean 14:26); enfin l'Apocalypse: «Il vous annoncera les choses qui vont arriver» (v. 13). Mais la présence du Saint-Esprit ici-bas comporte aussi de graves conséquences pour le monde en le démontrant coupable du rejet de Christ (v. 8-11).

Par leurs questions (v. 17, 18), les disciples prouvent combien ils sont incapables à ce moment de supporter les enseignements de leur Maître (v. 12). Aujourd’hui l'Esprit est là, qui glorifie Jésus en nous annonçant ce qui est à Lui. Quant à nous, glorifions-le en recevant et en gardant cette révélation!

Jean 16:19-33
19Jésus donc savait qu'ils voulaient l'interroger, et il leur dit: Vous vous enquérez entre vous touchant ceci, que j'ai dit: Un peu de temps et vous ne me verrez pas, et encore un peu de temps et vous me verrez.20En vérité, en vérité, je vous dis, que vous, vous pleurerez et vous vous lamenterez, et le monde se réjouira; et vous, vous serez dans la tristesse; mais votre tristesse sera changée en joie.21La femme, quand elle enfante, a de la tristesse, parce que son heure est venue; mais après qu'elle a donné le jour à l'enfant, il ne lui souvient plus de son angoisse, à cause de la joie qu'elle a de ce qu'un homme est né dans le monde.22Et vous donc, vous avez maintenant de la tristesse; mais je vous reverrai, et votre coeur se réjouira: et personne ne vous ôte votre joie.
23Et en ce jour-là vous ne me ferez pas de demandes. En vérité, en vérité, je vous dis, que toutes les choses que vous demanderez au Père en mon nom, il vous les donnera.24Jusqu'à présent vous n'avez rien demandé en mon nom; demandez, et vous recevrez, afin que votre joie soit accomplie.25Je vous ai dit ces choses par des similitudes: l'heure vient que je ne vous parlerai plus par similitudes, mais je vous parlerai ouvertement du Père.26En ce jour-là, vous demanderez en mon nom, et je ne vous dis pas que moi je ferai des demandes au Père pour vous;27car le Père lui-même vous aime, parce que vous m'avez aimé et que vous avez cru que moi je suis sorti d'auprès de Dieu.
28Je suis sorti d'auprès du Père, et je suis venu dans le monde; et de nouveau je laisse le monde, et je m'en vais au Père.29Ses disciples lui disent: Voici, maintenant tu parles ouvertement, et tu ne dis aucune similitude.30Maintenant nous savons que tu sais toutes choses, et que tu n'as pas besoin que personne te fasse des demandes; à cause de cela, nous croyons que tu es venu de Dieu.31Jésus leur répondit: Vous croyez maintenant?32Voici, l'heure vient, et elle est venue, que vous serez dispersés chacun chez soi, et que vous me laisserez seul; -et je ne suis pas seul, car le Père est avec moi.33Je vous ai dit ces choses, afin qu'en moi vous ayez la paix. Vous avez de la tribulation dans le monde; mais ayez bon courage, moi j'ai vaincu le monde.

Les disciples vont connaître la tristesse de la séparation. Mais Jésus les console par avance en leur parlant de la joie qui les attend lorsqu'ils le reverront après sa résurrection (Jean 20:20). Que de motifs possède le croyant pour se réjouir: l'espérance du retour du Seigneur (comp. v. 22); l'obéissance à ses commandements (Jean 15:10, 11 — avons-nous fait l'expérience du bonheur qu'elle procure?); la dépendance et la réponse à nos prières (Jean 16:24); les révélations du Seigneur dans Sa Parole (Jean 17:13); la communion avec le Père et le Fils (1 Jean 1:3, 4); telles sont les sources inépuisables d'une «joie accomplie».

Pourquoi Jésus préfère-t-Il ne pas dire aux siens qu'Il fera des demandes au Père pour eux (v. 26), alors que tel sera justement l'objet de tout le chapitre suivant? Parce que, bien loin de revendiquer pour Lui-seul les affections des disciples, sa grande pensée est de les mettre en relation directe avec le Père. Le Seigneur ne promet pas aux siens une vie sans épreuve ni la paix autour d’eux, mais ils l’auront en eux. Il conclut donc: «Ayez bon courage», conclut le Seigneur. Le monde, notre ennemi commun, est fort, mais moi je l'ai vaincu.

Et c’est par la foi en sa victoire que nous le vaincrons nous aussi (1 Jean 4:4).

Jean 17:1-13
1Jésus dit ces choses, et leva ses yeux au ciel, et dit: Père, l'heure est venue; glorifie ton Fils, afin que ton Fils te glorifie,2comme tu lui as donné autorité sur toute chair, afin que, quant à tout ce que tu lui as donné, il leur donne la vie éternelle.3Et c'est ici la vie éternelle, qu'ils te connaissent seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus Christ.4Moi, je t'ai glorifié sur la terre, j'ai achevé l'oeuvre que tu m'as donnée à faire;5et maintenant glorifie-moi, toi, Père, auprès de toi-même, de la gloire que j'avais auprès de toi avant que le monde fût.
6J'ai manifesté ton nom aux hommes que tu m'as donnés du monde; ils étaient à toi, et tu me les as donnés; et ils ont gardé ta parole.7Maintenant ils ont connu que tout ce que tu m'as donné vient de toi;8car je leur ai donné les paroles que tu m'as données, et ils les ont reçues; et ils ont vraiment connu que je suis sorti d'auprès de toi, et ils ont cru que toi tu m'as envoyé.9Moi, je fais des demandes pour eux; je ne fais pas de demandes pour le monde, mais pour ceux que tu m'as donnés, parce qu'ils sont à toi10(et tout ce qui est à moi, est à toi; et ce qui est à toi est à moi), et je suis glorifié en eux.
11Et je suis plus dans le monde, et ceux-ci sont dans le monde, et moi, je viens à toi. Père saint, garde-les en ton nom que tu m'as donné, afin qu'ils soient un comme nous.12Quand j'étais avec eux, moi je les gardais en ton nom; j'ai gardé ceux que tu m'as donnés, et aucun d'entre eux n'est perdu, sinon le fils de perdition, afin que l'écriture fût accomplie.13Et maintenant je viens à toi, et je dis ces choses dans le monde, afin qu'ils aient ma joie accomplie en eux-mêmes.

Ayant fait à ses chers disciples ses dernières recommandations et ses adieux Jésus se tourne vers son Père. Lui qui n'a jamais rien revendiqué pour Lui-même demande maintenant la gloire. Car il y va de la gloire de Dieu, le «Père juste» (v. 25), d'honorer en le glorifiant le Fils obéissant.

Comme un messager fidèle, Jésus rend compte de sa mission accomplie ici-bas (v. 4). Un des côtés de cette œuvre avait été de parler du Père aux siens (v. 6, 26). Maintenant Il parle des siens au Père pour les Lui confier puisque Lui-même va les quitter. Et ses arguments sont infiniment touchants: «Ils ont gardé ta parole… ils ont cru que toi tu m'as envoyé», dit-Il (autrement dit: ils ont de l’amour pour moi — Jean 14:23), alors que nous savons combien était faible la foi des pauvres disciples (v. 6-8; comp. Jean 14:9). — D'ailleurs «ils sont-toi…» (v. 9) continue le Seigneur, — comment les abandonnerais-tu?

«Je suis glorifié en eux», ajoute-t-Il, faisant appel à l'intérêt que le Père porte à la gloire du Fils.

Enfin, Il souligne la situation difficile de ses rachetés qui sont dans un monde si dangereux et éprouvant pour la foi, monde que lui-même ne connaît que trop bien. Oui, c'est en parfait intercesseur que Jésus plaide la cause de ses disciples… et aujourd'hui la nôtre.

Jean 17:14-26
14Moi, je leur ai donné ta parole, et le monde les a haïs, parce qu'ils ne sont pas du monde, comme moi je ne suis pas du monde.15Je ne fais pas la demande que tu les ôtes du monde, mais que tu les gardes du mal.16Ils ne sont pas du monde, comme moi je ne suis pas du monde.
17Sanctifie-les par la vérité; ta parole est la vérité.18Comme tu m'as envoyé dans le monde, moi aussi je les ai envoyés dans le monde.19Et moi, je me sanctifie moi-même pour eux, afin qu'eux aussi soient sanctifiés par la vérité.
20Or je ne fais pas seulement des demandes pour ceux-ci, mais aussi pour ceux qui croient en moi par leur parole;21afin que tous soient un, comme toi, Père, tu es en moi, et moi en toi; afin qu'eux aussi soient un en nous, afin que le monde croie que toi tu m'as envoyé.22Et la gloire que tu m'as donnée, moi, je la leur ai donnée, afin qu'ils soient un, comme nous, nous sommes un;23moi en eux, et toi en moi; afin qu'ils soient consommés en un, et que le monde connaisse que toi tu m'as envoyé, et que tu les as aimés comme tu m'as aimé.
24Père, je veux, quant à ceux que tu m'as donnés, que là où moi je suis, ils y soient aussi avec moi, afin qu'ils voient ma gloire, que tu m'as donnée; car tu m'as aimé avant la fondation du monde.25Père juste; -et le monde ne t'a pas connu, mais moi je t'ai connu; et ceux-ci ont connu que toi tu m'as envoyé.26Et je leur ai fait connaître ton nom, et je le leur ferai connaître, afin que l'amour dont tu m'as aimé soit en eux, et moi en eux.

Non seulement les croyants ne sont pas retirés du monde (v. 15), mais ils y sont même expressément envoyés par le Seigneur (v. 18) pour accomplir l'œuvre qu'Il leur a donnée à faire (comp. v. 4). Toutefois ils ne sont pas du monde, comme Jésus n'en était pas. Leur position est celle d'étrangers appelés à servir leur souverain dans un pays ennemi. Mais ce chapitre incomparable nous apprend que, loin d'être oubliés ici-bas, les croyants sont portés au trône de la grâce par un «grand souverain Sacrificateur» (comp. Héb. 4:14-16). Écoutons ce qu'Il demande au Père pour eux: «Que tu les gardes du mal», exposés comme ils le sont dans un tel monde (v. 15). — «Sanctifie-les par la vérité»: c'est la mise à part de ceux qui obéissent à la Parole. — «Que tous soient un…»: désir de son cœur qui nous humilie quand nous pensons aux divisions des chrétiens. — Enfin: «Que là où moi je suis, ils y soient aussi avec moi…» (v. 24). Ceux qui ne sont pas du monde ne resteront pas dans le monde. Leur part éternelle est avec Jésus pour voir Sa gloire. «Je veux…», dit le Seigneur Jésus, car la présence des siens dans le ciel avec Lui, témoignant des pleins résultats de son œuvre, fait partie de Sa gloire et de celle du Père.

Jean 18:1-11
1Ayant dit ces choses, Jésus s'en alla avec ses disciples au delà du torrent du Cédron, où était un jardin, dans lequel il entra, lui et ses disciples.2Judas aussi, qui le livrait, connaissait le lieu; car Jésus s'y était souvent assemblé avec ses disciples.3Judas donc, ayant pris la compagnie de soldats, et des huissiers, de la part des principaux sacrificateurs et des pharisiens, vient là, avec des lanternes et des flambeaux et des armes.4Jésus donc, sachant toutes les choses qui devaient lui arriver, s'avança et leur dit: Qui cherchez-vous?5Ils lui répondirent: Jésus le Nazaréen. Jésus leur dit: C'est moi. Et Judas aussi qui le livrait était là avec eux.6Quand donc il leur dit: C'est moi, ils reculèrent, et tombèrent par terre.7Il leur demanda donc de nouveau: Qui cherchez-vous? Et ils dirent: Jésus le Nazaréen.8Jésus répondit: Je vous ai dit que c'est moi; si donc vous me cherchez, laissez aller ceux-ci,9-afin que fût accomplie la parole qu'il avait dite: De ceux que tu m'as donnés, je n'en ai perdu aucun.10Simon Pierre donc, ayant une épée, la tira et frappa l'esclave du souverain sacrificateur et lui coupa l'oreille droite; et le nom de l'esclave était Malchus.11Jésus donc dit à Pierre: Remets l'épée dans le fourreau: la coupe que le Père m'a donnée, ne la boirai-je pas?

Après «la gloire que tu m'as donnée» (Jean 17:22), vient «la coupe que le Père m'a donnée» (v. 11). Dans une entière dépendance, Jésus reçoit l'une et l'autre de la main de son Père. Mais en accord avec le caractère de cet évangile, nous n'avons pas ici «l'angoisse du combat» (Luc 22:44). Dans la pensée du Fils obéissant, l'œuvre est déjà achevée (Jean 17:4).

Le misérable Judas sait où conduire la bande armée qui doit se saisir du Seigneur. Car c'est le lieu de bien des rencontres intimes et précieuses auxquelles lui-même avait participé.

Celui qu'on appelle avec mépris «Jésus le Nazaréen» n'est autre que le Fils de Dieu. Dans la pleine connaissance de ce qui allait arriver, Il s'avance au-devant de cette troupe menaçante. Et Il donne de sa puissance souveraine une preuve qui aurait permis de le reconnaître d'après les Écritures (Ps. 27:2): d'une seule parole, Il jette à terre ses ennemis. Mais quelle est la pensée de son cœur dans ce moment si terrible pour Lui? Encore et toujours ses chers disciples. «Laissez aller ceux-ci», commande-t-Il à ceux qui sont venus le prendre. Jusqu'au dernier instant, le bon Berger aura veillé sur ses brebis. Maintenant l'heure est arrivée où Il va mettre sa vie pour elles (Jean 10:11).

Jean 18:12-27
12La compagnie de soldats donc, et le chiliarque, et les huissiers des Juifs, se saisirent de Jésus et le lièrent,
13et l'amenèrent premièrement à Anne; car il était beau-père de Caïphe, qui était souverain sacrificateur cette année-là.14Or Caïphe était celui qui avait donné aux Juifs le conseil, qu'il était avantageux qu'un seul homme pérît pour le peuple.15Or Simon Pierre suivait Jésus, et l'autre disciple aussi; et ce disciple-là était connu du souverain sacrificateur, et il entra avec Jésus dans le palais du souverain sacrificateur;16mais Pierre se tenait dehors à la porte. L'autre disciple donc, qui était connu du souverain sacrificateur, sortit, et parla à la portière, et fit entrer Pierre.17La servante qui était portière dit donc à Pierre: Et toi, n'es-tu pas des disciples de cet homme? Lui dit: Je n'en suis point.18Or les esclaves et les huissiers, ayant allumé un feu de charbon, se tenaient là, car il faisait froid, et ils se chauffaient; et Pierre était avec eux, se tenant là et se chauffant.19Le souverain sacrificateur donc interrogea Jésus touchant ses disciples et touchant sa doctrine.20Jésus lui répondit: Moi, j'ai ouvertement parlé au monde; j'ai toujours enseigné dans la synagogue, et dans le temple où tous les Juifs s'assemblent, et je n'ai rien dit en secret.21Pourquoi m'interroges-tu? Interroge sur ce que je leur ai dit ceux qui m'ont entendu; voilà, ils savent, eux, ce que moi j'ai dit.22Or comme il disait ces choses, un des huissiers qui se tenait là donna un soufflet à Jésus, disant: Réponds-tu ainsi au souverain sacrificateur?23Jésus lui répondit: Si j'ai mal parlé, rends témoignage du mal; mais si j'ai bien parlé, pourquoi me frappes-tu?24Anne donc l'avait envoyé lié à Caïphe, le souverain sacrificateur.25Et Simon Pierre se tenait là, et se chauffait; ils lui dirent donc: Et toi n'es-tu pas de ses disciples? Il le nia, et dit: Je n'en suis point.26L'un d'entre les esclaves du souverain sacrificateur, parent de celui à qui Pierre avait coupé l'oreille, dit: Ne t'ai-je pas vu, moi, dans le jardin avec lui?27Pierre donc nia encore; et aussitôt le coq chanta.

En «se tenant là» et en «se chauffant» avec ceux qui avaient saisi et lié son Maître, Pierre l'avait déjà pratiquement renié. Choisir volontairement nos compagnies dans un monde qui a crucifié Jésus, et partager ses délassements, nous expose d'une manière ou d'une autre à déshonorer le Seigneur. Car nous ne pouvons pas compter que nous serons gardés (en réponse à Sa prière du Jean 17:15-17), si nous ne réalisons pas la séparation dont Il parle dans les mêmes versets (Jean 17:16). Par son infidélité Pierre échappe sur le moment à l'opprobre et à la persécution. Comme s'il était «plus grand que son Maître» qui, Lui, rencontre sans réserve la haine et le mépris des hommes (Jean 15:20)! À l’interrogatoire hypocrite du souverain sacrificateur, Jésus n'a rien à répondre. Il avait publiquement rendu son témoignage. C'est donc à ses juges qu'il appartient à présent de faire la preuve du mal… s'ils en sont capables!

Cet évangile souligne plus que les trois autres la dignité et l'autorité du Fils de Dieu. Malgré les humiliations qu'Il doit connaître et la manière dont on dispose de Lui, Il domine absolument ces scènes, comme celui qui «s'est livré Lui-même à Dieu» en parfait holocauste (Éph. 5:2).

Jean 18:28-40
28Ils mènent donc Jésus de chez Caïphe au prétoire (or c'était le matin); et eux-mêmes, ils n'entrèrent pas au prétoire, afin qu'ils ne fussent pas souillés; mais qu'ils pussent manger la pâque.29Pilate donc sortit vers eux, et dit: Quelle accusation portez-vous contre cet homme?30Ils répondirent et lui dirent: Si cet homme n'était pas un malfaiteur, nous ne te l'eussions pas livré.31Pilate donc leur dit: Prenez-le, vous, et jugez-le selon votre loi. Les Juifs donc lui dirent: Il ne nous est pas permis de faire mourir personne;32afin que fût accomplie la parole que Jésus avait dite, indiquant de quelle mort il devait mourir.33Pilate donc entra encore dans le prétoire, et appela Jésus, et lui dit: Toi, tu es le roi des Juifs?34Jésus lui répondit: Dis-tu ceci de toi-même, ou d'autres te l'ont-ils dit de moi?35Pilate répondit: Suis-je Juif, moi? Ta nation et les principaux sacrificateurs t'ont livré à moi; qu'as-tu fait?36Jésus répondit: Mon royaume n'est pas de ce monde. Si mon royaume était de ce monde, mes serviteurs auraient combattu, afin que je ne fusse pas livré aux Juifs; mais maintenant mon royaume n'est pas d'ici.37Pilate donc lui dit: Tu es donc roi? Jésus répondit: Tu le dis que moi je suis roi. Moi, je suis né pour ceci, et c'est pour ceci que je suis venu dans le monde, afin de rendre témoignage à la vérité. Quiconque est de la vérité, écoute ma voix.38Pilate lui dit: Qu'est-ce que la vérité? Et ayant dit cela, il sortit encore vers les Juifs; et il leur dit: Moi, je ne trouve aucun crime en lui;39mais vous avez une coutume, que je vous relâche quelqu'un à la Pâque; voulez-vous donc que je vous relâche le roi des Juifs?40Ils s'écrièrent donc tous encore, disant: Non pas celui-ci, mais Barabbas. Or Barabbas était un brigand.

En conduisant Jésus au gouvernement romain, les Juifs veillent à ne pas être souillés… tout en chargeant leur conscience du plus affreux crime jamais commis!

L'apôtre Paul donne en exemple à Timothée «la belle confession» du Christ Jésus devant Ponce Pilate (1 Tim. 6:13). Quoiqu'il pût Lui en coûter, le Seigneur affirme sa royauté, tout en précisant que son royaume n'est pas de ce monde. Ce v. 36 devrait éclairer tous ceux qui aujourd'hui déploient beaucoup d'efforts, pour établir le royaume de Dieu sur la terre. L'amélioration progressive du monde pour permettre au Seigneur de venir y régner n'est qu'une illusion. Si Lui n'a pas produit cette amélioration, n’est-ce pas de l’incrédulité que de prétendre renouveler cette expérience et y parvenir mieux que Lui?

«Qu'est-ce que la vérité?» demande Pilate. Mais il n'attend pas la réponse. Il ressemble à tant de personnes que cette question n'intéresse pas… parce qu'elles redoutent au fond d'avoir à mettre leur vie en accord avec ce qui leur sera répondu. La Vérité était devant Pilate dans la personne de Jésus (Jean 14:6). En vain cherche-t-il à échapper à sa responsabilité en proposant de relâcher le prisonnier pour la Pâque! D'une seule voix, les Juifs réclament à sa place la libération du brigand Barabbas.

Jean 19:1-16
1Alors donc Pilate prit Jésus et le fit fouetter.2Et les soldats, ayant tressé une couronne d'épines, la mirent sur sa tête, et le vêtirent d'un vêtement de pourpre,3et vinrent à lui et dirent: Salut, roi des Juifs! Et ils lui donnaient des soufflets.4Et Pilate sortit encore et leur dit: Voici, je vous l'amène dehors, afin que vous sachiez que je ne trouve en lui aucun crime.5Jésus donc sortit dehors, portant la couronne d'épines et le vêtement de pourpre. Et il leur dit: Voici l'homme!6Quand donc les principaux sacrificateurs et les huissiers le virent, ils s'écrièrent, disant: Crucifie, crucifie-le! Pilate leur dit: Prenez-le, vous, et le crucifiez; car moi je ne trouve pas de crime en lui.7Les Juifs lui répondirent: Nous avons une loi, et selon notre loi il doit mourir, car il s'est fait Fils de Dieu.8Quand donc Pilate entendit cette parole, il craignit davantage,9et il entra de nouveau dans le prétoire, et dit à Jésus: D'où es-tu? Et Jésus ne lui donna pas de réponse.10Pilate donc lui dit: Ne me parles-tu pas? Ne sais-tu pas que j'ai le pouvoir de te relâcher, et que j'ai le pouvoir de te crucifier?11Jésus répondit: Tu n'aurais aucun pouvoir contre moi, s'il ne t'était donné d'en haut; c'est pourquoi celui qui m'a livré à toi a plus de péché.12Dès lors Pilate cherchait à le relâcher; mais les Juifs criaient, disant: Si tu relâches celui-ci, tu n'es pas ami de César; quiconque se fait roi, s'oppose à César.13Pilate donc, ayant entendu ces paroles, amena Jésus dehors, et s'assit sur le tribunal, dans le lieu appelé le Pavé,14et en hébreu Gabbatha; (or c'était la Préparation de la Pâque, c'était environ la sixième heure;) et il dit aux Juifs: Voici votre roi!15Mais ils crièrent: Ote, ôte! crucifie-le! Pilate leur dit: Crucifierai-je votre roi? Les principaux sacrificateurs répondirent: Nous n'avons pas d'autre roi que César.
16Alors donc il le leur livra pour être crucifié; et ils prirent Jésus, et l'emmenèrent.

Par dérision les soldats revêtent Jésus d'un vêtement de pourpre et d'une couronne d'épines. Et c'est ainsi que Pilate accepte de le présenter à la populace: «Voici l'homme». — «Crucifie, crucifie-le», répondent les chefs avec rage. Et ils invoquent un motif nouveau: Il a blasphémé; Il s'est fait Fils de Dieu. Mais ceci met le gouverneur encore plus mal à l'aise. Ce n'est plus seulement un roi mais un Dieu qui pourrait être devant lui (v. 7, 8). Pour se donner de l'assurance, il invoque son pouvoir; mais Jésus le ramène à sa vraie place. Ce magistrat païen apprend, certainement pour la première fois, par quelle autorité il est établi: non pas celle de César comme il le pensait, mais celle «d'en haut» (v. 11; Rom. 13:1). Sentant dès lors qu'il n'a aucune prise sur cet accusé extraordinaire et qu'il est totalement dépassé par son cas, il voudrait bien le relâcher. Mais les Juifs ne l'entendent pas ainsi et usent d'un dernier argument: «Si tu relâches celui-ci, tu n'es pas ami de César». Eh bien! Malgré l'avertissement qu'il a reçu (v. 11), ce n'est pas-Dieu mais aux hommes que le gouverneur va chercher à plaire et à obéir. Redoutant à la fois le ressentiment des Juifs et le blâme de son souverain, délibérément il sacrifie l'innocent.

Jean 19:17-30
17Et il sortit portant sa croix, et s'en alla au lieu appelé lieu du crâne, qui est appelé en hébreu Golgotha,18où ils le crucifièrent, et deux autres avec lui, un de chaque côté, et Jésus au milieu.
19Et Pilate fit aussi un écriteau, et le plaça sur la croix; et il y était écrit: Jésus le Nazaréen, le roi des Juifs.20Plusieurs des Juifs donc lurent cet écriteau, parce que le lieu où Jésus fut crucifié était près de la ville; et il était écrit en hébreu, en grec, en latin.21Les principaux sacrificateurs des Juifs donc dirent à Pilate: N'écris pas: Le roi des Juifs; mais que lui a dit: Je suis le roi des Juifs.22Pilate répondit: Ce que j'ai écrit, je l'ai écrit.23Les soldats donc, quand ils eurent crucifié Jésus, prirent ses vêtements et en firent quatre parts, une part pour chaque soldat. Ils prirent aussi la tunique. Or la tunique était sans couture, tissée tout d'une pièce depuis le haut jusqu'en bas.24Ils dirent donc entre eux: Ne la déchirons pas, mais jetons-la au sort, à qui elle sera, -afin que l'écriture fût accomplie, qui dit: "Ils ont partagé entre eux mes vêtements, et ils ont jeté le sort sur ma robe". Les soldats donc firent ces choses.25Or, près de la croix de Jésus, se tenaient sa mère, et la soeur de sa mère, Marie, femme de Clopas, et Marie de Magdala.26Jésus donc voyant sa mère, et le disciple qu'il aimait se tenant là, dit à sa mère: Femme, voilà ton fils.27Puis il dit au disciple: Voila ta mère. Et dès cette heure-là, le disciple la prit chez lui.28Après cela Jésus, sachant que toutes choses étaient déjà accomplies, dit, afin que l'écriture fût accomplie: J'ai soif.29Il y avait donc là un vase plein de vinaigre. Et ils emplirent de vinaigre une éponge, et, l'ayant mise sur de l'hysope, ils la lui présentèrent à la bouche.30Quand donc Jésus eut pris le vinaigre, il dit: C'est accompli. Et ayant baissé la tête, il remit son esprit.

Celui qui, quelques jours plus tôt, était entré à Jérusalem dans toute sa majesté royale, en sort maintenant «portant sa croix». Le même contraste apparaît dans l'écriteau que Pilate place sur la croix: «Le roi des Juifs», c'est «Jésus le Nazaréen». Il est crucifié entre «deux autres», mis au rang des malfaiteurs. Toutefois cet évangile ne nous rapporte pas les outrages subis de la part des hommes (Matt. 27:39), ni les terribles heures de l'abandon. Tout ici n'est que paix, amour et obéissance à Dieu. Le v. 25 mentionne la présence et les noms de quelques femmes. Et Jésus confie sa mère au disciple qui connaît le mieux ses affections.

Remarquons comment, jusque dans les détails, tout doit se dérouler selon l'écriture: le partage des vêtements (v. 24), le vinaigre présenté au Sauveur (v. 28; voir aussi v. 36, 37). Alors Lui-même accomplit l’acte ultime de son obéissance volontaire: Il remet son esprit (Jean 10:18). Et si quelqu'un pensait devoir encore faire quelque chose pour assurer son salut, qu'il écoute ces derniers mots de son Sauveur mourant: «C'est accompli» (en grec: un seul mot TETELESTAÏ, celui qu’on écrivait au bas des factures acquittées). Notre immense dette envers Dieu est à jamais payée.

Jean 19:31-42
31Les Juifs donc, afin que les corps ne demeurassent pas sur la croix en un jour de sabbat, puisque c'était la Préparation (car le jour de ce sabbat-là était grand), firent à Pilate la demande qu'on leur rompît les jambes, et qu'on les ôtât.32Les soldats donc vinrent et rompirent les jambes du premier, et de l'autre qui était crucifié avec lui.33Mais étant venus à Jésus, comme ils virent qu'il était déjà mort, ils ne lui rompirent pas les jambes;34mais l'un des soldats lui perça le côté avec une lance; et aussitôt il en sortit du sang et de l'eau.35Et celui qui l'a vu rend témoignage; et son témoignage est véritable; et lui sait qu'il dit vrai, afin que vous aussi vous croyiez.36Car ces choses sont arrivées afin que l'écriture fût accomplie: "Pas un de ses os ne sera cassé".37Et encore une autre écriture dit: "Ils regarderont vers celui qu'ils ont percé".
38après ces choses, Joseph d'Arimathée, qui était disciple de Jésus, en secret toutefois par crainte des Juifs, fit à Pilate la demande d'ôter le corps de Jésus; et Pilate le permit. Il vint donc et ôta le corps de Jésus.39Nicodème aussi, celui qui au commencement était allé de nuit à Jésus, vint, apportant une mixtion de myrrhe et d'aloès, d'environ cent livres.40Ils prirent donc le corps de Jésus, et l'enveloppèrent de linges, avec les aromates, comme les Juifs ont coutume d'ensevelir.41Or il y avait, au lieu où il avait été crucifié, un jardin, et dans le jardin un sépulcre neuf, dans lequel personne n'avait jamais été mis.42Ils mirent donc Jésus là, à cause de la Préparation des Juifs, parce que le sépulcre était proche.

Venus pour achever les crucifiés en leur brisant les jambes, les soldats constatent que pour Jésus c'est inutile; il est déjà mort. Envers le brigand converti, leur brutalité accomplit la parole du Seigneur: «aujourd'hui tu seras avec moi dans le paradis» (Luc 23:43). Mais un des soldats ne craint pas de profaner d'un coup de lance le corps du Seigneur sur la croix (comp. Zach. 12:10). À ce dernier outrage répond un merveilleux signe de grâce: Le sang de l'expiation et l'eau de la purification coulent de son côté percé.

Puis a lieu l'ensevelissement de notre adorable Sauveur. Dieu a préparé deux disciples pour rendre au corps de son Fils les honneurs annoncés par les Écritures (Ésaïe 53:9). Joseph et Nicodème n'avaient pas eu jusqu'ici le courage de prendre ouvertement position pour Lui. Mais à présent, réveillés par la grandeur du crime de leur nation, ils comprennent que garder le silence marquerait leur solidarité. Chers croyants, n'oublions jamais que le monde dans lequel nous vivons a crucifié notre Sauveur. Nous taire ou nous complaire avec ses meurtriers équivaudrait à Le renier. C'est au contraire le moment de nous faire connaître avec courage comme étant Ses disciples.

Jean 20:1-18
1Et le premier jour de la semaine, Marie de Magdala vint le matin au sépulcre, comme il faisait encore nuit; et elle voit la pierre ôtée du sépulcre.2Elle court donc, et vient vers Simon Pierre et vers l'autre disciple que Jésus aimait, et elle leur dit: On a enlevé du sépulcre le Seigneur, et nous ne savons où on l'a mis.3Pierre donc sortit, et l'autre disciple, et ils s'en allèrent au sépulcre.4Et ils couraient les deux ensemble; et l'autre disciple courut en avant plus vite que Pierre, et arriva le premier au sépulcre;5et s'étant baissé, il voit les linges à terre; cependant il n'entra pas.6Simon Pierre donc, qui le suivait, arrive; et il entra dans le sépulcre; et il voit les linges à terre,7et le suaire qui avait été sur sa tête, lequel n'était pas avec les linges, mais plié en un lieu à part.8Alors donc l'autre disciple aussi, qui était arrivé le premier au sépulcre, entra, et il vit, et crut;9car ils ne connaissaient pas encore l'écriture, qu'il devait ressusciter d'entre les morts.10Les disciples s'en retournèrent donc chez eux.
11Mais Marie se tenait près du sépulcre, dehors, et pleurait. Comme elle pleurait donc, elle se baissa dans le sépulcre;12et elle voit deux anges vêtus de blanc, assis, un à la tête et un aux pieds, là où le corps de Jésus avait été couché.13Et ils lui disent: Femme, pourquoi pleures-tu? Elle leur dit: Parce qu'on a enlevé mon Seigneur, et je ne sais où on l'a mis.14Ayant dit cela, elle se tourna en arrière, et elle voit Jésus qui était là; et elle ne savait pas que ce fût Jésus.15Jésus lui dit: Femme, pourquoi pleures-tu? Qui cherches-tu? Elle, pensant que c'était le jardinier, lui dit: Seigneur, si toi tu l'as emporté, dis-moi où tu l'as mis, et moi je l'ôterai.16Jésus lui dit: Marie! Elle, s'étant retournée, lui dit en hébreu: Rabboni (ce qui veut dire, maître)!17Jésus lui dit: Ne me touche pas, car je ne suis pas encore monté vers mon Père; mais va vers mes frères, et dis-leur: Je monte vers mon Père et votre Père, et vers mon Dieu et votre Dieu.18Marie de Magdala vient rapporter aux disciples qu'elle a vu le Seigneur, et qu'il lui a dit ces choses.

La première personne qui se hâte vers le sépulcre dans ce glorieux matin de la Résurrection, c'est Marie de Magdala, cette femme dont le Seigneur avait chassé sept démons (Marc 16:9). Mais elle a été devancée puisque la pierre est déjà roulée. Elle avertit Pierre et Jean qui à leur tour courent au tombeau, y trouvent les preuves éclatantes de la résurrection et s'en retournent chez eux. Marie, elle, ne peut s'en aller. Toute à la pensée de retrouver son Seigneur bien-aimé (v. 13), même la présence des anges ne paraît pas la surprendre.

Jésus ne peut pas laisser une telle affection sans réponse. Mais combien les pensées de Marie sont dépassées! C'est un Sauveur vivant qui vient à elle, l'appelle par son nom et lui confie un message de la plus haute valeur. Car «l'attachement personnel à Christ est le moyen d'avoir une intelligence réelle» (J.N.D.). Jésus charge Marie d'annoncer à ses «frères» que sa croix, loin de l'avoir séparé d'eux, est à la base de liens tout nouveaux. Fait inestimable, son Père est devenu notre Père et son Dieu, notre Dieu. Jésus nous a placés pour toujours dans ces relations bienheureuses pour la joie de son propre cœur, pour celle du Père, et pour la nôtre (Ps. 22:22; Héb. 2:11, 12).

Jean 20:19-31
19Le soir donc étant venu, ce jour-là, le premier de la semaine, et les portes du lieu où les disciples étaient, par crainte des Juifs, étant fermées, Jésus vint et se tint au milieu d'eux. Et il leur dit: Paix vous soit!20Et ayant dit cela, il leur montra ses mains et son côté. Les disciples se réjouirent donc quand ils virent le Seigneur.21Jésus donc leur dit encore: Paix vous soit! Comme le Père m'a envoyé, moi aussi je vous envoie.22Et ayant dit cela, il souffla en eux, et leur dit: Recevez l' Esprit Saint.23A quiconque vous remettrez les péchés, ils sont remis; et à quiconque vous les retiendrez, ils sont retenus.24Or Thomas, l'un des douze, appelé Didyme, n'était pas avec eux quand Jésus vint.25autres disciples donc lui dirent: Nous avons vu le Seigneur. Mais il leur dit: A moins que je ne voie en ses mains la marque des clous, et que je ne mette mon doigt dans la marque des clous, et que je ne mette ma main dans son côté, je ne le croirai point.
26Et huit jours après, ses disciples étaient de nouveau dans la maison, et Thomas avec eux. Jésus vient, les portes étant fermées; et il se tint au milieu d'eux et dit: Paix vous soit!27Puis il dit à Thomas: Avance ton doigt ici, et regarde mes mains; avance aussi ta main, et mets-la dans mon côté; et ne sois pas incrédule, mais croyant.28Thomas répondit et lui dit: Mon Seigneur et mon Dieu!29Jésus lui dit: Parce que tu m'as vu, tu as cru; bienheureux ceux qui n'ont point vu et qui ont cru.30Jésus donc fit aussi devant ses disciples beaucoup d'autres miracles, qui ne sont pas écrits dans ce livre.31Mais ces choses sont écrites afin que vous croyiez que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu, et qu'en croyant vous ayez la vie par son nom.

C'est le soir d'un merveilleux premier jour de la semaine. Selon sa promesse, le Sauveur ressuscité se présente au milieu des disciples assemblés (ch. 14:19). Il leur montre dans ses mains et dans son côté les «preuves assurées» que leur paix est faite avec Dieu (Actes 1:3). Il souffle en eux la vie nouvelle (comp. Gen. 2:7 et 1 Cor. 15:45) et les envoie annoncer à ceux qui croient le pardon de leurs péchés (v. 23).

Ce dimanche-là, Thomas était absent. Et lorsque les autres disciples lui annoncent: «Nous avons vu le Seigneur», son cœur reste froid et incrédule. Combien d'enfants de Dieu se privent légèrement du précieux rassemblement autour du Seigneur Jésus,… peut-être parce que, au fond d'eux-mêmes, ils ne croient pas vraiment à sa présence. Thomas représente le résidu juif qui, plus tard, reconnaîtra en le voyant son Seigneur et son Dieu. «Quelles sont ces blessures à tes mains?», demandera-t-il (Zach. 13:6). Mais la part bienheureuse des rachetés de la période actuelle est de croire sans avoir encore vu (1 Pierre 1:8). Et c'est dans ce but que «ces choses sont écrites», non pour être lues seulement, mais pour être crues. Il faut que notre foi, fondée sur les Écritures, saisisse Celui qui donne la vie et qui est le Fils de Dieu (v. 31).

Jean 21:1-14
1Après ces choses, Jésus se manifesta encore aux disciples près de la mer de Tibérias;2et il se manifesta ainsi: Simon Pierre, et Thomas, appelé Didyme, et Nathanaël de Cana de Galilée, et les fils de Zébédée, et deux autres de ses disciples étaient ensemble.3Simon Pierre leur dit: Je m'en vais pêcher. Ils lui disent: Nous allons aussi avec toi. Ils sortirent, et montèrent dans la nacelle: et cette nuit-là ils ne prirent rien.4Et le matin venant déjà, Jésus se tint sur le rivage; les disciples toutefois ne savaient pas que ce fût Jésus.5Jésus donc leur dit: Enfants, avez-vous quelque chose à manger? Ils lui répondirent: Non.6Et il leur dit: Jetez le filet au côté droit de la nacelle, et vous trouverez. Ils le jetèrent donc, et ils ne pouvaient plus le tirer, à cause de la multitude des poissons.7Ce disciple donc que Jésus aimait, dit à Pierre: C'est le Seigneur. Simon Pierre donc, ayant entendu que c'était le Seigneur, ceignit sa robe de dessus, car il était nu, et se jeta dans la mer.8Et les autres disciples vinrent dans la petite nacelle (car ils n'étaient pas loin de terre, mais à environ deux cents coudées), traînant le filet de poissons.9Quand ils furent donc descendus à terre, ils voient là de la braise, et du poisson mis dessus, et du pain.10Jésus leur dit: Apportez quelques-uns des poissons que vous venez de prendre.11Pierre monta, et tira le filet à terre, plein de cent cinquante-trois gros poissons; et quoiqu'il y en eût tant, le filet n'avait pas été déchiré.12Jésus leur dit: Venez, dînez. Et aucun des disciples n'osait lui demander: Qui es-tu? sachant que c'était le Seigneur.13Jésus vient et prend le pain, et le leur donne, et de même le poisson.14Ce fut là la troisième fois déjà que Jésus fut manifesté aux disciples, après qu'il fut ressuscité d'entre les morts.

Sept disciples seulement sont au rendez-vous que Jésus leur a fixé en Galilée (Matt. 26:32; Matt. 28:7). Et encore, ils semblent avoir oublié l'objet de leur attente. Simon Pierre, dont le Seigneur avait fait pourtant un pêcheur d'hommes, retourne à son ancienne occupation. Quoi d'étonnant si «cette nuit-là ils ne prirent rien»? Comment pourrait-il être fructueux le travail que l'on accomplit selon ses propres pensées et en dehors de la présence du Seigneur? Il les avait prévenus que, séparés de Lui, ils ne pourraient rien faire (Jean 15:5). Mais lorsqu'Il est avec eux tout change. Le côté droit de la nacelle n'a sur le gauche qu'un unique (mais essentiel) avantage: c'est celui que Jésus leur a désigné. Et c'est la rencontre avec le Maître qui a tout préparé d'avance pour ses serviteurs fatigués. Il n'a pas eu besoin de leur poisson (v. 9), toutefois Il ne méprise pas non plus le fruit de leur travail (v. 10) et l'a exactement compté (v. 11).

Chers amis, que de fois comme ces disciples nous oublions notre grand et prochain rendez-vous! Que de fois aussi, au milieu de nos circonstances, de nos échecs, comme de nos succès, nous devrions pouvoir discerner plus vite Celui qui nous parle et reconnaître: «C'est le Seigneur» (v. 7).

Jean 21:15-25
15Lors donc qu'ils eurent dîné, Jésus dit à Simon Pierre: Simon, fils de Jonas, m'aimes-tu plus que ne font ceux-ci? Il lui dit: Oui, Seigneur, tu sais que je t'aime. Il lui dit: Pais mes agneaux.16Il lui dit encore une seconde fois: Simon, fils de Jonas, m'aimes-tu? Il lui dit: Oui, Seigneur, tu sais que je t'aime. Il lui dit: Sois berger de mes brebis.17Il lui dit pour la troisième fois: Simon fils de Jonas, m'aimes-tu? Pierre fut attristé de ce qu'il lui disait pour la troisième fois: M'aimes-tu? Et il lui dit: Seigneur, tu connais toutes choses, tu sais que je t'aime. Jésus lui dit: Pais mes brebis.18En vérité, en vérité, je te dis: Quand tu étais jeune, tu te ceignais, et tu allais où tu voulais; mais quand tu seras devenu vieux, tu étendras les mains, et un autre te ceindra, et te conduira où tu ne veux pas.19Or il dit cela pour indiquer de quelle mort il glorifierait Dieu. Et quand il eut dit cela, il lui dit: Suis-moi.
20Pierre, se retournant, voit suivre le disciple que Jésus aimait, qui aussi, durant le souper, s'était penché sur sa poitrine, et avait dit: Seigneur, lequel est celui qui te livrera?21Pierre, le voyant, dit à Jésus: Seigneur, et celui-ci, -que lui arrivera-t-il?22Jésus lui dit: Si je veux qu'il demeure jusqu'à ce que je vienne, que t'importe? Toi, suis-moi.23Cette parole donc se répandit parmi les frères, que ce disciple-là ne mourrait pas. Et Jésus ne lui avait pas dit qu'il ne mourrait pas, mais: Si je veux qu'il demeure jusqu'à ce que je vienne, que t'importe?24C'est ce disciple-là qui rend témoignage de ces choses, et qui a écrit ces choses, et nous savons que son témoignage est vrai.25Et il y a aussi plusieurs autres choses que Jésus a faites, lesquelles, si elles étaient écrites une à une, je ne pense pas que le monde même pût contenir les livres qui seraient écrits.

Il restait au Seigneur à remplir ici-bas un dernier service d'amour à l'égard de son disciple Pierre. À trois reprises, celui-ci avait renié son Maître. À trois reprises il faut qu'il soit sondé par une question douloureuse: Tu as prétendu avoir plus d'attachement pour moi que ceux-ci, mais eux ne m'ont pas renié (Marc 14:29). Où est cet amour ardent dont tu parlais? Je n'en ai pas eu la preuve.

Seigneur, tu le connais, toi qui lis dans mon cœur, est tout ce que peut finalement répondre le pauvre disciple. Jésus va-t-Il le mettre de côté? Au contraire, maintenant que Pierre a perdu confiance en lui-même, il est propre pour le service. «Pais mes agneaux… mes brebis», lui dit le Maître (l'original comporte un diminutif plein de tendresse: mes petites brebis). En s'occupant de ceux que Jésus aime, Pierre aura de nouveau l'occasion de montrer son amour pour Lui.

L'Évangile se termine. Mais tout ce qu'a fait, exprimé ou éprouvé la Personne infinie qui le remplit est d'un intérêt sans prix, et Dieu n'en a pas perdu la mémoire (v. 25). Livres inépuisables que nous lirons pendant l'éternité. Pour le temps présent, que chaque racheté retienne avec ferveur et comme un appel personnel, ces derniers mots de son Sauveur: «Toi, suis-moi».

Actes 1:1-14
1J'ai composé le premier traité, ô Théophile, sur toutes les choses que Jésus commença de faire et d'enseigner,2jusqu'au jour où il fut élevé au ciel, après avoir donné, par l'Esprit Saint, des ordres aux apôtres qu'il avait choisis;3à qui aussi, après avoir souffert, il se présenta lui-même vivant, avec plusieurs preuves assurées, étant vu par eux durant quarante jours, et parlant des choses qui regardent le royaume de Dieu.4Et étant assemblé avec eux, il leur commanda de ne pas partir de Jérusalem, mais d'attendre la promesse du Père, laquelle, dit-il, vous avez ouïe de moi:5car Jean a baptisé avec de l'eau; mais vous, vous serez baptisés de l'Esprit Saint, dans peu de jours.
6Eux donc étant assemblés, l'interrogèrent, disant: Seigneur, est-ce en ce temps-ci que tu rétablis le royaume pour Israël?7Mais il leur dit: Ce n'est pas à vous de connaître les temps ou les saisons que le Père a réservés à sa propre autorité;8mais vous recevrez de la puissance, le Saint Esprit venant sur vous; et vous serez mes témoins à Jérusalem et dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu'au bout de la terre.9Et ayant dit ces choses, il fut élevé de la terre, comme ils regardaient, et une nuée le reçut et l'emporta de devant leurs yeux.10Et comme ils regardaient fixement vers le ciel, tandis qu'il s'en allait, voici, deux hommes en vêtements blancs, se tinrent là à côté d'eux,11qui aussi dirent: Hommes galiléens, pourquoi vous tenez-vous ici, regardant vers le ciel? Ce Jésus, qui a été élevé d'avec vous dans le ciel, viendra de la même manière que vous l'avez vu s'en allant au ciel.
12Alors ils s'en retournèrent à Jérusalem, de la montagne appelée des Oliviers, qui est près de Jérusalem, le chemin d'un sabbat.13Et quand ils furent entrés dans la ville, ils montèrent dans la chambre haute où demeuraient Pierre, et Jean, et Jacques, et André, Philippe et Thomas, Barthélémy et Matthieu, Jacques fils d'Alphée et Simon Zélote, et Jude frère de Jacques.14Tous ceux-ci persévéraient d'un commun accord dans la prière, avec les femmes, et avec Marie, la mère de Jésus, et avec ses frères.

Luc, auteur inspiré du livre des Actes, commence son récit par l'ascension de Jésus dans le ciel, bien qu'il ait déjà relaté cet événement à la fin de son évangile. Car la venue du Saint-Esprit et toute l'œuvre qui devait en résulter «jusqu'au bout de la terre» découle de la présence de Christ dans la gloire (Jean 16:7). De plus, ce début confirme que tout ce que feront les apôtres correspond aux ordres qu'ils ont reçus du Seigneur (v. 2, 8) et justifiera leur service. «Vous serez mes témoins», leur dit Jésus, car leurs pensées étaient encore tournées vers les choses de la terre (v. 6). Ils devenaient les dépositaires des vérités merveilleuses qui le concernaient: Celui qui avait souffert était maintenant vivant (v. 3). Élevé dans le ciel sous leurs yeux (v. 9), Il reviendrait de la même manière selon la promesse certaine communiquée par les anges (v. 11). Et eux auraient à annoncer ces choses par la puissance de l'Esprit qu'ils allaient bientôt recevoir (v. 8).

La première réunion après l'ascension du Seigneur est consacrée à la prière et tous les apôtres sont présents. Parvenus à la fin de l'histoire de l'Église sur la terre, faisons en sorte de ne pas être absents à celle qui sera la dernière avant Son retour (lire Héb. 10:25).

Actes 1:15-26
15Et en ces jours-là, Pierre se levant au milieu des disciples (le nombre de ceux qui étaient réunis était d'environ cent vingt), dit:16Hommes frères, il fallait que fût accomplie cette écriture que l'Esprit Saint a dite d'avance par la bouche de David, touchant Judas, qui a été le guide de ceux qui ont pris Jésus;17car il était compté parmi nous, et il avait reçu en partage ce service;18(celui-ci donc s'était acquis un champ avec le salaire de l'iniquité, et, étant tombé la tête en avant, s'est crevé par le milieu, et toutes ses entrailles ont été répandues.19Et ceci a été connu de tous les habitants de Jérusalem, de sorte que ce champ-là est appelé dans leur propre dialecte Aceldama, c'est-à-dire champ de sang;)20car il est écrit dans le livre des Psaumes: "Que sa demeure soit déserte, et qu'il n'y ait personne qui y habite", et "Qu'un autre prenne sa charge de surveillant".21Il faut donc que d'entre les hommes qui se sont rassemblés avec nous pendant tout le temps que le Seigneur Jésus entrait et sortait au milieu de nous,22en commençant depuis le baptême de Jean, jusqu'au jour auquel il a été élevé au ciel d'avec nous, quelqu'un d'entre eux soit témoin avec nous de sa résurrection.23Et ils en mirent deux sur les rangs: Joseph, appelé Barsabbas, qui était surnommé Juste, et Matthias.24Et priant, ils dirent: Toi, Seigneur, qui connais les coeurs de tous, montre lequel de ces deux tu as choisi,25afin qu'il reçoive en partage ce service et cet apostolat, duquel Judas est déchu pour s'en aller en son propre lieu.26Et ils jetèrent le sort sur eux; et le sort tomba sur Matthias, qui fut adjoint aux onze apôtres.

Pierre — et c’est un Pierre pleinement restauré — prend la parole au milieu des premiers disciples. Il rappelle la fin misérable de Judas qui s'était pendu (Matt. 27:5-8). Mort terrible, mais sort éternel infiniment plus terrible encore (v. 25)! Puis, se fondant sur la lumière et l'autorité des Écritures, Pierre montre la nécessité de remplacer le disciple déchu. Douze apôtres devaient être les témoins, en quelque sorte officiels, de ce fait fondamental du christianisme: la résurrection du Seigneur Jésus (comp. 1 Cor. 15:5). Joseph et Matthias se trouvaient parmi ceux qui avaient eu le privilège d'accompagner Jésus durant son ministère ici-bas. Peut-être faisaient-ils partie des soixante-dix qu'Il avait jadis envoyés (Luc 10:1). Après avoir demandé au Seigneur, qui connaît les cœurs de tous, de manifester son choix, ils jettent le sort et Matthias est désigné.

Jeter le sort aujourd'hui pour connaître la volonté de Dieu ne conviendrait plus, car le Saint-Esprit est là, qui donne aux croyants le discernement dont ils ont besoin. Il est intéressant à cet égard de comparer cette scène avec Actes 13:2 où l'Esprit commande: «Mettez-moi maintenant à part Barnabas et Saul, pour l'œuvre à laquelle je les ai appelés».

Actes 2:1-21
1Et comme le jour de la Pentecôte s'accomplissait, ils étaient tous ensemble dans un même lieu.2Et il se fit tout à coup du ciel un son, comme d'un souffle violent et impétueux, et il remplit toute la maison où ils étaient assis.3Et il leur apparut des langues divisées, comme de feu; et elles se posèrent sur chacun d'eux.4Et ils furent tous remplis de l'Esprit Saint, et commencèrent à parler d'autres langues, selon que l'Esprit leur donnait de s'énoncer.
5Or il y avait des Juifs séjournant à Jérusalem, hommes pieux, de toute nation d'entre ceux qui sont sous le ciel.6Et le bruit de ceci s'étant répandu, la multitude s'assembla, et fut confondue de ce que chacun les entendait parler dans son propre langage.7Et ils étaient tous hors d'eux-mêmes, et s'étonnaient, disant: Voici, tous ceux-ci qui parlent ne sont-ils pas des Galiléens?8Et comment les entendons-nous, chacun dans son propre langage, celui du pays dans lequel nous sommes nés?9Parthes et Mèdes et Élamites, et nous qui habitons la Mésopotamie, la Judée et la Cappadoce, le Pont et l'Asie,10la Phrygie et la Pamphylie, l'Égypte et les quartiers de la Libye qui est près de Cyrène, et nous, Romains qui séjournons ici,11tant Juifs que prosélytes, Crétois et Arabes, -nous les entendons annoncer dans nos langues les choses magnifiques de Dieu.12Et ils étaient tous hors d'eux-mêmes et en perplexité, disant l'un à l'autre: Que veut dire ceci?13Et d'autres, se moquant, disaient: Ils sont pleins de vin doux.
14Mais Pierre, s'étant levé avec les onze, éleva sa voix, et leur parla: Hommes juifs, et vous tous qui habitez Jérusalem, sachez ceci, et prêtez l'oreille à mes paroles;15car ceux-ci ne sont pas ivres, comme vous pensez, car c'est la troisième heure du jour;16mais c'est ici ce qui a été dit par le prophète Joël:17"Et il arrivera aux derniers jours, dit Dieu, que je répandrai de mon Esprit sur toute chair, et vos fils et vos filles prophétiseront, et vos jeunes hommes verront des visions, et vos vieillards songeront en songes;18et sur mes serviteurs et sur mes servantes, en ces jours-là, je répandrai de mon Esprit, et ils prophétiseront;19et je montrerai des prodiges dans le ciel en haut, et des signes sur la terre en bas, du sang et du feu, et une vapeur de fumée;20le soleil sera changé en ténèbres et la lune en sang, avant que vienne la grande et éclatante journée du Seigneur.21Et il arrivera que quiconque invoquera le nom du Seigneur sera sauvé".

Quelques jours se sont écoulés depuis l'ascension du Seigneur. Sa promesse, qui est aussi celle du Père, va s'accomplir (Actes 1:4). Sous forme de «langues divisées, comme de feu», le Saint-Esprit, personne divine, descend sur la terre et demeure sur les disciples. Aussitôt sa puissance se manifeste en eux: ils deviennent capables de s'exprimer dans des langues qu'ils ne connaissaient pas. Dieu remédie ainsi en grâce à la malédiction de Babel et confirme à tous que la bénédiction divine va s’étendre à la terre entière (Gen. 11:1-9).

La fête juive de la Pentecôte amenait chaque année à Jérusalem une foule considérable d'entre les Israélites dispersés au milieu des nations. Cette affluence va être l'occasion de la première grande réunion d'évangélisation. Mais quels sujets d'étonnement pour cette multitude! Chacun peut entendre dans sa propre langue «les choses magnifiques de Dieu». Et ceux qui leur parlent sont des «Galiléens» sans instruction (comp. Actes 4:13; Jean 7:15). Il n'est nullement nécessaire de faire partie d'une élite, ni d'avoir fait certaines études pour être ouvrier du Seigneur. Dépendre de Lui, se soumettre à l'action de son Esprit, telles sont les seules conditions requises. Puisse chacun de nous les remplir!

Actes 2:22-41
22Hommes israélites, écoutez ces paroles: Jésus le Nazaréen, homme approuvé de Dieu auprès de vous par les miracles et les prodiges et les signes que Dieu a faits par lui au milieu de vous, comme vous-mêmes vous le savez,23ayant été livré par le conseil défini et par la préconnaissance de Dieu, -lui, vous l'avez cloué à une croix et vous l'avez fait périr par la main d'hommes iniques,24lequel Dieu a ressuscité, ayant délié les douleurs de la mort, puisqu'il n'était pas possible qu'il fût retenu par elle.25Car David dit de lui: "Je contemplais toujours le Seigneur devant moi; car il est à ma droite, afin que je ne sois pas ébranlé.26C'est pourquoi mon coeur s'est réjoui, et ma langue a tressailli de joie; et encore ma chair aussi reposera en espérance;27car tu ne laisseras pas mon âme en hadès, et tu ne permettras pas que ton saint voie la corruption.28Tu m'as fait connaître les chemins de la vie, tu me rempliras de joie par le regard de ta face".29Hommes frères, qu'il me soit permis de vous dire avec liberté, touchant le patriarche David, et qu'il est mort, et qu'il a été enseveli, et que son sépulcre est au milieu de nous jusqu'à ce jour.30Étant donc prophète, et sachant que Dieu lui avait juré, avec serment, qu'il ferait asseoir quelqu'un suscité du fruit de ses reins, sur son trône,31a dit de la résurrection du Christ, en la prévoyant, qu'il n'a pas été laissé dans le hadès, et que sa chair non plus n'a pas vu la corruption.32Ce Jésus, Dieu l'a ressuscité, ce dont nous, nous sommes tous témoins.33Ayant donc été exalté par la droite de Dieu, et ayant reçu de la part du Père l'Esprit Saint promis, il a répandu ce que vous voyez et entendez.34Car David n'est pas monté dans les cieux; mais lui-même dit: "le Seigneur a dit à mon seigneur:35Assieds-toi à ma droite, jusqu'à ce que j'aie mis tes ennemis pour marchepied de tes pieds".36Que toute la maison d'Israël donc sache certainement que Dieu a fait et Seigneur et Christ ce Jésus que vous avez crucifié.
37Et ayant ouï ces choses, ils eurent le coeur saisi de componction, et ils dirent à Pierre et aux autres apôtres: Que ferons-nous, frères?38Et Pierre leur dit: Repentez-vous, et que chacun de vous soit baptisé au nom de Jésus Christ, en rémission des péchés; et vous recevrez le don du Saint Esprit:39car à vous est la promesse et à vos enfants, et à tous ceux qui sont loin, autant que le Seigneur notre Dieu en appellera à lui.40Et par plusieurs autres paroles, il conjurait et exhortait, disant: Sauvez-vous de cette génération perverse.41Ceux donc qui reçurent sa parole, furent baptisés; et en ce jour-là furent ajoutées environ trois mille âmes.

À partir d'un texte du prophète Joël, Pierre a démontré aux Juifs que la puissance qui agit au milieu d'eux est d'origine divine. Lorsque nous entendons une lecture biblique quelle qu’elle soit, n'oublions jamais que Dieu nous parle. Maintenant Pierre rappelle le chemin merveilleux de Christ ici-bas, sa mort et sa résurrection annoncées par plusieurs passages des Écritures, attestées par les apôtres. Ainsi «ce Jésus» que le peuple avait crucifié, Dieu l'a fait asseoir à sa droite, le désignant comme Seigneur et Christ. Quel sujet d'épouvante pour ses meurtriers, convaincus d'un tel crime! Atteints dans leur conscience, les auditeurs sont saisis de componction c'est-à-dire à la fois de crainte et de confusion. Comment apaiser Dieu après un pareil outrage? En premier lieu par la repentance, répond Pierre. Celle-ci n'est pas un simple regret d'avoir mal agi mais un jugement que l'on porte avec Dieu sur ses actions passées et l'abandon de cette ancienne conduite; elle est déjà une première manifestation de la foi (c'est pourquoi l'apôtre n'a pas besoin de les inviter à croire). Trois mille personnes sont converties et baptisées à la suite de cette première prédication.

Actes 2:42-47; Actes 3:1-11
42Et ils persévéraient dans la doctrine et la communion des apôtres, dans la fraction du pain et les prières.43Et toute âme avait de la crainte; et beaucoup de prodiges et de miracles se faisaient par les apôtres.44Et tous les croyants étaient en un même lieu, et ils avaient toutes choses communes;45et ils vendaient leurs possessions et leurs biens, et les distribuaient à tous, selon que quelqu'un pouvait en avoir besoin.46Et tous les jours ils persévéraient d'un commun accord dans le temple; et, rompant le pain dans leurs maisons, ils prenaient leur nourriture avec joie et simplicité de coeur,47louant Dieu, et ayant la faveur de tout le peuple. Et le Seigneur ajoutait tous les jours à l'assemblée ceux qui devaient être sauvés.
1Et Pierre et Jean montaient ensemble au temple, à l'heure de la prière, qui est la neuvième,2et on portait un homme qui était boiteux dès le ventre de sa mère, lequel on mettait tous les jours à la porte du temple, appelée la Belle, pour demander l'aumône à ceux qui entraient dans le temple:3cet homme, voyant Pierre et Jean qui allaient entrer dans le temple, leur demanda l'aumône.4Et Pierre, ayant, avec Jean, arrêté ses yeux sur lui, dit: Regarde-nous.5Et il les regardait attentivement, s'attendant à recevoir quelque chose d'eux.6Pierre dit: Je n'ai ni argent ni or, mais ce que j'ai, je te le donne: Au nom de Jésus Christ le Nazaréen, lève-toi et marche.7Et l'ayant pris par la main droite, il le leva; et à l'instant les plantes et les chevilles de ses pieds devinrent fermes;8et faisant un saut, il se tint debout et marcha; et il entra avec eux au temple, marchant, et sautant, et louant Dieu.9Et tout le peuple le vit marchant et louant Dieu;10et ils le reconnurent comme celui qui était assis, pour demander l'aumône, à la Belle porte du temple, et ils furent remplis d'étonnement et d'admiration de ce qui lui était arrivé.11Et comme il tenait par la main Pierre et Jean, tout le peuple étonné accourut vers eux au portique appelé de Salomon.

Le ch. 2 s'achève sur un admirable tableau de l'assemblée à ses débuts. Il y avait comme aujourd'hui des réunions pour l'édification, le culte et la prière (v. 42). Mais nous limitons souvent la à celles-ci la vie de l'assemblée alors qu'elle a son prolongement dans les maisons de ceux qui la composent (v. 46). — «Toute âme avait de la crainte», déclare le v. 43. La gravité et le sérieux peuvent parfaitement s'accorder avec la joie signalée à la fin du v. 46.

Au ch. 3 nous voyons la puissance du Saint-Esprit se manifester non seulement dans les paroles des apôtres, mais aussi dans leurs œuvres.

En demandant l'aumône à Pierre et Jean, le pauvre boiteux assis à la Belle porte du temple était loin de s'attendre au don qu'il allait recevoir: une miraculeuse guérison par la foi au nom de Jésus. «Ce que j'ai, je te le donne» — dit Pierre (v. 6). Quand il s'agit de donner, nous pensons généralement d'abord à de l'argent (v. 6). Plus rarement à l'inépuisable trésor céleste c'est-à-dire la connaissance du Sauveur dont nous avons pourtant le privilège de faire part autour de nous.

Quel changement pour ce pauvre boiteux! Jusque-là il était «à la porte». Il entre maintenant dans la présence de Dieu pour le louer (v. 8). L'un de nos lecteurs serait-il encore «à la porte»?

Actes 3:12-26
12Et Pierre, voyant cela, répondit au peuple: Hommes israélites, pourquoi vous étonnez-vous de ceci? Ou pourquoi avez-vous les yeux fixés sur nous, comme si nous avions fait marcher cet homme par notre propre puissance ou par notre piété?13Le Dieu d'Abraham et d'Isaac et de Jacob, le Dieu de nos pères, a glorifié son serviteur Jésus, que vous, vous avez livré, et que vous avez renié devant Pilate, lorsqu'il avait décidé de le relâcher.14Mais vous, vous avez renié le saint et le juste, et vous avez demandé qu'on vous accordât un meurtrier;15et vous avez mis à mort le prince de la vie, lequel Dieu a ressuscité d'entre les morts; ce dont nous, nous sommes témoins.16Et, par la foi en son nom, son nom a raffermi cet homme que vous voyez et que vous connaissez; et la foi qui est par lui a donné à celui-ci cette entière disposition de tous ses membres, en la présence de vous tous.17Et maintenant, frères, je sais que vous l'avez fait par ignorance, de même que vos chefs aussi;18mais Dieu a ainsi accompli ce qu'il avait prédit par la bouche de tous les prophètes, savoir que son Christ devait souffrir.19Repentez-vous donc et vous convertissez, pour que vos péchés soient effacés: en sorte que viennent des temps de rafraîchissement de devant la face du seigneur,20et qu'il envoie Jésus Christ, qui vous a été préordonné,21lequel il faut que le ciel reçoive jusqu'aux temps du rétablissement de toutes choses dont Dieu a parlé par la bouche de ses saints prophètes de tout temps.22Moïse déjà a dit: "Le Seigneur, votre Dieu, vous suscitera d'entre vos frères un prophète comme moi; vous l'écouterez dans tout ce qu'il pourra vous dire;23et il arrivera que toute âme qui n'écoutera pas ce prophète sera exterminée d'entre le peuple".24Et même tous les prophètes, depuis Samuel et ceux qui l'ont suivi, tous ceux qui ont parlé, ont aussi annoncé ces jours.25Vous, vous êtes les fils des prophètes et de l'alliance que Dieu a établie avec nos pères, disant à Abraham: "Et en ta semence seront bénies toutes les familles de la terre".26A vous premièrement, Dieu, ayant suscité son serviteur, l'a envoyé pour vous bénir, en détournant chacun de vous de vos méchancetés.

