Ce psaume se lie au précédent comme le souligne la répétition finale des versets 5 et 11 du Psaume 42. Mon âme a souvent besoin d'être ainsi exhortée à ne pas être abattue, à s'attendre-Dieu et à le célébrer encore et toujours. Il n'a pas seulement été mon salut; Il est aussi «mon Dieu», Celui dont je dépends sans cesse, la source de «ma force» (v. 2).
Sa lumière et sa vérité me conduiront à une adoration intelligente si je le lui demande comme le fait ici le psalmiste (vv. 3 et 4).
L'expression soulignée hier: «le Dieu de ma vie», se complète au verset 4 d'une autre bien remarquable: le «Dieu de l'allégresse de ma joie». Chers croyants, Dieu suffit-Il à nous rendre heureux? Est-Il la source de notre joie comme Il l'était pour Jésus? (Luc 10:21). Connaissant un tel Dieu, notre âme serait-elle encore abattue ou agitée! «Que votre cÅur ne soit pas troublé, disait le Seigneur à ses disciples, vous croyez en Dieu, croyez aussi en moi» (Jean 14:1). Et ailleurs: «Ayez foi en Dieu» (Marc 11:22). La foi, voilà le grand remède à tout ce que ce monde peut nous infliger de tristesse ou d'agitation. Elle est notre ressource aujourdâhui comme elle sera celle du résidu fidèle au temps de la tribulation.
Alors que les psaumes du Livre 1er étaient presque tous de David, ceux qui nous occupent (Ps. 42 - 49) ont été composés par les fils de Coré, ces objets de la grâce qui avaient été épargnés dans le châtiment de leur père (voir Nomb. 26:11). C'est pourquoi il est remarquable d'entendre ces hommes rappeler les merveilles accomplies par Dieu «aux jours d'autrefois». Car mieux que personne, ils sont en mesure d'apprécier et de célébrer la miséricorde divine. Non, ce n'est pas l'épée des fils d'Israël qui a pu les sauver et leur donner la possession du pays (il suffit de penser au passage de la mer Rouge et à la prise de Jéricho). Et le rappel des grandes délivrances du passé est une leçon pour ces fidèles. Pas plus que leurs pères, ils ne peuvent se confier dans leurs propres armes pour vaincre (v. 6). «Avec toi» et «par ton nom» (v. 5; Osée 1:7), voilà les seules ressources du croyant.
Une autre différence avec le Livre 1er est l'emploi ici du nom de Dieu (Ãlohim) alors que jusqu'au Psaume 41 il était question de l'Ãternel (Jéhovah). C'est la triste preuve que maintenant les fidèles n'ont plus de relations avec le culte officiel devenu apostat. L'alliance garantie par le nom d'Ãternel est rompue (Ex. 6:3, 6-8), mais le croyant fait encore appel au Dieu suprême.
Le ton du psaume change à partir du verset 9. Au lieu de continuer de regarder à Dieu, à la lumière de sa face et à la puissance de son Nom (vv. 3, 5), les fidèles considèrent les épreuves qui les ont atteints. L'âme du racheté n'est pas toujours sur les lieux élevés, nous le savons tous par expérience.
Cependant la foi de ces croyants n'est pas renversée; ils savent attribuer à Dieu tout ce qui leur est arrivé et reçoivent les coups comme venant de sa main (Job 1:21). Leur conscience est droite; non seulement leurs pas n'ont pas dévié du sentier de l'obéissance, mais leur cÅur ne s'est pas retiré en arrière (v. 18). Et Dieu en est témoin, Lui qui connaît les secrets du cÅur. N'oublions jamais ce verset 21.
à quoi correspond l'étrange expression du verset 22: être «mis-mort tous les jours»? Sa citation en Romains 8:36 nous aide à la comprendre: C'est être rappelé, par le moyen des épreuves, au sentiment de notre néant, de notre incapacité totale. Mais le même passage nous invite à en réaliser aussi la contrepartie triomphante: «au contraire, dans toutes ces choses, nous sommes plus que vainqueurs par celui qui nous a aimés» (Rom. 8:37).
Sous l'action du Saint-Esprit, «écrivain habile», ce psaume nous invite à louer Christ, le Bien-aimé, Celui qui surpasse en beauté et en grâce tous les fils des hommes. Mais avant de jaillir sur les lèvres, la louange a été préparée, méditée dans un cÅur qui bouillonne (comparer Matt. 12:34); elle célèbre sa personne, ses paroles, ses Åuvres.
On a pu dire que le culte du dimanche était le cantique réunissant toutes les strophes que l'Esprit a enseignées au racheté durant les jours de la semaine sur les thèmes inépuisables des gloires et des grâces du Seigneur Jésus. Il est «le roi», mais les versets 6 et 7 cités en Hébreux 1:8-9, l'appellent «Dieu». Quand Il parait dans sa majesté et sa magnificence, Il est l'objet d'une admiration universelle. Sa puissance s'affirme dans le jugement terrible qu'Il accomplit (vv. 3-5). Des parfums imprègnent ses vêtements: la myrrhe rappelle ses souffrances, l'aloès sa mort (Jean 19:39) et la casse son élévation. Mais ce qui aura pour Christ plus de prix que toutes ces gloires, ce sera la beauté de l'Ãpouse qui Lui sera présentée (ici Jérusalem) et l'amour qu'elle Lui rendra. Ami chrétien, c'est ton privilège de Lui exprimer dès maintenant cet amour reconnaissant. «Il est ton Seigneur: adore-le» (v. 11).
Combien de croyants dans la détresse ont fait la précieuse expérience du verset l ! à l'heure de l'épreuve, et tout spécialement au moment de la tentation, le jeune chrétien ne doit pas oublier qu'il a à sa disposition ce refuge, cette force, ce secours toujours facile-trouver. De telles ressources ne sont pas en lui-même, ni dans les bonnes résolutions quâil a prises, mais en Dieu, autrement dit dans Sa communion!
Coré avait été englouti vivant par un bouleversement terrestre opéré par Dieu, comme ceux que suggère le v. 2. Mais ses fils furent sauvés, et il en sera de même des croyants du résidu juif. Ils seront en sécurité car leur abri n'est autre que l'Ãternel Lui-même (Ps. 91:9-10). Quel contraste avec les hommes de la terre au cours de la même période apocalyptique (comparer Luc 21:26 et Apoc. 6:14-17)! Face à ces eaux écumantes et mugissantes du jugement (v. 3), Dieu rappelle qu'il y a un fleuve de la grâce se répandant en ruisseaux généreux, c'est-à -dire en manifestations multiples, qui «réjouissent la ville de Dieu» et ceux qui y trouvent refuge.
La fin du psaume nous montre les fidèles assistant paisiblement depuis leur «haute retraite» à l'accomplissement des derniers jugements de Dieu.
Ce psaume exprime la joie qui remplira le cÅur des fidèles lorsque, après les jugements mentionnés au Psaume 46, Christ établira son règne. Israël aura une position de prééminence sur tous les peuples et leur enseignera à chanter Dieu, ses gloires, sa suprématie (vv. 3, 6; comparer Ãsaïe 2:2-3). Les relations du peuple avec Dieu étant rétablies, nous remarquons que le nom d'Ãternel reparaît (voir déjà Ps. 46:7 et 11). C'est Christ qui, enfin reconnu, prend son titre de grand roi sur toute la terre (Zach. 14:9). Et nous comprenons pourquoi nous chrétiens n'appelons pas Jésus notre roi. Nous sommes des citoyens du ciel, non pas des sujets du royaume terrestre. Christ ne régnera pas sur l'Ãglise mais avec elle; elle sera dans la même position qu'une reine aux côtés du roi son époux.
Ne chanterions-nous pas, nous qui n'avons pas seulement un grand Roi à célébrer, mais un Sauveur divin, un Seigneur ressuscité, un Ãpoux céleste aimant son Ãglise et venant la chercher? Combien de gloires réunies dans la même personne, gloires merveilleuses qui devraient dès à présent remplir nos bouches et nos cÅurs du cantique éternel des vrais adorateurs!
Le Psaume 48 termine l'aperçu prophétique commencé au Psaume 42. Nous assistons en raccourci à l'attaque finale des rois de la terre contre Jérusalem et à leur complète déroute (vv. 4-7). Les Juifs pieux constatent alors que ce qu'ils avaient entendu s'accomplit à leur profit (v. 8; Ps. 44:1). Certes ils n'avaient pas mis en vain leur confiance en Dieu. Après avoir tant souffert de l'exil, quelle valeur prend pour eux chaque pierre de la cité bien-aimée! Et ils se retrouvent au milieu de ce temple après lequel ils avaient tant soupiré (Ps. 42:4; Ps. 43:3-4), tout remplis du sentiment de la bonté de leur Dieu (v. 9). N'est-ce pas également notre sainte occupation lorsque nous sommes là où le Seigneur a promis sa présence: méditer sur son grand amour?
Mais alors la louange ne remplira pas seulement le cÅur des croyants dispersés ici et là comme aujourd'hui; elle s'étendra jusqu'aux bouts de la terre et sera enfin digne du nom du grand Dieu qu'elle célébrera (v. 10).
Cher ami, ce Dieu qui préside aux destinées du monde et qui accomplira ce que sa bouche a dit, est-il ton Dieu pour toujours et ton guide jusqu'à ta dernière heure ici-bas? (v. 14).
Face à l'avenir qu'Il vient d'esquisser dans les psaumes précédents, l'Esprit de Dieu s'adresse maintenant à tous les habitants du monde quel que soit leur rang dans la société (vv. 1, 2). à quoi servent les richesses dont ils se glorifient et dans lesquelles ils mettent leur confiance si le plus grand trésor de la terre ne peut suffire à racheter une seule âme? (vv. 7, 8). Rançon inestimable qu'il nous faut renoncer à jamais verser nous-mêmes! Mais «Dieu rachètera mon âme»... déclare le verset 15. Et nous savons quel prix Il a dû payer pour elle (1 Pierre 1:18-19).
Si quelqu'un recherche les honneurs de ce monde, qu'il médite le verset 12, complété par le verset 20. Où conduit-elle cette course aux honneurs, chemin de folie (v. 13) dans lequel sont engagés d'innombrables concurrents, riches ou pauvres, gens du commun ou fils des grands? à la mort où l'on n'emporte rien! (v. 17). La mort met en défaut la prévoyance humaine, menace les dispositions les plus prudentes, assombrit les joies et marque tous les projets d'une terrible incertitude (Luc 12:20). Aussi les hommes ferment-ils les yeux de peur d'avoir à la considérer en face. Mais pour le racheté, la mort n'est que le dernier pas vers la maison de son Père,... car Il le prendra (v. 15).
Le Psaume 49 rappelait à tous les habitants du monde la fragilité et la vanité des richesses et des honneurs, ces deux pôles d'attraction pour les hommes de tous les temps. Dans le Psaume 50, Dieu s'adresse à Israël son peuple (v. 7) pour lui montrer l'inutilité des sacrifices. Ceux-ci non plus ne peuvent racheter l'âme, ni «rendre parfaits ceux qui s'approchent». Par un seul sacrifice, Dieu a scellé son alliance avec Israël (v. 5; Héb. 10:1-10). En retour, ce qu'il attend maintenant de tous les siens, c'est la louange (vv. 14 et 23; Héb. 13:15).
Le court verset 15 résume l'histoire de nos délivrances. D'abord la prière; puis la réponse divine qui nous est assurée; enfin l'action de grâce (tu me glorifieras) â que nous oublions souvent. Mettons en Dieu notre confiance; invoquons-Le et Il accomplira sa promesse!
Dans les versets 16-22, Dieu avertit le méchant, mais celui-ci, tout en ayant la bouche remplie de paroles pieuses, les renie en pratique et il hait la correction. Gardons-nous de lui ressembler!
Remarquons encore la magnifique introduction (vv. 1, 2) qui donne, comme souvent, le thème du psaume: Dieu parlant à la terre pour lui révéler sa splendeur dans la Personne de Christ, juge souverain et roi glorieux en Sion.
Le Psaume 51 a été écrit par David dans une circonstance bien humiliante (2 Sam. 12). Il nous révèle les sentiments produits dans l'âme par une réelle conviction de péché, ainsi que le chemin tracé par le Saint-Esprit pour retrouver la communion. Considérons-en les pénibles étapes: la confession de la faute commise (v. 3); la pensée que Dieu a été offensé, et pas seulement telle ou telle personne (v. 4); le rappel de notre nature mauvaise (v. 5); le sentiment des exigences de Dieu quant à «la vérité dans l'homme intérieur» (n'oublions jamais ce verset 6); le désir d'une conscience pure et droite (v. 10); enfin le besoin d'un retour à la sainteté pratique (v. 11), à la joie et à un service dévoué (vv. 8, 12). Une fois restauré, le croyant sera en mesure de faire connaître à d'autres la grâce qui lui a pardonné (v. 13; comparer Luc 22:32).
Tout ce travail ne comporte l'offrande d'aucun sacrifice (v. 16), d'aucune Åuvre de «pénitence». Un esprit brisé, un cÅur vraiment humilié, voilà ce que Dieu peut recevoir par l'efficacité de l'Åuvre de Christ (vv. 16, 17).
Amis, si nous nous sommes laissés surprendre par quelque faute, relisons ce psaume dans la présence de Dieu, non comme la confession de David, mais comme notre propre prière.
Jusqu'à la fin du 2e Livre (Ps. 72) nous allons trouver des psaumes de David dont plusieurs ont été composés, comme le 51, dans des circonstances particulières. 1 Samuel 22:9... nous raconte comment Doëg l'Ãdomite rapporta à Saül le passage de David chez Akhimélec le sacrificateur, et le massacre qui s'ensuivit. Ce Doëg est une figure de l'Antichrist, personnage prophétique qui incarnera le mal et y mettra sa gloire (v. 1). Quel contraste entre le verset 7 du Psaume 45 adressé au Seigneur Jésus et ces versets 1 et 3 qui interpellent cet «homme fort»! Pour la consolation des fidèles, la prophétie du verset 5 s'accomplira en Apocalypse 19:20.
En face de cette puissance de mal, le psalmiste se réfugie en Dieu (v. 8) et le célèbre même (v. 9). Ainsi l'Esprit de Dieu sait se servir des pires épreuves pour produire des accents de louange dans le cÅur des rachetés. Quant à l'incrédule, il n'a jamais de paix, et ses appuis précaires ne méritent aucunement la confiance qu'il met en eux (v. 7). Non, cet homme fort nâa pas pris Dieu pour sa force, câest dans son avidité quâil se fortifiait (v. 7). Ses richesses sont pourries... son or et son argent sont rouillés, comme le déclare l'apôtre Jacques (Jac. 5:2-3).
à l'exception du verset 5 et de la substitution du nom de Dieu à celui de lâÃternel, le Psaume 53 est la reproduction presque textuelle du Psaume 14. Romains 3:10 à 12 en cite les trois premiers versets pour démontrer la faillite générale de toute la race humaine, et personne jamais n'a pu le contredire. «Il n'y a personne qui fasse le bien» (v. 1), «non pas même un seul» ajoute le verset 3. Nous savons pourtant qu'il y a eu un Homme, Celui qui est venu du ciel, sainte exception entre les fils des hommes, que Dieu a pu regarder des cieux (v. 2; comparer Matt. 3:16-17).
«Il n'y a point de Dieu» prétend l'insensé dans son cÅur, bien que sa conscience lui dise le contraire; et bien qu'il se meuve par Sa permission, vive de Ses bienfaits et respire par Son souffle (Actes 17:28). Mais Dieu le gêne, aussi s'efforce-t-il de se persuader qu'Il n'existe pas, mettant à sa place la science et ses hypothèses fragiles et mouvantes. Et quand il est obligé malgré tout d'admettre une cause aux choses qui le dépassent, l'incrédule parle vaguement de la Nature ou de la Providence pour éviter d'avoir à prononcer le nom qui lui fait peur... parce que Dieu est Lumière. C'est Lui qui confondra tous les «ouvriers d'iniquité».
Après Doëg l'Ãdomite, les Ziphiens avaient eux aussi traîtreusement renseigné Saül sur les faits et gestes de David son rival et lui avaient permis de retrouver sa trace. Nous avons ce récit en 1 Samuel 23:19.... mais un détail essentiel n'y est pas mentionné: c'est cette prière confiante que le roi rejeté a fait monter vers son Dieu à l'heure du danger.
Il devrait y avoir ainsi dans la vie du chrétien, au travers de ses circonstances de tous les jours, une «trame» de prières tissée dans le secret entre le Seigneur et lui. Câest ce que nous trouvons par exemple tout au long du livre de Néhémie (Néh. 1:11; Néh. 2:4; Néh. 4:4; Néh. 5:19; Néh. 6:14â¦). Le monde qui n'a pas mis Dieu devant lui (v. 3) et ne peut rien comprendre à la puissance de la prière, attribuera à «un heureux hasard» la manière dont le croyant échappe aux dangers qui le menacent (voyez précisément en 1 Samuel 23:26 comment Saül cherche toujours David du côté de la montagne où il ne se trouve pas). Mais le racheté connaît le nom de Celui qui le délivre de toute détresse et c'est ce nom qu'il célèbre (vv. 1, 6, 7). Dieu est son secours, mais de plus, tout au long de l'épreuve, Il soutient l'âme qui pourrait se décourager (v. 4).
Pressé par les méchants qui le poursuivent avec passion, saisi d'angoisse et de «frayeurs mortelles» (vv. 3 et 4), le fidèle ne répond pas lui-même à «la voix de l'ennemi»; il se tourne vers Dieu. C'est ce que nous avons toujours à faire plutôt que de riposter aux paroles venimeuses..., mais non pour crier vengeance comme David dans ces versets. Prophétiquement, les Psaumes nous transportent au-delà du temps actuel de la grâce dans ces jours où le Royaume ne pourra s'établir que par le jugement des iniques. La méchanceté du monde n'atteint pas aujourd'hui l'intensité qu'elle connaîtra dans cette terrible période. Elle est encore retenue, freinée, par la présence du Saint-Esprit sur la terre (2 Thess. 2:6, 7). Cependant les caractères décrits ici se manifestent déjà : la violence et les querelles (v. 9), l'iniquité et le tourment (v. 10), la perversité, l'oppression et la fraude (v. 11). Le racheté ne peut se sentir à l'aise dans un tel monde. Comme le fidèle du résidu, il soupire après le lieu du repos tranquille (v. 6), après la maison du Père, qui est son espérance et le thème de son cantique:
Oui, bientôt adieu, choses mortelles
Loin de vous je prendrai des ailes
Vers les demeures éternelles
Vers Jésus Christ.
(Hymnes et Cantiques N° 94).
Celui dont parle David dans les versets 12-14 était probablement Akhitophel le Guilonite, dont 2 Samuel 15 - 17 nous raconte la trahison et le suicide. Mais, prophétiquement, ces paroles s'appliquent au malheureux Judas. Y a-t-il une expression plus forte que celle du verset 13 pour désigner des liens d'affection: «mon conseiller et mon ami» (d'après la note: «guide, intime ami»)? Voilà bien la preuve que les plus grandes marques de confiance et d'amour sont incapables de gagner le cÅur naturel de l'homme, dans lequel habite la guerre contre Dieu (v. 21; comparer Marc 14:45). Pensons alors à ce qu'ont été ici-bas les sentiments du Seigneur. Il ne pouvait compter sur rien ni se fier à personne (Jean 2:24). Mais devant un tel déploiement de mal, le psalmiste nous dit: «Rejette ton fardeau sur l'Ãternel...» (v. 22). Un fardeau gêne un homme dans sa course, c'est pourquoi Hébreux 12:1 nous dit aussi: «rejetant tout fardeau... courons avec patience». Cela ne veut pas dire que l'épreuve sera immédiatement retirée. Mais elle cesse d'être un fardeau à partir du moment où nous l'avons rejetée sur Dieu, en Lui laissant le soin de sâoccuper de ce qui nous inquiète.
Ce Psaume se situe, comme le 34e, au moment de la triste expérience de David à Gath (1 Sam. 21:11-15).
Les versets 5 et 6 évoquent le Seigneur dans ses rapports avec ceux qui s'assemblaient, qui l'observaient pour le surprendre et qui tordaient ses paroles (Matt. 22:34, 41; Luc 11:53; Luc 20:20). à leur méchanceté Jésus répondait par sa confiance en son Père. Imitons-le!
Toutefois pour se confier en Dieu il est nécessaire d'abord de Le connaître. Un petit enfant ne mettra généralement pas sa main dans celle d'un inconnu. Or c'est la Parole qui nous révèle Celui sur qui nous pouvons nous appuyer; c'est pourquoi le fidèle s'écrie à deux reprises: «En Dieu, je louerai sa parole; en Dieu je me confie» (vv. 4, 10, 11).
Les méchants observent les pas des croyants (v. 6), mais Dieu compte ces mêmes pas (v. 8). Nous savons qu'Il connaît le nombre des cheveux de leurs têtes: Matthieu 10:30, et ici nous Le voyons s'inquiéter de chacune des larmes de ses enfants, même les plus secrètes. Ainsi donc, si dans «mes allées et mes venues» je dois rencontrer un piège tendu par l'Ennemi, Celui qui a délivré mon âme de la mort éternelle gardera aussi mes pieds de broncher (v. 13; Ps. 94:18; Jude 24).
Comme les psaumes 51 et 56, celui-ci débute par les mots: «Use de grâce envers moi, ô Dieu!...» Car la grâce divine est ma ressource aussi bien contre le mal qui m'entoure qu'à l'égard du péché qui est en moi (Ps. 51). Que les ennemis s'appellent Absalom, les Philistins ou Saül,... Satan ou le monde, le refuge assuré de mon âme est «en toi», Seigneur Jésus, «sous l'ombre de tes ailes» (v. 1). Dans un tel abri, je ne crains ni ce qui sort de la bouche des hommes, ni le filet préparé sous mes pas (vv. 4, 6; comparer Ps. 91:3, 4). «Dieu... mène tout-bonne fin pour moi» (v. 2). C'est l'équivalent de Romains 8:28. «Nous savons, affirme l'apôtre, que toutes choses travaillent ensemble pour le bien de ceux qui aiment Dieu». La foi nous amène à croire, puis à faire l'expérience que «toutes choses», même les plus contraires à nos propres pensées, sont dirigées par Dieu en vue de notre bénédiction.
Mais ici le croyant est plus soucieux de la gloire de Dieu que de sa propre délivrance (v. 5 répété au verset 11 et Ps. 108:5). Ce fut la prière du Seigneur à propos de la croix qui était devant lui: «Père glorifie ton nom» (Jean 12:28) et ce doit être notre premier désir dans chaque circonstance de notre vie.
Les versets 1 à 5 ne nous laissent aucune illusion sur ce qu'est la justice humaine. Si nous trouvons ce tableau trop sévère, il suffit d'évoquer la croix. Les rapports des hommes entre eux sont bien souvent régis par la loi du plus fort. Et le mensonge avec le venin de la calomnie sont des armes couramment employées (vv. 3, 4; Ps. 140:3). Oui, le monde autour de nous est rempli d'injustice, comme il l'était au temps de David. Mais notre attitude de chrétiens doit être bien différente de celle de l'Israélite pieux, telle qu'elle ressort des versets 6-10. à l'heure de la grande tribulation, celui-ci ne pourra que s'adresser au Dieu des vengeances pour hâter la venue du jour où la justice régnera sur la terre.
Ce jour viendra en effet, mais en attendant c'est encore «maintenant le jour du salut» (2 Cor. 6:2). Aussi nous appartient-il à nous à qui grâce a été faite, d'intercéder pour les hommes auprès du Dieu Sauveur. L'injustice qui nous entoure est pour nous l'occasion de faire du bien et de semer «le fruit de la justice» (Jac. 3:18). Nous n'avons pas à chercher à améliorer le monde qui ne peut pas l'être, mais à y manifester les caractères du Sauveur.
Parmi les psaumes qui se rapportent aux circonstances de la vie de David, celui-ci est le plus ancien (voir 1 Samuel 19:11-18). Il a été composé au cours de cette nuit dramatique où, à trois reprises, Saül avait envoyé ses agents criminels pour surveiller (v. 11), prendre (v. 14), et mettre-mort celui qu'il haïssait (v. 15; voyez dans notre psaume leur obstination à mal faire, versets 6 et 14). Pendant cette nuit d'angoisse, l'affligé se tourne vers son Dieu: «Ãveille-toi pour venir à ma rencontre,... Dieu d'Israël, réveille-toi...» (vv. 4, 5; comparer Ps. 44:23 et Marc 4:38). Il le connaît dans Sa puissance; il sait que Dieu peut le délivrer s'il le désire, mais il connaît mal Sa fidélité, Sa vigilance et Sa tendresse envers les siens (comparer Matthieu 8:2-3). Le Psaume 121 versets 3 à 8 répond à l'inquiétude du croyant: «Celui qui te garde ne sommeillera pas...». Et au verset 17 nous constatons que David a éprouvé non seulement la force, mais la bonté de son Dieu; Il le célèbre sous ces deux caractères.
Le projet de Saül était de faire mourir son ennemi au matin (1 Sam. 19:11). Mais pour David, comme pour nous, ce matin devient celui de la délivrance, de la joie et de la louange (v. 16; 2 Sam. 23:4).
En lisant en 2 Samuel 8 et 1 Chroniques 18 la page glorieuse des victoires de David sur les Syriens et sur les Ãdomites, qui aurait pensé qu'à cette occasion Israël et son roi avaient passé par une semblable détresse (vv. 1-3, 10, 11). La victoire du chrétien est souvent précédée de pénibles combats intérieurs connus du Seigneur seul. Et une partie du butin conquis dans ces luttes consiste dans les leçons qu'en même temps Dieu nous fait apprendre dans le secret de notre cÅur. C'est dans ce sens qu'on peut comprendre l'expression de Romains 8:37 déjà citée: être «plus que vainqueurs». Aussi ce psaume est-il écrit spécialement «pour enseigner» (voir titre). David a appris, et nous rappelle, que «la délivrance qui vient de l'homme est vaine» (comparer Ps. 146:3) et que «par Dieu nous ferons des actes de valeur».
«Tu as donné une bannière à ceux qui te craignent pour la déployer à cause de la vérité». Tenons-la bien haut et d'une main ferme, cette bannière de la vérité.
Les psaumes précédents nous présentaient les relations individuelles de l'âme avec Dieu, il s'agit ici d'exercices communs à tout le peuple. Ne perdons jamais de vue l'unité des rachetés du Seigneur, leur caractère de «bien-aimés» (v. 5) et le témoignage collectif qu'ils sont appelés à rendre.
Quand le croyant rencontre la méchanceté sous toutes ses formes, quand il est poursuivi par les hommes, «dans l'accablement de son cÅur», il trouve son refuge en Dieu (vv. 2, 3). Ce fut l'expérience de David pourchassé d'abord par Saül, plus tard par Absalom; ce sera celle du résidu fuyant la domination de l'Antichrist.
«Tu me conduiras sur un rocher qui est trop haut pour moi». L'Esprit de Dieu transporte la foi sur des hauteurs auxquelles l'intelligence naturelle n'a pas accès et dont on se sent indigne. Et, du haut de ce rocher, le croyant exalte tout ce que le Seigneur est pour lui; tous les aspects du secours et de la protection qu'il trouve en Lui: une forte tour contre les ennemis (comparer Proverbes 18:10); une tente contre l'orage ou l'ardeur du soleil; l'abri de ses ailes qui parle de tendresse et de sécurité.
De même qu'au Psaume 56:12, le fidèle rappelle les vÅux qu'il a faits, c'est-à -dire les engagements qu'il a pris envers Dieu (vv. 5, 8). Pour nous chrétiens, ces vÅux correspondent au sentiment des droits du Seigneur sur nous, à la conscience que nous sommes maintenant livrés-Dieu, que nous n'appartenons plus à nous-mêmes, mais à Celui qui nous a rachetés (2 Cor. 5:15; lire aussi Rom. 12:1).
Ce beau psaume n'est pas désigné comme s'appliquant à une circonstance spéciale de la vie de David. Comme pour nous confirmer «qu'en tout temps» (v. 8), l'âme doit se reposer paisiblement sur Dieu (nommé sept fois) et sur Lui seul! Précieuses expressions de confiance (vv. 1, 2, 5-8), et surtout précieux objet de ma confiance: Christ, le rocher des siècles sur lequel reposent à la fois mon salut et ma gloire! (v. 7). Si je le réalise, je puis en inviter d'autres à se confier en Lui (v. 8) et en même temps les mettre en garde contre tout appui trompeur. En effet, qu'ils soient en bas ou en haut de l'échelle sociale, les hommes s'enflent du vent de leur vanité et de leurs prétentions mensongères. à la balance divine, ils seront tous trouvés «manquant de poids» (v. 9; comparer Dan. 5:27).
Quant à nous, chrétiens, retenons soigneusement la fin du verset 10: «Si les biens augmentent, n'y mettez pas votre cÅur». Beaucoup d'enfants de Dieu, fidèles tant qu'ils n'avaient que Dieu sur qui se reposer (v. 1) n'ont pas résisté à l'épreuve de... la prospérité (comparer Ps. 69:22). «La tromperie des richesses» a étouffé la parole vivante qui est alors restée sans fruit (Matt. 13:22).
Que peut chercher David, dès le point du jour, dans le désert de Juda, un lieu aride, désolé, image du monde? Rien que Dieu mais son Dieu personnel. Avons-nous avec notre Seigneur un tel rendez-vous matinal, pour lui apporter notre faiblesse, nos craintes â le croyant n'est pas quelqu'un d'insensible â mais aussi pour écouter ses instructions, lui demander aide et directions? Exigence de l'âme que Lui seul peut satisfaire par sa propre présence: «Mon âme a soif de toi» (v. 1). à ce besoin-là , Dieu répond toujours (Jér. 31:25). Le v. 5 confirme: «Mon âme est rassasiée...». Dieu a-t-il changé le désert en un lieu fertile? C'est souvent dans ce sens que nous prions. Nous demandons telle amélioration de nos circonstances, faussement convaincus que notre condition spirituelle en dépend. Non, ici le désert est resté le désert, mais ce qui a changé, c'est la manière de le traverser. L'âme s'est ressourcée à l'intérieur du sanctuaire. Elle est maintenant capable de chanter de joie (v. 3, 5, 7). Car Dieu veut toujours se montrer suffisant et si le désert est nécessaire à cette démonstration, mes cantiques le sont aussi, parce qu'ils témoignent que c'est bien Lui qui fait mon bonheur.
Le croyant n'éprouve pas seulement comme au Psaume 63 l'aridité d'un monde où il ne peut étancher la soif de son âme (Ps. 63:1), mais il ressent aussi l'hostilité des hommes. Ils aiguisent leur langue contre lui comme une épée (comparer Ps. 55:21; 57:4). La fidélité a toujours excité l'animosité des incrédules. N'en soyons pas étonnés, mais veillons à ce que notre conduite ne donne aucune prise à des accusations justifiées. Contre cette épée et ces flèches, revêtons la cuirasse de la justice (c'est-à -dire une conduite irréprochable; Ãphésiens 6:14; lire 1 Pierre 2:12) et opposons à toutes les manifestations de méchanceté «la douceur de la sagesse» (Jac. 3:13). Alors Dieu prendra notre cause en main (Rom 12:17-19).
«Qui le verra?» avaient dit les ennemis du juste (v. 5; voir aussi Ps. 10:11 et Ps. 59:7). Eh bien, Dieu le voit! Son regard décèle au plus profond du cÅur la malveillance et la machination (v. 6). Et en réponse à la flèche (cette «parole amère») ajustée et décochée soudain contre l'homme intègre (v. 4), Il prépare sa propre flèche qui délivrera son racheté d'une manière tout aussi soudaine quand le moment sera venu (v. 7).
Avant d'être universelle à l'aube du «jour millénaire» (Ps. 66), la louange se prépare en silence dans le cÅur des rachetés. Elle devrait nous être familière, cette adoration qui monte silencieusement vers Dieu avec d'autant plus de réalité que des paroles ne peuvent la trahir. Pratiquons-la dans nos trajets, pendant les pauses de notre travail, sur notre lit durant la nuit... (Ps. 63:6). Elle sera toujours entendue et comprise par Celui qui écoute la prière (v. 2).
Après avoir réalisé au verset 3 le pardon des péchés, Israël (et le chrétien également) pourra jouir de la présence de Dieu et des joies de Sa communion (v. 4).
Le Psaume se termine sur un tableau magnifique des futures bénédictions terrestres, images des richesses spirituelles du croyant dès maintenant en sa possession. Si celui-ci languit «dans une terre aride et altérée, sans eau» (Ps. 63:1), il doit se souvenir que «le ruisseau de Dieu est plein d'eau» (v. 9). Chers amis, n'est-ce pas alors notre faute si notre âme est quelquefois desséchée? (voir Jean 4:14, 15)
«Tu fais chanter de joie les sorties du matin et du soir» dit encore le verset 8. Oui, que nos journées commencent, se déroulent et s'achèvent dans un chant de bonheur et d'amour.
Dans les temps heureux dont parlait le Psaume 65, ce sera le rôle d'Israël d'inviter les nations à la joie et à la louange. Tout d'abord à cause de Ses Åuvres terribles (vv. 3, 5), puis pour Sa bonté à l'égard de son peuple. La sortie d'Ãgypte et l'entrée en Canaan (v. 6) sont les premiers grands actes de puissance qui devront toujours être exaltés. Chrétiens, ne cessons pas de célébrer la croix de notre Seigneur Jésus Christ. Il nous a délivrés du joug du prince de ce monde (l'Ãgypte) et nous a fait entrer dans des bénédictions célestes.
Puis les longues souffrances d'Israël seront aussi remises en mémoire (vv. 10-12). Les Juifs ont été (et sont encore) éprouvés de toutes les manières, accablés, foulés aux pieds (v. 12) par les nations au milieu desquelles ils ont été dispersés. Mais bientôt ils pourront bénir Dieu qui a conservé leur âme en vie et les a affinés au creuset de l'épreuve. N'oublions jamais, nous non plus, ce précieux but divin. Le verset 18 nous rappelle une vérité très importante: Dieu ne peut écouter nos prières tant que nous avons sur la conscience un péché non jugé. Hâtons-nous de le confesser afin de jouir à nouveau de Sa communion! (Ãsaïe 1:15; Ps. 32:5, 6).
Israël demande à être béni afin que la volonté de Dieu et Son salut soient connus de toute la terre (vv. 1, 2). Ne sommes-nous pas habituellement trop occupés de nous-mêmes dans nos prières? Demandons que la grâce dont nous sommes les objets et les bénédictions dont nous jouissons puissent être remarquées par ceux qui nous entourent et les attirent à Jésus.
L'Ãpître aux Romains (Rom. 9 - 11) nous explique comment Israël a été mis de côté pour permettre à Dieu d'étendre dorénavant sa grâce aux nations. Elle nous montre aussi comment cette participation des «gentils» aux promesses faites à Abraham devait exciter les Juifs à jalousie (lire Rom. 11:11, 12). Mais sous le sceptre du Messie, il y aura place pour les uns et pour les autres (Ps. 22:27). Toutes les nations du monde seront bénies avec le peuple juif. Il ne sera plus question de jalousie ni d'orgueil national; Israël n'aura qu'un désir: voir tous les peuples se réjouir en Dieu et Le célébrer (vv. 3, 5). Alors l'Agneau sera exalté dans les cieux et sur la terre comme Il en est digne. «Tu as acheté pour Dieu par ton sang, de toute tribu, et langue, et peuple, et nation...» (Apoc. 5:9).
Terrible dans ses jugements contre les impies, Dieu se montre plein de tendresse envers ceux qui Lui appartiennent et qu'il appelle «les justes» (v. 3). Lui-même prend les beaux noms de «père des orphelins» et «juge des veuves» (v. 5; Ps. 146:9; Jér. 49:11). Il montre ainsi qu'il s'occupe d'une manière toute spéciale de ceux qui ont perdu leur soutien naturel. Les isolés sont les objets de soins particuliers: «Dieu fait habiter en famille ceux qui étaient seuls» (v. 6). Combien ont fait cette précieuse expérience! à leur conversion des portes s'étaient fermées; certains membres de leur famille ne voulaient plus les recevoir. Pour l'amour du Seigneur, ils avaient dû quitter «maison, ou frères, ou sÅurs...». Mais «le Père des orphelins» les a recueillis dans sa propre famille où ils ont trouvé d'autres frères et d'autres sÅurs (lire Marc 10:29, 30).
Jusqu'au verset 14 sont rappelés les soins de Dieu envers son peuple depuis le chemin du désert (comparer versets 1 et 7 avec Nomb. 10:33-36). Il n'a pas cessé de veiller sur Israël son «troupeau» (v. 10). Mais aujourd'hui le Seigneur a «d'autres brebis qui ne sont pas de cette bergerie» juive (Jean 10:16). Ãtes-vous l'une d'elles? Pouvez-vous parler de l'amour de ce bon Berger?
Il viendra un moment où toutes les prétentions des hommes à la puissance (ces montagnes à plusieurs sommets du verset 16) devront faire place à la seule puissance divine. Celle-ci a donné sa preuve la plus grande, non par sa victoire sur les ennemis d'Israël, mais par celle que Christ a remportée sur Satan (l'homme fort qui nous retenait captifs) et par Sa résurrection triomphante (v. 18; Rom. 1:4). Ãlevé «au-dessus de tous les cieux», le Seigneur est ici Celui qui reçoit des dons en tant qu'homme. Dans la citation d'Ãphésiens 4:8-10, Il les distribue. Son Ãglise aujourd'hui dispose pour son édification de ces dons répandus sur elle par le moyen du Saint-Esprit (Actes 2:33). De toutes manières nous pouvons dire avec le verset 19: «Béni soit le Seigneur, qui, de jour en jour, nous comble de ses dons, le Dieu qui nous sauve». En vérité notre Dieu est un Dieu de salut. C'est à Lui qu'il appartient de faire sortir de la mort (bien que ce verset 20 s'applique en premier lieu à la résurrection nationale d'Israël) et de donner à ceux qui étaient retenus par son pouvoir une part céleste et éternelle avec le Premier-né d'entre les morts, avec l'Homme ressuscité.
Cette fin du Psaume nous présente un autre côté de l'établissement du Règne. La «marche» de Dieu avec son peuple, qui avait commencé dans le désert (v. 7), s'achève maintenant dans le lieu Saint, figure d'un glorieux repos (v. 24; comparer 2 Sam. 6:17 et 7:6). Les tribus d'Israël enfin rassemblées partagent ce repos. Le verset 27 mentionne Juda maintenant réuni à Zabulon et Nephthali ainsi que Benjamin, le petit. En effet cette dernière tribu avait été jadis presque anéantie par le jugement (Juges 21); elle est donc l'image du peuple d'Israël tout entier qui vient de traverser les tribulations. Mais à présent elle domine, car Dieu a commandé la force de son peuple (v. 28). Et le monde entier se soumet: les rois (v. 29), les grands (v. 31), les royaumes (v. 32), tous invités à attribuer à Dieu la force et la majesté qui sont visibles en Israël.
«Ils ont vu ta marche, ô Dieu!» (v. 24). Nous pensons aussi à ces disciples de Jean le Baptiseur «regardant Jésus qui marchait» (Jean 1:36) et qui l'ont suivi. Oui, considérons en lisant la Parole cette marche parfaite du Seigneur dans le désert de ce monde, en attendant de Le contempler face à face dans le repos et dans la gloire.
Le Psaume 68 nous a montré Christ élevé au ciel en vainqueur, recevant des dons glorieux (v. 18). Le Psaume 69 nous Le présente abaissé, dans la honte et l'indicible douleur, rendant ce qu'Il n'avait pas ravi (v. 4). Nous avons déjà trouvé dans cet ordre le Psaume 21 précédant le Psaume 22, afin que nul ne se trompe quant à la personne présentée ensuite au milieu de telles souffrances. Comme l'arche frayant au peuple un chemin à travers le fleuve du Jourdain (fleuve de la mort), Christ s'avance prenant sur Lui-même le fardeau des fautes, «la folie» de son peuple (v. 5). Il enfonce dans la boue profonde du péché, dans la profondeur des eaux du jugement (v. 2); Il voit l'affreux puits de la mort menaçant de l'engloutir (v. 15); mais Il ne cesse malgré tout cela d'élever sa prière à son Dieu (v. 13).
La citation du verset 9 en Romains 15:3 nous invite à imiter ce grand Modèle qui n'a jamais cherché-plaire-Lui-même, à se soustraire à des outrages qui concernaient son Père (Matt. 27:43).
Il demande aussi que son épreuve ne soit pas une pierre d'achoppement pour les croyants lorsqu'ils verront un tel fidèle plongé dans une telle détresse (v. 6).
Les Psaume 22 et 69 qui, l'un et l'autre, nous occupent des souffrances du Seigneur, présentent entre eux une différence essentielle: Dans le Psaume 22 Christ est vu accomplissant l'expiation de nos péchés; Il y est présenté comme Celui que Dieu a frappé à notre place. Ici au contraire, nous voyons Jésus souffrir de la part des hommes; et que de moyens ceux-ci n'ont-ils pas trouvés pour le persécuter! Un mot revient quatre fois dans ce psaume: l'opprobre, autrement dit le déshonneur public (vv. 7, 10, 19, 20). Le cÅur infiniment sensible du Seigneur en a été brisé (v. 20). En Lui la gloire de Dieu, Son amour, Sa sainteté, ont été foulés aux pieds devant tous par les hommes iniques. Et le verset 21 s'est littéralement réalisé à l'heure de la croix (Matt. 27:34, 48).
Une autre cause de profonde douleur pour le Sauveur a été l'incompréhension, l'indifférence de ses disciples: «J'ai attendu que quelqu'un eût compassion de moi, mais il n'y a eu personne...»
C'est à juste titre que les représentants de la race humaine coupable d'un tel forfait subiront, s'ils ne se sont pas repentis, l'indignation et la colère demandées au verset 24 par le résidu. Mais puisse le Seigneur trouver chacun de nos lecteurs parmi «ceux qui aiment son nom» (v. 36).
Trop souvent les souffrances des autres nous laissent insensibles (comparer Psaume 69:20). C'est encore plus vrai lorsque nous sommes nous-mêmes éprouvés. En général, dans de tels moments, nous ne pensons plus qu'à notre propre fardeau et nous trouvons même un certain soulagement à constater que nous ne sommes pas seuls à souffrir. Mais il n'en était pas ainsi de Jésus. Tout en étant Lui-même «affligé et pauvre», sa prière était que tous ceux qui cherchent Dieu s'égaient et se réjouissent en Lui... (v. 4). Déjà au Psaume 69:6, Il avait intercédé: «Que ceux qui te cherchent ne soient pas rendus confus à cause de moi, ô Dieu d'Israël»! Tout son désir était que Dieu soit magnifié et que les siens se réjouissent en Lui (v. 4). En revanche, la honte et la confusion atteindront ceux qui ont cherché sa vie, qui ont pris un insolent plaisir à son malheur (v. 2). Mais nous savons qu'aucun désir de vengeance comme ceux des versets 2, 3 n'est monté dans le cÅur du Sauveur plein d'amour. Au contraire, au plus profond de sa douleur Il s'occupait en grâce de ceux qui le tourmentaient, et demandait à Dieu de leur pardonner (Luc 23:34).
Tu es «ma confiance dès ma jeunesse...» dit le psalmiste (v. 5) et au verset 17: «à Dieu! tu m'as enseigné dès ma jeunesse; et jusqu'ici j'ai annoncé tes merveilles». Heureux le croyant qui entre de très bonne heure à l'école de Dieu et y apprend à se confier en Lui. «Je me suis appuyé sur toi», dit-il aussi (v. 6). Le Seigneur est son fort refuge (v. 7) son rocher d'habitation, son lieu fort (v. 3), expressions que nous rencontrons souvent dans les Psaumes (par exemple Psaume 31:2, 3). En ce qui nous concerne, nous ne sommes en général pas exposés à des persécutions dans nos pays. Mais, nous ne le dirons jamais trop, les ennemis qui «guettent» nos âmes ne sont pas moins redoutables que ceux des versets 10 et 13. 1 Pierre 2:11 nous met en garde contre les «convoitises charnelles, lesquelles font la guerre-l'âme». Quand elles surgissent, hâtons-nous de chercher notre refuge en Dieu, certains d'y trouver une délivrance entière. Cependant le Seigneur est plus qu'un lieu fort pour le racheté: «Tu es le sujet continuel de ma louange... Ma bouche est pleine de ta louange et de ta magnificence, tout le jour» (vv. 6, 8, 14, 22, 23). Seul Jésus pouvait affirmer cela (comparer aussi vv. 6, 11 et 12 avec respectivement Ps. 22:9, 11, 19). Mais qu'il nous soit donné, amis croyants, de le réaliser quelque peu!
Il est probable que ce psaume a été rédigé par David quand il fuyait devant son fils Absalom. Déjà âgé (vv. 9, 18), l'homme de Dieu traverse une fois encore «de nombreuses et amères détresses» (v. 20). Il s'adresse à l'Ãternel: «Jusqu'à la vieillesse et aux cheveux blancs, ô Dieu! ne m'abandonne pas...». Ãsaïe 46:4 apporte une réponse divine à cette prière: «Jusqu'à votre vieillesse, je suis le Même, et jusqu'aux cheveux blancs, je vous porterai...». Non, Dieu n'a pas abandonné son serviteur et Il n'abandonnera jamais ceux dont Il a racheté l'âme (v. 23; lire Ps. 37:25), précisément parce qu'Il abandonna son Fils sur la croix pour accomplir ce rachat. S'Il est le Dieu de notre jeunesse â et nous désirons que ce soit votre cas à tous, jeunes amis lecteurs, â faisons-Lui confiance, Il sera Celui de toute notre vie.
Voyez combien de fois l'auteur du psaume rappelle et célèbre la justice de Dieu (vv. 2, 15, 16, 19, 24). Habitant un monde où règne l'injustice (et qui n'a pas changé depuis), il mesure par contraste tout le prix de cette justice de Dieu. Elle triomphera sur la terre quand celle-ci sera donnée au Roi glorieux dont nous parlera le Psaume 72 (v. 1).
Ce psaume a pour sujet Salomon (voir titre), figure de Christ, roi de justice et de paix. Au temps des souffrances et des combats dont parlaient les psaumes précédents, succédera le règne juste et béni du Messie, Fils de David. Auprès de Lui, le pauvre et l'affligé, tous les malheureux de la terre, trouveront compassion et secours. La violence et l'oppression, l'exploitation des plus faibles par les plus forts, toutes ces injustices prendront fin, en même temps que la misère matérielle et la sous-alimentation qui touche aujourd'hui la moitié au moins de la population du globe. «Il y aura abondance de froment sur la terre, sur le sommet des montagnes» (v. 16). «Abondance de paix» (v. 7), «abondance de froment», ne s'agit-il pas des biens que l'humanité désire le plus? Et toutes ces bénédictions éveilleront enfin un écho de reconnaissance dans le cÅur de ces hommes aujourd'hui si ingrats à l'égard des bienfaits de Dieu. Ainsi que l'exprime un cantique: Les cieux béniront la terre, Et la terre aux cieux répondra (comparer Osée 2:21, 22). Alors la gloire de l'Ãternel couvrira la terre (v. 19; Nomb. 14:21). C'est sur cette louange et sur la contemplation du vrai Salomon que se termine le 2e livre des Psaumes.
Le 3e Livre des Psaumes commence par une série de onze psaumes d'Asaph. C'est lui qui, du temps de David, dirigeait le chant et l'accompagnait avec des cymbales (1 Chr. 16:5). Le Psaume 73 nous raconte sa dure expérience. En comparant son sort à celui des hommes impies, Asaph est bien découragé. Il lui semble que Dieu réserve peines et tourments à ceux qui le craignent (sous forme de discipline), tandis qu'il épargne les arrogants et les méchants dont les versets 3 et suivants nous font un odieux portrait. Le fidèle s'aigrit et se tourmente (v. 21). Il n'est pas loin d'accuser Dieu d'injustice et d'indifférence. S'il en est ainsi, pense-t-il, à quoi sert-il de purifier mon cÅur?
D'une manière générale, il est arrivé à chacun de nous de porter envie à ceux qui peuvent jouir de tout ce qu'offre l'existence sans se laisser arrêter par la crainte de Dieu. Les jeunes chrétiens qui font des études connaissent tous des camarades qui ont à la fois beaucoup d'argent et des principes relâchés. Qu'ils n'oublient pas leurs propres richesses, lesquelles ne se mesurent pas à l'échelle des valeurs humaines! Il faut quâils sâen souviennent: leur espérance fait dâeux, non pas les plus misérables (1 Cor. 15:19), mais les plus privilégiés des hommes.
Le psalmiste poursuit sa pénible méditation (v. 16). Et soudain la lumière se fait! L'introduisant dans le sanctuaire de Sa communion, Dieu lui fait comprendre où finit la voie des méchants (comparer Ps. 37:38). La pente qu'ils suivent est glissante et les conduit à une ruine certaine; leur passage ici-bas n'aura été qu'un vain songe (vv. 18, 20). Proverbes 23:17, 18, qui exhorte aussi à ne pas envier les méchants, nous apprend que, pour celui qui craint l'Ãternel, «certainement il y a une fin»... combien différente (Rom. 6:22).
Oui vraiment! comment le croyant avait-il pu l'oublier? Il s'accuse d'avoir été sans connaissance et stupide. Quel contraste entre ce sort des impies et ce qu'il possède, lui, même éprouvé! N'a-t-il pas l'honneur de la compagnie du Seigneur? «Je suis toujours avec toi» (v. 23). Il Le connaît selon les précieuses expressions du verset 26. Et c'est dans les cieux qu'il a sa part (Christ Lui-même; verset 25). On cite cette réflexion faite par des gens du monde à des chrétiens qui s'occupaient de politique: «Vous avez le ciel; laissez-nous la terre». Rappel à l'ordre ironique mais bien digne d'attention!
Puisse notre vie se résumer par cette parole qui en Jésus seul a pris toute sa valeur: «Je n'ai eu de plaisir sur la terre qu'en toi»! (v. 25)
Le «pourquoi» qui commence le psaume ressemble à la grande question sur laquelle s'ouvre le Psaume 22. Mais le rejet, pour un temps, d'Israël a une raison que ce peuple finira par comprendre: ce sont ses propres péchés (Zach. 12:10), alors que l'abandon de Christ a eu pour cause nos iniquités. Dans ce 3e Livre des Psaumes, il ne s'agit plus seulement du résidu de Juda, mais aussi des fidèles des douze tribus. Contre celles-ci aussi fumera la colère, qui toutefois ne sera pas «pour toujours» (v. 1; Ps. 30:5). Ces pauvres croyants considèrent les ruines du sanctuaire, la cessation du culte public... et mesurent la puissance des adversaires. Ils n'ont aucun signe de la part de Dieu pour les encourager; au contraire, ils comprennent que c'est Lui qui a permis une telle désolation. Mais ils se confient dans le «Dieu d'ancienneté» et rappellent tout ce qu'Il a accompli autrefois pour délivrer son peuple. «Souviens-toi», répètent-ils (vv. 2, 18, 22). Ils savent qu'ils sont ses rachetés et que par conséquent l'ennemi, quand il s'est attaqué à Israël et à son culte, a en réalité méprisé et outragé Dieu Lui-même (vv. 10, 18). C'est Lui que cette affaire concerne; Il ne manquera pas de plaider Sa propre cause (v. 22).
Ce cantique d'Asaph fait suite à son expérience du Psaume 73. Non seulement il a cessé d'envier les orgueilleux et les méchants, mais, connaissant la fin terrible qui les attend (Ps. 73:17), il les avertit de la part de Dieu (v. 4...). Ce service nous incombe aussi, chers enfants de Dieu, rappeler aux pécheurs la souveraineté et la justice de Dieu, sans oublier son amour.
Prophétiquement c'est Christ qui parle du moment où Il recevra l'assemblée d'Israël (v. 2; Ps. 73:24). Alors chacun occupera la place que le Seigneur lui assignera. Beaucoup qui auront été les premiers seront les derniers et des derniers seront les premiers (Marc 10:31; 1 Sam. 2:7). Dans ce monde, d'une manière générale chacun cherche à s'élever tout en rabaissant les autres. N'oublions pas, chrétiens, que le Seigneur a Lui-même fixé sur la terre la place de notre témoignage,... comme Il a aussi préparé celle que nous occuperons dans la maison du Père.
«Ton nom est proche» déclare le fidèle au verset 1. Et pour nous, c'est précisément ce nom de Père qui nous garantit pour le temps présent les soins les plus tendres ainsi qu'un libre et continuel accès auprès de Lui (Ãph. 2:18).
Notons que «la corne» (vv. 4, 5, 10) dont il est souvent question dans les Psaumes et les prophètes est le symbole de la puissance et de la dignité.
Le moment viendra où Dieu fera sa demeure au milieu de son peuple Israël afin de se faire connaître de lui et à travers lui (vv. 1 et 2). Mais, dans le temps actuel, Il ne s'est pas laissé sans témoignage. C'est par l'Assemblée, «habitation de Dieu par l'Esprit» que Sa sagesse si diverse est maintenant donnée à connaître (Ãph. 2:22 et Ãph. 3:10). Et qu'attend-il de notre part, sinon que Jésus soit vraiment rendu visible autour de nous par notre moyen!
Le résidu considère et exalte la puissance qui l'aura délivré. Dieu est resplendissant et magnifique,... «redoutable» aussi dans le jugement qu'Il accomplira et par lequel Il sauvera «tous les débonnaires de la terre». Ceux-ci auront manifesté les caractères de leur grand Modèle, «débonnaire et humble de cÅur» (Matt. 5:58; Matt. 11:29), en contraste avec «les forts de cÅur» (v. 5): autrement dit les orgueilleux. Ils auront souffert de la part de ces derniers à cause de leur foi. En effet, le croyant fidèle est souvent méprisé, rejeté, persécuté dans un monde égoïste et dur; mais il n'en sera pas toujours ainsi. Le verset 10 nous fait comprendre de quelle manière Dieu interviendra en faveur de son peuple. Il se servira de la colère des hommes qui se détruiront mutuellement.
Comme le Psaume 73, celui-ci se divise en deux parties: une première qui nous expose l'amertume d'esprit du psalmiste, une seconde qui nous le montre comprenant la voie de Dieu qui est «dans le lieu saint» (v. 13; comparer Ps. 73:17). Cette fois ce n'est pas la prospérité des méchants qui le tourmente, mais le regret des bénédictions du passé: «Je pense aux jours d'autrefois... Sa bonté a-t-elle cessé?» (vv. 5, 8). Une épreuve est, hélas! souvent l'occasion de semblables murmures et de vains retours en arrière. Et on juge l'amour du Seigneur en fonction des circonstances qu'il permet pour nous. S'Il a cessé de montrer sa faveur (v. 7), nous nous mettons à douter de Lui. Eh bien! un tel raisonnement ne change rien à la fidélité de cet amour, mais il nous empêche de le goûter dans la consolation qu'il nous avait préparée. «Mon âme refusait d'être consolée» (v. 2).
«C'est ici mon infirmité» (v. 10), ajoute Asaph, qui regarde à lui-même et se compare aux autres. Mais Dieu lui montre l'inutilité de ses lamentations. Et ses pensées prennent une autre direction. Non pas qu'il ait cessé de regarder la route déjà suivie. Mais ce sont les merveilles de Dieu qu'il considère à présent et dont il se souvient pour Le célébrer.
Le long Psaume 78 rappelle ces merveilles (vv. 4, 12) accomplies en faveur des siens par «le Dieu qui fait des merveilles» (Ps. 77:14). Le peuple est invité à prêter l'oreille à ce récit qui lui est donné pour l'instruire! (voir titre). Et quant à nous, chrétiens, nous savons que cette histoire d'Israël a également été écrite «pour nous servir d'avertissement» (1 Cor. 10:11); elle est une sorte de vaste parabole (rapportant toutefois des faits réellement arrivés), selon le verset 2 que Matthieu 13:35 place dans la bouche du Seigneur Jésus. Enfin les versets 4 et 6 nous montrent que ce rappel des merveilles du passé énumérées dans les versets 12-16 s'adresse tout particulièrement à la nouvelle génération, avec un triple but défini par le verset 7: amener ces «fils» à mettre leur confiance en Dieu, à ne pas oublier ses Åuvres, enfin à observer ses commandements. N'est-ce pas également ce qu'Il attend de nous? Demandons au Seigneur qu'Il nous garde d'être comme Israël dans le désert «une génération indocile et rebelle,... et dont l'esprit n'a pas été fidèle à Dieu» (v. 8; Ãzéchiel 20:18). Et sachons nous laisser enseigner par les expériences déjà faites: ces choses «que nous avons entendues et connues, et que nos pères nous ont racontées» (v. 3).
Comment le peuple a-t-il répondu aux Åuvres merveilleuses de Dieu (v. 11)? Par les «Åuvres de la chair» dont Galates 5:19... nous donne la triste énumération. Ce chapitre 5 des Galates nous rappelle que les chrétiens ont été affranchis de la servitude, de même qu'Israël fut délivré de l'esclavage de l'Ãgypte. Mais la liberté dans laquelle nous sommes maintenant placés ne doit pas être une occasion pour la chair d'agir à sa guise. Aussi l'apôtre ajoute: «Marchez par l'Esprit et vous n'accomplirez pas la convoitise de la chair» (Gal. 5:1, 13, 16, 25). Les versets 17 et suivants de ce psaume nous montrent comment ces convoitises se sont éveillées dans le cÅur du peuple. La manne (image de Christ et de sa Parole) a cessé de lui suffire (vv. 23, 24; voir Nomb. 11:4...). Et en même temps l'incrédulité est apparue (v. 22). Bien qu'ayant été témoin de la puissance de Dieu, Israël ne craint pas de le tenter, en disant: «Dieu pourrait-il dresser une table dans le désert?» (v. 19; comparer 2 Rois 7:2). à nous aussi, chers amis, le Seigneur a largement «ouvert les portes des cieux» pour nous bénir (v. 23). Répondons-Lui par toujours plus de confiance et de reconnaissance.
Le manque de mémoire du peuple et son ingratitude amènent Dieu à reprendre à ses débuts le récit de ce qu'Il a fait pour lui. Les plaies d'Ãgypte sont rappelées jusqu'au verset 51, puis le départ (v. 52), le voyage (v. 53) et l'entrée du peuple en Canaan (v. 54). Le verset 55 résume le livre de Josué, tandis que les versets suivants nous replacent au temps des Juges et du 1er Livre de Samuel. Les versets 60 et 61 font allusion à la prise de l'arche par les Philistins (1 Sam. 4). Nous voyons alors le Seigneur intervenir de nouveau d'une triple manière: Il frappe ses ennemis (v. 66); Il met de côté les dix tribus infidèles personnifiées par Joseph et Ãphraïm (v. 67; historiquement il s'agit de la royauté de Saül et de ceux qui l'ont suivi: 2 Sam. 2:8-11). Enfin Exode 15:17 s'accomplit (v. 69) et Juda est élevée, parce qu'elle est la tribu royale de David. Le libre choix de Dieu et sa grâce sont exaltés (comparer Jean 15:16 et Rom. 9:15), car il n'est mentionné nulle part que cette tribu fut moins coupable que les autres. Mais elle est indissolublement unie à celui qui est l'Oint de l'Ãternel et c'est aussi à ce titre que Dieu nous choisit et nous aime (v. 68: nous appartenons à Christ, son Bien-aimé; comparer Jean 17:6, 9, 10).
Ce psaume traduit les sentiments et les prières du résidu d'Israël quand les nations auront envahi la Palestine et profané le temple. Les fidèles se lamentent: ils sont des objets de risée et de raillerie pour leurs voisins (v. 4; comparer Ps. 80:6 et 44:13). Dans nos pays où l'oppression de jadis a fait place à la tolérance religieuse, la moquerie reste une des armes modernes de la persécution. Le chrétien fidèle sera parfois traité de fanatique, d'orgueilleux ou d'illuminé. Nous n'y échapperons pas si nous voulons rester séparés du monde. Toutefois, en plus des ennemis du dehors, le croyant qui n'est pas affranchi peut avoir affaire à des accusateurs au-dedans de lui-même. Ce sont les iniquités anciennes qui reviennent en mémoire, car l'épreuve est souvent l'occasion d'un pénible examen de conscience. Alors l'âme qui sent sa misère (fin du verset 8) fait appel aux compassions d'en haut. «Aide-nous, ô Dieu de notre salut! à cause de la gloire de ton nom... et pardonne nos péchés, à cause de ton nom» (v. 9). Notre position de rachetés est bien différente, mais c'est aussi à cause de son nom, parce qu'Il est fidèle et juste envers son Fils Jésus Christ, que Dieu pardonne nos péchés et nous purifie de toute iniquité (1 Jean 1:9).
