Si la reconnaissance est le sentiment qui nous convient pour le temps écoulé (Ps. 90), celui qui doit dominer en nous pour l'avenir est la confiance en Dieu. Grands sont en effet les dangers d'ordre moral qui menacent le croyant. Qui est l'oiseleur (v. 3), le lion, l'aspic, le dragon... (v. 13), sinon Satan lui-même? «La peste calamiteuse... qui marche dans les ténèbres» (vv. 3, 6) ne nous parle-t-elle pas du péché, chose autrement plus grave qu'une maladie? «La flèche qui vole de jour» (v. 5) suggère telle mauvaise pensée jaillie à l'improviste d'une image de la rue, d'une lecture ou d'une conversation douteuse. Les «frayeurs de la nuit», ce sont les inquiétudes qui nous empêchent souvent de goûter le sommeil paisible préparé par le Seigneur (Ps. 4:8). Quel que soit le piège ou la menace, nous avons un lieu fort, un refuge: le Dieu tout-puissant Lui-même (vv. 1, 2, 9). Imitons Celui qui au milieu des mêmes dangers a réalisé parfaitement cette confiance. Christ au désert a su confondre et lier le Tentateur qui avait osé citer ce psaume. à partir du verset 9, les promesses de Dieu viennent répondre à la prière de l'Homme parfait. Nous en jouirons aussi dans la mesure où nous mettrons, comme Jésus, notre foi et notre «affection» en Dieu (v. 14).
Les grandes Åuvres de Dieu et ses pensées très profondes sont les sujets inépuisables de l'adoration du racheté (v. 5; comparer Ps. 40:5). Mais l'homme qui ne reconnaît pas le Créateur dans ses Åuvres est aux yeux de Dieu stupide et insensé (v. 6). Le méchant et le juste fleurissent lâun et lâautre (v. 7 et 13). Mais seule le second porte du fruit (v. 14).
L'herbe pousse et fleurit en une saison, puis elle sèche et elle est fauchée, y compris sa fleur (v. 7). Tel est le sort des méchants; ils périssent (v. 9; 1 Pierre 1:24, 25). Tandis que le juste ressemble au palmier ou au cèdre du Liban (vv. 12, 13). Que de temps il faut pour amener ces beaux arbres à leur pleine stature! Mais les justes ont place dans les parvis du temple de Dieu et y prospèrent à sa gloire.
Le Psaume 93 nous rappelle que la puissance de Dieu est plus ancienne (Il est «dès l'éternité») et plus grande que le pouvoir de l'Ennemi (vv. 3, 4). Les flots nous parlent de l'agitation du monde (Ãsaïe 57:20; comparer Ps. 89:9). On peut se fier à Sa Parole: Ses témoignages sont très sûrs (v. 5).
Enfin «la sainteté sied à sa maison». Nous ne supportons chez nous ni saleté ni désordre. Comprenons qu'à plus forte raison le Dieu saint ne puisse tolérer le péché dans sa maison qui est aujourd'hui l'Assemblée (lire 2 Cor. 6:16...).
à la différence de l'Israélite du temps de la fin, le chrétien doit se garder de tout désir de vengeance (Rom. 12:17...). Il n'en souffre pas moins du mal et de l'injustice qui règnent dans ce monde, où l'orgueil (v. 2), la méchanceté (v. 3), l'arrogance, la vantardise (v. 4), l'oppression et la violence (vv. 5, 6) se donnent libre cours. Le croyant ne peut traverser la terre en restant insensible à ce qu'il y voit tous les jours. Et plus il a conscience de la sainteté de Dieu, plus le mal lui fait horreur (Ps. 97:10). C'est pourquoi Christ, l'homme parfait, en a souffert plus que personne. Voyez-le en Marc 3:5 «attristé de l'endurcissement de leur cÅur»... Et Il a été Lui-même l'objet de la suprême injustice (v. 21).
Souvent la constatation de ce mal qui nous entoure soulève en nous une multitude de pensées pénibles: Dieu ne voit-Il pas ces choses? Pourquoi n'intervient-Il pas?... En réponse, le Seigneur nous donne rarement des explications mais toujours des consolations (v. 19). En nous ouvrant les yeux sur la méchanceté du monde, Il nous aide à nous en séparer. Mais c'est afin de mieux nous attacher à Lui-même et pour que notre espérance en soit rendue plus fervente. Puissent les consolations d'en haut faire toujours les délices de notre âme!
La puissance de Dieu en salut éveille des cris de joie chez ceux qui en sont les objets. Jadis, au bord de la mer Rouge, un peuple racheté avait fait monter vers l'Ãternel le cantique de la délivrance. Hélas! l'histoire d'Israël dès ses premiers pas dans le désert nous apprend qu'on peut être témoin des Åuvres de Dieu (v. 9) et ne pas connaître ses voies (v. 10). Elle nous montre aussi que ce n'est pas seulement l'impie Pharaon qui avait endurci son cÅur (Ex. 8:15, 32 ...) mais qu'Israël n'avait pas tardé à en faire autant (v. 8). Les noms mêmes de Massa (tentation; voir Ex. 17:7) et de Meriba (contestation) sont pour toujours gravés dans son histoire (comparer Nombres 11:3, 34). Ces faux pas ont jalonné ses tristes étapes à travers le désert et ont servi à les désigner. Que ces noms soient aussi sur notre chemin comme des poteaux indicateurs pour nous avertir solennellement!
L'Ãpître aux Hébreux cite et commente ce psaume à notre intention (Héb. 3:7 ... ): «Aujourd'hui, si vous entendez sa voix, n'endurcissez pas votre cÅur». C'est avec le cÅur que l'on doit écouter le Seigneur. Que le nôtre aujourd'hui soit sensible à «Sa voix», et Lui pourra demain, nous faire entrer dans Son glorieux repos.
Après s'être exhortés eux-mêmes: «chantons... adorons..., agenouillons-nous» au Psaume 95, les fidèles d'Israël invitent maintenant toute la terre et la nature même à les imiter: «chantez... bénissez... adorez l'Ãternel» (vv. 1, 2, 9). Le jour viendra où les peuples païens rejetteront leurs idoles et où les familles des nations rendront à l'Ãternel la gloire et la force (v. 7). Pour exprimer cet hommage, les rachetés n'attendent pas le règne du Seigneur. «à Lui la gloire et la force», peuvent-ils s'écrier dès maintenant (Apoc. 1:6). Car ce n'est pas seulement la manifestation des gloires de Christ qui peut faire jaillir en eux cette louange. La majesté, la magnificence, la puissance et la beauté du Roi de toute la terre sont encore invisibles, cachées dans le sanctuaire céleste (v. 6). Mais le grand et continuel motif de l'adoration du croyant, c'est l'amour de son Sauveur: «à celui qui nous aime, et qui nous a lavés de nos péchés dans son sang...».
Ce psaume a été composé et chanté à l'occasion du retour de l'arche, figure de Christ, au milieu d'Israël (1 Chr. 16:23-30). Or ce n'est plus pour sauver mais pour juger le monde que le Seigneur reviendra (v. 13; comparer Jean 3:17 et Jean 5:22). Il exercera le jugement sur les peuples avec droiture (v. 10), avec justice, et selon sa fidélité (v. 13; Ps. 45:3, 4).
Ce psaume décrit l'établissement du Règne en puissance; il correspond à Ãsaïe 11:4, 5 et à Apocalypse 19:6. Tout ce qui s'oppose à la domination du Seigneur sera consumé (vv. 3-5) tandis que les cÅurs de tous les fidèles seront remplis d'allégresse (v. 8...). Alors la gloire de l'Ãternel ne sera pas seulement racontée comme au Psaume 96:3; elle sera vue (v. 6), et les habitants du monde seront enfin en mesure de faire la différence entre le gouvernement exercé par les hommes et la justice établie par Dieu. Les anges, aussi appelés dieux au verset 7, si longtemps témoins de l'iniquité sur la terre, assisteront enfin au triomphe de la justice. Ils verront le Premier-né, Christ, introduit par Dieu dans le monde habité et, dans une même pensée avec les saints sur la terre, ils Lui rendront leur hommage (Héb. 1:6).
Les trois derniers versets sont pour tous les temps, car Dieu a constamment les yeux sur ceux qui l'aiment, sur «ceux qui sont droits de cÅur». Sa grâce les appelle des saints et des justes. Il attend d'eux qu'ils haïssent le mal et se réjouissent en Lui! (vv. 10:12; comparer Rom. 12:9 et Phil. 4:4 ... ). Lui-même ne manquera pas de garder leur âme et d'éclairer leurs pas (vv. 10, 11).
Les Psaume 98 et 99 commencent respectivement de la même manière que les Psaume 96 et 97. «Chantez à l'Ãternel un cantique nouveau» (Ps. 98:1). Le cantique nouveau est celui qui considère Christ dans les nouvelles manifestations de sa gloire. à l'aube de son Règne, lorsque Dieu aura fait connaître son salut et révélé sa justice (v. 2; Ps. 97), cette hymne sera entonnée dans le ciel et toutes les créatures y feront écho (lire Apoc. 5:9... 13 ... ). Le ciel et la terre chanteront à l'unisson; une joie universelle répondra enfin à la bonté et à la fidélité de Dieu (v. 3).
«L'Ãternel règne» répète le Psaume 99. Son jugement s'étant exercé, sa gloire reprend «entre les chérubins» la place qu'elle a quittée jadis à cause de l'iniquité du peuple (Ex. 25:22; Ãz. 10). Sa sainteté est proclamée à trois reprises: Il est saint...; il est saint...; l'Ãternel notre Dieu est saint (vv. 3, 5, 9; comparer Ãsaïe 6:2, 3). Mais ce Dieu «trois fois saint» est aussi celui qui pardonne (v. 8) et nous savons qu'il peut le faire sans se renier Lui-même à cause de l'Åuvre de la croix. Alors seulement l'intercession de Moïse, d'Aaron et de Samuel aura sa pleine réponse dans ce pardon qui est déjà notre part en grâce (Ex. 32:11, 32; Nomb. 16:47; 1 Sam. 7:5; 12:23).
Le Psaume 100 est un psaume d'action de grâces invitant «toute la terre» à célébrer l'Ãternel et à Le servir avec joie.
à plus forte raison avons-nous ces privilèges, nous qui connaissons Dieu comme un bon Père et Jésus comme un tendre Berger (comparer fin verset 3). Est-ce pour nous une joie de servir le Seigneur? Ou au contraire, nous comportons-nous comme s'Il était un Maître dur au joug pesant? (Matt. 25:24...). Que le Seigneur nous fasse goûter la joie actuelle qui accompagne toujours un service obéissant! (Jean 15:10, 11), afin d'entendre aussi plus tard cette parole si douce: «Entre dans la joie de ton Maître» (Matt. 25:21, 23).
Une nouvelle série commence avec le Psaume 101. Celui-ci est en quelque sorte le texte de la déclaration publique du Roi inaugurant son règne. Il expose sur quelles bases reposera le gouvernement du pays: sagesse intégrité, justice, séparation du mal. Quel contraste entre ces principes simples et fermes et les codes touffus et compliqués de la justice humaine! Tous les sujets du royaume auront été prévenus: la perversité, la calomnie, l'orgueil, la fraude et le mensonge ne seront plus supportés. Appelés à régner avec le Seigneur, il nous appartient d'illustrer dès à présent dans notre marche les principes de son Royaume.
Le titre de ce psaume porte nos regards sur l'Affligé suprême: Jésus dans ses souffrances. «Il est accablé et répand sa plainte». Mais c'est une plainte qui ne contient ni impatience ni murmure; tout y est parfaite soumission. Une plainte qui se répand devant Dieu, non devant les hommes! Qui d'ailleurs aurait pu comprendre le Seigneur, même parmi ses disciples? Les versets 6 et 7 traduisent son entière solitude morale ici-bas. Un homme se sent d'autant plus seul qu'il est différent des autres. Et Christ a été isolé à cause de sa perfection. Ce n'est donc pas seulement à l'heure de la croix, mais durant toute sa vie qu'il a éprouvé cette solitude. Les pleurs ont été son breuvage, sa part quotidienne (v. 9). Et Il n'a pas été outragé seulement dans les quelques circonstances rapportées par les évangiles. Il a été «tout le jour» l'objet de la haine de ses ennemis (v. 8). Il a connu à la croix cette fureur de l'homme contre Lui-même, et, combien plus terrible encore, la colère de Dieu lorsqu'il s'est substitué à nous pour la rencontrer (v. 10). Or ce même moment est devenu pour Dieu «le temps d'user de grâce» (v. 13). Envers la Sion d'Israël, mais aussi au profit de tous ceux qui croient en Lui dès maintenant.
Dieu a considéré du ciel les prisonniers de Satan, voués à la mort éternelle. Il a entendu leur gémissement (vv. 19, 20). Il a voulu les délier pour qu'ils puissent le louer (v. 21). Et Il a dans ce but envoyé son Fils ici-bas.
Vrai homme, Christ a supplié Celui qui pouvait le sauver de la mort (vv. 24, Héb. 5:7 ... ). Mais, dans le même verset 24, une consolation extraordinaire répond à «la prière du désolé» (v. 17). C'est comme homme que Christ a prié, c'est comme Dieu qu'Il obtient la réponse. Et il nous est permis d'entendre l'entretien merveilleux qui s'engage entre Dieu le Père et Dieu le Fils. C'est le mystère inscrutable! Qui donc est cet affligé, cet homme solitaire accablé d'outrages et mesurant sa faiblesse? C'est Celui qui a «jadis fondé la terre» et déployé les cieux (Michée 5:2)! La moitié de ses jours? Mais ses années ne finiront pas! La création vieillira et passera; le Créateur subsiste à jamais. Il est le Même éternellement. Et l'épître aux Hébreux qui cite ces versets ajoute que le Fils, en qui resplendit toute la gloire de Dieu, est aussi Celui qui a fait «par lui-même la purification des péchés» (Héb. 1:2, 3, 10-12). Valeur infinie d'une telle Åuvre accomplie par une telle Personne!
Comme David, invitons notre âme à bénir Dieu et à discerner ses innombrables bienfaits. Hélas! nous sommes portés à tenir à jour la liste de tout ce qui nous manque, plutôt que celle des bienfaits reçus. Combien nous sommes ingrats et inconséquents! Ne nous arrive-t-il jamais par exemple, au moment du repas, de nous plaindre de la nourriture... pour laquelle nous venons, l'instant dâavant, de rendre grâces au Seigneur?
Par-dessus tous ses dons, nos âmes ont de quoi remercier Dieu continuellement pour le pardon de nos péchés (v. 3). S'Il nous avait rendu selon ce que ceux-ci méritaient, un châtiment éternel aurait été notre part (v. 10). Mais maintenant Il a éloigné ces péchés jusqu'à l'infini (v. 12), Il les a jetés derrière son dos (Ãsaïe 38:17), blanchis comme la neige (Ãsaïe 1:18), dissipés comme un nuage (Ãsaïe 44:22), jetés dans les profondeurs de la mer (Michée 7:19), et Il ne s'en souviendra plus jamais (Ãsaïe 43:25; Héb. 10:17).
Envers «ceux qui le craignent» la bonté de Dieu est sans limite (vv. 11, 13, 17; comparer Ãsaïe 55:7-9). Le craindre ne signifie donc plus redouter Sa colère. C'est la disposition d'esprit de ceux qui ont appris à connaître Sa compassion et Sa miséricorde (v. 8; lire Ps. 130:4) et y puisent toujours de nouvelles raisons de Le bénir.
Les Psaumes 104-106 résument les premiers livres de la Bible. Le Psaume 104 célèbre la création, tandis que les Psaumes 105 et 106 rappellent l'histoire des patriarches et du peuple d'Israël.
La création décrite par le Créateur: quel sujet, et quel écrivain pour le traiter!
Nous retrouvons ici l'Åuvre des six jours du chapitre 1 de la Genèse. Au 1er jour: la lumière (v. 2); au 2e: l'étendue des cieux séparée d'avec les eaux (vv. 2, 3); au 3e: la fondation de la terre avec le rassemblement de masses liquides et l'apparition du règne végétal (vv. 5-9; 14 ...); au 4e: l'établissement des grands luminaires (vv. 19, 22); au 5e: le fourmillement des animaux dans les mers et dans les airs (vv. 25, 26, 12, 17); au 6e enfin: la création des êtres vivants sur la terre (vv. 11, 21 ...) couronnée par celle de l'homme (vv. 15, 23). Mais remarquez comment, à côté de la puissance et de la sagesse de Dieu, l'accent est mis ici encore sur sa bonté. Tout a été conçu et exécuté pour le bien et la joie de sa créature (v. 11 ... ). En comparant le verset 5 avec le verset 25 du Psaume 102, nous pouvons reconnaître et adorer le Fils dans ce Dieu «merveilleusement grand» (v. 1; Ps. 145:3) auteur de toutes choses. Il était un avec le Père dans tous ses conseils et dans tout son amour.
Nous sommes portés à donner beaucoup d'importance au travail de l'homme (v. 23). Mais qu'il est peu de chose à côté des Åuvres de Dieu, témoignages innombrables de Sa sagesse! (v. 24). Et c'est d'abord de Lui, non du travail humain, que toute créature dépend pour sa subsistance (vv. 27, 28; Matt. 7:11). N'attribuons pas notre gain à nos efforts mais à Sa grâce. Oui, «la terre est pleine de ses richesses»; sachons les remarquer et les observer. Toutefois on peut admirer la création et en jouir sans connaître Celui qui lâa faite. Combien d'artistes, et de philosophes ont confondu la Vérité avec la nature, sur laquelle d'ailleurs le péché a laissé sa trace impure. Contempler la nature n'instruit pas le pécheur sur ce qu'est Dieu en sainteté, en justice et en grâce. De même que pour connaître intimement un architecte, il ne suffit pas de visiter les immeubles qu'il a construits (et que des locataires sans gêne ont peut-être saccagés); il faut l'avoir fréquenté, être renseigné sur son caractère, sa famille, ses habitudes... Ainsi ne l'oublions pas, ce n'est pas nous qui découvrons Dieu, c'est Lui-même qui se révèle. Non pas à nos sens, car Il est Esprit (Jean 4:24), mais à notre âme. Non seulement dans la nature mais dans Sa Parole (Ps. 19).
Les versets 1-15 de ce psaume font partie (avec le Ps. 96) de celui qui est appelé le premier, remis par le roi David à Asaph après le retour de l'arche (1 Chr. 16:8-22). à une seule différence près qui est très remarquable! 1 Chroniques 16:15 exhortait: «souvenez-vous» de son alliance. Tandis que notre verset 8 déclare: «Il s'est souvenu...». Si le peuple a failli et a oublié l'alliance de son Dieu, Lui s'est souvenu de ses promesses à Abraham, Isaac et Jacob (2 Tim. 2:13). Elles étaient tout ce que possédaient ces hommes de foi. Aux yeux de leurs contemporains, ils ne comptaient guère: ils étaient «peu de chose et étrangers dans le pays», ainsi que le sont aujourd'hui les chrétiens. Mais Dieu veillait sur eux comme Il veille maintenant sur nous (vv. 14, 15 par exemple Gen. 31:24).
Puis Il envoya «un homme» qui, en figure, accomplit ses propos: Joseph, type précieux du Seigneur Jésus. Esclave d'abord, prisonnier ensuite, il fut délivré par «le dominateur des peuples» qui le fit seigneur et gouverneur de toutes ses possessions (vv. 17-21). Christ, mort et ressuscité par la puissance de Dieu, sera établi Seigneur de toute la terre et en Lui toutes les promesses de Dieu se réaliseront (Actes 2:36).
La puissance de l'Ãternel se déploie tout au long du livre de l'Exode. On y trouve d'abord Ses miracles en jugement sur les Ãgyptiens (vv. 27-36), puis Ses miracles de grâce en faveur d'Israël (vv. 37-41). Les plaies terribles qui frappèrent l'Ãgypte n'étaient pas seulement destinées à effrayer et à châtier le Pharaon. L'Ãternel voulait avant tout se révéler à son propre peuple par des signes et des prodiges (v. 27; Ex. 14:31).
«Il parla»... et la chose arriva (vv. 31, 34). Comme au jour de la création, il Lui a suffi d'une parole pour susciter les innombrables petits agents de sa colère: mouches venimeuses, moustiques, sauterelles, yéleks (comparer Héb. 11:3...). Et quelle humiliation pour l'homme d'être vaincu... par des insectes.
Israël quitte l'Ãgypte après la Pâque, échangeant sa misère contre de grandes richesses (v. 37). Il a gémi sous l'oppression; Dieu le fait sortir avec joie et chant de triomphe (v. 43). Lui qui a travaillé si durement va posséder «le travail des peuples» (v. 44; Deut. 6:10, 11). Et toute cette Åuvre rédemptrice résulte de l'engagement que l'Ãternel avait pris envers Abraham (v. 42; lire Gen. 15:13, 14). Rien ne peut empêcher le Dieu fidèle d'accomplir «sa parole sainte» (v. 42; Luc 1:72, 73).
L'Åuvre de Dieu était seule en vue dans le Psaume 105; il n'y était pas question des péchés d'Israël. Le Psaume 106 reprend le même récit à partir de la sortie d'Ãgypte, mais en soulignant la responsabilité du peuple (comparer par exemple l'épisode des cailles au Ps. 105:40 et Ps. 106:14, 15). Notre histoire comporte elle aussi un double aspect. D'une part, l'Åuvre parfaite de la grâce qui nous sauve, puis nous prend en charge pour nous conduire sûrement au but, en dépit des obstacles et des difficultés (Phil. 1:6). En second lieu, notre marche, trop souvent ralentie par des détours et des faux pas. Nous avons bien besoin de Celui qui, plus que Moïse, se tient sans cesse «à la brèche», intercédant pour les siens (v. 23; Rom. 8:34).
«N'oublie aucun de ses bienfaits», recommandait le Psaume 103. En effet, l'oubli est la porte ouverte à la convoitise et celle-ci conduit à la rébellion (vv. 7, 13, 14, 21). Dans un cÅur ingrat, Satan a beau jeu de semer des désirs coupables. Pour celui qui a cessé d'estimer les dons de Dieu, il sait rendre attrayantes les choses du monde et, par elles, attirer peu à peu sa victime dans le chemin de la révolte ouverte contre Dieu. Que le Seigneur nous accorde donc d'être toujours «attentifs-ses merveilles» (v. 7).
Au Psaume 105, les verbes traduisaient l'intervention souveraine de Dieu: «Il envoya» (vv. 17, 26, 28), «Il parla» (vv. 31, 34), «donna» (v. 32), «frappa» (v. 36), «fit sortir» (vv. 37, 43)... Ici, nous l'avons vu, ce sont les pensées et les actes de l'homme (et quels actes!) qui sont mis en évidence: «Ils ne crurent pas,... ils murmurèrent,... ils se mêlèrent aux nations,... servirent leurs idoles,... sacrifièrent aux démons,... versèrent le sang innocent... se rendirent impurs...» (vv. 24-39). Histoire navrante de ce peuple qui s'est de plus en plus enfoncé dans le mal et a tout fait pour embraser la colère de l'Ãternel (v. 40)! On s'attendrait en conclusion à son rejet définitif. Eh bien! ce réquisitoire terrible s'achève par la victoire de la grâce. à nouveau c'est Dieu qui agit: «Il les regarda dans leur détresse quand Il entendit leur cri... Il se souvint,... se repentit,... leur fit trouver compassion...» (vv. 44-46). à cette miséricorde toute divine répondra une louange éternelle (v. 48).
Le péché du verset 24 était particulièrement propre à attrister le cÅur de Dieu. «Ils méprisèrent le pays désirable...». Chrétiens, nous sommes en route pour une patrie infiniment plus désirable encore que la Canaan terrestre: la Cité céleste, la Maison du Père. Est-elle à nos yeux désirable... ou méprisable? Toute notre marche en dépendra.
Le 5e livre des Psaumes considère prophétiquement les rachetés d'Israël (Juda et les dix tribus) rassemblés dans leur pays (v. 3) «à l'aube du jour» millénial (Ps. 108:2). Ils rappellent au Psaume 107 les détresses rencontrées sur le chemin du retour, leurs cris d'angoisse à l'Ãternel, Ses délivrances, et enfin la louange qui maintenant Lui revient.
D'une manière générale ces quatre tableaux: versets 4-9; 10-16; 17-22; 23-32 illustrent différentes manières dâagir de Dieu pour le salut d'une âme (v. 9). Celle-ci a peut-être longtemps erré sans but et sans repos dans le désert aride de ce monde (vv. 4, 5; comparer Gen. 21:14...). Sous le sentiment de son dénuement, elle a crié à Dieu qui l'a alors rassasiée, satisfaite et conduite au repos divin (vv. 9, 7).
L'âme a pu gémir sous l'esclavage de Satan l'oppresseur, dans les ténèbres et les fers du péché... (vv. 2, 10). Mais Dieu a entendu ses appels au secours. Il l'a fait sortir et a rompu ses liens (vv. 14, 16).
Elle a pu connaître le désespoir, toucher par la maladie ou l'accident aux portes de la mort, aboutissement des voies de l'homme (vv. 17, 18). Jusqu'à ce que Dieu envoie Sa parole et la guérisse (v. 20).
Chacun de nous peut-il dire où et comment le Seigneur a trouvé et sauvé son âme?
Beaucoup de personnes ne pensent à Dieu qu'au moment des épreuves. Doivent-elles s'étonner s'Il leur en envoie? Comme ces marins pris dans la tempête (vv. 23-30), les hommes sont parfois placés dans des situations désespérées (Luc 8:23...). Dieu veut ainsi leur faire réaliser leur totale impuissance et le néant de toute leur sagesse (v. 27; Ps. 108:12). Pourquoi? Pour les amener-crier-Lui. Il n'attend que cela pour intervenir. à sa voix, les flots se calment (v. 29). Et en même temps se calme l'esprit de l'homme quand il consent à confier le gouvernail au Seigneur pour se laisser conduire au port désiré! (v. 30).
Ces voies de Dieu pour le salut d'une âme ont leur équivalent dans la vie du croyant. Les sources terrestres auxquelles il s'abreuvait peuvent tarir (v. 33; comparer 1 Rois 17:7). Mais en même temps, le Seigneur lui fera trouver de l'eau vive à l'endroit où il ne la cherchait pas (v. 35; Ex. 15:22-25). Ce qui paraissait aride et amer deviendra précisément pour l'âme une source de joie et de force. «Qui est sage prendra garde à ces choses et comprendra les bontés de l'Ãternel» (v. 43). Oui, soyons-en certains, toutes nos circonstances, celles qui sont pénibles comme celles qui sont agréables, sont dispensées par «Sa bonté qui demeure à toujours» (comparer verset 1).
«Je m'éveillerai à l'aube du jour...» (v. 2). Comme David, réalisons le prix de ces premiers moments du matin passés dans la communion du Seigneur (comparer Ps. 63:1). L'expérience montre que si nous ne savons pas en profiter, l'occasion ne s'en retrouvera pas facilement pendant le reste de la journée.
Les versets 5 et 6 nous rappellent deux vérités à ne jamais perdre de vue dans nos prières: Tout d'abord que la délivrance et la bénédiction du croyant sont inséparables de la gloire de Dieu. Trop souvent nous l'oublions au moment de prier; nous ne sommes égoïstement préoccupés que de ce qui nous concerne. Mais cherchons «premièrement le royaume de Dieu et sa justice, et toutes ces choses nous seront données par-dessus» (Matt. 6:33). En second lieu, puisque nous connaissons l'amour du Seigneur pour les siens, ne manquons pas d'y faire appel: «Afin que tes bien-aimés soient délivrés», dit le psalmiste (comparer Jean 11:3).
à partir du verset 6 le psaume (qui a commencé par les v. 7-11 du Ps. 57) reproduit les versets 5-12 du Psaume 60. Ils se situent au moment où Dieu aura repris possession des limites d'Israël. Il a parlé dans sa sainteté (v. 7). Et ses premiers mots sont: «Je me réjouirai...» La joie du Seigneur est de bénir les siens et de leur faire partager son héritage.
Ce psaume terrible s'ouvre en invoquant le «Dieu de ma louange» (v. 1). Aucune menace, aucun sujet d'accablement n'empêchait Jésus de lever les yeux vers son Père et de le louer. Au contraire, c'étaient autant de raisons pour le faire. Comment se défendait-Il quand Il était «entouré de paroles de haine» (v. 3)? «Mais moi, dit-Il, je me suis adonné-la prière» (v. 4). Telle devrait être, chrétiens, notre seule «riposte» lorsqu'il nous arrive de rencontrer une hostilité injuste. Si nous nous taisons â ou plutôt si nous ne parlons qu'à Dieu â Lui ne se taira pas et se chargera de répondre à notre place (v. 1; Rom. 12:19). Toutefois Christ a été seul à endurer «une telle contradiction...» (Héb. 12:3). Ses adversaires (qui, dans l'original hébreu, portent le même nom que leur maître Satan) non seulement Lui ont fait la guerre sans cause; mais, s'écrie Jésus, «ils m'ont rendu le mal pour le bien, et la haine pour mon amour» (v. 5). Or parmi eux s'était rangé Judas, coupable d'une ingratitude d'autant plus affreuse qu'il avait été l'objet d'une affection plus intime. Actes 1:20 lui applique le verset 8 (et, pour l'avenir, ce passage se rapporte à l'Antichrist). Certes il y avait bien là de quoi briser le cÅur du Sauveur (v. 16).
«Agis pour moi à cause de ton nom», demande celui qui a déjà été appelé au v. 16 l'Affligé et le Pauvre (vv. 21, 22; comparer Jean 12:28). «Qu'on sache que c'est ici ta main...» (v. 27). Dieu devait à sa propre gloire de délivrer Celui qui l'invoquait. C'est ce que montre le Psaume 110! Quel relief il prend après le tableau de l'abaissement de l'Homme de douleurs. L'Ãternel s'était tenu à la droite du Pauvre pour le sauver (Ps. 109:31); c'est le passé. Pour le présent, Il l'a fait asseoir à Sa droite proclamant toute sa satisfaction dans lâÅuvre achevée (v. 1; il sâagit de Christ; Ãphésiens 1:20). Et plus tard encore, promet le verset 5, «le Seigneur, à ta droite, brisera les rois au jour de sa colère». Ses adversaires du Psaume 109 seront mis pour marchepied de ses pieds: leur asservissement fera partie de sa gloire.
Ce psaume nâest cité pas moins de huit fois dans le Nouveau Testament. Il sert pratiquement de fil conducteur à toute l'épître aux Hébreux (Héb. 1:13; Héb. 7:17; Héb. 10:13...).
Enfin, à ces promesses faites au Messie, s'en ajoute une qui se rapporte à son chemin sur la terre (v. 7). Christ, homme, devait trouver ici-bas quelques rares instants de rafraîchissement, propres à encourager et à fortifier son âme (par exemple Luc 7:9, 44; Luc 9:20; Luc 10:21, 39; Luc 23:42)...
Grandes sont «les Åuvres» du Dieu de la création (v. 2). Mais que dire de «son Åuvre» unique (v. 3), celle de la rédemption (v. 9)? Combien elle est «glorieuse et magnifique»! Nous adorons Celui qui l'a accomplie et nous concluons comme l'apôtre: «Celui même qui n'a pas épargné son propre Fils, mais qui l'a livré pour nous tous, comment ne nous fera-t-il pas don aussi, librement, de toutes choses avec Lui?» (Rom. 8:32). N'assure-t-Il pas chaque jour notre subsistance? (v. 5). Oui, ce que Dieu fait confirme ce qu'Il est: «plein de grâce et miséricordieux» (v. 4). Considérer ses Åuvres fortifie notre foi en sa Parole; jamais elles n'ont contredit ses préceptes. Les unes et les autres sont vérité. Ses préceptes sont sûrs (v. 7) et les pratiquer constitue le moyen d'acquérir «une bonne intelligence» (v. 10).
Le premier pas d'un homme dans le chemin de la sagesse est la crainte de Dieu. D'après le verset 5, c'est également la seule manière de résoudre le problème si douloureux de la faim dans le monde... mais aussi la seule à laquelle les peuples ne pensent pas.
La louange de l'Ãternel «demeure à perpétuité» (v. 10; de même que sa justice: v. 3; et que ses préceptes: v. 8). Sachons l'entonner dès maintenant.
Ce psaume se rattache au précédent, comme le montre une même disposition alphabétique des versets (voir note). Dans le Psaume 111 la justice de l'Ãternel demeure à perpétuité (v. 3). Au Psaume 112 c'est la justice de celui qui craint l'Ãternel qui demeure à perpétuité (vv. 3, 9). Notre verset 1 continue et dépasse Psaume 111:10. La crainte de Dieu, chemin de la sagesse est aussi celui de la bénédiction. Il ne s'agit plus seulement de pratiquer les commandements de l'Ãternel, mais d'y prendre un grand plaisir. C'était la part de Jésus qui pouvait dire: «c'est mes délices, ô mon Dieu, de faire ce qui est ton bon plaisir» (Ps. 40:8; verset aussi Jean 4:34).
Certaines personnes ont toujours peur d'apprendre une mauvaise nouvelle. Eh bien! la crainte de Dieu éloigne cette crainte des hommes (v. 8) ou des événements fâcheux (v. 7). Le cÅur de celui qui se confie en Dieu n'est pas troublé par ce qui se passe (Prov. 1:33); il est ferme (v. 7), parce que le Seigneur le soutient (v. 8; comparer Jean 14:1, 27 fin). Mais un cÅur ferme peut être en même temps un cÅur sensible et plein d'amour. Le juste use de grâce (v. 5), répand et donne aux pauvres (v. 9). «Il est plein de grâce et miséricordieux» comme Dieu Lui-même (comparer verset 4 avec Ps. 111:4 fin et Jac. 5:11 fin).
Que de motifs «les serviteurs de l'Ãternel» ont pour louer «le nom de l'Ãternel» (v. 1). Ils gisaient autrefois dans la poussière de la mort, oui, sur le fumier du péché (v. 7). Mais Dieu s'est abaissé pour regarder sur la terre (v. 6). Ne l'oublions jamais, si grand qu'Il soit, Il prend connaissance de tout ce qui concerne chacune de ses créatures. Il a vu leur état de complet dénuement. Et, comme le maître de la parabole, il s'est plu à inviter ces pauvres et ces misérables pour les faire asseoir au grand souper de sa grâce (Matt. 22:10; comparer aussi 1 Sam. 2:8 et Luc 1:52-53).
L'Ãternel avait vu l'affliction de son peuple, entendu son cri, connu ses douleurs. Et Il descendit pour le délivrer (Ps. 113:6; Ex. 3:7). Il le fit sortir d'Ãgypte avec puissance. à son commandement, la mer Rouge s'enfuit pour laisser traverser le peuple de Dieu; «le Jourdain retourna en arrière» pour lui livrer passage; le rocher fit couler ses eaux pour le désaltérer. Dieu sait où et comment faire jaillir le rafraîchissement et la vie pour répondre au besoin des siens. Mais Il fera un miracle plus grand encore en faveur de son peuple quand Il changera le cÅur dur de celui-ci en une source d'eau pour la bénédiction de toute la terre.
Comme jadis Moïse et Josué, le résidu d'Israël demandera plus tard à Dieu d'intervenir à cause de Sa gloire, pour que son Nom soit connu de toutes les nations (vv. 1, 2; Ex. 32:12; Josué 7:9). Oui, l'Ãternel relèvera le défi qui a tant attristé les siens: «Où donc est leur Dieu?» (v. 2; Ps. 42:3; Joël 2:17 fin; comparer Matt. 27:43).
«Notre Dieu est aux cieux», répondent les fidèles, et auprès de Lui est notre cÅur! Quant aux gens du monde, en général, il ne faut pas longtemps pour découvrir ce qu'ils affectionnent. Pour la plupart, ils n'ont pas honte de leurs idoles: ce sont l'argent, l'or (v. 4), les produits de l'art et de la technique, ce sont les divertissements, les plaisirs; ce sont également des chanteurs, vedettes ou personnalités du moment. Proclamons, nous aussi, qui est notre Dieu. Faisons en sorte que son Nom soit connu dès maintenant autour de nous. Il le sera dans la mesure où nous rechercherons sa gloire et non la nôtre (v. 1). Dans la mesure aussi où chacun pourra voir que c'est en Dieu seul que nous mettons notre confiance (v. 11).
En contraste avec la louange et la bénédiction terrestres du règne (vv. 16, 17), comme chrétiens nous nous réjouissons d'être morts avec Christ et d'avoir avec Lui notre place en résurrection dans les lieux célestes.
Ce cantique de l'Israélite ramené dans son pays, combien plus le racheté du Seigneur peut-il le chanter aujourd'hui: «J'étais devenu misérable, et Il m'a sauvé... tu as délivré mon âme de la mort...» (vv. 6, 8). Mais le rappel d'un si grand salut donne conscience au croyant des droits que son Sauveur a sur lui. Le v. 8 évoque une triple délivrance: Dieu sauve nos âmes, soutient nos cÅurs accablés par lâépreuve, nous préserve enfin des pièges et des tentations dans lesquelles, faibles comme nous le sommes, nous risquons de trébucher.
Câest pourquoi chacun peut se poser la question du verset 12: «Que rendrai-je à l'Ãternel pour tous les biens qu'il m'a faits?» «J'ai aimé l'Ãternel...», répond le psalmiste, ce sont les premiers mots du psaume et le premier effet de l'Ãvangile à la base de tous les autres. Alors, de l'abondance du cÅur la bouche peut proclamer le nom du Seigneur (v. 10; 2 Corinthiens 4:13). Mais il existe plus d'une manière de Lui rendre témoignage: «Je prendrai la coupe du salut... je te sacrifierai des sacrifices d'actions de grâces... oui, devant tout son peuple» (vv. 13, 14, 17). Rendons-Lui donc de tout notre cÅur ces sacrifices de louanges, «fruit des lèvres qui confessent son nom» (Héb. 13:15).
Si le Seigneur nous est précieux (Ps. 116), nous en inviterons d'autres à l'adorer avec nous. Il en sera ainsi d'Israël. Autrefois si jaloux de ses privilèges, plein de mépris pour les nations, il les conviera lui-même à la louange universelle (v. 1; Rom. 10:19; Rom. 15:11). La bonté et la vérité de Dieu sont de nouveau nommées ensemble (v. 2; voir Ps. 108:4; Ps. 115:1). Elles sont la double manifestation envers les hommes des caractères essentiels de Dieu: amour et lumière. Quel inépuisable sujet de méditation contient donc ce précieux petit psaume (qui se trouve être le chapitre central de la Bible).
Au Psaume 118, c'est la bonté de l'Ãternel qui est le thème de la louange. Environné et menacé par le monde entier, Israël fera l'expérience que le secours de l'homme et des principaux est vain (vv. 8, 9; Ps. 108:12). Le nom de l'Ãternel sera sa seule sauvegarde. Quant à nous, ce qui nous menace, ce sont essentiellement, hélas, les convoitises de nos pauvres cÅurs (Jac. 1:14). Maintes fois nous avons été sur le point de tomber, mais Dieu nous a été en secours; Il a gardé nos pieds de chute (v. 13; Ps. 116:8). Et l'homme ne pourra rien faire ni contre nous (v. 6) ni pour nous (v. 8) car le Seigneur est notre force (v. 14).
Ce psaume occupe une place importante dans les prophéties relatives au Seigneur. Le verset 22 cité dans les évangiles ainsi qu'en 1 Pierre 2:7, annonce à la fois le rejet de Jésus et la place qui Lui reviendra. Que ce que Dieu a voulu faire par Christ et pour Christ soit toujours «une chose merveilleuse devant nos yeux» (v. 23)! Les versets 25 et 26 nous rappellent l'entrée du Messie à Jérusalem et les cris jetés par la foule: «Sauve, je te prie» (Hosanna en hébreu). «Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur» (Matt. 21:9). Malgré lui, le peuple juif L'a invoqué et honoré ce jour-là comme l'annonçaient les Ãcritures. Et celles-ci devraient aujourd'hui ouvrir les yeux de ce peuple. Cependant le moment vient où cette prophétie aura son véritable accomplissement. Le Messie triomphant sera alors reçu et salué par le résidu fidèle.
Chez les Juifs, ce psaume faisait partie du rituel de la Pâque. Peut-être est-ce l'hymne chantée par le Seigneur avec ses disciples après la cène? (Marc 14:26). S'il en est ainsi, avec quels sentiments a-t-il prononcé en un tel moment les versets 6, 21, 22 et la fin du verset 27: «Liez... le sacrifice aux cornes de l'autel»!
Le psaume s'achève comme il a commencé: en célébrant la bonté immuable de l'Ãternel (vv. 1, 29).
«Bienheureux ceux qui écoutent la Parole de Dieu et qui la gardent», disait aux foules le Seigneur Jésus (Luc 11:28). C'est de ce bonheur et de ce privilège que va nous entretenir tout au long ce psaume magnifique. Heureux en effet ceux qui sont intègres (purs de cÅur, Matt. 5:8), qui prennent plaisir aux témoignages du Seigneur et qui font leurs délices de ses statuts (v. 16). Mais doublement heureux ceux qui gardent soigneusement ces statuts (vv. 2, 4, 5, 8) et qui y marchent (v. 1).
Une question sérieuse est posée au verset 9. Elle n'a aucun sens pour les jeunes gens du monde qui se moquent ouvertement des «scrupules» du jeune croyant. Mais pour ce dernier, elle est capitale: «Comment un jeune homme rendra-t-il pure sa voie?» La réponse suit aussitôt: «Ce sera en y prenant garde selon ta parole». Retenons ce secret d'une marche pure, à l'abri du péché contre Dieu (v. 11) et aussi contre notre propre corps (1 Cor. 6:18). En cachant la Parole dans notre cÅur, en y gravant des passages essentiels comme ce verset 9, nous serons armés pour «le mauvais jour» où surgira la tentation (Ãph. 6:13, 17). Car si nous gardons soigneusement Ses préceptes, le Dieu fidèle nous gardera avec le même soin. Que Sa Parole habite en nous richement! (Col. 3:16).
Quand nous ouvrons notre Bible, commençons toujours par demander au Seigneur d'ouvrir nos yeux pour en discerner les merveilles (v. 18). Mais qu'Il détourne en même temps nos regards de «la vanité» (v. 37), et combien dâobjets ce mot recouvre! Car il n'est pas possible de trouver son plaisir à la fois dans la Parole et dans les choses de ce monde, par exemple l'amour des richesses (v. 36; lire Luc 16:13). Un autre obstacle qui trop souvent nous ferme les Ãcritures, c'est une mauvaise conscience. Comment jouir de ce qui nous reprend? Il faut d'abord confesser notre faute ou notre état. «Je t'ai déclaré mes voies», dit le psalmiste; et alors il peut ajouter «enseigne-moi... (vv. 26, 33; Ps. 32:5-8); fais-moi comprendre... (v. 27); donne-moi de l'intelligence... (v. 34)», toutes prières agréables au Seigneur. Ses témoignages sont «les hommes de mon conseil» (v. 24). Encore faut-il que je me laisse conseiller par eux!
Remarquons aussi la progression entre les versets 30, 32, 35. Le croyant a choisi la voie de la fidélité; il se propose d'y courir et demande à Dieu, non d'élargir ce chemin, mais d'élargir son cÅur pour que l'objet de ses affections l'attire avec plus de puissance (Phil. 3:14). Enfin il compte sur Dieu pour l'y faire marcher.
La Parole de Dieu règle toute la vie du croyant. Elle lui permet de répondre quand on lui fait tort, non pas nécessairement par le langage, mais par la patience et la confiance qu'elle lui enseigne (v. 42). Parce qu'elle est «la parole de la vérité» (v. 43), elle donne à l'homme de Dieu une assurance et une autorité quand il parle, une sainte liberté dans sa marche. Pourquoi sommes-nous souvent si timides le témoignage que nous rendons autour de nous? Justement parce que nous manquons beaucoup de cette force et de cette conviction intérieure que communique la Parole de vérité crue, aimée et méditée. «Tes statuts m'ont été des cantiques...» (v. 54). Quel Seigneur que le nôtre! De quel chef d'état, fût-il le meilleur, pourrait-il être dit que ses commandements sont un sujet de joie pour celui qui doit s'y soumettre?