En apprenant la guérison de l'homme impotent, la foule curieuse s'est attroupée. Tous sont remplis d'étonnement et d'admiration (v. 10). Mais Pierre détourne immédiatement l'attention de lui-même et de Jean, pour attribuer le miracle au pouvoir du nom de Jésus. Cette œuvre démontrait d'une manière éclatante la vie et la puissance en résurrection de Celui qu'ils avaient mis à mort. «Vous avez renié le saint et le juste» leur déclare l'apôtre, non pour les condamner, mais comme quelqu'un qui comprend par expérience la honte de ce péché (v. 14; Luc 22:57…). «Je sais que vous l'avez fait par ignorance» (v. 17), ajoute-t-il, confirmant la parole du Sauveur sur la croix: «Père, pardonne-leur, car ils se savent ce qu'ils font» (Luc 23:34). Eh bien! L'occasion donnée encore ici aux Juifs d'entendre l'Évangile et de se repentir répond à cette prière du Seigneur. Ils ont au milieu d'eux le témoignage du Saint-Esprit parlant par la bouche de Pierre et visible dans l'assemblée (Actes 2:44-47). Si la nation, reconnaissant son péché, se tourne maintenant vers Dieu, le Seigneur pourra revenir. Sinon elle n'aura plus dorénavant l'excuse de l'ignorance.

Actes 4:1-22
1Mais comme ils parlaient au peuple, les sacrificateurs et le commandant du temple et les sadducéens survinrent,2étant en peine de ce qu'ils enseignaient le peuple et annonçaient par Jésus la résurrection d'entre les morts.3Et ils mirent les mains sur eux, et les firent garder jusqu'au lendemain, car c'était déjà le soir.4Mais plusieurs de ceux qui avaient ouï la parole crurent; et le nombre des hommes se monta à environ cinq mille.
5Or il arriva que, le lendemain, leurs chefs et leurs anciens et leurs scribes, s'assemblèrent à Jérusalem,6et Anne, le souverain sacrificateur, et Caïphe, et Jean, et Alexandre, et tous ceux qui étaient de la race souveraine sacerdotale.7Et les ayant fait comparaître, ils leur demandaient: Par quelle puissance ou par quel nom avez-vous fait ceci?8Alors Pierre, étant rempli de l'Esprit Saint, leur dit: Chefs du peuple et anciens d'Israël,9si aujourd'hui nous sommes interrogés au sujet de la bonne oeuvre qui a été faite à un homme impotent, et qu'on veuille apprendre comment il a été guéri,10sachez, vous tous, et tout le peuple d'Israël, que ç'a été par le nom de Jésus Christ le Nazaréen, que vous, vous avez crucifié, et que Dieu a ressuscité d'entre les morts; c'est, dis-je, par ce nom que cet homme est ici devant vous plein de santé.11Celui-ci est la pierre méprisée par vous qui bâtissez, qui est devenue la pierre angulaire;12et il n'y a de salut en aucun autre; car aussi il n'y a point d'autre nom sous le ciel, qui soit donné parmi les hommes, par lequel il nous faille être sauvés.13-Et, voyant la hardiesse de Pierre et de Jean, et s'étant aperçus qu'ils étaient des hommes illettrés et du commun, ils s'en étonnaient, et ils les reconnaissaient pour avoir été avec Jésus.14Et, voyant là présent avec eux l'homme qui avait été guéri, ils n'avaient rien à opposer.
15Et leur ayant ordonné de sortir du sanhédrin, ils conférèrent entre eux,16disant: Que ferons-nous à ces hommes? car il est apparent pour tous les habitants de Jérusalem, qu'un miracle notoire a été fait par eux, et nous ne pouvons le nier;17mais afin que cela ne soit pas répandu davantage parmi le peuple, défendons-leur avec menaces, de parler davantage en ce nom à qui que ce soit.18Et les ayant appelés, ils leur enjoignirent de ne plus parler ni enseigner, en aucune manière, au nom de Jésus.19Mais Pierre et Jean, répondant, leur dirent: Jugez s'il est juste devant Dieu de vous écouter plutôt que Dieu.20Car, pour nous, nous ne pouvons pas ne pas parler des choses que nous avons vues et entendues.21Et après les avoir menacés, ils les relâchèrent, ne trouvant pas comment ils pourraient les punir, à cause du peuple; parce que tous glorifiaient Dieu de ce qui avait été fait.22Car l'homme en qui avait été faite cette miraculeuse guérison, avait plus de quarante ans.

Une œuvre aussi puissante ne peut manquer de provoquer l'opposition de Satan. Ses instruments nous sont connus: Anne, Caïphe, les sacrificateurs, les anciens et les scribes, bref les principaux responsables de la condamnation du Seigneur. En ménageant les disciples, ils auraient par là même avoué avoir été injustes en faisant mourir le Maître. L'orgueil les en empêche. Ils persévèrent dans leur haine contre le nom de Jésus. Lui-même devient dorénavant la pierre de touche par excellence: pour les uns la «maîtresse pierre de coin, élue, précieuse», pour les autres «une pierre d'achoppement et un rocher de chute» (comp. v. 11 et 1 Pierre 2:4-8). Le v. 12 est fondamental; il affirme la valeur unique et la nécessité du nom de Jésus pour être sauvé.

Les disciples sont reconnus pour avoir été avec Jésus (v. 13). Si nous vivons habituellement dans la communion du Seigneur, cela se remarquera.

Toute l'opposition des chefs des Juifs ne peut arrêter l'action de l'évangile (v. 4), ni fermer la bouche des apôtres. Car ceux-ci ont reçu de Dieu Lui-même leur appel et leur mission (v. 19). Et la Parole est en eux «comme un feu brûlant» (v. 20; Jér. 20:9).

Actes 4:23-37
23Et ayant été relâchés, ils vinrent vers les leurs et leur rapportèrent tout ce que les principaux sacrificateurs et les anciens leur avaient dit.24Et l'ayant entendu, ils élevèrent d'un commun accord leur voix à Dieu, et dirent: O Souverain! toi, tu es le Dieu qui as fait le ciel et la terre, et la mer, et toutes les choses qui y sont:25qui as dit, par la bouche de David ton serviteur: "Pourquoi se sont déchaînées les nations, et les peuples ont-ils projeté des choses vaines?26Les rois de la terre se sont trouvés là, et le chefs se sont réunis ensemble, contre le Seigneur et contre son Christ".27Car en effet, dans cette ville, contre ton saint serviteur Jésus que tu as oint, se sont assemblés et Hérode et Ponce Pilate, avec les nations et les peuples d'Israël,28pour faire toutes les choses que ta main et ton conseil avaient à l'avance déterminé devoir être faites.29Et maintenant, Seigneur, regarde à leurs menaces, et donne à tes esclaves d'annoncer ta parole avec toute hardiesse,30en étendant ta main pour guérir, et pour qu'il se fasse des miracles et des prodiges par le nom de ton saint serviteur Jésus.31Et comme ils faisaient leur supplication, le lieu où ils étaient assemblés fut ébranlé, et ils furent tous remplis du Saint Esprit, et annonçaient la parole de Dieu avec hardiesse.
32Et la multitude de ceux qui avaient cru était un coeur et une âme; et nul ne disait d'aucune des choses qu'il possédait, qu'elle fût à lui; mais toutes choses étaient communes entre eux.33Et les apôtres rendaient avec une grande puissance le témoignage de la résurrection du Seigneur Jésus; et une grande grâce était sur eux tous.34Car il n'y avait parmi eux aucune personne nécessiteuse; car tous ceux qui possédaient des champs ou des maisons les vendaient, et apportaient le prix des choses vendues,35et le mettaient aux pieds des apôtres; et il était distribué à chacun, selon que l'un ou l'autre pouvait en avoir besoin.36Et Joseph qui, par les apôtres, fut surnommé Barnabas (ce qui, étant interprété, est fils de consolation), Lévite, et Cypriote de naissance,37ayant une terre, la vendit, et en apporta la valeur, et la mit aux pieds des apôtres.

Pierre et Jean retrouvent les autres disciples (appelés «les leurs» au v. 23) et ils leur répètent les propos des chefs du peuple. Puis, au lieu de délibérer sur ce qu'ils doivent faire, ils usent de leur ressource commune: la prière (voir aussi Actes 6:4; Actes 12:5, 12; Actes 14:23). Ils reconnaissent dans la révolte des Juifs et des nations contre Dieu et contre son «saint serviteur Jésus» l'accomplissement des Écritures (encore partiel, c'est pourquoi les apôtres omettent en citant le Ps. 2, la terrible réponse divine à ces provocations des hommes).

La hardiesse est un mot caractéristique de ce chapitre (v. 13, 29, 31). Elle n'a rien de commun avec l'énergie charnelle qui jadis poussait Pierre en avant… et l'abandonnait le moment d'après. Les disciples l'obtiennent en réponse-leur prière. Imitons-les, lorsque nous sentons que nous manquons de courage.

Suit, dans les v. 32-37, une nouvelle description magnifique de l'Assemblée dans la fraîcheur de son premier amour. Sans prétendre revenir à cet heureux commencement, efforçons-nous d'en réaliser l'esprit en mettant de côté notre égoïsme et en saisissant toutes les occasions de nous dévouer pour nos frères.

Actes 5:1-16
1Mais un homme nommé Ananias, avec Sapphira sa femme, vendit une possession, et,2de connivence avec sa femme, mit de côté une partie du prix, et, en apportant une partie, la mit aux pieds des apôtres.3Mais Pierre dit: Ananias, pourquoi Satan a-t-il rempli ton coeur, que tu aies menti à l'Esprit Saint et que tu aies mis de côté une partie du prix de la terre?4Si elle fût restée non vendue, ne te demeurait-elle pas? Et vendue, n'était-elle pas en ton pouvoir? Comment t'es-tu proposé cette action dans ton coeur? Tu n'as pas menti aux hommes, mais à Dieu.5Et Ananias, entendant ces paroles, tomba et expira. Et une grande crainte s'empara de tous ceux qui entendirent ces choses.6Et les jeunes hommes, se levant, le couvrirent, et l'ayant emporté dehors, l'ensevelirent.7Et il arriva, environ trois heures après, que sa femme, ne sachant pas ce qui était arrivé, entra;8et Pierre lui répondit: Dis-moi, avez-vous donné le champ pour tant? Et elle dit: Oui, pour tant.9Et Pierre lui dit: Comment êtes-vous convenus entre vous de tenter l'Esprit du Seigneur? Voici, les pieds de ceux qui ont enseveli ton mari sont à la porte, et ils t'emporteront aussi.10Et à l'instant elle tomba à ses pieds et expira. Et les jeunes hommes, entrant, la trouvèrent morte; et ils l'emportèrent dehors et l'ensevelirent auprès de son mari.11Et une grande crainte s'empara de toute l'assemblée et de tous ceux qui entendaient parler de ces choses.
12Et beaucoup de miracles et de prodiges se faisaient parmi le peuple, par les mains des apôtres; (et ils étaient tous d'un commun accord au portique de Salomon;13mais, d'entre les autres, nul n'osait se joindre à eux, mais le peuple les louait hautement;14et des croyants d'autant plus nombreux se joignaient au Seigneur, une multitude tant d'hommes que de femmes;)15de sorte qu'on apportait les infirmes dehors dans les rues, et qu'on les mettait sur de petits lits et sur des couchettes, afin que, quand Pierre viendrait, au moins son ombre passât sur quelqu'un d'eux.16Et la multitude aussi des villes d'alentour s'assemblait à Jérusalem, apportant les infirmes et ceux qui étaient tourmentés par des esprits immondes; et ils étaient tous guéris.

Le ch. 4 commençait par un «mais», qui annonçait l'action de l'ennemi depuis le dehors contre la vérité. Le ch. 5 débute par un autre «mais» qui introduit son œuvre au dedans pour corrompre l'Assemblée. Nous savons que Satan n'a cessé depuis lors d'être actif de cette double manière. L'esprit d'imitation et le désir de se donner une apparence de piété ont entraîné au mensonge Ananias et Sapphira. Pierre les reprend avec une sainte indignation et ils sont aussitôt frappés par la main de Dieu. Leur sort éternel n'est pas ici en question. Il s'agit d'une manifestation du gouvernement de Dieu. Sous prétexte que nous sommes les objets de sa grâce ne pensons pas que Dieu ait le péché moins en horreur. Il est saint, et tels doivent être ses enfants (1 Pierre 1:15-17).

Une grande crainte s'empare des assistants. C'est un sentiment que nous devons aussi cultiver vis-à-vis de Celui qui lit nos pensées les plus secrètes.

Les v. 12-16 nous parlent des miracles d'amour accomplis «par les mains des apôtres» et nous montrent aussi qu'il ne suffit pas d'admirer les croyants; il faut faire soi-même le pas et se joindre au Seigneur (v. 13, 14). En Apoc. 21:8 les timides sont les premiers nommés parmi ceux qui sont éternellement perdus.

Actes 5:17-32
17Et le souverain sacrificateur se leva, lui et tous ceux qui étaient avec lui, savoir la secte des sadducéens; et ils furent remplis de jalousie,18et mirent les mains sur les apôtres et les jetèrent dans la prison publique.19Mais un ange du Seigneur ouvrit de nuit les portes de la prison, et les conduisit dehors, et dit:20Allez, et, vous tenant dans le temple, annoncez au peuple toutes les paroles de cette vie.21Ce qu'ayant entendu, ils entrèrent, vers le point du jour, dans le temple, et ils enseignaient. Mais le souverain sacrificateur étant venu, et ceux qui étaient avec lui, ils assemblèrent le sanhédrin et tous les anciens des fils d'Israël, et ils envoyèrent à la prison pour les faire amener.22Mais les huissiers, y étant arrivés, ne les trouvèrent pas dans la prison; et s'en retournant, ils le rapportèrent, disant:23Nous avons trouvé la prison fermée avec toute sûreté, et les gardes se tenant aux portes; mais, ayant ouvert, nous n'avons trouvé personne dedans.24Et quand le sacrificateur et le commandant du temple et les principaux sacrificateurs eurent entendu ces paroles, ils furent en perplexité à leur sujet, (ne sachant ce que cela deviendrait.25Or quelqu'un arriva et leur rapporta: Voilà, les hommes que vous avez mis en prison sont au temple et enseignent le peuple.
26Alors le commandant, avec les huissiers, s'en alla et les amena sans violence; car ils craignaient d'être lapidés par le peuple.27Et les ayant amenés, ils les présentèrent devant le sanhédrin. Et le souverain sacrificateur les interrogea, disant:28Nous vous avons expressément enjoint de ne pas enseigner en ce nom-là, et voici, vous avez rempli Jérusalem de votre doctrine, et vous voulez faire venir sur nous le sang de cet homme.29Et Pierre et les apôtres, répondant, dirent: Il faut obéir à Dieu plutôt qu'aux hommes.30Le Dieu de nos pères a ressuscité Jésus que vous avez fait mourir, le pendant au bois.31C'est lui que Dieu a exalté par sa droite prince et sauveur, afin de donner la repentance à Israël et la rémission des péchés:32et nous, nous lui sommes témoins de ces choses, ainsi que l'Esprit Saint que Dieu a donné à ceux qui lui obéissent.

Le souverain sacrificateur et ceux qui sont avec lui sont remplis de jalousie en voyant des hommes sans instruction et qui ne faisaient pas partie du clergé, obtenir un tel succès auprès des foules. De plus les sadducéens, niant la résurrection, sont particulièrement excités contre les apôtres qui annoncent celle du Seigneur Jésus (v. 17; Actes 4:1, 2). Incapables d'imposer leur autorité d'une autre manière, ils jettent en prison ces hommes qu'ils ne sont pas parvenus à faire taire. Mais le Seigneur envoie un ange pour délivrer ses serviteurs qui retournent aussitôt enseigner dans le temple. Les chefs en sont avertis et les font comparaître devant le sanhédrin. «Vous voulez faire venir sur nous le sang de cet homme», leur disent-ils; alors que, devant Pilate, ils ont eux-mêmes réclamé avec le peuple que son sang soit sur eux et sur leurs enfants (Matt. 27:25). Puis ils leur enjoignent encore de se taire. — «Il faut obéir à Dieu plutôt qu'aux hommes», répondent Pierre et les apôtres (voir Actes 4:19). Et ils rendent une fois de plus un éclatant témoignage à la résurrection glorieuse de Jésus, «prince et Sauveur», ainsi qu'à la rémission des péchés par son moyen.

Actes 5:33-42
33Mais eux, ayant entendu ces choses, frémissaient de rage, et tenaient conseil pour les faire mourir.34Mais un pharisien nommé Gamaliel, docteur de la loi, honoré de tout le peuple, se leva dans le sanhédrin et donna l'ordre de faire sortir les apôtres pour un peu de temps.35Et il leur dit: Hommes israélites, prenez garde à vous-mêmes par rapport à ces hommes, et voyez ce que vous allez faire.36Car, avant ces jours-ci, Theudas se leva, se disant être quelque chose, auquel se joignit un nombre d'environ quatre cents hommes; et il fut tué, et tous ceux qui lui obéissaient furent dissipés et réduits à rien.37Après lui s'éleva Judas le Galiléen, aux jours du recensement, et il entraîna à la révolte un grand peuple après lui; lui aussi a péri, et tous ceux qui lui obéissaient furent dispersés.38Et maintenant je vous dis: Ne vous mêlez plus de ces hommes, et laissez-les; car si ce dessein ou cette oeuvre est des hommes, elle sera détruite;39mais si elle est de Dieu, vous ne pourrez les détruire; -de peur que vous ne soyez même trouvés faire la guerre à Dieu.40Et ils furent de son avis. Et ayant appelé les apôtres, ils leur enjoignirent, après les avoir battus, de ne pas parler au nom de Jésus, et les relâchèrent.41Eux donc se retiraient de devant le sanhédrin en se réjouissant d'avoir été estimés dignes de souffrir des opprobres pour le nom;42et ils ne cessaient tous les jours d'enseigner et d'annoncer Jésus comme le Christ, dans le temple et de maison en maison.

Après son ange, Dieu se sert pour délivrer les siens d'un éminent pharisien (secte opposée à celle des sadducéens) nommé Gamaliel. C'était un docteur connu et respecté parmi les Juifs. Avec modération, en se servant d'exemples que chacun connaissait, il exhorte ses collègues à la patience. La fin montrerait si cette œuvre était des hommes ou si elle était de Dieu. Il n'est par ailleurs jamais difficile de discerner à quel bord appartiennent ceux qui se disent être quelque chose (v. 36). Mais il n'en était pas ainsi des apôtres. En reconnaissant que par eux-mêmes ils n'étaient rien, ils donnaient toute la gloire au nom de Jésus qu'ils ne cessaient d'annoncer (Actes 3:12; Actes 4:10).

Le Seigneur avait jadis prévenu ses disciples qu'on mettrait les mains sur eux, qu'ils seraient persécutés, livrés aux synagogues et emprisonnés (Luc 21:12). En effet toutes ces épreuves n'avaient pas tardé à leur arriver (v. 17-32), et depuis elles n'ont pas cessé d'être la part des croyants ici ou là. Nous remercions souvent le Seigneur de nous épargner les persécutions qui sévissent dans d'autres pays. Mais n'oublions pas que souffrir pour son Nom est un honneur. Les apôtres se réjouissent d'en avoir été estimés dignes (v. 41; comp. 1 Pierre 4:19; Matt. 5:11, 12).

Actes 6:1-15
1Or en ces jours-là, le nombre des disciples se multipliant, il s'éleva un murmure des Hellénistes contre les Hébreux, parce que leurs veuves étaient négligées dans le service journalier.2Et les douze, ayant appelé la multitude des disciples, dirent: Il ne convient pas que, laissant la parole de Dieu, nous servions aux tables.3Jetez donc les yeux, frères, sur sept hommes d'entre vous, qui aient un bon témoignage, pleins de l'Esprit Saint et de sagesse, que nous établirons sur cette affaire.4Et, pour nous, nous persévérons dans la prière et dans le service de la parole.5Et ce discours plut à toute la multitude; et ils choisirent Étienne, homme plein de foi et de l'Esprit Saint, et Philippe, et Prochore, et Nicanor, et Timon, et Parménas, et Nicolas, prosélyte d'Antioche,6qu'ils présentèrent aux apôtres; et, après avoir prié, ils leur imposèrent les mains.7Et la parole de Dieu croissait, et le nombre des disciples se multipliait beaucoup dans Jérusalem, et une grande foule de sacrificateurs obéissait à la foi.
8Or Étienne, plein de grâce et de puissance, faisait parmi le peuple des prodiges et de grands miracles.9Et quelques-uns de la synagogue appelée des Libertins, et des Cyrénéens, et des Alexandrins, et de ceux de Cilicie et d'Asie, se levèrent, disputant contre Étienne.10Et ils ne pouvaient pas résister à la sagesse et à l'Esprit par lequel il parlait.11Alors ils subornèrent des hommes qui disaient: Nous l'avons ouï proférant des paroles blasphématoires contre Moïse et contre Dieu.12Et ils soulevèrent le peuple et les anciens et les scribes; et tombant sur lui, ils l'enlevèrent et l'amenèrent devant le sanhédrin.13Et ils présentèrent de faux témoins qui disaient: Cet homme ne cesse pas de proférer des paroles contre le saint lieu et contre la loi;14car nous l'avons entendu dire que ce Jésus le Nazaréen détruira ce lieu-ci, et changera les coutumes que Moïse nous a enseignées.15Et tous ceux qui étaient assis dans le sanhédrin, ayant leurs yeux arrêtés sur lui, virent son visage comme le visage d'un ange.

Déjà l'harmonieux tableau des ch. 2:42 et 4:32 se trouve assombri. Un murmure (une réclamation qu'on n'ose pas formuler à haute voix) s'est élevé au milieu des disciples. Veillons à faire taire en nous de tels murmures de mécontentement ou de jalousie, car par eux «le destructeur» s'efforce de troubler la communion des enfants de Dieu (lire 1 Cor. 10:10).

Pour remédier à cet état de choses, des serviteurs sont choisis. Nous n'aurions pas pensé que, même pour servir aux tables, il convenait d'être «pleins de l'Esprit Saint» (v. 3). Eh bien! C'est l'état normal du chrétien et il peut être le nôtre si nous le désirons! Non pas, comme certains le croient, en demandant une nouvelle venue du Saint-Esprit; Il est déjà dans le croyant. Mais en Lui laissant toute la place dans le temple de notre cœur.

Chez Étienne en particulier, l'Esprit brille sous ses trois caractères: «de puissance, d'amour et de conseil» (ou de sagesse: v. 8 et 10; comp. 2 Tim. 1:7). Les œuvres (v. 8) et les paroles (v. 10) de cet homme de Dieu ferment la bouche à tous ses adversaires qui en sont réduits à soudoyer contre lui de faux témoins (comp. Matt. 26:59). Mais déjà son visage rayonne d'une beauté céleste (v. 15).

Actes 7:1-19
1Et le souverain sacrificateur dit: Ces choses donc sont-elles ainsi?2Et il dit: Hommes frères et pères, écoutez: Le Dieu de gloire apparut à notre père Abraham, lorsqu'il était en Mésopotamie, avant qu'il habitât en Charran,3et il lui dit: Sors de ton pays et de ta parenté, et viens au pays que je te montrerai.4Alors, sortant du pays des Chaldéens, il habita en Charran; et de là, après que son père fut mort, Dieu le fit passer dans ce pays où vous habitez maintenant.5Et il ne lui donna pas d'héritage dans ce pays, pas même où poser son pied, et il lui promit de le lui donner en possession, et à sa postérité après lui, alors qu'il n'avait point d'enfant.6Et Dieu parla ainsi: "Sa postérité séjournera dans une terre étrangère, et on l'asservira et on la maltraitera pendant quatre cents ans;7et je jugerai, moi, la nation à laquelle ils auront été asservis, dit Dieu; et après cela ils sortiront et me serviront en ce lieu-ci".8Et il lui donna l'alliance de la circoncision; et ainsi Abraham engendra Isaac et le circoncit le huitième jour; et Isaac, Jacob; et Jacob, les douze patriarches.9Et les patriarches, étant pleins d'envie contre Joseph, le vendirent pour être mené en Égypte;10et Dieu était avec lui; et il le délivra de toutes ses afflictions, et lui fit trouver grâce et sagesse auprès du Pharaon, roi d'Égypte; et il l'établit gouverneur sur l'Égypte et sur toute sa maison.11Or il survint une famine dans tout le pays d'Égypte et en Canaan, et une grande détresse, et nos pères ne trouvèrent pas de nourriture.12Et Jacob, ayant ouï dire qu'il y avait du blé en Égypte, y envoya une première fois nos pères;13et, la seconde fois, Joseph fut reconnu de ses frères, et la famille de Joseph fut connue du Pharaon.14Et Joseph envoya chercher son père Jacob et toute sa parenté, en tout soixante-quinze âmes.15Et Jacob descendit en Égypte; et il mourut, lui et nos pères,16et ils furent transportés à Sichem, et mis dans le sépulcre qu'Abraham avait acheté à prix d'argent des fils d'Emmor, le père de Sichem.
17Mais comme le temps de la promesse que Dieu avait promise à Abraham, approchait, le peuple s'accrut et se multiplia en Égypte,18jusqu'à ce qu'il se leva un autre roi sur l'Égypte, qui ne connaissait pas Joseph.19Celui-ci, usant de ruse contre notre race, maltraita les pères jusqu'à leur faire exposer leurs enfants pour qu'ils ne demeurassent pas en vie.

Étienne ne profite pas de ce que le souverain sacrificateur lui donne la parole pour se justifier des fausses accusations dont il est l'objet. Le Saint Esprit dont il est rempli, lui dicte «à l'heure même» ce qu'il doit répondre (Luc 12:11, 12). Il va se servir de l'histoire d'Israël pour exposer les voies de Dieu et Sa fidélité, en même temps que l'infidélité de son peuple. En effet ce récit qui occupe une telle place dans la Parole de Dieu contient sous forme de «types» des enseignements destinés à servir d'avertissement (1 Cor. 10:11). Abraham avait été appelé et il avait obéi (Héb. 11:8). Il avait saisi par la foi les promesses que Dieu lui avait faites dès avant la naissance d'Isaac. Ses descendants devaient séjourner en Égypte, en subir le joug, puis en sortir et servir l'Éternel dans la terre de la promesse. Ils me serviront (v. 7): parole propre à atteindre la conscience de ce peuple indocile et rebelle.

L'histoire de Joseph, rejeté par ses frères puis exalté par le Pharaon, illustre remarquablement la haine des Juifs contre Christ ainsi que la position glorieuse que Dieu Lui a donnée après l'avoir délivré «de toutes ses afflictions» (v. 10).

Actes 7:20-43
20En ce temps-là naquit Moïse, et il était divinement beau; et il fut nourri trois mois dans la maison du père.21Mais, ayant été exposé, la fille du Pharaon l'emporta, et l'éleva pour elle, afin qu'il fût son fils.22Et Moïse fut instruit dans toute la sagesse des Égyptiens; et il était puissant dans ses paroles et dans ses actions.23Mais quand il fut parvenu à l'âge de quarante ans, il lui vint au coeur de visiter ses frères, les fils d'Israël;24et voyant l'un d'eux à qui l'on faisait tort, il le défendit, et vengea l'opprimé, en frappant l'Égyptien.25Or il croyait que ses frères comprendraient que Dieu leur donnerait la délivrance par sa main, mais ils ne le comprirent point.26Et le jour suivant, il se montra à eux comme ils se battaient; et il les engagea à la paix, disant: Vous êtes frères; pourquoi vous faites-vous tort l'un à l'autre?27Mais celui qui faisait tort à son prochain, le repoussa, disant: Qui t'a établi chef et juge sur nous?28Veux-tu me tuer, toi, comme tu tuas hier l'Égyptien?29Et Moïse s'enfuit à cette parole et fut étranger dans le pays de Madian, où il engendra deux fils.
30Et, quarante ans s'étant écoulés, un ange lui apparut au désert de la montagne de Sinaï, dans la flamme de feu d'un buisson.31Et Moïse, voyant cela, fut étonné de la vision; et comme il approchait pour regarder, une voix du Seigneur se fit entendre:32Moi, je suis le Dieu de tes pères, le Dieu d'Abraham, et d'Isaac, et de Jacob. Et Moïse, devenu tout tremblant, n'osait regarder.33Et le Seigneur lui dit: Délie les sandales de tes pieds; car le lieu sur lequel tu te tiens est une terre sainte.34J'ai vu, j'ai vu l'oppression de mon peuple qui est en Égypte, et j'ai entendu leur gémissement, et je suis descendu pour les délivrer; et maintenant viens, je t'enverrai en Égypte.35Ce Moïse qu'ils avaient rejeté, disant: Qui t'a établi chef et juge? celui-là, Dieu l'a envoyé pour chef et pour libérateur, par la main de l'ange qui lui était apparu au buisson.36C'est lui qui les conduisit dehors, en faisant des prodiges et des miracles dans le pays d'Égypte, et dans la mer Rouge, et au désert pendant quarante ans.37C'est ce Moïse qui a dit aux fils d'Israël: Dieu vous suscitera d'entre vos frères un prophète comme moi; écoutez-le.38C'est lui qui fut dans l'assemblée au désert, avec l'ange qui lui parlait sur la montagne de Sinaï, et avec nos pères; qui reçut des oracles vivants pour nous les donner;39auquel nos pères ne voulurent pas être soumis; mais ils le repoussèrent et retournèrent de leur coeur en Égypte,40disant à Aaron: Fais-nous des dieux qui aillent devant nous, car, quant à ce Moïse qui nous a conduits hors du pays d'Égypte, nous ne savons ce qui lui est arrivé.41Et ils firent en ces jours-là un veau, et offrirent un sacrifice à l'idole, et se réjouirent dans les oeuvres de leurs mains.
42Et Dieu se retourna, et les livra au service de l'armée du ciel, ainsi qu'il est écrit au livre des prophètes: "M'avez-vous offert des bêtes égorgées et des sacrifices pendant quarante ans dans le désert, maison d'Israël?43vous avez porté le tabernacle de Moloch et l'étoile de votre dieu Remphan, les figures que vous avez faites pour leur rendre hommage; et je vous transporterai au delà de Babylone".

On avait accusé Étienne de proférer des paroles blasphématoires contre Moïse (Actes 6:11). Mais voyez avec quelle vénération au contraire, il parle de ce patriarche! La beauté que Dieu discernait dans l'enfant dès sa naissance (v. 20), plus tard sa puissance en paroles et en actions (v. 22), son amour pour ses frères qui l'a poussé à les visiter (v. 23), l'incompréhension qu'il a rencontrée de leur part quand il a voulu les délivrer (v. 25, 35), autant de traits qui devraient porter les regards du peuple sur le Sauveur précieux qu'il a rejeté. Moïse avait d'ailleurs lui-même annoncé Sa venue en exhortant à L'écouter (v. 37). Et Pierre, avant Étienne, avait déjà cité Deutéronome 18:15 dans son discours du Actes 3:22. Double témoignage à l'accomplissement des Écritures! Mais ce peuple s'est montré insoumis et idolâtre dès le commencement de son histoire, et malgré les plus grands témoignages d'amour et de patience de la part de Dieu, son caractère naturel n'a pas changé. Il en est ainsi de nos pauvres cœurs. Aussi loin que nous pouvons remonter dans nos souvenirs, dans notre plus petite enfance même, nous retrouvons la désobéissance et la convoitise. Et seule la puissance de Dieu a pu nous donner une autre nature.

Actes 7:44-60
44Nos pères avaient le tabernacle du témoignage dans le désert, comme avait ordonné celui qui avait dit à Moïse de le faire selon le modèle qu'il avait vu.45Et nos pères, l'ayant reçu, l'introduisirent avec Josué, en prenant possession des nations que Dieu chassa de devant la face de nos pères, jusqu'aux jours de David,46qui trouva grâce devant Dieu, et qui demanda de trouver un tabernacle pour le Dieu de Jacob.47Mais Salomon lui bâtit une maison.48Mais le Très-haut n'habite point dans des demeures faites de main; selon que dit le prophète:49"Le ciel est mon trône, et la terre est le marchepied de mes pieds. Quelle maison me bâtirez-vous, dit le Seigneur, et quel sera le lieu de mon repos?50Ma main n'a-t-elle pas fait toutes ces choses?
51Gens de col roide et incirconcis de coeur et d'oreilles, vous résistez toujours à l'Esprit Saint; comme vos pères, vous aussi.52Lequel des prophètes vos pères n'ont-ils pas persécuté? Et ils ont tué ceux qui ont prédit la venue du Juste, lequel maintenant vous, vous avez livré et mis à mort,53vous qui avez reçu la loi par la disposition des anges, et qui ne l'avez point gardée...
54En entendant ces choses, ils frémissaient de rage dans leurs coeurs, et ils grinçaient les dents contre lui.55Mais lui, étant plein de l'Esprit Saint, et ayant les yeux attachés sur le ciel, vit la gloire de Dieu, et Jésus debout à la droite de Dieu;56et il dit: Voici, je vois les cieux ouverts, et le Fils de l'homme debout à la droite de Dieu.57Et criant à haute voix, ils bouchèrent leurs oreilles, et d'un commun accord se précipitèrent sur lui;58et l'ayant poussé hors de la ville, ils le lapidaient; et les témoins déposèrent leurs vêtements aux pieds d'un jeune homme appelé Saul.59Et ils lapidaient Étienne, qui priait et disait: Seigneur Jésus, reçois mon esprit.60Et s'étant mis à genoux, il cria à haute voix: Seigneur, ne leur impute point ce péché. Et quand il eut dit cela, il s'endormit;

Étienne achève son récit. Comparaissant comme accusé devant le sanhédrin, c'est au contraire lui, qui de la part de Dieu, fait le terrible procès de ce peuple au cou roide (voir déjà Ex. 32:9; Ex. 33:3…). «Vous résistez toujours à l'Esprit Saint» leur dit-il, lui qui en était rempli. Ne nous arrive-t-il pas souvent, à nous aussi, de résister à l'Esprit Saint, qu'il s'agisse de faire la volonté du Seigneur ou de ne pas faire la nôtre?

Quel contraste entre la paix du disciple, absorbé par la vision glorieuse de Jésus debout à la droite de Dieu et la rage de ses adversaires. Elle les pousse sans même un simulacre de jugement, au crime qui va entraîner pour bien des siècles le rejet des Juifs comme nation et leur dispersion par toute la terre. En comparant les derniers mots de cet homme de Dieu (v. 56, 60) à ceux du Seigneur sur la croix (Luc 23:46 et 34), nous remarquons encore une fois combien le disciple ressemble au Maître sur lequel il fixait les yeux. Ce meurtre est la conclusion tragique de l'histoire du peuple rebelle racontée par Étienne. Il la signe de son propre sang, devenant après la longue liste des prophètes persécutés (v. 52) le premier martyr de l'Église (lire 1 Thess. 2:15, 16). Et justement cette scène introduit magistralement la dispensation de l’Église. Celle-ci est caractérisée par la présence du Saint-Esprit sur la terre (Étienne en est rempli) et celle de Christ glorifié à la droite de Dieu tel que le décrit le fidèle témoin.

Actes 8:1-25
1et Saul consentait à sa mort. Or en ce temps-là, il y eut une grande persécution contre l'assemblée qui était à Jérusalem; et tous furent dispersés dans les contrées de la Judée et de la Samarie, excepté les apôtres.2Et des hommes pieux emportèrent Étienne pour l'ensevelir, et menèrent un grand deuil sur lui.3Or Saul ravageait l'assemblée, entrant dans les maisons; et traînant hommes et femmes, il les livrait pour être jetés en prison.
4Ceux donc qui avaient été dispersés allaient çà et là, annonçant la parole.5Philippe, étant descendu dans une ville de la Samarie, leur prêcha le Christ.6Et les foules, d'un commun accord, étaient attentives aux choses que Philippe disait, l'entendant, et voyant les miracles qu'il faisait;7car les esprits immondes, criant à haute voix, sortaient de plusieurs qui en étaient possédés; et beaucoup de paralytiques et de boiteux furent guéris;8et il y eut une grande joie dans cette ville-là.9Or, avant cela, il y avait dans la ville un homme nommé Simon, qui exerçait la magie et étonnait le peuple de la Samarie, se disant être quelque grand personnage;10auquel tous s'attachaient, depuis le petit jusqu'au grand, disant: Celui-ci est la puissance de Dieu appelée la grande.11Et ils s'attachaient à lui, parce que depuis longtemps il les étonnait par sa magie.12Mais quand ils eurent cru Philippe qui leur annonçait les bonnes nouvelles touchant le royaume de Dieu et le nom de Jésus Christ, tant les hommes que les femmes furent baptisés.13Et Simon crut aussi lui-même; et après avoir été baptisé, il se tenait toujours auprès de Philippe; et voyant les prodiges et les grands miracles qui se faisaient, il était dans l'étonnement.
14Or les apôtres qui étaient à Jérusalem, ayant appris que la Samarie avait reçu la parole de Dieu, leur envoyèrent Pierre et Jean, qui, étant descendus,15pour eux, pour qu'ils reçussent l'Esprit Saint:16car il n'était encore tombé sur aucun d'eux, mais seulement ils avaient été baptisés pour le nom du Seigneur Jésus.17Puis ils leur imposèrent les mains, et ils reçurent l'Esprit Saint.18Or Simon, voyant que l'Esprit Saint était donné par l'imposition des mains des apôtres, leur offrit de l'argent,19disant: Donnez-moi aussi ce pouvoir, afin que tous ceux à qui j'imposerai les mains reçoivent l'Esprit Saint.20Mais Pierre lui dit: Que ton argent périsse avec toi, parce que tu as pensé acquérir avec de l'argent le don de Dieu.21Tu n'as ni part ni portion dans cette affaire; car ton coeur n'est pas droit devant Dieu.22Repens-toi donc de cette méchanceté, et supplie le Seigneur, afin que, si faire se peut, la pensée de ton coeur te soit pardonnée;23car je vois que tu es dans un fiel d'amertume et dans un lien d'iniquité.24Et Simon, répondant, dit: Vous, suppliez le Seigneur pour moi, en sorte que rien ne vienne sur moi de ce dont vous avez parlé.25Eux donc, après avoir rendu témoignage et avoir annoncé la parole du Seigneur, s'en retournaient à Jérusalem; et ils évangélisaient plusieurs villages des Samaritains.

Le Seigneur avait commandé aux disciples: «vous serez mes témoins à Jérusalem et dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu'au bout de la terre» (Actes 1:8). Ils n'avaient accompli jusqu'ici que la première partie de cet ordre. Afin de leur faire franchir l'étape suivante, le Seigneur recourt dans sa sagesse à un moyen pénible: la persécution (dont la mort d'Étienne a donné le signal). Elle a pour résultat de disperser les croyants et par conséquent de porter l'évangile ailleurs. C'est ainsi qu'un vent désagréable a souvent l’effet heureux de semer au loin des graines utiles.

Philippe l'évangéliste (nommé au Actes 6:5) se rend en Samarie pour prêcher «le Christ»: non une doctrine, mais une Personne (v. 5; comp. v. 35). Quelle puissance aurait notre témoignage si, au lieu de présenter seulement des vérités, nous parlions autour de nous de Celui dont notre cœur est (…ou devrait être) rempli!

Ainsi ces Samaritains, détestés et méprisés par les Juifs, participent désormais avec eux au baptême et au don du Saint-Esprit. Ni la naissance, ni les mérites, ni l'argent — comme se l'imaginait Simon le magicien — ne donnent accès à un tel privilège. Tout provient de la pure grâce de Dieu.

Actes 8:26-40
26Et un ange du Seigneur parla à Philippe, disant: Lève-toi, et va vers le midi, sur le chemin qui descend de Jérusalem à Gaza, lequel est désert.27Et lui, se levant, s'en alla. Et voici, un Éthiopien, eunuque, homme puissant à la cour de Candace, reine des Éthiopiens, intendant de tous ses trésors, et qui était venu pour adorer à Jérusalem, s'en retournait;28et il était assis dans son char et lisait le prophète Ésaïe.29Et l'Esprit dit à Philippe: Approche-toi et joins-toi à ce char.30Et Philippe étant accouru, l'entendit qui lisait le prophète Ésaïe;31et il dit: Mais comprends-tu ce que tu lis? Et il dit: Comment donc le pourrais-je, si quelqu'un ne me conduit? Et il pria Philippe de monter et de s'asseoir avec lui.32Or le passage de l'écriture qu'il lisait était celui-ci: "Il a été mené comme une brebis à la boucherie; et comme un agneau, muet devant celui qui le tond, ainsi il n'ouvre point sa bouche;33dans son humiliation, son jugement a été ôté; et qui racontera sa génération? car sa vie est ôtée de la terre".34Et l'eunuque, répondant, dit à Philippe: Je te prie, de qui le prophète dit-il cela? De lui-même, ou de quelque autre?35Et Philippe, ouvrant sa bouche et commençant par cette écriture, lui annonça Jésus.36Et comme ils continuaient leur chemin, ils arrivèrent à une eau, et l'eunuque dit: Voici de l'eau, qu'est-ce qui m'empêche d'être baptisé?3738Et il donna l'ordre qu'on arrêtât le char, et ils descendirent tous deux à l'eau, et Philippe et l'eunuque; et Philippe le baptisa.39Et, quand ils furent remontés hors de l'eau, l'Esprit du Seigneur enleva Philippe, et l'eunuque ne le vit plus, car il continua son chemin tout joyeux;40mais Philippe fut trouvé à Azot; et en passant au travers du pays, il évangélisa toutes les villes, jusqu'à ce qu'il fut arrivé à Césarée.

Philippe venait d'être l'instrument d'une grande œuvre en Samarie. Aussi quel dut être son étonnement en recevant l'ordre de quitter son champ de travail pour se rendre sur un chemin désert! Étrange endroit vraiment pour y annoncer l'évangile! Il obéit cependant sans discuter. Et voici que passe le char d'un noble ministre africain qui a fait un long voyage pour adorer à Jérusalem. Mais comment aurait-il trouvé Dieu dans cette ville d'où Son Fils avait été rejeté? Cet homme rapporte pourtant un trésor, infiniment plus grand que ceux de sa souveraine (v. 27): une portion des saintes Écritures. Et Dieu l'a conduit dans sa lecture jusqu'au cœur du livre d'Ésaïe 53. Ainsi tout a été préparé devant le serviteur du Seigneur. L'Éthiopien apprend par lui à connaître Jésus. Il peut être baptisé et continuer son chemin «tout joyeux» pour devenir, on aime à le penser, un messager de la grâce dans son lointain pays.

Ne sont pas évangélistes seulement ceux qui s'adressent à des foules. Commençons par être obéissants, en particulier dans nos déplacements. Le Seigneur permettra alors que nous nous trouvions aussi, juste au bon moment, sur le chemin de quelqu'un à qui nous aurons l’occasion d’annoncer Jésus.

Actes 9:1-22
1Or Saul, respirant encore menace et meurtre contre les disciples du Seigneur, alla au souverain sacrificateur2et lui demanda pour Damas des lettres adressées aux synagogues, en sorte que, s'il en trouvait quelques-uns qui fussent de la voie, il les amenât, hommes et femmes, liés à Jérusalem.3Et, comme il était en chemin, il arriva qu'il approcha de Damas; et tout à coup une lumière brilla du ciel comme un éclair autour de lui.4Et étant tombé par terre, il entendit une voix qui lui disait: Saul! Saul! pourquoi me persécutes-tu?5Et il dit: Qui es-tu, Seigneur? Et il dit: Je suis Jésus que tu persécutes.6Mais lève-toi, et entre dans la ville; et il te sera dit ce que tu dois faire.7Et les hommes qui faisaient route avec lui s'arrêtèrent tout interdits, entendant bien la voix, mais ne voyant personne.8Et Saul se leva de terre; et ses yeux étant ouverts, il ne voyait personne; et, le conduisant par la main, ils l'emmenèrent à Damas;9et il fut trois jours sans voir, et il ne mangea ni ne but.
10Or il y avait à Damas un disciple nommé Ananias; et le Seigneur lui dit en vision: Ananias! Et il dit: Me voici, Seigneur.11Et le Seigneur lui dit: Lève-toi, et va dans la rue appelée la Droite, et cherche dans la maison de Judas un nommé Saul, de Tarse; car voici, il prie,12et il a vu en vision un homme nommé Ananias, entrant et lui imposant la main pour qu'il recouvrât la vue.13Et Ananias répondit: Seigneur, j'ai ouï parler à plusieurs de cet homme, combien de maux il a faits à tes saints dans Jérusalem;14et ici il a pouvoir, de la part des principaux sacrificateurs, de lier tous ceux qui invoquent ton nom.15Mais le Seigneur lui dit: Va; car cet homme m'est un vase d'élection pour porter mon nom devant les nations et les rois, et les fils d'Israël;16car je lui montrerai combien il doit souffrir pour mon nom.17Et Ananias s'en alla, et entra dans la maison; et, lui imposant les mains, il dit: Saul, frère, le Seigneur, Jésus qui t'est apparu dans le chemin par où tu venais, m'a envoyé pour que tu recouvres la vue et que tu sois rempli de l' Esprit Saint.18Et aussitôt il tomba de ses yeux comme des écailles; et il recouvra la vue;19et se levant, il fut baptisé; et ayant mangé, il reprit des forces. Et il fut quelques jours avec les disciples qui étaient à Damas;20et aussitôt il prêcha Jésus dans les synagogues, disant que lui est le Fils de Dieu21Et tous ceux qui l'entendaient étaient dans l'étonnement et disaient: N'est-ce pas celui-là qui a détruit à Jérusalem ceux qui invoquent ce nom, et qui est venu ici dans le but de les amener liés aux principaux sacrificateurs?22Mais Saul se fortifiait de plus en plus, et confondait les Juifs qui demeuraient à Damas, démontrant que celui-ci était le Christ.

Actes 8:3 mentionnait un jeune homme appelé Saul comme étant un adversaire particulièrement acharné des chrétiens. Selon ses propres paroles, il était «un blasphémateur, et un persécuteur, et un outrageux», bref le premier des pécheurs (1 Tim. 1:13, 15). Mais la puissance de Dieu va arracher à Satan un de ses meilleurs instruments et l'enrôler à Son service. Non content de tourmenter les chrétiens de Jérusalem, Saul, dans sa fureur et son fanatisme va porter la persécution jusque dans les villes où l'œuvre s'est étendue (comp. Actes 26:11). Le voici qui se rend à Damas ayant dans les mains une procuration du souverain sacrificateur et dans le cœur une haine implacable contre les disciples du Christ. Mais sur la route, en plein midi, il est soudain aveuglé par une clarté éblouissante, jeté à terre, et il apprend, nous imaginons avec quel saisissement, que Celui qui l'interpellait du haut de la gloire était ce Jésus qu'il combattait dans ses disciples. Car le Seigneur s'identifie avec ses chers rachetés; ils font partie de Lui-même.

Saul est conduit à Damas, cependant qu'un travail profond s'accomplit dans son âme. Le Seigneur charge Ananias de visiter le nouveau converti, de lui ouvrir les yeux et de le baptiser.

Actes 9:23-43
23Et plusieurs jours s'étant écoulés, les Juifs tinrent conseil ensemble pour le tuer;24mais leur complot fut connu de Saul. Et ils surveillaient aussi les portes, jour et nuit, pour le tuer.25Mais les disciples, le prenant de nuit, le descendirent par la muraille, en le dévalant dans une corbeille.26Et étant arrivé à Jérusalem, il cherchait à se joindre aux disciples; et tous le craignaient, ne croyant pas qu'il fût disciple;27mais Barnabas le prit et le mena aux apôtres, et leur raconta comment, sur le chemin, il avait vu le Seigneur, qui lui avait parlé, et comment il avait parlé ouvertement à Damas, au nom de Jésus.28Et il était avec eux à Jérusalem, allant et venant, et parlant ouvertement au nom du Seigneur.29Et il parlait et disputait avec les Hellénistes; mais ceux-ci tâchaient de le faire mourir.30Et les frères, l'ayant su, le menèrent à Césarée, et l'envoyèrent à Tarse.31Les assemblées donc, par toute la Judée et la Galilée et la Samarie, étaient en paix, étant édifiées, et marchant dans la crainte du Seigneur; et elles croissaient par la consolation du Saint Esprit.
32Or il arriva que, comme Pierre parcourait toute la contrée, il descendit aussi vers les saints qui habitaient Lydde.33Et il trouva là un homme nommé Énée, qui depuis huit ans était couché sur un petit lit; et il était paralytique.34Et Pierre lui dit: Énée! Jésus, le Christ, te guérit; lève-toi, et fais-toi toi-même ton lit.35Et aussitôt il se leva. Et tous ceux qui habitaient Lydde et le Saron le virent; et ils se tournèrent vers le Seigneur.
36Or il y avait à Joppé une femme disciple, nommée Tabitha, qui, interprété, signifie Dorcas; elle était pleine de bonnes oeuvres et d'aumônes qu'elle faisait.37Et il arriva en ces jours-là, qu'étant tombée malade elle mourut; et quand ils l'eurent lavée, ils la mirent dans la chambre haute.38Et comme Lydde est près de Joppé, les disciples ayant appris que Pierre était dans cette ville, envoyèrent vers lui deux hommes, le priant: Ne tarde pas de venir jusqu'à nous.39Et Pierre, se levant, s'en alla avec eux. Et quand il fut arrivé, ils le menèrent dans la chambre haute; et toutes les veuves vinrent auprès de lui en pleurant, et en montrant les robes et les vêtements, toutes les choses que Dorcas avait faites pendant qu'elle était avec elles.40Mais Pierre, les ayant tous mis dehors et s'étant mis à genoux, pria; et, se tournant vers le corps, il dit: Tabitha, lève-toi. Et elle ouvrit ses yeux, et voyant Pierre, elle se mit sur son séant;41-et lui ayant donné la main, il la leva; et ayant appelé les saints et les veuves, il la leur présenta vivante.42Et cela fut connu dans tout Joppé; et plusieurs crurent au Seigneur.43Et il arriva qu'il demeura plusieurs jours à Joppé, chez un certain Simon, corroyeur.

Aussitôt converti, Saul s'est mis à prêcher le nom qu'il avait tant combattu jusque-là (v. 20). Cependant bien des années vont encore être nécessaires pour le préparer au ministère qui sera le sien d'après le v. 15. Jeunes croyants, n'attendez pas d'avoir beaucoup de connaissance pour parler à d'autres du Seigneur Jésus. Mais en même temps ne pensez pas qu'il suffise d'être sauvé pour entreprendre immédiatement n'importe quel service. Il a fallu à Paul un temps de retraite en Arabie (Gal. 1:17), puis une nouvelle période d'effacement à Tarse (Actes 9:30; 11:25), avant d'être appelé à porter l'évangile aux nations en compagnie de Barnabas. Ce n'est que quatorze ans après sa conversion que les autres apôtres lui donnèrent «la main d'association» pour l'œuvre parmi les nations. Quatre beaux traits signalent les assemblées dans ces temps du commencement: la paix, l'édification, une sainte crainte, enfin des progrès dus à l'action du divin «Consolateur» (v. 31). Le Saint Esprit est toujours avec nous pour nous faire réaliser ces caractères.

Le chapitre se termine sur la guérison d'Énée et la résurrection de Dorcas: deux miracles, accomplis par Pierre, qui sont le moyen d'amener des âmes au Seigneur et de faire jouir les disciples de la consolation du Saint-Esprit.

Actes 10:1-24
1Or, à Césarée, un homme nommé Corneille, centurion de la cohorte appelée Italique,2et craignant Dieu avec toute sa maison, faisant beaucoup d'aumônes au peuple, et priant Dieu continuellement,3vit clairement en vision, environ vers la neuvième heure du jour, un ange de Dieu entrant auprès de lui et lui disant: Corneille!4Et, fixant les yeux sur lui et étant tout effrayé, il dit: Qu'est-ce, Seigneur? Et il lui dit: Tes prières et tes aumônes sont montées pour mémorial devant Dieu.5Et maintenant envoie des hommes à Joppé, et fais venir Simon qui est surnommé Pierre;6il est logé chez un certain Simon, corroyeur, qui a sa maison au bord de la mer.7Et quand l'ange qui lui parlait s'en fut allé, Corneille, ayant appelé deux de ses domestiques et un soldat pieux d'entre ceux qui se tenaient toujours auprès de lui,8et leur ayant tout raconté, les envoya à Joppé.
9Or le lendemain, comme ils marchaient et qu'ils approchaient de la ville, Pierre monta sur le toit pour prier, vers la sixième heure.10Et il eut très-faim, et voulut manger; et comme on lui apprêtait à manger, il lui survint une extase.11Et il voit le ciel ouvert, et un vase descendant comme une grande toile liée par les quatre coins et dévalée en terre,12dans laquelle il y avait tous les quadrupèdes et les reptiles de la terre, et les oiseaux du ciel.13Et une voix lui fut adressée, disant: Lève-toi, Pierre, tue et mange.14Mais Pierre dit: Non point, Seigneur; car jamais je n'ai rien mangé qui soit impur ou immonde.15Et une voix lui fut adressée encore, pour la seconde fois, disant: Ce que Dieu a purifié, toi, ne le tiens pas pour impur.16Et cela eut lieu par trois fois, et le vase fut aussitôt élevé au ciel.17Et comme Pierre était en perplexité en lui-même à l'égard de ce qu'était cette vision qu'il avait vue, voici aussi, les hommes envoyés de la part de Corneille, s'étant enquis de la maison de Simon, se tenaient à la porte;18et ayant appelé, ils demandèrent si Simon surnommé Pierre, logeait là.
19Et comme Pierre méditait sur la vision, l'Esprit lui dit: Voilà, trois hommes te cherchent;20mais lève-toi, et descends, et va avec eux sans hésiter, parce que c'est moi qui les ai envoyés.21Et Pierre étant descendu vers les hommes, dit: Voici, moi, je suis celui que vous cherchez; quelle est la cause pour laquelle vous êtes venus?22Et ils dirent: Corneille, centurion, homme juste et craignant Dieu, et qui a un bon témoignage de toute la nation des Juifs, a été averti divinement par un saint ange de te faire venir dans sa maison et d'entendre des paroles de ta part.23Les ayant donc fait entrer, il les logea; et le lendemain, se levant, il s'en alla avec eux; et quelques-uns des frères de Joppé allèrent avec lui.24Et le lendemain ils entrèrent à Césarée. Et Corneille les attendait, ayant assemblé ses parents et ses intimes amis.

Ce chapitre a une grande importance pour nous qui appartenons aux nations. En effet, nous y voyons Pierre ouvrir à celles-ci les portes du royaume des cieux (Matt. 16:19). Il faut remarquer avec quel soin et quelle grâce Dieu a préparé d'un côté son serviteur, de l'autre Corneille, à la rencontre qui aura, pour ce dernier et pour nous, des conséquences aussi bénies. La révélation de Dieu les trouve l'un et l'autre dans la même heureuse occupation: la prière. Mais aux réticences de Pierre pour manger du contenu de la grande toile dévalée du ciel, nous pouvons comprendre combien les préjugés juifs étaient enracinés même chez les disciples et quel était l'esprit de supériorité d'un Israélite vis-à-vis d'un païen. Par cette vision Dieu voulait apprendre à son serviteur à ne plus distinguer entre un peuple «pur» et des nations impures. Tous, Juifs et nations, sont des pécheurs souillés «renfermés dans la désobéissance» pour devenir les «objets d'une même miséricorde» (Rom. 10:12 et Rom. 11:30-32). Que Dieu nous garde donc de faire «acception de personnes» (ou de partialité v. 34) en considérant certains comme moins dignes que d'autres de recevoir l'évangile! Nous n'avons pas à choisir, mais à obéir.

Actes 10:25-48
25Et comme il arrivait que Pierre entrait, Corneille allant au-devant de lui se jeta à ses pieds et lui rendit hommage.26Mais Pierre le releva, disant: Lève-toi; et moi aussi je suis un homme.27Et conversant avec lui, il entra et trouva plusieurs personnes assemblées.28Et il leur dit: Vous savez, vous, que c'est une chose illicite pour un Juif que de se lier avec un étranger, ou d'aller à lui; et Dieu m'a montré, à moi, à n'appeler aucun homme impur ou immonde.29C'est pourquoi aussi, lorsque vous m'avez envoyé chercher, je suis venu sans faire de difficulté. Je vous demande donc pour quel sujet vous m'avez fait venir.30Et Corneille dit: Il y a quatre jours que j'étais en jeûne jusqu'à cette heure-ci, et à la neuvième heure, je priais dans ma maison; et voici, un homme se tint devant moi dans un vêtement éclatant,31et dit: Corneille, ta prière est exaucée, et tes aumônes ont été rappelées en mémoire devant Dieu.32Envoie donc à Joppé, et fais venir Simon qui est surnommé Pierre; il loge dans la maison de Simon, corroyeur, au bord de la mer; et lorsqu'il sera venu, il te parlera.33J'ai donc aussitôt envoyé vers toi, et tu as bien fait de venir. Maintenant donc, nous sommes tous présents devant Dieu, pour entendre tout ce qui t'a été ordonné de Dieu.
34Et Pierre, ouvrant la bouche, dit: En vérité, je comprends que Dieu ne fait pas acception de personnes,35mais qu'en toute nation celui qui le craint et qui pratique la justice, lui est agréable.36Vous connaissez la parole qu'il a envoyée aux fils d'Israël, annonçant la bonne nouvelle de la paix par Jésus Christ (lui est Seigneur de tous),37ce qui a été annoncé par toute la Judée, en commençant par la Galilée, après le baptême que Jean a prêché,38-Jésus qui était de Nazareth, comment Dieu l'a oint de l'Esprit Saint et de puissance, lui qui a passé de lieu en lieu faisant du bien, et guérissant tous ceux que le diable avait asservis à sa puissance; car Dieu était avec lui;39(et nous, nous sommes témoins de toutes les choses qu'il a faites, au pays des Juifs et à Jérusalem;) lequel aussi ils ont fait mourir, le pendant au bois;40-celui-ci, Dieu l'a ressuscité le troisième jour, et l'a donné pour être manifesté,41à tout le peuple, mais à des témoins qui avaient été auparavant choisis de Dieu, savoir à nous qui avons mangé et bu avec lui après qu'il eut été ressuscité d'entre les morts.42Et il nous a commandé de prêcher au peuple, et d'attester que c'est lui qui est établi de Dieu juge des vivants et des morts.43Tous les prophètes lui rendent témoignage, que, par son nom, quiconque croit en lui reçoit la rémission des péchés.
44Comme Pierre prononçait encore ces mots, l'Esprit Saint tomba sur tous ceux qui entendaient la parole.45Et les fidèles de la circoncision, tous ceux qui étaient venus avec Pierre, s'étonnèrent de ce que le don du Saint Esprit était répandu aussi sur les nations,46car ils les entendaient parler en langues et magnifier Dieu.47Alors Pierre répondit: Quelqu'un pourrait-il refuser l'eau, afin que ceux-ci ne soient pas baptisés, eux qui ont reçu l'Esprit Saint comme nous-mêmes?48Et il commanda qu'ils fussent baptisés au nom du Seigneur. Alors ils le prièrent de demeurer là quelques jours.

Dieu emploie des moyens différents pour amener les âmes à sa connaissance. La conversion de l'Éthiopien (Actes 8), celle de Saul (Actes 9) et celle de Corneille (Actes 10) ne se ressemblent pas. Dans ces trois hommes nous reconnaissons les descendants des trois fils de Noé: Cham: les races africaines et asiatiques; Sem: Israël et certains peuples orientaux; Japheth enfin: les nations du Nord et de l'Occident. «Quiconque croit» en Jésus Christ «reçoit la rémission des péchés»: tel est dorénavant le message universel adressé à toute tribu et langue et peuple et nation (v. 43; Apoc. 5:9). En la personne de Corneille, «ceux qui étaient loin» entendent donc à leur tour «la bonne nouvelle de la paix par Jésus Christ» (v. 36; Actes 2:39; Éph. 2:17).

Glorieuses visites, en vérité, pour cette maison jadis païenne!: un ange (v. 3); Pierre et les frères qui l'accompagnent, porteurs du message de l'Évangile; enfin, et par-dessus tout, le Saint-Esprit qui vient sceller ces nouveaux convertis, témoignant de leur foi et de leur qualité d'enfants de Dieu. Comment ne pas reconnaître à ce signe public la volonté de la grâce de Dieu? Pierre ne peut que la sanctionner par le signe du baptême chrétien (v. 48).

Actes 11:1-18
1Or les apôtres et les frères qui étaient en Judée apprirent que les nations aussi avaient reçu la parole de Dieu.2Et quand Pierre fut monté à Jérusalem, ceux de la circoncision disputaient avec lui, disant:3Tu es entré chez des hommes incirconcis, et tu as mangé avec eux.4Mais Pierre se mit à leur exposer les choses par ordre, disant:5J'étais en prière dans la ville de Joppé, et je vis dans une extase une vision, savoir un vase descendant comme une grande toile dévalée du ciel par les quatre coins;6et elle vint jusqu'à moi; et y ayant jeté les yeux, je considérais, et je vis les quadrupèdes de la terre, et les bêtes sauvages, et les reptiles, et les oiseaux du ciel;7et j'ouïs aussi une voix qui me dit: Lève-toi, Pierre, tue et mange.8Et je dis: Non point, Seigneur; car jamais chose impure ou immonde n'entra dans ma bouche.9Et une voix répondit pour la seconde fois du ciel: Ce que Dieu a purifié, toi, ne le tiens pas pour impur.10Et cela eut lieu par trois fois, et tout fut de nouveau retiré dans le ciel.11Et voici, aussitôt, trois hommes qui avaient été envoyés de Césarée vers moi, se trouvèrent devant la maison où j'étais.12Et l'Esprit me dit d'aller avec eux sans hésiter; et les six frères que voici vinrent avec moi, et nous entrâmes dans la maison de cet homme.13Et il nous raconta comme il avait vu dans sa maison l'ange qui, se tenant là, lui avait dit: Envoie à Joppé, et fais venir Simon qui est surnommé Pierre,14te dira des choses par lesquelles tu seras sauvé, toi et toute ta maison.15Et comme je commençais à parler, l'Esprit Saint tomba sur eux, comme aussi il est tombé sur nous au commencement.16Et je me souvins de la parole du Seigneur, comme il a dit: Jean a baptisé avec de l'eau, mais vous, vous serez baptisés de l'Esprit Saint.17Si donc Dieu leur a fait le même don qu'à nous qui avons cru au Seigneur Jésus Christ, qui étais-je, moi, pour pouvoir l'interdire à Dieu?18Et ayant ouï ces choses, ils se turent, et glorifièrent Dieu disant: Dieu a donc en effet donné aux nations la repentance pour la vie!

Ne jugeons jamais sur les apparences ni sur des circonstances que nous ne connaissons qu'imparfaitement. Un chrétien dont le comportement nous a surpris peut avoir agi par obéissance au Seigneur. Il en était ainsi de Pierre lorsqu'il était entré chez Corneille et avait mangé avec lui. Ces détails étaient tout ce qu'avaient voulu retenir «ceux de la circoncision» (v. 2). Alors qu'il s'était passé dans cette maison des événements extraordinaires que l'apôtre va raconter maintenant! Le salut des nations était annoncé dans l'Ancien Testament (par ex. Ésaïe 49:6 et Ésaïe 65:1). Pierre lui-même y avait fait allusion dès son premier discours (Actes 2:21, 39). Cependant pour faire disparaître les préventions des frères de Jérusalem, il fallait des preuves formelles. Elles leur sont apportées par ce récit de Pierre, confirmé par les six témoins qui l'ont accompagné. En apprenant comment l'apôtre a été éclairé et conduit chez Corneille et surtout comment le Saint-Esprit est descendu sur ces Gentils, tous reconnaissent la volonté de Dieu et Lui donnent gloire. Réjouissons-nous de cette faveur qui s'est étendue jusqu'à nous et, si nous ne l'avons pas encore fait, hâtons-nous de recevoir nous aussi «la repentance pour la vie» (v. 18).