à la fin du Psaume 79 Israël rappelait à Dieu qu'il était «le troupeau de sa pâture». Le Psaume 80 commence en invoquant le Berger d'Israël. Comme des brebis dispersées incapables de retrouver leur chemin, les fidèles s'écrient: «à Dieu! ramène-nous» (vv. 3, 7 19). Ce travail de restauration après un temps d'égarement fait partie des soins de notre bon Berger (Ps. 23:3).
«Fais luire ta splendeur» (v. 1), demande le résidu dans sa détresse. Ãphraïm, Benjamin et Manassé, étaient les tribus qui, sous leur bannière, suivaient immédiatement l'arche, figure de Christ (Nomb. 10:22-24).
à partir du verset 12, les croyants s'étonnent: Pourquoi Dieu a-t-il livré au pillage et au feu le cep, Israël, qu'Il avait transporté d'Ãgypte et planté avec tant de soin? L'Ãternel donne sa réponse en Ãsaïe 5:4 sous la forme d'un autre pourquoi: Pourquoi quand j'espérais que ma vigne produirait de bons raisins, a-t-elle produit des raisins sauvages?
Mais en contraste avec ce cep d'Israël, improductif malgré tout le travail du divin Cultivateur, Jean 15 désigne «le vrai Cep»: Christ. Il est introduit au verset 17 comme l'homme de la droite de Dieu et le Fils de l'homme, ce nom qu'Il se donne si souvent dans les évangiles.
Israël est invité à chanter comme il l'avait fait jadis au bord de la mer Rouge, au son du tambourin (v. 2; Ex. 15:20). Mais, après la délivrance de l'Ãgypte évoquée au verset 6, l'Ãternel aurait eu encore beaucoup de grandes choses à accomplir en faveur de son peuple... si celui-ci avait voulu l'écouter. Il était prêt en particulier à le nourrir de la moelle du froment (la fine fleur de farine qui nous parle toujours de Christ), ainsi que du miel du rocher, image de la douceur de la grâce divine. Mais Dieu est obligé de constater tristement: «Israël n'a pas voulu de moi...» (v. 11). Combien touchante est Son exclamation: «Israël, oh! si tu voulais m'écouter» (v. 8) et plus loin: «Oh! si mon peuple m'avait écouté» (v. 13; comparer Deut. 5:29). Amis croyants, Dieu a aussi retiré notre épaule de dessous le plus pesant des fardeaux: celui du péché (v. 6). Mais souvenons-nous qu'il a encore beaucoup d'autres bénédictions en réserve pour nous... à condition que nous ayons le désir de les recevoir et que nous écoutions sa Parole. Il nous a préparé des victoires (comparer verset 14); Il veut nous nourrir de Christ et de son amour. Ouvrons-Lui nos cÅurs; Il les remplira et sa louange sera dans nos bouches (comparer verset 10).
Le souverain Juge a placé l'homme sur la terre avec la charge d'y exercer la justice (lire Deut 1:17). Hélas! il suffit d'ouvrir les yeux pour voir de quelle manière ce dernier assume cette responsabilité. Nous sommes nous-mêmes souvent indignés de l'injustice qui règne autour de nous, spécialement quand nous en sommes les victimes, et elle exige de notre part beaucoup de patience (Jac. 5:10, 11). Comprenons alors ce que peuvent être les sentiments du Dieu juste par excellence, et combien grande est Sa patience envers ce monde! Elle a brillé tout particulièrement lorsque son saint Fils a été de la part des hommes l'objet de la suprême injustice.
Et qui donc aujourd'hui manifestera la justice de Dieu dans le monde, sinon Ses propres enfants? (Mais n'oublions pas que l'injustice peut prendre la forme d'un jugement défavorable ou malveillant que nous portons sur quelqu'un). C'est tous les jours que nous rencontrons, sous des visages qui nous laissent peut-être indifférents, le misérable, l'orphelin, l'affligé, le nécessiteux (v. 3). Demandons-nous si ce n'est pas notre service de les rechercher et de leur apporter, avec la compassion et sans parler de l'aide matérielle qui est en notre pouvoir, le témoignage de l'amour du Seigneur Jésus.
Au temps de la grande tribulation, les nations coalisées énumérées aux versets 6-8 se concerteront pour effacer de la terre le nom d'Israël (Ãsaïe 10:24). Parmi elles Assur, le roi du Nord, occupera une place prépondérante. Devant cette menace d'extermination, la plus terrible qu'ait jamais connue ce malheureux peuple déjà tellement éprouvé dans lâhistoire, les fidèles du résidu se tourneront vers Dieu. Leurs ennemis sont aussi les Siens (v. 2); cette alliance a été conclue contre Lui (v. 5). Et, d'autre part, les croyants ont conscience de Lui appartenir. Ils sont Ses «fidèles cachés» (v. 3), tels les sept mille hommes au temps d'Achab qui, malgré la persécution, n'avaient pas fléchi les genoux devant Baal (1 Rois 19:18). Oui, Dieu ne peut manquer d'intervenir puisque tous ces peuples, dans leur folie aveugle, seront trouvés Lui faisant la guerre (v. 5; comparer Ps. 2:2 et Apoc. 19:19). Les fidèles se reportent aux délivrances du passé, aux grandes dates de l'histoire d'Israël (v. 9: Juges 4; v. 11: Juges 7, 8).
Nous, chrétiens, qui n'aurons pas à traverser ces temps terribles, aurions-nous moins de patience et de confiance? L'opposition du monde doit avoir pour seul effet de nous rejeter sur le Seigneur.
Dans la création, chaque être vivant a trouvé un gîte ou un nid. Mais le croyant, comme son Seigneur, ne connaît pas ici-bas de vrai repos (v. 3; Matt. 8:20). Ses affections sont ailleurs: dans ces demeures célestes où sa place est préparée (Jean 14:2; comparer vv. 2:10). Les points de suspension du verset 3 paraissent traduire l'émotion du cÅur; il déborde de ce qui le remplit: «...tes autels, ô Ãternel des armées!» L'autel d'airain et l'autel d'or nous parlent de Christ dans son sacrifice et dans son intercession, Lui dont la présence fait pour nous tout le prix de la Maison du Père. Mais le chemin qui conduit à cette Maison du Père traverse un monde qui est une vallée de Baca (ou de pleurs; et les fils de Coré, auteurs du psaume, en avaient fait l'expérience: voir Ps. 42:3). Qu'importe; si ce chemin est frayé dans notre cÅur, si rien ne nous sépare de Celui vers qui nous allons, alors les larmes mêmes se changeront en expériences bienfaisantes; nous marcherons de force en force et non plus de chute en chute. Enfin les excellentes promesses du verset 11 seront notre part. Mais retenons du verset 9 que le précieux secret de l'exaucement de nos prières, revient à les présenter au nom du Seigneur Jésus, qui est l'Oint de Dieu.
Le sujet de ce psaume est le pardon que Dieu accordera à son peuple Israël. Les fidèles ne doutent pas de Sa bonté, mais ils sentent en même temps le poids de Sa juste colère contre son peuple coupable. Oui Dieu est bon; ne pardonnera-t-il donc pas? Mais Il est aussi saint, juste et véritable, comment passerait-il par-dessus un seul péché? Bonté et vérité, justice et paix, ces caractères divins, inconciliables à vue humaine, se sont cependant rencontrés (v. 10). à la croix, je vois le péché condamné, la justice satisfaite, la grâce se donnant libre cours (Rom. 5:21). Glorieuse harmonie! Combien de personnes hélas! ne connaissant pas ce merveilleux point de rencontre de la croix, se font de Dieu une idée totalement fausse! Elles veulent voir en Lui un Juge sévère, faisant souffrir sa créature à plaisir. Ou bien elles imaginent un «bon Dieu», indulgent pour les «petits» péchés, facilement contenté par de bonnes intentions et des efforts pour bien faire. Fatales pensées! Le Dieu juste condamne le péché, tout péché, mais le Dieu d'amour pardonne au pécheur. Et c'est à la croix où a été accomplie cette Åuvre que j'apprends à Le connaître.
Dans ce psaume de David (le seul dans ce 3e Livre) celui-ci s'adresse à l'Ãternel à plusieurs titres: Il est affligé et pauvre; il est un de ses saints; enfin il est son serviteur. Il s'en réclame pour demander la délivrance (v. 2), la joie (v. 4), la force (v. 16). Car ce serviteur connaît son Maître; il sait qu'il est Dieu, lui seul (v. 10), qu'il est «bon, prompt à pardonner...» (v. 5), «miséricordieux, faisant grâce, lent à la colère, et grand en bonté et en vérité» (v. 15; voir aussi Jonas 4:2). C'est en ces termes qu'autrefois l'Ãternel s'était révélé à Moïse sur la montagne de Sinaï (Ex. 34:6).
Mais le psalmiste éprouve toute sa faiblesse et son incapacité à se diriger. «Enseigne-moi ton chemin», demande-t-il; puis: «Unis mon cÅur-la crainte de ton nom» (v. 11). «Le cÅur â écrit quelquâun â a la tendance d'être distrait par mille objets, par mille pensées fugitives, aussi le psalmiste demande-t-il au Seigneur de lui donner un seul but. Combien nous avons besoin d'avoir un cÅur concentré tout entier sur Christ. Là se trouve la puissance... Notre petitesse a trouvé dans Sa grandeur notre place et notre force» (Réflexions Pratiques - JND). Que cette «prière de David», spécialement ce verset 11, soit aussi celle de chacun de nous!
Le contraste est complet entre Sion, la sainte cité fondée par Dieu Lui-même, et les puissantes nations de la terre: l'Ãgypte, Babylone, Tyr... empires édifiés par l'homme à sa propre gloire. Le moment vient où «l'Ãternel enregistrera les peuples» et donnera à chacun son droit de cité.
Deux origines, deux citoyennetés, sont en quelque sorte reconnues aux hommes selon qu'ils ont passé ou non par la nouvelle naissance. Celle du croyant est dans les cieux (Phil. 3:20). Il est pour l'éternité citoyen de la Jérusalem céleste et Dieu le considère comme né en elle (v. 5). L'autre appartenance est celle du monde. Elle est éphémère, car «la figure de ce monde passe», tandis que «le solide fondement de Dieu demeure» (1 Cor. 7:31; 2 Tim. 2:19). Aussi sera-t-il dit des hommes de la terre, y compris les plus illustres: «celui-ci était né là » (v. 4).
«Toutes mes sources sont en toi» chantent les rachetés (v. 7). Nous qui sommes par grâce citoyens du ciel, irions-nous puiser nos joies aux sources du monde? Que le Seigneur nous donne plutôt de pouvoir chanter en toute vérité:
Source de lumière et de vie,
source de grâce pour la foi...
source d'amour toujours nouvelle...
nous les avons trouvées en toi
(Hymnes et Cantiques n° 182).
Ce psaume constitue une des pages les plus sombres de toute la Parole de Dieu. Il n'y est question que de ténèbres et de mort. Pas un rayon de lumière n'y brille; l'âme en détresse n'y trouve aucune perspective de délivrance. Et cependant un serviteur de Dieu a pu dire que ce psaume avait été pendant un certain temps le seul qui l'eût consolé. Exprimant les pensées d'un croyant, il lui prouvait qu'il pouvait aussi être croyant, même s'il passait par de terribles angoisses d'âme, pendant lesquelles le ciel lui semblait fermé. Un lecteur est-il troublé lui aussi, attendant que Dieu l'éclaire sur son état et lui donne â ou lui fasse retrouver â l'assurance de son salut? Eh bien! ses tourments mêmes et ses soupirs vers Dieu sont une preuve que la vie divine est en lui; un incrédule n'a jamais soupiré vers Dieu.
«Dès le matin ma prière te prévient», dit le psalmiste (v. 13). Imitons-le; exposons au Seigneur dès le réveil les circonstances de la journée qui commence, et pas seulement celles qui nous inquiètent (Ps. 5:3).
Dans certains versets enfin, la profondeur des angoisses, des douleurs et de la solitude porte les pensées du croyant sur Celui qui a été l'Affligé suprême (par exemple vv. 6-8, 16-18).
Nous trouvons Ãthan l'Ezrakhite, ainsi qu'Héman auteur du psaume précédent, parmi les sages que seul Salomon surpassait (1 Rois 4:31). Tous deux appartenaient à la famille de Zérakh, fils de Juda. Mais leurs dispositions d'esprit sont bien différentes. Alors qu'Héman ne parlait que de fosses et de lieux ténébreux, de fureur et de colère, les mots qui reviennent sans cesse dans le psaume d'Ãthan sont ceux de bonté et de fidélité. Ces caractères divins sont rappelés et célébrés, comme pour répondre justement à l'angoisse qui remplissait le psaume précédent. C'est comme si Ãthan avait écrit cette «instruction» afin de ranimer la foi de son frère. Deux amis croyants ont ainsi le privilège de s'encourager l'un l'autre à la confiance (Prov. 27:17 et 1 Sam. 23:16). Dieu est bon; Dieu est fidèle: c'est ainsi que nous le connaissons et notre foi s'attache à un tel Dieu, même si les événements paraissent quelquefois contredire cette bonté et cette fidélité (lire 1 Cor. 1:9; 1 Cor. 10:13). En regardant aux circonstances nous avons souvent de lâinquiétude, mais en pensant au Seigneur et à son amour fidèle, nous ne perdrons jamais courage.
Les versets 3 et 4 font allusion aux promesses assurées à David et à sa descendance, c'est-à -dire à Christ (comparer 2 Sam. 7:16).
Pour confirmer les promesses qu'ils se font réciproquement, les hommes échangent des signatures ou des gages. Mais Dieu, pour garantir l'accomplissement des siennes, a donné Son propre Fils. «Autant il y a de promesses de Dieu, en Lui (Christ) est le oui et en lui l'amen» (2 Cor 1:20). Qui pourrait mettre en doute des engagements assurés par une telle Personne? «J'ai placé du secours sur un homme puissant» (v. 19). Connaissons-nous ce secours, chers amis? Faisons-nous quelquefois appel à cet «Homme puissant»? Il est toujours prêt à déployer Sa puissance en faveur de ceux qu'Il condescend à appeler ses frères. S'Il est devenu homme, c'est afin de les sauver, mais aussi pour être capable de sympathiser à leurs infirmités humaines (Héb. 2:17; 4:15). Tout l'amour de Dieu pour le vrai David se discerne dans les expressions qu'Il emploie pour parler de Lui: Il est son saint, son élu (vv. 3,19), le serviteur qu'Il a trouvé, qu'Il a oint. Christ seul peut être appelé «le plus élevé des rois de la terre» (v. 27). Les chrétiens ont le privilège de le connaître déjà et d'attendre avec ferveur son apparition (2 Tim. 4:8).
La promesse faite à David en 2 Samuel 7:13, et rappelée dans nos versets 4 et 28, se complétait d'une condition: Si ses descendants commettaient l'iniquité, Dieu ne manquerait pas de les châtier (vv. 30-32; 2 Sam. 7:14). Hélas! nous connaissons la triste histoire de cette royauté de Juda et nos versets 38 et suivants nous montrent que, en ce qui concerne le châtiment, Dieu a tenu parole. Toutes les épreuves d'Israël, y compris la tribulation qui l'attend encore, sont la conséquence de cette infidélité.
La pire des douleurs pour les croyants c'est la honte et l'opprobre qui rejaillit sur leur Dieu (vv. 41, 45, 50, 51). «Jusques à quand...?» (v. 46); que de fois déjà nous avons entendu cette question angoissée dans les psaumes (par exemple Ps. 74:10; Ps. 79:5; Ps. 80:4...). Le temps paraît long quand on souffre (Job 7:3, 4). En réponse à ce cri, l'Ãternel fera de son jugement «une affaire abrégée sur la terre» (Rom. 9:28 et Marc 13:20). Car le châtiment n'est pas son dernier mot. Ãsaïe 28:21 l'appelle «son Åuvre étrange, son travail inaccoutumé». Selon Sa même promesse, Dieu fera jouir son peuple de ses bontés pour toujours, en Christ, le Fils de David (v. 49; 2 Sam. 7:15...).
Nous abordons maintenant ce livre dâÃzéchiel, quelquefois négligé en raison de sa difficulté. Demandons spécialement au Seigneur son secours pour y trouver de lâédification.
Ce prophète était un sacrificateur comme Jérémie son contemporain. Mais, tandis que ce dernier demeurait dans Jérusalem, Ãzéchiel avait fait partie dâun premier convoi de captifs emmenés «dans le pays des Chaldéens» pendant le règne de Jehoïakin (v. 3). Câest là , près du fleuve Kebar, que la Parole de Dieu lui est adressée et quâil est témoin dâune vision extraordinaire. Au milieu du feu et de lâairain brillant, image de la justice divine exerçant ses droits, le prophète aperçoit quatre animaux fantastiques, qui étaient des chérubins, gardiens et défenseurs de la sainteté de Dieu (Ãz. 10). Leurs attributs: faces, ailes, pieds et mains sont autant de symboles par lesquels Dieu veut faire comprendre quels sont Ses caractères en justice et en jugement: lâintelligence, la force, la patience et la rapidité, représentés respectivement par la face de lâhomme, du lion, du bÅuf et de lâaigle. Ces symboles se retrouvent avec beaucoup dâautres dans lâApocalypse qui est aussi un livre de jugements (voir Apoc. 4:6, 7).
Lâensemble de la vision du prophète se présentait comme un char terrifiant comportant plusieurs étages. Ses roues, particulièrement effrayantes, allaient et venaient sur la terre dâune manière qui pouvait paraître arbitraire. Mais leur mouvement dépendait des animaux et ceux-ci allaient «là où lâEsprit devait aller» (v. 20).
Ces roues sont un symbole du gouvernement de Dieu, ou de sa providence. Les événements du monde sont dirigés par son Esprit â qui souffle où Il veut (Jean 3:8), â et non par le hasard, comme le prétendent beaucoup de personnes parce quâelles se refusent à regarder en haut. Elles voient bien «les roues» mais pas Celui qui les anime. Le prophète, lui, conduit par lâEsprit, lève les yeux et va contempler la partie la plus merveilleuse de la vision (v. 26â¦). Au-dessus des roues, des chérubins et de lâétendue, il découvre «la ressemblance dâun trône», et encore «une ressemblance comme lâaspect dâun homme, dessus, en haut» (v. 26). Ainsi, nous lâapprenons avec le prophète, le monde est gouverné selon la volonté et le propos dâun homme dans la gloire: Christ lui-même, tout rayonnant de splendeur divine. Devant cette vision extraordinaire, Ãzéchiel tombe aussitôt sur sa face (comp. Apoc. 1:12-17).
Comme pour Ãsaïe dans son ch. 6, la grande vision dâÃzéchiel va être le point de départ de son appel et de sa mission. LâEsprit de Dieu le saisit, lui permet de se tenir debout, et ouvre son intelligence à la Parole divine dont il doit commencer par se nourrir avant de pouvoir la communiquer (comp. Apoc. 10:8-11). Il en sentira ainsi lâeffet sur sa propre âme, car il est impossible dâappliquer efficacement la Parole à dâautres sans en avoir soi-même éprouvé la douceur⦠ou le tranchant (Ãz. 3:1-3; Jér. 15:16). Dâune manière générale, se nourrir dès sa jeunesse des Saintes Ãcritures est le secret de tout service utile au Seigneur.
Israël refusera de tâécouter, dit lâÃternel à son messager, mais en fait câest moi quâils refusent dâentendre (Ãz. 3:7). Ce ne sont pas ses propres paroles, mais celles du Seigneur, qui doivent être dans la bouche du chrétien. Un tel message ne laissera aucune place à des discussions inutiles. Et câest dans le cÅur quâil doit être reçu (Ãz. 3:10).
Le front de la maison dâIsraël était dur, mais lâÃternel donnait à son serviteur une énergie dâautant plus grande (comp. Ãz. 3:8, 9 avec Ãsaïe 50:7 et Luc 9:51). Son nom était dâailleurs une promesse: Ãzéchiel signifie: Dieu fortifiera.
Ãzéchiel est emmené par lâEsprit de Dieu à Thel-Abib, au milieu des captifs de son peuple. Il apprend de la bouche de lâÃternel son affectation au poste de sentinelle, avec les consignes qui sây rattachent. Ces fonctions exigeront à la fois une vigilance continuelle et une rigoureuse fidélité dans la transmission des avertissements divins. Une sentinelle doit être capable de dire à tous à quoi en est la nuit morale de ce monde (Ãsaïe 21:11).
Mais nous constatons quâil nâest plus question de provoquer le réveil de la nation dans son ensemble. Câest le méchant qui doit être averti; la responsabilité dâécouter est individuelle. Quant à la responsabilité du serviteur, elle consiste à présenter la Parole à tous, «soit quâils écoutent soit quâils nâen fassent rien» (Ãz. 2:5, 7; Ãz. 3:11, 27). Dieu ne juge pas ceux quâIl emploie en fonction des résultats quâils obtiennent, ainsi que le font les hommes, mais selon leur fidélité (1 Cor. 4:2). Nous ne devons donc pas nous décourager si certains «ne font rien» de la Parole de vie que nous avons pu leur présenter. Chers amis, il est en effet bien sérieux dây penser: chaque croyant aussi est établi sentinelle et a le devoir de rendre ici-bas témoignage à son Seigneur. Comment nous en acquittons-nous?
à partir du ch. 4, lâÃternel fait entrer Ãzéchiel au moyen de divers signes dans les douloureuses circonstances que va traverser son peuple. Un serviteur de Dieu qui a passé lui-même par lâécole de lâhumiliation et de la souffrance est en mesure ensuite de comprendre beaucoup mieux ceux qui les traversent aussi et de les exhorter avec plus dâautorité. Il connaît leur situation par sa propre expérience et peut donc utilement les mettre en garde. En se couchant sur le côté, en cuisant son pain avec de lâordure, Ãzéchiel portait en figure les conséquences de lâiniquité de son peuple (Ãz. 4:4). Maintenant Dieu lui prescrit de raser ses cheveux et sa barbe, acte déshonorant pour un sacrificateur et défendu par la loi (Lév. 21:5). Les v. 11 et 12 nous en expliquent la portée symbolique. Israël, ornement de lâÃternel, est mis de côté, et divers jugements vont sâabattre sur lui, choisis par Celui qui pèse (v. 1) la culpabilité de chacun. Certains seront la proie de la peste et de la famine pendant le siège de la ville, dâautres tomberont par lâépée, dâautres enfin seront dispersés et persécutés. Moïse avait déjà annoncé ces châtiments (Lév. 26:14⦠Deut. 28:15â¦) et lâhistoire dâIsraël depuis lors a confirmé que Dieu ne peut quâaccomplir sa Parole (Ãz. 12:28).
Remarquons le nom que lâÃternel donne à son serviteur: «fils dâhomme» (ou fils de lâhomme: un des titres du Seigneur Jésus dont Ãzéchiel est un type). Ce nom suggère un élu dâentre les hommes, un représentant qualifié pour parler au nom de la race humaine défaillante (voir Ecc. 7:28).
Après avoir au ch. 6 annoncé la dévastation, lâÃternel déclare solennellement au ch. 7 que le jour fatal est arrivé, le jour de sa fureur. Sa grande patience envers le peuple coupable avait duré bien des siècles. Elle prend fin après dâinnombrables avertissements. Et nous pensons à cette patience de Dieu qui sâexerce encore aujourdâhui envers un monde qui a crucifié son Fils. Mais elle aussi cessera en un «jour de la colère» incomparablement plus terrible (Rom. 2:5). Ce chapitre ne nous en donne quâune faible image. Les hommes y sont frappés dâépouvante (v. 17, 18). Lâargent et lâor, tout-puissants jusquâalors, ont cessé dâavoir cours. On les jette comme une impureté dans les rues, sâapercevant enfin quâils ne peuvent rassasier les âmes. Et surtout ils ne pourront délivrer personne dans ce jour, car Dieu nâaccepte pour le rachat de lâhomme perdu que le sang précieux de Christ (v. 19; comp. Prov. 11:4 et 1 Pierre 1:18, 19).
Dans une nouvelle vision, Ãzéchiel est transporté à Jérusalem où Dieu lui révèle les choses horribles qui sâaccomplissaient en secret dans son sanctuaire. «Lâidole de jalousie», premier objet quâil aperçoit, rappelle celle que Manassé avait déjà placée dans le temple (2 Rois 21:7 et 2 Rois 23:6; comp. Matt. 24:15). Puis, perçant le mur, il surprend, non pas le rebut du peuple, mais ses anciens occupés dans les ténèbres à vénérer toutes sortes de «bêtes exécrables». On a pu les comparer celles-ci aux fruits impurs de notre imagination, cultivés dans les recoins les plus obscurs de nos pauvres cÅurs, qui peuvent être ainsi de vrais «cabinets dâimages». Au milieu de ces idolâtres, officiait un certain Jaazania⦠fils du fidèle Shaphan! (voir 2 Chr. 34:8, 15â¦).
LâÃternel montre encore à Ãzéchiel des femmes en train de pleurer Thammuz, une répugnante idole, et enfin vingt-cinq hommes, représentant les vingt-quatre classes de la sacrificature avec le souverain sacrificateur lui-même, prosternés devant le soleil (comp. Deut. 4:19 et Deut. 32:16)!
Remarquons que câest Dieu qui découvre le mal aux regards des siens. Lui seul, éclairant notre conscience, peut nous en donner le juste sentiment en nous montrant combien ce mal porte atteinte-Sa propre gloire.
Ãzéchiel a pu constater de ses yeux de quelle ignoble manière la gloire de lâÃternel avait été foulée aux pieds. Aussi peut-il à présent comprendre combien le châtiment est justifié! Et ce dernier est à la porte (v. 2). Mais Dieu est loin de faire périr le juste avec le méchant (Gen. 18:25). Au milieu des six hommes armés dâinstruments de destruction, il sâen trouve un septième qui, lui, tient dans sa main un instrument de grâce: lâencrier dâécrivain qui, sur lâordre de lâÃternel, va lui servir à marquer le front de tous ceux que le péché fait soupirer et gémir (comp. Apoc. 9:4. Le T, dernière lettre de lâalphabet hébreu, servait de marque et de signature: Job 31:35). Lâhomme vêtu de lin fait penser au Seigneur Jésus. Dans la grande chrétienté envahie par le mal et sur le point dâêtre jugée, Il a mis son sceau, le Saint-Esprit, sur tous ceux qui Lui appartiennent: signe divin auquel Dieu reconnaît ses enfants. Tous les fidèles ayant reçu la marque protectrice, lâordre de destruction peut être donné aux vengeurs. Et le jugement doit frapper dâabord lâélément le plus responsable: le sanctuaire souillé quâÃzéchiel avait visité (v. 6; comp. 1 Pierre 4:17).
Câest une page solennelle de lâhistoire dâIsraël! Jadis lâÃternel sâétait choisi une demeure au milieu de son peuple (Deut. 12:5). Il était venu lâoccuper en grâce pour le bonheur des siens, mais ceux-ci étaient responsables dây maintenir la sainteté qui sied-Sa maison (Ps. 93:5). Or dans ce saint temple, comme une suprême provocation, les pires abominations païennes sâétaient donné rendez-vous. Oui, Israël avait fait tout ce quâil fallait pour chasser lâÃternel de son sanctuaire (ch. 8:6). Aussi maintenant Dieu sâen va! Mais voyez avec quelle touchante lenteur, par étapes, pour nous faire sentir toute la tristesse quâIl a de ce départ et comme pour dire à Israël: Ne me retiendras-tu pas?
La gloire se tient dâabord sur le seuil du sanctuaire (v. 4 et Ãz. 9:3). Elle sâélève ensuite, et sâarrête encore à la porte orientale de la maison de lâÃternel, comme si elle ne pouvait se résoudre à sâen aller (v. 19).
Chrétiens, nâoublions pas que nous sommes le temple de Dieu et que Son Esprit habite en nous (1 Cor. 3:16, 17). Si ce temple (notre cÅur) vient à être rempli dâidoles, lâEsprit attristé nâagira plus, la communion avec Dieu sâinterrompra. Il est «un Dieu jaloux», qui ne saurait supporter aucun partage dans nos affections (2 Cor. 6:15).
Après lâiniquité religieuse du peuple de Jérusalem révélée au Ãz. 8:1-12 dénoncent le péché de ses chefs politiques. LâÃternel sâapprête à confondre leurs conseils et leur prudence, et Il en donne la preuve en frappant un de ces hommes pendant quâÃzéchiel sâadresse à eux.
«Veux-tu détruire entièrement?» sâécrie le prophète angoissé. Non, car sans même attendre la dispersion complète du peuple, lâÃternel parle déjà de sa restauration et de son rassemblement; Il lui donnera «un seul cÅur⦠un esprit nouveau⦠un cÅur de chair» (v. 19). Et avant de retirer tout à fait Sa gloire de ce sanctuaire souillé qui doit être détruit, Il leur promet dâêtre Lui-même «comme un petit sanctuaire» pour chacun de ceux qui Lui gardent leur foi. Merveilleuse grâce de Dieu! La ressource de 1 Rois 8:48 va manquer, mais si loin quâils soient de Jérusalem, par leur faute, ils pourront néanmoins Le trouver et Lâadorer. Quelle consolation cette pensée, et cette expérience, ont apportés depuis à dâinnombrables croyants isolés! La vision dâÃzéchiel à Jérusalem sâachève alors sur le départ de la gloire, du lieu même où les disciples contempleront lâascension du Seigneur Jésus (v. 23; Actes 1:12). Puis lâesprit du prophète est ramené en Chaldée.
De même que Jérémie portait un joug sur ses épaules (Jér. 28:10) Ãzéchiel est invité ici à se charger dâun bagage de transporté qui a la même signification. Ces prophètes étaient ainsi eux-mêmes des «signes» de ce que lâÃternel allait accomplir (v. 11). Enfants de Dieu, tout dans notre comportement devrait montrer notre obéissance à Dieu, notre caractère dâétrangers ici-bas, ainsi que notre prochain départ⦠non pas pour la captivité, mais au contraire pour notre patrie éternelle. Ãzéchiel ne manque pas dâêtre questionné au sujet de son attitude insolite (v. 9), â comme nous le serions certainement souvent si nous étions plus fidèles. En craignant de nous singulariser, de nous faire remarquer par une ferme séparation du monde, nous perdons maintes occasions de rendre témoignage de lâespérance qui est en nous (1 Pierre 3:15).
Lâétrange prophétie du v. 13 sâest réalisée à la lettre. Sédécias aveugle nâa pu voir le pays de sa captivité (comp. Jér. 39:7).
Les v. 26-28 nous font connaître les raisonnements de ceux de la maison dâIsraël. Nâosant pas nier la prophétie qui les condamne, ils en repoussent lâaccomplissement à des temps éloignés.
Aujourdâhui aussi, de «méchants esclaves» semblent dire au Seigneur: Reviens le plus tard possible!
La durée dâun édifice ne dépend pas tant de la qualité de ses pierres ou de ses briques que du mortier employé pour les joindre. Beaucoup dâouvrages de maçonnerie construits par les Romains ont subsisté jusquâà nos jours à cause de lâextraordinaire solidité de leur ciment, alors que tant de monuments bâtis beaucoup plus tard nâont pas résisté aux agents destructeurs. Pour dissimuler les lézardes grandissantes de lâunité dâIsraël, ses faux prophètes avaient employés le mauvais mortier dâune «paix» qui nâen était pas une (v. 10). Leurs discours rassurants ne pourraient empêcher la «muraille» de tomber au jour de la tempête (comparez Matt. 7:26, 27).
Nâoublions pas que tout croyant est un ouvrier du Seigneur! Le seul fondement: Jésus Christ, ayant été posé, chacun doit considérer comment, avec quels matériaux, il édifie dessus (1 Cor. 3:10-15).
Les v. 17-21 nous montrent que les âmes mal affermies peuvent être littéralement prises au piège par des futilités, en particulier celles de la mode et du confort (2 Pierre 2:14). Veillons sur nos âmes.
Une dernière condamnation est prononcée au v. 22 sur ceux qui ont «chagriné par la fausseté le cÅur du juste». Combien Christ a souffert ici-bas de cette même hypocrisie!
Quelques-uns des anciens dâIsraël rendent visite à Ãzéchiel avec une intention qui paraît bonne: celle de consulter lâÃternel. Mais le prophète est averti par son Dieu de ne pas se laisser tromper par les apparences. Le cÅur de ces hommes était rempli dâidoles qui constituaient un véritable mur de séparation entre Lui et eux: «Ils se sont tous séparés de moi par leurs idoles» (v. 5; comp. Luc 16:15).
Retenons cette importante leçon: Pour connaître et comprendre la pensée du Seigneur, la condition primordiale nâest pas notre degré dâintelligence, notre expérience chrétienne ou notre connaissance de la Bible, câest lâétat de notre cÅur. Est-il droit devant Dieu? Ou cache-t-il des choses inavouables, des idoles bien enracinées? Peut-être est-ce la raison pour laquelle quelquefois Dieu ne répond pas à nos prières. Gravons bien dans notre mémoire cette parole du Seigneur: «Séparés de moi, vous ne pouvez rien faire» (comp. v. 5); avec sa contrepartie précieuse: «Si vous demeurez en moi, et que mes paroles demeurent en vous, vous demanderez ce que vous voudrez, et il vous sera fait» (Jean 15:5 et 7).
LâÃternel fait connaître à son serviteur les «jugements désastreux» quâIl a en réserve: épée, famine, bêtes féroces et peste (v. 21). Et Il déclare que même la présence de trois hommes de Dieu aussi remarquables que Noé, Daniel et Job ne suffirait pas à délivrer le pays coupable. LâÃternel associe les noms de ces trois témoins exceptionnels ayant vécu à des époques très différentes (Daniel vivait encore à Babylone) pour rappeler que la crainte de Dieu et la justice peuvent être pratiquées dans tous les temps, fussent-ils aussi sombres que ceux qui précédèrent le déluge, et quâIl y répondrait par une délivrance individuelle (comp. Prov. 11:8). Ainsi personne nâest en droit dâexcuser sa conduite en invoquant le milieu dans lequel il vit et les influences quâil subit.
Au ch. 15 est reprise lâimage de la vigne Israël (voir aussi Ãz. 17:6; Ãz. 19:10). Nâayant pas porté de fruit, est-ce quâau moins son bois peut être utilisé (v. 3)? En aucune manière! Il est sans valeur, tout juste bon à être brûlé. Terrible sort des sarments stériles de la vigne dâIsraël⦠et de ceux que le Père sera obligé dâôter du vrai cep (Jean 15:1, 2)!
Ce chapitre saisissant décrit lâodieuse conduite de Jérusalem envers lâÃternel à qui elle devait tout. Lâorigine impure, lâentier dénuement de la petite fille méprisée et abandonnée dans les champs à sa naissance, font ressortir toute la compassion de Celui qui, lâayant trouvée dans cet état misérable, a voulu la faire vivre, qui lâa ensuite honorée de son alliance, nâépargnant rien pour la rendre heureuse. Et à leur tour, ces soins divins font ressortir lâingratitude abominable de celle qui sâest livrée à la pire idolâtrie, et a fait servir à ses infâmes passions les dons précieux de son Bienfaiteur.
Cette histoire navrante est en fait celle de tout homme. Dieu a trouvé sa créature dans le plus affreux état dâimpuissance et de dégradation morale (comp. Luc 10:30-35). Il a tout fait pour lâen arracher et lui donner la vie nouvelle. Comment lâhomme a-t-il répondu à tant de grâce?
Chers amis, il est bien sérieux dây penser: cette conduite inqualifiable est aussi la nôtre chaque fois que nous détournons pour nos convoitises ce qui appartient au Seigneur et doit servir à sa gloire: que ce soient nos biens ou notre corps (1 Cor. 6:19, 20).
La relation de Jérusalem avec lâÃternel aggravait terriblement ses péchés. à cet égard, Sodome était moins coupable quâelle, et même Samarie qui était pourtant de la part des Juifs lâobjet du mépris le plus profond (v. 52; Jean 4:9). Nous savons dâailleurs que Satan fait parfois tomber ceux qui sont en relation avec Dieu plus bas que les autres hommes, car à travers eux, câest la gloire du Seigneur quâil cherche à ternir. Lâétat de péché décrit au v. 49 doit nous faire réfléchir: «orgueil, abondance de pain et insouciant repos»⦠avec pour conséquence inévitable lâégoïsme. Câest dâun tel point de départ que Sodome en est venue aux affreux péchés qui ont amené sa «totale subversion» (2 Pierre 2:6). Eh bien! Contrairement à toute attente, les v. 60-63 nous apprennent que tel nâest pas le sort final qui attend lâingrate Jérusalem. Son infidélité nâa pu changer la fidélité de son Ãpoux divin. La cité coupable sera une fois encore lâobjet dâune miséricorde plus grande même que celle du commencement. Oui, nous restons confondus devant les derniers mots de ce chapitre rempli de tant de crimes et dâabominations: «Quand je te pardonnerai tout ce que tu as fait, dit le Seigneur, lâÃternel» (v. 63; Rom. 11:33).
La parabole des deux grands aigles et de la vigne, expliquée dans les v. 11-21, retrace sous une forme imagée les événements qui se déroulaient alors. Le roi de Babylone, premier grand aigle, déporte Jehoïakin, faible rejeton du cèdre royal, et prend en tutelle la vigne de Juda. Il met à sa tête Sédécias en lui faisant prêter serment au nom de lâÃternel. Mais le roi de Juda nâhésite pas à trahir ce serment. Aussi le roi de Babylone, instrument dans la main de lâÃternel, châtie le prince félon et lâemmène en captivité.
Le crime de Sédécias avait ceci de particulièrement grave quâil déshonorait le nom de lâÃternel devant les nations. Il montrait en quelle petite estime ce nom était tenu par ceux sur lesquels il avait été placé (Ex. 23:21). Rachetés du Seigneur Jésus, nous sommes responsables devant le monde dâhonorer «le beau nom qui a été invoqué sur nous» (Jac. 2:7). Ceux qui nous entourent nous observent de beaucoup plus près que nous ne pensons; ils souligneront sans pitié nos inconséquences parce quâils sâen servent pour sâexcuser eux-mêmes. Et comment pourrons-nous les conduire ensuite à un Sauveur pour lequel nous avons montré si peu dâattachement?
Lâénigme du ch. 17 sâachève dâune manière divine. LâÃternel y parle du rejeton que Lui-même â et non plus le grand aigle cette fois â prendra du même cèdre royal de David et quâIl établira sur une montagne haute et éminente comme un arbre puissant et plein de fruits. Nous comprenons quâil sâagit du Seigneur Jésus et de son règne futur (comp. Ãsaïe 11:1 et Ps. 2:6).
Au ch. 18, lâÃternel conteste avec les hommes dâIsraël. Ceux-ci, plutôt que de sâhumilier en voyant les châtiments sâaccomplir, cherchent à se justifier par un proverbe insolent de leur invention (v. 2): «Les pères mangent du raisin vert, et les dents des fils en sont agacées» ; autrement dit: notre génération paie pour les précédentes; nos parents ont péché et câest nous qui en supportons les conséquences (voir Jér. 31:29, 30). Cela revient à accuser Dieu dâinjustice! Mais ce chapitre détruit leur raisonnement pervers; ils moissonnent ce quâeux-mêmes ont semé (Gal. 6:7).
Ne reconnaissons-nous pas chez ces hommes une triste disposition de notre cÅur: celle de rejeter sur dâautres la responsabilité de nos fautes? Ce qui trahit notre aveuglement et notre orgueil, et nous fait aussi manquer les salutaires leçons du Seigneur (voir Gen. 3:12 et Rom. 2:1).
Tout ce chapitre souligne le principe de la responsabilité individuelle de chaque âme (autrement dit de chaque personne) devant Dieu. Et nous répétons encore une fois: vous nâêtes pas sauvés par la piété de vos parents ou de vos grands-parents, ni parce que vous fréquentez une réunion dâenfants de Dieu. «Lââme qui a péché, celle-là mourra» (v. 20). «Car le salaire du péché, câest la mort (bien quâil ne soit question en Ãzéchiel que de la mort du corps); mais le don de grâce de Dieu, câest la vie éternelle dans le Christ Jésus, notre Seigneur» (Rom. 6:23).
Dieu a été accusé dâinjustice par ce peuple aveugle et coupable (comme par tant dâincrédules aujourdâhui), ayant été jusquâà dire: «La voie du Seigneur nâest pas réglée» (v. 25, 29; Ãz. 33:17, 20). «Est-ce que je prends plaisir à la mort du méchant?» est obligé de demander lâÃternel. Quelle question! Dans son amour immense, «notre Dieu sauveur⦠veut que tous les hommes soient sauvés et viennent à la connaissance de la vérité» (1 Tim. 2:4; 2 Pierre 3:9). Aussi les derniers mots de ce chapitre sont-ils encore un appel de sa grâce adressés à son peuple⦠et peut-être à vous: «Revenez donc et vivez» !
Comme la parabole des deux grands aigles du Ãz. 17, celle de la lionne et de ses lionceaux met en scène les derniers rois de Juda et leur histoire tragique telle quâelle nous est racontée à la fin des Rois et des Chroniques. Fils du fidèle Josias, Joakhaz et Jehoïakim confirmaient tout à fait ce que lâÃternel avait déclaré au chapitre précédent. Câétait pour leurs propres péchés que ces méchants princes subissaient le châtiment, et la justice de leur père nâavait pas pouvoir de les délivrer (voir Ãz. 18:5⦠et Ãz. 18:10-13).
De nouveau il est question de la captivité du dernier roi de Juda et de la destruction par le feu de la vigne dâIsraël. Certains se demandent peut-être pourquoi ces événements occupent une telle place dans le Livre divin, alors quâils nâen tiennent pratiquement aucune dans les manuels dâhistoire. Mais aux yeux de Dieu, il sâagit bien dâun des grands tournants de lâhistoire de lâhumanité. Le siège de Son gouvernement quittait Israël pour de longs siècles. Jérusalem cessait dâêtre le lieu où lâÃternel avait mis son habitation sur la terre. Le temps des nations commençait; il dure encore maintenant et ne prendra fin quâavec le règne de Christ et la restauration dâIsraël.
Les anciens, auxquels leur première visite semble nâavoir rien appris (Ãz. 14), reviennent trouver Ãzéchiel. Dieu leur fait dresser par son serviteur â et pas en langage symbolique cette fois â la liste des abominations dâIsraël, liste aussi ancienne que lâhistoire de ce peuple. Dès lâÃgypte, il sâest rebellé; il a refusé de rejeter ses idoles et nâa pas voulu écouter Celui qui se révélait (v. 8). Alors, pour se faire entendre, lâÃternel a amené son peuple dans le désert. Rien nâest plus impressionnant que le silence du désert. Aussi est-ce un endroit particulièrement favorable pour écouter Dieu; on nây est pas distrait par les bruits extérieurs. Israël y reçut en Sinaï les statuts et les ordonnances de lâÃternel (v. 10, 11). Plus tard Jean y prêcha la repentance et la venue du Messie (Jean 1:23). Enfin câest là que le peuple sera mené encore une fois avant lâavènement du Seigneur pour que Dieu lui parle au cÅur (Os. 2:14). Moïse, Paul et tant dâautres serviteurs, y furent longuement préparés à leur ministère (Ex. 3; Gal. 1:17, 18).
Ne refusons donc pas, chers amis, cette mise-lâécart nécessaire, quelle que soit la forme (solitude forcée, longue maladie, etc.) sous laquelle le Seigneur juge bon quelquefois de nous la dispenser.
Dieu conduit les siens au désert non seulement pour leur parler, mais aussi quand Il veut les discipliner. Et nous comprenons pourquoi. De même que des parents nâont pas à corriger leurs enfants devant des étrangers, mais ils les prennent à part; de même cette discipline est une affaire entre Dieu et ses rachetés dans laquelle le monde nâa pas à entrer. Hélas! Nous redoutons souvent de rester seuls avec le Seigneur à cause du mauvais état de notre conscience et nous cherchons à Lui échapper dans le tourbillon de la vie quotidienne. Il est cependant indispensable que les croyants soient «épurés». Dieu ne peut supporter chez eux ni compromis ni mélange. Quant à ceux qui refusent de lâécouter, soit! Quâils servent leurs idoles (v. 39; comp. Os. 4:17 et Apoc. 22:11), mais quâils ne fassent pas semblant de Le servir aussi!
Nous savons que toute la génération des hommes de guerre dâIsraël est tombée dans le désert, et que seuls les petits enfants sont entrés en Canaan (Deut. 2:14). à nouveau, quand le moment viendra de ramener les dix tribus actuellement dispersées dans «le désert des peuples», Dieu frappera les rebelles qui nâentreront pas dans son pays. Après seulement, Il pourra accepter les offrandes de son peuple et trouver son plaisir en lui (v. 40, 41; Mal. 3:4).
«Celui-ci ne parle-t-il pas en paraboles?» disait-on dâÃzéchiel avec un certain mépris. Son langage paraissait difficile au peuple uniquement parce quâil ne voulait pas comprendre. Câest ainsi que les incrédules évoquent volontiers les difficultés de la Parole et sâen servent comme dâun prétexte pour éviter de sây soumettre.
Dans ce terrible chapitre, lâépée, premier des quatre jugements désastreux (voir Ãz. 14:21) sort de son fourreau pour le châtiment. Pour la manier, lâÃternel se servira du roi de Babylone que nous voyons au carrefour, occupé à consulter ses dieux (v. 26).
Commencera-t-il son attaque par Jérusalem ou par Rabba des fils dâAmmon? Aux yeux du peuple de Juda cette divination est fausse et sans valeur (v. 28). Et certes elle lâétait! Mais lâÃternel, au-dessus de ces choses, a décidé la ruine de Jérusalem (v. 32) et la fin de la royauté. La couronne sera ôtée au «profane, méchant prince dâIsraël» (le profane est celui qui foule aux pieds les bénédictions de Dieu: comp. Ãz. 22:26, et en Héb. 12:16 lâexemple dâÃsaü).
Il nây aura plus dorénavant de descendant de David sur le trône jusquâà la venue de Christ «à qui appartient le juste jugement».
Jérusalem est appelée ici «la ville de sang». Toutes les classes étaient coupables. Les princes, comme des loups, avaient versé le sang, transgressé la loi de toutes manières, détruit les âmes (v. 6 et 27). Les sacrificateurs faisaient violence à la loi (v. 26); les prophètes menteurs avaient pillé les choses précieuses, dévoré les âmes (v. 25, 28); le peuple enfin commettait la rapine et foulait lâaffligé et le pauvre (v. 29). En vain lâÃternel avait cherché quelquâun «qui fermât lâenceinte», et qui, comme Moïse, «se tînt-la brèche» devant Lui pour le pays (v. 30; Ps. 106:23)!
Cette double fonction correspond aux consignes du chrétien: Veiller et prier. Veiller pour empêcher la pénétration du mal et du monde dans lâassemblée et dans notre cÅur. Intercéder pour le témoignage du Seigneur.
Lâimportance que Dieu attache à la séparation des siens est encore soulignée par le Ãz. 23. Sous la figure des crimes dâOhola (Samarie ou les dix tribus) et dâOholiba (Jérusalem et Juda), Dieu nous parle des coupables alliances dâIsraël avec les pays voisins: Ãgypte, Assyrie, Babylone et de son châtiment par leur moyen. Lorsquâun chrétien a noué des liens avec le monde, câest souvent de la main de ce dernier quâil reçoit son châtiment.
Ici commence une nouvelle division de la prophétie. Elle est datée dâun jour solennel qui marque le début du siège final de Jérusalem (comp. 2 Rois 25:1). LâÃternel reprend la comparaison de la marmite (Ãz. 11:3) et annonce que non seulement son contenu (les habitants de la ville) sera consumé, mais la marmite aussi (Jérusalem, avec sa rouille invétérée) se fondra dans le feu qui sâallume.
Nous savons dans quel état la ville sortira de cet affreux siège (2 Chr. 36:19). Mais ce même jour apporte aussi à Ãzéchiel personnellement le deuil et la souffrance: sa femme lui est enlevée subitement. Par ses propres circonstances, le prophète enseigne ainsi aux fils de son peuple quelles douleurs vont sâabattre sur eux quand lâÃternel leur ôtera ce quâils ont de plus cher: leur capitale et leur sanctuaire.
Il se vérifie quâun serviteur de Dieu nâéchappe pas au partage des épreuves de ceux au milieu desquels il vit. Que de peines ont été la part de cet homme de Dieu! Pour être «un signe» à son peuple (v. 27) nous le voyons se soumettre à tout ce que lâÃternel lui demande (comp. Ps. 131:2).
Sans que le Seigneur nous appelle nécessairement à de grands sacrifices, quâIl trouve en nous des instruments dociles, des disciples obéissants!
Comme dans dâautres prophètes, lâannonce des jugements sur Israël est maintenant suivie de prophéties contre les nations (voir Ãsaïe 13 - 23; Jér. 46 - 51). Déjà le ch. 21 nous a montré le roi de Babylone hésitant à attaquer Rabba des fils dâAmmon avant Jérusalem, et à cette occasion les v. 33-37 du même chapitre annonçaient le châtiment de ces descendants de Lot, perpétuels ennemis dâIsraël. Ãpargné momentanément, Ammon, au lieu dâen tirer instruction, sâétait lâchement réjoui des coups qui avaient frappé le sanctuaire, la terre méprisée dâIsraël et la royauté de Juda (v. 3, 6). Il sâétait moqué dâIsraël dans son malheur (Prov. 17:5). Or lâÃternel «se moque des moqueurs», déclare aussi Prov. 3:34 cité dans le Nouveau Testament: «Dieu résiste aux orgueilleux, mais Il donne la grâce aux humbles» (Jac. 4:6; 1 Pierre 5:5). Câest bien lâorgueil qui caractérise Ammon et son frère Moab (Soph. 2:8; Ãsaïe 16:6). LâÃternel va les humilier et donner leur pays en possession à des nomades pillards (v. 4 et 10).
Ãdom et la Philistie sont également très coupables. Lâun et lâautre ont profité de la ruine dâIsraël pour se venger «cruellement» de leurs anciens griefs (v. 12 et 15). à leur tour ils auront affaire à la vengeance de lâÃternel.
Les ch. 26 - 28 sont consacrés à Tyr, lâopulente cité phénicienne, maîtresse des mers, principal centre marchand de lâantiquité. De même quâun commerçant peut se féliciter de la disparition dâun concurrent voisin, Tyr sâest réjouie des malheurs de Jérusalem. Eh bien! Cette joie malsaine deviendra précisément le motif de sa propre ruine.
Le ch. 27 énumère ses clients et ses fournisseurs et dresse la liste immense des produits de son négoce. Or Tyr est une image du monde et de ses richesses. Les hommes ont toujours pensé quâun accroissement du niveau de vie des peuples était le moyen de délivrer lâhumanité de ses peines et de ses misères. Et ils nâont cessé de travailler à cette prospérité matérielle, tous leurs efforts tendant à embellir le monde, à y rendre la vie plus agréable. Mais loin de conduire les âmes à Dieu, cette course au progrès nâa fait que développer le contentement de soi (Ãz. 27:3 fin), la prétention laodicéenne dâêtre riche et de nâavoir besoin de rien.
Parmi les marchandises précieuses de Tyr, on chercherait en vain «lâor passé au feu» de la justice divine, «les vêtements blancs» de la marche pratique et «le collyre» pour les yeux de la foi, qui est le Saint-Esprit. Car on ne peut les «acheter» que du Seigneur Jésus (Apoc. 3:17, 18).
Le brillant prince de Tyr, qui sâest exalté comme un dieu, est lâobjet dâune prophétie personnelle. Son châtiment nous rappelle celui qui frappa Hérode parce quâil avait accepté les flatteries des Tyriens et des Sidoniens: «Voix dâun dieu et non pas dâun homme» (Actes 12:20-23). Mais sous cette figure du roi de Tyr, Dieu veut nous parler dâun être mystérieux et redoutable, Satan lui-même. Prince de ce monde dont Tyr est lâimage, il en fait servir les richesses à la satisfaction des convoitises des hommes afin de les tenir en esclavage. Et nous apprenons par les v. 12-15 que Satan nâa pas toujours été le Méchant, lâennemi de Dieu et des croyants. Chérubin resplendissant, «plein de sagesse et parfait en beauté», il fut parfait aussi dans ses voies jusquâau jour où lâiniquité a été trouvée en lui (v. 15). Son cÅur sâest élevé jusquâà vouloir quitter sa position de créature, et devenir comme Dieu (v. 2; Ãsaïe 14:13). Lâorgueil est appelé «la faute du diable» (1 Tim. 3:6) et câest par cette même tentation: «vous serez comme Dieu», quâil a entraîné lâhomme avec lui dans sa chute. Mais Satan a été vaincu par Christ à la croix et la Bible nous révèle le sort terrible qui lui est réservé (Apoc. 20:10).
Après Tyr, câest sa voisine et alliée Sidon qui est lâobjet dâune courte prophétie. Elle faisait partie de ceux qui méprisaient la maison dâIsraël (v. 24, 26) et elle apprendrait à connaître lâÃternel par ses jugements.
Quatre chapitres (29 - 32) sont maintenant consacrés presque entièrement à lâÃgypte. Rivale de lâAssyrie, puis de Babylone, cette nation a joué un rôle considérable dans lâhistoire dâIsraël. Elle aussi aspirait à la domination universelle. Mais Dieu donnait celle-ci à Nebucadnetsar, et lâÃgypte allait devenir à son tour une des provinces du grand empire babylonien. On peut se demander pourquoi lâÃternel avait choisi lâune de ces nations païennes plutôt que lâautre pour la domination du monde. Eh bien! Une des raisons entre autres pour lesquelles lâÃgypte devait être abaissée était la fausse confiance quâIsraël avait placée en elle (Ãz. 29:6, 16). Il ne fallait pas que Juda et ses rois paraissent avoir eu raison en comptant sur lâÃgypte.
Celle-ci était un roseau cassé, blessant la main de ceux qui sâappuyaient sur elle (v. 6, 7; Ãsaïe 36:6). Bien des fois dans sa fidélité, le Seigneur sâest plu à briser nos appuis humains pour nous en montrer la vanité et nous apprendre à ne nous reposer que sur Lui!
LâÃternel nâavait pas oublié que lâÃgypte nâavait cessé dâêtre en piège à son peuple. Et Il allait le montrer! De plus, il donnait ce pays à Nebucadnetsar en récompense de son travail contre Tyr (Ãz. 29:19, 20). Les coups dont lâÃgypte allait être frappée nous rappellent les plaies qui, au temps de lâExode, avaient désolé ce pays, son fleuve et ses canaux, ses idoles, ses habitants. La plus terrible avait été la mort des premiers-nés, quand lâÃternel avait exercé ses jugements «sur tous les dieux de lâÃgypte» (v. 13; Ex. 12:12). Et, de même que jadis, ces grands jugements avaient pour but de faire savoir aux Ãgyptiens qui était lâÃternel (comp. v. 19 et Ex. 7:5). En effet, lâaccomplissement de tous ces châtiments contre les nations devait avoir un résultat, répété comme un refrain à la fin de chaque prophétie: «Et ils sauront que je suis lâÃternel» (Ãz. 23:49; Ãz. 24:27; Ãz. 25:5, 7, 11, 17; Ãz. 26:6; Ãz. 28:24, 26; Ãz. 29:21; Ãz. 30:19, 26).
Il nâest pas possible dâéchapper à la connaissance du Dieu Saint et de ses exigences à lâégard du péché. Mais aujourdâhui, Il se révèle encore comme le Dieu Sauveur en Jésus Christ. Est-ce ainsi que vous le connaissez? Car tous ceux qui ne veulent pas le reconnaître maintenant en grâce auront affaire à Lui plus tard en jugement (Amos 4:12).
Ce chapitre et les suivants peuvent paraître difficiles à comprendre. Mais les prophéties quâils contiennent sâéclairent quand nous les replaçons dans le cadre des événements de la fin, au moment où toutes les puissances humaines et nationales qui auront combattu contre Israël seront abattues pour faire place au règne de Christ.
Dans cette complainte (v. 16), le sort des nations nous est présenté de façon symbolique. Elles se rencontrent au shéol, au milieu des «tués par lâépée» (v. 21; lâexpression se trouvera 3 fois au Ãz. 32). La première est Assur, lâAssyrien des derniers jours, arbre puissant dont la chute a été racontée au ch. 31. Ãlam (lâIran) est nommé ensuite avec Méshec et Tubal (la Russie). Là sont aussi Ãdom, les princes du Nord, les Sidoniens ainsi que «le Pharaon et toute sa multitude». Grands et petits peuples, après avoir tenu plus ou moins longtemps lâactualité de la scène mondiale, se retrouvent dans ce sinistre lieu de rendez-vous. Quâest devenue leur magnificence? à quoi leur a servi leur vaillance? La terreur quâils répandaient nâeffraie plus personne et est devenue leur honte (v. 30). Tout ce qui compte tellement que «la terre des vivants» nâa plus cours au seuil de lâéternité. Une seule question se posera alors pour chacun: son nom est-il dans le livre de vie (Apoc. 20:15)?
Au début de cette nouvelle division, lâÃternel rappelle au prophète ses consignes de sentinelle (voir Ãz. 3:16â¦): avertir le méchant, lâexhorter à se détourner de sa voie dâiniquité. Câest aussi le service de chaque racheté du Seigneur, car il connaît par la Parole le sérieux du temps actuel. Si ma trompette rend un son confus (1 Cor. 14:8)⦠ou reste muette, Dieu se pourvoira dâune autre sentinelle, mais jâaurai manqué à ma responsabilité et il mâen sera demandé compte. Lâapôtre Paul avait fidèlement rempli ce service à Ãphèse, et il peut dire aux anciens de cette ville: «Je suis net du sang de tous;⦠je nâai cessé dâavertir chacun de vous avec larmes» (Actes 20:26, 27, 31).
Le v. 10 peut sâappliquer à tous ceux qui ont conscience du poids de leurs péchés sans connaître encore le Dieu qui pardonne. En réponse à ces exercices, lâÃternel répète sa précieuse déclaration du Ãz. 18:23: «Je suis vivant⦠si je prends plaisir en la mort du méchant⦠mais plutôt à ce que le méchant se détourne de sa voie et quâil vive» (v. 11)! «Car Dieu a tant aimé le monde, quâil a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse pas, mais quâil ait la vie éternelle» (Jean 3:16).
Ãzéchiel reçoit la nouvelle de la prise de Jérusalem. LâÃternel lui avait précisé dès le premier jour du siège de quelle manière il en serait averti (comp. v. 21, 22 avec Ãz. 24:25-27). Et Il va maintenant réduire le pays en désert à cause de lâorgueil de ceux qui restent en Judée.
La fin du chapitre (v. 30-33) est bien solennelle. Elle nous montre que les paroles dâÃzéchiel étaient appréciées: un chant agréable, une belle voix! Malheureusement on ne les pratiquait nullement. Et sans doute est-ce pour ce motif que le prophète avait été rendu muet pendant un temps (v. 22); câétait un jugement sur le peuple et non sur lui. Car la trompette dâune sentinelle ne résonne pas pour quâon jouisse de sa mélodie. Il sâagit dâun signal dâalerte. Malheur à ceux qui nâen tiennent pas compte!
Nâen est-il pas de même aujourdâhui? Certains soi-disant chrétiens paraissent entendre avec plaisir les prédications⦠mais ne sont nullement disposés à mettre en pratique ce qui leur est enseigné. Dâoù cela vient-il? Dâun manque de droiture! Lâapparence quâon se donne ne correspond pas à lâétat véritable du cÅur (fin du v. 31; Ãsaïe 29:13). Le Seigneur dira dâIsraël: «Ce peuple-ci mâhonore des lèvres, mais leur cÅur est fort éloigné de moi» (Ãsa. 29:13; Marc 7:6).