Les versets 57-64 nous montrent le cÅur du croyant préoccupé de conformer sa marche à la volonté du Seigneur: «J'ai pensé à mes voies...» (v. 59), dit le fidèle; ensuite seulement «j'ai tourné mes pieds». Que de fois, hélas! notre conduite est inverse! Retenons aussi le verset 63: «Je suis le compagnon de tous ceux... qui gardent tes préceptes» (voir vv. 79 et 115). Et demandons-nous qui nous fréquentons (Prov. 13:20).
La demande du verset 17 a été exaucée. «Tu as fait du bien à ton serviteur» (v. 65). Mais d'une manière à laquelle le psalmiste ne s'était pas attendu: par l'affliction. «Il est bon pour moi que j'aie été affligé», reconnaît-il (v. 71). Pourquoi? Parce que «avant que je fusse affligé, j'errais» (v. 67). Le bon Berger a été contraint d'user de ce moyen pénible pour ramener dans le chemin sa brebis égarée. Mais elle a fait ainsi une expérience plus importante encore: elle a appris à connaître son Dieu, et n'a plus besoin de comprendre pour savoir que Son amour n'a pas varié. «Je sais â dit-elle â que c'est en fidélité que tu m'as affligé» (v. 75).
Chez les nomades du désert, la confection d'une outre de peau exige une préparation patiente. On l'expose à la fumée pour faire perdre au cuir le goût âcre et l'odeur d'origine qui ne manqueraient pas d'altérer la pureté de l'eau. Il en est ainsi du chrétien (v. 83). Le feu de l'épreuve doit passer sur lui afin de lui ôter son aigreur ou sa raideur naturelle et le rendre propre au service. «Tes mains m'ont fait et façonné; rends-moi intelligent...» (v. 73). Heureuse prière du racheté! Oui Seigneur, façonne aussi mon esprit par les moyens que tu choisiras; rends-moi souple et docile à ta volonté!
Si fermement qu'ait été établie la terre (v. 90), la Parole du Seigneur l'a été plus fermement encore. Quel bonheur, dans un monde où tout est incertain, où «la fébrile activité de l'homme déchu... se déploie en des pensées qui périront toutes» (Introduction à la Bible p. 1), de pouvoir connaître les pensées éternelles de Dieu et de nous confier dans ses promesses immuables! Le ciel et la terre passeront mais ses paroles ne passeront point (Matt. 24:35). Au reste toute la création n'a qu'un seul but: «toutes choses te servent...» (v. 91). Tel est aussi notre privilège, mais servons le Seigneur avec intelligence et de tout notre cÅur.
Christ seul a vraiment réalisé les versets 97-112. Il avait «plus de sens que les anciens» parce que Lui observait les divins préceptes, tandis qu'eux se contentaient de les enseigner (v. 100). Il était plus sage que tous les ennemis qui lui tendaient des pièges (v. 110; Matt. 22:15-34).
Qui se hasarderait sans lampe à se déplacer la nuit sur un terrain semé d'obstacles? Dans les ténèbres de ce monde au milieu de pièges tendus par des méchants embusqués (vv. 110, 95), la Parole est cette lampe, cette lumière indispensable sur notre sentier (v. 105). N'ayons crainte d'en trop faire usage pour regarder où nous posons nos pieds (v. 101)!
La Parole qui est lumière sur mon sentier, me montre aussi combien les ténèbres sont épaisses autour de moi. Elle me fait prendre en horreur la méchanceté et la duplicité. En effet, sans cette mesure divine, je puis me tromper et appeler bien ce qui est mal, vérité ce qui est mensonge. Tandis que le Livre des pensées de Dieu m'apprend à voir le monde et ce qui le remplit comme Lui-même le voit.
«Rends-moi intelligent», répète le fidèle (v. 34, 125, 144, 169). L'intelligence est généralement considérée comme un don naturel. Eh bien! cette prière nous montre qu'il est possible de l'acquérir. Car c'est la Parole qui donne la vraie intelligence (v. 130). «Je suis ton serviteur...» déclare le psalmiste, décidé à observer la volonté de Dieu (v. 125). Celle-ci s'exprime sous différentes formes dans Sa Parole: loi, commandements, statuts, préceptes, témoignages, ordonnances, jugements... mots qui ne sont pas synonymes (pour une définition de ces termes voyez H.R.: «Aide-mémoire pour l'étude des Psaumes» p. 54). Quant au chrétien, la Parole ne s'impose plus à lui sous une forme légale. Son obéissance découle de l'amour qu'il éprouve non seulement pour les témoignages merveilleux du Seigneur (v. 113, 127) mais pour son nom (v. 132).
La justice de Dieu est la note dominante des versets 137-144. Elle n'est pas un sujet d'effroi pour celui qui craint l'Ãternel, qui marche à sa lumière et qui connaît aussi sa bonté (v. 149, 159). Au milieu d'un monde injuste le fidèle se plaît à célébrer cette justice de Dieu, qui, comme Sa bonté, demeure à toujours (v. 142, 144).
«Ta parole est bien affinée» (v. 140). Plus vous la mettez à l'épreuve (comme l'or dans le creuset) plus elle montre qu'elle est la pureté même.
Les versets 145 et suivants traduisent l'extrême dépendance du fidèle. «Fais-moi vivre...», demande-t-il ici à quatre reprises (vv. 149, 154, 156, 159; voir 25, 40, 88, 107). C'est Dieu qui donne la vie; c'est Lui aussi qui la conserve et l'entretient. Mais cette prière concerne en premier lieu l'âme du racheté. «Fais-moi vivre selon ta Parole». Car «l'homme ne vivra pas de pain seulement, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu» (Matt. 4:4; Deut. 8:3).
Retenez bien le verset 160: «La somme de ta parole est la vérité...» La Bible ne se compose pas d'un ensemble de vérités parmi lesquelles chacun choisit celles qui lui conviennent. Elle forme un tout inséparable que l'on reçoit ou que l'on rejette; elle est tout entière la Vérité (Jean 17:17).
Le fidèle, persécuté sans cause par des princes, a peur, non de ceux-ci, mais de la Parole, craignant de lui désobéir (v. 161). Et pourtant elle est sa joie! (v. 162). Que la Parole de notre Dieu soit un vrai trésor pour chacun de nos cÅurs! Des richesses inépuisables y sont cachées, mais seul les découvre celui qui fait de cette Parole la règle de sa vie.
Commencer par recevoir permet ensuite dâapporter: le v. 171 nous rappelle que la louange est le fruit dâun cÅur enseigné par les statuts divins. Bien nourris de ceux-ci, nous saurons parler au Seigneur, lâadorer avec intelligence, mais aussi parler haut, autour de nous, de tout ce qui aura fait le sujet de notre méditation (v. 172; comp. Ãph. 5:11).
Les derniers versets, qui résument le psaume, permettent maintenant d'en dégager la pensée directrice. Israël aura été amené par la tribulation à reconnaître son égarement (v. 176). Il aura appris dans l'affliction à chérir la loi de l'Ãternel (v. 163, 167, 174), à y conformer sa conduite (v. 165-167), à haïr le mal (v. 163), à ne chercher son salut qu'en Dieu (v. 166). Avant qu'intervienne la délivrance finale (v. 174), la restauration intérieure aura déjà été produite. Ce qui permettra à Dieu d'agir en faveur des siens et de les introduire dans la bénédiction du Règne.
Les quinze cantiques des degrés (Ps. 120-134) retracent d'une manière ascendante la délivrance et la restauration du résidu d'Israël.
Le Psaume 120 trouve ces fidèles dans leur captivité au milieu des nations et nous fait entendre leurs soupirs. Ils souffrent d'avoir à séjourner au milieu de «ceux qui haïssent la paix». Chrétiens, puissions-nous réaliser davantage combien le monde est opposé à Dieu et par conséquent à Ses enfants! Il ignore la paix; encore moins peut-il la donner. Mais que dit le Seigneur aux siens? «... Je vous donne ma paix; je ne vous donne pas, moi, comme le monde donne» (Jean 14:27).
Détournant ses regards de la scène de son affliction, le fidèle au Psaume 121 les élève vers les montagnes (Sion, objet de son espérance: voir Ps. 87:1-2). Mais son secours viendra de plus haut, d'auprès du Créateur qui a établi ces montagnes. L'Ãternel répond à cette confiance par de touchantes promesses personnelles (vv. 3-8). Chaque croyant peut entendre le Seigneur les lui adresser. Il est dans le monde, mais il y sera gardé (verbe six fois répété) partout et toujours en réponse à cette prière de son Sauveur. «Je ne fais pas la demande que tu les ôtes du monde, mais que tu les gardes du mal» (comparer v. 7 avec Jean 17:15).
L'amour que l'Israélite éprouve pour Jérusalem est l'image des désirs et des affections du chrétien pour l'Assemblée, chère au cÅur de Christ. Est-ce avec joie (v. 1) que, dès maintenant, nous nous rendons au lieu où Il a promis Sa présence, afin d'y célébrer son Nom (comparer verset 4)?
Retenons la promesse du verset 6: «Ceux qui t'aiment prospéreront». L'amour pour l'Assemblée est une source de prospérité spirituelle. Comment se manifeste cet amour? En priant pour sa paix; en recherchant son bien de toutes les manières (vv. 6-9). «Que la paix soit en tes murs» (v. 7): nâoublions pas que la sécurité est assurée par la séparation du monde représentée par la muraille.
Le Psaume 123 nous enseigne la dépendance. Le fidèle élève ses yeux vers son Dieu dans le sentiment que toutes les ressources sont en Lui (comparer 2 Chr. 20:12). Il n'y possède aucun droit; tout est grâce. De la part des hommes, que doit-il attendre? Il peut être outre mesure rassasié du mépris et des insultes de ceux qui sont à leur aise ici-bas (vv. 3, 4; 1 Cor. 4:13). Mais s'il est capable d'endurer ces choses, c'est parce qu'il dirige les regards de sa foi vers son Sauveur dans les cieux (v. 1; Ps. 141:8). Bientôt cette foi sera changée en vue. Aujourd'hui rassasié d'opprobre, demain il sera rassasié de Son image (Ps. 17:15).
Les Psaume 120-123 nous ont décrit le peuple sous l'oppression. Les Psaume 124 et 125 nous font assister à sa délivrance. Elle n'est due, le fidèle se plaît à le répéter, qu'à l'intervention de l'Ãternel. Sans elle, il aurait été englouti (Ps. 124:3), submergé (vv. 4, 5), dévoré (v. 6). Mais si Dieu est «pour nous», que pourront ceux qui se sont élevés «contre nous»? (v. 2; Rom. 8:31). Le Seigneur sait arracher les siens du terrible piège des oiseleurs (v. 7). Ces derniers correspondent prophétiquement à l'Antichrist et à l'Assyrien, agents de Satan contre le résidu d'Israël. Pour nous, ils évoquent les ennemis de nos âmes. Si nous mettons notre confiance en Christ, Il nous fera échapper à leur filet, c'est-à -dire au «péché qui nous enveloppe si aisément» (Héb. 12:1; Ps. 91:3).
La confiance est précisément la première note du Psaume 125. Confiance en Celui qui a le pouvoir de nous garder sans que nous bronchions (Jude 24). En nous appuyant sur le Seigneur nous ne chancellerons pas (v. 1). Mais pour bien marcher, il ne suffit pas que nos pieds soient fermes, il faut aussi que notre chemin soit droit. N'imitons pas «ceux qui se détournent dans leurs voies tortueuses» (v. 5). Et n'oublions pas qu'avant de se montrer dans la marche, la droiture doit habiter dans le cÅur (v. 4).
Comme quelqu'un qui s'éveille d'un cauchemar affreux, les fidèles seront d'abord incapables de réaliser leur subite délivrance. Mais bientôt retentiront des chants de joie auxquels les peuples feront écho: «L'Ãternel a fait de grandes choses pour ceux-ci» (v. 2; Psaume 14:7). Leurs larmes auront pour ainsi dire arrosé les sillons d'une moisson abondante (v. 5). Et tel fut le ministère du Seigneur Jésus ici-bas (v. 6). Il a suivi en pleurant le chemin de la croix. «Mais s'il meurt, â dit Jean 12:24 â il porte beaucoup de fruit». Il paraîtra triomphant, chargé du fruit du travail de son âme: ses rachetés, comme ses gerbes précieuses, serrés contre son cÅur.
Le Psaume 127 nous rappelle que toute entreprise est vouée à l'échec si elle n'a pas au départ l'approbation du Seigneur. Une affaire peut paraître bonne, mériter beaucoup de temps et de peines, elle n'aboutira à rien si Lui n'y a pas travaillé (comparer Jean 15:5 fin). L'activité paisible et confiante du chrétien, suivie d'un sommeil tranquille, contraste avec l'agitation fiévreuse et ambitieuse des hommes de ce monde (Ecc. 2:23). Le v. 1 rappelle en particulier aux jeunes qui pensent au mariage (à bâtir leur maison), la nécessité dâêtre dirigés par le Seigneur pour avoir ensuite sa bénédiction.
«Bienheureux quiconque craint l'Ãternel... tu seras bienheureux et tu seras entouré de biens» (Ps. 128:1-2). L'homme voudrait inverser les choses. Il se figure parvenir au bonheur en améliorant ses conditions matérielles. Mais sa misère est d'abord d'ordre moral. L'homme est malheureux parce qu'il est pécheur. Qu'il commence par se tourner vers Dieu pour le craindre et marcher dans ses voies! (v. 1). Alors il verra la bénédiction s'étendre à tout ce qui le concerne. «La piété est utile à toutes choses...» (lire 1 Tim. 4:8). «Cela ne signifie pas â écrit quelquâun â que nous aurons une prospérité qui consiste à satisfaire nos convoitises, mais la jouissance paisible ici-bas de la faveur divine» (voir Ps. 37:4).
Psaume 129. Dès sa «jeunesse», en Ãgypte, Israël a souffert d'une dure oppression, mais rien n'égalera celle qui sera sa part sous le joug de l'Antichrist. Et Christ, en prenant la forme d'esclave, s'est identifié par avance avec les souffrances de son peuple (comparer versets 3 et Matt. 27:26).
Mais l'Ãternel est juste (v. 4). Les méchants seront arrachés (v. 6); ils ne feront pas partie des gerbes rassemblées avec joie par le grand Moissonneur (v. 7; Ps. 126:5-6); ils n'auront aucune part à la bénédiction du Règne (v. 8).
Ce n'est pas l'oppression du Psaume 129, mais le sentiment du péché qui a placé l'âme du juste dans des «lieux profonds» (Ps. 130:1). Cependant si bas qu'il se sente, il peut toujours invoquer Dieu. «Il y a rédemption en abondance auprès de lui» (v. 7).
Le verset 4 nous étonne peut-être. Il nous semblerait que le pardon a plutôt pour effet de dissiper la crainte. Or c'est l'inverse! La connaissance de la grâce donne au travail de conscience sa vraie profondeur. Car nous ne mesurons l'horreur de notre situation qu'à l'effort déployé par notre Sauveur pour nous en tirer (lire Rom. 6:14 et 1 Pierre 1:17 fin à 19).
Psaume 131. Les épreuves d'un croyant contribuent utilement à l'humilier et à briser sa volonté propre (v. 1). Dieu les permet, et lui doit se soumettre. Quand ce qu'il aimait lui a été enlevé, son âme se trouve comme «sevrée» (v. 2). Il ressemble au petit enfant brusquement privé du lait maternel mais toujours près de sa mère. Sur le moment il ne peut pas comprendre que câest la condition de sa croissance. Ainsi le Seigneur juge bon quelquefois de nous ôter ce qui nous semblait précieux et indispensable pour nous obliger à ne plus nous attendre qu'à Lui seul (v. 3; relire les versets 5-7 du Ps. 130).
Ce beau cantique évoque le jour où le roi David fit monter l'arche à Jérusalem (2 Sam. 6:17). Plus tard, lors de la consécration du Temple, Salomon termina sa prière par les versets 8-10 (2 Chr. 6:41-42). Prophétiquement, ce psaume correspond à l'introduction du Règne millénaire. Dieu entrera dans son repos (v. 14); le monde entier sera béni et se réjouira (vv. 15, 16); Christ, le vrai Fils de David, recevra la couronne universelle (vv. 17, 18). Les promesses inconditionnelles de Dieu s'accompliront en Lui, par Lui et pour Lui.
Mais, remarquons-le bien, elles sont la conséquence de «toutes Ses afflictions» (v. 1; comparer 1 Chroniques 22:14; David est un type de Christ, Roi rejeté, tandis que Salomon représente le Messie dans sa gloire). C'est parce que Christ a souffert qu'il sera ainsi exalté et c'est parce qu'Il a connu ici-bas le travail douloureux de son âme que la terre jouira du repos de Dieu.
Rapprochons respectivement les versets 2 et 11, 5 et 13, 8 et 14, 9 et 16, 10 et 17, 18. Nous constatons que ce fidèle, qui a eu à cÅur la gloire de Dieu, obtient point par point des exaucements dépassant toutes ses espérances. Il a affaire à Celui qui peut faire infiniment plus que tout ce que nous demandons ou pensons (Ãph. 3:20).
Le verset 1 du Psaume 133 devrait toujours pouvoir trouver son application dans l'assemblée et dans nos familles. En est-il ainsi? Quand des frères habitent unis ensemble, c'est une chose bonne et agréable pour eux-mêmes, mais avant tout pour le cÅur du Père. Les membres de la famille de Dieu sont unis entre eux parce qu'ils sont liés à une même Personne, Christ; ils forment comme le bord de son vêtement: ce qui est visible de Lui ici-bas (comparer Ex. 28:33-34). Lui est en haut, vrai Aaron, souverain Sacrificateur; mais Il a donné son Esprit qui, telle une «huile précieuse», descend sur les frères réunis là où Dieu a commandé la bénédiction éternelle (v. 3; Actes 2:33; Ãph. 4:2-4).
Avec le Psaume 134, dernier psaume des degrés, les rachetés du peuple terrestre sont parvenus à la plus élevée de ces quinze marches figurées par autant de cantiques. Ils ont atteint le but ardemment désiré; ils ont franchi les portes de Jérusalem (Ps. 122:1-2); ils se tiennent dans la maison de l'Ãternel.
Bientôt les rachetés du Seigneur atteindront leur but céleste: la maison du Père. Mais «il n'y aura pas de nuit là », révèle Apocalypse 21:25. Et aucune exhortation à la louange n'y sera nécessaire. Celle-ci jaillira spontanément de tous nos cÅurs quand nous verrons Jésus face à face.
Le Psaume 134 nous montrait les serviteurs de l'Ãternel se tenant dans sa Maison pour le célébrer. Le Psaume 135 nous apprend quel est le thème de leur louange: le grand nom de l'Ãternel.
Au Psaume 133, ce qui était bon et agréable c'était que des frères habitent unis ensemble. Ici au verset 3, c'est l'Ãternel Lui-même qui est trouvé bon et agréable. L'adorateur a «goûté que le Seigneur est bon» (1 Pierre 2:3). Si précieuse que soit la communion fraternelle rien ne remplace pour l'âme la saveur de l'amour du Seigneur. Est-ce seulement pour rencontrer d'autres chrétiens que nous nous rendons au rassemblement? Ou bien parce que nous y jouissons de la présence bénie du Seigneur?
Dieu s'est choisi Israël â comme aussi chaque racheté â «pour son trésor particulier» (v. 4; comparer Matt. 13:44) et Il a mis en Åuvre pour acquérir son âme les moyens les plus puissants (vv. 5-12). Mentionnées après un tel Dieu combien les idoles du monde apparaissent vaines et ridicules! Et combien sont à plaindre «ceux qui se confient en elles»! (v. 18). Bénir l'Ãternel, devenu pour nous le Dieu et Père de notre Seigneur Jésus Christ, est le privilège de tous ceux qui le craignent (v. 20; Ãph. 1:3).
Toutes les voies de Dieu envers sa créature ont un seul et même motif: sa bonté qui demeure à toujours. Elle apparaît d'abord dans les «grandes merveilles» accomplies en faveur de l'homme avant même son existence, lorsque Dieu composait le milieu favorable à sa vie et à sa subsistance (vv. 4-9). C'est ainsi qu'une mère, avant la naissance de son enfant, prépare avec tendresse le cadre dans lequel le bébé sera accueilli et tous les objets qui vont lui être nécessaires.
à partir du verset 10 nous pouvons voir briller l'amour de Dieu dans l'Åuvre de la rédemption. Elle est illustrée par la sortie d'Ãgypte et l'entrée d'Israël en Canaan. «Dans notre bas état, Il s'est souvenu de nous» peuvent chanter tous les rachetés reconnaissants (v. 23).
L'expression «sa bonté demeure à toujours» surprend à la fin des versets 10, 15, 17-20. Mais n'oublions pas que même le châtiment des méchants est lié aux desseins de l'amour de Dieu envers les siens, ainsi qu'à la bénédiction du monde futur. Ainsi s'expliquent aussi les terribles versets 8 et 9 du Psaume 137. Les hommes parlent du «bon Dieu» avec la plus grande légèreté. Puissent-ils réfléchir à la portée de cet adjectif, confirmé par des témoignages si éclatants,... et répondre ensuite à un tel amour!
Ici commence une avant-dernière série de psaumes, pour la plupart de David. Ils reprennent le récit de la restauration finale d'Israël depuis sa servitude au milieu des nations (Ps. 137), à travers sa tribulation, jusqu'à la délivrance et, dans les Ps. 145 - 150, la louange générale.
Le début du Psaume 137 évoque la captivité de Babylone. Comment les pauvres transportés auraient-ils pu chanter sur commande et se réjouir sous le joug de l'oppresseur? Il n'est pas de joie pour eux loin de Jérusalem. Ceux qui leur ont tout pris n'ont pu leur en ôter le souvenir. Ainsi, amis croyants, étrangers dans un monde hostile, nous n'y trouvons rien pour nos cÅurs, mais nous possédons en Christ une joie que personne ne nous ôte (Jean 16:22). N'oublions jamais la cité céleste (v. 5)!
Au Psaume 138, le fidèle, malgré son «bas état» (v. 6), chante de tout son cÅur, et se prosterne vers Jérusalem (cf. v. 2 et 1 Rois 8:47...). «Tu m'as répondu», peut-il dire ensuite, bien que rien ne soit encore changé dans ses circonstances. Mais Dieu a augmenté la force de son âme (v. 3). Et c'est cette force-là qui compte pour le croyant (Ãph. 3:16).
Dieu achèvera ce qui nous concerne (v. 8), non par la destruction de la race des méchants (fin du Ps. 137), mais par le retour du Seigneur.
«Dieu est lumière» (1 Jean 1:5). «Et il n'y a aucune créature qui soit cachée devant Lui...» (lire Héb. 4:13). Il est insoutenable pour un pécheur de sentir ce saint regard continuellement posé sur lui, mettant à nu ses pensées les plus intimes et découvrant ses plus secrets motifs! Il n'a d'abord qu'une idée: fuir ce terrible faisceau de lumière. Mais celui-ci fouille les ténèbres où il cherche à se cacher (v. 11), le rejoint au bout du monde, remonte dans son plus lointain passé... (Gen. 3:8; Jean 3:19). Car c'est une folie de penser qu'on peut échapper à Dieu. C'en est une autre de se dérober... à Celui qui veut assurer notre bonheur. Quand vous êtes malade, il ne vous vient pas à l'idée de cacher au médecin le moindre de vos symptômes. Vous savez bien que vous avez intérêt, pour être guéri, à lui dire tout ce que vous ressentez. Pourquoi agir autrement lorsque Dieu veut sauver votre âme ou vous délivrer d'un péché? Confessez-Lui tous les aspects du mal qui vous mine. Laissez sa lumière scruter votre conscience. Que votre prière soit celle des versets 23, 24: «Sonde-moi, ô Dieu» et sonde-moi encore! Mets tout en ordre dans ma vie. Ne me laisse pas m'engager sur «quelque voie de chagrin». Mais «conduis-moi dans la voie éternelle»!
Ce psaume nous fait entrevoir combien les croyants du résidu souffriront pendant les temps terribles de la grande tribulation. La grâce de Dieu nous a jusqu'ici préservés de persécutions dans nos pays. Mais il est bon de nous poser quelquefois cette question: si demain il fallait de nouveau souffrir comme chrétien, voudrais-je encore porter ce nom?
Par ailleurs n'oublions jamais que nous avons affaire continuellement à des ennemis, d'autant plus redoutables qu'ils nous sont familiers. Cet homme mauvais, violent (v. 1), qui médite le mal (v. 2), qui affile sa langue comme un serpent (v. 3) et s'efforce de faire trébucher mes pas (v. 4), l'épître aux Romains me révèle à son sujet une chose effrayante: il habite dans mon propre cÅur (Rom. 3:13; Rom. 7:17). Mais la même épître contient, si l'on peut dire, son faire-part de décès (lire Rom. 6:6). La mort m'a délivré de ce «vieil homme»; je n'ai plus à le combattre mais à le considérer comme crucifié avec Christ. Quant à l'Ennemi du dehors, c'est aussi Dieu qui m'en protège. «Le Seigneur est la force de mon salut â dit le fidèle â ; tu as couvert ma tête au jour des armes» (v. 7). Le casque du salut est une pièce indispensable de l'armure complète de Dieu (Ãph. 6:17).
Nous ne fatiguons jamais le Seigneur en nous adressant à Lui. Au contraire, la prière d'un croyant est un parfum agréable pour Lui (v. 2; comparer Apoc. 5:8 fin). Hélas! notre bouche est capable de faire jaillir aussi des paroles amères. Sans le secours d'en haut, personne n'est capable de dompter sa langue (Jac. 3:8-9). «Mets, ô Ãternel! une garde à ma bouche», demande ici l'homme de Dieu. Cependant celle-ci ne fait que traduire ce qui bouillonne dans le cÅur (Ps. 39:1-3). Ce dernier a aussi besoin d'une «garde» vigilante pour n'être incliné à aucune chose mauvaise (v. 4). Enfin sachons considérer la répréhension non comme une blessure d'amour-propre, mais comme une faveur, une «huile excellente» réservée par le Seigneur aux siens (v. 5; comparer 2 Sam. 16:5 et 10; Gal. 6:1).
Psaume 142. Pourchassé par Saül, David s'est caché dans la caverne d'Adullam (1 Sam. 22; Ps. 57). Il erre avec ses compagnons «dans les déserts et les montagnes, et les cavernes et les trous de la terre» (Héb. 11:38). Tout refuge humain est perdu pour lui (v. 4). Mais sa foi lui permet de s'écrier: «Ãternel... tu es mon refuge» (v. 5).
«Les justes m'environneront...» (v. 7). Christ, le vrai David, introduira avec Lui dans sa gloire ceux qu'Il aura revêtus de sa propre justice.
«Ãcoute ma prière..., s'écrie le fidèle du fond de sa détresse, ne me cache pas ta face... réponds-moi». Quel contraste entre cette inquiétude et l'assurance paisible qui peut être aujourd'hui la part du chrétien! Ce dernier est certain de trouver toujours accès par Jésus auprès du Père (Héb. 4:16). Et pourtant le même intense désir de communion devrait l'animer. «Mon âme, comme une terre altérée, a soif de toi» (v. 6; comparer Ps. 63:1). Oui, chaque jour, dès le matin, j'ai besoin d'entendre non seulement la Parole de Dieu, mais Sa bonté, en ouvrant mon cÅur pour l'écouter (v. 8). Ce sentiment de l'amour du Seigneur fortifiera la confiance que j'ai placée en Lui et je Lui demanderai, d'abord de me faire connaître son chemin, puis de m'y conduire. L'appeler mon Dieu, me nommer moi-même «son serviteur» (v. 12), m'engage à faire ce qui Lui plaît. Mais il faut en premier lieu qu'il me l'enseigne, et ensuite que Son bon Esprit me guide dans le «pays uni» (ou: de droiture â voir note) de Sa volonté (v. 10). En réalité ces demandes sont liées les unes aux autres. D'une part la communion du Seigneur est nécessaire pour connaître Sa volonté. Mais d'autre part nous ne pouvons la goûter que dans l'obéissance à cette volonté!
«Enseigne-moi à faire ce qui te plaît» était la prière du Psaume 143:10. «Enseigne mes mains pour le combat...», demande ici David. Le combat chrétien comporte aussi des «lois» (2 Tim. 2:5) et chaque croyant qui veut plaire à «Celui qui l'a enrôlé» doit accomplir en quelque sorte ses classes militaires. Pourtant ce n'est pas sur l'expérience acquise, ni sur son courage qu'il compte pour être victorieux. L'Ãternel Lui-même, déclare-t-il, est «mon lieu fort, ma haute retraite... mon bouclier et celui en qui je me réfugie» (v. 2).
La délivrance d'en haut qui répondra au cri du résidu (vv. 5-11) ouvrira enfin la porte aux bénédictions milléniales (vv. 12-15). N'oublions jamais qu'à la différence d'Israël, peuple terrestre, les bénédictions actuelles du chrétien sont spirituelles, «dans les lieux célestes en Christ» (Ãph. 1:3). Elles sont par conséquent â comme Christ â hors de l'atteinte des épreuves d'ici-bas et il nous est possible d'en jouir au milieu des pires difficultés. Inversement, si tout nous paraît aller pour le mieux dans notre santé, dans nos affaires et dans notre vie de famille, n'en concluons pas que notre âme prospère elle aussi, ni que nous avons l'approbation du Seigneur. Il pourrait en être tout autrement...
Christ, dont David est la figure, entonne ici la louange (voir titre), qui, dans les derniers psaumes va s'élargir à toute la création (comparer Ps. 22:25...). Et nous pouvons chanter avec Lui: «Je t'exalterai, mon Dieu... je te bénirai chaque jour... à toujours...» L'Ãternel est grand, d'une grandeur insondable (v. 3). Ses actes sont puissants (vv. 4, 12), merveilleux (v. 5) et terribles (v. 6). Sa bonté est grande (vv. 7, 8) et universelle (v. 9); on en fera «jaillir la mémoire». Sa force sera déclarée, sa justice hautement chantée. Mais une de ses gloires surpasse toutes les autres: c'est la grâce (v. 8). Elle nous apporte le salut; de plus, les versets 14-20 en énumèrent diverses manifestations. L'Ãternel soutient (Ps. 37:24)..., relève (Ps. 146:8)..., donne la nourriture, rassasie (Ps. 107:9), se tient près de ceux qui l'invoquent (Ps. 34:17-18)â¦, accomplit le souhait de ceux qui le craignent, entend leur cri, les sauve, garde ceux qui l'aiment. Oui, «de sa plénitude, nous tous nous avons reçu, et grâce sur grâce» (Jean 1:16). Et tous les verbes à la première personne du futur: «je tâexalterai⦠je bénirai⦠je louerai⦠je parlerai⦠je déclareraiâ¦Â» ne sont que la juste réponse du racheté au déploiement de cette grâce.
N'attendons pas d'être au ciel pour célébrer notre Dieu Sauveur. «Je louerai l'Ãternel durant ma vie», déclare le psalmiste (v. 2; comparer Psaume 34:1). Lui seul mérite notre hommage comme aussi notre confiance Les versets 3 et 4 nous avertissent sérieusement de ne pas mettre notre confiance en l'homme, car c'est un danger constant et qui peut prendre bien des formes (par exemple la recherche d'une recommandation). N'attendons aucun appui des principaux, même si occasionnellement Dieu s'en sert Lui-même pour notre bien. Si haut placés soient-ils, il n'y a pas de salut en eux (v. 3); ils ressemblent à la vanité (Ps. 144:4) et, s'ils sont incrédules, ils périront en un jour avec leurs desseins (v. 4).
Nous avons pour Père un Dieu infiniment puissant, infiniment sage et qui nous aime; que nous faut-il de plus?
Les v. 7 et 8 illustrent ce que fait lâÃvangile: Il met en liberté les captifs de Satan (v. 7); Il ouvre les yeux de la foi (Ãph. 1:18); Il relève ceux qui marchent courbés sous des fardeaux trop pesants. LâÃternel aime les justes (v. 8). L'étranger, l'orphelin, la veuve jouissent de soins appropriés à leurs besoins. Le Seigneur Jésus sur la terre, dans les guérisons quâil opérait, se faisait reconnaître comme ce Dieu puissant et plein dâamour (Luc 4:19 et Luc 13:13).
Chacun des Psaumes 146 - 150 a pour en-tête et pour conclusion «Louez Jah», autrement dit «alléluia». Ce cri de joie remplira la terre lorsque Israël sera rassemblé et Jérusalem rebâtie (v. 2).
En qui l'Ãternel prend-Il son plaisir? En ceux qui le craignent et qui s'attendent humblement à sa bonté. Par contre Il ne se complaît pas dans la force dont l'homme se glorifie (vv. 10, 11; Apocalypse 3:8). Même dans notre siècle caractérisé par la vitesse, ni les «jambes de l'homme» (v. 10), ni ses dernières découvertes techniques ne sont nécessaires pour que la Parole du Seigneur coure avec vitesse (v. 15; 2 Thess. 3:1). Si chaque croyant rendait témoignage là où il a été placé, l'Ãvangile se répandrait rapidement par sa propre puissance (Ps. 68:11).
L'activité insondable de Dieu embrasse des domaines aussi différents que de guérir ceux qui ont le cÅur brisé... (v. 3) et de dénombrer les étoiles (v. 4). Il fait alterner les saisons pour le bien de sa créature. Il prépare la pluie (v. 8; Deut. 28:12), donne la neige (v. 16), fait souffler son vent (v. 18). Y pensons-nous lorsque nous nous plaignons du temps qu'il fait?
Oui, «notre Seigneur est grand et d'une grande puissance; son intelligence est sans bornes» (v. 5).
Ce psaume donne essor à la louange universelle. Elle retentira dans les cieux (vv. 1-6) et sur la terre (vv. 7-13). Prodigieux concert, dans lequel chaque créature aura une note à faire entendre! Mais comment comprendre que des choses matérielles soient invitées à se joindre à cette symphonie? (vv. 3, 7...). Romains 8 nous apprend que, depuis la chute, «la création a été assujettie à la vanité»; l'homme ne s'en est servi que pour se glorifier lui-même. Or le moment vient où, enfin «affranchie de la servitude de la corruption», la création glorifiera Dieu seul (Rom. 8:20-21; Ãsaïe 55:12-13). Ses «soupirs» actuels feront place à un plein épanouissement. Oui, à sa manière, elle racontera la gloire de Dieu et sa voix sera entendue (Ps. 19:1-3). Elle exaltera à la fois son Créateur et son Libérateur, Celui qui l'a faite et Celui qui aura permis par sa croix le «rétablissement de toutes choses» (Actes 3:21).
Le verset 12 nous rappelle la belle réponse de Moïse au Pharaon: «Nous irons avec nos jeunes gens et avec nos vieillards, nous irons avec nos fils et avec nos filles,... car nous avons à célébrer une fête à l'Ãternel» (Ex. 10:9). Et le verset 14 nous montre la place que, dans le monde à venir, Dieu donnera à Israël, ce peuple qui est «près de Lui».
Nous sommes parvenus à la conclusion des Psaumes, ce «livre de l'épreuve» dont la dernière page ne sera tournée qu'à la fin de notre séjour terrestre. Et nous constatons que toutes les souffrances qui y sont décrites ont abouti à ce résultat final: la louange de Dieu par tout ce qui respire. Puisse-t-il en être ainsi de chacune de nos épreuves: qu'elle soit trouvée «tourner-louange, et à gloire, et à honneur, dans la révélation de Jésus Christ» (1 Pierre 1:7).
Le livre des Psaumes a commencé par Dieu bénissant lâhomme: il sâachève par lâhomme bénissant Dieu.
Nous avons entendu successivement l'alléluia chanté par le résidu sauvé (Ps. 146), par Jérusalem (Ps. 147), et par la Création (Ps. 148). Le Psaume 149 a pour sujet le cantique nouveau d'Israël et les derniers jugements précédant le Règne. Enfin le Psaume 150 répond à toutes les questions concernant la louange: Qui doit être adoré; où (v. 1), pourquoi (v. 2), comment (vv. 3-5), et par qui (v. 6) le culte doit être rendu à Dieu.
Toutes les expressions diverses de cette louange universelle se fondent en une harmonie parfaite. Car le cantique est unique: il exalte les actes puissants et la grandeur infinie de Celui qui aura alors accompli tous ses conseils pour sa propre gloire et pour la bénédiction universelle.
Rappelons que la plupart des pensées et maximes contenues dans ce livre des Proverbes ont entre elles des liens qu'il est important de rechercher et de dégager.
Les projets du cÅur sont «à l'homme», déclare le verset 1. «Le cÅur de l'homme se propose sa voie...» reprend le verset 9. Et ces projets, ces voies, peuvent paraître purs (v. 2) et droits (v. 25) à quiconque ne connaît pas son cÅur et ne juge pas ses motifs. Par exemple une aumône, chose bonne en soi, peut être faite pour être vue par autrui (Matt. 6:1). Mais Dieu, qui pèse les esprits et les cÅurs (chapitre 21:2), discerne dans nos intentions telle voie de chagrin ou de mort (v. 25; Ps. 139:24). Suivons le conseil du verset 3 et remettons-Lui nos affaires, petites ou grandes (Job. 5:8). Le laisser agir, tracer nos voies, dicter nos paroles, c'est cela la dépendance, attitude qui plaît au Seigneur et assure notre sécurité.
Les versets 10-15 nous apprennent ce qui convient à des rois. à ce propos, souvenons-nous de la dignité à laquelle la grâce du Seigneur nous a fait accéder (Apoc. 5:10). Noblesse oblige, dit-on quelquefois (comparer Ãsaïe 32:8). La justice et la droiture doivent caractériser les cohéritiers du royaume.
Qu'on annonce la découverte de gisements d'or en un point du globe, et l'on verra en peu de semaines des villes entières s'y construire. Une publicité signalant un moyen facile de gagner de l'argent recevra d'innombrables réponses. En revanche, acquérir la sagesse ne suscite aucune compétition (comparer verset 16). Seul en connaît la valeur le disciple de Jésus qui prend garde à sa Parole (v. 20; Ps. 119:127). Le butin partagé avec les orgueilleux n'a pas d'attrait pour lui. Il se plaît avec les humbles et les débonnaires (v. 19).
C'est le cÅur du sage qui rend sa bouche sensée (v. 23). L'amour lui dicte «les paroles agréables» et douces qui seront comme un baume pour les âmes malades.
En contraste avec l'homme droit (v. 17) et «sage de cÅur» (v. 21), les versets 27-30 font le portrait de «l'homme de Bélial», «pervers», «violent». Il «creuse à la recherche du mal», colporte ce qu'il a découvert, sème des querelles, divise, entraîne à mal faire. Gardons-nous de ce compagnon dangereux et suivons dans ce monde le chemin des hommes droits qui oblige à beaucoup de prudence pour éviter le mal (v. 17; 2 Tim. 2:22). Méditons enfin le verset 32. La plus belle victoire qu'un homme puisse remporter consiste à maîtriser son propre esprit (en contraste avec Prov. 25:28).
La paix dans une maison a plus d'importance que toute forme de richesse et de prospérité (v. 1). Le verset 14 nous apprend comment débutent les querelles. On laisse échapper des paroles malheureuses «comme quand on laisse couler des eaux» (v. 14). Essayez ensuite de les rattraper! Mais quand la dispute a commencé et menace de s'échauffer, l'attitude sage, retenons-la, c'est de s'en aller. Il arrive aussi que, sans faire partie des querelleurs, on soit à l'origine d'une mésentente. Par exemple en répétant une chose au lieu de la couvrir (v. 9). «L'amour couvre toutes les transgressions» (Prov 10:12; 1 Pierre 4:8). Taire les fautes d'un autre, ce n'est pas les excuser, au contraire, c'est en souffrir au point d'avoir honte de les répéter.
L'homme intelligent est celui qui, pour faire des progrès (v. 10), sait tirer parti de tout enseignement, y compris la répréhension.
La foi dans le cÅur du croyant est bien plus précieuse que l'or. Elle ne peut pas périr. Mais il est nécessaire que l'épreuve la purifie de tout alliage, afin qu'elle soit trouvée tourner à louange et à gloire et à honneur dans la révélation de Jésus Christ (v. 3; 1 Pierre 1:7). Dieu sâemploie à cette purification comme lâaffineur de Mal. 3:3. Son travail purifie les siens de tout ce qui nâest pas compatible avec sa sainteté et il est de notre plus grand intérêt de le laisser faire (Job. 23:10).
«C'est vraiment une grande grâce de la part de Dieu que d'appliquer la sagesse divine à tous les détails de la vie de l'homme, au milieu de la confusion que le péché a produite» (J.N.D. Ãtudes sur la Parole, Proverbes). D'où notre responsabilité de mettre cette sagesse en pratique dans notre vie quotidienne! Elle nous est donnée pour être vécue, et l'homme intelligent la garde «en face» de lui (v. 24; Ecc. 2:14). Le sot, au contraire, disperse son imagination au bout de la terre en chimères et vaines convoitises. Nous pensons à l'enfant prodigue dissipant follement les biens de son père dans un pays éloigné. Et quel chagrin un fils insensé cause à ses parents! (vv. 21, 25). Imitons Salomon, l'auteur de ce livre qui avait su demander pour lui-même «un cÅur intelligent qui comprenne» (1 Rois 3:9, note).
Celui qui se porte caution est un faux ami. Il se fie inconsidérément à son prochain et incite ce dernier à s'attendre à lui (v. 18; Jér. 17:5). Le verset 17 par contre nous donne le moyen de reconnaître un ami véritable. C'est dans les difficultés qu'il se révèle, et que nous découvrons ce qu'est un frère. «L'ami aime en tout temps...». Qui mérite mieux ce nom que le Seigneur Jésus? (Jean 15:13). «Il est notre Ami suprême, dit le cantique..., â Son cÅur seul jamais ne se lasse, â Immense amour!»
Se tenir à l'écart en vivant pour soi-même, c'est faire preuve d'égoïsme et souvent d'orgueil. Romains 15:1-3, en citant l'exemple du Seigneur Jésus, nous exhorte à ne pas rechercher ce qui plaît à nous-mêmes (comparer verset 1), mais ce qui plaît à notre prochain, «en vue du bien, pour l'édification». Or la langue constitue le moyen de communiquer avec ce prochain pour son bien ou pour son mal. La bouche peut être «la fontaine de la sagesse» (v. 4). Mais elle peut aussi faire jaillir des disputes (v. 6), des rapportages (v. 8), de la vantardise (v. 12; Jacques 3:5), des réponses précipitées (v. 13), des choses dures (v. 23)... Eh bien! ces tristes fruits de la chair seront mangés par celui-là même qui les a produits (vv. 20, 21; Luc 6:38 fin). Ils lui vaudront des coups (v. 6), la ruine, un piège pour son âme (v. 7), la confusion (v. 13), la mort... (v. 21). Quel poison, quel arrière-goût amer est caché dans ces «friandises»! (v. 8).
Les versets 11 et 12 nous montrent un autre genre de folie: celle de l'homme hautain, qui met sa confiance dans l'incertitude des richesses et s'imagine être protégé par elles (lire Marc 10:24; 1 Tim. 6:17). Le juste, lui, n'a pas d'autre retraite que le nom de l'Ãternel, plus puissant que la plus forte tour (v. 10; comparer Ps. 91: 2).
«Le manque de connaissance dans une âme n'est pas une bonne chose» (v. 2). Car cette âme se trouve évidemment exposée à tous les dangers qu'elle ignore. De plus, celui qui n'est pas retenu par les avertissements de la Parole risque d'agir ou de parler avec hâte et de broncher (c'est-à -dire de pécher; verset 2). Si nous aimons notre âme â et nous n'avons rien de plus précieux â faisons en sorte qu'elle soit instruite pour acquérir du sens (v. 8).
Plusieurs versets nous parlent du pauvre. La considération dont jouissent les hommes dans le monde est souvent proportionnelle à leur fortune. Les pauvres, même lorsqu'on les assiste, sont facilement méprisés (Jac. 2:6). Mais Dieu se souvient que son Fils a été «le Pauvre» ici-bas. Il prend en main la cause de ceux d'entre eux qui marchent dans l'intégrité (v. 1; Prov. 22:23) et Il leur ouvrira son ciel (Luc 14:21... et Luc 16:22). «Les richesses font beaucoup d'amis» (v. 4; Prov. 14:20). Ãtranges amis, des ennemis plutôt, que ces compagnons flatteurs qui contribuent à la ruine de leur «victime» (Prov. 18:24)! Toutefois l'homme dépouillé et abandonné peut alors découvrir l'Ami qui lui reste. Jésus est Celui qui est «plus attaché qu'un frère».