Actes 11:19-30; Actes 12:1-6
19Ceux donc qui avaient été dispersés par la tribulation qui arriva à l'occasion d'Étienne, passèrent jusqu'en Phénicie, et à Chypre, et à Antioche, n'annonçant la parole à personne, si ce n'est à des Juifs seulement.20Mais quelques-uns d'entre eux étaient des Cypriotes et des Cyrénéens, qui, étant venus à Antioche, parlaient aussi aux Grecs, annonçant le Seigneur Jésus;21et la main du Seigneur était avec eux; et un grand nombre, ayant cru, se tournèrent vers le Seigneur.22Et le bruit en vint aux oreilles de l'assemblée qui était à Jérusalem; et ils envoyèrent Barnabas pour passer jusqu'à Antioche;23lequel, y étant arrivé et ayant vu la grâce de Dieu, se réjouit; et il les exhortait tous à demeurer attachés au Seigneur de tout leur coeur,24car il était homme de bien et plein de l'Esprit Saint et de foi; et une grande foule fut ajoutée au Seigneur.25Et il s'en alla à Tarse, pour chercher Saul;26et l'ayant trouvé, il le mena à Antioche. Et il leur arriva que, pendant un an tout entier, ils se réunirent dans l'assemblée et enseignèrent une grande foule, -et que ce fut à Antioche premièrement que les disciples furent nommés chrétiens.
27Or en ces jours-là, des prophètes descendirent de Jérusalem à Antioche.28Et l'un d'entre eux, nommé Agabus, se leva et déclara par l'Esprit, qu'une grande famine aurait lieu dans toute la terre habitée, laquelle aussi eut lieu sous Claude.29Et les disciples, chacun selon ses ressources, déterminèrent d'envoyer quelque chose pour le service des frères qui demeuraient en Judée:30ce qu'ils firent aussi, l'envoyant aux anciens par les mains de Barnabas et de Saul.
1Or vers ce temps-là, le roi Hérode mit les mains sur quelques-uns de ceux de l'assemblée pour les maltraiter,2et il fit mourir par l'épée Jacques, le frère de Jean.3Et voyant que cela était agréable aux Juifs, il continua, en faisant prendre aussi Pierre; (or c'étaient les jours des pains sans levain;)4et quand il l'eut fait prendre, il le mit en prison, et le livra à quatre bandes de quatre soldats chacune pour le garder, voulant, après la Pâque, le produire devant le peuple.
5Pierre donc était gardé dans la prison; mais l'assemblée faisait d'instantes prières à Dieu pour lui.6Mais lorsque Hérode allait le produire, cette nuit-là, Pierre dormait entre deux soldats, lié de deux chaînes; et des gardes, devant la porte, gardaient la prison.

La porte de la grâce, fermée aux Juifs en tant que peuple de Dieu par la mort d'Étienne, s'est trouvée ouverte aux nations. Des Grecs se tournent en grand nombre vers le Seigneur (v. 20, 21). Jésus avait vu d'avance ce fruit de son œuvre lorsque des Grecs précisément, avaient désiré le voir (Jean 12:20…). À Antioche se forme alors une assemblée prospère où pendant une année, Barnabas et Saul exercent leur ministère. Et, en voyant vivre ces croyants, on leur donne le nom de leur Seigneur: pour la première fois ils sont appelés chrétiens. C'est un honneur… et une responsabilité que de porter le nom même de Christ. Sur la multitude de personnes baptisées qui se réclament du beau titre de chrétiens, combien le sont véritablement?

L'amour fraternel de ces croyants d'Antioche s'exprime par des dons «pour le service des frères» de Judée qui sont sur le point de souffrir encore (v. 27-30). Car Hérode Agrippa (ch. 12:1) est le digne successeur de son oncle Hérode Antipas (Luc 13:31, 32; Luc 23:11 etc.) et de son grand-père Hérode le grand (Matt. 2). La cruauté et le désir de plaire (comp. v. 3 et Marc 6:26) l'incitent à tuer Jacques, le frère de Jean, puis, à mettre Pierre en prison.

Actes 12:7-25
7Et voici, un ange du Seigneur survint, et une lumière resplendit dans la prison; et frappant le côté de Pierre, il le réveilla, disant: Lève-toi promptement. Et les chaînes tombèrent de ses mains.8Et l'ange lui dit: Ceins-toi et chausse tes sandales. Et il fit ainsi. Et il lui dit: Jette ton vêtement sur toi et suis-moi.9Et sortant, il le suivit; et il ne savait pas que ce qui se faisait par l'ange était réel, mais il croyait voir une vision.10Et ayant passé la première et la seconde garde, ils vinrent à la porte de fer qui conduit à la ville, et elle s'ouvrit à eux d'elle-même; et, étant sortis, ils allèrent jusqu'au bout d'une rue; et aussitôt l'ange se retira d'avec lui.11Et Pierre, étant revenu à lui, dit: Je connais à présent certainement que le Seigneur a envoyé son ange, et m'a délivré de la main d'Hérode et de toute l'attente du peuple des Juifs.12Et s'étant reconnu, il se rendit à la maison de Marie, mère de Jean surnommé Marc, où plusieurs étaient assemblés et priaient.13Et comme il heurtait à la porte du vestibule, une servante nommée Rhode vint pour écouter;14et reconnaissant la voix de Pierre, de joie elle n'ouvrit point le vestibule; mais étant rentrée en courant, elle rapporta que Pierre se tenait devant le vestibule.15Et ils lui dirent: Tu es folle. Mais elle affirmait qu'il en était ainsi. Et ils disaient: C'est son ange.16Mais Pierre continuait à heurter; et quand ils eurent ouvert, ils le virent et furent hors d'eux.17Et leur ayant fait signe de la main de se taire, il leur raconta comment le Seigneur l'avait fait sortir de la prison; et il dit: Rapportez ces choses à Jacques et aux frères. Et sortant, il s'en alla en un autre lieu.18Mais le jour étant venu, il y eut un grand trouble parmi les soldats au sujet de ce que Pierre était donc devenu.19Et Hérode, l'ayant cherché et ne l'ayant pas trouvé, fit subir un interrogatoire aux gardes et donna ordre qu'ils fussent emmenés au supplice. Et descendant de la Judée à Césarée, il y séjourna.
20Or il était très irrité contre les Tyriens et les Sidoniens; mais ils vinrent à lui d'un commun accord, et ayant gagné Blaste le chambellan du roi, ils demandèrent la paix, parce que leur pays était nourri par celui du roi.21Et, à un jour marqué, Hérode, revêtu d'une robe royale et assis sur une estrade, les haranguait.22Et le peuple s'écriait: Voix d'un dieu et non pas d'un homme!23Et à l'instant un ange du Seigneur le frappa, parce qu'il n'avait pas donné la gloire à Dieu; et, étant rongé par les vers, il expira.24Mais la parole de Dieu croissait et se multipliait.25Et Barnabas et Saul, ayant accompli leur service, s'en retournèrent de Jérusalem, emmenant aussi avec eux Jean qui était surnommé Marc.

Ni les chaînes, ni les seize soldats, ni les intentions meurtrières d'Hérode ne peuvent empêcher Pierre de dormir paisiblement dans sa prison. Et aucun obstacle ne peut empêcher non plus le Seigneur de délivrer son cher serviteur (Ps. 121:4). Un ange le réveille puis le fait sortir avec puissance (v. 7 et 10) et sollicitude (v. 8). Comme tout est facile lorsque c'est Dieu qui agit! Il connaissait la criminelle «attente du peuple des Juifs» (v. 11), mais Il avait aussi entendu les «instantes prières» de l'Assemblée pour Pierre (v. 5) et ce sont celles-ci qui ont le dessus. Chose triste à dire, quand l'exaucement arrive, avec l'apôtre en personne, la foi manque pour le reconnaître. Combien souvent nous prions des lèvres, sans attendre réellement l'objet de notre demande! Que de fois nous doutons encore… alors que la réponse est déjà à la porte!

Sourd à tous les avertissements divins, Hérode va prêter une oreille complaisante aux flatteries des Tyriens et des Sidoniens qui, pour des raisons politiques, recherchent l'amitié de ce meurtrier. Il est frappé soudainement devant tous d'une mort horrible. Tandis que la Parole de Celui auquel il s'était attaqué dans sa folie va se répandre plus que jamais (v. 24).

Actes 13:1-12
1Or il y avait à Antioche, dans l'assemblée qui était là, des prophètes et des docteurs: et Barnabas, et Siméon, appelé Niger, et Lucius le Cyrénéen, et Manahen, qui avait été nourri avec Hérode le tétrarque, et Saul.2Et comme ils servaient le Seigneur et jeûnaient, l'Esprit Saint dit: Mettez-moi maintenant à part Barnabas et Saul, pour l'oeuvre à laquelle je les ai appelés.3Alors, ayant jeûné et prié, et leur ayant imposé les mains, ils les laissèrent aller.
4Eux donc, ayant été envoyés par l'Esprit Saint, descendirent à Séleucie; et de là ils firent voile pour Chypre.5Et quand ils furent à Salamine, ils annonçaient la parole de Dieu dans les synagogues des Juifs; et ils avaient aussi Jean pour serviteur.6Et ayant traversé toute l'île jusqu'à Paphos, ils trouvèrent un certain homme, un magicien, faux prophète juif, nommé Bar-Jésus,7qui était avec le proconsul Serge Paul, homme intelligent. Celui-ci, ayant fait appeler Barnabas et Saul, demanda à entendre la parole de Dieu.8Mais Élymas, le magicien (car c'est ainsi que son nom s'interprète), leur résistait, cherchant à détourner le proconsul de la foi.9Et Saul qui est aussi appelé Paul, étant rempli de l'Esprit Saint,10fixant ses yeux sur lui, dit: O homme plein de toute fraude et de toute méchanceté, fils du diable, ennemi de toute justice, ne cesseras-tu pas de pervertir les voies droites du Seigneur?11Et maintenant voici, la main du Seigneur est sur toi, et tu seras aveugle, sans voir le soleil pour un temps. Et à l'instant une obscurité et des ténèbres tombèrent sur lui; et se tournant de tous côtés, il cherchait quelqu'un qui le conduisît par la main.12Alors le proconsul, voyant ce qui était arrivé, crut, étant saisi par la doctrine du Seigneur.

Ici commence une nouvelle division du livre des Actes. L'Assemblée d'Antioche devient le point de départ de l'œuvre qui va s'accomplir parmi les nations. Barnabas et Saul sont appelés, mis à part, et s'en vont accompagnés par les prières de l'Assemblée. Leur première étape est l'île de Chypre dont Barnabas était originaire (Actes 4:36). Arrivant à Paphos, les apôtres sont convoqués par le proconsul Serge Paul, le plus haut fonctionnaire romain de l'île. Cet «homme intelligent» connaissait le Dieu des Juifs et désirait entendre sa Parole. Mais il était conseillé par un personnage inquiétant: Élymas, magicien juif (exerçant donc une activité abominable aux yeux de Dieu: voir Deut. 18:9, 10), qui profitait des besoins spirituels de Serge Paul pour exercer sur lui une influence néfaste. L'opposition de cet homme produit précisément ce qu'il cherchait à empêcher. Elle permet à Paul (ainsi nommé pour la première fois) de donner au proconsul, en châtiant le faux prophète, une preuve de la puissance du Seigneur.

Élymas est un type du peuple juif qui, à cause de sa résistance à l'Esprit de Dieu, a été rendu aveugle spirituellement «pour un temps» au profit des nations.

Actes 13:13-31
13Et faisant voile de Paphos, Paul et ses compagnons se rendirent à Perge de Pamphylie. Mais Jean, s'étant retiré d'avec eux, s'en retourna à Jérusalem.
14Et eux, étant partis de Perge, traversèrent le pays et arrivèrent à Antioche de Pisidie; et étant entrés dans la synagogue le jour du sabbat, ils s'assirent.15Et après la lecture de la loi et des prophètes, les chefs de la synagogue leur envoyèrent dire: Hommes frères, si vous avez quelque parole d'exhortation pour le peuple, parlez.16Et Paul, s'étant levé et ayant fait signe de la main, dit: Hommes israélites, et vous qui craignez Dieu, écoutez:17Le Dieu de ce peuple choisit nos pères et éleva haut le peuple pendant son séjour au pays d'Égypte; et il les en fit sortir à bras élevé.18Et il prit soin d'eux dans le désert, comme une mère, environ quarante ans;19et ayant détruit sept nations au pays de Canaan, il leur en donna le pays en héritage.20après ces choses, jusqu'à environ quatre cent cinquante ans, il leur donna des juges, jusqu'à Samuel le prophète.21Et puis ils demandèrent un roi, et Dieu leur donna Saül fils de Kis, homme de la tribu de Benjamin, pendant quarante ans.22Et l'ayant ôté, il leur suscita David pour roi, duquel aussi il dit en lui rendant témoignage: J'ai trouvé David, le fils de Jessé, un homme selon mon coeur, qui fera toute ma volonté.23De la semence de cet homme, Dieu, selon sa promesse, a amené à Israël un Sauveur, Jésus,24-Jean ayant déjà, immédiatement avant son arrivée, prêché le baptême de repentance à tout le peuple d'Israël.25Et comme Jean achevait sa course, il dit: Qui pensez-vous que je sois? Je ne le suis pas, moi; mais voici, il en vient un après moi, des pieds duquel je ne suis pas digne de délier la sandale.26Hommes frères, fils de la race d'Abraham, à vous et à ceux qui parmi vous craignent Dieu, la parole de ce salut est envoyée;27car ceux qui habitent à Jérusalem et leurs chefs, n'ayant pas connu Jésus, ni les voix des prophètes qui se lisent chaque sabbat, ont accompli celles-ci en le jugeant.28Et quoiqu'ils ne trouvassent en lui aucun crime qui fût digne de mort, ils prièrent Pilate de le faire mourir.29Et après qu'ils eurent accompli toutes les choses qui sont écrites de lui, ils le descendirent du bois et le mirent dans un sépulcre.30Mais Dieu l'a ressuscité d'entre les morts.31Et il a été vu pendant plusieurs jours par ceux qui étaient montés avec lui de la Galilée à Jérusalem, qui sont maintenant ses témoins auprès du peuple.

Les apôtres, poursuivant leur voyage, abordent en Pamphylie. Mais là, Jean (nommé aussi Marc 12:12) les abandonne et retourne à Jérusalem. Sa foi n'était pas à la hauteur du service dans lequel il s'était engagé, ni des difficultés qu'il entrevoyait. Il ne suffit pas d'accompagner ou d'imiter un serviteur de Dieu. Même dans une œuvre commune, chacun a sa responsabilité propre devant le Seigneur et ne peut marcher qu'avec sa foi personnelle.

S'adressant aux Juifs dans la synagogue d'Antioche de Pisidie, Paul, comme Étienne, rappelle l'histoire d'Israël et montre comment Dieu a accompli en Jésus les promesses faites à David (Ps. 132:11). Ce dernier n'était-il pas lui-même un type précieux du Sauveur qui devait descendre de lui (v. 23)? Car en contraste avec Saül, roi selon la chair, Dieu s'était choisi en David un homme selon son cœur qui ferait toute sa volonté (v. 22).

Tout concordait bien pour désigner Jésus comme le Messie: le témoignage de Jean après celui de tous les prophètes; l'accomplissement des Écritures dans Sa mort, alors qu'aucun crime n'avait été trouvé en Lui (v. 28; Ésaïe 53:9). Et, par-dessus tout, Sa résurrection (v. 30).

Actes 13:32-52
32Et nous, nous vous annonçons la bonne nouvelle quant à la promesse qui a été faite aux pères,33que Dieu l'a accomplie envers nous, leurs enfants, ayant suscité Jésus; comme aussi il est écrit dans le psaume second: "Tu es mon Fils, moi je t'ai aujourd'hui engendré".34Or qu'il l'ait ressuscité d'entre les morts, pour ne devoir plus retourner à la corruption, il l'a dit ainsi: "Je vous donnerai les grâces assurées de David".35C'est pourquoi il dit aussi dans un autre endroit: "Tu ne permettras point que ton saint voie la corruption".36Car David, après avoir, en sa propre génération, servi au conseil de Dieu, s'est endormi, et a été réuni à ses pères, et a vu la corruption;37mais celui que Dieu a ressuscité, n'a pas vu la corruption.38Sachez donc, hommes frères, que par lui vous est annoncée la rémission des péchés,39et que de tout ce dont vous n'avez pu être justifiés par la loi de Moïse, quiconque croit est justifié par lui.40Prenez donc garde qu'il ne vous arrive ce qui est dit dans les prophètes:41"Voyez, contempteurs, et étonnez-vous, et soyez anéantis; car moi, je fais une oeuvre en vos jours, une oeuvre que vous ne croiriez point, si quelqu'un vous la racontait".
42Et comme ils sortaient, ils demandèrent que ces paroles leur fussent annoncées le sabbat suivant.43Et la synagogue s'étant dissoute, plusieurs des Juifs et des prosélytes qui servaient Dieu suivirent Paul et Barnabas, qui leur parlant, les exhortaient à persévérer dans la grâce de Dieu.44Et le sabbat suivant, presque toute la ville fut assemblée pour entendre la parole de Dieu;45mais les Juifs, voyant les foules, furent remplis de jalousie et contredirent à ce que Paul disait, contredisant et blasphémant.46Et Paul et Barnabas, s'enhardissant, dirent: C'était à vous premièrement qu'il fallait annoncer la parole de Dieu; mais puisque vous la rejetez, et que vous vous jugez vous-mêmes indignes de la vie éternelle, voici, nous nous tournons vers les nations,47car le Seigneur nous a commandé ainsi: "Je t'ai établi pour être la lumière des nations, afin que tu sois en salut jusqu'au bout de la terre".48Et lorsque ceux des nations entendirent cela, ils s'en réjouirent, et ils glorifièrent la parole du Seigneur; et tous ceux qui étaient destinés à la vie éternelle crurent.49Et la parole du Seigneur se répandait par tout le pays.50Mais les Juifs excitèrent les femmes de qualité qui servaient Dieu et les principaux de la ville; et ils suscitèrent une persécution contre Paul et Barnabas, et les chassèrent de leur territoire.51Mais eux, ayant secoué contre eux la poussière de leurs pieds, s'en vinrent à Iconium.52Et les disciples étaient remplis de joie et de l'Esprit Saint.

«Si Christ n'a pas été ressuscité, notre prédication… est vaine» écrira l'apôtre aux Corinthiens (1 Cor. 15:14). Ne nous étonnons donc pas de l'entendre insister tellement sur la résurrection du Seigneur Jésus. Aux Juifs elle démontrait qu'Il était bien le Messie promis, Celui dont parlait le Ps. 16 et d'autres écritures (v. 34, 35). Aux païens elle confirmait la puissance de Dieu et l'imminence de son jugement (Actes 17:31). À nous croyants la présence dans la gloire de notre Rédempteur vivant garantit que son œuvre a été acceptée par Dieu pour notre justification (Rom. 4:25), que notre part est céleste (Col. 3:1, 2) et notre espérance «sûre et ferme» (Héb. 6:18 fin à 20).

Hélas! «La bonne nouvelle» (v. 32) ne rencontre de la part des malheureux Juifs que contradiction et blasphème (v. 45). Alors, sur l'ordre du Seigneur, les apôtres se tournent solennellement vers les nations, confirmant que la rémission des péchés est pour quiconque croit (v. 38, 39).

Ces Juifs se jugeaient indignes de la vie éternelle (v. 46). C'était de l'incrédulité, nullement de l'humilité! Le Seigneur les avait désignés sous l'image du fils aîné de la parabole (Luc 15:25…) qui par son égoïsme et sa propre justice se privait lui-même volontairement des joies de la maison du père.

Actes 14:1-28
1Or il arriva qu'à Iconium ils entrèrent ensemble dans la synagogue des Juifs, et parlèrent de telle sorte qu'une grande multitude de Juifs et de Grecs crurent.2Mais les Juifs qui ne croyaient pas émurent et irritèrent les esprits de ceux des nations contre les frères.3Ils séjournèrent donc là assez longtemps, parlant hardiment, appuyés sur le Seigneur, qui rendait témoignage à la parole de sa grâce, accordant que des miracles et des prodiges se fissent par leurs mains.4Mais la multitude de la ville fut partagée, et les uns étaient avec les Juifs, et les autres avec les apôtres.5Et ceux des nations et les Juifs avec leurs chefs s'étant soulevés pour les outrager et pour les lapider,6-eux l'ayant su, s'enfuirent aux villes de Lycaonie, à Lystre et à Derbe et dans les environs;7et ils y évangélisaient.
8Et il y avait à Lystre un homme impotent de ses pieds, qui se tenait assis; perclus dès le ventre de sa mère, il n'avait jamais marché.9Cet homme entendait parler Paul qui, fixant ses yeux sur lui et voyant qu'il avait la foi pour être guéri,10lui dit à haute voix: Lève-toi droit sur tes pieds.11Et il sautait et marchait. Et les foules, ayant vu ce que Paul avait fait, élevèrent leur voix, disant en lycaonien: Les dieux, s'étant faits semblables aux hommes, sont descendus vers nous.12Et ils appelaient Barnabas Jupiter, et Paul Mercure, parce que c'était lui qui portait la parole.13Et le sacrificateur du Jupiter qui était devant la ville, ayant amené des taureaux et des couronnes jusqu'aux portes, voulaient sacrifier avec les foules.14Mais les apôtres, Barnabas et Paul, l'ayant appris, déchirèrent leurs vêtements et s'élancèrent dans la foule, s'écriant et disant:15Hommes, pourquoi faites-vous ces choses? Nous sommes, nous aussi, des hommes ayant les mêmes passions que vous; et nous vous annonçons que de ces choses vaines vous vous tourniez vers le Dieu vivant, qui a fait le ciel, et la terre, et la mer, et toutes les choses qui y sont;16lequel dans les générations passées a laissé toutes les nations marcher dans leurs propres voies;17quoique cependant il ne se soit pas laissé sans témoignage, en faisant du bien, en vous donnant du ciel des pluies et des saisons fertiles, remplissant vos coeurs de nourriture et de joie.18Et en disant ces choses, à peine empêchèrent-ils les foules de leur sacrifier.
19Mais des Juifs arrivèrent d'Antioche et d'Iconium; et ayant gagné les foules et lapidé Paul, ils le traînèrent hors de la ville, croyant qu'il était mort.20Mais comme les disciples se tenaient autour de lui, se levant, il entra dans la ville; et le lendemain il s'en alla avec Barnabas à Derbe.21Et ayant évangélisé cette ville-là et fait beaucoup de disciples, ils s'en retournèrent à Lystre, et à Iconium, et à Antioche,22fortifiant les âmes des disciples, les exhortant à persévérer dans la foi, et les avertissant que c'est par beaucoup d'afflictions qu'il nous faut entrer dans le royaume de Dieu.23Et leur ayant choisi des anciens dans chaque assemblée, ils prièrent avec jeûne, et les recommandèrent au Seigneur en qui ils avaient cru.24Et ayant traversé la Pisidie, ils vinrent en Pamphylie;25et ayant annoncé la parole à Perge, ils descendirent à Attalie;26et de là ils se rendirent par mer à Antioche, d'où ils avaient été recommandés à la grâce de Dieu pour l'oeuvre qu'ils avaient accomplie.27Et, étant arrivés, et ayant réuni l'assemblée, ils racontèrent toutes les choses que Dieu avait faites avec eux, et comment il avait ouvert aux nations la porte de la foi.28Et ils séjournèrent assez longtemps avec les disciples.

À Iconium, la parole produit le même double effet que précédemment: la foi chez un grand nombre, l'opposition chez les autres. Quant aux apôtres, ils parlent hardiment; et quel est le secret de leur courage? Ils sont «appuyés sur le Seigneur», qui aussi coopère avec eux, confirmant leur parole par des miracles et des prodiges (comp. v. 3 et Marc 16:20). La guérison opérée à Lystre — après que les apôtres ont été chassés d'Iconium — produit la plus forte impression sur ces pauvres païens. Ils s'apprêtent à adorer comme des dieux ces hommes qu'hier on cherchait ailleurs à lapider. Aux yeux des apôtres, cela était bien pire. Horrifiés, ils invitent ces idolâtres à se tourner vers le Dieu vivant (comp. Actes 12:22, 23). Mais les sentiments des foules tiennent à peu de chose! Les Juifs arrivés d'Iconium ont tôt fait de les gagner et de lapider Paul avec l'assentiment de tous. Préservé par le Seigneur, le fidèle serviteur n'est ni effrayé ni découragé. Il poursuit calmement son ministère, repassant par les villes dans lesquelles l'évangile a déjà été annoncé. Ce premier voyage pour l’évangile se termine. Les apôtres sont prompts à raconter à l'assemblée toutes les choses glorieuses que Dieu a faites avec eux.

Actes 15:1-21
1Et quelques-uns, étant descendus de Judée, enseignaient les frères disant: Si vous n'avez pas été circoncis selon l'usage de Moïse, vous ne pouvez être sauvés.2Une contestation s'étant donc élevée et une grande dispute, entre Paul et Barnabas et eux, ils résolurent que Paul et Barnabas et quelques autres d'entre eux monteraient à Jérusalem vers les apôtres et les anciens pour cette question.3Eux donc, ayant été accompagnés par l'assemblée, traversèrent la Phénicie et la Samarie, racontant la conversion des nations; et ils causèrent une grande joie à tous les frères.4Et étant arrivés à Jérusalem, ils furent reçus par l'assemblée et les apôtres et les anciens; et ils racontèrent toutes les choses que Dieu avait faites avec eux.5Et quelques-uns de la secte des pharisiens, qui avaient cru, s'élevèrent disant qu'il faut les circoncire et leur enjoindre de garder la loi de Moïse.
6Et les apôtres et les anciens s'assemblèrent pour examiner cette affaire.7Et une grande discussion ayant eu lieu, Pierre se leva et leur dit: Hommes frères, vous savez vous-mêmes que, dès les jours anciens, Dieu m'a choisi entre vous, afin que par ma bouche les nations ouïssent la parole de l'évangile, et qu'elles crussent.8Et Dieu qui connaît les coeurs, leur a rendu témoignage, leur ayant donné l'Esprit Saint comme à nous-mêmes;9et il n'a fait aucune différence entre nous et eux, ayant purifié leurs coeurs par la foi.10Maintenant donc, pourquoi tentez-vous Dieu, en mettant sur le cou des disciples un joug que ni nos pères ni nous n'avons pu porter?11Mais nous croyons être sauvés par la grâce du Seigneur Jésus, de la même manière qu'eux aussi.12Et toute la multitude se tut; et ils écoutaient Barnabas et Paul qui racontaient quels miracles et quels prodiges Dieu avait faits par leur moyen parmi les nations.13Et après qu'ils se furent tus, Jacques répondit, disant: Hommes frères, écoutez-moi:14Siméon a raconté comment Dieu a premièrement visité les nations pour en tirer un peuple pour son nom.15Et avec cela s'accordent les paroles des prophètes, selon qu'il est écrit:16ces choses, je retournerai et je réédifierai le tabernacle de David, qui est tombé, et je réédifierai ses ruines et je le relèverai,17en sorte que le résidu des hommes recherche le *Seigneur, et toutes les nations sur lesquelles mon nom est réclamé,18dit le *Seigneur, qui fait ces choses" connues de tout temps.19C'est pourquoi moi, je suis d'avis de ne pas inquiéter ceux des nations qui se tournent vers Dieu,20mais de leur écrire qu'ils s'abstiennent des souillures des idoles, et de la fornication, et de ce qui est étouffé, et du sang;21car Moïse, dès les générations anciennes, a dans chaque ville ceux qui le prêchent, étant lu dans les synagogues chaque sabbat.

Les croyants d'origine juive qui composaient les assemblées de Jérusalem et de la Judée avaient éprouvé une grande joie en apprenant la conversion des nations; mais certains pensaient qu'avant de devenir chrétien il fallait d'abord se faire juif: être circoncis et obéir à la loi. Paul et Barnabas comprennent aussitôt le danger de ce raisonnement, le même qui plus tard obligera l'apôtre à écrire aux Galates une lettre sévère. Retourner à l'esclavage de la loi, leur dira-t-il, ce n'est rien d'autre qu'être déchu de la grâce (Gal. 5:1-6). Cette question risquait de diviser Jérusalem et Antioche. Dieu conduit tout pour qu'elle soit débattue à Jérusalem et sauvegarde l'unité de l'assemblée. Pierre, puis Jacques prennent la parole et confirment que nations et Juifs sont sauvés d'une seule et même manière: par la grâce du Seigneur Jésus (v. 11). Et il faut se garder d'asservir ou d'inquiéter (v. 19) de nouveaux convertis par ce que Gal. 4:9 appelle de «faibles et misérables éléments». Il existe cependant des ordonnances que Dieu maintient parce qu'elles sont antérieures au peuple d'Israël; elles sont valables pour tous les temps et pour toutes ses créatures. Ainsi l'abstention du sang remonte au déluge (Gen. 9:4) et le respect du mariage à la création (Matt. 19:4-8).

Actes 15:22-41
22Alors il sembla bon aux apôtres et aux anciens, avec toute l'assemblée, de choisir parmi eux des hommes, et de les envoyer à Antioche avec Paul et Barnabas: savoir Judas appelé Barsabbas, et Silas, hommes d'entre ceux qui tenaient la première place parmi les frères.23Et ils écrivirent par leur main en ces termes: Les apôtres et les anciens et les frères, aux frères d'entre les nations qui sont à Antioche et en Syrie et en Cilicie: Salut!24Comme nous avons ouï dire que quelques-uns qui sont sortis d'entre nous, vous ont troublés par des discours, bouleversant vos âmes, disant qu'il faut être circoncis et garder la loi, (auxquels nous n'avons donné aucun ordre,)25il nous a semblé bon, étant tous d'accord, de choisir parmi nous des hommes et de les envoyer vers vous avec nos bien-aimés Barnabas et Paul,26hommes qui ont exposé leurs vies pour le nom de notre Seigneur Jésus Christ.27avons donc envoyé Judas et Silas, qui vous annonceront de bouche les mêmes choses.28Car il a semblé bon au Saint Esprit et à nous de ne mettre sur vous aucun autre fardeau que ces choses-ci qui sont nécessaires:29qu'on s'abstienne des choses sacrifiées aux idoles, et du sang, et de ce qui est étouffé, et de la fornication. Si vous vous gardez de ces choses, vous ferez bien. Portez-vous bien.30Eux donc ayant été congédiés, vinrent à Antioche, et ayant assemblé la multitude, ils remirent la lettre.31Et l'ayant lue, ils se réjouirent de la consolation.32Et Judas et Silas qui eux aussi étaient prophètes, exhortèrent les frères par plusieurs discours et les fortifièrent.33Et après avoir séjourné là quelque temps, ils furent renvoyés en paix par les frères vers ceux qui les avaient envoyés.3435Et Paul et Barnabas séjournèrent à Antioche, enseignant et annonçant, avec plusieurs autres aussi, la parole du Seigneur.
36Et quelques jours après, Paul dit à Barnabas: Retournons maintenant visiter les frères par toutes les villes où nous avons annoncé la parole du Seigneur, pour voir comment ils vont.37Et Barnabas se proposait de prendre avec eux Jean aussi, appelé Marc.38Mais Paul trouvait bon de ne pas prendre avec eux un homme qui les avait abandonnés dès la Pamphylie et qui n'était pas allé à l'oeuvre avec eux.39Il y eut donc entre eux de l'irritation, en sorte qu'ils se séparèrent l'un de l'autre, et que Barnabas, prenant Marc, fit voile pour Chypre.40Mais Paul, ayant fait choix pour lui de Silas, partit, après avoir été recommandé à la grâce du Seigneur par les frères.41Et il parcourait la Syrie et la Cilicie, fortifiant les assemblées.

Les apôtres et les anciens réunis à Jérusalem se sont occupés avec diligence de la question dont on les avait saisis. Toute l'assemblée s'est trouvée d'accord avec les conclusions de Jacques (v. 22 et 25). Et la lettre qu'ils envoient par les mains de Judas et de Silas vient rassurer et consoler les frères d'Antioche qui avaient été bouleversés (v. 24). En même temps la visite des deux serviteurs de Dieu contribue beaucoup à l'édification de l'Assemblée (v. 32). Ainsi les efforts de l'Ennemi pour jeter le trouble et pour diviser ont finalement produit des effets opposés. La foi des disciples a été fortifiée et les liens de la communion entre les assemblées ont été resserrés. Une fois de plus le méchant a été trompé par son œuvre (Prov. 11:18).

Toute difficulté étant réglée, le travail du Seigneur peut reprendre. La sollicitude de Paul pour les assemblées constituées lors de son premier voyage l'engage à en entreprendre un second pour voir «comment vont» spirituellement les frères (comp. 2 Cor. 11:28). Mais cette fois Barnabas n'ira pas avec Paul. Un désaccord au sujet de Marc son neveu en est la cause. Plus tard ce dernier retrouvera la confiance de l'apôtre et lui sera «utile pour le service» (Col. 4:10; 2 Tim. 4:11).

Actes 16:1-15
1Et il arriva à Derbe et à Lystre. Et voici, il y avait là un disciple nommé Timothée, fils d'une femme juive croyante, mais d'un père grec,2lequel avait un bon témoignage des frères qui étaient à Lystre et à Iconium.3Paul voulut que celui-ci allât avec lui, et l'ayant pris, il le circoncit, à cause des Juifs qui étaient dans ces lieux-là; car tous, ils savaient que son père était Grec.4Et comme ils passaient par les villes, ils leur remirent pour les garder, les ordonnances établies par les apôtres et les anciens qui étaient à Jérusalem.5assemblées donc étaient affermies dans la foi et croissaient en nombre chaque jour.
6Et ils traversèrent la Phrygie et le pays de Galatie, ayant été empêchés par le Saint Esprit d'annoncer la parole en Asie;7et étant venus jusqu'en Mysie, ils essayèrent de se rendre en Bithynie, mais l'Esprit de Jésus ne le leur permit pas.8Mais ayant passé par la Mysie, ils descendirent dans la Troade.9Et Paul vit de nuit une vision: un homme macédonien se tenait là, le priant et disant: Passe en Macédoine et aide-nous.10Et quand il eut vu la vision, aussitôt nous cherchâmes à partir pour la Macédoine, concluant que le Seigneur nous avait appelés à les évangéliser.11Quittant donc la Troade, nous fîmes voile, tirant droit sur Samothrace, et le lendemain à Néapolis,12et de là à Philippes, qui est la première ville du quartier de la Macédoine, et une colonie; et nous séjournâmes quelques jours dans cette ville.13Et le jour du sabbat, nous sortîmes hors de la porte et nous nous rendîmes au bord du fleuve, où l'on avait coutume de faire la prière; et, nous étant assis, nous parlions aux femmes qui étaient assemblées.14Et une femme nommée Lydie, marchande de pourpre de la ville de Thyatire, qui servait Dieu, écoutait; et le Seigneur lui ouvrit le coeur pour qu'elle fût attentive aux choses que Paul disait.15Et après qu'elle eut été baptisée ainsi que sa maison, elle nous pria, disant: Si vous jugez que je suis fidèle au Seigneur, entrez dans ma maison, et demeurez-y. Et elle nous y contraignit.

Paul se retrouve à Derbe et à Lystre où des assemblées s'étaient formées lors de son premier passage. Nous y faisons la connaissance du jeune Timothée dont le nom signifie «honoré par Dieu». Il avait été élevé dans la connaissance des saintes Écritures par une mère et une grand-mère pieuses (2 Tim. 1:5 et 3:15). Heureuse préparation au service qu'il va désormais accomplir avec l'apôtre «comme un enfant sert son père» (Phil. 2:22)! Le «nous» employé à partir du v. 10 montre que Luc, l'auteur du livre, est dès lors avec eux. En regardant la carte, on s'aperçoit qu'après avoir essayé d'aller à gauche dans la province d'Asie (la région d'Éphèse), puis à droite en Bithynie, l'apôtre et ses compagnons ont été appelés par l'Esprit droit devant eux, en Macédoine, de l'autre côté de la mer Égée. En présence de portes fermées, le serviteur obéissant doit se garder d'insister, et attendre les directions d'en haut.

Philippes est donc la première ville d'Europe à entendre l'Évangile. Et la première conversion mentionnée est celle de Lydie. Le Seigneur avait ouvert son cœur pour qu'elle soit attentive… Demandons-Lui d'ouvrir aussi le nôtre et de nous garder de toute distraction chaque fois que la Parole nous est présentée.

Actes 16:16-40
16Or il arriva que, comme nous allions à la prière, une servante qui avait un esprit de python et qui, en prophétisant, procurait à ses maîtres un grand gain, vint au-devant de nous.17Et marchant après Paul et nous, elle criait, disant: Ces hommes sont les esclaves du Dieu Très-haut, qui vous annoncent la voie du salut.18Et elle fit cela pendant plusieurs jours. Mais Paul, affligé, se retourna et dit à l'esprit: Je te commande au nom de Jésus Christ de sortir d'elle. Et à l'heure même il sortit.19Mais ses maîtres, voyant que l'espérance de leur gain s'en était allée, ayant saisi Paul et Silas les traînèrent dans la place publique devant les magistrats.20Et les ayant présentés aux préteurs, ils dirent: Ces hommes-ci, qui sont Juifs mettent tout en trouble dans notre ville21et annoncent des coutumes qu'il ne nous est pas permis de recevoir ni de pratiquer, à nous qui sommes Romains.22Et la foule se souleva ensemble contre eux; et les prêteurs, leur ayant fait arracher leurs vêtements, donnèrent l'ordre de les fouetter.23Et leur ayant fait donner un grand nombre de coups, ils les jetèrent en prison, en commandant au geôlier de les garder sûrement.24Celui-ci, ayant reçu un tel ordre, les jeta dans la prison intérieure et attacha sûrement leurs pieds au poteau.
25Or sur le minuit, Paul et Silas, en priant, chantaient les louanges de Dieu; et les prisonniers les écoutaient.26Et tout d'un coup il se fit un grand tremblement de terre, de sorte que les fondements de la prison furent ébranlés; et incontinent toutes les portes s'ouvrirent, et les liens de tous furent détachés.27Et le geôlier, s'étant éveillé et voyant les portes de la prison ouvertes, tira son épée et allait se tuer, croyant que les prisonniers s'étaient enfuis.28Paul cria à haute voix, disant: Ne te fais point de mal, car nous sommes tous ici.29Et ayant demandé de la lumière, le geôlier s'élança dans la prison, et tout tremblant il se jeta aux pieds de Paul et de Silas.30Et les ayant menés dehors, il dit: Seigneurs, que faut-il que je fasse pour être sauvé?31Et ils dirent: Crois au Seigneur Jésus, et tu seras sauvé, toi et ta maison.32Et ils lui annoncèrent la parole du Seigneur, ainsi qu'à tous ceux qui étaient dans sa maison.33Et il les prit en cette même heure de la nuit, et lava leurs plaies; et sur-le-champ il fut baptisé, lui et tous les siens.34Et il les fit monter dans sa maison, et fit dresser une table; et croyant Dieu, il se réjouit avec toute sa maison.
35Et le jour étant venu, les préteurs envoyèrent les licteurs, disant: Relâche ces hommes.36Et le geôlier rapporta ces paroles à Paul, disant: Les préteurs ont envoyé afin que vous soyez relâchés; sortez donc maintenant, et allez-vous-en en paix.37Mais Paul leur dit: Après nous avoir fait battre publiquement, sans que nous fussions condamnés, nous qui sommes Romains, ils nous ont jetés en prison; et maintenant ils nous mettent dehors en secret! Non certes, mais qu'ils viennent eux-mêmes et qu'ils nous mènent dehors!38Les licteurs rapportèrent ces paroles aux préteurs; et ils eurent peur, ayant appris qu'ils étaient Romains.39Et ils vinrent et les prièrent de se rendre à leur voeu, et les ayant menés dehors, leur demandèrent de sortir de la ville.40Et étant sortis de la prison, ils entrèrent chez Lydie; et ayant vu les frères, ils les exhortèrent et partirent.

La guérison de la servante animée d'un esprit satanique entraîne pour les deux serviteurs de Dieu les tortures et la prison. Étrange accueil en Macédoine, étaient-ils en droit de penser, après y avoir été appelés à l'aide (v. 9)! Mais Paul met en pratique ce que plus tard il recommandera aux chrétiens de cette ville: «Réjouissez-vous toujours dans le Seigneur» (Phil. 4:4). Couvert de plaies, il est capable avec Silas de chanter dans la prison. Jamais certainement ces murs sinistres n'avaient répercuté des échos semblables. Aussi quel témoignage que ces cantiques pour ceux qui les écoutaient! Plus nos circonstances seront difficiles, plus notre paix et notre joie parleront à ceux qui nous entourent. Et c'est souvent pour cela que le Seigneur nous envoie des tribulations.

À ce témoignage fidèle, Dieu ajoute le sien en délivrant les prisonniers. Tout tremblant, le geôlier s'écrie: «Que faut-il que je fasse pour être sauvé?». La réponse merveilleusement simple, s'adresse à chaque âme angoissée: «Crois au Seigneur Jésus…» (v. 30, 31). Alors la joie remplit cette maison.

Après cette nuit mémorable, les apôtres sont libérés officiellement et quittent la ville non sans avoir encore exhorté «les frères».

Actes 17:1-15
1Et ayant traversé Amphipolis et Apollonie, ils vinrent à Thessalonique, où était la synagogue des Juifs.2Et selon sa coutume, Paul entra vers eux, et, pendant trois sabbats, il discourut avec eux d'après les écritures,3expliquant et exposant qu'il fallait que le Christ souffrît et qu'il ressuscitât d'entre les morts; -et disant, que celui-ci, Jésus, que moi je vous annonce, est le Christ.4Et quelques-uns d'entre eux furent persuadés et se joignirent à Paul et à Silas, et une grande multitude de Grecs qui servaient Dieu, et des femmes de premier rang en assez grand nombre.5Mais les Juifs, pleins de jalousie, ayant pris quelques méchants hommes de la populace, et ayant fait un amas de peuple, troublèrent la ville, et ayant assailli la maison de Jason, ils cherchèrent Paul et Silas pour les amener au peuple.6Mais ne les ayant pas trouvés, ils traînèrent Jason et quelques frères devant les magistrats de la ville, en criant: Ces gens qui ont bouleversé la terre habitée, sont aussi venus ici;7et Jason les a reçus chez lui, et ils contreviennent tous aux ordonnances de César, disant qu'il y a un autre roi, Jésus.8Et la foule et les magistrats de la ville, qui entendaient ces choses, furent troublés.9Et après avoir reçu caution de Jason et des autres, ils les relâchèrent.
10Et aussitôt les frères envoyèrent Paul et Silas, de nuit, à Bérée, lesquels étant arrivés, entrèrent dans la synagogue des Juifs.11Or ceux-ci étaient plus nobles que ceux de Thessalonique; et ils reçurent la parole avec toute bonne volonté, examinant chaque jour les écritures pour voir si les choses étaient ainsi.12Plusieurs donc d'entre eux crurent, et des femmes grecques de qualité et des hommes aussi, en assez grand nombre.13Mais quand les Juifs de Thessalonique surent que la parole de Dieu était annoncée par Paul à Bérée, ils y vinrent aussi, agitant les foules.14Mais alors les frères renvoyèrent aussitôt Paul, comme pour aller à la mer; mais Silas et Timothée demeurèrent encore là.15Et ceux qui conduisaient Paul le menèrent jusqu'à Athènes; et après avoir reçu pour Silas et pour Timothée l'ordre de le rejoindre au plus tôt, ils partirent.

De Philippes, Paul et ses compagnons se rendent à Thessalonique, autre ville de la Macédoine. Quelques Juifs et de nombreux Grecs, parmi lesquels des femmes distinguées, reçoivent la parole qui leur est annoncée (1 Thess. 1:5). Mais la plupart des Juifs, eux-mêmes poussés par Satan, excitent le peuple contre les évangélistes. Ils n'hésitent pas à se servir pour cela de gens sans aveu, qu'ils méprisaient par ailleurs, ni à reprendre devant les magistrats l'argument utilisé jadis devant Pilate: «nous n'avons pas d'autre roi que César» (v. 7; Jean 19:15).

Le séjour de Paul à Thessalonique a donc été bref: trois semaines environ. Mais Dieu l'a permis ainsi pour notre profit. Car l'apôtre s'est trouvé de ce fait obligé de compléter son enseignement par deux épîtres, si riches en instructions pour nous tous.

À Bérée les Juifs ont plus de noblesse et de droiture. Au lieu d'être aveuglés par la jalousie (comp. v. 5), ils cherchent à assurer leur foi en étudiant chaque jour la Parole dont ils reconnaissent l’autorité souveraine (v. 11; comp. Jean 5:39). Nous ne saurions trop engager chacun de nos jeunes lecteurs à suivre cet exemple (en particulier en se reportant aux passages que nous citons). C'est le but — comme c'est le titre — de ces petites méditations quotidiennes.

Actes 17:16-34
16Et comme Paul les attendait à Athènes, son esprit était excité au dedans de lui, en voyant la ville remplie d'idoles.17Il discourait donc dans la synagogue avec les Juifs et avec ceux qui servaient Dieu, et tous les jours sur la place publique avec ceux qui s'y rencontraient.18Et quelques-uns aussi des philosophes épicuriens et des philosophes stoïciens s'en prirent à lui; et les uns disaient: Que veut dire ce discoureur? et d'autres: Il semble annoncer des divinités étrangères; parce qu'il leur annonçait Jésus et la résurrection.19Et l'ayant pris, ils le menèrent à l'Aréopage, disant: Pourrions-nous savoir quelle est cette nouvelle doctrine dont tu parles?20car tu nous fais entendre certaines choses étranges; nous voudrions donc savoir ce que veulent dire ces choses.21Or tous les Athéniens et les étrangers séjournant à Athènes, ne passaient leur temps à autre chose qu'à dire ou à ouïr quelque nouvelle.
22Mais Paul, se tenant au milieu de l'Aréopage, dit: Hommes athéniens, je vois qu'en toutes choses vous êtes voués au culte des démons;23car, en passant et en contemplant les objets de votre culte, j'ai trouvé aussi un autel sur lequel était inscrit: Au dieu inconnu! Celui donc que vous honorez sans le connaître, c'est celui que moi je vous annonce.24Le Dieu qui a fait le monde et toutes les choses qui y sont, lui qui est le Seigneur du ciel et de la terre, n'habite pas dans des temples faits de main;25et il n'est pas servi par des mains d'hommes, comme s'il avait besoin de quelque chose, lui qui donne à tous la vie et la respiration et toutes choses;26et il a fait d'un seul sang toutes les races des hommes pour habiter sur toute la face de la terre, ayant déterminé les temps ordonnés et les bornes de leur habitation,27pour qu'ils cherchent Dieu, s'ils pourraient en quelque sorte le toucher en tâtonnant et le trouver, quoiqu'il ne soit pas loin de chacun de nous;28car en lui nous vivons et nous nous mouvons et nous sommes, comme aussi quelques-uns de vos poètes ont dit: "Car aussi nous sommes sa race".29Étant donc la race de Dieu, nous ne devons pas penser que la divinité soit semblable à de l'or, ou à de l'argent, ou à de la pierre, à une oeuvre sculptée de l'art et de l'imagination de l'homme.30Dieu donc, ayant passé par-dessus les temps de l'ignorance, ordonne maintenant aux hommes que tous, en tous lieux, ils se repentent;31parce qu'il a établi un jour auquel il doit juger en justice la terre habitée, par l'homme qu'il a destinée à cela, de quoi il a donné une preuve certaine à tous, l'ayant ressuscité d'entre les morts.
32Mais quand ils ouïrent parler de la résurrection des morts, les uns s'en moquaient, et les autres disaient: Nous t'entendrons encore sur ce sujet.33Ainsi Paul sortit du milieu d'eux.34Mais quelques hommes se joignirent à lui et crurent, entre lesquels aussi était Denys, l'Aréopagite, et une femme nommée Damaris, et d'autres avec eux.

Resté seul à Athènes, Paul n'est pas distrait par ses monuments et ses sculptures. Il a le cœur serré et indigné en découvrant que cette cité, célèbre par sa culture, est remplie de l’idolâtrie la plus affreuse. Sur l'agora (la place publique), il rencontre les philosophes de différentes écoles, universellement réputées pour leur sagesse. L'intelligence a été donnée à l'homme pour discerner la puissance éternelle et la divinité de son Créateur (Rom. 1:20). Or l'ignorance de ces esprits éminents confirme que «le monde, par la sagesse, n'a pas connu Dieu» (1 Cor. 1:21). Il est au milieu d'eux un «Dieu inconnu». Commençant par le commencement, Paul leur parle du «Seigneur du ciel et de la terre» (v. 24) qui s'est désormais révélé non seulement dans la création mais aussi dans la rédemption. Ce Dieu souverain «ordonne maintenant aux hommes que tous, en tous lieux, ils se repentent» (v. 30). Ainsi personne, ni vous non plus, ne peut prétendre que cet ordre divin n'est pas pour lui.

La curiosité intellectuelle n'a rien de commun avec le vrai besoin de l'âme. Certains des auditeurs de Paul se moquent ouvertement; les autres remettent à plus tard l'examen de ces choses. Mais quelques-uns croient. Triple effet de l'évangile lorsqu'il est prêché encore aujourd'hui!

Actes 18:1-11
1Après cela, étant parti d'Athènes, il vint à Corinthe;2et ayant trouvé un Juif, nommé Aquilas, originaire du Pont, tout récemment venu d'Italie, ainsi que Priscilla sa femme (parce que Claude avait commandé que tous les Juifs sortissent de Rome), il alla à eux;3et parce qu'il était du même métier, il demeura avec eux et travaillait, car leur métier était de faire des tentes.4Et chaque sabbat, il discourait dans la synagogue et persuadait Juifs et Grecs.5Et quand et Silas et Timothée furent descendus de Macédoine, Paul était étreint par la parole, rendant témoignage aux Juifs que Jésus était le Christ.6Et comme ils s'opposaient et blasphémaient, il secoua ses vêtements et leur dit: "Que votre sang soit sur votre tête! Moi, je suis net: désormais je m'en irai vers les nations.
7Et étant parti de là, il entra dans la maison d'un nommé Juste qui servait Dieu, et dont la maison tenait à la synagogue.8Mais Crispus, le chef de synagogue, crut au Seigneur avec toute sa maison; et plusieurs des Corinthiens l'ayant ouï, crurent et furent baptisés.9Or le Seigneur dit de nuit, dans une vision, à Paul: Ne crains point, mais parle et ne te tais point,10parce que je suis avec toi; et personne ne mettra les mains sur toi pour te faire du mal, parce que j'ai un grand peuple dans cette ville.11Et il demeura là un an et six mois, enseignant parmi eux la parole de Dieu.

À Corinthe, Paul fait l'heureuse rencontre d'un couple juif: Aquilas et Priscilla. Amenés à Christ, ils sont devenus particulièrement chers à l'apôtre, ayant été jusqu'à exposer leur vie pour lui dans une circonstance qui ne nous est pas rapportée (Rom. 16:4). Corinthe était réputée pour la corruption de ses mœurs et pour son luxe. L'apôtre et ses amis, qui ne veulent pas dépendre de cette richesse, y donnent l'exemple en travaillant manuellement (1 Cor. 9:15 et 18; 2 Cor. 11:8, 9).

Devant l'opposition des Juifs, Paul dégage sa responsabilité vis-à-vis d'eux et leur déclare qu'il se tourne vers les nations (v. 6). Mais Rom. 9:2-5 nous permet de comprendre combien il souffre de devoir leur parler ainsi. Aussi le Seigneur encourage-t-il son cher serviteur. Il lui révèle que, si son peuple terrestre ne répond pas à son attente, Il a dans cette ville «un grand peuple» pour le ciel (v. 10). Oui, dans cette cité dissolue, Il se plaira à rassembler un grand nombre de croyants, comme le confirment les deux épîtres qui leur seront adressées. Preuve que ni les richesses ni les plaisirs, dans cette ville où rien ne manquait, ne peuvent satisfaire les vrais besoins du cœur de l'homme.

Actes 18:12-28
12Mais pendant que Gallion était proconsul d'Achaïe, les Juifs, d'un commun accord, s'élevèrent contre Paul et l'amenèrent devant le tribunal,13disant: Cet homme persuade aux hommes de servir Dieu contrairement à la loi.14Et comme Paul allait ouvrir la bouche, Gallion dit aux Juifs: S'il s'agissait de quelque injustice ou de quelque méchante fourberie, ô Juifs, je vous supporterais à bon droit;15mais si ce sont des questions de paroles, et de noms, et de votre loi, vous y mettrez ordre vous-mêmes, car moi, je ne veux pas être juge de ces choses.16Et il les chassa de devant le tribunal.17Et ayant tous saisi Sosthène, le chef de synagogue, ils le battaient devant le tribunal; et Gallion ne se mettait pas en peine de tout cela.
18Et Paul, ayant demeuré là encore assez longtemps, prit congé des frères et mit à la voile pour la Syrie, et avec lui Priscilla et Aquilas, après qu'il se fut fait raser la tête à Cenchrée, car il avait fait un voeu.19Et il arriva à Éphèse et les y laissa; mais étant entré lui-même dans la synagogue, il discourut avec les Juifs.20Mais lorsqu'ils le prièrent de demeurer plus longtemps avec eux, il n'y consentit pas,21mais il prit congé d'eux, disant: Il faut absolument que je célèbre la fête prochaine à Jérusalem; je reviendrai vers vous, si Dieu le veut.22Et il partit d'Éphèse par mer. Et ayant abordé à Césarée, il monta et salua l'assemblée, et descendit à Antioche.23Et ayant séjourné là quelque temps, il s'en alla, et traversa successivement le pays de Galatie et la Phrygie, fortifiant tous les disciples.
24Et il vint à Éphèse un Juif, nommé Apollos, Alexandrin d'origine, homme éloquent et puissant dans les écritures.25Il était instruit dans la voie du Seigneur; et étant fervent d'esprit, il parlait et enseignait diligemment les choses qui concernaient Jésus, ne connaissant que le baptême de Jean.26Et il se mit à parler avec hardiesse dans la synagogue. Et Aquilas et Priscilla, l'ayant entendu, le prirent et lui expliquèrent plus exactement la voie de Dieu.27Et comme il se proposait de passer en Achaïe, les frères écrivirent aux disciples et les exhortèrent à le recevoir; et quand il y fut arrivé, il contribua beaucoup par la grâce à l'avancement de ceux qui avaient cru;28car il réfutait publiquement les Juifs avec une grande force, démontrant par les écritures que Jésus était le Christ.

Les menées des Juifs et leurs accusations devant Gallion n'empêchent pas Paul de poursuivre son œuvre à Corinthe. Le Seigneur le protège selon sa promesse (v. 10).

Puis il se remet en route, passe à Éphèse où il laisse Aquilas et Priscilla, descend à Jérusalem par Césarée, achève enfin à Antioche son second voyage missionnaire (voyez la carte à la fin de votre Bible). Et, dès le v. 23 commence le troisième voyage de l'apôtre infatigable. Il traverse de nouveau la Phrygie et la Galatie (voir ch. 16:6) où s'étaient formées des assemblées qui lui donnèrent beaucoup de souci (Gal. 1:2; 4:11).

Sur ces entrefaites, un autre serviteur de Dieu est arrivé à Éphèse. C'est Apollos, ouvrier remarquable par son éloquence et sa puissance pour présenter la Parole: conséquences de sa ferveur (v. 25) car on ne parle bien que de ce qui remplit le cœur (Matt. 12:34, 35). De plus, il enseigne diligemment et avec hardiesse «les choses qui concernaient Jésus». Mais ses dons n'empêchent pas Apollos de se laisser humblement expliquer par Aquilas et Priscilla les vérités qu'il ignore. Il est prompt-écouter et son service en Achaïe, où il se rend ensuite, n'en sera que plus utile.

Actes 19:1-22
1Or il arriva, comme Apollos était à Corinthe, que Paul, après avoir traversé les contrées supérieures, vint à Éphèse; et ayant trouvé de certains disciples,2il leur dit: Avez-vous reçu l'Esprit Saint après voir cru? Et ils lui dirent: Mais nous n'avons même pas ouï dire si l'Esprit Saint est.3Et il dit: De quel baptême donc avez-vous été baptisés? Et ils dirent: Du baptême de Jean.4Et Paul dit: Jean a baptisé du baptême de la repentance, disant au peuple qu'ils crussent en celui qui venait après lui, c'est-à-dire en Jésus.5Et ayant ouï ces choses, ils furent baptisés pour le nom du Seigneur Jésus;6et Paul leur ayant imposé les mains, l'Esprit Saint vint sur eux, et ils parlèrent en langues et prophétisèrent.7Et ils étaient en tout environ douze hommes.
8Et étant entré dans la synagogue, il parla avec hardiesse, discourant pendant trois mois et les persuadant des choses du royaume de Dieu.9Mais comme quelques-uns s'endurcissaient et étaient rebelles, disant du mal de la voie devant la multitude, lui, s'étant retiré d'avec eux, sépara les disciples, discourant tous les jours dans l'école de Tyrannus.10Et cela continua pendant deux ans, de sorte que tous ceux qui demeuraient en Asie ouïrent la parole du Seigneur, tant Juifs que Grecs.11Et Dieu faisait des miracles extraordinaires par les mains de Paul,12de sorte que même on portait de dessus son corps des mouchoirs et des tabliers sur les infirmes; et les maladies les quittaient, et les esprit malins sortaient.
13Mais quelques-uns aussi des Juifs exorcistes qui couraient çà et là, essayèrent d'invoquer le nom du Seigneur Jésus sur ceux qui avaient des esprits malins, disant: Je vous adjure par Jésus que Paul prêche.14Et il y avait sept fils de Scéva, Juif, principal sacrificateur, qui faisaient cela.15Mais l'esprit malin, répondant, leur dit: Je connais Jésus et je sais qui est Paul; mais vous, qui êtes-vous?16Et l'homme en qui était l'esprit malin, s'élança sur eux, et, s'étant rendu maître des deux, usa de violence contre eux, de sorte qu'ils s'enfuirent de cette maison, nus et blessés.17Et cela vint à la connaissance de tous ceux qui demeuraient à Éphèse, Juifs et Grecs; et ils furent tous saisis de crainte, et le nom du Seigneur Jésus était magnifié.18Et plusieurs de ceux qui avaient cru, venaient, confessant et déclarant ce qu'ils avaient fait.19Plusieurs aussi de ceux qui s'étaient adonnés à des pratiques curieuses, apportèrent leurs livres et les brûlèrent devant tous; et ils en supputèrent le prix, et ils trouvèrent qu'il se montait à cinquante mille pièces d'argent.20C'est avec une telle puissance que la parole du Seigneur croissait et montrait sa force.
21Or, après que ces choses se furent accomplies, Paul se proposa dans son esprit de passer par la Macédoine et par l'Achaïe, et d'aller à Jérusalem, disant: Après que j'aurai été là, il faut que je voie Rome aussi.22Et ayant envoyé en Macédoine deux de ceux qui le servaient, Timothée et Éraste, il demeura lui-même quelque temps en Asie.

Fidèle à sa promesse (Actes 18:21), l'apôtre arrive à Éphèse, capitale de la province d'Asie. Il y séjournera trois ans (Actes 20:31), succédant à Apollos, tandis qu'à Corinthe c'est ce dernier qui «arrose» là où l'apôtre a planté (Actes 18:27, 28; 1 Cor. 3:6). Nous ne voyons entre ces serviteurs de Dieu ni jalousie, ni revendication d'un champ particulier de travail.

Le baptême de Jean, seul connu de ces Éphésiens, préparait les Juifs repentants à recevoir un Messie régnant sur la terre. Le chrétien au contraire a une position céleste, il est mis en relation par le Saint-Esprit avec un Christ mort et ressuscité. Vérité que souligne tout particulièrement l'épître aux Éphésiens!

Or la parole du Seigneur «croissait et montrait sa force», non seulement par les miracles accomplis par l'apôtre, mais par son autorité sur les cœurs (v. 20). Elle amenait ces croyants à confesser ce qu'ils avaient fait et à renoncer publiquement aux pratiques de magie. Remplis du «premier amour» (Apoc. 2:4), ces Éphésiens ne voulaient plus avoir «rien de commun avec les œuvres infructueuses des ténèbres» (Éph. 5:11). — Chers amis, la Parole du Seigneur montre-t-elle sa puissance au monde par des fruits visibles dans nos vies?

Actes 19:23-41
23Or il y eut en ce temps-là un grand trouble au sujet de la voie;24car un certain homme nommé Démétrius, qui travaillait en argenterie et faisait des temples de Diane en argent, procurait un grand profit aux artisans;25et il les assembla, ainsi que ceux qui travaillaient à de semblables ouvrages, et dit: O hommes, vous savez que notre bien-être vient de ce travail;26et vous voyez et apprenez que non seulement à Éphèse, mais presque par toute l'Asie, ce Paul, usant de persuasion, a détourné une grande foule, disant que ceux-là ne sont pas des dieux, qui sont faits de main.27Et non seulement il y a du danger pour nous que cette partie ne tombe en discrédit, mais aussi que le temple de la grande déesse Diane ne soit plus rien estimé, et qu'il n'arrive que sa majesté, laquelle l'Asie entière et la terre habitée révère, soit anéantie.28Et quand ils eurent entendu ces choses, ils furent remplis de colère, et s'écriaient, disant: Grande est la Diane des Éphésiens!29Et toute la ville fut remplie de confusion; et, d'un commun accord, ils se précipitèrent dans le théâtre, entraînant avec eux Gaïus et Aristarque, Macédoniens, compagnons de voyage de Paul.30Et comme Paul voulait entrer vers le peuple, les disciples ne le lui permirent pas;31et quelques-uns aussi des Asiarques, qui étaient ses amis, envoyèrent vers lui pour le prier de ne pas s'aventurer dans le théâtre.32Les uns donc criaient une chose, les autres une autre; car l'assemblée était en confusion, et la plupart ne savaient pas pourquoi ils étaient assemblés.33Et ils tirèrent Alexandre hors de la foule, les Juifs le poussant en avant; et Alexandre, faisant signe de la main, voulait présenter une apologie au peuple.34Mais quand ils eurent connu qu'il était Juif, ils s'écrièrent tous d'une seule voix, durant près de deux heures: Grande est la Diane des Éphésiens!35Mais le secrétaire de la ville, ayant apaisé la multitude, dit: Hommes éphésiens, qui est donc l'homme qui ne sache pas que la ville des Éphésiens est consacrée à la garde du temple de la grande Diane, et à l' image tombée du ciel?36Ces choses donc étant incontestables, il convient que vous vous teniez tranquilles et que vous ne fassiez rien précipitamment;37car vous avez amené ces hommes qui ne sont ni des voleurs sacrilèges, ni des blasphémateurs de votre déesse.38Si donc Démétrius et les artisans qui sont avec lui ont quelque affaire contre quelqu'un, les tribunaux sont ouverts et il y a des proconsuls; qu'ils s'accusent les uns les autres.39Et si vous avez une réclamation à faire sur d'autres sujets, on en décidera dans l'assemblée légale;40car nous sommes en danger d'être accusés de sédition pour ce qui s'est passé aujourd'hui, puisqu'il n'y a pas de motif que nous puissions alléguer pour rendre raison de cet attroupement.41Et quand il eut dit ces choses, il congédia l'assemblée.

Il y avait à Éphèse un temple splendide consacré à la déesse Diane qui comptait parmi les fameuses sept merveilles du monde ancien. Sa visite, et les miniatures en argent vendues comme souvenirs, procuraient un gros bénéfice aux artisans de la ville. La prédication de l'évangile ne pouvait que faire du tort à leur commerce, aussi les voyons-nous s'associer pour soutenir leurs intérêts en donnant hypocritement à leur action un prétexte religieux (comp. Apoc. 18:11). Il est bien triste de constater que beaucoup de personnes encore aujourd’hui, au lieu de rechercher ardemment la vérité, sont retenues par des considérations matérielles touchant leur «bien-être» (v. 25) ou par l'opinion d'autrui. — D'immenses clameurs s'élèvent en faveur de la déesse… prouvant seulement que celle-ci était incapable de montrer sa «grandeur» en assurant sa propre défense (comp. 1 Rois 18:26-29).

Tout en se croyant plus évolué et plus éclairé qu'autrefois, le monde n'a fait que changer ses dieux, mais les cœurs, eux, n'ont pas changé. Idoles du stade, du spectacle ou de la chanson… les foules aujourd'hui adorent et suivent celles qui leur sont proposées par le chef de ce monde, passé maître dans l'art d'égarer les âmes.