Ce chapitre condamne de la manière la plus sévère les mauvais pasteurs (rois, princes et chefs du peuple). Non seulement ils nâont pas pris soin des brebis faibles, malades ou égarées, mais ils se sont eux-mêmes engraissés aux dépens du troupeau dâIsraël. Sans crainte de Dieu et sans amour pour le peuple, ils ont agi comme si ce dernier leur appartenait, «dominant sur des héritages» au lieu dâêtre «les modèles du troupeau» (lire 1 Pierre 5:2-4). Devant cette complète défaillance, lâÃternel décide de sâoccuper Lui-même de ses brebis. «Me voici, moi», déclare-t-Il. Et nous reconnaissons lâamour merveilleux du «Berger dâIsraël» (Ps. 80:1), souligné par le contraste avec la méchanceté des mauvais bergers. Il promet de se tenir au milieu de ses brebis, de les sauver, de les rassembler, de les amener «auprès des ruisseaux», dans de «gras pâturages», de les faire reposer dans un bon parc (comp. Ps. 23). La perdue sera cherchée, lâégarée ramenée à la bergerie; la blessée sera soignée et la malade fortifiée. Il sâagit du rassemblement final et de la bénédiction dâIsraël. Mais quelle image précieuse des tendres soins du Seigneur envers chacun de ses rachetés (lire 1 Pierre 5:7).
LâÃternel dénonce sévèrement lâégoïsme des brebis fortes et grasses et promet quâil redressera les torts faits à celles qui sont maigres et faibles. Puis Il désigne, nous comprenons avec quelle satisfaction et quel amour, le pasteur quâIl va susciter: son serviteur David. à travers celui-ci, fidèle berger du troupeau de son père, puis de celui dâIsraël (1 Sam. 17:34, 35; 2 Sam. 5:2) Dieu veut nous parler de son Bien-aimé. «Moi je suis le bon Berger», dit Jésus, en contraste avec tous les mauvais pasteurs dont nous a parlé le début de ce chapitre. Il était ému de compassion envers les foules dâIsraël lasses et dispersées comme des brebis qui nâont pas de berger (Matt. 9:36). Or ce qui caractérise le bon Berger, câest quâil donne sa vie pour les brebis (Jean 10:11). Telle est bien la preuve suprême de sa bonté, dépassant tous les soins énumérés dans ce chapitre. «Je connais les miens et je suis connu des miens» ajoute le Seigneur, parole que nous pouvons rapprocher des v. 30 et 31! Ãcoutons encore cette touchante expression: «mon troupeau, le troupeau de ma pâture» (comp. Ps. 100:3). Au ch. 36:38 nous en trouverons dâautres: «un troupeau dâhommes⦠un troupeau saint⦠un troupeau de Jérusalem».
Parmi les voisins dâIsraël, Ãdom était particulièrement coupable (v. 5). Tout le ch. 35 est une prophétie contre ces descendants dâÃsaü. Dans toute la joie mauvaise de leur cÅur , ils pensaient profiter de la désolation dâIsraël pour prendre possession de son territoire (Ãz. 35:10). Or lâÃternel y était et Il veillait. Nâavait-Il pas affirmé dès avant la naissance de Jacob et dâÃsaü: «Un peuple sera plus fort que lâautre peuple et le plus grand sera asservi au plus petit» (Gen. 25:23)? Et Il ne reviendra jamais sur sa parole.
Ãdom sâétait moqué des «hauteurs â ou des collines â éternelles», ainsi nommées par Dieu Lui-même dans les deux bénédictions de Joseph (v. 2; Gen. 49:26; Deut. 33:15). Ces montagnes et ces collines avaient «porté lâignominie des nations» (v. 6), car selon la coutume païenne le peuple impie y avait dressé des hauts lieux depuis les jours de Salomon (1 Rois 11:7). LâÃternel se plaira à les remplir de fruit (comp. Ps. 72:16). Comme les incrédules autrefois, les ennemis disaient de ce pays quâil dévorait ses habitants (v. 13; Nomb. 13:33). Mais Dieu ne permettra plus aux nations dâinsulter et de couvrir dâopprobre lâhéritage de son peuple; il ne sera plus «en butte au bavardage de la langue et aux mauvais propos des hommes» (v. 3).
LâÃternel parle maintenant de lâÅuvre quâil veut accomplir par son Esprit dans le cÅur des fils dâIsraël⦠et de tous les hommes. Comparons le v. 26 aux paroles de Jésus à Nicodème, au sujet de la nouvelle naissance. «Si quelquâun nâest né dâeau (v. 25) et de lâEsprit (v. 27) il ne peut entrer dans le royaume de Dieu» (Jean 3:5). Lâeau qui purifie, câest toujours la Parole que le Saint-Esprit applique à la conscience et au cÅur pour être reçue et crue à salut (comp. Jean 4:14).
La vie nouvelle donnée gratuitement à tous ceux qui croient est la condition pour entrer dans le royaume et dans la famille de Dieu. Mais il ne suffit pas quâun petit enfant vienne au monde. Il devra ensuite apprendre à marcher; plus tard il ira à lâécole. Ainsi en est-il de lâenfant de Dieu (v. 27). De plus, il doit passer tôt ou tard par la grande expérience du v. 31: «Vous aurez horreur de vous-mêmesâ¦Â» (voir Ãz. 6:9; Ãz. 20:43). Câest à cette connaissance de soi-même que lâEsprit de Dieu conduit lââme régénérée (comp. Job 42:6).
Nicodème, docteur dâIsraël, aurait dû connaître ces choses (Jean 3:10). Elles étaient expressément annoncées dans les prophètes (voir aussi Ãz. 11:19; Jér. 24:7â¦). Et vous, ami lecteur, enseigné depuis votre enfance, ne devriez-vous pas les connaître mieux encore?
Cet extraordinaire chapitre complète le précédent en nous montrant cette fois lâÃternel donnant une vie nouvelle à tout son peuple restauré. Comme lâexpliquent les v. 11-14, cette vision saisissante sâapplique à la résurrection nationale dâIsraël (après lâenlèvement de lâÃglise). Le retour actuel des Juifs en Palestine paraît en être le prélude. à la parole du prophète, les os se rejoignent, les nerfs, la chair et la peau viennent les recouvrir, mais leur état de mort nâa pas changé. Câest un réveil national qui nâa rien de comparable avec le réveil spirituel que connaîtra ensuite le peuple à lâaube du règne de Christ. En effet pour donner la vie, lâEsprit de Dieu doit agir et Il le fera alors en réveillant la conscience et les affections de ce peuple (Ps. 104:30).
La complète impuissance humaine a été soulignée par la question posée au prophète (v. 3). Dans ces os il nây a ni force ni vie. Mais tout ceci fait précisément ressortir la puissance du Dieu «qui fait vivre les morts et appelle les choses qui ne sont point comme si elles étaient» (Rom. 4:17).
Combien plus merveilleuse encore est lâÅuvre quâIl a accomplie en nous! Autrefois morts dans nos fautes, nous avons été vivifiés ensemble avec le Christ (Ãph. 2:5; Col. 2:13; Jean 5:21).
Sous le règne de Roboam, les dix tribus, dont Ãphraïm était le chef de file, sâétaient séparées de Juda et de Benjamin par suite de lâinfidélité de Salomon. Et jamais depuis lors cette brèche nâa été réparée. Elle le sera pourtant quand paraîtra le règne de Christ, et Ãzéchiel lâannonce par le moyen de ces deux bois qui dans sa main nâen forment plus quâun (comp. Jér. 3:18). LâÃternel montre que, sans attendre ce moment, lâunité de son peuple ne cesse pas dâêtre dans sa pensée. Et de même les prophètes, puis les apôtres, nâont jamais perdu de vue lâensemble des douze tribus (1 Rois 18:31; Actes 26:7; Jac. 1:1).
Il en est de même de lâÃglise du Seigneur Jésus. Par la faute des hommes, son unité nâest plus visible, mais elle existe à Ses yeux et nous ne devrions jamais lâoublier. En présence de toute la confusion et des divisions de la chrétienté, il est consolant de penser quâil nây a quâune seule Ãglise véritable, composée de tous les croyants. «Il y a un seul corps» comme aussi «un seul Seigneur» : Christ, dont David est ici la figure (Ãph. 4:4, 5; 1 Cor. 12:5, 12).
«Un seul roi sera leur roi à tous⦠et ils ne seront plus divisés» (v. 22). «Mon serviteur David sera roi sur eux et il y aura un seul pasteur pour eux tous» (comp. Jean 10:16).
Dans les ch. 38 et 39 entre en scène un effrayant personnage, déjà rencontré dans la prophétie sous le nom de lâAssyrien. Il porte ici le nom de Gog et sa domination sâétend sur Magog, lâancien pays des Scythes au nord de la Mer Noire, peuple considéré autrefois comme particulièrement barbare (comp. Col. 3:11). Gog est le prince de Rosh, de Méshec et de Tubal (voir Gen. 10:2), noms dans lesquels on a pu reconnaître respectivement la Russie, Moscou et Tobolsk, capitale de la Sibérie. à la tête dâune formidable coalition de peuples asiatiques, ce chef plus terrible quâAttila ou quâaucun conquérant de lâhistoire fondra «comme une tempête» sur le pays dâIsraël pour en prendre possession. Mais Dieu interviendra directement du ciel pour les anéantir (v. 22), et de plus ces nations et races différentes sâentre-détruiront (v. 21). Il faut souvent si peu de chose pour changer les amis dâhier en adversaires acharnés. Câest de cette manière que furent sauvés jadis Josaphat et le peuple de Juda (2 Chr. 20:23). Chers amis, Celui qui peut accomplir de telles délivrances serait-Il pris au dépourvu par les dangers qui nous menacent? Laissons-Le toujours agir Lui-même chaque fois que nous avons affaire aux assauts de lâEnnemi.
Gog, ses alliés, ses vassaux et leurs hordes innombrables seront anéantis «sur les montagnes dâIsraël». Pour nous donner une idée de lâampleur effrayante de cet assaut final, le v. 9 déclare que le matériel de guerre abandonné fournira assez de combustible aux habitants pour les chauffer pendant sept ans, et le v. 14 ajoute que sept mois seront nécessaires pour enterrer les morts. Ainsi ce pays que Gog aura voulu posséder deviendra son tombeau. Et, de plus, Dieu enverra aussi un jugement en Magog, le propre territoire de lâagresseur.
Tout ce qui concerne cette destruction de lâAssyrien et de ses armées se trouve consigné depuis plus de vingt siècles dans le Livre de Dieu (comp. Ãz. 38:17). Mais cela nâempêchera pas les multitudes aveuglées par Satan de se précipiter elles-mêmes sur le lieu désigné pour leur massacre. Câest ainsi que, depuis deux mille ans, lâÃvangile déclare où mène le chemin large (Matt. 7:13) et pourtant combien nombreux sont ceux qui le suivent tête baissée, pour aller à la perdition.
Tels seront les derniers événements précédant le règne de Christ. Dorénavant Israël habitera en paix; il nây aura personne qui lâeffraye, et beaucoup de nations apprendront à craindre lâÃternel.
à partir du ch. 40 et jusquâà la fin du livre nous sommes devant une toute nouvelle vision du prophète. Elle nous transporte en Palestine pendant le millénium. Israël restauré et rassemblé, habite en sécurité; le Saint-Esprit est répandu sur lui (Ãz. 39:25-29). Maintenant Dieu se plaît à décrire le lieu de sa propre habitation sur la terre, celui où sa gloire pourra de nouveau demeurer. De même que lâÃternel jadis avait montré à Moïse sur la montagne le modèle du premier tabernacle (Ex. 25:40; Héb. 8:5), Il révèle par une vision à Ãzéchiel sur une autre montagne tous les détails du temple futur. Et chacun de nous peut prendre pour lui-même lâexhortation du v. 4: «Ãcoute de tes oreilles, et applique ton cÅur à tout ce que je te fais voir». Le prophète va successivement examiner les trois portes donnant accès au parvis extérieur (ou cour). Chaque porte a lâaspect dâune petite maison traversée par un corridor central sur lequel trois chambres sâouvrent de chaque côté.
Remarquons que la canne-mesurer dont se sert le guide est divisée en six unités ayant chacune une coudée et une paume (câest-à -dire sept paumes), dimension que Dieu seul utilise! Ce qui doit nous apprendre à tout estimer selon Sa mesure à Lui, celle du sanctuaire.
Nous avons vu dans la première partie de ce livre que le temple de Salomon avait été profané, que Dieu en avait été en quelque sorte banni, que les sacrificateurs même y avaient adoré des idoles, et que la royauté avait tout à fait manqué à sa tâche. Les conséquences en avaient été la destruction du temple, la transportation du peuple juif ainsi que sa mise de côté comme nation. Mais Dieu ne permet jamais que ses desseins soient contrecarrés par les infidélités des hommes. Il faut que, sur les lieux mêmes où Il avait été déshonoré, Il soit pleinement glorifié, que les promesses faites à David sâaccomplissent, quâun nouveau temple soit construit, une nouvelle sacrificature instituée, sous le règne dâun nouveau roi â Christ â dominant en justice sur un peuple repentant. Tout cela sera réalisé pendant le millénium, temps du «rétablissement de toutes choses» dont parle Pierre (Actes 3:21). Câest là le sujet des ch. 40 - 48 à travers lesquels nous désirons nous laisser conduire par le Saint-Esprit, de même que le prophète est ici guidé pas à pas par son merveilleux compagnon. Avec Son secours nous visiterons aussi ce temple magnifique qui sera alors construit à Jérusalem afin que Dieu y soit recherché et adoré.
Le prophète et son guide ont passé sous le portique et pénètrent dans la maison. Elle est divisée comme le temple de Salomon en un lieu saint de quarante coudées et un lieu très-saint de forme cubique, ayant vingt coudées de côté. Malgré la surface considérable occupée par le sanctuaire et ses annexes â et qui nous parle de la grandeur du règne de Christ â nous constatons que les dimensions intérieures sont exactement les mêmes que celles du premier temple (1 Rois 6:17, 20). Le plan de Dieu est immuable; ses desseins nâont jamais changé au sujet de Christ et de la bénédiction du monde. Et Il prend soin, si longtemps à lâavance, de les exposer dans son saint Livre comme un témoignage de sa bonté fidèle: Il accomplira ce quâIl sâest proposé. Lire ces pages devrait tout spécialement parler à la conscience dâIsraël en lui prouvant que Dieu nâa pas cessé de sâintéresser à lui.
à partir du v. 15 nous avons la description du bâtiment, puis celle de lâautel, enfin celle des portes ouvragées du sanctuaire. Leur décoration exprime les caractères du Règne: puissance en jugement (les chérubins chargés de son exécution); paix et victoire (les palmiers).
En plus des chambres qui, comme dans le premier temple, entourent la maison sur trois étages (Ãz. 41:6⦠comp. 1 Rois 6:5) les sacrificateurs disposent dâun grand nombre de cellules donnant sur le parvis. Câest là quâils doivent manger les choses très saintes, les entreposer, et aussi changer de vêtements pour exercer leurs fonctions.
Nous pensons de nouveau par contraste à la position céleste des rachetés du Seigneur Jésus qui tous ont part à «un édifice de la part de Dieu, une maison qui nâest pas faite de mains, éternelle dans les cieux» (2 Cor. 5:1).
Le Seigneur pouvait révéler aux disciples que dans la maison de son Père, il y a plusieurs demeures (câest-à -dire place pour tous; Jean 14:2). En les quittant, Il allait leur préparer des places dans ce céleste sanctuaire où bientôt tous les croyants seront reçus.
Remarquons que les cellules sont saintes (v. 13), que les sacrificateurs sont saints (v. 14), que les sacrifices sont très-saint. LâÃternel se souvient de la souillure introduite autrefois dans son temple par des rois impies (Ãz. 43:8). Dorénavant un vaste mur de cinq cents cannes de côté circonscrira le sanctuaire et ses dépendances pour séparer ce qui est saint de ce qui est profane (v. 20 fin).
Le sanctuaire futur a été visité et mesuré en tous sens. Achevé, séparé de ce qui est profane, il y manque toutefois ce qui est sa raison dâêtre: la présence de lâÃternel. Alors, comme au jour de la dédicace du temple de Salomon, le merveilleux événement se produit: la gloire de Dieu, quâau ch. 11 le prophète avait vue sâen aller, revient habiter la maison. La voici qui paraît, venant de lâOrient, après combien de siècles dâabsence! Et ce retour est accompagné dâune promesse sans prix: «Je demeurerai au milieu des fils dâIsraël à toujours» (v. 7 et 9).
Ce nâest pas seulement pour lui-même que le prophète, sentinelle vigilante, a reçu cette vision. Dieu lâinvite à «montrer» la maison et sa disposition générale aux fils de son peuple (v. 10). Chose bien remarquable, lâeffet produit sur eux ne sera ni lâémerveillement ni la joie, mais dâabord la confusion! Et seulement après que cette humiliation aura été produite, Ãzéchiel pourra leur faire connaître tous les détails du temple nouveau (v. 11). Retenons ce principe de la plus haute importance et vrai pour tous les temps: le Seigneur ne peut nous faire connaître ses pensées que lorsque nos cÅurs sont jugés.
Le ch. 41 mentionnait lâautel de bois placé à lâintérieur de la maison. Il sâagit maintenant de lâautel des sacrifices au milieu du parvis intérieur: sa description, ses mesures, enfin les instructions concernant son service.
Beaucoup se sont étonnés de retrouver des sacrifices dans le temple futur, croyant y voir une contradiction avec la pleine suffisance de lâÅuvre de Christ. En effet, lâépître aux Hébreux affirme quâil est impossible que le sang de taureaux et de boucs ôte les péchés. Câest pourquoi Jésus sâest présenté, offrant «une fois pour toutes⦠un seul sacrifice pour les péchés» (Héb. 10:1â¦). Mais il ne sâagit pas ici dâun retour en arrière; lâÅuvre parfaite du Seigneur à la croix sera la base de la bénédiction dâIsraël comme elle assure celle de lâÃglise (Ps. 22:23â¦). On peut donc comprendre quâau lieu dâêtre «un acte remémoratif de péchés» comme ceux dâautrefois, les sacrifices brûlés sur cet autel serviront à rappeler celui de Christ-la croix. Souvenir visible, nécessaire au cÅur oublieux de lâhomme, ils seront en quelque mesure pour lâIsraël de Dieu et le peuple qui naîtra ce que la cène est aujourdâhui pour les chrétiens (Ps. 22:31).
à lâexception du prince (qui sera comme le vice-Roi représentant le Christ en haut, sur la terre soumise et bénie), personne ne devra plus se servir de la porte par laquelle est entrée la gloire de lâÃternel. Nouveau contraste avec le chrétien! Celui-ci a libre accès dans les lieux célestes où est son Sauveur, par le même chemin de résurrection.
Ãzéchiel contemple la gloire qui remplit le sanctuaire, et tombe sur sa face comme au commencement (Ãz. 1:28). Alors lâÃternel lui explique quelles obligations de sainteté découlent de Sa présence. Aucun étranger ne pourra pénétrer dans son temple. Dâoù la nécessité de veiller aux portes. LâÃternel désigne des gardes (v. 11). Ils se tiendront dans les chambres disposées à lâintérieur de chaque porte et vérifieront lâidentité de tous ceux qui voudront entrer. Ces fonctions reviennent aux Lévites. Ils avaient été «une pierre dâachoppement» pour les fils de leur peuple en les servant devant leurs idoles (v. 12; Mal. 2:8, 9). La miséricorde de Dieu leur confie de nouveau une charge, mais moins importante que jadis. Leçon pour nous! Nos infidélités comportent dâinévitables conséquences, non pour le service mais pour nous-mêmes et elles pourraient nous priver dâune partie de notre travail au profit dâautres ouvriers plus fidèles.
Ãléazar et Ithamar, fils dâAaron, sâétaient partagé la sacrificature après la mort de leurs frères Nadab et Abihu (Nomb. 3:4). Plus tard la branche issue dâIthamar perdit ses droits à cause de la corruption des fils dâÃli et de la trahison dâAbiathar (1 Sam. 3:12, 13; 1 Rois 1:7, 8; 1 Rois 2:27). Aussi est-il précisé que les sacrificateurs sont fils de Tsadok, de la famille dâÃléazar (1 Chr. 6:50-53). Pas plus quâautrefois cette charge ne sâobtiendra par des capacités personnelles, mais exclusivement par droit de naissance (Ps. 87:5). Et il en est de même aujourdâhui des rachetés du Seigneur. En vertu de la nouvelle naissance, tous ont droit au beau titre de sacrificateur.
Mais, comme tout privilège, celui-ci entraîne également des devoirs. Les instructions données aux sacrificateurs sont très précises tant pour lâaccomplissement de leur service que pour leur vie familiale (comp. Lév. 21). Ils devront veiller spécialement à la pureté, et câest aussi notre responsabilité de nous tenir à lâabri de la souillure, nous qui sommes par grâce «une sainte sacrificature pour offrir des sacrifices spirituels, agréables à Dieu par Jésus Christ» (1 Pierre 2:5; aussi 1 Thess. 4:4).
Lâoffrande élevée est une portion de territoire qui sera réservée à lâÃternel dans le partage du pays. Les sacrificateurs y habiteront (v. 4). Les possessions des Lévites, de la ville et du prince sont ensuite délimitées. Car Dieu veille à ce quâil ne puisse plus y avoir dâoppression ni dâinjustice en Israël (comp. v. 9 et Ãz. 46:18).
Le même nom dâoffrande élevée sâapplique aux dons que les Israélites feront à lâÃternel proportionnellement au revenu de leurs champs et de leurs troupeaux (comp. Lév. 27:30). Comme chrétiens sous la grâce, nous ne sommes pas astreints à verser telle partie de ce que nous possédons. Aurions-nous pour cela moins dâempressement à donner pour le service du Seigneur?
Les différents sacrifices ordonnés par le Lévitique se retrouvent aux v. 15-17. Lâholocauste nous rappelle que Christ sâest offert à Dieu en parfum de bonne odeur (Ãph. 5:2). Lâoffrande de gâteau parle de sa vie de souffrance et de dévouement. Dans le sacrifice de prospérités nous pouvons nous nourrir de Christ assurant toutes nos bénédictions et devenant ainsi la base du culte. Enfin le sacrifice pour le péché présente la sainte Victime envoyée par Dieu pour être la propitiation pour nos péchés (1 Jean 2:2; 1 Jean 4:10).
Le ch. 45 se termine sur les instructions concernant la Pâque, première des trois grandes fêtes annuelles (Deut. 16). Dorénavant chaque Israélite pourra comprendre sa signification précieuse et penser à lâAgneau de Dieu dont le sang lâa mis à lâabri du jugement. La seconde fête, celle de la Pentecôte nâest pas mentionnée ici, et nous comprenons pourquoi: elle concerne lâÃglise dont la part est céleste et nâa pas sa place dans ce tableau du règne terrestre. Par contre il est question au v. 25 de la troisième solennité simplement appelée «la fête». Il sâagit des Tabernacles, mais il en est dit ici très peu de chose puisquâelle préfigurait le millénium, lequel sera arrivé.
Le ch. 46 fixe les cérémonies du sabbat et de la nouvelle lune, ainsi que les obligations du prince à leur sujet.
Lâimportance et la précision de cette vision prophétique nous ont peut-être surpris. Mais, répétons-le, après avoir été tellement déshonoré en Israël, il est juste que Dieu sâétende avec satisfaction sur ce culte futur par lequel, enfin, Il sera glorifié sur la terre. Et Il veut nous en réjouir avec Lui, nous qui déjà Lui offrons la louange comme étant son peuple céleste.
Dans ce temple de lâavenir, il reste au prophète à considérer un merveilleux détail. De dessous le seuil, comme du trône même de Dieu, jaillit une source fraîche, puissante, intarissable. Elle coule en sâélargissant (bien quâil ne soit pas question dâaffluents) et Ãzéchiel, longeant la rivière avec son compagnon céleste, est invité à la traverser de mille en mille coudées. Bientôt il cesse dâavoir pied: ce sont «des eaux où il fallait nager».
Image précieuse de ce fleuve de la grâce qui jaillit pour nous du saint Lieu. Comme le prophète, nous apprenons-en apprécier la profondeur au fur et à mesure que nous avançons dans notre carrière chrétienne, jusquâà réaliser que cette grâce est insondable (2 Pierre 3:18).
Ce fleuve extraordinaire coulera vers lâOrient, apportant la vie et la fertilité dans la région actuellement la plus désolée du globe: celle de la mer Morte (v. 8; comp. Joël 3:18 et Zach. 14:8); cette dernière sera rendue saine et poissonneuse; le désert changé en sources jaillissantes (Ãsa. 41:18); rien ne rappellera plus la malédiction de Sodome. Ainsi la grâce divine et vivifiante produit du fruit pour Dieu partout où elle se répand, comme elle le fait dans notre propre cÅur (Jean 7:38).
Les frontières dâIsraël sont délimitées, et, dans ce cadre, chaque tribu reçoit son héritage: une bande droite sâétendant de la Méditerranée bien au-delà du Jourdain (jusquâà lâEuphrate, conformément aux promesses divines enfin réalisées: Ex. 23:31; Jos. 1:4). En comparant ce partage du pays avec le tracé compliqué des frontières primitives par Josué et ses émissaires (voir Jos. 18), nous admirons combien tout est simple quand câest Dieu qui lâétablit! Chaque territoire étant régulièrement réparti, il nây aura plus ni jalousies ni contestations (lire Jos. 17:14). Et comme pour devancer ces dernières, lâÃternel précise Lui-même que Joseph aura deux parts (v. 13, réalisation de Gen. 48:5). Ruben, Gad et la demi-tribu de Manassé avaient jadis choisi leur lot à part des autres tribus. Ils demeurent à présent au milieu de leurs frères dans les limites que lâÃternel a fixées pour eux (Ãz. 48:4, 6, 27). Plus de division non plus entre Juda et les dix tribus. Dâentre celles-ci, les unes habitent au nord, les autres au sud, de part et dâautre de la «sainte offrande élevée», réalisant désormais le v. 1 du Ps. 133: «Voici quâil est bon et quâil est agréable que des frères habitent unis ensemble».
On a souvent comparé ce livre dâÃzéchiel à celui de lâApocalypse. Lâun et lâautre commencent par une vision glorieuse et solennelle, continuent par des jugements à venir, et sâachèvent sur un tableau du bienheureux règne à venir. Mais Ãzéchiel envisage ces événements sous leur côté terrestre: par rapport à Israël. LâApocalypse, au contraire, présente dâune manière symbolique dans ses derniers chapitres ce qui concerne lâÃglise et son avenir céleste. La sainte Cité, décrite et mesurée en Apoc. 21 en est la figure. Elle correspond dans le ciel à la Jérusalem terrestre de nos v. 30-35; elle aussi a douze portes portant les noms des douze tribus dâIsraël (Apoc. 21:12; comp. également ce qui est dit du fleuve au Ãz. 47:1; 12 avec Apoc. 22:1, 2).
Le beau nom que porte dorénavant la ville: lâÃternel est là (v. 35) nous rappelle que la nouvelle Jérusalem sera «lâhabitation de Dieu» (Apoc. 21:3); plus encore: que la grande pensée de Dieu en Christ est dâêtre finalement «tout en tous» (1 Cor. 15:28). QuâIl ait sa demeure dès à présent dans chacun de nos cÅurs!
L'Ãvangile selon Luc est celui qui, pour ainsi dire, approche le Seigneur Jésus le plus près de nous. Car il nous le fait admirer spécialement dans son humanité parfaite. Dieu a choisi Luc, le médecin bien-aimé et fidèle compagnon de Paul, jusqu'à la fin (Col. 4:14; 2 Tim. 4:11), pour nous faire cette révélation. Elle se présente sous la forme d'un exposé destiné à un certain Théophile (celui qui aime Dieu).
Son sujet conduit l'évangéliste à décrire avec un soin tout particulier comment Jésus a revêtu notre humanité et a fait son entrée dans le monde. Certes, Il aurait pu paraître ici-bas à l'âge adulte. Mais Il a voulu vivre entièrement notre histoire de la naissance jusqu'à la mort, toutefois à la gloire de Dieu.
Le début du récit nous montre Zacharie, un sacrificateur pieux, accomplissant son service dans le temple. Tandis qu'il officie dans ce lieu solennel, il s'aperçoit soudain avec effroi qu'il n'est plus seul. Un ange se tient à côté de l'autel du parfum, porteur d'un message divin: un fils va être donné à Zacharie et Ãlisabeth. Mis à part pour Dieu dès sa naissance, ce sera un grand prophète chargé de préparer Israël à la venue de son Messie (comp. v. 17 et Mal. 4:5, 6).
Devant «ces bonnes nouvelles» (v. 19), le cÅur de Zacharie reste incrédule. Pourtant ne contiennent-elles pas l'exaucement de ses prières (v. 13)? Hélas! Il nous arrive aussi de ne plus attendre du Seigneur ce que nous lui avons demandé. En réponse à ce «commentâ¦?» le messager céleste révèle son propre nom: Gabriel qui signifie Dieu est puissant. Oui, Sa parole s'accomplira malgré les tristes raisonnements qui l'ont accueillie. Zacharie va demeurer muet jusqu'à la naissance de l'enfant, tandis qu'Ãlisabeth sa femme, objet de la grâce divine, se cachera modestement pour ne pas attirer l'attention sur elle-même.
Puis l'ange Gabriel est chargé d'une mission plus extraordinaire encore: celle d'annoncer à Marie, vierge d'Israël, qu'elle sera la mère du Sauveur. Merveilleux événement, infini dans ses conséquences!
On comprend le trouble et l'émotion dont est saisie la jeune fille. Mais Marie croit et se soumet entièrement à la volonté divine: «Voici l'esclave du Seigneurâ¦Â» (v. 38). N'est-ce pas la même réponse qu'attend de nous Celui qui nous a rachetés?
De Jean lâange avait dit: «il sera grand devant le Seigneur» (v. 15), mais de Jésus il déclare: «Il sera grand et sera appelé le Fils du Très-Haut⦠Fils de Dieu» (v. 32, 35).
Empressée de partager l'heureux message avec celle dont l'ange vient de lui parler, Marie se rend chez sa parente Ãlisabeth. Quel entretien a lieu alors entre ces deux femmes! Il illustre Mal. 3:16: «Alors ceux qui craignent l'Ãternel ont parlé l'un à l'autreâ¦Â». Ce qui les occupe, c'est la gloire de Dieu, l'accomplissement de ses promesses, les bénédictions accordées à la foi. Avons-nous de tels sujets de conversation lorsque nous nous rencontrons entre enfants de Dieu?
«Bienheureuse est celle qui a cruâ¦Â» s'écrie Ãlisabeth, et Marie répond: «Mon esprit s'est réjoui en Dieu mon Sauveurâ¦Â» (v. 47). Voilà qui suffit à prouver que Marie n'a pas été sauvée autrement que par la foi. Pécheresse, elle avait besoin comme tous les hommes du Sauveur qui allait naître d'elle. Elle ajoute: «Il a regardé l'humble état de son esclave» (v. 48). Malgré l'honneur exceptionnel que Dieu lui fait, Marie reste à sa place devant Lui. Que penserait-elle du culte dont elle est devenue l'objet dans la chrétienté?
«Il a renvoyé les riches à vide». Dieu ne renvoie à vide que ceux qui sont remplis d'eux-mêmes. Remarquons combien le beau cantique de Marie ressemble à celui d'Anne (1 Sam. 2).
Ãlisabeth met au monde celui qui deviendra le prophète du Très-Haut (v. 76). Voisins et parents se réjouissent avec elle. Voyez combien la joie remplit ces chapitres (ch. 1:14, 44, 47, 58; 2:10). C'est maintenant l'occasion pour Zacharie de montrer sa foi en confirmant le beau nom de cet enfant (Jean signifie faveur de l'Ãternel). Aussitôt l'usage de la parole lui est rendu, et ses premiers mots sont pour louer et bénir Dieu. Plein du Saint-Esprit, il célèbre la grande délivrance que l'Ãternel va accomplir en faveur de son peuple. Combien notre cantique chrétien peut monter plus haut encore! Par la venue de Christ et son Åuvre à la croix, Dieu nous a délivrés non d'ennemis terrestres mais du pouvoir de Satan. Ãtant ainsi libérés, notre privilège n'est-il pas de servir le Seigneur «sans crainte, en sainteté et en justice devant lui, tous nos jours» (v. 74, 75)?
«L'Orient d'en haut nous a visités» ajoute Zacharie. Au temps d'Ãzéchiel, la gloire s'en était allée en direction de l'Orient. Adorable mystère, cette gloire divine revient visiter le peuple impuissant et misérable (v. 79). Ce n'est plus cette fois sous l'aspect d'une nuée éblouissante mais sous les traits d'un humble petit enfant.
à son insu, l'empereur Auguste est un des instruments dont Dieu se sert pour accomplir ses merveilleux desseins. Inconnus de tous, Joseph et Marie se rendent à Bethléhem et c'est là qu'a lieu la sainte naissance du Seigneur Jésus. Mais quelle entrée le Fils de Dieu a faite ici-bas! Voyez-le couché dans une crèche parce qu'il n'y a pas de place pour Lui dans l'hôtellerie! Sa venue dérange le monde. Combien de cÅurs ressemblent à cette hôtellerie: il ne s'y trouve pas de place pour le Seigneur Jésus.
Ce n'est pas à des grands, mais à d'humbles bergers qu'est annoncée la bienheureuse nouvelle: «Un Sauveur vous est né»; Il est né pour eux et pour nous. Si le monde ne se soucie pas de la naissance du Sauveur, le ciel tout entier célèbre cet incomparable mystère: «Dieu manifesté en chair⦠vu des anges» (1 Tim. 3:16). Ceux-ci donnent gloire à Dieu dans leur chÅur magnifique, annoncent la paix sur la terre et le bon plaisir de Dieu dans les hommes (comp. Prov. 8:31). Grâce au signe qui leur a été donné, les bergers trouvent le petit enfant. Ils communiquent ce qu'ils viennent de voir et d'entendre, et à leur tour donnent gloire à Dieu (v. 20). Joignons notre reconnaissance et notre louange à la leur.
On fait à l'égard du petit enfant tout ce que prescrivait la loi du Seigneur (ce nom de Seigneur est répété quatre fois dans les v. 22-24 comme pour affirmer les droits divins sur cet enfant et l'accomplissement de la volonté de Dieu dès son berceau). Le sacrifice offert dans le temple fait ressortir la pauvreté de Joseph et Marie (lire Lév. 12:8). Et, cette fois encore, ce n'est pas aux principaux du peuple que le Libérateur d'Israël est présenté, mais à d'humbles et pieux vieillards: Siméon et Anne. à quel titre cette faveur leur est-elle accordée? Parce qu'ils l'attendaient!
L'Esprit conduit Siméon dans le temple et lui désigne Celui qui est «la consolation d'Israël» (v. 25), le salut de Dieu, la lumière des nations et la gloire du peuple. Il voit de ses yeux, il tient dans ses bras ce petit enfant qui est tout cela pour sa foi. Il rend grâces à Dieu, puis annonce que Jésus sera la pierre de touche pour manifester l'état des cÅurs (Ãsaïe 8:14). C'est ce qu'Il est encore aujourd'hui.
à son tour Anne, femme de prière et fidèle témoin, survient et se joint à la louange. Ne quittant pas le temple, elle réalise le v. 4 du Ps. 84. Enfin, dans l'abondance de son cÅur, elle parle de Lui et à cet égard quel exemple elle est pour nous!
Ce passage a une importance toute particulière: il est en effet le seul aperçu que Dieu ait jugé bon de nous donner sur l'enfance et la jeunesse du Seigneur Jésus. Aussi avons-nous ici, tout spécialement pour les jeunes et les enfants, le Modèle par excellence. Il est parfait dans ses relations avec son Père céleste, dont «les affaires» passent avant toute autre considération. Parfait aussi dans ses rapports avec les docteurs du Temple: infiniment plus sage qu'eux tous, Il ne les enseigne pas, mais les écoute et les interroge, seule attitude qui convienne à son âge. Parfait encore dans ses relations avec ses parents: Il leur était soumis, précise le v. 51, pour qu'on ne puisse pas supposer qu'Il leur avait échappé par insubordination. Lui qui avait conscience de sa souveraineté de Fils de Dieu s'est plié à une obéissance entière dès son plus jeune âge dans la maison de ses parents.
Soulignons enfin l'assiduité de l'enfant Jésus au Temple et son précoce intérêt pour les vérités divines. Rien d'autre ne l'attirait dans l'illustre cité de Jérusalem visitée pourtant pour la première fois. Quel prix attachons-nous à la présence du Seigneur et à son enseignement?
Les routes de jadis étaient en général si mauvaises qu'il fallait les réparer et les rectifier chaque fois que le cortège d'un haut personnage devait y passer. Vu dans un sens moral, c'est le service de Jean le baptiseur. Chargé de préparer la venue du Messie, il avertit les Juifs que leur qualité d'enfants d'Abraham ne suffit pas à les mettre à l'abri de la colère. Ce que Dieu réclame d'eux c'est la repentance accompagnée de fruits réels. La repentance ou la colère, oui, tel est le choix laissé à Israël et à tout homme.
Des personnes appartenant à différentes classes s'adressent à Jean les unes après les autres et il a quelque chose à dire à chacune de la part de Dieu. Ainsi la Parole répond-elle à tous les états et à toutes les circonstances.
En dernier lieu ce sont des hommes de guerre qui se présentent. Ceux-là s'attendaient peut-être à être enrôlés sous la bannière du Messie dans une armée de libération du joug romain. La réponse de Jean a dû alors les surprendre (v. 14). Ne pensons pas que le Seigneur ait besoin de nous pour accomplir des actions d'éclat. Ce qu'Il attend de notre part c'est un témoignage d'honnêteté, de douceur et de contentement dans la situation où nous nous trouvons (1 Cor. 7:24).
Jean a exhorté et évangélisé le peuple (v. 18). Messager fidèle, il a parlé de Christ et de sa puissance; après quoi il est mis de côté, sa tâche accomplie. Quel bel exemple il est pour nous qui désirons servir le Seigneur! Il n'est pas en notre pouvoir de convertir qui que ce soit. Mais notre vie et nos paroles doivent préparer ceux qui nous connaissent à recevoir le Seigneur Jésus. Il ne suffit pas d'appeler à la repentance; il faut présenter le Sauveur. Jésus paraît donc. En grâce, Il prend place avec ceux de son peuple dès leurs premiers pas dans le bon chemin. Il est baptisé, Il prie (ce que Luc est seul à mentionner) et, réponse divine, le Saint-Esprit descend sur Lui. En même temps la voix du Père s'adresse personnellement à lui (en Matt. 3:17 elle est pour les assistants): «Tu es mon fils bien-aimé; en toi j'ai trouvé mon plaisir». Puissions-nous trouver nous aussi tout notre plaisir en Lui!
La généalogie du Seigneur par Marie remonte à Adam et à Dieu, attestant sa qualité de Fils de l'homme en même temps que de Fils de Dieu. Matt. 1:1-17 établissait son titre de Fils de David et d'Abraham, Héritier des promesses divines à Israël.
La tentation du Seigneur se déroule au désert, ce lieu où Israël avait multiplié les murmures et les convoitises (Ps. 106:14). La première attaque de l'Ennemi est l'occasion pour Jésus de rappeler cette vérité fondamentale: l'homme a une âme qui a besoin dâaliment, c'est la Parole de Dieu dont se nourrit lâêtre intérieur.
Puis à cet homme parfaitement dépendant, Satan offre à la fois tous les royaumes du monde et leur gloire. Combien ont vendu leur âme pour infiniment moins! Le monde fait en effet partie de l'héritage destiné au Seigneur Jésus. Mais que ce soit la terre entière ou un simple morceau de pain, Christ ne voulait rien recevoir sinon de la main de son Père (Ps. 2:8).
Alors Satan insinue pour la seconde fois: «Si tu es Fils de Dieuâ¦Â» (v. 3, 9), comme si la chose était à prouver. C'était mettre en doute ce que le Père venait de proclamer solennellement ( Luc 3:22), autrement dit tenter Dieu.
Jésus n'aurait pas pu être un modèle pour nous s'Il avait vaincu le diable en vertu de sa puissance divine. Mais Il triomphe par les armes à la disposition de l'homme: une dépendance entière de Dieu, une obéissance absolue à Sa Parole et une confiance inébranlable en Ses promesses.
Nous voyons débuter le ministère du Seigneur à Nazareth où Il a été élevé. Notre témoignage commence à la maison, dans notre entourage. Nous aurions peut-être plus de courage pour aller évangéliser les païens que pour prendre ainsi position devant ceux qui nous connaissent.
Dans la synagogue, le divin Docteur lit le passage d'Ãsaïe qui le recommande comme le Messager de la grâce. Il proclame aux captifs l'ouverture de la prison (voir Ãsaïe 61:1 et Ãsaïe 42:7). Si l'on venait annoncer à des prisonniers l'amnistie et la mise en liberté, imaginerions-nous que certains puissent préférer la captivité; que quelques-uns osent compter plutôt sur leur innocence pour être libérés par voie légale; que plusieurs disent au contraire: ce n'est pas pour moi, je suis trop coupable; que d'autres enfin refusent de croire au message de grâce? Attitudes insensées, bien improbables⦠et courantes pourtant parmi ceux qui rejettent le salut. Mais bien des captifs de Satan saisissent avec joie la délivrance offerte. Auxquels de ces prisonniers ressemblez-vous? Hélas! La triste fin de cet épisode nous montre comment les habitants de Nazareth, image de tout le peuple, ont accueilli ces «bonnes nouvelles».
Chassé de Nazareth, Jésus poursuit son ministère à Capernaüm. Il enseigne et guérit avec une autorité qui n'aurait pas tellement étonné les hommes (v. 32, 36) s'ils avaient voulu reconnaître en Lui le Fils de Dieu. Par contre les démons, eux, ne s'y trompent pas. Jac. 2:19 nous déclare qu'ils croient et qu'ils frissonnent. Et pendant que le Seigneur était ici-bas leur activité redoublait pour faire obstacle à la Sienne. Il rencontrait ces esprits impurs jusque dans la synagogue, mais Il ne leur permettait pas de Lui rendre témoignage.
Les v. 38 et 39 nous racontent la guérison de la belle-mère de Simon. Jésus se penche affectueusement sur la malade, car ce n'est pas de loin qu'Il s'occupe de nos maux. Comment cette femme emploie-t-elle la santé qu'elle vient de recouvrer? D'une manière qui nous parle à tous: «à l'instant⦠elle les servit».
Ãtranger à ce monde, Jésus n'était pas étranger à ses peines et à ses misères. Le soir n'interrompt pas son activité inlassable, et dès le matin Il est prêt à la reprendre parce qu'Il a passé un moment à l'écart, seul avec Dieu. Mais cette dépendance ne se laisse pas arrêter par les foules qui cherchent à le retenir.
C'est le récit bien connu de la pêche miraculeuse⦠et d'un événement plus merveilleux encore: la conversion de Simon. Que fait celui-ci pendant que le divin Maître enseigne les foules auprès de lui? Il lave ses filets salis par le travail infructueux de la nuit précédente. Jésus va l'obliger à écouter. Il lui demande de le mener sur le lac, de façon à s'adresser depuis la nacelle au peuple massé sur le rivage⦠en même temps qu'à l'homme qui est à côté de lui. Puis le Seigneur va encore parler d'une autre manière à Simon et à ses compagnons. Il remplit leur filet, se faisant connaître ainsi comme le Maître de l'univers, Celui qui commande aux poissons de la mer selon le Ps. 8:6, 8 et qui peut tout là où l'homme ne peut rien. Saisi de crainte, convaincu de péché par la présence du Seigneur, Simon se jette à ses genoux en s'écriant: «Retire-toi de moiâ¦Â». Mais est-ce pour se retirer de lui que le Sauveur plein d'amour a cherché le pécheur?
Luc est seul à nous raconter cette rencontre décisive du Seigneur avec son disciple Pierre. Dans le livre des Actes, il nous montrera ce dernier, devenu pêcheur d'hommes, être le moyen d'une miraculeuse «prise» d'environ trois mille âmes (Actes 2:41).
Un homme lépreux vient à Jésus dont il reconnaît la puissance. Il est guéri par la volonté de Son amour.
Le v. 16 nous révèle de nouveau le secret de cet homme parfait: sa vie de prière. La perfection pour un homme consiste à réaliser une entière dépendance de Dieu, et cette dépendance trouve son expression dans la prière. C'est pourquoi Luc nous montre à tout moment notre incomparable Modèle dans cette attitude bénie (Luc 3:21; Luc 5:16; Luc 6:12; Luc 9:18, 29; Luc 11:1; Luc 22:32, 44).
Nous assistons ensuite à l'effort considérable déployé par quelques personnes pour mettre un pauvre paralytique en contact avec Jésus. Puissent ce zèle et cette foi persévérante nous encourager! Nous pouvons aussi apporter au Seigneur (par la prière) ceux dont la conversion nous tient à cÅur et peut-être les inviter à nous accompagner là où Il a promis sa présence.
Dans les chapitres 4 et 5 le péché nous est présenté sous différents aspects: Comme puissance de Satan dans les démoniaques (Luc 4:33, 41); sous forme de souillure chez le lépreux; enfin en tant qu'état de mort devant Dieu (le paralytique). Jésus est venu répondre à ces trois caractères: Il est celui qui délivre, qui purifie et qui rend à l'homme l'usage de ses facultés pour Dieu.
Lévi (ou Matthieu: Matt. 9:9) est à son travail lorsque la voix de Jésus l'appelle. Il quitte tout, se lève et le suit. Puis il reçoit le Seigneur chez lui en même temps que ses anciens collègues, pour leur donner l'occasion de rencontrer son nouveau Maître (Puissent nos invitations avoir aussi ce motif!). Ces publicains, percepteurs d'impôts, étaient détestés par les autres Juifs parce qu'ils s'enrichissaient à leurs dépens et tiraient un profit personnel du joug romain. D'où l'indignation des scribes et des pharisiens en voyant Jésus et ses disciples en compagnie de ces renégats. Combien de personnes sont davantage portées à se retirer des pécheurs plutôt que du péché! En réponse à ces murmures Jésus se fait connaître comme le grand médecin des âmes. De même que le docteur ne se rend pas chez des gens bien portants (ou qui se croient tels), le Seigneur ne peut s'occuper que de ceux qui reconnaissent leur culpabilité.
Puis les scribes et les pharisiens soulèvent la question du jeûne. Jésus leur répond que cette marque de tristesse n'était pas de saison pendant que Lui, l'Ãpoux, était au milieu d'eux. Du reste la servitude de la loi et des ordonnances ne s'accorde pas avec la liberté et la joie qu'apporte la grâce (v. 36, 37).
Le Seigneur Jésus était venu introduire un nouvel ordre de choses. Mais Israël trouvait meilleur l'ancien régime de la loi (comp. Luc 5:39). L'homme est tel, qu'il préfère des ordonnances parce qu'elles lui permettent de se glorifier en les accomplissant tant soit peu; tandis que la grâce l'humilie en le considérant perdu. Pour ce motif les Juifs tenaient fortement au sabbat, et le Seigneur donne à ce sujet deux leçons aux pharisiens: l'une tirée des Ãcritures et de l'histoire d'Israël (v. 3, 4), l'autre de son propre exemple d'amour (v. 9, 10). Seul effet sur leurs cÅurs: ils trament un complot pour se débarrasser de Lui!
Puis le Maître désigne ses apôtres; mais avant de le faire, Il prie une nuit entière. Quelle importance avait ce choix pour l'Åuvre qui devait être accomplie ensuite! Le Seigneur Jésus connaissait le caractère naturel de tous ses disciples, ce que chacun avait à acquérir et à abandonner⦠Il les connaissait mais Il les aimait, comme Il vous connaît et vous aime (Jean 10:14, 27).
Et puis il s'agissait pour Celui qui savait toutes choses de prendre avec Lui le traître Judas! Mais là encore triomphe Sa soumission parfaite. Jésus était venu accomplir les Ãcritures.
Combien nous nous sentons repris par ces enseignements du Maître. Laissons-les pénétrer dans nos cÅurs et surtout vivons-les! La plupart de ces paroles se trouvent en Matt. 5 - 7; mais ici elles sont plus personnelles. Ce n'est pas «bienheureux ceux quiâ¦Â» mais «bienheureux vousâ¦Â».
Le v. 31 résume les exhortations adressées «à vous qui écoutez» (v. 27): «Comme vous voulez que les hommes vous fassent, vous aussi faites-leur de même» (v. 31). Que nos semblables seraient bien traités si nous obéissions à cette parole!
Tous ces traits de caractère sont étrangers à notre nature orgueilleuse, égoïste et impatiente. Le Seigneur souligne qu'ils sont ceux de Dieu même et nous feront reconnaître comme les enfants du Père céleste⦠sur la terre (v. 35 fin et 36). Nous n'aurons plus en effet l'occasion de les manifester au ciel puisqu'il n'y aura là -haut ni ennemis à aimer, ni injustices à supporter, ni misères à soulager. Notre responsabilité et notre privilège, c'est de ressembler-Jésus ici-bas, de refléter la douceur, l'amour, l'humilité, la patience du Modèle parfait «qui, lorsqu'on l'outrageait ne rendait pas d'outrage, quand il souffrait, ne menaçait pasâ¦Â» (1 Pierre 2:21, 23).
Si un petit corps étranger se dépose sur la lentille d'un microscope on ne peut plus rien voir à travers. Chose curieuse, pour nous c'est l'inverse! Plus grosse est la poutre que nous avons dans l'Åil, plus nous avons la vue perçante pour distinguer le petit fétu dans l'Åil de notre frère.
Au v. 46, Jésus nous pose à tous une question qui doit nous faire réfléchir: «Pourquoi m'appelez-vous: Seigneur, Seigneur, et ne faites-vous pas ce que je dis?». Ne sommes-nous pas souvent très légers et très inconséquents en prononçant dans nos prières le nom du Seigneur Jésus? Nous n'avons pas le droit de l'appeler ainsi si nous ne sommes pas disposés à faire en toutes choses sa volonté (1 Jean 2:4). Beaucoup d'enfants de parents chrétiens ont, par grâce, accepté Jésus Christ comme leur Sauveur; mais, tant qu'ils ne reconnaissent pas aussi son autorité de Seigneur, peut-on dire qu'ils se sont vraiment tournés vers Lui? Le vrai christianisme consiste à ne plus vivre pour soi-même mais pour Celui qui est mort pour nous, à Le servir et à L'attendre (1 Thess. 1:9, 10; 2 Cor. 5:15).
Fonder ses espérances «sur la terre» c'est aller au-devant d'une grande ruine (v. 49). Oui, allons à Jésus, écoutons ses paroles et mettons-les en pratique (v. 47).
Quels nobles sentiments nous trouvons chez le centurion de Capernaüm: grande affection pour un simple esclave; bienveillance envers Israël; humilité («je ne suis pas digneâ¦Â» déclare-t-il; comp. v. 4); sens de l'autorité et du devoir acquis par la vie militaire (v. 8)! Mais ce ne sont pas ces qualités morales que le Seigneur admire; c'est la foi de cet étranger. Jésus la cite en exemple. La foi n'existe que par l'objet sur lequel elle s'appuie: ici la toute-puissance du Seigneur. Plus l'objet sera connu dans sa grandeur, plus grande sera la foi. Que Christ soit grand pour notre cÅur!
En approchant de Naïn, le Seigneur et la foule qui l'accompagne croisent un autre cortège. C'est un enterrement, comme ceux qu'on voit dans les rues (Ecc. 12:5 fin: rappel tragique que la mort constitue le salaire du péché). Mais celui-ci est particulièrement triste, car il s'agit du fils unique d'une veuve. Ãmu de compassion, Jésus commence par consoler la pauvre mère. Puis il touche le cercueil (de même qu'Il a touché le lépreux au Luc 5:13, sans en être souillé; comp. Nomb. 19:11). Et voilà ce mort qui s'assied et qui commence à parler!
N'oublions pas que le témoignage verbal est une preuve nécessaire de la vie qui est en nous (Rom. 10:9).
De la prison où Hérode l'avait enfermé (Luc 3:20), Jean le baptiseur envoie vers Jésus deux de ses disciples pour s'enquérir à son sujet. à travers la question posée, transparaissent ses doutes et son découragement. Il avait annoncé le royaume, et c'est la prison qu'il a obtenue. Vraiment est-il possible que Jésus soit «celui qui vient»?
Bien des personnes, considérant l'état actuel de l'Ãglise, la persécution des croyants dans de nombreux pays, et l'indifférence du monde à l'égard de l'Ãvangile, en viennent à douter de la puissance du Seigneur et de son règne. Mais ce dernier ne s'établira pas avant l'enlèvement de l'Ãglise et l'accomplissement des événements prophétiques.
Les Åuvres de Jésus se chargent de répondre à la question des deux messagers.
Jean avait rendu témoignage au Seigneur. Maintenant c'est le Seigneur qui, devant les mêmes foules, rend témoignage à Jean. Et Il montre avec tristesse quel accueil le ministère du précurseur et le sien ont rencontré auprès de «cette génération» privilégiée (v. 31). Ni les complaintes de Jean (ses appels à se repentir) ni les bonnes nouvelles du Sauveur qui devaient produire la joie et la louange, n'avaient trouvé d'écho auprès de la masse du peuple et de ses chefs.
Bien différent du publicain Lévi au Luc 5:29, Simon le pharisien a aussi convié le Seigneur à sa table. Il pensait peut-être en recevoir de l'honneur, mais c'est une leçon humiliante que Jésus va lui donner. Voici qu'une femme connue pour sa vie dissolue s'est introduite dans la maison. Elle répand aux pieds de Jésus, avec l'hommage de son parfum, d'abondantes larmes de repentir. C'est cette pécheresse, et non le pharisien Simon, qui rafraîchit et restaure le cÅur du Sauveur. Car elle a conscience de sa grande dette envers Dieu et elle vient à Jésus dans le seul état convenable: avec un cÅur brisé et humilié (Ps. 51:17). Avant d'adresser à cette femme la parole de grâce qu'elle attend, le Seigneur a «quelque chose à dire» à Simon dont Il connaît les pensées secrètes. Que de fois nous pourrions entendre notre nom à la place de celui de Simon. «J'ai quelque chose à te dire à toi aussi», déclare le Maître à tel ou tel d'entre nous: Tu te compares peut-être avantageusement à d'autres qui n'ont pas reçu comme toi une éducation chrétienne, mais ce qui compte à mes yeux c'est l'amour pour moi et les preuves qui m'en sont données.
Sachons mieux discerner combien il nous a été pardonné pour aimer davantage notre Sauveur!
Avec les disciples, quelques femmes dévouées suivaient le Seigneur et «l'assistaient de leurs biens». Ce qu'elles ont fait pour Jésus est mentionné à la suite de ce que Lui a d'abord fait pour elles (v. 2).
Les v. 4-15 contiennent la parabole du Semeur et son explication. Trois choses amènent la stérilité du sol: les oiseaux, figure du diable (v. 12), le roc, image ici du cÅur aride, impénétrable à toute action profonde et durable, les épines enfin, qui nous parlent du monde avec ses préoccupations, ses richesses et ses plaisirs (v. 14). Cependant le meilleur des terrains doit d'abord être labouré. Opération pénible! le sol est brisé, remué, retourné, rendu ainsi propre à laisser pénétrer et germer la semence. C'est ainsi que Dieu opère (souvent par des épreuves) dans la conscience de ceux qui vont recevoir la Parole.
Mais ce travail ne se fait pas dans les trois premiers terrains. Il est inutile de labourer dans un chemin continuellement piétiné et c'est chose impossible sur le rocher. Quant aux épines, un défrichage est d'abord nécessaire et les racines du monde dans un cÅur sont souvent profondément enfoncées.
Entendre la Parole caractérise tous les sols. La retenir et porter du fruit avec patience est le propre de la bonne terre (v. 15).
Il ne viendrait à l'idée de personne, après avoir allumé une lampe, de la cacher sous un vase ou sous un lit. «Enfants de lumière», notre raison d'être ici-bas est de faire briller bien distinctement dans les ténèbres de ce monde les vertus de Celui qui est Lumière (v. 16; Matt. 5:14; 1 Pierre 2:9).
à l'occasion de la venue de sa mère et de ses frères, le Seigneur parle encore de «ceux qui écoutent la Parole de Dieu et qui la mettent en pratique» (v. 21; Luc 6:47). Eux seuls peuvent se prévaloir d'une relation avec Lui.
Le sommeil de Jésus dans la nacelle nous le montre comme un homme fatigué par sa journée de travail. Mais, l'instant d'après, l'ordre qu'Il donne au vent et aux vagues le fait connaître comme Dieu souverain. Saisis de crainte, les disciples s'écrient: «Qui donc est celui-ciâ¦?». Plusieurs fois nous avons entendu cette question (v. 25; Luc 5:21; Luc 7:49). Agur autrefois l'avait posée: «Qui a rassemblé le vent dans le creux de ses mains? Qui a serré les eaux dans un manteau?â¦Â» (Prov. 30:4). Celui qui «commande même aux vents et à l'eau» et révèle sa puissance aux disciples manquant de foi est le Fils de Dieu, le Créateur. Sa puissance aujourd'hui n'a pas changé. Mais qu'en est-il de notre foi?
La puissance divine dont Jésus a donné un aperçu en calmant la tempête se trouve ici en face d'une violence autrement redoutable: celle de Satan. Une armée de démons s'était complètement emparée de la volonté de ce malheureux Gadarénien. On avait bien essayé, mais sans succès, de le maîtriser par des chaînes et des fers, image des vains efforts de la société pour réfréner les passions. Habitant les sépulcres, ce possédé était déjà moralement un mort. Il était nu; c'est-à -dire incapable, comme Adam, de cacher à Dieu son état. Quel tableau de la déchéance morale de la créature! Mais aussi quel changement lorsque intervient la délivrance du Seigneur (lire Ãph. 2:1-6)! Les gens de la ville ne peuvent que le constater. Ils trouvent cet homme «assis, vêtu et dans son bon sens, aux pieds de Jésus». Oui, le racheté trouve enfin paix et repos auprès de son Sauveur; Dieu le revêt de justice et lui donne une intelligence pour le connaître.
Hélas! La présence de Dieu inquiète et dérange davantage le monde que la domination du diable.
Le démoniaque guéri souhaite accompagner Jésus (comp. Phil. 1:23). Mais le Seigneur lui désigne son champ de travail: sa propre maison et sa ville où il raconte tout ce que Jésus a fait pour lui (Ps. 66:16).
Jaïrus, ce chef de synagogue dont la fille unique est en train de mourir, supplie Jésus de venir dans sa maison. Il n'a pas autant de foi que le centurion du Luc 7; car ce dernier savait qu'une parole du Seigneur était suffisante pour que son serviteur soit guéri, même à distance. Pendant que Jésus est en chemin, Il est touché furtivement par cette femme qui auparavant avait consulté en pure perte un grand nombre de médecins. Mais avec la guérison le Seigneur veut lui donner l'assurance de la paix: aussi l'oblige-t-il à se faire connaître.
Poursuivant sa route avec le père angoissé, Jésus a «la langue des savants» pour soutenir par une parole (v. 50; comp. Luc 7:13 et Ãsaïe 50:4). Et alors, a lieu une scène extraordinaire. à l'appel du «Prince de la vie» (Actes 3:15), la jeune fille se lève immédiatement. Mais Jésus sait qu'elle a maintenant besoin de nourriture, et dans sa tendre sollicitude, Il veille à ce que celle-ci soit assurée. Ainsi dans ces deux circonstances nous voyons l'amour du Seigneur se manifester encore après la délivrance: Envers la femme pour l'établir dans une relation personnelle avec Lui et l'amener à Lui rendre un témoignage public; envers cette jeune fille pour la nourrir et la fortifier.