La paresse, spécialement la paresse à écouter (Héb. 5:11), a pour «l'âme négligente» encore bien des conséquences désastreuses (v. 15). Elle «fait tomber dans un profond sommeil» celui qui devrait veiller pour attendre le Seigneur (comparer Matthieu 25:5). Elle produit la faim de l'âme et la disette spirituelle (Prov. 20:13). Et, cher ami, si votre âme a faim, ne cherchez pas à la tromper avec «ce qui ne rassasie pas» (Ãsaïe 55:2). Un seul aliment lui convient: la Parole de Dieu. Ãtre nourri de Christ, vrai Pain du ciel, c'est selon le verset 23 l'assurance de n'être pas visité par le mal. à côté des paroles de la connaissance, il existe une instruction qui fait errer (v. 27; 1 Tim. 6:20, 21), fruit des pensées nombreuses du cÅur de l'homme (v. 21). L'écouter, c'est dévier du chemin de l'obéissance, c'est donc avoir besoin de la correction (v. 18:25). Ne donnons pas seulement à ce mot le sens de châtiment, mais pensons au pilote qui corrige sa route et rectifie le cap de son appareil selon les indications de la tour de contrôle. Tel doit être sur nous l'effet de la correction du Seigneur: nous faire reprendre la bonne direction. Elle est le privilège du fils (v. 18; Prov. 13:24), et l'homme intelligent sait en profiter (v. 25; Prov. 9:8).
Le vin, qui représente dans la Parole la communion avec les joies du monde, conduit à la moquerie (v. l; lire Ãsaïe 28:7 et 14).
Nombre de personnes qui n'hésitent pas à proclamer leur propre bonté (v. 6), leur moralité (vv. 9: comparer 1 Jean 1:8, 10), prouvent qu'elles connaissent bien mal leur cÅur naturel. Seul le nouvel homme (le juste) peut plaire à Dieu en marchant dans la fidélité et l'intégrité (v. 7). Rapprochons notre verset 10 de Deutéronome 25:13-16: «Tu n'auras pas dans ton sac deux poids différents, un grand et un petit... tu auras un poids exact et juste...». Dans la pratique cela correspond par exemple à ne pas juger ses propres fautes avec indulgence et celles d'autrui avec sévérité.
Ceci nous amène au verset 11. Si jeune que soit un chrétien, il est appelé à se faire connaître pour ce qu'il est. Moins par ses paroles que par sa conduite: elle doit être à la fois pure et droite, bannir toute attitude trouble et malsaine et toute forme de tricherie. Une telle conduite sera remarquée parce qu'elle tranchera sur le comportement équivoque ou malhonnête de beaucoup de camarades. Que le Seigneur nous aide à Lui rendre tous un courageux témoignage en prenant modèle sur la fidélité que Lui seul a parfaitement réalisée! (fin du verset 6).
On a comparé ce livre des Proverbes à un fil conducteur qui, «dans le labyrinthe de ce monde où un faux pas peut amener des résultats si amers, nous montre le chemin de la prudence et de la vie» (J.N.D.). Au milieu du désordre apparent des sentences, chacun peut trouver les instructions pratiques dont il a besoin pour éviter bien des pièges (v. 25). Mensonge, rapportage, paroles indignes contre ses parents, cupidité, esprit de vengeance, fraude, engagements non tenus...: pour être gardé de ces dangers, il est prudent de fuir la société de certaines personnes. «Ne te mêle pas avec le bavard», recommande le verset 19. En le fréquentant nous ne récolterons que médisances et calomnies, aucune édification. Et nos propres confidences seront colportées partout. En contraste, les lèvres de la connaissance sont comme un beau vase, mettant en valeur le bouquet des vérités présentées (v. 15; Ãph. 4:29). Recherchons donc la compagnie de ceux qui peuvent nous communiquer les enseignements de la sagesse (comparer Prov. 8:11, 19); celle-ci a plus de prix que l'or périssable ou que beaucoup de rubis. «L'ornement des jeunes gens, c'est leur force...» (v. 29): une force qui a sa source dans le Seigneur et qui les rend capables de vaincre le méchant (Ãph. 6:10; 1 Jean 2:14).
Beaucoup de personnes pensent être quittes envers Dieu en Lui offrant de temps en temps le «sacrifice» de quelques bonnes Åuvres. Elles prétendent se racheter d'une vie de péché en observant certaines formes religieuses. Fatale illusion! Une seule chose est agréable à l'Ãternel: la pratique habituelle de ce qui est juste et droit (v. 3), mais elle n'est à la portée que du juste, c'est-à -dire de celui que Dieu a rendu tel en le justifiant. Jusqu'à sa conversion, tout homme est caractérisé par son méchant cÅur. Ses désirs intimes sont tournés vers le mal; il est son propre centre et n'a ni réel amour pour le prochain (v. 10) ni véritable pitié pour le malheureux (v. 13). Ces sentiments peuvent être quelquefois contrefaits par l'amabilité charnelle, ou confondus avec une certaine sensibilité naturelle (un incroyant peut avoir «bon cÅur» ou se signaler par sa droiture: verset 2). En fait le vrai bien n'a sa source qu'en Dieu et n'a eu son accomplissement parfait qu'en Christ. C'est à Lui que nous ramène le verset 12. Il a été le Juste par excellence (comparer Job 34:17) et à ce titre Lui seul a droit de juger (Jean 5:27-30). Il considère attentivement la maison du méchant et, si vraiment il n'y voit aucune repentance, Il la renversera dans le malheur (vv. 12, Ps. 37:35-36).
Pratiquer ce qui est juste et droit est non seulement chose agréable-l'Ãternel (v. 3); c'est aussi une joie pour celui qui le fait (v. 15). Bien des gens s'imaginent qu'être chrétien est une pénible contrainte. C'est tout le contraire! Le croyant qui est en bon état spirituel trouve son bonheur dans l'obéissance au Seigneur et, à l'inverse, ce que le monde appelle joie n'a aucun attrait pour son cÅur (v. 17). La demeure du sage renferme «un trésor désirable» (la Parole de Dieu mise en honneur) «et de l'huile» (la puissance du Saint-Esprit: verset 20; comparer 1 Rois 17:16). Pour marcher dans un chemin de justice et de bonté (v. 21), le sage a besoin de cette nourriture. Il en retire la force spirituelle nécessaire pour vaincre et abattre celle de l'Adversaire (v. 22; Ecc. 7:19). Mais, pas plus que sa force, sa sagesse n'a rien de commun avec celle de l'homme, laquelle ne peut subsister devant Dieu (v. 30; 1 Corinthiens 1:19). Soyons de ces vrais sages. Que les provisions de la Parole, les joies de l'Esprit ne manquent pas dans nos maisons et que nous y puisions notre force! Oui, que nul ne ressemble aux vierges folles de la parabole qui n'avaient pas d'huile dans leur lampe! (Matt. 25).
De la même poussière l'Ãternel a fait et le riche et le pauvre. Leur âme a la même valeur à ses yeux (Prov. 29:13; Job 31:15). La prospérité avec la puissance qui en découle (vv. 7, 16) sont donc des choses bien éphémères, sans commune mesure avec celles qui ont des conséquences éternelles: «une bonne renommée», «la bonne grâce» (v. 1). La seule richesse à désirer est celle qu'avec la gloire et la vie, Dieu donnera aux débonnaires et à tous ceux qui Le craignent (v. 4; Matthieu 5:5). Les différences de fortune sur la terre ne devraient être que l'occasion pour les plus favorisés d'exercer leurs yeux, leur cÅur et leur main (relire verset 9). Commencer par voir les besoins qui nous entourent, en être ému, enfin y répondre selon notre pouvoir, c'est agir comme notre cher Sauveur. «Jésus vit⦠fut ému de compassion⦠rompit les pains et les donnaâ¦Â» (Marc 6:34... 41).
Certains philosophes incrédules ont soutenu que l'enfant naît innocent et que c'est son milieu qui le corrompt. Le verset 15 affirme le contraire (comparer Gen. 8:21; Ps. 51:5). Mais le jeune garçon qui aura été élevé selon la règle de la Parole (v. 6) portera après sa conversion, pendant toute sa vie, les fruits de cette éducation.
Dans cette nouvelle division des Proverbes, la Sagesse cesse de s'exprimer en maximes balancées et reprend les exhortations directes comme dans les chapitres 1-9. Mais c'est peine perdue de parler à quelqu'un qui n'est pas attentif. Avant tout enseignement, le jeune disciple est donc invité à incliner son oreille, à appliquer son cÅur aux «choses excellentes» (v. 20; comparer Phil. 1:10), à en faire ses sujets de méditation et de conversation. Et quel est le but de cette instruction? En premier lieu, amener le disciple à placer sa confiance en un Dieu connu. Puis mettre à sa disposition une «sûre norme», autrement dit des certitudes auxquelles il sera en mesure de comparer, pour en faire justice, toute autre connaissance. Enfin l'inciter à propager lui-même «les paroles de vérité» (vv. 17-21).
Les avertissements qui suivent ont un caractère négatif. Arrêtons-nous au verset 28: «Ne recule pas la borne ancienne que tes pères ont faite» (comparer Prov. 23:10). Beaucoup trouvent trop étroites les bases spirituelles sur lesquelles les croyants des générations précédentes ont vécu heureux et approuvés de Dieu. «Attention, Danger!», leur crie ce verset. D'ailleurs empiéter sur les divers domaines de ce monde, c'est fatalement négliger celui qui nous est réservé et où le Seigneur se trouve (comparer Ps. 16:6).
Les versets 1-6 mettent en garde contre les convoitises. Il est aussi dangereux de désirer les friandises des grands de ce monde (v. 3) que celles de l'homme qui a l'Åil mauvais (v. 6; Ps. 141:v. 4 fin). On est ensuite lié à ceux dont on a recherché la faveur. Leur pain est trompeur. Le profit retiré sur le moment devient plus tard la source de beaucoup de misères. Les soucis sont inévitables quand on poursuit les biens terrestres. La prudence, telle que les hommes la comprennent, les pousse à se fatiguer pour les acquérir. Ils s'imaginent ainsi assurer leur avenir et celui de leurs enfants. Mais c'est un faux calcul! Ces richesses sont fugitives; «... certes elles se font des ailes» (v. 5; comparer Jac. 5:2); c'est pourquoi la Sagesse enjoint au disciple d'en finir avec sa propre prudence (v. 4). La vraie prudence consiste non à acquérir des richesses mais à employer pour autrui celles de notre Maître (Luc 16:8).
Le verset 13 nous rappelle la négligence de David dans l'éducation de ses enfants (voir 1 Rois 1:6). Une punition corporelle n'entraîne pas la mort. Au contraire, ne jamais y recourir peut avoir une issue fatale (2 Sam. 18:33). Délivrer notre âme du shéol: enjeu capital, en vérité! Oui, appliquons notre cÅur à cette instruction (v. 12; comparer Prov. 22:15).
Devenu adulte, un jeune a-t-il encore à tenir compte de l'avis de ses parents? Certainement d'après le verset 22. Cela fait partie de l'honneur qui leur est dû et auquel l'âge ou la majorité ne change rien. C'est une joie pour des parents chrétiens, de voir chez leurs enfants, quand ils ont grandi, les fruits de leur éducation (vv. 15, 16, 24: et quel relief prend ce verset 24, si nous l'appliquons à la joie que le Père a trouvée dans le Fils bien-aimé, le Juste et le Sage par excellence: Matt. 3:17). Mais par-dessus tout, et avant même nos parents, le Seigneur a des droits sur nous. «Mon fils, donne-moi ton cÅur», dit-Il à chacun (v. 26). Je ne te demande pas d'abord telle part de tes ressources ou de ton temps, mais tes affections. Le reste suivra. En me donnant ton cÅur tout entier â dit Jésus â tu ne fais que me rendre ce qui m'appartient, car il est mon salaire, acquis si chèrement dans les heures de la croix. Les Macédoniens mentionnés par Paul en 2 Cor. 8 sâétaient donnés eux-mêmes au Seigneur.
La fin du chapitre décrit lâinconscience tragique de celui que l'alcool abrutit. Il est vaincu par le vin (Ãsaïe 28:1 fin), incapable de résister aux tentations charnelles (v. 33) et se ruine de toutes les manières (v. 21). Cher ami, que vas-tu faire de ton cÅur?
Ceux qui font le mal peuvent être pour nous chrétiens des objets soit d'envie (v. 1) soit d'irritation (v. 19; Ps. 37:1). Or de tels sentiments prouvent seulement notre mauvais état spirituel. Que la vue des pauvres pécheurs suscite plutôt en nous la compassion et le zèle évangélique pour les avertir et les délivrer de la mort! (Ãzéchiel 3:18; Actes 20:26). N'invoquons pas l'ignorance pour nous excuser de ne rien faire. «Celui qui pèse les cÅurs» (v. 12; comparer Prov. 21:2) connaît nos vrais motifs: manque d'amour, crainte de l'opprobre, faiblesse de nos propres convictions.
Mais pourquoi les méchants ont-ils souvent la vie facile alors que les fidèles sont parfois péniblement éprouvés? La clé de cette énigme nous est fournie par un mot: l'avenir. «Il n'y a pas d'avenir pour l'inique» (v. 20), sa fin est la perdition vers laquelle il est mené sans résistance (comparer Ps. 73:17). Il trébuche pour tomber dans le malheur (v. 16). Par contre «il y a un avenir» (v. 14) pour celui qui a trouvé la Sagesse, cette Sagesse divine qui est Christ Lui-même (Prov. 8:22...). Et l'attente du croyant ne sera pas réduite à néant, car l'objet de cette attente est encore la même Personne: le Seigneur Jésus qui vient.
Cette courte division termine ce qui est appelé «les paroles des sages» (Prov. 22:17).
Quand les hommes cherchent à se rendre agréables à leurs semblables, c'est souvent aux dépens de la justice et de la vérité. L'homme de Dieu doit être irréprochable sous ces rapports (vv. 23-25).
Le verset 27 rappelle au jeune croyant qu'avant de songer à fonder un foyer, il doit s'occuper d'en assurer les ressources, être en mesure de subvenir aux besoins des siens. «Après, bâtis ta maison». Mais pour un novice c'est risquer le désastre que de se lancer tout seul dans une construction. Le verset 3 de ce ch. 24 nous désigne en l'occurrence un architecte auquel nous pouvons faire entière confiance: c'est la Sagesse, c'est-à -dire le Seigneur (comparer Ps. 127:1). La vie du chrétien fidèle est faite d'équilibre. Laisser agir le Seigneur ne l'empêche pas d'être actif et diligent, car il a eu l'occasion d'observer à quelle déchéance conduit la paresse dans tous les domaines (vv. 30-34). Cher ami, pour éviter la disette spirituelle de votre futur foyer, le verset 4 vous invite à remplir d'avance par la connaissance les chambres de votre mémoire. Et Dieu fera descendre dans votre cÅur tous les biens précieux et agréables que vous aurez trouvés dans la Parole (Matt. 13:52).
Ici commence la troisième partie du livre. Les serviteurs d'Ãzéchias, ce roi qui fit ce qui est bon et droit et vrai,... agissant de tout son cÅur dans la loi et dans les commandements (2 Chr. 31:20-21), ont placé en tête ce qui concerne les rois: leur gloire (v. 2: qui n'est pas celle de 2 Chroniques 32:27), leur cÅur (v. 3), leur trône (v. 5), ce qui convient en leur présence (v. 6). La plupart de ces proverbes font appel à des comparaisons poétiques qui nous aident à les comprendre et à les retenir. Les versets 8-10 nous invitent à agir avec prudence et discrétion envers notre prochain de peur d'être ensuite rendus confus. Les versets 11-15 traitent des paroles. Une parole à propos est un fruit de la justice divine (l'or) mais toujours associée à la grâce (l'argent). Même s'il s'agit d'une réprimande elle aura du prix pour l'oreille qui sait l'écouter (v. 12).
Le verset 13 nous rappelle ce que nous devons être: des messagers fidèles. «S'acquitter fidèlement du message que Dieu nous a confié est non seulement un rafraîchissement pour ceux qui le reçoivent, mais une satisfaction pour le cÅur de Celui qui nous envoie. Y pensons-nous assez?» (H. R.).
Le miel est bon, mais si nous voulions en faire notre seule nourriture nous en serions vite dégoûtés. De même les affections naturelles: l'amitié, les joies de la famille... sont agréables et douces, mais elles ne doivent pas prendre trop de place, sous peine de tourner à l'égoïsme, d'amener à la satiété (vv. 16, 27).
L'Ãvangile est la bonne nouvelle par excellence, eau vive pour les âmes altérées (comparer verset 25). Et chaque croyant est comme un canal par lequel cette eau fraîche de la grâce peut couler pour en abreuver d'autres (Jean 7:38). Mais attention! un peu de boue dans une fontaine suffit à rendre son eau imbuvable. Un manque de fermeté devant le méchant, un moment de relâchement, et voilà la source troublée et corrompue comme quand on remue le fond d'un ruisseau clair avec un bâton (v. 26).
Ne pas gouverner son esprit, c'est le livrer sans défense, telle une ville sans remparts, à tous les assauts ennemis (v. 28). Impatiences, ressentiments, jalousies, orgueil, doutes, convoitises... tous les bataillons des mauvaises pensées auront tôt fait de s'y donner rendez-vous. 1 Pierre 1:13 nous invite dans ce sens à ceindre les reins de notre entendement et à être sobres, autrement dit à contenir notre imagination.
Ce n'est pas la gloire mais les coups qui conviennent au sot pour lui faire prendre le chemin de la sagesse (vv. 1-8). D'une façon générale, la discipline du Seigneur et la répréhension du juste nous font faire plus de progrès que les compliments ou les honneurs. Mais ne soyons pas sans intelligence, tels ces bêtes domestiques que seuls le fouet et la bride sont capables de faire obéir «quand ils ne veulent pas s'approcher de toi» (v. 3; Ps. 32:9). Combien il est en effet préférable d'acquérir la sagesse en nous laissant instruire par la Parole plutôt qu'en faisant des expériences pénibles!
L'exemple du prophète Michée devant Achab nous montre que les versets 4 et 5 ne se contredisent pas (1 Rois 22:13-28). En répondant au roi insensé selon sa folie (v. 15), Michée atteignait sa conscience, le mettait mal à l'aise. En lui répondant ensuite selon les pensées divines et non plus selon sa folie, l'homme de Dieu montrait clairement qu'il n'avait aucune part avec celle-ci (v. 17). Laissons-nous diriger nous aussi par lâEsprit de Dieu pour savoir, selon lâoccasion, laquelle des deux réponses nous avons à faire au sot.
Une marche boiteuse, qu'il s'agisse du juste (Prov. 25:26) ou du sot (Prov. 26:7, 9) ôte toute force au témoignage verbal. Oui, veillons à ce que notre marche prépare l'Ãvangile de paix (Ãph. 6:15).
Après le portrait du sot (vv. 1-12), voici d'autres personnages également détestables. Le premier est le paresseux (vv. 13-16) déjà souvent rencontré. Il prend prétexte de dangers ou de difficultés imaginaires pour se dérober à ses devoirs (v. 13) et néglige même de se nourrir (v. 15). «La porte tourne sur ses gonds» (v. 14); «elle effectue un mouvement de va-et-vient, mais reste à la même place. Demandons-nous si nous avons avancé plus qu'elle, si nous avons fait quelques progrès dans notre vie chrétienne!» (Messager Ãvangélique 1952 p. 201). Le paresseux se tourne sur son lit. On peut se remuer, s'agiter, sans fournir aucune activité.
Le querelleur est aussi dépeint (vv. 17-21). Il est habile à attiser le feu des disputes. Mais le verset 17 a bien des applications. Prendre parti dans des conflits sociaux, syndicaux, politiques... expose un enfant de Dieu à de cruelles «morsures».
Viennent ensuite le rapporteur qui contribue lui aussi à alimenter les querelles (vv. 20, 22), puis le fourbe déguisant la haine de son cÅur sous des paroles aimables... (vv. 23-25; ex. 2 Sam. 20:9-10; Jér. 12:6). Jésus a eu affaire aux différentes formes de méchanceté et d'hypocrisie dénoncées dans ces versets (Matt. 17:17; Ps. 38:12). Combien Il en a souffert!
Se glorifier du jour de demain (v. 1), c'est en disposer comme s'il nous appartenait: faire des projets fermes, contracter des engagements à terme, cautionner autrui (v. 13). Relisons ce que nous dit Jacques à ce sujet (Prov. 4:13-16). D'autre part ce verset 1 s'adresse tout spécialement à ceux qui remettent à plus tard la question de leur salut. 2 Corinthiens 6:2 leur répète avec insistance: «Voici c'est maintenant le jour du salut».
Il est doux de pouvoir compter sur un ami. Ses conseils affectueux viennent de son cÅur et réjouissent le nôtre (v. 9). Mais l'ami véritable n'est pas celui qui nous dira toujours des paroles aimables. Au contraire, il saura prendre sur lui de nous adresser une réprimande, même si notre orgueil doit en être blessé (vv. 5, 6). Tel est Jésus, l'Ami fidèle. Il nous aime trop pour nous ménager. Les chirurgiens sont souvent obligés d'ouvrir de larges plaies pour atteindre les organes internes et extirper le mal. Il en est de même dans le sens spirituel. «Les meurtrissures et les plaies nettoient le mal, et les coups, les profondeurs de l'âme» (Prov. 20:30). Oui, acceptons sans murmurer ces blessures nécessaires, en y reconnaissant la main douce et sûre de notre Ami suprême.
Ces versets traitent particulièrement de la vie domestique et de l'amitié. Soyons difficiles pour choisir un ami. Assurons-nous qu'il partage notre foi, que nous aurons la liberté de nous mettre à genoux ensemble, qu'il sera capable de ranimer notre visage (v. 17). Mais l'amitié n'est pas à sens unique. Et quand nous nous plaignons de manque d'amour chez les autres c'est toujours une preuve que nous en manifestons peu nous-mêmes. Car l'amour répond à l'amour (v. 19).
Le verset 20 nous rappelle que le caractère des yeux est d'être insatiables (1 Jean 2:16) â et le verset 22, que la folie est indissolublement liée à la nature humaine (voir aussi Prov. 22:15; Ecc. 9:3; Rom. 3:11). Aucune contrainte ne peut durablement l'en chasser. Constatation trop pessimiste? Malheureusement pas! L'homme est en état de révolte permanente contre son Créateur, il refuse la grâce offerte, il ne cesse d'agir à l'encontre de ses intérêts éternels..., et nous n'appellerions pas cela folie? Comment alors devenir sage? En recevant par Christ la vie divine.
Les versets 23-27 nous parlent de prévoyance humaine, de biens terrestres et d'une couronne périssable. Chrétiens, soyons prévoyants, mais pour nous assurer des biens durables (Prov. 8:18; Luc 12:33) et une couronne incorruptible (1 Cor. 9:25).
Le verset 1 rappelle les frayeurs annoncées comme châtiment sur Israël coupable (Lév. 26:36-38). En général le comportement d'un homme dépend de l'état de sa conscience (v. 1). Est-elle mauvaise, il sera toujours inquiet, et verra des dangers partout. Est-elle bonne au contraire, il aura de l'assurance devant Dieu et les hommes (1 Jean 3:21; Gen. 3:8). Le verset 13 est capital. Il trace au pécheur le chemin de la repentance et du pardon. Il explique aussi pourquoi certains chrétiens ne font pas de progrès. Pour retrouver le chemin de la communion avec Dieu, il est indispensable de confesser ses fautes. Mais encore faut-il ensuite avec le secours du Seigneur les abandonner. Sinon la confession n'est pas faite avec droiture; on peut presque dire que c'est se moquer de Dieu.
En somme beaucoup plus de choses que nous ne pensons découlent de notre état moral. La vraie intelligence par exemple est la part de ceux qui cherchent l'Ãternel. Ils comprennent tout (v. 5). Tandis qu'il y a des gens qui ne cessent de poser les mêmes questions, au fond parce que la personne de Christ a peu de valeur pour eux. Le verset 9 nous montre que l'obéissance à Dieu et l'exaucement des prières sont également liés (comparer Jean 15:7).
Chercher à concilier le chemin large et facile de notre volonté propre et le chemin resserré de l'obéissance au Seigneur, c'est avoir une marche tortueuse et aboutir à une chute certaine (v. 18). Le but qu'un homme poursuit, que ce soit de s'enrichir (v. 20) ou simplement d'obtenir un morceau de pain (v. 21), est pour lui l'occasion (et l'excuse!) de mainte transgression. «La fin justifie les moyens», entend-on dire! Quel contraste avec l'Homme parfait! Au désert, il repoussait la suggestion du Tentateur de se procurer du pain autrement qu'en le recevant de son Père.
Les versets 22-27 montrent que la prudence des hommes aboutit dans divers domaines à de faux calculs: Il paraît plus habile de flatter son prochain que de le reprendre si l'on veut gagner sa faveur. Eh bien! plus tard c'est l'inverse qui en résultera (v. 23). Avant de donner aux autres, le «bon sens» commande de s'assurer que soi-même on ne manquera de rien. Certains iront jusqu'à parler d'une «charité bien ordonnée»! Mais la promesse du verset 27 fait dépendre notre bien-être de notre libéralité. Dieu s'engage à subvenir aux besoins de ceux qui Lui auront donné ainsi une preuve à la fois d'amour et de confiance en Lui (Ps. 41:1-3).
Dans ce livre, le sage et l'insensé, le juste et le méchant, le pauvre et le riche, le roi et le serviteur, et bien d'autres personnages, sont considérés selon leurs relations réciproques et leurs responsabilités devant Dieu.
Les versets 1 et 2 se raccordent au chapitre 28. «L'homme qui, étant souvent repris, roidit son cou sera brisé subitement...». Si l'orgueil d'un homme n'est pas brisé, c'est lui-même qui le sera, soudainement et sans remède avec l'inique, l'homme de Bélial (chapitre 6:15). Tel fut le sort du Pharaon, de Saül, d'Absalom... Mais il est toujours grave, même pour un croyant, de mépriser la discipline du Seigneur (Héb, 12:5). «L'homme qui aime la sagesse est la joie de son père...» (v. 3). Vrai dans nos familles, ce verset s'applique à plus forte raison dans la famille de Dieu. C'est la joie du Père de voir ses enfants aimer la Sagesse, qui est une Jésus Christ (2 Jean 4; 3 Jean 4).
Plusieurs versets nous parlent de la justice. Elle est spécialement exigée du gouverneur ou du roi (vv. 4, 12, 14). Mais tous ceux qui sont des justes (v. 7; c'est-à -dire justifiés par l'Åuvre de Christ) doivent prendre connaissance avec sympathie de la cause du pauvre.
Tous ces enseignements se rapportent spécialement à la vie en société.
«La verge et la répréhension donnent la sagesse...». La verge peut être soit employée au sens propre pour les enfants, ou prendre toutes les formes de la discipline du Seigneur envers les siens. Il n'y a pas de pire châtiment que d'être abandonné-soi-même (v. 15; Psaume 81:12).
La précipitation dans les paroles (v. 20), la colère (v. 22), l'orgueil (v. 23), sont à l'origine de bien des transgressions. Mais, en contraste avec le premier Adam, ce verset 23 porte nos regards sur Jésus. Son chemin d'humilité sans pareille a pour contrepartie la gloire suprême (comparer Philippiens 2:5-11).
Un autre piège est tendu par la crainte de l'homme; elle ne peut aller de pair avec la crainte de Dieu (v. 25). En voulant plaire aux hommes (ou ne pas leur déplaire), c'est au Seigneur qu'on cesse de plaire. Combien ont été entraînés au mal par de mauvais camarades auxquels ils n'avaient pas osé dire non! Si nous avons à prendre une position courageuse et que nous en redoutions les conséquences, confions-nous en Dieu; il nous élèvera «dans une haute retraite».
Enfin le verset 27 nous rappelle qu'il n'y a aucune communion entre la justice et l'iniquité... (2 Cor. 6:14-15). Que Dieu nous garde dans Sa communion!
Jusqu'ici Dieu a parlé par Salomon, le plus sage parmi les sages. Mais, comme pour montrer que Son Livre ne doit rien à l'intelligence humaine, Il se sert à présent d'Agur, un homme qui se reconnaît lui-même plus stupide que personne.
S'étant ainsi présenté (v. 2) et ayant confessé sa profonde ignorance, Agur commence par poser des questions fondamentales: qui est le Créateur; qui est son Fils; comment accéder au ciel? Pour y répondre, il a fallu que Dieu se révèle, descende Lui-même de ce ciel où l'homme ne pouvait monter et communique ses glorieux conseils dans sa Parole affinée (v. 5; comparer les questions du verset 4 avec Jean 3:13; Ãph. 4:10; Marc 4:41; Luc 1:31-32).
Agur connaît son esprit limité, mais il sait aussi que son cÅur est pervers et il adresse à Dieu une double prière:
1° Que la vanité (la recherche de soi, de la bonne opinion des hommes) et la parole de mensonge soient éloignées de lui.
2° Qu'il reste dépendant, car il mesure les dangers et de la richesse et de la pauvreté. Sages requêtes, dont nous pouvons nous inspirer!
Sans illusion sur lui-même, Agur connaît aussi les principes du monde: révolte, propre justice, orgueil, oppression (vv. 11-14). Notre «génération» s'est-elle améliorée par rapport à la sienne?
Agur a observé et regroupé pour notre instruction des choses dangereuses ou odieuses, d'autres au contraire qui sont sages ou belles. La convoitise des yeux et celle de la chair réclament l'une et l'autre leur satisfaction: «Donne, donne»! Elles ont la même mère insatiable: la sangsue, c'est-à -dire cette soif de jouissance attachée à chaque homme pour dévorer sa vie (vv. 15, 16). à ces convoitises s'ajoute l'orgueil (1 Jean 2:16). Il se manifeste de beaucoup de manières, mais le verset 17, bien sérieux à considérer par tous les jeunes, met spécialement l'accent sur le mépris de l'autorité et l'esprit d'indépendance. Parallèlement à ces principes du monde, les versets 18 et 19 évoquent les voies mystérieuses de Dieu en jugement ainsi qu'en amour. Les versets 21-23 énumèrent quatre choses détestables parce qu'elles renversent l'ordre établi par Dieu. Puis nous apprenons que la sagesse va de pair avec le sentiment de sa propre faiblesse, avec la prudence, la confiance, la communion, la petitesse (vv. 24-28); tandis que la beauté est liée à la marche (vv. 29-31). Que de leçons nous pouvons apprendre dans la compagnie d'un homme qui se déclare stupide mais que son humilité place précisément au rang des sages selon Dieu! (1 Cor. 1:26-29; 1 Cor. 2:12-13; 1 Cor. 8:2).
Qui était le roi Lemuel? Il n'est nommé nulle part ailleurs; tout ce que nous avons à connaître de ce jeune prince ce sont les recommandations de sa mère, ainsi que son nom qui signifie «voué-Dieu». «Quoi, fils de mes vÅux», s'est écriée cette femme pieuse. De même qu'Anne son petit garçon Samuel, elle a consacré cet enfant-l'Ãternel qui a tous les droits sur lui. à ce titre, elle s'est ensuite sentie responsable de l'instruire comme un vrai nazaréen. L'histoire d'Israël montre où un roi peut être entraîné par les femmes ou par la boisson (1 Rois 11; 1 Rois 16:8-9). Lemuel est mis en garde contre ces mauvais penchants (Ecc. 10:17; Osée 4:11). Puis il reçoit des exhortations positives: il doit être le soutien de tous les déshérités, le porte-parole des muets! On peut trouver que c'est là un rôle bien effacé pour un roi. Mais ces instructions contiennent la substance du service religieux selon Jacques 1:27: se conserver pur du monde (de son étourdissement, de ses souillures) et s'occuper des affligés.
Le jeune Lemuel s'est souvenu mot pour mot de «l'oracle que sa mère lui enseigna». Si vous avez eu comme lui le privilège d'être élevé par une mère pieuse, prenez garde de ne jamais oublier l'enseignement de votre enfance (Prov. 1:8; Prov. 6:20, 22).
Ce portrait admirable de la femme vertueuse nous montre comment la Sagesse (la vie même de Christ) peut et doit être mise en pratique dans tous les détails de l'existence quotidienne et familiale. Jeunes chrétiennes, que le Seigneur vous donne le désir de Lui plaire en ressemblant à cette femme «brave, honnête, vaillante» (voir note)! Ce qui la caractérise? elle est active, joyeuse, énergique, charitable, sage, bienveillante. Son domaine, c'est la maison (lire Tite 2:4-5); sa parure, la force et la dignité (vv. 17, 25; comparer 1 Pierre 3:3 ... ); son but, honorer son mari, objet de son joyeux dévouement (v. 23), et produire du fruit pour lui (v. 16). Son secret enfin; il n'est révélé qu'au verset 30: elle craint l'Ãternel. Oui vraiment, une épouse aussi accomplie, «qui la trouvera?». Une femme sage vient de l'Ãternel, répond Prov. 19:14. Ainsi vous, jeunes gens, ne vous fiez pas à un jugement hâtif, ni à des apparences. «La grâce est trompeuse...» et en a trompé beaucoup. Le charme passager d'un visage est loin d'être toujours le reflet des vraies qualités chrétiennes. Et n'oubliez pas en terminant ce livre l'exhortation du Prov. 4:23: «Garde ton cÅur plus que tout ce que l'on garde...». Car il appartient d'abord au Seigneur.
Le livre de l'Ecclésiaste peut être résumé par cette parole du Seigneur Jésus: «Quiconque boit de cette eau-ci aura de nouveau soif»⦠(Jean 4:13). La fontaine de Sichar était l'image d'un monde aride et décevant où ne se trouve pas de bonheur durable. Or la plupart des hommes ressemblent à la pauvre Samaritaine. Ils ne sont prêts à recevoir l'eau vive, don gratuit du Fils de Dieu, qu'après avoir fait maintes fois l'expérience que «l'eau» d'ici-bas ne peut en aucune manière étancher la soif de l'âme (comp. Jér. 2:13). Eh bien! Cette expérience a été faite; elle se trouve consignée dans ce livre pour que nous n'ayons pas besoin de la recommencer. Et elle a été faite par quelquâun qui, du fait de sa grandeur et de sa sagesse, était particulièrement qualifié pour explorer «tout ce qui se fait sous les cieux» (v. 13). Le Prédicateur n'est autre que Salomon, roi à Jérusalem. Son témoignage a toujours la même valeur car «il n'y a rien de nouveau sous le soleil». Bien des choses sans doute ont changé d'apparence, mais le cÅur de l'homme est resté identique à lui-même et les conséquences du péché sont toujours là : «Ce qui est tordu ne peut être redressé, et ce qui manque ne peut être compté» (v. 15).
Le Prédicateur a d'abord appliqué son cÅur à la connaissance. Que de choses passionnantes à découvrir dans tous les domaines: arts, sciences, tourisme, archéologieâ¦! Elles sont mises aujourd'hui à la portée de la jeunesse par des moyens modernes. Mais plus le sage avance dans ses recherches, plus ardus deviennent les problèmes et plus il est découragé. L'esprit humain est emprisonné dans les murs de ses propres raisonnements. Seule la Parole de Dieu affranchit la pensée et communique la vraie connaissance. Occupation ingrate, fatigue, chagrin, douleur, telle a été la triste conclusion du sage (Ecc. 1:13, 18; Ecc. 12:12).
Allons, se dit-il alors, ne pensons plus qu'aux plaisirs de la vie (Ecc. 2:1-3). Mais là aussi son expérience tourne court; vanité et déraison sont les mots qui cette fois la résument. Toute joie humaine est gâtée au départ par le sentiment qu'elle n'est pas durable (Prov. 14:13).
Est-ce peut-être l'abondance des biens terrestres qui pourra le satisfaire? Qui était mieux placé que Salomon pour accumuler et gérer des richesses, accomplir les «grandes choses» que l'ambition humaine ne cesse de se proposer (2 Chr. 9:22â¦)? Eh bien! Ãcoutons comment finalement il les apprécie: «vanité et poursuite du vent» (v. 11).
«Quel profit a l'homme de tout son labeur�» était la première question posée par le prédicateur (Ecc. 1:3). «Aucun profit» a répondu le v. 11. Sur le moment il se tourmente, ses jours sont douleur et son occupation chagrin; la nuit même il ne se repose pas (v. 22, 23). Et quant à l'avenir, il réalise que rien n'est stable.
Devant ce tableau désespérant (v. 20) que fera l'enfant de Dieu? Il ne lui est pas défendu d'aimer la vie et de voir d'heureux jours ici-bas. Mais ce ne sera pas en parcourant le monde à la recherche d'un bonheur illusoire. C'est à lui-même qu'il appartient d'en réaliser les conditions: «⦠qu'il garde sa langue du mal,⦠qu'il fasse le bien;⦠qu'il recherche la paixâ¦Â» (1 Pierre 3:10, 11; quand nous ne sommes pas heureux, nous accusons si volontiers les autres!). Et d'autre part le travail est nécessaire, mais il faut qu'il soit paisible, accompli pour le Seigneur et non pour servir sa propre ambition (2 Thess. 3:12; Col. 3:23-25). Chers amis, que chacun de nous s'interroge: Quel est le but de mon travail? Car les choses n'ont pas du tout le même aspect selon qu'elles sont considérées à la lumière du soleil ou à celle de l'éternité. Seule cette dernière nous révélera ce qui est vraiment profitable.
Dieu ordonne «les temps» de toutes ses créatures. Il a ainsi déterminé la date de notre naissance et celle de tous les événements de notre vie. Comme le psalmiste, le chrétien peut dire avec confiance: Seigneur, «mes temps sont en ta main» (Ps. 31:15). à tout ce que Lui fait «il n'y a rien à ajouter, ni rien à en retrancher» (v. 14). Il «a fait toute chose belle en son temps» (v. 11); la création est sortie parfaite des mains de Dieu. Mais, malgré toutes les merveilles qui sont encore visibles dans la nature, nous ne pouvons plus l'admirer aujourd'hui dans sa splendeur et sa fraîcheur primitives. L'homme l'a souillée et dégradée par sa méchanceté (v. 16); il l'a assujettie à la vanité (Rom. 8:20). Les épines et les ronces lui rappellent sa chute (Gen. 3:18). De plus, au milieu du naufrage produit par le péché, l'homme lui-même ne subsiste que comme une triste épave de ses bénédictions passées. Et, finalement, le v. 20 évoque la sentence de Gen. 3:19: «Tu es poussière et tu retourneras à la poussière». Pour chacun échoit «le temps de mourir», plus proche souvent qu'il ne le pense. Ah, cher lecteur, si vous n'êtes pas encore sauvé, sachez qu'il existe aussi un temps pour se convertir et que c'est aujourd'hui.
Pourquoi l'injustice, la misère, l'oppression, les conflits dont ce monde est rempli? On s'efforce de résoudre ces problèmes par des doctrines sociales et économiques, d'y remédier par des conférences internationales. La seule vraie explication n'est jamais donnée parce que l'homme dans son orgueil se refuse à la reconnaître: son état de péché. Le Seigneur est loin d'être indifférent à toutes ces souffrances (Lam. 3:34-36). Mais il se sert de la détresse des hommes pour se révéler comme le seul vrai consolateur (2 Cor. 1:3; Ãsaïe 51:12). à partir du v. 4, le prédicateur analyse les différentes formes du «mauvais travail qui se fait sous le soleil». Il conclut chaque fois: vanité, poursuite du vent, ingrate occupation (fin des v. 4, 6, 8, 16). Ses réflexions ont une portée générale; le monde même en reconnaît souvent la sagesse. Le v. 6 affirme par exemple que le repos d'esprit avec une situation modeste, valent mieux que «les deux mains pleines» et le tourment (v. aussi 1 Tim. 6:6). Si une association offre humainement bien des avantages et même de l'agrément pour le travail, la marche ou le combat (v. 9-12), la véritable force du chrétien réside toujours dans sa communion personnelle avec le Seigneur.
Les v. 1 et 2 rappellent ce qui sied à la présence de Dieu. Veillons à ce que notre attitude et notre tenue dans les réunions soient respectueuses et modestes. La crainte de Dieu doit caractériser le fidèle de tous les temps et nous n'avons droit à aucun relâchement sous prétexte que nous sommes aujourd'hui dans la liberté de la grâce.
à partir du v. 10, il est de nouveau question des richesses. «Celui qui aime l'argent n'est point rassasié par l'argentâ¦Â». Un avare ressemble à quelqu'un qui essaye de se désaltérer avec de l'eau de mer. Plus il boit, et plus sa soif devient intense. Telle est la tromperie des richesses (Matt. 13:22). On a l'illusion de se servir de l'argent, et en réalité on en est esclave. De deux choses l'une: ou bien les richesses seront conservées à leurs maîtres pour leur détriment spirituel (v. 13); ou elles périssent sans profit pour personne (v. 14; Jac. 5:3). Enfin tôt ou tard il faudra s'en séparer pour mourir (v. 15). Un drap mortuaire n'a pas de poches â a dit quelqu'un. Les trésors accumulés dans certaines sépultures antiques n'ont pas suivi leurs propriétaires dans l'au-delà .
1 Tim. 6:17-19 règle parfaitement pour le chrétien ce problème de la richesse.
«Certainement, tout homme qui se tient debout n'est que vanité⦠Certainement l'homme se promène parmi ce qui n'a que l'apparence; certainement il s'agite en vain; il amasse des biens et il ne sait qui les recueilleraâ¦Â». L'expérience du prédicateur confirme ces certitudes du Ps. 39:5, 6. L'homme, son milieu, son activité, tout cela est éphémère. Son âme seule existe à toujours, et c'est justement d'elle qu'il s'occupe en général le moins. «Tout le travail de l'homme est pour sa bouche»; son âme n'est pas rassasiée de biens (v. 7 note et v. 3). Le Seigneur raconte l'histoire de ce riche qui trompait sa propre âme en lui offrant les biens d'ici-bas (Luc 4:4 et Luc 12:16-20). On est étreint en pensant aux multitudes d'existences gaspillées, à la somme des intelligences et des énergies consacrées à quoi?⦠à poursuivre çà et là des buts aussi inconsistants et fugitifs que l'air agité. à se tourmenter ainsi, sans repos (v. 5) ni bonheur (v. 6), ces vies elles-mêmes auront passé «comme une ombre» (v. 12) et pourtant il faudra qu'il en soit rendu compte à Dieu. Chrétiens, que ceci nous ouvre aussi les yeux! Nous n'aurons pas l'occasion de recommencer notre vie. Qu'elle soit donc tout entière employée pour le Seigneur!
Le prédicateur a exploré le monde. Qu'a-t-il vu partout? Vanité, souffrance, désordre et folie. Une question se pose alors pour le sage: Comment doit-il se comporter au milieu de cet état de choses auquel il ne peut rien changer? Sous forme de sentences qui rappellent le livre des Proverbes, l'Ecclésiaste nous donne maintenant des conseils de sagesse et de prudence. â N'évitons pas la maison de deuil (v. 2-4). Elle nous rappellera notre fragilité et nous donnera plus de sérieux. Voir la peine des autres rendra notre cÅur plus sensible et nous dictera peut-être des paroles de sympathie propres à diriger vers le Seigneur la pensée des affligés. Suivent d'autres recommandations: Ne te hâte pas en ton esprit pour t'irriter. La colère est souvent fille de la précipitation et compagne de la sottise (v. 9).
«Ne dis pas: Comment se fait-il que les jours précédents ont été meilleurs que ceux-ci?» (v. 10; Juges 6:13). «Car ne croyons pas qu'il soit plus difficile de suivre le Seigneur aujourd'hui que du temps de nos parents ou de nos grands-parents⦠Les ressources qu'ils ont trouvées dans sa Parole et dans sa communion sont à notre disposition pour nous conduire dans un monde qui moralement n'a pas changé» (G.A.).
Que signifie la recommandation du v. 16? Est-ce que nous risquons d'être trop soigneux dans notre marche? Certainement pas! Nous n'aurons jamais une conscience trop délicate. Mais il existe un danger dans lequel tombent souvent les nouveaux convertis. Ils sont excessifs dans leurs attitudes ou leurs paroles; ils dépassent la mesure de leur foi. En même temps, ils critiquent facilement les autres chrétiens, tout simplement parce qu'ils ne se connaissent pas encore eux-mêmes (Rom. 12:3).