Actes 20:1-16
1Or, après que le tumulte eut cessé, Paul fit venir les disciples, et les ayant embrassés, il partit pour aller en Macédoine.2Et ayant traversé ces quartiers-là, et ayant beaucoup exhorté les disciples, il vint en Grèce.3Et après qu'il y eut séjourné trois mois, les Juifs lui ayant dressé des embûches comme il allait s'embarquer pour la Syrie, on fut d'avis de s'en retourner par la Macédoine.4Et Sopater de Bérée, fils de Pyrrhus, l'accompagna jusqu'en Asie, et les Thessaloniciens Aristarque et Second, et Gaïus, et Timothée de Derbe, et Tychique et Trophime d'Asie.5Ceux-ci ayant pris les devants, nous attendirent en Troade.6Et pour nous, nous partîmes à force de voiles, de Philippes, après les jours des pains sans levain, et nous arrivâmes au bout de cinq jours auprès d'eux dans la Troade, et nous y séjournâmes sept jours.
7Et le premier jour de la semaine, lorsque nous étions assemblés pour rompre le pain, Paul qui devait partir le lendemain, leur fit un discours, et il prolongea le discours jusqu'à minuit.8Or il y avait beaucoup de lampes dans la chambre haute où nous étions assemblés.9Et un jeune homme nommé Eutyche, qui était assis sur la fenêtre, accablé d'un profond sommeil, comme Paul prêchait très-longuement, tomba, accablé par le sommeil, du troisième étage en bas, et fut relevé mort.10Mais Paul étant descendu, se pencha sur lui, et l'ayant embrassé, il dit: Ne soyez pas troublés, car son âme est en lui.11Et après qu'il fut remonté, et qu'il eut rompu le pain et mangé, et qu'il eut conversé longtemps jusqu'à l'aube, il partit.12Et ils amenèrent le jeune garçon vivant, et furent extrêmement consolés.
13Or pour nous, ayant pris les devants sur un navire, nous fîmes voile vers Assos où nous devions prendre Paul à bord; car il l'avait ainsi ordonné, étant dans l'intention d'aller lui-même à pied.14Et lorsqu'il nous eut rejoints à Assos, nous le prîmes à bord, et nous allâmes à Mitylène.15Et ayant fait voile de là, nous arrivâmes le lendemain à la hauteur de Chios; et le jour suivant nous touchâmes à Samos; et nous étant arrêtés à Trogylle, nous vînmes le jour d'après, à Milet;16car Paul avait résolu de passer devant Éphèse, de manière à ne pas dépenser son temps en Asie; car il se hâtait pour être, s'il lui était possible, le jour de la Pentecôte, à Jérusalem.

La manifestation hostile d'Éphèse a conduit Paul à quitter cette ville (comp. Matt. 10:23). Après être allé en Grèce par la Macédoine, il s'en revient par le même chemin et aborde en Troade. Le récit qui suit (v. 7-12) nous confirme que la cène se célébrait comme aujourd'hui le premier jour de la semaine. Nous sommes choqués du sommeil d'Eutyche pendant la prédication de l'apôtre. Mais n'est-ce pas encore ce dernier qui nous parle lorsque nous lisons ses épîtres? Quelle attention leur accordons-nous? Le terrible accident qui se produit nous montre, moralement, où l'indifférence à l'égard de la Parole peut conduire quelqu’un: à une chute et à un état de mort. Mais la grâce de Dieu accorde ici un miracle consolant.

Cette scène peut aussi nous faire penser par analogie à l'histoire de l'Église responsable. Son sommeil, sa ruine, sa mort apparente, résultèrent d'un manque d'attention à l'enseignement des apôtres. Toutefois le Seigneur a permis un réveil suivi de nourriture et de consolation pour les siens, en attendant l'aube du grand départ.

Paul quitte la Troade par la route. Il rejoint ses compagnons à Assos où il reprend la mer en direction de Jérusalem.

Actes 20:17-38
17Or il envoya de Milet à Éphèse, et appela auprès de lui les anciens de l'assemblée;18et quand ils furent venus vers lui, il leur dit: Vous savez de quelle manière je me suis conduit envers vous tout le temps, depuis le premier jour que je suis entré en Asie,19servant le Seigneur en toute humilité, et avec des larmes, et des épreuves qui me sont arrivées par les embûches des Juifs;20comment je n'ai rien caché des choses qui étaient profitables, en sorte que je ne vous eusse pas prêché et enseigné publiquement et dans les maisons,21insistant et auprès des Juifs et auprès des Grecs sur la repentance envers Dieu et la foi en notre seigneur Jésus Christ.22Et maintenant, voici, étant lié dans mon esprit, je m'en vais à Jérusalem, ignorant les choses qui m'y doivent arriver,23sauf que l'Esprit Saint rend témoignage de ville en ville, me disant que des liens et de la tribulation m'attendent.24Mais je ne fais aucun cas de ma vie, ni ne la tiens pour précieuse à moi-même, pourvu que j'achève ma course, et le service que j'ai reçu du Seigneur Jésus pour rendre témoignage à l'évangile de la grâce de Dieu.25Et maintenant, voici, moi je sais que vous tous, parmi lesquels j'ai passé en prêchant le royaume de Dieu, vous ne verrez plus mon visage.26C'est pourquoi je vous prends aujourd'hui à témoin, que je suis net du sang de tous;27car je n'ai mis aucune réserve à vous annoncer tout le conseil de Dieu.28Prenez donc garde à vous-mêmes, et à tout le troupeau, au milieu duquel l'Esprit Saint vous a établis surveillants pour paître l'assemblée de Dieu, laquelle il a acquise par le sang de son propre fils.29Moi je sais qu'après mon départ il entrera parmi vous des loups redoutables qui n'épargneront pas le troupeau;30et il se lèvera d'entre vous-mêmes des hommes qui annonceront des doctrines perverses pour attirer les disciples après eux.31C'est pourquoi veillez, vous souvenant que, durant trois ans, je n'ai cessé nuit et jour d'avertir chacun de vous avec larmes.32Et maintenant je vous recommande à Dieu, et à la parole de sa grâce, qui a la puissance d'édifier et de vous donner un héritage avec tous les sanctifiés.33Je n'ai convoité ni l'argent, ni l'or, ni la robe de personne.34Vous savez vous-mêmes que ces mains ont été employées pour mes besoins et pour les personnes qui étaient avec moi.35Je vous ai montré en toutes choses, qu'en travaillant ainsi il nous faut secourir les faibles, et nous souvenir des paroles du Seigneur Jésus, qui lui-même a dit: Il est plus heureux de donner que de recevoir.
36Et ayant dit ces choses, il se mit à genoux et pria avec eux tous.37Et ils versaient tous beaucoup de larmes, et se jetant au cou de Paul, ils le couvraient de baisers,38étant surtout peinés de la parole qu'il avait dite, qu'ils ne verraient plus son visage. Et ils l'accompagnèrent au navire.

À Milet, Paul appelle à lui les anciens de l'assemblée d'Éphèse pour leur faire ses recommandations et ses adieux. Il leur rappelle ce qu'a été son ministère parmi eux et l'exemple qu'il s'est attaché à leur donner. Il les avertit des dangers qui, du dehors (v. 29) et du dedans (v. 30) menacent l'Assemblée. Comment y faire face? Il les exhorte à la vigilance (v. 31), mais surtout il les recommande-la grâce de Dieu (v. 32). En ce qui le concerne, l'apôtre n'a qu'une pensée: achever fidèlement sa course (elle lui est personnelle; comp. 2 Tim. 4:7) ainsi que «le service» (c'est celui du Seigneur). Sa vie n'a pas d'autre sens et il est tout prêt à en faire le sacrifice pour cette Assemblée qui lui a déjà coûté bien des larmes (v. 19, 31; Col. 1:24). Mais qu'était-ce à côté de la valeur infinie que celle-ci a pour Dieu? Elle ne Lui a pas moins coûté que «le sang de son propre Fils» (v. 28; 1 Pierre 1:19). L'apôtre trouve dans ce prix immense le motif de son dévouement et le rappelle aux surveillants d'Éphèse pour souligner leur responsabilité.

En terminant Paul rapporte une parole du Seigneur Jésus: «Il est plus heureux de donner que de recevoir» (v. 35). Puissions-nous l'expérimenter en imitant celui qui nous a tout donné!

Actes 21:1-14
1Et quand, nous étant arrachés d'auprès d'eux, nous eûmes mis à la voile, voguant en droite ligne, nous arrivâmes à Cos, et le jour suivant à Rhodes, et de là à Patara.2Et ayant trouvé un navire qui passait en Phénicie, nous y montâmes et mîmes à la voile.3Et ayant découvert Chypre, et l'ayant laissée à gauche, nous voguâmes vers la Syrie et nous abordâmes à Tyr; car c'était là que le navire devait décharger sa cargaison.4Et ayant trouvé les disciples, nous y demeurâmes sept jours. Et ils dirent à Paul, par l'Esprit, de ne pas monter à Jérusalem.5Mais ayant accompli ces jours, nous partîmes et nous nous mîmes en chemin; et tous nous accompagnèrent avec femmes et enfants jusque hors de la ville; et nous étant mis à genoux sur le rivage, nous priâmes.6Et après nous être embrassés les uns les autres, nous montâmes sur le navire; et ils s'en retournèrent chez eux.7Et quant à nous, achevant notre navigation, nous arrivâmes de Tyr à Ptolémaïs; et ayant salué les frères, nous demeurâmes un jour auprès d'eux.
8Et le lendemain, étant partis, nous vînmes à Césarée; et étant entrés dans la maison de Philippe l'évangéliste qui était l'un des sept, nous demeurâmes chez lui.9Or il avait quatre filles vierges qui prophétisaient.10Et comme nous nous arrêtâmes là plusieurs jours, un prophète nommé Agabus descendit de la Judée;11et étant venu auprès de nous et ayant pris la ceinture de Paul, et s'étant lié les pieds et les mains, il dit: L'Esprit Saint dit ces choses: L'homme à qui est cette ceinture, les Juifs à Jérusalem le lieront ainsi et le livreront entre les mains des nations.12Et quand nous eûmes entendu ces choses, nous et ceux qui étaient du lieu, nous le suppliâmes de ne pas monter à Jérusalem.13Mais Paul répondit: Que faites-vous en pleurant et en brisant mon coeur? Car pour moi, je suis prêt, non seulement à être lié, mais encore à mourir à Jérusalem pour le nom du Seigneur Jésus.14Et comme il ne se laissait pas persuader, nous nous tûmes, disant: La volonté du Seigneur soit faite!

L'amour fraternel se manifeste tout au long de ce voyage (v. 1, 6, 12…). À Tyr comme à Milet, Paul se sépare des frères après avoir prié avec eux à genoux sur le rivage (v. 5; Actes 20:36, 37). L'Esprit y souligne la présence des enfants, si souhaitable aux réunions!

À Césarée, Paul descend chez Philippe qui s'y était établi après avoir prêché dans toutes les villes depuis Azot (y compris sans doute à Lydde et à Joppé; Actes 8:40; Actes 9:32, 36). Ses filles avaient un beau service pour le Seigneur qu'elles n'exerçaient pas cependant dans l'assemblée (1 Cor. 14:3 et 34).

Ce qui conduit l'apôtre durant ce voyage ce sont ses affections toujours aussi vives pour ceux de son peuple. Il était porteur des dons des assemblées de la Macédoine et de l'Achaïe et se réjouissait de les apporter lui-même à Jérusalem (Rom. 15:25…). Aussi ne tient-il compte ni des avertissements de l'Esprit (v. 4), ni de ceux du prophète Agabus (v. 11; voir Actes 11:28), ni des supplications des frères (v. 12). Nous ne pouvons nous permettre de le juger. Mais ce récit nous est donné pour nous enseigner qu'en n'écoutant que ses sentiments, si bons soient-ils, même un apôtre peut sortir du chemin de la dépendance. Sérieuse leçon pour chacun de nous!

Actes 21:15-32
15Et après ces jours, ayant rassemblé nos effets, nous montâmes à Jérusalem.16Et quelques-uns aussi des disciples de Césarée vinrent avec nous, amenant un certain Mnason, Cypriote, un ancien disciple, chez qui nous devions loger.17Et quand nous fûmes arrivés à Jérusalem, les frères nous reçurent avec joie.18Et le jour suivant Paul entra avec nous chez Jacques, et tous les anciens y vinrent.19Et après qu'il les eut embrassés, il raconta une à une les choses que Dieu avait faites parmi les nations par son service.20Et eux, l'ayant ouï, glorifièrent Dieu et dirent à Paul: Tu vois, frère, combien il y a de milliers de Juifs qui ont cru;21et ils sont tous zélés pour la loi. Or ils ont ouï dire de toi, que tu enseignes à tous les Juifs qui sont parmi les nations de renoncer à Moïse, disant qu'ils ne doivent pas circoncire leurs enfants, ni vivre selon les coutumes.22Qu'est-ce donc? Il faut absolument que la multitude s'assemble, car ils entendront dire que tu es arrivé.23Fais donc ce que nous te disons: Nous avons quatre hommes qui ont fait un voeu;24prends-les et purifie-toi avec eux, et paye leur dépense, afin qu'ils se rasent la tête, et tous sauront que rien n'est vrai des choses qu'ils ont ouï dire de toi, mais que toi aussi, tu marches gardant la loi.25Mais à l'égard de ceux des nations qui ont cru, nous en avons écrit, ayant décidé qu'ils n'ont rien de semblable à observer, si ce n'est qu'ils se gardent et de ce qui est sacrifié aux idoles, et du sang, et de ce qui est étouffé, et de la fornication.26Alors Paul, ayant pris les hommes avec lui, et, le jour suivant, s'étant purifié, entra avec eux au temple, annonçant quand seraient accomplis les jours de leur purification, l'époque à laquelle l'offrande aurait été présentée pour chacun d'eux.
27Et comme les sept jours allaient s'accomplir, les Juifs d'Asie l'ayant vu dans le temple, soulevèrent toute la foule et mirent les mains sur lui,28s'écriant: Hommes israélites, aidez-nous! C'est ici l'homme qui partout enseigne tout le monde contre le peuple, et la loi, et ce lieu; et qui de plus a aussi amené des Grecs dans le temple et a profané ce saint lieu.29Car ils avaient vu auparavant dans la ville Trophime l'Éphésien avec lui, et ils croyaient que Paul l'avait amené dans le temple.30Et toute la ville fut en émoi, et il se fit un rassemblement du peuple; et ayant saisi Paul, ils le traînèrent hors du temple; et aussitôt les portes furent fermées.31Et comme ils cherchaient à le tuer, le bruit vint au chiliarque de la cohorte que tout Jérusalem était en confusion;32et aussitôt il prit des soldats et des centurions, et courut à eux; mais eux, voyant le chiliarque et les soldats, cessèrent de battre Paul.

Pour aller de Grèce à Rome, l'apôtre s'était proposé de passer par Jérusalem (Actes 19:21)! Malgré ce fâcheux détour, la volonté du Seigneur se fera (v. 14). Seulement le chemin que nous choisissons nous-mêmes n'est jamais simple; nous pouvons nous attendre à y rencontrer toutes sortes de complications. Paul est invité par les anciens de Jérusalem à «judaïser», pour rassurer les croyants juifs, et se trouve entraîné ainsi à contredire son propre enseignement. Pénible dilemme pour lui! Une fois de plus, nous constatons combien les chrétiens de Jérusalem étaient restés attachés à leur religion juive. Ils essaient de mettre le vin nouveau dans de vieilles outres (Matt. 9:17). C'est à ces Israélites «zélés pour la loi» que Jacques, nommé au v. 18, parle de la «loi de la liberté» et du «service religieux pur et sans tache» (Jac. 1:27; Jac. 2:12). Ce dernier ne consiste pas en une «purification» corporelle (v. 24) mais à «se conserver pur du monde», ainsi qu'à visiter les affligés.

Paul est ici comme pris dans un engrenage. Il fréquente le temple et se soumet aux rites du culte pour être agréable à ses frères. En vain d'ailleurs, car les Juifs prennent cela pour une provocation et cherchent à le tuer, mettant toute la ville en émoi (v. 30).

Actes 21:33-40; Actes 22:1-11
33Alors le chiliarque s'étant approché, se saisit de lui et donna l'ordre de le lier de deux chaînes, et demanda qui il était et ce qu'il avait fait.34Mais les uns criaient une chose, les autres une autre, dans la foule; et n'en pouvant apprendre quelque chose de certain, à cause du tumulte, il donna ordre que Paul fût mené dans la forteresse.35Et quand il fut sur les degrés, il arriva qu'il fut porté par les soldats à cause de la violence de la foule;36car la multitude du peuple suivait, en criant: Ote-le!37Et comme on allait faire entrer Paul dans la forteresse, il dit au chiliarque: M'est-il permis de te dire quelque chose? Et il dit: Tu sais le grec?38N'es-tu donc pas l'Égyptien qui, ces jours passés, a excité une sédition et emmené au désert les quatre mille hommes des assassins?39Et Paul dit: Je suis Juif, de Tarse, citoyen d'une ville de la Cilicie qui n'est pas sans renom; je te prie, permets-moi de parler au peuple.40Et quand il le lui eut permis, Paul, se tenant sur les degrés, fit signe de la main au peuple, et un grand silence s'étant fait, il leur parla en langue hébraïque, disant:
1Hommes frères et pères, écoutez maintenant mon apologie auprès de vous.2Et quand ils entendirent qu'il leur parlait en langue hébraïque, ils firent silence encore plus; et il dit:
3Je suis Juif, né à Tarse de Cilicie, mais élevé dans cette ville-ci, et instruit aux pieds de Gamaliel selon l'exactitude de la loi de nos pères, étant zélé pour Dieu, comme vous l'êtes tous aujourd'hui;4et j'ai persécuté cette voie jusqu'à la mort, liant les hommes et les femmes, et les livrant pour être mis en prison,5comme le souverain sacrificateur même m'en est témoin, et tout le corps des anciens, desquels aussi ayant reçu des lettres pour les frères, j'allais à Damas, afin d'amener liés à Jérusalem ceux aussi qui se trouvaient là, pour qu'ils fussent punis.6Et il m'arriva, comme j'étais en chemin et que j'approchais de Damas, que vers midi, tout à coup, une grande lumière, venant du ciel, brilla comme un éclair autour de moi.7Et je tombai sur le sol, et j'entendis une voix qui me disait: Saul! Saul! pourquoi me persécutes-tu?8Et moi je répondis: Qui es-tu, Seigneur? Et il me dit: Je suis Jésus le Nazaréen que tu persécutes.9Et ceux qui étaient avec moi virent la lumière, et ils furent saisis de crainte, mais ils n'entendirent pas la voix de celui qui me parlait.10Et je dis: Que dois-je faire, Seigneur? Et le Seigneur me dit: Lève-toi et va à Damas, et là on te parlera de toutes les choses qu'il t'est ordonné de faire.11Et comme je n'y voyais pas, à cause de la gloire de cette lumière, j'arrivai à Damas, ceux qui étaient avec moi me conduisant par la main.

Paul a été arraché à la violence de la foule par l'intervention du chiliarque, c'est-à-dire du commandant de la garnison romaine. Ce dernier, qui l'a d'abord confondu avec un célèbre bandit, se radoucit en l'entendant parler grec et l'autorise à s'adresser à la foule. Devant celle-ci, et dans un silence solennel, Paul rappelle qu'il avait en effet un passé très coupable mais dans un sens tout opposé à ce que pensaient les Juifs. Doué de qualités et d'avantages peu ordinaires… «Hébreu des Hébreux; quant à la loi, pharisien» (Phil. 3:5), sa réputation était celle d'un homme pieux et irréprochable. Eh bien! Son zèle religieux, semblable à celui qui animait les meneurs de cette foule, l'avait conduit, malgré les avertissements de son maître Gamaliel, à faire la guerre-Dieu (v. 3; Actes 5:39). «Je suis Jésus le Nazaréen que tu persécutes» (v. 8) est la réponse terrible qu'il a entendue du ciel. En touchant à ces faibles chrétiens, en les persécutant jusqu'à la mort, c'était le Fils de Dieu qu'il combattait. Mais au lieu de le châtier de son audace impie, le Seigneur, en même temps qu'Il lui rendait la vue, a ouvert les yeux de son cœur (Éph. 1:18), faisant de cet homme mis à part dès sa naissance un fidèle instrument pour Lui.

Actes 22:12-30
12Et un certain Ananias, homme pieux selon la loi, et qui avait un bon témoignage de tous les Juifs qui demeuraient là,13venant vers moi et se tenant là, me dit: Saul, frère, recouvre la vue. Et sur l'heure, levant les yeux, moi je le vis.14Et il dit: Le Dieu de nos pères t'a choisi d'avance pour connaître sa volonté, et pour voir le Juste, et entendre une voix de sa bouche;15car tu lui seras témoin, auprès de tous les hommes, des choses que tu as vues et entendues.16Et maintenant que tardes-tu? Lève-toi et sois baptisé, et te lave de tes péchés, invoquant son nom.17Or, quand je fus de retour à Jérusalem, comme je priais dans le temple, il m'arriva d'être en extase et de le voir18me disant: Hâte-toi et sors au plus tôt de Jérusalem; parce qu'ils ne recevront pas ton témoignage à mon égard.19Et moi je dis: Seigneur, ils savent que je mettais en prison et que je battais dans les synagogues ceux qui croient en toi;20et lorsque le sang d'Étienne, ton témoin, fut répandu, moi-même aussi j'étais présent et consentant, et je gardais les vêtements de ceux qui le tuaient.21Et il me dit: Va, car je t'enverrai au loin vers les nations.
22Et ils l'écoutèrent jusqu'à ce mot, et ils élevèrent leur voix, disant: Ote de la terre un pareil homme, car il n'aurait pas dû vivre.23Et comme ils poussaient des cris et jetaient leurs vêtements et lançaient de la poussière en l'air,24le chiliarque donna l'ordre de le conduire à la forteresse, disant qu'on le mît à la question par le fouet, afin d'apprendre pour quel sujet ils criaient ainsi contre lui.25Mais quand ils l'eurent fait étendre avec les courroies, Paul dit au centurion qui était près de lui: Vous est-il permis de fouetter un homme qui est Romain et qui n'est pas condamné?26Et quand le centurion entendit cela, il s'en alla faire son rapport au chiliarque, disant: Que vas-tu faire? car cet homme est Romain.27Et le chiliarque s'approchant dit à Paul: Dis-moi, es-tu Romain?28Et il dit: Oui. Et le chiliarque reprit: Moi, j'ai acquis cette bourgeoisie pour une grande somme. Et Paul dit: Mais moi, je l'ai par naissance.29Aussitôt donc, ceux qui allaient le mettre à la question se retirèrent de lui; le chiliarque aussi eut peur, sachant qu'il était Romain, et parce qu'il l'avait fait lier.30Mais le lendemain, voulant savoir exactement ce pour quoi il était accusé par les Juifs, il le fit délier et ordonna que les principaux sacrificateurs et tout le sanhédrin s'assemblassent; et ayant fait descendre Paul, il le présenta devant eux.

Le nouveau converti a posé deux questions qui se complètent: «qui es-tu Seigneur?» (v. 8) et «que dois-je faire Seigneur?» (v. 10). La seconde réponse lui est donnée par Ananias qui ajoute: «Et maintenant que tardes-tu?».

Trois ans plus tard, à Jérusalem, Paul a le privilège de voir «le Juste» et de recevoir des ordres de Sa bouche (v. 17…). Lui-même aurait désiré travailler parmi les Juifs, estimant que son témoignage y aurait d'autant plus de force qu'on le connaissait précédemment comme un adversaire acharné de la vérité (v. 19, 20). Mais il avait été mis-part pour le service parmi les nations (Gal. 1:15, 16). Laissons le Seigneur nous fixer notre champ de travail.

Le v. 18 reste vrai. Les Juifs ne reçoivent toujours pas le témoignage de l'apôtre. Le commandant est obligé de nouveau de le soustraire à leur fureur. Au moment où il va être mis à la torture, Paul déclare comme au Actes 16:37 qu'il est né citoyen romain. En Phil. 3 ayant considéré toutes choses comme une perte (v. 7, 8) il fera valoir un autre droit de cité, la bourgeoisie céleste (v. 20). Celle-ci, personne ne l'a par naissance. Et ce n'est pas avec de l'argent qu'elle peut s'acquérir (v. 28). Seuls la possèdent ceux qui ont passé par la nouvelle naissance (Jean 3:3).

Actes 23:1-15
1Et Paul, ayant arrêté les yeux sur le sanhédrin, dit: Hommes frères, je me suis conduit en toute bonne conscience devant Dieu jusqu'à ce jour...2Mais le souverain sacrificateur Ananias commanda à ceux qui étaient près de lui de le frapper sur la bouche.3Alors Paul lui dit: Dieu te frappera, paroi blanchie! Es-tu assis là pour me juger selon la loi; et, contrairement à la loi, tu ordonnes que je sois frappé?4Et ceux qui étaient présents dirent: Injuries-tu le souverain sacrificateur de Dieu?5Et Paul dit: Je ne savais pas, frères, que ce fût le souverain sacrificateur; car il est écrit: "Tu ne diras pas du mal du chef de ton peuple".
6Paul, sachant qu'une partie d'entre eux étaient des sadducéens et l'autre des pharisiens, s'écria dans le sanhédrin: Hommes frères, je suis pharisien, fils de pharisien; je suis mis en jugement pour l'espérance et la résurrection des morts.7Et quand il eut dit cela, il s'éleva une dissension entre les pharisiens et les sadducéens; et la multitude fut partagée;8car les sadducéens disent qu'il n'y a pas de résurrection, ni d'ange, ni d'esprit; mais les pharisiens confessent l'un et l'autre.9Et il s'éleva une grande clameur; et quelques scribes du parti des pharisiens se levèrent et contestèrent, disant: Nous ne trouvons aucun mal en cet homme; mais si un esprit lui a parlé, ou un ange...10Et un grand tumulte s'étant élevé, le chiliarque, craignant que Paul ne fût mis en pièces par eux, commanda à la troupe de descendre et de l'enlever du milieu d'eux et de le conduire à la forteresse.11Et la nuit suivante, le Seigneur se tint près de lui et dit: Aie bon courage; car comme tu as rendu témoignage des choses qui me regardent, à Jérusalem, ainsi il faut que tu rendes témoignage aussi à Rome.
12Et quand le jour fut venu, les Juifs s'unirent et s'obligèrent par un serment d'exécration, disant qu'ils ne mangeraient ni ne boiraient jusqu'à ce qu'ils eussent tué Paul.13Et ils étaient plus de quarante qui avaient fait cette conjuration.14Et ils vinrent aux principaux sacrificateurs et aux anciens, et dirent: Nous nous sommes obligés par un serment d'exécration à ne goûter de rein jusqu'à ce que nous ayons tué Paul.15Vous donc, maintenant, avec le sanhédrin, avertissez le chiliarque pour qu'il le fasse descendre vers vous, comme si vous vouliez vous informer plus exactement de ce qui le regarde; et, avant qu'il approche, nous sommes prêts pour le tuer.

Le commandant ne s'explique toujours pas la fureur des Juifs contre un homme auquel il ne voit aucun reproche à faire. Pour se renseigner, il fait comparaître son prisonnier devant le sanhédrin. Une parole habile de Paul (mais était-elle par l'Esprit?) met de son côté le parti des pharisiens. La résurrection de Jésus Christ était bien le fondement de sa doctrine et indirectement le motif de l'opposition des Juifs. Mais Paul n'a même pas l'occasion de prononcer le nom de son Sauveur; il a jeté cette pomme de discorde entre les adversaires traditionnels: pharisiens et sadducéens, et le plus grand tumulte s'ensuit dans le sanhédrin. Il faut une fois encore que le commandant mette Paul en sécurité.

Mais après tous ces événements, l'apôtre, seul et découragé, a besoin de réconfort. Le Seigneur lui-même lui rend visite et se tient près de son cher disciple (v. 11). Sans un reproche — au contraire, Il reconnaît le témoignage que Paul vient de rendre à Jérusalem — Il le console et lui rappelle sa vraie mission: annoncer le salut non aux Juifs mais aux nations. Il ira à Rome dans ce but.

Puissions-nous faire nous aussi continuellement l'expérience que «le Seigneur est proche» et que nous n'avons besoin de nous inquiéter de rien (Phil. 4:5, 6; 2 Tim. 4:17).

Actes 23:16-35
16Mais le fils de la soeur de Paul, ayant ouï parler de ce guet-apens, s'en alla et entra dans la forteresse, et le rapporta à Paul.17Et Paul, ayant appelé l'un des centurions, dit: Conduis ce jeune homme au chiliarque, car il a quelque chose à lui rapporter.18Il le prit donc et le conduisit au chiliarque et dit: Le prisonnier Paul m'a appelé, et m'a prié de t'amener ce jeune homme qui a quelque chose à te dire.19Et le chiliarque, l'ayant pris par la main et s'étant retiré à part, lui demanda: Qu'est-ce que tu as à me rapporter?20Et il dit: Les Juifs se sont entendus pour te prier que demain tu fasses descendre Paul devant le sanhédrin, comme si tu voulais t'enquérir plus exactement à son sujet.21Toi donc n'y consens pas, car plus de quarante hommes d'entre eux lui dressent un guet-apens, lesquels se sont obligés par un serment d'exécration de ne manger ni ne boire jusqu'à ce qu'ils l'aient tué; et ils sont maintenant prêts, attendant de toi la promesse.22Le chiliarque donc renvoya le jeune homme, lui ayant enjoint de ne divulguer à personne qu'il lui eût déclaré ces choses.23Et ayant appelé deux des centurions, il dit: Préparez deux cents soldats pour aller à Césarée, et soixante-dix cavaliers, et deux cents porte-lances, dès la troisième heure de la nuit;24et procurez-vous des montures, afin qu'ayant mis Paul dessus ils le conduisent en sûreté auprès de Félix le gouverneur.25Et il écrivit une lettre conçue en ces termes:26Claude Lysias, au très-excellent gouverneur Félix, salut!27Cet homme ayant été saisi par les Juifs et étant sur le point d'être tué par eux, je suis survenu avec la troupe et je l'ai délivré, ayant appris qu'il est Romain.28Et voulant connaître le motif pour lequel ils l'accusaient, je l'ai fait descendre devant leur sanhédrin;29et j'ai trouvé qu'il était accusé touchant des questions de leur loi, mais qu'il n'était sous le coup d'aucune accusation qui méritât la mort ou les liens.30Et ayant été averti des embûches que les Juifs allaient dresser contre cet homme, je te l'ai aussitôt envoyé, ayant donné l'ordre à ses accusateurs aussi de dire devant toi les choses qu'ils ont contre lui. Porte-toi bien.31Les soldats donc, selon les ordres qui leur avaient été donnés, prirent Paul et le menèrent de nuit à Antipatris.32Et le lendemain, ayant laissé les cavaliers s'en aller avec lui, ils retournèrent à la forteresse.33Et ceux-là, étant arrivés à Césarée, remirent la lettre au gouverneur et lui présentèrent aussi Paul.34Et quand il eut lu la lettre et qu'il eut demandé de quelle province il était, ayant appris qu'il était de Cilicie:35Je t'entendrai à fond, dit-il, quand tes accusateurs aussi seront arrivés. Et il donna ordre qu'il fût gardé au prétoire d'Hérode.

Nous ne voyons pas le Seigneur intervenir d'une façon miraculeuse comme à Philippes (Actes 16:26) ou dans le cas de Pierre (Actes 12:7) pour délivrer son serviteur. Il dirige les événements, se sert du jeune neveu de Paul, de la qualité de citoyen romain de ce dernier, ainsi que de l'orgueilleux mépris du commandant romain pour les Juifs… auxquels, sans doute, celui-ci était content de jouer un tour. Le Seigneur avait promis à son serviteur qu'il rendrait témoignage à Rome (v. 11). Toutes les machinations de ses ennemis ne pourraient donc l'en empêcher. Elles vont plutôt y contribuer; ce sont en effet ces menaces qui décident Lysias à envoyer Paul sous bonne escorte à Césarée, le port où il débarquait peu de temps avant, pour le soustraire aux complots des Juifs fanatiques. En même temps que son prisonnier, Lysias adresse à son sujet une lettre au gouverneur Félix. Remarquez combien il arrange les faits à son avantage en cachant l'erreur qu'il a failli commettre (v. 27; Actes 22:25). Malgré cela, les fautes des païens s'effacent presque ici à côté de la terrible culpabilité des Juifs. Les quarante assassins conjurés n'ont évidemment pas pu tenir leur serment, appelant de ce fait l'exécration (une malédiction) sur leur propre tête.

Actes 24:1-21
1Or cinq jours après, le souverain sacrificateur Ananias descendit avec les anciens et un certain orateur nommé Tertulle, et ils portèrent plainte devant le gouverneur contre Paul.2Et quand celui-ci eut été appelé, Tertulle se mit à l'accuser, disant:3Puisque nous jouissons par ton moyen d'une grande tranquillité, et que par ta prévoyance des mesures excellentes sont prises en vue de cette nation, très-excellent Félix, nous l'acceptons, en tout et partout, avec une entière gratitude.4Mais afin de ne pas t'arrêter davantage, je te prie de nous entendre brièvement selon ta clémence;5car nous avons trouvé que cet homme est une peste, et qu'il excite des séditions parmi tous les Juifs dans toute la terre habitée, et qu'il est un meneur de la secte des Nazaréens;6il a même tenté de profaner le temple: aussi l'avons-nous saisi, et nous avons voulu le juger selon notre loi;7mais Lysias, le chiliarque, étant survenu, l'a emmené en l'arrachant d'entre nos mains avec une grande violence,8donnant ordre que ses accusateurs vinssent auprès de toi; et par lui tu pourras toi-même, en l'interrogeant, arriver à la pleine connaissance de toutes ces choses dont nous l'accusons.9Et les Juifs aussi se joignirent à lui pour insister contre Paul, affirmant que les choses étaient ainsi.
10Et Paul, après que le gouverneur lui eut fait signe de parler, répondit: Sachant que depuis plusieurs années tu es juge de cette nation, je fais mon apologie avec plus de courage:11car tu peux connaître qu'il ne s'est pas passé plus de douze jours depuis que je suis monté pour adorer à Jérusalem.12Et ils ne m'ont trouvé, ni dans le temple, disputant avec quelqu'un ou ameutant la foule, ni dans les synagogues, ni dans la ville;13et ils ne peuvent pas soutenir les choses dont ils m'accusent présentement.14Mais je te confesse bien ceci, que, selon la voie qu'ils appellent secte, ainsi je sers le Dieu de mes pères, croyant toutes les choses qui sont écrites dans la loi et dans les prophètes,15ayant espérance en Dieu, -espérance que ceux-ci nourrissent aussi eux-mêmes, -qu'il y aura une résurrection, tant des justes que des injustes.16A cause de cela, moi aussi je m'exerce à avoir toujours une conscience sans reproche devant Dieu et devant les hommes.17Or, après plusieurs années, je suis venu pour faire des aumônes à ma nation et des offrandes.18Sur ces entrefaites, ils me trouvèrent purifié dans le temple, sans attroupement et sans tumulte.19Or c'étaient certains Juifs d'Asie, qui auraient dû être ici devant toi et m'accuser, s'ils avaient quelque chose contre moi;20ou bien, que ceux-ci eux-mêmes disent quelle injustice ils ont trouvée en moi, quand j'ai été devant le sanhédrin,21si ce n'est ce seul cri que je fis entendre, étant au milieu d'eux: C'est pour la résurrection des morts que je suis aujourd'hui mis en jugement par vous.

Paul comparaît devant Félix en présence de ses accusateurs. Ceux-ci ont besoin d'un avocat d'autant plus éloquent que leur cause est plus mauvaise. Mais quel contraste entre les flatteries (v. 3) puis les grossières calomnies (v. 5; comp. Luc 23:2) de l'orateur Tertulle et la dignité de Paul dans sa profession de foi accompagnée de l’exposé sincère des faits!

Une secte (v. 5 et 14) est un groupement religieux qui se réclame d'un chef ou d'une doctrine particulière. Or le racheté ne peut se réclamer que de Christ. Mais le monde religieux appellera aussi de ce nom le rassemblement des enfants de Dieu qui se sont séparés de lui par obéissance à la Parole. Qu'importe! Cette expression comme bien d'autres, fait partie de l'opprobre pour Christ. De même que Paul, le croyant fidèle a le privilège d'être associé dans le mépris du monde à Celui qui fut le Nazaréen (fin du v. 5). Ce qui par contre exerçait l'apôtre — et devrait aussi nous préoccuper — c'était d'avoir toujours «une conscience sans reproche devant Dieu et devant les hommes» (v. 16). Il pensait au jour de la résurrection où il aurait à rendre compte au Seigneur de sa marche et de son service. Une vérité connue doit toujours avoir un effet moral. À plus forte raison la perspective du Tribunal de Christ (2 Cor. 5:9, 10).

Actes 24:22-27; Actes 25:1-12
22Mais Félix, ayant plus exactement connaissance de ce qui regardait la voie, les ajourna, disant: Quand le chiliarque Lysias sera descendu, je prendrai connaissance de votre affaire,23-ordonnant au centurion que Paul fût gardé, et qu'il eût quelque liberté, et qu'on n'empêchât aucun des siens de le servir.24Or quelques jours après, Félix étant venu avec Drusille sa femme qui était Juive, manda Paul et l'entendit sur la foi en Christ.25Et comme il discourait sur la justice et sur la tempérance et sur le jugement à venir, Félix tout effrayé répondit: Pour le présent va-t'en; quand je trouverai un moment convenable, je te ferai appeler,26-espérant en même temps que Paul lui donnerait quelque argent; c'est pourquoi aussi il le faisait venir souvent et s'entretenait avec lui.27Or, quand deux ans furent accomplis, Félix eut pour successeur Porcius Festus; et, voulant gagner la faveur des Juifs, Félix laissa Paul prisonnier.
1Festus donc, étant arrivé dans la province, monta trois jours après de Césarée à Jérusalem.2Et les principaux sacrificateurs et les principaux d'entre les Juifs portèrent plainte devant lui contre Paul; et ils lui présentaient leur requête,3demandant contre Paul cette grâce qu'il le fît venir à Jérusalem, dressant des embûches pour le tuer en chemin.4Festus donc répondit que Paul serait gardé à Césarée, et que lui-même allait bientôt partir.5Que les hommes influents parmi vous descendent donc avec moi, dit-il; et s'il y a quelque crime en cet homme, qu'ils l'accusent.6Et n'ayant pas séjourné parmi eux plus de huit ou dix jours, il descendit à Césarée; et le lendemain, s'étant assis sur le tribunal, il donna l'ordre que Paul fût amené.7Et lorsqu'il fut arrivé, les Juifs qui étaient descendus de Jérusalem se tinrent à l'entour, portant contre Paul de nombreuses et graves accusations qu'ils ne pouvaient prouver;8tandis que Paul se défendait, en disant: Je n'ai péché en rien, ni contre la loi des Juifs, ni contre le temple, ni contre César.9Mais Festus, voulant gagner la faveur des Juifs, répondit à Paul et dit: Veux-tu monter à Jérusalem pour y être jugé quant à ces choses, devant moi?10Et Paul dit: Je suis ici devant le tribunal de César, où je dois être jugé. Je n'ai fait aucun tort aux Juifs, comme tu le sais toi-même très-bien.11Si donc je leur ai fait tort, ou que j'aie fait quelque chose qui soit digne de mort, je ne refuse pas de mourir; mais si rien n'est vrai de ce dont ils m'accusent, personne ne peut me livrer à eux: j'en appelle à César.12Festus, ayant conféré avec le conseil, répondit: Tu en as appelé à César, tu iras à César.

Malgré l'innocence évidente de Paul et la mauvaise foi de ses accusateurs, Félix, pour ménager ceux-ci, a lâchement ajourné sa décision (v. 22). Mais il va différer une décision autrement plus grave: celle qui concerne son âme. Convoqué pour l'entretenir sur «la foi en Christ», Paul présente un côté de la vérité auquel Félix ne s'attendait pas (v. 25). La Parole terrifie — sans y pénétrer — sa conscience endurcie par l'amour de l'argent (v. 26). Nous nous occuperons de cela plus tard, répond-il évasivement, laissant échapper, peut-être pour toujours, l'occasion que Dieu lui donnait. En dépit de son nom qui signifie heureux, Félix a donc passé à côté du vrai bonheur. Ah, ne l'oublions pas, le «moment convenable» c'est maintenant!

Deux ans s'écoulent; l'apôtre est toujours en prison. Mais la haine des Juifs n'a pas désarmé. À peine Festus a-t-il remplacé Félix qu'un nouveau complot est machiné, dont le Seigneur délivre son témoin. Comme Félix (Actes 24:27) et autrefois Pilate (Marc 15:15), le principal souci de Festus est de «gagner la faveur des Juifs» (v. 9). Aussi Paul s'estime-t-il obligé d'invoquer à nouveau son droit de citoyen romain en faisant appel au jugement de l'empereur.

Actes 25:13-27
13Or, quelques jours s'étant écoulés, le roi Agrippa et Bérénice vinrent à Césarée pour saluer Festus.14Et comme ils séjournaient là plusieurs jours, Festus exposa au roi l'affaire de Paul, disant: Un certain homme a été laissé ici prisonnier par Félix,15au sujet duquel, lorsque j'étais à Jérusalem, les principaux sacrificateurs et les anciens des Juifs ont porté plainte, sollicitant une sentence contre lui:16mais je leur ai répondu que ce n'est pas la coutume des Romains de livrer quelqu'un avant que l'accusé ait ses accusateurs devant lui et qu'il ait l'occasion de se défendre de ce dont il est accusé.17Quand donc ils furent venus ici, sans aucun délai, le jour suivant, m'étant assis sur le tribunal, j'ordonnai que cet homme fût amené;18au sujet duquel les accusateurs, se tenant là, n'avancèrent aucune charge relativement aux choses que moi je supposais;19mais ils avaient contre lui quelques questions touchant leur culte religieux et touchant un certain Jésus mort, que Paul affirmait être vivant.20Et comme moi j'étais dans l'embarras pour procéder à une information sur ces choses, je demandai à cet homme s'il voulait aller à Jérusalem pour y être jugé quant à ces choses.21Mais Paul, en ayant appelé, demandant à être réservé au jugement d'Auguste, je donnai ordre qu'il fût gardé jusqu'à ce que je l'envoyasse à César.22Et Agrippa dit à Festus: Je voudrais bien moi-même aussi entendre cet homme. Demain, dit-il, tu l'entendras.23Le lendemain donc, Agrippa et Bérénice étant venus en grande pompe, et étant entrés dans la salle d'audience avec les chiliarques et les principaux de la ville, Paul, sur l'ordre de Festus, fut amené.24Et Festus dit: Roi Agrippa, et vous tous qui êtes ici présents avec nous, vous voyez cet homme au sujet duquel toute la multitude des Juifs m'a sollicité, tant à Jérusalem qu'ici, s'écriant qu'il ne devait plus vivre.25Mais moi, ayant trouvé qu'il n'avait rien fait qui fût digne de mort, et cet homme lui-même en ayant appelé à Auguste, j'ai résolu de l'envoyer.26Mais je n'ai rien de certain à écrire à l'empereur à son sujet, c'est pourquoi je l'ai amené devant vous, et principalement devant toi, roi Agrippa, en sorte qu'après avoir procédé à un interrogatoire, j'aie quelque chose à écrire;27car il me semble déraisonnable d'envoyer un prisonnier sans indiquer en même temps les choses qui sont mises à sa charge.

Agrippa, Bérénice (ainsi que Drusille, femme de Félix: Actes 24:24) étaient les enfants d'Hérode III (Actes 12:1) et constituaient la quatrième génération de cette dynastie criminelle. La visite de courtoisie qu'ils rendent au nouveau gouverneur va être pour celui-ci l'occasion de se renseigner sur son étrange prisonnier. On sent, à la manière dont Festus résume l'affaire, le peu d'intérêt que présentent pour lui ces questions religieuses. Il s'agit d'«un certain Jésus mort…» (v. 19). Christ n'est rien de plus pour des multitudes aujourd'hui. Mais Paul affirmait qu'Il était vivant et c'était bien en effet ce qui faisait toute la différence.

L'apôtre est donc introduit au milieu de cette cour réunie «en grande pompe». Selon la parole du Seigneur à Ananias, il devait être «un vase d'élection» pour porter son nom devant les rois (Actes 9:15). Mais il était l'ambassadeur d'un Roi combien plus grand que ceux devant lesquels il était appelé à comparaître, «un ambassadeur lié de chaînes», ainsi qu'il se nomme ailleurs, toutefois usant de hardiesse pour parler de son Seigneur car la parole de Dieu n'était pas liée (Éph. 6:20; 2 Tim. 2:9).

Actes 26:1-18
1Et Agrippa dit à Paul: Il t'est permis de parler pour toi. Alors Paul, ayant étendu la main, prononça son apologie:2Je m'estime heureux, roi Agrippa, de ce que, au sujet de toutes les choses dont je suis accusé par les Juifs, je dois faire mon apologie aujourd'hui devant toi,3surtout parce que tu es au fait de toutes les coutumes et questions qui existent parmi les Juifs; c'est pourquoi je te prie de m'écouter avec patience.4Ma manière de vivre donc dès ma jeunesse, telle qu'elle a été dès le commencement au milieu de ma nation à Jérusalem, tous les Juifs la connaissent,5connu depuis le commencement, s'ils veulent en rendre témoignage, et sachant que, selon la secte la plus exacte de notre culte, j'ai vécu pharisien.6Et maintenant je comparais en jugement pour l'espérance de la promesse faite par Dieu à nos pères,7à laquelle nos douze tribus, en servant Dieu sans relâche nuit et jour, espèrent parvenir; et c'est pour cette espérance, ô roi, que je suis accusé par les Juifs.8Pourquoi, parmi vous, juge-t-on incroyable que Dieu ressuscite des morts?9Pour moi donc, j'ai pensé en moi-même qu'il fallait faire beaucoup contre le nom de Jésus le Nazaréen:10ce que j'ai fait aussi dans Jérusalem; et j'ai enfermé dans les prisons plusieurs des saints, après en avoir reçu le pouvoir des principaux sacrificateurs; et quand on les faisait mourir, j'y donnais ma voix;11et souvent, dans toutes les synagogues, en les punissant, je les contraignais de blasphémer; et transporté de fureur contre eux, je les persécutais même jusque dans les villes étrangères.
12Et comme j'allais aussi à Damas pour cela, avec pouvoir et commission de la part des principaux sacrificateurs,13en chemin, en plein midi, je vis, ô roi, une lumière plus éclatante que la splendeur du soleil, laquelle resplendit du ciel autour de moi et de ceux qui étaient en chemin avec moi.14Et comme nous étions tous tombés à terre, j'entendis une voix qui me parlait et qui disait en langue hébraïque: Saul! Saul! pourquoi me persécutes-tu? Il t'est dur de regimber contre les aiguillons.15Et moi je dis: Qui es-tu, Seigneur? Et le Seigneur dit: Je suis Jésus que tu persécutes.16Mais lève-toi et tiens-toi sur tes pieds: car je te suis apparu afin de te désigner pour serviteur et témoin, et des choses que tu as vues et de celles pour la révélation desquelles je t'apparaîtrai,17en te retirant du milieu du peuple et des nations vers lesquelles moi je t'envoie18pour ouvrir leurs yeux, pour qu'ils se tournent des ténèbres à la lumière, et du pouvoir de Satan à Dieu; pour qu'ils reçoivent la rémission des péchés et une part avec ceux qui sont sanctifiés par la foi en moi.

Paul, invité à témoigner devant le roi Agrippa étend solennellement son bras chargé de chaînes. Comme au Actes 22, il fait le récit de sa rencontre avec le Seigneur et des conditions dans lesquelles son service lui a été confié. Ses propres yeux ayant été ouverts, il a reçu la charge d'ouvrir ceux des gens des nations pour qu'ils aient accès par la foi à la lumière, à la liberté, à la rémission des péchés, et à la part céleste des saints (v. 18; comp. Col. 1:12, 13).

Les circonstances des conversions ne se ressemblent pas. Pierre était dans son bateau quand il a reconnu son état de péché. Lévi était assis à son bureau et Zachée dans un arbre au moment de l'appel du Seigneur (Luc 5:10, 27; Luc 19:5). L'Éthiopien a été converti dans son char et le geôlier dans la prison,-minuit (Actes 8:27…; Actes 16:29…). Au contraire Paul le fut, en plein midi, pendant qu'il marchait sur la route (v. 13). L’important est que chacun puisse dire où et quand il a rencontré Jésus. Ne craignons pas, quand l'occasion s'en présente, de raconter notre conversion. Ce n'est pas là se glorifier, puisqu'il faut en même temps parler du triste état dans lequel nous avons été trouvés. C'est au contraire exalter la grâce souveraine qui a voulu nous en arracher.

Actes 26:19-32
19Ainsi, ô roi Agrippa, je n'ai pas été désobéissant à la vision céleste;20mais j'ai annoncé premièrement à ceux de Damas, et à Jérusalem, et à tout le pays de la Judée, et aux nations, de se repentir et de se tourner vers Dieu, en faisant des oeuvres convenables à la repentance.21A cause de cela les Juifs, m'ayant pris dans le temple, cherchaient à me tuer.22Ayant donc reçu le secours qui vient de Dieu, me voici debout jusqu'à ce jour, rendant témoignage aux petits et aux grands, ne disant rien d'autre que ce que les prophètes et Moïse ont annoncé devoir arriver,23savoir qu'il fallait que le Christ fût soumis aux souffrances, et que, le premier, par la résurrection des morts, il devait annoncer la lumière et au peuple et aux nations.
24Et comme il parlait ainsi pour sa défense, Festus dit à haute voix: Tu es hors de sens, Paul; ton grand savoir te met hors de sens.25Mais Paul dit: Je ne suis point hors de sens, très-excellent Festus, mais je prononce des paroles de vérité et de sens rassis:26car le roi a la connaissance de ces choses, et je parle hardiment devant lui, car je suis persuadé qu'il n'ignore rien de ces choses: car ceci n'a point été fait en secret.27O roi Agrippa! crois-tu aux prophètes? Je sais que tu y crois.28Et Agrippa dit à Paul: Tu me persuaderas bientôt d'être chrétien.29Mais Paul dit: Plût à Dieu que non seulement toi, mais aussi tous ceux qui m'entendent aujourd'hui, vous devinssiez de toutes manières tels que je suis, hormis ces liens.30Et le roi se leva, et le gouverneur et Bérénice, et ceux qui étaient assis avec eux;31et quand ils se furent retirés, ils conférèrent entre eux, disant: Cet homme ne fait rien qui soit digne de mort ou de liens.32Et Agrippa dit à Festus: Cet homme aurait pu être relâché, s'il n'en avait appelé à César.

Appelé par Jésus Christ à un ministère extraordinaire parmi les nations, Paul n'a pas été désobéissant… (v. 19). Ne le soyons pas pour accomplir les services les plus modestes et les plus faciles que le Seigneur nous a confiés!

Pour Festus, homme sans besoins spirituels, les propos de Paul sont pure divagation (v. 24). En effet «l'homme animal ne reçoit pas les choses qui sont de l'Esprit de Dieu, car elles lui sont folie» (1 Cor. 2:14). Alors l'apôtre s'adresse directement au roi, avec déférence, mais aussi avec l'autorité que lui donne la Parole (Ps. 119:46). Agrippa cache sa gêne en détournant la question (v. 28). Hélas! Être à peu près convaincu; devenir presque un chrétien, c'est être encore tout-fait perdu.

Du roi ou du pauvre captif, lequel avait la part la plus enviable? Conscient de sa haute position devant Dieu, Paul, le prisonnier de Jésus Christ, ne pense pas à la couronne de l'homme qui est devant lui, mais à son âme! Ne nous laissons pas arrêter non plus par l'apparence des hommes; pensons à leur sort éternel.

L'apôtre a été traduit successivement devant le sanhédrin, Félix, Festus et Agrippa. Il faut encore qu'il comparaisse devant César, qui, à ce moment-là, n'était autre que le cruel Néron.

Actes 27:1-17
1Or après qu'il eut été décidé que nous ferions voile pour l'Italie, ils remirent Paul et quelques autres prisonniers à un centurion nommé Jules, de la cohorte Auguste.2Et étant montés sur un navire d'Adramytte devant faire voile pour les lieux qui sont situés le long de la côte d'Asie, nous partîmes, Aristarque, Macédonien de Thessalonique, étant avec nous.3Et le jour suivant nous arrivâmes à Sidon; et Jules, traitant Paul avec humanité, lui permit d'aller vers ses amis pour jouir de leurs soins.4Et étant partis de là, nous voguâmes à l'abri de Chrypre, parce que les vents étaient contraires;5et après avoir traversé la mer qui baigne la Cilicie et la Pamphylie, nous arrivâmes à Myra en Lycie;6et là, le centurion ayant trouvé un navire d'Alexandrie qui allait en Italie, nous y fit monter.7Et naviguant pesamment durant plusieurs jours, et étant arrivés avec peine à la hauteur de Cnide, le vent ne nous permettant pas d'avancer, nous côtoyâmes la Crète, vis-à-vis de Salmone;8et l'ayant longée avec peine, nous arrivâmes en un lieu qui est appelé Beaux-Ports, près duquel était la ville de Lasée.9Et comme il s'était écoulé assez de temps, et que la navigation était déjà périlleuse, parce que le jeûne aussi était déjà passé,10Paul les avertissait, disant: Hommes, je vois que la navigation sera accompagnée de revers et de beaucoup de dommage, non seulement quant au chargement et au navire, mais même quant à nos vies.11Mais le centurion se fiait plus au pilote et au patron du navire qu'à ce que Paul disait.
12Et comme le port n'était pas commode pour hiverner, la plupart furent d'avis de partir de là, afin d'atteindre, s'il était possible, Phénice, port de Crète regardant vers le nord-est et le sud-est, afin d'y passer l'hiver.13Et comme le vent du midi soufflait doucement, pensant qu'ils étaient venus à bout de leur dessein, ils levèrent l'ancre et côtoyèrent de près l'île de Crète.14Mais un peu après, un vent orageux, appelé Euroclydon, descendit violemment de l'île.15Et le navire étant emporté et ne pouvant tenir contre le vent, nous le laissâmes aller à la dérive et fûmes emportés.16Et courant sous une petite île appelée Clauda, nous nous rendîmes à grand'peine maîtres de la chaloupe;17et l'ayant retirée à bord, ils employèrent des mesures de sûreté en liant le navire avec un câble passé dessous; et craignant de tomber sur les bancs de sable de la Syrte, ils descendirent les agrès supérieurs, et étaient ainsi emportés.

Pour empêcher la propagation de l'Évangile, l'Ennemi a poussé les hommes contre Paul. Il se sert à présent d'obstacles naturels pour lui barrer la route.

Beaucoup de chrétiens ressemblent au voilier: leur marche dépend du vent qui souffle. Si c'est celui «du midi» qui les pousse doucement, tout va bien; ils lèvent l'ancre pleins de courage (v. 13). Mais tourne-t-il pour devenir contraire, les voilà qui naviguent «pesamment», «avec peine», ne sont plus capables d'avancer (v. 7, 8) et cherchent ici et là des abris humains contre leurs difficultés (v. 4). Enfin, lorsque survient le vent orageux d'une grosse épreuve, ils ne peuvent plus tenir et sont emportés à la dérive (v. 15). Le vapeur, lui, poursuit sa route par tous les temps. Que mus par une foi active et ferme, nous avancions toujours ainsi vers le but, en dépit de tous les orages!

Tout en étant bienveillant envers son prisonnier, le centurion s'était fié davantage au patron du navire qu'à ce que Paul disait (v. 11). Ne nous arrive-t-il pas fréquemment d'accorder plus de confiance aux conseils et à l'opinion des hommes qu'aux directions de la Parole et du Saint-Esprit? Et ceci pour notre plus grand dommage (v. 10).

Actes 27:18-44
18Et comme nous étions violemment battus par la tempête, le jour suivant ils jetèrent une partie de la charge.19Et le troisième jour ils jetèrent de leurs propres mains les agrès du navire.20Et comme durant plusieurs jours il ne parut ni soleil ni étoiles, et qu'une grande tempête nous pressait, dès lors toute espérance de pouvoir nous sauver nous fut ôtée.
21Et après qu'on eut été longtemps sans manger, alors Paul, se tenant au milieu d'eux, dit: O hommes, vous auriez dû m'écouter et ne pas partir de Crète, et éviter ces avaries et ce dommage.22Et maintenant je vous exhorte à avoir bon courage; car on ne fera la perte de la vie d'aucun de vous, mais seulement du navire.23Car un ange du Dieu à qui je suis et que je sers, est venu à moi cette nuit, disant:24Ne crains point, Paul: il faut que tu comparaisses devant César; et voici, Dieu t'a donné tous ceux qui naviguent avec toi.25C'est pourquoi, ô hommes, ayez bon courage; car je crois Dieu, et je sais que la chose arrivera comme il m'a été dit.26Mais il faut que nous soyons jetés sur quelque île. -27Et quand la quatorzième nuit fut venue, comme nous étions portés çà et là sur la mer Adriatique, les matelots, au milieu de la nuit, pensèrent que quelque terre les approchait;28et ayant jeté la sonde, ils trouvèrent vingt brasses; puis ayant passé un peu plus loin, et ayant encore jeté la sonde, ils trouvèrent quinze brasses.29Et craignant que nous ne donnassions au milieu des écueils, ils jetèrent quatre ancres de la poupe et souhaitèrent que le jour vînt.30Et comme les matelots cherchaient à s'enfuir du navire, ayant descendu la chaloupe en mer sous prétexte d'aller jeter au loin les ancres de la proue,31dit au centurion et aux soldats: Si ceux-ci ne demeurent pas dans le navire, vous ne pouvez être sauvés.32Alors les soldats coupèrent les cordes de la chaloupe et la laissèrent tomber.33Et en attendant que le jour vînt, Paul les exhortait tous à prendre de la nourriture, disant: C'est aujourd'hui le quatorzième jour que vous passez à jeun, dans l'attente, sans avoir rien pris;34c'est pourquoi je vous exhorte à prendre de la nourriture, car cela est nécessaire pour votre conservation; car pas un cheveu de la tête d'aucun de vous ne périra.35Et quand il eut dit ces choses, ayant pris du pain il rendit grâces à Dieu devant tous, et, l'ayant rompu, il se mit à manger.36Et ayant tous pris courage, eux aussi prirent de la nourriture.37Or nous étions en tout dans le navire deux cent soixante-seize personnes.38Et quand ils eurent assez mangé, ils allégèrent le navire en jetant le froment dans la mer.39Et le jour étant venu, ils ne reconnaissaient pas le pays; mais ils apercevaient une baie ayant une plage, sur laquelle ils résolurent, s'ils le pouvaient, de faire échouer le navire.40Et ils abandonnèrent les ancres à la mer, coupant les câbles, lâchant en même temps les attaches des gouvernails; et ayant mis au vent la voile d'artimon, ils cinglèrent vers la plage.41Et étant tombés en un lieu baigné des deux côtés par la mer, ils échouèrent le navire; et la proue se trouvant engagée demeurait immobile, mais la poupe se rompait par la violence des vagues.42Et l'avis des soldats fut de tuer les prisonniers, de peur que quelqu'un d'eux ne se sauvât à la nage et ne s'enfuît.43Mais le centurion, voulant sauver Paul, les empêcha d'exécuter leur dessein, et il ordonna que ceux qui savaient nager se jetassent dehors les premiers et gagnassent la terre;44et le reste, les uns sur des planches, et les autres sur quelques débris du navire. Et ainsi il arriva que tous parvinrent à terre sains et saufs.

Paul est aussi calme au milieu de la tempête que devant les gouverneurs et les rois. L'ouragan ne l'empêche pas d'entendre la voix du Dieu à qui il est et qu'il sert (v. 23). Alors que dans l'épreuve les hommes montrent souvent le pire égoïsme, le cher apôtre, lui, pense au salut de ses compagnons de voyage. Il les rassure par la Parole de son Dieu, mais les exhorte à prendre de la nourriture, non sans rendre grâces devant tous (1 Tim. 4:4, 5).

Après bien des péripéties et la perte du navire, ils parviennent tous sains et saufs au port désiré (lire Ps. 107:25-30).

On a pu voir dans ce vaisseau, jouet de la tourmente, l'image de l'Église ici-bas. Partie par un temps favorable, elle n'a pas tardé à rencontrer le vent des épreuves et des persécutions que Satan a soulevé contre elle. Le manque de nourriture, une période de profondes ténèbres morales, le recours à toutes sortes de dispositions prudentes, tout cela est arrivé parce que la voix des apôtres — dans la Parole — n'a pas été écoutée. Le jour approche; et avec lui le naufrage final de la chrétienté professante (le navire). Mais le Seigneur connaît ceux qui sont siens dans cette Église qui se réclame de son nom. Et aucun ne sera perdu de ceux que le Père Lui a donnés (2 Tim. 2:19; Jean 17:12).

Actes 28:1-16
1Et ayant été sauvés, alors nous apprîmes que l'île s'appelait Malte.2Et les barbares usèrent d'une humanité peu ordinaire envers nous, car ayant allumé un feu, ils nous reçurent tous, à cause de la pluie qui tombait et à cause du froid.3Et Paul ayant ramassé une quantité de branches sèches et les ayant mises sur le feu, une vipère sortit de la chaleur et s'attacha à sa main.4Et quand les barbares virent la bête suspendue à sa main, ils se dirent l'un à l'autre: Assurément, cet homme est un meurtrier, puisque, après avoir été sauvé de la mer, Némésis n'a pas permis qu'il vécût.5Lui donc, ayant secoué la bête dans le feu, n'en souffrit aucun mal;6et ils s'attendaient à ce qu'il enflerait ou tomberait mort subitement. Mais quand ils eurent longtemps attendu et qu'ils eurent vu qu'il ne lui arrivait rien d'extraordinaire, changeant de sentiment, ils dirent que c'était un dieu.7Or aux environs de ce lieu-là se trouvaient des possessions du premier de l'île, nommé Publius, qui nous reçut, et nous logea durant trois jours avec beaucoup de bonté.8Et il arriva que le père de Publius était là couché, souffrant beaucoup de la fièvre et de la dysenterie; et Paul, étant entré auprès de lui, pria et lui imposa les mains et le guérit.9Mais ceci étant arrivé, les autres malades aussi qui se trouvaient dans l'île vinrent et furent guéris.10Et ceux-ci nous firent aussi de grands honneurs, et à notre départ nous fournirent ce qui nous était nécessaire.
11Et trois mois après, nous partîmes sur un navire d'Alexandrie qui avait hiverné dans l'île, et qui avait pour enseigne les Dioscures.12Et ayant relâché à Syracuse, nous y demeurâmes trois jours.13De là nous fîmes un circuit, et nous arrivâmes à Rhegium; et un jour après, le vent du midi s'étant levé, nous arrivâmes le deuxième jour à Pouzzoles,14ayant trouvé des frères, nous fûmes priés de demeurer avec eux sept jours; et ainsi nous allâmes à Rome.15Et de là, les frères, ayant appris les choses qui nous étaient arrivées, vinrent au-devant de nous jusqu'au Forum d'Appius et aux Trois-Tavernes; et Paul, les voyant, rendit grâces à Dieu et prit courage.16Et lorsque nous fûmes arrivés à Rome, le centurion livra les prisonniers au préfet du prétoire, et il fut permis à Paul de demeurer chez lui avec un soldat qui le gardait.

Dieu a mis des sentiments d'humanité dans le cœur des païens de l'île de Malte (comme précédemment dans celui du centurion Jules; v. 2; Actes 27:3). Ils accueillent et réconfortent les naufragés. Au milieu de ceux-ci le Seigneur se plaît à faire reconnaître son serviteur par le moyen d'un miracle. L'apôtre qui n'a pas jugé au-dessous de sa dignité de ramasser du bois pour alimenter le feu, est mordu par une vipère et n'en subit aucun mal. C'était un des signes qui devaient «accompagner» les disciples. Un autre était l'imposition des mains aux malades pour les guérir (Marc 16:17, 18). La bienveillance des «barbares» de Malte trouve vite sa récompense. Tous les malades de l'île, à commencer par le père de Publius, sont guéris par la puissance de Dieu. Et nous aimons à penser que beaucoup de ces gens ont trouvé la guérison de l'âme. Ainsi l'opposition de l'Ennemi n'aura servi qu'à jeter sur une terre nouvelle la semence de l'Évangile.

Le voyage de Paul s'achève. Avant d'apporter quoi que ce soit à ses frères de Rome, c'est lui-même qui prend courage dans leur communion fraternelle. Le plus jeune croyant peut être aussi un sujet de joie et d'encouragement pour un serviteur de Dieu.