Le Seigneur envoie ses apôtres. La puissance et l'autorité qu'Il leur confère sont la seule chose dont ils ont besoin pour le chemin (v. 3). à leur retour, les douze s'empressent de raconter ce qu'ils ont fait (v. 10; comp. Actes 14:27 où Paul et Barnabas font le récit de «toutes les choses que Dieu avait faites avec eux»; voir aussi Actes 21:19 et 1 Cor. 15:10). Alors Jésus les prend avec lui à l'écart; mais les foules ne tardent pas à le découvrir, de sorte que, sans la moindre impatience, sans se lasser, Il reprend son ministère. Il les reçoit, leur parle, et les guérit. Quant aux disciples, ils voudraient renvoyer tous ces gens, moins peut-être par intérêt pour eux comme ils le prétendent (v. 12) que par souci de leur propre repos. Mais leur Maître, en même temps qu'Il va s'occuper de ces foules, a préparé une leçon pour les siens. Quand a été constatée l'insuffisance de leurs ressources pour nourrir cette multitude, Jésus y pourvoit par son propre pouvoir. Remarquons qu'Il aurait pu se passer des cinq pains et des deux poissons. Mais dans sa grâce, Il prend le peu que nous mettons à sa disposition et sait en faire une grande abondance. Sa puissance s'accomplit toujours dans l'infirmité de ses serviteurs (2 Cor. 12:9).
Les foules considèrent Jésus comme un prophète, et non comme le Christ, le Fils de Dieu (v. 19). C'est ce qui conduit le Seigneur à parler de son chemin de réjection et de souffrances où Il invite les siens à Le suivre. Ce chemin implique le renoncement non pas simplement-telle ou telle chose, mais-soi-même,-toute volonté propre. Vis-à -vis du monde et de ses convoitises, les chrétiens sont morts (Gal. 6:14), mais ils sont vivants pour Dieu et pour le ciel. Par contre, ceux qui veulent vivre leur vie ici-bas ont devant eux la mort éternelle. L'enjeu de ce choix capital, c'est notre âme; elle a plus de prix que le monde tout entier.
En même temps qu'Il ouvre ce difficile chemin de la croix, le Seigneur, pour encourager les siens, désire leur montrer où il se termine: dans la gloire avec Lui. Et quel est là -haut le grand sujet d'entretien? La mort du Seigneur Jésus. Il en parle avec Moïse et Ãlie, n'ayant pu le faire avec ses disciples (v. 22; Matt. 16:21, 22). Mais quelque grands que soient ces témoins de l'Ancien Testament, ils doivent s'effacer devant la gloire du «Fils bien-aimé». La loi et les prophètes ont pris fin; dorénavant Dieu parle dans le Fils. Ãcoutons-Le (v. 35; Héb. 1:2)!
Après la scène de gloire dont Il a été le centre, Jésus doit faire face à une situation terrible: l'emprise de Satan sur un jeune garçon et la détresse de son père. La délivrance qu'Il opère exalte la grandeur de Dieu (v. 43).
Quelle inconséquence nous trouvons ensuite chez les disciples! Ils suivent Celui dont l'abaissement volontaire le conduit à la croix. Mais en même temps ils s'occupent de savoir lequel d'entre eux sera le plus grand (v. 46)! Ils ont eux-mêmes chassé les démons au nom du Seigneur â sans toujours y réussir (v. 40), mais ils interdisent à un autre de le faire (v. 49; comp. Nomb. 11:26-29). Enfin, tandis que leur Maître est en chemin pour accomplir l'Åuvre du salut des hommes⦠et le leur, Jacques et Jean voudraient faire descendre le feu du jugement sur les Samaritains qui refusent de le recevoir. Ãgoïsme, jalousie, étroitesse, rancune et projets de vengeance, nous reconnaissons le triste esprit qui, hélas! anime souvent nos pauvres cÅurs naturels (v. 55).
Jésus entreprend maintenant son dernier voyage à Jérusalem en pleine connaissance de ce qui l'y attend, mais avec une sainte détermination. Il dresse sa face résolument (v. 51). Notre cher Sauveur ne déviera pas du but que son amour s'est assigné.
Il est facile de déclarer: «Seigneur, je te suivrai où que tu ailles» (v. 57). Mais Jésus n'a pas caché ce que cela comporte de Le suivre (voir v. 23). Or les plus grands obstacles ne sont pas dans le chemin mais dans notre cÅur; et pour nous aider à les y découvrir, le Seigneur passe en revue ses recoins les plus secrets. L'amour de nos aises (v. 58), telle ou telle convenance, affection ou habitude (v. 59, 61) prendraient vite le pas sur l'obéissance que nous devons à Christ et nous conduiraient ensuite inévitablement à des regrets, à des regards en arrière et peut-être même à un humiliant abandon final.
Au ch. 10, Jésus met à part 70 ouvriers qu'Il pousse Lui-même dans sa moisson. Il leur donne ses instructions et les envoie «comme des agneaux au milieu des loups» (v. 3). Car ils ont à manifester les caractères d'humilité et de douceur de Celui qui était l'Agneau au milieu des mêmes loups.
Il y a peu d'ouvriers aujourd'hui comme alors. Supplions donc le Seigneur de la grande moisson (2 Thess. 3:1). Lui se chargera de désigner, de former et d'envoyer de nouveaux serviteurs; toutefois pour pouvoir le demander avec ferveur et droiture, il faut être prêt à accepter d'y être poussé soi-même.
Jésus s'adresse solennellement aux villes dans lesquelles Il avait enseigné et accompli tant de miracles. Et Il souligne la grande responsabilité de leurs habitants. Que pourrait-Il dire aujourd'hui de tant de jeunes élevés dans des familles chrétiennes, bien plus privilégiés, mais plus responsables aussi que tant d'autres?
Les 70 reviennent tout joyeux. Qu'ils aient ainsi chassé les démons dirige les pensées du Seigneur sur le moment où le diable sera lui-même chassé du ciel et précipité sur la terre (Apoc. 12:7â¦). Mais Jésus invite les disciples à se réjouir pour un autre motif: le ciel, purifié de la présence de Satan, deviendra leur demeure. Dès maintenant leurs noms y sont écrits. à son tour, le Seigneur se réjouit et s'émerveille, non de la puissance qui a été exercée, mais des conseils du Dieu d'amour. Il a plu au Père de se faire connaître par le moyen du Fils. Et, en contraste avec ce que nous disons généralement aux enfants: «quand tu seras grand, tu comprendras ceci ou cela», à qui une telle révélation a-t-elle justement été faite? Aux petits enfants et à ceux qui leur ressemblent par l'humilité et la simplicité de leur foi. Remplissons-nous ces conditions?
Interrogé par un docteur de la loi, Jésus retourne la question à la conscience de son interlocuteur. Celui-ci, pour l'esquiver, voudrait restreindre la portée du mot «prochain». Eh bien! Le Seigneur lui apprend que ce prochain c'est d'abord Lui, Jésus (v. 36, 37), et qu'à son exemple un racheté devient, par amour, prochain de tous les hommes. Nous reconnaissons dans le malheureux dépouillé et laissé à demi-mort le pécheur perdu et sans ressource; dans le sacrificateur et le lévite les vains secours de la religion; mais dans le Samaritain charitable le Sauveur qui s'est penché sur notre misère et nous a arrachés à notre sort tragique et désespéré. L'hôtellerie nous fait penser à l'Assemblée où l'homme secouru recevra des soins appropriés, et l'hôtelier au Saint-Esprit y pourvoyant par la Parole et la prière (les deux deniers), sujets des v. 38-42 et Luc 11:1-13. En conclusion le Seigneur ne dit plus: «fais cela (la loi) et tu vivras» (v. 28) mais «va, et toi fais de même» (v. 37).
La scène suivante se déroule dans une maison amie. Jésus y est reçu, servi, écouté et aimé. Mais le service accapare les pensées de Marthe et elle doit être reprise. Le cÅur de Marie ouvert à sa Parole, voilà ce qui réjouit celui du Sauveur (1 Sam. 15:22).
Les disciples sont frappés par la place qu'occupe la prière dans la vie de leur Maître. Faisons comme eux: demandons au Seigneur de nous apprendre à prier. S'agit-il de réciter quelques phrases apprises par cÅur? La parabole des deux amis nous apprend au contraire à exprimer chaque besoin d'une manière simple et précise: «Ami, prête-moi trois painsâ¦Â» (v. 5). Peut-être est-ce un besoin spirituel qui tout à coup se fait sentir, et, pour ainsi dire, est venu frapper à la porte de notre propre cÅur (v. 6)? Gardons-nous de le repousser; traitons-le au contraire comme un ami de passage (v. 6). Mais nous n'avons rien-lui présenter? Alors tournons-nous vers l'Ami divin, sans crainte de L'importuner. Dans son amour, Dieu se plaît à répondre à ses enfants et ne les trompe jamais. Au contraire, si dans notre ignorance et notre manque de sagesse il nous est arrivé de Lui demander «une pierre», Il a su changer notre demande en «des choses bonnes».
Jusqu'à ce qu'il ait rencontré le Seigneur Jésus, l'homme est aussi muet pour Dieu que le démoniaque du v. 14. Sauvé par Christ, ayant à sa conversion reçu le don du Saint-Esprit (comp. v. 13), c'est alors qu'il peut élever sa voix en louange et en prière. Usons largement de ce privilège!
Seule la puissance du Seigneur Jésus, vainqueur de «l'homme fort», peut nous délivrer du mal qui est en nous. Sinon une passion chassée sera fatalement remplacée par une autre. Notre cÅur est semblable à la maison du v. 25. Rien ne sert de le balayer ou de l'orner si un hôte nouveau, Jésus, ne vient l'habiter et le gouverner.
La bénédiction, répète ensuite le Seigneur, ne dépend ni des relations de famille (v. 27, 28; comp. Luc 8:21) ni des privilèges d'une génération. Elle est promise à ceux qui écoutent et qui gardent la Parole de Dieu.
Le v. 33 reprend l'enseignement du Luc 8:16. Le boisseau, mesure de capacité, est le symbole du commerce et des affaires; le lit, celui du sommeil et de la paresse. Choses opposées l'une à l'autre, mais toutes deux capables d'étouffer la petite flamme de notre témoignage. En Matt. 5:15, la lampe devait luire «pour tous ceux qui sont dans la maison». Ici, elle est allumée «afin que ceux qui entrent â les visiteurs â voient la lumière».
L'Åil méchant (v. 34) est celui qui fait pénétrer en nous les ténèbres du péché. Attention à la direction que prennent quelquefois nos regards (Job 31:1), à certaines lectures qui souillent le cÅur et égarent l'imagination! (2 Cor. 7:1).
Pour la seconde fois Jésus se trouve invité à la table d'un pharisien (comp. Luc 7:36). Et ici encore son hôte se permet des critiques à son sujet. Alors, dans un discours véhément, Celui qui connaît les cÅurs dénonce la méchanceté et l'hypocrisie de cette classe responsable du peuple. Tout en se donnant une apparence pieuse aux yeux des hommes, ces pharisiens et ces docteurs de la loi cachaient un état intérieur de corruption et de mort, comme un tombeau sur lequel on marche sans s'en apercevoir.
Qui oserait jamais parler aussi sévèrement à quelqu'un qui l'a invité? Mais, selon le témoignage des pharisiens eux-mêmes, Jésus était vrai et ne s'embarrassait de personne et n'avait pas égard-l'apparence des hommes (Matt. 22:16). Quel exemple pour nous qui savons si bien, par des paroles aimables (mais souvent si peu sincères), ménager notre réputation! Sous prétexte de courtoisie, c'est faire preuve au fond de cette fausseté et de ce formalisme que Jésus condamnait chez les pharisiens.
Ne pouvant contredire le Seigneur, ses adversaires cherchent à le trouver en faute. Quelques expressions du Ps. 119 nous font connaître ses prières pendant qu'Il souffrait d'une telle opposition (Ps. 119:98, 110, 150â¦).
L'hypocrisie qui caractérisait les pharisiens pouvait aussi, sous une autre forme, devenir un danger pour les disciples. Ceux qui suivent Jésus peuvent cacher aux yeux du monde leur relation avec Lui. C'est pourquoi le Seigneur, en présence des foules, encourage les siens à Le reconnaître ouvertement devant les hommes sans crainte des conséquences. Nous savons qu'en effet des persécutions terribles attendaient les disciples et les chrétiens des premiers siècles. Avec tendresse, le Seigneur prépare ses amis (v. 4) à ces jours difficiles, et Il dirige leurs pensées vers le Père céleste. Dieu qui se préoccupe du sort d'un petit moineau de valeur infime, n'aurait-Il pas soin de ses enfants dans l'épreuve? Et de plus, pour le témoignage qu'ils auraient à rendre, ils n'avaient pas à se tourmenter; le Saint-Esprit leur en dicterait les paroles.
De nos jours, dans nos pays, les croyants ne sont ni maltraités ni mis à mort. Mais s'ils sont fidèles, ils seront néanmoins haïs et méprisés par le monde, chose toujours pénible à supporter. Ces exhortations et les promesses qui les accompagnent sont donc bien aussi pour nous. Demandons au Seigneur de nous donner plus de courage pour proclamer son Nom.
Le Seigneur est interpellé par quelqu'un de la foule au sujet d'une question d'héritage. Il en profite pour mettre à nu la racine de ces contestations: l'avarice. «Car c'est une racine de toutes sortes de maux que l'amour de l'argent» (1 Tim. 6:10). La parabole du riche et de ses greniers devenant trop petits, illustre cette passion d'amasser. Accumuler, calculer et faire des projets à long terme, on couvre volontiers cela du nom de prévoyance. Eh bien! C'est au contraire la suprême imprévoyance, car c'est négliger et tromper ce qu'on a de plus précieux: â¦son âme! Dans sa folie, le riche avait cru satisfaire la sienne en lui offrant «beaucoup de biens» (v. 19). Mais à l'âme impérissable il faut une autre nourriture. Oui, «insensé» est le nom que Dieu donne à cet homme (comp. Jér. 17:11 fin). Sur combien de tombes cette épitaphe pourrait-elle être inscrite (Ps. 52:7)?
En contraste, Jésus apprend aux siens que la vraie prévoyance consiste à mettre sa confiance en Dieu. Toute inquiétude au sujet de nos besoins journaliers est réglée par cette affirmation: «Votre Père sait que vous avez besoin de ces choses» (v. 30). Si nous faisons passer d'abord Son royaume et Ses intérêts, Lui se chargera entièrement des nôtres.
Le riche dans la parabole avait amassé des trésors pour lui-même (v. 21) et il avait tout perdu, y compris son âme. Le Seigneur révèle maintenant à ses disciples un moyen pour se constituer des trésors à l'abri de tous les risques: donner l'aumône, partager leurs biens, car cela revient à faire un sûr placement à la banque du ciel (v. 33; comp. Luc 18:22). Le cÅur s'attachera alors à ce trésor céleste et attendra d'autant plus ardemment la venue du Seigneur (lire 1 Pierre 1:4). Jésus revient. Cette espérance a-t-elle dans notre vie ses conséquences pratiques: nous détacher déjà d'un monde que nous allons quitter et nous purifier «comme Lui est pur» (1 Jean 3:3); nous remplir de zèle dans le service envers les âmes et enfin nous réjouir? Pensons aussi à la joie de notre cher Sauveur dont les affections seront comblées. Il se plaira à recevoir et à servir Lui-même au festin de la grâce ceux qui l'auront servi et attendu sur la terre (v. 37). Alors «l'économe fidèle et prudent» recevra sa récompense et l'esclave qui n'a point fait selon la volonté de son Maître â tout en la connaissant (v. 47; Jac. 4:17) â sa rétribution solennelle. «à celui à qui il aura été beaucoup confiéâ¦Â». Essayons de faire chacun le compte de tout ce que nous avons reçu et tirons notre conclusion.
Jusqu'au «baptême» de sa mort, Jésus est «à l'étroit» dans son âme. La croix est nécessaire pour que son amour puisse s'exprimer pleinement et trouver un écho dans le cÅur des hommes.
Sa venue est une mise à l'épreuve. Au sein de familles autrefois unies dans l'impiété, Il sera reçu par les uns, rejeté par les autres. Combien de maisons ressemblent à celle qui est décrite ici (v. 52, 53)!
Puis le Seigneur s'adresse de nouveau aux Juifs «hypocrites»⦠dans un amour vrai pour leurs âmes (v. 56). Ne nous étonnons pas de la dureté que revêtent parfois ses paroles. Elle est imposée par celle du cÅur de l'homme. Il faut un marteau de fer pour briser le roc (Jér. 23:29).
Israël avait encouru la colère de Dieu qui était devenu sa «partie adverse» (v. 58). Or Dieu était alors en Christ, offrant la réconciliation à son peuple, mais celui-ci refusait de la saisir et de discerner les signes avant-coureurs du jugement (v. 56). Aujourd'hui encore Dieu offre à tout homme la réconciliation avant le moment où Il ne pourra être rencontré que comme le Juge inexorable (2 Cor. 5:19).
Au Luc 13:1-5, Jésus évoque deux événements récents et solennels et s'en sert pour exhorter ses auditeurs à la repentance. Sachons aussi saisir les occasions d'avertir ceux qui nous entourent.
L'histoire d'Israël racontée par le figuier stérile est en même temps celle de l'humanité tout entière. Dieu a tout essayé pour tirer quelque bien de sa créature. Hélas! L'homme dans la chair, en dépit de ses prétentions religieuses (de belles feuilles) est incapable de porter le moindre fruit pour Dieu. Il occupe donc inutilement la terre et doit être jugé.
Poursuivant son ministère de grâce, Jésus guérit une pauvre femme infirme. Elle était courbée, comme nous risquons de lâêtre spirituellement quand nos regards sont tournés vers les choses de la terre ou que nous nous obstinons à porter des fardeaux dont le Seigneur veut se charger pour nous. Mais «Il relève ceux qui sont courbés» et veut nous faire «marcher la tête levée» (Ps. 146:8; Lév. 26:13).
De nouveau ce miracle en un jour de sabbat sert de prétexte à ses adversaires hypocrites. Mais sa réponse les couvre de honte et les rappelle à leurs devoirs d'amour envers une sÅur: fille d'Abraham.
Les deux petites paraboles qui suivent décrivent le grand développement visible que le christianisme était appelé à prendre ici-bas, tout en étant pénétré intérieurement par le levain des fausses doctrines. Le grand arbre de la chrétienté subira finalement le même sort que le figuier d'Israël (v. 9).
Jamais nous ne voyons le Seigneur satisfaire la curiosité. Quand on Lui demande si les élus sont en petit nombre, Il en profite pour parler-la conscience, comme pour dire à chacun: Ne t'inquiète pas des autres; fais en sorte d'être de ce nombre. Certes la porte est étroite, mais le royaume est assez vaste pour accueillir tous ceux qui désirent y entrer maintenant. Et si tu ne veux pas de cette porte étroite (v. 24), tu n'auras devant toi plus tard qu'une porte fermée (v. 25). Quoi de plus solennels que ces coups frappés, que ces vains appels et que cette réponse terrible: «Je ne vous connais pas»! Il y a erreur, s'écrieront certains, j'ai pourtant eu des parents chrétiens, je suis allé régulièrement aux réunions, j'ai lu ma Bible et chanté des cantiques. Mais le Seigneur ne recevra dans son ciel que ceux qui L'auront ici-bas reçu dans leur cÅur.
Ces paroles sévères, Jésus les adresse tout spécialement à la nation d'Israël. Pendant qu'Hérode «ce renard» cruel et rusé ravageait «la couvée» d'Israël, son Roi véritable avait cherché à la rassembler (v. 34). Mais on n'avait pas voulu de Lui ni de sa grâce, et maintenant le Seigneur de gloire, abandonnant la maison, son «chez soi» où Il n'avait pas été reçu (v. 35; Jean 1:11), poursuit sa marche vers la croix.
De nouveau nous trouvons le Seigneur chez un pharisien. Il y est cette fois encore, l'objet d'une franche malveillance. On l'observe (v. 1) pour le prendre en faute sur la question du sabbat. Mais Jésus guérit l'homme hydropique et comme au Luc 13:15, ferme la bouche à ses adversaires. Puis c'est son tour de les observer (v. 7). Son Åil auquel rien n'échappe considère la course aux meilleures places autour de la table. Il en est ainsi dans le monde. C'est à qui obtiendra le plus d'honneur ou les meilleurs morceaux. Mais pour nous chrétiens, la dernière place est toujours celle où nous serons le plus heureux parce que c'est celle où nous rencontrerons Jésus! Nous n'avons en effet pas besoin de nous demander depuis quelle place le Seigneur a fait ces observations. Car le pharisien ne semble guère avoir été disposé à le faire monter plus haut.
Si Jésus a une leçon pour les convives, Il en a une aussi pour le maître de maison. Aux premiers Il a appris à choisir leur place, au second Il enseigne à choisir ses invités. Le Seigneur veut toujours nous faire examiner le motif qui nous fait agir. Est-ce l'espoir d'obtenir des avantages ou de la considération? Ou l'amour qui se satisfait dans le dévouement pour Lui?
De tous les gens conviés à ce grand souper, c'est à qui trouvera la plus mauvaise excuse. Attend-on en effet d'avoir acheté un champ pour le voir, des bÅufs pour connaître leur force? Celui qui venait de se marier aurait pu amener sa jeune femme au festin. En déclinant l'invitation, non seulement ils manquent la fête mais ils offensent le maître de maison.
Au grand souper de sa grâce, Dieu a convié d'abord le peuple juif, puis sur son refus, tous ceux qui ne peuvent cacher leur pauvreté, leur infirmité, leur misère. Ce sont de telles créatures qui vont remplir son ciel (comp. v. 21 fin avec v. 13). Il y reste encore des places vides⦠la vôtre si vous ne l'avez pas déjà prise.
Le v. 26 nous apprend simplement que, si quelqu'un était empêché de devenir disciple de Christ, y compris par ses propres parents, cet obstacle deviendrait aussitôt haïssable. Il faut venir à Lui (v. 26) et ensuite venir après Lui (v. 27). Mais l'ennemi est redoutable. Insensé celui qui se mettrait en route sans avoir calculé la dépense: Celle-ci est grande, car il s'agit de renoncer à tout ce qu'on a (v. 33). Si on porte la croix, on ne peut se charger d'autres bagages. Mais le gain est incomparable: c'est Christ Lui-même (Phil. 3:8).
Les trois paraboles de ce chapitre forment un ensemble merveilleux. La condition d'un pécheur nous y est présentée sous trois aspects: celui de la brebis, de la drachme et de l'enfant, tous trois perdus; et son salut comme accompli en amour à la fois par le Fils (le bon Berger) par le Saint-Esprit (la femme diligente) et par le Père.
Non seulement le tendre Berger cherche sa brebis «jusqu'à ce qu'il l'ait trouvée» (v. 4; comp. v. 8 fin) mais Il la charge ensuite sur ses propres épaules pour la conduire à la maison.
Comme cette drachme, pièce de monnaie à l'effigie du souverain qui l'a émise, l'homme est à l'image de Celui qui l'a créé. Mais perdu, à quoi pouvait-il servir? Il est devenu inutile (Rom. 3:12). Alors le Saint-Esprit «allumant la lampe» s'est mis à l'Åuvre diligemment et Il nous a trouvés dans nos ténèbres et dans notre poussière.
Chaque parabole mentionne la joie du propriétaire légitime, une joie qui cherche à être partagée. Celle de Dieu rencontre un écho chez les anges. Si nous entendons ceux-ci chanter au moment de la création (Job 38:7) puis lors de la naissance du Sauveur ( Luc 2:13), l'allégresse remplit aussi le ciel «pour un seul pécheur qui se repent». Le prix d'une âme est si grand aux yeux du Dieu d'amour!
Un premier tableau nous présente ce jeune homme qui considère son père comme un obstacle à son bonheur et qui s'en va, loin de sa présence, dissiper follement tout ce qu'il a reçu de lui. La scène suivante nous le montre dans le pays éloigné réduit à la pire déchéance, au dénuement le plus complet. Chacun de nous a-t-il jusqu'ici reconnu sa propre histoire? Puisse-t-elle alors s'achever de la même manière! Sous le poids de sa misère, le prodigue revient-lui-même, se souvient des ressources de la maison paternelle, se lève, prend le chemin du retour⦠Et c'est le troisième tableau: l'empressement du père qui se porte à sa rencontre, les bras ouverts, les baisers, la confession suivie du plein pardon, les haillons échangés contre la plus belle robeâ¦
Ami qui réalisez votre misère morale, ce récit vous apprend quelles sont envers vous les dispositions du cÅur de Dieu. Ne craignez pas d'aller à Lui. Vous serez reçu comme ce fils.
Hélas! Le père ne peut faire partager complètement sa joie. Le frère aîné qui n'aurait pas hésité à faire bonne chère avec ses amis pendant que son frère était perdu, refuse de prendre part à la fête. Figure du peuple juif obstiné dans son légalisme, mais aussi de tous les propres justes dont le cÅur est fermé-la grâce de Dieu.
Il nous étonne, ce maître qui approuve son serviteur malhonnête, comme aussi nous étonne la conclusion du Seigneur: «Faites-vous des amis avec les richesses injustesâ¦Â» (v. 9). Mais cet adjectif nous fournit la clé de la parabole. Rien ici-bas n'appartient-l'homme. Les richesses qu'il prétend posséder sont en réalité toutes à Dieu; ce sont donc des richesses injustes. Placé sur la terre en vue de l'administrer, l'homme s'est comporté comme un voleur. Il a détourné à son profit, pour satisfaire ses convoitises, ce que Dieu avait mis entre ses mains pour Son propre service. Mais il peut encore se repentir et se mettre à employer pour les autres et en vue de l'avenir les biens du divin Propriétaire tant qu'ils sont entre ses mains.
L'économe du Luc 12:42 était fidèle et prudent; celui-ci est infidèle, toutefois il agit aussi prudemment, et c'est cette qualité que lui reconnaît son maître. Si les gens du monde montrent une telle prévoyance, ne devrions-nous pas, nous qui sommes «fils de la lumière», penser davantage aux vraies richesses (v. 11; Luc 12:33).
Le v. 13 nous rappelle que nous n'avons pas deux cÅurs: un pour Christ, l'autre pour Mammon et les choses de ce monde. Qui voulons-nous aimer et servir (1 Rois 18:21)?
à ces pharisiens avares, Jésus déclare que Dieu connaît leur cÅur et juge autrement que les hommes. Sur les plus grandes Åuvres, réussites et ambitions terrestres, est écrite la terrible appréciation du v. 15: «une abomination devant Dieu». Aussi, quels renversements de situations apparaîtront dans l'autre monde! Le Seigneur en donne un exemple saisissant. Ce riche était précisément un économe infidèle. Bien qu'ayant son prochain à sa porte, il employait pour lui-même, dans le luxe et l'égoïsme ce que Dieu l'avait chargé d'administrer sur la terre. Mais le même événement survient pour le riche comme pour le pauvre: c'est la mort; tôt ou tard chacun la rencontre. Et ce récit, fait par Celui qui ne peut mentir, prouve que notre histoire n'est pas terminée pour autant. Elle comporte encore le chapitre définitif dont le Seigneur, tournant un instant la page, nous permet de lire quelques lignes. Que découvrons-nous dans cet au-delà sur lequel tant d'hommes en frissonnant s'interrogent? Un lieu de bonheur et un lieu de tourment! Alors il sera impossible de passer de l'un dans l'autre, trop tard pour croire, mais aussi trop tard pour annoncer l'évangile. «Voici, c'est maintenant le jour du salut» (2 Cor. 6:2).
Il est normal que le monde où règne le mal soit rempli de scandales et d'occasions de chute. Mais qu'un chrétien puisse être en piège à de plus faibles que lui est une chose infiniment triste⦠et solennelle pour lui.
Celui qui pardonne (ch. 7:48) enseigne ici comment pardonner (v. 3, 4). Toutefois les apôtres sentent que pour agir selon ces principes de grâce ils ont besoin de plus de foi et ils la demandent au Seigneur. Il leur répond qu'une autre vertu est indispensable: l'obéissance, parce que c'est dans la connaissance et dans l'accomplissement de la volonté de Dieu que nous pourrons compter sur Lui. Oui, la foi ne se sépare pas de l'obéissance ni celle-ci de l'humilité. Esclaves inutiles: c'est ce que nous devons penser de nous-mêmes, car Dieu peut travailler sans nous et s'Il nous emploie c'est pure grâce de sa part. Mais ce n'est pas ce que le Seigneur pense de ceux qui sont ses amis (comp. v. 7, 8 et Luc 12:37; Jean 15:15).
Dix lépreux rencontrent Jésus, élèvent la voix vers Lui et s'en vont guéris. Un seul, le Samaritain, tient à remercier son Sauveur. Ainsi dans la grande chrétienté, parmi tous ceux qui sont sauvés, un petit nombre seulement sait «revenir» pour rendre culte au Seigneur. En faites-vous partie?
Contre toute logique, les pharisiens se préoccupent du moment où viendra le royaume de Dieu⦠tout en refusant de reconnaître et de recevoir le roi qui se trouve au milieu d'eux (v. 21). Le royaume de Dieu, souvent mentionné dans l'évangile de Luc, est la sphère, le domaine, où les droits de Dieu sont reconnus. Il comprend d'abord le ciel â et pour cette raison nous trouvons aussi, spécialement dans Matthieu, l'expression du royaume des cieux.
Mais il devait aussi sâétendre à Israël et à la terre. Or le Roi, afin de mettre ses sujets à l'épreuve, est venu parmi eux sous une humble apparence, sans «attirer l'attention» (v. 20); et comme tel il a été rejeté. Qu'en est-il résulté? Le fait que le royaume n'existe encore que sous la forme céleste. Il s'établira bien sur la terre, le moment venu, mais par des jugements. Ceux-ci seront soudains et terribles. Le déluge, la destruction subite de Sodome, en sont des illustrations solennelles (et les v. 27-30 pourraient tout aussi bien caractériser notre époque). Cependant il existe un autre domaine où les droits moraux du Seigneur sont reconnus dès maintenant: ce sont les cÅurs de ceux qui Lui appartiennent. Ami, votre cÅur est-il «une province» du royaume de Dieu?
La parabole de la veuve et du juge inique nous encourage à prier avec persévérance (Rom. 12:12 fin; Col. 4:2). En effet, si un homme méchant finit par se laisser fléchir, à plus forte raison le Dieu d'amour interviendra-t-il pour délivrer «ses élus». Il tarde quelquefois à le faire, parce que le fruit qu'Il attend n'est pas mûr, mais n'oublions pas que Lui-même se contraint-user de patience, car son amour le porterait à agir aussitôt (fin du v. 7). Il viendra un temps, celui de la tribulation finale, où ce passage prendra toute sa force pour les élus du peuple juif.
Le pharisien plein de lui-même qui présente à Dieu sa propre justice et le publicain qui se tient à l'écart dans une profonde conviction de péché, sont moralement les descendants respectifs de Caïn et d'Abel (mais ce dernier se savait justifié). Le seul titre qui nous donne le droit de nous approcher de Dieu est celui de pécheur. Il est humiliant pour l'homme d'avoir à mettre de côté à la fois ses Åuvres (v. 11) et aussi ses raisonnements, sa sagesse, son expérience. Mais les vérités divines du royaume ne peuvent être saisies que par la simple foi, dans la confiance du petit enfant nous offre une image si touchante. Le Seigneur lorsqu'Il viendra, trouvera-t-il en nous une telle foi (v. 8)?
En présence de ce chef du peuple, apparemment doué des plus nobles qualités, tout autre que Jésus n'aurait pas manqué de se dire: voilà quelqu'un qui va me faire honneur, un disciple de choix qu'il faut chercher à retenir. Mais c'est au cÅur que Dieu regarde (1 Sam. 16:7), et le Seigneur va sonder celui de cet homme.
«Que faut-il que j'aie fait?» a été sa question. Sur ce terrain, Jésus ne peut que lui rappeler la loi. Mais pourquoi aurait-il dérobé? Il était riche; tué ou porté un faux témoignage? Il avait une réputation à ménager; manqué d'honneur à ses parents qui lui avaient laissé probablement un bel héritage? En réalité, il enfreint le premier commandement puisque son dieu ce sont ses richesses (Ex. 20:3). La tristesse de cet homme, qui humainement possédait tout pour être heureux: situation en vue, immense fortune et la jeunesse pour en jouir, prouve à ceux qui envient de tels avantages, que rien de tout cela ne donne le bonheur. Au contraire, si le cÅur s'y attache, ce sont des entraves pour suivre Jésus et avoir part à la vie éternelle. Lui-même allait accomplir l'Åuvre qui nous y donne accès. Dans ces v. 32 et 33, il nous faut méditer chaque expression en nous disant: Jésus a souffert ainsi pour moi.
La visite du Seigneur Jésus à Jéricho est probablement l'unique occasion donnée à ces deux hommes de le rencontrer. En dépit des obstacles, ils ont su ne pas la manquer (comp. Luc 16:16).
Considérons cet aveugle; il ne peut voir le Sauveur qui passe, et de plus la foule cherche à le faire taire; mais il crie d'autant plus fort et obtient la réponse à la foi. Quant à Zachée, sa petite taille et la même foule qui se presse autour de Jésus, l'empêchent de le distinguer. Alors il court pour devancer le cortège et escalade un arbre sans se préoccuper du qu'en-dira-t-on. Lui aussi triomphe des difficultés et quelle récompense il obtient! Nous imaginons sa confusion et sa joie en s'entendant appeler par son nom, invité à descendre vite pour accueillir le Seigneur dans sa propre maison.
Cher ami, Jésus passe encore maintenant près de toi, apportant le salut (v. 9). Ne te laisse arrêter ni par ton incapacité naturelle, ni par les formes d'une fausse religion qui, comme cette foule, empêche de voir «Jésus comme il est»; ni non plus par la crainte de l'opinion d'autrui. Le Maître t'appelle par ton nom: «Il faut que je demeure aujourd'hui dans ton cÅur.» Vas-tu le laisser passer?
Cette parabole nous présente à la fois le rejet du Seigneur Jésus comme roi (v. 14) et la responsabilité des siens pendant le temps de son absence. Dans celle des «talents» en Matt. 25, chaque esclave a reçu une somme différente selon la souveraineté du maître, mais la récompense est la même. Dans celle-ci au contraire, une mine a été confiée à chaque esclave, tandis que la rémunération est proportionnelle à son activité. à chaque croyant, Dieu fait don du même salut, de la même Parole, du même Esprit, sans parler des grâces variées dispensées à chacun. En revanche, tous n'ont pas le même zèle pour faire valoir ces dons à la gloire de leur Maître absent. Car le secret du service, c'est l'amour éprouvé pour Celui que l'on sert. Plus cet amour est grand, plus grand est le dévouement. C'est parce qu'il haïssait son maître, le trouvant sévère et injuste, que le troisième serviteur n'a pas travaillé pour lui. Il représente tous les soi-disant chrétiens à qui Dieu ôtera ce qu'ils paraissent avoir (v. 26). Mais il arrive, malheureusement à de vrais enfants de Dieu, d'accepter les dons tout en refusant le service, frustrant le Seigneur et finalement eux-mêmes, du fruit dont Il les aurait fait jouir avec Lui.
Le chemin du Seigneur approche de son terme: cette ville de Jérusalem vers laquelle, dès le Luc 9:51, il avait dressé résolument sa face sachant ce qui l'y attendait. Pourtant, un bref moment, les disciples peuvent penser que son règne va immédiatement paraître (comp. v. 11). Jésus montre sa souveraineté en revendiquant l'ânon (et n'y a-t-il pas dans notre vie tant de choses dont nous pourrions entendre dire: «le Seigneur en a besoin»?; v. 34). Le Roi va faire son entrée majestueuse dans la ville aux acclamations de la foule de ses disciples. Hélas! En contraste avec cette joie, les pharisiens montrent leur indifférence hostile (v. 39). En vérité des pierres seraient plus dociles à l'action de la puissance divine que le cÅur endurci du malheureux peuple juif (S.P.). En apercevant la ville, Jésus pleure sur elle. Il sait quelles vont être les tragiques conséquences de son aveuglement. Il voit déjà les légions de Titus, quarante ans plus tard, assiéger la cité coupable (comp. Ãsaïe 29:3, 6). Des scènes indescriptibles de massacre et de destruction passent devant ses yeux!
Puis entrant dans la ville et dans le temple, Il considère avec non moins de peine le trafic qui remplit ce dernier et, avec une sainte énergie, Il s'emploie à le faire cesser (comp. Ãz. 8:6).
S'ils s'étaient trouvés au baptême de Jean, les pharisiens n'auraient pas eu besoin de demander au Seigneur par quelle autorité il faisait «ces choses» (voir Luc 7:30). Dieu y avait solennellement désigné son Fils bien-aimé et l'avait revêtu de puissance pour son ministère (Luc 3:22). D'ailleurs tout ce que Jésus faisait ou disait ne montrait-il pas clairement que c'était le Père qui l'avait envoyé (Jean 12:49, 50)?
Le Seigneur donne encore à ces hommes de mauvaise foi une occasion de se reconnaître dans la parabole des méchants cultivateurs. Refusant à Dieu le fruit de l'obéissance, Israël a méprisé, maltraité et parfois mis à mort Ses messagers et Ses prophètes (2 Chr. 36:15). Et lorsque l'amour de Dieu leur a donné son propre Fils, ils n'ont pas hésité à le «jeter hors de la vigne» et à le tuer. Mais le Seigneur énumère les conséquences terribles de ce dernier crime: Dieu fera périr ce peuple méchant. Il confiera à d'autres (pris d'entre les nations) le soin de porter du fruit pour Lui. Enfin, si du temple terrestre il ne doit pas rester pierre sur pierre (Luc 19:44; Luc 21:5, 6), Christ, «la pierre rejetée», deviendra en résurrection le fondement précieux d'une maison spirituelle et céleste qui est l'Assemblée (lire 1 Pierre 2:4â¦).
à la question perfide que posent ces «agents secrets», Jésus répond comme d'habitude en parlant à leur conscience. Il faut rendre à chacun ce qui lui est dû et d'abord à Dieu l'obéissance et l'honneur (Rom. 13:7).
Quant aux sadducéens, le Seigneur leur prouve la réalité de la résurrection simplement par ce titre que Dieu se donne: «le Dieu d'Abraham, et le Dieu d'Isaac, et le Dieu de Jacob» (v. 37; Ex. 3:6). Lorsque l'Ãternel parlait ainsi à Moïse, ces patriarches avaient quitté la terre depuis longtemps. Mais Il se proclamait toujours leur Dieu. Pour Lui, ils étaient donc encore vivants et ils devaient ressusciter. Ces hommes de foi s'étaient attachés à des «choses promises» au-delà de la vie présente et montraient qu'ils les attendaient avec certitude. «C'est pourquoi â est-il souligné â Dieu n'a pas honte⦠d'être appelé leur Dieu» (Héb. 11:13-16). â Croyants, appliquons-nous aussi à montrer autour de nous que nous avons une espérance vivante.
Les pharisiens et les sadducéens correspondent à deux tendances religieuses de tous les temps: d'une part le formalisme légal, l'attachement à des traditions, et à l'opposé le rationalisme (ou modernisme) qui met en doute la Parole et ses vérités fondamentales.
Côtoyant des riches et des pauvres, des gens instruits et des ignorants, des flatteurs et des contradicteurs, Jésus, dans sa sagesse parfaite, discerne les motifs et les sentiments de tous, et prend envers chacun l'attitude qui convient à son état. Il dénonce la vanité des chefs du peuple en même temps que leur cupidité, et Il met en garde ceux qui pourraient être trompés par eux. Il se plaît à souligner, en contraste, le dévouement d'une de ces pauvres veuves qui étaient victimes de la rapacité des scribes. En jetant au trésor ses dernières ressources, elle s'abandonnait entièrement à Dieu, montrant qu'elle ne dépendait plus que de Lui seul (1 Tim. 5:5; comp. 2 Cor. 8:1-5). Le Seigneur considère moins ce que chacun donne que ce que chacun garde pour lui. Il n'a pas la même façon de compter que nous (v. 3) et c'est un encouragement pour tous ceux qui ne peuvent pas donner beaucoup (2 Cor. 8:12). Combien de pites deviendront des fortunes pour le trésor céleste (comp. Luc 12:33; Luc 18:22)!
Certains sont éblouis par les belles pierres et les ornements du temple. Mais là aussi Jésus juge différemment. Il connaît l'intérieur de ce temple et le compare à une caverne de voleurs (Luc 19:46). Puis Il déclare quel sera le sort de ces choses que l'homme regarde et admire (v. 6).
Déjà au ch. 17, Jésus avait prévenu ses disciples des châtiments subits qui atteindraient Israël et le monde à cause de son rejet. Mais, au milieu d'un peuple condamné, le Seigneur a toujours su distinguer ceux qui Lui appartiennent. Comme au ch. 12, Il les avertit et les encourage à l'avance en vue de ces temps difficiles (comp. v. 14, 15 avec Luc 12:11, 12). «Possédez vos âmes par votre patience» (v. 19). Cette exhortation nous concerne tous. «Usez donc de patience, frèresâ¦Â», c'est ce que recommande Jacques, «car la venue du Seigneur est proche» (Jac. 5:7, 8). Dieu est patient (Luc 18:7) et Il désire que ses enfants manifestent ce même caractère.
Les v. 20 et 21 se réalisèrent à la lettre avant la destruction de Jérusalem par les Romains en l'an 70. Ayant occupé une première fois leurs positions autour des murailles, les armées assaillantes levèrent le siège sans aucune raison apparente et partirent en direction du nord. Alors les chrétiens, se souvenant des paroles du Seigneur, mirent à profit ce temps de répit pour quitter la ville en hâte, avant que les légions romaines ne reviennent à nouveau l'investir. Le v. 24 correspond donc à la période qui suivit; elle dure depuis bientôt deux mille ans.
à partir du v. 25, les signes annoncés concernent des événements encore à venir. Ce seront des temps terribles. Les choses les plus stables seront bouleversées, et les âmes des hommes le seront aussi. Déjà la peur plane sur le monde. Les hommes pensent échapper en se creusant des abris (Apoc. 6:15â¦). Mais pour les fidèles de ce temps-là , la délivrance (appelée leur rédemption au v. 28) viendra d'en haut. Ce sera le retour du Seigneur en gloire; et pour nous, croyants d'aujourd'hui, ce que nous attendons c'est sa venue sur la nuée. Promesse certaine! Oui, car le ciel et la terre passeront, mais Ses paroles ne passeront point (v. 33).
On ne considère pas généralement la gourmandise comme un péché bien grave. Pourtant elle est associée à l'ivrognerie, parce qu'elle contribue à appesantir le cÅur. Elle cultive l'égoïsme; on en oublie les besoins qui nous entourent (comp. Luc 16:19â¦). La joie d'attendre le Seigneur disparaît d'un cÅur appesanti (fin du v. 34); les soucis de la vie l'envahissent. Pour cette raison, les épîtres associent souvent les exhortations à être sobre et à veiller (1 Thess. 5:6, 7; 1 Pierre 1:13; 1 Pierre 4:7; 1 Pierre 5:8); et ici le Seigneur nous recommande «prenez garde à vous-mêmes⦠veillez donc, priant en tout temps» (v. 34, 36).
Les chefs du peuple sont embarrassés pour réaliser leurs desseins criminels parce qu'ils savent que la foule prend plaisir à écouter Jésus (Luc 19:48). Mais Satan va leur venir en aide. Il a préparé son instrument: Judas, et maintenant il entre en lui, se substituant à la volonté du misérable disciple. Celui-ci s'en va aussitôt conclure son affreux marché.
Quand il s'agit de célébrer la pâque â et la cène aujourd'hui â rien n'est laissé à l'initiative des disciples. Jésus leur demande de l'apprêter, mais Il attend aussi d'être interrogé pour leur révéler où cela doit avoir lieu. Combien de chrétiens, au lieu de poser cette question au Seigneur, ont eux-mêmes choisi leur lieu de rassemblement! Pourtant tout est si simple. Il suffit de se laisser conduire par cet homme chargé d'une cruche d'eau, figure du Saint-Esprit présentant la Parole. La grande chambre garnie suggère qu'il y a place pour tous les croyants, là où Jésus se trouve Lui-même. «J'ai fort désiréâ¦Â», dit-Il aux siens lorsque l'heure fut venue. Quel amour! Le Seigneur parle non d'une faveur qu'Il leur fait, mais d'un besoin de son propre cÅur, «comme quelqu'un qui, avant de quitter sa famille, désire avoir encore avec elle une réunion d'adieu» (J.N.D.).
C'est le dernier entretien du Maître avec ses disciples. Mais que font ceux-ci pendant ce saint moment? Ils se disputent à qui sera estimé le plus grand! Avec quelle patience et quelle douceur le Seigneur les reprend! Une dernière fois Il leur rappelle (ainsi qu'à nous) que la vraie grandeur consiste à servir les autres. C'est ce que Lui-même n'a cessé de faire (comp. v. 27 et Luc 12:37). Et non seulement Il ne leur adresse aucun reproche, mais Il se plaît à reconnaître leur dévouement et leur fidélité: «vous êtes ceux qui avez persévéré avec moi dans mes tentations» â leur dit-Il. Toutefois il allait y avoir encore pour les faibles disciples des tentations qui risqueraient de renverser leur foi. Alors Jésus révèle de quelle manière Il sert et servira dorénavant les siens: son intercession devancera leur épreuve et les soutiendra tandis qu'ils la traverseront (Jean 17:9, 11, 15). Pendant qu'Il était avec eux, ils n'avaient eu besoin de rien; Lui veillait à tout et les protégeait. Maintenant qu'Il va les quitter, ils auront à combattre pour leur propre compte. Mais pas avec des armes charnelles (v. 38; 2 Cor. 10:4), ni «contre le sang et la chair» (Ãph. 6:12). Satan s'approche à cette heure, adversaire autrement redoutable (1 Pierre 5:8).
Ce récit solennel de la scène de Gethsémané contient des détails que Luc est seul à nous donner. Nous y voyons Jésus à genoux au v. 41; un ange lui apparaît pour le fortifier au v. 43. Il y est question de l'angoisse du combat et nous savons à quel ennemi Il avait affaire. Combat si intense, qu'à un certain moment sa sueur se changea en des grumeaux de sang! Mais cette angoisse même démontre sa perfection. Car le mal fait souvent peu d'impression sur nos cÅurs endurcis, tandis que, pour l'Homme saint par excellence, la pensée de porter le péché ne pouvait que le saisir d'horreur et d'effroi.
Puis Jésus vient vers ses disciples qu'Il trouve endormis. Accablés de sommeil sur la montagne en présence de sa gloire (Luc 9:32), ils le sont ici, devant sa souffrance. Il leur avait appris à demander: «Ne nous induis pas en tentation, mais délivre-nous du mal» (Luc 11:4; Matt. 6:13). Que n'ont-ils fait cette prière à l'heure où Satan s'approchait!
Voici Judas et la troupe qui l'accompagne. Et il est merveilleux de voir le Seigneur qui, au moment précédent traversait le plus terrible des combats, montrer à présent devant les hommes une patience, une grâce (v. 51) et un calme parfaits.
Pauvre Pierre! Pendant que Jésus priait, lui dormait; pendant qu'Il se laissait prendre et amener «comme un agneau familier qui est mené à la tuerie» (Jér. 11:19; Ãsaïe 53:7), Pierre frappait de l'épée (v. 50; comp. Jean 18:10). Enfin pendant que le Seigneur confessait la vérité devant les hommes, lui par trois fois mentait et Le reniait! Il s'était assis dans la cour en compagnie de ceux qui venaient d'arrêter son Maître et qui parlaient contre Lui (Ps. 69:12 et Ps. 1:1 fin). Comment dans une telle position aurait-il pu Lui rendre témoignage?
Un simple regard du Seigneur brise le cÅur du pauvre disciple bien davantage que des reproches n'auraient pu le faire. Oh! Ce regard. Il pénètre sa conscience et y commence une Åuvre de restauration. Ce reniement si douloureux pour le Seigneur s'ajoute à tous les outrages reçus (v. 63-65).
Les hommes méchants devant lesquels Il se tient sont obligés de reconnaître eux-mêmes que «le fils de l'homme» (v. 69) est en même temps «le Fils de Dieu» (v. 70). C'est pourquoi Jésus peut leur répondre: «vous dites vous-mêmes que je le suis». C'est pourquoi aussi, ils sont infiniment plus coupables en le condamnant après de telles paroles!
L'unanimité s'est facilement faite contre Jésus. Les chefs du peuple se lèvent tous ensemble pour le conduire à Pilate qui seul a le pouvoir de condamner à mort. De quoi accusent-ils leur prisonnier? De pervertir la nation, c'est-à -dire de la détourner vers le mal, Lui qui n'avait travaillé qu'à ramener à Dieu le cÅur de ce peuple. De défendre de donner le tribut à César, alors qu'Il avait dit au contraire: «Rendez donc les choses de César à Césarâ¦Â» (Luc 20:25). Mais ces mensonges n'ont pas sur Pilate l'effet que les Juifs en attendent. Dans sa perplexité le gouverneur cherche un moyen de se dérober. Il fait conduire Jésus à Hérode qui éprouve à son égard un mélange de crainte (Luc 9:7), de haine (Luc 13:31) et de curiosité (v. 8). mais ce dernier sentiment n'étant pas satisfait, toute la bassesse morale de cet homme haut placé se découvre: Il se plaît à humilier un prisonnier sans défense, dont on lui avait de plus rapporté les miracles d'amour! Puis, déçu, il le renvoie à Pilate.
En contemplant Celui dont on dispose ainsi, que l'on raille et que l'on méprise, nos cÅurs se réjouissent en pensant au moment où Il paraîtra dans sa gloire et où chacun devra reconnaître qu'Il est Seigneur, à la gloire de Dieu le Père (Ãsaïe 53:3; Phil. 2:11).
Plus embarrassé que jamais, Pilate assemble les sacrificateurs, les chefs et le peuple et affirme devant eux à trois reprises qu'il n'a rien trouvé en Jésus qui soit digne de mort. Mais son insistance à vouloir le libérer ne fait qu'augmenter celle du peuple à réclamer sa crucifixion. Une foule est facilement lâche et cruelle parce que, sous le couvert de l'anonymat, les plus bas instincts se donnent libre cours. Celle-ci l'est d'autant plus qu'elle est poussée par ses propres conducteurs. Finalement leurs cris ont le dessus, et, en échange de la libération du meurtrier Barabbas, ils obtiennent que Jésus soit livré-leur volonté. Car pour Pilate, homme sans scrupules, une vie humaine a moins de valeur que la faveur de la populace.
Parmi ceux qui accompagnent le condamné innocent, beaucoup sont pris de pitié et pleurent. Mais l'émotion n'est pas une preuve de l'Åuvre de Dieu dans un cÅur. Sans quoi ces femmes auraient pleuré sur elles-mêmes et sur leur ville criminelle comme Jésus l'avait fait au Luc 19:41. Bien des personnes sont touchées sentimentalement par la vie admirable de Jésus, indignées de l'injustice dont il a été l'objet, sans penser qu'elles ont, par leurs péchés, une responsabilité personnelle à sa mort (Ãsaïe 53:6).
Jésus est conduit à ce sinistre lieu du Crâne où Il est crucifié entre deux malfaiteurs. «Père, pardonne-leurâ¦Â», telle est Sa réponse sublime à tout le mal que lui font les hommes (comp. Luc 6:27). S'ils se repentent, leur crime â le plus grand de l'histoire de l'humanité â sera expié par Sa mort même.
à la croix où tous sont présents: des gouverneurs (v. 35) au misérable brigand (v. 39), l'entière méchanceté du cÅur humain se découvre sans honte: regards cyniques, railleries, provocations, injures grossières⦠Mais voici qu'un entretien merveilleux s'engage entre le Sauveur crucifié et l'autre brigand convaincu de péché (v. 41). Ãclairé par Dieu, il discerne dans l'homme méprisé et couronné d'épines qui va mourir à côté de lui, une victime sainte, un roi glorieux (v. 42). Et il reçoit une promesse sans prix (v. 43). Ainsi, sur la croix même, le Seigneur goûte déjà un premier fruit du terrible travail de son âme.
Après les trois dernières heures de ténèbres impénétrables, Jésus retrouve les relations interrompues pendant l'abandon qu'Il vient de traverser. Et, en pleine sérénité, Il remet Lui-même son esprit entre les mains de son Père. La mort du Juste est l'occasion d'un dernier témoignage que Dieu fait rendre par le centurion romain (v. 47).
L'intervention de Joseph d'Arimathée, nous montre que la grâce avait atteint dans cet homme à la fois un de ces riches dont il est si souvent question dans Luc (voir Luc 18:24; Matt. 27:57) et un des principaux du peuple. Ce disciple a été spécialement préparé en vue du service qu'il remplit maintenant: celui d'ensevelir le corps du Seigneur (selon Ãsaïe 53:9). L'Esprit nous présente ensuite ces femmes dévouées dont il est répété qu'elles avaient accompagné Jésus depuis la Galilée (v. 49, 55). Elles se sont tenues au Calvaire. Puis, avec plus d'affection que d'intelligence, elles ont préparé des parfums pour oindre Son corps. Enfin, nous les voyons se rendre au sépulcre au matin du premier jour de la semaine, et y faire une merveilleuse rencontre. Deux anges sont là pour leur annoncer que leurs préparatifs nâont plus de raison dâêtre: Celui qu'elles cherchent n'est plus dans le tombeau; Il est ressuscité.
L'expérience chrétienne de nombreux enfants de Dieu ne va pas plus loin que la croix. La question étonnée de la fin du v. 5 pourrait leur être adressée. Chers amis, réjouissons-nous! Jésus n'est pas seulement un Sauveur mort sur la croix pour nos péchés. Il est vivant pour l'éternité (Apoc. 1:18). Et nous vivons avec Lui (Jean 14:19).
Deux disciples marchent tristement sur le chemin d'Emmaüs. Ayant perdu leur espérance terrestre d'un Messie pour Israël, ils s'en retournent maintenant à leurs champs et à leurs affaires (Marc 16:12). Mais le mystérieux étranger qui se joint à eux va complètement changer le cours de leurs pensées. Il commence par s'étonner de leur manque d'intelligence et de leur incrédulité (v. 25). Ce sont deux choses qui vont souvent ensemble. Que de fois notre ignorance vient de ce que nous ne croyons pas (Héb. 11:3)! Puis le Seigneur ouvre les écritures à ces deux compagnons de route, et leur y fait découvrir «les choses qui le regardent». Ne l'oublions jamais, la clé de l'Ancien Testament, et spécialement des prophéties, consiste à y chercher Jésus.
Remarquez comment le Seigneur se laisse retenir par ceux qui ont besoin de Lui: Il entre pour rester avec ces deux disciples. Puissions-nous faire aussi cette expérience! En particulier lorsque nous sommes découragés et que nos circonstances ont tourné autrement que ce que nous espérions, apprenons dans Sa présence à les accepter telles qu'elles sont. «La consolation des écritures» dirigera alors nos pensées vers un Sauveur vivant et fera brûler notre cÅur (lire Rom. 15:4).
Le Seigneur aurait pu monter au ciel au moment de sa résurrection. Mais Il désirait encore rencontrer ses chers disciples (Jean 16:22); Il voulait leur donner la preuve que non seulement Il était vivant, mais qu'Il restait un homme pour toujours, le même Jésus qu'ils avaient connu, suivi et servi ici-bas. Chers enfants de Dieu, Celui que nous verrons au ciel n'est pas seulement «un esprit», ni non plus un étranger pour nos cÅurs. C'est le Jésus des Ãvangiles, le Fils de l'homme, que Luc nous a présenté, le tendre Sauveur que nous aurons appris sur la terre à connaître et à aimer.
«Il faut», «il fallait», «ne fallait-il pas?» (v. 7, 26, 44, 46). Tout le conseil de Dieu devait s'accomplir dans les souffrances de Christ, mais aussi dans ses gloires.
Et c'est Béthanie que Jésus choisit pour y quitter les siens. En figure, Il les établit ainsi pour le temps de son absence sur un nouveau terrain, en «dehors» du système juif (v. 50): celui de la vie nouvelle et de la communion (1 Jean 12:1â¦).
La dernière parole du Seigneur est une promesse (v. 49), son dernier geste une bénédiction (v. 50). Il s'en est allé, mais le cÅur des siens déborde désormais de joie et de louange. Objets du même amour, célébrons, nous aussi, notre Dieu, notre Père, et réjouissons-nous en un Sauveur parfait.
«Le Fils unique» faisant connaître le Père, tel est le résumé de cet évangile (v. 18; voir 1 Jean 4:9; 2:23; 1:3). Le premier verset déjà , dont chaque terme doit être pesé, nous Le présente comme la Parole, une Personne éternelle, distincte de Dieu, tout en étant Dieu. Aussi loin que peut remonter notre pensée, elle était (Ps. 90:2). Mais cette Parole créatrice, unique source de la vie et de la lumière, ne s'est pas adressée à nous du haut du ciel; non, elle est venue dans le monde (v. 9), s'assujettissant à nos limites de l'espace et du temps. Mystère insondable: la Parole devint chair (v. 14; 1 Tim. 3:16)! Et elle n'est pas venue comme un messager rapide qui s'en retourne aussitôt à Celui qui l'a envoyé. Elle a habité (dressé sa tente) au milieu de nous, sans cesser jamais pourtant dâêtre «dans le sein du Père» (v. 18). Tout ce quâest Dieu dans sa nature même: amour et lumière (grâce pour le cÅur et vérité pour la conscience du pécheur), s'est approché de nous et a brillé dans cette Personne adorable. Mais les ténèbres morales de l'homme n'ont pas compris la vraie lumière (v. 5). Le monde n'a pas connu son Créateur. Les siens n'ont pas reçu leur Messie (v. 11). Et vous, lecteur, l'avez-vous reçu? S'il en est ainsi, vous êtes un enfant de Dieu (v. 12; Gal. 3:26).
Ce n'était pas le fardeau de leurs péchés qui conduisait les délégués des Juifs auprès de Jean le baptiseur, mais plutôt la curiosité et le désir de se faire une opinion; peut-être aussi une certaine inquiétude. Leur enquête est cependant l'occasion pour Jean de délivrer son message (comp. 1 Pierre 3:15 fin). Or ce n'est pas à son propre sujet qu'il a quelque chose à dire (v. 22). Lui-même n'est qu'une simple voix. Il est «envoyé de Dieu⦠pour rendre témoignage de la lumière» (v. 6-8). Dans un certain sens, tous les rachetés sont appelés à rendre témoignage de la lumière et tout d'abord en marchant «comme des enfants de lumière» (Ãph. 5:8). En eux-mêmes ils ne sont rien, sinon des instruments par le moyen desquels Christ, la lumière morale du monde, doit être manifesté.
Dieu a indiqué d'avance à son serviteur comment reconnaître celui qu'il est chargé de désigner. «Voilà l'Agneau de Dieu», s'écrie Jean lorsque Jésus paraît. Dieu s'est pourvu d'une victime sainte pour ôter le péché du monde. Elle était attendue depuis la chute et annoncée par les prophètes ainsi que par les figures de l'ancienne alliance (Ãsaïe 53; Ex. 12:3). Et quelle victime! L'Agneau de Dieu n'est autre que le Fils de Dieu (v. 34).
La marche de Jésus (et non plus seulement le signe d'en haut: v. 33) remplit le cÅur de Jean de conviction et de joie (v. 36). Choses qui parlent toujours aux autres! Ses deux disciples l'entendent et s'attachent à Jésus. Ils Le suivent et restent dans sa compagnie, privilège que nous aussi nous pouvons connaître maintenant selon sa promesse (Matt. 28:20). André nous donne encore un autre exemple: Il mène à Jésus «son propre frère Simon». Avant de songer à quelque activité que ce soit, pensons à ceux de nos proches qui ne connaissent pas encore le Seigneur. André est un disciple effacé. Mais son service ce jour-là va avoir de grandes conséquences puisque son frère Simon deviendra l'apôtre Pierre. Philippe entend l'appel du Seigneur et à son tour parle à Nathanaël de ce Nazaréen qui nâest autre que le Messie promis. Mais aucun argument n'a le poids de cette simple invitation: «Viens et vois»!
Que de noms et de titres magnifiques exaltent dans ce chapitre les gloires éternelles actuelles ou à venir du Seigneur Jésus Christ: Parole, Vie, Lumière, Fils unique dans le sein du Père, Agneau de Dieu, Maître qui enseigne, Messie ou Christ, vrai Nazaréen, Roi d'Israël et Fils de l'homme.