Le v. 21 nous présente l'autre côté, celui des critiques dont on est soi-même l'objet. Si nous avons l'approbation du Seigneur, nous ne devons pas les prendre à cÅur. «Qui craint Dieu sort de tout» (v. 18); il est enseigné à faire face aux situations les plus dangereuses. Parmi ces pièges, le v. 26 cite «la femme dont le cÅur est comme des filets⦠et dont les mains sont des chaînes». Celui qui est agréable à Dieu (c'est-à -dire qui Le craint et Lui obéit) peut compter qu'il sera gardé et échappera, «mais celui qui pèche sera pris par elle». Deux histoires opposées illustrent cet avertissement: celle de Joseph (Gen. 39:7â¦) et celle, tragique, de Samson trahi par Delila (Jug. 16:4â¦). Jeunes chrétiens, méditons bien ces deux exemples!
«Pour toute chose il y a un temps et un jugement» (v. 6). Lorsqu'un candidat passe un examen, deux jours sont importants: celui des épreuves puis celui des résultats. Le «temps» que Dieu alloue à chacun sur la terre correspond au premier de ces jours; mais celui du jugement suivra inévitablement. Le pécheur dans son inconscience profite de ce que «la sentence contre les mauvaises Åuvres ne s'exécutent pas immédiatement» (à cause de la patience de Dieu) pour abonder dans le mal (v. 11)⦠et dans la misère (v. 6). «L'homme ne connaît pas son temps» (Ecc. 9:12; Jér. 8:6, 7), ni «ce qui adviendra» (v. 7), tandis que le sage, enseigné par Dieu, discerne toutes choses (v. 1; 1 Cor. 2:15, 16). Comme à Paul, la pensée du tribunal de Christ lui donne de la crainte. Réalisant le sérieux du temps actuel, la solennité du jugement (v. 5), il s'applique avec ardeur à être agréable au Seigneur (2 Cor. 5:9-11). Le prédicateur n'a pas comme nous de révélation au sujet de l'avenir. Il connaît néanmoins l'importance de cette crainte de Dieu et affirme que «tout ira bien pour ceux qui craignent Dieu». Ils rencontreront peut-être la persécution, mais nul n'a le pouvoir d'emprisonner leur esprit (v. 8, 9). Rien ne pourra les séparer de l'amour du Christ (Rom. 8:35).
«Tout arrive également à tousâ¦Â» déclare le v. 2. Dans la vie de chacun, Dieu permet une succession d'événements â que nous appelons, suivant le cas, heureux ou malheureux â afin de voir si l'un d'eux fera se tourner vers Lui le cÅur de sa créature. Par ailleurs le Seigneur n'a jamais promis que les épreuves seraient épargnées au croyant après sa conversion. Mais les diverses circonstances de la vie, qu'elles affectent notre santé, notre travail ou notre famille, sont l'occasion de montrer en quoi la foi chrétienne change notre manière de les traverser. Après un échec à un examen par exemple, où le jeune inconverti parlera de malchance ou d'injustice, l'enfant de Dieu, lui, reconnaîtra la main sûre et sage de son Père céleste. «La course n'est pas aux agiles, ni la bataille aux hommes forts» (v. 11; comp. Rom. 9:16). C'est l'homme de Dieu qui les remporte. 2 Tim. 4:7 nous présente un pauvre vieillard prisonnier qui avait achevé la course et combattu le bon combat.
La parabole de l'homme pauvre et sage (v. 13-15) porte nos regards sur Jésus. Il nous a délivrés de notre puissant Ennemi (comp. Héb. 2:14, 15). Ne soyons pas maintenant ingrats ni oublieux comme les habitants de la petite ville, et écoutons Ses paroles (v. 15, 16; 1 Cor. 11:24).
Prenons bien garde à ce panneau avertisseur du v. 8: «Qui renverse une clôture, un serpent le mord». Dieu a mis autour de chacun de nous des barrières de protection (par ex. l'autorité de nos parents ou éducateurs). Il sait Lui, ce qu'il y a de l'autre côté de la clôture. Nous nous figurons quelquefois que ce sont des avantages, et qu'Il nous en prive. Mais non! Ce qu'Il veut nous éviter, c'est une morsure dangereuse. Le serpent guette et il ne faut pas une large brèche pour lui permettre de se faufiler. Un peu de péché, «un peu de folie» (v. 1), suffit à compromettre le témoignage de l'enfant de Dieu (comp. 1 Cor. 5:6) et à remplacer le parfum de Christ par la mauvaise odeur de la corruption (Gal. 6:8).
Le manque de sens chez ceux qui gouvernent est spécialement détestable (v. 5â¦). Il a des conséquences pour tous ceux qui leur sont assujettis, qu'ils en soient victimes ou qu'ils suivent ce mauvais exemple (e.g. 2 Rois 21:9, 16). Mais ce n'est pas une raison pour dire, ni même pour penser, du mal des autorités (v. 20). Au contraire, notre devoir de chrétiens est de prier pour elles (1 Tim. 2:1, 2).
Le v. 12 nous rappelle Christ, le Sage par excellence. «Tous⦠s'étonnaient des paroles de grâce qui sortaient de sa bouche» (Luc 4:22).
Il semblerait que la surface de lâeau soit l'endroit le moins approprié pour y répandre du pain (v. 1). Mais ce pain c'est la Parole de vie et les eaux nous parlent du monde dans son état de trouble et d'agitation. Et c'est bien là que le Seigneur nous appelle à répandre l'évangile, libéralement (v. 2), sans regarder aux difficultés (v. 4), sans nous poser de questions (v. 5; Jean 3:8), et sans relâcher notre effort (v. 6). Et si nous avons tendance ensuite à nous en attribuer quelque mérite, rappelons-nous que c'est «Dieu qui fait tout» (v. 5 fin). Le v. 3 évoque la grâce, substance de l'évangile (Ãsaïe 55:10, 11). Mais l'annonce du jugement en fait également partie. «Réjouis-toi, jeune homme, dans ta jeunesse, ⦠marche dans les voies de ton cÅurâ¦Â». C'est la philosophie de beaucoup de jeunes insouciants. Eh bien! La fin de la phrase est propre à les faire réfléchir: â¦Â«mais sache que, pour toutes ces choses, Dieu t'amènera en jugement» (v. 9). Oui, Dieu te demandera compte de chacune de tes folies. Pour qui et pour quoi as-tu vécu? Tout ne se borne pas à la terre. Il y a un Dieu et ce Dieu est juge (H.R.). Ami lecteur encore inconverti, puisse cet avertissement te conduire au v. 1 du ch. 12.
«Souviens-toi de ton Créateur dans les jours de ta jeunesse» (v. 1). C'est le moment favorable pour se tourner vers le Seigneur et mettre à Son service ses pleines facultés. Car avec l'âge les forces déclinent et le cÅur tend à s'endurcir. La vieillesse et la mort sont évoquées par allégories dans les v. 2-7. Vient la conclusion du livre, tragiquement identique à son introduction (v. 8; comp. Ecc. 1:2). Combien nous pouvons remercier le Seigneur de ce que ce livre de l'Ecclésiaste ne présente qu'un côté de la vérité! à la révélation du Dieu juge (v. 14), s'ajoute aujourd'hui celle du Dieu Sauveur. C'est pourquoi, moins qu'aucune autre, cette portion de l'Ãcriture ne doit être séparée du contexte de la Parole divine. Les différents «recueils» de la Bible sont donnés par un seul Pasteur, tous dictés par le même Esprit (v. 11). Laissons ces paroles toutes ensemble, telles des «aiguillons» ou «des clous enfoncés», pénétrer dans notre conscience pour la rendre sensible à salut. Contrairement aux livres des hommes, la Parole de Dieu ne nous lassera jamais si nous l'étudions avec prière (v. 12). Elle nous enseignera ce qui est le tout de l'homme: craindre Dieu et garder ses commandements. Tout le reste n'est que vanité.
N'abordons pas ce livre sans demander d'abord au Seigneur de nous garder de toute pensée profane.
L'Ecclésiaste nous a appris que le monde ne pouvait combler le vide du cÅur humain. Le Cantique nous présente l'amour divin qui seul peut le remplir. Précisons qu'il s'agit ici avant tout, en figure, des relations futures du Roi, Christ, avec Israël, son Ãpouse terrestre. Au moment où s'ouvrira Son règne, les affections de ce peuple seront ranimées et répondront enfin à celles du vrai Salomon. Mais nous soulignerons surtout dans notre lecture ce qui peut s'appliquer pratiquement aux besoins actuels du chrétien. Or l'amour est le lien vital qui unit chaque racheté à son Sauveur. De Lui à nous il est infini, immuable. De nous à Lui, combien faible et inconséquent! Demandons-Lui qu'Il nous tire pour que nous puissions courir après Lui (v. 4).
Les v. 5 et 6 sont la confession du passé coupable. Celle qui parle ici le sait bien: si elle est agréable, ce n'est pas à cause de ses propres mérites (lire Ãph. 1:6 fin). Mais maintenant elle recherche la présence du Berger (v. 7, 8), du Roi (v. 12). Elle l'aime; Il est continuellement sur son cÅur comme un sachet de myrrhe parfumée, imprégnant ses vêtements et l'accompagnant en tous lieux (v. 13; 2 Cor. 2:14-16).
C'est par ses fruits qu'un pommier se distingue des arbres de la forêt (v. 3). Au milieu des hommes, Christ seul a produit pour Dieu ce fruit dont ses rachetés peuvent maintenant savourer la douceur (v. 5; Nomb. 18:13). Comme Marie aux pieds de son Seigneur, nous sommes appelés à nous nourrir en écoutant Sa Parole.
«Sa bannière sur moi c'est l'amour» (v. 4). Soldats de Jésus Christ, nous ne suivons pas notre Chef par contrainte, mais par attachement à sa personne.
La Bible s'achève sur sa promesse: «Voici je viens bientôt» (Apoc. 22:7, 12, 20). Quel écho ont ces mots dans le cÅur de ceux qui L'aiment! «La voix de mon bien-aimé! Le voici qui vient» (v. 8). «Jusqu'à ce que l'aube se lève», sachons nous tenir comme la colombe craintive dans les fentes du rocher à l'abri des souillures et des dangers (v. 14, 17). Et méfions-nous des petits renards qui ravagent les vignes en fleur (v. 15). En grandissant, ces petits renards deviendraient de plus en plus tyranniques (Rom. 6:14). En outre avec la fleur, c'est toute promesse de fruit qui disparaît. Ne tolérons pas aujourd'hui telle petite fraude, tel péché d'apparence insignifiante, qui plus tard dominerait sur nous et frustrerait le Seigneur du fruit qui Lui appartient.
Ne nous étonnons pas si nous avons de la peine à trouver la présence du Seigneur sur notre lit (v. 1; image de la paresse) ou, à l'opposé, au milieu du brouhaha de la ville (v. 2). Par contre, à genoux et dans le recueillement de notre chambre, nous pourrons toujours rencontrer Celui qu'aime notre âme (comp. v. 4). Mais que là non plus rien ne vienne nous distraire et troubler notre communion (v. 5)!
Du désert, figure d'un monde aride, un parfum peut s'élever jusqu'à Dieu (v. 6). Jadis Jésus a traversé ce même monde et toute sa vie n'a été que bonne odeur pour le Père. La myrrhe parle de ses souffrances (de la crèche au tombeau; Matt. 2:11 fin; Jean 19:39), l'encens de ses diverses perfections morales. «Toutes sortes de poudres des marchands», enfin, suggèrent les expériences quotidiennes dans lesquelles Dieu se trouve glorifié. C'est un tel parfum, celui de Jésus, que nous sommes aussi appelés à faire monter vers Dieu.
Bientôt, pour Israël comme pour l'Ãglise, ce sera la fin du désert (v. 6; comp. Nomb. 21:19, 20). Le vrai Salomon aura tout préparé en vue du repos millénaire (v. 7-10). Sur Lui fleurira sa couronne et ce jour sera celui de la joie de Son cÅur (v. 11; Ps. 132:18).
Tandis que le Seigneur considère avec ravissement la beauté de son Ãpouse, où sont les regards de celle-ci? Trop souvent nous nous laissons éblouir par les attraits brillants et exaltants du monde (le Liban)! Inconscients que nous sommes, nous n'y discernons pas les «tanières des lions», ni les léopards sournois (v. 8). Mais le Seigneur voit, Lui, les dangers auxquels nous sommes exposés dans ce milieu fascinant et cherche avec douceur à nous en détacher. «Viens avec moi du Libanâ¦Â» (v. 8). Ce qui doit nous en éloigner c'est l'amour pour Lui plutôt que la crainte du danger. «Ma sÅur, ma fiancée»: ces noms sont le tendre rappel des liens avec Lui. Le Seigneur a sur l'âme qu'Il aime des droits exclusifs. Elle est une fontaine scellée dont seul Il a le droit de boire, un jardin clos, où rien d'étranger ne doit s'introduire et dont les fleurs, les fruits, les parfums Lui sont réservés. Mais «pour que ses aromates s'exhalent», il faut parfois qu'il fasse souffler le vent de l'épreuve ou les brises du midi (v. 16). Ainsi les affections pour Lui se trouveront ranimées, Sa présence sera désirée, et Lui-même répondant à cette invitation, se plaira à cueillir, à goûter et à partager ce que notre faible amour aura su Lui préparer (ch. 5:1).
Que de fois nous pouvons nous reconnaître dans l'égoïsme et la nonchalance coupable de la bien-aimée! Jésus frappe à la porte de notre cÅur. Mais la tiédeur spirituelle, l'amour de nos aises, la négligence à nous juger, nous font trouver mainte excuse pour ne pas écouter la voix de son Esprit. Avec tristesse le Seigneur «passe plus loin». Sachons alors, pour retrouver sa communion, déployer l'ardeur de la jeune épouse. Pour décrire son bien-aimé, elle n'a pas de termes assez brûlants, de comparaisons assez éloquentes. Et nous, chers amis, qu'aurions-nous à dire si quelqu'un nous interrogeait au sujet du Seigneur Jésus (comp. Matt. 16:15, 16)? Qu'est-Il de plus pour nous que ceci ou cela (v. 9)? Saurions-nous parler et de son amour et de sa puissance, de son abaissement, de son obéissance jusqu'à la mort de la croix? Aurions-nous quelque chose à dire de sa grâce et de sa sagesse, des perfections de sa marche et de son service? «Il n'y a point d'apparence en Lui pour nous le faire désirer», disait Israël par la bouche du prophète (Ãsaïe 53:2). Mais la beauté des gloires morales du Messie (cachées au peuple incrédule) amène ici l'Ãpouse à s'écrier: «Toute sa personne est désirable». Cette Personne est-elle vraiment l'objet de tous nos désirs?
L'ardente description que la Sulamithe a su faire de son bien-aimé en amène d'autres à le rechercher. Tel doit être le résultat de notre témoignage. Ceux qui nous entourent ne s'y tromperont pas. Seuls des accents jaillissant de l'abondance de nos cÅurs pourront les conduire à Jésus. Les «filles de Jérusalem» n'ont encore qu'entendu parler de la splendeur de l'Ãpoux, mais celle de l'Ãpouse leur est déjà visible. Elle est «la plus belle parmi les femmes» (v. 1, 13). La beauté morale de l'Assemblée, reflet de celle de Jésus, préparera les inconvertis à recevoir l'évangile.
Mais avant tout cette beauté est appréciée par le Seigneur (v. 4). Lui aussi a les yeux sur celle qu'Il a aimée jusqu'à la mort. Et que voit-Il en elle? Les perfections dont Il l'a Lui-même revêtue (comp. Ãz. 16:7-14). Il peut encore l'appeler «ma parfaite» (v. 9), ayant pardonné son indifférence et ne retenant qu'une chose: elle n'a pas eu honte de Lui; elle a publiquement confessé son Nom. à son tour Il la reconnaît comme sienne devant Dieu (Matt. 10:32). Et nous pensons à l'instant prochain où lâÃpoux divin se présentera son Assemblée à Lui-même, sans tache, ni ride, ni rien de semblable, sainte et irréprochable pour l'éternité (Ãph. 5:27; 1:4).
Le Ps. 45:11 déclarait à l'Ãpouse terrestre: «le roi désirera ta beauté, car il est ton Seigneur: adore-le». Le Cantique contient en quelque sorte la réponse à cette invitation: «Je suis à mon bien-aiméâ¦Â», dit la fiancée du Roi (v. 10). Elle a conscience des liens qui l'unissent à Lui: Il est son Seigneur. Elle se glorifie, non de sa position de reine, mais de l'amour de l'Ãpoux. Ce n'est plus seulement sa beauté (décrite dans les v. 1-9) que le roi désire. Elle déclare avec assurance: «son désir se porte vers moi». On a pu dire que c'était là la note la plus élevée du Cantique⦠et en même temps la plus humble. Ãtre certain que le Seigneur nous aime n'est pas de la prétention, puisque cet amour n'est aucunement fondé sur nos mérites. L'âme est établie dans la grâce. Et nous espérons que chacun de nos lecteurs possède cette assurance d'être aimé personnellement par le Seigneur Jésus.
Sur la vigne d'Israël, non gardée et si longtemps stérile, on verra enfin des bourgeons et des fleurs, promesse d'une magnifique récolte (v. 12). Eh bien, chaque racheté est maintenant appelé à rendre culte à Dieu par Jésus Christ, en offrant ces fruits exquis de la louange conservés pour le Bien-aimé (v. 13; Héb. 13:15; Deut. 26).
Les affections de l'Ãpouse juive après toutes les épreuves qui les auront purifiées n'auront pas l'heureuse sérénité de celles de l'Ãglise aujourd'hui. Cette dernière jouit avec Christ de relations déjà fermement établies. Dieu soit béni, il n'y a plus pour nous de «si» ni de verbe au conditionnel (v. 1 et 2). Nos noms sont gravés «en gravure de cachet» sur les épaules et sur le cÅur de notre Souverain Sacrificateur (v. 6; Ex. 28:11, 12, 29). Nous avons part à cet amour parfait qui chasse la crainte (1 Jean 4:18). Et c'est à la croix que nous avons appris à le connaître dans sa suprême expression. L'amour y a été plus grand que notre péché et plus fort que son châtiment: la mort. Même les eaux terribles du jugement n'ont pu l'éteindre dans le cÅur béni du Sauveur (v. 7; Ps. 42:7).
Nous reconnaissons dans «la petite sÅur» de Juda, les dix tribus qui atteindront seulement après celle-ci leur plein développement spirituel (v. 8). Alors régnera la paix (v. 10) et la vigne entière d'Israël rapportera son fruit (v. 11, 12). Il y aura pour le vrai Salomon à la fois témoignage et louange (v. 13). Mais aujourd'hui, c'est notre voix, celle de nos cÅurs, que le Seigneur désire entendre. Avec l'Esprit, l'Ãpouse répond: «Amen, viens Seigneur Jésusâ¦Â» (v. 14; Apoc. 22:17, 20).
Daniel se distingue des autres prophètes. Son livre embrasse le temps des nations (Luc 21:24 fin), câest-à -dire la très longue période allant de la transportation à Babylone au rétablissement futur dâIsraël sous le règne de Christ. Mais cet homme de Dieu nous parle aussi par son exemple. Que de leçons nous pourrons apprendre avec lui! La toute première est cette ferme décision de cÅur de ne pas se souiller⦠(v. 8). Jeune étranger amené à la cour du monarque païen, il pourrait trouver bien des excuses pour se conformer au régime royal (contraire aux ordonnances de la loi). Que reste-t-il du culte juif, maintenant quâune partie des ustensiles du temple détruit se trouve à Babylone (v. 2)? Lui-même nâest-il pas un captif, objet dâune bienveillance particulière quâil mépriserait en refusant les mets du roi? Ne serait-ce pas attirer dangereusement lâattention sur lui et sur ses amis? Mais pour cet homme de foi, ni ses difficultés personnelles, ni le milieu hostile, ni la ruine du culte judaïque nâenlèvent quoi que ce soit à lâautorité de la Parole de son Dieu. Chers amis, cette Parole a-t-elle la même valeur pour nous? Alors soyons aussi soigneux que ces jeunes gens pour ôter de notre «régime» tout ce qui peut souiller notre corps et notre esprit (2 Cor. 7:1).
Si nous avons le désir dâêtre fidèles, nous pouvons toujours compter sur le secours du Seigneur. Il est maître de nos circonstances et quand nous avons courageusement pris position pour Lui, Il ne permet pas à cause de sa gloire, que nous soyons confus devant le monde. «Ceux qui mâhonorent, je les honorerai», telle reste sa promesse (1 Sam. 2:30). Envers Daniel et ses compagnons, Dieu intervient ici de deux manières. En premier lieu, Il dispose favorablement le cÅur dâAshpenaz (comp. lâhistoire de Joseph en Gen. 39:21). Puis il permet que lâaspect physique des quatre jeunes gens vienne justifier le changement de nourriture. Sur le plan spirituel certains jeunes chrétiens qui font des études peuvent se trouver dans la même situation que Daniel et ses trois amis. à vues humaines, le fait de sâabstenir de certaines sources dâinstruction et de culture considérées actuellement comme indispensables devrait les mettre en état dâinfériorité par rapport à leurs camarades. Sâils y renoncent avec foi, la bénédiction dâen haut leur est assurée. Tels ces quatre étudiants qui passent brillamment leur examen. Ils seront ensuite de fidèles témoins pour Dieu, tandis que des autres jeunes gens nous nâentendrons plus parler (Ps. 119:98, 100).
Que de ressemblances entre le temps de Daniel et celui de Joseph! Dieu parle à Nebucadnetsar, comme au Pharaon jadis, par le moyen de songes prophétiques (Gen. 41). Et lâinterprète quâIl a préparé pour les expliquer est aussi un jeune captif de la race dâIsraël. Câest parce quâil sâétait gardé de toute souillure (comp. Gen. 39) que Daniel a été choisi pour révéler les secrets de Dieu. Et câest bien dans la mesure où nous nous conserverons purs du monde que le Seigneur se plaira à nous instruire et à se servir de nous.
Remarquons comment Daniel reste dans lâombre jusquâà ce que lâincapacité des hommes à comprendre les pensées de Dieu ait été dûment constatée. Les Chaldéens eux-mêmes affirment: «Il nâexiste pas un homme⦠qui puisse indiquer la chose⦠excepté les dieuxâ¦Â» (v. 10, 11; Dan. 5:11). Ils ne peuvent que reconnaître leur ignorance, comme autrefois les devins de lâÃgypte (Ex. 8:19). La conclusion des Chaldéens aurait dû humilier et confondre le monarque orgueilleux! Il se met au contraire dans une très grande colère et commande de tuer tous les sages. En contraste, le v. 14 souligne la prudence et le bon sens de Daniel. Il veut se réserver le temps de placer toute cette affaire devant Dieu.
Remarquons lâenchaînement: «Alors» Daniel prie avec ses amis (v. 17, 18)⦠«Alors le secret fut révélé à Daniel⦠Alors Daniel bénit le Dieu des cieux» (v. 19). Exposer nos requêtes à Dieu est notre premier devoir «en toutes choses» (Phil. 4:6). Mais Daniel met aussi au courant ses trois compagnons pour quâils joignent leurs supplications aux siennes. Quel privilège que de partager une difficulté avec des amis chrétiens et de la présenter au Seigneur ensemble! Et quelle efficacité, car câest nous mettre au bénéfice de Sa promesse formelle (Matt. 18:19)!
Dieu ne peut rester sourd à la supplication de ces hommes qui le craignent. Il révèle le secret à son serviteur (Ps. 25:14). Quelquâun dâautre aurait peut-être couru aussitôt vers le roi. Mais pour Daniel, une chose est plus urgente: remercier son Dieu et lui rendre hommage (comp. Gen. 24:26). Ensuite seulement, il se fait conduire auprès de Nebucadnetsar. Et nous voyons briller encore un des beaux traits de cet homme de Dieu: son humilité. Comme Joseph (Gen. 41:16), Daniel sâefface pour attribuer toute la gloire à Dieu seul (v. 30; Dan. 1:17; Ãz. 28:3). Chers amis croyants, lorsque le Seigneur a bien voulu nous employer à un service, sachons nous effacer pour Lui en laisser tout le mérite et tous les fruits.
Dans un raccourci saisissant, lâhistoire des nations est présentée au roi par cette étrange statue dâun homme, constituée de la tête aux pieds par des métaux différents. La tête dâor représente le premier empire universel, celui de Babylone, après que Dieu eut retiré son trône du milieu dâIsraël. Brillante, mais de courte durée, cette monarchie fit place au royaume médo-perse (la poitrine dâargent) auquel succéda à son tour lâempire grec dâAlexandre (le ventre et les cuisses dâairain). Enfin les jambes et les pieds du personnage évoquent un quatrième royaume fort comme le fer, brutal, destructeur, dans lequel il nâest pas difficile de reconnaître lâempire romain. Son histoire, depuis les invasions barbares où il prit fin dans sa première forme, est actuellement interrompue par ce quâon a appelé «la parenthèse de lâÃglise». Mais selon la prophétie, lâempire romain doit bientôt se reconstituer pour un peu de temps. Il y aura en lui un élément de faiblesse figuré par le mélange dâargile et de fer (les dix rois distincts de la bête romaine; Apoc. 17:12) qui le rendra vulnérable (v. 41, 42). Alors la pierre détachée sans main, câest-à -dire lâintroduction du royaume de Christ, mettra fin à la domination de «lâhomme qui est de la terre» (Ps. 10:18) pour le bonheur de celle-ci.
Pour donner aux peuples disparates sur lesquels il règne un centre religieux, Nebucadnetsar fait dresser sa statue dâor colossale dans la plaine de Dura? Cet acte dâidolâtrie est symbolique. Il évoque ce qui gouverne le cÅur des hommes:
1º) La statue est en or: ce métal qui est lâobjet dâune vénération universelle.
2º) Elle a la forme dâun homme, et en effet celui-ci tend à sâadorer lui-même, à se mettre à la place de Dieu.
3º) Elle a enfin une inquiétante ressemblance avec lâimage de la bête des temps apocalyptiques à laquelle chacun sera contraint de rendre hommage sous peine de mort. Le fidèle résidu dâIsraël sera alors en cela terriblement mis à lâépreuve (Apoc. 13:15â¦). Shadrac, Méshac et Abed-Nego représentent ce résidu. Dieu interviendra-t-Il pour les délivrer? Tel est le défi du roi! «Il nâest pas nécessaire que nous te répondions sur ce sujet», déclarent ces jeunes gens (v. 16). La foi du croyant nâa pas à se justifier devant les inconvertis. Lâapprobation du Seigneur lui suffit. Pas plus à présent les menaces que précédemment lâattrait des mets délicats, ne parviennent à détourner ces trois témoins du strict chemin de lâobéissance à Dieu. Ayant été fidèles dans ce qui est petit (Dan. 1), ils le sont maintenant dans ce qui est grand (Luc 16:10).
Ce chapitre nous montre ce que le fidèle doit faire, ce que Satan peut faire, mais aussi ce que Dieu fait. «Ne crains point⦠je serai avec toiâ¦; quand tu marcheras dans le feu, tu ne seras pas brûlé, et la flamme ne te consumera pas». Câétait la promesse faite en Ãsaïe 43:1, 2 au résidu fidèle. Et Dieu va lâaccomplir. Jetés dans la fournaise, non seulement les trois hommes nâen subissent aucun mal, mais ils y font une merveilleuse rencontre. Dans leur compagnon mystérieux dâun moment, nous nâavons pas de peine à reconnaître le Fils de Dieu. Oui, le creuset de lâépreuve est un lieu de rendez-vous du Seigneur avec les siens â mais Lui-même a été seul sur la croix.
Alors que le feu anéantit les hommes chargés de précipiter les condamnés dans le brasier, ni ceux-ci, ni rien de ce qui leur appartient nâest même effleuré par lâodeur du feu. Une seule chose est consumée dans la fournaise⦠ce sont les liens dont on les avait entravés (v. 25). Nâest-ce pas là souvent le résultat de lâépreuve pour le chrétien? Elle le débarrasse de telle ou telle attache dont le monde lâavait enlacé et elle lui permet de marcher librement dans la compagnie du Seigneur Jésus.
La fureur du roi a fait place à la consternation (v. 24). Ces jeunes témoins ont su, en exposant leur vie, lui démontrer la réalité de leur foi et lui rendre leur Dieu visible.
Ce chapitre reproduit sans commentaire une proclamation de Nebucadnetsar. Discours en vérité bien différent de ceux que prononcent dâhabitude les chefs dâétat! Il sâagit plutôt dâun témoignage, rendu devant tous les habitants du monde. Dans notre mesure, ne craignons pas de dire bien haut ce que le Seigneur a fait pour nous.
Le roi commence par rappeler sa condition dâautrefois. Il était en paix (v. 4), â mais câétait une paix trompeuse; florissant â mais la vie dâun homme nâest pas dans ses biens (Luc 12:15); tout ce que le Dieu Très-Haut avait mis entre ses mains nâavait servi quâà nourrir son orgueil et le contentement de lui-même. Pour lâarracher à sa fausse sécurité, un songe lui est envoyé qui a pour heureux résultat de lâeffrayer et de le troubler (v. 5). Frayeur salutaire! Lâinquiétude est souvent le premier signe du travail de Dieu dans une conscience. Mais cette fois encore, câest seulement après avoir épuisé toutes les ressources humaines: devins, enchanteurs, Chaldéens, auguresâ¦, et quand leur impuissance est rendu manifeste (2 Tim. 3:9), que Nebucadnetsar est prêt à accepter lâinterprétation de Daniel. Il discerne en lui «lâesprit des dieux saints» (v. 8, 18; comp. Gen. 41:38 note). Seul lâEsprit de Dieu peut expliquer la Parole de Dieu (1 Cor. 2:11).
On comprend le combat intérieur qui se livre dans le cÅur de Daniel quand il découvre la signification du songe. Dire la vérité en de pareilles circonstances lâexpose à la mort. Mais il ne fléchit pas. Le sentiment de la mission quâil a reçue de Dieu lui donne le courage de déployer sous les yeux du roi le livre de son avenir. Courage qui nâexclut pas la sagesse et la douceur; il sait parler «dans un esprit de grâce, assaisonné de sel» (Col. 4:6). Que le Seigneur nous encourage par lâexemple de ce fidèle serviteur! Nous qui savons par la Parole quel sera le sort éternel des pécheurs sans repentance, ne cachons pas ce côté terrible de la Vérité par crainte de déplaire aux hommes.
Le grand arbre, figure du roi, représente aussi le monde en général (voir Ãz. 31:3-9). Orgueilleux et florissant (v. 4), il est organisé pour satisfaire tous les besoins et toutes les convoitises de lâhumanité. Son ombre protectrice et ses «branches» variées offrent à chacun sa place et sa nourriture (v. 21). Le monde nâoublie quâune chose, câest que «le Très-Haut domine» (v. 25). Aussi le jugement va-t-il venir sur lui, et Dieu, par sa Parole, en avertit chacun: «Romps avec tes péchés», lui dit-elle (v. 27), et sois réconcilié avec Dieu (comp. Ãsaïe 58:6, 7).
La patience de Dieu a accordé douze mois au roi pour rompre avec ses péchés (v. 27, 29). Hélas, leur racine secrète, lâorgueil, nâa fait que croître démesurément (Dan. 5:20). Le jour vient où Nebucadnetsar donne lui-même le signal de son désastre: il prononce la phrase insensée par laquelle il tend à se faire égal à Dieu (v. 30). Il nâa pas fini de parler que la sentence divine tombe du ciel comme la foudre, et ce quâelle annonce sâaccomplit «au même instant». Le plus grand personnage de la terre perdant la raison, est rabaissé au rang dâune bête stupide. De fait la soumission à la volonté de Dieu est la seule chose qui élève un homme.
Dès que le roi apprend à lever les yeux en haut, il est rétabli. Lui qui du haut de son palais avait claironné la puissance de sa force et la gloire de sa magnificence, proclame désormais devant toute la terre: «Je loue et jâexalte et je magnifie le roi des cieuxâ¦Â». Quel changement dans le cÅur de cet homme hier un impie, aujourdâhui un adorateur! Il reconnaît le bien-fondé de la solennelle leçon quâil a apprise. Le Très-Haut qui «élève le plus vil des hommes» (v. 17 fin) «est puissant pour abaisser ceux qui marchent avec orgueil» (v. 37; Luc 18:14). à ce récit le Ps. 2:10 peut servir de conclusion: «Et maintenant, ô rois, soyez intelligentsâ¦Â».
Le temps de Nebucadnetsar avait été marqué par la persécution des fidèles (Dan. 3). Celui de son successeur, Belshatsar, se signale au contraire par lâindifférence religieuse, lâabondance facile, la recherche des plaisirs. Dans lâhistoire du monde, de telles périodes se succèdent et notre époque «éclairée» et tolérante ressemble beaucoup à celle de lâimpie Belshatsar. Les croyants ne sont plus persécutés dans nos pays. Mais Dieu est outragé dâune autre manière; nous en avons lâimage dans ce festin. Pour orner sa table, le roi sacrilège ne craint pas de faire apporter les saints ustensiles du Temple. Et lâorgie continue de plus belle⦠lorsque arrive quelque chose dâeffrayant. Sur la paroi, «vis-à -vis du chandelier» (comp. Nomb. 8:2), une main se profile, trace quelques mots, disparaît⦠Le roi est livide, ses genoux sâentrechoquent; les grands aussi sont épouvantés. Quel sage lira la tragique écriture (1 Cor. 1:19)? Le prince léger et mondain ne connaît pas Daniel (comp. Ex. 1:8). Mais la reine mère saura le désigner. Pas plus que le prophète, elle nâassistait au festin. Séparation du monde et discernement spirituel vont de pair.
Dieu avertit les hommes de notre génération non plus par des messages mystérieux, mais par sa Parole.
Câest la troisième fois quâen un moment critique Daniel entre en scène pour interpréter la pensée de Dieu. Mais nous sommes ici au dernier quart dâheure de lâhistoire de Babylone. Et lâhomme de Dieu ne prend plus aucun ménagement pour annoncer son effondrement. Belshatsar nâa pas tenu compte du témoignage de son père (v. 22). Daniel ne peut que lui traduire la sentence irrévocable. Trois mots suffisent à Dieu pour régler le sort de Babylone et de son prince. «Mené, Mené» ; compté et recompté. Admirons cette répétition! Câest comme si le Dieu juste vérifiait avec soin son addition avant la décision finale (comp. Gen. 18:21). Pesé! Ah! Ce monarque frivole et ses grands «placés dans la balance,⦠montent ensemble plus légers que la vanité» (Ps. 62:9). Divisé enfin! Le Très-Haut qui «domine sur le royaume des hommes» va donner celui-ci à un autre (Dan. 4:17). Lâhistoire relate comment Cyrus le Perse, ayant détourné le cours de lâEuphrate (qui traverse Babylone), sâest servi de son lit asséché pour sâintroduire dans la ville avec ses soldats, profitant de la nuit et de lâorgie du palais. Que ce récit solennel nous instruise aussi! Veillons et soyons sobres pour ne pas être surpris par la venue du Seigneur.
Lâempire de la «tête dâor» a passé en une seule nuit. Présent à ses débuts, Daniel a aussi assisté à sa chute 70 ans plus tard. Et nous retrouvons le prophète, vieillard de près de 90 ans, dominant les événements et les personnes. Il nâest pas plus impressionné par la splendeur humaine que par son effondrement. Bien quâétranger (au sens moral comme au sens propre), il a servi avec la même conscience Nebucadnetsar le vaniteux, Belshatsar le mondain, et maintenant le faible Darius (comp. 1 Pierre 2:18â¦). Cette fidélité lui vaut la confiance du souverain et la jalousie de ses collègues. Ils conspirent contre lui, et le roi, induit en erreur par leur démarche hypocrite, signe son décret irrévocable. Mais Daniel, si bon serviteur quâil soit, ne peut sây soumettre. En effet â et il a fallu ce complot inique pour que nous lâapprenions â lâhomme de Dieu avait une sainte habitude. Trois fois le jour il sâagenouillait dans sa chambre pour invoquer son Dieu (lire 1 Rois 8:48, 50 et Ps. 55:17).
Chers amis, nous pouvons sans être inquiétés nous mettre à genoux autant que nous le désirons. Usons de ce privilège pour y trouver, comme Daniel, la source cachée de la force et de la sagesse.
Dans la fosse aux lions se renouvelle le miracle de la fournaise du Dan. 3. Lâhomme de Dieu est épargné de la dent des fauves comme jadis ses trois amis de lâardeur du feu. Et Héb. 11:33, 34 nous révèle leur commun secret: par la foi⦠ils «fermèrent la gueule des lions, éteignirent la force du feu». On peut se demander pourquoi Dieu a délivré ces serviteurs alors que tant dâautres martyrs ont laissé leur vie sur les bûchers ou dans les arènes (comp. Héb. 11:37). Câest avant tout pour montrer sa puissance que Dieu a protégé ses témoins; Il se trouvait ici engagé vis-à -vis de Darius. Cet épisode de la vie du prophète correspond mot pour mot à lâexpérience rapportée par le Ps. 57:4, 5 et le solennel Ps. 57:6).
Combien Daniel nous fait penser au Seigneur Jésus. Fidèle du commencement à la fin, tel a été Christ. Il était étranger, séparé du monde mais toujours prêt à y faire du bien, à y révéler la pensée de Dieu. Comme Daniel, Il nâa donné aucune prise aux accusations et a été condamné sans cause, en raison même de sa fidélité (comp. v. 4). Mais Il est sorti triomphant de la mort (ce domaine du lion rugissant; Ps. 22:13, 21) qui sera la part des méchants. Oui, gloire à notre Rédempteur!
Retenons le plan du livre de Daniel. Dans les six premiers chapitres nous avons vu vivre cet homme de Dieu. Dans les six derniers, nous entendrons ses prophéties.
Câest au tour de Daniel dâavoir un songe dont le sujet général est le même que celui de Nebucadnetsar au ch. 2. Mais cette fois les quatre monarchies successives du temps des gentils sont vues sous lâapparence de bêtes. Babylone est figurée par le lion aux ailes dâaigle (comp. Jér. 4:7; Jér. 49:19, 22, 30), la Perse par lâours féroce; lâempire grec par le léopard rapide. Quant à la quatrième bête qui surgit «effrayante et terrible et extraordinairement puissante», il nâexiste pas dans la création dâanimal assez monstrueux pour lui prêter son nom (Dan. 2:40). Il sâagit de lâempire romain, spécialement sous la forme quâil va reprendre: celle des dix cornes (ou dix rois), avec la petite corne prépondérante. Cette dernière représente le chef de lâempire, un suppôt de Satan, homme dâune intelligence et dâune perspicacité sans pareille au service dâune ambition démesurée, proférant des blasphèmes⦠«Je vis, jusquâà ce queâ¦Â» (comp. Dan. 2:34). «LâAncien des jours», câest-à -dire Dieu Lui-même, détruira subitement cette incarnation de lâesprit du mal, avant de donner au Fils de lâhomme «la domination, et lâhonneur, et la royauté» (v. 14).
Si ces sujets prophétiques nous paraissent ardus, imitons Daniel qui a le désir de savoir la vérité (v. 19) et qui la demande (v. 16). Ces événements si proches maintenant doivent nous intéresser à plus dâun titre. Dâabord il sâagit de la forme que prendra, après lâenlèvement de lâÃglise, le monde dans lequel nous vivons. Et nous voyons déjà très bien sây dessiner les courants qui convergent vers cet effrayant tableau final: lâoppression et la violence (v. 19); la négation de toute relation avec Dieu (les bêtes; lire 2 Pierre 2:12), lâexaltation insensée de lâhomme (cette corne qui sâélève en proférant de grandes choses)â¦
Ensuite nâoublions pas que des témoins, appelés «saints des lieux très hauts», traverseront cette époque tragique. Ils auront à souffrir, ils seront consumés (littéralement usés: v. 25) mais ensuite ils recevront et le royaume et le jugement (v. 18, 22; Apoc. 20:4). Et ce qui au v. 14 a été attribué au Fils de lâhomme sera également donné au peuple des saints des lieux très hauts (v. 27). Ils auront été foulés aux pieds (v. 23) par les «dominations» malfaisantes (v. 27). à leur tour ils recevront cette domination, quand le Seigneur, qui plus que tous a été fidèle jusquâà la mort, sâassociera les siens en grâce afin de régner avec eux (Ps. 149:5-9).
La nouvelle vision accordée à Daniel avant la fin du 1º empire (v. 1) concerne pourtant déjà les relations du second royaume (la Perse) avec le troisième (la Grèce ou Javan), ainsi que lâévolution finale de ce dernier. La domination médo-perse (le bélier) devait être abattue et remplacée par «le bouc», câest-à -dire lâempire grec. à son tour celui-ci allait se disloquer à la mort dâAlexandre pour être partagé entre quatre de ses généraux (v. 8). Point par point, la vision a été remarquablement confirmée par lâhistoire. Après quoi, sans transition, la prophétie, passant par-dessus les temps actuels, nous transporte au «temps de la fin» (v. 17). Pendant que lâOccident sera gouverné par «la Bête» (Dan. 7), un autre personnage extrêmement puissant se lèvera en Orient à la place occupée jadis par une des autres «cornes». Câest lâAssyrien mentionné par dâautres prophètes. Sa seule ambition sera de grandir, de sâélever toujours plus. Il sâétendra en direction du «pays de beauté» (Israël) et dans sa témérité impie ôtera de Jérusalem le culte de Dieu. Rien nâégalera son orgueil et sa folie. Et pourtant!⦠Fouler aux pieds les dons célestes et le sacrifice de Christ, jeter la vérité par terre, câest lâattitude de tous ceux qui renient la foi (v. 9-12).
Lâange Gabriel est chargé dâexpliquer à Daniel la vision qui lâa tant effrayé. Dans les derniers temps du royaume à venir â celui du Nord, de lâempire grec â lorsque la méchanceté des hommes sera arrivée à son comble (v. 23), un roi se lèvera, appelé lâAssyrien, différent de la petite corne du ch. 7. Cet homme utilisera son intelligence extraordinaire pour faire le mal (v. 24, 25). En dernier lieu il osera sâattaquer à Christ. Alors il sera brisé par lâintervention directe de Dieu (sans main), en contraste avec lâhistoire des empires, où nous voyons Dieu utiliser lâun pour abattre lâautre (Job 34:20).
Ce chapitre nous a ainsi montré comment les cornes du bélier (lâempire des Mèdes et des Perses) ont été brisées et remplacées par la corne du bouc (lâempire grec) et enfin par le roi audacieux lui-même. Dieu permet que cet homme sâélève, élimine ses concurrents, remplisse la terre de ses exploits, mais sa fin est dâêtre brisé (Prov. 6:15). Lâhistoire nous fournit déjà plus dâun exemple comparable. Ainsi Alexandre, dit le Grand, ce conquérant fougueux mort à 33 ans après avoir subjugué un immense empire, et qui illustre sans doute mieux que beaucoup cette parole du Seigneur Jésus: «Que profitera-t-il à un homme sâil gagne le monde entier, et quâil fasse la perte de son âme?» (Matt. 16:26).
Ce beau chapitre nous montre Daniel faisant usage des deux ressources qui sont toujours à notre disposition: la Parole et la prière. Cette fois ce nâest pas par une vision quâil est enseigné, mais en sondant les écritures. Elles lui apprennent:
1º que la délivrance dâIsraël est proche (v. 2; lire Jér. 29:10â¦);
2º pour quels motifs la main de lâÃternel a frappé et dispersé son peuple et dans quelles conditions la restauration peut avoir lieu (v. 11; lire Lév. 26:40â¦);
3º lâattitude convenable, pour que Dieu écoute et pardonne (lire 1 Rois 8:47â¦).
Tourné vers Jérusalem, Daniel reprend mot pour mot les expressions dictées par Salomon: «Nous avons péché, nous avons commis lâiniquité, nous avons agi méchammentâ¦Â» (v. 5, 15; Dan. 6:10). Or non seulement Daniel nous est présenté comme irréprochable, mais il a encore subi pendant toute une vie dâexil les conséquences du péché des autres. Eh bien! Il confesse pourtant lâiniquité comme étant la sienne; il en éprouve et la douleur et lâhumiliation devant Dieu; il prend sur lui les transgressions de son peuple. Câest ce que Christ a fait parfaitement. Exempt de tout péché, Il sâest chargé des nôtres, les a confessés comme étant ses péchés, endurant seul à notre place le châtiment que nous avions mérité (Ps. 40:12).