Actes 28:17-31
17Or il arriva, trois jours après, que Paul convoqua ceux qui étaient les principaux des Juifs; et quand ils furent assemblés, il leur dit: Hommes frères, quoique je n'aie rien fait contre le peuple ou contre les coutumes des pères, fait prisonnier à Jérusalem, j'ai été livré entre les mains des Romains qui,18après m'avoir interrogé, voulaient me relâcher, parce qu'il n'y avait en moi aucun crime digne de mort.19Mais les Juifs s'y opposant, j'ai été contraint d'en appeler à César, non que j'aie quelque accusation à porter contre ma nation.20C'est donc là le sujet pour lequel je vous ai appelés, afin de vous voir et de vous parler, car c'est pour l'espérance d'Israël que je suis chargé de cette chaîne.21Mais ils lui dirent: Pour nous, nous n'avons pas reçu de lettre de Judée à ton sujet; et aucun des frères qui sont arrivés n'a rapporté ou dit quelque mal de toi;22mais nous demandons à entendre de toi quel est ton sentiment; car, quant à cette secte, il nous est connu que partout on la contredit.
23Et lui ayant assigné un jour, plusieurs vinrent auprès de lui dans son logis; et il leur exposait la vérité, en rendant témoignage du royaume de Dieu, depuis le matin jusqu'au soir, cherchant à les persuader des choses concernant Jésus, et par la loi de Moïse et par les prophètes.24Et les uns furent persuadés par les choses qu'il disait; et les autres ne croyaient pas.25Et n'étant pas d'accord entre eux, ils se retirèrent, après que Paul leur eut dit une seule parole: l'Esprit Saint a bien parlé à nos pères par Ésaïe le prophète, disant:26"Va vers ce peuple et dis: En entendant vous entendrez et vous ne comprendrez point, et en voyant vous verrez et vous n'apercevrez point;27car le coeur de ce peuple s'est épaissi et ils ont ouï dur de leurs oreilles, et ils ont fermé leurs yeux, de peur qu'ils ne voient des yeux, et qu'ils n'entendent des oreilles et qu'ils ne comprennent du coeur, et qu'ils ne se convertissent, et que je ne les guérisse".28Sachez donc que ce salut de Dieu a été envoyé aux nations; et eux écouteront.29Quand il eut dit ces choses, les Juifs se retirèrent, ayant entre eux une grande discussion.
30Et Paul demeura deux ans entiers dans un logement qu'il avait loué pour lui, et il recevait tous ceux qui venaient vers lui,31prêchant le royaume de Dieu et enseignant les choses qui regardent le Seigneur Jésus Christ, avec toute hardiesse, sans empêchement.

À peine arrivé à Rome, Paul convoque les principaux des Juifs. Il leur explique les conditions de son emprisonnement. Et, bien loin de garder rancune à ceux de son peuple de tout le mal qu'il en a subi, il leur donne encore et toujours la première place dans la prédication de l'évangile. Inlassablement, du matin au soir, il leur expose la vérité, jusqu'au moment où ils se retirent (v. 25, 29; lire Héb. 10:38, 39).

Paul reste deux ans prisonnier à Rome. Mais il pourra constater que les circonstances par lesquelles il passe «sont plutôt arrivées pour l'avancement de l'évangile» (Phil. 1:12). N'est-ce pas pendant cette captivité qu'il a écrit plusieurs épîtres, dont celles aux Éphésiens, aux Philippiens, aux Colossiens…? Nous ne les aurions pas s'il avait été libre de visiter ces assemblées.

Ce sont d'ailleurs les épîtres qui nous permettent de continuer quelque peu l'histoire du grand apôtre. Car ici le récit s'interrompt et le livre des Actes n'a pas de conclusion. Comme pour nous montrer que l'œuvre du Saint-Esprit ici-bas n'est pas terminée! Elle se continue, tant que l'Église est sur la terre, dans la vie de chaque croyant.

Romains 1:1-17
1Paul, esclave de Jésus Christ, apôtre appelé, mis à part pour l'évangile de Dieu2(lequel il avait auparavant promis par ses prophètes dans de saintes écritures),3touchant son fils (né de la semence de David, selon la chair,4déterminé Fils de Dieu, en puissance, selon l' Esprit de sainteté, par la résurrection des morts), Jésus Christ, notre Seigneur,5par lequel nous avons reçu grâce et apostolat, pour l' obéissance de la foi parmi toutes les nations, pour son nom,6parmi lesquelles vous aussi, vous êtes des appelés de Jésus Christ,7-à tous les bien-aimés de Dieu qui sont à Rome, saints appelés: Grâce et paix à vous, de la part de Dieu notre Père et du Seigneur Jésus Christ!
8Premièrement, je rends grâces à mon Dieu, par Jésus Christ, pour vous tous, de ce que votre foi est publiée dans le monde entier.9Car Dieu, que je sers dans mon esprit dans l'évangile de son Fils, m'est témoin que sans cesse je fais mention de vous,10demandant toujours dans mes prières, si en quelque manière, maintenant une fois, il me sera accordé par la volonté de Dieu d'aller vers vous.11Car je désire ardemment de vous voir, afin de vous faire part de quelque don de grâce spirituel, pour que vous soyez affermis,12c'est-à-dire pour que nous soyons consolés ensemble au milieu de vous, vous et moi, chacun par la foi qui est dans l'autre.13Or je ne veux pas que vous ignoriez, frères, que je me suis souvent proposé d'aller vers vous (et que j'en ai été empêché jusqu'à présent), afin de recueillir quelque fruit parmi vous aussi, comme parmi les autres nations.14Je suis débiteur et envers les Grecs et envers les barbares, et envers les sages et envers les inintelligents:15ainsi, pour autant qu'il dépend de moi, je suis tout prêt à vous annoncer l'évangile, à vous aussi qui êtes à Rome.
16Car je n'ai pas honte de l'évangile, car il est la puissance de Dieu en salut à quiconque croit, et au Juif premièrement, et au Grec.17Car la justice de Dieu y est révélée sur le principe de la foi pour la foi, selon qu'il est écrit: "Or le juste vivra de foi".

Les épîtres sont des lettres adressées par les apôtres à des assemblées ou à des croyants et dans lesquelles nous trouvons exposées les vérités chrétiennes. Celle aux Romains, bien qu'écrite après d'autres, a été à juste titre placée la première. Car son sujet, c'est l'évangile. Et avant de recevoir un enseignement chrétien, il faut commencer par devenir chrétien. Ami lecteur, cette occasion vous est donnée, si vous ne l'avez pas encore saisie. Demandez au Seigneur qu’Il touche votre cœur et votre conscience par le pouvoir de la seule Parole et l'autorité de l'évangile, «puissance de Dieu en salut-quiconque croit» (v. 16).

Cette lettre a été écrite bien avant le voyage dramatique raconté à la fin des Actes. Paul n'avait donc encore jamais vu les Romains. Mais — ce qui est la condition d'un service utile — il est plein d'amour pour eux et avant tout pour Celui dont il va leur parler: Jésus Christ. Son Nom remplit les premiers versets. N'est-Il pas en effet la substance de l'Évangile, le fondement de toute relation entre Dieu et l'homme? D’autre part le fait que Paul était prêt à annoncer l’Évangile à ceux qu’il appelle pourtant déjà des bien-aimés et des saints (v. 15, 7) nous confirme que cette bonne nouvelle de l’Évangile ne se limite pas au simple pardon des péchés. Il contient toute la vérité en Christ.

Romains 1:18-32
18Car la colère de Dieu est révélée du ciel contre toute impiété et toute iniquité des hommes qui possèdent la vérité tout en vivant dans l'iniquité:
19parce que ce qui se peut connaître de Dieu est manifeste parmi eux; car Dieu le leur a manifesté;20car, depuis la fondation du monde, ce qui ne se peut voir de lui, savoir et sa puissance éternelle et sa divinité, se discerne par le moyen de l'intelligence, par les choses qui sont faites, de manière à les rendre inexcusables:21-parce que, ayant connu Dieu, ils ne le glorifièrent point comme Dieu, ni ne lui rendirent grâces; mais ils devinrent vains dans leurs raisonnements, et leur coeur destitué d'intelligence fut rempli de ténèbres:22se disant sages, ils sont devenus fous,23et ils ont changé la gloire du Dieu incorruptible en la ressemblance de l'image d'un homme corruptible et d'oiseaux et de quadrupèdes et de reptiles.24C'est pourquoi Dieu les a aussi livrés, dans les convoitises de leurs coeurs, à l'impureté, en sorte que leurs corps soient déshonorés entre eux-mêmes:25eux qui ont changé la vérité de Dieu en mensonge, et ont honoré et servi la créature plutôt que celui qui l'a créée, qui est béni éternellement. Amen!26C'est pourquoi Dieu les a livrés à des passions infâmes, car leurs femmes ont changé l'usage naturel en celui qui est contre nature;27et les hommes aussi pareillement, laissant l'usage naturel de la femme, se sont embrasés dans leur convoitise l'un envers l'autre, commettant l'infamie, mâles avec mâles, et recevant en eux-mêmes la due récompense de leur égarement.28Et comme ils n'ont pas eu de sens moral pour garder la connaissance de Dieu, Dieu les a livrés à un esprit réprouvé, pour pratiquer des choses qui ne conviennent pas,29étant remplis de toute injustice, de méchanceté, de cupidité, de malice, -pleins d'envie, de meurtres, de querelles, de fraude, de mauvaises moeurs,30délateurs, médisants, haïssables pour Dieu, outrageux, hautains, vantards, inventeurs de mauvaises choses, désobéissants à leurs parents,31sans intelligence, ne tenant pas ce qu'ils ont promis, sans affection naturelle, sans miséricorde, et qui,32ayant connu la juste sentence de Dieu, que ceux qui commettent de telles choses sont dignes de mort, non seulement les pratiquent, mais encore trouvent leur plaisir en ceux qui les commettent.

Avant d'expliquer comment Dieu justifie le pécheur, il est nécessaire de convaincre chacun qu'il en est un. Dieu va, pour ainsi dire, ouvrir ici le procès de l’humanité tout entière. On pensera peut-être que les païens sont excusables; ils n'ont pas la Parole écrite. Toutefois ils ont sous les yeux un autre livre toujours ouvert: celui de la Création (Ps. 19:1). Mais ils n'ont pas voulu reconnaître ni honorer son Auteur et ils ont négligé de Lui rendre grâces (ce qui est un devoir universel). Tout être humain a reçu une intelligence lui permettant de discerner des faits évidents et d’en tirer la conclusion qu’il y a un Dieu. Or les hommes ont employé cette faculté à imaginer des idoles, et dès lors, asservis aux puissances du mal, ils ont été livrés aux pires convoitises.

Il est d’une laideur insoutenable le portrait que Dieu fait ici de l'homme naturel. Eh bien! Dieu déclare coupables non seulement ceux qui s'adonnent eux-mêmes à de tels vices, mais aussi tous ceux qui «trouvent leur plaisir en ceux qui les commettent». Lire un roman racontant des choses immorales, se complaire dans des descriptions troubles et malsaines, c'est se placer sous la même «juste sentence» (v. 32; Ps. 50:18).

Romains 2:1-16
1C'est pourquoi tu es inexcusable, ô homme, qui que tu sois qui juges; car en ce que tu juges autrui, tu te condamnes toi-même, puisque toi qui juges, tu commets les mêmes choses.2Or nous savons que le jugement de Dieu est selon la vérité contre ceux qui commettent de telles choses.3Et penses-tu, ô homme qui juges ceux qui commettent de telles choses et qui les pratiques, que tu échapperas au jugement de Dieu?4Ou méprises-tu les richesses de sa bonté, et de sa patience, et de sa longue attente, ne connaissant pas que la bonté de Dieu te pousse à la repentance?5Mais, selon ta dureté et selon ton coeur sans repentance, tu amasses pour toi-même la colère dans le jour de la colère et de la révélation du juste jugement de Dieu,6qui rendra à chacun selon ses oeuvres:7à ceux qui, en persévérant dans les bonnes oeuvres, cherchent la gloire et l'honneur et l'incorruptibilité, -la vie éternelle;8mais à ceux qui sont disputeurs et qui désobéissent à la vérité, et obéissent à l'iniquité, -la colère et l'indignation;9tribulation et angoisse sur toute âme d'homme qui fait le mal, et du Juif premièrement, et du Grec;10mais gloire et honneur et paix à tout homme qui fait le bien, et au Juif premièrement, et au Grec;11car il n'y a pas d'acception de personnes auprès de Dieu.12Car tous ceux qui ont péché sans loi, périront aussi sans loi; et tous ceux qui ont péché sous la loi, seront jugés par la loi13(car ce ne sont pas les auditeurs de la loi qui sont justes devant Dieu; mais ce sont ceux qui accomplissent la loi qui seront justifiés;14car quand les nations qui n'ont point de loi, font naturellement les choses de la loi, n'ayant pas de loi, elles sont loi à elles-mêmes,15et elles montrent l'oeuvre de la loi, écrite dans leurs coeurs, leur conscience rendant en même temps témoignage, et leurs pensées s'accusant entre elles, ou aussi s'excusant),16seront jugés, dis-je au jour où Dieu jugera par Jésus Christ les secrets des hommes, selon mon évangile.

Si bas qu'un homme soit tombé, il trouvera toujours quelqu'un de plus misérable que lui à qui il pourra se comparer à son propre avantage! Celui qui a la passion du jeu méprisera le pauvre buveur et celui-ci regardera un malfaiteur avec supériorité. En réalité, tous les vices sont en germe dans notre propre cœur. Lorsque nous jugeons autrui (v. 1), nous donnons la preuve que nous savons très bien reconnaître le mal; nous montrons donc que nous avons une conscience. Et ceci nous condamne nous-mêmes lorsque, à notre tour, nous commettons des actes semblables. Tous les hommes ont une conscience (Gen. 3:22). Dans sa bonté, Dieu s'en sert pour les pousser-la repentance (v. 4), mais ne les autorise nullement à l'employer pour juger leur prochain. Un seul a le droit de juger; c'est Jésus Christ (v. 16; Jean 5:22; Actes 10:42). Il mettra un jour en lumière «les secrets des hommes», tous leurs actes et intentions inavouables, cachés avec tant de soin (Matt. 10:26). Confessez-Lui sans tarder vos secrets les plus honteux. Votre conscience n'est pas une voix hostile mais une amie qui vient vous dire: parle de cela au Seigneur Jésus; Il saura s'en occuper.

Romains 2:17-29
17Or si toi, tu portes le nom de Juif, et que tu te reposes entièrement sur la loi, et que tu te glorifies en Dieu,18et que tu connaisses la volonté, et que tu saches discerner les choses excellentes, étant instruit par la loi,19et que tu croies que tu es conducteur d'aveugles, lumière de ceux qui sont dans les ténèbres,20instructeur des hommes dépourvus d'intelligence, maître de petits enfants, ayant la formule de la connaissance et de la vérité dans la loi;21toi donc qui enseignes les autres, ne t'enseignes-tu pas toi-même? Toi qui prêches qu'on ne doit pas dérober, dérobes-tu?22Toi qui dis qu'on ne doit pas commettre adultère, commets-tu adultère? Toi qui as en abomination les idoles, commets-tu des sacrilèges?23Toi qui te glorifies en la loi, déshonores-tu Dieu par la transgression de la loi?24Car le nom de Dieu est blasphémé à cause de vous parmi les nations, comme il est écrit.25Car en effet la circoncision est profitable si tu accomplis la loi; mais si tu es transgresseur de la loi, ta circoncision est devenue incirconcision.26Si donc l'incirconcision garde les exigences de la loi, son incirconcision ne sera-t-elle pas comptée pour circoncision;27et l'incirconcision qui l'est par nature, en accomplissant la loi, ne te jugera-t-elle pas, toi qui, dans la lettre et la circoncision, es transgresseur de la loi?28Car celui-là n'est pas Juif qui l'est au dehors, et celle-là n'est pas la circoncision qui l'est au dehors dans la chair;29mais celui-là est Juif qui l'est au dedans, et la circoncision est du coeur, en esprit, non pas dans la lettre; et la louange de ce Juif ne vient pas des hommes, mais de Dieu.

Ces chapitres nous font penser à la séance d'un tribunal. L'un après l'autre, les accusés comparaissent devant le Juge souverain. Après la condamnation du barbare (Rom. 1), après celle de l'homme moral et civilisé (début du ch. 2), c'est le Juif qui est appelé à la barre. Il se présente la tête haute. Son nom de Juif, la loi sur laquelle il se repose, le vrai Dieu qu'il prétend connaître et servir (v. 17…), tout cela va certainement établir sa supériorité sur les autres prévenus et le faire acquitter… Mais que lui répond le Magistrat suprême? — Je ne te jugerai ni sur tes titres (v. 17), ni sur ta connaissance (v. 18), ni sur tes paroles (v. 21), mais sur tes actes. «Toi donc qui enseignes les autres… toi qui prêches… toi qui dis…», ce qui m'intéresse c'est ce que tu fais… et aussi ce que tu ne fais pas (Matt. 23:3). Loin de t'excuser, tes privilèges aggravent ta culpabilité.

Le péché des païens est appelé l'iniquité (Rom. 1:18): une marche sans loi et sans frein selon les caprices de la volonté propre (1 Jean 3:4). Le péché des Juifs se nomme la transgression (v. 23), autrement dit la désobéissance aux commandements divins connus. Et combien plus responsables sont aujourd'hui les chrétiens; ils possèdent toute la Parole de Dieu!

Romains 3:1-18
1Quel est donc l'avantage du Juif, ou quel est le profit de la circoncision?2-Grand de toute manière, et d'abord en ce que les oracles de Dieu leur ont été confiés.3Quoi donc? Si quelques-uns n'ont pas cru, leur incrédulité annulera-t-elle la fidélité de Dieu?4Qu'ainsi n'advienne! mais que Dieu soit vrai et tout homme menteur, selon ce qui est écrit: "En sorte que tu sois justifié dans tes paroles, et que tu aies gain de cause quand tu es jugé".5Mais si notre injustice constate la justice de Dieu, que dirons-nous? Dieu est-il injuste quand il donne cours à la colère? -Je parle selon l'homme.6Qu'ainsi n'advienne! puisqu' alors, comment Dieu jugera-t-il le monde?7Car si la vérité de Dieu dans mon mensonge a abondé pour sa gloire, pourquoi moi aussi suis-je encore jugé comme pécheur?8Et non, comme nous sommes calomnieusement accusés et que quelques-uns prétendent que nous disons: Faisons du mal, afin qu'arrive le bien? -desquels le jugement est juste.9Quoi donc? Sommes-nous plus excellents? Nullement. Car nous avons ci-devant accusé et Juifs et Grecs d'être tous sous le péché, selon qu'il est écrit:10"Il n'y a point de juste, non pas même un seul;11il n'y a personne qui ait de l'intelligence, il n'y a personne qui recherche Dieu;12ils se sont tous détournés, ils se sont tous ensemble rendus inutiles; il n'y en a aucun qui exerce la bonté, il n'y en a pas même un seul;13"c'est un sépulcre ouvert que leur gosier; ils ont frauduleusement usé de leurs langues"; '"il y a du venin d'aspic sous leurs lèvres";14"et leur bouche est pleine de malédiction et d'amertume";15"leurs pieds sont rapides pour verser le sang;16la destruction et la misère sont dans leurs voies,17et ils n'ont point connu la voie de la paix";18"il n'y a point de crainte de Dieu devant leurs yeux".

Qui a raison? Dieu qui condamne? Ou l'accusé qui se défend? — «Que Dieu soit vrai et tout homme menteur!» s'écrie l'apôtre (v. 4). La Parole de Dieu n'est pas annulée sous prétexte qu'elle n'a pas été crue par les Juifs, ses dépositaires (v. 3; Héb. 4:2). Avec la plus grande inconséquence, ces derniers se glorifiaient de posséder la loi (Rom. 2:17), alors qu'elle rendait témoignage contre eux. C'est comme un criminel qui, tout en proclamant son innocence, remettrait lui-même à la police la pièce à conviction établissant sa culpabilité. Aussi l'Esprit de Dieu, tel le procureur dans un tribunal, fait-Il lire devant cet accusé juif toute une série de versets irréfutables tirés de ses propres Écritures (v. 10-18).

Mais un autre argument pourrait être avancé par l'accusé: Je ne nie pas mon injustice, mais elle met en relief la justice de Dieu; au fond elle le sert. Affreuse mauvaise foi! S'il en était ainsi, Dieu devrait renoncer à juger le monde (v. 6) et lui savoir gré au contraire de sa méchanceté qui souligne Sa propre sainteté. Mais Il cesserait alors d'être juste et se renierait Lui-même (2 Tim. 2:13). Avant le verdict final, Dieu écarte les derniers raisonnements derrière lesquels sa créature cherche toujours à se retrancher.

Romains 3:19-31
19Or nous savons que tout ce que la loi dit, elle le dit à ceux qui sont sous la loi, afin que toute bouche soit fermée, et que tout le monde soit coupable devant Dieu.20C'est pourquoi nulle chair ne sera justifiée devant lui par des oeuvres de loi, car par la loi est la connaissance du péché.21Mais maintenant, sans loi, la justice de Dieu est manifestée, témoignage lui étant rendu par la loi et par les prophètes,22la justice, dis-je, de Dieu par la foi de Jésus Christ envers tous, et sur tous ceux qui croient; car il n'y a pas de différence,23car tous ont péché et n'atteignent pas à la gloire de Dieu,24-étant justifiés gratuitement par sa grâce, par la rédemption qui est dans le Christ Jésus,25lequel Dieu a présenté pour propitiatoire, par la foi en son sang, afin de montrer sa justice à cause du support des péchés précédents dans la patience de Dieu,26afin de montrer, dis-je, sa justice dans le temps présent, en sorte qu'il soit juste et justifiant celui qui est de la foi de Jésus.27Où donc est la vanterie? -Elle a été exclue. -Par quelle loi? -celle des oeuvres? -Non, mais par la loi de la foi;28car nous concluons que l'homme est justifié par la foi, sans oeuvres de loi.29Dieu est-il seulement le Dieu des Juifs? ne l'est-il pas aussi des nations? -Certes, aussi des nations;30puisque c'est un seul Dieu qui justifiera la circoncision sur le principe de la foi et l'incirconcision par la foi.31Annulons-nous donc la loi par la foi? Qu'ainsi n'advienne! au contraire, nous établissons la loi.

Devant le tribunal de Dieu, toute bouche est maintenant fermée. Les accusés sans exception sont reconnus coupables, condamnés par la loi à la peine de mort (v. 19). «Tous ont péché et n'atteignent pas à la gloire de Dieu». C'est pourquoi la sentence terrible: «tu mourras certainement», déjà annoncée par Dieu avant la chute de l'homme (Gen. 2:17), va être confirmée: «le salaire du péché, c'est la mort» (Rom. 6:23). Pour l'incrédule, gentil ou juif, ce jugement est définitif et le tribunal devant lequel tous comparaîtront un jour est une réalité effrayante (Apoc. 20:11…). Mais voici l'avocat qui intervient en faveur de ceux qui, tant juifs que gentils, l'ont choisi par la foi. Il ne cherche pas à minimiser les fautes commises, ainsi que le font les avocats devant les tribunaux des hommes. Il plaide au contraire en disant: La sentence est juste, mais elle a déjà été exécutée; la dette est acquittée; une mort, la mienne, a payé l'affreux salaire de leurs péchés.

Oui, la justice de Dieu est satisfaite car un crime expié ne peut être porté en compte une seconde fois. Et si Dieu est juste en condamnant le péché, Il est également juste en justifiant le pécheur «qui est de la foi de Jésus» (v. 26).

Romains 4:1-12
1Que dirons-nous donc que, selon la chair, Abraham notre père a trouvé?2Car si Abraham a été justifié sur le principe des oeuvres, il a de quoi se glorifier, mais non pas relativement à Dieu;3car que dit l'Écriture? "Et Abraham crut Dieu, et cela lui fut compté à justice".4Or à celui qui fait des oeuvres, le salaire n'est pas compté à titre de grâce, mais à titre de chose due;5mais à celui qui ne fait pas des oeuvres, mais qui croit en celui qui justifie l'impie, sa foi lui est comptée à justice;6ainsi que David aussi exprime la béatitude de l'homme à qui Dieu compte la justice sans oeuvres:7"Bienheureux ceux dont les iniquités ont été pardonnées et dont les péchés ont été couverts;8bienheureux l'homme à qui le *Seigneur ne compte point le péché".
9Cette béatitude donc vient-elle sur la circoncision ou aussi sur l'incirconcision? Car nous disons que la foi fut comptée à Abraham à justice.10Comment donc lui fut-elle comptée? quand il était dans la circoncision, ou dans l'incirconcision? -Non pas dans la circoncision, mais dans l'incirconcision.11Et il reçut le signe de la circoncision, comme sceau de la justice de la foi qu' il avait dans l'incirconcision, pour qu'il fût le père de tous ceux qui croient étant dans l'incirconcision, pour que la justice leur fût aussi comptée,12et qu'il fût père de circoncision, non seulement pour ceux qui sont de la circoncision, mais aussi pour ceux qui marchent sur les traces de la foi qu'a eue notre père Abraham, dans l'incirconcision.

Quand une échelle est trop courte pour atteindre un objet haut placé, un homme monté sur le barreau le plus élevé n'a pas plus de facilité à s'en emparer que ceux qui sont au-dessous de lui. «Il n'y a pas de différence», avons-nous lu (Rom. 3:22); le Juif pas plus que le Grec n'atteint à la gloire de Dieu. Personne n'y accède par l'échelle de la propre justice; elle sera toujours insuffisante. La preuve en est que même Abraham (v. 3) et David (v. 6), qui incontestablement auraient eu le droit de se tenir tout en haut de cette échelle des œuvres, ne s'en sont pas servis pour être justifiés devant Dieu. Et si eux ne l'ont pas fait, qui pourrait y prétendre? Pour bien démontrer que le salut par grâce n'a aucun rapport avec les prétentions charnelles et «la vanterie» du peuple juif (Rom. 3:27), les v. 9 et 10 rappellent que le patriarche Abraham a reçu la justice par la foi avant le signe de la circoncision (Gen. 15:6; Gen. 17:24). Au moment où Dieu l'a justifié, il était encore semblable aux païens.

Pour être sauvé, il faut commencer par se reconnaître coupable, autrement dit se déclarer d'accord avec la sentence divine rendue au chapitre précédent. C'est «l'impie», et lui seul, que Dieu justifie (v. 5; comp. Matt. 9:12).

Romains 4:13-25
13Car ce n'est pas par la loi que la promesse d'être héritier du monde a été faite à Abraham ou à sa semence, mais par la justice de la foi.14Car si ceux qui sont du principe de la loi sont héritiers, la foi est rendue vaine et la promesse annulée;15car la loi produit la colère, mais là où il n'y a pas de loi, il n'y a pas non plus de transgression.16Pour cette raison, c'est sur le principe de la foi, afin que ce soit selon la grâce, pour que la promesse soit assurée à toute la semence, non-seulement à celle qui est de la loi, mais aussi à celle qui est de la foi d'Abraham, lequel est père de nous tous
17(selon qu'il est écrit: "Je t'ai établi père de plusieurs nations"), devant Dieu qu'il a cru, -qui fait vivre les morts et appelle les choses qui ne sont point comme si elles étaient,18-qui, contre espérance, crut avec espérance, pour devenir père de plusieurs nations, selon ce qui a été dit: "Ainsi sera ta semence".19Et n'étant pas faible dans la foi, il n'eut pas égard à son propre corps déjà amorti, âgé qu'il était d'environ cent ans, ni à l'état de mort du sein de Sara;20et il ne forma point de doute sur la promesse de Dieu par incrédulité, mais il fut fortifié dans la foi, donnant gloire à Dieu,21et étant pleinement persuadé que ce qu'il a promis, il est puissant aussi pour l'accomplir.22C'est pourquoi aussi cela lui a été compté à justice.
23Or ce n'est pas pour lui seul qu'il a été écrit que cela lui a été compté,24mais aussi pour nous, à qui il sera compté, à nous qui croyons en celui qui a ressuscité d'entre les morts Jésus notre Seigneur,25lequel a été livré pour nos fautes et a été ressuscité pour notre justification.

Si Dieu est puissant pour accomplir ce qu'Il a promis (v. 21), l'homme de son côté est totalement impuissant à remplir ses propres obligations. C'est pourquoi les promesses faites à Abraham (et au chrétien) ne comportent aucune condition…, il suffit de croire. Toutes les apparences semblaient contredire ce que Dieu avait assuré à Abraham. Mais celui-ci «ne forma point de doute… étant pleinement persuadé…» (v. 20, 21). D'où lui venait cette foi inébranlable? De ce qu'il connaissait Celui qui lui avait fait les promesses et Lui accordait une confiance totale. La signature de quelqu'un que nous respectons a plus de valeur pour nous que celle d'un inconnu et garantit ses engagements. La foi croit les promesses parce qu'elle croit Dieu qui les a faites (v. 17, 3; comp. 2 Tim. 1:12). Elle s'empare des grandes vérités affirmées par Sa Parole: la mort du Seigneur Jésus pour expier nos fautes, sa résurrection pour nous donner une justice (v. 25). Cher ami, arrivé à ce point de votre lecture, pouvez-vous dire avec tous les croyants: Je possède cette foi qui donne le salut. C'est pour mes péchés que Jésus a été livré; c'est pour ma justification que Dieu l'a ressuscité?

Romains 5:1-11
1Ayant donc été justifiés sur le principe de la foi, nous avons la paix avec Dieu par notre Seigneur Jésus Christ,2par lequel nous avons trouvé aussi accès, par la foi, à cette faveur dans laquelle nous sommes, et nous nous glorifions dans l'espérance de la gloire de Dieu.3Et non seulement cela, mais aussi nous nous glorifions dans les tribulations, sachant que la tribulation produit la patience,4et la patience l'expérience, et l'expérience l'espérance;5et l'espérance ne rend point honteux, parce que l'amour de Dieu est versé dans nos coeurs par l'Esprit Saint qui nous a été donné.
6Car Christ, alors que nos étions encore sans force, au temps convenable, est mort pour des impies.7Car à peine, pour un juste, quelqu'un mourra-t-il, (car pour l'homme de bien, peut-être, quelqu'un se résoudrait même à mourir);8mais Dieu constate son amour à lui envers nous, en ce que, lorsque nous étions encore pécheurs, Christ est mort pour nous.9Beaucoup plutôt donc, ayant été maintenant justifiés par son sang, serons-nous sauvés de la colère par lui.10Car si, étant ennemis, nous avons été réconciliés avec Dieu par la mort de son Fils, beaucoup plutôt, ayant été réconciliés, serons-nous sauvés par sa vie.11Et non-seulement cela, mais aussi nous nous glorifiions en Dieu par notre Seigneur Jésus Christ, par lequel nous avons maintenant reçu la réconciliation.

Acquitté, justifié, le croyant laisse éclater sa joie (v. 1). La paix avec Dieu est désormais sa part inestimable. Il est réconcilié avec le souverain Juge et cela par l'acte même qui aurait dû à tout jamais attirer Sa colère: «la mort de Son Fils» (v. 10)! En vérité, l'amour de Dieu ne ressemble à aucun autre. C'est bien «son amour à Lui», dont tous les motifs sont en Lui-même. Il a aimé de pauvres êtres qui n'avaient rien d'aimable, avant qu'ils fassent le moindre pas vers Lui, lorsqu'ils étaient encore sans force, impies (v. 6), pécheurs (v. 8) et ennemis (v. 10; 1 Jean 4:10, 19). Or c'est cet amour-là qui est maintenant versé dans notre cœur.

En face du monde qui se glorifie d'avantages présents et passagers, le croyant, loin d'être honteux (v. 5), peut se prévaloir de son avenir extraordinaire: la gloire de Dieu (v. 2). Qui plus est, il est capable de trouver de la joie dans ses tribulations présentes. Car elles produisent des fruits précieux (v. 3, 4) qui rendent son espérance d'autant plus vive et plus fervente. «Et non seulement cela…» (v. 11): nous avons le droit de nous glorifier dans les dons, mais avant tout dans Celui qui nous les dispense: Dieu Lui-même, devenu notre Dieu par notre Seigneur Jésus Christ.

Romains 5:12-21
12C'est pourquoi, comme par un seul homme le péché est entré dans le monde, et par le péché la mort, et qu'ainsi la mort a passé à tous les hommes, en ce que tous ont péché...13(car jusqu'à la loi le péché était dans le monde; mais le péché n'est pas mis en compte quand il n'y a pas de loi;14mais la mort régna depuis Adam jusqu'à Moïse, même sur ceux qui ne péchèrent pas selon la ressemblance de la transgression d'Adam, qui est la figure de celui qui devait venir.15Mais n'en est-il pas du don de grâce comme de la faute? car si, par la faute d'un seul, plusieurs sont morts, beaucoup plutôt la grâce de Dieu et le don ont abondé envers plusieurs, par la grâce qui est d'un seul homme, Jésus Christ.16Et n'en est-il pas du don comme de ce qui est arrivé par un seul qui a péché? car le jugement vient d'un seul en condamnation, -mais le don de grâce, de plusieurs fautes, en justification.17Car si, par la faute d'un seul, la mort a régné par un seul, beaucoup plutôt ceux qui reçoivent l'abondance de la grâce et du don de la justice, régneront-ils en vie par un seul, Jésus Christ);18ainsi donc, comme par une seule faute les conséquences de cette faute furent envers tous les hommes en condamnation, ainsi aussi par une seule justice les conséquences de cette justice furent envers tous les hommes en justification de vie.19Car comme par la désobéissance d'un seul homme plusieurs ont été constitués pécheurs, ainsi aussi par l'obéissance d'un seul, plusieurs seront constitués justes.20Or la loi est intervenue afin que la faute abondât; mais là où le péché abondait, la grâce a surabondé,21afin que, comme le péché a régné par la mort, ainsi aussi la grâce régnât par la justice pour la vie éternelle par Jésus Christ notre Seigneur.

Pour un croyant converti sur son lit de mort, l'épître aurait pu se terminer avec le v. 11. La question de ses péchés a été réglée; il est propre pour la gloire de Dieu. Mais pour celui qui continue à vivre sur la terre, un problème douloureux se pose désormais: il a encore en lui l'ancienne nature, «le péché», qui n'est capable de produire que des fruits corrompus. Risque-t-il donc de perdre son salut? Ce qui suit, du ch. 5:12 au ch. 8, nous apprend comment Dieu y a pourvu: Il a condamné non seulement les actes, mais aussi la volonté mauvaise qui en est la cause, le «vieil homme» (Rom. 6:6), strictement conforme à Adam notre ancêtre. Imaginons qu'un imprimeur peu consciencieux, en composant le cliché d'un livre, ait laissé passer de graves erreurs qui faussent complètement la pensée de l'auteur. Ces fautes se reproduiront lors du tirage autant de fois qu'il y aura d'exemplaires. La plus belle reliure n'y changera rien. Pour avoir un texte fidèle, l'écrivain devra faire procéder à une nouvelle édition à partir d'un autre cliché.

Le premier Adam est comme ce mauvais cliché. Autant d'hommes, autant de pécheurs! Mais Dieu n'a pas cherché à améliorer la race adamique. Il a suscité un nouvel homme, Christ, et nous a donné sa vie.

Romains 6:1-14
1Que dirons-nous donc? Demeurerions-nous dans le péché afin que la grâce abonde?2-Qu'ainsi n'advienne! Nous qui sommes morts au péché, comment vivrons-nous encore dans le péché?3-Ignorez-vous que nous tous qui avons été baptisés pour le Christ Jésus, nous avons été baptisés pour sa mort?4Nous avons donc été ensevelis avec lui par le baptême, pour la mort, afin que comme Christ a été ressuscité d'entre les morts par la gloire du Père, ainsi nous aussi nous marchions en nouveauté de vie.5Car si nous avons été identifiés avec lui dans la ressemblance de sa mort, nous le serons donc aussi dans la ressemblance de sa résurrection;6sachant ceci, que notre vieil homme a été crucifié avec lui, afin que le corps du péché soit annulé, pour que nous ne servions plus le péché.7Car celui qui est mort est justifié du péché.8Or si nous sommes morts avec Christ, nous croyons que nous vivrons aussi avec lui,9sachant que Christ, ayant été ressuscité d'entre les morts, ne meurt plus; la mort ne domine plus sur lui.10Car en ce qu'il est mort, il est mort une fois pour toutes au péché; mais en ce qu'il vit, il vit à Dieu.11De même vous aussi, tenez-vous vous-mêmes pour morts au péché, mais pour vivants à Dieu dans le Christ Jésus.12Que le péché donc ne règne point dans votre corps mortel pour que vous obéissiez aux convoitises de celui-ci;13et ne livrez pas vos membres au péché comme instruments d'iniquité, mais livrez-vous vous-mêmes à Dieu, comme d'entre les morts étant faits vivants, -et vos membres à Dieu, comme instruments de justice.14Car le péché ne dominera pas sur vous, parce que vous n'êtes pas sous la loi, mais sous la grâce.

C'est trop facile — disent certains! Puisque la grâce surabonde et que nos injustices ne servent qu'à la faire briller davantage, profitons-en pour nous laisser aller à tous les caprices de notre volonté charnelle (v. 1 et 15). Mais peut-on imaginer le fils prodigue, après avoir vu l'accueil que lui a réservé son père, désirer retourner dans le pays éloigné en se disant: Je sais maintenant que je serai toujours reçu à la maison chaque fois qu'il me plaira d'y revenir? Non, un tel raisonnement n'est jamais celui d'un véritable enfant de Dieu. D'abord parce qu'il sait ce que la grâce a coûté à son Sauveur et qu'il craint de l'attrister. Ensuite, parce que le péché doit avoir perdu tout attrait pour lui. En effet, un cadavre ne peut plus être séduit par les plaisirs et les tentations. Ma mort avec Christ (v. 6) enlève au péché toute force et toute autorité sur moi. Et c'est une délivrance merveilleuse!

Le ch. 3:13-18 constatait que tous les membres de l'homme: sa langue, ses pieds, ses yeux… étaient des «instruments d'iniquité» au service du péché (v. 13). Eh bien! À ma conversion ces mêmes membres changent de propriétaire. Ils deviennent des «instruments de justice» à la disposition de Celui qui a tous les droits sur moi.

Romains 6:15-23
15Quoi donc! pécherions-nous, parce que nous ne sommes pas sous la loi, mais sous la grâce?16-Qu'ainsi n'advienne! Ne savez-vous pas qu'à quiconque vous vous livrez vous-mêmes comme esclaves pour obéir, vous êtes esclaves de celui à qui vous obéissez, soit du péché pour la mort, soit de l'obéissance pour la justice.17Or grâces à Dieu de ce que vous étiez esclaves du péché, mais de ce que ensuite vous avez obéi de coeur à la forme de doctrine dans laquelle vous avez été instruits.18Mais ayant été affranchis du péché, vous avez été asservis à la justice19(je parle à la façon des hommes, à cause de l'infirmité de votre chair). Car ainsi que vous avez livré vos membres comme esclaves à l'impureté et à l'iniquité pour l'iniquité, ainsi livrez maintenant vos membres comme esclaves à la justice pour la sainteté.20Car lorsque vous étiez esclaves du péché, vous étiez libres à l'égard de la justice.21Quel fruit donc aviez-vous alors des choses dont maintenant vous avez honte? car la fin de ces choses est la mort.22-Mais maintenant, ayant été affranchis du péché et asservis à Dieu, vous avez votre fruit dans la sainteté et pour fin la vie éternelle.23Car les gages du péché, c'est la mort; mais le don de grâce de Dieu, c'est la vie éternelle dans le Christ Jésus, notre Seigneur.

Il n'est rien dont l'homme fasse plus de cas que de sa liberté. Or celle-ci est une complète illusion. «La libre volonté n'est que l'esclavage du diable» (Pensées de J.N.D.). Toutefois l'homme ne s'en rend compte qu'après sa conversion. C'est seulement en cherchant à s'envoler que l'oiseau captif expérimente qu'on lui a rogné les ailes. «Quiconque pratique le péché est esclave du péché», enseignait le Seigneur Jésus. Mais Il ajoutait: «Si le Fils vous affranchit, vous serez réellement libres» (Jean 8:34, 36). Libres,… non pas de faire notre propre volonté: ce serait nous replacer sous le même esclavage! Qu'il nous suffise d'avoir «dans le temps déjà écoulé» accompli la volonté de l'homme pécheur (et pour quel fruit? v. 21; 1 Pierre 4:3); d'avoir travaillé pour Satan l'imposteur dans un marché de dupe, moyennant un tragique salaire: la mort, que Christ a subie à notre place (v. 23). Non; si nous sommes libres, c'est pour servir Dieu et lui obéir de cœur (v. 17; 2 Cor. 10:5). Tel ce jeune esclave, racheté un jour à un maître cruel par un voyageur qui avait eu pitié de lui; au lieu d'aller vivre sa vie, il demanda à ne pas quitter son bienfaiteur; tout son désir était de le servir dorénavant.

Romains 7:1-11
1Ignorez-vous, frères, (car je parle à gens qui entendent ce que c'est que la loi,) que la loi a autorité sur l'homme aussi longtemps qu'il vit?2Car le femme qui est soumise à un mari, est liée à son mari par la loi, tant qu'il vit; mais si le mari meurt, elle est déliée de la loi du mari.3Ainsi donc, le mari étant vivant, elle sera appelée adultère si elle est à un autre homme; mais si le mari meurt, elle est libre de la loi, de sorte qu'elle n'est pas adultère en étant à un autre homme.4C'est pourquoi, mes frères, vous aussi, vous avez été mis à mort à la loi par le corps du Christ, pour être à un autre, à celui qui est ressuscité d'entre les morts, afin que nous portions du fruit pour Dieu.5Car, quand nous étions dans la chair, les passions des péchés, lesquelles sont par la loi, agissaient dans nos membres pour porter du fruit pour la mort;6mais maintenant nous avons été déliés de la loi, étant morts dans ce en quoi nous étions tenus, en sorte que nous servions en nouveauté d'esprit, et non pas en vieillesse de lettre.
7Que dirons-nous donc? La loi est-elle péché? -Qu'ainsi n'advienne! Mais je n'eusse pas connu le péché, si ce n'eût été par la loi; car je n'eusse pas eu conscience de la convoitise, si la loi n'eût dit: "Tu ne convoiteras point".8Mais le péché, ayant trouvé une occasion par le commandement, a produit en moi toutes les convoitises, car sans la loi le péché est mort.9Or moi, étant autrefois sans loi, je vivais; mais le commandement étant venu, le péché a repris vie, et moi je mourus;10et le commandement qui était pour la vie, a été trouvé lui-même pour moi pour la mort.11Car le péché, ayant trouvé une occasion par le commandement, me séduisit, et par lui me tua.

Non seulement la loi réprime les méfaits que j'ai commis, mais elle juge ma nature pécheresse, par exemple mon incapacité à aimer Dieu et mon prochain comme elle le prescrit. Le péché me place donc inexorablement sous la condamnation de la loi de Dieu… Eh bien! J'en suis délivré de la même manière que j'ai été libéré du péché: par la mort (c'est-à-dire ma mort avec Christ; v. 4). Quand un coupable est décédé, la justice humaine ne peut plus le mettre en prison.

La loi est-elle une chose mauvaise, puisque Dieu a dû me protéger contre sa rigueur? «Qu'ainsi n'advienne!» s'écrie de nouveau l'apôtre (v. 7). Si dans un musée je prends en main un objet exposé, je n'ai peut-être pas conscience de commettre une infraction. Par contre je suis pleinement fautif s'il existe un écriteau: Défense de toucher. Mais en même temps cette inscription suggérera à beaucoup de visiteurs l'envie d'avancer le doigt vers les objets présentés. Car la nature orgueilleuse de l'homme le porte à enfreindre tout règlement pour affirmer son indépendance. Ainsi par la loi, Dieu me prend en flagrant délit de désobéissance et met en évidence la convoitise qui est en moi, afin de mieux me convaincre de péché.

Romains 7:12-25
12La loi donc est sainte, et le commandement est saint, et juste, et bon.13Ce qui est bon est-il donc devenu pour moi la mort? -Qu'ainsi n'advienne! Mais le péché, afin qu'il parût péché, m'a causé la mort par ce qui est bon, afin que le péché devînt par le commandement excessivement pécheur.
14Car nous savons que la loi est spirituelle: mais moi je suis charnel, vendu au péché;15car ce que je fais, je ne le reconnais pas, car ce n'est pas ce que je veux, que je fais, mais ce que je hais, je le pratique.16Or si c'est ce que je ne veux pas que je pratique, j'approuve la loi, reconnaissant qu'elle est bonne.17Or maintenant, ce n'est plus moi qui fais cela, mais c'est le péché qui habite en moi.18Car je sais qu'en moi, c'est-à-dire en ma chair, il n'habite point de bien; car le vouloir est avec moi, mais accomplir le bien, cela je ne le trouve pas.19Car le bien que je veux, je ne le pratique pas; mais le mal que je ne veux pas, je le fais.20Or si ce que ne je veux pas, moi, -je le pratique, ce n'est plus moi qui l'accomplis, mais c'est le péché qui habite en moi.21Je trouve donc cette loi pour moi qui veux pratiquer le bien, que le mal est avec moi.22Car je prends plaisir à la loi de Dieu selon l'homme intérieur;23mais je vois dans mes membres une autre loi qui combat contre la loi de mon entendement et qui me rend captif de la loi du péché qui existe dans mes membres.24Misérable homme que je suis, qui me délivrera de ce corps de mort?25Je rends grâces à Dieu par Jésus Christ notre Seigneur. Ainsi donc moi-même, de l'entendement je sers la loi de Dieu; mais de la chair, la loi du péché.

On a comparé ces versets aux vains efforts d'un homme embourbé dans un marécage. Chacun de ses mouvements pour se dégager ne fait que l'enliser davantage. Se voyant perdu, il finit par crier au secours. Moralement ce drame illustre l'histoire de beaucoup d'enfants de Dieu pendant une période qui suit leur conversion. L'apôtre se met à la place d'un tel croyant (si ce n'en était pas un, d'une part il n'aurait pas ces luttes, d'autre part il ne trouverait pas son plaisir dans la loi de Dieu; v. 22). Et il nous dépeint son désespoir. Hélas! s'écrie cet homme, au lieu d'aller de progrès en progrès, je me sens chaque jour plus mauvais. J'ai découvert successivement que j'étais «sous le péché» (Rom. 3:9), que celui-ci régnait sur moi (Rom. 5:21), me dominait (Rom. 6:14), me tenait captif (Rom. 7:23), enfin qu'il «habite en moi» ( Rom. 7:17, 20), un peu comme un virus qui a pris possession de mes centres vitaux. Ce corps de mort, qui m'en délivrera? Je m'en reconnais incapable, sans force,… je suis donc prêt à m'en remettre à un Autre. Et Jésus me prend par la main. — Expérience pénible mais nécessaire! Dès l'instant où je n'attends plus rien de moi, je puis tout attendre de Christ.

Mais tu parus Seigneur, et rompis notre chaîne;

Devant ton grand amour disparut notre peine.

Quels transports quand la foi, par grâce, nous apprit

Que nous avions ta paix, ton salut, ton Esprit! (H&C 148 v. 3)

Pour approfondir ce sujet de l’affranchissement en Christ, nous conseillons de lire l’Étude sur l’Épître aux Romains de R.B. (sur les ch. 6 - 7).

Romains 8:1-11
1Il n'y a donc maintenant aucune condamnation pour ceux qui sont dans le Christ Jésus;2car la loi de l'Esprit de vie dans le Christ Jésus, m'a affranchi de la loi du péché et de la mort;3car ce qui était impossible à la loi, en ce qu'elle était faible par la chair, Dieu, ayant envoyé son propre Fils en ressemblance de chair de péché, et pour le péché, a condamné le péché dans la chair;4afin que la juste exigence de la loi fût accomplie en nous, qui ne marchons pas selon la chair, mais selon l' Esprit.5Car ceux qui sont selon la chair ont leurs pensées aux choses de la chair; mais ceux qui sont selon l' Esprit, aux choses de l'Esprit;6car la pensée de la chair est la mort; mais la pensée de l'Esprit, vie et paix;7-parce que la pensée de la chair est inimitié contre Dieu, car elle ne se soumet pas à la loi de Dieu, car aussi elle ne le peut pas.8Et ceux qui sont dans la chair ne peuvent plaire à Dieu.9Or vous n'êtes pas dans la chair, mais dans l' Esprit, si du moins l' Esprit de Dieu habite en vous; mais si quelqu'un n'a pas l' Esprit de Christ, celui-là n'est pas de lui.
10Mais si Christ est en vous, le corps est bien mort à cause du péché, mais l'Esprit est vie à cause de la justice.11Et si l'Esprit de celui qui a ressuscité Jésus d'entre les morts habite en vous, celui qui a ressuscité le Christ d'entre les morts vivifiera vos corps mortels aussi, à cause de son Esprit qui habite en vous.

Une paix merveilleuse succède aux tourments du ch. 7. Coupable, j'ai appris qu'il n'y a plus maintenant de condamnation pour moi: je suis dans le Christ Jésus, place de sécurité parfaite. «Misérable homme», sans force pour accomplir le bien, j'ai découvert une puissance appelée: «la loi de l'Esprit de vie,» qui m'affranchit enfin de «la loi du péché», c'est-à-dire de sa domination. Telles sont les deux grandes vérités que je saisis par la foi.

Le plus habile sculpteur disposant du meilleur outil, ne pourra rien ciseler dans un bois vermoulu. Dieu est ce bon ouvrier et la loi ce bon outil (Rom. 7:12). Mais celle-ci a été rendue faible et inefficace par notre «chair» rongée par le péché (v. 3, 7). Nous étions «dans la chair» (v. 9), obligés d'agir «selon» sa volonté. Désormais nous sommes dans le Christ Jésus, marchant «selon l'Esprit» (v. 4).

Il est vrai que, si nous ne sommes plus «dans la chair», la chair est encore en nous. Seulement, après que nous avons cru, l'Esprit de Dieu est venu Lui-même habiter en nous comme le véritable maître de maison. La chair, «le vieil homme», ancien propriétaire, n'est plus présent que comme un locataire indésirable, enfermé dans une chambre. Il n'a plus aucun droit… mais il faut que je veille à ne pas lui ouvrir la porte.

Romains 8:12-21
12Ainsi donc, frères, nous sommes débiteurs, non pas à la chair pour vivre selon la chair;13car si vous vivez selon la chair, vous mourrez; mais si par l' Esprit vous faites mourir les actions du corps, vous vivrez.14Car tous ceux qui sont conduits par l' Esprit de Dieu, ceux-là sont fils de Dieu.15Car vous n'avez pas reçu un esprit de servitude pour être derechef dans la crainte, mais vous avez reçu l' Esprit d'adoption, par lequel nous crions: Abba, Père!16L'Esprit lui-même rend témoignage avec notre esprit, que nous sommes enfants de Dieu;
17et si nous sommes enfants, nous sommes aussi héritiers; héritiers de Dieu, cohéritiers de Christ; si du moins nous souffrons avec lui, afin que nous soyons aussi glorifiés avec lui.18Car j'estime que les souffrances du temps présent ne sont pas dignes d'être comparées avec la gloire à venir qui doit nous être révélée.19Car la vive attente de la création attend la révélation des fils de Dieu.20Car la création a été assujettie à la vanité (non de sa volonté, mais à cause de celui qui l'a assujettie),21dans l'espérance que la création elle-même aussi sera affranchie de la servitude de la corruption, pour jouir de la liberté de la gloire des enfants de Dieu.

Ainsi nous ne sommes plus «débiteurs envers la chair», ce créancier insatiable et cruel (v. 12). Car nous sommes devenus les enfants de Dieu, et notre Père n'admet pas que nous soyons asservis. Il a Lui-même payé tout ce que nous devions pour que nous soyons libres, ne dépendant plus que de Lui. Jadis l'esclave romain pouvait être affranchi et même exceptionnellement adopté par son maître avec tous les droits à l'héritage. Faible image de ce que Dieu a fait pour de pauvres êtres déchus, souillés et révoltés contre Lui! Non seulement Il leur a accordé pardon, justice, pleine délivrance, mais Il en a fait les membres de sa propre famille. Et ils sont scellés de son Esprit, par lequel aussi les enfants de Dieu connaissent leur relation avec le Père. «Papa» (Abba en hébreu) est souvent le premier mot distinct qu'articule un petit enfant (v. 15, 16; 1 Jean 2:13 fin).

En plus de cette certitude qu'Il nous donne, l'Esprit nous enseigne à faire mourir — c'est-à-dire à ne pas laisser s'accomplir — les actions de la chair (v. 13). Et c'est en nous laissant conduire par Lui que nous nous ferons connaître comme fils de Dieu (v. 14; comp. Matt. 5:44, 45) en attendant d'être révélés comme tels à toute la création (v. 19).

Romains 8:22-30
22Car nous savons que toute la création ensemble soupire et est en travail jusqu'à maintenant;23et non seulement elle, mais nous-mêmes aussi qui avons les prémices de l'Esprit, nous aussi, nous soupirons en nous-mêmes, attendant l'adoption, la délivrance de notre corps.24Car nous avons été sauvés en espérance: or une espérance qu'on voit n'est pas une espérance; car ce que quelqu'un voit, pourquoi aussi l'espère-t-il?25Mais si ce que nous ne voyons pas, nous l'espérons, nous l'attendons avec patience.
26De même aussi l'Esprit nous est en aide dans notre infirmité; car nous ne savons pas ce qu'il faut demander comme il convient; mais l'Esprit lui-même intercède par des soupirs inexprimables;27-et celui qui sonde les coeurs sait qu'elle est la pensée de l'Esprit, car il intercède pour les saints, selon Dieu;28-mais nous savons que toutes choses travaillent ensemble pour le bien de ceux qui aiment Dieu, de ceux qui sont appelés selon son propos.
29Car ceux qu'il a préconnus, il les a aussi prédestinés à être conformes à l'image de son Fils, pour qu'il soit premier-né entre plusieurs frères.30Et ceux qu'il a prédestinés, il les a aussi appelés; et ceux qu'il a appelés, il les a aussi justifiés; et ceux qu'il a justifiés, il les a aussi glorifiés.

Sur cette terre, souillée par le péché, règnent l'injustice, la souffrance et la peur. L'homme a assujetti toute la création, y compris aujourd'hui le cosmos, au service de sa vanité (v. 20), de sa corruption (v. 21). Les soupirs de tous les opprimés montent vers le grand Juge (Lam. 3:34-36). Nous-mêmes aussi nous soupirons dans «le corps de notre abaissement» (Phil. 3:21). Nous ressentons la fatigue du péché qui nous environne et que, de plus, il nous faut continuellement juger en nous-mêmes (v. 13). Notre infirmité est grande: nous ne savons ni comment prier ni que demander. Aussi est-ce encore une fonction de l'Esprit que d'intercéder en notre faveur dans un langage que Dieu comprend (v. 27). Nous ne savons pas davantage ce qui est bon pour nous. Mais le v. 28 nous affirme que tout ce qui arrive a été préparé par Dieu et finalement s'insère dans «son propos», dont Christ est le centre. Car c'est pour donner à son Fils des compagnons dans la gloire que Dieu a préconnu, prédestiné, appelé, justifié, glorifié ces êtres, jadis misérables et perdus, qu'Il prépare actuellement pour leur céleste vocation (v. 29). Chaîne sublime des conseils divins qui relie l'éternité passée à l'éternité à venir et qui donne son sens au moment présent!

Romains 8:31-39
31Que dirons-nous donc à ces choses? Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous?32Celui même qui n'a pas épargné son propre Fils, mais qui l'a livré pour nous tous, comment ne nous fera-t-il pas don aussi, librement, de toutes choses avec lui?33Qui intentera accusation contre des élus de Dieu?34-C'est Dieu qui justifie; qui est celui qui condamne? -C'est Christ qui est mort, mais plutôt qui est aussi ressuscité, qui est aussi à la droite de Dieu, qui aussi intercède pour nous;35qui est-ce qui nous séparera de l'amour du Christ? Tribulation, ou détresse, ou persécution, ou famine, ou nudité, ou péril, ou épée?36Selon qu'il est écrit: "Pour l'amour de toi, nous sommes mis à mort tout le jour; nous avons été estimés comme des brebis de tuerie".37Au contraire, dans toutes ces choses, nous sommes plus que vainqueurs par celui qui nous a aimés.38Car je suis assuré que ni mort, ni vie, ni anges, ni principautés, ni choses présentes, ni choses à venir,39ni puissances, ni hauteur, ni profondeur, ni aucune autre créature, ne pourra nous séparer de l'amour de Dieu, qui est dans le Christ Jésus, notre Seigneur.

Un tel déploiement des conseils éternels de Dieu laisse le racheté sans paroles. Toute question qu'il pouvait encore se poser a trouvé sa réponse parfaite! Dieu est pour lui; quel ennemi se risquerait encore à le toucher? Dieu le justifie; qui oserait désormais l'accuser? Le seul qui pourrait le condamner: Christ, est devenu son souverain intercesseur! Et que pourrait refuser un Dieu qui nous a fait dans son Fils le plus grand de tous les dons? Il donnera «toutes choses avec Lui». Oui, y compris s'il le faut les épreuves (v. 28). Il semble que celles-ci tendraient plutôt à nous séparer de l'amour de Christ en produisant en nous les murmures ou le découragement. Au contraire! «Toutes ces choses» nous permettent de faire l'expérience de cet amour comme nous n'aurions pas pu le connaître autrement. Quelle que soit la forme de l'épreuve: tribulation, détresse, persécution…, dans chacune d’elles la grâce variée du Seigneur trouve à s'exprimer d'une manière particulière: soutien, consolation, tendresse, sympathie parfaite… À chaque souffrance vient répondre une forme personnelle de son amour. Et quand il en sera fini à jamais de la terre et de ses peines, nous resterons pour l'éternité les objets de l'amour de Dieu.

Romains 9:1-18
1Je dis la vérité en Christ; je ne mens point, ma conscience me rendant témoignage par l'Esprit Saint,2que j'ai une grande tristesse et une douleur continuelle dans mon coeur;3car moi-même j'ai souhaité d'être par anathème séparé du Christ, pour mes frères, mes parents selon la chair,4qui sont Israélites, auxquels sont l'adoption, et la gloire, et les alliances, et le don de la loi, et le service divin, et les promesses;5sont les pères, et desquels, selon la chair, est issus le Christ, qui est sur toutes choses Dieu béni éternellement. Amen!
6-Ce n'est pas cependant comme si la parole de Dieu avait été sans effet, car tous ceux qui sont issus d'Israël ne sont pas Israël;7aussi, pour être la semence d'Abraham, ils ne sont pas tous enfants; mais "en Isaac te sera appelée une semence";8c'est-à-dire, ce ne sont pas les enfants de la chair qui sont enfants de Dieu; mais les enfants de la promesse sont comptés pour semence.9Car cette parole est une parole de promesse: "En cette saison-ci, je viendrai, et Sara aura un fils".10Et non seulement cela, mais aussi quant à Rebecca, lorsqu'elle conçut d'un, d'Isaac, notre père,11(car avant que les enfants fussent nés et qu'ils eussent rien fait de bon ou de mauvais, afin que le propos de Dieu selon l'élection demeurât, non point sur le principe des oeuvres, mais de celui qui appelle,)12il lui fut dit: "Le plus grand sera asservi au plus petit";13ainsi qu'il est écrit: "J'ai aimé Jacob, et j'ai haï Ésaü".
14Que dirons-nous donc? Y a-t-il de l'injustice en Dieu? Qu'ainsi n'advienne!15Car il dit à Moïse: "Je ferai miséricorde à celui à qui je fais miséricorde, et j'aurai compassion de qui j'ai compassion".16Ainsi donc ce n'est pas de celui qui veut, ni de celui qui court, mais de Dieu qui fait miséricorde.17Car l'écriture dit au Pharaon: "C'est pour cela même que je t'ai suscité, pour montrer en toi ma puissance, et pour que mon nom soit publié dans toute la terre".18Ainsi donc il fait miséricorde à qui il veut, et il endurcit qui il veut.

Les ch. 1 - 8 nous rappellent l'histoire du fils prodigue: son péché avait abondé, mais la grâce a surabondé. Revêtu de la robe de justice, il n'est pas devenu un serviteur dans la maison de son père, mais il jouit dorénavant avec lui d'une pleine relation de fils (Luc 15:11-32). Du ch. 9 au ch. 11, il va s'agir du frère aîné, autrement dit du peuple juif, de ses privilèges naturels et aussi de sa jalousie. Comme le père de la parabole, l'apôtre voudrait faire comprendre à Israël ce qu'est la grâce souveraine. Elle n'est pas liée à des avantages héréditaires. Tous les descendants d'Abraham n'étaient pas enfants de la promesse. Ésaü par exemple, ce profane, bien que frère jumeau de Jacob, n'a pas pu hériter de la bénédiction. Et Dieu a prononcé à son sujet cette parole terrible: «J'ai haï Ésaü». Pouvons-nous douter que Son amour n'ait d'abord épuisé toutes ses ressources? Il suffit de penser aux larmes du Seigneur Jésus sur Jérusalem coupable (Luc 19:41), douleur à laquelle l'apôtre donne un écho poignant dans nos v. 2 et 3. Répétons-le: ce ne sont pas les droits de naissance qui assurent à qui que ce soit le salut par grâce. Enfants de parents chrétiens, ceci s'adresse à vous de la façon la plus solennelle!

Romains 9:19-33
19Tu me diras donc: Pourquoi se plaint-il encore? car qui est-ce qui a résisté à sa volonté?20Mais plutôt, toi, ô homme, qui es-tu, qui contestes contre Dieu? La chose formée dira-t-elle à celui qui l'a formée: Pourquoi m'as-tu ainsi faite?21potier n'a-t-il pas pouvoir sur l'argile pour faire de la même masse un vase à honneur et un autre à déshonneur?22Et si Dieu, voulant montrer sa colère et faire connaître sa puissance, a supporté avec une grande patience des vases de colère tout préparés pour la destruction;23-et afin de faire connaître les richesses de sa gloire dans des vases de miséricorde qu'il a préparés d'avance pour la gloire...?24lesquels aussi il a appelés, savoir nous, non seulement d'entre les Juifs, mais aussi d'entre les nations:
25comme aussi il dit en Osée: "J'appellerai mon peuple celui qui n'était pas mon peuple, et bien-aimée celle qui n'était pas bien-aimée";26"et il arrivera que dans le lieu où il leur a été dit: Vous n'êtes pas mon peuple, là ils seront appelés fils du Dieu vivant".27Mais Ésaïe s'écrie au sujet d'Israël: "Quand le nombre des fils d'Israël serait comme le sable de la mer, le résidu seul sera sauvé.28Car il consomme et abrège l'affaire en justice, parce que le *Seigneur fera une affaire abrégée sur la terre".29Et comme Ésaïe a dit auparavant: "Si le *Seigneur Sabaoth ne nous avait laissé quelque semence, nous serions devenus comme Sodome et nous aurions été semblables à Gomorrhe".
30Que dirons-nous donc? Que les nations qui ne poursuivaient pas la justice, ont trouvé la justice, la justice qui est sur le principe de la foi.31Mais Israël, poursuivant une loi de justice, n'est point parvenu à cette loi.32Pourquoi? -Parce que ce n'a point été sur le principe de la foi, mais comme sur le principe des oeuvres: car ils ont heurté contre la pierre d'achoppement,33qu'il est écrit: "Voici, je mets en Sion une pierre d'achoppement, et un rocher de chute," et "celui qui croit en lui ne sera pas confus".

Dans leur incrédulité audacieuse les hommes se permettent de juger Dieu à leur propre mesure: Puisqu'en définitive Il ne fera que ce qu'Il a voulu, disent certains, de quoi peut-Il nous rendre responsables (v. 19)? Chacun aura beau faire, ajoutent-ils, s'il est prédestiné, il sera sauvé tôt ou tard; si par contre il n'est pas élu tous ses efforts ne changeront pas son sort final. Et, de ce faux point de départ découlent d'autres questions comme celles-ci: N'est-ce pas injuste d'avoir choisi les uns plutôt que les autres? — Connaissant d'avance le sort des perdus, pourquoi les avoir créés? — Comment un Dieu bon peut-Il vouer sa créature au malheur?… Ce chapitre nous apprend que Dieu n'a préparé aucun vase-déshonneur (ou de colère — v. 21). Il les a au contraire supportés — et les supporte encore — «avec une grande patience» (v. 22). Mais ce sont les pécheurs qui se préparent eux-mêmes sans relâche à la perdition éternelle.

Une chose est certaine, pouvons-nous répondre à tous les raisonneurs: Dieu vous a appelés, vous qui avez Sa Parole entre les mains. Il a voulu faire de vous aussi un vase de miséricorde. Seul votre refus peut l'empêcher de réaliser son dessein d'amour (lire 1 Tim. 2:4).