Jésus est convié à une noce. Mais remarquons que toute la scène se passe en dehors de la salle du festin et rien ne nous est dit au sujet des époux. Tout ce que nous savons d'eux c'est qu'ils avaient eu l'heureuse pensée d'inviter Jésus et ses disciples. Chers amis, pouvons-nous associer le Seigneur à chacune de nos circonstances? Serait-Il toujours libre de prendre part à nos fêtes de famille et à nos divertissements? Lui seul pourra nous procurer la vraie joie, dont le vin est l'image dans la Parole. Toutefois c'est l'eau destinée à la purification qui produit ce vin de la joie. Il en sera ainsi d'Israël au temps de son rétablissement, et il en est ainsi pour nous aussi: nous ne goûtons les joies spirituelles que dans la mesure où nous pratiquons d'abord le jugement de nous-mêmes.
La manière de l'homme est de servir «le bon vin le premier» (v. 10). Il se hâte dès sa jeunesse de profiter de tout ce que peut offrir la vie. Car avec l'âge, peu à peu, viendront les soucis, les chagrins, le déclin, la mort. Le meilleur vin a été tiré le premier. Jésus agit autrement. Il a réservé aux siens des joies éternelles sans comparaison possible avec les vains bonheurs d'ici-bas. N'en désirons pas d'autres!
De Capernaüm, Jésus monte à Jérusalem. La Pâque «des Juifs» est proche. Cette fête n'a plus le caractère d'un «jour solennel de l'Ãternel» ni d'une «sainte convocation» (Lév. 23:2; comp. Jean 7:2). Car un trafic honteux remplit le Temple à cette occasion. Des commerçants y vendent les divers animaux nécessaires aux sacrifices. Indigné, le Seigneur purifie la maison de son Père (v. 16).
Amis chrétiens, notre corps est le temple du Saint-Esprit. Si nous nous sommes laissés envahir et dominer par des habitudes ou des pensées impures, laissons le Seigneur y mettre de l'ordre et nous sanctifier. Il est jaloux de nos affections pour son Père.
Les gens dont il est question aux v. 23-25 croyaient en Jésus par l'intelligence sans que leur cÅur soit véritablement touché. Ils reconnaissent sa puissance pour faire des miracles, mais ce n'était pas la foi et Jésus ne se fiait pas à eux. Car «la foi vient de ce qu'on entend⦠par la parole de Dieu» (comp. v. 22 et Rom. 10:17). La parfaite connaissance qu'a Jésus du cÅur humain est une preuve de sa divinité (v. 25; lire Jér. 17:9, 10). Mais son amour ne s'en est pas pour autant refroidi, car ses motifs pour aimer, c'est en Lui-même et non dans les hommes qu'Il les puisait.
Craintif, mais poussé par les besoins de son âme, Nicodème va rencontrer Celui qui est la vie et la lumière (Jean 1:4, 5). Ce chef des Juifs, cet éminent docteur d'Israël, apprend auprès du Docteur venu de Dieu une vérité aussi étrange qu'humiliante pour lui: Ni ses qualités, ni ses connaissances, ni aucune de ses capacités humaines ne lui donnent droit au royaume de Dieu. Car de même qu'on entre dans le monde des hommes par la naissance naturelle, une autre naissance est nécessaire pour entrer dans ce domaine spirituel, celui de la famille de Dieu.
Nous trouvons deux «il faut» dans la réponse du Seigneur. L'un s'applique à l'homme: «Il vous faut être né de nouveau». L'autre, qui en est la contrepartie terrible, concerne notre Sauveur adorable lui-même: «Il faut que le Fils de l'homme soit élevéâ¦Â». L'élévation de Jésus Christ présenté sur la croix aux regards de ma foi, me sauve de l'éternelle perdition (v. 14, 15; comp. Nomb. 21:8, 9). En le contemplant, j'apprends à connaître l'amour de Dieu pour le monde (donc pour moi personnellement) et la preuve suprême qu'Il en a donnée. Le monde ne sera pas jugé sans avoir d'abord été aimé. Tout l'Ãvangile est contenu dans ce merveilleux v. 16, moyen de salut pour d'innombrables pécheurs, et qui ne devrait jamais cesser de confondre nos âmes.
Les disciples de Jean éprouvent un peu de jalousie en voyant leur maître perdre son importance au profit d'un autre (v. 26; Jean 4:1). à l'exception de deux d'entre eux (dont André) qui avaient quitté Jean pour suivre Jésus (Jean 1:37), ces hommes n'avaient pas compris quelle était précisément la mission du précurseur. Il était l'ami de l'Ãpoux. Et ce qui provoquait le mécontentement de ses disciples rendait au contraire sa joie accomplie (v. 29); il était heureux de s'effacer devant le Seigneur. Sa belle réponse devrait être gravée comme une devise dans chacun de nos cÅurs: «Il faut que lui croisse et que moi je diminue» (v. 30). Cette parole est l'occasion pour Jean d'exalter le Seigneur Jésus: Il est au-dessus de tous, non par l'autorité que les foules lui reconnaissent, mais parce qu'Il vient du ciel (v. 31). Et il n'en vient pas comme un ange, mais comme l'objet de toutes les affections du Père, son héritier (Héb. 1:2). Une telle visite met l'humanité entièrement à l'épreuve et la partage en deux groupes: ceux qui croient au Fils: ils ont dès maintenant la vie éternelle. Quant à ceux qui ne croient pas, terrible pensée, la colère de Dieu demeure sur eux! De quel côté vous trouvez-vous (Jean 20:31)?
Ce n'est pas seulement pour des gens estimés, comme Nicodème, que Dieu a donné son Fils unique. Ce merveilleux «don de Dieu» (v. 10) a été fait gratuitement aux pécheurs les plus misérables. Quel tableau nous avons ici! Dans son abaissement inconcevable, le Fils de Dieu est assis sur le bord de ce puits, vraiment homme, éprouvant la fatigue et la soif. Et pourtant Il ne pense qu'au salut de sa créature. Une femme s'approche, et voyez comment Jésus s'y prend pour gagner sa confiance. Il lui demande un service, et se met à sa portée en lui parlant de ce qu'elle connaît. Avide de trouver le bonheur, cette femme a bu à bien des eaux décevantes dans ce monde. Elle a cherché ce bonheur auprès de cinq maris. Toujours elle a eu «de nouveau soif». Mais le Sauveur connaît pour elle une «eau vive» dont Il est Lui-même la source (v. 10, 13, 14; comp. Jér. 2:13, 18 et Jér. 17:13). Sans en comprendre la nature, la Samaritaine s'attend à Lui pour recevoir ce don extraordinaire. Toutefois il est nécessaire que le Seigneur mette d'abord le doigt sur ce qui n'est pas en règle dans la vie de cette femme (v. 16-18). Car on ne peut être heureux tant que la lumière de Dieu n'a pas pénétré dans la conscience. La grâce en Jésus est inséparable de la vérité (Jean 1:17).
Le tout premier enseignement du Seigneur à cette pauvre Samaritaine concerne non pas sa conduite, mais l'adoration, excellente fonction qui est celle de tous les croyants. Où, quand et comment la louange doit-elle être présentée? La religion de formes et de cérémonies étant mise de côté, l'heure était venue â et elle est maintenant â d'un culte en esprit et en vérité. à qui et par qui doit-il être rendu? Non plus à l'Ãternel, le Dieu d'Israël, mais au Père, selon la relation toute nouvelle qui est celle des enfants de Dieu. C'est à eux qu'il appartient dorénavant de présenter la louange. Ils sont appelés de vrais adorateurs. Vous qui avez été cherchés dans ce but, allez-vous priver le Seigneur du fruit de son travail?
Toute à ce qu'elle vient d'entendre, la femme abandonne sa cruche et se hâte d'aller faire connaître dans la ville Celui qu'elle a rencontré. Quant aux disciples, ils montrent leur incapacité d'entrer dans les pensées de leur Maître. Ses forces et ses joies, Jésus les puisait dans la communion de son Père (v. 34), et dans les perspectives qui étaient devant Lui. Déjà Il discernait la moisson future: la multitude de ceux qu'Il allait racheter (v. 35; comp. Ps. 126:6).
Jésus passe deux jours au milieu de ces Samaritains méprisés comme Il l'était Lui-même (comp. ch. 8:48). Et ces gens croient en Lui, non plus seulement sur le témoignage de la femme, mais par suite du contact personnel qu'ils ont eu avec «le Sauveur du monde» (v. 42; 1 Jean 4:14). Ne nous contentons jamais de l'expérience des autres pour connaître le Seigneur Jésus. Il faut lâavoir rencontré personnellement, et que le Sauveur du monde soit aussi notre Sauveur.
Jésus se rend ensuite en Galilée. Il y rencontre un seigneur de la cour, inquiet pour son fils gravement malade, et insistant pour que le Maître vienne et le guérisse. Cet homme est loin d'avoir la grande foi du centurion romain de la même ville de Capernaüm, lequel ne s'estimait pas digne de la visite du Seigneur et se contentait d'une seule parole pour la guérison de son serviteur (Luc 7:7). Jésus commence par répondre à ce père angoissé que la foi consiste à croire sur Sa simple parole et sans avoir besoin de voir quoi que ce soit (v. 48; comp. Jean 2:23). C'est donc pour mettre cet homme à l'épreuve que le Seigneur ne descend pas avec lui. Et la puissance de la mort est arrêtée par la puissance de la vie venue d'en haut (1 Jean 5:12).
Ce réservoir de Béthesda (maison de miséricorde) représentait une image de l'ancienne alliance. Il fallait de la force à ces infirmes pour se jeter dans l'eau bienfaisante et, pour avoir cette force, il aurait fallu⦠être déjà guéri! La loi pareillement ne peut faire vivre que celui qui l'accomplit et personne n'en est capable. à moins d'avoir justement d'abord reçu la vie divine. On peut se demander pourquoi, parmi cette multitude d'infirmes, d'aveugles, de boiteux, Jésus paraît ne s'être occupé que de ce paralytique. Parce que, pour être au bénéfice de sa grâce, deux conditions sont nécessaires: il faut en éprouver et le désir et le besoin. Sentiments que font ressortir la question du Seigneur: «Veux-tu être guéri?» et la réponse de ce malheureux: «Je n'ai personneâ¦Â». Toujours devancé dans le réservoir, toute sa vie misérable n'avait été que déception sur déception. Sans doute avait-il jadis compté sur les siens ou sur des amis secourables, mais ceux-ci s'étaient depuis longtemps découragés. Et il ne lui avait pas fallu moins de trente-huit ans pour perdre ses dernières illusions. à présent, il n'a plus personne: il peut avoir Jésus. Ami encore inconverti, n'attendez pas plus longtemps pour comprendre que Jésus seul peut vous sauver. Mais est-ce que vous désirez vraiment l'être?
La haine des Juifs est l'occasion pour Jésus de révéler encore quelques-unes de ses gloires:
1º) Son travail d'amour pour ôter le péché du monde (v. 17; Jean 1:29). En présence de la ruine de sa création, le Fils pas plus que le Père ne pouvait se reposer.
2º) L'affection infinie du Père pour ce Fils avec lequel Il partage toutes ses pensées (v. 20; Jean 3:35).
3º) La puissance de vie qui est en Lui (v. 21, 26) par laquelle Il donne maintenant la vie éternelle à ceux qui croient en Lui (v. 24). Il exercera cette puissance dans une heure encore à venir pour la résurrection des morts (v. 28, 29).
4º) Le jugement qui Lui a été donné en sa qualité de Fils de l'homme (v. 22, 27).
5º) Enfin, aux v. 19 et 30, son obéissance! Quelle valeur elle prend quand elle est réalisée précisément par Celui qui a droit Lui-même à l'obéissance de toute créature (v. 23)!
Si le Seigneur parle de ses propres gloires c'est parce qu'elles sont étroitement liées à celles de son Père. Ne pas honorer le Fils, c'est offenser Celui qui l'a envoyé (v. 23; voir 1 Jean 2:23).
En présence de toutes les perfections de notre Sauveur, nous ne pouvons quâêtre nous aussi dans l'admiration (v. 20 fin) et dans l'adoration.
Jésus répond à l'incrédulité des Juifs en invoquant quatre témoignages en sa faveur: celui de Jean (v. 32-35), celui de ses propres Åuvres (v. 36), celui du Père qui au Jourdain avait désigné son Fils bien-aimé (v. 37); enfin celui des Ãcritures (v. 39). Il est souvent question du Messie dans les livres de Moïse (v. 46; voir par ex. Gen. 49:10, 25; Nomb. 24:17). Tout en prétendant vénérer ce dernier, les Juifs ne croyaient pas ses paroles puisqu'ils rejetaient Celui qu'il annonçait (v. 46; Deut. 18:15). Ils seront prêts par contre à recevoir l'Antichrist (v. 43).
«Sondez les Ãcritures», recommande le Seigneur Jésus. C'est par elles que nous pourrons avancer dans la connaissance de sa Personne infinie.
Recevoir de la gloire des hommes et chercher leur approbation est une forme d'incrédulité (v. 44). Car Dieu déclare que nous ne sommes rien (Gal. 6:3) et qu'il n'y a rien dont nous puissions nous glorifier (2 Cor. 10:17). Mais, plutôt que dâaccepter ce fait, nous nous complaisons quelquefois dans le bien que d'autres peuvent penser de nous! Jésus ne recherchait aucune gloire de la part des hommes (v. 41; comp. Paul en 1 Thess. 2:6). Et nous pourrons l'imiter si nous avons en nous l'amour de Dieu et le désir de Lui plaire (comp. v. 42).
Les foules ont suivi le Seigneur Jésus. Mais elles sont attirées davantage par sa puissance que par sa grâce et toutes ses perfections morales. Or, l'une ne va pas sans les autres; une fois de plus Jésus va les manifester ensemble dans cette scène de la multiplication des pains. Le petit garçon mentionné au v. 9 nous rappelle qu'à tout âge nous pouvons faire quelque chose pour le Seigneur et pour le bien des autres. Il paraît être le seul à avoir pensé à sa propre nourriture. En acceptant de mettre ce peu qu'il a à la disposition du Seigneur, il devient le moyen de pourvoir aux besoins de cinq mille hommes. Lorsque le Seigneur veut se servir de nous, ne prétextons jamais notre jeunesse ni l'insuffisance de nos ressources; Il saura, Lui, comment les utiliser (Jér. 1:6, 7).
Après ce miracle, on veut enlever Jésus «afin de le faire roi». Mais Il ne peut recevoir le royaume de la main des hommes (ch. 5:41), pas plus que de celle de Satan (Matt. 4:8-10). C'est Dieu qui le fait roi (Ps. 2:6).
Enfin, dans une autre scène toute illuminée elle aussi de sa puissance et de sa grâce, nous le voyons venir à la rencontre de ses disciples sur la mer agitée et dissiper leur inquiétude.
Le Seigneur ne s'y trompe pas. Ces foules le poursuivent pour un motif très terre à terre; elles espèrent qu'Il va continuer à leur donner du pain. Aussi les engage-t-Il à travailler pour le ciel (v. 27). Demandons-nous si notre travail a d'abord en vue les choses d'en haut qui nourrissent notre âme et qui demeurent, ou celles d'ici-bas, destinées à périr.
Est-ce à dire qu'il faut accomplir des Åuvres pour être sauvé? Nombreux sont ceux qui le pensent aujourd'hui encore dans la chrétienté (comp. v. 28). Mais la Parole nous affirme: «vous êtes sauvés par la grâce, par la foi⦠non pas sur le principe des Åuvresâ¦Â» (Ãph. 2:8, 9). Dieu ne reconnaît qu'une Åuvre qui permette à lâhomme de sâapprocher de Lui: elle consiste à croire au Sauveur qu'Il nous a donné (v. 29). Tout vient de Lui: l'Eau vive (le Saint-Esprit; ch. 4:10) et «le Pain de vie» (Christ Lui-même; v. 35). Comment se fait-il alors que nos âmes ne soient pas continuellement satisfaites? Le Seigneur manque-t-Il à ses promesses (v. 35; Jean 4:14)? Certes non! Mais de notre côté nous ne remplissons pas toujours la condition: «celui qui croit en moi â dit Jésus â n'aura jamais soif». Nous avons besoin de foi pour être sauvés, mais aussi chaque jour pour pouvoir nous abreuver de toute Sa plénitude.
«Je ne mettrai point dehors celui qui vient à moi» promet le tendre Sauveur (v. 37). Allons à Lui, si nous ne l'avons pas déjà fait; Il ne repousse personne. â Mais pour venir à Jésus, il est nécessaire qu'une Åuvre de l'Esprit s'accomplisse dans le cÅur. L'homme ne peut faire un pas vers Dieu à moins que Lui ne le tire (v. 44). â Ce n'est donc pas ma faute si je ne suis pas converti, répondra peut-être quelqu'un. â Au contraire, vous êtes pleinement responsable de laisser ce travail divin se faire en vous. En ce moment même, Dieu vous attire à Lui. Ne Lui résistez pas plus longtemps.
La grâce dont Jésus use envers le pécheur est l'expression de son propre amour. Mais elle fait partie de la volonté de Dieu, qui est de donner la vie à sa créature (v. 40). Or Jésus était venu pour accomplir cette volonté et pour ne rien faire d'autre (v. 38; comp. Héb. 10:9: «Voici, je viens pour faire ta volonté»).
L'homme a un corps et une âme. C'est pourquoi il ne peut vivre de pain seulement, nourriture de son corps. Son âme a besoin elle aussi d'un aliment et le seul qui lui convienne est la Parole divine, le Pain du ciel, Christ Lui-même (Luc 4:4).
Malgré la promesse que Dieu leur avait faite, les fils d'Israël en découvrant la manne au désert s'étaient demandé l'un à l'autre: «Qu'est-ce que cela?» (Ex. 16:15). La même incrédulité se montre chez leurs descendants. Ils disputent entre eux au sujet de l'étrange nourriture dont Jésus leur a parlé: sa chair et son sang; c'est-à -dire sa mort. Un Christ vivant ici-bas ne suffit pas à faire vivre notre âme. Il faut nous approprier sa mort (en figure manger sa chair et boire son sang) pour avoir la vie éternelle. Ensuite nous avons chaque jour à nous identifier avec Lui dans sa mort. Nous sommes morts avec Lui quant au monde et au péché. L'homme naturel ne peut comprendre cela. Il veut bien d'un modèle, mais il lui est trop dur de reconnaître son propre état de condamnation dont lui parle la mort de Christ.
Au lieu d'interroger le Seigneur, plusieurs qui avaient professé être de ses disciples s'en vont choqués par ses paroles. Il ne cherche pas à les retenir en «adoucissant» la vérité. Mais Il sonde le cÅur de ceux qui restent: «Et vous, voulez-vous aussi vous en aller?». â «Seigneur, auprès de qui nous en irions-nous?» est la belle réponse de Pierre. Puisse-t-elle être aussi la nôtre (v. 68, 69; lire Héb. 10:38, 39)!
Les frères de Jésus faisaient partie de ceux qui ne croyaient pas, parce qu'ils recherchaient la gloire qui vient des hommes (v. 4, 5; comp. Jean 5:44). Ils comptaient que Sa popularité rejaillirait sur leur famille, tandis que s'ils avaient cru qu'Il était le Fils de Dieu, ils auraient mesuré la distance qui les séparait de Lui (lire Luc 8:21 et 2 Cor. 5:16). Par la suite, les frères du Seigneur ont cru en Lui et se sont trouvés parmi les disciples (Actes 1:14).
Leur principe ici est celui de tout homme: faire valoir ses dons et ses capacités à son propre avantage, pour se faire connaître et honorer (v. 4). à l'opposé le Seigneur n'a jamais cessé de chercher «la gloire de celui qui l'a envoyé» (v. 18). Et Il ne monte à la fête qu'à l'heure choisie par Dieu. Combien nous sommes loin de ce parfait Modèle! Beaucoup de nos douleurs viennent soit de notre précipitation pour agir, soit du retard apporté à obéir aux ordres de Dieu. Le v. 17 nous rappelle aussi que la soumission à cette volonté de Dieu est le moyen pour chacun de connaître la vérité.
à Jérusalem, Jésus rencontre ces Juifs pleins de haine qui cherchent à le faire mourir depuis la guérison du paralytique de Béthesda accomplie en un jour de sabbat (v. 1; Jean 5:16).
Le v. 25 comparé au v. 20 prouve l'hypocrisie de ces Juifs. Et, comme aujourd'hui, de vains raisonnements sont tenus au sujet de Jésus! Chacun donne son avis; l'opinion des chefs est discutée. En réalité, si la présence et les paroles du Seigneur suscitent une telle effervescence, c'est parce que ces gens sont troublés intérieurement par cette voix qu'ils sentent sans se l'avouer, être celle de Dieu (comp. v. 28). Ils essaient d'y échapper en se persuadant que ce Galiléen ne peut être le Christ parce qu'ils connaissent sa famille et son lieu d'origine. En effet, vous me connaissez, leur répond Jésus; et mieux même que vous ne pensez; votre conscience vous dit qui je suis, et elle vous accuse.
Il est bien solennel d'entendre le Seigneur crier à ces foules (v. 28, 37; comp. Prov. 8:1 et Prov. 9:3). Nul ne pourra dire aujourd'hui non plus qu'il n'a pas entendu.
«Là où moi je serai, vous, vous ne pouvez venir», déclare le Seigneur à tous les incrédules (v. 34). Mais quant aux siens, ils ont sa promesse d'un prix infini: «Je vous prendrai auprès de moi, afin que là où moi je suis, vous, vous soyez aussi» (Jean 14:3). Lecteur, laquelle de ces deux paroles peut-Il vous adresser? Où serez-vous pendant l'éternité?
Ces ch. 6 et 7 font penser respectivement aux Exode16, 17. Au ch. 6, Jésus s'est présenté comme le véritable Pain venu du ciel dont la manne n'était que la figure. Il est devant nous maintenant comme le rocher d'Exode 17 d'où l'eau de la vie jaillit en abondance. Ãsaïe, dans son ch. 55, invitait «quiconque a soif» à venir aux eaux de la grâce. Mais ici c'est le Sauveur Lui-même qui crie «Si quelqu'un a soif, qu'il vienne à moi et qu'il boive» (v. 37). Et le croyant, rempli du Saint-Esprit, devient un canal pour la bénédiction des autres (v. 38). â Hélas! Pour toute réponse ce sont de nouvelles contestations. C'est comme si des gens assoiffés, mis en présence d'une source pure, se mettaient au lieu de boire, à discuter de la composition chimique de l'eau ou de son origine!
La fin du chapitre nous montre encore deux témoignages rendus au Seigneur devant les pharisiens. Les huissiers envoyés pour le prendre sont obligés de reconnaître que ses paroles ne sont pas des paroles humaines: «Jamais homme ne parla comme cet homme». C'est ensuite Nicodème qui plaide timidement en faveur de Celui avec lequel il avait eu, au Jean 3, un entretien personnel et inoubliable.
C'est un piège particulièrement subtil dans lequel les scribes et les pharisiens pensent faire tomber le Seigneur Jésus. Par Lui sont venues ensemble la grâce et la vérité (Jean 1:17). Or s'Il condamne cette femme coupable, où est la grâce que tous connaissent (Luc 4:22)? Et s'Il l'épargne, n'est-ce pas au détriment de la vérité, en contradiction avec la loi? Dans sa sagesse infaillible, Jésus leur montre que cette loi les atteint tous. On l'a comparée à une épée sans poignée qui blesse d'abord celui qui s'en sert. Mais au lieu de confesser les péchés qui leur reviennent à la mémoire, les accusateurs se retirent l'un après l'autre, remplis de confusion (Job 5:13). «La Lumière du monde» est devant eux (v. 12). Mais «les hommes ont mieux aimé les ténèbres que la lumière», tels ces insectes qui, lorsquâon soulève la pierre qui les abritait courent se cacher ailleurs (ch. 3:19). Alors le seul qui, étant sans péché, aurait eu le droit d'exercer le châtiment déclare à la femme: «Moi non plus, je ne te condamne pas». Il ajoute: «va, dorénavant ne pèche plus» (v. 11). Bien des personnes s'efforcent par leur propre conduite de mériter le pardon de Dieu; tandis que le Seigneur commence par pardonner et ensuite seulement commande de ne plus pécher (comp. Jean 5:14; Ps. 130:4; 1 Jean 3:9).
Les Juifs avaient déclaré au Seigneur que son témoignage n'était pas vrai (v. 13). à quoi bon alors Lui demander maintenant qui Il est (v. 25)? Il ne peut que leur répondre: «Absolument ce qu'aussi je vous dis» (voir note). Ses paroles sont l'expression parfaite de ce qu'Il est (Ps. 17:3). Il suffit de penser par contraste à la différence entre ce que nous disons ou montrons aux autres et ce que nous sommes en réalité. Tout ce que Jésus disait et faisait était en harmonie parfaite avec la pensée de son Père. «Je fais toujours les choses qui Lui plaisent», peut-Il affirmer! Modèle inimitable et que pourtant nous devons chercher à imiter!
à ceux qui croient en Lui, Jésus annonce une pleine délivrance. Mais les Juifs qui sont là protestent: «Jamais nous ne fûmes dans la servitude de personne» (v. 33). Par un étrange manque de mémoire, ou plutôt par orgueil, ils ont effacé de leur histoire l'Ãgypte, Babylone⦠et la présente domination romaine. Tel est l'homme: il n'admet pas qu'il est esclave du péché et s'imagine être libre de faire ce qu'il veut (2 Pierre 2:19).
Reconnaissons, chers amis, la terrible condition dans laquelle nous avons été trouvés, mais retenons aussi la vraie liberté dans laquelle le Fils nous a placés en qualité d'enfants de Dieu.
Au Jean 5:45, le Seigneur a fait remarquer aux Juifs leur inconséquence: ils se référaient à Moïse mais ses écrits les accusaient! Ils se réclament ici de leur qualité d'enfants d'Abraham. Mais leurs Åuvres sont celles du diable qui est menteur et meurtrier dès le commencement. On entend parfois dire: tel père, tel fils (comp. Ãz. 16:44), et le Seigneur confirme que c'est la nature de nos Åuvres qui fait reconnaître de qui nous sommes les enfants (comp. aussi 1 Jean 3:7-10). Il n'y a sur la terre que deux grandes familles: celle de Dieu et celle du diable. Chacun doit savoir à laquelle il appartient. Le fait d'être enfants de parents chrétiens ne confère pas plus de droits devant Dieu, qu'à ces Juifs orgueilleux leur titre de descendants d'Abraham. C'est au contraire une responsabilité supplémentaire.
«Tu as un démon» répètent ces misérables (v. 48 et 52; comp. Jean 7:20 et Jean 10:20). Et nous admirons la patience du Seigneur Jésus. Devant cet outrage, Il laisse au Père le soin de revendiquer sa gloire. Il est en cela, encore notre grand Modèle. Notre seule affaire est de connaître Dieu et de garder sa parole (v. 55).
«Je suis» â déclare Jésus au v. 58. Non pas seulement «j'étais avant Abraham», mais «je suis éternellement» (comp. Ex. 3:14).
L'évangile de Jean est celui des rencontres personnelles avec le Seigneur: Nicodème, la Samaritaine, le paralytique de Béthesda,⦠hommes et femmes de toutes conditions y ont affaire à Jésus individuellement. Chacun de nous a-t-il eu avec Jésus une entrevue particulière?
Cet aveugle-né illustre notre condition naturelle. Le péché nous rend incapables de percevoir la lumière de Dieu. Notre vision morale et spirituelle est obscurcie depuis notre naissance. Dieu doit nous ouvrir les yeux, sur notre état, sur les exigences de sa sainteté, sur le mondeâ¦
Ce n'est pas à la suite d'un péché particulièrement grave que Dieu a châtié cet homme et ses parents; mais cette infirmité va être l'occasion pour Jésus de faire briller sa grâce. La boue qu'Il fait est une figure de son humanité présentée à l'homme. Mais pour voir, celui-ci doit être lavé: la Parole (l'eau) lui révélant Christ comme l'envoyé de Dieu (Siloé). L'aveugle s'en va croyant, et il revient voyant. Puis il s'agit de son témoignage. Les voisins, ceux qui le connaissaient s'étonnent: Est-il possible que ce soit lui? Une conversion ne peut pas passer inaperçue. La nôtre a-t-elle produit dans notre vie un changement visible par tous?
L'aveugle guéri constitue pour les pharisiens un témoin gênant de la puissance de Jésus. Ils cherchent donc d'abord à tirer de lui ou de ses parents un mot qui leur permette de contester ce miracle. Et quand il leur devient impossible de le nier, ils s'efforcent de rabaisser Celui qui l'a accompli et de jeter du déshonneur sur Lui (Jean 8:49). «Nous savons que cet homme est un pécheur» (v. 24), affirment-ils, alors que peu auparavant le Seigneur leur avait posé la question: «Qui d'entre vous me convainc de péché?» (Jean 8:46).
Il y a une grande différence entre l'aveugle guéri et ses parents. Ceux-ci tiennent moins à la vérité qu'à leur position religieuse. Reconnaître Jésus comme le Christ et partager sa réjection c'est plus qu'ils n'en peuvent supporter. Ils redoutent l'opprobre â et combien leur ressemblent aujourd'hui! Leur fils au contraire ne s'embarrasse pas de semblables raisonnements. Les pharisiens ne parviennent pas à lui enlever son humble confiance en Celui qui l'a guéri. Il est passé des ténèbres à la lumière; ce n'est pas pour lui une théorie ni une doctrine; c'est un fait, une évidence. «Je sais une chose â dit-il simplement â c'est que j'étais aveugle et que maintenant je vois» (v. 25). Pouvons-nous le dire avec lui?
C'est pour son bonheur que l'aveugle guéri est chassé dehors par les pharisiens. Car il y rencontre Celui qui a été rejeté avant lui et qui est aussi sorti du temple à la fin du chapitre précédent. Maintenant cet homme va pouvoir faire un grand pas en avant dans la vérité et connaître non seulement le pouvoir de Jésus, mais sa Personne: Celui en qui il avait discerné un prophète (v. 17) est «le Fils de Dieu» (v. 35-37). Beaucoup se contentent de savoir qu'ils sont sauvés, mais restent ignorants quant au Sauveur. Peut-être parce qu'ils sont encore retenus dans les systèmes religieux, n'ayant pas fait l'expérience de la présence du Seigneur là où Il l'a promise (Matt. 18:20). Tout en prétendant voir clair, ces pharisiens se laissent aveugler par leur haine et par leur orgueil religieux. Au ch. 8, ils ont rejeté la Parole du Seigneur; au ch. 9, c'est son Åuvre dont ils ne veulent pas. Aussi n'a-t-Il plus rien à faire avec eux. Il appelle par leur nom ses propres brebis, les mène dehors, va devant elles. Mais ne peuvent-elles pas se tromper, suivre un étranger qui les égarera? Oh non! Elles ont un moyen infaillible pour reconnaître Celui auquel elles appartiennent: sa voix bien connue. Est-elle familière à chacun de nos lecteurs?
Nous ne trouvons pas de paraboles dans cet évangile. Celui qui est «la Parole» y parle aux hommes un langage direct. Par contre que de précieuses images et comparaisons le Seigneur emploie pour se faire connaître à nous! Voyez les passages dans lesquels Il déclare: «Moi, je suisâ¦Â» (Jean 6:35, 48, 51; Jean 8:12; Jean 10:7, 9, 11, 14; Jean 11:25; Jean 14:6; Jean 15:1, 5). «Moi je suis la porte des brebis» dit-Il aux v. 7 et 9. Pour être sauvé, il faut nécessairement entrer par Lui (comp. Ãph. 2:18). Mais nous avons aussi besoin d'être conduits. Livrés à nous-mêmes nous ressemblons à la brebis, animal sans intelligence qui s'égare lorsqu'il n'a pas de conducteur (lire Ãsaïe 53:6). En contraste avec les hommes à gages, avec les voleurs et les larrons habiles à dérober les âmes, Jésus se présente donc comme le bon Berger (v. 11 et 14). Et Il en donne deux preuves: La première est le don volontaire de sa vie pour acquérir ses brebis, témoignage suprême de son amour pour elles, et en même temps, ne l'oublions pas, le motif souverain donné à l'amour du Père pour lui (v. 17). â La seconde est la connaissance qu'Il a de ses brebis et, réciproquement, que celles-ci ont de leur Berger (v. 14). Un lien aussi étroit confirme ses droits sur son troupeau et sur chacun de nos cÅurs.
Avec une entière mauvaise foi, les Juifs questionnent de nouveau le Seigneur: «Si toi tu es le Christ, dis-le nous franchement» (v. 24). Or non seulement Il le leur a déclaré (par ex. Jean 8:58), mais Il le leur a aussi montré (v. 25, 32, 37, 38). Désormais c'est à son troupeau que son activité sera réservée. Les brebis Lui appartiennent de droit, d'abord parce que le Père les Lui a expressément données (v. 29), ensuite parce qu'Il les a rachetées. Et les précieux v. 27 et 28 nous disent à la fois ce que Lui fait pour ses brebis: Il leur donne la vie éternelle, Il les conduit, Il les tient à l'abri dans sa main â et ce qui les caractérise: elles écoutent sa voix et elles le suivent. N'est-ce pas la juste réponse à son merveilleux amour?
De nouveau les Juifs cherchent à lapider Jésus (Jean 8:59), l'accusant maintenant de blasphème. «Ãtant homme tu te fais Dieu», prétendent-ils. Telle était en effet l'ambition du premier Adam et de tous ses descendants: être égal à Dieu. Mais Jésus a suivi le chemin exactement inverse: «Ãtant en forme de Dieuâ¦Â», il a été «trouvé en figure comme un homme, il s'est abaissé Lui-même» (Phil. 2:6-8).
«Plusieurs crurent là en lui» conclut pourtant le v. 42 (comme Jean 8:30) pour devenir ses heureuses brebis.
Dans leur inquiétude, les deux sÅurs de Béthanie ont adressé à l'Ami divin une prière qui peut nous servir de modèle: «Seigneur, celui que tu aimes est malade» (v. 3). En l'appelant Seigneur, elles reconnaissent son autorité et ne se permettent pas de lui dicter par exemple: viens pour le guérir. Elles exposent simplement le cas qui les préoccupe; elles connaissent aussi son amour et s'y réfèrent. Toutefois cette affection ne décide pas Jésus à aller aussitôt en Judée, pas plus que les intentions criminelles des Juifs ne l'empêchent de s'y rendre le moment venu. Il ne se laisse pas, comme nous souvent, emporter par ses sentiments, ni arrêter par la crainte des hommes. Seule l'obéissance-son Père dirigeait ses pas. Par ce délai, la gloire de Dieu va briller bien davantage puisque Lazare est déjà depuis quatre jours dans le sépulcre quand Jésus arrive à Béthanie. Nous nous trouvons parfois en présence de personnes éprouvées par le deuil. Et nous ressentons alors toute l'insuffisance de ce que peut apporter la sympathie humaine (comme celle des Juifs au v. 19). Mais tout change lorsque les regards se portent ensemble sur Celui qui est «la Résurrection et la Vie». Alors nous réalisons la pleine valeur des choses éternelles.
Marthe discerne que sa sÅur est plus capable qu'elle d'entrer dans les pensées du Seigneur. Elle l'appelle. Mais Marie ne peut que dire elle aussi: «Seigneur si tu eusses été iciâ¦Â» (v. 32; comp. 21). Elle ne sait que regarder en arrière, comme beaucoup de personnes dans le deuil. Jésus, étreint dans son cÅur, se fait conduire au tombeau. Et nous le voyons pleurer. Ne savait-Il pas ce qu'Il allait faire? Certes, mais en présence des ravages de la mort et de son tragique pouvoir sur l'esprit des hommes, le saint Fils de Dieu est saisi de douleur, d'effroi, d'indignation (voir note). Oui, le vainqueur de la mort est là . Mais pour que la gloire de Dieu éclate devant la foule qui en sera témoin, il faut encore que l'état de corruption de Lazare soit dûment constaté (v. 39), et aussi que le Seigneur, d'avance, attribue par une action de grâces son pouvoir à Celui qui l'a envoyé (v. 41, 42). Alors seulement, son puissant cri de commandement fait sortir du tombeau le mort encore enveloppé de ses bandes⦠Quel saisissement pour tous les assistants! Quant à nous, retenons la promesse que le Seigneur fait à Marthe: «Si tu crois, tu verrasâ¦Â» â peut-être pas exactement ce que tu espères, mais certainement â «la gloire de Dieu» (v. 4 et 40).
Dieu a répondu à son Fils non seulement en ressuscitant Lazare, mais également en amenant plusieurs témoins de cette scène merveilleuse à croire en Lui (v. 42 fin; v. 45). Mais ce miracle, le plus grand de ceux que rapporte cet évangile, et le dernier avant Sa propre résurrection, est aussi celui qui décide de Sa mort puisque «depuis ce jour-là » ont lieu les ténébreuses machinations qui aboutiront au crime suprême (v. 53). Les Juifs répondent ainsi à la question que le Seigneur avait posée (Jean 10:32).
Les sacrificateurs font semblant de craindre qu'en suivant Jésus le peuple n'attire l'attention des Romains ainsi que leurs représailles. Mais c'est au contraire le rejet du Seigneur qui sera, quarante ans plus tard, la cause de la destruction de leur lieu de culte (Jérusalem) et de leur nation par les Romains (v. 48). Dieu permet que la prophétie de Caïphe dépasse infiniment les pensés de cet homme cynique et méchant. Jésus laissera sa vie pour la nation (car Israël sera restauré plus tard), mais aussi pour rassembler en un les enfants de Dieu dispersés (v. 52). Satan ravit et disperse (comp. ch. 10:12) tandis que, par Son Åuvre, Jésus rassemble dès ici-bas ceux qui font partie de la famille de Dieu.
Dans ce tableau touchant de trois versets (1-3) sont figurés les différents aspects du culte: présence du Seigneur, communion, témoignage, saint service, louange. Il ne s'agit pas d'une fête en l'honneur de Lazare; Jésus est le centre de cette réunion: «On lui fit donc là un souper». Et le seul titre donné à Lazare pour être à table avec Lui est celui d'un mort qui a reçu une vie nouvelle (ce qui est le cas de tous les rachetés). Cet homme ne dit rien, ni ne fait rien; il est là simplement bien vivant, sa présence suffisant à raconter à tous ce que le Seigneur a fait pour lui. Marthe sert et son activité est ici parfaitement à sa place (en contraste avec Luc 10:40). Marie, enfin, répand le parfum qui est «de grand prix» aussi pour le cÅur du Sauveur et qui remplit la maison, image de l'adoration exprimée en commun par les rachetés reconnaissants. L'incrédule n'a que mépris pour un tel culte et, au fond, c'est parce qu'il honore un autre dieu: l'argent (v. 6).
Le v. 10 montre Lazare associé à Jésus comme objet de la haine des hommes.
Puis nous assistons à l'entrée solennelle du roi d'Israël dans la ville de Jérusalem, précédé par la réputation toute passagère que lui a faite son grand miracle.
On a retrouvé dans d'anciens tombeaux égyptiens du blé vieux de milliers d'années, qui était encore capable de germer. Cependant, quel que soit le temps écoulé, et même conservé dans le plus précieux des vases, ce grain ne pouvait s'y multiplier. Pour que des épis jaillissent, chargés d'autres grains semblables à la semence, il fallait que celle-ci soit placée dans la terre, soit sacrifiée. C'est la figure que Jésus emploie pour parler de sa mort. Le désir de le voir, exprimé par des Grecs, a porté ses pensées sur les conséquences merveilleuses de sa croix: la bénédiction des nations sous la domination universelle du Fils de l'homme; beaucoup de fruit (v. 24 fin); le jugement de Satan (v. 31); tous les hommes attirés à Lui-même (v. 32). Mais ce que cette heure comporte de souffrances pour Lui passe aussi devant son âme sainte. Et Il se tourne vers Dieu qui Lui répond du ciel par la promesse de la résurrection (v. 28).
Pour le peuple juif, c'était le crépuscule. La lumière allait disparaître à l'horizon: Jésus allait les quitter (v. 35; Jér. 13:16). Le jour actuel de la grâce s'achève lui aussi. Le moment vient où il ne sera plus possible de croire (comp. v. 40). Il y a eu pour Jésus un solennel «maintenant» (v. 27, 31). Pour nous maintenant est le temps de croire en Lui.
Ce chapitre 12 termine une grande division de l'évangile. à partir du Jean 13 en effet, le Seigneur s'adressera exclusivement à ses disciples. Et nous avons ici ses dernières paroles au peuple. Dorénavant celui-ci sera endurci en tant que nation, conformément à la prophétie d'Ãsaïe. Le v. 11 du ch. 1 s'est vérifié: Il vint chez soi (en Israël) et les siens ne l'ont pas reçu. Mais le verset suivant s'est lui aussi confirmé. Quelques-uns l'ont reçu et, de ce fait, ont acquis le droit d'être enfants de Dieu. Même d'entre les chefs, plusieurs ont cru en Lui sans oser toutefois rendre témoignage de leur foi. Et la raison nous en est donnée: «Ils ont aimé la gloire des hommes plutôt que la gloire de Dieu». Nous qui manquons tellement de courage pour confesser notre foi, demandons-nous si ce n'est pas pour le même motif.
Une dernière fois, Jésus affirme publiquement et solennellement le caractère divin de son ministère. Il est l'Envoyé de Dieu en même temps que la parfaite image du Père (v. 44, 49; Héb. 1:3). Pas une de ses paroles qui ne soit l'expression absolue de la pensée divine! Méditons cet exemple merveilleux et, à notre tour, apprenons de Lui à la fois ce que nous devons dire, et comment nous avons à parler (v. 49).
Pour le cÅur du Seigneur, sa mort c'était d'abord «passer de ce monde au Père» (v. 1; comp. Jean 16:28). Mais Il laissait ceux qu'Il aimait dans un monde rempli de corruption et de violence. Et, de même qu'un voyageur marchant sur les chemins a les pieds couverts de poussière, les croyants, bien qu'ayant «tout le corps lavé» par le sang de la croix (v. 10; Apoc. 1:5 fin) sont, par leurs contacts incessants avec le mal, exposés à la souillure, en pensées, en paroles et en actes. Mais le Seigneur fidèle y a pourvu, car Il veille à la sainteté pratique des siens. Grand souverain sacrificateur, Il lave leurs pieds, autrement dit, Il les purifie en les amenant à se juger continuellement à la lumière de la Parole (l'eau) qu'Il applique à leurs consciences (Ãph. 5:26; Héb. 10:22). Eh bien! Ce service d'amour, nous avons aussi à l'exercer les uns vis-à -vis des autres. Dans l'humilité, en nous mettant à leurs pieds, nous avons à montrer à nos frères par la Parole en quoi ils ont manqué, ou quels sont les dangers auxquels ils s'exposent (Gal. 6:1). Chers amis, le Seigneur ne dit pas: vous êtes bienheureux si vous savez ces choses, mais, les sachant, «vous êtes bienheureux si vous les faites» (v. 17).
«Le disciple que Jésus aimait», est le nom que prend Jean dans son évangile. Il connaissait l'amour du Seigneur pour les siens (v. 1), mais il se savait aussi un objet personnel de cet amour. Et il lâéprouvait près du cÅur de Jésus, place des communications les plus intimes. Mais c'est un secret terrible que le Seigneur révèle à présent. Il dénonce le traître Judas que Lui-même connaissait depuis le commencement (Jean 6:64). Satan entre alors dans cet homme qui était prêt à le recevoir et qui s'en va dans la nuit consommer son affreux forfait. De nouveau le Seigneur parle de sa croix où sa gloire brillera dans la honte (v. 31), et de sa résurrection par laquelle Dieu glorifiera Celui qui l'a parfaitement glorifié (v. 32). Mais comment pourront être dorénavant reconnus ses disciples, puisqu'Il ne sera plus au milieu d'eux? à un signe certain: leur amour les uns pour les autres (v. 35). Est-ce vraiment ce qui nous caractérise? Question bien propre à sonder notre cÅur!
En contraste avec Jean occupé des affections de Jésus pour lui, Pierre fait valoir son propre dévouement, hélas! sans prendre garde à l'avertissement du Seigneur!
Au ch. 13 nous avons vu comment le Seigneur préparait les siens à avoir dès ici-bas une part avec Lui (v. 8). Il s'en va maintenant préparer leur place dans la maison de son Père. Et il faut pour cela qu'il les devance, un peu comme un maître de maison prend ses dispositions pour arriver chez lui avant ses invités. La Bible nous donne peu de détails sur le ciel. Mais ce qui en fait un séjour de bonheur, c'est la présence du Seigneur. Et Lui-même réclame pour sa propre joie la présence des siens avec Lui.
Jésus est le seul chemin pour aller au Père. Il est la vérité, Il est la vie. Il n'avait cessé de révéler le Père en paroles et en Åuvres, aussi quelle peine Lui cause l'ignorance de ses disciples! Mais ne pourrait-Il pas nous dire aussi quelquefois: Depuis si longtemps que tu entends parler de moi, que tu lis ma Parole, comment ne me connais-tu pas mieux?
«Quoi que vous demandiez en mon nom, je le ferai», promet le Seigneur (v. 13). «En mon nom» n'est pas une simple formule, mais implique qu'Il peut être d'accord avec notre demande. Notre prière devient alors celle de Jésus et Il y répondra nécessairement. Non pas seulement parce qu'Il nous aime, mais en premier lieu parce que la gloire du Père est en question. Peut-il y avoir un plus excellent motif?
Jésus est sur le point de quitter ses chers disciples, mais Il ne les laissera pas orphelins. Il va leur envoyer une Personne divine pour les consoler, les soutenir, leur venir en aide (v. 16; voir note). C'est le Saint-Esprit qui sera non seulement avec les croyants, mais en eux pour les instruire (v. 26). Le Seigneur l'appelle: «un autre consolateur» parce que Lui-même demeure le consolateur céleste, l'avocat auprès du Père (1 Jean 2:1).
Jésus fait encore aux siens trois autres promesses: la vie nouvelle, découlant de la sienne (v. 19), une place particulière dans l'amour du Fils â et du Père â pour quiconque Lui prouve son affection en gardant ses commandements (v. 21, 23). Et puis la paix, sa propre paix (v. 27). Combien c'est vrai qu'Il ne donne pas «comme le monde donne»! Ce dernier offre peu et prend beaucoup; il distrait et étourdit la conscience, agissant comme un remède tranquillisant qui trompe un moment les inquiétudes et les tourments de l'âme; mais ce n'est qu'une illusion de paix. Celle que Jésus donne, satisfait entièrement le cÅur, et elle est éternelle.
Enfin le Seigneur fait comprendre à ses disciples que le vrai amour pour Lui ne devait pas chercher égoïstement à le retenir ici-bas mais se réjouir de son bonheur à Lui (v. 28).
Israël était une vigne stérile malgré tous les soins du divin Cultivateur (Ps. 80:8, 9; Ãsaïe 5:2). En contraste, Jésus se présente comme le vrai Cep, portant du fruit par le moyen des disciples. Mais, de même que sur un pied de vigne tous les sarments sont loin d'être également chargés, le Seigneur fait une différence entre ceux qui disent le connaître, suivant qu'ils portent «pas de fruit,⦠du fruit,⦠plus de fruit» (v. 2), â¦et «beaucoup de fruit» (v. 5). Pour faire partie de ces derniers, deux conditions sont nécessaires: Demeurer en Lui, de même qu'une branche reste attachée au tronc nourricier â et Lui en nous: comme cette même branche se laisse traverser et imprégner par la sève qui est sa vie. D'autre part n'oublions jamais que si le Père nous «nettoie» en nous dépouillant d'une manière parfois douloureuse, c'est afin que nous portions plus de fruit (v. 2).
Mais que d'autres conséquences heureuses découlent d'une telle communion! La connaissance de la volonté de Dieu et par suite l'exaucement de nos prières, puisque nous ne voulons plus autre chose que ce que Lui-même désire (v. 7); la joie (v. 11), enfin l'approbation inestimable de Celui qui consent à nous appeler ses amis (v. 14).
Si nos prières ont pour objet du fruit pour Dieu, elles seront toujours exaucées (v. 16). Or en quoi ce fruit consiste-t-il? Essentiellement dans l'amour des rachetés les uns pour les autres, et dans ses multiples manifestations. «Je vous commande ces chosesâ¦Â», ajoute le Seigneur, comme pour suggérer tous les services qui découlent de l'amour. C'est la troisième fois qu'Il formule ce «commandement nouveau», tant Il y attache d'importance (v. 17; voir v. 12 et Jean 13:34). Quand l'affection manque entre les membres d'une famille, n'est-ce pas une chose triste et anormale? à plus forte raison dans la famille de Dieu. Par contre la haine du monde envers les croyants (dont la conduite juge la sienne) est tout à fait naturelle et nous devons nous y attendre â à moins que le monde ne trouve quelque chose de lui à aimer en nous, mais c'est alors un bien mauvais signe.
«L'esclave n'est pas plus grand que son maître» (v. 20), répète ici le Seigneur. Au ch. 13:16, c'était en rapport avec le service; ici il s'agit de souffrances.
Ainsi le nom de Jésus «invoqué sur nous» est à la fois un motif pour le monde de nous manifester sa haine (v. 21) et pour le Père de répondre à nos prières (v. 16 fin).
Si ce n'était pas le Seigneur qui le déclare, nous aurions peine à considérer son départ comme «avantageux» pour les disciples. Il en est ainsi de tant de circonstances que nous ne comprenons pas et qui sur le moment nous affligent, alors qu'elles sont pour notre profit (v. 6, 7). L'Esprit Saint, envoyé du ciel par Jésus, allait conduire les croyants dans toute la vérité (v. 13). On a remarqué que le Seigneur confirme dans ces ch. 14 - 16 l'inspiration de toutes les parties du Nouveau Testament: les Ãvangiles: Il «vous rappellera toutes les choses que je vous ai dites» (Jean 14:26); les Actes: «celui-là rendra témoignage de moi» (Jean 15:26 fin et 27); les Ãpîtres: «Lui vous enseignera toutes choses» (Jean 14:26); enfin l'Apocalypse: «Il vous annoncera les choses qui vont arriver» (v. 13). Mais la présence du Saint-Esprit ici-bas comporte aussi de graves conséquences pour le monde en le démontrant coupable du rejet de Christ (v. 8-11).
Par leurs questions (v. 17, 18), les disciples prouvent combien ils sont incapables à ce moment de supporter les enseignements de leur Maître (v. 12). Aujourdâhui l'Esprit est là , qui glorifie Jésus en nous annonçant ce qui est à Lui. Quant à nous, glorifions-le en recevant et en gardant cette révélation!
Les disciples vont connaître la tristesse de la séparation. Mais Jésus les console par avance en leur parlant de la joie qui les attend lorsqu'ils le reverront après sa résurrection (Jean 20:20). Que de motifs possède le croyant pour se réjouir: l'espérance du retour du Seigneur (comp. v. 22); l'obéissance à ses commandements (Jean 15:10, 11 â avons-nous fait l'expérience du bonheur qu'elle procure?); la dépendance et la réponse à nos prières (Jean 16:24); les révélations du Seigneur dans Sa Parole (Jean 17:13); la communion avec le Père et le Fils (1 Jean 1:3, 4); telles sont les sources inépuisables d'une «joie accomplie».
Pourquoi Jésus préfère-t-Il ne pas dire aux siens qu'Il fera des demandes au Père pour eux (v. 26), alors que tel sera justement l'objet de tout le chapitre suivant? Parce que, bien loin de revendiquer pour Lui-seul les affections des disciples, sa grande pensée est de les mettre en relation directe avec le Père. Le Seigneur ne promet pas aux siens une vie sans épreuve ni la paix autour dâeux, mais ils lâauront en eux. Il conclut donc: «Ayez bon courage», conclut le Seigneur. Le monde, notre ennemi commun, est fort, mais moi je l'ai vaincu.
Et câest par la foi en sa victoire que nous le vaincrons nous aussi (1 Jean 4:4).
Ayant fait à ses chers disciples ses dernières recommandations et ses adieux Jésus se tourne vers son Père. Lui qui n'a jamais rien revendiqué pour Lui-même demande maintenant la gloire. Car il y va de la gloire de Dieu, le «Père juste» (v. 25), d'honorer en le glorifiant le Fils obéissant.
Comme un messager fidèle, Jésus rend compte de sa mission accomplie ici-bas (v. 4). Un des côtés de cette Åuvre avait été de parler du Père aux siens (v. 6, 26). Maintenant Il parle des siens au Père pour les Lui confier puisque Lui-même va les quitter. Et ses arguments sont infiniment touchants: «Ils ont gardé ta parole⦠ils ont cru que toi tu m'as envoyé», dit-Il (autrement dit: ils ont de lâamour pour moi â Jean 14:23), alors que nous savons combien était faible la foi des pauvres disciples (v. 6-8; comp. Jean 14:9). â D'ailleurs «ils sont-toiâ¦Â» (v. 9) continue le Seigneur, â comment les abandonnerais-tu?
«Je suis glorifié en eux», ajoute-t-Il, faisant appel à l'intérêt que le Père porte à la gloire du Fils.
Enfin, Il souligne la situation difficile de ses rachetés qui sont dans un monde si dangereux et éprouvant pour la foi, monde que lui-même ne connaît que trop bien. Oui, c'est en parfait intercesseur que Jésus plaide la cause de ses disciples⦠et aujourd'hui la nôtre.
Non seulement les croyants ne sont pas retirés du monde (v. 15), mais ils y sont même expressément envoyés par le Seigneur (v. 18) pour accomplir l'Åuvre qu'Il leur a donnée à faire (comp. v. 4). Toutefois ils ne sont pas du monde, comme Jésus n'en était pas. Leur position est celle d'étrangers appelés à servir leur souverain dans un pays ennemi. Mais ce chapitre incomparable nous apprend que, loin d'être oubliés ici-bas, les croyants sont portés au trône de la grâce par un «grand souverain Sacrificateur» (comp. Héb. 4:14-16). Ãcoutons ce qu'Il demande au Père pour eux: «Que tu les gardes du mal», exposés comme ils le sont dans un tel monde (v. 15). â «Sanctifie-les par la vérité»: c'est la mise à part de ceux qui obéissent à la Parole. â «Que tous soient unâ¦Â»: désir de son cÅur qui nous humilie quand nous pensons aux divisions des chrétiens. â Enfin: «Que là où moi je suis, ils y soient aussi avec moiâ¦Â» (v. 24). Ceux qui ne sont pas du monde ne resteront pas dans le monde. Leur part éternelle est avec Jésus pour voir Sa gloire. «Je veuxâ¦Â», dit le Seigneur Jésus, car la présence des siens dans le ciel avec Lui, témoignant des pleins résultats de son Åuvre, fait partie de Sa gloire et de celle du Père.
Après «la gloire que tu m'as donnée» (Jean 17:22), vient «la coupe que le Père m'a donnée» (v. 11). Dans une entière dépendance, Jésus reçoit l'une et l'autre de la main de son Père. Mais en accord avec le caractère de cet évangile, nous n'avons pas ici «l'angoisse du combat» (Luc 22:44). Dans la pensée du Fils obéissant, l'Åuvre est déjà achevée (Jean 17:4).
Le misérable Judas sait où conduire la bande armée qui doit se saisir du Seigneur. Car c'est le lieu de bien des rencontres intimes et précieuses auxquelles lui-même avait participé.
Celui qu'on appelle avec mépris «Jésus le Nazaréen» n'est autre que le Fils de Dieu. Dans la pleine connaissance de ce qui allait arriver, Il s'avance au-devant de cette troupe menaçante. Et Il donne de sa puissance souveraine une preuve qui aurait permis de le reconnaître d'après les Ãcritures (Ps. 27:2): d'une seule parole, Il jette à terre ses ennemis. Mais quelle est la pensée de son cÅur dans ce moment si terrible pour Lui? Encore et toujours ses chers disciples. «Laissez aller ceux-ci», commande-t-Il à ceux qui sont venus le prendre. Jusqu'au dernier instant, le bon Berger aura veillé sur ses brebis. Maintenant l'heure est arrivée où Il va mettre sa vie pour elles (Jean 10:11).
En «se tenant là » et en «se chauffant» avec ceux qui avaient saisi et lié son Maître, Pierre l'avait déjà pratiquement renié. Choisir volontairement nos compagnies dans un monde qui a crucifié Jésus, et partager ses délassements, nous expose d'une manière ou d'une autre à déshonorer le Seigneur. Car nous ne pouvons pas compter que nous serons gardés (en réponse à Sa prière du Jean 17:15-17), si nous ne réalisons pas la séparation dont Il parle dans les mêmes versets (Jean 17:16). Par son infidélité Pierre échappe sur le moment à l'opprobre et à la persécution. Comme s'il était «plus grand que son Maître» qui, Lui, rencontre sans réserve la haine et le mépris des hommes (Jean 15:20)! à lâinterrogatoire hypocrite du souverain sacrificateur, Jésus n'a rien à répondre. Il avait publiquement rendu son témoignage. C'est donc à ses juges qu'il appartient à présent de faire la preuve du mal⦠s'ils en sont capables!
Cet évangile souligne plus que les trois autres la dignité et l'autorité du Fils de Dieu. Malgré les humiliations qu'Il doit connaître et la manière dont on dispose de Lui, Il domine absolument ces scènes, comme celui qui «s'est livré Lui-même à Dieu» en parfait holocauste (Ãph. 5:2).
En conduisant Jésus au gouvernement romain, les Juifs veillent à ne pas être souillés⦠tout en chargeant leur conscience du plus affreux crime jamais commis!
L'apôtre Paul donne en exemple à Timothée «la belle confession» du Christ Jésus devant Ponce Pilate (1 Tim. 6:13). Quoiqu'il pût Lui en coûter, le Seigneur affirme sa royauté, tout en précisant que son royaume n'est pas de ce monde. Ce v. 36 devrait éclairer tous ceux qui aujourd'hui déploient beaucoup d'efforts, pour établir le royaume de Dieu sur la terre. L'amélioration progressive du monde pour permettre au Seigneur de venir y régner n'est qu'une illusion. Si Lui n'a pas produit cette amélioration, nâest-ce pas de lâincrédulité que de prétendre renouveler cette expérience et y parvenir mieux que Lui?
«Qu'est-ce que la vérité?» demande Pilate. Mais il n'attend pas la réponse. Il ressemble à tant de personnes que cette question n'intéresse pas⦠parce qu'elles redoutent au fond d'avoir à mettre leur vie en accord avec ce qui leur sera répondu. La Vérité était devant Pilate dans la personne de Jésus (Jean 14:6). En vain cherche-t-il à échapper à sa responsabilité en proposant de relâcher le prisonnier pour la Pâque! D'une seule voix, les Juifs réclament à sa place la libération du brigand Barabbas.
Par dérision les soldats revêtent Jésus d'un vêtement de pourpre et d'une couronne d'épines. Et c'est ainsi que Pilate accepte de le présenter à la populace: «Voici l'homme». â «Crucifie, crucifie-le», répondent les chefs avec rage. Et ils invoquent un motif nouveau: Il a blasphémé; Il s'est fait Fils de Dieu. Mais ceci met le gouverneur encore plus mal à l'aise. Ce n'est plus seulement un roi mais un Dieu qui pourrait être devant lui (v. 7, 8). Pour se donner de l'assurance, il invoque son pouvoir; mais Jésus le ramène à sa vraie place. Ce magistrat païen apprend, certainement pour la première fois, par quelle autorité il est établi: non pas celle de César comme il le pensait, mais celle «d'en haut» (v. 11; Rom. 13:1). Sentant dès lors qu'il n'a aucune prise sur cet accusé extraordinaire et qu'il est totalement dépassé par son cas, il voudrait bien le relâcher. Mais les Juifs ne l'entendent pas ainsi et usent d'un dernier argument: «Si tu relâches celui-ci, tu n'es pas ami de César». Eh bien! Malgré l'avertissement qu'il a reçu (v. 11), ce n'est pas-Dieu mais aux hommes que le gouverneur va chercher à plaire et à obéir. Redoutant à la fois le ressentiment des Juifs et le blâme de son souverain, délibérément il sacrifie l'innocent.
Celui qui, quelques jours plus tôt, était entré à Jérusalem dans toute sa majesté royale, en sort maintenant «portant sa croix». Le même contraste apparaît dans l'écriteau que Pilate place sur la croix: «Le roi des Juifs», c'est «Jésus le Nazaréen». Il est crucifié entre «deux autres», mis au rang des malfaiteurs. Toutefois cet évangile ne nous rapporte pas les outrages subis de la part des hommes (Matt. 27:39), ni les terribles heures de l'abandon. Tout ici n'est que paix, amour et obéissance à Dieu. Le v. 25 mentionne la présence et les noms de quelques femmes. Et Jésus confie sa mère au disciple qui connaît le mieux ses affections.