Daniel nâagit pas ici en tant que prophète (comp. v. 6). Il se fait plutôt lâavocat dâIsraël et sait trouver les arguments propres à toucher le cÅur de Dieu. Il Lui demande dâintervenir⦠«pour lâamour du Seigneur» (v. 17), «à cause de tes grandes compassions» (v. 18), «à cause de toi-même⦠car ta ville et ton peuple sont appelés de ton nom» (v. 19; comp. Ps. 25:11; Lév. 22:32). Une telle prière est agréable à Dieu, qui sâempresse dây répondre. Son messager est de nouveau Gabriel, le même qui sera choisi pour annoncer la naissance du Sauveur et de son précurseur (Luc 1:19, 26). Mais ici lâange nâest pas chargé dâun heureux message, loin de là ! Il éclaire lâintelligence de Daniel sur:
1º le rejet du Messie après 69 (7 + 62) semaines dâannées â ces 483 ans (69 x 7) seront à compter du début de la reconstruction de Jérusalem, au temps de Néhémie;
2º la destruction de la ville et du temple par les Romains sous Titus (v. 26);
3º enfin, dans un temps encore à venir, la tragique méprise des Juifs aveuglés par Satan, et recevant, au lieu du Christ, «un désolateur», lâAntichrist (v. 27).
Dans Matthieu 24:15 et suivants, le Seigneur Jésus confirme avec solennité les prophéties de Daniel.
Parfois Dieu répond immédiatement aux prières des siens. Au Dan. 9:21, sa parole vient à Daniel alors quâil prie encore. Parfois au contraire, comme dans ce chapitre, il retarde son intervention pour mettre à lâépreuve la réalité de nos désirs, la persévérance de notre foi. Mais même sâil nous faut quelquefois prier longtemps avant dâêtre exaucés, nâen concluons jamais que Dieu nâécoute pas (1 Jean 5:15). Il affirme à Daniel que sa prière a été entendue dès le premier jour. Ce v. 12 nous révèle lâétat moral agréable à Dieu qui est pour ainsi dire la clé des communications avec le ciel. Retenons le secret de Daniel: il appliquait son cÅur-comprendre et-sâhumilier.
En comparant la vision des v. 5 et 6 avec celle de lâapôtre Jean à Patmos (Apoc. 1:13-16), nous comprenons que Celui qui paraît ici avec les attributs de la justice souveraine ne peut être que le Messie retranché (Dan. 9:26) qui sera aussi glorifié. Dans une telle présence, le plus pieux des hommes est saisi dâune frayeur mortelle. (Pour être le canal des révélations divines, il faut que la mort ait dâabord opéré en nous â 2 Cor. 4:12). Mais la même parole de grâce vient rassurer et Daniel et plus tard Jean: «Ne crains pas», «ne crains pas, homme bien-aimé» (v. 12, 19).
Avant de considérer le côté visible de la prophétie, le ch. 10 nous fait entrevoir son côté caché: la contrepartie céleste des événements dâici-bas. Les grands de ce monde tout en se croyant libres, ressemblent à des marionnettes; ils sont dirigés dâen haut par «les principautés et autorités» sataniques au moyen de ces «fils» qui sâappellent leurs passions (Ãph. 2:2). Mais Dieu a aussi ses légions dâanges avec leurs chefs (Héb. 1:14). Et, chose merveilleuse, nous pouvons pas nos prières mettre en mouvement leurs forces invisibles, combattre les mêmes combats, et faire lâexpérience, avec Ãlie et Daniel, que «la fervente supplication du juste peut beaucoup» (Jac. 5:16).
Au ch. 11 Dieu ouvre à son prophète une large échappée sur les événements qui allaient se produire. Trois monarques perses se succéderaient: Cambyse II, Gaumâta le Mage et Darius Hystaspe (respectivement reconnus en Esd. 4:6, 7 et 24). Après eux, le riche et puissant Xerxès (lâAssuérus du livre dâEsther) entreprendrait une formidable offensive contre la Grèce (Javan). Puis viendrait lâascension éclair dâAlexandre le Grand (v. 3, 4), la dispersion encore plus rapide de son royaume aux «quatre vents» (frappante illustration du livre de lâEcclésiaste) suivie de longs démêlés entre ses deux principaux héritiers.
Ce chapitre annonce et raconte en détail la rivalité de deux des quatre dynasties qui allaient se partager lâempire grec dâAlexandre. Dans ce roi du Nord, se reconnaît la dynastie des Séleucides gouvernant les contrées situées au nord de la Palestine: Syrie, Asie Mineure; tandis que les rois du Midi sont les Lagides (ou Ptolémées), possédant lâÃgypte. Entre ces deux puissances concurrentes devaient alterner guerres et traités dâalliance, avec les humaines flatteries, chantages et menaces, les mariages diplomatiques et les assassinats. Les rapports entre les nations nâont guère changé depuis lors, et les manuels dâhistoire ne sont que le triste reflet de ce que contient le cÅur humain: cupidité (v. 8), violence et crimes (v. 14), mauvaises mÅurs (v. 17), fraude (v. 23), corruption (v. 24), trahison (v. 26), mensonges (v. 27).
Combien apparaissent vains avec deux mille ans de recul ces conflits ayant pour enjeu la terre dâIsraël (v. 16), et mettant aux prises pendant de courtes années ces monarques vaniteux!
La politique internationale au temps des rois Ptolémées et Séleucides est décrite ici à lâavance dâune manière tellement exacte que certains incrédules, confondus, ont tout fait pour démontrer que ce chapitre ne pouvait avoir été écrit quâaprès les événements quâil annonce.
Aucune prophétie de lâÃcriture nâest dâune interprétation particulière, câest-à -dire ne peut sâisoler du plan général de Dieu (2 Pierre 1:20). Et à partir du v. 36, comme le prouvent les paroles du Seigneur Lui-même, il est question dâévénements encore à venir, auxquels ceux du passé ont, en quelque sorte, servi dâesquisse et dâintroduction. Ainsi Antiochus Ãpiphane, désigné sans équivoque au v. 31, roi de Syrie qui pour se venger des Juifs sacrifia une truie dans le temple puis y fit placer la statue de Jupiter, nâest quâun type du futur roi du Nord ou Assyrien. à ce personnage prophétique sâappliquent les v. 40-45, tandis que les v. 36-39 concernent lâAntichrist, «le roi», qui dans ce même temps de la fin se fera adorer à Jérusalem. Il sera le surhomme attendu, réunissant et parachevant dans sa personne, sous lâemprise de Satan, toutes les tendances perverses et orgueilleuses du cÅur humain. Agir selon son bon plaisir (en contraste absolu avec Christ: Héb. 10:7), proférer les pires blasphèmes contre Dieu, mépriser son Christ, sâélever au-dessus de tout en sâappuyant sur lâargent, sur la violence et sur le mensonge, voilà bien lâesprit de lâAntichrist quâil nâest pas difficile de discerner déjà dans le monde actuel (1 Jean 2:18, 22, 23).
Lâaccomplissement des premiers événements de la prophétie est le gage que ceux qui sont annoncés pour le temps de la fin se produiront certainement. La période actuelle de la grâce est comme une longue parenthèse interrompant depuis bientôt deux mille ans le cours de la prophétie. Elle donne maintenant à chacun lâoccasion de se convertir pour se mettre à lâabri du jugement prochain.
Parmi le peuple de Daniel, «quiconque sera trouvé écrit dans le livre» sera délivré (v. 1 fin). Ceux qui sont appelés les sages ressusciteront pour la vie éternelle, les autres pour lâhorreur dâune perdition éternelle. Alors sâachèveront les «temps déterminés» pour le jugement; le sort de chaque homme sera définitivement fixé et plus rien ne fera obstacle sur la terre au déploiement des conseils de Dieu. La prophétie, ne lâoublions pas, a toujours Israël pour objet. Même lâhistoire des royaumes gentils y est envisagée par rapport au peuple élu. Cependant les pensées de Dieu ont dâabord pour centre invariable la gloire de Christ. Câest pourquoi elles sont scellées et cachées pour les méchants, tandis que les sages sont invités à les comprendre. Et nous les comprendrons aussi dans la mesure où nous aurons à cÅur cette gloire du Seigneur Jésus.
La prophétie dâOsée, contemporain dâÃsaïe, nous ramène aux temps du 2º livre des Rois, avant les transportations. Elle sâadresse principalement aux dix tribus (souvent appelées du nom dâÃphraïm, leur chef de file), lesquelles ont sombré dans lâidolâtrie plus vite que Juda. Souillé par ses idoles, infidèle à lâalliance avec son Dieu, Israël est représenté par la femme impure que le prophète est invité à prendre pour épouse. Le nom même de ses enfants signifie la condamnation (comp. Ãsaïe 8:1-4 â précisons que les verbes «se prostituer», ou «commettre la fornication», signifient dans ces chapitres abandonner Dieu et sâattacher à des idoles). Israël a lui-même brisé les relations lâunissant à lâÃternel. Toutefois le v. 10, cité par Paul aux Romains, nous apprend que la transgression dâIsraël a eu une conséquence inattendue et merveilleuse: les croyants «non seulement dâentre les Juifs, mais aussi dâentre les nations» sont appelés désormais «fils du Dieu vivant» (Rom. 9:24-26). Ce Dieu vivant devient un Père. La sentence «Lo-Ammi» prononcée sur Israël coupable a été suivie de lâappel dâun peuple céleste, une famille, jouissant avec son Dieu et Père dâune relation indissoluble, à laquelle même nos péchés ne peuvent porter atteinte (1 Pierre 2:10).
La cause dâIsraël est indéfendable (v. 2; comp. Ãsaïe 1:18). Après un réquisitoire accablant, Dieu prononce la sanction sur lâinfidélité de ce peuple: «câest pourquoi, voici, je vais fermer ton cheminâ¦Â» (v. 6)⦠«câest pourquoi je reprendrai mon bléâ¦Â» (v. 9). «Câest pourquoiâ¦Â» et on pourrait sâattendre à un châtiment plus sévère encore. Mais quâannonce le v. 14? «Câest pourquoi, voici, moi, je lâattirerai, et je la mènerai au désert, et je lui parlerai au cÅur». Incomparable grâce de Dieu! Le péché des siens devient pour Lui lâoccasion de déployer Son infinie miséricorde. Au lieu de chasser «lâépouse» ingrate et coupable, Il la prend par la main, et, seul à seul avec elle, sâadresse à elle de manière à toucher son cÅur. Mais pourquoi mentionner cette sinistre vallée dâAcor? Nâévoquait-elle pas le péché dâAcan et ses conséquences désastreuses (Jos. 7:26)? Eh bien! Câest elle que Dieu choisit pour en faire désormais «une porte dâespérance» (comp. Ãsaïe 65:10). Et moralement, il en est de même pour nous. La vallée du trouble, le lieu où nous avons affaire à Dieu au sujet de nos fautes passées, devient «une porte dâespérance». Ainsi Dieu nous montre que la jouissance de la communion avec Lui a pour point de départ nécessaire la confession de nos péchés.
Dans le style haché qui lui est propre, le prophète fait alterner sans transition la description du tragique état dâIsraël, avec les promesses de restauration (v. 18 v. 23). La grâce de Dieu établira des liens nouveaux avec son peuple. Celui-ci ne sera plus esclave, comme cette femme achetée (ch. 3:2), et ne dira plus «mon maître», mais «mon mari» (Osée 2:16). «Je te fiancerai à moi», répète trois fois lâÃternel comme pour sceller son engagement (v. 19, 20). Tel lâanneau au doigt dâune jeune fiancée, cette promesse aurait dû parler au cÅur du pauvre peuple, lâinciter à garder jalousement ses affections à lâÃternel (comp. Jér. 2:2). Par analogie, nous pensons à lâÃglise qui devrait être toute pour Christ. «Je vous ai fiancés à un seul mari», dit Paul aux Corinthiens (2 Cor. 11:2), révélant aussi en Ãph. 5:25-27 ce que Jésus a fait, ce quâIl fait et ce quâIl fera pour lâAssemblée.
La courte prophétie du ch. 3 décrit dâune manière frappante lâétat actuel des fils dâIsraël: ils nâont plus ni roi ni culte, pas plus celui des idoles que celui de lâÃternel (v. 4). La maison dâIsraël est vide, balayée et ornée, prête à lâaccomplissement de Matt. 12:45. Mais ensuite viendra sa repentance et son rétablissement dans la bénédiction divine par la bonté de lâÃternel (v. 5).
Les v. 1 et 2 nous rappellent Rom. 3:9-19, passage dans lequel il nâest pas question seulement des Juifs, mais de tous les hommes. Israël a toutefois cette responsabilité supplémentaire, ayant «les oracles de Dieu», dâavoir volontairement rejeté la connaissance et oublié la loi (v. 6; Rom. 3:2). Il sâest attaché aux idoles, «se soustrayant-son Dieu» (fin du v. 12). Chrétiens, cette dernière expression ne nous parle-t-elle pas? Il existe mille manières et occasions de nous soustraire à lâautorité que le Seigneur doit avoir sur notre vie.
Quel va être cette fois le châtiment du misérable peuple? Le plus terrible qui soit: lâabandon. Son état est incurable, sans espoir. Dieu renonce à le retenir et déclare: «Jâoublierai tes fils» (v. 6). «Je ne punirai pas vos fillesâ¦Â» (v. 14) et plus loin: «Ãphraïm sâest attaché aux idoles: laisse-le faire» (v. 17). Cependant ce tableau affreux de la corruption des dix tribus doit au moins servir dâavertissement à Juda. Guilgal avec Béthel (maison de Dieu), lieux de promesses et de bénédictions dans lâhistoire dâIsraël, sont devenus des centres dâiniquité, les capitales de la religion profane. LâÃternel enjoint solennellement à Juda de ne pas y monter (v. 15).
Le prophète sâadresse tout spécialement aux principaux dâIsraël: les sacrificateurs, la maison du roi. Ceux qui auraient dû donner lâexemple ont été en piège au peuple (v. 1). Et le résultat est catastrophique: «Ils se sont enfoncés dans la corruption de lâapostasie» (v. 2). Au Osée 4:15, lâÃternel avait conjuré Juda de ne pas imiter Ãphraïm. En vain! Sitôt après avoir annoncé la chute de ce dernier, le v. 5 ajoute: Juda aussi tombera avec eux. Quelle inconséquence et quel orgueil chez ces malheureux Israélites (v. 5)! «Leurs méfaits ne leur permettent pas de retourner à leur Dieu» (v. 4). Pourtant, comme si de rien nâétait, ils sâapprochent de lâÃternel avec des sacrifices. Et ils ne le trouvent pas (v. 6), car câest outrager Dieu que de prétendre accomplir un service religieux sans être dâabord en règle avec Lui au sujet de ses péchés. Ãphraïm découvre sa maladie (v. 13). Mais, au lieu de sâadresser au grand Médecin en se reconnaissant coupable (v. 15), il se tourne vers lâAssyrie, le roi Jareb. Ainsi font beaucoup de personnes. Lorsque leur conscience les met mal à lâaise, plutôt que de sâhumilier devant Dieu, elles vont chercher une aide et une diversion dans un monde qui ne peut les guérir.
Osée vient dâénoncer ce que Dieu attend pour guérir Israël: «quâils se reconnaissent coupables» (Osée 5:15). Nâest-il pas touchant de voir le prophète, aussitôt après, prendre en quelque sorte le peuple par la main et lui dire: «Venez, retournons à lâÃternelâ¦Â» ? Celui qui a frappé bandera nos plaies. Un berger expliquait comment il lui avait fallu briser lui-même une patte à une brebis indocile, pour la rendre dépendante de lui et se lâattacher par ses soins. Le v. 4 reprend le portrait de lâétat moral du peuple⦠et malheureusement celui de beaucoup de chrétiens. Combien ont eu une conversion pleine de promesses, auxquels ce reproche pourrait être adressé maintenant: «Votre piété est comme⦠la rosée qui sâen va de bonne heure» (v. 4; Apoc. 2:4). Oh, que malgré les contacts desséchants avec ce monde, le Seigneur entretienne dans nos cÅurs la fraîcheur de nos affections pour Lui! Ãphraïm et Juda apportaient en vain des bêtes pour les sacrifices (ch. 5:6). LâÃternel leur répond: «Jâai aimé la bonté et non le sacrifice», (v. 6 que le Seigneur cite à deux reprises aux pharisiens: Matt. 9:13; 12:7). Lâamour pour Christ et lâamour du prochain qui en découle est le seul mobile que Dieu reconnaisse à quelque service que ce soit (1 Cor. 13:1-3).
«Jâai voulu guérir Israëlâ¦Â» (v. 1). «Et moi je voulais les racheter» (v. 13). Telle est aussi la pensée du Seigneur envers vous, ami encore inconverti. Mais il faut que votre désir réponde au sien (Jean 5:6). Plus tard Jésus dira de même à Jérusalem: «Jâai voulu rassembler tes enfants⦠et vous ne lâavez pas voulu» (Luc 13:34).
Nous avons déjà considéré lâétat moral déplorable dâIsraël sous les traits dâune femme adultère (Osée 2) et dâune génisse rétive (Osée 4:16). Il est ici comparé successivement à une masse de pain levé (v. 4), à un gâteau qui nâa pas été retourné (v. 8), à une colombe niaise (v. 11), à un arc trompeur (v. 16). LâÃternel, sur un ton ironique, stigmatise à la fois son orgueil et son manque dâintelligence. Se mêler avec les étrangers a eu pour effet de consumer la force dâÃphraïm. Les «cheveux gris» (v. 9) sont le signe que lâénergie baisse⦠«Et il ne le sait pas». Sachons-le bien pour ce qui nous concerne: fraterniser avec le monde, sous quelque forme que ce soit, fait perdre au chrétien sa communion avec le Seigneur et lui retire donc, sans quâil en ait conscience, toute énergie spirituelle. Lâexemple de Samson le confirme de la manière la plus solennelle (lire Juges 16:19, 20).
Annoncés par la trompette, les jugements fondront sur le peuple coupable (comp. Matt. 24:28 et 31; Apoc. 8:6â¦). Celui-ci aura beau protester: «Mon Dieu, nous te connaissons, nous, Israëlâ¦Â» (v. 2), il sâattirera cette réponse implacable: «Je vous dis: je ne vous connais pas» (Luc 13:27). Matt. 7:21 cite ces faux chrétiens qui sâécrient: «Seigneur, Seigneur!» sans sâêtre jamais souciés de la volonté divine. Ainsi les v. 2-4 soulignent la contradiction entre lâexpression «mon Dieu» et lâesprit de complète indépendance manifesté par le peuple. Alors que jadis câétait Dieu qui désignait les rois et ordonnait tout ce qui concerne le culte, Israël avait lui-même choisi ses princes et jeté les bases dâune religion idolâtre (v. 4, 5, 11; 1 Rois 12:20, 28-33). Aujourdâhui dans la chrétienté, chacun croit pouvoir décider de quelle manière il rendra culte, et il existe dans les sectes et les églises de quoi satisfaire à toutes les façons de voir.
Les fils dâIsraël seront «comme un vase auquel on ne prend pas plaisir» (v. 8; Ãsaïe 30:14). «LâÃternel ne les a pas pour agréables» (v. 13). Puissions-nous être chacun «un vase à honneur, sanctifié, utile au maître, préparé pour toute bonne Åuvre»! Mais nâoublions pas les obligations de «quiconque prononce le nom du Seigneur» (2 Tim. 2:19-22).
Les événements historiques qui correspondent à ces prophéties sont racontés dans 2 Rois 15:8 - 17:18. Les derniers souverains dâIsraël avaient cru de bonne politique de sâappuyer alternativement sur lâÃgypte et sur lâAssyrie (v. 3; comp. Osée 7:11, 12 et 2 Rois 17:4). Ce fut précisément leur perte. De leur côté, les réchappés de Jérusalem et de Juda cherchèrent refuge en Ãgypte (à Noph ou Moph), plutôt que de demeurer «dans le pays de lâÃternel» comme les en conjurait Jérémie (v. 6; Jér. 42:10, 19). Hélas, ne leur ressemblons-nous pas? Que de fois, en présence dâune difficulté, nous recherchons de lâaide auprès des hommes plutôt quâauprès du Seigneur (Ps. 60:11). Ãphraïm devait être privé de fils, demeurer stérile et sans fruit pour Dieu, comme le figuier que le Seigneur a maudit (v. 16; Marc 11:12-14). Cette prophétie sâest accomplie par la dispersion actuelle des dix tribus jusquâà leur rétablissement pour le règne de mille ans. Quant aux Juifs proprement dits (Juda et Benjamin), leur sort depuis le rejet du Messie est dâêtre «errants parmi les nations» (v. 17; Deut. 28:64, 65). Nâayant pas connu le temps de leur «visitation» en grâce (Luc 19:44 fin), ils devaient être visités par le jugement (v. 7).
«Leur pain est pour eux-mêmes», constatait le Osée 9:4. «Israël⦠porte du fruit pour lui-même», reprend notre v. 1. Câest lâoccasion de nous demander à quel usage nous faisons servir ce que le Seigneur a pu nous confier: forces, intelligence, mémoire, loisirs, biens matérielsâ¦? à son service, ou bien à la satisfaction de nos convoitises?
Sur un ton sarcastique, les v. 5-8 commentent la disparition du veau dâor de Béthel, lâémoi des sacrificateurs idolâtres et celui du peuple, puis la destruction de Samarie et la fin de son dernier roi, qui porte lui aussi le nom dâOsée. Mais nous y trouvons en outre une allusion à la détresse dâIsraël traversant la tribulation finale sans précédent. Le Seigneur allant à la croix citera la fin du v. 8 aux filles de Jérusalem (Luc 23:30). «Des jours viennentâ¦Â». «Ah! Nâétait-il pas temps encore de semer en justice pour moissonner selon la piété, de défricher un terrain neuf, de recommencer une vie, produit dâune nouvelle naissance?â¦Â» (H.R.). Ce v. 12 sâadresse solennellement à tous ceux qui remettent à plus tard la question de leur salut: «Câest le temps pour chercher lâÃternel». Demain peut-être, vous ne le trouverez plus (lire Ãsaïe 55:6, 7).
Le v. 1 est cité en Matt. 2:15 à lâoccasion du voyage en Ãgypte du petit enfant Jésus. Israël ayant entièrement manqué, Dieu lui substitue son Fils (comp. Ãsaïe 49:3). Lui recommencera lâhistoire du peuple et, cette fois, entièrement à la gloire de Dieu.
Après avoir ainsi désigné mystérieusement Celui qui accomplira ses pensées de grâce et de salut, Dieu peut librement laisser parler son cÅur. Le châtiment quâIl a été obligé dâexercer a été encore plus douloureux pour Lui-même que pour le peuple. Ses compassions de Père se sont émues envers lâenfant rebelle. Il rappelle comment Il avait enseigné à Ãphraïm à marcher, le prenant dans ses bras, lui donnant «doucement à manger» (Osée 2:8). Il lâavait délivré de son esclavage et lié à Lui-même, mais par des liens dâamour. Quâil est triste de voir Ãphraïm inconscient à la fois de sa ruine morale (Osée 7:9) et des soins de lâamour divin. «Ils ne savaient pas que je les guérissais» (v. 3).
Ami qui, peut-être, depuis plus ou moins longtemps vous êtes éloigné du Seigneur, sachez que depuis ce même temps Il sâoccupe à vous restaurer. Sa miséricorde répond à votre misère. Ne vous touche-t-elle pas? Laissez-vous attirer, ramener, par les cordes de Son amour.
Ãphraïm est dans les mêmes dispositions que plus tard lâassemblée de Laodicée. Il prononce la même parole satisfaite: «Je me suis enrichiâ¦Â» (v. 9; Apoc. 3:17). Mais ce nâest pas à la prospérité extérieure que Dieu regarde. Moralement ce peuple est malheureux, misérable, pauvre, aveugle et nu, comme lâest maintenant pour Dieu la chrétienté professante. Par son mensonge, sa fraude, sa mondanité et sa confiance en lâhomme, Ãphraïm a tout fait pour provoquer la colère de lâÃternel qui lui rendra ses mépris (v. 15; Deut. 28:37). Toutefois pour montrer que la voie de la repentance est encore ouverte, Dieu se sert de lâhistoire de Jacob, qui fut un rusé calculateur, le supplanteur de son frère. Mais le patriarche avait un jour rencontré Dieu à Peniel, lutté avec Lui et triomphé, non «par sa force» mais par ses larmes et ses supplications. Plus tard à Béthel, après avoir purifié sa maison, il avait appris à Le connaître par son nom de Dieu Tout-puissant (Gen. 32:24â¦; Gen. 35). Crier au Seigneur, sâhumilier, ôter les dieux étrangers, câest ce quâa fait Jacob et ce que nâa pas fait Ãphraïm. Câest ce que nous ne devrions pas manquer de faire, prenant sur nous le v. 7: «Toi, retourne à ton Dieu, garde la piété et le jugement, et attends-toi à ton Dieu, continuellement» (comp. Ãsaïe 31:6).
«Rien de plus touchant dans la bouche de Dieu que ce mélange de reproches, de tendresse, dâappels à revenir à des moments plus heureux. Mais tout a été en vain; Dieu a dû juger et avoir recours à sa grâce souveraine, qui amènera Israël à la repentance et à Lui» (J.N.D.). «Il nây a pas de Sauveur hors moi», dit lâÃternel. Ãphraïm devra sâen convaincre après avoir vainement attendu sa délivrance de ses rois et de ses juges (v. 10). «Il nây a de salut en aucun autre», confirme Actes 4:12, en parlant du nom de Jésus.
Dieu a connu son peuple dans le désert. Israël marchait alors après Lui dans un pays non semé (v. 5; Jér. 2:2). Tant quâil nâavait, comme a dit quelquâun, que Dieu et le sable, il lui fallait bien compter pas après pas sur lâÃternel. Tandis que la prospérité avec le rassasiement contribuèrent plus tard à son éloignement coupable (v. 6; Deut. 32:15, 18). Il en est souvent ainsi hélas! dans la vie du chrétien. Dès quâil pense ne plus avoir à compter sur le Seigneur pour ses besoins de chaque jour, il est en danger de sâenorgueillir et dâoublier le Dieu dont il dépend.
1 Cor. 15:55 fait écho au cri de victoire du v. 14. à partir de la promesse touchant la délivrance finale dâIsraël, lâEsprit élève nos regards vers la résurrection et sur Celui qui vainquit la mort.
En conclusion du long débat de lâÃternel avec son peuple, un merveilleux dialogue sâengage. LâEsprit dicte à Israël les paroles de la repentance: v. 2 et 3. Dieu, qui est attentif au premier mouvement de retour (comp. Luc 15:20), promet aussitôt: «Je guérirai leur abandon de moi» (v. 4). Abandonner le Seigneur est en effet la plus grave des maladies: elle atteint lââme. «Je les aimerai librement», ajoute lâÃternel. Ses affections pourront alors sâexprimer sans obstacle par les plus riches bénédictions (v. 5-7). Et comment y répondra Ãphraïm? En répudiant toute relation avec les idoles (v. 8). Lâamour de son Dieu lui suffira dorénavant.
En est-il ainsi de Jésus pour nous? Comme dit un cantique, «sâIl veut que notre cÅur lâaime, â Sans partage ni détour, â Câest quâIl est dâabord lui-même, â Immuable en son amour». Et si nous demeurons dans son amour, Il se plaira à produire du fruit par notre moyen (v. 8 fin; Jean 15:8-10).
Ainsi se termine cette prophétie dâOsée dont le nom même était une promesse puisquâil signifie délivrance. Si nous avons pu nous reconnaître plus dâune fois sous les traits dâÃphraïm, prenons pour nous les avertissements solennels quâil reçoit. «Qui est sage?â¦Â». Nâest-ce pas celui qui, en tout temps, comprend les pensées de Dieu et qui marche dans ses voies (v. 9)?
Le jour de lâÃternel (ou du Seigneur) est le titre que pourrait porter la prophétie de Joël. Il ne sâagit évidemment pas dâune journée de 24 heures, mais dâune période encore à venir où la volonté de Dieu sera accomplie sur la terre comme elle lâest dans les cieux (Matt. 6:10). Depuis la chute de lâhomme, celui-ci, mené par ses passions, nâa cessé de faire ce qui lui plaît. On peut donc dire que nous vivons au jour de lâhomme. Câest pourquoi, lorsque le Seigneur interviendra pour imposer Sa volonté, il faudra que ce soit dâabord par des coups qui feront enfin céder lâorgueil humain. Moralement dans chacune de nos vies, le jour du Seigneur se lève au moment où nous reconnaissons Sa pleine autorité sur nous.
à la différence dâOsée, prophète dâIsraël, Joël sâadresse à Juda. Il saisit lâoccasion dâune série de calamités, à savoir le ravage successif du pays par différentes sortes de sauterelles. Peu de spectacles sont aussi impressionnants quâune invasion de criquets migrateurs en Orient. Imaginons cette armée prodigieuse de milliards dâinsectes sâabattant sur une contrée fertile et la réduisant subitement en désert.
De ce désastre arrivé de son temps, Joël passe à un fléau encore futur: lâinvasion de lâAssyrien.
Cette nuée dâassaillants farouches, lâÃternel lâappelle son armée (v. 11, 25), bien quâelle ait à sa tête lâimpie et lâorgueilleux Assyrien, car ce dernier nâest que lâexécuteur de sa Parole, la «verge de sa colère» (Ãsaïe 10:5). Quand nous passons par la discipline, ne perdons jamais de vue la Main fidèle qui nous la dispense. Cet échec, ce souci, cet accident, vient du Seigneur. Et ne ressemblons pas à lâenfant qui, naïvement, croit sâépargner la correction en cachant la baguette dont il sâattend à être frappé. On se le représente, cet assaut gigantesque, «tel quâil nây en eut jamais». Il déborde comme une marée irrésistible par-dessus les murailles et jusque dans les maisons. La même invasion est appelée ailleurs «le fléau qui inonde» (Ãsaïe 28:15). Ah, cette vision de cauchemar nâest-elle pas placée dâavance devant le peuple comme un appel à sa conscience? «Encore maintenant» il est temps pour lui â il est temps pour tous â de revenir à Dieu de tout son cÅur «avec pleurs et avec deuil⦠car Il est plein de grâce et miséricordieuxâ¦Â» (v. 12 et 13; lire Jac. 5:11). «Sonnez de la trompette en Sion», répète le prophète (v. 1 et 15; voir Nomb. 10:9); câest lâimage de la prière instante de la foi! Ainsi à lâheure du danger lâÃternel se souviendra des siens.
«Revenez à lâÃternel â invitait le v. 13. â Qui sait? Il reviendra⦠et laissera après lui une bénédiction». Qui sait? Pour notre part, nous savons bien que Dieu ne reste jamais insensible aux larmes et aux supplications des siens. Ãmu de pitié, Il multiplie aussitôt ses promesses: destruction définitive des ennemis du peuple; abondance de biens matériels compensant et très au-delà , les pertes subies (v. 25). Et la plus précieuse de ces bénédictions quâIl «laisse après lui» : son Esprit, répandu généreusement sur les enfants dâIsraël en témoignage au monde entier (v. 28). Ce temps est encore à venir, car Israël nâest nullement prêt à recevoir ce don. Mais Pierre, le jour de la Pentecôte, sâappuie déjà sur ce passage pour expliquer aux Juifs ce qui vient de se passer (Actes 2:17).
«Quiconque invoquera le nom de lâÃternel sera sauvé», affirme le v. 32 cité en Actes 2:21 et Rom. 10:13. Invoquer câest appeler par la prière, se réclamer de ce nom, celui de Jésus, le seul par lequel il nous faille être sauvés. Au milieu de la pire détresse, Dieu sauvera â et sauve maintenant â quiconque se tourne vers Lui. «Repentez-vous⦠et vous recevrez le don du Saint-Esprit». Promesse valable aujourdâhui, valable pour vous!
Le rétablissement de Juda et de Jérusalem sâaccompagnera du jugement des nations. Celles-ci feront alors une découverte tragique: En dispersant Israël, en se partageant son pays (v. 2 fin), elles se seront attaquées à Dieu Lui-même. «Que me voulez-vous?» est la question terrible qui tombe du ciel (v. 4). Saul de Tarse apprit lui aussi quâen pourchassant les chrétiens il persécutait Jésus (Actes 9:4, 5).
Par un complet renversement de situation, ces nations connaîtront le sort quâelles ont fait subir au peuple de Dieu. Leur «récompense» retombera sur leur propre tête, ce qui est un principe immuable du gouvernement de Dieu (voir Gen. 9:6; Juges1:7 etc.). Totalement aveuglées, ces nations auront elles-mêmes forgé leur ruine en même temps que leurs armes. Alors le Juge souverain les convoquera sur le lieu même de leur désastre (v. 9-12). «Multitudes, dans la vallée de jugement!» (v. 14). Cette «vendange» sinistre constituera le dernier acte introduisant le jour de lâÃternel (Apoc. 14:18-20). Dorénavant la grâce pourra couler à pleins bords pour un peuple purifié (v. 21). Et parce quâil sera purifié, faveur suprême, Dieu Lui-même fera sa demeure au milieu dâeux.
Pour nier lâinspiration de la Bible, les incrédules font valoir le nombre et la diversité des hommes qui lâont écrite. Mais câest précisément ce qui la confirme. La parfaite concordance des témoignages de 40 écrivains, sâétendant sur 1500 ans, est un incontestable miracle. Pour préparer lâexécution dâun ouvrage dâart, un constructeur se servira de plusieurs ingénieurs, dessinateurs, techniciensâ¦, chacun y apportant ses aptitudes et ses soins. Il nâempêche que lâÅuvre aura été conçue par lui, conduite selon son plan; elle portera son nom. Les serviteurs dont Dieu sâest servi pour rédiger sa Parole sont différents. Daniel était prince, Jérémie et Ãzéchiel sacrificateurs, Amos, lui est un simple berger (v. 1). Mais lâappel divin lâa placé parmi les «saints hommes de Dieu» qui «ont parlé, étant poussés par lâEsprit Saint» (Amos 7:14, 15; 2 Pierre 1:21). Son livre ne peut donc que confirmer lâharmonie parfaite entre toutes les parties des Ãcritures. Amos commence où sâachevait la prophétie de Joël (comp. v. 2 et Joël 3:16). Ce dernier a parlé des nations dans leur ensemble. Amos nomme successivement la Syrie, la Philistie, Tyr, Ãdom, Ammon (et Moab au Amos 2) pour déclarer que chacun de ces peuples a largement comblé la mesure de ses péchés.
Avec Moab, la liste des transgresseurs nâest pas close. Juda et Israël ont leur place parmi les peuples coupables! Et même le péché dâIsraël surpasse celui de tous ses voisins. Ces derniers nâavaient exercé leur méchanceté que contre leurs ennemis, tandis quâen Israël les forts avaient écrasé les faibles, souillé les nazaréens, fermé la bouche aux prophètes (v. 12). «Ils ont vendu le juste pour de lâargent et le pauvre pour une paire de sandales» (v. 6 et Amos 8:6); ils ont foulé aux pieds le pauvre, opprimé le juste et fait fléchir le droit des pauvres (Amos 5:11, 12). Nous pensons au Seigneur Jésus, si souvent désigné comme «le Juste» (par ex. Actes 22:14), ou «le Pauvre» (Ps. 40:17; Ps. 41:1). Il nâa cessé dâêtre opprimé, affligé, avant dâêtre trahi, vendu et finalement mis-mort (Jac. 2:6 et Jac. 5:6). Comme pour souligner encore les crimes de son peuple, lâÃternel rappelle ses merveilles de jadis à leur égard. Il a anéanti ses ennemis formidables (v. 9); Il lâa libéré de lâÃgypte et conduit à travers le désert (v. 10). Actes de puissance et dâamour qui évoquent son Åuvre de salut en faveur de tous les hommes! Cette Åuvre rencontre de leur part la même affreuse ingratitude. Quelle réponse as-tu donnée à lâamour du Sauveur?
Israël était une famille que Dieu sâétait choisie dâentre toutes les familles de la terre. Câest pourquoiâ¦, enchaîne lâÃternel, pour montrer que ce choix entraînait les plus strictes obligations. Disons-le encore une fois: plus étroite la relation, plus grande la responsabilité (lire Matt. 11:20-24). Une même faute sera ressentie différemment selon quâelle a été commise par un étranger, par un serviteur, ou par un fils.
Dieu sâapprête à visiter son peuple par le jugement. Toutefois, rien ne se fera sans avertissement. Le rugissement du lion est pour un troupeau le plus efficace des signaux dâalarme. Amos, le berger de Thekoa, le sait bien et il cherche à arracher le peuple à son inconscience. «Faites-le entendre⦠Ãcoutezâ¦Â», sâécrie-t-il. Mais Dieu va employer aussi une autre voix pour secouer Israël de sa torpeur et de son endurcissement. Toute la prophétie dâAmos est remplie dâallusions à un tremblement de terre qui allait survenir deux ans plus tard (Amos 1:1 fin; Amos 2:13-16; Amos 3:14, 15; Amos 6:11; Amos 9:1, 11 etc.).
Nous qui, par grâce, faisons partie de la famille céleste de Dieu, prêtons lâoreille à toutes les façons dont notre Père nous avertit.
Autrefois quand lâÃternel envoyait ses plaies sur lâÃgypte, Il mettait Israël à lâabri (Ex. 8:22; Ex. 9:6, 7, 26; Ex. 10:23; Ex. 12:12, 13). Quel «renversement» aussi dans le sens moral (v. 11)!: Le voilà contraint de frapper son propre peuple «à la façon de lâÃgypte» (v. 10). Famine, sécheresse, parasites, épidémies, tremblement de terre: cinq calamités se succèdent dans le but de parler à la conscience de cette nation rebelle. Hélas! Le triste refrain se répète cinq fois: «et vous nâêtes pas revenus à moi, dit lâÃternel» (v. 6, 8, 9, 10, 11)! Ne jetons pas la pierre! Envers nous le Seigneur nâuse-t-Il pas de la même patience? SâIl emploie souvent des moyens qui nous sont pénibles, câest toujours en nous épargnant «comme un tison sauvé dâun incendie» (comp. Zach. 3:2). Sommes-nous revenus-Lui? Eh bien, tôt ou tard il faut rencontrer Dieu! Si ce nâest pas maintenant en grâce, en allant au Seigneur avec un cÅur repentant, câest Lui qui visitera le pécheur en jugement (Luc 12:58, 59). «Prépare-toi⦠à rencontrer ton Dieu».
Quelle est pour tout homme aujourdâhui la seule façon de préparer cette rencontre solennelle? Confesser ses péchés et accepter le pardon que Jésus accorde gratuitement. Chacun de nous lâa-t-il fait?
«Venez à Béthel et péchez! â invitait ironiquement Amos 4:4 â à Guilgal, multipliez la transgression!â¦Â». Mais maintenant, Dieu supplie: «Ne cherchez pas Béthel et nâallez pas à Guilgal!â¦Â» ; «cherchez-moi et vous vivrezâ¦, cherchez lâÃternel et vous vivrez» (v. 4-6).
Pour vivre, lâhomme nâa que faire dâune religion; il lui faut un Sauveur. Or Jésus est le chemin, la vérité, la vie; nul ne vient au Père que par Lui (Jean 14:6). Reconnaissons la grandeur de Celui qui a fait et qui soutient les mondes (Héb. 1:2, 3). Les Pléïades, Orion, ces constellations, quand nous les découvrons dans la nuit claire, confondent notre intelligence. Vainement nous nous efforçons dâapprécier leur fantastique éloignement. Mais le Fils de Dieu a accompli une Åuvre autrement merveilleuse. Lâombre menaçante de la mort éternelle qui nous enveloppait déjà , Il lâa changée en matin, engloutie en victoire dans sa résurrection (v. 8). Certes, les ténèbres règnent toujours dans le monde. Lâoppression et lâinjustice sont choses courantes. Mais le chrétien nâest pas accablé; même en «un temps mauvais», il sait où trouver son Sauveur. «Cherchez-le, lui» (v. 8), tel devrait être notre mot dâordre chaque fois que nous ouvrons notre Bible (Ps. 27:8).
Le bien sâidentifie avec Dieu (Ps. 4:6). «Recherchez-le bien⦠afin que vous viviez» (v. 14), correspond à : «Cherchez lâÃternel et vous vivrez» (v. 6). Toutefois pour rechercher le bien, il faut lâaimer, de même quâon fuira le mal dans la mesure où on lâaura en horreur (v. 15; Rom. 12:9). Mais, dira-t-on, il nâest pas toujours facile de distinguer le bien du mal. Sans doute, et la morale humaine ne nous y aidera guère, elle qui ne peut que comparer lâhomme à lâhomme. Le seul guide sûr est la Parole de notre Dieu.
Comme ces multitudes chrétiennes qui répètent: «Que ton règne vienne», et appellent ainsi le jour de leur jugement, certains désiraient le jour de lâÃternel,⦠sans se rendre compte quâil signifierait leur malheur. Et ils multipliaient les formes religieuses: fêtes, offrandes, assemblées solennelles, sâimaginant cacher ainsi à Dieu leur véritable état! «Ãte de devant moi le bruit de tes cantiques», répond sévèrement le Seigneur⦠Hélas, que de cantiques et de prières qui ne sont pour Dieu quâun vain bruit! Ce quâIl réclame, ne lâoublions pas, câest la réalité dans le cÅur (Ps. 51:6).
Ãtienne citera les v. 25-27 aux principaux des Juifs pour leur faire prendre conscience de lâancienneté et de la gravité de leur péché (Actes 7:42, 43).
Précédemment déjà , lâÃternel avait mis le doigt sur la dureté de cÅur, la hauteur, lâégoïsme et lâamour des aises de son peuple égaré (Amos 2:6; Amos 4:1; Amos 5:11; comp. 1 Cor. 10:24; 1 Jean 3:17). Leur intelligence sâexerçait en vue de leur propre agrément (v. 5). Ãtat de choses qui parle aussi à notre conscience! Nâest-il pas malhonnête dâemployer à notre usage ce que le Seigneur nous a confié pour son service? Sans compter que le chemin de nos convoitises nous conduit, spirituellement parlant, à la servitude de lâEnnemi (comp. v. 7). Enfin, ce qui va de pair avec la prospérité matérielle et les goûts raffinés: «vous ne vous affligez pas de la brèche de Joseph» (v. 6). Les contemporains dâAmos ne souffraient plus de la division dâIsraël en deux royaumes. Et aujourdâhui la même cause, à savoir la poursuite assidue de nos aises et de nos intérêts, produit le même effet: une indifférence coupable quant à lâétat de ruine de lâÃglise et à la division des chrétiens entre eux.
Le v. 8 affirme lâhorreur de Dieu pour lâorgueil, racine de tout péché. Que le Seigneur nous apprenne à le juger en nous, dans ses manifestations les plus grossières comme les plus subtiles! Souvenons-nous quâIl résiste aux orgueilleux, mais quâIl donne la grâce aux humbles (Jac. 4:6).
Au ch. 3:7 lâÃternel avait promis de ne rien faire sans dâabord révéler son secret à ses serviteurs les prophètes. Il informe donc Amos de ses intentions, et à cette marque de confiance, le prophète répond, comme Abraham autrefois (Gen. 18:17 et 23), par lâintercession persévérante. Il parle avec la liberté de celui qui connaît intimement son Dieu: Ton châtiment nâest-il pas trop sévère? Nâoublie pas que Jacob est petit (Dieu Lui-même lâappelle un vermisseau en Ãsaïe 41:14). Juste le contraire de la vanterie du pauvre peuple qui prétendait: «avec notre force, ne nous sommes-nous pas acquis de la puissance?» (Amos 6:13).
Eh bien, câest après avoir plaidé pour son peuple de façon si touchante, quâAmos est traité de conspirateur par un des chefs religieux! Combien il ressemble à Jésus, que les sacrificateurs accusaient devant Pilate: «Nous avons trouvé cet homme pervertissant notre nationâ¦Â» (Luc 23:2).