Romains 10:1-13
1Frères, le souhait de mon coeur, et la supplication que j'adresse à Dieu pour eux, c'est qu'ils soient sauvés.2Car je leur rends témoignage qu'ils ont du zèle pour Dieu mais non selon la connaissance.3Car, ignorant la justice de Dieu et cherchant à établir leur propre justice, ils ne sont pas soumis à la justice de Dieu.4Car Christ est la fin de la loi pour justice à tout croyant.5Car Moïse décrit la justice qui vient de la loi: "L'homme qui aura pratiqué ces choses vivra par elles".6Mais la justice qui est sur le principe de la foi parle ainsi: Ne dis pas en ton coeur: "Qui montera au ciel?" -c'est à savoir pour en faire descendre Christ;7ou: "Qui descendra dans l'abîme?" -c'est à savoir pour faire monter Christ d'entre les morts.8Mais que dit-elle? "La parole est près de toi, dans ta bouche et dans ton coeur", c'est-à-dire la parole de la foi, laquelle nous prêchons, savoir que,9si tu confesses de ta bouche Jésus comme Seigneur et que tu croies dans ton coeur que Dieu l'a ressuscité d'entre les morts, tu seras sauvé.10Car du coeur on croit à justice, et de la bouche on fait confession à salut.11Car l'écriture dit: "Quiconque croit en lui ne sera pas confus".
12Car il n'y a pas de différence de Juif et de Grec, car le même Seigneur de tous est riche envers tous ceux qui l'invoquent;13"car quiconque invoquera le nom du *Seigneur sera sauvé".

Les affections de l'apôtre pour son peuple se traduisaient de la bonne manière: par des prières (v. 1). C'est aussi notre premier devoir pour ceux de nos proches qui ne sont pas convertis. Paul savait par sa propre expérience qu'on pouvait être zélé pour Dieu tout en faisant complètement fausse route. Que d'entreprises, souvent généreuses et sincères, sont vouées à l'échec parce qu'elles ne sont pas «selon la connaissance»! Et ceci est à plus forte raison vrai des vains efforts déployés par tant de personnes pour gagner le ciel, alors qu'il suffit de saisir la Parole qui est «près de toi» (v. 8). Comme un homme tombé dans un précipice qui persisterait à en remonter par ses propres moyens plutôt que de se fier à la corde que des sauveteurs ont jetée à portée de sa main!

Les v. 9 et 10 nous rappellent que la foi du cœur et la confession de bouche sont inséparables. On peut douter de la réalité d'une conversion qui n'a pas le courage de se déclarer.

Au Romains 3:22 il n'y avait pas de différence devant le péché. Tous étaient coupables. Ici il n'y en a pas quant au salut (v. 12). Tous peuvent l'obtenir. Le Seigneur est assez riche pour répondre aux besoins de tous ceux qui l'invoquent.

Romains 10:14-21
14Comment donc invoqueront-ils celui en qui ils n'ont point cru? Et comment croiront-ils en celui dont ils n'ont point entendu parler? Et comment entendront-ils sans quelqu'un qui prêche?15Et comment prêcheront-ils, à moins qu'ils ne soient envoyés? selon qu'il est écrit: "Combien sont beaux les pieds de ceux qui annoncent la paix, de ceux qui annoncent de bonnes choses".16Mais tous n'ont pas obéi à l'évangile; car Ésaïe dit:" *Seigneur, qui est-ce qui a cru à ce qu'il a entendu de nous?".17Ainsi la foi est de ce qu'on entend, et ce qu'on entend par la parole de Dieu.18Mais je dis: N'ont-ils pas entendu? Oui, certes, "leur voix est allée par toute la terre, et leurs paroles jusqu'aux extrémités de la terre habitée".19Mais je dis: Israël n'a-t-il pas connu? Moïse, le premier, dit: "Je vous exciterai à la jalousie par ce qui n'est pas une nation; je vous provoquerai à la colère par une nation sans intelligence".20Mais Ésaïe s'enhardit tout à fait, et dit: "J'ai été trouvé de ceux qui ne me cherchaient point, et j'ai été manifesté à ceux qui ne s'enquéraient point de moi".21Mais quant à Israël, il dit: "Tout le long du jour j'ai étendu mes mains vers un peuple désobéissant et contredisant".

«La foi provient de ce qu'on entend, et ce qu'on entend par la Parole de Dieu» (v. 17). Il est donc indispensable que cette Parole efficace soit proclamée à travers le monde. «Combien sont beaux… les pieds de celui qui apporte de bonnes nouvelles», écrivait déjà le prophète (Ésaïe 52:7). Il s'agissait alors de Christ seul. Désormais il est question de «ceux qui annoncent la paix», car les rachetés deviennent des prédicateurs à leur tour. Oui, si chacun d'eux voulait être, là où le Seigneur l'envoie, un messager plein de ferveur, les appels de l'évangile retentiraient jusqu'aux extrémités de la terre habitée (v. 18). Et ce v. 15 nous montre de quelle manière les croyants ont à prêcher: Non seulement par leurs paroles, mais aussi par la beauté morale de leur marche, leurs pieds étant chaussés de «la préparation de l'évangile de paix» (Éph. 6:15).

Hélas! La question attristée: «Qui est-ce qui a cru…?» (v. 16; Ésaïe 53:1) souligne que beaucoup de cœurs resteront fermés. C'était le cas d'Israël, malgré les avertissements de tout l'Ancien Testament: Moïse (v. 19), David (v. 18), Ésaïe (v. 15, 16, 20, 21), c'est-à-dire la Loi, les Psaumes et les Prophètes. Mais prenons garde de ne pas être nous aussi désobéissants et contredisants (v. 21).

Romains 11:1-15
1Je dis donc: Dieu a-t-il rejeté son peuple? Qu'ainsi n'advienne! Car moi aussi je suis Israélite, de la semence d'Abraham, de la tribu de Benjamin.2Dieu n'a point rejeté son peuple, lequel il a préconnu. Ne savez-vous pas ce que l'écriture dit dans l'histoire d' Élie, comment il fait requête à Dieu contre Israël?3"*Seigneur, ils ont tué tes prophètes; ils ont renversé tes autels; et moi, je suis demeuré seul, et ils cherchent ma vie."4Mais que lui dit la réponse divine? "Je me suis réservé sept mille hommes qui n'ont pas fléchi le genou devant Baal".5Ainsi donc, au temps actuel aussi, il y a un résidu selon l' élection de la grâce.6Or, si c'est par la grâce, ce n'est plus sur le principe des oeuvres, puisque autrement la grâce n'est plus la grâce.7Quoi donc? Ce qu'Israël recherche, il ne l'a pas obtenu, mais l'élection l'a obtenu, et les autres ont été endurcis,8selon qu'il est écrit: "Dieu leur a donné un esprit d'étourdissement, des yeux pour ne point voir et des oreilles pour ne point entendre, jusqu'au jour d'aujourd'hui".9Et David dit: "Que leur table devienne pour eux un filet, et un piège, et une occasion de chute, et une rétribution;10que leur yeux soient obscurcis pour ne point voir; et courbe continuellement leur dos".11Je dis donc: Ont-ils bronché afin qu'ils tombassent? Qu'ainsi n'advienne! Mais par leur chute, le salut parvient aux nations pour les exciter à la jalousie.12Or, si leur chute est la richesse du monde, et leur diminution, la richesse des nations, combien plus le sera leur plénitude!13Car je parle à vous, nations, en tant que moi je suis en effet apôtre des nations, je glorifie mon ministère,14si en quelque façon je puis exciter à la jalousie ma chair et sauver quelques uns d'entre eux.15Car si leur réjection est la réconciliation du monde, quelle sera leur réception, sinon la vie d'entre les morts.

Malgré son incrédulité, Israël n'était pas définitivement rejeté. L'apôtre était lui-même un témoin de ce que la grâce pouvait encore accomplir en faveur du Juif rebelle (v. 1). Déjà dans les jours d'Élie, ce dernier se trompait en pensant que le peuple tout entier avait abandonné l'Éternel. Dans son découragement, le pauvre Élie avait été jusqu'à faire «requête à Dieu contre Israël» (v. 2, 3). Mais quelle grâce dans «la réponse divine» (v. 4)! De tout temps le Seigneur s'est réservé un résidu fidèle qui refuse de se courber devant les idoles du monde. En faisons-nous partie dans le temps actuel (v. 5)? Le v. 9 nous donne un exemple de ce que peuvent être ces idoles: les plaisirs de la table deviennent un piège pour les incrédules et, ajoute le Ps. 69:22, «ce qui tend à la prospérité» leur est un filet.

Après de multiples appels, Israël a finalement été aveuglé au profit des nations. Mais l'ardent désir de l'apôtre restait celui-ci: que la jalousie du peuple juif envers les nouveaux bénéficiaires du salut (jalousie dont lui-même avait tant souffert: Actes 13:45; Actes 17:5; Actes 22:21, 22) l'incite à rechercher la grâce qu'il avait jusque-là méprisée (v. 14; Rom. 10:19).

Puisse la vue de nos bénédictions chrétiennes éveiller l'envie de tous ceux qui nous entourent!

Romains 11:16-36
16Or, si les prémices sont saintes, la masse l'est aussi; et si la racine est sainte, les branches le sont aussi.17Or, si quelques-unes des branches ont été arrachées, et si toi qui étais un olivier sauvage, as été enté au milieu d'elles, et es devenu coparticipant de la racine et de la graisse de l'olivier,18ne te glorifie pas contre les branches; mais si tu te glorifies, ce n'est pas toi qui portes la racine, mais c'est la racine qui te porte.19Tu diras donc: Les branches ont été arrachées, afin que moi je fusse enté.20Bien! elles ont été arrachées pour cause d'incrédulité, et toi tu es debout par la foi. Ne t'enorgueillis pas,21mais crains (si en effet Dieu n'a pas épargné les branches qui sont telles selon la nature), qu'il ne t'épargne pas non plus.22Considère donc la bonté et la sévérité de Dieu: la sévérité envers ceux qui sont tombés; la bonté de Dieu envers toi, si tu persévères dans cette bonté; puisque autrement, toi aussi, tu seras coupé.23Et eux aussi, s'ils ne persévèrent pas dans l'incrédulité, ils seront entés, car Dieu est puissant pour les enter de nouveau.24Car si toi, tu as été coupé de l'olivier qui selon la nature était sauvage, et as été enté contre nature sur l'olivier franc, combien plus ceux qui en sont selon la nature seront-ils entés sur leur propre olivier?25je ne veux pas, frères, que vous ignoriez ce mystère-ci, afin que vous ne soyez pas sages à vos propres yeux: c'est qu'un endurcissement partiel est arrivé à Israël jusqu'à ce que la plénitude des nations soit entrée;26et ainsi tout Israël sera sauvé, selon qu'il est écrit: "Le libérateur viendra de Sion; il détournera de Jacob l'impiété.27Et c'est là l'alliance de ma part pour eux, lorsque j'ôterai leurs péchés".28En ce qui concerne l'évangile, ils sont ennemis à cause de vous; mais en ce qui concerne l'élection, ils sont bien-aimés à cause des pères.29Car les dons de grâce et l'appel de Dieu sont sans repentir.30Car comme vous aussi vous avez été autrefois désobéissants à Dieu et que maintenant vous êtes devenus des objets de miséricorde par la désobéissance de ceux-ci,31de même ceux-ci aussi ont été maintenant désobéissants à votre miséricorde, afin qu'eux aussi deviennent des objets de miséricorde.32Car Dieu a renfermé tous, Juifs et nations, dans la désobéissance, afin de faire miséricorde à tous.
33O profondeur des richesses et de la sagesse et de la connaissance de Dieu! Que ses jugements sont insondables, et ses voies introuvables!34Car qui a connu la pensée du *Seigneur, ou qui a été son conseiller?35ou qui lui a donné le premier, et il lui sera rendu?36Car de lui, et par lui, et pour lui, sont toutes choses! A lui soit la gloire éternellement! Amen.

Pour illustrer la question respective d'Israël et des nations, l'apôtre prend l'image d'un olivier franc qui représente le peuple juif. Une partie de ses branches a été arrachée «pour cause d'incrédulité» (v. 20) et à la place ont été greffés des rameaux provenant de l'olivier sauvage des nations. Or chacun sait qu'un jardinier fait toujours le contraire. Il greffe sur l'arbre sauvage le rejeton de l'espèce qu'il entend récolter. Cette introduction «contre nature» (v. 24) des gentils sur le tronc d'Israël souligne donc l'immense grâce qui nous a mis, nous qui ne sommes pas juifs, au bénéfice des promesses faites à Abraham. En éprouver de l'orgueil serait la plus grande des inconséquences (v. 20)!

Le moment viendra, après l'enlèvement des croyants, où la chrétienté infidèle sera jugée à son tour; après quoi tout le résidu d'Israël sera sauvé par son grand Libérateur (v. 26).

Ainsi les nations n'avaient aucun droit d'origine; Israël avait perdu les siens; tous étaient donc dans le même état irrémédiable, sans autre ressource que la miséricorde d'en haut. Et l'apôtre s'arrête avec adoration devant ces plans insondables, ces «profondeurs des richesses et de la sagesse et de la connaissance de Dieu» (v. 33).

Romains 12:1-8
1Je vous exhorte donc, frères, par les compassions de Dieu, à présenter vos corps en sacrifice vivant, saint, agréable à Dieu, ce qui est votre service intelligent.2Et ne vous conformez pas à ce siècle; mais soyez transformés par le renouvellement de votre entendement, pour que vous discerniez quelle est la volonté de Dieu, bonne et agréable et parfaite.3Car, par la grâce qui m'a été donnée, je dis à chacun de ceux qui sont parmi vous de ne pas avoir une haute pensée de lui-même, au-dessus de celle qu'il convient d'avoir, mais de penser de manière à avoir de saines pensées, selon la mesure de foi que Dieu a départie à chacun.4Car comme dans un seul corps nous avons plusieurs membres, et que tous les membres n'ont pas la même fonction,5ainsi nous qui sommes plusieurs, sommes un seul corps en Christ, et chacun individuellement membres l'un de l'autre.6Or ayant des dons de grâce différents, selon la grâce qui nous a été donnée, soit la prophétie, prophétisons selon la proportion de la foi;7le service, soyons occupés du service: soit celui qui enseigne, qu'il s'applique à l'enseignement;8soit celui qui exhorte, à l'exhortation; -celui qui distribue, qu'il le fasse en simplicité; celui qui est à la tête, qu'il conduise soigneusement; celui qui exerce la miséricorde, qu'il le fasse joyeusement.

Jusqu'ici nous avons vu ce que Dieu a fait pour nous. Les ch. 12 - 15 nous apprennent ce qu'Il attend à présent de notre part. Le Seigneur s'est acquis tous les droits sur nos vies. Présentons-Lui ce qui Lui appartient: nos corps, comme un sacrifice vivant (en contraste avec les victimes mortes du culte judaïque) afin qu'Il agisse à travers eux. Mais avant de servir, il est nécessaire que notre intelligence renouvelée discerne la volonté du Seigneur (lire Col. 1:9, 10). Quelles que soient les apparences, elle est toujours bonne, et agréable, et parfaite (pesons ces mots)… par le seul fait que c'est Sa volonté (v. 2; Jean 4:34). Il importe aussi de surveiller nos pensées et de les juger, de manière qu'elles restent des pensées d'humilité et non de propre satisfaction, des pensées saines et non souillées.

Les v. 6-8 énumèrent quelques dons de grâce: prophétie, service dans l'assemblée, enseignement, exhortation, administration, conduite du troupeau… Toutes ces activités, diront certains, ne me concernent pas; elles sont pour des chrétiens ayant de l'âge et de l'expérience. Eh bien! La dernière en tout cas peut être remplie par tout croyant, quel que soit son âge: «celui qui exerce la miséricorde, qu'il le fasse joyeusement» (2 Cor. 9:7).

Romains 12:9-21
9Que l'amour soit sans hypocrisie; ayez en horreur le mal, tenez ferme au bien;10quant à l'amour fraternel, soyez pleins d'affection les uns pour les autres; quant à l'honneur, étant les premiers à le rendre aux autres;11quand à l'activité, pas paresseux; fervents en esprit; servant le Seigneur;12vous réjouissant dans l'espérance; patients dans la tribulation; persévérants dans la prière:13subvenant aux nécessités des saints;14vous appliquant à l'hospitalité. Bénissez ceux qui vous persécutent;15bénissez et ne maudissez pas. Réjouissez-vous avec ceux qui se réjouissent, et pleurez avec ceux qui pleurent;16ayant, les uns envers les autres, un même sentiment; ne pensant pas aux choses élevées, mais vous associant aux humbles. Ne soyez pas sages à vos propres yeux;... ne rendant à personne mal pour mal;17vous proposant ce qui est honnête devant tous les hommes;18s'il est possible, autant que cela dépend de vous, vivant en paix avec tous les hommes;19ne vous vengeant pas vous-mêmes, bien-aimés; mais laissez agir la colère, car il est écrit: "A moi la vengeance; moi je rendrai, dit le *Seigneur".20Si donc ton ennemi a faim, donne-lui à manger; s'il a soif, donne-lui à boire; car en faisant cela tu entasseras des charbons de feu sur sa tête".21Ne sois pas surmonté par le mal, mais surmonte le mal par le bien.

Dans les v. 1-8, il s'agissait de notre service devant Dieu; les v. 9-16 énumèrent plutôt nos devoirs envers nos frères, tandis que du v. 17 au v. 21 il est question de notre responsabilité à l'égard de tous les hommes. Chacune de ces exhortations doit être méditée et trouve à s'appliquer dans notre vie quotidienne. Car l'autorité de la Parole s'étend aussi bien à notre vie de famille qu'à notre travail, à la semaine qu'au dimanche, aux jours de joie qu'aux jours de tristesse (v. 15)… Il n'est pas une circonstance dans laquelle nous ne puissions et ne devions nous comporter en chrétiens.

Le v. 11 nous encourage à l'activité. Toutefois les divers services placés devant nous: bienfaisance, hospitalité (v. 13)… doivent tous se résumer dans l'expression «servant le Seigneur» (et non notre réputation).

Se plaire dans ce qui est humble et avec les humbles (v. 16), supporter avec patience des injustices ou des outrages (v. 17-20), sont des attitudes contraires à notre nature. Mais c'est ainsi que se manifestera la vie de Christ en nous comme elle s'est manifestée en Lui (1 Pierre 2 v. 22, 23). Faire du bien est la seule riposte au mal qui nous soit permise et c'est aussi la seule manière de le surmonter.

Romains 13:1-14
1Que toute âme se soumette aux autorités qui sont au-dessus d'elle; car il n'existe pas d'autorité, si ce n'est de par Dieu; et celles qui existent sont ordonnées de Dieu;2de sorte que celui qui résiste à l'autorité résiste à l'ordonnance de Dieu; et ceux qui résistent feront venir un jugement sur eux-mêmes.3Car les magistrats ne sont pas une terreur pour une bonne oeuvre, mais pour une mauvaise. Or veux-tu ne pas craindre l'autorité? fais le bien, et tu recevras d'elle de la louange;4car le magistrat est serviteur de Dieu pour ton bien; mais si tu fais le mal, crains; car il ne porte pas l'épée en vain; car il est serviteur de Dieu, vengeur pour exécuter la colère sur celui qui fait le mal.5C'est pourquoi il est nécessaire d'être soumis, non seulement à cause de la colère, mais aussi à cause de la conscience.6Car c'est pour cela que vous payez aussi les tributs; -car ils sont ministres de Dieu, s'employant constamment à cela même.
7Rendez à tous ce qui leur est dû: à qui le tribut, le tribut; à qui le péage, le péage; à qui la crainte, la crainte; à qui l'honneur, l'honneur.8Ne devez rien à personne, sinon de vous aimer les uns les autres, car celui qui aime les autres a accompli la loi.9Car ce qui est dit: "Tu ne commettras point adultère, tu ne tueras point, tu ne déroberas point, tu ne convoiteras point", et tout autre commandement qu'il puisse y avoir, est résumé dans cette parole-ci: "Tu aimeras ton prochain comme toi-même".10L'amour ne fait point de mal au prochain; l'amour donc est la somme de la loi.
11Et encore ceci: connaissant le temps, que c'est déjà l'heure de nous réveiller du sommeil, car maintenant le salut est plus près de nous que lorsque nous avons cru:12la nuit est fort avancée, et le jour s'est approché; rejetons donc les oeuvres des ténèbres, et revêtons les armes de la lumière.13Conduisons-vous honnêtement, comme de jour; non point en orgies, ni en ivrogneries; non point en impudicités ni en débauches; non point en querelles ni en envie.14Mais revêtez le Seigneur Jésus Christ, et ne prenez pas soin de la chair pour satisfaire à ses convoitises.

Être soumis aux autorités, c'est l'être à Dieu qui les a établies. À moins que ce qui est exigé de nous ne soit en contradiction évidente avec la volonté du Seigneur (comp. Actes 4:19; Actes 5:29). Le chrétien, qui profite de la sécurité et des services publics assurés par l'État, doit se comporter en bon citoyen, payer scrupuleusement ses impôts (v. 7), respecter les lois et les règlements: police, douane, etc.

«Ne devez rien-personne» (v. 8) est une exhortation à ne pas oublier à notre époque où le crédit est entré dans les mœurs! Les dettes peuvent constituer un piège à plusieurs points de vue.
1° En engageant un avenir qui ne nous appartient pas.
2° En nous liant aux hommes plutôt qu’à Dieu (Jér. 17:7).
3° En traduisant un esprit d’impatience et de propre volonté.
Dois-je faire un achat pour lequel le Seigneur ne m’a pas encore donné l’argent nécessaire? Une seule dette doit nous lier: l'amour qui résume toutes les instructions de ce chapitre: amour pour le Seigneur (1 Pierre 2:13), pour nos frères, pour tous les hommes.

Un motif essentiel pour être fidèle et ranimer nos cœurs, c'est que «le matin vient» (Ésaïe 21:12). Tant que dure la nuit morale de ce monde, le croyant est invité à revêtir «les armes de la lumière» (v. 12; Éph. 6:13…). Le Seigneur vient!

Romains 14:1-18
1Or quant à celui qui est faible en foi, recevez-le; non pas pour la décision de questions douteuses.2L'un croit pouvoir manger de toutes choses; l'autre qui est faible, mange des herbes:3que celui qui mange ne méprise pas celui qui ne mange pas; et que celui qui ne mange pas ne juge pas celui qui mange, car Dieu l'a reçu.4Qui es-tu, toi qui juges le domestique d'autrui? Il se tient debout ou il tombe pour son propre maître; et il sera tenu debout, car le Seigneur est puissant pour le tenir debout.5L'un estime un jour plus qu'un autre jour, et l'autre estime tous les jours égaux: que chacun soit pleinement persuadé dans son propre esprit.6Celui qui a égard au jour, y a égard à cause du Seigneur; et celui qui mange, mange à cause du Seigneur, car il rend grâces à Dieu; et celui qui ne mange pas, ne mange pas à cause du Seigneur, et il rend grâces à Dieu.7Car nul de nous ne vit ayant égard à lui-même, et nul ne meurt ayant égard à lui-même:8mais soit que nous vivions, nous vivons ayant égard au Seigneur, soit que nous mourions, nous mourons ayant égard au Seigneur; soit donc que nous vivions, soit que nous mourions, nous sommes du Seigneur.9Car c'est pour cela que Christ est mort et qu'il a revécu, afin qu'il dominât et sur les morts et sur les vivants.10Mais toi, pourquoi juges-tu ton frère? Ou aussi toi, pourquoi méprises-tu ton frère? Car nous comparaîtrons tous devant le tribunal de Dieu;11car il est écrit: "Je suis vivant, dit le *Seigneur, que tout genou se ploiera devant moi, et que toute langue confessera hautement Dieu".12Ainsi donc, chacun de nous rendra compte pour lui-même à Dieu.13Ne nous jugeons donc plus l'un l'autre; mais jugez plutôt ceci, de ne pas mettre une pierre d'achoppement ou une occasion de chute devant votre frère.14Je sais, et je suis persuadé dans le Seigneur Jésus, que rien n'est souillé par soi-même, sauf qu'à celui qui croit qu'une chose est souillée, elle lui est souillée.15Car si, à cause d'une viande, ton frère est attristé, tu ne marches plus selon l'amour. Ne détruis pas par ta viande celui pour lequel Christ est mort.16Que ce qui est bien en vous ne soit donc pas blâmé.17Car le royaume de Dieu n'est pas manger et boire, mais justice, et paix, et joie dans l'Esprit Saint.18Car celui qui en cela sert le Christ est agréable à Dieu et approuvé des hommes.

Le livre des Actes nous a montré combien les chrétiens sortis du judaïsme avaient peine à se dégager des formes de leur religion. Nombreux sont encore aujourd'hui dans la chrétienté les croyants qui attachent de l'importance à des pratiques extérieures: abstention de viandes, respect de fêtes… Gardons-nous de les critiquer! Je n'ai pas le droit de douter qu'un chrétien n'agisse «à cause du Seigneur» (v. 6) dont il est un serviteur responsable. D'une manière générale, la disposition à juger les autres est toujours la preuve que je connais mal mon propre cœur. Car si je suis véritablement saisi à la fois par l'horreur de moi-même et par le sentiment de la grâce de Dieu qui me supporte, tout esprit de supériorité disparaît de ma pensée. Puis-je d'ailleurs m'ériger en juge alors que je vais comparaître bientôt pour mon propre compte devant le tribunal de Dieu (v. 10; bien qu'étant déjà justifié)? Non seulement je n'ai pas à juger les motifs du comportement d'un frère, mais je dois veiller à ne pas le scandaliser par le mien. Je suis exhorté à m'abstenir de ce qui pourrait détruire (contraire d'édifier) un autre croyant. Pour cela le v. 15 me donne l'argument décisif: ce frère est «celui pour lequel Christ est mort».

Romains 14:19-23; Romains 15:1-13
19Ainsi donc poursuivons les choses qui tendent à la paix et celles qui tendent à l'édification mutuelle.20A cause d'une viande, ne détruis pas l'oeuvre de Dieu. Toutes choses, il est vrai, sont pures; mais il y a du mal pour l'homme qui mange en bronchant.21Il est bon de ne pas manger de chair, de ne pas boire de vin, et de ne faire aucune chose en laquelle ton frère bronche, ou est scandalisé, ou est faible.22Toi, tu as de la foi; aie-la par devers toi-même devant Dieu; bienheureux est celui qui ne se juge pas lui-même en ce qu'il approuve;23mais celui qui hésite, s'il mange, est condamné, parce qu' il n'agit pas sur un principe de foi. Or tout ce qui n'est pas sur le principe de la foi est péché.
1Or nous devons, nous les forts, porter les infirmités des faibles, et non pas nous plaire à nous-mêmes.2Que chacun de nous cherche à plaire à son prochain, en vue du bien, pour l'édification.3aussi le Christ n'a point cherché à plaire à lui-même, mais selon qu'il est écrit: "Les outrages de ceux qui t'outragent sont tombés sur moi".4Car toutes les choses qui ont été écrites auparavant ont été écrites pour notre instruction, afin que, par la patience et par la consolation des écritures, nous ayons espérance.
5Or le Dieu de patience et de consolation vous donne d'avoir entre vous un même sentiment selon le Christ Jésus,6afin que, d'un commun accord, d'une même bouche, vous glorifiiez le Dieu et Père de notre Seigneur Jésus Christ.
7C'est pourquoi recevez-vous les uns les autres, comme aussi le Christ vous a reçus, à la gloire de Dieu.8Car je dis que Jésus Christ a été serviteur de la circoncision, pour la vérité de Dieu, pour la confirmation des promesses faites aux pères,9pour que les nations glorifiassent Dieu pour la miséricorde, selon qu'il est écrit: "C'est pourquoi je te célébrerai parmi les nations, et je psalmodierai à ton nom".10Et encore, il dit: "Nations, réjouissez-vous avec son peuple".11Et encore: "Louez le *Seigneur, vous toutes les nations, et que tous les peuples le célèbrent".12Et encore Ésaïe dit: "Il y aura la racine de Jessé, et il y en aura un qui s'élèvera pour gouverner les nations; c'est en lui que les nations espéreront".
13Or que le Dieu d'espérance vous remplisse de toute joie et paix en croyant, pour que vous abondiez en espérance par la puissance de l'Esprit Saint.

Ces versets continuent le sujet de nos rapports avec les autres croyants. Outre la mise en garde de ne pas les scandaliser, nous trouvons des recommandations positives:
1º Poursuivre «les choses qui tendent à la paix et… à l'édification mutuelle» (v. 19). Or les critiques tendent au résultat inverse.
2º Porter, essentiellement par la prière, les infirmités des faibles (ce qui ne signifie nullement être indulgent pour les péchés), en nous rappelant que nous avons aussi le plus grand besoin du support de nos frères et sœurs pour nos propres infirmités.
3º Ne pas rechercher ce qui nous est agréable, mais ce qui fera du bien à notre prochain. Nous suivrons ainsi les traces du Modèle parfait (v. 2, 3).
4º S'attacher à avoir un même sentiment pour que la communion dans le culte ne soit pas troublée (v. 5, 6) et «recevoir» les autres avec la même grâce qui nous a nous-mêmes reçus (v. 7).

Soulignons les qualificatifs donnés dans ce ch. 15 au «Dieu et Père de notre Seigneur Jésus Christ» (v. 6). Il est «le Dieu de patience et de consolation» (v. 5) et nous dispense celles-ci par sa Parole (v. 4). Il est aussi «le Dieu d'espérance» et veut nous y faire abonder (v. 13). Enfin le v. 33 le désigne comme le Dieu de paix qui veut être avec nous tous.

Romains 15:14-33
14Or je suis persuadé, mes frères, moi-même aussi, à votre égard, que vous mêmes aussi vous êtes pleins de bonté, remplis de toute connaissance et capables de vous exhorter l'un l'autre.15Mais je vous ai écrit en quelque sorte plus hardiment, frères, comme réveillant vos souvenirs, à cause de la grâce qui m'a été donnée par Dieu,16pour que je sois ministre du Christ Jésus envers les nations, exerçant la sacrificature dans l'évangile de Dieu, afin que l'offrande des nations soit agréable, étant sanctifiée par l'Esprit Saint.
17J'ai donc de quoi me glorifier dans le Christ Jésus, dans les choses qui concernent Dieu.18Car je n'oserai rien dire que Christ n'ait accompli par moi pour l'obéissance des nations, par parole et par oeuvre,19par la puissance de miracles et de prodiges, par la puissance de l'Esprit de Dieu; de sorte que, depuis Jérusalem, et tout alentour, jusqu'en Illyrie, j'ai pleinement annoncé l'évangile du Christ;20mais aussi m'attachant à évangéliser, non pas là où Christ avait été prêché, (afin que je n'édifiasse pas sur le fondement d'autrui) mais selon qu'il est écrit:21"Ceux à qui il n'a pas été annoncé, verront, et ceux qui n'ont pas entendu, comprendront".
22C'est pourquoi aussi j'ai été souvent empêché d'aller vers vous;23mais maintenant, n'ayant plus de sujet de m'arrêter dans ces pays-ci, et ayant depuis plusieurs années un grand désir d'aller vers vous,24pour le cas où je me rendrais en Espagne...; car j'espère que je vous verrai à mon passage, et que vous me ferez la conduite de ce côté-là, quand j'aurai d'abord un peu joui de vous;25mais à présent je vais à Jérusalem, étant occupé au service des saints;26car la Macédoine et l'Achaïe ont trouvé bon de subvenir, par une contribution, aux besoins des pauvres d'entre les saints qui sont à Jérusalem;27car elles l'ont pris à coeur, et elles sont leurs débiteurs; car si les nations ont participé à leur biens spirituels, elles sont aussi sous l'obligation de les servir dans les choses charnelles.28Après donc que j'aurai achevé cette oeuvre et que je leur aurai scellé ce fruit, j'irai en Espagne en passant par chez vous.29Et je sais qu'en allant auprès de vous, j'irai dans la plénitude de la bénédiction de Christ.
30Mais je vous exhorte, frères, par notre Seigneur Jésus Christ et par l'amour de l'Esprit, à combattre avec moi dans vos prières à Dieu pour moi,31que je sois délivré des incrédules qui sont en Judée, et que mon service que j'ai à accomplir à Jérusalem soit agréable aux saints,32afin que j'aille vers vous avec joie par la volonté de Dieu, et que je me récrée avec vous.33Or, que le Dieu de paix soit avec vous tous! Amen.

L'apôtre est persuadé des meilleures choses en ce qui concerne les chrétiens de Rome (v. 14). Présumer le bien chez nos frères, c'est faire confiance à Christ qui est en eux. C'est aussi les stimuler à se maintenir à ce niveau.

Avec une humilité touchante, Paul n'annonce pas sa visite aux Romains comme si ses exhortations leur étaient nécessaires, mais au contraire en reconnaissant leur capacité de s'exhorter l'un l'autre (v. 14). Ni non plus comme si eux allaient avoir l'honneur de sa présence, mais bien comme ayant lui-même le désir de jouir de la leur (v. 24 fin). Enfin le grand apôtre écrit à ses frères de Rome qu'il a besoin de leurs prières (v. 30).

Pressé par son zèle pour l'évangile, Paul avait souvent cherché à se rendre à Rome (v. 22). Mais Dieu, dans sa sagesse, ne le lui avait pas permis. Cette capitale du monde ancien ne devait pas devenir le centre de son œuvre. Il ne fallait pas que l'église de Rome puisse se prévaloir ensuite d'avoir été fondée par un apôtre pour s'élever au-dessus des autres assemblées… comme elle n'a pas manqué de le faire plus tard. «L'Église (entière) est la vraie capitale céleste et éternelle de la gloire et des voies de Dieu» (J.N.D., Études sur la Parole, Actes).

Romains 16:1-16
1Or je vous recommande Phoebé, notre soeur, qui est servante de l'assemblée qui est à Cenchrée,2afin que vous la receviez dans le Seigneur, comme il convient à des saints, et que vous l'assistiez dans toute affaire pour laquelle elle aurait besoin de vous; car elle-même aussi a été en aide à plusieurs, et à moi-même.3Saluez Prisca et Aquilas, mes compagnons d'oeuvre dans le Christ Jésus4(qui, pour ma vie, ont exposé leur propre cou; auxquels je ne rends pas grâces moi seul, mais aussi toutes les assemblées des nations),5et l'assemblée qui se réunit dans leur maison. Saluez Épaïnète, mon bien-aimé, qui est les prémices de l'Asie pour Christ.6Saluez Marie, qui a beaucoup travaillé pour vous.7Saluez Andronique et Junias, mes parents et mes compagnons de captivité, qui sont distingués parmi les apôtres, qui même ont été avant moi en Christ.8Amplias, mon bien-aimé dans le Seigneur.9Saluez Urbain, notre compagnon d'oeuvre en Christ, et Stachys, mon bien-aimé.10Appellès, approuvé en Christ. Saluez ceux de chez Aristobule.11Saluez Hérodion, mon parent. Saluez ceux de chez Narcisse qui sont dans le Seigneur.12Saluez Tryphène et Tryphose, lesquelles travaillent dans le Seigneur. Saluez Persis, la bien-aimée, qui a beaucoup travaillé dans le Seigneur.13Saluez Rufus, l'élu dans le Seigneur, et sa mère, qui est aussi la mienne.14Saluez Asyncrite, Phlégon, Hermas, Patrobas, Hermès, et les frères qui sont avec eux.15Saluez Philologue, et Julie, Nérée et sa soeur, et Olympas, et tous les saints qui sont avec eux.16Saluez-vous les uns les autres par un saint baiser. Toutes les assemblées du Christ vous saluent.

Romains 12 enseignait ce que devaient être la consécration et le service chrétiens. Romains 16 nous en montre la pratique dans ces chers croyants de Rome auxquels l'apôtre adresse ses salutations. Nous avons ici, a écrit quelqu'un, «une page spécimen du livre de l'éternité… Il n'est pas un seul acte de service que nous rendons à notre Seigneur, qui ne soit couché par écrit dans son livre; et non seulement la substance de l'acte, mais aussi la manière dont il est fait…» (C.H.M., Nombres). C'est ainsi qu'au v. 12, Tryphène, Tryphose et Persis, la bien-aimée, ne sont pas nommés ensemble, car si les deux premières travaillaient dans le Seigneur, le troisième avait «beaucoup travaillé» et leurs services ne sont pas confondus. Tout est apprécié et enregistré par Celui qui ne se trompe pas.

Paul de son côté n'oublie pas ce qui a été fait pour lui (fin v. 2 et 4). Nous retrouvons ici ses «compagnons d'œuvre» Prisca et Aquilas (Actes 18). L'assemblée se réunissait simplement dans leur maison (quel contraste avec les riches basiliques édifiées depuis à Rome!).

Les salutations en Christ contribuent à resserrer les liens de la communion fraternelle. Nous ne devrions donc pas négliger de transmettre celles dont on nous a chargés.

Romains 16:17-27
17Or je vous exhorte, frères, à avoir l'oeil sur ceux qui causent les divisions et les occasions de chute par des choses qui ne sont pas selon la doctrine que vous avez apprise; et éloignez-vous d'eux.18Car ces sortes de gens ne servent pas notre Seigneur Christ, mais leur propre ventre; et par de douces paroles et un beau langage, ils séduisent les coeurs des simples.19Car votre obéissance est venue à la connaissance de tous. Je me réjouis donc à votre sujet; mais je désire que vous soyez sages quant au bien, et simples quant au mal.20Or le Dieu de paix brisera bientôt Satan sous vos pieds. Que la grâce de notre Seigneur Jésus Christ soit avec vous!
21Timothée, mon compagnon d'oeuvre, et Lucius, et Jason, et Sosipater, mes parents, vous saluent.22Moi, Tertius, qui ai écrit la lettre, je vous salue dans le Seigneur.23Gaïus, mon hôte et celui de toute l'assemblée, vous salue. Éraste, l'administrateur de la ville, et le frère Quartus vous saluent.24Que la grâce de notre Seigneur Jésus Christ soit avec vous tous! Amen.
25Or, à celui qui est puissant pour vous affermir selon mon évangile et la prédication de Jésus Christ, selon la révélation du mystère à l'égard duquel le silence a été gardé dès les temps éternels,26mais qui a été manifesté maintenant, et qui, par des écrits prophétiques, a été donné à connaître à toutes les nations, selon le commandement du Dieu éternel, pour l' obéissance de la foi,...27au Dieu qui seul est sage, par Jésus Christ, -auquel soit la gloire éternellement! Amen.

Les sujets de joie que Paul trouvait dans les croyants de Rome (v. 19) ne lui faisaient pas perdre de vue les dangers auxquels ils étaient exposés. Avant de clore son épître, il les met en garde contre les faux docteurs, reconnaissables à ce qu'ils cherchaient à se plaire à eux-mêmes, servant leurs ambitions et leurs convoitises (leur propre ventre: v. 18; Phil. 3:19). Le remède ne consiste pas à discuter avec «ces sortes de gens» ni à étudier leurs erreurs mais à s'éloigner d'eux, en étant simples quant au mal (v. 17-19; Prov. 19:27). Néanmoins, ces manifestations du mal ne nous laissent pas insensibles. Aussi, pour nous encourager, l'Esprit nous affirme que bientôt le Dieu de paix brisera Satan sous nos pieds (v. 20).

Plusieurs parents de Paul se trouvaient parmi les premiers chrétiens (v. 11, 21), fruits sans doute de ses prières (Rom. 9:3; 10:1). Que ceci stimule notre intercession pour ceux des nôtres encore inconvertis!

Ce que Dieu attend de notre foi, c'est l'obéissance (v. 19 et 26 fin), et ce que notre foi peut attendre de Lui par «notre Seigneur Jésus Christ» c'est la puissance (v. 25), la sagesse (v. 27) et la grâce (v. 20, 24). Avec l'apôtre, donnons-Lui gloire, en Lui exprimant notre reconnaissance et surtout en vivant pour Lui plaire.

1 Corinthiens 1:1-16
1Paul, apôtre appelé de Jésus Christ par la volonté de Dieu,2et Sosthène, le frère, à l'assemblée de Dieu qui est à Corinthe, aux sanctifiés dans le christ Jésus, saints appelés, avec tous ceux qui en tout lieu invoquent le nom de notre Seigneur Jésus Christ, et leur Seigneur et le nôtre:3Grâce et paix à vous, de la part de Dieu notre Père et du Seigneur Jésus Christ!4Je rends toujours grâces à mon Dieu pour vous, à cause de la grâce de Dieu qui vous a été donnée dans le Christ Jésus,5de ce qu'en toutes choses vous avez été enrichis en lui en toute parole et toute connaissance,6selon que le témoignage du Christ a été confirmé au milieu de vous,7de sorte que vous ne manquez d'aucun don de grâce pendant que vous attendez la révélation de notre Seigneur Jésus Christ,8qui aussi vous affermira jusqu'à la fin pour être irréprochables dans la journée de notre Seigneur Jésus Christ.9Dieu, par qui vous avez été appelés à la communion de son Fils Jésus Christ, notre Seigneur, est fidèle.
10Or je vous exhorte, frères, par le nom de notre Seigneur Jésus Christ, à parler tous un même langage, et à ce qu'il n'y ait pas de divisions parmi vous, mais que vous soyez parfaitement unis dans un même sentiment et dans un même avis.11Car, mes frères, il m'a été dit de vous, par ceux qui sont de chez Chloé, qu'il y a des dissensions parmi vous.12Or voici ce que je dis, c'est que chacun de vous dit: Moi, je suis de Paul; et moi, d'Apollos; et moi, de Céphas; et moi, de Christ.13Le Christ est-il divisé? Paul a-t-il été crucifié pour vous? ou avez-vous été baptisés pour le nom de Paul?
14Je rends grâces à Dieu de ce que je n'ai baptisé aucun de vous, sinon Crispus et Gaïus,15afin que personne ne dise que j'ai baptisé pour mon nom.16J'ai bien aussi baptisé la maison de Stéphanas; du reste je ne sais pas si j'ai baptisé quelqu'un d'autre.

Une assemblée nombreuse avait été formée à Corinthe par le ministère de Paul (Actes 18:10). Et celui-ci, aussi fidèle pasteur que zélé évangéliste, continue à veiller sur elle avec sollicitude (comp. 2 Cor. 11:28). Il écrit d'Éphèse cette première lettre qui s'adresse aussi à «tous ceux qui en tout lieu invoquent le nom de notre Seigneur Jésus Christ» (v. 2). Si nous en faisons partie, elle est donc bien écrite pour nous.

Paul a reçu de Corinthe des nouvelles fâcheuses. Divers désordres étaient apparus dans cette assemblée. Mais avant d'aborder ces sujets pénibles, il rappelle à ces croyants leurs richesses spirituelles, attribuant celles-ci à la grâce de Dieu (v. 4, 5). Pour mesurer notre responsabilité et prendre plus au sérieux notre vie chrétienne, essayons quelquefois de faire le compte de nos inestimables privilèges. Et sachons-en remercier le Seigneur comme l'apôtre le fait ici.

Le premier reproche adressé à l'assemblée de Corinthe concerne leurs discordes, tendance qui nous guette aussi parfois! On y suivait l'homme (Paul, Apollos, Céphas et Christ en tant que docteur plus excellent que d'autres: Jean 3:2), au lieu d'être unis dans la communion de «Jésus Christ, notre Seigneur», le Fils de Dieu (v. 9). Que celle-ci soit toujours notre part (1 Jean 1:3)!

1 Corinthiens 1:17-31
17Car Christ ne m'a pas envoyé baptiser, mais évangéliser, non point avec sagesse de parole, afin que la croix du Christ ne soit pas rendue vaine;18car la parole de la croix est folie pour ceux qui périssent, mais à nous qui obtenons le salut elle est la puissance de Dieu.19Car il est écrit: "Je détruirai la sagesse des sages et j'annulerai l'intelligence des intelligents".20Où est le sage? où est le scribe? où est le disputeur de ce siècle? Dieu n'a-t-il pas fait de la sagesse du monde une folie?21Car, puisque, dans la sagesse de Dieu, le monde, par la sagesse, n'a pas connu Dieu, il a plu à Dieu, par la folie de la prédication, de sauver ceux qui croient;22puisque les Juifs demandent des miracles et que les Grecs recherchent la sagesse;23mais nous, nous prêchons Christ crucifié, aux Juifs occasion de chute, aux nations folie,24mais à ceux qui sont appelés, et Juifs et Grecs, Christ la puissance de Dieu et la sagesse de Dieu;25parce que la folie de Dieu est plus sage que les hommes, et que la faiblesse de Dieu est plus forte que les hommes.26Car considérez votre vocation, frères, -qu'il n'y a pas beaucoup de sages selon la chair, pas beaucoup de puissants, pas beaucoup de nobles,...27Mais Dieu a choisi les choses folles du monde pour couvrir de honte les hommes sages; et Dieu a choisi les choses faibles du monde pour couvrir de honte les choses fortes;28et Dieu a choisi les choses viles du monde, et celles qui sont méprisées, et celles qui ne sont pas, pour annuler celles qui sont;29en sorte que nulle chair ne se glorifie devant Dieu.30Or vous êtes de lui dans le Christ Jésus, qui nous a été fait sagesse de la part de Dieu, et justice, et sainteté, et rédemption,31afin que, comme il est écrit, "celui qui se glorifie, se glorifie dans le *Seigneur".

Pour «nous qui obtenons le salut», la parole de la croix est la puissance de Dieu. Mais pour ceux qui n’ont pas la vie divine, elle n'est que folie. Tout ce que signifie la croix: la mort d'un juste exigée par la justice de Dieu, le pardon gratuit pour des pécheurs, la mise de côté de l'homme naturel, autant de vérités qui heurtent la raison humaine. Qu'on présente au contraire des miracles et des œuvres spectaculaires, un noble idéal accompagné d'une morale qui réclame des efforts… à la bonne heure, voilà le genre de religion qui ne choque personne! Eh bien, tous les sages, scribes, disputeurs, bref les esprits forts de ce siècle… et de tous les siècles, le v. 18 les range sous une commune et effrayante désignation: «ceux qui périssent».

C'est un fait que parmi les rachetés du Seigneur il y a peu de sages, de puissants, de nobles… (v. 26). Car il est plus difficile à ceux-ci de devenir «comme de petits enfants» (Matt. 18:3; Matt. 11:25). Pour se glorifier Dieu choisit ce qui est faible, vil, méprisé, et tels sont les chrétiens selon l'estime du monde. Mais qu'importe leur valeur propre puisqu'ils sont en Christ et que Lui est pour leur compte: puissance,… sagesse… et justice, et sainteté, et rédemption (v. 24, 30).

1 Corinthiens 2:1-16
1Et moi-même, quand je suis allé auprès de vous, frères, je ne suis pas allé avec excellence de parole ou de sagesse, en vous annonçant le témoignage de Dieu;2car je n'ai pas jugé bon de savoir quoi que ce soit parmi vous, sinon Jésus Christ, et Jésus Christ crucifié.3Et moi-même j'ai été parmi vous dans la faiblesse, et dans la crainte, et dans un grand tremblement;4et ma parole et ma prédication n'ont pas été en paroles persuasives de sagesse, mais en démonstration de l'Esprit et de puissance,5afin que votre foi ne repose pas sur la sagesse des hommes, mais sur la puissance de Dieu.
6Or nous parlons sagesse parmi les parfaits, sagesse toutefois non pas de ce siècle, ni des chefs de ce siècle qui s'en vont;7mais nous parlons la sagesse de Dieu en mystère, la sagesse cachée, laquelle Dieu avait préordonnée avant les siècles pour notre gloire;8qu'aucun des chefs de ce siècle n'a connue, (car s'ils l'eussent connue, ils n'eussent pas crucifié le Seigneur de gloire,)9-mais selon qu'il est écrit: "Ce que l'oeil n'a pas vu, et que l'oreille n'a pas entendu, et qui n'est pas monté au coeur de l'homme, ce que Dieu a préparé pour ceux qui l'aiment",10-mais Dieu nous la révélée par son Esprit; car l'Esprit sonde toutes choses, même les choses profondes de Dieu.11Car qui des hommes connaît les choses de l'homme, si ce n'est l'esprit de l'homme qui est en lui? Ainsi personne ne connaît les choses de Dieu non plus, si ce n'est l'Esprit de Dieu.12Mais nous, nous avons reçu, non l'esprit du monde, mais l'Esprit qui est de Dieu, afin que nous connaissions les choses qui nous ont été librement données par Dieu;13desquelles aussi nous parlons, non point en paroles enseignées de sagesse humaine, mais en paroles enseignées de l'Esprit, communiquant des choses spirituelles par des moyens spirituels.14Or l'homme animal ne reçoit pas les choses qui sont de l'Esprit de Dieu, car elles lui sont folie; et il ne peut les connaître, parce qu'elles se discernent spirituellement.15Mais celui qui est spirituel discerne toutes choses; mais lui n'est discerné par personne;16car "qui a connu la pensée du *Seigneur pour qu'il l'instruise"? Mais nous, nous avons la pensée de Christ.

Nous savons que, dans le monde, un don d'orateur, un certain brio, et des «paroles persuasives de sagesse» peuvent suffire à assurer le triomphe de presque n’importe quelle cause. Mais pour communiquer la foi, Dieu n'a pas l'emploi de ces capacités humaines ni des habiletés de la propagande (v. 4, 5). Paul, malgré son instruction, ne s'était pas fait remarquer à Corinthe par sa sagesse, sa culture ou son éloquence. Il aurait contredit son enseignement, car la croix de Christ qu'il annonçait signifie justement la fin de tout ce dont l'homme s'enorgueillit. Mais loin d'y perdre quoi que ce soit, le croyant a reçu à la fois les choses invisibles «librement données par Dieu» — et le moyen de les discerner et de se les approprier: le Saint-Esprit, seul agent que Dieu emploie pour transmettre ses pensées (v. 12). À quoi peut servir un morceau de musique sans instrument pour l'interpréter, une cassette ou un disque sans l'appareil qui permet de l'écouter? Mais aussi quel serait l'effet du plus beau concert sur un auditoire composé de gens complètement sourds? De même le langage de l'Esprit est inintelligible à «l'homme animal». Par contre «celui qui est spirituel» peut recevoir les «choses spirituelles par des moyens spirituels» (v. 13-15).

1 Corinthiens 3:1-15
1Et moi, frères, je n'ai pas pu vous parler comme à des hommes spirituels, mais comme à des hommes charnels, comme à de petits enfants en Christ.2Je vous ai donné du lait à boire, non pas de la viande, car vous ne pouviez pas encore la supporter, et même maintenant encore vous ne le pouvez pas,3car vous êtes encore charnels. Car, puisqu'il y a parmi vous de l'envie et des querelles, n'êtes-vous pas charnels et ne marchez-vous pas à la manière des hommes?4Car quand l'un dit: Moi, je suis de Paul; et l'autre: moi, je suis d'Apollos, n'êtes-vous pas des hommes?
5Qui donc est Apollos, et qui Paul? Des serviteurs par lesquels vous avez cru, et comme le Seigneur a donné à chacun d'eux.6Moi, j'ai planté, Apollos a arrosé; mais Dieu a donné l'accroissement.7De sorte que ni celui qui plante n'est rien, ni celui qui arrose, mais Dieu qui donne l'accroissement.8Or celui qui plante et celui qui arrose sont un; mais chacun recevra sa propre récompense selon son propre travail.9Car nous sommes collaborateurs de Dieu; vous êtes le labourage de Dieu, l'édifice de Dieu.10Selon la grâce de Dieu qui m'a été donnée, comme un sage architecte, j'ai posé le fondement, et un autre édifie dessus; mais que chacun considère comment il édifie dessus.
11Car personne ne peut poser d'autre fondement que celui qui est posé, lequel est Jésus Christ.12Or si quelqu'un édifie sur ce fondement de l'or, de l'argent, des pierres précieuses, du bois, du foin, du chaume,13l'ouvrage de chacun sera rendu manifeste, car le jour le fera connaître, parce qu'il est révélé en feu; et quel est l'ouvrage de chacun, le feu l'éprouvera.14Si l'ouvrage de quelqu'un qu'il aura édifié dessus demeure, il recevra une récompense;15si l'ouvrage de quelqu'un vient à être consumé, il en éprouvera une perte, mais lui-même il sera sauvé, toutefois comme à travers le feu.

Absorbés par leurs divisions, les Corinthiens n'avaient fait aucun progrès. Ils ressemblaient à de mauvais écoliers se disputant à qui a le maître le plus savant ou la plus belle salle de classe. Paul leur déclare que s'occuper du serviteur plutôt que de son enseignement c'était de l'enfantillage, c'était être encore charnels (v. 3). Que de fois nous confondons la vérité avec celui qui la présente: Si par exemple nous écoutons tel serviteur de Dieu avec le parti pris qu'il n'a rien à nous apporter, nous recevrons exactement ce que nous avons attendu.

Puis l'apôtre évoque la responsabilité de celui qui édifie. Dans l'œuvre de Dieu, vue comme un champ de culture ou comme un édifice, chaque ouvrier a une activité propre. Il peut apporter des matériaux (c'est-à-dire divers aspects de la vérité): édifier les âmes en leur présentant la justice de Dieu (l'or), la rédemption (l'argent), les gloires variées de Christ (les pierres précieuses). Mais sous l'apparence de beaucoup de volume, il peut aussi construire avec du bois, du foin, du chaume… travail qui ne résistera pas au feu. Oui, «que chacun considère comment» (non pas combien) il édifie sur ce fondement unique et impérissable: Jésus Christ.

1 Corinthiens 3:16-23; 1 Corinthiens 4:1-5
16Ne savez-vous pas que vous êtes le temple de Dieu et que l'Esprit de Dieu habite en vous?17Si quelqu'un corrompt le temple de Dieu, Dieu le détruira, car le temple de Dieu est saint, et tels vous êtes.
18Que personne ne s'abuse soi-même: si quelqu'un parmi vous a l'air d'être sage dans ce siècle, qu'il devienne fou, afin de devenir sage;19car la sagesse de ce monde est folie devant Dieu; car il est écrit: "Celui qui prend les sages dans leurs ruses",20et encore: "Le *Seigneur connaît les raisonnements des sages, qu'ils sont vains".
21Que personne donc ne se glorifie dans les hommes, car toutes choses sont à vous,22soit Paul, soit Apollos, soit Céphas, soit monde, soit vie, soit mort, soit choses présentes, soit choses à venir: toutes choses sont à vous,23et vous à Christ, et Christ à Dieu.
1Que tout homme pense ainsi à notre égard, -qu'il nous tienne pour des serviteurs de Christ et pour des administrateurs des mystères de Dieu.2au reste, ce qui est requis dans des administrateurs, c'est qu'un homme soit trouvé fidèle.3Mais il m'importe fort peu, à moi, que je sois jugé par vous, ou de jugement d'homme; et même je ne me juge pas moi-même.4Car je n'ai rien sur ma conscience; mais par là je ne suis pas justifié; mais celui qui me juge, c'est le Seigneur.5Ainsi ne jugez rien avant le temps, jusqu'à ce que le Seigneur vienne, qui aussi mettra en lumière les choses cachées des ténèbres, et qui manifestera les conseils des coeurs; et alors chacun recevra sa louange de la part de Dieu.

À côté de vrais ouvriers qui peuvent faire un mauvais travail (v. 15), il existe de faux serviteurs qui corrompent le temple de Dieu, ce temple qui est saint comme celui qui l’habite. Et nous aussi nous sommes saints, rappelle l’apôtre (v. 17). Que personne ne se fasse illusion ni sur ce qu'il est, ni sur ce qu'il fait (v. 18). La sagesse du monde est folie pour Dieu, la sagesse de Dieu folie pour le monde (v. 19). L'une et l'autre s'apprécient en fonction du but poursuivi. L'homme naturel considère avec pitié le chrétien qui, estime-t-il, sacrifice à un avenir vague et incertain les avantages et les plaisirs du moment présent. Eh bien! Puissions-nous tous être atteints de ce genre de folie! Que sont d'ailleurs les misérables vanités dont nous pourrions faire étalage à côté de ce que nous possédons? Toutes choses sont à nous, affirme Paul; et elles sont à nous parce que nous-mêmes sommes à Christ à qui tout appartient. Sous sa dépendance, nous pouvons disposer de tout pour son service. Mais ce qui importe d'abord c'est d'être «trouvé fidèle» (1 Cor. 4:2). Car chacun est un administrateur, petit ou grand, et chacun à ce titre recevra sa louange non de la part de son frère mais de la part de Celui qui lit dans les cœurs (v. 5; voir 2 Tim. 2:15).

1 Corinthiens 4:6-21
6Or, frères, j'ai tourné ceci sur moi et sur Apollos, à cause de vous, afin qu'en nous, vous appreniez à ne pas élever vos pensées au-dessus de ce qui est écrit, afin que vous ne vous enfliez pour l'un contre un autre.
7Car qui est-ce qui met de la différence entre toi et un autre? Et qu'as-tu, que tu n'aies reçu? Et si aussi tu l'as reçu, pourquoi te glorifies-tu, comme si tu ne l'avais pas reçu?8Déjà vous êtes rassasiés; déjà vous êtes riches; vous avez régné sans nous; et je voudrais bien que vous régnassiez, afin que nous aussi nous régnassions avec vous!9Car je pense que Dieu nous a produits les derniers sur la scène, nous les apôtres, comme des gens voués à la mort; car nous avons été faits un spectacle pour le monde, et pour les anges et pour les hommes.10Nous, nous sommes fous pour l'amour de Christ, mais vous, vous êtes sages en Christ; nous sommes faibles, mais vous forts; vous en honneur, mais nous dans le mépris.11Jusqu'à cette heure nous souffrons et la faim et la soif, et nous sommes nus, et nous sommes souffletés, et nous sommes sans demeure fixe,12et nous prenons de la peine, travaillant de nos propres mains; injuriés, nous bénissons; persécutés, nous le supportons;13calomniés, nous supplions: nous sommes devenus comme les balayures du monde et le rebut de tous jusqu'à maintenant.
14Ce n'est pas pour vous faire honte que j'écris ces choses, mais je vous avertis comme mes enfants bien-aimés.15Car quand vous auriez dix mille maîtres dans le Christ, vous n'avez cependant pas beaucoup de pères, car moi je vous ai engendrés dans le Christ Jésus par l'évangile.16Je vous supplie donc d'être mes imitateurs.
17C'est pourquoi je vous ai envoyé Timothée, qui est mon enfant bien-aimé et qui est fidèle dans le Seigneur; il vous fera souvenir de mes voies en Christ, selon que j'enseigne partout dans chaque assemblée.18Or quelques-uns se sont enflés d'orgueil, comme si je ne devais pas aller vers vous;19mais j'irai bientôt vers vous, si le Seigneur le veut, et je connaîtrai, non la parole de ceux qui se sont enflés, mais la puissance.20Car le royaume de Dieu n'est pas pas en parole, mais en puissance.21Que voulez-vous? Que j'aille vers vous avec la verge, ou avec amour et un esprit de douceur?

La racine des querelles à Corinthe, qu'était-ce sinon l'orgueil (Prov. 13:10)? Chacun faisait valoir ses dons spirituels et ses connaissances (1 Cor. 1:5), n'oubliant qu'une chose, c'est qu'il avait tout reçu par pure grâce. Pour rester humbles, souvenons-nous toujours de la question du v. 7: «qu'as-tu que tu n'aies reçu?».

De plus, s'enfler ainsi du vent de sa propre importance, c'était désirer autre chose que «Jésus Christ crucifié» (1 Cor. 2:2), c'était «régner» dès maintenant, alors qu'il est écrit: «si nous souffrons (c'est le présent) nous régnerons aussi avec lui» (2 Tim. 2:12). Paul de son côté n'avait pas inversé les choses. Il acceptait volontiers de prendre place pour le moment présent avec «les balayures du monde, le rebut de tous»…, part dont bien peu de chrétiens savent se contenter. Mais, sachant qu'il y allait de leur vrai bonheur, il supplie ses chers Corinthiens de le suivre dans un tel chemin. Il était leur père spirituel (v. 15) et voulait qu'ils lui ressemblent comme des enfants ressemblent à leur père. Or, si ses avertissements n'étaient pas écoutés, il était prêt, lorsqu'il irait vers eux, à faire usage de «la verge», c'est-à-dire à les corriger sévèrement, devoir paternel dont il s'acquitterait pour le profit de ses «enfants bien-aimés» (v. 14).

1 Corinthiens 5:1-13
1On entend dire partout qu'il y a de la fornication parmi vous, et une fornication telle qu'elle n'existe pas même parmi les nations, de sorte que quelqu'un aurait la femme de son père.2Et vous êtes enflés d'orgueil, et vous n'avez pas plutôt mené deuil, afin que celui qui a commis cette action fût ôté du milieu de vous.3Car pour moi, étant absent de corps, mais présent en esprit, j'ai déjà, comme présent, jugé4(vous et mon esprit étant assemblés avec la puissance de notre Seigneur Jésus Christ), de livrer, au nom de notre Seigneur Jésus Christ, celui qui a ainsi commis cette action,5j'ai jugé, dis-je, de livrer un tel homme à Satan pour la destruction de la chair, afin que l'esprit soit sauvé dans la journée du Seigneur Jésus.6Votre vanterie n'est pas bonne; ne savez-vous pas qu'un peu de levain fait lever la pâte tout entière?
7Otez le vieux levain, afin que vous soyez une nouvelle pâte, comme vous êtes sans levain. Car aussi notre pâque, Christ, a été sacrifiée:8c'est pourquoi célébrons la fête, non avec du vieux levain, ni avec un levain de malice et de méchanceté, mais avec des pains sans levain de sincérité et de vérité.
9Je vous ai écrit dans la lettre, de ne pas avoir de commerce avec des fornicateurs,10pas absolument avec les fornicateurs de ce monde, ou les avares et les ravisseurs, ou les idolâtres, puisqu'ainsi il faudrait que vous sortissiez du monde;11mais, maintenant, je vous ai écrit que, si quelqu'un appelé frère est fornicateur, ou avare, ou idolâtre, ou outrageux, ou ivrogne, ou ravisseur, vous n'ayez pas de commerce avec lui, que nous ne mangiez pas même avec un tel homme.12Car qu'ai-je affaire de juger ceux de dehors aussi? Vous, ne jugez-vous pas ceux qui sont de dedans?13Mais ceux de dehors, Dieu les juge. Otez le méchant du milieu de vous-mêmes.

L'apôtre aborde maintenant un sujet bien pénible. Outre de divisions fâcheuses, il y avait dans l'assemblée à Corinthe un grave péché moral, lequel, bien que commis par un seul individu, souillait l'assemblée toute entière (comp. Jos. 7:13…). Or ce ferment de mal, ce «levain», qui aurait dû plonger les Corinthiens dans le deuil et la confusion, n'empêchait pas leur «vanterie». C'est un peu comme si un homme atteint de lèpre feignait d'ignorer sa maladie et cachait ses plaies sous des habits magnifiques. Au nom du Seigneur, l'apôtre réclame la sincérité et la vérité (v. 8). Il n'hésite pas à mettre sans ménagement ce mal à découvert. Avant tout service et toute profession chrétienne, il faut que la conscience soit en ordre. Et la sainteté exige que les croyants, non seulement s'abstiennent du mal dans leurs propres voies, mais se tiennent séparés des personnes qui vivent dans le péché tout en se parant du titre d'enfants de Dieu (v. 11). Quel est le grand motif pour lequel, individuellement et comme assemblée, nous avons à nous garder de toute communion et de toute légèreté à l'égard du mal? Nullement notre supériorité sur d'autres, mais la valeur infinie du sacrifice qui a expié nos péchés (v. 7).

1 Corinthiens 6:1-20
1Quelqu'un de vous, lorsqu'il a une affaire avec un autre, ose-t-il entrer en procès devant les injustes et non devant les saints?2Ne savez-vous pas que les saints jugeront le monde? Et si le monde est jugé par vous, êtes-vous indignes des plus petits jugements?3Ne savez-vous pas que nous jugerons les anges? et nous ne jugerions pas les affaires de cette vie?4Si donc vous avez des procès pour les affaires de cette vie, établissez ceux-là pour juges qui sont peu estimés dans l'assemblée.5Je parle pour vous faire honte: ainsi il n'y a pas d' homme sage parmi vous, pas même un seul, qui soit capable de décider entre ses frères?6Mais un frère entre en procès avec un frère, et cela devant les incrédules.7C'est donc de toute manière déjà une faute en vous, que vous ayez des procès entre vous. Pourquoi ne supportez-vous plutôt des injustices? pourquoi ne vous laissez-vous pas plutôt faire tort?8Mais vous, vous faites des injustices et vous faites tort, et cela à vos frères.
9Ne savez-vous pas que les injustes n'hériteront point du royaume de Dieu? Ne vous y trompez pas: ni fornicateurs, ni idolâtres, ni adultères,10ni efféminés, ni ceux qui abusent d'eux-mêmes avec des hommes, ni voleurs, ni avares, ni ivrognes, ni outrageux, ni ravisseurs, n'hériteront du royaume de Dieu.11Et quelques-uns de vous, vous étiez tels; mais vous avez été lavés, mais vous avez été sanctifiés, mais vous avez été justifiés au nom du Seigneur Jésus, et par l'Esprit de notre Dieu.
12Toutes choses me sont permises, mais toutes choses ne sont pas avantageuses; toutes choses me sont permises, mais je ne me laisserai, moi, asservir par aucune.13Les viandes pour l'estomac, et l'estomac pour les viandes; mais Dieu mettra à néant et celui-ci et celles-là. Or le corps n'est pas pour la fornication, mais pour le Seigneur, et le Seigneur pour le corps.14Mais Dieu a ressuscité le Seigneur, et il nous ressuscitera par sa puissance.15Ne savez-vous pas que vos corps sont des membres de Christ? Prendrai-je donc les membres du Christ pour en faire les membres d'une prostituée? Qu'ainsi n'advienne!16Ne savez-vous pas que celui qui est uni à une prostituée est un seul corps avec elle? "Car les deux, dit-il, seront une seule chair";17mais celui qui est uni au Seigneur est un seul esprit avec lui.18Fuyez la fornication: quelque péché que l'homme commette, il est hors du corps, mais le fornicateur pèche contre son propre corps.19Ne savez-vous pas que votre corps est le temple du Saint Esprit qui est en vous, et que vous avez de Dieu? Et vous n'êtes pas à vous-mêmes; car vous avez été achetés à prix.20Glorifiez donc Dieu dans votre corps.