Remarquons comment, jusque dans les détails, tout doit se dérouler selon l'écriture: le partage des vêtements (v. 24), le vinaigre présenté au Sauveur (v. 28; voir aussi v. 36, 37). Alors Lui-même accomplit lâacte ultime de son obéissance volontaire: Il remet son esprit (Jean 10:18). Et si quelqu'un pensait devoir encore faire quelque chose pour assurer son salut, qu'il écoute ces derniers mots de son Sauveur mourant: «C'est accompli» (en grec: un seul mot TETELESTAÃ, celui quâon écrivait au bas des factures acquittées). Notre immense dette envers Dieu est à jamais payée.
Venus pour achever les crucifiés en leur brisant les jambes, les soldats constatent que pour Jésus c'est inutile; il est déjà mort. Envers le brigand converti, leur brutalité accomplit la parole du Seigneur: «aujourd'hui tu seras avec moi dans le paradis» (Luc 23:43). Mais un des soldats ne craint pas de profaner d'un coup de lance le corps du Seigneur sur la croix (comp. Zach. 12:10). à ce dernier outrage répond un merveilleux signe de grâce: Le sang de l'expiation et l'eau de la purification coulent de son côté percé.
Puis a lieu l'ensevelissement de notre adorable Sauveur. Dieu a préparé deux disciples pour rendre au corps de son Fils les honneurs annoncés par les Ãcritures (Ãsaïe 53:9). Joseph et Nicodème n'avaient pas eu jusqu'ici le courage de prendre ouvertement position pour Lui. Mais à présent, réveillés par la grandeur du crime de leur nation, ils comprennent que garder le silence marquerait leur solidarité. Chers croyants, n'oublions jamais que le monde dans lequel nous vivons a crucifié notre Sauveur. Nous taire ou nous complaire avec ses meurtriers équivaudrait à Le renier. C'est au contraire le moment de nous faire connaître avec courage comme étant Ses disciples.
La première personne qui se hâte vers le sépulcre dans ce glorieux matin de la Résurrection, c'est Marie de Magdala, cette femme dont le Seigneur avait chassé sept démons (Marc 16:9). Mais elle a été devancée puisque la pierre est déjà roulée. Elle avertit Pierre et Jean qui à leur tour courent au tombeau, y trouvent les preuves éclatantes de la résurrection et s'en retournent chez eux. Marie, elle, ne peut s'en aller. Toute à la pensée de retrouver son Seigneur bien-aimé (v. 13), même la présence des anges ne paraît pas la surprendre.
Jésus ne peut pas laisser une telle affection sans réponse. Mais combien les pensées de Marie sont dépassées! C'est un Sauveur vivant qui vient à elle, l'appelle par son nom et lui confie un message de la plus haute valeur. Car «l'attachement personnel à Christ est le moyen d'avoir une intelligence réelle» (J.N.D.). Jésus charge Marie d'annoncer à ses «frères» que sa croix, loin de l'avoir séparé d'eux, est à la base de liens tout nouveaux. Fait inestimable, son Père est devenu notre Père et son Dieu, notre Dieu. Jésus nous a placés pour toujours dans ces relations bienheureuses pour la joie de son propre cÅur, pour celle du Père, et pour la nôtre (Ps. 22:22; Héb. 2:11, 12).
C'est le soir d'un merveilleux premier jour de la semaine. Selon sa promesse, le Sauveur ressuscité se présente au milieu des disciples assemblés (ch. 14:19). Il leur montre dans ses mains et dans son côté les «preuves assurées» que leur paix est faite avec Dieu (Actes 1:3). Il souffle en eux la vie nouvelle (comp. Gen. 2:7 et 1 Cor. 15:45) et les envoie annoncer à ceux qui croient le pardon de leurs péchés (v. 23).
Ce dimanche-là , Thomas était absent. Et lorsque les autres disciples lui annoncent: «Nous avons vu le Seigneur», son cÅur reste froid et incrédule. Combien d'enfants de Dieu se privent légèrement du précieux rassemblement autour du Seigneur Jésus,⦠peut-être parce que, au fond d'eux-mêmes, ils ne croient pas vraiment à sa présence. Thomas représente le résidu juif qui, plus tard, reconnaîtra en le voyant son Seigneur et son Dieu. «Quelles sont ces blessures à tes mains?», demandera-t-il (Zach. 13:6). Mais la part bienheureuse des rachetés de la période actuelle est de croire sans avoir encore vu (1 Pierre 1:8). Et c'est dans ce but que «ces choses sont écrites», non pour être lues seulement, mais pour être crues. Il faut que notre foi, fondée sur les Ãcritures, saisisse Celui qui donne la vie et qui est le Fils de Dieu (v. 31).
Sept disciples seulement sont au rendez-vous que Jésus leur a fixé en Galilée (Matt. 26:32; Matt. 28:7). Et encore, ils semblent avoir oublié l'objet de leur attente. Simon Pierre, dont le Seigneur avait fait pourtant un pêcheur d'hommes, retourne à son ancienne occupation. Quoi d'étonnant si «cette nuit-là ils ne prirent rien»? Comment pourrait-il être fructueux le travail que l'on accomplit selon ses propres pensées et en dehors de la présence du Seigneur? Il les avait prévenus que, séparés de Lui, ils ne pourraient rien faire (Jean 15:5). Mais lorsqu'Il est avec eux tout change. Le côté droit de la nacelle n'a sur le gauche qu'un unique (mais essentiel) avantage: c'est celui que Jésus leur a désigné. Et c'est la rencontre avec le Maître qui a tout préparé d'avance pour ses serviteurs fatigués. Il n'a pas eu besoin de leur poisson (v. 9), toutefois Il ne méprise pas non plus le fruit de leur travail (v. 10) et l'a exactement compté (v. 11).
Chers amis, que de fois comme ces disciples nous oublions notre grand et prochain rendez-vous! Que de fois aussi, au milieu de nos circonstances, de nos échecs, comme de nos succès, nous devrions pouvoir discerner plus vite Celui qui nous parle et reconnaître: «C'est le Seigneur» (v. 7).
Il restait au Seigneur à remplir ici-bas un dernier service d'amour à l'égard de son disciple Pierre. à trois reprises, celui-ci avait renié son Maître. à trois reprises il faut qu'il soit sondé par une question douloureuse: Tu as prétendu avoir plus d'attachement pour moi que ceux-ci, mais eux ne m'ont pas renié (Marc 14:29). Où est cet amour ardent dont tu parlais? Je n'en ai pas eu la preuve.
Seigneur, tu le connais, toi qui lis dans mon cÅur, est tout ce que peut finalement répondre le pauvre disciple. Jésus va-t-Il le mettre de côté? Au contraire, maintenant que Pierre a perdu confiance en lui-même, il est propre pour le service. «Pais mes agneaux⦠mes brebis», lui dit le Maître (l'original comporte un diminutif plein de tendresse: mes petites brebis). En s'occupant de ceux que Jésus aime, Pierre aura de nouveau l'occasion de montrer son amour pour Lui.
L'Ãvangile se termine. Mais tout ce qu'a fait, exprimé ou éprouvé la Personne infinie qui le remplit est d'un intérêt sans prix, et Dieu n'en a pas perdu la mémoire (v. 25). Livres inépuisables que nous lirons pendant l'éternité. Pour le temps présent, que chaque racheté retienne avec ferveur et comme un appel personnel, ces derniers mots de son Sauveur: «Toi, suis-moi».
Luc, auteur inspiré du livre des Actes, commence son récit par l'ascension de Jésus dans le ciel, bien qu'il ait déjà relaté cet événement à la fin de son évangile. Car la venue du Saint-Esprit et toute l'Åuvre qui devait en résulter «jusqu'au bout de la terre» découle de la présence de Christ dans la gloire (Jean 16:7). De plus, ce début confirme que tout ce que feront les apôtres correspond aux ordres qu'ils ont reçus du Seigneur (v. 2, 8) et justifiera leur service. «Vous serez mes témoins», leur dit Jésus, car leurs pensées étaient encore tournées vers les choses de la terre (v. 6). Ils devenaient les dépositaires des vérités merveilleuses qui le concernaient: Celui qui avait souffert était maintenant vivant (v. 3). Ãlevé dans le ciel sous leurs yeux (v. 9), Il reviendrait de la même manière selon la promesse certaine communiquée par les anges (v. 11). Et eux auraient à annoncer ces choses par la puissance de l'Esprit qu'ils allaient bientôt recevoir (v. 8).
La première réunion après l'ascension du Seigneur est consacrée à la prière et tous les apôtres sont présents. Parvenus à la fin de l'histoire de l'Ãglise sur la terre, faisons en sorte de ne pas être absents à celle qui sera la dernière avant Son retour (lire Héb. 10:25).
Pierre â et câest un Pierre pleinement restauré â prend la parole au milieu des premiers disciples. Il rappelle la fin misérable de Judas qui s'était pendu (Matt. 27:5-8). Mort terrible, mais sort éternel infiniment plus terrible encore (v. 25)! Puis, se fondant sur la lumière et l'autorité des Ãcritures, Pierre montre la nécessité de remplacer le disciple déchu. Douze apôtres devaient être les témoins, en quelque sorte officiels, de ce fait fondamental du christianisme: la résurrection du Seigneur Jésus (comp. 1 Cor. 15:5). Joseph et Matthias se trouvaient parmi ceux qui avaient eu le privilège d'accompagner Jésus durant son ministère ici-bas. Peut-être faisaient-ils partie des soixante-dix qu'Il avait jadis envoyés (Luc 10:1). Après avoir demandé au Seigneur, qui connaît les cÅurs de tous, de manifester son choix, ils jettent le sort et Matthias est désigné.
Jeter le sort aujourd'hui pour connaître la volonté de Dieu ne conviendrait plus, car le Saint-Esprit est là , qui donne aux croyants le discernement dont ils ont besoin. Il est intéressant à cet égard de comparer cette scène avec Actes 13:2 où l'Esprit commande: «Mettez-moi maintenant à part Barnabas et Saul, pour l'Åuvre à laquelle je les ai appelés».
Quelques jours se sont écoulés depuis l'ascension du Seigneur. Sa promesse, qui est aussi celle du Père, va s'accomplir (Actes 1:4). Sous forme de «langues divisées, comme de feu», le Saint-Esprit, personne divine, descend sur la terre et demeure sur les disciples. Aussitôt sa puissance se manifeste en eux: ils deviennent capables de s'exprimer dans des langues qu'ils ne connaissaient pas. Dieu remédie ainsi en grâce à la malédiction de Babel et confirme à tous que la bénédiction divine va sâétendre à la terre entière (Gen. 11:1-9).
La fête juive de la Pentecôte amenait chaque année à Jérusalem une foule considérable d'entre les Israélites dispersés au milieu des nations. Cette affluence va être l'occasion de la première grande réunion d'évangélisation. Mais quels sujets d'étonnement pour cette multitude! Chacun peut entendre dans sa propre langue «les choses magnifiques de Dieu». Et ceux qui leur parlent sont des «Galiléens» sans instruction (comp. Actes 4:13; Jean 7:15). Il n'est nullement nécessaire de faire partie d'une élite, ni d'avoir fait certaines études pour être ouvrier du Seigneur. Dépendre de Lui, se soumettre à l'action de son Esprit, telles sont les seules conditions requises. Puisse chacun de nous les remplir!
à partir d'un texte du prophète Joël, Pierre a démontré aux Juifs que la puissance qui agit au milieu d'eux est d'origine divine. Lorsque nous entendons une lecture biblique quelle quâelle soit, n'oublions jamais que Dieu nous parle. Maintenant Pierre rappelle le chemin merveilleux de Christ ici-bas, sa mort et sa résurrection annoncées par plusieurs passages des Ãcritures, attestées par les apôtres. Ainsi «ce Jésus» que le peuple avait crucifié, Dieu l'a fait asseoir à sa droite, le désignant comme Seigneur et Christ. Quel sujet d'épouvante pour ses meurtriers, convaincus d'un tel crime! Atteints dans leur conscience, les auditeurs sont saisis de componction c'est-à -dire à la fois de crainte et de confusion. Comment apaiser Dieu après un pareil outrage? En premier lieu par la repentance, répond Pierre. Celle-ci n'est pas un simple regret d'avoir mal agi mais un jugement que l'on porte avec Dieu sur ses actions passées et l'abandon de cette ancienne conduite; elle est déjà une première manifestation de la foi (c'est pourquoi l'apôtre n'a pas besoin de les inviter à croire). Trois mille personnes sont converties et baptisées à la suite de cette première prédication.
Le ch. 2 s'achève sur un admirable tableau de l'assemblée à ses débuts. Il y avait comme aujourd'hui des réunions pour l'édification, le culte et la prière (v. 42). Mais nous limitons souvent la à celles-ci la vie de l'assemblée alors qu'elle a son prolongement dans les maisons de ceux qui la composent (v. 46). â «Toute âme avait de la crainte», déclare le v. 43. La gravité et le sérieux peuvent parfaitement s'accorder avec la joie signalée à la fin du v. 46.
Au ch. 3 nous voyons la puissance du Saint-Esprit se manifester non seulement dans les paroles des apôtres, mais aussi dans leurs Åuvres.
En demandant l'aumône à Pierre et Jean, le pauvre boiteux assis à la Belle porte du temple était loin de s'attendre au don qu'il allait recevoir: une miraculeuse guérison par la foi au nom de Jésus. «Ce que j'ai, je te le donne» â dit Pierre (v. 6). Quand il s'agit de donner, nous pensons généralement d'abord à de l'argent (v. 6). Plus rarement à l'inépuisable trésor céleste c'est-à -dire la connaissance du Sauveur dont nous avons pourtant le privilège de faire part autour de nous.
Quel changement pour ce pauvre boiteux! Jusque-là il était «à la porte». Il entre maintenant dans la présence de Dieu pour le louer (v. 8). L'un de nos lecteurs serait-il encore «à la porte»?
En apprenant la guérison de l'homme impotent, la foule curieuse s'est attroupée. Tous sont remplis d'étonnement et d'admiration (v. 10). Mais Pierre détourne immédiatement l'attention de lui-même et de Jean, pour attribuer le miracle au pouvoir du nom de Jésus. Cette Åuvre démontrait d'une manière éclatante la vie et la puissance en résurrection de Celui qu'ils avaient mis à mort. «Vous avez renié le saint et le juste» leur déclare l'apôtre, non pour les condamner, mais comme quelqu'un qui comprend par expérience la honte de ce péché (v. 14; Luc 22:57â¦). «Je sais que vous l'avez fait par ignorance» (v. 17), ajoute-t-il, confirmant la parole du Sauveur sur la croix: «Père, pardonne-leur, car ils se savent ce qu'ils font» (Luc 23:34). Eh bien! L'occasion donnée encore ici aux Juifs d'entendre l'Ãvangile et de se repentir répond à cette prière du Seigneur. Ils ont au milieu d'eux le témoignage du Saint-Esprit parlant par la bouche de Pierre et visible dans l'assemblée (Actes 2:44-47). Si la nation, reconnaissant son péché, se tourne maintenant vers Dieu, le Seigneur pourra revenir. Sinon elle n'aura plus dorénavant l'excuse de l'ignorance.
Une Åuvre aussi puissante ne peut manquer de provoquer l'opposition de Satan. Ses instruments nous sont connus: Anne, Caïphe, les sacrificateurs, les anciens et les scribes, bref les principaux responsables de la condamnation du Seigneur. En ménageant les disciples, ils auraient par là même avoué avoir été injustes en faisant mourir le Maître. L'orgueil les en empêche. Ils persévèrent dans leur haine contre le nom de Jésus. Lui-même devient dorénavant la pierre de touche par excellence: pour les uns la «maîtresse pierre de coin, élue, précieuse», pour les autres «une pierre d'achoppement et un rocher de chute» (comp. v. 11 et 1 Pierre 2:4-8). Le v. 12 est fondamental; il affirme la valeur unique et la nécessité du nom de Jésus pour être sauvé.
Les disciples sont reconnus pour avoir été avec Jésus (v. 13). Si nous vivons habituellement dans la communion du Seigneur, cela se remarquera.
Toute l'opposition des chefs des Juifs ne peut arrêter l'action de l'évangile (v. 4), ni fermer la bouche des apôtres. Car ceux-ci ont reçu de Dieu Lui-même leur appel et leur mission (v. 19). Et la Parole est en eux «comme un feu brûlant» (v. 20; Jér. 20:9).
Pierre et Jean retrouvent les autres disciples (appelés «les leurs» au v. 23) et ils leur répètent les propos des chefs du peuple. Puis, au lieu de délibérer sur ce qu'ils doivent faire, ils usent de leur ressource commune: la prière (voir aussi Actes 6:4; Actes 12:5, 12; Actes 14:23). Ils reconnaissent dans la révolte des Juifs et des nations contre Dieu et contre son «saint serviteur Jésus» l'accomplissement des Ãcritures (encore partiel, c'est pourquoi les apôtres omettent en citant le Ps. 2, la terrible réponse divine à ces provocations des hommes).
La hardiesse est un mot caractéristique de ce chapitre (v. 13, 29, 31). Elle n'a rien de commun avec l'énergie charnelle qui jadis poussait Pierre en avant⦠et l'abandonnait le moment d'après. Les disciples l'obtiennent en réponse-leur prière. Imitons-les, lorsque nous sentons que nous manquons de courage.
Suit, dans les v. 32-37, une nouvelle description magnifique de l'Assemblée dans la fraîcheur de son premier amour. Sans prétendre revenir à cet heureux commencement, efforçons-nous d'en réaliser l'esprit en mettant de côté notre égoïsme et en saisissant toutes les occasions de nous dévouer pour nos frères.
Le ch. 4 commençait par un «mais», qui annonçait l'action de l'ennemi depuis le dehors contre la vérité. Le ch. 5 débute par un autre «mais» qui introduit son Åuvre au dedans pour corrompre l'Assemblée. Nous savons que Satan n'a cessé depuis lors d'être actif de cette double manière. L'esprit d'imitation et le désir de se donner une apparence de piété ont entraîné au mensonge Ananias et Sapphira. Pierre les reprend avec une sainte indignation et ils sont aussitôt frappés par la main de Dieu. Leur sort éternel n'est pas ici en question. Il s'agit d'une manifestation du gouvernement de Dieu. Sous prétexte que nous sommes les objets de sa grâce ne pensons pas que Dieu ait le péché moins en horreur. Il est saint, et tels doivent être ses enfants (1 Pierre 1:15-17).
Une grande crainte s'empare des assistants. C'est un sentiment que nous devons aussi cultiver vis-à -vis de Celui qui lit nos pensées les plus secrètes.
Les v. 12-16 nous parlent des miracles d'amour accomplis «par les mains des apôtres» et nous montrent aussi qu'il ne suffit pas d'admirer les croyants; il faut faire soi-même le pas et se joindre au Seigneur (v. 13, 14). En Apoc. 21:8 les timides sont les premiers nommés parmi ceux qui sont éternellement perdus.
Le souverain sacrificateur et ceux qui sont avec lui sont remplis de jalousie en voyant des hommes sans instruction et qui ne faisaient pas partie du clergé, obtenir un tel succès auprès des foules. De plus les sadducéens, niant la résurrection, sont particulièrement excités contre les apôtres qui annoncent celle du Seigneur Jésus (v. 17; Actes 4:1, 2). Incapables d'imposer leur autorité d'une autre manière, ils jettent en prison ces hommes qu'ils ne sont pas parvenus à faire taire. Mais le Seigneur envoie un ange pour délivrer ses serviteurs qui retournent aussitôt enseigner dans le temple. Les chefs en sont avertis et les font comparaître devant le sanhédrin. «Vous voulez faire venir sur nous le sang de cet homme», leur disent-ils; alors que, devant Pilate, ils ont eux-mêmes réclamé avec le peuple que son sang soit sur eux et sur leurs enfants (Matt. 27:25). Puis ils leur enjoignent encore de se taire. â «Il faut obéir à Dieu plutôt qu'aux hommes», répondent Pierre et les apôtres (voir Actes 4:19). Et ils rendent une fois de plus un éclatant témoignage à la résurrection glorieuse de Jésus, «prince et Sauveur», ainsi qu'à la rémission des péchés par son moyen.
Après son ange, Dieu se sert pour délivrer les siens d'un éminent pharisien (secte opposée à celle des sadducéens) nommé Gamaliel. C'était un docteur connu et respecté parmi les Juifs. Avec modération, en se servant d'exemples que chacun connaissait, il exhorte ses collègues à la patience. La fin montrerait si cette Åuvre était des hommes ou si elle était de Dieu. Il n'est par ailleurs jamais difficile de discerner à quel bord appartiennent ceux qui se disent être quelque chose (v. 36). Mais il n'en était pas ainsi des apôtres. En reconnaissant que par eux-mêmes ils n'étaient rien, ils donnaient toute la gloire au nom de Jésus qu'ils ne cessaient d'annoncer (Actes 3:12; Actes 4:10).
Le Seigneur avait jadis prévenu ses disciples qu'on mettrait les mains sur eux, qu'ils seraient persécutés, livrés aux synagogues et emprisonnés (Luc 21:12). En effet toutes ces épreuves n'avaient pas tardé à leur arriver (v. 17-32), et depuis elles n'ont pas cessé d'être la part des croyants ici ou là . Nous remercions souvent le Seigneur de nous épargner les persécutions qui sévissent dans d'autres pays. Mais n'oublions pas que souffrir pour son Nom est un honneur. Les apôtres se réjouissent d'en avoir été estimés dignes (v. 41; comp. 1 Pierre 4:19; Matt. 5:11, 12).
Déjà l'harmonieux tableau des ch. 2:42 et 4:32 se trouve assombri. Un murmure (une réclamation qu'on n'ose pas formuler à haute voix) s'est élevé au milieu des disciples. Veillons à faire taire en nous de tels murmures de mécontentement ou de jalousie, car par eux «le destructeur» s'efforce de troubler la communion des enfants de Dieu (lire 1 Cor. 10:10).
Pour remédier à cet état de choses, des serviteurs sont choisis. Nous n'aurions pas pensé que, même pour servir aux tables, il convenait d'être «pleins de l'Esprit Saint» (v. 3). Eh bien! C'est l'état normal du chrétien et il peut être le nôtre si nous le désirons! Non pas, comme certains le croient, en demandant une nouvelle venue du Saint-Esprit; Il est déjà dans le croyant. Mais en Lui laissant toute la place dans le temple de notre cÅur.
Chez Ãtienne en particulier, l'Esprit brille sous ses trois caractères: «de puissance, d'amour et de conseil» (ou de sagesse: v. 8 et 10; comp. 2 Tim. 1:7). Les Åuvres (v. 8) et les paroles (v. 10) de cet homme de Dieu ferment la bouche à tous ses adversaires qui en sont réduits à soudoyer contre lui de faux témoins (comp. Matt. 26:59). Mais déjà son visage rayonne d'une beauté céleste (v. 15).
Ãtienne ne profite pas de ce que le souverain sacrificateur lui donne la parole pour se justifier des fausses accusations dont il est l'objet. Le Saint Esprit dont il est rempli, lui dicte «à l'heure même» ce qu'il doit répondre (Luc 12:11, 12). Il va se servir de l'histoire d'Israël pour exposer les voies de Dieu et Sa fidélité, en même temps que l'infidélité de son peuple. En effet ce récit qui occupe une telle place dans la Parole de Dieu contient sous forme de «types» des enseignements destinés à servir d'avertissement (1 Cor. 10:11). Abraham avait été appelé et il avait obéi (Héb. 11:8). Il avait saisi par la foi les promesses que Dieu lui avait faites dès avant la naissance d'Isaac. Ses descendants devaient séjourner en Ãgypte, en subir le joug, puis en sortir et servir l'Ãternel dans la terre de la promesse. Ils me serviront (v. 7): parole propre à atteindre la conscience de ce peuple indocile et rebelle.
L'histoire de Joseph, rejeté par ses frères puis exalté par le Pharaon, illustre remarquablement la haine des Juifs contre Christ ainsi que la position glorieuse que Dieu Lui a donnée après l'avoir délivré «de toutes ses afflictions» (v. 10).
On avait accusé Ãtienne de proférer des paroles blasphématoires contre Moïse (Actes 6:11). Mais voyez avec quelle vénération au contraire, il parle de ce patriarche! La beauté que Dieu discernait dans l'enfant dès sa naissance (v. 20), plus tard sa puissance en paroles et en actions (v. 22), son amour pour ses frères qui l'a poussé à les visiter (v. 23), l'incompréhension qu'il a rencontrée de leur part quand il a voulu les délivrer (v. 25, 35), autant de traits qui devraient porter les regards du peuple sur le Sauveur précieux qu'il a rejeté. Moïse avait d'ailleurs lui-même annoncé Sa venue en exhortant à L'écouter (v. 37). Et Pierre, avant Ãtienne, avait déjà cité Deutéronome 18:15 dans son discours du Actes 3:22. Double témoignage à l'accomplissement des Ãcritures! Mais ce peuple s'est montré insoumis et idolâtre dès le commencement de son histoire, et malgré les plus grands témoignages d'amour et de patience de la part de Dieu, son caractère naturel n'a pas changé. Il en est ainsi de nos pauvres cÅurs. Aussi loin que nous pouvons remonter dans nos souvenirs, dans notre plus petite enfance même, nous retrouvons la désobéissance et la convoitise. Et seule la puissance de Dieu a pu nous donner une autre nature.
Ãtienne achève son récit. Comparaissant comme accusé devant le sanhédrin, c'est au contraire lui, qui de la part de Dieu, fait le terrible procès de ce peuple au cou roide (voir déjà Ex. 32:9; Ex. 33:3â¦). «Vous résistez toujours à l'Esprit Saint» leur dit-il, lui qui en était rempli. Ne nous arrive-t-il pas souvent, à nous aussi, de résister à l'Esprit Saint, qu'il s'agisse de faire la volonté du Seigneur ou de ne pas faire la nôtre?
Quel contraste entre la paix du disciple, absorbé par la vision glorieuse de Jésus debout à la droite de Dieu et la rage de ses adversaires. Elle les pousse sans même un simulacre de jugement, au crime qui va entraîner pour bien des siècles le rejet des Juifs comme nation et leur dispersion par toute la terre. En comparant les derniers mots de cet homme de Dieu (v. 56, 60) à ceux du Seigneur sur la croix (Luc 23:46 et 34), nous remarquons encore une fois combien le disciple ressemble au Maître sur lequel il fixait les yeux. Ce meurtre est la conclusion tragique de l'histoire du peuple rebelle racontée par Ãtienne. Il la signe de son propre sang, devenant après la longue liste des prophètes persécutés (v. 52) le premier martyr de l'Ãglise (lire 1 Thess. 2:15, 16). Et justement cette scène introduit magistralement la dispensation de lâÃglise. Celle-ci est caractérisée par la présence du Saint-Esprit sur la terre (Ãtienne en est rempli) et celle de Christ glorifié à la droite de Dieu tel que le décrit le fidèle témoin.
Le Seigneur avait commandé aux disciples: «vous serez mes témoins à Jérusalem et dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu'au bout de la terre» (Actes 1:8). Ils n'avaient accompli jusqu'ici que la première partie de cet ordre. Afin de leur faire franchir l'étape suivante, le Seigneur recourt dans sa sagesse à un moyen pénible: la persécution (dont la mort d'Ãtienne a donné le signal). Elle a pour résultat de disperser les croyants et par conséquent de porter l'évangile ailleurs. C'est ainsi qu'un vent désagréable a souvent lâeffet heureux de semer au loin des graines utiles.
Philippe l'évangéliste (nommé au Actes 6:5) se rend en Samarie pour prêcher «le Christ»: non une doctrine, mais une Personne (v. 5; comp. v. 35). Quelle puissance aurait notre témoignage si, au lieu de présenter seulement des vérités, nous parlions autour de nous de Celui dont notre cÅur est (â¦ou devrait être) rempli!
Ainsi ces Samaritains, détestés et méprisés par les Juifs, participent désormais avec eux au baptême et au don du Saint-Esprit. Ni la naissance, ni les mérites, ni l'argent â comme se l'imaginait Simon le magicien â ne donnent accès à un tel privilège. Tout provient de la pure grâce de Dieu.
Philippe venait d'être l'instrument d'une grande Åuvre en Samarie. Aussi quel dut être son étonnement en recevant l'ordre de quitter son champ de travail pour se rendre sur un chemin désert! Ãtrange endroit vraiment pour y annoncer l'évangile! Il obéit cependant sans discuter. Et voici que passe le char d'un noble ministre africain qui a fait un long voyage pour adorer à Jérusalem. Mais comment aurait-il trouvé Dieu dans cette ville d'où Son Fils avait été rejeté? Cet homme rapporte pourtant un trésor, infiniment plus grand que ceux de sa souveraine (v. 27): une portion des saintes Ãcritures. Et Dieu l'a conduit dans sa lecture jusqu'au cÅur du livre d'Ãsaïe 53. Ainsi tout a été préparé devant le serviteur du Seigneur. L'Ãthiopien apprend par lui à connaître Jésus. Il peut être baptisé et continuer son chemin «tout joyeux» pour devenir, on aime à le penser, un messager de la grâce dans son lointain pays.
Ne sont pas évangélistes seulement ceux qui s'adressent à des foules. Commençons par être obéissants, en particulier dans nos déplacements. Le Seigneur permettra alors que nous nous trouvions aussi, juste au bon moment, sur le chemin de quelqu'un à qui nous aurons lâoccasion dâannoncer Jésus.
Actes 8:3 mentionnait un jeune homme appelé Saul comme étant un adversaire particulièrement acharné des chrétiens. Selon ses propres paroles, il était «un blasphémateur, et un persécuteur, et un outrageux», bref le premier des pécheurs (1 Tim. 1:13, 15). Mais la puissance de Dieu va arracher à Satan un de ses meilleurs instruments et l'enrôler à Son service. Non content de tourmenter les chrétiens de Jérusalem, Saul, dans sa fureur et son fanatisme va porter la persécution jusque dans les villes où l'Åuvre s'est étendue (comp. Actes 26:11). Le voici qui se rend à Damas ayant dans les mains une procuration du souverain sacrificateur et dans le cÅur une haine implacable contre les disciples du Christ. Mais sur la route, en plein midi, il est soudain aveuglé par une clarté éblouissante, jeté à terre, et il apprend, nous imaginons avec quel saisissement, que Celui qui l'interpellait du haut de la gloire était ce Jésus qu'il combattait dans ses disciples. Car le Seigneur s'identifie avec ses chers rachetés; ils font partie de Lui-même.
Saul est conduit à Damas, cependant qu'un travail profond s'accomplit dans son âme. Le Seigneur charge Ananias de visiter le nouveau converti, de lui ouvrir les yeux et de le baptiser.
Aussitôt converti, Saul s'est mis à prêcher le nom qu'il avait tant combattu jusque-là (v. 20). Cependant bien des années vont encore être nécessaires pour le préparer au ministère qui sera le sien d'après le v. 15. Jeunes croyants, n'attendez pas d'avoir beaucoup de connaissance pour parler à d'autres du Seigneur Jésus. Mais en même temps ne pensez pas qu'il suffise d'être sauvé pour entreprendre immédiatement n'importe quel service. Il a fallu à Paul un temps de retraite en Arabie (Gal. 1:17), puis une nouvelle période d'effacement à Tarse (Actes 9:30; 11:25), avant d'être appelé à porter l'évangile aux nations en compagnie de Barnabas. Ce n'est que quatorze ans après sa conversion que les autres apôtres lui donnèrent «la main d'association» pour l'Åuvre parmi les nations. Quatre beaux traits signalent les assemblées dans ces temps du commencement: la paix, l'édification, une sainte crainte, enfin des progrès dus à l'action du divin «Consolateur» (v. 31). Le Saint Esprit est toujours avec nous pour nous faire réaliser ces caractères.
Le chapitre se termine sur la guérison d'Ãnée et la résurrection de Dorcas: deux miracles, accomplis par Pierre, qui sont le moyen d'amener des âmes au Seigneur et de faire jouir les disciples de la consolation du Saint-Esprit.
Ce chapitre a une grande importance pour nous qui appartenons aux nations. En effet, nous y voyons Pierre ouvrir à celles-ci les portes du royaume des cieux (Matt. 16:19). Il faut remarquer avec quel soin et quelle grâce Dieu a préparé d'un côté son serviteur, de l'autre Corneille, à la rencontre qui aura, pour ce dernier et pour nous, des conséquences aussi bénies. La révélation de Dieu les trouve l'un et l'autre dans la même heureuse occupation: la prière. Mais aux réticences de Pierre pour manger du contenu de la grande toile dévalée du ciel, nous pouvons comprendre combien les préjugés juifs étaient enracinés même chez les disciples et quel était l'esprit de supériorité d'un Israélite vis-à -vis d'un païen. Par cette vision Dieu voulait apprendre à son serviteur à ne plus distinguer entre un peuple «pur» et des nations impures. Tous, Juifs et nations, sont des pécheurs souillés «renfermés dans la désobéissance» pour devenir les «objets d'une même miséricorde» (Rom. 10:12 et Rom. 11:30-32). Que Dieu nous garde donc de faire «acception de personnes» (ou de partialité v. 34) en considérant certains comme moins dignes que d'autres de recevoir l'évangile! Nous n'avons pas à choisir, mais à obéir.
Dieu emploie des moyens différents pour amener les âmes à sa connaissance. La conversion de l'Ãthiopien (Actes 8), celle de Saul (Actes 9) et celle de Corneille (Actes 10) ne se ressemblent pas. Dans ces trois hommes nous reconnaissons les descendants des trois fils de Noé: Cham: les races africaines et asiatiques; Sem: Israël et certains peuples orientaux; Japheth enfin: les nations du Nord et de l'Occident. «Quiconque croit» en Jésus Christ «reçoit la rémission des péchés»: tel est dorénavant le message universel adressé à toute tribu et langue et peuple et nation (v. 43; Apoc. 5:9). En la personne de Corneille, «ceux qui étaient loin» entendent donc à leur tour «la bonne nouvelle de la paix par Jésus Christ» (v. 36; Actes 2:39; Ãph. 2:17).
Glorieuses visites, en vérité, pour cette maison jadis païenne!: un ange (v. 3); Pierre et les frères qui l'accompagnent, porteurs du message de l'Ãvangile; enfin, et par-dessus tout, le Saint-Esprit qui vient sceller ces nouveaux convertis, témoignant de leur foi et de leur qualité d'enfants de Dieu. Comment ne pas reconnaître à ce signe public la volonté de la grâce de Dieu? Pierre ne peut que la sanctionner par le signe du baptême chrétien (v. 48).
Ne jugeons jamais sur les apparences ni sur des circonstances que nous ne connaissons qu'imparfaitement. Un chrétien dont le comportement nous a surpris peut avoir agi par obéissance au Seigneur. Il en était ainsi de Pierre lorsqu'il était entré chez Corneille et avait mangé avec lui. Ces détails étaient tout ce qu'avaient voulu retenir «ceux de la circoncision» (v. 2). Alors qu'il s'était passé dans cette maison des événements extraordinaires que l'apôtre va raconter maintenant! Le salut des nations était annoncé dans l'Ancien Testament (par ex. Ãsaïe 49:6 et Ãsaïe 65:1). Pierre lui-même y avait fait allusion dès son premier discours (Actes 2:21, 39). Cependant pour faire disparaître les préventions des frères de Jérusalem, il fallait des preuves formelles. Elles leur sont apportées par ce récit de Pierre, confirmé par les six témoins qui l'ont accompagné. En apprenant comment l'apôtre a été éclairé et conduit chez Corneille et surtout comment le Saint-Esprit est descendu sur ces Gentils, tous reconnaissent la volonté de Dieu et Lui donnent gloire. Réjouissons-nous de cette faveur qui s'est étendue jusqu'à nous et, si nous ne l'avons pas encore fait, hâtons-nous de recevoir nous aussi «la repentance pour la vie» (v. 18).
La porte de la grâce, fermée aux Juifs en tant que peuple de Dieu par la mort d'Ãtienne, s'est trouvée ouverte aux nations. Des Grecs se tournent en grand nombre vers le Seigneur (v. 20, 21). Jésus avait vu d'avance ce fruit de son Åuvre lorsque des Grecs précisément, avaient désiré le voir (Jean 12:20â¦). à Antioche se forme alors une assemblée prospère où pendant une année, Barnabas et Saul exercent leur ministère. Et, en voyant vivre ces croyants, on leur donne le nom de leur Seigneur: pour la première fois ils sont appelés chrétiens. C'est un honneur⦠et une responsabilité que de porter le nom même de Christ. Sur la multitude de personnes baptisées qui se réclament du beau titre de chrétiens, combien le sont véritablement?
L'amour fraternel de ces croyants d'Antioche s'exprime par des dons «pour le service des frères» de Judée qui sont sur le point de souffrir encore (v. 27-30). Car Hérode Agrippa (ch. 12:1) est le digne successeur de son oncle Hérode Antipas (Luc 13:31, 32; Luc 23:11 etc.) et de son grand-père Hérode le grand (Matt. 2). La cruauté et le désir de plaire (comp. v. 3 et Marc 6:26) l'incitent à tuer Jacques, le frère de Jean, puis, à mettre Pierre en prison.
Ni les chaînes, ni les seize soldats, ni les intentions meurtrières d'Hérode ne peuvent empêcher Pierre de dormir paisiblement dans sa prison. Et aucun obstacle ne peut empêcher non plus le Seigneur de délivrer son cher serviteur (Ps. 121:4). Un ange le réveille puis le fait sortir avec puissance (v. 7 et 10) et sollicitude (v. 8). Comme tout est facile lorsque c'est Dieu qui agit! Il connaissait la criminelle «attente du peuple des Juifs» (v. 11), mais Il avait aussi entendu les «instantes prières» de l'Assemblée pour Pierre (v. 5) et ce sont celles-ci qui ont le dessus. Chose triste à dire, quand l'exaucement arrive, avec l'apôtre en personne, la foi manque pour le reconnaître. Combien souvent nous prions des lèvres, sans attendre réellement l'objet de notre demande! Que de fois nous doutons encore⦠alors que la réponse est déjà à la porte!
Sourd à tous les avertissements divins, Hérode va prêter une oreille complaisante aux flatteries des Tyriens et des Sidoniens qui, pour des raisons politiques, recherchent l'amitié de ce meurtrier. Il est frappé soudainement devant tous d'une mort horrible. Tandis que la Parole de Celui auquel il s'était attaqué dans sa folie va se répandre plus que jamais (v. 24).
Ici commence une nouvelle division du livre des Actes. L'Assemblée d'Antioche devient le point de départ de l'Åuvre qui va s'accomplir parmi les nations. Barnabas et Saul sont appelés, mis à part, et s'en vont accompagnés par les prières de l'Assemblée. Leur première étape est l'île de Chypre dont Barnabas était originaire (Actes 4:36). Arrivant à Paphos, les apôtres sont convoqués par le proconsul Serge Paul, le plus haut fonctionnaire romain de l'île. Cet «homme intelligent» connaissait le Dieu des Juifs et désirait entendre sa Parole. Mais il était conseillé par un personnage inquiétant: Ãlymas, magicien juif (exerçant donc une activité abominable aux yeux de Dieu: voir Deut. 18:9, 10), qui profitait des besoins spirituels de Serge Paul pour exercer sur lui une influence néfaste. L'opposition de cet homme produit précisément ce qu'il cherchait à empêcher. Elle permet à Paul (ainsi nommé pour la première fois) de donner au proconsul, en châtiant le faux prophète, une preuve de la puissance du Seigneur.
Ãlymas est un type du peuple juif qui, à cause de sa résistance à l'Esprit de Dieu, a été rendu aveugle spirituellement «pour un temps» au profit des nations.
Les apôtres, poursuivant leur voyage, abordent en Pamphylie. Mais là , Jean (nommé aussi Marc 12:12) les abandonne et retourne à Jérusalem. Sa foi n'était pas à la hauteur du service dans lequel il s'était engagé, ni des difficultés qu'il entrevoyait. Il ne suffit pas d'accompagner ou d'imiter un serviteur de Dieu. Même dans une Åuvre commune, chacun a sa responsabilité propre devant le Seigneur et ne peut marcher qu'avec sa foi personnelle.
S'adressant aux Juifs dans la synagogue d'Antioche de Pisidie, Paul, comme Ãtienne, rappelle l'histoire d'Israël et montre comment Dieu a accompli en Jésus les promesses faites à David (Ps. 132:11). Ce dernier n'était-il pas lui-même un type précieux du Sauveur qui devait descendre de lui (v. 23)? Car en contraste avec Saül, roi selon la chair, Dieu s'était choisi en David un homme selon son cÅur qui ferait toute sa volonté (v. 22).
Tout concordait bien pour désigner Jésus comme le Messie: le témoignage de Jean après celui de tous les prophètes; l'accomplissement des Ãcritures dans Sa mort, alors qu'aucun crime n'avait été trouvé en Lui (v. 28; Ãsaïe 53:9). Et, par-dessus tout, Sa résurrection (v. 30).
«Si Christ n'a pas été ressuscité, notre prédication⦠est vaine» écrira l'apôtre aux Corinthiens (1 Cor. 15:14). Ne nous étonnons donc pas de l'entendre insister tellement sur la résurrection du Seigneur Jésus. Aux Juifs elle démontrait qu'Il était bien le Messie promis, Celui dont parlait le Ps. 16 et d'autres écritures (v. 34, 35). Aux païens elle confirmait la puissance de Dieu et l'imminence de son jugement (Actes 17:31). à nous croyants la présence dans la gloire de notre Rédempteur vivant garantit que son Åuvre a été acceptée par Dieu pour notre justification (Rom. 4:25), que notre part est céleste (Col. 3:1, 2) et notre espérance «sûre et ferme» (Héb. 6:18 fin à 20).
Hélas! «La bonne nouvelle» (v. 32) ne rencontre de la part des malheureux Juifs que contradiction et blasphème (v. 45). Alors, sur l'ordre du Seigneur, les apôtres se tournent solennellement vers les nations, confirmant que la rémission des péchés est pour quiconque croit (v. 38, 39).
Ces Juifs se jugeaient indignes de la vie éternelle (v. 46). C'était de l'incrédulité, nullement de l'humilité! Le Seigneur les avait désignés sous l'image du fils aîné de la parabole (Luc 15:25â¦) qui par son égoïsme et sa propre justice se privait lui-même volontairement des joies de la maison du père.
à Iconium, la parole produit le même double effet que précédemment: la foi chez un grand nombre, l'opposition chez les autres. Quant aux apôtres, ils parlent hardiment; et quel est le secret de leur courage? Ils sont «appuyés sur le Seigneur», qui aussi coopère avec eux, confirmant leur parole par des miracles et des prodiges (comp. v. 3 et Marc 16:20). La guérison opérée à Lystre â après que les apôtres ont été chassés d'Iconium â produit la plus forte impression sur ces pauvres païens. Ils s'apprêtent à adorer comme des dieux ces hommes qu'hier on cherchait ailleurs à lapider. Aux yeux des apôtres, cela était bien pire. Horrifiés, ils invitent ces idolâtres à se tourner vers le Dieu vivant (comp. Actes 12:22, 23). Mais les sentiments des foules tiennent à peu de chose! Les Juifs arrivés d'Iconium ont tôt fait de les gagner et de lapider Paul avec l'assentiment de tous. Préservé par le Seigneur, le fidèle serviteur n'est ni effrayé ni découragé. Il poursuit calmement son ministère, repassant par les villes dans lesquelles l'évangile a déjà été annoncé. Ce premier voyage pour lâévangile se termine. Les apôtres sont prompts à raconter à l'assemblée toutes les choses glorieuses que Dieu a faites avec eux.
Les croyants d'origine juive qui composaient les assemblées de Jérusalem et de la Judée avaient éprouvé une grande joie en apprenant la conversion des nations; mais certains pensaient qu'avant de devenir chrétien il fallait d'abord se faire juif: être circoncis et obéir à la loi. Paul et Barnabas comprennent aussitôt le danger de ce raisonnement, le même qui plus tard obligera l'apôtre à écrire aux Galates une lettre sévère. Retourner à l'esclavage de la loi, leur dira-t-il, ce n'est rien d'autre qu'être déchu de la grâce (Gal. 5:1-6). Cette question risquait de diviser Jérusalem et Antioche. Dieu conduit tout pour qu'elle soit débattue à Jérusalem et sauvegarde l'unité de l'assemblée. Pierre, puis Jacques prennent la parole et confirment que nations et Juifs sont sauvés d'une seule et même manière: par la grâce du Seigneur Jésus (v. 11). Et il faut se garder d'asservir ou d'inquiéter (v. 19) de nouveaux convertis par ce que Gal. 4:9 appelle de «faibles et misérables éléments». Il existe cependant des ordonnances que Dieu maintient parce qu'elles sont antérieures au peuple d'Israël; elles sont valables pour tous les temps et pour toutes ses créatures. Ainsi l'abstention du sang remonte au déluge (Gen. 9:4) et le respect du mariage à la création (Matt. 19:4-8).
Les apôtres et les anciens réunis à Jérusalem se sont occupés avec diligence de la question dont on les avait saisis. Toute l'assemblée s'est trouvée d'accord avec les conclusions de Jacques (v. 22 et 25). Et la lettre qu'ils envoient par les mains de Judas et de Silas vient rassurer et consoler les frères d'Antioche qui avaient été bouleversés (v. 24). En même temps la visite des deux serviteurs de Dieu contribue beaucoup à l'édification de l'Assemblée (v. 32). Ainsi les efforts de l'Ennemi pour jeter le trouble et pour diviser ont finalement produit des effets opposés. La foi des disciples a été fortifiée et les liens de la communion entre les assemblées ont été resserrés. Une fois de plus le méchant a été trompé par son Åuvre (Prov. 11:18).
Toute difficulté étant réglée, le travail du Seigneur peut reprendre. La sollicitude de Paul pour les assemblées constituées lors de son premier voyage l'engage à en entreprendre un second pour voir «comment vont» spirituellement les frères (comp. 2 Cor. 11:28). Mais cette fois Barnabas n'ira pas avec Paul. Un désaccord au sujet de Marc son neveu en est la cause. Plus tard ce dernier retrouvera la confiance de l'apôtre et lui sera «utile pour le service» (Col. 4:10; 2 Tim. 4:11).
Paul se retrouve à Derbe et à Lystre où des assemblées s'étaient formées lors de son premier passage. Nous y faisons la connaissance du jeune Timothée dont le nom signifie «honoré par Dieu». Il avait été élevé dans la connaissance des saintes Ãcritures par une mère et une grand-mère pieuses (2 Tim. 1:5 et 3:15). Heureuse préparation au service qu'il va désormais accomplir avec l'apôtre «comme un enfant sert son père» (Phil. 2:22)! Le «nous» employé à partir du v. 10 montre que Luc, l'auteur du livre, est dès lors avec eux. En regardant la carte, on s'aperçoit qu'après avoir essayé d'aller à gauche dans la province d'Asie (la région d'Ãphèse), puis à droite en Bithynie, l'apôtre et ses compagnons ont été appelés par l'Esprit droit devant eux, en Macédoine, de l'autre côté de la mer Ãgée. En présence de portes fermées, le serviteur obéissant doit se garder d'insister, et attendre les directions d'en haut.
Philippes est donc la première ville d'Europe à entendre l'Ãvangile. Et la première conversion mentionnée est celle de Lydie. Le Seigneur avait ouvert son cÅur pour qu'elle soit attentive⦠Demandons-Lui d'ouvrir aussi le nôtre et de nous garder de toute distraction chaque fois que la Parole nous est présentée.
La guérison de la servante animée d'un esprit satanique entraîne pour les deux serviteurs de Dieu les tortures et la prison. Ãtrange accueil en Macédoine, étaient-ils en droit de penser, après y avoir été appelés à l'aide (v. 9)! Mais Paul met en pratique ce que plus tard il recommandera aux chrétiens de cette ville: «Réjouissez-vous toujours dans le Seigneur» (Phil. 4:4). Couvert de plaies, il est capable avec Silas de chanter dans la prison. Jamais certainement ces murs sinistres n'avaient répercuté des échos semblables. Aussi quel témoignage que ces cantiques pour ceux qui les écoutaient! Plus nos circonstances seront difficiles, plus notre paix et notre joie parleront à ceux qui nous entourent. Et c'est souvent pour cela que le Seigneur nous envoie des tribulations.
à ce témoignage fidèle, Dieu ajoute le sien en délivrant les prisonniers. Tout tremblant, le geôlier s'écrie: «Que faut-il que je fasse pour être sauvé?». La réponse merveilleusement simple, s'adresse à chaque âme angoissée: «Crois au Seigneur Jésusâ¦Â» (v. 30, 31). Alors la joie remplit cette maison.
Après cette nuit mémorable, les apôtres sont libérés officiellement et quittent la ville non sans avoir encore exhorté «les frères».
De Philippes, Paul et ses compagnons se rendent à Thessalonique, autre ville de la Macédoine. Quelques Juifs et de nombreux Grecs, parmi lesquels des femmes distinguées, reçoivent la parole qui leur est annoncée (1 Thess. 1:5). Mais la plupart des Juifs, eux-mêmes poussés par Satan, excitent le peuple contre les évangélistes. Ils n'hésitent pas à se servir pour cela de gens sans aveu, qu'ils méprisaient par ailleurs, ni à reprendre devant les magistrats l'argument utilisé jadis devant Pilate: «nous n'avons pas d'autre roi que César» (v. 7; Jean 19:15).
Le séjour de Paul à Thessalonique a donc été bref: trois semaines environ. Mais Dieu l'a permis ainsi pour notre profit. Car l'apôtre s'est trouvé de ce fait obligé de compléter son enseignement par deux épîtres, si riches en instructions pour nous tous.
à Bérée les Juifs ont plus de noblesse et de droiture. Au lieu d'être aveuglés par la jalousie (comp. v. 5), ils cherchent à assurer leur foi en étudiant chaque jour la Parole dont ils reconnaissent lâautorité souveraine (v. 11; comp. Jean 5:39). Nous ne saurions trop engager chacun de nos jeunes lecteurs à suivre cet exemple (en particulier en se reportant aux passages que nous citons). C'est le but â comme c'est le titre â de ces petites méditations quotidiennes.
Resté seul à Athènes, Paul n'est pas distrait par ses monuments et ses sculptures. Il a le cÅur serré et indigné en découvrant que cette cité, célèbre par sa culture, est remplie de lâidolâtrie la plus affreuse. Sur l'agora (la place publique), il rencontre les philosophes de différentes écoles, universellement réputées pour leur sagesse. L'intelligence a été donnée à l'homme pour discerner la puissance éternelle et la divinité de son Créateur (Rom. 1:20). Or l'ignorance de ces esprits éminents confirme que «le monde, par la sagesse, n'a pas connu Dieu» (1 Cor. 1:21). Il est au milieu d'eux un «Dieu inconnu». Commençant par le commencement, Paul leur parle du «Seigneur du ciel et de la terre» (v. 24) qui s'est désormais révélé non seulement dans la création mais aussi dans la rédemption. Ce Dieu souverain «ordonne maintenant aux hommes que tous, en tous lieux, ils se repentent» (v. 30). Ainsi personne, ni vous non plus, ne peut prétendre que cet ordre divin n'est pas pour lui.
La curiosité intellectuelle n'a rien de commun avec le vrai besoin de l'âme. Certains des auditeurs de Paul se moquent ouvertement; les autres remettent à plus tard l'examen de ces choses. Mais quelques-uns croient. Triple effet de l'évangile lorsqu'il est prêché encore aujourd'hui!
à Corinthe, Paul fait l'heureuse rencontre d'un couple juif: Aquilas et Priscilla. Amenés à Christ, ils sont devenus particulièrement chers à l'apôtre, ayant été jusqu'à exposer leur vie pour lui dans une circonstance qui ne nous est pas rapportée (Rom. 16:4). Corinthe était réputée pour la corruption de ses mÅurs et pour son luxe. L'apôtre et ses amis, qui ne veulent pas dépendre de cette richesse, y donnent l'exemple en travaillant manuellement (1 Cor. 9:15 et 18; 2 Cor. 11:8, 9).
Devant l'opposition des Juifs, Paul dégage sa responsabilité vis-à -vis d'eux et leur déclare qu'il se tourne vers les nations (v. 6). Mais Rom. 9:2-5 nous permet de comprendre combien il souffre de devoir leur parler ainsi. Aussi le Seigneur encourage-t-il son cher serviteur. Il lui révèle que, si son peuple terrestre ne répond pas à son attente, Il a dans cette ville «un grand peuple» pour le ciel (v. 10). Oui, dans cette cité dissolue, Il se plaira à rassembler un grand nombre de croyants, comme le confirment les deux épîtres qui leur seront adressées. Preuve que ni les richesses ni les plaisirs, dans cette ville où rien ne manquait, ne peuvent satisfaire les vrais besoins du cÅur de l'homme.
Les menées des Juifs et leurs accusations devant Gallion n'empêchent pas Paul de poursuivre son Åuvre à Corinthe. Le Seigneur le protège selon sa promesse (v. 10).
Puis il se remet en route, passe à Ãphèse où il laisse Aquilas et Priscilla, descend à Jérusalem par Césarée, achève enfin à Antioche son second voyage missionnaire (voyez la carte à la fin de votre Bible). Et, dès le v. 23 commence le troisième voyage de l'apôtre infatigable. Il traverse de nouveau la Phrygie et la Galatie (voir ch. 16:6) où s'étaient formées des assemblées qui lui donnèrent beaucoup de souci (Gal. 1:2; 4:11).
Sur ces entrefaites, un autre serviteur de Dieu est arrivé à Ãphèse. C'est Apollos, ouvrier remarquable par son éloquence et sa puissance pour présenter la Parole: conséquences de sa ferveur (v. 25) car on ne parle bien que de ce qui remplit le cÅur (Matt. 12:34, 35). De plus, il enseigne diligemment et avec hardiesse «les choses qui concernaient Jésus». Mais ses dons n'empêchent pas Apollos de se laisser humblement expliquer par Aquilas et Priscilla les vérités qu'il ignore. Il est prompt-écouter et son service en Achaïe, où il se rend ensuite, n'en sera que plus utile.
Fidèle à sa promesse (Actes 18:21), l'apôtre arrive à Ãphèse, capitale de la province d'Asie. Il y séjournera trois ans (Actes 20:31), succédant à Apollos, tandis qu'à Corinthe c'est ce dernier qui «arrose» là où l'apôtre a planté (Actes 18:27, 28; 1 Cor. 3:6). Nous ne voyons entre ces serviteurs de Dieu ni jalousie, ni revendication d'un champ particulier de travail.
Le baptême de Jean, seul connu de ces Ãphésiens, préparait les Juifs repentants à recevoir un Messie régnant sur la terre. Le chrétien au contraire a une position céleste, il est mis en relation par le Saint-Esprit avec un Christ mort et ressuscité. Vérité que souligne tout particulièrement l'épître aux Ãphésiens!
Or la parole du Seigneur «croissait et montrait sa force», non seulement par les miracles accomplis par l'apôtre, mais par son autorité sur les cÅurs (v. 20). Elle amenait ces croyants à confesser ce qu'ils avaient fait et à renoncer publiquement aux pratiques de magie. Remplis du «premier amour» (Apoc. 2:4), ces Ãphésiens ne voulaient plus avoir «rien de commun avec les Åuvres infructueuses des ténèbres» (Ãph. 5:11). â Chers amis, la Parole du Seigneur montre-t-elle sa puissance au monde par des fruits visibles dans nos vies?
Il y avait à Ãphèse un temple splendide consacré à la déesse Diane qui comptait parmi les fameuses sept merveilles du monde ancien. Sa visite, et les miniatures en argent vendues comme souvenirs, procuraient un gros bénéfice aux artisans de la ville. La prédication de l'évangile ne pouvait que faire du tort à leur commerce, aussi les voyons-nous s'associer pour soutenir leurs intérêts en donnant hypocritement à leur action un prétexte religieux (comp. Apoc. 18:11). Il est bien triste de constater que beaucoup de personnes encore aujourdâhui, au lieu de rechercher ardemment la vérité, sont retenues par des considérations matérielles touchant leur «bien-être» (v. 25) ou par l'opinion d'autrui. â D'immenses clameurs s'élèvent en faveur de la déesse⦠prouvant seulement que celle-ci était incapable de montrer sa «grandeur» en assurant sa propre défense (comp. 1 Rois 18:26-29).
Tout en se croyant plus évolué et plus éclairé qu'autrefois, le monde n'a fait que changer ses dieux, mais les cÅurs, eux, n'ont pas changé. Idoles du stade, du spectacle ou de la chanson⦠les foules aujourd'hui adorent et suivent celles qui leur sont proposées par le chef de ce monde, passé maître dans l'art d'égarer les âmes.
La manifestation hostile d'Ãphèse a conduit Paul à quitter cette ville (comp. Matt. 10:23). Après être allé en Grèce par la Macédoine, il s'en revient par le même chemin et aborde en Troade. Le récit qui suit (v. 7-12) nous confirme que la cène se célébrait comme aujourd'hui le premier jour de la semaine. Nous sommes choqués du sommeil d'Eutyche pendant la prédication de l'apôtre. Mais n'est-ce pas encore ce dernier qui nous parle lorsque nous lisons ses épîtres? Quelle attention leur accordons-nous? Le terrible accident qui se produit nous montre, moralement, où l'indifférence à l'égard de la Parole peut conduire quelquâun: à une chute et à un état de mort. Mais la grâce de Dieu accorde ici un miracle consolant.
Cette scène peut aussi nous faire penser par analogie à l'histoire de l'Ãglise responsable. Son sommeil, sa ruine, sa mort apparente, résultèrent d'un manque d'attention à l'enseignement des apôtres. Toutefois le Seigneur a permis un réveil suivi de nourriture et de consolation pour les siens, en attendant l'aube du grand départ.
Paul quitte la Troade par la route. Il rejoint ses compagnons à Assos où il reprend la mer en direction de Jérusalem.
à Milet, Paul appelle à lui les anciens de l'assemblée d'Ãphèse pour leur faire ses recommandations et ses adieux. Il leur rappelle ce qu'a été son ministère parmi eux et l'exemple qu'il s'est attaché à leur donner. Il les avertit des dangers qui, du dehors (v. 29) et du dedans (v. 30) menacent l'Assemblée. Comment y faire face? Il les exhorte à la vigilance (v. 31), mais surtout il les recommande-la grâce de Dieu (v. 32). En ce qui le concerne, l'apôtre n'a qu'une pensée: achever fidèlement sa course (elle lui est personnelle; comp. 2 Tim. 4:7) ainsi que «le service» (c'est celui du Seigneur). Sa vie n'a pas d'autre sens et il est tout prêt à en faire le sacrifice pour cette Assemblée qui lui a déjà coûté bien des larmes (v. 19, 31; Col. 1:24). Mais qu'était-ce à côté de la valeur infinie que celle-ci a pour Dieu? Elle ne Lui a pas moins coûté que «le sang de son propre Fils» (v. 28; 1 Pierre 1:19). L'apôtre trouve dans ce prix immense le motif de son dévouement et le rappelle aux surveillants d'Ãphèse pour souligner leur responsabilité.
En terminant Paul rapporte une parole du Seigneur Jésus: «Il est plus heureux de donner que de recevoir» (v. 35). Puissions-nous l'expérimenter en imitant celui qui nous a tout donné!
L'amour fraternel se manifeste tout au long de ce voyage (v. 1, 6, 12â¦). à Tyr comme à Milet, Paul se sépare des frères après avoir prié avec eux à genoux sur le rivage (v. 5; Actes 20:36, 37). L'Esprit y souligne la présence des enfants, si souhaitable aux réunions!
à Césarée, Paul descend chez Philippe qui s'y était établi après avoir prêché dans toutes les villes depuis Azot (y compris sans doute à Lydde et à Joppé; Actes 8:40; Actes 9:32, 36). Ses filles avaient un beau service pour le Seigneur qu'elles n'exerçaient pas cependant dans l'assemblée (1 Cor. 14:3 et 34).