Loin de sâirriter ou de revendiquer lâhonneur dû à un prophète, Amos reconnaît volontiers son humble origine. Son autorité ne procède ni de sa naissance, ni de son éducation, mais exclusivement dâun appel divin (comp. Gal. 1:1). Puis il déclare au sacrificateur impie ce qui lâattend de la part de lâÃternel.
La vision du panier de fruits (v. 1) doit faire comprendre à Amos quâIsraël est mûr pour le jugement. à la différence de la nuit de la Pâque, le destructeur ne passera plus par-dessus le peuple en lâépargnant (v. 2) et «ce sera comme le deuil dâun fils unique» (v. 10). Le vain bruit des cantiques (Amos 5:23) se changera en hurlements, les chansons en lamentations (v. 3, 10). Silence! conclut le v. 3, comme pour mettre un terme à cet inutile vacarme. Devant le Seigneur, toute bouche est désormais fermée. Et la fin du chapitre nous parle du silence de Dieu qui est le pire des châtiments! Peu de passages sont aussi effrayants que les v. 11 et 12. De la Parole divine, longtemps méprisée, les hommes comprendront la valeur au moment où ils ne lâentendront plus. Alors «ils erreront dâune mer à lâautre⦠ils courront çà et là » dans une inexprimable détresse. Et ils ne la trouveront pas (comp. 1 Sam. 28:6, 15)! Chers amis, mesurons notre privilège, la Parole de Dieu est aujourdâhui encore à votre portée, «près de toi â dit lâapôtre â dans ta bouche et dans ton cÅur» (Rom. 10:8). En aucun temps, la Bible nâa été aussi largement diffusée. Ce qui manque, câest plutôt la faim et la soif de lââme pour sâen approprier les promesses et les instructions. Que Dieu les éveille en chacun de nous!
«On ne se moque pas de Dieu; car ce quâun homme sème, cela aussi il le moissonnera» (Gal. 6:7). Les précédents chapitres nous ont montré ce quâIsraël avait semé, de sorte que la sinistre récolte ne doit pas nous surprendre. La dernière vision dâAmos est de loin la plus terrible. Il aperçoit le Seigneur Lui-même, debout sur lâautel, ordonnant le massacre final. Nul nâéchappera. La fuite éperdue des coupables nous rappelle le Ps. 139 (comp. v. 2 et Ps. 139:8). Mais ce psaume raconte essentiellement lâexpérience dâun croyant fuyant la lumière. Ici au contraire, il sâagit de pécheurs pourchassés en vue du jugement. Toutefois ce dernier nâest pas la conclusion du livre. à partir du v. 8, la grâce apparaît. Du crible dans lequel le peuple a passé, toute la balle a été chassée, mais aucun grain ne sâest perdu (v. 9). Au moment voulu, Dieu montrera quâIl a gardé ses élus. Les v. 11-15 décrivent le rétablissement et la bénédiction finale. Alors toutes choses seront assujetties à Christ.
Rachetés du Seigneur, nous ne le rencontrerons pas comme le Justicier debout sur lâautel, selon la vision dâAmos. Nous le verrons couronné de gloire et dâhonneur, assis à la droite de Dieu (Héb. 2:8, 9). Et déjà , par la foi, nous le contemplons ainsi.
La courte prophétie dâAbdias est tout entière consacrée à Ãdom. Ce peuple était lâadversaire le plus acharné dâIsraël tout en étant son plus proche parent. Ne descendait-il pas dâÃsaü, frère jumeau de Jacob? Or ce lien de parenté aurait dû parler à la conscience dâÃdom. LâÃternel le lui rappelle: câest à son frère quâil a fait violence (v. 10).
Dans son repaire rocheux de la montagne de Séhir, Ãdom vivait de brigandage. Se croyant à lâabri de toutes représailles, rien nâégalait son arrogance. «Je te ferai descendre de là , dit lâÃternel» (v. 4). Tôt ou tard lâorgueil humain se heurte à un veto du Tout-puissant, dans un effondrement spectaculaire (2 Cor. 10:4, 5). Réveil brutal de ce vieux rêve de tout temps caressé par lâhomme: atteindre jusquâau ciel (Babel: Gen. 11:4) et ainsi se faire égal à Dieu (Phil. 2:6). Sous sa forme moderne, ce sont ses efforts colossaux pour explorer le cosmos, et «faire son nid parmi les étoiles». «Je te ferai descendre de là », répond le Seigneur.
Chers amis, ne nous laissons pas éblouir par la grandeur humaine ni par les succès de la science et de la technique. Nâoublions pas que ce monde est jugé et que Dieu lui demandera compte de la place quâil a donnée sur la croix au Seigneur Jésus.
«Tu nâaurais pas dû⦠et tu nâaurais pas dû⦠et tu nâaurais pas dûâ¦Â». Par sept fois, la voix du Juge divin formule des accusations de plus en plus graves. Il ne sâagit dâabord que de regards coupables, dâune joie mauvaise assouvie par la souffrance et le désastre dâautrui. Les mêmes regards éhontés, cyniques se sont posés sur Jésus crucifié. «Ils me contemplent, ils me regardent» (Ps. 22:17). Mais la malice dâÃdom (et celle des ennemis de Jésus) sâest aussi traduite en paroles et en actes. «Ils ouvrent la bouche, ils hochent la tête» (Ps. 22:7); comp. fin du v. 12. Y a-t-il pire lâcheté que dâinsulter quelquâun qui est dans le malheur? Poussé par ses instincts pillards, Ãdom avait également profité de la calamité dâIsraël pour faire main basse sur ses richesses; il avait impitoyablement exterminé ses réchappés⦠Tous ces crimes ne resteront pas impunis. Le jour de lâÃternel amènera une revanche définitive et complète de «la montagne de Sion» sur «la montagne dâÃsaü». Alors quâun résidu des autres nations vivra heureux sous le sceptre du Messie, Ãdom sera effacé de la carte du règne millénaire. Disparition solennelle de cette race dâÃsaü, qui jadis avait méprisé la bénédiction.
à la différence des autres prophètes, Jonas nous enseigne moins par ses paroles que par son histoire saisissante. Il avait jadis annoncé le rétablissement de la frontière dâIsraël: la bonne nouvelle pour son peuple (2 Rois 14:25). Le voici maintenant chargé dâune mission beaucoup moins agréable: proclamer le châtiment de Ninive, la grande métropole païenne si coupable devant Dieu. Jonas se dérobe et sâenfuit «de devant la face de lâÃternel». Chemin de propre volonté; un serviteur de Dieu nâa à choisir ni son message ni son lieu de travail! Conduite insensée en même temps! Comment échapper à Celui qui voit tout et qui dispose des éléments pour arrêter le désobéissant (Luc 8:25)? Jonas, remarquons-le, ne cesse de descendre (v. 3, 5; Jonas 2:3, 7). Dâabord par un chemin plaisant (signification de Joppé), mais qui mène à la destruction (Tarsis). Et maintenant, descendu au fond du vaisseau, il dort pendant la tempête furieuse. Il faut que le maître dâéquipage lâarrache à son inconscience. Ãtre rappelé à lâordre par le monde, quoi de plus humiliant pour un enfant de Dieu?
Prophétiquement, ce récit nous montre Israël infidèle à sa mission, objet du châtiment de Dieu, jeté dans la mer des peuples pour le salut des nations (les matelots païens; Rom. 11:11-15).
Tout ce que lâÃternel envoie, prépare et commande concourt à son propos final (Jonas 1:4; Jonas 2:1, 11; Jonas 4:6, 7, 8). Câest vrai pour Jonas et Ninive, mais aussi pour le Seigneur Jésus Lui-même. Dans la prière douloureuse et fervente qui sâélève de ce lieu de mort, nous reconnaissons la voix du suprême Affligé (comp. v. 3 et Ps. 130:1; v. 4 et Ps. 42:7; v. 6, 7 et Ps. 69:1, 2â¦). Mais tandis que Jonas a connu lâangoisse comme conséquence de sa désobéissance, Christ, Lui, a traversé les eaux sombres de la mort à cause de notre désobéissance et pour notre salut. Sa détresse a été notre délivrance.
Ces trois jours dans les entrailles du gros poisson ont été les meilleurs de lâhistoire de Jonas. Ils nous apprennent aussi quâen toute circonstance nous pouvons invoquer le Seigneur Jésus. Notre prière est exaucée et Il nous en donne dâavance la pleine certitude. «Il mâa répondu», annonce le prophète encore dans le ventre du cétacé (v. 3).
Le v. 9 nous explique pourquoi nous jouissons souvent si peu de la grâce du Seigneur: nous détournons nos regards vers les vanités mensongères dont Satan se sert pour distraire et égarer les hommes de ce monde.
Mais le fait dâavoir été lâobjet de la grâce de Dieu va renforcer en Jonas lâégoïsme orgueilleux qui nous est naturel (A.G.).
Le «cri» de Jonas à travers Ninive est à proprement parler la seule prophétie que nous trouvions dans son livre. Et encore ne sâaccomplit-elle pas, car à sa prédication, les habitants de la cité méchante, le roi en tête, craignent Dieu, croient sa Parole, se repentent. Ces sentiments à leur tour montent jusquâau ciel (v. 10; Jonas 1:2). Dieu fait grâce (voir Jér. 18:7, 8). Et les hommes de Ninive seront cités en exemple par Jésus aux Juifs de son temps, alors quâils ont au milieu dâeux infiniment «plus que Jonas» (Matt. 12:40, 41). De fait, combien ces derniers étaient plus responsables que les Ninivites païens. Le Fils de Dieu Lui-même était là , venu non pour juger mais pour sauver le monde (Jean 12:47). Se reconnaître pécheur, accepter Jésus pour Sauveur, est le seul moyen dâéchapper à la condamnation éternelle. Lâannonce du jugement fait partie de lâévangile. «Il est réservé aux hommes de mourir une fois, â et après cela le jugement», avertit la sainte Ãcriture (Héb. 9:27). Ce «une fois» peut être dans un instant pour vous, lecteur inconverti. Savez-vous si vous disposerez même dâun sursis de 40 jours (Luc 12:20)? «Câest pourquoi, vous aussi, soyez prêts», dit encore le Seigneur Jésus (Matt. 24:44). Oui, maintenant, est le jour du salut.
Le pardon accordé à Ninive semblait contredire et désavouer la proclamation de Jonas. Il va passer pour un menteur, un faux prophète. Hélas, le sort de la ville pèse moins à ses yeux que sa propre réputation. Oubliant que lui-même vient dâêtre un objet de la grâce, il ne trouve aucune joie dans cette grâce, mais seulement dans son propre bien-être (fin v. 6).
Jonas nous rappelle Ãlie découragé sous son genêt (comp. v. 3 et 8 avec 1 Rois 19:4). Et comme lui nous sommes capables de nous irriter pour de très petites choses. Au moindre «kikajon», abri précaire que Dieu nous enlève, voilà une tempête dans notre esprit! Alors que la vie éternelle de multitudes dâêtres humains est en question autour de nous.
Au lieu de rester là à murmurer dans son poste dâobservation (v. 5), le prophète nâavait-il pas devant lui un service magnifique: celui de retourner dans Ninive épargnée, avec cette fois un message tout différent: y proclamer le nom de ce Dieu quâIl connaît comme faisant grâce, «miséricordieux⦠grand en bontéâ¦Â» et qui vient de le confirmer dâune manière si éclatante? Occasion exceptionnelle⦠occasion perdue! Ne manquons pas par égoïsme et dureté de cÅur celles que le Seigneur peut mettre aujourdâhui devant chacun de nous (2 Rois 7:9).
Michée est un contemporain dâÃsaïe, dâOsée, dâAmos. Il prophétise comme eux sous les règnes de Jotham, dâAchaz et dâÃzéchias. Lâhistoire lamentable dâAchaz, rapportée en 2 Rois 16, et celle des méchants rois dâIsraël, justifient amplement les fortes paroles que lâÃternel prononce ici en prenant la terre entière à témoin. Il revendique sa sainteté, proclamant par ses jugements quâIl nâa rien de commun avec les iniquités de Samarie et de Jérusalem.
à partir du v. 8, nous constatons combien Michée prend à cÅur la souffrance de son peuple. «Ne le racontez pas dans Gathâ¦Â», supplie-t-il (v. 10; 2 Sam. 1:18, 20). Cette citation du «chant de lâArc» rappelle que les ennemis du Seigneur, ici les Philistins, sont toujours prêts à se réjouir des manquements du peuple de Dieu, y trouvant une excuse facile à leurs propres péchés. Câest pourquoi, quand nous avons appris quelque chose de fâcheux au sujet dâun autre croyant, ne le racontons pas légèrement nous non plus. Il en résulterait du déshonneur pour lâAssemblée, donc pour le Nom du Seigneur.
Jusquâau v. 16, nous assistons à la marche triomphante de lâAssyrien, justicier de lâÃternel. Le nom de chacune des villes envahies prend à cette occasion une signification tragique.
2 Rois 21 nous raconte comment lâimpie Achab convoita lâhéritage de Naboth puis sâen empara par violence et abus de pouvoir (voir Michée 6:16). Contre ceux qui méditent le mal (lâiniquité; v. 1), lâÃternel médite le mal (le châtiment; v. 3). Mais en contraste, soulignons la question du v. 7: Mes paroles ne font-elles pas du bien à celui qui marche avec droiture? Pouvons-nous répondre par expérience: Oui Seigneur, tes paroles font du bien; elles sont la joie de mon cÅur (Jér. 15:16; Jean 6:68)?
«Ce nâest pas ici un lieu de repos», continue le prophète (v. 10). Et en effet le monde est si inquiet, si fiévreux que toute personne sincère doit en convenir: le vrai repos nâexiste pas sur la terre. Dieu nous en donne ici la raison: câest «à cause de la souillureâ¦Â». Pas plus que Jésus nâa eu de lieu où reposer sa tête dans un monde ruiné par le péché, ses rachetés ne peuvent se sentir à lâaise au milieu de ce qui déshonore Dieu.
Quant à vous, qui nâauriez pas encore fait lâexpérience que le monde ne peut pas donner la paix, sachez quâil existe un lieu de repos pour lââme fatiguée. Où le trouver? Près de Jésus. «Venez à moi⦠invite le Sauveur, et moi, je vous donnerai du reposâ¦Â» (Matt. 11:28).
Déjà le ch. 2 mentionnait les mauvais prophètes. Comment les distinguait-on? Ils cherchaient à faire taire les vrais serviteurs de Dieu tels que Michée et Ãsaïe. Ils adaptaient leurs discours aux convoitises du peuple pour gagner sa faveur (comp. Rom. 16:18). Ils flattaient les passions de leurs auditeurs (Michée 2:11) et endormaient les âmes dans une fausse confiance. Pour comble, outre la popularité, ils en retiraient encore de lâargent (v. 11). Ils étaient dâune voracité insatiable et leurs mensonges étaient vendus fort cher (v. 5; Ãsaïe 56:11; Jér. 6:13). Mais leur tâche était dâautant plus facile que le monde, dâune manière générale, pour couvrir ses mauvaises actions, ne demande quâà «sâamasser des docteurs selon ses propres convoitises» (2 Tim. 4:3). Voyez le roi Achab, déjà tristement cité hier: 400 prophètes le trompaient dans le sens de son désir: il les écoutait⦠tandis quâil jetait en prison un autre Michée, seul à lui dire la vérité (1 Rois 22; 2 Chr. 18).
Le serviteur de Dieu est «plein de puissance par lâEsprit de lâÃternel» (état qui devrait nous caractériser tous: v. 8; Ãph. 5:18). Il avertit les responsables du peuple: les chefs, les princes. Jér. 26:17-19 qui cite notre v. 12, nous apprend quel a été lâeffet salutaire de cette prophétie.
Quand lâincapacité de lâhomme a été démontrée, le moment est venu pour Dieu de se manifester. Ayant établi que ce nâétait «pas ici un lieu de repos», lâÃternel peut nous entretenir de son propre repos. Beaucoup dâefforts sont déployés aujourdâhui en faveur de la paix. Ils résultent dans le meilleur cas dâune illusion aussi naïve quâelle est généreuse â dans le pire, dâune confiance coupable dans lâhomme, â et toujours de lâignorance de la Parole de Dieu. Aussi ces efforts sont-ils finalement voués à lâéchec. Le monde jouira de la paix seulement lorsque Dieu la lui aura donnée. Et quand le fera-t-Il? Pas avant que Ses droits nâaient été reconnus. Mais alors quel changement! Toutes les idoles seront balayées. Lâadmiration pour les Åuvres de lâhomme fera place à la gloire rendue à Dieu. Tous les peuples, dâun seul mouvement, Lui rendront hommage, chercheront auprès de Lui la sagesse et la connaissance. Chrétiens, nous avons le privilège de le faire dès à présent. «Montons» à ce lieu où le Seigneur a promis sa présence. «Il nous instruira de ses voies», est-il ajouté. Quelle perte nous faisons si nous négligeons les réunions où la Parole est expliquée, méditée. Mais nâoublions pas ce qui doit en résulter: «et nous marcherons dans ses sentiers» (v. 2; Jac. 1:22).
Dieu vient de parler du rétablissement dâIsraël et des événements guerriers qui lâaccompagneront (Michée 4). Il nomme à présent Celui qui sera à la fois le dominateur et lâinstrument de la délivrance. En Christ, Dieu accomplira tous ses conseils. Celui «duquel les origines ont été⦠dès les jours dâéternité», devait naître à Bethléhem, petite bourgade de Juda (voir Matt. 2:3-6). Et Lui, le Juge dâIsraël, serait frappé par son propre peuple aveugle et criminel (v. 1; Ãsaïe 50:6). On comprend alors avec quels sentiments Dieu peut annoncer sa gloire à venir et déclarer: ⦠maintenant il sera grand⦠et lui sera la paix. Expressions douces également au cÅur de chaque racheté!
En même temps que du Seigneur Jésus, ce chapitre nous parle:
1º dâIsraël â la délivrance et la bénédiction du résidu sont liées à la majesté du nom de lâÃternel.
2º de lâAssyrien, lâennemi de la fin.
Ce dernier rencontrera pour sa perte le Berger de Jacob dont la charge nâest pas seulement de nourrir son troupeau (v. 4), mais de prendre sa défense. Enfin le mal sous toutes ses formes sera extirpé du pays (v. 10-15). La purification opérée par le roi Josias nous en donne une image (2 Chr. 34:3-7).
Un nouvel appel à écouter (Michée 1:2; Michée 3:1) ouvre la 3º division du livre. Ãcoutons bien nous aussi ce que dit, ce que réclame, le Dieu souverain auquel est due lâobéissance universelle. Se satisfait-Il de formes religieuses? En aucune manière! «Quâest-ce que lâÃternel recherche de ta part, sinon que tu fasses ce qui est droit, que tu aimes la bonté, et que tu marches humblement avec ton Dieu?» (v. 8). Ce programme nâa pas varié depuis les jours de Moïse (lire Deut. 10:12). Il est simple et nâa rien dâexaltant aux yeux des hommes! Pourtant il ne consiste en rien moins quâà marcher «dâune manière digne de Dieu». Lui est lumière: pratiquons la droiture; Il est amour: exerçons la bonté.
«En quoi tâai-je lassé? Réponds-moi!» interroge lâÃternel au v. 3 (comp. Ãsaïe 43:22). Poignante question! Depuis lâÃgypte, toutes les voies de Dieu à lâégard des siens nâont été que grâce. Quelque chose a-t-il manqué de Sa part envers eux comme envers nous? Non; il faut le reconnaître: la cause de notre relâchement est toujours en nous, jamais en Lui.
«Ãcoutez la vergeâ¦Â», recommande enfin lâÃternel au v. 9. Oui, cette verge parle; elle a une voix pour notre conscience. Sachons y faire attention! Le Seigneur ne veut que notre bonheur (Apoc. 3:19).
«Malheur à moi» sâécrie le prophète, qui réalise à la fois sa propre misère et celle de son peuple. En généralisant, nous pouvons voir ici lâexpérience amère que lâhomme fait de lui-même. Il découvre quâil nây a en lui ni ressource ni fruit (v. 1), quâil ne peut davantage sâappuyer sur les autorités ni sur les grands dâici-bas («le meilleur dâentre eux est comme une ronceâ¦Â» ; v. 4; Ps. 118:9); enfin que ses plus proches le décevront aussi sâil se repose sur eux. Expérience pénible mais expérience nécessaire! Lâavons-nous faite? Sommes-nous convaincus que Christ seul est digne de notre pleine confiance? «Il nâa pas de gens droits parmi les hommes» (v. 2). Mais ce que nous ne trouvons ni en nous ni dans les autres, nous le trouvons en Lui (v. 7).
Le Seigneur Jésus cite le v. 6 pour décrire les conséquences de sa venue (Matt. 10:34-36). Elle met chacun à lâépreuve, et vérifie que celui qui nâest pas avec Lui est contre Lui (Luc 11:23). De quel côté sommes-nous?
Ce livre sâachève sur les certitudes et les promesses de la grâce. «Tu jetteras tous leurs péchés dans les profondeurs de la mer» (v. 19). Quel bonheur de savoir nos péchés à jamais ensevelis! En vérité, Seigneur, «qui est un Dieu comme toi?» (v. 18).
Nahum paraît avoir été comme Jonas originaire de Galilée, Elkosh et Gath-Hépher (2 Rois 14:25) sây trouvaient lâune et lâautre. Preuve que les Juifs connaissaient mal leurs propres Ãcritures, quand ils affirmaient quâaucun prophète nâétait suscité de Galilée (Jean 7:52). Autre point commun avec Jonas: cette prophétie concerne Ninive. «La grande ville», jadis épargnée à cause de sa repentance, était retournée à sa méchanceté. LâÅuvre que Dieu avait faite dans le cÅur des parents ne sâétait pas renouvelée dans celui des enfants. Et maintenant, après plus dâun siècle de patience (au lieu de 40 jours) ce Dieu lent à la colère (v. 3; Jon. 4:2) confirme son jugement irrévocable. Quel contraste entre la manière dont lâÃternel, le même Dieu, se révèle à ses adversaires (v. 2â¦) et à ceux qui se confient en Lui (v. 7)! Chacun de ces derniers est connu personnellement de Lui. Cher lecteur, en faites-vous partie (2 Tim. 2:19)?
En citant le v. 15 (voir aussi Ãsaïe 52:7), Rom. 10:15 lâapplique à la bonne nouvelle par excellence, lâévangile de la grâce. Nous qui, aujourdâhui, nous déplaçons avec tant de facilité, avons-nous à cÅur de propager la vérité? Dâannoncer le salut et la paix? Considérons Jésus faisant à pied un long et fatigant voyage pour rencontrer la Samaritaine au puits de Sichar (Jean 4).
Ninive, capitale du royaume dâAssyrie, semble avoir été fondée par Nimrod le rebelle peu de temps après le déluge (Gen. 10:8-12). Animée du même esprit que ce «puissant chasseur devant lâÃternel», elle prenait son plaisir à faire la chasse aux nations comme à une proie (v. 11-13). Le livre de Dieu qui a consigné son orgueilleux commencement (le jour où elle exista; v. 8), nous fait assister maintenant à sa fin subite. Contre «celui qui brise», Ninive est ironiquement mise en demeure de se défendre (v. 1). Mais «si lâÃternel ne garde la ville, celui qui la garde veille en vain» (Ps. 127:1). On raconte quâau cours du siège, le fleuve Tigre dont les eaux jusque-là isolaient et protégeaient la cité sâenfla par une crue subite (v. 6 et 8) et emporta une partie des remparts. Par cette brèche sâintroduisirent les soldats implacables que nous voyons envahir les rues et les maisons pour le meurtre et le pillage (v. 3, 4, 8-10).
«La voix de tes messagers ne sâentendra plus», conclut le v. 13. Nous nous souvenons de ce Rab-Shaké, insolent porte-parole du roi dâAssyrie auprès dâÃzéchias (2 Rois 18:19â¦). Ses menaces ne sâaccomplirent jamais. Ainsi passera pour toujours le monde avec sa gloire, son arrogance, ses mépris et ses blasphèmes.
Alors que lâhistoire des hommes se complaît à décrire la grandeur assyrienne et demeure à peu près muette sur son effondrement, la Parole de Dieu consacre un livre à ce jour fatal. Répétons-le, la Bible nâest pas un manuel dâhistoire. Les événements nây sont rapportés quâen fonction de leur relation avec Israël et sous leur aspect moral. Pour les historiens, Ninive affaiblie est tombée sous les coups dâune coalition de ses vassaux. Pour Dieu, le malheur est venu sur elle parce quâelle était une ville de sang, toute pleine de fausseté, de violence et de rapine (v. 1). Récoltant ce quâelle a semé, elle va connaître le sort quâelle-même a fait subir à Thèbes un demi-siècle plus tôt (v. 8-10). «Qui la plaindra?» (v. 7). Il en sera ainsi de lâégoïsme du monde. Ceux qui ne sont pas directement frappés sâaccommodent facilement du désastre des autres. «Dâoù te chercherai-je des consolateurs?» ajoute Nahum, dont le nom signifie précisément consolateur. Mais câest le fidèle qui est consolé par la prophétie en apprenant que, malgré les apparences, Dieu gardera la haute main sur les événements du monde. Il fera travailler toutes choses à Sa propre gloire et au bien de ceux qui lâaiment (Rom. 8:28).
Ce livre qui nous rappelle celui de Jérémie se présente comme un dialogue entre le prophète et son Dieu. En présence de la marée montante du mal, Habakuk angoissé répand son cÅur devant lâÃternel. Jérusalem nâétait pas loin de tomber sous les coups de lâarmée chaldéenne. Une vision dâépouvante montre dâavance au prophète ces guerriers rudes et cruels, instruments de lâÃternel pour châtier les nations rebelles. Quelle stupéfaction saisira alors tous les pécheurs incrédules et insouciants (v. 5, cité en Actes 13:41)! Mais lâhomme de Dieu est bouleversé, lui aussi! Comment lâÃternel peut-il laisser libre cours à un tel déploiement dâiniquité (Ps. 83; Apoc. 10:7 appelle cette question le mystère de Dieu)? Comment peut-Il même en supporter la vue? «Mon Dieu, mon Saint», sâécrie le prophète conscient de ses relations avec Celui dont les yeux sont «trop purs pour voir le mal». Oui, quelle offense permanente pour Lui, que le spectacle de cette terre où la corruption et la violence sâétalent sans retenue! Les regards de Dieu, dans lâabsolu de leur pureté, nâont pu sâarrêter avec satisfaction que sur un seul Homme. Mais pour le même motif, ils se sont détournés de Lui quand Il fut fait péché pour nous.
En présence dâune épreuve, quelle quâelle soit, faisons comme Habakuk: montons sur cette «tour» (comp. Prov. 18:10) qui nous protège, nous tient à lâécart du tumulte et nous permet ainsi de tout considérer de haut, avec la perspective de Dieu Lui-même (Ãsaïe 55:8, 9).
Le serviteur de Dieu y reçoit la réponse à son anxiété: le juste, lui est-il dit, «vivra par sa foi». Voilà la clé de la situation présente. Autour de lui rien nâest changé: les ennemis sont toujours là et toutes les formes de lâiniquité continuent à se déployer. Mais la foi du juste peut sâappuyer sur les certitudes de la Parole de son Dieu. Ses questions anxieuses cessent. Il croit, il sait que cette même terre, aujourdâhui remplie de la vanité de lâhomme, sera bientôt «pleine de la connaissance de la gloire de lâÃternel» (v. 14; Ãsaïe 11:9). Il est enseigné sur le sort des méchants, bien que leur jugement soit encore suspendu (v. 6-20). Et voyez combien les actes des incrédules sont en contraste avec la justice et la vie de la foi â cette foi nécessaire tant pour être sauvé que pour traverser le monde. Ce v. 4 est cité trois fois dans les épîtres (Rom. 1:17; Gal. 3:11; Héb. 10:38). Il y prend une importance capitale pour établir que la foi est le seul moyen dâacquérir la justice et la vie éternelle.
LâÃternel a imposé silence aux voix de la terre (Hab. 2:20), mais le fidèle peut faire monter sa prière devant Lui. Il déclare ce quâil a vu (v. 3, 7â¦), ce quâil a entendu (v. 2, 16). La vision des ennemis chaldéens sâest effacée. à sa place, le prophète contemple la majesté du Dieu vengeur. Accompagné de signes effrayants, ce Dieu sâavance pour juger les nations et sauver son peuple (v. 12, 13). Devant cette apparition solennelle, quels sont les sentiments du prophète? Dâabord la peur; il ne sâen cache pas. Mais il sait quâil peut faire appel à la miséricorde de lâÃternel, même dans Sa juste colère (v. 2; Ps. 78:38). Dieu entend toujours les S.O.S. de lââme. Puis vient la joie (v. 18)! Bien que les bénédictions matérielles fassent défaut (v. 17), lâhomme de Dieu peut se réjouir, parce que ce nâest pas dans les circonstances quâil trouve cette joie, câest dans le Dieu de son salut (comp. Phil. 4:4). «Le Seigneur est ma force;⦠Il me fera marcher sur mes lieux élevés» (v. 19; Ps. 18:32, 33). Que le Seigneur nous accorde lâénergie spirituelle pour gravir ces lieux élevés dâoù la foi domine le monde! Proche est le jugement de celui-ci, et puisque notre temps ressemble à celui dâHabakuk, puissions-nous pour notre part ressembler à cet homme de Dieu!
Sophonie a prophétisé sous le règne du fidèle Josias. Pourquoi alors son livre est-il si sévère? Parce que le peuple nâavait suivi que par contrainte le bon exemple de son roi (2 Chr. 34:33). Une même condamnation menace:
1º les idolâtres;
2º ceux qui sont doubles de cÅur, essayant de servir à la fois lâÃternel et Malcam (ou Moloch);
3º ceux qui se détournent délibérément;
4º enfin, la masse des indifférents, ceux qui ne cherchent pas lâÃternel et ne sâenquièrent pas de Lui (v. 4-6).
Ces mêmes classes de personnes existent aujourdâhui et courent ensemble au-devant du même jugement. Car si ces prophéties ont eu dans le passé un accomplissement partiel, nâoublions pas que le terrible «grand jour de lâÃternel» est encore à venir. Il est évoqué depuis plus de 2500 ans par les prophètes, confirmé par le Seigneur Jésus dans les évangiles, enfin par les apôtres dans les épîtres. Proche déjà au temps de Sophonie, il lâest bien plus encore maintenant (v. 14). Souvenons-nous donc de ces paroles «dites à lâavance par les saints prophètes et du commandement du Seigneur et Sauveur par vos apôtres». Et gardons-nous dâoublier «la promesse de Sa venue» (2 Pierre 3:2-4).
Ces prophéties traitant du jugement futur des méchants peuvent sembler, pour les enfants de Dieu, dâun intérêt secondaire. Ce quâils attendent, ce nâest pas la crise finale dont il est ici parlé, mais le retour du Seigneur pour enlever son Ãglise (1 Thess. 5:4, 9). Eh bien! Lâannonce de cette juste rétribution du mal doit nous ouvrir les yeux sur le caractère du monde, de manière à nous en séparer plus nettement (2 Pierre 3:10-12). Ne voyant pas actuellement Dieu punir la méchanceté des hommes comme elle le mérite, nous pourrions oublier combien Il lâa en horreur; aussi de tels passages contribuent-ils à nous le rappeler. La devise de Ninive dans son arrogance et son égoïsme insensé, câest: «Moi, et-part moi, nulle autre» (v. 15). Câest celle aussi de Babylone (Ãsaïe 47:8). Mais écoutons bien si ce nâest pas quelquefois également le murmure de notre cÅur. En contraste, le v. 3 nous présente les débonnaires, ceux que le Seigneur appelle bienheureux et qui Lui ressemblent (Matt. 5:5; Matt. 11:29). Il sâagit prophétiquement du futur résidu juif (fin du v. 9; Soph. 3:13), invité à chercher lâÃternel pour être mis à couvert au jour de sa colère. Le nom de Sophonie signifie dâailleurs: «Celui que lâÃternel cache ou protège».
Après avoir châtié les nations, la main de lâÃternel sâétendra sur Jérusalem, la ville rebelle, corrompue, qui opprime! Hélas, les quatre reproches qui suivent au v. 2 pourraient être adressés même à des enfants de Dieu quand ils négligent soit la Parole â «elle nâécoute pas la voix, elle ne reçoit pas lâinstruction» â soit la prière: «elle ne se confie pas en lâÃternel, elle ne sâapproche pas de son Dieu».
Alors sâaccomplira la parole du Seigneur Jésus: «lâun sera pris et lâautre laissé» (Matt. 24:40). Les rebelles, les orgueilleux, les hautains seront ôtés (v. 11) et lâÃternel laissera subsister ici-bas un peuple affligé, abaissé, se confiant en Lui seul (v. 12). Joie pour ce résidu (v. 14), joie plus grande encore pour le Seigneur dont les affections seront satisfaites! «Il se reposera dans Son amour»: Ce v. 17 sâapplique au règne de Christ, mais nâéveille-t-il pas dès à présent un écho dans le cÅur de chaque racheté? Oui, pensons à Son bonheur. Lui qui a pleuré sur la terre, connaît déjà une joie pleine et entière et, cher ami croyant, câest «à ton sujet» (Ps. 126:6). Après le terrible «travail de son âme», Il jouira éternellement â et les siens avec Lui â du repos parfait de lâamour (v. 17; Jér. 32:41).
Le livre dâEsdras nous apprend comment, au retour de Babylone, Zorobabel et ses compagnons entreprirent la reconstruction du temple, puis se laissèrent arrêter par les manÅuvres dâintimidation et les démarches de leurs adversaires.
Il y a maintenant douze ans que le travail a cessé. Et ces menaces ne sont plus quâun mauvais prétexte dont le prophète ne parle même pas. Il fait honte au peuple en comparant la dévastation de la maison de lâÃternel avec lâardeur déployée par chacun à embellir sa propre demeure (Phil. 2:21). Triste égoïsme, mais aussi⦠mauvais calcul! Tout leur labeur nâavait produit que la disette (comp. Ps. 127:1, 2). Chers amis chrétiens, câest aujourdâhui «le temps de bâtir» la maison de Dieu⦠lâassemblée du Dieu vivant (1 Tim. 3:15). Et comment y travailler? En nous occupant des âmes, ces «pierres vivantes» édifiées sur le fondement qui est Jésus Christ; en ayant pour lâassemblée cette sollicitude qui tenait lâapôtre assiégé tous les jours; en nâabandonnant pas le rassemblement⦠(1 Cor. 3:10-17; 2 Cor. 11:28; Héb. 10:25). Malheureusement, que de fois un manque de zèle et dâamour pour lâassemblée va de pair avec le souci de notre confort⦠Oui, considérons bien nos voies (v. 5, 7).
La première révélation dâAggée avait apporté la répréhension. La seconde, moins dâun mois après que les chefs et le peuple eurent obéi, vient leur donner des exhortations et des encouragements: «soyez forts⦠et travaillez» â recommande lâÃternel â il sâagit de ma gloire. Votre travail a en vue une Personne: «lâobjet du désir des nations», Christ qui va paraître glorieux (v. 7).
Mais où trouver cette force? â «Je suis avec vous», est la précieuse réponse, moi le Dieu puissant, lâÃternel des armées. Et ce que je vous donne vous suffira: «la Parole⦠et mon Esprit, demeurent au milieu de vous; ne craignez pas» (v. 4, 5). Ressources bénies! Elles sont aussi pour nous qui vivons comme Aggée en un temps de ruine. Dans son 3º message, le prophète rappelle la sainteté pratique sans laquelle aucun travail ne peut être reconnu par Dieu. Et la double question posée aux sacrificateurs confirme ce principe général: Nos contacts avec un monde souillé ne purifieront pas celui-ci. Tout au contraire, nous serons inévitablement contaminés à la longue par un mauvais milieu (1 Cor. 15:33).
«Je suis avec vous tous les jours», a promis le Seigneur Jésus (Matt. 28:20). Mais restons pour notre part toujours auprès de Lui.
Le peuple a fait lâexpérience fâcheuse que le temps soustrait à Dieu nâest dâaucun profit. Il va pouvoir faire maintenant la contre-épreuve. «Dès ce jour-ci je bénirai», promet lâÃternel. Quâil sâagisse du commerçant chrétien qui ferme son magasin le dimanche au détriment possible de ses affaires, ou de lâindustriel qui déclare au fisc jusquâau dernier franc de son bénéfice, chaque enfant de Dieu pourra toujours vérifier cette parole du Seigneur Jésus: «Cherchez premièrement le royaume de Dieu et sa justice, et toutes ces choses (nécessaires à la vie présente) vous seront données par-dessus» (Matt. 6:33).
Le dernier message dâAggée contient de touchantes paroles de grâce adressées personnellement à Zorobabel. Ce nom signifie né-Babylone (et Sheshbatsar son nom chaldéen, veut dire paraît-il: joyeux dans la tribulation; Esd. 1:8). LâÃternel lâappelle par son nom comme pour lui dire: Pauvre réchappé de lâexil jâai des promesses pour toi. Le monde entier sera ébranlé, mais ne crains rien, je tâai réservé «un royaume inébranlable» (v. 6, 21, 22 cités en Héb. 12:26, 28). En même temps nous pouvons reconnaître dans cet héritier de David un type de Christ, le Libérateur choisi et établi par Dieu pour régner sur Israël.
Zacharie est avec Aggée le porte-parole de lâÃternel auprès des fils de Juda remontés de la captivité (Esd. 5:1). Quels sont les premiers mots que lâÃternel adresse à ce peuple par le moyen de son serviteur? «Revenez-moiâ¦Â». Il faut dâabord se repentir (Matt. 3:2; Matt. 4:17; Actes 2:38). La promesse ne vient quâensuite: â¦Â«et je reviendrai à vous» (v. 3).
Les pères sont morts et avec eux les prophètes qui, tel Jérémie, les avaient fidèlement avertis. Mais les paroles divines, elles, nâont pas passé; elles se sont exécutées infailliblement (Matt. 24:35). Les mauvaises voies et les mauvaises actions de Juda ont reçu leur châtiment, à savoir la captivité à Babylone (v. 12, fin). Puisse cette cruelle leçon profiter aux générations suivantes!
Du v. 7 jusquâau ch. 6, le prophète rapporte une suite dâétranges visions. Elles ont pour thème général le gouvernement de Dieu par le moyen des nations (le cavalier et les chevaux) et, à lâarrière-plan, le rétablissement dâIsraël (les myrtes, allusion à la fête des tabernacles et figure de la restauration qui suit la repentance). Car Dieu a toujours pour les siens dans lâépreuve et dans la faiblesse, «de bonnes paroles, des paroles de consolation» (v. 13). Elles sont aussi certaines et immuables que lâannonce de ses jugements.
Ces visions qui nous paraissent sans doute bien obscures ne lâétaient pas moins pour le jeune Zacharie. Mais comment fait celui-ci chaque fois que se pose une nouvelle énigme? Il ne craint pas dâinterroger son céleste compagnon. Suivons son exemple. Notre intérêt pour la Parole sera toujours agréable au Seigneur. Pour en comprendre les merveilles, demandons-Lui dâouvrir notre intelligence (Ps. 119:18; Luc 24:45; 2 Tim. 2:7).
Les cornes de la 2º vision correspondent aux chevaux de la première, câest-à -dire aux grands empires des nations, vus ici sous leur caractère de puissance (comp. Dan. 8). Des ouvriers suscités par Dieu (tels que Cyrus) mettront fin à leur pouvoir.
La 3º vision a pour sujet la restauration de Jérusalem. Présentement désolée, avec ses murs en ruine, ses portes calcinées (Néh. 2:13), la ville sera de nouveau habitée. Le Seigneur sera autour dâelle une muraille de feu, et ses pauvres dispersés sây trouveront rassemblés en sécurité. Lâamour de Dieu pour eux est si grand que celui qui les touche «touche la prunelle de son Åil» (voir Deut. 32:10). Par-dessus tout, ils ont la promesse de la présence de lâÃternel en gloire au milieu dâeux (v. 5, 10, 11). Les mêmes privilèges sont aujourdâhui la part des enfants de Dieu.
Une nouvelle scène sâoffre à Zacharie. Le sacrificateur Joshua â qui représente le peuple â se tient devant lâAnge de lâÃternel. Mais Satan est là aussi dans son rôle habituel dâaccusateur (Apoc. 12:10). Car les vêtements sales de Joshua sont une trop belle occasion pour ses attaques. LâÃternel avait donné des instructions si formelles pour la purification des sacrificateurs (par ex. Lév. 8:6, 7; Nomb. 19:7â¦) que se présenter devant Lui avec de la souillure, câétait encourir une condamnation certaine. Eh bien, nous lâavons lu, celui que lâadversaire se permet de toucher est comme la prunelle de lâÅil de Dieu (Zach. 2:8), «un tison sauvé du feu» (v. 2). Le pauvre accusé nâa rien à dire pour sa défense. Le Juge a Lui-même pourvu à tout. Mais sans pour cela tolérer la souillure! «Regarde, â déclare-t-Il â jâai fait passer de dessus toi ton iniquité, et je te revêtsâ¦Â» non seulement de vêtements propres, mais «dâhabits de fête» (comp. Matt. 22:12). Purifié, justifié, Joshua a désormais une double responsabilité: marcher dans les voies de lâÃternel et sâacquitter fidèlement de sa charge (v. 7).
Cher ami, pour goûter la grâce du Seigneur, il te faut avoir pris la même place que Joshua.
Les v. 8-10 introduisent le Messie (le Germe) régnant en justice sur un peuple purifié.
Par ses questions, Zacharie se range parmi les prophètes qui, selon 1 Pierre 1:10, 11, sondaient diligemment leurs propres écrits. Ils y cherchaient Celui qui nous a été maintenant révélé dans ses souffrances et dans ses gloires (par ex. Zach. 13:5-7 et Zach. 6:13). Que de figures de Christ nous avons dans ce chapitre! Il est le vrai chandelier dâor, la lumière du monde (Jean 8:12). Il est également le divin Zorobabel, garant de la bénédiction de son peuple. Au Zach. 3:9, Il était la pierre de fondation. Nous le voyons ici pierre de faîte, clé de voûte de lâédifice. Autrement dit, câest Lui qui commence et qui achève en grâce lâÅuvre de la Maison de Dieu (Esd. 3:10; Esd. 5:15, 16).
Quant aux sept lampes du saint chandelier, nous aimons y voir les croyants (Apoc. 1:20 fin). Eux aussi sont appelés «la lumière du monde» (lire Matt. 5:14-16). Et cette lumière est alimentée par le Saint-Esprit (lâhuile), seule source divine pour lâactivité du racheté. «Ni par force, ni par puissance, mais par mon Esprit», dit lâÃternel (Ps. 44:3-8). Quand nous réalisons notre incapacité, Dieu se plaît à agir et à écarter toute «montagne» de notre chemin (v. 7; Matt. 17:20). Ne méprisons donc pas le jour actuel «des petites choses» (v. 10); il peut être celui dâune grande foi et dâun grand dévouement.
Deux visions occupent ce court chapitre. La première nous montre, sous la forme de ce rouleau qui vole, la Parole de Dieu agissant pour mettre le mal en évidence. Héb. 4:12, 13 confirme que cette Parole est vivante, opérante, pénétrante (elle entre ici de force dans les maisons; v. 4)⦠à sa lumière toutes choses sont nues et découvertes; elle discerne jusquâaux pensées et aux intentions du cÅur. Il faut nous laisser sonder par cette Parole.
Dans les v. 5-11, nous voyons voler un objet encore plus surprenant. Câest un épha, instrument de capacité (et souvent de fraude: Mich. 6:10; Deut. 25:14) au milieu duquel la Méchanceté assise a atteint sa pleine mesure. Elle correspond à ce «mystère dâiniquité» qui opère aujourdâhui déjà mais nâa pas encore été manifesté (le couvercle de plomb est encore sur lâépha â 2 Thess. 2:7). Lorsquâelle reprendra place à son lieu dâorigine (Shinhar = Babylone, câest-à -dire le monde), lâiniquité dans la personne de lâAntichrist y sera officiellement honorée comme un dieu. Quel contraste entre cette «maison» du v. 11, véritable temple du péché, et celle que Dieu fait bâtir pour demeurer Lui-même au milieu des siens (Zach. 4:9 et Zach. 6:12)!