Un autre désordre existait à Corinthe. Des frères avaient été jusqu'à porter leurs différends devant les tribunaux de ce monde. Triste témoignage vraiment! L'apôtre reprend aussi bien celui qui n'a pas supporté l'injustice que celui qui l'a commise. Puis il envisage les principaux vices courants parmi les païens et déclare solennellement qu'il n'est pas possible d'être sauvé tout en continuant à vivre dans l'iniquité. — Voilà ce que vous étiez, certains d'entre vous, conclut-il. Mais aussi, voilà ce que Dieu a fait: vous avez été lavés, sanctifiés, justifiés! Est-ce pour vous souiller de nouveau?

Le péché mis à part, rien ne m'est défendu… mais tout peut m'asservir si je n'y prends pas garde (v. 12). «Le mal n'est pas dans les choses, mais dans l'amour pour les choses qui est dans le cœur» (J.N.D., Notes sur Luc).

Les v. 13-20 concernent la pureté. Qu'ils soient tout spécialement gravés dans le cœur du jeune homme chrétien, plus exposé aux tentations charnelles. Son propre corps ne lui appartient plus. Dieu l'a racheté afin d'en faire pour Christ un membre de Son corps (v. 15) et pour le Saint-Esprit un temple qui doit être saint comme l'est son Hôte divin (v. 19).

1 Corinthiens 7:1-31
1Or, pour ce qui est des choses au sujet desquelles vous m'avez écrit, il est bon à l'homme de ne pas toucher de femme;2mais, à cause de la fornication, que chacun ait sa propre femme, et que chaque femme ait son mari à elle.3Que le mari rende à la femme ce qui lui est dû, et pareillement aussi la femme au mari.4La femme ne dispose pas de son propre corps, mais le mari; et pareillement aussi le mari ne dispose pas de son propre corps, mais la femme.5Ne vous privez pas l'un l'autre, à moins que ce ne soit d'un consentement mutuel, pour un temps, afin que vous vaquiez à la prière, et que vous vous trouviez de nouveau ensemble, afin que Satan ne vous tente pas à cause de votre incontinence.6Or je dis ceci par indulgence, non comme commandement;7mais je voudrais que tous les hommes fussent comme moi; toutefois chacun a son propre don de grâce de la part de Dieu, l'un d'une manière, et l'autre d'une autre.8Or je dis à ceux qui ne sont pas mariés et aux veuves, qu'il leur est bon de demeurer comme moi.9Mais s'ils ne savent pas garder la continence, qu'ils se marient, car il vaut mieux se marier que de brûler.
10Mais quant à ceux qui sont mariés, je leur enjoins, non pas moi, mais le Seigneur: que la femme ne soit pas séparée du mari;11(et si elle est séparée, qu'elle demeure sans être mariée, ou qu'elle se réconcilie avec son mari;) et que le mari n'abandonne pas sa femme.12Mais quant aux autres, je dis, moi, non pas le Seigneur: Si quelque frère a une femme incrédule, et qu'elle veuille habiter avec lui, qu'il ne l'abandonne pas;13et si une femme a un mari incrédule, et qu'il veuille habiter avec elle, qu'elle n'abandonne pas son mari.14Car le mari incrédule est sanctifié par la femme, et la femme incrédule est sanctifié par le frère, son mari; puisque autrement vos enfants seraient impurs; mais maintenant ils sont saints.15Mais si l'incrédule s'en va, qu'il s'en aille; le frère ou la soeur ne sont pas asservis en pareil cas; mais Dieu nous a appelés à marcher dans la paix.16Car que sais-tu, femme, si tu ne sauveras pas ton mari? ou que sais-tu, mari, si tu ne sauveras pas ta femme?
17Toutefois, que chacun marche comme le Seigneur le lui a départi, chacun comme Dieu l'a appelé; et c'est ainsi que j'en ordonne dans toutes les assemblées.18a-t-il été appelé étant circoncis, qu'il ne redevienne pas incirconcis. Quelqu'un a-t-il été appelé étant dans l'incirconcision, qu'il ne soit pas circoncis.19La circoncision n'est rien, et l'incirconcision n'est rien, mais l'observation des commandements de Dieu.20Que chacun demeure dans la vocation dans laquelle il était quand il a été appelé.21As-tu été appelé étant esclave, ne t'en mets pas en peine; toutefois, si tu peux devenir libre, uses-en plutôt:22car l'esclave qui est appelé dans le Seigneur est l'affranchi du Seigneur; de même aussi l'homme libre qui a été appelé est l'esclave de Christ.23Vous avez été achetés à prix; ne devenez pas esclaves des hommes.24Frères, que chacun demeure auprès de Dieu dans l'état dans lequel il a été appelé.
25Or, pour ce qui est de ceux qui sont vierges, je n'ai pas d'ordre du Seigneur; mais je donne mon opinion comme ayant reçu miséricorde du Seigneur pour être fidèle.26J'estime donc que ceci est bon, à cause de la nécessité présente, qu'il est bon, dis-je, à l'homme d'être tel qu'il est.27Es-tu lié à une femme, ne cherche pas à en être séparé. N'es-tu pas lié à une femme, ne cherche pas de femme.28Toutefois, si même tu te maries, tu n'as pas péché; et si la vierge se marie, elle n'a pas péché. Mais ceux qui font ainsi auront de l'affliction pour ce qui regarde la chair; mais moi, je vous épargne.29Or je dis ceci, frères: le temps est difficile: au reste, c'est pour que ceux même qui ont une femme soient comme n'en ayant pas;30et ceux qui pleurent, comme ne pleurant pas; et ceux qui se réjouissent, comme ne se réjouissant pas; et ceux qui achètent, comme ne possédant pas;31et ceux qui usent du monde, comme n'en usant pas à leur gré; car la figure de ce monde passe.

Après avoir en 1 Cor. 6:13-20 mis en garde le croyant contre l'impureté, l'apôtre en réponse à des questions posées lui parle au ch. 7 du chemin dans lequel il peut s'engager avec l'approbation du Seigneur: celui du mariage. Le jeune chrétien qui a pris garde à sa voie selon la Parole (Ps. 119:9), devra plus que jamais continuer à s'attendre à lui pour cette décision capitale.

Des instructions sont données ensuite, soit par inspiration directe du Seigneur, soit par l'apôtre comme fruit de son expérience, pour aider ceux dont la situation de mariage peut être difficile : en particulier un frère ou une Sœur ayant un conjoint incrédule. Notons bien que l'encouragement du v. 16 s'adresse à un croyant déjà marié lors de sa conversion et non à quelqu'un qui désobéirait à 2 Cor. 6:14.

«Vous avez été achetés à prix», répète le v. 23 (1 Cor. 6:20). Ce que nous avons coûté de souffrances au Seigneur Jésus pour nous arracher à la puissance de Satan et du monde, est le grand motif pour ne pas nous y replacer. Pour le servir, le Seigneur veut des hommes et des femmes libres. Mais c'est lui qui a choisi les conditions dans lesquelles il veut que chacun le serve: pays, milieu social, relations de travail. Avant de décider n'importe quel changement, soyons sûrs que c'est bien selon sa volonté.

1 Corinthiens 7:32-40; 1 Corinthiens 8:1-13
32Mais je voudrais que vous fussiez sans inquiétude. Celui qui n'est pas marié a le coeur occupé des choses du Seigneur, comment il plaira au Seigneur;33mais celui qui s'est marié a le coeur occupé des choses du monde, comment il plaira à sa femme.34Il y a une différence entre la femme et la vierge: celle qui n'est pas mariée a le coeur occupé des choses du Seigneur, pour être sainte, et de corps et d'esprit; mais celle qui s'est mariée a le coeur occupé des choses du monde, comment elle plaira à son mari.35Mais je dis ceci pour votre propre avantage, non pour vous enlacer dans des liens, mais en vue de ce qui est bienséant, et pour que vous vaquiez au service du Seigneur sans distraction.
36Mais si quelqu'un estime qu'il agit d'une manière inconvenante à l'égard de sa virginité, et qu'elle ait passé la fleur de son âge, et qu'il faut que cela soit ainsi, qu'il fasse ce qu'il veut: il ne pèche pas; -qu'ils se marient.37Mais celui qui tient ferme dans son coeur, et qui n'est pas sous l'empire de la nécessité, mais qui est maître de sa propre volonté et a décidé dans son coeur de garder sa propre virginité, fait bien.38Ainsi, et celui qui se marie fait bien; et celui qui ne se marie pas fait mieux.
39La femme est liée pendant tout le temps que son mari est en vie; mais si le mari s'est endormi, elle est libre de se marier à qui elle veut, seulement dans le Seigneur;40mais elle est, à mon avis, plus heureuse si elle demeure ainsi: or j'estime que moi aussi j'ai l'Esprit de Dieu.
1Pour ce qui est des choses sacrifiées aux idoles, nous savons-(car nous avons tous de la connaissance; la connaissance enfle, mais l'amour édifie.2Si quelqu'un pense savoir quelque chose, il ne connaît rien encore comme il faut connaître;3mais si quelqu'un aime Dieu, celui-là est connu de lui).
4-Pour ce qui est donc de manger des choses sacrifiées aux idoles, nous savons qu'une idole n'est rien dans le monde, et qu'il n'y a point d'autre Dieu qu'un seul.5Car aussi, s'il y en a qui sont appelés dieux, soit dans le ciel, soit sur la terre, (comme il y a beaucoup de dieux et beaucoup de seigneurs,)6toutefois, pour nous, il y a un seul Dieu, le Père, duquel sont toutes choses, et nous pour lui, et un seul Seigneur, Jésus Christ, par lequel sont toutes choses, et nous par lui.
7Toutefois la connaissance n'est pas en tous; mais quelques-uns, ayant jusqu'à maintenant conscience de l'idole, mangent des choses comme sacrifiées aux idoles, et leur conscience, étant faible, en est souillée.8Or la viande ne nous recommande pas à Dieu; si nous ne mangeons pas, nous n'avons pas moins, et si nous mangeons, nous n'avons rien de plus.9Mais prenez garde que cette liberté que vous avez ne devienne une pierre d'achoppement pour les faibles.10Car si quelqu'un te voit, toi qui as de la connaissance, assis à table dans un temple d'idoles, sa conscience à lui qui est faible, ne sera-t-elle pas enhardie à manger les choses sacrifiées à l'idole?11et celui qui est faible, le frère pour lequel Christ est mort, périra par ta connaissance.12Or en péchant ainsi contre les frères, et en blessant leur conscience qui est faible, vous péchez contre Christ.13C'est pourquoi, si la viande est une occasion de chute pour mon frère, je ne mangerai pas de chair, à jamais, pour ne pas être une occasion de chute pour mon frère.

Être sans inquiétude quant aux choses de la terre, avoir le cœur exclusivement occupé des intérêts du Seigneur en cherchant comment lui plaire, vaquer à son service sans distraction, oui, voilà l'avantage du serviteur de Dieu qui n'est pas marié par rapport à celui qui l'est. Mais il faut, comme Paul, avoir reçu cela comme une grâce.

Au ch. 8 Paul s'occupe des viandes de boucherie, souvent offertes sur les autels païens avant d'être vendues sur le marché. C'était pour plusieurs un problème de conscience (comp. Rom. 14). Dans nos pays cette question n'est plus actuelle mais ces exhortations s'appliquent à tous les cas où nous risquons de choquer un autre croyant: un frère pour lequel Christ est mort.

Que de choses les Corinthiens connaissaient! «Ne savez-vous pas…?», leur répète continuellement l'apôtre (voir 1 Cor. 6:2, 3, 9, 15, 19…). Hélas! À quoi leur servait cette connaissance? Seulement à en tirer vanité. Et nous courons ce même danger, nous qui connaissons souvent tant de vérités par l'intelligence plutôt que par le cœur. Pour connaître «comme il faut connaître», il faut aimer Dieu (v. 3). Et l'aimer c'est mettre en pratique ce que l'on a le privilège de savoir (Jean 14:21, 23).

L'exemple du laboureur revient fréquemment dans la Parole. Il souligne d'abord la fatigue liée au travail de la terre (Gen. 3:17); puis l'espérance et la foi qui doivent animer l'agriculteur (v. 10; 2 Tim. 2:6); enfin la patience avec laquelle il lui faut attendre «le fruit précieux de la terre» (Jac. 5:7). Or les Corinthiens étaient «le labourage de Dieu» (1 Cor. 3:9) et le fidèle ouvrier du Seigneur y poursuivait ses travaux au prix du renoncement à bien des choses légitimes afin de ne mettre aucun obstacle à l'Évangile du Christ (que de choses moins légitimes entravent souvent notre service!). Paul effectuait présentement un pénible sarclage, arrachant en quelque sorte toutes les mauvaises herbes qui avaient poussé dans le champ de Corinthe.

1 Corinthiens 9:1-27
1Ne suis-je pas libre? Ne suis-je pas apôtre? N'ai-je pas vu Jésus notre Seigneur? N'êtes-vous pas, vous, mon ouvrage dans le Seigneur?2Si je ne suis pas apôtre pour d'autres, je le suis pour vous du moins; car vous êtes le sceau de mon apostolat dans le Seigneur.
3C'est ici ma défense auprès de ceux qui m'interrogent.4N'avons-nous pas le droit de manger et de boire?5N'avons-nous pas le droit de mener avec nous une soeur comme femme, comme font aussi les autres apôtres, et les frères du Seigneur, et Céphas?6N'y a-t-il que moi et Barnabas qui n'ayons pas le droit de ne pas travailler?7Qui jamais va à la guerre à ses propres dépens? Qui plante une vigne et n'en mange pas le fruit? Ou qui paît un troupeau et ne mange pas du lait du troupeau?8Est-ce que je dis ces choses selon l'homme? Ou la loi aussi ne dit-elle pas ces choses?9Car dans la loi de Moïse il est écrit: "Tu n'emmuselleras pas le boeuf qui foule le grain". Dieu s'occupe-t-il des boeufs?10ou parle-t-il entièrement pour nous? Car c'est pour nous que cela est écrit, que celui qui laboure doit labourer avec espérance, et que celui qui foule le grain doit le fouler dans l'espérance d'y avoir part.11Si nous avons semé pour vous des biens spirituels, est-ce beaucoup que nous moissonnions de vos biens charnels?12Si d'autres ont part à ce droit sur vous, ne l'avons-nous pas bien plus? Mais nous n'avons pas usé de ce droit, mais nous supportons tout, afin de ne mettre aucun obstacle à l'évangile du Christ.13Ne savez-vous pas que ceux qui s'emploient aux choses sacrées mangent de ce qui vient du temple; que ceux qui servent à l'autel ont leur part de l'autel?14De même aussi, le Seigneur a ordonné à ceux qui annoncent l'évangile, de vivre de l'évangile.
15Mais moi je n'ai usé d'aucune de ces choses, et je n'ai pas écrit ceci, afin qu'il en soit fait ainsi à mon égard; car il serait bon pour moi de mourir, plutôt que de voir quelqu'un anéantir ma gloire.16Car, si j'évangélise, je n'ai pas de quoi me glorifier, car c'est une nécessité qui m'est imposée, car malheur à moi si je n'évangélise pas.17Car, si je fais cela volontairement, j'en ai un salaire; mais si c'est malgré moi, une administration m'est confiée.18Quel est donc mon salaire? C'est que, en évangélisant, je rends l'évangile exempt de frais, pour ne pas user comme d'une chose à moi de mon droit dans l'évangile.
19Car, étant libre à l'égard de tous, je me suis asservi à tous, afin de gagner le plus de gens;20et pour les Juifs, je suis devenu comme Juif, afin de gagner les Juifs; pour ceux qui étaient sous la loi, comme si j'étais sous la loi, n'étant pas moi-même sous la loi, afin de gagner ceux qui étaient sous la loi;21pour ceux qui étaient sans loi, comme si j'étais sans loi (non que je sois sans loi quant à Dieu, mais je suis justement soumis à Christ), afin de gagner ceux qui étaient sans loi.22Je suis devenu pour les faibles comme faible, afin de gagner les faibles; je suis devenu toutes choses pour tous, afin que de toute manière j'en sauve quelques-uns.23Et je fais toutes choses à cause de l'évangile, afin que je sois coparticipant avec lui.
24Ne savez-vous pas que ceux qui courent dans la lice courent tous, mais un seul reçoit le prix? Courez de telle manière que vous le remportiez.25Or quiconque combat dans l'arène vit de régime en toutes choses; eux donc, afin de recevoir une couronne corruptible; mais nous, afin d'en recevoir une incorruptible.26Moi donc je cours ainsi, non comme ne sachant pas vers quel but; je combats ainsi, non comme battant l'air;27mais je mortifie mon corps et je l'asservis, de peur qu'après avoir prêché à d'autres, je ne sois moi-même réprouvé.

Enflés par leurs dons et leurs connaissances, certains hommes s'étaient attribués une place prépondérante dans l'assemblée de Corinthe. Et, comme s'élever soi-même conduit toujours à rabaisser les autres, ils en étaient venus à contester l'autorité de l'apôtre, c'est-à-dire celle de Dieu. Paul se trouve de ce fait obligé de justifier son ministère et sa conduite. Évangéliser était son devoir, reçu de la bouche du Seigneur, et il n'avait pas été désobéissant à la vision céleste (Actes 26:17-19). L'apôtre se faisait le serviteur de tous afin de les gagner à l'évangile. Doit-on comprendre alors qu'il se prêtait à tous les compromis? Absolument pas! Comme Jésus lui-même au puits de Sichar, il savait trouver chaque âme sur son propre terrain et lui parler le langage qu'elle pouvait comprendre. Aux Juifs il présentait le Dieu d'Israël, leur responsabilité dans le rejet du Sauveur, Fils de David et la rémission des péchés (Actes 13:38…). Aux Gentils idolâtres, il annonçait le Dieu unique, patient envers sa créature, ordonnant de se repentir (Actes 17:22…). L'apôtre avait constamment devant les yeux le prix qui devait couronner ses efforts: toutes les âmes sauvées par son ministère (1 Thess. 2:19; Phil. 4:1). Tendu vers le but, il courait comme l'athlète dans le stade, disciplinant strictement son corps, ne pensant qu'à la victoire. Mais le champion sportif n'a devant lui qu'une gloire éphémère, des lauriers qui demain seront fanés (v. 25). Notre course chrétienne, elle, a pour enjeu une couronne inflétrissable. Courons chacun de manière à la remporter (v. 24).

1 Corinthiens 10:1-13
1Car je ne veux pas que vous ignoriez, frères, que nos pères ont tous été sous la nuée, et que tous ils ont passé à travers la mer,2et que tous ils ont été baptisés pour Moïse dans la nuée et dans la mer,3et que tous ils ont mangé la même viande spirituelle,4et que tous ils ont bu le même breuvage spirituel, car ils buvaient d'un rocher spirituel qui les suivait: et le rocher était le Christ.5Mais Dieu n'a point pris plaisir en la plupart d'entre eux, car ils tombèrent dans le désert.
6Or ces choses arrivèrent comme types de ce qui nous concerne, afin que nous ne convoitions pas des choses mauvaises, comme ceux-là aussi ont convoité.7Ne soyez pas non plus idolâtres, comme quelques-uns d'eux, ainsi qu'il est écrit: "Le peuple s'assit pour manger et pour boire, et ils se levèrent pour jouer".8Ne commettons pas non plus la fornication, comme quelques-uns d'eux ont commis la fornication, et il en est tombé en un seul jour vingt-trois mille.9Ne tentons pas non plus le Christ comme quelques-uns d'eux l'ont tenté et ont péri par les serpents.10Ne murmurez pas non plus, comme quelques-uns d'eux ont murmuré et ont péri par le destructeur.11Or toutes ces choses leur arrivèrent comme types, et elles ont été écrites pour nous servir d'avertissement, à nous que les fins des siècles ont atteints.12Ainsi, que celui qui croit être debout, prenne garde qu'il ne tombe.13Aucune tentation ne vous est survenue qui n'ait été une tentation humaine; et Dieu est fidèle, qui ne permettra pas que vous soyez tentés au delà de ce que vous pouvez supporter , mais avec la tentation il fera aussi l'issue, afin que vous puissiez la supporter.

À travers l'exemple d'Israël, Paul nous fait mesurer l'accablante responsabilité des chrétiens professants. Ils ont eu part extérieurement aux bénédictions spirituelles les plus excellentes: Christ, Son œuvre, Son Esprit, Sa Parole… (v. 3, 4). Mais Dieu ne peut prendre plaisir en la plupart d'entre eux parce que la foi leur manque (v. 5; Héb. 10:38). Par l'histoire du peuple dans le désert, l’Esprit de Dieu nous donne un triste exemple de ce que nos cœurs sont capables de produire, même sous le manteau du christianisme: convoitises, idolâtrie, murmures… Il nous avertit solennellement de ce que méritent ces fruits de la chair — bien que la grâce agisse en faveur du croyant. Or ce mal qui est en puissance en nous, le Tentateur cherche à le faire apparaître par ses sollicitations, afin de nous faire tomber. Et ceci précisément au moment où nous pourrions nous croire debout par nos propres forces (v. 12). Mais «Dieu est fidèle»; quel encouragement d'y penser! Connaissant notre faiblesse, il ne permettra pas à Satan de nous tenter au-delà de ce que chacun peut supporter (v. Job 1:12; 2:6). Il a préparé d'avance à l'épreuve une issue victorieuse (v. 13). Appuyons-nous sur ces promesses chaque fois que l'Ennemi se présente. Oui, Dieu est fidèle!

1 Corinthiens 10:14-33; 1 Corinthiens 11:1
14C'est pourquoi, mes bien-aimés, fuyez l'idolâtrie.
15Je parle comme à des personnes intelligentes: jugez vous-mêmes de ce que je dis.16La coupe de bénédiction que nous bénissons, n'est-elle pas la communion du sang de Christ? Le pain que nous rompons, n'est-il pas la communion du corps du Christ?17Car nous qui sommes plusieurs, sommes un seul pain, un seul corps, car nous participons à un seul et même pain.18Considérez l'Israël selon la chair: ceux qui mangent les sacrifices n'ont-ils pas communion avec l'autel? Que dis-je donc?19que ce qui est sacrifié à une idole soit quelque chose? ou qu'une idole soit quelque chose?20Non, mais que les choses que les nations sacrifient, elles les sacrifient à des démons et non pas à Dieu: or je ne veux pas que vous ayez communion avec les démons.21Vous ne pouvez boire la coupe du Seigneur et la coupe des démons; vous ne pouvez participer à la table du Seigneur et à la table des démons.22Provoquons-nous le Seigneur à la jalousie? Sommes-nous plus forts que lui?
23Toutes choses sont permises, mais toutes choses ne sont pas avantageuses; toutes choses sont permises, mais toutes choses n'édifient pas.24Que personne ne cherche son propre intérêt, mais celui d'autrui.25Mangez de tout ce qui se vend à la boucherie, sans vous enquérir de rien à cause de la conscience:26"car la terre est au *Seigneur, et tout ce qu'elle contient".27Or si quelqu'un des incrédules vous convie, et que vous vouliez aller, mangez de tout ce qui est mis devant vous, sans vous enquérir de rien à cause de la conscience.28Mais si quelqu'un vous dit: Ceci a été offert en sacrifice, -n'en mangez pas, à cause de celui qui vous a avertis, et à cause de la conscience.29Or je dis: la conscience, non la tienne, mais celle de l'autre; car pourquoi ma liberté est-elle jugée par la conscience d'autrui?30Si moi, je participe avec action de grâces, pourquoi suis-je blâmé pour une chose dont moi de rends grâces?31Soit donc que vous mangiez, soit que vous buviez, ou quoi que vous fassiez, faites tout pour la gloire de Dieu.32Ne devenez une cause d'achoppement ni aux Juifs, ni aux Grecs, ni à l'assemblée de Dieu;33comme moi aussi je complais à tous en toutes choses, ne cherchant pas mon avantage propre, mais celui du grand nombre, afin qu'ils soient sauvés.
1Soyez mes imitateurs, comme moi aussi je le suis de Christ.

La communion avec Dieu, part bénie du croyant, exclut toute participation avec l'idolâtrie sous ses formes les plus raffinées. D'une manière particulière, c'est à «la table du Seigneur» que la communion est exprimée. Ceux qui prennent part à la coupe et au pain sont en principe tous des rachetés du Seigneur sans être, il s'en faut de beaucoup, tous les rachetés du Seigneur. Cependant nous les voyons par la foi représentés dans le seul pain, signe visible qu'il y a un seul corps. Il exprime cette unité de l'Église que le monde religieux prétend vouloir réaliser… alors qu'elle existe déjà!

Si je ne cherche pas mon propre intérêt, que de moments deviennent disponibles pour les intérêts des autres, autrement dit pour ceux de Jésus Christ (comp. Phil. 2:21)! Or chercher l'intérêt de mon frère, ce n'est pas seulement veiller à son bien-être; c'est également penser à sa conscience. C'est faire certaines choses pour lui et s'abstenir d'en faire d'autres. Ainsi serai-je amené à me poser toujours les mêmes questions: Dans l'occasion présente, ai-je la liberté de rendre grâces? Ce que je fais en ce moment, y compris simplement manger et boire (en contraste avec le v. 7), est-ce ou non pour la gloire de Dieu?

1 Corinthiens 11:2-16
2Or je vous loue de ce que vous vous souvenez de moi en toutes choses, et de ce que vous gardez les enseignements, comme je vous les ai donnés.3Mais je veux que vous sachiez que le chef de tout homme, c'est le Christ, et que le chef de la femme, c'est l'homme, et que le chef du Christ, c'est Dieu.4Tout homme qui prie ou qui prophétise en ayant quelque chose sur la tête, déshonore sa tête;5et toute femme qui prie ou qui prophétise, la tête découverte, déshonore sa tête, car c'es la même chose qu'une femme qui serait rasée.6Car si la femme n'est pas couverte, qu'on lui coupe aussi les cheveux. Mais s'il est déshonnête pour une femme d'avoir les cheveux coupés ou d'être rasée, qu'elle soit couverte.7Car l'homme, étant l'image et la gloire de Dieu, ne doit pas se couvrir la tête; mais la femme est la gloire de l'homme.8Car l'homme ne procède pas de la femme, mais la femme de l'homme;9car aussi l'homme n'a pas été crée à cause de la femme, mais la femme à cause de l'homme.10C'est pourquoi la femme, à cause des anges, doit avoir sur la tête une marque de l' autorité à laquelle est est soumise.11Toutefois ni la femme n'est sans l'homme, ni l'homme sans la femme, dans le Seigneur;12car comme la femme procède de l'homme, ainsi aussi l'homme est par la femme; mais toutes choses procèdent de Dieu.13Jugez-en vous-mêmes: est-t-il convenable qu'une femme prie Dieu sans être couverte?14La nature même ne vous enseigne-t-elle pas que, si un homme a une longue chevelure, c'est un déshonneur pour lui?15Mais si une femme a une longue chevelure, c'est une gloire pour elle, parce que la chevelure lui est donnée en guise de voile.16Mais si quelqu'un paraît vouloir contester, nous, nous n'avons pas une telle coutume, ni les assemblées de Dieu.

Peu de portions de la Bible ont fait l'objet d'autant de contestations que les enseignements de ces chapitres (v. 16). Pourquoi l'apôtre — ou plutôt le Saint-Esprit — s'occupe-t-il de questions en apparence aussi minimes que le fait pour une femme de porter une longue chevelure ou de se couvrir la tête en certaines occasions? Il faut nous souvenir d'abord que notre christianisme ne consiste pas en quelques actions remarquables accomplies de temps à autre, mais qu'il est fait d'un ensemble de détails qui tissent notre vie quotidienne (Luc 16:10). D'autre part, que Dieu est souverain et n'est pas tenu de nous donner la raison de tout ce qu'Il demande de nous dans sa Parole. Obéir sans discuter est la seule vraie obéissance. Aussi ces instructions sont-elles une sorte de test pour chaque femme ou jeune fille chrétienne. C'est comme si le Seigneur lui demandait: Feras-tu cela pour moi? Auras-tu à cœur de montrer par ce signe extérieur ta dépendance et ta soumission, ou bien feras-tu passer d'abord les exigences de la mode ou de la commodité?

Enfin, n'oublions pas ce fait solennel: le monde invisible des anges observe de quelle manière les croyants répondent à la pensée de Dieu (v. 10). Quel spectacle leur donnons-nous?

1 Corinthiens 11:17-34
17Or, en prescrivant ceci, je ne vous loue pas, -c'est que vous vous réunissez, non pas pour votre profit, mais à votre détriment.18Car d'abord, quand vous vous réunissez en assemblée, j'entends dire qu'il y a des divisions parmi vous, et je le crois en partie;19car il faut aussi qu'il y ait des sectes parmi vous, afin que ceux qui sont approuvés soient manifestes parmi vous.20Quand donc vous vous réunissez ensemble, ce n'est pas manger la cène dominicale:21car lorsqu'on mange, chacun prend par avance son propre souper, et l'un a faim, et l'autre s'enivre.22N'avez-vous donc pas des maisons pour manger et pour boire? Ou méprisez-vous l'assemblée de Dieu, et faites-vous honte à ceux qui n'ont rien? Que vous dirai-je? Vous louerai-je? En cela, je ne vous loue pas.
23Car moi, j'ai reçu du Seigneur ce qu'aussi je vous ai enseigné: c'est que le Seigneur Jésus, la nuit qu'il fut livré, prit du pain,24et après avoir rendu grâces, il le rompit et dit: "Ceci est mon corps, qui est pour vous; faites ceci en mémoire de moi."25De même il prit la coupe aussi, après le souper, en disant: "Cette coupe est la nouvelle alliance en mon sang: faites ceci, toutes les fois que vous la boirez, en mémoire de moi."26Car toutes les fois que vous mangez ce pain et que vous buvez la coupe, vous annoncez la mort du Seigneur jusqu'à ce qu'il vienne.27Ainsi quiconque mange le pain ou boit la coupe du Seigneur indignement sera coupable à l'égard du corps et du sang du Seigneur.28Mais que chacun s'éprouve soi-même, et qu'ainsi il mange du pain et boive de la coupe;29car celui qui mange et qui boit, mange et boit un jugement contre lui-même, ne distinguant pas le corps.30C'est pour cela que plusieurs sont faibles et malades parmi vous, et qu'un assez grand nombre dorment.31Mais si nous nous jugions nous-mêmes, nous ne serions pas jugés.32Mais quand nous sommes jugés, nous sommes châtiés par le Seigneur, afin que nous ne soyons pas condamnés avec le monde.33Ainsi, mes frères, quand vous vous réunissez pour manger, attendez-vous l'un l'autre;34si quelqu'un a faim, qu'il mange chez lui, afin que vous ne vous réunissiez pas pour être jugés. Or, quant aux autres points, je les réglerai quand j'irai vers vous.

Il y avait des partis à Corinthe. Même les réunions s'en ressentaient. Les riches faisaient honte aux pauvres et excitaient leur jalousie. Fait plus grave encore, la cène, confondue avec l'agape (le repas en commun), était prise indignement par beaucoup. C'est l'occasion pour l'apôtre de rappeler ce que le Seigneur lui a spécialement révélé. La cène est le saint souvenir d'un Christ qui s'est livré pour nous. Un souvenir qui certes parle au cœur de chaque participant, mais aussi qui proclame universellement ce fait capital: Celui qui est le Seigneur a dû mourir. Et, jusqu'à Son retour, nous sommes invités à annoncer cette mort du Seigneur dans le langage si grand et si simple qui nous a été enseigné.

Enfin ce mémorial parle à la conscience du croyant. Car la mort de Christ signifie la condamnation du péché. Prendre la cène sans s'être d'abord jugé expose donc (pour la terre) aux effets de cette condamnation. Ainsi s'expliquait la faiblesse de plusieurs à Corinthe (et peut-être parmi nous), la maladie, la mort même, qui avaient frappé certains (v. 30). Néanmoins la crainte ne doit pas nous tenir à l'écart (v. 28). Elle peut et doit s'accorder avec une réponse fervente à Celui qui a dit: «Faites ceci en mémoire de moi» (v. 24, 25).

1 Corinthiens 12:1-13
1Or, pour ce qui est des manifestations spirituelles, frères, je ne veux pas que vous soyez ignorants.2Vous savez que, quand vous étiez gens des nations, vous étiez entraînés vers les idoles muettes, selon que vous étiez menés.3C'est pourquoi je vous fais savoir que nul homme parlant par l'Esprit de Dieu, ne dit: "Anathème à Jésus"; et que nul ne peut dire "Seigneur Jésus", si ce n'est par l'Esprit Saint.4Or il y a diversité de dons de grâce, mais le même Esprit:5et il y a diversité de services, et le même Seigneur;6et il y a diversité d'opérations, mais le même Dieu qui opère tout en tous.7à chacun est donnée la manifestation de l'Esprit en vue de l'utilité.8Car à l'un est donnée, par l'Esprit, la parole de sagesse; et à un autre la parole de connaissance, selon le même Esprit;9et à un autre la foi, par le même Esprit: et à un autre des dons de grâce de guérisons, par le même Esprit;10et à un autre des opérations de miracles; et à un autre la prophétie; et à un autre des discernements d'esprits; et à un autre diverses sortes de langues; et à un autre l'interprétation des langues.11Mais le seul et même Esprit opère toutes ces choses; distribuant à chacun en particulier comme il lui plaît.
12Car de même que le corps est un et qu'il a plusieurs membres, mais que tous les membres du corps, quoiqu'ils soient plusieurs, sont un seul corps, ainsi aussi est le Christ.13Car aussi nous avons tous été baptisés d'un seul Esprit pour être un seul corps, soit Juifs, soit Grecs, soit esclaves, soit hommes libres; et nous avons tous été abreuvés pour l'unité d' un seul Esprit.

Parlant des réunions d'assemblée, l'apôtre a donné la première place à la célébration de la cène (1 Cor. 11:20-34). Ensuite seulement, il traite des dons et services ayant en vue l'édification. N'oublions pas que le culte est de toutes les réunions la plus importante.

Paul rappelle à ces anciens idolâtres qu'ils étaient autrefois entraînés par les esprits sataniques (v. 2). Quel changement! À présent c'est l'Esprit de Dieu qui les dirige, opérant en eux «comme il Lui plaît» par les dons qu'Il leur distribue (v. 11). L'apôtre énumère ces dons, précisant qu'ils sont donnés en vue de l'utilité. Et pour illustrer à la fois l'unité de l'Église et la diversité des services, il prend l'exemple du corps humain: composé de beaucoup de membres et d'organes dont aucun ne peut fonctionner sans les autres, il constitue pourtant un organisme unique, conduit par une seule volonté, celle que la tête communique à chaque membre. Ainsi est le corps de Christ. S'il comporte beaucoup de membres (autant que de croyants), il est animé par un seul Esprit pour accomplir une seule volonté, celle du Seigneur qui est «le chef» (c'est-à-dire la Tête: Éph. 4:15, 16). Nous n'avons donc à choisir ni notre activité (v. 11), ni la place où nous devons l'exercer (v. 18).

1 Corinthiens 12:14-31
14Car aussi le corps n'est pas un seul membre, mais plusieurs.15Si le pied disait: Parce que je ne suis pas main, je ne suis pas du corps, est-ce qu'à cause de cela il n'est pas du corps?16Et si l'oreille disait: Parce que je ne suis pas oeil, je ne suis pas du corps, est-ce qu'à cause de cela elle n'est pas du corps?17Si le corps tout entier était oeil, où serait l'ouïe? Si tout était ouïe, où serait l'odorat?18Mais maintenant, Dieu a placé les membres, -chacun d'eux, -dans le corps, comme il l'a voulu.19Or, si tous étaient un seul membre, où serait le corps?20Mais maintenant les membres sont plusieurs, mais le corps, un.21L'oeil ne peut pas dire à la main: Je n'ai pas besoin de toi; ou bien encore la tête, aux pieds: Je n'ai pas besoin de vous;22-mais bien plutôt les membres du corps qui paraissent être les plus faibles, sont nécessaires;23et les membres du corps que nous estimons être les moins honorables, nous les environnons d'un honneur plus grand; et nos membres qui ne sont pas décents sont les plus parés,24tandis que nos membres décents n'en ont pas besoin. Mais Dieu a composé le corps en donnant un plus grand honneur à ce qui en manquait,25afin qu'il n'y ait point de division dans le corps, mais que les membres aient un égal soin les uns des autres.26Et si un membre souffre, tous les membres souffrent avec lui; si un membre est glorifié, tous les membres se réjouissent avec lui.
27Or vous êtes le corps de Christ, et ses membres chacun en particulier.28Dieu a placé les uns dans l'assemblée: -d'abord des apôtres, en second lieu des prophètes, en troisième lieu des docteurs, ensuite des miracles, puis des dons de grâce de guérisons, des aides, des gouvernements, diverses sortes de langues.29Tous sont-ils apôtres? Tous sont-ils prophètes? Tous sont-ils docteurs?30Tous font-ils des miracles? Tous ont-ils des dons de grâce de guérisons? Tous parlent-ils en langues? Tous interprètent-ils?31Or désirez avec ardeur les dons de grâce plus grands: et je vous montre encore un chemin bien plus excellent.

Quel sujet d'émerveillement constitue sans chercher plus loin, le corps que nous «habitons»! «Je te célébrerai de ce que j'ai été fait d'une étrange et admirable manière», s'écrie David au Ps. 139:14. Oui, quelle diversité et pourtant quelle harmonie dans cet ensemble complexe de membres et d'organes dont le plus infime a sa raison d'être et sa fonction propre! L'œil et le petit doigt, par exemple, ne peuvent pas se remplacer l'un l'autre. Mais le second permet d'ôter la poussière venue irriter le premier. Qu'un seul organe fonctionne insuffisamment ou d'une manière déréglée, le corps tout entier sera bientôt malade.

Tout ceci a son équivalent dans l'Église, corps de Christ, lequel n’est pas une organisation, mais un organisme vivant. «Les membres… qui paraissent être les plus faibles, sont nécessaires» (v. 22) et chacun doit se garder de mépriser soit sa propre fonction (v. 15, 16) soit celle des autres (v. 21). Une chrétienne âgée ou infirme, par ses prières, une parole à propos ou simplement par un réconfort matériel, soutiendra peut-être le zèle d'un évangéliste ou d'un pasteur. Ainsi, ce que chacun a reçu, qu'il l'emploie pour les autres comme un bon dispensateur de la grâce variée de Dieu (1 Pierre 4:10).

1 Corinthiens 13:1-13
1Si je parle dans les langues des hommes et des anges, mais que je n'aie pas l'amour, je suis comme un airain qui résonne ou comme une cymbale retentissante.2Et si j'ai la prophétie, et que je connaisse tous les mystères et toute connaissance, et que j'aie toute la foi de manière à transporter des montagnes, mais que je n'aie pas l'amour, je ne suis rien.3Et quand je distribuerais en aliments tous mes biens, et que je livrerais mon corps afin que je fusse brûlé, mais que je n'aie pas l'amour, cela ne me profite de rien.
4L'amour use de longanimité; il est plein de bonté; l'amour n'est pas envieux; l'amour ne se vante pas; il ne s'enfle pas d'orgueil;5il n'agit pas avec inconvenance; il ne cherche pas son propre intérêt; il ne s'irrite pas;6il n'impute pas le mal; il ne se réjouit pas de l'injustice, mais se réjouit avec la vérité;7il supporte tout, croit tout, espère tout, endure tout.
8L'amour ne périt jamais. Or y a-t-il des prophéties? elles auront leur fin. Y a-t-il des langues? elles cesseront. Y a-t-il de la connaissance? elle aura sa fin.9Car nous connaissons en partie, et nous prophétisons en partie;10mais quand ce qui est parfait sera venu, ce qui est en partie aura sa fin.11Quand j'étais enfant, je parlais comme un enfant, je pensais comme un enfant, je raisonnais comme un enfant; quand je suis devenu homme, j'en ai fini avec ce qui était de l'enfant.12Car nous voyons maintenant au travers d'un verre, obscurément, mais alors face à face; maintenant je connais en partie, mais alors je connaîtrai à fond comme aussi j'ai été connu.13Or maintenant ces trois choses demeurent: la foi, l'espérance, l'amour; mais la plus grande de ces choses, c'est l'amour.

Après les différents membres du corps de Christ: pied, main, oreille, œil… au ch. 12, c'est comme si nous trouvions le cœur au ch. 13. Son rôle est d'animer et de réchauffer tous les autres organes. Remarquons que l'amour n'est pas un don parmi ceux du ch. 12 mais le mobile nécessaire à l'exercice de tous les dons. C'est un «chemin» ouvert à tous et qui conduit vers tous (1 Cor. 12:31). De même qu'un chemin est fait pour y marcher, l'amour ne se connaît vraiment que par l'expérience. C'est pourquoi ce chapitre merveilleux ne nous en donne aucune définition. Il dresse une liste — non limitative mais suffisante pour nous humilier profondément — de tout ce que l'amour fait et surtout de ce qu'il ne fait pas. Ce chemin a été celui de Christ ici-bas; et remarquons que son Nom peut être substitué au mot amour dans ce chapitre sans en changer le sens (voir 1 Jean 4:8). Dans notre connaissance des choses encore invisibles, tout est partiel, indistinct, précaire. Mais bientôt nous verrons «face à face». Alors notre Sauveur, qui Lui nous a connus à fond, nous fera entrer dans l'entière connaissance de Lui-même (v. 12; Ps. 139:1…). Et l'amour impérissable sera parfaitement et éternellement satisfait dans notre cœur et dans le Sien.

1 Corinthiens 14:1-19
1Poursuivez l'amour, et désirez avec ardeur les dons spirituels, mais surtout de prophétiser.2Parce que celui qui parle en langue ne parle pas aux hommes, mais à Dieu, car personne ne l'entend; mais en esprit il prononce des mystères.3Mais celui qui prophétise parle aux hommes pour l'édification, et l'exhortation, et la consolation.4Celui qui parle en langue s'édifie lui-même; mais celui qui prophétise édifie l'assemblée.5Or je désire que tous vous parliez en langues, mais surtout que vous prophétisiez; mais celui qui prophétise est plus grand que celui qui parle en langues, à moins qu'il n'interprète, afin que l'assemblée reçoive de l'édification.
6Et maintenant, frères, si je viens à vous et que je parle en langues, en quoi vous profiterai-je, à moins que je ne vous parle par révélation, ou par connaissance, ou par prophétie, ou par doctrine?7De même les choses inanimées qui rendent un son, soit une flûte, soit une harpe, si elles ne rendent pas des sons distincts, comment connaîtra-t-on ce qui est joué sur la flûte ou sur la harpe?8Car aussi, si la trompette rend un son confus, qui se préparera pour le combat?9De même aussi vous, avec une langue, si vous ne prononcez pas un discours intelligible, comment saura-t-on ce qui est dit, car vous parlerez en l'air?10Il y a je ne sais combien de genres de voix dans le monde, et aucune d'elles n'est sans son distinct.11Si donc je ne connais pas le sens de la voix, je serai barbare pour celui qui parle, et celui qui parle sera barbare pour moi.12Ainsi vous aussi, puisque vous désirez avec ardeur des dons de l'Esprit, cherchez à en être abondamment doués pour l'édification de l'assemblée.13C'est pourquoi, que celui qui parle en langue prie pour qu'il interprète.14Car si je prie en langue, mon esprit prie, mais mon intelligence est sans fruit.
15Qu'est-ce donc? Je prierai avec l'esprit, mais je prierai aussi avec l'intelligence; je chanterai avec l'esprit, mais je chanterai aussi avec l'intelligence.16Autrement, si tu as béni avec l'esprit, comment celui qui occupe la place d'un homme simple dira-t-il l'amen à ton action de grâces, puisqu'il ne sait ce que tu dis?17Car toi, il est vrai, tu rends bien grâces; mais l'autre n'est pas édifié.18Je rends grâces à Dieu de ce que je parle en langue plus que vous tous;19mais, dans l'assemblée, j'aime mieux prononcer cinq paroles avec mon intelligence, afin que j'instruise aussi les autres, que dix mille paroles en langue.

Beaucoup se plaignent de la faiblesse actuelle due à l'absence de dons dans les assemblées. Mais désirent-ils ceux-ci avec ardeur comme le v. 1 les y invite? Le Seigneur s'est peut-être proposé de vous confier un tel don et attend pour le faire de lire en vous ce désir ardent. Demandez-le Lui… en même temps que l'humilité qui vous empêchera de vous glorifier de ce don; il n'est pas pour vous, mais pour l'Assemblée (v. 12). Les Corinthiens précisément se servaient de leurs dons pour leur propre gloire, et le plus grand désordre en était résulté. L'apôtre les ramène à une juste appréciation des choses en leur montrant que le don dont ils se vantaient le plus, celui des langues, était justement un des moins grands (v. 5). Le don de prophétie par contre était — et reste — particulièrement désirable. Il ne comporte plus comme autrefois la révélation de l'avenir, mais sert à édifier, à exhorter, à consoler…

Le v. 15 nous rappelle que, pour prier comme pour chanter, une participation de notre intelligence est nécessaire. Nous qui sommes souvent si distraits dans la présence du Seigneur, pensons à ce que nous exprimons devant Dieu; appliquons-nous à en méditer la profondeur. Mais que notre esprit soit conduit par le Saint-Esprit.

1 Corinthiens 14:20-40
20Frères, ne soyez pas des enfants dans vos entendements, mais, pour la malice, soyez de petits enfants; mais, dans vos entendements, soyez des hommes faits.
21Il est écrit dans la loi: "C'est en d'autres langues et par des lèvres étrangères que je parlerai à ce peuple; et même ainsi, ils ne m'écouteront pas, dit le *Seigneur".22De sorte que les langues sont pour signe, non à ceux qui croient, mais aux incrédules; mais la prophétie est un signe, non aux incrédules, mais à ceux qui croient.23Si donc l'assemblée tout entière se réunit ensemble, et que tous parlent en langues, et qu'il entre des hommes simples ou des incrédules, ne diront-ils pas que vous êtes fous?24Mais si tous prophétisent, et qu'il entre quelque incrédule ou quelque homme simple, il est convaincu par tous, et il est jugé par tous:25les secrets de son coeur sont rendus manifestes; et ainsi, tombant sur sa face, il rendra hommage à Dieu, publiant que Dieu est véritablement parmi vous.
26Qu'est-ce donc, frères? Quand vous vous réunissez, chacun de vous a un psaume, a un enseignement, a une langue, a une révélation, a une interprétation: que tout se fasse pour l'édification.27Et si quelqu'un parle en langue, que ce soient deux, ou tout au plus trois, qui parlent, et chacun à son tour, et que quelqu' un interprète;28mais s'il n'y a pas d'interprète, qu'il se taise dans l'assemblée, et qu'il parle à soi-même et à Dieu;29et que les prophètes parlent, deux ou trois, et que les autres jugent;30et s'il y a eu une révélation faite à un autre qui est assis, que le premier se taise.31Car vous pouvez tous prophétiser un à un, afin que tous apprennent et que tous soient exhortés.32Et les esprits des prophètes sont assujettis aux prophètes.33Car Dieu n'est pas un Dieu de désordre, mais de paix, comme dans toutes les assemblées des saints.
34Que vos femmes se taisent dans les assemblées, car il ne leur est pas permis de parler; mais qu'elles soient soumises, comme le dit aussi la loi.35Et si elles veulent apprendre quelque chose, qu'elles interrogent leurs propres maris chez elles, car il est honteux pour une femme de parler dans l'assemblée.
36La parole de Dieu est-elle procédée de vous, ou est-elle parvenue à vous seuls?37Si quelqu'un pense être prophète ou spirituel, qu'il reconnaisse que les choses que je vous écris sont le commandement du Seigneur.38Et si quelqu'un est ignorant, qu'il soit ignorant.39Ainsi, frères, désirez avec ardeur de prophétiser, et n'empêchez pas de parler en langues.40Mais que toutes choses se fassent avec bienséance et avec ordre.

Le don des langues était accordé non pour édifier l'assemblée ni pour évangéliser, mais pour convaincre les incrédules juifs (ce peuple) que Dieu offrait la grâce aux nations (v. 21, 22). Démonstration qui n’est plus nécessaire aujourd’hui. Or «l'édification» est le mot-clé de ce chapitre, la pierre de touche à laquelle toute action doit être soumise: ce que je me propose de dire ou de faire, est-ce réellement pour le bien de mes frères (Éph. 4:29)? D'ailleurs si j'ai en vue leur profit, j'y trouverai toujours en même temps une bénédiction pour moi-même. Si par contre je pense à mon intérêt ou à ma gloire, il s'ensuivra finalement une perte à la fois pour les autres et pour moi (1 Cor. 3:15).

Deux autres conditions président à la vie de l'assemblée: la bienséance et l'ordre (v. 40). Elles imposent des règles pratiques qui touchent au bon sens (v. 26-33) ou à l'ordre divin (v. 34, 35). L'apôtre ne voulait pas que les Corinthiens soient ignorants (1 Cor. 12:1). Toutefois si quelqu'un néglige de s'instruire dans ces sujets concernant l'Assemblée, eh bien! qu'il reste ignorant (v. 38). Dieu est un Dieu de paix (v. 33) et Il veut que l'Assemblée, répondant à ses propres caractères, soit le lieu où Il puisse amener des inconvertis qui y reconnaîtront Sa présence (v. 24, 25).

1 Corinthiens 15:1-19
1Or je vous fais savoir, frères, l'évangile que je vous ai annoncé, que vous avez aussi reçu, et dans lequel vous êtes,2par lequel aussi vous êtes sauvés, si vous tenez ferme la parole que je vous ai annoncée, à moins que vous n'ayez cru en vain.3Car je vous ai communiqué avant toutes choses ce que j'ai aussi reçu, que Christ est mort pour nos péchés, selon les écritures,4et qu'il a été enseveli, et qu'il a été ressuscité le troisième jour, selon les écritures;5et qu'il a été vu de Céphas, puis des douze.6Ensuite il a été vu de plus de cinq cents frères à la fois, dont la plupart sont demeurés en vie jusqu'à présent, mais quelques-uns aussi se sont endormis.7Ensuite il a été vu de Jacques, puis de tous les apôtres;8et, après tous, comme d'un avorton, il a été vu aussi de moi.9Car je suis le moindre des apôtres, moi qui ne suis pas digne d'être appelé apôtre, parce que j'ai persécuté l'assemblée de Dieu.10Mais par la grâce de Dieu, je suis ce que je suis; et sa grâce envers moi n'a pas été vaine, mais j'ai travaillé beaucoup plus qu'eux tous, non pas moi toutefois, mais la grâce de Dieu qui est avec moi.11Soit donc moi, soit eux, nous prêchons ainsi, et vous avez cru ainsi.
12Or si Christ est prêché, -qu'il a été ressuscité d'entre les morts, comment disent quelques-uns parmi vous qu'il n'y a pas de résurrection de morts?13Mais s'il n'y a pas de résurrection de morts, Christ n'a pas été ressuscité non plus;14et si Christ n'a pas été ressuscité, notre prédication donc est vaine aussi, et votre foi aussi est vaine;15et même nous sommes trouvés de faux témoins de Dieu, car nous avons rendu témoignage à l'égard de Dieu qu'il a ressuscité Christ, lequel il n'a pas ressuscité si réellement les morts ne ressuscitent pas.16Car si les morts ne ressuscitent pas, Christ n'a pas été ressuscité non plus;17et si Christ n'a pas été ressuscité, votre foi est vaine, vous êtes encore dans vos péchés:18ceux donc aussi qui se sont endormis en Christ ont péri.19Si, pour cette vie seulement, nous avons espérance en Christ, nous sommes plus misérables que tous les hommes.

Une grave question restait à régler: Quelques personnes à Corinthe niaient la résurrection. Paul démontre qu'on ne peut toucher à cette doctrine sans renverser tout l'édifice de la foi chrétienne. S'il n'y a pas de résurrection, Christ Lui-même n'est pas ressuscité; son œuvre n'a pas reçu l'approbation de Dieu; la mort demeure invaincue et nous sommes encore dans nos péchés. De ce fait, l'Évangile n'a plus aucun sens et notre foi a perdu tout appui. La vie de renoncement et de séparation du chrétien devient absurde, et de tous les hommes, il est le plus à plaindre puisqu'il perd à la fois la vie présente et l'éternité.

Dieu soit béni, il n'en est rien: «le Seigneur est réellement ressuscité» (Luc 24:34). Mais devant l'importance de cette vérité, nous comprenons pourquoi Dieu a pris tant de soin pour l'établir. En premier lieu par les Écritures (v. 3, 4). Puis par des témoins irrécusables en raison de leur qualité: Céphas, Jacques, Paul lui-même (tout en s'en déclarant indigne); ou de leur nombre: environ cinq cents frères que l'on pouvait encore interroger. Et sans doute, plus d'un lecteur, sans avoir encore vu le Seigneur Jésus de ses yeux, a expérimenté pour lui-même que son Sauveur est vivant (comp. Job 19:25).

1 Corinthiens 15:20-34
20(Mais maintenant Christ a été ressuscité d'entre les morts, prémices de ceux qui sont endormis.21Car puisque la mort est par l'homme, c'est par l'homme aussi qu'est la résurrection des morts;22car comme dans l'Adam tous meurent, de même aussi dans le Christ tous seront rendus vivants;23mais chacun dans son propre rang: les prémices, Christ; puis ceux qui sont du Christ, à sa venue;24ensuite la fin, quand il aura remis le royaume à Dieu le Père, quand il aura aboli toute principauté, et toute autorité, et toute puissance.25Car il faut qu'il règne jusqu'à ce qu'il ait mis tous les ennemis sous ses pieds:26le dernier ennemi qui sera aboli, c'est la mort.27Car "il a assujetti toutes choses sous ses pieds". Or, quand il dit que toutes choses sont assujettis, il est évident que c'est à l'exclusion de celui qui qui lui a assujetti toutes choses.28Mais quand toutes choses lui auront été assujetties, alors le Fils aussi lui-même sera assujetti à celui qui lui a assujetti toutes choses, afin que Dieu soit tout en tous.)29Autrement, que feront ceux qui sont baptisés pur les morts, si les morts ne ressuscitent absolument pas? Pourquoi aussi sont-ils baptisés pour eux?30Pourquoi aussi nous, bravons-nous le péril à toute heure?31Par votre confiance que j'ai dans le Christ Jésus notre Seigneur, je meurs chaque jour.32Si pour parler à la manière des hommes, j'ai combattu contre les bêtes à Éphèse, quel profit en ai-je si les morts ne ressuscitent pas? "Mangeons et buvons, car demain nous mourrons".33Ne soyez pas séduits: les mauvaises compagnies corrompent les bonnes moeurs.34pour vivre justement, et ne péchez pas; car quelques-uns sont dans l'ignorance de Dieu, je vous le dis à votre honte.

Christ ressuscité n'a fait que devancer les croyants qui se sont «endormis». Ils ressusciteront à sa venue. Quant aux autres morts, ils ne seront «rendus vivants» que plus tard, pour comparaître devant le trône du jugement (Apoc. 20:12). Et c'est alors seulement que tout sera définitivement soumis à Christ. Après quoi la pensée se perd dans les profondeurs de l'éternité bienheureuse où Dieu finalement sera tout en tous (v. 28).

Ayant fermé cette parenthèse glorieuse (v. 20-28), l'apôtre montre comment le fait de croire ou de ne pas croire à la vie future détermine le comportement de tous les hommes… à commencer par le sien (v. 30-32). Combien y a-t-il de ces malheureux dont toute la religion tient en ces mots: «Mangeons et buvons, car demain nous mourrons» (v. 32)! Ils se persuadent que rien n'existe au-delà de la tombe pour s'excuser de jouir sans frein de leur brève existence, «comme des bêtes sans raison, purement animales» (2 Pierre 2:12). Quant au chrétien, sa foi devrait le tenir en éveil (v. 34), le préserver de s'associer à de dangereuses compagnies, l'empêcher de manger et de boire avec les ivrognes de ce monde (v. 33; Matt. 24:49). Que la compagnie du Seigneur et des siens nous suffise jusqu'à Son retour!

1 Corinthiens 15:35-50
35Mais quelqu'un dira: Comment ressuscitent les morts, et avec quel corps viennent-ils?36Insensé! ce que tu sèmes n'est pas vivifié s'il ne meurt;37et quant à ce que tu sèmes, tu ne sèmes pas le corps qui sera, mais le simple grain, de blé, comme il se rencontre, ou de quelqu'une des autres semences;38mais Dieu lui donne un corps comme il a voulu, et à chacune des semences son propre corps.39Toute chair n'est pas la même chair; mais autre est celle des hommes, autre la chair des bêtes, autre celle des oiseaux, autre celle des poissons:40et il y a des corps célestes et des corps terrestres; mais différente est la gloire des célestes, et différente celle des terrestres;41autre la gloire du soleil, et autre la gloire de la lune, et autre la gloire des étoiles, car une étoile diffère d'une autre étoile en gloire.42aussi est la résurrection des morts: il est semé en corruption, il ressuscite en incorruptibilité;43il est semé en déshonneur, il ressuscite en gloire; il est semé en faiblesse, il ressuscite en puissance;44il est semé corps animal, il ressuscite corps spirituel. S'il y a un corps animal, il y en a aussi un spirituel;45c'est ainsi aussi qu'il est écrit: "Le premier homme Adam devint une âme vivante", le dernier Adam, un esprit vivifiant.46Mais ce qui est spirituel n'est pas le premier, mais ce qui est animal; ensuite ce qui est spirituel.47Le premier homme est tiré de la terre, -poussière; le second homme est venu du ciel.48Tel qu'est celui qui est poussière, tels aussi sont ceux qui sont poussière; et tel qu'est le céleste, tels aussi sont les célestes.49Et comme nous avons porté l'image de celui qui est poussière, nous porterons aussi l'image du céleste.50Or je dis ceci, frères, que la chair et le sang ne peuvent pas hériter du royaume de Dieu, et que la corruption non plus n'hérite pas de l'incorruptibilité.

À quoi ressemblera le nouveau corps dont le croyant sera revêtu dans la gloire (v. 35)? La Bible ne satisfait jamais notre curiosité. «Insensé…» répond-elle à tous les efforts de notre imagination. Si je vous présente une graine inconnue, vous ne pouvez me dire quel genre de plante en sortira. De même, dans une chenille répugnante et terne, rien ne laisse deviner le papillon qui va se déployer chatoyant sous tous les jeux de la lumière. — Mais pour assister aux petits miracles de la germination ou de la métamorphose, il faut la mort de la graine et le sommeil de la chrysalide (comp. Jean 12:24). Ainsi le racheté qui s'est «endormi» paraîtra revêtu d'un corps de résurrection. Quel avenir prodigieux est réservé à ce corps de poussière, simple enveloppe de l'âme! Il ressuscite «en incorruptibilité»: la mort n'a plus de pouvoir sur lui; «en gloire» et «en puissance»: sans plus d'infirmités ni de faiblesse; «corps spirituel»: définitivement débarrassé de la chair et de ses désirs, instrument parfait du Saint-Esprit. Enfin, il sera semblable-celui de Christ ressuscité. N'avons-nous pas là déjà suffisamment de renseignements précieux sur notre état futur… et de raisons pour glorifier Dieu dès maintenant dans notre corps (1 Cor. 6:14, 20)?

1 Corinthiens 15:51-58; 1 Corinthiens 16:1-9
51Voici, je vous dis un mystère: Nous ne nous endormirons pas tous, mais nous serons tous changés:52en un instant, en un clin d'oeil, à la dernière trompette, car la trompette sonnera et les morts seront ressuscités incorruptibles, et nous, nous serons changés.53Car il faut que ce corruptible revête l'incorruptibilité, et que ce mortel revête l'immortalité.54Or quand ce corruptible aura revêtu l'incorruptibilité, et que ce mortel aura revêtu l'immortalité, alors s'accomplira la parole qui est écrite: "La mort a été engloutie en victoire".55"Où est, ô mort, ton aiguillon? où est, ô mort, ta victoire?"56Or l'aiguillon de la mort, c'est le péché; et la puissance du péché, c'est la loi.57Mais grâces à Dieu, qui nous donne la victoire par notre Seigneur Jésus Christ!
58Ainsi, mes frères bien-aimés, soyez fermes, inébranlables, abondant toujours dans l'oeuvre du Seigneur, sachant que votre travail n'est pas vain dans le Seigneur.
1Or pour ce qui est de la collecte qui se fait pour les saints, comme j'en ai ordonné aux assemblées de Galatie, ainsi faites, vous aussi.2Que chaque premier jour de la semaine chacun de vous mette à part chez lui, accumulant selon qu'il aura prospéré, afin que, lorsque je serai arrivé, il ne se fasse pas alors de collectes.3Et quand je serai là, ceux que vous approuverez, je les enverrai avec des lettres, pour porter votre libéralité à Jérusalem.4Et s'il convient que j'y aille moi-même, ils iront avec moi.
5Or je me rendrai auprès de vous quand j'aurai traversé la Macédoine, car je traverse la Macédoine;6et peut-être séjournerai-je auprès de vous, ou même y passerai-je l'hiver, afin que vous me fassiez la conduite où que ce soit que j'aille;7car je ne veux pas vous voir maintenant en passant, car j'espère que je demeurerai avec vous quelques temps, si le Seigneur le permet.8Mais je demeurerai à Éphèse jusqu'à la Pentecôte;9car une porte grande et efficace m'est ouverte, et il y a beaucoup d'adversaires.

Cet exposé magistral de la doctrine de la résurrection ne serait pas complet sans une dernière révélation: tous les croyants ne passeront pas par le sommeil de la mort. Les vivants ne seront pas oubliés quand Jésus reviendra. «En un clin d'œil» aura lieu l'extraordinaire transformation qui rendra chacun propre à la présence de Dieu. De même que, dans la parabole, les invités aux noces royales devaient échanger leurs haillons contre la robe glorieuse (Matt. 22), morts et vivants revêtiront un corps incorruptible et immortel. Alors la victoire de Christ sur la mort, dont Il a donné la preuve dans sa propre résurrection, aura son accomplissement grandiose dans les siens. Eh bien! Comme toute vérité, ce «mystère» doit avoir une conséquence pratique dans la vie de chaque racheté. Notre espérance est «ferme» (Héb. 6:19); soyons fermes nous aussi, «inébranlables, abondant toujours dans l'œuvre du Seigneur». Notre travail ne sera jamais vain s'il est fait «dans le Seigneur» (v. 58, réponse au v. 32). Si même aucun fruit n'est visible sur la terre, il y a une suite en résurrection.

Le ch. 16 fournit un exemple de service chrétien: la collecte au premier jour de la semaine. Elle a beaucoup d'importance pour le cœur de l'apôtre et pour celui du Seigneur.