Ce qui conduit l'apôtre durant ce voyage ce sont ses affections toujours aussi vives pour ceux de son peuple. Il était porteur des dons des assemblées de la Macédoine et de l'Achaïe et se réjouissait de les apporter lui-même à Jérusalem (Rom. 15:25â¦). Aussi ne tient-il compte ni des avertissements de l'Esprit (v. 4), ni de ceux du prophète Agabus (v. 11; voir Actes 11:28), ni des supplications des frères (v. 12). Nous ne pouvons nous permettre de le juger. Mais ce récit nous est donné pour nous enseigner qu'en n'écoutant que ses sentiments, si bons soient-ils, même un apôtre peut sortir du chemin de la dépendance. Sérieuse leçon pour chacun de nous!
Pour aller de Grèce à Rome, l'apôtre s'était proposé de passer par Jérusalem (Actes 19:21)! Malgré ce fâcheux détour, la volonté du Seigneur se fera (v. 14). Seulement le chemin que nous choisissons nous-mêmes n'est jamais simple; nous pouvons nous attendre à y rencontrer toutes sortes de complications. Paul est invité par les anciens de Jérusalem à «judaïser», pour rassurer les croyants juifs, et se trouve entraîné ainsi à contredire son propre enseignement. Pénible dilemme pour lui! Une fois de plus, nous constatons combien les chrétiens de Jérusalem étaient restés attachés à leur religion juive. Ils essaient de mettre le vin nouveau dans de vieilles outres (Matt. 9:17). C'est à ces Israélites «zélés pour la loi» que Jacques, nommé au v. 18, parle de la «loi de la liberté» et du «service religieux pur et sans tache» (Jac. 1:27; Jac. 2:12). Ce dernier ne consiste pas en une «purification» corporelle (v. 24) mais à «se conserver pur du monde», ainsi qu'à visiter les affligés.
Paul est ici comme pris dans un engrenage. Il fréquente le temple et se soumet aux rites du culte pour être agréable à ses frères. En vain d'ailleurs, car les Juifs prennent cela pour une provocation et cherchent à le tuer, mettant toute la ville en émoi (v. 30).
Paul a été arraché à la violence de la foule par l'intervention du chiliarque, c'est-à -dire du commandant de la garnison romaine. Ce dernier, qui l'a d'abord confondu avec un célèbre bandit, se radoucit en l'entendant parler grec et l'autorise à s'adresser à la foule. Devant celle-ci, et dans un silence solennel, Paul rappelle qu'il avait en effet un passé très coupable mais dans un sens tout opposé à ce que pensaient les Juifs. Doué de qualités et d'avantages peu ordinaires⦠«Hébreu des Hébreux; quant à la loi, pharisien» (Phil. 3:5), sa réputation était celle d'un homme pieux et irréprochable. Eh bien! Son zèle religieux, semblable à celui qui animait les meneurs de cette foule, l'avait conduit, malgré les avertissements de son maître Gamaliel, à faire la guerre-Dieu (v. 3; Actes 5:39). «Je suis Jésus le Nazaréen que tu persécutes» (v. 8) est la réponse terrible qu'il a entendue du ciel. En touchant à ces faibles chrétiens, en les persécutant jusqu'à la mort, c'était le Fils de Dieu qu'il combattait. Mais au lieu de le châtier de son audace impie, le Seigneur, en même temps qu'Il lui rendait la vue, a ouvert les yeux de son cÅur (Ãph. 1:18), faisant de cet homme mis à part dès sa naissance un fidèle instrument pour Lui.
Le nouveau converti a posé deux questions qui se complètent: «qui es-tu Seigneur?» (v. 8) et «que dois-je faire Seigneur?» (v. 10). La seconde réponse lui est donnée par Ananias qui ajoute: «Et maintenant que tardes-tu?».
Trois ans plus tard, à Jérusalem, Paul a le privilège de voir «le Juste» et de recevoir des ordres de Sa bouche (v. 17â¦). Lui-même aurait désiré travailler parmi les Juifs, estimant que son témoignage y aurait d'autant plus de force qu'on le connaissait précédemment comme un adversaire acharné de la vérité (v. 19, 20). Mais il avait été mis-part pour le service parmi les nations (Gal. 1:15, 16). Laissons le Seigneur nous fixer notre champ de travail.
Le v. 18 reste vrai. Les Juifs ne reçoivent toujours pas le témoignage de l'apôtre. Le commandant est obligé de nouveau de le soustraire à leur fureur. Au moment où il va être mis à la torture, Paul déclare comme au Actes 16:37 qu'il est né citoyen romain. En Phil. 3 ayant considéré toutes choses comme une perte (v. 7, 8) il fera valoir un autre droit de cité, la bourgeoisie céleste (v. 20). Celle-ci, personne ne l'a par naissance. Et ce n'est pas avec de l'argent qu'elle peut s'acquérir (v. 28). Seuls la possèdent ceux qui ont passé par la nouvelle naissance (Jean 3:3).
Le commandant ne s'explique toujours pas la fureur des Juifs contre un homme auquel il ne voit aucun reproche à faire. Pour se renseigner, il fait comparaître son prisonnier devant le sanhédrin. Une parole habile de Paul (mais était-elle par l'Esprit?) met de son côté le parti des pharisiens. La résurrection de Jésus Christ était bien le fondement de sa doctrine et indirectement le motif de l'opposition des Juifs. Mais Paul n'a même pas l'occasion de prononcer le nom de son Sauveur; il a jeté cette pomme de discorde entre les adversaires traditionnels: pharisiens et sadducéens, et le plus grand tumulte s'ensuit dans le sanhédrin. Il faut une fois encore que le commandant mette Paul en sécurité.
Mais après tous ces événements, l'apôtre, seul et découragé, a besoin de réconfort. Le Seigneur lui-même lui rend visite et se tient près de son cher disciple (v. 11). Sans un reproche â au contraire, Il reconnaît le témoignage que Paul vient de rendre à Jérusalem â Il le console et lui rappelle sa vraie mission: annoncer le salut non aux Juifs mais aux nations. Il ira à Rome dans ce but.
Puissions-nous faire nous aussi continuellement l'expérience que «le Seigneur est proche» et que nous n'avons besoin de nous inquiéter de rien (Phil. 4:5, 6; 2 Tim. 4:17).
Nous ne voyons pas le Seigneur intervenir d'une façon miraculeuse comme à Philippes (Actes 16:26) ou dans le cas de Pierre (Actes 12:7) pour délivrer son serviteur. Il dirige les événements, se sert du jeune neveu de Paul, de la qualité de citoyen romain de ce dernier, ainsi que de l'orgueilleux mépris du commandant romain pour les Juifs⦠auxquels, sans doute, celui-ci était content de jouer un tour. Le Seigneur avait promis à son serviteur qu'il rendrait témoignage à Rome (v. 11). Toutes les machinations de ses ennemis ne pourraient donc l'en empêcher. Elles vont plutôt y contribuer; ce sont en effet ces menaces qui décident Lysias à envoyer Paul sous bonne escorte à Césarée, le port où il débarquait peu de temps avant, pour le soustraire aux complots des Juifs fanatiques. En même temps que son prisonnier, Lysias adresse à son sujet une lettre au gouverneur Félix. Remarquez combien il arrange les faits à son avantage en cachant l'erreur qu'il a failli commettre (v. 27; Actes 22:25). Malgré cela, les fautes des païens s'effacent presque ici à côté de la terrible culpabilité des Juifs. Les quarante assassins conjurés n'ont évidemment pas pu tenir leur serment, appelant de ce fait l'exécration (une malédiction) sur leur propre tête.
Paul comparaît devant Félix en présence de ses accusateurs. Ceux-ci ont besoin d'un avocat d'autant plus éloquent que leur cause est plus mauvaise. Mais quel contraste entre les flatteries (v. 3) puis les grossières calomnies (v. 5; comp. Luc 23:2) de l'orateur Tertulle et la dignité de Paul dans sa profession de foi accompagnée de lâexposé sincère des faits!
Une secte (v. 5 et 14) est un groupement religieux qui se réclame d'un chef ou d'une doctrine particulière. Or le racheté ne peut se réclamer que de Christ. Mais le monde religieux appellera aussi de ce nom le rassemblement des enfants de Dieu qui se sont séparés de lui par obéissance à la Parole. Qu'importe! Cette expression comme bien d'autres, fait partie de l'opprobre pour Christ. De même que Paul, le croyant fidèle a le privilège d'être associé dans le mépris du monde à Celui qui fut le Nazaréen (fin du v. 5). Ce qui par contre exerçait l'apôtre â et devrait aussi nous préoccuper â c'était d'avoir toujours «une conscience sans reproche devant Dieu et devant les hommes» (v. 16). Il pensait au jour de la résurrection où il aurait à rendre compte au Seigneur de sa marche et de son service. Une vérité connue doit toujours avoir un effet moral. à plus forte raison la perspective du Tribunal de Christ (2 Cor. 5:9, 10).
Malgré l'innocence évidente de Paul et la mauvaise foi de ses accusateurs, Félix, pour ménager ceux-ci, a lâchement ajourné sa décision (v. 22). Mais il va différer une décision autrement plus grave: celle qui concerne son âme. Convoqué pour l'entretenir sur «la foi en Christ», Paul présente un côté de la vérité auquel Félix ne s'attendait pas (v. 25). La Parole terrifie â sans y pénétrer â sa conscience endurcie par l'amour de l'argent (v. 26). Nous nous occuperons de cela plus tard, répond-il évasivement, laissant échapper, peut-être pour toujours, l'occasion que Dieu lui donnait. En dépit de son nom qui signifie heureux, Félix a donc passé à côté du vrai bonheur. Ah, ne l'oublions pas, le «moment convenable» c'est maintenant!
Deux ans s'écoulent; l'apôtre est toujours en prison. Mais la haine des Juifs n'a pas désarmé. à peine Festus a-t-il remplacé Félix qu'un nouveau complot est machiné, dont le Seigneur délivre son témoin. Comme Félix (Actes 24:27) et autrefois Pilate (Marc 15:15), le principal souci de Festus est de «gagner la faveur des Juifs» (v. 9). Aussi Paul s'estime-t-il obligé d'invoquer à nouveau son droit de citoyen romain en faisant appel au jugement de l'empereur.
Agrippa, Bérénice (ainsi que Drusille, femme de Félix: Actes 24:24) étaient les enfants d'Hérode III (Actes 12:1) et constituaient la quatrième génération de cette dynastie criminelle. La visite de courtoisie qu'ils rendent au nouveau gouverneur va être pour celui-ci l'occasion de se renseigner sur son étrange prisonnier. On sent, à la manière dont Festus résume l'affaire, le peu d'intérêt que présentent pour lui ces questions religieuses. Il s'agit d'«un certain Jésus mortâ¦Â» (v. 19). Christ n'est rien de plus pour des multitudes aujourd'hui. Mais Paul affirmait qu'Il était vivant et c'était bien en effet ce qui faisait toute la différence.
L'apôtre est donc introduit au milieu de cette cour réunie «en grande pompe». Selon la parole du Seigneur à Ananias, il devait être «un vase d'élection» pour porter son nom devant les rois (Actes 9:15). Mais il était l'ambassadeur d'un Roi combien plus grand que ceux devant lesquels il était appelé à comparaître, «un ambassadeur lié de chaînes», ainsi qu'il se nomme ailleurs, toutefois usant de hardiesse pour parler de son Seigneur car la parole de Dieu n'était pas liée (Ãph. 6:20; 2 Tim. 2:9).
Paul, invité à témoigner devant le roi Agrippa étend solennellement son bras chargé de chaînes. Comme au Actes 22, il fait le récit de sa rencontre avec le Seigneur et des conditions dans lesquelles son service lui a été confié. Ses propres yeux ayant été ouverts, il a reçu la charge d'ouvrir ceux des gens des nations pour qu'ils aient accès par la foi à la lumière, à la liberté, à la rémission des péchés, et à la part céleste des saints (v. 18; comp. Col. 1:12, 13).
Les circonstances des conversions ne se ressemblent pas. Pierre était dans son bateau quand il a reconnu son état de péché. Lévi était assis à son bureau et Zachée dans un arbre au moment de l'appel du Seigneur (Luc 5:10, 27; Luc 19:5). L'Ãthiopien a été converti dans son char et le geôlier dans la prison,-minuit (Actes 8:27â¦; Actes 16:29â¦). Au contraire Paul le fut, en plein midi, pendant qu'il marchait sur la route (v. 13). Lâimportant est que chacun puisse dire où et quand il a rencontré Jésus. Ne craignons pas, quand l'occasion s'en présente, de raconter notre conversion. Ce n'est pas là se glorifier, puisqu'il faut en même temps parler du triste état dans lequel nous avons été trouvés. C'est au contraire exalter la grâce souveraine qui a voulu nous en arracher.
Appelé par Jésus Christ à un ministère extraordinaire parmi les nations, Paul n'a pas été désobéissant⦠(v. 19). Ne le soyons pas pour accomplir les services les plus modestes et les plus faciles que le Seigneur nous a confiés!
Pour Festus, homme sans besoins spirituels, les propos de Paul sont pure divagation (v. 24). En effet «l'homme animal ne reçoit pas les choses qui sont de l'Esprit de Dieu, car elles lui sont folie» (1 Cor. 2:14). Alors l'apôtre s'adresse directement au roi, avec déférence, mais aussi avec l'autorité que lui donne la Parole (Ps. 119:46). Agrippa cache sa gêne en détournant la question (v. 28). Hélas! Ãtre à peu près convaincu; devenir presque un chrétien, c'est être encore tout-fait perdu.
Du roi ou du pauvre captif, lequel avait la part la plus enviable? Conscient de sa haute position devant Dieu, Paul, le prisonnier de Jésus Christ, ne pense pas à la couronne de l'homme qui est devant lui, mais à son âme! Ne nous laissons pas arrêter non plus par l'apparence des hommes; pensons à leur sort éternel.
L'apôtre a été traduit successivement devant le sanhédrin, Félix, Festus et Agrippa. Il faut encore qu'il comparaisse devant César, qui, à ce moment-là , n'était autre que le cruel Néron.
Pour empêcher la propagation de l'Ãvangile, l'Ennemi a poussé les hommes contre Paul. Il se sert à présent d'obstacles naturels pour lui barrer la route.
Beaucoup de chrétiens ressemblent au voilier: leur marche dépend du vent qui souffle. Si c'est celui «du midi» qui les pousse doucement, tout va bien; ils lèvent l'ancre pleins de courage (v. 13). Mais tourne-t-il pour devenir contraire, les voilà qui naviguent «pesamment», «avec peine», ne sont plus capables d'avancer (v. 7, 8) et cherchent ici et là des abris humains contre leurs difficultés (v. 4). Enfin, lorsque survient le vent orageux d'une grosse épreuve, ils ne peuvent plus tenir et sont emportés à la dérive (v. 15). Le vapeur, lui, poursuit sa route par tous les temps. Que mus par une foi active et ferme, nous avancions toujours ainsi vers le but, en dépit de tous les orages!
Tout en étant bienveillant envers son prisonnier, le centurion s'était fié davantage au patron du navire qu'à ce que Paul disait (v. 11). Ne nous arrive-t-il pas fréquemment d'accorder plus de confiance aux conseils et à l'opinion des hommes qu'aux directions de la Parole et du Saint-Esprit? Et ceci pour notre plus grand dommage (v. 10).
Paul est aussi calme au milieu de la tempête que devant les gouverneurs et les rois. L'ouragan ne l'empêche pas d'entendre la voix du Dieu à qui il est et qu'il sert (v. 23). Alors que dans l'épreuve les hommes montrent souvent le pire égoïsme, le cher apôtre, lui, pense au salut de ses compagnons de voyage. Il les rassure par la Parole de son Dieu, mais les exhorte à prendre de la nourriture, non sans rendre grâces devant tous (1 Tim. 4:4, 5).
Après bien des péripéties et la perte du navire, ils parviennent tous sains et saufs au port désiré (lire Ps. 107:25-30).
On a pu voir dans ce vaisseau, jouet de la tourmente, l'image de l'Ãglise ici-bas. Partie par un temps favorable, elle n'a pas tardé à rencontrer le vent des épreuves et des persécutions que Satan a soulevé contre elle. Le manque de nourriture, une période de profondes ténèbres morales, le recours à toutes sortes de dispositions prudentes, tout cela est arrivé parce que la voix des apôtres â dans la Parole â n'a pas été écoutée. Le jour approche; et avec lui le naufrage final de la chrétienté professante (le navire). Mais le Seigneur connaît ceux qui sont siens dans cette Ãglise qui se réclame de son nom. Et aucun ne sera perdu de ceux que le Père Lui a donnés (2 Tim. 2:19; Jean 17:12).
Dieu a mis des sentiments d'humanité dans le cÅur des païens de l'île de Malte (comme précédemment dans celui du centurion Jules; v. 2; Actes 27:3). Ils accueillent et réconfortent les naufragés. Au milieu de ceux-ci le Seigneur se plaît à faire reconnaître son serviteur par le moyen d'un miracle. L'apôtre qui n'a pas jugé au-dessous de sa dignité de ramasser du bois pour alimenter le feu, est mordu par une vipère et n'en subit aucun mal. C'était un des signes qui devaient «accompagner» les disciples. Un autre était l'imposition des mains aux malades pour les guérir (Marc 16:17, 18). La bienveillance des «barbares» de Malte trouve vite sa récompense. Tous les malades de l'île, à commencer par le père de Publius, sont guéris par la puissance de Dieu. Et nous aimons à penser que beaucoup de ces gens ont trouvé la guérison de l'âme. Ainsi l'opposition de l'Ennemi n'aura servi qu'à jeter sur une terre nouvelle la semence de l'Ãvangile.
Le voyage de Paul s'achève. Avant d'apporter quoi que ce soit à ses frères de Rome, c'est lui-même qui prend courage dans leur communion fraternelle. Le plus jeune croyant peut être aussi un sujet de joie et d'encouragement pour un serviteur de Dieu.
à peine arrivé à Rome, Paul convoque les principaux des Juifs. Il leur explique les conditions de son emprisonnement. Et, bien loin de garder rancune à ceux de son peuple de tout le mal qu'il en a subi, il leur donne encore et toujours la première place dans la prédication de l'évangile. Inlassablement, du matin au soir, il leur expose la vérité, jusqu'au moment où ils se retirent (v. 25, 29; lire Héb. 10:38, 39).
Paul reste deux ans prisonnier à Rome. Mais il pourra constater que les circonstances par lesquelles il passe «sont plutôt arrivées pour l'avancement de l'évangile» (Phil. 1:12). N'est-ce pas pendant cette captivité qu'il a écrit plusieurs épîtres, dont celles aux Ãphésiens, aux Philippiens, aux Colossiensâ¦? Nous ne les aurions pas s'il avait été libre de visiter ces assemblées.
Ce sont d'ailleurs les épîtres qui nous permettent de continuer quelque peu l'histoire du grand apôtre. Car ici le récit s'interrompt et le livre des Actes n'a pas de conclusion. Comme pour nous montrer que l'Åuvre du Saint-Esprit ici-bas n'est pas terminée! Elle se continue, tant que l'Ãglise est sur la terre, dans la vie de chaque croyant.
Les épîtres sont des lettres adressées par les apôtres à des assemblées ou à des croyants et dans lesquelles nous trouvons exposées les vérités chrétiennes. Celle aux Romains, bien qu'écrite après d'autres, a été à juste titre placée la première. Car son sujet, c'est l'évangile. Et avant de recevoir un enseignement chrétien, il faut commencer par devenir chrétien. Ami lecteur, cette occasion vous est donnée, si vous ne l'avez pas encore saisie. Demandez au Seigneur quâIl touche votre cÅur et votre conscience par le pouvoir de la seule Parole et l'autorité de l'évangile, «puissance de Dieu en salut-quiconque croit» (v. 16).
Cette lettre a été écrite bien avant le voyage dramatique raconté à la fin des Actes. Paul n'avait donc encore jamais vu les Romains. Mais â ce qui est la condition d'un service utile â il est plein d'amour pour eux et avant tout pour Celui dont il va leur parler: Jésus Christ. Son Nom remplit les premiers versets. N'est-Il pas en effet la substance de l'Ãvangile, le fondement de toute relation entre Dieu et l'homme? Dâautre part le fait que Paul était prêt à annoncer lâÃvangile à ceux quâil appelle pourtant déjà des bien-aimés et des saints (v. 15, 7) nous confirme que cette bonne nouvelle de lâÃvangile ne se limite pas au simple pardon des péchés. Il contient toute la vérité en Christ.
Avant d'expliquer comment Dieu justifie le pécheur, il est nécessaire de convaincre chacun qu'il en est un. Dieu va, pour ainsi dire, ouvrir ici le procès de lâhumanité tout entière. On pensera peut-être que les païens sont excusables; ils n'ont pas la Parole écrite. Toutefois ils ont sous les yeux un autre livre toujours ouvert: celui de la Création (Ps. 19:1). Mais ils n'ont pas voulu reconnaître ni honorer son Auteur et ils ont négligé de Lui rendre grâces (ce qui est un devoir universel). Tout être humain a reçu une intelligence lui permettant de discerner des faits évidents et dâen tirer la conclusion quâil y a un Dieu. Or les hommes ont employé cette faculté à imaginer des idoles, et dès lors, asservis aux puissances du mal, ils ont été livrés aux pires convoitises.
Il est dâune laideur insoutenable le portrait que Dieu fait ici de l'homme naturel. Eh bien! Dieu déclare coupables non seulement ceux qui s'adonnent eux-mêmes à de tels vices, mais aussi tous ceux qui «trouvent leur plaisir en ceux qui les commettent». Lire un roman racontant des choses immorales, se complaire dans des descriptions troubles et malsaines, c'est se placer sous la même «juste sentence» (v. 32; Ps. 50:18).
Si bas qu'un homme soit tombé, il trouvera toujours quelqu'un de plus misérable que lui à qui il pourra se comparer à son propre avantage! Celui qui a la passion du jeu méprisera le pauvre buveur et celui-ci regardera un malfaiteur avec supériorité. En réalité, tous les vices sont en germe dans notre propre cÅur. Lorsque nous jugeons autrui (v. 1), nous donnons la preuve que nous savons très bien reconnaître le mal; nous montrons donc que nous avons une conscience. Et ceci nous condamne nous-mêmes lorsque, à notre tour, nous commettons des actes semblables. Tous les hommes ont une conscience (Gen. 3:22). Dans sa bonté, Dieu s'en sert pour les pousser-la repentance (v. 4), mais ne les autorise nullement à l'employer pour juger leur prochain. Un seul a le droit de juger; c'est Jésus Christ (v. 16; Jean 5:22; Actes 10:42). Il mettra un jour en lumière «les secrets des hommes», tous leurs actes et intentions inavouables, cachés avec tant de soin (Matt. 10:26). Confessez-Lui sans tarder vos secrets les plus honteux. Votre conscience n'est pas une voix hostile mais une amie qui vient vous dire: parle de cela au Seigneur Jésus; Il saura s'en occuper.
Ces chapitres nous font penser à la séance d'un tribunal. L'un après l'autre, les accusés comparaissent devant le Juge souverain. Après la condamnation du barbare (Rom. 1), après celle de l'homme moral et civilisé (début du ch. 2), c'est le Juif qui est appelé à la barre. Il se présente la tête haute. Son nom de Juif, la loi sur laquelle il se repose, le vrai Dieu qu'il prétend connaître et servir (v. 17â¦), tout cela va certainement établir sa supériorité sur les autres prévenus et le faire acquitter⦠Mais que lui répond le Magistrat suprême? â Je ne te jugerai ni sur tes titres (v. 17), ni sur ta connaissance (v. 18), ni sur tes paroles (v. 21), mais sur tes actes. «Toi donc qui enseignes les autres⦠toi qui prêches⦠toi qui disâ¦Â», ce qui m'intéresse c'est ce que tu fais⦠et aussi ce que tu ne fais pas (Matt. 23:3). Loin de t'excuser, tes privilèges aggravent ta culpabilité.
Le péché des païens est appelé l'iniquité (Rom. 1:18): une marche sans loi et sans frein selon les caprices de la volonté propre (1 Jean 3:4). Le péché des Juifs se nomme la transgression (v. 23), autrement dit la désobéissance aux commandements divins connus. Et combien plus responsables sont aujourd'hui les chrétiens; ils possèdent toute la Parole de Dieu!
Qui a raison? Dieu qui condamne? Ou l'accusé qui se défend? â «Que Dieu soit vrai et tout homme menteur!» s'écrie l'apôtre (v. 4). La Parole de Dieu n'est pas annulée sous prétexte qu'elle n'a pas été crue par les Juifs, ses dépositaires (v. 3; Héb. 4:2). Avec la plus grande inconséquence, ces derniers se glorifiaient de posséder la loi (Rom. 2:17), alors qu'elle rendait témoignage contre eux. C'est comme un criminel qui, tout en proclamant son innocence, remettrait lui-même à la police la pièce à conviction établissant sa culpabilité. Aussi l'Esprit de Dieu, tel le procureur dans un tribunal, fait-Il lire devant cet accusé juif toute une série de versets irréfutables tirés de ses propres Ãcritures (v. 10-18).
Mais un autre argument pourrait être avancé par l'accusé: Je ne nie pas mon injustice, mais elle met en relief la justice de Dieu; au fond elle le sert. Affreuse mauvaise foi! S'il en était ainsi, Dieu devrait renoncer à juger le monde (v. 6) et lui savoir gré au contraire de sa méchanceté qui souligne Sa propre sainteté. Mais Il cesserait alors d'être juste et se renierait Lui-même (2 Tim. 2:13). Avant le verdict final, Dieu écarte les derniers raisonnements derrière lesquels sa créature cherche toujours à se retrancher.
Devant le tribunal de Dieu, toute bouche est maintenant fermée. Les accusés sans exception sont reconnus coupables, condamnés par la loi à la peine de mort (v. 19). «Tous ont péché et n'atteignent pas à la gloire de Dieu». C'est pourquoi la sentence terrible: «tu mourras certainement», déjà annoncée par Dieu avant la chute de l'homme (Gen. 2:17), va être confirmée: «le salaire du péché, c'est la mort» (Rom. 6:23). Pour l'incrédule, gentil ou juif, ce jugement est définitif et le tribunal devant lequel tous comparaîtront un jour est une réalité effrayante (Apoc. 20:11â¦). Mais voici l'avocat qui intervient en faveur de ceux qui, tant juifs que gentils, l'ont choisi par la foi. Il ne cherche pas à minimiser les fautes commises, ainsi que le font les avocats devant les tribunaux des hommes. Il plaide au contraire en disant: La sentence est juste, mais elle a déjà été exécutée; la dette est acquittée; une mort, la mienne, a payé l'affreux salaire de leurs péchés.
Oui, la justice de Dieu est satisfaite car un crime expié ne peut être porté en compte une seconde fois. Et si Dieu est juste en condamnant le péché, Il est également juste en justifiant le pécheur «qui est de la foi de Jésus» (v. 26).
Quand une échelle est trop courte pour atteindre un objet haut placé, un homme monté sur le barreau le plus élevé n'a pas plus de facilité à s'en emparer que ceux qui sont au-dessous de lui. «Il n'y a pas de différence», avons-nous lu (Rom. 3:22); le Juif pas plus que le Grec n'atteint à la gloire de Dieu. Personne n'y accède par l'échelle de la propre justice; elle sera toujours insuffisante. La preuve en est que même Abraham (v. 3) et David (v. 6), qui incontestablement auraient eu le droit de se tenir tout en haut de cette échelle des Åuvres, ne s'en sont pas servis pour être justifiés devant Dieu. Et si eux ne l'ont pas fait, qui pourrait y prétendre? Pour bien démontrer que le salut par grâce n'a aucun rapport avec les prétentions charnelles et «la vanterie» du peuple juif (Rom. 3:27), les v. 9 et 10 rappellent que le patriarche Abraham a reçu la justice par la foi avant le signe de la circoncision (Gen. 15:6; Gen. 17:24). Au moment où Dieu l'a justifié, il était encore semblable aux païens.
Pour être sauvé, il faut commencer par se reconnaître coupable, autrement dit se déclarer d'accord avec la sentence divine rendue au chapitre précédent. C'est «l'impie», et lui seul, que Dieu justifie (v. 5; comp. Matt. 9:12).
Si Dieu est puissant pour accomplir ce qu'Il a promis (v. 21), l'homme de son côté est totalement impuissant à remplir ses propres obligations. C'est pourquoi les promesses faites à Abraham (et au chrétien) ne comportent aucune conditionâ¦, il suffit de croire. Toutes les apparences semblaient contredire ce que Dieu avait assuré à Abraham. Mais celui-ci «ne forma point de doute⦠étant pleinement persuadéâ¦Â» (v. 20, 21). D'où lui venait cette foi inébranlable? De ce qu'il connaissait Celui qui lui avait fait les promesses et Lui accordait une confiance totale. La signature de quelqu'un que nous respectons a plus de valeur pour nous que celle d'un inconnu et garantit ses engagements. La foi croit les promesses parce qu'elle croit Dieu qui les a faites (v. 17, 3; comp. 2 Tim. 1:12). Elle s'empare des grandes vérités affirmées par Sa Parole: la mort du Seigneur Jésus pour expier nos fautes, sa résurrection pour nous donner une justice (v. 25). Cher ami, arrivé à ce point de votre lecture, pouvez-vous dire avec tous les croyants: Je possède cette foi qui donne le salut. C'est pour mes péchés que Jésus a été livré; c'est pour ma justification que Dieu l'a ressuscité?
Acquitté, justifié, le croyant laisse éclater sa joie (v. 1). La paix avec Dieu est désormais sa part inestimable. Il est réconcilié avec le souverain Juge et cela par l'acte même qui aurait dû à tout jamais attirer Sa colère: «la mort de Son Fils» (v. 10)! En vérité, l'amour de Dieu ne ressemble à aucun autre. C'est bien «son amour à Lui», dont tous les motifs sont en Lui-même. Il a aimé de pauvres êtres qui n'avaient rien d'aimable, avant qu'ils fassent le moindre pas vers Lui, lorsqu'ils étaient encore sans force, impies (v. 6), pécheurs (v. 8) et ennemis (v. 10; 1 Jean 4:10, 19). Or c'est cet amour-là qui est maintenant versé dans notre cÅur.
En face du monde qui se glorifie d'avantages présents et passagers, le croyant, loin d'être honteux (v. 5), peut se prévaloir de son avenir extraordinaire: la gloire de Dieu (v. 2). Qui plus est, il est capable de trouver de la joie dans ses tribulations présentes. Car elles produisent des fruits précieux (v. 3, 4) qui rendent son espérance d'autant plus vive et plus fervente. «Et non seulement celaâ¦Â» (v. 11): nous avons le droit de nous glorifier dans les dons, mais avant tout dans Celui qui nous les dispense: Dieu Lui-même, devenu notre Dieu par notre Seigneur Jésus Christ.
Pour un croyant converti sur son lit de mort, l'épître aurait pu se terminer avec le v. 11. La question de ses péchés a été réglée; il est propre pour la gloire de Dieu. Mais pour celui qui continue à vivre sur la terre, un problème douloureux se pose désormais: il a encore en lui l'ancienne nature, «le péché», qui n'est capable de produire que des fruits corrompus. Risque-t-il donc de perdre son salut? Ce qui suit, du ch. 5:12 au ch. 8, nous apprend comment Dieu y a pourvu: Il a condamné non seulement les actes, mais aussi la volonté mauvaise qui en est la cause, le «vieil homme» (Rom. 6:6), strictement conforme à Adam notre ancêtre. Imaginons qu'un imprimeur peu consciencieux, en composant le cliché d'un livre, ait laissé passer de graves erreurs qui faussent complètement la pensée de l'auteur. Ces fautes se reproduiront lors du tirage autant de fois qu'il y aura d'exemplaires. La plus belle reliure n'y changera rien. Pour avoir un texte fidèle, l'écrivain devra faire procéder à une nouvelle édition à partir d'un autre cliché.
Le premier Adam est comme ce mauvais cliché. Autant d'hommes, autant de pécheurs! Mais Dieu n'a pas cherché à améliorer la race adamique. Il a suscité un nouvel homme, Christ, et nous a donné sa vie.
C'est trop facile â disent certains! Puisque la grâce surabonde et que nos injustices ne servent qu'à la faire briller davantage, profitons-en pour nous laisser aller à tous les caprices de notre volonté charnelle (v. 1 et 15). Mais peut-on imaginer le fils prodigue, après avoir vu l'accueil que lui a réservé son père, désirer retourner dans le pays éloigné en se disant: Je sais maintenant que je serai toujours reçu à la maison chaque fois qu'il me plaira d'y revenir? Non, un tel raisonnement n'est jamais celui d'un véritable enfant de Dieu. D'abord parce qu'il sait ce que la grâce a coûté à son Sauveur et qu'il craint de l'attrister. Ensuite, parce que le péché doit avoir perdu tout attrait pour lui. En effet, un cadavre ne peut plus être séduit par les plaisirs et les tentations. Ma mort avec Christ (v. 6) enlève au péché toute force et toute autorité sur moi. Et c'est une délivrance merveilleuse!
Le ch. 3:13-18 constatait que tous les membres de l'homme: sa langue, ses pieds, ses yeux⦠étaient des «instruments d'iniquité» au service du péché (v. 13). Eh bien! à ma conversion ces mêmes membres changent de propriétaire. Ils deviennent des «instruments de justice» à la disposition de Celui qui a tous les droits sur moi.
Il n'est rien dont l'homme fasse plus de cas que de sa liberté. Or celle-ci est une complète illusion. «La libre volonté n'est que l'esclavage du diable» (Pensées de J.N.D.). Toutefois l'homme ne s'en rend compte qu'après sa conversion. C'est seulement en cherchant à s'envoler que l'oiseau captif expérimente qu'on lui a rogné les ailes. «Quiconque pratique le péché est esclave du péché», enseignait le Seigneur Jésus. Mais Il ajoutait: «Si le Fils vous affranchit, vous serez réellement libres» (Jean 8:34, 36). Libres,⦠non pas de faire notre propre volonté: ce serait nous replacer sous le même esclavage! Qu'il nous suffise d'avoir «dans le temps déjà écoulé» accompli la volonté de l'homme pécheur (et pour quel fruit? v. 21; 1 Pierre 4:3); d'avoir travaillé pour Satan l'imposteur dans un marché de dupe, moyennant un tragique salaire: la mort, que Christ a subie à notre place (v. 23). Non; si nous sommes libres, c'est pour servir Dieu et lui obéir de cÅur (v. 17; 2 Cor. 10:5). Tel ce jeune esclave, racheté un jour à un maître cruel par un voyageur qui avait eu pitié de lui; au lieu d'aller vivre sa vie, il demanda à ne pas quitter son bienfaiteur; tout son désir était de le servir dorénavant.
Non seulement la loi réprime les méfaits que j'ai commis, mais elle juge ma nature pécheresse, par exemple mon incapacité à aimer Dieu et mon prochain comme elle le prescrit. Le péché me place donc inexorablement sous la condamnation de la loi de Dieu⦠Eh bien! J'en suis délivré de la même manière que j'ai été libéré du péché: par la mort (c'est-à -dire ma mort avec Christ; v. 4). Quand un coupable est décédé, la justice humaine ne peut plus le mettre en prison.
La loi est-elle une chose mauvaise, puisque Dieu a dû me protéger contre sa rigueur? «Qu'ainsi n'advienne!» s'écrie de nouveau l'apôtre (v. 7). Si dans un musée je prends en main un objet exposé, je n'ai peut-être pas conscience de commettre une infraction. Par contre je suis pleinement fautif s'il existe un écriteau: Défense de toucher. Mais en même temps cette inscription suggérera à beaucoup de visiteurs l'envie d'avancer le doigt vers les objets présentés. Car la nature orgueilleuse de l'homme le porte à enfreindre tout règlement pour affirmer son indépendance. Ainsi par la loi, Dieu me prend en flagrant délit de désobéissance et met en évidence la convoitise qui est en moi, afin de mieux me convaincre de péché.
On a comparé ces versets aux vains efforts d'un homme embourbé dans un marécage. Chacun de ses mouvements pour se dégager ne fait que l'enliser davantage. Se voyant perdu, il finit par crier au secours. Moralement ce drame illustre l'histoire de beaucoup d'enfants de Dieu pendant une période qui suit leur conversion. L'apôtre se met à la place d'un tel croyant (si ce n'en était pas un, d'une part il n'aurait pas ces luttes, d'autre part il ne trouverait pas son plaisir dans la loi de Dieu; v. 22). Et il nous dépeint son désespoir. Hélas! s'écrie cet homme, au lieu d'aller de progrès en progrès, je me sens chaque jour plus mauvais. J'ai découvert successivement que j'étais «sous le péché» (Rom. 3:9), que celui-ci régnait sur moi (Rom. 5:21), me dominait (Rom. 6:14), me tenait captif (Rom. 7:23), enfin qu'il «habite en moi» ( Rom. 7:17, 20), un peu comme un virus qui a pris possession de mes centres vitaux. Ce corps de mort, qui m'en délivrera? Je m'en reconnais incapable, sans force,⦠je suis donc prêt à m'en remettre à un Autre. Et Jésus me prend par la main. â Expérience pénible mais nécessaire! Dès l'instant où je n'attends plus rien de moi, je puis tout attendre de Christ.
Mais tu parus Seigneur, et rompis notre chaîne;
Devant ton grand amour disparut notre peine.
Quels transports quand la foi, par grâce, nous apprit
Que nous avions ta paix, ton salut, ton Esprit! (H&C 148 v. 3)
Pour approfondir ce sujet de lâaffranchissement en Christ, nous conseillons de lire lâÃtude sur lâÃpître aux Romains de R.B. (sur les ch. 6 - 7).
Une paix merveilleuse succède aux tourments du ch. 7. Coupable, j'ai appris qu'il n'y a plus maintenant de condamnation pour moi: je suis dans le Christ Jésus, place de sécurité parfaite. «Misérable homme», sans force pour accomplir le bien, j'ai découvert une puissance appelée: «la loi de l'Esprit de vie,» qui m'affranchit enfin de «la loi du péché», c'est-à -dire de sa domination. Telles sont les deux grandes vérités que je saisis par la foi.
Le plus habile sculpteur disposant du meilleur outil, ne pourra rien ciseler dans un bois vermoulu. Dieu est ce bon ouvrier et la loi ce bon outil (Rom. 7:12). Mais celle-ci a été rendue faible et inefficace par notre «chair» rongée par le péché (v. 3, 7). Nous étions «dans la chair» (v. 9), obligés d'agir «selon» sa volonté. Désormais nous sommes dans le Christ Jésus, marchant «selon l'Esprit» (v. 4).
Il est vrai que, si nous ne sommes plus «dans la chair», la chair est encore en nous. Seulement, après que nous avons cru, l'Esprit de Dieu est venu Lui-même habiter en nous comme le véritable maître de maison. La chair, «le vieil homme», ancien propriétaire, n'est plus présent que comme un locataire indésirable, enfermé dans une chambre. Il n'a plus aucun droit⦠mais il faut que je veille à ne pas lui ouvrir la porte.
Ainsi nous ne sommes plus «débiteurs envers la chair», ce créancier insatiable et cruel (v. 12). Car nous sommes devenus les enfants de Dieu, et notre Père n'admet pas que nous soyons asservis. Il a Lui-même payé tout ce que nous devions pour que nous soyons libres, ne dépendant plus que de Lui. Jadis l'esclave romain pouvait être affranchi et même exceptionnellement adopté par son maître avec tous les droits à l'héritage. Faible image de ce que Dieu a fait pour de pauvres êtres déchus, souillés et révoltés contre Lui! Non seulement Il leur a accordé pardon, justice, pleine délivrance, mais Il en a fait les membres de sa propre famille. Et ils sont scellés de son Esprit, par lequel aussi les enfants de Dieu connaissent leur relation avec le Père. «Papa» (Abba en hébreu) est souvent le premier mot distinct qu'articule un petit enfant (v. 15, 16; 1 Jean 2:13 fin).
En plus de cette certitude qu'Il nous donne, l'Esprit nous enseigne à faire mourir â c'est-à -dire à ne pas laisser s'accomplir â les actions de la chair (v. 13). Et c'est en nous laissant conduire par Lui que nous nous ferons connaître comme fils de Dieu (v. 14; comp. Matt. 5:44, 45) en attendant d'être révélés comme tels à toute la création (v. 19).
Sur cette terre, souillée par le péché, règnent l'injustice, la souffrance et la peur. L'homme a assujetti toute la création, y compris aujourd'hui le cosmos, au service de sa vanité (v. 20), de sa corruption (v. 21). Les soupirs de tous les opprimés montent vers le grand Juge (Lam. 3:34-36). Nous-mêmes aussi nous soupirons dans «le corps de notre abaissement» (Phil. 3:21). Nous ressentons la fatigue du péché qui nous environne et que, de plus, il nous faut continuellement juger en nous-mêmes (v. 13). Notre infirmité est grande: nous ne savons ni comment prier ni que demander. Aussi est-ce encore une fonction de l'Esprit que d'intercéder en notre faveur dans un langage que Dieu comprend (v. 27). Nous ne savons pas davantage ce qui est bon pour nous. Mais le v. 28 nous affirme que tout ce qui arrive a été préparé par Dieu et finalement s'insère dans «son propos», dont Christ est le centre. Car c'est pour donner à son Fils des compagnons dans la gloire que Dieu a préconnu, prédestiné, appelé, justifié, glorifié ces êtres, jadis misérables et perdus, qu'Il prépare actuellement pour leur céleste vocation (v. 29). Chaîne sublime des conseils divins qui relie l'éternité passée à l'éternité à venir et qui donne son sens au moment présent!
Un tel déploiement des conseils éternels de Dieu laisse le racheté sans paroles. Toute question qu'il pouvait encore se poser a trouvé sa réponse parfaite! Dieu est pour lui; quel ennemi se risquerait encore à le toucher? Dieu le justifie; qui oserait désormais l'accuser? Le seul qui pourrait le condamner: Christ, est devenu son souverain intercesseur! Et que pourrait refuser un Dieu qui nous a fait dans son Fils le plus grand de tous les dons? Il donnera «toutes choses avec Lui». Oui, y compris s'il le faut les épreuves (v. 28). Il semble que celles-ci tendraient plutôt à nous séparer de l'amour de Christ en produisant en nous les murmures ou le découragement. Au contraire! «Toutes ces choses» nous permettent de faire l'expérience de cet amour comme nous n'aurions pas pu le connaître autrement. Quelle que soit la forme de l'épreuve: tribulation, détresse, persécutionâ¦, dans chacune dâelles la grâce variée du Seigneur trouve à s'exprimer d'une manière particulière: soutien, consolation, tendresse, sympathie parfaite⦠à chaque souffrance vient répondre une forme personnelle de son amour. Et quand il en sera fini à jamais de la terre et de ses peines, nous resterons pour l'éternité les objets de l'amour de Dieu.
Les ch. 1 - 8 nous rappellent l'histoire du fils prodigue: son péché avait abondé, mais la grâce a surabondé. Revêtu de la robe de justice, il n'est pas devenu un serviteur dans la maison de son père, mais il jouit dorénavant avec lui d'une pleine relation de fils (Luc 15:11-32). Du ch. 9 au ch. 11, il va s'agir du frère aîné, autrement dit du peuple juif, de ses privilèges naturels et aussi de sa jalousie. Comme le père de la parabole, l'apôtre voudrait faire comprendre à Israël ce qu'est la grâce souveraine. Elle n'est pas liée à des avantages héréditaires. Tous les descendants d'Abraham n'étaient pas enfants de la promesse. Ãsaü par exemple, ce profane, bien que frère jumeau de Jacob, n'a pas pu hériter de la bénédiction. Et Dieu a prononcé à son sujet cette parole terrible: «J'ai haï Ãsaü». Pouvons-nous douter que Son amour n'ait d'abord épuisé toutes ses ressources? Il suffit de penser aux larmes du Seigneur Jésus sur Jérusalem coupable (Luc 19:41), douleur à laquelle l'apôtre donne un écho poignant dans nos v. 2 et 3. Répétons-le: ce ne sont pas les droits de naissance qui assurent à qui que ce soit le salut par grâce. Enfants de parents chrétiens, ceci s'adresse à vous de la façon la plus solennelle!
Dans leur incrédulité audacieuse les hommes se permettent de juger Dieu à leur propre mesure: Puisqu'en définitive Il ne fera que ce qu'Il a voulu, disent certains, de quoi peut-Il nous rendre responsables (v. 19)? Chacun aura beau faire, ajoutent-ils, s'il est prédestiné, il sera sauvé tôt ou tard; si par contre il n'est pas élu tous ses efforts ne changeront pas son sort final. Et, de ce faux point de départ découlent d'autres questions comme celles-ci: N'est-ce pas injuste d'avoir choisi les uns plutôt que les autres? â Connaissant d'avance le sort des perdus, pourquoi les avoir créés? â Comment un Dieu bon peut-Il vouer sa créature au malheur?⦠Ce chapitre nous apprend que Dieu n'a préparé aucun vase-déshonneur (ou de colère â v. 21). Il les a au contraire supportés â et les supporte encore â «avec une grande patience» (v. 22). Mais ce sont les pécheurs qui se préparent eux-mêmes sans relâche à la perdition éternelle.
Une chose est certaine, pouvons-nous répondre à tous les raisonneurs: Dieu vous a appelés, vous qui avez Sa Parole entre les mains. Il a voulu faire de vous aussi un vase de miséricorde. Seul votre refus peut l'empêcher de réaliser son dessein d'amour (lire 1 Tim. 2:4).
Les affections de l'apôtre pour son peuple se traduisaient de la bonne manière: par des prières (v. 1). C'est aussi notre premier devoir pour ceux de nos proches qui ne sont pas convertis. Paul savait par sa propre expérience qu'on pouvait être zélé pour Dieu tout en faisant complètement fausse route. Que d'entreprises, souvent généreuses et sincères, sont vouées à l'échec parce qu'elles ne sont pas «selon la connaissance»! Et ceci est à plus forte raison vrai des vains efforts déployés par tant de personnes pour gagner le ciel, alors qu'il suffit de saisir la Parole qui est «près de toi» (v. 8). Comme un homme tombé dans un précipice qui persisterait à en remonter par ses propres moyens plutôt que de se fier à la corde que des sauveteurs ont jetée à portée de sa main!
Les v. 9 et 10 nous rappellent que la foi du cÅur et la confession de bouche sont inséparables. On peut douter de la réalité d'une conversion qui n'a pas le courage de se déclarer.
Au Romains 3:22 il n'y avait pas de différence devant le péché. Tous étaient coupables. Ici il n'y en a pas quant au salut (v. 12). Tous peuvent l'obtenir. Le Seigneur est assez riche pour répondre aux besoins de tous ceux qui l'invoquent.
«La foi provient de ce qu'on entend, et ce qu'on entend par la Parole de Dieu» (v. 17). Il est donc indispensable que cette Parole efficace soit proclamée à travers le monde. «Combien sont beaux⦠les pieds de celui qui apporte de bonnes nouvelles», écrivait déjà le prophète (Ãsaïe 52:7). Il s'agissait alors de Christ seul. Désormais il est question de «ceux qui annoncent la paix», car les rachetés deviennent des prédicateurs à leur tour. Oui, si chacun d'eux voulait être, là où le Seigneur l'envoie, un messager plein de ferveur, les appels de l'évangile retentiraient jusqu'aux extrémités de la terre habitée (v. 18). Et ce v. 15 nous montre de quelle manière les croyants ont à prêcher: Non seulement par leurs paroles, mais aussi par la beauté morale de leur marche, leurs pieds étant chaussés de «la préparation de l'évangile de paix» (Ãph. 6:15).
Hélas! La question attristée: «Qui est-ce qui a cruâ¦?» (v. 16; Ãsaïe 53:1) souligne que beaucoup de cÅurs resteront fermés. C'était le cas d'Israël, malgré les avertissements de tout l'Ancien Testament: Moïse (v. 19), David (v. 18), Ãsaïe (v. 15, 16, 20, 21), c'est-à -dire la Loi, les Psaumes et les Prophètes. Mais prenons garde de ne pas être nous aussi désobéissants et contredisants (v. 21).
Malgré son incrédulité, Israël n'était pas définitivement rejeté. L'apôtre était lui-même un témoin de ce que la grâce pouvait encore accomplir en faveur du Juif rebelle (v. 1). Déjà dans les jours d'Ãlie, ce dernier se trompait en pensant que le peuple tout entier avait abandonné l'Ãternel. Dans son découragement, le pauvre Ãlie avait été jusqu'à faire «requête à Dieu contre Israël» (v. 2, 3). Mais quelle grâce dans «la réponse divine» (v. 4)! De tout temps le Seigneur s'est réservé un résidu fidèle qui refuse de se courber devant les idoles du monde. En faisons-nous partie dans le temps actuel (v. 5)? Le v. 9 nous donne un exemple de ce que peuvent être ces idoles: les plaisirs de la table deviennent un piège pour les incrédules et, ajoute le Ps. 69:22, «ce qui tend à la prospérité» leur est un filet.
Après de multiples appels, Israël a finalement été aveuglé au profit des nations. Mais l'ardent désir de l'apôtre restait celui-ci: que la jalousie du peuple juif envers les nouveaux bénéficiaires du salut (jalousie dont lui-même avait tant souffert: Actes 13:45; Actes 17:5; Actes 22:21, 22) l'incite à rechercher la grâce qu'il avait jusque-là méprisée (v. 14; Rom. 10:19).
Puisse la vue de nos bénédictions chrétiennes éveiller l'envie de tous ceux qui nous entourent!
Pour illustrer la question respective d'Israël et des nations, l'apôtre prend l'image d'un olivier franc qui représente le peuple juif. Une partie de ses branches a été arrachée «pour cause d'incrédulité» (v. 20) et à la place ont été greffés des rameaux provenant de l'olivier sauvage des nations. Or chacun sait qu'un jardinier fait toujours le contraire. Il greffe sur l'arbre sauvage le rejeton de l'espèce qu'il entend récolter. Cette introduction «contre nature» (v. 24) des gentils sur le tronc d'Israël souligne donc l'immense grâce qui nous a mis, nous qui ne sommes pas juifs, au bénéfice des promesses faites à Abraham. En éprouver de l'orgueil serait la plus grande des inconséquences (v. 20)!
Le moment viendra, après l'enlèvement des croyants, où la chrétienté infidèle sera jugée à son tour; après quoi tout le résidu d'Israël sera sauvé par son grand Libérateur (v. 26).
Ainsi les nations n'avaient aucun droit d'origine; Israël avait perdu les siens; tous étaient donc dans le même état irrémédiable, sans autre ressource que la miséricorde d'en haut. Et l'apôtre s'arrête avec adoration devant ces plans insondables, ces «profondeurs des richesses et de la sagesse et de la connaissance de Dieu» (v. 33).
Jusqu'ici nous avons vu ce que Dieu a fait pour nous. Les ch. 12 - 15 nous apprennent ce qu'Il attend à présent de notre part. Le Seigneur s'est acquis tous les droits sur nos vies. Présentons-Lui ce qui Lui appartient: nos corps, comme un sacrifice vivant (en contraste avec les victimes mortes du culte judaïque) afin qu'Il agisse à travers eux. Mais avant de servir, il est nécessaire que notre intelligence renouvelée discerne la volonté du Seigneur (lire Col. 1:9, 10). Quelles que soient les apparences, elle est toujours bonne, et agréable, et parfaite (pesons ces mots)⦠par le seul fait que c'est Sa volonté (v. 2; Jean 4:34). Il importe aussi de surveiller nos pensées et de les juger, de manière qu'elles restent des pensées d'humilité et non de propre satisfaction, des pensées saines et non souillées.
Les v. 6-8 énumèrent quelques dons de grâce: prophétie, service dans l'assemblée, enseignement, exhortation, administration, conduite du troupeau⦠Toutes ces activités, diront certains, ne me concernent pas; elles sont pour des chrétiens ayant de l'âge et de l'expérience. Eh bien! La dernière en tout cas peut être remplie par tout croyant, quel que soit son âge: «celui qui exerce la miséricorde, qu'il le fasse joyeusement» (2 Cor. 9:7).
Dans les v. 1-8, il s'agissait de notre service devant Dieu; les v. 9-16 énumèrent plutôt nos devoirs envers nos frères, tandis que du v. 17 au v. 21 il est question de notre responsabilité à l'égard de tous les hommes. Chacune de ces exhortations doit être méditée et trouve à s'appliquer dans notre vie quotidienne. Car l'autorité de la Parole s'étend aussi bien à notre vie de famille qu'à notre travail, à la semaine qu'au dimanche, aux jours de joie qu'aux jours de tristesse (v. 15)⦠Il n'est pas une circonstance dans laquelle nous ne puissions et ne devions nous comporter en chrétiens.
Le v. 11 nous encourage à l'activité. Toutefois les divers services placés devant nous: bienfaisance, hospitalité (v. 13)⦠doivent tous se résumer dans l'expression «servant le Seigneur» (et non notre réputation).
Se plaire dans ce qui est humble et avec les humbles (v. 16), supporter avec patience des injustices ou des outrages (v. 17-20), sont des attitudes contraires à notre nature. Mais c'est ainsi que se manifestera la vie de Christ en nous comme elle s'est manifestée en Lui (1 Pierre 2 v. 22, 23). Faire du bien est la seule riposte au mal qui nous soit permise et c'est aussi la seule manière de le surmonter.
Ãtre soumis aux autorités, c'est l'être à Dieu qui les a établies. à moins que ce qui est exigé de nous ne soit en contradiction évidente avec la volonté du Seigneur (comp. Actes 4:19; Actes 5:29). Le chrétien, qui profite de la sécurité et des services publics assurés par l'Ãtat, doit se comporter en bon citoyen, payer scrupuleusement ses impôts (v. 7), respecter les lois et les règlements: police, douane, etc.
«Ne devez rien-personne» (v. 8) est une exhortation à ne pas oublier à notre époque où le crédit est entré dans les mÅurs! Les dettes peuvent constituer un piège à plusieurs points de vue.
1° En engageant un avenir qui ne nous appartient pas.
2° En nous liant aux hommes plutôt quâà Dieu (Jér. 17:7).
3° En traduisant un esprit dâimpatience et de propre volonté.
Dois-je faire un achat pour lequel le Seigneur ne mâa pas encore donné lâargent nécessaire? Une seule dette doit nous lier: l'amour qui résume toutes les instructions de ce chapitre: amour pour le Seigneur (1 Pierre 2:13), pour nos frères, pour tous les hommes.
Un motif essentiel pour être fidèle et ranimer nos cÅurs, c'est que «le matin vient» (Ãsaïe 21:12). Tant que dure la nuit morale de ce monde, le croyant est invité à revêtir «les armes de la lumière» (v. 12; Ãph. 6:13â¦). Le Seigneur vient!
Le livre des Actes nous a montré combien les chrétiens sortis du judaïsme avaient peine à se dégager des formes de leur religion. Nombreux sont encore aujourd'hui dans la chrétienté les croyants qui attachent de l'importance à des pratiques extérieures: abstention de viandes, respect de fêtes⦠Gardons-nous de les critiquer! Je n'ai pas le droit de douter qu'un chrétien n'agisse «à cause du Seigneur» (v. 6) dont il est un serviteur responsable. D'une manière générale, la disposition à juger les autres est toujours la preuve que je connais mal mon propre cÅur. Car si je suis véritablement saisi à la fois par l'horreur de moi-même et par le sentiment de la grâce de Dieu qui me supporte, tout esprit de supériorité disparaît de ma pensée. Puis-je d'ailleurs m'ériger en juge alors que je vais comparaître bientôt pour mon propre compte devant le tribunal de Dieu (v. 10; bien qu'étant déjà justifié)? Non seulement je n'ai pas à juger les motifs du comportement d'un frère, mais je dois veiller à ne pas le scandaliser par le mien. Je suis exhorté à m'abstenir de ce qui pourrait détruire (contraire d'édifier) un autre croyant. Pour cela le v. 15 me donne l'argument décisif: ce frère est «celui pour lequel Christ est mort».
Ces versets continuent le sujet de nos rapports avec les autres croyants. Outre la mise en garde de ne pas les scandaliser, nous trouvons des recommandations positives:
1º Poursuivre «les choses qui tendent à la paix et⦠à l'édification mutuelle» (v. 19). Or les critiques tendent au résultat inverse.
2º Porter, essentiellement par la prière, les infirmités des faibles (ce qui ne signifie nullement être indulgent pour les péchés), en nous rappelant que nous avons aussi le plus grand besoin du support de nos frères et sÅurs pour nos propres infirmités.
3º Ne pas rechercher ce qui nous est agréable, mais ce qui fera du bien à notre prochain. Nous suivrons ainsi les traces du Modèle parfait (v. 2, 3).
4º S'attacher à avoir un même sentiment pour que la communion dans le culte ne soit pas troublée (v. 5, 6) et «recevoir» les autres avec la même grâce qui nous a nous-mêmes reçus (v. 7).
Soulignons les qualificatifs donnés dans ce ch. 15 au «Dieu et Père de notre Seigneur Jésus Christ» (v. 6). Il est «le Dieu de patience et de consolation» (v. 5) et nous dispense celles-ci par sa Parole (v. 4). Il est aussi «le Dieu d'espérance» et veut nous y faire abonder (v. 13). Enfin le v. 33 le désigne comme le Dieu de paix qui veut être avec nous tous.
L'apôtre est persuadé des meilleures choses en ce qui concerne les chrétiens de Rome (v. 14). Présumer le bien chez nos frères, c'est faire confiance à Christ qui est en eux. C'est aussi les stimuler à se maintenir à ce niveau.
Avec une humilité touchante, Paul n'annonce pas sa visite aux Romains comme si ses exhortations leur étaient nécessaires, mais au contraire en reconnaissant leur capacité de s'exhorter l'un l'autre (v. 14). Ni non plus comme si eux allaient avoir l'honneur de sa présence, mais bien comme ayant lui-même le désir de jouir de la leur (v. 24 fin). Enfin le grand apôtre écrit à ses frères de Rome qu'il a besoin de leurs prières (v. 30).
Pressé par son zèle pour l'évangile, Paul avait souvent cherché à se rendre à Rome (v. 22). Mais Dieu, dans sa sagesse, ne le lui avait pas permis. Cette capitale du monde ancien ne devait pas devenir le centre de son Åuvre. Il ne fallait pas que l'église de Rome puisse se prévaloir ensuite d'avoir été fondée par un apôtre pour s'élever au-dessus des autres assemblées⦠comme elle n'a pas manqué de le faire plus tard. «L'Ãglise (entière) est la vraie capitale céleste et éternelle de la gloire et des voies de Dieu» (J.N.D., Ãtudes sur la Parole, Actes).
Romains 12 enseignait ce que devaient être la consécration et le service chrétiens. Romains 16 nous en montre la pratique dans ces chers croyants de Rome auxquels l'apôtre adresse ses salutations. Nous avons ici, a écrit quelqu'un, «une page spécimen du livre de l'éternité⦠Il n'est pas un seul acte de service que nous rendons à notre Seigneur, qui ne soit couché par écrit dans son livre; et non seulement la substance de l'acte, mais aussi la manière dont il est faitâ¦Â» (C.H.M., Nombres). C'est ainsi qu'au v. 12, Tryphène, Tryphose et Persis, la bien-aimée, ne sont pas nommés ensemble, car si les deux premières travaillaient dans le Seigneur, le troisième avait «beaucoup travaillé» et leurs services ne sont pas confondus. Tout est apprécié et enregistré par Celui qui ne se trompe pas.
Paul de son côté n'oublie pas ce qui a été fait pour lui (fin v. 2 et 4). Nous retrouvons ici ses «compagnons d'Åuvre» Prisca et Aquilas (Actes 18). L'assemblée se réunissait simplement dans leur maison (quel contraste avec les riches basiliques édifiées depuis à Rome!).
Les salutations en Christ contribuent à resserrer les liens de la communion fraternelle. Nous ne devrions donc pas négliger de transmettre celles dont on nous a chargés.
Les sujets de joie que Paul trouvait dans les croyants de Rome (v. 19) ne lui faisaient pas perdre de vue les dangers auxquels ils étaient exposés. Avant de clore son épître, il les met en garde contre les faux docteurs, reconnaissables à ce qu'ils cherchaient à se plaire à eux-mêmes, servant leurs ambitions et leurs convoitises (leur propre ventre: v. 18; Phil. 3:19). Le remède ne consiste pas à discuter avec «ces sortes de gens» ni à étudier leurs erreurs mais à s'éloigner d'eux, en étant simples quant au mal (v. 17-19; Prov. 19:27). Néanmoins, ces manifestations du mal ne nous laissent pas insensibles. Aussi, pour nous encourager, l'Esprit nous affirme que bientôt le Dieu de paix brisera Satan sous nos pieds (v. 20).