La huitième et dernière vision nous rappelle la première (Zach. 1). à cette différence près quâici les chevaux sont attelés à des chars (les quatre empires) sâélançant dâentre les montagnes dâairain (la stabilité du gouvernement de Dieu). Sous lâimage des chevaux vigoureux, on peut identifier Rome cherchant à étendre sa domination sur toute la terre (et Dieu sâen est servi pour que lâÃvangile soit prêché à toute la terre habitée).
Les v. 9-15 nous présentent trois voyageurs venus de Babylone pour aider leurs frères par des dons et des encouragements. Les noms de ces hommes sont significatifs. Heldaï: endurant (nommé ensuite Hélem: la force), avec Tobija: lâÃternel est bon, et Jedahia: lâÃternel sait, sont reçus par Josias: lâÃternel supporte, appelé au v. 14 Hen (câest-à -dire la grâce). Mais le personnage central est Joshua, autrement dit Jésus, Dieu Sauveur, dont Il est ici le type, car il réunit en sa personne la sacrificature et la royauté. Au jour de sa gloire le Seigneur attribuera aux siens ce que par pure grâce ils auront préparé pour Lui (Luc 19:24-26). Ces couronnes qui toutes Lui reviennent (v. 11), il les décernera aux humbles fidèles qui lâauront honoré dans le temps où Il était méprisé (v. 14). En ferez-vous partie, pour pouvoir les mettre à ses pieds (Apoc. 4:10)?
Après le livre des visions (Zach. 1 - 6), commence celui des oracles. Une démarche des habitants de Béthel pour savoir sâils doivent continuer à jeûner et à se lamenter donne lieu à la première déclaration du prophète. Avant de répondre, il sâadresse à leur conscience (comp. Luc 13:23, 24; Luc 20:2, 3, 22-25). Ce jeûne nâétait-il pas plutôt de lâapitoiement sur leurs malheurs que le signe dâune véritable repentance? Il deviendra même pour les Juifs hypocrites un moyen de se faire honorer, que Jésus dénoncera avec véhémence (Matt. 6:16). Mais la sérieuse question du v. 5 semble être, chers amis, comme le doigt de Dieu pointé vers notre cÅur, nous interrogeant sur le vrai motif de chacun de nos actes: «Est-ce réellement pour moi, pour moiâ¦?». Les formes de la piété ne peuvent pas Lui donner le change. En revanche rien ne Lui échappe de ce qui est fait par amour pour Lui. Il ne se trompe pas sur le geste de Marie: «elle a fait une bonne Åuvre envers moi», dit le Seigneur Jésus (Marc 8:35; Marc 14:6).
Dieu qui est lumière et amour rappelle ses exigences de toujours: vérité et miséricorde (v. 9â¦). Ce quâIl a trouvé, hélas: épaule revêche, oreilles appesanties, «cÅur dur comme un diamant», explique et justifie son châtiment sévère.
«Ainsi dit lâÃternelâ¦Â», précise inlassablement le prophète (v. 1, 3, 4, 6, 7, 9, 19, 20, 23). Lorsque nous lisons la Bible, ou que nous la citons à dâautres, ne perdons jamais de vue que câest Dieu qui parle.
Les pauvres fils de Juda entendent des promesses qui correspondent à leur état actuel. Car leur Dieu ne les oubliera pas (Zacharie signifie dâailleurs: Celui dont lâÃternel se souvient). Jérusalem inhabitée et désolée sera de nouveau peuplée et animée (Néh. 11:1, 2). Et le premier à y revenir sera lâÃternel Lui-même (v. 3; voir Zach. 1:16). Avec Lui, la bénédiction reparaîtra, la crainte sâenfuira. Spirituellement, nâen est-il pas ainsi dans lâAssemblée? La présence du Seigneur au milieu des siens leur garantit tout ce dont ils ont besoin.
Prenons pour nous lâexhortation du v. 16, répétée textuellement en Ãph. 4:25: «Parlez la vérité chacun-son prochain». Et la fin du v. 19 insiste: «Aimez donc la véritéâ¦Â».
à présent lâÃternel peut répondre à la délégation de Béthel au sujet des jours de jeûne (Zach. 7:2, 3): ils deviendront des temps dâallégresse et de joie, dâheureuses assemblées (v. 19; accomplissement du Ps. 122). Pourraient-ils mener deuil, ceux qui jouissent de la présence de lâÃpoux au milieu dâeux (comp. Matt. 9:14, 15)?
Cet oracle concerne les peuples voisins dâIsraël. Leur conduite avait été observée à leur insu, «car lâÃternel a lâÅil sur les hommes» (v. 1 et 8 fin). Oui, combien oublient ce saint regard et se comportent comme si le Seigneur ne les voyait pas!
Dieu sâapprête ici à détruire la sagesse humaine et la force de Tyr, la fausse confiance dâÃkron, lâorgueil et les abominations des Philistins⦠Ainsi la voie sera ouverte au Messie venant annoncer la paix et dominer jusquâaux bouts de la terre. Il est venu en effet, ce Roi «monté sur un âneâ¦Â» ! (v. 9; Jean 12:15). Mais son peuple ne lâa pas reçu, et, depuis près de deux mille ans la prophétie sâest en quelque sorte arrêtée entre les v. 9 et 10. Elle reprendra bientôt son cours. Après de terribles jugements, le Roi reparaîtra dans toute sa majesté. Sa bonté, sa beauté seront admirées ensemble (v. 17). «Tu es plus beau que les fils des hommes; la grâce est répandue sur tes lèvresâ¦Â», proclame le cantique «composé au sujet du Roi» (Ps. 45:2). Chose infiniment touchante, ses rachetés seront alors comme les pierres précieuses de sa couronne (v. 16 fin): ils contribueront à cette beauté merveilleuse du Roi (Ãsaïe 62:3). En même temps le seul fait de leur présence avec Lui rendra témoignage à son ineffable bonté (Ps. 31:19, 21).
Le peuple juif déçu par ses idoles, trompé et opprimé par de méchants conducteurs, aura été longtemps comme un troupeau sans berger (v. 2 fin; comp. Matt. 9:36). Mais Dieu visitera cette «maison de Juda» dâoù est issu le Christ, «la pierre angulaire» (v. 4). Il la fortifiera pour combattre avec elle. Il nâoubliera pas non plus la maison de Joseph, ceux dâÃphraïm (câest-à -dire les dix tribus encore dispersées). Et Il les sauvera, les ramènera, les exaucera⦠(v. 6). Après tant de vaines consolations (v. 2), quelle joie remplira leur cÅur (v. 7)!
Cher ami chrétien, le Seigneur a usé envers toi et moi dâune miséricorde plus grande encore. Quâelle soit pour nous un continuel sujet de joie!
Tels le fils prodigue dans le «pays éloigné», revenant à lui-même en évoquant la maison paternelle, les réchappés dâIsraël se souviendront de leur Dieu «dans les pays éloignés, et ils vivront⦠et ils reviendrontâ¦Â» (v. 9; Luc 15:17). «Je les rassemblerai car je les ai rachetés», promet lâÃternel (v. 8, 10; Jean 11:52). Lâamour du Seigneur Jésus ne sera pleinement satisfait que par la présence des siens auprès de Lui. Avant de ramener son peuple terrestre au complet dans son pays, Il aura introduit ses chers rachetés dans la Maison de son Père où Il a préparé leur place (comp. Jean 14:2).
Lâincendie des v. 1-3 annonce la colère contre le pays et contre le peuple à cause du crime dont celui-ci se rendra coupable à la croix.
Au v. 4, le prophète est invité à personnifier successivement le bon Berger (Christ) et le Berger insensé, câest-à -dire lâAntichrist (v. 15-17). Jusquâau v. 14 nous sommes transportés au temps des évangiles. Ces possesseurs, ces vendeurs, ces mauvais pasteurs du v. 5, ce sont respectivement les Romains et les chefs des Juifs, quâils soient politiques ou religieux. Jésus les qualifie de voleurs, de larrons, dâhommes à gages, de loups ravisseurs (Jean 10:8, 12; Ãz. 34). Lui, le bon Berger venait se substituer à eux et paître le peuple en lui apportant la gloire et lâunité nationale (les deux bâtons de berger nommés Beauté et Liens). Mais à lâexception de quelques «pauvres du troupeau» (v. 11; Luc 14:21), ce peuple nâa pas compris Ses desseins dâamour. Les v. 12 et 13 si exactement accomplis, nous disent à quel prix dérisoire lâÃternel a été estimé (Matt. 26:15). à quel prix estimons-nous le Seigneur Jésus? Puis, sans transition, les v. 15-17 introduisent la domination encore future du «pasteur de néant» (Jean 5:43). Car ce personnage satanique est suscité en châtiment sur «le troupeau de la tuerie» : le peuple coupable dâavoir rejeté son vrai Conducteur.
Qui parle ici? Celui qui a étendu les cieux, fondé la terre, formé au-dedans de lâhomme cette intelligence dont celui-ci est si fier (et quâil emploie souvent si mal; comp. Ãsaïe 42:5). Un tel Dieu nâaurait-Il pas la haute main sur les événements terrestres? Les complots machinés par lâesprit quâIl a Lui-même créé le prendraient-ils au dépourvu? Câest impossible! Et lorsque toutes les nations de la terre, aveuglées par la haine, sâassembleront pour assiéger Jérusalem, celle-ci sera pour elles comme une coupe empoisonnée, une pierre dâachoppement. Car «en ce jour-là », lâÃternel fortifiera victorieusement les chefs de Juda et les habitants de Jérusalem. Il agira par eux, mais Il agira aussi en eux. Dieu répandra sur son peuple humilié et repentant «un esprit de grâce et de supplications». Dans Celui quâils ont percé les Juifs reconnaîtront enfin leur Berger fidèle, lâHéritier du trône de David, le Fils unique de Dieu.
Amis chrétiens, sâil est vrai que le Seigneur se plaît à travailler par notre moyen, ne perdons pas de vue lâÅuvre quâIl désire accomplir en nous. Elle consiste à nous placer toujours à nouveau devant la croix et ses conséquences. Et les v. 11-14 soulignent que chacun doit avoir eu personnellement affaire avec Dieu au sujet de son péché.
Les regards dâIsraël (et les nôtres) viennent de se porter sur la croix (Zach. 12:10). Le sang de Christ expie nos péchés, mais de son côté percé jaillit aussi une source dâeau vive. Elle évoque cette purification pratique que la Parole accomplit dans notre conscience (Ps. 51:2, 7). En ce jour-là les idoles seront retranchées (Ãz. 36:25); les voix de mensonge se tairont. Alors le Bien-aimé racontera sa merveilleuse histoire: Venu ici-bas comme un homme, Il a pris la forme dâun esclave pour servir sa créature (comp. Zach. 11:12 et Ex. 21:2-6). Il a été blessé chez ses propres amis (comp. Jean 20:27). Il a été frappé par lâÃternel Lui-même.
«Câest pourquoi aussi Dieu lâa haut élevéâ¦Â» continue Phil. 2:9. Oui, bientôt ce même Seigneur se présentera au monde dans le resplendissement de sa puissance. Où aura lieu cette apparition? à lâendroit dâoù jadis Il quitta la terre, sur cette montagne des Oliviers qui se fendra sous ses pieds (Zach. 14:4; Actes 1:11, 12).
Mais Il ne reviendra pas seul. «Et tous les saints avec toi», ajoute la fin du v. 5. Comme un cortège royal, Christ amènera ceux quâIl aura dâabord ravis au ciel auprès de Lui. Le Nouveau Testament confirme cette prochaine et triomphante «venue de notre Seigneur Jésus avec tous ses saints» (1 Thess. 3:13; Jude 14).
Câest la fin du drame. Quand sâouvrira le dernier acte, la situation aura été renversée par lâapparition soudaine du Seigneur de gloire. Le décor même aura changé. Un cataclysme inouï bouleversera la configuration du pays. Les peuples surpris en train de faire la guerre à Jérusalem⦠et à son Roi divin, se verront subitement frappés dâune horrible plaie. Dorénavant les nations au lieu de monter pour assiéger Jérusalem, devront y faire des pèlerinages annuels pour se prosterner devant le Roi, lâÃternel (v. 16). Ceux qui nâobéiront pas seront privés de pluies. Mêmes les clochettes des chevaux â ces chevaux qui tiennent tant de place dans la prophétie de Zacharie â porteront en gravure cette inscription: «Sainteté-lâÃternel». Car toute la puissance de lâhomme, symbolisée par le cheval, sera désormais sanctifiée pour Dieu. Que le Seigneur grave aussi sur nos cÅurs ce signe de mise à part et de consécration pour Lui! Et que rien nây pénètre qui ne soit en harmonie avec cette devise: «Sainteté à lâÃternel». Ainsi serons-nous déjà en accord avec «ce jour-là », où Il sera publiquement «glorifié dans ses saints et admiré dans tous ceux qui auront cru» (2 Thess. 1:10).
Le livre de Malachie est particulièrement sérieux. Il constitue le dernier appel divin à la conscience et au cÅur de ce peuple juif au milieu duquel Christ paraîtra quatre siècles plus tard. Le dialogue qui sâengage entre lâÃternel et le peuple met en évidence du côté de Dieu, dès les premiers mots: lâamour éternel, personnel, source de toute bénédiction: «Je tâai aiméâ¦Â». Et du côté dâIsraël? Lâingratitude, lâinconscience, pour tout dire lâinsolence avec laquelle il se permet de demander des preuves de cette divine bonté. Quel père, quel maître supporterait dâêtre traité avec un aussi scandaleux manque dâégards (v. 6)? Or ce peuple foulait aux pieds non seulement lâhonneur dû à lâÃternel, mais ses préceptes les plus impératifs (v. 8; Lév. 22:17-25), mais ses sentiments les plus tendres. Hélas, nous nâavons pas à chercher longtemps un enseignement pour nos âmes! Craignons de douter nous aussi de lâamour du Seigneur, de murmurer ou même de nous insurger contre sa volonté. Ne passons pas avec indifférence, voire avec ennui (v. 13) à côté de tant de témoignages de la grâce de Dieu. à commencer par la croix où Il donna son Fils pour nous! Quel cas faisons-nous des droits et de lâamour de Dieu?
LâÃternel a pour les sacrificateurs une instruction particulière. Donner gloire à Son nom, voilà ce quâils auraient dû prendre à cÅur (v. 2). Le service chrétien nâa pas dâautre raison dâêtre. Trop souvent câest le serviteur qui est glorifié plutôt que son Seigneur.
De quel autre que Christ pourrait-il être dit que «lâiniquité ne se trouva pas sur ses lèvres» (v. 6)? Même les huissiers devaient convenir que «jamais homme ne parla comme cet homme» (Jean 7:46). Cette perfection ne fait que mieux ressortir le triste portrait du clergé au temps du Seigneur: sacrificateurs, scribes et pharisiens. Lui a gardé lâalliance (v. 5); eux lâont corrompue. Lui marcha avec Dieu dans la paix et la droiture; eux se sont écartés du chemin. Lui «détourna de lâiniquité beaucoup de gens» ; eux faisaient broncher beaucoup de gens (v. 8 et 9; Ãsaïe 9:16). «La loi de vérité était dans sa bouche» ; eux fatiguaient le Seigneur par leurs paroles (v. 17; Matt. 6:7).
«Prenez garde à votre esprit et nâagissez pas perfidement» répètent les v. 15 et 16. Notre esprit a la sensibilité dâune bande magnétique. Et il conserve une trace de tout ce qui sây enregistre. Veillons à ne lâoccuper que de choses vraies⦠pures, aimables, de bonne renommée⦠(Phil. 4:8).
Malachie signifie «messager de lâÃternel». En citant le v. 1, le Seigneur Jésus applique ce titre à Jean le Baptiseur chargé de préparer devant Lui le cÅur de son peuple (Matt. 11:10). Le rejet du Messie après celui de son précurseur a suspendu le cours de la prophétie. Le temps actuel de lâÃglise est passé sous silence, et nous voyons au v. 2 lâÃternel reprendre ses voies envers les fils de Lévi par un travail dâaffinage et dâépuration (v. 2, 3; Ps. 66:10; Job 28:1). Certains ont observé lâartisan fondeur occupé à purifier le minerai dâargent. Il sâassied à côté du creuset tant que dure la fusion. Lâopération nâest achevée que lorsque sa propre image se reflète nettement dans le métal éclatant. Remarquable illustration de ce que le Seigneur accomplit en chacun de nous! Il sait régler nos circonstances, attiser parfois le feu de lâépreuve, afin de nous débarrasser de tout alliage impur. Et Il poursuivra son patient travail jusquâà ce que Sa radieuse image morale se réfléchisse en nous (comp. Zach. 13:9; 2 Cor. 3:18). Quels peuvent être les sentiments du Seigneur, frustré des dons, du service et de la confiance qui Lui sont dus? «Ãprouvez-moi», dit-Il à son peuple. Oui, le Seigneur se réjouit lorsque notre foi Lui permet de nous bénir.
Dieu nous présente ici les quelques fidèles, humbles et cachés qui allaient avoir lâhonneur dâaccueillir son Fils à sa venue ici-bas. Ils sont son «trésor particulier» ; leurs noms sont consignés dans son «livre de souvenir» et lâÃvangile nous en fait connaître quelques-uns: Joseph et Marie, Zacharie, Ãlisabeth, Siméon, Anne⦠Faites-vous partie aujourdâhui de ceux qui craignent le Seigneur, sâentretiennent de Lui et attendent son retour?
Plus tard, pendant la grande tribulation, il y aura un résidu craignant le Nom de lâÃternel (Mal. 4:2; Apoc. 12:17). Pour eux se lèvera le soleil de justice. Lâactivité des ténèbres prendra fin, les orgueilleux et les méchants seront consumés (Mal. 3:15; Mal. 4:1, 2). Et câest sur le mot de malédiction que sâachève lâAncien Testament, autrement dit lâhistoire entièrement décevante du premier Adam. Sa misère sans remède, aboutissant à lâéternel malheur, a été définitivement démontrée. En sommes-nous personnellement convaincus dans notre conscience? Alors, dès la première page du Nouveau Testament, nous apprenons à connaître le Nom du second homme, Jésus, en qui Dieu a trouvé son plaisir, en qui nous, nous trouvons le salut et le bonheur.
C'est une épître sévère que Paul adresse aux assemblées de la Galatie. Il lui fallait s'occuper, non plus d'un péché moral comme chez les Corinthiens, mais d'un mal doctrinal de la dernière gravité. Ces pauvres Galates, trompés par de faux docteurs, étaient en train d'abandonner la grâce, seul moyen de salut, pour revenir à la religion des Åuvres. Paul affirme avec force le caractère absolu de la Vérité divine. Elle est une, elle est complète, elle est parfaite parce que la Vérité, c'est Christ (Jean 14:6). On entend parfois des esprits forts soutenir â au fond pour justifier leur incrédulité â que chaque peuple a reçu sa propre révélation, la religion qui s'adapte le mieux à son caractère et à sa civilisation. Rien n'est plus faux! Il n'y a qu'un seul évangile; il proclame que «notre Seigneur Jésus Christ⦠s'est donné lui-même pour nos péchés». Quelle en est la conséquence? «En sorte, â poursuit l'apôtre â qu'il nous retirât du présent siècle mauvaisâ¦Â» (v. 4).
Le v. 10 nous rappelle une autre vérité capitale à savoir que le souci de plaire à des hommes nous fait perdre la qualité d'esclave de Christ. Est-ce à Lui d'abord, à Lui seul, que nous désirons plaire (1 Thess. 2:4)?
Quel bonheur pour nous de pouvoir faire une entière confiance à la Parole de Dieu! Si l'évangile annoncé par Paul avait été selon l'homme, alors oui, les Galates auraient été fondés à accepter des compléments ou des modifications. Mais il n'en était rien. Et pour bien attester la source divine de son ministère, l'apôtre raconte de quelle façon extraordinaire il lui a été confié. C'est Dieu qui l'a mis à part (v. 15), Dieu qui a révélé son Fils en lui, Dieu encore qui l'a formé à Son école, sans maîtres humains, dans le désert d'Arabie. En outre, Christ l'avait directement appelé du haut du ciel (Actes 9).
Paul avant son chemin de Damas nous apprend qu'on peut être absolument sincère en étant absolument l'ennemi du Seigneur (Jean 16:2). Mais combien elle lui était chère à présent cette assemblée de Dieu, autrefois persécutée par lui «outre mesure». Imitons ce dévouement pour le Seigneur et les siens, ce zèle pour annoncer la foi (v. 23)! Mais remarquons-le: avant de nous demander de parler à d'autres de son Fils, Dieu se plaît à le «révéler» en nous (v. 16). Il veut produire dans notre cÅur l'incomparable connaissance de Christ pour qu'en découle notre témoignage (2 Cor. 4:6).
Le récit que fait Paul des circonstances de son apostolat complète ce que nous en savons par le livre des Actes. Alors que le Seigneur avait confié à Pierre l'annonce de l'évangile aux Juifs, Paul avait été choisi pour prêcher le même évangile aux nations (v. 8). Sa rencontre avec les autres apôtres ne pouvait donc pas infirmer un appel reçu du Seigneur. Par contre, il prit tellement à cÅur leur recommandation de se souvenir des pauvres que ce devait être indirectement la cause de son emprisonnement à Jérusalem (Actes 24:17). Que nous enseignent ces relations des apôtres entre eux? Que nous devons estimer le service des autres, et veiller à ne pas dépasser le nôtre, mais l'accomplir sans défaillance et sans «avoir égard à l'apparence de l'homme» (v. 6).
Le livre des Actes confirme combien les premiers chrétiens d'origine juive avaient eu de peine à se détacher des ordonnances: circoncision et observance de la loi. Une conférence s'était tenue à Jérusalem pour régler ces questions (Actes 15). Mais Satan ne renonce pas volontiers à une arme dont il s'est déjà servi avec quelque succès. à leur tour, les Galates, bien que n'étant pas juifs, étaient tombés dans ce piège et Paul s'attache à en montrer le terrible danger.
En quoi ce retour à la loi était-il si grave? Pourquoi Paul le prend-il à ce point à cÅur qu'il a été jusqu'à blâmer publiquement Pierre pour son attitude équivoque (v. 11-14)? Parce que le fait d'encourager les croyants à judaïser et à faire des Åuvres revenait à dire que celle de Jésus n'était pas suffisante. C'est ce que semblent encore estimer d'innombrables chrétiens. Ils reconnaissent en principe la valeur expiatoire du sacrifice de Christ. Mais ils fondent en même temps leur salut sur leurs Åuvres et sur la pratique de leur religion. Ils «font ce qu'ils peuvent», et comptent sur Dieu pour le reste. Répondons-leur avec le v. 16 «que l'homme n'est pas justifié sur le principe des Åuvres⦠ni autrement que par la foi en Jésus Christ». Un moyen si simple? Oui, mais fourni par une Personne si grande! C'est le Fils de Dieu «qui m'a aimé et qui s'est livré lui-même pour moi» (v. 20). Quelle est ma part dans cette Åuvre? Celle qu'un mort peut avoir, c'est-à -dire aucune. Ãtant crucifié avec Christ, je suis délivré de la loi, «et je ne vis plus, moi, mais Christ vit en moiâ¦Â». Ami lecteur, aimé du Seigneur Jésus, ces déclarations triomphantes, peux-tu les prendre à ton propre compte en toute vérité?
Le plan général de l'épître peut se dégager ainsi: ch. 1 et 2: Témoignage personnel de l'apôtre; ch. 3 et 4: Doctrine du salut par la foi; ch. 5 et 6: Vie pratique du racheté sous la grâce.
Le cÅur de Paul est bouleversé: son zèle pour la vérité se double de tout son amour pour ses pauvres Galates. Quel esprit d'égarement avait pu les envoûter, qu'ils aient à ce point oublié la grâce de Dieu? Hélas beaucoup de chrétiens leur ressemblent! Christ crucifié leur a été dépeint (v. 1). Ils ont cru en Lui et reçu par le Saint-Esprit l'assurance du salut. Mais ils ne Lui ont pas fait confiance pour conduire leur vie chrétienne. Ayant commencé par l'Esprit, ils continuent par la chair (v. 3). Or pensez-vous qu'après nous avoir justifiés, Dieu puisse compter sur nous pour «achever son travail»? Non, et c'est pourquoi la même foi qui nous sauve est aussi celle dont nous avons besoin pour vivre (v. 11). La juste loi de Dieu, en revanche, ne pouvait que nous faire mourir, nous maudire, car nous étions incapables de l'accomplir. Il a fallu que Christ se substitue à nous sous cette malédiction. Pour nous en racheter, Il a payé le prix tout entier. Il a porté la malédiction de la loi quand Il a pris sur la croix la place que je méritais. Qu'Il en soit à jamais béni!
L'apôtre explique pourquoi la loi ne change rien aux promesses divines. Celles-ci lui sont antérieures et Dieu ne se dédit pas. Et surtout elles ont été faites à la semence d'Abraham, c'est-à -dire à Christ (v. 16). Rien ne saurait annuler ni contredire ce que Dieu garantit à son Bien-aimé â et à ceux qui lui appartiennent. «Pourquoi donc la loi?» (v. 19). On l'a comparée à un miroir. Elle me montre ma souillure morale, mais elle est aussi incapable de l'ôter qu'un miroir de me laver. Ce n'est pas là sa fonction. La loi ne fait que me convaincre de péché; elle est donc mon conducteur jusqu'à Christ (v. 24). Après quoi son rôle est terminé comme celui de l'instructeur qui a préparé son élève à monter dans une classe supérieure. Pénible école que celle de la loi! Elle m'apprend que je suis pécheur et elle ne me rend pas juste; que je suis mort et elle n'a pas le pouvoir de me faire vivre; que je suis sans force et elle ne m'en fournit aucune. Mais tout ce qui me manque je le trouve alors en Jésus.
Le baptême est le signe public de la mise-part pour Christ, par sa mort. Vous qui avez été baptisés, êtes-vous réellement «fils de Dieu par la foi en Jésus Christ»? Avez-vous vraiment «revêtu Christ» (v. 26, 27)? Porter un uniforme auquel on n'a pas droit est une fraude et un abus de confiance.
Ainsi Dieu avait donné bien autre chose que la loi: des promesses inconditionnelles. Elles provenaient de son amour et de sa joie-bénir tant les nations que les Juifs. Mépriser un tel don, c'était mépriser son amour. Prétendre par exemple payer un cadeau que l'on reçoit, c'est offenser le donateur. Combien le cÅur de Dieu s'afflige en particulier de voir tant de chrétiens oublier la liberté de l'Esprit pour substituer à celle-ci de pauvres et fastidieuses pratiques. Qu'est-ce que cela prouve? Que ces enfants de Dieu connaissent bien mal leur Père céleste. On comprend qu'un inconverti se contente de «faibles et misérables éléments» parce qu'il n'a rien de meilleur. «Mais maintenant â nous dit le v. 9 â ayant connu Dieu», et étant connus de lui (1 Cor. 8:3), ne nous laissons plus asservir et ne tolérons rien qui soit indigne de Lui. Ayons pleine confiance en son amour.
Au v. 12 l'apôtre interrompt son exposé pour parler au cÅur de ses Galates bien-aimés. Il sait remettre en mémoire leur bienveillance, leur dévouement pour lui. Hélas, les affections que l'absence refroidit sont de faibles affections. Les convictions qui se laissent entamer sitôt le départ du serviteur de Dieu sont de faibles convictions. Qu'en est-il de notre amour chrétien? Et qu'en est-il de notre foi?
L'apôtre est plein d'angoisse et de perplexité. Son patient travail est-il anéanti (v. 11)? Il se voit contraint de reprendre avec les Galates les premiers rudiments de l'évangile. Profitons-en pour les réapprendre avec eux. Car si Paul déplore de ne pouvoir enseigner de vive voix ses enfants spirituels (v. 20), nous en comprenons le motif: Dieu voulait nous donner cette lettre.
Pourtant, direz-vous, nous ne courons guère aujourd'hui le danger de nous replacer sous la loi. C'est mal nous connaître! Chaque fois que nous nous complaisons dans notre conduite avec l'impression que Dieu nous doit quelque chose, ce n'est ni plus ni moins que du légalisme. Chaque fois que nous prenons une résolution sans compter sur le Seigneur, chaque fois que nous nous comparons aux autres à notre avantage, nous montrons cet esprit de propre justice, ennemi déclaré de la grâce (comp. v. 29). Pour illustrer cette inimitié, Paul évoque les deux fils d'Abraham. Isaac, fils de la promesse, est seul à pouvoir hériter. Ismaël, enfant selon la chair, issu d'Agar l'esclave, n'a aucun droit aux richesses et aux bénédictions paternelles. Appartenons-nous tous à la Jérusalem d'en haut? Avec Abraham, Isaac, Jacob, sommes-nous «cohéritiers de la même promesse»: la Cité céleste (v. 26; Héb. 11:9, 10, 16)?
L'homme a toujours considéré la liberté comme le plus précieux de tous les biens. Mais où peut-il la goûter vraiment? Pauvre esclave de ses passions, il naît et meurt avec des chaînes rivées à son cÅur. Seul Jésus Christ peut l'affranchir (v. 1; Jean 8:36). Se pose alors une autre question: quel usage le racheté du Seigneur va-t-il faire de sa liberté? Se remettra-t-il délibérément sous le joug rigoureux de la loi (v. 1)? Attitude aussi insolite que si un forçat libéré exprimait le désir de retourner au bagne! En usera-t-il alors «comme d'une occasion pour la chair» (v. 13)? Ce serait faire le chemin inverse des Thessaloniciens, repasser du service de Dieu à la tyrannie des idoles du monde (Gal. 4:8, 9; Luc 11:26; 1 Thess. 1:9). Non, cette liberté si chèrement payée par son Sauveur à la croix, le chrétien l'emploiera à servir son prochain. Et finalement c'est ainsi qu'il accomplira la loi puisque celle-ci se résume en une seule parole (v. 14) ou même en un seul mot: l'amour. «Celui qui aime les autres a accompli la loi» (Rom. 13:8, 9). Il accomplit aussi le commandement du Seigneur Jésus dont le dernier et plus cher désir est que nous nous aimions les uns les autres comme Lui nous a aimés (Jean 13:34; Jean 15:12, 17).
Le Seigneur explique comment reconnaître si une Åuvre est de la chair ou si elle est de l'Esprit (lire Matt. 7:16-20; Jean 3:6). «Un bon arbre ne peut pas produire de mauvais fruits». Ceux des v. 19-21 ne peuvent donc procéder que de l'arbre mauvais: la chair. Or elle est encore en chacun de nous avec les mêmes redoutables possibilités. Mais, si nous sommes «du Christ» (v. 24), en nous demeure aussi un autre pouvoir agissant: le Saint-Esprit. Il nous fait vivre (v. 25) et Il nous fait marcher (v. 16, 25); Il s'oppose à la chair (v. 17); Il nous conduit (v. 18); Il amène à maturité son propre fruit, impossible à confondre avec un autre, grappe précieuse dont le v. 22 énumère les neuf «grains» exquis: amour, joie, paix⦠Hélas! Un arbre peut rester stérile si toute sa force se gaspille en rejetons inutiles jaillis de son pied. Que fait alors le jardinier? Il coupe ces rejetons pour que la sève circule à nouveau abondamment dans les rameaux greffés. C'est la portée du v. 24. «Ceux qui sont du Christ» ont crucifié la chair à leur conversion. Ils se sont soumis par la foi à la sentence de mort sur toute leur nature (l'arbre sauvage a été coupé pour être greffé). Désormais ils ont à en juger les manifestations: passions et convoitises. «Si nous vivons par l'Esprit, marchons aussi par l'Esprit» (v. 25).
Ce chapitre nous apprend comment agir envers un frère en chute â sans perdre de vue notre propre responsabilité (v. 1), envers ceux qui sont accablés par des fardeaux (v. 2), envers «ceux de la maison de la foi», et envers tous, en faisant le bien (v. 10). Présentement nous semons, en vue de moissonner «au temps propre». Or un principe est évident: la récolte sera inévitablement de la même nature que la semence. Seul un fou pourrait s'attendre à recueillir le blé là où il a planté des chardons. La chair engendre toujours la corruption, tandis que le fruit de l'Esprit germe pour la vie éternelle (v. 8; Gal. 5:22; comp. Os. 8:7; Os. 10:13). C'est donc maintenant qu'il faut choisir; plus tard tout regret sera vain.
Le chrétien a déjà été déclaré mort à la loi (Gal. 2:19) et mort à la chair (Gal. 5:24). Il est ici reconnu mort au monde et réciproquement (v. 14). Désormais le monde n'a pas plus de droits sur moi que moi je n'en ai sur lui. Entre lui et moi se dresse une infranchissable barrière, et c'est «la croix de notre Seigneur Jésus Christ», ma délivrance et ma gloire. D'un côté «une nouvelle création», de l'autre «rien» que Dieu reconnaisse (v. 15). Puissions-nous être d'accord avec Lui en principe et en pratique.
L'épître aux Ãphésiens considère le chrétien dans sa position céleste. Le ciel n'est pas seulement un séjour futur pour l'enfant de Dieu; il y possède dès à présent son habitation en Christ. Un chef de famille qui travaille hors de son domicile ne songe pas à confondre celui-ci avec l'usine ou le bureau. Ãtre absent de la maison ne l'empêche aucunement d'y avoir son «chez lui», où sont ses affections, ses intérêts, tout ce qu'il possède. Tel est le ciel pour le racheté: le lieu familier où se trouvent à la fois son trésor et son cÅur (Luc 12:34), parce que son Sauveur y est. Christ est au ciel et nous sommes en Christ. Ce double fait assure notre droit d'accès aux hautes et précieuses bénédictions qui sont les siennes. Tout ce qui concerne le Bien-aimé concerne au même titre ceux qui sont rendus agréables en Lui (v. 6). C'est pourquoi l'apôtre développe l'ensemble du propos de Dieu en Christ (source de toute bénédiction) dans cette longue phrase (v. 3-14), qui ne supporte aucune coupure, car tout se tient, tout est lié dans la pensée de Dieu. De même, ce qu'Il fait pour nous est inséparable de ce qu'Il fait pour Christ et doit contribuer finalement «à la louange de sa gloire» (v. 12) et «à la louange de la gloire de Sa grâce» (v. 6).
Dans sa prière adressée au «Dieu de notre Seigneur Jésus Christ» (v. 17), l'apôtre demande pour les saints qu'ils sachent d'abord quelle est leur position (v. 18) et ensuite quelle est la puissance qui les y introduit (v. 19, 20). «La plénitude de notre bénédiction â a écrit quelquâun â découle du fait que nous sommes bénis avec Christ. Associés dans la ruine avec le premier Adam, nous sommes maintenant associés en gloire avec le second homme. Comme tel, Celui-ci ne possède rien sans nous y faire entrer; ce qui est le signe du parfait amour: la gloire (Jean 17:22), la joie (Jean 15:11), la paix (Jean 14:27), l'amour du Père (Jean 17:26). Il ne prendra pas l'héritage sans ses cohéritiers⦠Paul ne demande pas que les saints aient part à ces choses â elles leur appartiennent déjà â mais qu'ils en jouissent» (J.N.D.). Et, remarquons-le, ce sont les yeux de notre cÅur qui doivent s'ouvrir sur ces réalités glorieuses. L'amour est la vraie clé de l'intelligence (Luc 24:32). En éclairant nos affections, l'Esprit nous fait contempler Christ, homme ressuscité revêtu de pouvoir et de majesté selon le Ps. 8. Son corps, l'assemblée, le complète comme homme. Il en est la «tête» glorifiée dans le ciel. LâÃglise est la plénitude de Celui qui remplit tout en tous.
En peu de mots, les v. 1-3 dépeignent notre tragique condition d'autrefois. Enfants de colère, nous marchions à la fois selon le monde, selon son chef et selon nos coupables convoitises. Mais Dieu est intervenu (v. 4). «Son grand amour» s'est élevé au-dessus d'une telle misère. Il a vivifié ces morts. Il les a ressuscités. Plus encore, Il les a fait asseoir dans son propre ciel, le lieu même où Christ est assis (v. 6; Ãph. 1:20). Ãtre mort dans ses péchés ou assis dans les lieux célestes, il n'y a donc pas de position intermédiaire. à chacun de savoir quelle est la sienne.
Les v. 8-10 attestent l'inutilité de nos Åuvres pour le salut et la pleine valeur de celle de Dieu: «nous sommes son ouvrage». Mais le fait d'être assis dans les lieux célestes nous dispense-t-il de toute activité sur la terre? Bien au contraire! Sauvés par la grâce, nous avons été créés de nouveau (voir Ãph. 4:24), comme un outil est façonné en vue d'un usage précis: pour les bonnes Åuvres que ce Dieu de bonté (v. 7) a disposées d'avance sur notre chemin (Ps. 100:3; Ps. 119:73). Non pas qu'Il ait besoin de notre travail, mais Il veut notre dévouement. Aussi ne manquons jamais de Lui demander chaque matin: Seigneur, montre-moi ce que tu as toi-même préparé aujourd'hui pour moi. Et accorde-moi de l'accomplir avec ton secours (Héb. 13:21).
Par rapport au peuple juif, le sort des nations était particulièrement misérable. Elles n'avaient aucun droit aux promesses faites par l'Ãternel à Abraham et à ses descendants (Rom. 9:4). Et nous faisions partie de ces étrangers. Oui, souvenons-nous (v. 11) de ce triste temps où nous étions sans Christ, par conséquent sans espérance et sans Dieu dans le monde. Ainsi tout ce que nous possédons maintenant en Lui aura d'autant plus de prix pour nous. Nous avons avec Dieu plus qu'une alliance: une paix gratuite (Rom. 5:1), garantie par la présence du Seigneur Jésus dans le ciel. «Car c'est Lui qui est notre paix» (v. 14). C'est aussi Lui qui l'a faite (v. 15, fin) et en a payé le prix entier. C'est enfin lui qui l'a annoncée (v. 17). Il ne voulait laisser à personne le soin d'en faire part à ses chers disciples au soir de sa résurrection: «Paix vous soit», leur dit-Il (Jean 20:21; Ãsaïe 52:7). Et Il ajoute: «Moi aussi je vous envoieâ¦Â». Nous qui avons entendu et cru cette bonne nouvelle de l'évangile, nous sommes responsables à notre tour de la faire connaître à d'autres.
La fin du chapitre nous montre l'Assemblée de Dieu comme un édifice en construction (voir Actes 2:47), reposant sur Christ la maîtresse pierre de coin, pour être son habitation dès ici-bas par l'Esprit.
Ce chapitre forme une parenthèse, comme pour bien mettre en relief le mystère «maintenant révélé» qui en forme le sujet (v. 3, 9), celui de Christ et de l'Assemblée. Lâhistoire de lâhomme se divise en périodes appelées «siècles» (Ãph. 1:21; Ãph. 2:7; Ãph. 3:9) â ou parfois: dispensations, économies â au cours desquelles Dieu se révèle sous un certain nom à une certaine classe de personnes. Au cours de la dispensation de la grâce, la nôtre, caractérisée par la présence du Saint-Esprit sur la terre, Dieu se révèle comme Père et appelle un peuple céleste.
Si la sagesse divine peut être contemplée dans la création (Ps. 104:24; Prov. 3:19), combien elle brille davantage encore dans les plans immuables de Dieu en vue de la gloire et de la joie éternelle de son Fils bien-aimé. Cette Sagesse «si diverse» s'est manifestée d'une manière souveraine et entièrement nouvelle «par l'Assemblée». Les anges l'admirent; les nations en reçoivent «la bonne nouvelle» (v. 8, note). Et c'est à Paul, par un appel spécial, qu'a été donnée cette révélation dont la grandeur l'abaisse à ses propres yeux (v. 8). Il était chargé de faire connaître à tous les richesses de la grâce (Ãph. 1:7; 2:7) et de la gloire divines (Ãph. 1:18; Ãph. 3:16). La promesse du Ps. 84:11: «l'Ãternel donnera la grâce et la gloire», s'est réalisée à la croix. Ces dons merveilleux et gratuits sont dorénavant notre part. Privilégiés comme nous le sommes, estimons-les par-dessus tout.
Cette nouvelle prière de l'apôtre est adressée au «Père de notre Seigneur Jésus Christ» (v. 14; comp. Ãph. 1:16, 17). Que «Celui qui peut faire infiniment plus que tout ce que nous demandons ou pensons» (v. 20) l'exauce pour chacun de nous! Qu'Il nous donne de comprendre quelque chose de sa gloire en tous sens insondable et éternelle! Mais si grandes que soient les perspectives de cette gloire, elles ne fixent et ne retiennent pas nos affections. C'est pourquoi l'apôtre ajoute sans transition: «et de connaître l'amour du Christâ¦Â». Supposez que je sois soudain transporté dans le palais dâun roi, j'y serais sans doute ébloui et dépaysé. Mais si je retrouve là mon meilleur ami en découvrant que câest Lui le roi, aussitôt je me sentirai heureux et à mon aise. Il en est ainsi de la gloire: c'est celle de Jésus que nous aimons.
Avec l'apôtre, demandons que Son Esprit fortifie notre «homme intérieur». Si Christ habite en nous (v. 17), ce n'est rien moins que «toute la plénitude de Dieu» qui nous remplira (v. 19; Col. 2:9, 10) et avec elle la puissance, l'amour, la foi, l'intelligence. Chers amis, le Père nous a fait place dans sa maison (Ãph. 1 et 2). Avons-nous fait place à Jésus dans notre cÅur?
«Je n'ai mis aucune réserve à vous annoncer tout le conseil de Dieu. Prenez donc garde à vous-mêmesâ¦Â». Cette parole de Paul aux anciens d'Ãphèse (Actes 20:27, 28) correspond aux deux divisions de l'épître aux Ãphésiens. Du ch. 1 au ch. 3, l'apôtre vient d'exposer le merveilleux conseil divin. «Je vous exhorte donc,â¦Â» enchaîne-t-il, montrant par les ch. 4 - 6 quelle marche correspond à un appel aussi élevé (1 Thess. 2:12). Ce qui doit la caractériser en premier lieu, c'est l'inverse d'un esprit de supériorité: l'humilité avec la douceur et le support de l'amour, dans le lien de la paix. Selon l'espérance d'un seul appel, un seul Esprit unit les membres d'un seul Corps (mais les hommes ont fondé de nombreuses églises, chacune comptant ses membres). Sous l'autorité d'un seul Seigneur, une seule foi chrétienne est enseignée et un seul baptême confère le nom et la responsabilité de chrétien (mais les hommes vous parleront du baptême de leur religion!). Enfin un seul Dieu et Père, de qui tout et tous procèdent, a sur nous ses droits divins.
Le Seigneur, comme homme glorifié, est monté au-dessus de tous les cieux après être descendu dans la mort. Il distribue maintenant aux siens les multiples dons de sa grâce. Est-ce à Lui que nous sommes soumis?
La plupart des jeunes sont pressés dâaccéder aux privilèges des adultes. Par contre il leur est égal de prolonger, parfois toute leur vie, un état spirituel infantile. Les v. 13-16 décrivent la croissance harmonieuse de ce corps de Christ dont nous faisons partie. Elle résulte du développement de chaque croyant. C'est en Jésus que «l'homme fait» atteint sa complète stature. Christ en Lui est une «plénitude» (v. 13; 1 Jean 2:13). à l'opposé, le petit enfant, faute d'être affermi dans la vérité, reste réceptif à toutes les erreurs. Ãtat bien dangereux! Car nous constatons dans quelles ténèbres morales et spirituelles le monde est plongé par l'ignorance de Dieu (v. 17-19). Nous qui avons été enseignés selon la vérité qui est en Jésus, montrons par notre conduite comment nous avons «appris le Christ» (v. 20). Notre doctrine, ou plutôt notre manière de vivre, est une Personne. Christ s'apprend. Ãtudions-le beaucoup! Et vivons-le!
De même qu'on quitte un vêtement pour un autre, nous avons dépouillé le vieil homme et revêtu le nouvel homme (v. 22-24). Le vêtement de quelqu'un ne passe pas inaperçu. Quel est le nôtre aux yeux de tous? Les habits souillés du vieil homme ou bien quelque ressemblance morale avec le Seigneur Jésus (Actes 4:13)?
Il est triste vraiment qu'à des gens qui sont assis dans les lieux célestes, Dieu soit obligé de faire des recommandations aussi élémentaires: ne mentez pas,⦠ne dérobez pas,⦠ne vous enivrez pas (Ãph. 5:18)⦠Mais Il sait de quoi sont capables nos pauvres cÅurs charnels, et le diable, qui le sait aussi, ne manquera aucune des occasions que nous lui offrirons (v. 27).