1 Corinthiens 16:10-24
10Or, si Timothée vient, ayez soin qu'il soit sans crainte au milieu de vous, car il s'emploie à l'oeuvre du Seigneur comme moi-même.11Que personne donc ne le méprise; mais faites-lui la conduite en paix, afin qu'il vienne vers moi, car je l'attends avec les frères.12Or, pour ce qui est du frère Apollos, je l'ai beaucoup prié d'aller auprès de vous avec les frères, mais ce n'a pas été du tout sa volonté d'y aller maintenant; mais il ira quand il trouvera l'occasion favorable.
13Veillez, tenez ferme dans la foi; soyez hommes, affermissez-vous.14Que toutes choses parmi vous se fassent dans l'amour.15Or je vous exhorte, frères-(vous connaissez la maison de Stéphanas, qu'elle est les prémices de l'Achaïe, et qu'ils se sont voués au service des saints,)16-à vous soumettre, vous aussi, à de tels hommes et à quiconque coopère à l'oeuvre et travaille.17Or je me réjouis de la venue de Stéphanas, et de Fortunat, et d'Achaïque, parce qu'ils sont suppléé à ce qui a manqué de votre part: car ils ont suppléé à ce qui a manqué de votre part;18car ils ont récréé mon esprit et le vôtre: reconnaissez donc de tels hommes.
19Les assemblées de l'Asie vous saluent. Aquilas et Priscilla, avec l'assemblée qui se réunit dans leur maison, vous saluent affectueusement dans le Seigneur.20Tous les frères vous saluent. Saluez-vous les uns les autres par un saint baiser.21La salutation, de la propre main de moi, Paul.22-Si quelqu'un n'aime pas le Seigneur Jésus Christ, qu'il soit anathème, Maranatha!23Que la grâce du Seigneur Jésus Christ soit avec vous!24Mon amour est avec vous tous dans le christ Jésus. Amen.

Ces versets contiennent: les dernières recommandations de l'apôtre, quelques nouvelles qu'il donne, enfin les salutations qu'il adresse à ses chers Corinthiens. Parmi eux, il se plaît à reconnaître des frères dévoués et dignes de respect: Stéphanas, Fortunat, Achaïque, et il les cite en exemple (1 Tim. 3:13).

À ces croyants de Corinthe qui ne s'occupaient que des effets extérieurs et spectaculaires du christianisme, Paul a souligné successivement quels motifs devaient les faire agir: «Faites tout pour la gloire de Dieu» (1 Cor. 10:31). — «Que tout se fasse pour l'édification» (1 Cor. 14:26). — «Que toutes choses se fassent avec bienséance et avec ordre» (1 Cor. 14:10). — Enfin ici: «Que toutes choses parmi vous se fassent dans l'amour» (v. 14). C'est sur ce mot amour que Paul achève une épître pourtant si sévère (comp. 2 Cor. 7:8). Sans tenir compte des partis qui existaient à Corinthe, il affirme: «Mon amour est avec vous tous dans le Christ Jésus». Toutefois, étant donné cette dernière condition, s'il y en avait qui n'aimaient pas le Seigneur, ils s'excluaient eux-mêmes de cette salutation et Sa venue prenait pour eux un caractère solennel. «Maranatha»! Le Seigneur vient. Puissions-nous l'attendre avec joie!

2 Corinthiens 1:1-11
1Paul, apôtre de Jésus Christ par la volonté de Dieu, et Timothée, le frère, à l'assemblée de Dieu qui est à Corinthe, avec tous les saints qui sont dans l'Achaïe tout entière:2Grâce et paix à vous de la part de Dieu notre Père et du Seigneur Jésus Christ!
3Béni soit le Dieu et Père de notre Seigneur Jésus Christ, le père des miséricordes et le Dieu de toute consolation,4qui nous console à l'égard de toute notre affliction, afin que nous soyons capables de consoler ceux qui sont dans quelque affliction que ce soit, par la consolation dont nous sommes nous-mêmes consolés de Dieu.5Car comme les souffrances du Christ abondent à notre égard, ainsi, par le Christ, notre consolation aussi abonde.6Et soit que nous soyons affligés, c'est pour votre consolation et votre salut, qui est opéré en ce que vous endurez les mêmes souffrances que nous aussi nous souffrons (et notre espérance à votre égard est ferme); soit que nous soyons consolés, c'est pour votre consolation et votre salut;
7sachant que, comme vous avez part aux souffrances, de même aussi vous avez part à la consolation.8Car nous ne voulons pas, frères, que vous ignoriez, quant à notre affliction qui nous est arrivée en Asie, que nous avons été excessivement chargés, au delà de notre force, de sorte que nous avons désespéré même de vivre.9Mais nous-mêmes nous avions en nous-mêmes la sentence de mort, afin que nous n'eussions pas confiance en nous-mêmes, mais en Dieu qui ressuscite les morts,10qui nous a délivrés d'une si grande mort, et qui nous délivre; en qui nous espérons qu'il nous délivrera aussi encore,11vous aussi coopérant par vos supplications pour nous, afin que, pour le don de grâce qui nous est accordé par le moyen de plusieurs personnes, des actions de grâce soient rendues pour nous par plusieurs.

Sa première épître, Paul ne l'avait pas écrite aux Corinthiens comme un censeur ou un juge sévère. Il avait été lui-même humilié et bouleversé par les nouvelles reçues de cette assemblée. D'autant plus qu'elles lui étaient parvenues à un moment où il passait par une affliction extrême dans cette ville d'Éphèse en Asie, où il y avait beaucoup d'adversaires (v. 8; 1 Cor. 16:9). Or même une telle somme de souffrances peut être un sujet de reconnaissance, car elle entraîne une double et précieuse conséquence. D'abord elle fait perdre au croyant toute confiance en lui-même (v. 9). En second lieu elle le fait entrer dans la profondeur des sympathies du Seigneur. L'abondance des souffrances a ainsi révélé au cher apôtre l'abondance de la consolation (v. 5). Une consolation est toujours personnelle, mais elle permet à celui qui en a fait l'expérience d'entrer à son tour dans les peines des autres et de leur exprimer une vraie sympathie. Être passé par l'épreuve avec le soutien du Seigneur qualifie un chrétien pour s'adresser aux affligés et diriger leurs regards vers «le Dieu et Père de notre Seigneur Jésus Christ, le Père des miséricordes et le Dieu de toute consolation» (v. 3).

2 Corinthiens 1:12-24
12Car notre gloire est celle-ci, savoir le témoignage de notre conscience, qu'avec simplicité et sincérité de Dieu, non pas avec une sagesse charnelle, mais par la grâce de Dieu, nous nous sommes conduits dans le monde et plus encore envers vous.13Car nous ne vous écrivons pas autre chose que ce que vous savez, et que vous reconnaissez, et que vous reconnaîtrez, je l'espère, jusqu'à la fin,14comme aussi vous nous avez reconnus en partie, que nous sommes votre sujet de gloire, comme vous êtes aussi le nôtre dans la journée du Seigneur Jésus.
15Et dans cette confiance j'avais voulu aller auprès de vous d'abord, afin que vous eussiez une seconde grâce,16et par chez vous passer en Macédoine, et de Macédoine de nouveau aller auprès de vous; et puis que vous me fissiez la conduite vers la Judée.17En me proposant donc cela, est-ce que j'aurais usé de légèreté? Ou les choses que je me propose, me les proposé-je selon la chair, en sorte qu'il y ait en moi le oui, oui, et le non, non?18Mais Dieu est fidèle, que notre parole que nous vous avons adressée, n'est pas oui et non.19Car le Fils de Dieu, Jésus Christ, qui a été prêché par nous au milieu de vous, savoir par moi et par Silvain et par Timothée, n'a pas été oui et non, mais il y a oui en lui;20car autant il y a de promesses de Dieu, en lui est le oui et en lui l'amen, à la gloire de Dieu par nous.21Or celui qui nous lie fermement avec vous à Christ et qui nous a oints, c'est Dieu,22qui aussi nous a scellés, et nous a donné les arrhes de l'Esprit dans nos coeurs.23Or, moi, j'appelle Dieu à témoin sur mon âme, que ç'a été pour vous épargner que je ne suis pas encore allé à Corinthe,24non que nous dominions sur votre foi, mais nous coopérons à votre joie: car c'est par la foi que vous êtes debout.

Il n'était pas dans les habitudes de Paul de dire oui quand il pensait non (v. 17). Les Corinthiens pouvaient lui faire confiance: il n'avait pas d'arrière-pensée et faisait preuve de la même sincérité dans ses actes et décisions de la vie courante que lorsqu'il leur avait annoncé un évangile non falsifié (voir 2 Cor. 2:17 et 2 Cor. 4:2 fin). Combien c'est important! Si un enfant de Dieu manque sous le rapport de la vérité, il expose ceux qui l'observent à mettre également en toute la Parole dont il est un témoin si peu sûr. Paul, lui, montrait une droiture parfaite, qu'il s'agisse de ses rapports avec le monde ou avec les autres chrétiens (v. 12). N'était-il pas le messager de Celui qui est «l'Amen, le témoin fidèle et véritable», le Garant que toutes les promesses de Dieu s'accompliront (v. 20; Apoc. 3:14)?

Les v. 21 et 22 nous rappellent trois aspects du don du Saint-Esprit: Par Lui Dieu nous a oints, c'est-à-dire consacrés pour Lui et rendus capables d'entrer dans ses pensées. Il nous a scellés, autrement dit désignés comme Lui appartenant. Enfin Il nous a mis en possession des arrhes de nos biens célestes, nous donnant à la fois une première preuve de leur réalité et le moyen de les goûter dès à présent «dans nos cœurs».

2 Corinthiens 2:1-17
1Mais j'ai jugé ceci en moi-même, de ne pas retourner auprès de vous avec de la tristesse.2Car si moi je vous attriste, qui est-ce donc qui me réjouit, sinon celui qui est attristé par moi?3Et j'ai écrit ceci même, afin que, quand j'arriverai, je n'aie pas de tristesse de la part de ceux de qui je devais me réjouir, ayant cette confiance à l'égard de vous tous, que ma joie est celle de vous tous;4car je vous ai écrit dans une grande affliction et avec serrement de coeur, avec beaucoup de larmes, non afin que vous fussiez attristés, mais afin que vous connussiez l'amour que j'ai si abondamment pour vous.
5Mais si quelqu'un a causé de la tristesse, ce n'est pas moi qu'il a attristé, mais, en quelque sorte (afin que je ne vous surcharge pas), c'est vous tous.6Il suffit, pour un tel homme, de cette punition qui lui a été infligée par le grand nombre,7de sorte qu'au contraire vous devriez plutôt pardonner et consoler, de peur qu'un tel homme ne soit accablé par une tristesse excessive.8C'est pourquoi je vous exhorte à ratifier envers lui votre amour.9Car c'est aussi pour cela que je vous ai écrit, afin que je connaisse, à l'épreuve, si vous êtes obéissants en toutes choses.10Or à celui à qui vous pardonnez quelque chose, moi aussi je pardonne; car moi aussi, ce que j'ai pardonné, si j'ai pardonné quelque chose, je l'ai fait à cause de vous dans la personne de Christ;11afin que nous ne soyons pas circonvenus par Satan, car nous n'ignorons pas ses desseins.
12Or étant arrivé dans la Troade pour l'évangile du Christ, et une porte m'y étant ouverte dans le Seigneur,13je n'ai point eu de repos dans mon esprit, parce que je n'ai pas trouvé Tite, mon frère; mais, ayant pris congé d'eux, je suis parti pour la Macédoine.14Or grâces à Dieu qui nous mène toujours en triomphe dans le Christ et manifeste par nous l'odeur de sa connaissance en tout lieu.15Car nous sommes la bonne odeur de Christ pour Dieu, à l'égard de ceux qui sont sauvés et à l'égard de ceux qui périssent:16aux uns une odeur de mort pour la mort, et aux autres une odeur de vie pour la vie. Et qui est suffisant pour ces choses?17Car nous ne sommes pas comme plusieurs, qui frelatent la parole de Dieu; mais comme avec sincérité, comme de la part de Dieu, devant Dieu, nous parlons en Christ.

L'apôtre avait retardé son voyage à Corinthe pour laisser à sa première lettre le temps de faire son effet. Grâce à Dieu, le travail de conscience attendu s'était produit, tant dans l'assemblée que chez l'homme qui avait dû être exclu. Mais à présent les Corinthiens couraient un autre danger: celui d'oublier la grâce envers le coupable repentant. D'une indulgence blâmable, ils étaient passés à une sévérité sans amour. Satan est toujours prêt à nous faire verser d'un extrême dans l'autre. Ses moyens sont variés pour accomplir ses desseins qui eux ne changent pas: anéantir le témoignage rendu à Christ et retenir les hommes sous sa domination. Il se sert même des plaisanteries à son sujet — si courantes dans le monde — pour faire oublier ses desseins redoutables. Soyons donc en garde contre toute légèreté vis-à-vis du diable et de son pouvoir.

L'apôtre dans son inquiétude au sujet des Corinthiens, avait quitté un beau champ de travail pour aller à la rencontre de Tite qui lui apportait de leurs nouvelles. Mais Paul est consolé en pensant que partout où il va, il répand «la bonne odeur de Christ». Ce même parfum est-il perceptible pour tous ceux qui nous connaissent? Et surtout l'est-il pour Dieu?

2 Corinthiens 3:1-18
1Commençons-nous de nouveau à nous recommander nous-mêmes? Ou avons-nous besoin, comme quelques-uns, de lettres de recommandation pour vous ou de lettres de recommandation de votre part?2Vous êtes, vous, notre lettre, écrite dans nos coeurs, connue et lue de tous les hommes;3car vous êtes manifestés comme étant la lettre de Christ, dressée par notre ministère, écrite non avec de l'encre, mais par l'esprit du Dieu vivant, non sur des tables de pierre, mais sur les tables de chair du coeur.4Or nous avons une telle confiance par le Christ envers Dieu:5non que nous soyons capables par nous-mêmes de penser quelque chose comme de nous-mêmes, mais notre capacité vient de Dieu,
6qui nous a rendus propres aussi pour être des ministres de la nouvelle alliance, non de la lettre, mais de l'esprit, car la lettre tue, mais l'Esprit vivifie.7(Or si le ministère de la mort, gravé en lettres sur des pierres, a été introduit avec gloire, de sorte que les fils d'Israël ne pouvaient arrêter leurs yeux sur la face de Moïse, à cause de la gloire de sa face, laquelle devait prendre fin,8combien plus le ministère de l'Esprit ne subsistera-t-il pas en gloire!9Car si le ministère de la condamnation a été gloire, combien plus le ministère de la justice abonde-t-il en gloire!10Car aussi ce qui a été glorifié n'a pas été glorifié sous ce rapport, à cause de la gloire qui l'emporte de beaucoup.11Car si ce qui devait prendre fin a été introduit avec gloire, bien plus ce qui demeure subsistera-t-il en gloire!
12Ayant donc une telle espérance, nous usons d'une grande liberté;13et nous ne faisons pas comme Moïse qui mettait un voile sur sa face, pour que les fils d'Israël n'arrêtassent pas leurs yeux sur la consommation de ce qui devait prendre fin.14Mais leurs entendements ont étés endurcis, car jusqu'à aujourd'hui, dans la lecture de l'ancienne alliance, ce même voile demeure sans être levé, lequel prend fin en Christ.15Mais jusqu'à aujourd'hui, lorsque Moïse est lu, le voile demeure sur leur coeur;16mais quand il se tournera vers le Seigneur, le voile sera ôté.)17Or le Seigneur est l'esprit; mais là où est l'Esprit du Seigneur, il y a la liberté.18Or nous tous, contemplant à face découverte la gloire de Seigneur, nous sommes transformés en la même image, de gloire en gloire, par le Seigneur en Esprit.

Les hommes jugeaient la doctrine prêchée par Paul d'après la marche des Corinthiens. Ils étaient sa vivante «lettre de recommandation» ou plutôt celle de Christ dont le nom avait été écrit sur leurs cœurs. Tous les chrétiens sont des lettres de Christ que Dieu adresse à ceux qui ne lisent pas la Bible pour qu'ils aient sous les yeux un évangile vécu. Malheureusement, ces lettres sont souvent tachées ou indéchiffrables au lieu d'être connues et lues de tous (v. 2). Veillons donc à ce qu'il n'y ait sur nos visages aucun voile qui empêche notre rayonnement chrétien: voile du souci, de l'égoïsme, de la mondanité… Mais qu'il n'y ait d'abord aucun voile sur nos cœurs (v. 15: par exemple une mauvaise conscience) pour intercepter les rayons que nous avons à recevoir de Celui qui est amour et lumière. Cachez un arbuste sous une bâche ou un écran; il dépérira. Exposez-le au contraire normalement au soleil et à la pluie et le voilà qui croîtra d'une saison à l'autre pour porter les fruits que vous en attendez. Il en est ainsi de nos âmes. Maintenues dans la présence de Christ, il s'opère de ce fait en elles une transformation graduelle (mais inconsciente), de progrès en progrès, à la ressemblance des perfections morales de Celui que nous contemplons dans sa Parole (v. 18).

2 Corinthiens 4:1-15
1C'est pourquoi, ayant ce ministère comme ayant obtenu miséricorde, nous ne nous lassons point,2mais nous avons entièrement renoncé aux choses honteuses qui se font en secret, ne marchant point avec ruse et ne falsifiant point la parole de Dieu, mais, par la manifestation de la vérité, nous recommandant nous-mêmes à toute conscience d'homme devant Dieu:3et si aussi notre évangile est voilé, il est voilé en ceux qui périssent,4en lesquels le dieu de ce siècle a aveuglé les pensées des incrédules, pour que la lumière de l'évangile de la gloire du Christ qui est l'image de Dieu, ne resplendît pas pour eux.5Car nous ne nous prêchons pas nous-mêmes, mais nous prêchons le Christ Jésus comme Seigneur, et nous-mêmes comme vos esclaves pour l'amour de Jésus.6Car c'est le Dieu qui a dit que du sein des ténèbres la lumière resplendît, qui a relui dans nos coeurs pour faire luire la connaissance de la gloire de Dieu dans la face de Christ.7Mais nous avons ce trésor dans des vases de terre, afin que l'excellence de la puissance soit de Dieu et non pas de nous:
8étant dans la tribulation de toute manière, mais non pas réduits à l'étroit; dans la perplexité mais non pas sans ressource;9persécutés, mais non pas abandonnés; abattus, mais ne périssant pas;10portant toujours partout dans le corps la mort de Jésus, afin que la vie aussi de Jésus soit manifestée dans nos corps.11Car nous qui vivons, nous sommes toujours livrés à la mort pour l'amour de Jésus, afin que la vie aussi de Jésus soit manifestée dans notre chair mortelle.12Ainsi donc la mort opère en nous, mais la vie en vous.13Or, ayant le même esprit de foi, selon ce qui est écrit: "J'ai cru, c'est pourquoi j'ai parlé", nous aussi nous croyons, c'est pourquoi aussi nous parlons:14sachant que celui qui a ressuscité le Seigneur Jésus, nous ressuscitera avec Jésus, et nous présentera avec vous.15Car toutes choses sont pour vous, afin que la grâce, abondant par le moyen de plusieurs, multiplie les actions de grâces à la gloire de Dieu.

À condition d’être bien orienté vers une source de lumière, un miroir peut éclairer un coin sombre. C’est parce qu’il contemplait la gloire du Seigneur (2 Cor. 3:18) que Paul réfléchissait fidèlement autour de lui chaque rayon qu'il recevait. Oui, quel était l'objet, resplendissant sur lui, qu'il rendait ainsi visible aux autres hommes? «La gloire de Dieu dans la face de Christ» (v. 6). Cette connaissance de Christ dans la gloire, quel trésor c'était pour Paul! Lui n'était que le vase dans lequel elle était contenue. Un pauvre vase de terre, fragile et sans valeur propre. Car si l'instrument de Dieu s'était fait remarquer par de brillantes qualités humaines, il aurait attiré l'attention sur lui-même aux dépens du trésor qu'il devait présenter. Les bijoutiers savent bien qu'un écrin trop luxueux tend à éclipser le joyau qui y est renfermé. Ils exposent leurs plus beaux bijoux sur du simple velours noir. Ainsi le vase, Paul, était dans la tribulation, dans la perplexité, persécuté, abattu… pour que le trésor: la vie de Jésus en lui soit pleinement manifestée (v. 10). Les épreuves d'un croyant contribuent à le dépouiller de tout éclat personnel afin que brille d'autant plus Celui dont il n'est en quelque sorte que le pied de lampe.

2 Corinthiens 4:16-18; 2 Corinthiens 5:1-10
16C'est pourquoi nous ne nous lassons point; mais si même notre homme extérieur dépérit, toutefois l'homme intérieur est renouvelé de jour en jour.17Car notre légère tribulation d'un moment, opère pour nous, en mesure surabondante, un poids éternel de gloire,18nos regards n'étant pas fixés sur les choses qui se voient, mais sur celles qui ne se voient pas: car les choses qui se voient sont pour un temps, mais celles qui ne se voient pas sont éternelles.
1Car nous savons que, si notre maison terrestre qui n'est qu'une tente, est détruite, nous avons un édifice de la part de Dieu, une maison qui n'est pas faite de main, éternelle, dans les cieux.2Car aussi, dans cette tente, nous gémissons, désirant avec ardeur d'avoir revêtu notre domicile qui est du ciel,3si toutefois, même en étant vêtus, nous ne sommes pas trouvés nus.4Car aussi nous qui sommes dans la tente, nous gémissons, étant chargés; non pas que nous désirions d'être dépouillés, mais nous désirons d'être revêtus, afin que ce qui est mortel soit absorbé par la vie.5Or celui qui nous a formés à cela même, c'est Dieu, qui nous a aussi donné les arrhes de l'Esprit.6Nous avons donc toujours confiance, et nous savons qu'étant présents dans le corps, nous sommes absents du Seigneur,7car nous marchons par la foi, non par la vue;8nous avons, dis-je, de la confiance, et nous aimons mieux être absents du corps et présents avec le Seigneur.9C'est pourquoi aussi, que nous soyons présents ou que nous soyons absents, nous nous appliquons avec ardeur à lui être agréables;10car il faut que nous soyons tous manifestés devant le tribunal du Christ, afin que chacun reçoive les choses accomplies dans le corps, selon ce qu'il aura fait, soit bien, soit mal.

Que de soins nous prenons pour entretenir et faire prospérer «notre homme extérieur» (v. 16). Si seulement notre «homme intérieur» pouvait être aussi bien traité! Ce qui renouvelait le cœur de l'apôtre c'était ce poids éternel de gloire sans commune mesure avec les épreuves qu'il traversait. Marchant «par la foi, non par la vue» (v. 7), les regards de son âme fixés sur les choses qui ne se voient pas mais qui sont éternelles, il en avait l’avant-goût déjà par les arrhes de l'Esprit (v. 5). C'est pourquoi il ne se lassait pas (2 Cor. 4:1, 16).

Quelle crainte, quelle ardeur, la pensée du tribunal de Christ devrait sans cesse produire en nous! Nous n'y comparaîtrons par en jugement, notre salut est assuré. Mais comme un film, notre vie entière s'y déroulera révélant tout ce que nous aurons fait «soit bien, soit mal» et nous recevrons soit gain, soit perte. En même temps le Seigneur y montrera comment sa grâce a su tirer son éclat même de nos péchés. Un artiste qui a fini de restaurer un portrait détérioré met son travail en valeur en y juxtaposant la photo du tableau initial. Étant souvent peu sensibles au péché, nous mesurons aussi trop peu la grâce qui nous pardonne et nous supporte. Le tribunal de Christ nous en fera enfin réaliser toute l'immensité.

2 Corinthiens 5:11-21
11Connaissant donc combien le Seigneur doit être craint, nous persuadons les hommes, mais nous nous avons été manifestés à Dieu, et j'espère aussi que nous avons étés manifestés dans vos consciences.
12Nous ne nous recommandons pas de nouveau à vous, mais nous vous donnons occasion de vous glorifier de nous, afin que vous ayez de quoi répondre à ceux qui se glorifient extérieurement et non pas du coeur.13Car si nous sommes hors de nous-mêmes, c'est pour Dieu; si nous sommes de sens rassis, c'est pour vous.14Car l'amour du Christ nous étreint, en ce que nous avons jugé ceci, que si un est mort pour tous, tous donc sont morts,15et qu'il est mort pour tous, afin que ceux qui vivent ne vivent plus pour eux-mêmes, mais pour celui qui pour eux est mort et a été ressuscité.
16En sorte que nous, désormais, nous ne connaissons personne selon la chair; et, si même nous avons connu Christ selon la chair, toutefois maintenant nous ne le connaissons plus ainsi.17En sorte que si quelqu'un est en Christ, c'est une nouvelle création: les choses vieilles sont passées; voici, toutes choses sont faites nouvelles;18et toutes sont du Dieu qui nous a réconciliés avec lui-même par Christ, et qui nous a donné le service de la réconciliation,19savoir, que Dieu était en Christ, réconciliant le monde avec lui-même, ne leur imputant pas leurs fautes et mettant en nous la parole de la réconciliation.20Nous sommes donc ambassadeurs pour Christ, -Dieu, pour ainsi dire, exhortant par notre moyen; nous supplions pour Christ: Soyez réconciliés avec Dieu!21Celui qui n'a pas connu le péché, il l'a fait péché pour nous, afin que nous devinssions justice de Dieu en lui.

Paul désirait avec ardeur la gloire céleste (v. 2) mais en attendant il s'appliquait avec la même ardeur à être agréable au Seigneur (v. 9). N'ayant rien à cacher ni à Dieu, ni aux hommes (v. 11), il ne vivait plus pour lui-même; corps et âme, il était l'esclave de Christ mort et ressuscité pour lui (v. 15). Or le Seigneur l'avait appelé — comme chaque racheté — à une très haute fonction: celle d'ambassadeur du Dieu souverain pour offrir de Sa part au monde la réconciliation. Pour s'acquitter de cette mission et persuader les hommes, deux grands motifs pressaient le cher apôtre: la solennité du jugement: il connaissait combien le Seigneur doit être craint (v. 11); et l'amour de Christ pour les âmes, amour sans lequel le prédicateur le plus éloquent n'est qu'un airain qui résonne (v. 14; 1 Cor. 13:1).

En quoi consiste encore le message de la réconciliation? Christ, le seul homme sans péché a été identifié sur la croix pour l'expier, avec le péché même. Ainsi Dieu a annulé en grâce le péché qui nous séparait de Lui (v. 21). «Les choses vieilles sont passées». Dieu ne les raccommode pas, ce n’est pas digne de Lui. Il se plaît à faire «toutes choses nouvelles». «Si quelqu’un est en Christ, c’est une nouvelle création» (v. 17).

2 Corinthiens 6:1-18; 2 Corinthiens 7:1
1Or, travaillant à cette même oeuvre, nous aussi, nous exhortons à ce que vous n'ayez pas reçu la grâce de Dieu en vain;2(car il dit: "Au temps agréé je t'ai exaucé, et en un jour de salut je t'ai secouru". Voici, c'est maintenant le temps agréable; voici, c'est maintenant le jour du salut)3-ne donnant aucun scandale en rien, afin que le service ne soit pas blâmé,4en toutes choses nous recommandant comme serviteurs de Dieu, par une grande patience, dans les tribulations, dans les nécessités, dans les détresses,5les coups, dans les prisons, dans les troubles, dans les travaux, dans les veilles, dans les jeûnes,6par la pureté, par la connaissance, par la longanimité, par la bonté, par l'Esprit Saint, par un amour sans hypocrisie,7par la parole de la vérité, par la puissance de Dieu, par les armes de justice de la main droite et de la main gauche,8dans la gloire et dans l'ignominie, dans la mauvaise et dans la bonne renommée; comme séducteurs, et véritables;9comme inconnus, et bien connus; comme mourants, et voici, nous vivons; comme châtiés, et non mis à mort;10comme attristés, mais toujours joyeux; comme pauvres, mais enrichissant plusieurs; comme n'ayant rien, et possédant toutes choses.
11Notre bouche est ouverte pour vous, ô Corinthiens! notre coeur s'est élargi:12vous n'êtes pas à l'étroit en nous, mais vous êtes à l'étroit dans vos entrailles;13et, en juste récompense, (je vous parle comme à mes enfants,) élargissez-vous, vous aussi.14Ne vous mettez pas sous un joug mal assorti avec les incrédules; car quelle participation y a-t-il entre la justice et l'iniquité? ou quelle communion entre la lumière et les ténèbres?15et quel accord de Christ avec Béliar? ou quelle part a le croyant avec l'incrédule?16et quelle convenance y a-t-il entre le temple de Dieu et les idoles? Car vous êtes le temple du Dieu vivant, selon ce que Dieu a dit: "J'habiterai au milieu d'eux, et j'y marcherai, et je serai leur Dieu, et eux seront mon peuple".17"C'est pourquoi sortez du milieu d'eux, et soyez séparés, dit le *Seigneur, et ne touchez pas à ce qui est impur, et moi, je vous recevrai";18"et je vous serai pour père, et vous, vous me serez pour fils et pour filles, dit le *Seigneur, le Tout-puissant."
1Ayant donc ces promesses, bien-aimés, Purifions-nous nous-mêmes de toute souillure de chair et d'esprit, achevant la sainteté dans la crainte de Dieu.

«Une grande patience», voilà ce qui recommande le serviteur de Dieu (c'est-à-dire chaque croyant; v. 4; 2 Cor. 12:12). Mieux que tout discours, la manière dont Paul endurait ses épreuves démontrait la valeur de son évangile. Il souffrait pour quelque chose qui en valait la peine.

Quel homme étrange que le chrétien! Il a en quelque sorte deux faces. Aux yeux du monde, il paraît dans l'ignominie, séducteur, inconnu,… attristé, pauvre, n'ayant rien. Et qu'est-il devant Dieu?: Véritable, bien connu, vivant, toujours joyeux, enfin possédant toutes choses (v. 8-10)! C'est son vrai visage.

Les exhortations qui suivent peuvent paraître étroites et sévères. Mais elles procèdent du cœur large de l'apôtre (v. 11). Le mot de séparation nous rebute, et pourtant qui dit sainteté dit séparation pour Dieu (Lév. 20:26). Achever l'une (2 Cor. 7:1) équivaut nécessairement à pratiquer l'autre. Séparation du monde… et les v. 14 et 15 ne s'appliquent pas seulement à tel projet de mariage mal assorti. Séparation du monde religieux (v. 16-18): elle offre des compensations incomparables, l’espérance de la présence du Seigneur Jésus «au milieu» des siens et de relations bénies avec Dieu notre Père. Enfin, séparation du mal sous toutes ses formes (2 Cor. 7:1).

2 Corinthiens 7:2-12
2Recevez-nous: nous n'avons fait tort à personne, nous n'avons ruiné personne, nous ne nous sommes enrichis aux dépens de personne.3Je ne dis pas ceci pour vous condamner, car j'ai déjà dit que vous êtes dans nos coeurs à mourir ensemble et à vivre ensemble.4Ma franchise est grande envers vous, je me glorifie grandement de vous; je suis rempli de consolation; ma joie surabonde au milieu de toute notre affliction.
5Car aussi, lorsque nous arrivâmes en Macédoine, notre chair n'eut aucun repos, mais nous fûmes affligés en toute manière: au dehors, des combats; au dedans, des craintes.6Mais celui qui console ceux qui sont abaissés, Dieu, nous a consolés par la venue de Tite,7et non seulement par sa venue, mais aussi par la consolation dont il a été rempli à votre sujet, en nous racontant votre grand désir, vos larmes, votre affection ardente envers moi, de sorte que je me suis d'autant plus réjoui.8Car si aussi je vous ai attristés par ma lettre, je n'en ai pas de regret, si même j'en ai eu du regret (car je vois que cette lettre vous a attristés, lors même que ce n'a été que pour un temps).9Maintenant je me réjouis, non de ce que vous avez étés attristés, mais de ce que vous avez été attristés à repentance; car vous avez été attristés selon Dieu, afin qu'en rien vous ne receviez de préjudice de notre part.10Car la tristesse qui est selon Dieu opère une repentance à salut dont on n'a pas de regret, mais la tristesse du monde opère la mort.11Car voici, ce fait même que vous avez été attristés selon Dieu, quel empressement il a produit en vous, mais quelles excuses, mais quelle indignation, mais quelle crainte, mais quel ardent désir, mais quel zèle, mais quelle vengeance: A tous égards, vous avez montré que vous êtes purs dans l'affaire.
12Ainsi, si même je vous ai écrit, ce n'a point été à cause de celui qui a fait le tort ni à cause de celui à qui on a fait tort, mais afin que le zèle que nous avons pour vous, vous fût manifesté devant Dieu.

L'amour de Christ étreignait Paul pour ses Corinthiens. Et cet amour était aussi vrai, aussi grand quand il leur avait écrit sa première lettre sévère. Mais à présent son cœur est au large; il peut laisser parler librement ses affections. Ceux qui nous reprennent et nous avertissent avec le plus de sévérité sont souvent ceux qui nous aiment le plus. «Moi, je reprends et je châtie tous ceux que j’aime», dira le Seigneur à une église devenue tiède (Apoc. 3:19).

L'assemblée avait jugé le mal au milieu d'elle; elle avait ainsi montré sa pureté et sa droiture (v. 11): si elle avait supporté un affreux péché, c'était par ignorance et par négligence. Les Corinthiens n'en avaient pas moins dû s'humilier de leur état qui avait permis à un tel mal d'apparaître au milieu d'eux et ils en avaient éprouvé une tristesse selon Dieu.

Le v. 10 nous montre que le simple regret, la honte, le remords… ne sont pas la repentance. Celle-ci consiste à porter sur nos fautes le même jugement que Dieu, à reconnaître le mal et l'abandonner, qu'il s'agisse des actes commis avant ou après notre conversion (Prov. 28:13). Elle est le premier fruit de la foi. Et à son tour elle produit «des fruits qui conviennent à la repentance» comme le disait Jean le Baptiseur à ceux qui venaient à son baptême (Luc 3:8). Chacun de nos lecteurs a-t-il passé par une vraie repentance?

2 Corinthiens 7:13-16; 2 Corinthiens 8:1-8
13C'est pourquoi nous avons été consolés. Et nous nous sommes réjouis d'autant plus abondamment, dans notre consolation, de la joie de Tite, parce que son esprit a été récréé par vous tous.14Parce que, si en quelque chose je me suis glorifié de vous auprès de lui, je n'en ai pas été confus; mais comme nous vous avons dit toutes choses selon la vérité, ainsi aussi ce dont nous nous étions glorifiés auprès de Tite s'est trouvé vrai,15et son affection se porte plus abondamment sur vous, quand il se souvient de l'obéissance de vous tous, comment vous l'avez reçu avec crainte et tremblement.16Je me réjouis de ce qu'en toutes choses j'ai de la confiance à votre égard.
1Or nous vous faisons connaître, frères, la grâce de Dieu donnée aux saints dans les assemblées de la Macédoine:2c'est que, dans une grande épreuve de tribulation, l'abondance de leur joie et leur profonde pauvreté ont abondé dans la richesse de leur libéralité.3Car selon leur pouvoir (j'en rends témoignage), et au delà de leur pouvoir, ils ont agi spontanément,4nous demandant avec de grandes instances la grâce et la communion de ce service envers les saints;5et non seulement comme nous l'avions espéré, mais ils se sont donnés premièrement eux-mêmes au Seigneur, et puis à nous, par la volonté de Dieu;6de sorte que nous avons exhorté Tite, afin que, comme il l'avait auparavant commencée, ainsi aussi il achevât à votre égard cette grâce aussi.
7Mais comme vous abondez en toutes choses: en foi, et en parole, et en connaissance, et en toute diligence, et dans votre amour envers nous, -que vous abondiez aussi dans cette grâce.8Je ne parle pas comme donnant un commandement, mais à cause de la diligence d'autres personnes, et pour mettre à l'épreuve la sincérité de votre amour.

L'obéissance des Corinthiens avait éveillé la joie et l'affection de Tite et ainsi doublement réjoui et réconforté Paul lui-même (ch. 7:13, 15). Mais ils étaient encore loin d'avoir le zèle des saints de la Macédoine (ch. 8). Ces derniers n'avaient pas donné simplement telle ou telle partie de leurs ressources et de leur temps: ils s'étaient donnés eux-mêmes tout entiers. Ils n'avaient pas attendu, comme certains, la fin de leur vie pour n'offrir à Dieu qu'un pauvre reste de leurs forces; ils s'étaient donnés «premièrement»… Ils n'avaient pas non plus commencé par le service des saints; non, c'est au Seigneur qu'ils s'étaient d'abord donnés. Et ce premier don avait entraîné tous les autres. Ils appartenaient aussi aux apôtres, parce que ceux-ci étaient serviteurs du Seigneur. Était-ce chose pénible pour ces Macédoniens? Bien au contraire! «L'abondance de leur joie» pouvait accompagner «une grande épreuve de tribulation» et leur «profonde pauvreté» se changer en «richesse de leur libéralité» (v. 2). Ce que nous appellerions facilement une charge, ils l'appelaient une grâce (v. 4). Que Dieu nous accorde cette même consécration heureuse à notre Seigneur, Lui que nous avons le privilège de pouvoir servir en servant les siens!

2 Corinthiens 8:9-24
9Car vous connaissez la grâce de notre Seigneur Jésus Christ, comment, étant riche, il a vécu dans la pauvreté pour vous, afin que par sa pauvreté vous fussiez enrichis.10Et en cela je vous donne un avis, car cela vous est profitable, à vous qui avez déjà commencé dès l'année passée, non seulement de faire, mais aussi de vouloir.11Or maintenant, achevez aussi de faire, de sorte que, comme vous avez été prompts à vouloir, ainsi aussi vous soyez prompts à achever en prenant sur ce que vous avez;12car si la promptitude à donner existe, elle est agréable selon ce qu'on a, non selon ce qu'on n'a pas;13car ce n'est pas afin que d'autres soient à leur aise et que vous, vous soyez opprimés, mais sur un principe d'égalité: que dans le temps présent votre abondance supplée à leurs besoins,14afin qu'aussi leur abondance supplée à vos besoins, de sorte qu'il y ait égalité,15qu'il est écrit: "Celui qui recueillait beaucoup n'avait pas plus, et celui qui recueillait peu n'avait pas moins".
16Or grâces à Dieu qui met le même zèle pour vous dans le coeur de Tite;17car il a reçu l'exhortation; mais, étant très-zélé, il est allé spontanément auprès de vous.18Et nous avons envoyé avec lui le frère dont la louange dans l'évangile est répandue dans toutes les assemblées19(et non seulement cela, mais aussi il a été choisi par les assemblées pour notre compagnon de voyage, avec cette grâce qui est administrée par nous à la gloire du Seigneur lui-même, et pour montrer notre empressement);20évitant que personne ne nous blâme dans cette abondance qui est administrée par nous;21car nous veillons à ce qui est honnête, non seulement devant le Seigneur, mais aussi devant les hommes.22Et nous avons envoyé avec eux notre frère, du zèle duquel, en plusieurs choses, nous avons souvent fait l'épreuve, et qui maintenant est beaucoup plus zélé à cause de la grande confiance qu'il a en vous.23Quant à Tite, il est mon associé et mon compagnon d'oeuvre auprès de vous; quant à nos frères, ils sont les envoyés des assemblées, la gloire de Christ.24Montrez donc envers eux, devant les assemblées, la preuve de votre amour et du sujet que nous avons eu de nous glorifier de vous.

Qu'était l'amour des Macédoniens à côté de l'exemple suprême de «notre Seigneur Jésus Christ»? Ils n'avaient pas choisi eux-mêmes leur profonde pauvreté (v. 2). Mais Lui l'«Héritier de toutes choses» (Héb. 1:2) a daigné s'appauvrir de ses gloires célestes, naître dans une étable, être ici-bas «le Pauvre», celui qui n'avait pas un lieu où reposer sa tête (v. 9; Ps. 40:17; Ps. 41:1; Luc 9:58). Pourquoi? Pour nous enrichir de ces mêmes gloires et faire de nous ses cohéritiers. Adorable mystère de la grâce!

Les Corinthiens n'avaient pas mis à entière exécution leur heureux désir d'aider les assemblées. L'apôtre leur écrit que vouloir était bien, mais que faire était mieux encore. Souvent malheureusement, nos bonnes intentions… restent des intentions: cette Bible à offrir, cette visite à un malade, ce petit service qui se présentait… Dieu prépare devant nous de bonnes œuvres (Éph. 2:10). Mais nous avons besoin de Lui pour le vouloir et le faire (v. 11, 12). C'est Lui qui produit en nous l'un et l'autre selon son bon plaisir (Phil. 2:13), mais le décalage entre le mouvement du cœur et celui de la main vient de notre négligence.

Le souci de Paul était d'être gardé non seulement de toute fraude, mais même de toute apparence de mal devant les hommes.

2 Corinthiens 9:1-15
1Car pour ce qui est du service envers les saints, il est superflu que je vous en écrive;2car je connais votre promptitude, au sujet de laquelle je me glorifie de vous auprès des Macédoniens, leur disant que l'Achaïe est prête dès l'année passée; et le zèle de chez vous a excité la généralité des frères;3mais j'ai envoyé les frères, afin que ce en quoi nous nous sommes glorifiés de vous ne soit pas mis à néant à cet égard, afin que, comme je l'ai dit, vous soyez prêts,4de peur que si des Macédoniens venaient avec moi et ne vous trouvaient pas prêts, nous (pour ne pas dire vous), nous ne fussions confus de cette assurance.5J'ai donc estimé nécessaire de prier les frères d'aller au préalable vers vous, et de compléter d'avance votre libéralité, annoncée d'avance, annoncée d'avance, afin quelle soit ainsi prête comme une libéralité et non comme une chose extorquée.
6Or je dis ceci: Celui qui sème chichement moissonnera aussi chichement, et celui qui sème libéralement moissonnera aussi libéralement.7Que chacun fasse selon qu'il se l'est proposé dans son coeur, non à regret, ou par contrainte, car Dieu aime celui qui donne joyeusement.8Mais Dieu est puissant pour faire abonder toute grâce envers vous, afin qu'ayant toujours en toutes choses tout ce qui suffit, vous abondiez pour toute bonne oeuvre,9selon qu'il est écrit: "Il a répandu, il a donné aux pauvres, sa justice demeure éternellement".10Or celui qui fournit de la semence au semeur et du pain à manger, fournira et multipliera votre semence, et augmentera les fruits de votre justice,11étant de toute manière enrichis pour une entière libéralité, qui produit par nous des actions de grâces à Dieu.12Parce que l'administration de cette charge, non seulement comble les besoins des saints, mais aussi abonde par beaucoup d'actions de grâces rendues à Dieu;13puisque, par l'expérience qu'ils font de ce service, ils glorifient Dieu pour la soumission dont vous faites profession à l'égard de l'évangile du Christ, et pour la libéralité de vos dons envers eux et envers tous,14et par les supplications qu'ils font pour vous, étant animés d'une ardente affection envers vous, à cause de la surabondante grâce de Dieu qui repose sur vous.15Grâces à Dieu pour son don inexprimable!

Pour ne pas avoir de vains regrets au jour de la moisson, semons (c'est-à-dire donnons) libéralement pendant la saison actuelle des semailles (v. 6; Luc 6:38; Deut. 15:10). Ce que Dieu nous met à cœur, faisons-le, et faisons-le joyeusement. Car ce que nous gardons pour nous ne nous enrichira pas, et ce que nous donnons ne nous appauvrira jamais (Prov. 28:27). La grâce de Dieu nous assurera «toujours, en toutes choses… — non pas tout ce qui nous plairait — mais tout ce qui suffit» (v. 8). Les v. 11-14 nous rappellent que la générosité désintéressée produit chez ceux qui sont secourus des actions de grâces envers Dieu et des prières pour les donateurs. À partir d'une question que nous pourrions trouver secondaire concernant la bienfaisance, l'apôtre sait porter nos pensées sur les plus glorieux sujets: l'abaissement du Seigneur (2 Cor. 8:9), le don inexprimable de Dieu (v. 15). Appliquons-nous à passer ainsi des menus faits qui forment notre vie quotidienne aux vérités bienheureuses de notre foi. Un simple repas, une rencontre de famille, un cadeau fait ou reçu avec affection, ce sont des occasions de rendre grâces à Dieu et de penser au Don par excellence: celui que le Dieu d'amour a fait au monde en lui envoyant son Fils (v. 15; Jean 3:16).

2 Corinthiens 10:1-18
1Or moi-même, Paul, je vous exhorte par la douceur et la débonnaireté du Christ, moi qui, présent, quant à l'apparence suis chétif au milieu de vous, mais qui, absent, use de hardiesse envers vous...;2mais je vous supplie que, lorsque je serai présent, je n'use pas de hardiesse avec cette assurance avec laquelle je pense que je prendrai sur moi d'agir envers quelques-uns qui pensent que nous marchons selon la chair.3Car, en marchant dans la chair, nous ne combattons pas selon la chair;4car les armes de notre guerre ne sont pas charnelles, mais puissantes par Dieu pour la destruction des forteresses,5détruisant les raisonnements et toute hauteur qui s'élève contre la connaissance de Dieu, et amenant toute pensée captive à l'obéissance du Christ,6étant prêts à tirer vengeance de toute désobéissance, après que votre obéissance aura été rendue complète.
7Considérez-vous les choses selon l'apparence? Si quelqu'un a la confiance en lui-même d'être à Christ, qu'il pense encore ceci en lui-même, que, comme lui-même est à Christ, ainsi nous aussi nous sommes à Christ.8Car si même je me glorifiais un peu plus de notre autorité que le Seigneur nous a donnée pour l'édification et non pas pour votre destruction, je ne serais pas confus;9-afin que je ne paraisse pas comme si je vous effrayais par mes lettres.10Car ses lettres, dit-on, sont graves et fortes, mais sa présence personnelle est faible et sa parole méprisable.11Qu'un tel homme estime que, tels que nous sommes en parole par nos lettres, étant absents, tels aussi nous sommes de fait, étant présents.
12Car nous n'osons pas nous ranger parmi quelques-uns qui se recommandent eux-mêmes, ou nous comparer à eux, mais eux, se mesurant eux-mêmes par eux-mêmes, et se comparant eux-mêmes à eux-mêmes, ne sont pas intelligents;13mais nous, nous ne nous glorifierons pas dans ce qui est au delà de notre mesure, mais selon la mesure de la règle que le Dieu de mesure nous a départie pour parvenir aussi jusqu'à vous.14Car nous ne nous étendons pas nous-mêmes plus qu'il ne faut, comme si nous ne parvenions pas jusqu'à vous, (car nous sommes arrivés même jusqu'à vous dans la prédication de l'évangile du Christ,)15ne nous glorifiant pas dans ce qui est au delà de notre mesure, dans les travaux d'autrui, mais ayant espérance, votre foi s'accroissant, d'être abondamment agrandis au milieu de vous, selon notre règle,16pour évangéliser dans les lieux qui sont au delà de vous, non pas pour nous glorifier dans la règle d'autrui, des choses déjà toutes préparées.17Mais que celui qui se glorifie, se glorifie dans le Seigneur;18car ce n'est pas celui qui se recommande lui-même qui est approuvé, mais celui que le Seigneur recommande.

Paul n'avait pu se résoudre à se rendre auprès des Corinthiens «avec la verge» pour réprimer lui-même le mal (2 Cor. 10:2; 1 Cor. 4:21). Il avait préféré leur écrire et attendre l'effet que produirait sa lettre. Mais certains avaient profité de cette patience de l'apôtre, et de son absence, pour déprécier son ministère. L'humilité, la douceur et la débonnaireté chrétienne dont Paul faisait preuve (v. 1) étaient prétextes à le mépriser. Car l'homme naturel n'admire que ce qui a de l'éclat; il juge «selon l'apparence» (v. 7). Or les armes d'un soldat de Jésus Christ ne sont pas charnelles (v. 4). Éph. 6:10… les énumère. Souvenons-nous comment Gédéon, Samson, Jonathan, David, Ézéchias… pour ne citer qu'eux, ont remporté leurs plus grandes victoires. Et ne nous laissons pas séduire par des qualités humaines telle que l'éloquence ou le charme personnel. Suivons la Parole et jamais celui qui la présente, si doué soit-il, même si nous avons reçu du bien par son moyen.

Les hommes se comparent à eux-mêmes et s'enorgueillissent, en quoi ils ne sont pas intelligents (v. 12). Nous croyants, nous n'avons pour la marche et pour le service qu'un modèle parfait: Jésus! Le contempler nous gardera toujours dans l’humilité!

2 Corinthiens 11:1-15
1Je voudrais que vous supportassiez un peu ma folie! Mais aussi supportez-moi.2Car je suis jaloux à votre égard d'une jalousie de Dieu; car je vous ai fiancés à un seul mari, pour vous présenter au Christ comme une vierge chaste.3Mais je crains que, en quelque manière, comme le serpent séduisit Eve par sa ruse, ainsi vos pensées ne soient corrompues et détournées de la simplicité quant au Christ.4Car si celui qui vient prêche un autre Jésus que nous n'avons pas prêché, ou que vous receviez un esprit différent que vous n'avez pas reçu, ou un évangile différent que vous n'avez pas reçu, vous pourriez bien le supporter.
5Car j'estime que je n'ai été en rien moindre que les plus excellents apôtres.6Et si même je suis un homme simple quant au langage, je ne le suis pourtant pas quant à la connaissance; mais nous avons été manifestés de toute manière, en toutes choses, envers vous.7Ai-je commis une faute en m'abaissant moi-même, afin que vous fussiez élevés, parce que je vous ai annoncé gratuitement l'évangile de Dieu?8J'ai dépouillé d'autres assemblées en recevant un salaire pour vous servir. Et me trouvant auprès de vous et dans le besoin, je n'ai été à charge à personne;9(car les frères venus de Macédoine ont suppléé à mes besoins;) et je me suis gardé de vous être à charge en quoi que ce soit, et je m'en garderai.10Comme la vérité de Christ est en moi, cette gloire ne me sera pas interdite dans les contrées de l'Achaïe.11Pourquoi? Est-ce parce que je ne vous aime pas? Dieu le sait.12Mais ce que je fais, je le ferai encore, pour retrancher l'occasion à ceux qui veulent une occasion, afin qu'en ce de quoi ils se glorifient, ils soient trouvés aussi tels que nous.13Car de tels hommes sont de faux apôtres, des ouvriers trompeurs, se transformant en apôtres de Christ;14et ce n'est pas étonnant, car Satan lui-même se transforme en ange de lumière:15ce n'est donc pas chose étrange si ses ministres aussi se transforment en ministres de justice, desquels la fin sera selon leurs oeuvres.

De faux apôtres cherchaient à remplacer Paul dans le cœur des Corinthiens. Celui-ci se voit ainsi contraint de parler de lui-même et appelle cela «sa folie». Mais ce n'est pas pour réclamer à son profit l'affection des croyants (voir 2 Cor. 12:15). Il était jaloux pour Christ et revendique avec véhémence leur amour pour le seul Époux de l'Église.

Les Corinthiens risquaient de prêter l'oreille à un «évangile différent» (v. 4). Ils étaient moins spirituels que les Éphésiens qui ont «éprouvé ceux qui se disent apôtres et ne le sont pas» et les ont trouvés menteurs (Apoc. 2:2). Beaucoup de chrétiens courent le même danger que les Corinthiens, au fond parce qu'ils trouvent le véritable christianisme trop exigeant. Par contre un évangile qui exalte l'homme et accorde une place à la chair sera supporté.

Derrière ces ouvriers trompeurs, l'apôtre démasque leur maître Satan. Autrefois chérubin resplendissant (Éz. 28:12…), celui-ci sait encore revêtir cette apparence pour tenter les hommes par sa ruse comme il séduisit Ève (v. 3, 14). Et il est plus dangereux lorsqu'il se présente comme le serpent subtil que lorsqu'il nous attaque de front comme le lion rugissant de 1 Pierre 5:8. Nous déjouerons ses ruses en restant attachés à la Parole du Seigneur.

2 Corinthiens 11:16-33
16Je le dis encore: que personne ne me tienne pour un insensé; ou bien, s'il en est autrement, recevez-moi, même comme un insensé, afin que moi aussi je me glorifie un peu.17Ce que je dis, je ne le dis pas selon le Seigneur, mais comme un insensé, dans cette assurance dont j'use en me glorifiant.18Puisque plusieurs se glorifient selon la chair, moi aussi je me glorifierai.19Car vous supportez volontiers les insensés, étant sages vous-mêmes.20Car si quelqu'un vous asservit, si quelqu'un vous dévore, si quelqu'un prend votre bien, si quelqu'un s'élève, si quelqu'un vous frappe au visage, vous le supportez.21Je le dis pour ce qui regarde le déshonneur, comme si nous, nous avions été faibles; mais dans ce en quoi quelqu'un pourrait être osé (je parle en insensé), moi aussi je suis osé.
22Sont-ils Hébreux? -moi aussi. Sont-ils Israélites? -moi aussi. Sont-ils la semence d'Abraham? -moi aussi.23Sont-ils ministres de Christ? (je parle comme un homme hors de sens,) -moi outre mesure; dans les travaux surabondamment, sous les coups excessivement, dans les prisons surabondamment, dans les morts souvent24(cinq fois j'ai reçu des Juifs quarante coups moins un;25trois fois j'ai été battu de verges; une fois j'ai été lapidé; trois fois j'ai fait naufrage; j'ai passé un jour et une nuit dans les profondeurs de la mer);26en voyages souvent, dans les périls sur les fleuves, dans les périls de la part des brigands, dans les périls de la part de mes compatriotes, dans les périls de la part des nations, dans les périls à la ville, dans les périls au désert, dans les périls en mer, dans les périls parmi de faux frères,27peine et en labeur, en veilles souvent, dans la faim et la soif, dans les jeûnes souvent, dans le froid et la nudité:28outre ces choses exceptionnelles, il y a ce qui me tient assiégé tous les jours, la sollicitude pour toutes les assemblées.29Qui est faible, que je ne sois faible aussi? Qui est scandalisé, que moi aussi je ne brûle?30S'il faut se glorifier, je me glorifierai dans ce qui est de mon infirmité.31Dieu et Père du Seigneur Jésus (lui qui est béni éternellement), sait que je ne mens point.32A Damas, l'ethnarque du roi Arétas faisait garder la ville des Damascéniens, voulant se saisir de moi;33et je fus dévalé dans une corbeille par une fenêtre à travers la muraille, et j'échappai à ses mains.

Ces attaques contre le ministère de Paul sont pour le Saint-Esprit une occasion de nous donner une idée plus nette de ses labeurs et de ses peines. Oui, il était ministre de Christ, et peut en aligner les preuves: une longue liste de souffrances endurées pour l'Évangile. Ces v. 23-28, 31, 32 nous apprennent en quoi consistait ce que l'apôtre appelait au 2 Cor. 4:17 sa «légère tribulation d'un moment»! Mais quelle était la ressource divine qui le soutenait pour supporter «ces choses exceptionnelles»? «Un poids éternel de gloire» était continuellement devant sa pensée: Christ glorifié, son éternelle rémunération. Retenons ce secret: Plus nous serons occupés du Seigneur, moins il nous restera de temps pour penser à nos petites difficultés — et que sont-elles à côté des tribulations du grand apôtre? Oui, plus Son amour éternel pèsera dans la balance de nos cœurs, moins les circonstances du moment prendront d'importance et nous accableront. Il est une chose cependant qui ne nous «assiégera» jamais trop: «la sollicitude pour toutes les assemblées» (v. 28). Elle se manifeste en tout premier lieu par des prières. Que le Seigneur nous donne de l'affection pour sa chère Église et pour chacun de ses membres!

2 Corinthiens 12:1-10
1Il est vrai qu'il est sans profit pour moi de me glorifier, car j'en viendrai à des visions et à des révélations du Seigneur.2Je connais un homme en Christ, qui, il y a quatorze ans (si ce fut dans le corps, je ne sais; si ce fut hors du corps, je ne sais: Dieu le sait), je connais un tel homme qui a été ravi jusqu'au troisième ciel.3Et je connais un tel homme, (si ce fut dans le corps, si ce fut hors du corps, je ne sais, Dieu le sait,)4-qu'il a été ravi dans le paradis, et a entendu des paroles ineffables qu'il n'est pas permis à l'homme d'exprimer.5Je me glorifierai d'un tel homme, mais je ne me glorifierai pas de moi-même, si ce n'est dans mes infirmités.6Car quand je voudrais me glorifier, je ne serais pas insensé, car je dirais la vérité; mais je m'en abstiens, de peur que quelqu'un ne m'estime au-dessus de ce qu'il me voit être ou de ce qu'il a pu entendre dire de moi.7Et afin que je ne m'enorgueillisse pas à cause de l'extraordinaire des révélations, il m'a été donné une écharde pour la chair, un ange de Satan pour me souffleter, afin que je ne m'enorgueillisse pas.8A ce sujet j'ai supplié trois fois le Seigneur, afin qu'elle se retirât de moi;9et il m'a dit: Ma grâce te suffit, car ma puissance s'accomplit dans l'infirmité. Je me glorifierai donc très-volontiers plutôt dans mes infirmités, afin que la puissance du Christ demeure sur moi.10C'est pourquoi je prends plaisir dans les infirmités, dans les outrages, dans les nécessités, dans les persécutions, dans les détresses pour Christ: car quand je suis faible, alors je suis fort.

Un homme en Christ est quelqu'un pour qui la chair a perdu ses droits (Rom. 8:1, 2). Il est «une nouvelle création» (2 Cor. 5:17). Sa position devant Dieu est celle de Christ Lui-même et il l'occupe déjà par la foi dans le ciel. Paul, lui, s'y est trouvé ravi réellement pendant un moment inoubliable. Et qu'a-t-il pu voir dans le paradis? Christ ressuscité et glorieux. Qu'a-t-il pu y entendre? Le langage du ciel qui ne peut se traduire dans les langues humaines (v. 4). Faveur vraiment extraordinaire! Mais cette expérience unique présentait ensuite un danger certain pour l'apôtre. Pour le garder de s'enorgueillir, «une écharde dans la chair» lui est donnée: peut-être une infirmité pénible, tendant à le rendre méprisable dans sa prédication (2 Cor. 10:1, 10; Gal. 4:14). Seigneur, débarrasse-moi de cela, supplie l'apôtre; mon service en souffrira… — «Ma grâce te suffit», est la réponse du Seigneur. Contrairement aux apparences, l'écharde était un effet de cette grâce. Ne servait-elle pas en Paul à juguler la chair, ce compagnon gênant de son travail? Oui, précieuses sont pour le chrétien les infirmités et les épreuves. Elles contribuent à affaiblir l'homme pour permettre à la puissance de Dieu de se manifester (v. 9, 10; 2 Cor. 4:7…).

2 Corinthiens 12:12-21
12Certainement les signes d'un apôtre ont été opérés au milieu de vous avec toute patience, par signes, et des prodiges, et des miracles.13Car en quoi avez-vous été inférieurs aux autres assemblées, sinon en ce que moi-même je ne vous ai pas été à charge? Pardonnez-moi ce tort.14Voici, cette troisième fois, je suis prêt à aller auprès de vous; et je ne vous serai pas à charge, car je ne cherche pas vos biens, mais vous-mêmes; car ce ne sont pas les enfants qui doivent amasser pour leurs parents, mais les parents pour leurs enfants.15Or moi, très-volontiers je dépenserai et je serai entièrement dépensé pour vos âmes, si même, vous aimant beaucoup plus, je devais être moins aimé.16Mais soit! moi, je ne vous ai pas été à charge, mais, étant rusé, je vous ai pris par finesse.17Me suis-je enrichi à vos dépens par aucun de ceux que je vous ai envoyés?18J'ai prié Tite et j'ai envoyé le frère avec lui. Tite s'est-il enrichi à vos dépens? N'avons-nous pas marché dans le même esprit? N'avons-nous pas marché sur les mêmes traces?19Vous avez longtemps pensé que nous nous justifions auprès de vous. Nous parlons devant Dieu en Christ, et toutes choses, bien-aimés, pour votre édification.20Car je crains que, quand j'arriverai, je ne vous trouve pas tels que je voudrais, et que moi je ne sois trouvé par vous tel que vous ne voudriez pas, et qu'il n'y ait des querelles, des jalousies, des colères, des intrigues, des médisances, des insinuations, des enflures d'orgueil,21des désordres, et qu'étant de nouveau revenu au milieu de vous, mon Dieu ne m'humilie quant à vous, et que je ne sois affligé à l'occasion de plusieurs de ceux qui ont péché auparavant et qui ne se sont pas repentis de l'impureté et de la fornication et de l'impudicité qu'ils ont commises.

Quel chagrin pour l'apôtre de voir les suppositions faites à son sujet, les motifs intéressés et les ruses qu'on lui prêtait (v. 14, 16; 2 Cor. 7:2, 3; comp. Actes 20:33)! Alors que, dans une conduite irréprochable, il n'avait cessé, avec ses compagnons d'œuvre, de marcher «sur les mêmes traces»: celles de Christ (v. 18)! S'il répond longuement à ces calomnies, ce n'est cependant pas pour se justifier mais parce qu'il a en vue l'édification de ses bien-aimés Corinthiens (v. 19; 1 Cor. 14:26 fin). En effet, ne pas reconnaître le ministère de l'apôtre revenait à rejeter aussi l'autorité de la Parole divine qu'il annonçait. Combien de soi-disant chrétiens aujourd'hui rejettent telle partie de la Parole inspirée et particulièrement les épîtres de Paul. Les v. 20 et 21 montrent à quels péchés conduisent cette négligence et ce mépris.

Ainsi, dans ce chapitre «nous trouvons l'état le plus glorieux auquel un chrétien puisse être élevé… et la condition la plus misérable dans laquelle il puisse tomber… Quel contraste entre cette élévation dans le troisième ciel et cette vile dégradation charnelle! Et le chrétien est capable des deux! Quelle leçon et quel avertissement pour chaque saint…» (J.N.D., Un Homme en Christ).

2 Corinthiens 13:1-14
1C'est ici la troisième fois que je viens à vous: par la bouche de deux ou de trois témoins toute affaire sera établie.2J'ai déjà dit, et je dis à l'avance, comme si j'étais présent pour la seconde fois, et maintenant étant absent, à ceux qui ont péché auparavant et à tous les autres, que si je viens encore une fois, je n'épargnerai pas.3Puisque vous cherchez une preuve que Christ parle en moi (lequel n'est pas faible envers vous, mais puissant au milieu de vous;4car même s'il a été crucifié en infirmité, néanmoins il vit par la puissance de Dieu; car aussi nous, nous sommes faibles en lui, mais nous vivrons avec lui, par la puissance de Dieu envers vous),5examinez-vous vous-mêmes, et voyez si vous êtes dans la foi; éprouvez-vous vous-mêmes. Ne reconnaissez-vous pas à l'égard de vous-mêmes que Jésus Christ est en vous? à moins que vous ne soyez des réprouvés;6mais j'espère que vous connaîtrez que nous, nous ne sommes pas des réprouvés.
7Mais nous prions Dieu que vous ne fassiez aucun mal, non afin que nous, nous paraissions approuvés, mais afin que vous, vous fassiez ce qui est bon, et que nous, nous soyons comme des réprouvés;8car nous ne pouvons rien contre la vérité, mais pour la vérité.9Car nous nous réjouissons lorsque nous, sous sommes faibles, et que vous, vous êtes puissants: et nous demandons ceci aussi, votre perfectionnement.10C'est pourquoi j'écris ces choses étant absent, afin que, quand je serai présent, je n'use pas de sévérité, selon l'autorité que le Seigneur m'a donnée pour l'édification et non pas pour la destruction.
11Au reste, frères, réjouissez-vous; perfectionnez-vous; soyez consolés; ayez un même sentiment; vivez en paix: et le Dieu d'amour et de paix sera avec vous.12Saluez-vous les uns les autres par un saint baiser.13Tous les saints vous saluent.14(13:13b) Que la grâce du Seigneur Jésus Christ, et l'amour de Dieu, et la communion du Saint Esprit, soient avec vous tous!

La première épître aux Corinthiens avait pour sujet l'Assemblée. La seconde nous a parlé du ministère ou du service chrétien. Nous y avons trouvé les sentiments, les supplications, les fatigues, les peines morales et physiques du serviteur du Seigneur. Paul n'en était que le faible instrument mais il ne désirait pas sur la terre une meilleure part que celle de son Maître. Or Christ avait été ici-bas dans l'abaissement, crucifié en infirmité; mais Il vivait maintenant, ressuscité par la puissance de Dieu (v. 4).

En terminant son épître, Paul adresse à Dieu une dernière prière pour ses chers Corinthiens. Elle tient en un mot: leur perfectionnement (v. 9, fin). Mais en même temps il les exhorte: «perfectionnez-vous» (v. 11). Car demander le secours du Seigneur ne dispense pas de s'appliquer avec zèle à faire des progrès dans la marche et le service chrétiens.

«Réjouissez-vous… — leur dit-il encore — soyez consolés; ayez un même sentiment; vivez en paix…» (v. 11). Que chacun de nous, chers enfants de Dieu, prenne pour lui-même ces exhortations et jouisse de la promesse qui y est attachée. Oui, que la grâce du Seigneur Jésus Christ, et l'amour de Dieu, et la communion du Saint-Esprit soient avec nous tous (v. 13)!


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With the prayerful desire that the Lord Jesus Christ will use this God-given ministry in this form for His glory and the blessing of many in these last days before His coming. © Les Hodgett contact at stempublishing dot com.