Plusieurs parents de Paul se trouvaient parmi les premiers chrétiens (v. 11, 21), fruits sans doute de ses prières (Rom. 9:3; 10:1). Que ceci stimule notre intercession pour ceux des nôtres encore inconvertis!
Ce que Dieu attend de notre foi, c'est l'obéissance (v. 19 et 26 fin), et ce que notre foi peut attendre de Lui par «notre Seigneur Jésus Christ» c'est la puissance (v. 25), la sagesse (v. 27) et la grâce (v. 20, 24). Avec l'apôtre, donnons-Lui gloire, en Lui exprimant notre reconnaissance et surtout en vivant pour Lui plaire.
Une assemblée nombreuse avait été formée à Corinthe par le ministère de Paul (Actes 18:10). Et celui-ci, aussi fidèle pasteur que zélé évangéliste, continue à veiller sur elle avec sollicitude (comp. 2 Cor. 11:28). Il écrit d'Ãphèse cette première lettre qui s'adresse aussi à «tous ceux qui en tout lieu invoquent le nom de notre Seigneur Jésus Christ» (v. 2). Si nous en faisons partie, elle est donc bien écrite pour nous.
Paul a reçu de Corinthe des nouvelles fâcheuses. Divers désordres étaient apparus dans cette assemblée. Mais avant d'aborder ces sujets pénibles, il rappelle à ces croyants leurs richesses spirituelles, attribuant celles-ci à la grâce de Dieu (v. 4, 5). Pour mesurer notre responsabilité et prendre plus au sérieux notre vie chrétienne, essayons quelquefois de faire le compte de nos inestimables privilèges. Et sachons-en remercier le Seigneur comme l'apôtre le fait ici.
Le premier reproche adressé à l'assemblée de Corinthe concerne leurs discordes, tendance qui nous guette aussi parfois! On y suivait l'homme (Paul, Apollos, Céphas et Christ en tant que docteur plus excellent que d'autres: Jean 3:2), au lieu d'être unis dans la communion de «Jésus Christ, notre Seigneur», le Fils de Dieu (v. 9). Que celle-ci soit toujours notre part (1 Jean 1:3)!
Pour «nous qui obtenons le salut», la parole de la croix est la puissance de Dieu. Mais pour ceux qui nâont pas la vie divine, elle n'est que folie. Tout ce que signifie la croix: la mort d'un juste exigée par la justice de Dieu, le pardon gratuit pour des pécheurs, la mise de côté de l'homme naturel, autant de vérités qui heurtent la raison humaine. Qu'on présente au contraire des miracles et des Åuvres spectaculaires, un noble idéal accompagné d'une morale qui réclame des efforts⦠à la bonne heure, voilà le genre de religion qui ne choque personne! Eh bien, tous les sages, scribes, disputeurs, bref les esprits forts de ce siècle⦠et de tous les siècles, le v. 18 les range sous une commune et effrayante désignation: «ceux qui périssent».
C'est un fait que parmi les rachetés du Seigneur il y a peu de sages, de puissants, de nobles⦠(v. 26). Car il est plus difficile à ceux-ci de devenir «comme de petits enfants» (Matt. 18:3; Matt. 11:25). Pour se glorifier Dieu choisit ce qui est faible, vil, méprisé, et tels sont les chrétiens selon l'estime du monde. Mais qu'importe leur valeur propre puisqu'ils sont en Christ et que Lui est pour leur compte: puissance,⦠sagesse⦠et justice, et sainteté, et rédemption (v. 24, 30).
Nous savons que, dans le monde, un don d'orateur, un certain brio, et des «paroles persuasives de sagesse» peuvent suffire à assurer le triomphe de presque nâimporte quelle cause. Mais pour communiquer la foi, Dieu n'a pas l'emploi de ces capacités humaines ni des habiletés de la propagande (v. 4, 5). Paul, malgré son instruction, ne s'était pas fait remarquer à Corinthe par sa sagesse, sa culture ou son éloquence. Il aurait contredit son enseignement, car la croix de Christ qu'il annonçait signifie justement la fin de tout ce dont l'homme s'enorgueillit. Mais loin d'y perdre quoi que ce soit, le croyant a reçu à la fois les choses invisibles «librement données par Dieu» â et le moyen de les discerner et de se les approprier: le Saint-Esprit, seul agent que Dieu emploie pour transmettre ses pensées (v. 12). à quoi peut servir un morceau de musique sans instrument pour l'interpréter, une cassette ou un disque sans l'appareil qui permet de l'écouter? Mais aussi quel serait l'effet du plus beau concert sur un auditoire composé de gens complètement sourds? De même le langage de l'Esprit est inintelligible à «l'homme animal». Par contre «celui qui est spirituel» peut recevoir les «choses spirituelles par des moyens spirituels» (v. 13-15).
Absorbés par leurs divisions, les Corinthiens n'avaient fait aucun progrès. Ils ressemblaient à de mauvais écoliers se disputant à qui a le maître le plus savant ou la plus belle salle de classe. Paul leur déclare que s'occuper du serviteur plutôt que de son enseignement c'était de l'enfantillage, c'était être encore charnels (v. 3). Que de fois nous confondons la vérité avec celui qui la présente: Si par exemple nous écoutons tel serviteur de Dieu avec le parti pris qu'il n'a rien à nous apporter, nous recevrons exactement ce que nous avons attendu.
Puis l'apôtre évoque la responsabilité de celui qui édifie. Dans l'Åuvre de Dieu, vue comme un champ de culture ou comme un édifice, chaque ouvrier a une activité propre. Il peut apporter des matériaux (c'est-à -dire divers aspects de la vérité): édifier les âmes en leur présentant la justice de Dieu (l'or), la rédemption (l'argent), les gloires variées de Christ (les pierres précieuses). Mais sous l'apparence de beaucoup de volume, il peut aussi construire avec du bois, du foin, du chaume⦠travail qui ne résistera pas au feu. Oui, «que chacun considère comment» (non pas combien) il édifie sur ce fondement unique et impérissable: Jésus Christ.
à côté de vrais ouvriers qui peuvent faire un mauvais travail (v. 15), il existe de faux serviteurs qui corrompent le temple de Dieu, ce temple qui est saint comme celui qui lâhabite. Et nous aussi nous sommes saints, rappelle lâapôtre (v. 17). Que personne ne se fasse illusion ni sur ce qu'il est, ni sur ce qu'il fait (v. 18). La sagesse du monde est folie pour Dieu, la sagesse de Dieu folie pour le monde (v. 19). L'une et l'autre s'apprécient en fonction du but poursuivi. L'homme naturel considère avec pitié le chrétien qui, estime-t-il, sacrifice à un avenir vague et incertain les avantages et les plaisirs du moment présent. Eh bien! Puissions-nous tous être atteints de ce genre de folie! Que sont d'ailleurs les misérables vanités dont nous pourrions faire étalage à côté de ce que nous possédons? Toutes choses sont à nous, affirme Paul; et elles sont à nous parce que nous-mêmes sommes à Christ à qui tout appartient. Sous sa dépendance, nous pouvons disposer de tout pour son service. Mais ce qui importe d'abord c'est d'être «trouvé fidèle» (1 Cor. 4:2). Car chacun est un administrateur, petit ou grand, et chacun à ce titre recevra sa louange non de la part de son frère mais de la part de Celui qui lit dans les cÅurs (v. 5; voir 2 Tim. 2:15).
La racine des querelles à Corinthe, qu'était-ce sinon l'orgueil (Prov. 13:10)? Chacun faisait valoir ses dons spirituels et ses connaissances (1 Cor. 1:5), n'oubliant qu'une chose, c'est qu'il avait tout reçu par pure grâce. Pour rester humbles, souvenons-nous toujours de la question du v. 7: «qu'as-tu que tu n'aies reçu?».
De plus, s'enfler ainsi du vent de sa propre importance, c'était désirer autre chose que «Jésus Christ crucifié» (1 Cor. 2:2), c'était «régner» dès maintenant, alors qu'il est écrit: «si nous souffrons (c'est le présent) nous régnerons aussi avec lui» (2 Tim. 2:12). Paul de son côté n'avait pas inversé les choses. Il acceptait volontiers de prendre place pour le moment présent avec «les balayures du monde, le rebut de tous»â¦, part dont bien peu de chrétiens savent se contenter. Mais, sachant qu'il y allait de leur vrai bonheur, il supplie ses chers Corinthiens de le suivre dans un tel chemin. Il était leur père spirituel (v. 15) et voulait qu'ils lui ressemblent comme des enfants ressemblent à leur père. Or, si ses avertissements n'étaient pas écoutés, il était prêt, lorsqu'il irait vers eux, à faire usage de «la verge», c'est-à -dire à les corriger sévèrement, devoir paternel dont il s'acquitterait pour le profit de ses «enfants bien-aimés» (v. 14).
L'apôtre aborde maintenant un sujet bien pénible. Outre de divisions fâcheuses, il y avait dans l'assemblée à Corinthe un grave péché moral, lequel, bien que commis par un seul individu, souillait l'assemblée toute entière (comp. Jos. 7:13â¦). Or ce ferment de mal, ce «levain», qui aurait dû plonger les Corinthiens dans le deuil et la confusion, n'empêchait pas leur «vanterie». C'est un peu comme si un homme atteint de lèpre feignait d'ignorer sa maladie et cachait ses plaies sous des habits magnifiques. Au nom du Seigneur, l'apôtre réclame la sincérité et la vérité (v. 8). Il n'hésite pas à mettre sans ménagement ce mal à découvert. Avant tout service et toute profession chrétienne, il faut que la conscience soit en ordre. Et la sainteté exige que les croyants, non seulement s'abstiennent du mal dans leurs propres voies, mais se tiennent séparés des personnes qui vivent dans le péché tout en se parant du titre d'enfants de Dieu (v. 11). Quel est le grand motif pour lequel, individuellement et comme assemblée, nous avons à nous garder de toute communion et de toute légèreté à l'égard du mal? Nullement notre supériorité sur d'autres, mais la valeur infinie du sacrifice qui a expié nos péchés (v. 7).
Un autre désordre existait à Corinthe. Des frères avaient été jusqu'à porter leurs différends devant les tribunaux de ce monde. Triste témoignage vraiment! L'apôtre reprend aussi bien celui qui n'a pas supporté l'injustice que celui qui l'a commise. Puis il envisage les principaux vices courants parmi les païens et déclare solennellement qu'il n'est pas possible d'être sauvé tout en continuant à vivre dans l'iniquité. â Voilà ce que vous étiez, certains d'entre vous, conclut-il. Mais aussi, voilà ce que Dieu a fait: vous avez été lavés, sanctifiés, justifiés! Est-ce pour vous souiller de nouveau?
Le péché mis à part, rien ne m'est défendu⦠mais tout peut m'asservir si je n'y prends pas garde (v. 12). «Le mal n'est pas dans les choses, mais dans l'amour pour les choses qui est dans le cÅur» (J.N.D., Notes sur Luc).
Les v. 13-20 concernent la pureté. Qu'ils soient tout spécialement gravés dans le cÅur du jeune homme chrétien, plus exposé aux tentations charnelles. Son propre corps ne lui appartient plus. Dieu l'a racheté afin d'en faire pour Christ un membre de Son corps (v. 15) et pour le Saint-Esprit un temple qui doit être saint comme l'est son Hôte divin (v. 19).
Après avoir en 1 Cor. 6:13-20 mis en garde le croyant contre l'impureté, l'apôtre en réponse à des questions posées lui parle au ch. 7 du chemin dans lequel il peut s'engager avec l'approbation du Seigneur: celui du mariage. Le jeune chrétien qui a pris garde à sa voie selon la Parole (Ps. 119:9), devra plus que jamais continuer à s'attendre à lui pour cette décision capitale.
Des instructions sont données ensuite, soit par inspiration directe du Seigneur, soit par l'apôtre comme fruit de son expérience, pour aider ceux dont la situation de mariage peut être difficile : en particulier un frère ou une SÅur ayant un conjoint incrédule. Notons bien que l'encouragement du v. 16 s'adresse à un croyant déjà marié lors de sa conversion et non à quelqu'un qui désobéirait à 2 Cor. 6:14.
«Vous avez été achetés à prix», répète le v. 23 (1 Cor. 6:20). Ce que nous avons coûté de souffrances au Seigneur Jésus pour nous arracher à la puissance de Satan et du monde, est le grand motif pour ne pas nous y replacer. Pour le servir, le Seigneur veut des hommes et des femmes libres. Mais c'est lui qui a choisi les conditions dans lesquelles il veut que chacun le serve: pays, milieu social, relations de travail. Avant de décider n'importe quel changement, soyons sûrs que c'est bien selon sa volonté.
Ãtre sans inquiétude quant aux choses de la terre, avoir le cÅur exclusivement occupé des intérêts du Seigneur en cherchant comment lui plaire, vaquer à son service sans distraction, oui, voilà l'avantage du serviteur de Dieu qui n'est pas marié par rapport à celui qui l'est. Mais il faut, comme Paul, avoir reçu cela comme une grâce.
Au ch. 8 Paul s'occupe des viandes de boucherie, souvent offertes sur les autels païens avant d'être vendues sur le marché. C'était pour plusieurs un problème de conscience (comp. Rom. 14). Dans nos pays cette question n'est plus actuelle mais ces exhortations s'appliquent à tous les cas où nous risquons de choquer un autre croyant: un frère pour lequel Christ est mort.
Que de choses les Corinthiens connaissaient! «Ne savez-vous pasâ¦?», leur répète continuellement l'apôtre (voir 1 Cor. 6:2, 3, 9, 15, 19â¦). Hélas! à quoi leur servait cette connaissance? Seulement à en tirer vanité. Et nous courons ce même danger, nous qui connaissons souvent tant de vérités par l'intelligence plutôt que par le cÅur. Pour connaître «comme il faut connaître», il faut aimer Dieu (v. 3). Et l'aimer c'est mettre en pratique ce que l'on a le privilège de savoir (Jean 14:21, 23).
L'exemple du laboureur revient fréquemment dans la Parole. Il souligne d'abord la fatigue liée au travail de la terre (Gen. 3:17); puis l'espérance et la foi qui doivent animer l'agriculteur (v. 10; 2 Tim. 2:6); enfin la patience avec laquelle il lui faut attendre «le fruit précieux de la terre» (Jac. 5:7). Or les Corinthiens étaient «le labourage de Dieu» (1 Cor. 3:9) et le fidèle ouvrier du Seigneur y poursuivait ses travaux au prix du renoncement à bien des choses légitimes afin de ne mettre aucun obstacle à l'Ãvangile du Christ (que de choses moins légitimes entravent souvent notre service!). Paul effectuait présentement un pénible sarclage, arrachant en quelque sorte toutes les mauvaises herbes qui avaient poussé dans le champ de Corinthe.
Enflés par leurs dons et leurs connaissances, certains hommes s'étaient attribués une place prépondérante dans l'assemblée de Corinthe. Et, comme s'élever soi-même conduit toujours à rabaisser les autres, ils en étaient venus à contester l'autorité de l'apôtre, c'est-à -dire celle de Dieu. Paul se trouve de ce fait obligé de justifier son ministère et sa conduite. Ãvangéliser était son devoir, reçu de la bouche du Seigneur, et il n'avait pas été désobéissant à la vision céleste (Actes 26:17-19). L'apôtre se faisait le serviteur de tous afin de les gagner à l'évangile. Doit-on comprendre alors qu'il se prêtait à tous les compromis? Absolument pas! Comme Jésus lui-même au puits de Sichar, il savait trouver chaque âme sur son propre terrain et lui parler le langage qu'elle pouvait comprendre. Aux Juifs il présentait le Dieu d'Israël, leur responsabilité dans le rejet du Sauveur, Fils de David et la rémission des péchés (Actes 13:38â¦). Aux Gentils idolâtres, il annonçait le Dieu unique, patient envers sa créature, ordonnant de se repentir (Actes 17:22â¦). L'apôtre avait constamment devant les yeux le prix qui devait couronner ses efforts: toutes les âmes sauvées par son ministère (1 Thess. 2:19; Phil. 4:1). Tendu vers le but, il courait comme l'athlète dans le stade, disciplinant strictement son corps, ne pensant qu'à la victoire. Mais le champion sportif n'a devant lui qu'une gloire éphémère, des lauriers qui demain seront fanés (v. 25). Notre course chrétienne, elle, a pour enjeu une couronne inflétrissable. Courons chacun de manière à la remporter (v. 24).
à travers l'exemple d'Israël, Paul nous fait mesurer l'accablante responsabilité des chrétiens professants. Ils ont eu part extérieurement aux bénédictions spirituelles les plus excellentes: Christ, Son Åuvre, Son Esprit, Sa Parole⦠(v. 3, 4). Mais Dieu ne peut prendre plaisir en la plupart d'entre eux parce que la foi leur manque (v. 5; Héb. 10:38). Par l'histoire du peuple dans le désert, lâEsprit de Dieu nous donne un triste exemple de ce que nos cÅurs sont capables de produire, même sous le manteau du christianisme: convoitises, idolâtrie, murmures⦠Il nous avertit solennellement de ce que méritent ces fruits de la chair â bien que la grâce agisse en faveur du croyant. Or ce mal qui est en puissance en nous, le Tentateur cherche à le faire apparaître par ses sollicitations, afin de nous faire tomber. Et ceci précisément au moment où nous pourrions nous croire debout par nos propres forces (v. 12). Mais «Dieu est fidèle»; quel encouragement d'y penser! Connaissant notre faiblesse, il ne permettra pas à Satan de nous tenter au-delà de ce que chacun peut supporter (v. Job 1:12; 2:6). Il a préparé d'avance à l'épreuve une issue victorieuse (v. 13). Appuyons-nous sur ces promesses chaque fois que l'Ennemi se présente. Oui, Dieu est fidèle!
La communion avec Dieu, part bénie du croyant, exclut toute participation avec l'idolâtrie sous ses formes les plus raffinées. D'une manière particulière, c'est à «la table du Seigneur» que la communion est exprimée. Ceux qui prennent part à la coupe et au pain sont en principe tous des rachetés du Seigneur sans être, il s'en faut de beaucoup, tous les rachetés du Seigneur. Cependant nous les voyons par la foi représentés dans le seul pain, signe visible qu'il y a un seul corps. Il exprime cette unité de l'Ãglise que le monde religieux prétend vouloir réaliser⦠alors qu'elle existe déjà !
Si je ne cherche pas mon propre intérêt, que de moments deviennent disponibles pour les intérêts des autres, autrement dit pour ceux de Jésus Christ (comp. Phil. 2:21)! Or chercher l'intérêt de mon frère, ce n'est pas seulement veiller à son bien-être; c'est également penser à sa conscience. C'est faire certaines choses pour lui et s'abstenir d'en faire d'autres. Ainsi serai-je amené à me poser toujours les mêmes questions: Dans l'occasion présente, ai-je la liberté de rendre grâces? Ce que je fais en ce moment, y compris simplement manger et boire (en contraste avec le v. 7), est-ce ou non pour la gloire de Dieu?
Peu de portions de la Bible ont fait l'objet d'autant de contestations que les enseignements de ces chapitres (v. 16). Pourquoi l'apôtre â ou plutôt le Saint-Esprit â s'occupe-t-il de questions en apparence aussi minimes que le fait pour une femme de porter une longue chevelure ou de se couvrir la tête en certaines occasions? Il faut nous souvenir d'abord que notre christianisme ne consiste pas en quelques actions remarquables accomplies de temps à autre, mais qu'il est fait d'un ensemble de détails qui tissent notre vie quotidienne (Luc 16:10). D'autre part, que Dieu est souverain et n'est pas tenu de nous donner la raison de tout ce qu'Il demande de nous dans sa Parole. Obéir sans discuter est la seule vraie obéissance. Aussi ces instructions sont-elles une sorte de test pour chaque femme ou jeune fille chrétienne. C'est comme si le Seigneur lui demandait: Feras-tu cela pour moi? Auras-tu à cÅur de montrer par ce signe extérieur ta dépendance et ta soumission, ou bien feras-tu passer d'abord les exigences de la mode ou de la commodité?
Enfin, n'oublions pas ce fait solennel: le monde invisible des anges observe de quelle manière les croyants répondent à la pensée de Dieu (v. 10). Quel spectacle leur donnons-nous?
Il y avait des partis à Corinthe. Même les réunions s'en ressentaient. Les riches faisaient honte aux pauvres et excitaient leur jalousie. Fait plus grave encore, la cène, confondue avec l'agape (le repas en commun), était prise indignement par beaucoup. C'est l'occasion pour l'apôtre de rappeler ce que le Seigneur lui a spécialement révélé. La cène est le saint souvenir d'un Christ qui s'est livré pour nous. Un souvenir qui certes parle au cÅur de chaque participant, mais aussi qui proclame universellement ce fait capital: Celui qui est le Seigneur a dû mourir. Et, jusqu'à Son retour, nous sommes invités à annoncer cette mort du Seigneur dans le langage si grand et si simple qui nous a été enseigné.
Enfin ce mémorial parle à la conscience du croyant. Car la mort de Christ signifie la condamnation du péché. Prendre la cène sans s'être d'abord jugé expose donc (pour la terre) aux effets de cette condamnation. Ainsi s'expliquait la faiblesse de plusieurs à Corinthe (et peut-être parmi nous), la maladie, la mort même, qui avaient frappé certains (v. 30). Néanmoins la crainte ne doit pas nous tenir à l'écart (v. 28). Elle peut et doit s'accorder avec une réponse fervente à Celui qui a dit: «Faites ceci en mémoire de moi» (v. 24, 25).
Parlant des réunions d'assemblée, l'apôtre a donné la première place à la célébration de la cène (1 Cor. 11:20-34). Ensuite seulement, il traite des dons et services ayant en vue l'édification. N'oublions pas que le culte est de toutes les réunions la plus importante.
Paul rappelle à ces anciens idolâtres qu'ils étaient autrefois entraînés par les esprits sataniques (v. 2). Quel changement! à présent c'est l'Esprit de Dieu qui les dirige, opérant en eux «comme il Lui plaît» par les dons qu'Il leur distribue (v. 11). L'apôtre énumère ces dons, précisant qu'ils sont donnés en vue de l'utilité. Et pour illustrer à la fois l'unité de l'Ãglise et la diversité des services, il prend l'exemple du corps humain: composé de beaucoup de membres et d'organes dont aucun ne peut fonctionner sans les autres, il constitue pourtant un organisme unique, conduit par une seule volonté, celle que la tête communique à chaque membre. Ainsi est le corps de Christ. S'il comporte beaucoup de membres (autant que de croyants), il est animé par un seul Esprit pour accomplir une seule volonté, celle du Seigneur qui est «le chef» (c'est-à -dire la Tête: Ãph. 4:15, 16). Nous n'avons donc à choisir ni notre activité (v. 11), ni la place où nous devons l'exercer (v. 18).
Quel sujet d'émerveillement constitue sans chercher plus loin, le corps que nous «habitons»! «Je te célébrerai de ce que j'ai été fait d'une étrange et admirable manière», s'écrie David au Ps. 139:14. Oui, quelle diversité et pourtant quelle harmonie dans cet ensemble complexe de membres et d'organes dont le plus infime a sa raison d'être et sa fonction propre! L'Åil et le petit doigt, par exemple, ne peuvent pas se remplacer l'un l'autre. Mais le second permet d'ôter la poussière venue irriter le premier. Qu'un seul organe fonctionne insuffisamment ou d'une manière déréglée, le corps tout entier sera bientôt malade.
Tout ceci a son équivalent dans l'Ãglise, corps de Christ, lequel nâest pas une organisation, mais un organisme vivant. «Les membres⦠qui paraissent être les plus faibles, sont nécessaires» (v. 22) et chacun doit se garder de mépriser soit sa propre fonction (v. 15, 16) soit celle des autres (v. 21). Une chrétienne âgée ou infirme, par ses prières, une parole à propos ou simplement par un réconfort matériel, soutiendra peut-être le zèle d'un évangéliste ou d'un pasteur. Ainsi, ce que chacun a reçu, qu'il l'emploie pour les autres comme un bon dispensateur de la grâce variée de Dieu (1 Pierre 4:10).
Après les différents membres du corps de Christ: pied, main, oreille, Åil⦠au ch. 12, c'est comme si nous trouvions le cÅur au ch. 13. Son rôle est d'animer et de réchauffer tous les autres organes. Remarquons que l'amour n'est pas un don parmi ceux du ch. 12 mais le mobile nécessaire à l'exercice de tous les dons. C'est un «chemin» ouvert à tous et qui conduit vers tous (1 Cor. 12:31). De même qu'un chemin est fait pour y marcher, l'amour ne se connaît vraiment que par l'expérience. C'est pourquoi ce chapitre merveilleux ne nous en donne aucune définition. Il dresse une liste â non limitative mais suffisante pour nous humilier profondément â de tout ce que l'amour fait et surtout de ce qu'il ne fait pas. Ce chemin a été celui de Christ ici-bas; et remarquons que son Nom peut être substitué au mot amour dans ce chapitre sans en changer le sens (voir 1 Jean 4:8). Dans notre connaissance des choses encore invisibles, tout est partiel, indistinct, précaire. Mais bientôt nous verrons «face à face». Alors notre Sauveur, qui Lui nous a connus à fond, nous fera entrer dans l'entière connaissance de Lui-même (v. 12; Ps. 139:1â¦). Et l'amour impérissable sera parfaitement et éternellement satisfait dans notre cÅur et dans le Sien.
Beaucoup se plaignent de la faiblesse actuelle due à l'absence de dons dans les assemblées. Mais désirent-ils ceux-ci avec ardeur comme le v. 1 les y invite? Le Seigneur s'est peut-être proposé de vous confier un tel don et attend pour le faire de lire en vous ce désir ardent. Demandez-le Lui⦠en même temps que l'humilité qui vous empêchera de vous glorifier de ce don; il n'est pas pour vous, mais pour l'Assemblée (v. 12). Les Corinthiens précisément se servaient de leurs dons pour leur propre gloire, et le plus grand désordre en était résulté. L'apôtre les ramène à une juste appréciation des choses en leur montrant que le don dont ils se vantaient le plus, celui des langues, était justement un des moins grands (v. 5). Le don de prophétie par contre était â et reste â particulièrement désirable. Il ne comporte plus comme autrefois la révélation de l'avenir, mais sert à édifier, à exhorter, à consolerâ¦
Le v. 15 nous rappelle que, pour prier comme pour chanter, une participation de notre intelligence est nécessaire. Nous qui sommes souvent si distraits dans la présence du Seigneur, pensons à ce que nous exprimons devant Dieu; appliquons-nous à en méditer la profondeur. Mais que notre esprit soit conduit par le Saint-Esprit.
Le don des langues était accordé non pour édifier l'assemblée ni pour évangéliser, mais pour convaincre les incrédules juifs (ce peuple) que Dieu offrait la grâce aux nations (v. 21, 22). Démonstration qui nâest plus nécessaire aujourdâhui. Or «l'édification» est le mot-clé de ce chapitre, la pierre de touche à laquelle toute action doit être soumise: ce que je me propose de dire ou de faire, est-ce réellement pour le bien de mes frères (Ãph. 4:29)? D'ailleurs si j'ai en vue leur profit, j'y trouverai toujours en même temps une bénédiction pour moi-même. Si par contre je pense à mon intérêt ou à ma gloire, il s'ensuivra finalement une perte à la fois pour les autres et pour moi (1 Cor. 3:15).
Deux autres conditions président à la vie de l'assemblée: la bienséance et l'ordre (v. 40). Elles imposent des règles pratiques qui touchent au bon sens (v. 26-33) ou à l'ordre divin (v. 34, 35). L'apôtre ne voulait pas que les Corinthiens soient ignorants (1 Cor. 12:1). Toutefois si quelqu'un néglige de s'instruire dans ces sujets concernant l'Assemblée, eh bien! qu'il reste ignorant (v. 38). Dieu est un Dieu de paix (v. 33) et Il veut que l'Assemblée, répondant à ses propres caractères, soit le lieu où Il puisse amener des inconvertis qui y reconnaîtront Sa présence (v. 24, 25).
Une grave question restait à régler: Quelques personnes à Corinthe niaient la résurrection. Paul démontre qu'on ne peut toucher à cette doctrine sans renverser tout l'édifice de la foi chrétienne. S'il n'y a pas de résurrection, Christ Lui-même n'est pas ressuscité; son Åuvre n'a pas reçu l'approbation de Dieu; la mort demeure invaincue et nous sommes encore dans nos péchés. De ce fait, l'Ãvangile n'a plus aucun sens et notre foi a perdu tout appui. La vie de renoncement et de séparation du chrétien devient absurde, et de tous les hommes, il est le plus à plaindre puisqu'il perd à la fois la vie présente et l'éternité.
Dieu soit béni, il n'en est rien: «le Seigneur est réellement ressuscité» (Luc 24:34). Mais devant l'importance de cette vérité, nous comprenons pourquoi Dieu a pris tant de soin pour l'établir. En premier lieu par les Ãcritures (v. 3, 4). Puis par des témoins irrécusables en raison de leur qualité: Céphas, Jacques, Paul lui-même (tout en s'en déclarant indigne); ou de leur nombre: environ cinq cents frères que l'on pouvait encore interroger. Et sans doute, plus d'un lecteur, sans avoir encore vu le Seigneur Jésus de ses yeux, a expérimenté pour lui-même que son Sauveur est vivant (comp. Job 19:25).
Christ ressuscité n'a fait que devancer les croyants qui se sont «endormis». Ils ressusciteront à sa venue. Quant aux autres morts, ils ne seront «rendus vivants» que plus tard, pour comparaître devant le trône du jugement (Apoc. 20:12). Et c'est alors seulement que tout sera définitivement soumis à Christ. Après quoi la pensée se perd dans les profondeurs de l'éternité bienheureuse où Dieu finalement sera tout en tous (v. 28).
Ayant fermé cette parenthèse glorieuse (v. 20-28), l'apôtre montre comment le fait de croire ou de ne pas croire à la vie future détermine le comportement de tous les hommes⦠à commencer par le sien (v. 30-32). Combien y a-t-il de ces malheureux dont toute la religion tient en ces mots: «Mangeons et buvons, car demain nous mourrons» (v. 32)! Ils se persuadent que rien n'existe au-delà de la tombe pour s'excuser de jouir sans frein de leur brève existence, «comme des bêtes sans raison, purement animales» (2 Pierre 2:12). Quant au chrétien, sa foi devrait le tenir en éveil (v. 34), le préserver de s'associer à de dangereuses compagnies, l'empêcher de manger et de boire avec les ivrognes de ce monde (v. 33; Matt. 24:49). Que la compagnie du Seigneur et des siens nous suffise jusqu'à Son retour!
à quoi ressemblera le nouveau corps dont le croyant sera revêtu dans la gloire (v. 35)? La Bible ne satisfait jamais notre curiosité. «Insenséâ¦Â» répond-elle à tous les efforts de notre imagination. Si je vous présente une graine inconnue, vous ne pouvez me dire quel genre de plante en sortira. De même, dans une chenille répugnante et terne, rien ne laisse deviner le papillon qui va se déployer chatoyant sous tous les jeux de la lumière. â Mais pour assister aux petits miracles de la germination ou de la métamorphose, il faut la mort de la graine et le sommeil de la chrysalide (comp. Jean 12:24). Ainsi le racheté qui s'est «endormi» paraîtra revêtu d'un corps de résurrection. Quel avenir prodigieux est réservé à ce corps de poussière, simple enveloppe de l'âme! Il ressuscite «en incorruptibilité»: la mort n'a plus de pouvoir sur lui; «en gloire» et «en puissance»: sans plus d'infirmités ni de faiblesse; «corps spirituel»: définitivement débarrassé de la chair et de ses désirs, instrument parfait du Saint-Esprit. Enfin, il sera semblable-celui de Christ ressuscité. N'avons-nous pas là déjà suffisamment de renseignements précieux sur notre état futur⦠et de raisons pour glorifier Dieu dès maintenant dans notre corps (1 Cor. 6:14, 20)?
Cet exposé magistral de la doctrine de la résurrection ne serait pas complet sans une dernière révélation: tous les croyants ne passeront pas par le sommeil de la mort. Les vivants ne seront pas oubliés quand Jésus reviendra. «En un clin d'Åil» aura lieu l'extraordinaire transformation qui rendra chacun propre à la présence de Dieu. De même que, dans la parabole, les invités aux noces royales devaient échanger leurs haillons contre la robe glorieuse (Matt. 22), morts et vivants revêtiront un corps incorruptible et immortel. Alors la victoire de Christ sur la mort, dont Il a donné la preuve dans sa propre résurrection, aura son accomplissement grandiose dans les siens. Eh bien! Comme toute vérité, ce «mystère» doit avoir une conséquence pratique dans la vie de chaque racheté. Notre espérance est «ferme» (Héb. 6:19); soyons fermes nous aussi, «inébranlables, abondant toujours dans l'Åuvre du Seigneur». Notre travail ne sera jamais vain s'il est fait «dans le Seigneur» (v. 58, réponse au v. 32). Si même aucun fruit n'est visible sur la terre, il y a une suite en résurrection.
Le ch. 16 fournit un exemple de service chrétien: la collecte au premier jour de la semaine. Elle a beaucoup d'importance pour le cÅur de l'apôtre et pour celui du Seigneur.
Ces versets contiennent: les dernières recommandations de l'apôtre, quelques nouvelles qu'il donne, enfin les salutations qu'il adresse à ses chers Corinthiens. Parmi eux, il se plaît à reconnaître des frères dévoués et dignes de respect: Stéphanas, Fortunat, Achaïque, et il les cite en exemple (1 Tim. 3:13).
à ces croyants de Corinthe qui ne s'occupaient que des effets extérieurs et spectaculaires du christianisme, Paul a souligné successivement quels motifs devaient les faire agir: «Faites tout pour la gloire de Dieu» (1 Cor. 10:31). â «Que tout se fasse pour l'édification» (1 Cor. 14:26). â «Que toutes choses se fassent avec bienséance et avec ordre» (1 Cor. 14:10). â Enfin ici: «Que toutes choses parmi vous se fassent dans l'amour» (v. 14). C'est sur ce mot amour que Paul achève une épître pourtant si sévère (comp. 2 Cor. 7:8). Sans tenir compte des partis qui existaient à Corinthe, il affirme: «Mon amour est avec vous tous dans le Christ Jésus». Toutefois, étant donné cette dernière condition, s'il y en avait qui n'aimaient pas le Seigneur, ils s'excluaient eux-mêmes de cette salutation et Sa venue prenait pour eux un caractère solennel. «Maranatha»! Le Seigneur vient. Puissions-nous l'attendre avec joie!
Sa première épître, Paul ne l'avait pas écrite aux Corinthiens comme un censeur ou un juge sévère. Il avait été lui-même humilié et bouleversé par les nouvelles reçues de cette assemblée. D'autant plus qu'elles lui étaient parvenues à un moment où il passait par une affliction extrême dans cette ville d'Ãphèse en Asie, où il y avait beaucoup d'adversaires (v. 8; 1 Cor. 16:9). Or même une telle somme de souffrances peut être un sujet de reconnaissance, car elle entraîne une double et précieuse conséquence. D'abord elle fait perdre au croyant toute confiance en lui-même (v. 9). En second lieu elle le fait entrer dans la profondeur des sympathies du Seigneur. L'abondance des souffrances a ainsi révélé au cher apôtre l'abondance de la consolation (v. 5). Une consolation est toujours personnelle, mais elle permet à celui qui en a fait l'expérience d'entrer à son tour dans les peines des autres et de leur exprimer une vraie sympathie. Ãtre passé par l'épreuve avec le soutien du Seigneur qualifie un chrétien pour s'adresser aux affligés et diriger leurs regards vers «le Dieu et Père de notre Seigneur Jésus Christ, le Père des miséricordes et le Dieu de toute consolation» (v. 3).
Il n'était pas dans les habitudes de Paul de dire oui quand il pensait non (v. 17). Les Corinthiens pouvaient lui faire confiance: il n'avait pas d'arrière-pensée et faisait preuve de la même sincérité dans ses actes et décisions de la vie courante que lorsqu'il leur avait annoncé un évangile non falsifié (voir 2 Cor. 2:17 et 2 Cor. 4:2 fin). Combien c'est important! Si un enfant de Dieu manque sous le rapport de la vérité, il expose ceux qui l'observent à mettre également en toute la Parole dont il est un témoin si peu sûr. Paul, lui, montrait une droiture parfaite, qu'il s'agisse de ses rapports avec le monde ou avec les autres chrétiens (v. 12). N'était-il pas le messager de Celui qui est «l'Amen, le témoin fidèle et véritable», le Garant que toutes les promesses de Dieu s'accompliront (v. 20; Apoc. 3:14)?
Les v. 21 et 22 nous rappellent trois aspects du don du Saint-Esprit: Par Lui Dieu nous a oints, c'est-à -dire consacrés pour Lui et rendus capables d'entrer dans ses pensées. Il nous a scellés, autrement dit désignés comme Lui appartenant. Enfin Il nous a mis en possession des arrhes de nos biens célestes, nous donnant à la fois une première preuve de leur réalité et le moyen de les goûter dès à présent «dans nos cÅurs».
L'apôtre avait retardé son voyage à Corinthe pour laisser à sa première lettre le temps de faire son effet. Grâce à Dieu, le travail de conscience attendu s'était produit, tant dans l'assemblée que chez l'homme qui avait dû être exclu. Mais à présent les Corinthiens couraient un autre danger: celui d'oublier la grâce envers le coupable repentant. D'une indulgence blâmable, ils étaient passés à une sévérité sans amour. Satan est toujours prêt à nous faire verser d'un extrême dans l'autre. Ses moyens sont variés pour accomplir ses desseins qui eux ne changent pas: anéantir le témoignage rendu à Christ et retenir les hommes sous sa domination. Il se sert même des plaisanteries à son sujet â si courantes dans le monde â pour faire oublier ses desseins redoutables. Soyons donc en garde contre toute légèreté vis-à -vis du diable et de son pouvoir.
L'apôtre dans son inquiétude au sujet des Corinthiens, avait quitté un beau champ de travail pour aller à la rencontre de Tite qui lui apportait de leurs nouvelles. Mais Paul est consolé en pensant que partout où il va, il répand «la bonne odeur de Christ». Ce même parfum est-il perceptible pour tous ceux qui nous connaissent? Et surtout l'est-il pour Dieu?
Les hommes jugeaient la doctrine prêchée par Paul d'après la marche des Corinthiens. Ils étaient sa vivante «lettre de recommandation» ou plutôt celle de Christ dont le nom avait été écrit sur leurs cÅurs. Tous les chrétiens sont des lettres de Christ que Dieu adresse à ceux qui ne lisent pas la Bible pour qu'ils aient sous les yeux un évangile vécu. Malheureusement, ces lettres sont souvent tachées ou indéchiffrables au lieu d'être connues et lues de tous (v. 2). Veillons donc à ce qu'il n'y ait sur nos visages aucun voile qui empêche notre rayonnement chrétien: voile du souci, de l'égoïsme, de la mondanité⦠Mais qu'il n'y ait d'abord aucun voile sur nos cÅurs (v. 15: par exemple une mauvaise conscience) pour intercepter les rayons que nous avons à recevoir de Celui qui est amour et lumière. Cachez un arbuste sous une bâche ou un écran; il dépérira. Exposez-le au contraire normalement au soleil et à la pluie et le voilà qui croîtra d'une saison à l'autre pour porter les fruits que vous en attendez. Il en est ainsi de nos âmes. Maintenues dans la présence de Christ, il s'opère de ce fait en elles une transformation graduelle (mais inconsciente), de progrès en progrès, à la ressemblance des perfections morales de Celui que nous contemplons dans sa Parole (v. 18).
à condition dâêtre bien orienté vers une source de lumière, un miroir peut éclairer un coin sombre. Câest parce quâil contemplait la gloire du Seigneur (2 Cor. 3:18) que Paul réfléchissait fidèlement autour de lui chaque rayon qu'il recevait. Oui, quel était l'objet, resplendissant sur lui, qu'il rendait ainsi visible aux autres hommes? «La gloire de Dieu dans la face de Christ» (v. 6). Cette connaissance de Christ dans la gloire, quel trésor c'était pour Paul! Lui n'était que le vase dans lequel elle était contenue. Un pauvre vase de terre, fragile et sans valeur propre. Car si l'instrument de Dieu s'était fait remarquer par de brillantes qualités humaines, il aurait attiré l'attention sur lui-même aux dépens du trésor qu'il devait présenter. Les bijoutiers savent bien qu'un écrin trop luxueux tend à éclipser le joyau qui y est renfermé. Ils exposent leurs plus beaux bijoux sur du simple velours noir. Ainsi le vase, Paul, était dans la tribulation, dans la perplexité, persécuté, abattu⦠pour que le trésor: la vie de Jésus en lui soit pleinement manifestée (v. 10). Les épreuves d'un croyant contribuent à le dépouiller de tout éclat personnel afin que brille d'autant plus Celui dont il n'est en quelque sorte que le pied de lampe.
Que de soins nous prenons pour entretenir et faire prospérer «notre homme extérieur» (v. 16). Si seulement notre «homme intérieur» pouvait être aussi bien traité! Ce qui renouvelait le cÅur de l'apôtre c'était ce poids éternel de gloire sans commune mesure avec les épreuves qu'il traversait. Marchant «par la foi, non par la vue» (v. 7), les regards de son âme fixés sur les choses qui ne se voient pas mais qui sont éternelles, il en avait lâavant-goût déjà par les arrhes de l'Esprit (v. 5). C'est pourquoi il ne se lassait pas (2 Cor. 4:1, 16).
Quelle crainte, quelle ardeur, la pensée du tribunal de Christ devrait sans cesse produire en nous! Nous n'y comparaîtrons par en jugement, notre salut est assuré. Mais comme un film, notre vie entière s'y déroulera révélant tout ce que nous aurons fait «soit bien, soit mal» et nous recevrons soit gain, soit perte. En même temps le Seigneur y montrera comment sa grâce a su tirer son éclat même de nos péchés. Un artiste qui a fini de restaurer un portrait détérioré met son travail en valeur en y juxtaposant la photo du tableau initial. Ãtant souvent peu sensibles au péché, nous mesurons aussi trop peu la grâce qui nous pardonne et nous supporte. Le tribunal de Christ nous en fera enfin réaliser toute l'immensité.
Paul désirait avec ardeur la gloire céleste (v. 2) mais en attendant il s'appliquait avec la même ardeur à être agréable au Seigneur (v. 9). N'ayant rien à cacher ni à Dieu, ni aux hommes (v. 11), il ne vivait plus pour lui-même; corps et âme, il était l'esclave de Christ mort et ressuscité pour lui (v. 15). Or le Seigneur l'avait appelé â comme chaque racheté â à une très haute fonction: celle d'ambassadeur du Dieu souverain pour offrir de Sa part au monde la réconciliation. Pour s'acquitter de cette mission et persuader les hommes, deux grands motifs pressaient le cher apôtre: la solennité du jugement: il connaissait combien le Seigneur doit être craint (v. 11); et l'amour de Christ pour les âmes, amour sans lequel le prédicateur le plus éloquent n'est qu'un airain qui résonne (v. 14; 1 Cor. 13:1).
En quoi consiste encore le message de la réconciliation? Christ, le seul homme sans péché a été identifié sur la croix pour l'expier, avec le péché même. Ainsi Dieu a annulé en grâce le péché qui nous séparait de Lui (v. 21). «Les choses vieilles sont passées». Dieu ne les raccommode pas, ce nâest pas digne de Lui. Il se plaît à faire «toutes choses nouvelles». «Si quelquâun est en Christ, câest une nouvelle création» (v. 17).
«Une grande patience», voilà ce qui recommande le serviteur de Dieu (c'est-à -dire chaque croyant; v. 4; 2 Cor. 12:12). Mieux que tout discours, la manière dont Paul endurait ses épreuves démontrait la valeur de son évangile. Il souffrait pour quelque chose qui en valait la peine.
Quel homme étrange que le chrétien! Il a en quelque sorte deux faces. Aux yeux du monde, il paraît dans l'ignominie, séducteur, inconnu,⦠attristé, pauvre, n'ayant rien. Et qu'est-il devant Dieu?: Véritable, bien connu, vivant, toujours joyeux, enfin possédant toutes choses (v. 8-10)! C'est son vrai visage.
Les exhortations qui suivent peuvent paraître étroites et sévères. Mais elles procèdent du cÅur large de l'apôtre (v. 11). Le mot de séparation nous rebute, et pourtant qui dit sainteté dit séparation pour Dieu (Lév. 20:26). Achever l'une (2 Cor. 7:1) équivaut nécessairement à pratiquer l'autre. Séparation du monde⦠et les v. 14 et 15 ne s'appliquent pas seulement à tel projet de mariage mal assorti. Séparation du monde religieux (v. 16-18): elle offre des compensations incomparables, lâespérance de la présence du Seigneur Jésus «au milieu» des siens et de relations bénies avec Dieu notre Père. Enfin, séparation du mal sous toutes ses formes (2 Cor. 7:1).
L'amour de Christ étreignait Paul pour ses Corinthiens. Et cet amour était aussi vrai, aussi grand quand il leur avait écrit sa première lettre sévère. Mais à présent son cÅur est au large; il peut laisser parler librement ses affections. Ceux qui nous reprennent et nous avertissent avec le plus de sévérité sont souvent ceux qui nous aiment le plus. «Moi, je reprends et je châtie tous ceux que jâaime», dira le Seigneur à une église devenue tiède (Apoc. 3:19).
L'assemblée avait jugé le mal au milieu d'elle; elle avait ainsi montré sa pureté et sa droiture (v. 11): si elle avait supporté un affreux péché, c'était par ignorance et par négligence. Les Corinthiens n'en avaient pas moins dû s'humilier de leur état qui avait permis à un tel mal d'apparaître au milieu d'eux et ils en avaient éprouvé une tristesse selon Dieu.
Le v. 10 nous montre que le simple regret, la honte, le remords⦠ne sont pas la repentance. Celle-ci consiste à porter sur nos fautes le même jugement que Dieu, à reconnaître le mal et l'abandonner, qu'il s'agisse des actes commis avant ou après notre conversion (Prov. 28:13). Elle est le premier fruit de la foi. Et à son tour elle produit «des fruits qui conviennent à la repentance» comme le disait Jean le Baptiseur à ceux qui venaient à son baptême (Luc 3:8). Chacun de nos lecteurs a-t-il passé par une vraie repentance?
L'obéissance des Corinthiens avait éveillé la joie et l'affection de Tite et ainsi doublement réjoui et réconforté Paul lui-même (ch. 7:13, 15). Mais ils étaient encore loin d'avoir le zèle des saints de la Macédoine (ch. 8). Ces derniers n'avaient pas donné simplement telle ou telle partie de leurs ressources et de leur temps: ils s'étaient donnés eux-mêmes tout entiers. Ils n'avaient pas attendu, comme certains, la fin de leur vie pour n'offrir à Dieu qu'un pauvre reste de leurs forces; ils s'étaient donnés «premièrement»⦠Ils n'avaient pas non plus commencé par le service des saints; non, c'est au Seigneur qu'ils s'étaient d'abord donnés. Et ce premier don avait entraîné tous les autres. Ils appartenaient aussi aux apôtres, parce que ceux-ci étaient serviteurs du Seigneur. Ãtait-ce chose pénible pour ces Macédoniens? Bien au contraire! «L'abondance de leur joie» pouvait accompagner «une grande épreuve de tribulation» et leur «profonde pauvreté» se changer en «richesse de leur libéralité» (v. 2). Ce que nous appellerions facilement une charge, ils l'appelaient une grâce (v. 4). Que Dieu nous accorde cette même consécration heureuse à notre Seigneur, Lui que nous avons le privilège de pouvoir servir en servant les siens!
Qu'était l'amour des Macédoniens à côté de l'exemple suprême de «notre Seigneur Jésus Christ»? Ils n'avaient pas choisi eux-mêmes leur profonde pauvreté (v. 2). Mais Lui l'«Héritier de toutes choses» (Héb. 1:2) a daigné s'appauvrir de ses gloires célestes, naître dans une étable, être ici-bas «le Pauvre», celui qui n'avait pas un lieu où reposer sa tête (v. 9; Ps. 40:17; Ps. 41:1; Luc 9:58). Pourquoi? Pour nous enrichir de ces mêmes gloires et faire de nous ses cohéritiers. Adorable mystère de la grâce!
Les Corinthiens n'avaient pas mis à entière exécution leur heureux désir d'aider les assemblées. L'apôtre leur écrit que vouloir était bien, mais que faire était mieux encore. Souvent malheureusement, nos bonnes intentions⦠restent des intentions: cette Bible à offrir, cette visite à un malade, ce petit service qui se présentait⦠Dieu prépare devant nous de bonnes Åuvres (Ãph. 2:10). Mais nous avons besoin de Lui pour le vouloir et le faire (v. 11, 12). C'est Lui qui produit en nous l'un et l'autre selon son bon plaisir (Phil. 2:13), mais le décalage entre le mouvement du cÅur et celui de la main vient de notre négligence.
Le souci de Paul était d'être gardé non seulement de toute fraude, mais même de toute apparence de mal devant les hommes.
Pour ne pas avoir de vains regrets au jour de la moisson, semons (c'est-à -dire donnons) libéralement pendant la saison actuelle des semailles (v. 6; Luc 6:38; Deut. 15:10). Ce que Dieu nous met à cÅur, faisons-le, et faisons-le joyeusement. Car ce que nous gardons pour nous ne nous enrichira pas, et ce que nous donnons ne nous appauvrira jamais (Prov. 28:27). La grâce de Dieu nous assurera «toujours, en toutes choses⦠â non pas tout ce qui nous plairait â mais tout ce qui suffit» (v. 8). Les v. 11-14 nous rappellent que la générosité désintéressée produit chez ceux qui sont secourus des actions de grâces envers Dieu et des prières pour les donateurs. à partir d'une question que nous pourrions trouver secondaire concernant la bienfaisance, l'apôtre sait porter nos pensées sur les plus glorieux sujets: l'abaissement du Seigneur (2 Cor. 8:9), le don inexprimable de Dieu (v. 15). Appliquons-nous à passer ainsi des menus faits qui forment notre vie quotidienne aux vérités bienheureuses de notre foi. Un simple repas, une rencontre de famille, un cadeau fait ou reçu avec affection, ce sont des occasions de rendre grâces à Dieu et de penser au Don par excellence: celui que le Dieu d'amour a fait au monde en lui envoyant son Fils (v. 15; Jean 3:16).
Paul n'avait pu se résoudre à se rendre auprès des Corinthiens «avec la verge» pour réprimer lui-même le mal (2 Cor. 10:2; 1 Cor. 4:21). Il avait préféré leur écrire et attendre l'effet que produirait sa lettre. Mais certains avaient profité de cette patience de l'apôtre, et de son absence, pour déprécier son ministère. L'humilité, la douceur et la débonnaireté chrétienne dont Paul faisait preuve (v. 1) étaient prétextes à le mépriser. Car l'homme naturel n'admire que ce qui a de l'éclat; il juge «selon l'apparence» (v. 7). Or les armes d'un soldat de Jésus Christ ne sont pas charnelles (v. 4). Ãph. 6:10⦠les énumère. Souvenons-nous comment Gédéon, Samson, Jonathan, David, Ãzéchias⦠pour ne citer qu'eux, ont remporté leurs plus grandes victoires. Et ne nous laissons pas séduire par des qualités humaines telle que l'éloquence ou le charme personnel. Suivons la Parole et jamais celui qui la présente, si doué soit-il, même si nous avons reçu du bien par son moyen.
Les hommes se comparent à eux-mêmes et s'enorgueillissent, en quoi ils ne sont pas intelligents (v. 12). Nous croyants, nous n'avons pour la marche et pour le service qu'un modèle parfait: Jésus! Le contempler nous gardera toujours dans lâhumilité!
De faux apôtres cherchaient à remplacer Paul dans le cÅur des Corinthiens. Celui-ci se voit ainsi contraint de parler de lui-même et appelle cela «sa folie». Mais ce n'est pas pour réclamer à son profit l'affection des croyants (voir 2 Cor. 12:15). Il était jaloux pour Christ et revendique avec véhémence leur amour pour le seul Ãpoux de l'Ãglise.
Les Corinthiens risquaient de prêter l'oreille à un «évangile différent» (v. 4). Ils étaient moins spirituels que les Ãphésiens qui ont «éprouvé ceux qui se disent apôtres et ne le sont pas» et les ont trouvés menteurs (Apoc. 2:2). Beaucoup de chrétiens courent le même danger que les Corinthiens, au fond parce qu'ils trouvent le véritable christianisme trop exigeant. Par contre un évangile qui exalte l'homme et accorde une place à la chair sera supporté.
Derrière ces ouvriers trompeurs, l'apôtre démasque leur maître Satan. Autrefois chérubin resplendissant (Ãz. 28:12â¦), celui-ci sait encore revêtir cette apparence pour tenter les hommes par sa ruse comme il séduisit Ãve (v. 3, 14). Et il est plus dangereux lorsqu'il se présente comme le serpent subtil que lorsqu'il nous attaque de front comme le lion rugissant de 1 Pierre 5:8. Nous déjouerons ses ruses en restant attachés à la Parole du Seigneur.
Ces attaques contre le ministère de Paul sont pour le Saint-Esprit une occasion de nous donner une idée plus nette de ses labeurs et de ses peines. Oui, il était ministre de Christ, et peut en aligner les preuves: une longue liste de souffrances endurées pour l'Ãvangile. Ces v. 23-28, 31, 32 nous apprennent en quoi consistait ce que l'apôtre appelait au 2 Cor. 4:17 sa «légère tribulation d'un moment»! Mais quelle était la ressource divine qui le soutenait pour supporter «ces choses exceptionnelles»? «Un poids éternel de gloire» était continuellement devant sa pensée: Christ glorifié, son éternelle rémunération. Retenons ce secret: Plus nous serons occupés du Seigneur, moins il nous restera de temps pour penser à nos petites difficultés â et que sont-elles à côté des tribulations du grand apôtre? Oui, plus Son amour éternel pèsera dans la balance de nos cÅurs, moins les circonstances du moment prendront d'importance et nous accableront. Il est une chose cependant qui ne nous «assiégera» jamais trop: «la sollicitude pour toutes les assemblées» (v. 28). Elle se manifeste en tout premier lieu par des prières. Que le Seigneur nous donne de l'affection pour sa chère Ãglise et pour chacun de ses membres!
Un homme en Christ est quelqu'un pour qui la chair a perdu ses droits (Rom. 8:1, 2). Il est «une nouvelle création» (2 Cor. 5:17). Sa position devant Dieu est celle de Christ Lui-même et il l'occupe déjà par la foi dans le ciel. Paul, lui, s'y est trouvé ravi réellement pendant un moment inoubliable. Et qu'a-t-il pu voir dans le paradis? Christ ressuscité et glorieux. Qu'a-t-il pu y entendre? Le langage du ciel qui ne peut se traduire dans les langues humaines (v. 4). Faveur vraiment extraordinaire! Mais cette expérience unique présentait ensuite un danger certain pour l'apôtre. Pour le garder de s'enorgueillir, «une écharde dans la chair» lui est donnée: peut-être une infirmité pénible, tendant à le rendre méprisable dans sa prédication (2 Cor. 10:1, 10; Gal. 4:14). Seigneur, débarrasse-moi de cela, supplie l'apôtre; mon service en souffrira⦠â «Ma grâce te suffit», est la réponse du Seigneur. Contrairement aux apparences, l'écharde était un effet de cette grâce. Ne servait-elle pas en Paul à juguler la chair, ce compagnon gênant de son travail? Oui, précieuses sont pour le chrétien les infirmités et les épreuves. Elles contribuent à affaiblir l'homme pour permettre à la puissance de Dieu de se manifester (v. 9, 10; 2 Cor. 4:7â¦).
Quel chagrin pour l'apôtre de voir les suppositions faites à son sujet, les motifs intéressés et les ruses qu'on lui prêtait (v. 14, 16; 2 Cor. 7:2, 3; comp. Actes 20:33)! Alors que, dans une conduite irréprochable, il n'avait cessé, avec ses compagnons d'Åuvre, de marcher «sur les mêmes traces»: celles de Christ (v. 18)! S'il répond longuement à ces calomnies, ce n'est cependant pas pour se justifier mais parce qu'il a en vue l'édification de ses bien-aimés Corinthiens (v. 19; 1 Cor. 14:26 fin). En effet, ne pas reconnaître le ministère de l'apôtre revenait à rejeter aussi l'autorité de la Parole divine qu'il annonçait. Combien de soi-disant chrétiens aujourd'hui rejettent telle partie de la Parole inspirée et particulièrement les épîtres de Paul. Les v. 20 et 21 montrent à quels péchés conduisent cette négligence et ce mépris.
Ainsi, dans ce chapitre «nous trouvons l'état le plus glorieux auquel un chrétien puisse être élevé⦠et la condition la plus misérable dans laquelle il puisse tomber⦠Quel contraste entre cette élévation dans le troisième ciel et cette vile dégradation charnelle! Et le chrétien est capable des deux! Quelle leçon et quel avertissement pour chaque saintâ¦Â» (J.N.D., Un Homme en Christ).
La première épître aux Corinthiens avait pour sujet l'Assemblée. La seconde nous a parlé du ministère ou du service chrétien. Nous y avons trouvé les sentiments, les supplications, les fatigues, les peines morales et physiques du serviteur du Seigneur. Paul n'en était que le faible instrument mais il ne désirait pas sur la terre une meilleure part que celle de son Maître. Or Christ avait été ici-bas dans l'abaissement, crucifié en infirmité; mais Il vivait maintenant, ressuscité par la puissance de Dieu (v. 4).
En terminant son épître, Paul adresse à Dieu une dernière prière pour ses chers Corinthiens. Elle tient en un mot: leur perfectionnement (v. 9, fin). Mais en même temps il les exhorte: «perfectionnez-vous» (v. 11). Car demander le secours du Seigneur ne dispense pas de s'appliquer avec zèle à faire des progrès dans la marche et le service chrétiens.
«Réjouissez-vous⦠â leur dit-il encore â soyez consolés; ayez un même sentiment; vivez en paixâ¦Â» (v. 11). Que chacun de nous, chers enfants de Dieu, prenne pour lui-même ces exhortations et jouisse de la promesse qui y est attachée. Oui, que la grâce du Seigneur Jésus Christ, et l'amour de Dieu, et la communion du Saint-Esprit soient avec nous tous (v. 13)!
This document may be found online at the following URL: http://www.stempublishing.com/authors/koechlin/dbd/fr/localStorageYear4.html.
You are welcome to freely access and use this material for personal study or sending to other Bible students, compiling extracts for notes etc, but please do not republish without permission.
With the prayerful desire that the Lord Jesus Christ will use this God-given ministry in this form for His glory and the blessing of many in these last days before His coming. © Les Hodgett
.
Avec cette nouvelle année, nous commençons le 2e Livre des Psaumes. Il s'applique prophétiquement à la période où le résidu juif fidèle, persécuté par l'Antichrist, aura dû fuir Jérusalem; et les versets 2, 4 et 6 traduisent spécialement la douleur de cet exil. Cependant, comme dans le Livre I, beaucoup d'expressions peuvent être placées dans la bouche du Seigneur Jésus, Lui qui a souffert plus que personne de la méchanceté de son peuple (par exemple vv. 7 et 10).
Existe-t-il une image plus forte que celle du verset 1 pour traduire les soupirs de l'âme assoiffée de la présence de Dieu? Puissions-nous ainsi rechercher cette présence chaque fois qu'une faute a interrompu notre communion avec le Seigneur! Et que chacun le connaisse sous ce précieux nom personnel: le «Dieu de ma vie», qui correspond à la devise de l'apôtre: «Pour moi, vivre c'est Christ» (Phil. 1:21). Il est Celui qui d'année en année veut conduire ma vie, la remplir, comme l'objet précieux de mon cÅur. «Ou est ton Dieu?» demandent ironiquement les incrédules (vv. 3 et 10, comparer Matthieu 27:43). Ah! si eux ne Le discernent pas, que pour ma part je sache toujours où Le trouver, de jour ou de nuit, pour élever vers Lui avec amour mon cantique et ma prière (v. 8).