Remarquons que chaque exhortation est accompagnée d'un motif particulièrement élevé et touchant. Les trois Personnes divines y sont intéressées:
1º Le Saint Esprit est en nous; gardons-nous de l'attrister (v. 30).
2º Nous sommes les bien-aimés enfants de Dieu, et notre Père, qui est le Dieu dâamour, désire voir sa ressemblance en nous (Ãph. 5:1). «Vous pardonnant les uns aux autres comme Dieu aussi, en Christ, vous a pardonné», est-il écrit (v. 32). Ce qui va plus loin que la prière enseignée à des disciples juifs: «Remets-nous nos péchés, car nous-mêmes aussi nous remettons à ceux qui nous doiventâ¦Â» (Luc 11:4).
3º Jésus Lui-même est notre Modèle (Ãph. 5:2; Jean 13:14). Il nous a enseigné l'amour en nous aimant jusqu'à la mort (1 Jean 3:16). Cependant, ne l'oublions jamais, c'est à Dieu d'abord qu'Il s'est offert en parfait sacrifice, en odeur infiniment agréableâ¦
Attention aux paroles vaines et folles que nous pouvons prononcer (v. 3-5) ou écouter (v. 6)! Autrefois ténèbres, nous sommes maintenant lumière dans le Seigneur; entre les deux: notre conversion. Deux états auxquels correspondent deux marches: celle d'autrefois (Ãph. 2:2 et Ãph. 4:17-19) et celle qui doit nous caractériser désormais. Créés pour les bonnes Åuvres, marchons en elles (Ãph. 2:10). Appelés à la gloire de Christ, marchons d'une manière digne de cet appel (Ãph. 4:1). Enfants du Dieu d'amour, marchons dans l'amour (Ãph. 5:1). Devenus «lumière dans le Seigneur», marchons comme des enfants de lumière (v. 8; comp. Jean 11:10). Dans nos jours dangereux et mauvais, regardons où nous posons le pied; marchons soigneusement (v. 15). Toutes ces conditions sont-elles une pénible contrainte? Aucunement; et les v. 19 et 20 montrent de quelle manière le chrétien traduit sa joie et sa reconnaissance.
Prenons le v. 16 comme ligne de conduite! Chacun de nous connaît le regret d'avoir laissé passer mainte occasion, tant pour le service que pour le témoignage! Au moins, sachons saisir celles qui sont encore devant nous. Et ne manquons pas l'unique et merveilleuse occasion de vivre le reste de notre courte vie terrestre pour le Seigneur Jésus Christ. Lui seul en est digne.
Jusqu'au Ãph. 6:9, l'apôtre va introduire le christianisme dans le cercle familial. La soumission d'une femme à son mari, cas particulier du v. 21, est considéré aujourd'hui dans nos pays comme un principe périmé. Mais si la crainte de Christ constitue l'atmosphère d'un foyer, le mari n'exigera rien d'arbitraire et la femme de son côté reconnaîtra que tout ce qui lui est demandé correspond à la volonté du Seigneur. En fait c'est l'amour qui saura dicter au mari son attitude. Et de nouveau le parfait Modèle est évoqué: Christ dans ses affections divines pour son Assemblée. Dans les ch. 1 (v. 23) et 4 nous avons vu celle-ci comme son Corps, Lui étant la Tête. Au Ãph. 2, l'Ãglise nous a été présentée comme un édifice dont Il est la pierre angulaire. Ici enfin, elle est son Ãpouse. à ce titre elle a reçu, reçoit et recevra de son amour les preuves les plus excellentes. Hier, Christ s'est livré Lui-même pour l'Assemblée (v. 2). Aujourd'hui, Il l'entoure de ses soins, la purifie, la nourrit, la chérit et la prépare avec tendresse pour la rencontre glorieuse (v. 26, 29; voir Ãph. 4:11â¦). Demain, Il se la présentera, digne de lui, pour sa joie, sans tache, ni ride, ni rien de semblable, mais glorieuse, sainte et irréprochable parce qu'elle sera alors revêtue de Ses propres perfections (v. 27).
Ne pensons pas que cette épître qui expose des vérités élevées et parfois abstraites soit écrite seulement pour les chrétiens avancés, les hommes faits du Ãph. 4:13. Ici l'apôtre s'adresse directement aux enfants. Ce qu'il a à leur dire est fort simple: «Obéissez-vos parents»; considérez leurs avertissements comme étant ceux du Seigneur. Cette discipline, si pénible qu'elle vous paraisse parfois, correspond aux instructions que vos pères ont reçues à votre sujet (v. 4).
Quant aux esclaves et aux maîtres, ce qui leur est enjoint s'applique à tous ceux qui ont des chefs (v. 5-8) ou des subordonnés (v. 9). Notre travail nous donnera tous les jours l'occasion de mettre ces versets en pratique, c'est-à -dire de faire (de cÅur) la volonté de Dieu. Nous sommes sous ses yeux continuellement (v. 6). Mais nous avons besoin de force. Où la trouver? Dans le Seigneur (v. 10). Lui seul nous rendra capables d'affronter les redoutables ennemis invisibles, les puissances spirituelles de méchanceté satanique qui nous menacent. Car Christ est Lui-même assis «dans les lieux célestes, au-dessus de toute principauté, et autoritéâ¦, et dominationâ¦Â» (Ãph. 1:20-22; Col. 2:15).
Pour tenir ferme contre ces ennemis «spirituels» si redoutables, les armes de l'homme sont totalement inefficaces. Autant se battre avec ses poings contre des chars ou des missiles (voir aussi Job 40:20â¦). Mais Dieu met à notre disposition son armure (comp. Rom. 13:12). Quelles en sont les pièces? La vérité pour ceinture: la force que donne la soumission à la Parole; par elle Jésus a triomphé au désert. La justice comme cuirasse: une conduite irréprochable, sans failles devant les hommes. L'évangile de paix pour chaussure: une marche active dans la paix préparant les hommes à recevoir la vérité. La foi pour bouclier: une confiance totale en ce que Dieu est. Le salut pour casque: la même confiance en ce que Dieu a fait. Ainsi revêtus et protégés, l'épée de l'Esprit et la prière nous permettront de contre-attaquer victorieusement.
Cette armure complète, il est bien tard pour la revêtir quand nous devrions être au combat. Portons-la «en tout temps» (v. 18), ainsi serons-nous certains d'en être couverts «au mauvais jour» (v. 13). Parmi les prières, ne négligeons pas celles qui ont pour sujet l'Åuvre du Seigneur. L'apôtre les sollicitait. Il était assuré de trouver chez les Ãphésiens un profond intérêt pour l'évangile et pour l'Assemblée. Puisse le Seigneur le voir en chacun de nous!
On a appelé cette épître le livre de l'expérience chrétienne. Expérience qui se résume en trois mots: Christ me suffit. Il est ma vie (Phil. 1), mon modèle (Phil. 2), mon but (Phil. 3), ma force et ma joie (Phil. 4). Paul ne parle ici ni en apôtre, ni en docteur; il n'est qu'un «esclave de Jésus Christ». Comment ferait-il valoir un titre plus élevé que celui qu'a pris son Maître (Phil. 2:7)? Du fond de sa prison à Rome, il écrit à ses chers Philippiens parmi lesquels nous connaissons Lydie et le geôlier (Actes 16). Sa «vive affection» pour eux se traduit par des prières (v. 8). Remarquez l'enchaînement des demandes: amour, vraie connaissance, discernement spirituel, marche pure et droite, fruit qui demeure (v. 9-11).
Puis il les rassure au sujet de son emprisonnement. Ce coup que l'Ennemi pensait porter à l'Ãvangile avait au contraire contribué à son avancement. L'opposition ouverte, calculée pour décourager les témoins du Seigneur, a généralement pour effet de les galvaniser.
Quelle est l'attitude de l'apôtre en apprenant que l'Ãvangile est parfois annoncé dans des conditions très discutables? Aucune impatience ni critique. Ni à l'inverse, un désir de s'y associer. Seulement une joie sincère de voir l'Åuvre de Dieu s'accomplir quels qu'en soient les instruments.
Le cÅur de l'homme est ainsi constitué qu'il ne supporte pas d'être vide. Il éprouve une faim que le monde, tel un vaste magasin, s'applique à satisfaire par une variété des denrées les plus désirables. Mais nous savons par expérience qu'un étalage si attirant soit-il avant notre repas, a cessé de nous tenter à deux heures de l'après-midi. Comparaison un peu familière, mais qui nous aide à retenir ceci: rien n'exerce plus d'attrait sur un cÅur rempli de Jésus. Il en était ainsi du cher apôtre: Christ était son unique objet, sa seule raison de vivre. Qui oserait reprendre à son compte ce v. 21? Toutefois le progrès chrétien consiste à le réaliser toujours mieux. Christ suffisait à Paul pour vivre et pour mourir. Se plaçant devant cette alternative, comme lâa écrit quelquâun, «il ne savait que choisir. En mourant il gagnait Christ, en vivant il servait Christ». L'amour pour les saints l'incline à rester plutôt.
La défense de l'évangile, comme tout combat, implique des souffrances (1 Thess. 2:2 fin). Mais celles-ci sont un don de grâce du Seigneur au même titre que le salut, un privilège qu'Il accorde aux saints (v. 29). Au lieu de plaindre les chrétiens persécutés, ne devrions-nous pas plutôt les envier? Au moins prions pour eux. Nous prendrons part ainsi avec eux au combat pour la vérité.
Pour trouver le chemin de tous les cÅurs, «gagner» un frère et apaiser un dissentiment, il n'existe qu'un secret: le renoncement-soi-même. C'est en contemplant et en adorant notre incomparable Modèle que nous pourrons l'apprendre. Selon ses propres paroles, «celui qui s'élève (lui-même) sera abaissé (par Dieu) et celui qui s'abaisse (lui-même) sera élevé» par Dieu (lire Luc 14:11 et Luc 18:14). Deux histoires exactement opposées sont résumées dans cette courte phrase: celle du premier Adam désobéissant jusqu'à la mort, suivi de sa race ambitieuse et rebelle. Et celle du Christ Jésus qui, par amour, s'est dépouillé de sa gloire divine en s'anéantissant pour devenir un homme, puis s'est abaissé jusqu'à ne pouvoir descendre plus bas, jusqu'à la mort de la croix. La forme d'un homme, la condition d'un esclave, la mort ignominieuse d'un malfaiteur, telles sont les étapes de ce merveilleux sentier. Oui, Dieu, en toute justice, se devait de l'élever au plus haut des cieux, de l'honorer d'un nom souverain. C'est sous ce nom de Jésus, à la fois si glorieux et si doux, qu'Il prit pour obéir, servir, souffrir et mourir, qu'Il sera reconnu Seigneur et recevra lâhommage universel. Ami, quel est le prix de ce Nom pour ton cÅur?
Modèle d'obéissance (v. 8), le Seigneur est en droit d'exiger la nôtre en toutes choses «sans murmures et sans raisonnements» (v. 14). L'absence de l'apôtre n'en dispensait nullement les Philippiens (v. 12). Au contraire, lui n'étant plus là pour s'occuper d'eux, ils avaient à veiller eux-mêmes à ne pas manquer leur carrière chrétienne.
Des luminaires ou étoiles (v. 15) sont des objets célestes, brillant dans la nuit, permettant aux hommes de sâorienter et indiquant lâheure. Tels sont les chrétiens dans la nuit de ce monde.
Le mot traduit par travailler a le sens précis de cultiver, implique donc une suite patiente d'opérations telles que l'arrachage des mauvaises herbes (pensées impures, pratiques malhonnêtes, mensonges etc.). Ce n'est pas avec nos propres forces que s'accomplit ce travail (v. 13). Même le vouloir, le désir, est produit en nous par le Seigneur. Mais aussi quel beau témoignage en résulte (v. 14-16).
Considérons dans ce chapitre les exemples de dévouement à commencer par le plus élevé, celui de Christ, puis de Paul associé aux Philippiens (v. 16, 17), celui de Timothée (v. 20) et enfin d'Ãpaphrodite (v. 25, 26, 30). En contraste, combien le v. 21 résonne tristement. à qui désirons-nous ressembler?
à côté d'hommes de Dieu comme Timothée et Ãpaphrodite qu'il fallait recevoir et honorer (Phil. 2:29; 1 Cor. 16:15-18), il existait aussi de mauvais ouvriers dont on devait se garder. Ils prêchaient cette religion des Åuvres qui fait confiance à la chair et se nourrit de la considération des hommes. Or justement si quelqu'un avait des titres humains à faire valoir, c'était bien Paul, Juif d'élite, tout ce qu'il y a de plus orthodoxe et zélé quant à la loi⦠Il aligne tous ces avantages, comme dans un grand livre de comptes, tire un trait au-dessous et inscrit «perte». De même qu'il suffit que le soleil se lève pour faire pâlir toutes les étoiles, un seul nom, celui de Christ glorifié, éclipse désormais dans son cÅur toutes les pauvres vanités terrestres; elles sont «estimées» non seulement sans valeur mais ruineuses. Et ce n'est pas un grand sacrifice que de renoncer à des ordures! Que le Seigneur nous apprenne à nous dépouiller joyeusement, comme Bartimée jeta son manteau, de tout ce dont nous nous faisons encore une réputation et une justice. C'est à ce prix que nous pourrons «le connaître, Luiâ¦Â» en entrant à sa suite dans son chemin de renoncement, de souffrances, de mort, mais aussi de résurrection (Matt. 16:21, 24).
En général les hommes qui sur la terre réalisent quelque chose d'important sont ceux qu'habite une seule passion. Qu'il s'agisse de conquérir lâEverest, d'obtenir un prix Nobel ou de combattre un envahisseur, il se trouve toujours des hommes d'action prêts à tout sacrifier pour un grand dessein. Tel était Paul, depuis que Christ l'avait saisi (comp. Jér. 20:7). Il se savait engagé dans la course chrétienne et, en athlète accompli, soutenait son effort sans détour ni regard en arrière, ne pensant qu'au prix final (lire 2 Tim. 4:7). Eh bien, il sâoffre à nous servir dâentraîneur, et nous invite à le suivre dans la même foulée (v. 17)! Oublions comme lui les choses qui sont derrière: nos succès dont nous tirerions vanité; nos échecs, parce que nous en serions découragés. Et tendons vers le but avec effort, car cette course «tous terrains» n'est certes pas une promenade. Elle est sérieuse et son enjeu capital.
Avoir ses pensées aux choses terrestres, quelle inconséquence pour qui a dans les cieux sa citoyenneté (v. 20). De quoi parlent deux compatriotes qui se rencontrent à l'étranger? Du pays! Nous aurons toujours un même sentiment (v. 15) si nous parlons entre chrétiens des joies de la cité céleste.
«Réjouissez-vous dans le Seigneur», insiste l'apôtre. Pourtant les causes de larmes ne lui manquent pas (voir Phil. 3:18). Une malheureuse discorde oppose deux sÅurs: Ãvodie et Syntyche, et trouble l'Assemblée. Paul exhorte â ou plutôt supplie â chacune d'elles personnellement. Qu'elles apprennent â et nous aussi â la grande leçon du Phil. 2:2 (comp. Prov. 13:10)! Notre douceur est-elle connue de nos frères et sÅurs, de nos camarades? Combien de querelles cesseraient si nous avions conscience que le retour du Seigneur est imminent. Combien de soucis également! Par la prière, déchargeons nos cÅurs de tout ce qui les tourmente. Pour être immédiatement exaucés? Pas nécessairement, mais pour que Dieu puisse y verser sa parfaite paix (v. 7). Mais comment éviter les mauvaises pensées? En cultivant les bonnes. Servons-nous du v. 8 comme d'un crible à plusieurs grilles. Ce qui occupe en ce moment mon esprit, est-ce vrai?⦠juste?⦠pur?⦠aimable?⦠édifiant?⦠Des pensées ainsi filtrées et épurées ne pourront se traduire qu'en actes de même nature (v. 9). Et quelle en sera la conséquence? Non plus seulement la paix de Dieu, mais le Dieu de paix en personne demeurant «chez nous» (Jean 14:23).
Paul se souvient sans doute de sa première visite à Philippes, de la prison et des cantiques qu'il y chantait avec Silas (Actes 16:24, 25). Prisonnier de nouveau, rien ne lui ôte sa joie parce que rien ne peut lui ôter Christ. Il en est de même de sa force. «Je puis toutes choses â dit-il, malgré ses chaînes â en Celui qui me fortifie» (comp. 2 Cor. 6:10). Comme lui, nous apprenons à être contents quelles que soient les circonstances: succès ou difficultés, santé ou maladie, beau ou mauvais temps⦠si nous sommes «contents du Seigneur».
Bien que très pauvres, les Philippiens venaient, par les mains d'Ãpaphrodite, d'envoyer un nouveau secours à l'apôtre (lire 2 Cor. 8:1-5). Celui-ci leur affirme selon sa propre expérience: «mon Dieu suppléera à tous vos besoins» â mais pas à toutes vos convoitises. Il engage la responsabilité de son Dieu, comme s'il endossait un chèque en blanc sachant disposer pour lui et ses amis d'un crédit illimité: rien de moins que «Ses richesses en gloire» (v. 19; Ãph. 3:16). Que Dieu nous donne d'expérimenter le secret du bienheureux apôtre: la pleine suffisance du Seigneur Jésus Christ! jusqu'à ce qu'enfin s'accomplisse le soupir du psaume: «Je verrai ta face⦠je serai rassasié de ton image» (Ps. 17:15).
Cette lettre s'adresse à une assemblée que Paul n'avait jamais visitée (Phil. 2:1). Colosses semble avoir reçu l'évangile par le moyen d'Ãpaphras, serviteur de Dieu auquel est rendu ici (v. 7, 8) et au Phil. 4:12, 13 un témoignage remarquable. Selon son habitude, l'apôtre relève d'abord tout le bien possible chez les croyants auxquels il écrit. Inspirons-nous de son exemple. La foi, l'espérance et l'amour étaient le fruit triple et complet porté par l'évangile à Colosses (v. 4 et 5). Mais ce qui nourrit la foi, soutient l'espérance, réchauffe l'amour, c'est la connaissance de Dieu (v. 10). Aussi l'apôtre demande-t-il dans sa prière que les Colossiens en soient remplis. Il fallait que leur marche â et la nôtre â obéisse à un double motif. Vis-à -vis de ceux qui nous entourent: nous montrer dignes de Celui à qui nous déclarons appartenir. Et surtout vis-à -vis du Seigneur, si nous l'aimons: chercher à Lui plaire à tous égards. La gloire exerce sur nous un attrait puissant (v. 11). Mais pourquoi toute la force du Seigneur est-elle requise? Non pour tel combat spectaculaire, ni même ici pour annoncer l'évangile. Simplement pour nous donner de la patience et de la constance â avec joie. Victoires que nous avons l'occasion de remporter tous les jours!
Le vrai christianisme n'est pas une religion, un ensemble de vérités auxquelles on adhère. C'est la connaissance expérimentale de quelqu'un. Le christianisme, c'est Christ connu et vécu. Nous avons été mis en relation avec une personne incomparable: le Fils de l'amour du Père. Il nous a donné un lot dans la lumière, une place dans le royaume, la rédemption, la rémission des péchés, la paix, que Christ a faite par son propre sang (v. 20)⦠Mais ce qui fait la grandeur d'une telle Åuvre, c'est la grandeur de Celui qui l'a accomplie. Et l'apôtre énumère comme d'une seule haleine les gloires de ce Bien-aimé: ce qu'Il est, ce qu'Il est devenu, ce qu'Il a fait de nous. Il affirme sa double primauté: sur l'univers créé et sur l'Assemblée, son double titre de Premier-né de toute la création (c'est-à -dire d'Héritier universel) et de Premier-né d'entre les morts. Par Lui la vie est sortie du néant en création. Et elle est aussi sortie du tombeau en rédemption. Il est le Créateur de toutes choses dans les cieux et sur la terre (v. 16). Il est le Réconciliateur de toutes choses sur la terre et dans les cieux (v. 20). Il est enfin le Dominateur qui doit tenir la première place en toutes choses. Dans les cieux, sur la terre et dans notre cÅur (v. 18).
Serviteur de l'évangile (v. 23 fin), Paul l'était aussi de l'assemblée (v. 25). Au prix de bien des souffrances, il travaillait et combattait pour elle (v. 28, 29). Labeur, souffrances et guerre, sont les sens que prend pour lui le mot service (voir Nomb. 4:3 note). Il annonçait les mystères, cachés aux sages et aux intelligents, mais révélés au plus jeune croyant (v. 26; Col. 2:2 fin; comp. Ãph. 3).
à cette occasion, remarquons les ressemblances entre l'épître aux Colossiens et celle aux Ãphésiens. Mais tandis que dans cette dernière le chrétien est vu assis dans les lieux célestes en Christ (Ãph. 2:6), l'épître aux Colossiens le considère comme étant sur la terre, ayant Christ en lui: l'espérance de la gloire (v. 27). Quelle pensée! Celui «en qui toute la plénitude s'est plu à habiter», demeure Lui-même maintenant dans les cÅurs des siens. On comprend qu'avant de mentionner les «discours spécieux» (v. 4) et les rêveries de l'esprit humain, l'apôtre commence par présenter les excellentes réalités chrétiennes comme pour les mettre en contraste. Oui vraiment, nous avons en Christ, «toutes les richesses de la pleine certitude d'intelligence» et «tous les trésors de la sagesse et de la connaissance» (v. 2, 3). Qu'irions-nous encore chercher en dehors de Lui?
S'occuper des gloires du Seigneur Jésus est le moyen d'être édifiés et enracinés en Lui (v. 7). Les racines d'un arbre lui assurent à la fois nourriture et stabilité (Prov. 12:3). Si le chrétien n'est pas affermi dans la foi (Col. 1:23), il risque d'être emporté «par tout vent de doctrine» (Ãph. 4:14; comp. Matt. 13:21). Précisément des vents dangereux soufflaient à Colosses: la philosophie (v. 8), la tradition (note), le culte des anges (v. 18), les ordonnances religieuses (v. 22)⦠tout ce que le v. 8 appelle de vaines déceptions. Avec non moins d'imagination, doctrines et thèses sont inventées et foisonnent aujourd'hui. Craignons de prêter l'oreille à tout enseignement qui s'écarte de la Parole de Dieu. L'Ennemi de nos âmes, par les agents qu'il emploie, voudrait nous séduire (v. 4), faire de nous sa proie (v. 8), nous dépouiller (voir note), nous frustrer du prix du combat (v. 18). Or le grand combat a été livré et remporté par un Autre. La croix où Satan a cru un moment triompher a marqué sa défaite totale et publique (v. 15); il a lui-même été dépouillé de son armure et de ses biens (lire Luc 11:21, 22). Ne supportons pas de nous laisser ravir, ou plutôt ravir au Seigneur, quoi que ce soit de ce qui Lui appartient.
Ce que nous devons faire ou ne pas faire découle de ce que nous sommes. Or notre double position vient d'être précisée (v. 12 et 13).
1º Nous sommes morts avec Christ (v. 20), morts aux éléments du monde; nous ne pouvons plus prendre pour règle de vie les principes qui régissent ce monde, avec leurs prétentions morales ou religieuses, et leur mesure souvent fausse du bien et du mal.
2º Nous sommes «ressuscités avec le Christ» (Col. 3:1). Gens d'en haut, pensons aux choses d'en haut, appliquons les principes d'en haut dans nos circonstances les plus ordinaires.
Oui, vous êtes morts, confirme le v. 3 et la vie nouvelle, impérissable, que vous possédez à présent est «cachée avec le Christ en Dieu». «C'est pourquoi le monde ne nous connaît pas â c'est-à -dire ne peut pas nous comprendre â parce qu'il ne L'a pas connu» (1 Jean 3:1). Mais quand Christ sera manifesté, alors tous sauront quel était notre secret.
Bien que notre vie soit au ciel, il nous reste sur la terre des «membres» moraux dangereux, autrement dit nos convoitises. Appliquons la mort à toutes ces coupables manifestations du vieil homme. à cause d'elles «la colère de Dieu vient sur les fils de la désobéissance». à cause d'elles aussi cette colère est tombée sur notre parfait Substitut.
La dépouille du vieil homme se compose des tristes haillons désignés dans les v. 8 et 9: colère, malice, injures⦠Ayons honte de nous présenter ainsi. Revêtons plutôt le vêtement lumineux du nouvel homme dont Christ est le modèle parfait (v. 10). Ses ornements sont décrits: miséricorde⦠humilité, douceur, support, pardon⦠Par-dessus tout, couvrons-nous de l'amour qui est sa nature même. C'est lui qui nous fera reconnaître comme disciples de Jésus (Jean 13:35).
Notre état intérieur n'est pas moins essentiel. En nous doivent demeurer: Christ qui est tout (v. 11, fin), sa paix (v. 15), sa Parole (v. 16). Ce n'est pas d'avoir la Bible à la maison ni même sur notre table de chevet qui nous fera le moindre bien. Le mets le plus fortifiant ne nourrit pas tant qu'il reste dans l'assiette. Il faut que la Parole habite en nous richement (Rom. 10:8). Un autre moyen auquel nous ne pensons guère pour être enseignés et exhortés, ce sont les cantiques chantés de nos cÅurs à Dieu (Ps. 119:54). N'en privons ni Lui ni nous. Enfin pour chacune de nos paroles ou de nos actions, une double question nous servira de pierre de touche. Puis-je dire ou faire ceci au nom du Seigneur Jésus? Puis-je rendre grâces pour cela à Dieu le Père?
Le ch. 3:10, 11 annulait toute différence entre les créatures de Dieu pour ne maintenir que la distinction fondamentale entre le vieil homme et le nouvel homme (comp. Gal. 3:27, 28). Mais ici le chrétien, en qui coexistent ces deux natures, est envisagé dans ses relations avec les autres et en même temps avec le Seigneur. à la différence du reste de l'épître où nous avons affaire au Christ (notre vie), il est appelé ici le Seigneur, pour souligner ses droits et son autorité. Enfants, femmes, maris, employés ou maîtres, chacun à sa place et à sa manière, sert «le Seigneur Christ». Et vis-à -vis de «ceux de dehors», quelle doit être notre attitude? D'abord une marche sage, illustrant la vérité. Puis un langage plein de grâce et de fermeté, adapté aux occasions et à l'état de chacun. Enfin des prières (v. 3). Paul les sollicite pour lui-même. Et remarquons-le, ce n'est pas la porte de la prison qu'il voudrait voir s'ouvrir, mais celle de l'évangile.
Ces versets correspondent au ch. 5:22 â 6:9 de l'épître aux Ãphésiens. «Dans ces deux passages â a dit quelquâun â il est très beau de voir de quelle manière la doctrine divine entre dans tous les détails de la vie, et jette le parfum de sa perfection sur tous les devoirs et sur toutes les relations».
Paul, prisonnier à Rome, s'est servi du même fidèle messager, Tychique, pour porter ses deux lettres aux Ãphésiens et aux Colossiens (Ãph. 6:21, 22). D'autres frères et hommes de Dieu participaient à ses travaux et partageaient ses sujets de prières: Ãpaphras qui, après avoir parlé du Seigneur aux Colossiens (Col. 1:7), parlait d'eux au Seigneur (v. 12); Onésime, Aristarque, Marc, Luc⦠et aussi Démas, d'abord étroitement associé à l'Åuvre, ici seulement nomméâ¦
On se représente la confusion d'Archippe en entendant son nom dans la lettre lue devant l'Assemblée. Quel est ce service particulier qu'il avait reçu du Seigneur? Il suffit que lui l'ait su. Et si l'Esprit de Dieu ne le précise pas, c'est pour que chaque croyant puisse mettre son nom à la place de celui d'Archippe.
Lâétat désastreux de l'Assemblée de Laodicée décrit en Apoc. 3:17, montre qu'elle n'a nullement tiré profit de cette lettre qui lui a été ensuite communiquée (v. 16). Elle est restée pauvre, ayant accumulé d'autres richesses et d'autres trésors que ceux du Col. 1:27 et Col. 2:2, 3. Elle est restée nue, n'ayant pas su se revêtir selon le Col. 3:10, 12, 14⦠Que le Seigneur nous donne de tenir compte des avertissements de Sa Parole! Qu'elle habite en nous richement (Col. 3:16)!
Le ch. 17 des Actes nous raconte la courte visite de Paul et Silas (ou Silvain; v. 1) à Thessalonique. Ils y avaient annoncé et vécu l'évangile (v. 5). Et les Thessaloniciens l'ayant reçu (v. 6) le vivaient à leur tour. Leur Åuvre était une preuve de leur foi (comp. Jac. 2:18); leur travail confirmait leur amour; leur patience proclamait quelle grande espérance pouvait seule les soutenir (v. 3). Si bien que tout le monde savait qu'il y avait des chrétiens à Thessalonique (v. 7). Chacun dans mon quartier ou mon lieu de travail sait-il que je suis chrétien? Une conversion est le signe public de la nouvelle naissance, le changement de direction visible qui correspond à la vie divine reçue dans l'âme. En faisant demi-tour, on n'a plus devant soi les mêmes objets (Gal. 4:8, 9). Les Thessaloniciens tournaient désormais le dos aux idoles inertes et mensongères, pour contempler et servir un Dieu vivant, un Dieu vrai.
Les idoles de bois ou de pierre du monde païen ont fait place à celles plus raffinées du monde «christianisé». Mais il est toujours vrai qu'on ne peut servir deux maîtres (Luc 16:13). Qui servons-nous: Dieu ou nos convoitises? Et qu'attendons-nous? Le Fils de Dieu ou la colère qui vient?
Les outrages et les sévices subis par Paul et Silas à Philippes (Actes 16), loin de les décourager, les avaient remplis de «toute hardiesse». La réaction furieuse de l'Adversaire prouvait justement que leur travail n'était pas vain (v. 1). Pourtant ils n'avaient employé aucune des méthodes habituelles de la propagande humaine: séduction, ruse, flatteries, efforts pour plaire (2 Cor. 2:17). Parfois l'évangile est présenté sous un jour attrayant et sentimental, ou comme un à -côté d'une Åuvre sociale. Le ministère de Paul n'était pas davantage animé par un des trois grands ressorts de l'activité des hommes: la recherche de la gloire personnelle, la satisfaction de la chair et le profit matériel. Au contraire, les souffrances de l'apôtre témoignaient d'un entier désintéressement (Actes 20:35). Deux sentiments l'animaient: le continuel souci de plaire à Dieu (v. 4), et l'amour pour ceux qui étaient devenus «ses propres enfants». Comme une mère, il les avait nourris et chéris (v.7). Comme un père, il les exhortait, les consolait, leur apprenait à marcher (v. 11, 12). Mais ce sont d'abord leurs relations avec Dieu dont il veut qu'ils aient pleine conscience. Quelle position que la leur â et la nôtre! Dieu ne nous appelle à rien de moins qu'à son propre royaume et à sa propre gloire.
Les chrétiens de Thessalonique avaient accepté la parole de l'apôtre comme étant véritablement la Parole de Dieu (v. 13; Matt. 10:40). L'inspiration absolue de toutes les parties de la sainte Ãcriture est loin d'être reconnue par tous les «théologiens» de la chrétienté. On présente souvent les écrits de Paul comme les enseignements d'un homme, homme de Dieu remarquable sans doute, mais faillible. En général il s'agit d'un prétexte pour ne pas s'y soumettre et rejeter ce qui paraît trop étroit⦠Mais, Dieu soit béni, chaque mot de la Bible possède la même autorité divine!
La jalousie des Juifs avait interrompu l'activité de l'apôtre auprès des Thessaloniciens (v. 15, 16; Actes 17:5). Et il n'avait pas fini de les instruire. Or un instituteur est confus quand aucun de ses élèves n'a obtenu le diplôme pour lequel il les a préparés. Paul, parlant à leur cÅur, leur rappelle au v. 19 qu'il était personnellement responsable de leur fidélité. Suivant le cas, il recevrait une couronne des mains du Seigneur. Ou bien il serait «couvert de honte» à cause d'eux «à Sa venue» (v. 19; 1 Jean 2:28). Chers amis, ayons comme l'apôtre cette pensée toujours présente à l'esprit: nous aurons bientôt à rendre compte devant notre Maître de tout ce que nous aurons fait (Matt. 25:19; Rom. 14:12).
Par deux fois Satan avait empêché Paul de retourner à Thessalonique (1 Thess. 2:18). Dieu l'avait permis pour que soient manifestées tant les affections de l'apôtre que la fidélité des Thessaloniciens. Usant d'une autre arme, «le tentateur» (v. 5) avait alors suscité contre eux de grandes tribulations. Or Paul les avait avertis que, non seulement ces épreuves étaient inévitables, mais qu'ils étaient destinés à cela (v. 3; Jean 15:20; Jean 16:33). Y était-il pour cette raison indifférent? Bien au contraire! Mais ce dont il s'inquiétait, ce n'était pas des tribulations des Thessaloniciens, c'était de la fermeté de leur foi (v. 2 fin, 5, 6, 7 10). Leçon pour nous qui nous arrêtons facilement à des circonstances extérieures: difficultés matérielles, maladies, etc., et perdons de vue l'état intérieur du chrétien! N'y tenant plus (v. 1 et 5), l'apôtre avait délégué Timothée pour les affermir et les encourager. Et lui-même avait été consolé, oui, rempli de joie, au milieu de sa propre tribulation par les nouvelles qu'il avait reçues. Car loin d'ébranler la foi de ces tout jeunes croyants, l'épreuve l'avait fortifiée. De même les climats les plus rudes forgent généralement les races les plus résistantes. Encore une fois Satan avait fait une Åuvre qui l'avait trompé (Prov. 11:18).
Ce ne sont pas nos épreuves qui doivent nous porter à attendre le Seigneur; c'est l'amour! Sa venue «avec tous ses saints» est la grande pensée qui doit gouverner tout notre comportement. Saints, nous le sommes devant Dieu par l'Åuvre parfaite de Christ (Héb. 10:10). Mais en même temps nous sommes exhortés à affermir nos cÅurs dans la sainteté pratique (1 Thess. 3:13); elle est l'expresse volonté de Dieu pour chacun des siens (1 Thess. 4:3). Un jeune chrétien devra notamment veiller à se garder pur (v. 4). En considérant son corps comme un instrument de plaisir, il pèche d'abord contre lui-même: il ruine quelquefois sa santé, toujours sa conscience (celle-ci perd sa sensibilité au mal et se dérègle comme l'aiguille d'un compteur qui a été forcé).
Il peut aussi faire le plus grand tort à autrui (v. 6; Héb. 13:4). Que de vies ruinées, d'esprits et de corps souillés, de foyers brisés, ont payé la vanité d'une conquête et le plaisir de quelques moments! Enfin l'impureté sous toutes ses formes est un péché contre Dieu (Ps. 51:4). Notre corps ne nous appartient plus; il est devenu le temple de l'Esprit que Dieu nous a donné (v. 8; 1 Cor. 6:18-20). L'Esprit Saint réclame une demeure sainte. Conserver notre corps sans reproche (1 Thess. 5:23), c'est honorer Celui qui l'habite.
Il n'est pas nécessaire d'accomplir des Åuvres extraordinaires «pour servir le Dieu vivant et vrai» (1 Thess. 1:9). Il est avant tout demandé au chrétien de vivre paisiblement, de sâappliquer fidèlement à sa tâche quotidienne (v. 11). Bientôt ce sera la fin de son activité terrestre! à la voix du Seigneur, chacun posera son instrument de travail pour aller à sa rencontre et être toujours avec Lui. L'enlèvement des croyants est le premier acte de la venue du Seigneur Jésus (le second étant son retour en gloire avec eux: 1 Thess. 3:13). Il vient les chercher Lui-même, ne laissant à nul autre ce soin et cette joie. Joie qui doit être le partage de chaque racheté et sa consolation présente lorsqu'un des siens vient à «s'endormir». La mort étant vaincue (pas encore détruite), les morts en Christ sont simplement «endormis» (v. 13, 14, 15; comp. Jean 11:11-13). Ils s'éveilleront, comme Lazare, mais pour toujours, au cri de commandement du Prince de la vie. Puis dans un ordre parfait et comme Lui-même a quitté la terre, nous serons enlevés tous ensemble à sa rencontre en l'air (Phil. 3:20). Notre génération vivra-t-elle ce merveilleux événement attendu par tant de générations? Tout permet de le penser. Et ce sera peut-être tout à lâheure. Chacun de nous est-il prêt?
Si la venue du Seigneur signifie pour ses rachetés l'entrée dans la joie éternelle, elle est pour les incrédules le signal d'une subite destruction (Luc 17:26-30). Attente bienheureuse pour les uns, surprise totale et terrible pour les autres! Hélas, dans la pratique la différence est loin d'être toujours aussi nette! Certains «fils de la lumière» ont caché leur lampe sous le boisseau ou sous le lit (Marc 4:21). Ils dorment et la somnolence spirituelle est un état qui ressemble à la mort. à quoi est-elle due? Généralement à un manque de sobriété. S'enivrer, c'est faire des biens de la terre un usage qui dépasse ses besoins (Luc 12:45, 46). Et lorsqu'on est à la fois assoupi quant aux intérêts célestes, et bien éveillé quant à ceux d'ici-bas, peut-on désirer le retour du Seigneur? Nous qui sommes du jour, «ne dormons pas comme les autres» (v. 6), «comme les autres qui n'ont pas d'espérance» (1 Thess. 4:13), de crainte d'être nous aussi surpris à l'arrivée inopinée de notre Maître. Relisons les sérieuses paroles du Seigneur en Marc 13:33-37. Nous devrions nous poser très souvent cette question: Aimerais-je que le Seigneur me trouve faisant ce que je suis en train de faire, disant ou pensant ce que je suis en train de dire ou de penser?
La fin de l'épître nous apprend quel doit être notre comportement entre frères, à l'égard de tous les hommes, par rapport à Dieu, enfin dans l'assemblée. Notre vie entière est en somme encadrée par ces courtes exhortations. S'il s'agit de se réjouir, c'est toujours; de prier, c'est sans cesse; de rendre grâces, c'est en toutes choses! La foi nous permet de remercier le Seigneur même pour ce qui nous semblerait fâcheux. Prier sans cesse, c'est demeurer dans sa communion, ce qui sera aussi notre sauvegarde contre le mal sous toutes ses formes (v. 22). Celui qui nous a rachetés tout entiers, esprit, âme et corps, exige aussi la sainteté de notre être tout entier (1 Thess. 4:3). La souillure de l'esprit et celle du cÅur, bien qu'invisibles, sont autant à craindre que celle du corps. Demandons au Seigneur, qui est fidèle, de nous conserver sans reproche, conformes à Lui, pour l'instant du grand rendez-vous. Eh bien, aucune pensée n'est plus propre à nous sanctifier que celle du retour du Seigneur Jésus (lire 1 Jean 3:3). Nous avons trouvé cette inestimable promesse mentionnée à la fin de chacun des cinq chapitres de cette lettre. Ne la perdons jamais de vue. Et jusque-là , que la grâce de notre Seigneur Jésus Christ soit avec chacun de nous!
Les persécutions dont étaient victimes les Thessaloniciens avaient augmenté leur foi, fait abonder leur amour, manifesté leur patience. Que leur manquait-il donc, et pourquoi l'apôtre juge-t-il nécessaire de leur adresser cette deuxième épître? L'espérance cette fois n'est pas nommée, ni non plus la joie de l'Esprit Saint (comp. 1 Thess. 1:3, 6 fin). Paul place devant eux les vérités propres à ranimer ces sentiments dans leurs cÅurs. Le triomphe des persécuteurs et leurs propres souffrances ne sont que pour un temps. «Le Dieu des rétributions rend certainement ce qui est dû» (Jér. 51:56). Et cette rétribution, des fidèles comme des méchants, aura lieu au jour du Seigneur. Elle est liée à sa manifestation glorieuse. Le même châtiment: «une destruction éternelle» atteindra les païens demeurés volontairement dans l'ignorance de Dieu et les chrétiens de pure profession, désobéissants à l'évangile (v. 8). Tandis que les saints, «tous ceux qui auront cru», seront vus dans la compagnie du Seigneur, associés à sa gloire admirable (v. 10; Matt. 13:43). Mais le bon plaisir de Dieu et la prière de l'apôtre, c'est que dès à présent le Nom de notre Seigneur Jésus Christ soit glorifié en chacun de ceux qui Lui appartiennent.
Une grave question troublait les Thessaloniciens. Le jour du Seigneur n'était-il pas déjà arrivé? Leurs tribulations pouvaient le laisser croire et de faux docteurs l'affirmaient. Non, répond l'apôtre. En effet ce jour doit être précédé de trois événements:
1º notre rassemblement auprès du Seigneur,
2º l'apostasie de la fausse Ãglise et des Juifs eux-mêmes,
3º l'apparition de l'Antichrist, appelé «l'homme de péchéâ¦, le fils de perdition» (v. 3), «l'inique» (v. 8). Ces noms soulignent par opposition les caractères du Seigneur Jésus: justice, salut, entière obéissance à Dieu.
Dans cette terrible période, une énergie d'erreur envoyée en châtiment obscurcira l'esprit des hommes: ils n'ont pas cru la vérité, ils croiront au mensonge. Le mystère d'iniquité opère déjà , ajoute l'apôtre (comp. 1 Jean 2:18). Seulement «Celui qui retient maintenant», le Saint-Esprit, oppose une barrière au déploiement du mal dans le monde. Quand Il aura quitté la terre avec l'Ãglise, alors l'iniquité ne connaîtra plus aucun frein. Mais quel contraste entre cette puissance satanique (v. 1-12) et l'Åuvre de notre Dieu et Père (v. 13-17). Il nous a aimés, choisis pour le salut, appelés à la gloire de notre Seigneur Jésus Christ. Ne manquons pas maintenant de Lui en rendre grâces (v. 13; 2 Thess. 1:3).
Paul se recommande aux prières des saints (v. 1; 1 Thess. 5:25). Lui-même ne cessait de prier pour eux (ch. 1:11). Il comptait sur le Seigneur fidèle pour les affermir et les garder du Méchant. Il comptait aussi sur leur obéissance, et celle-ci comprend l'accomplissement tout simple de leurs devoirs journaliers. Or certains à Thessalonique avaient cessé tout travail. Puisque le Seigneur vient, estimaient-ils, à quoi bon cultiver son champ, et vaquer aux affaires de la vie présente? Et, triste conséquence, ils se mêlaient de tout (v. 11; voir 1 Tim. 5:13). Paul proteste avec véhémence. Rien dans son enseignement ne pouvait donner prétexte à un tel désordre (v. 6, 7, 11; comp. 1 Thess. 4:11). Il avait au contraire donné l'exemple du travail manuel pour n'être à charge à personne. Et l'exemple suprême, c'est «la patience du Christ» attendant de se présenter sa chère assemblée (v. 5).
Avec les épîtres aux Thessaloniciens, nous arrivons à la fin des lettres que Paul a écrites à sept assemblées bien différentes. Les divers aspects de la vie et de la doctrine chrétienne y sont traités, depuis l'acquisition du salut dans lâépître aux Romains jusqu'à la gloire prochaine. Tous ces enseignements sont du plus grand prix pour nous. Que le Seigneur nous accorde de les retenir afin de demeurer fermes (2 Thess. 2:15)!
Nous avons fait la connaissance de Timothée au ch. 16 des Actes. Les liens de Paul avec son «véritable enfant dans la foi» étaient étroits. Pourtant il lui écrit en qualité d'apôtre pour souligner l'autorité qu'il lui confère. Ce jeune disciple était investi d'une tâche difficile: ordonner à chacun comment il avait à se conduire dans l'assemblée (1 Tim. 3:15). Un mandat lui était confié dont la fin (le but) était l'amour. De même que les tribunaux ne sont pas pour les honnêtes gens, la loi ne concerne plus ceux qui sont justifiés (v. 9). Ce qui leur convient désormais, c'est l'amour dont la source est en Dieu. Il est versé par l'Esprit dans notre cÅur (Rom. 5:5). Mais pour qu'il ne soit pas en nous comme une eau stagnante, pour qu'il nous «traverse» et jaillisse au profit d'autrui, aucun «conduit» ne doit être obstrué. L'amour découle d'un cÅur pur: débarrassé de toute idole; d'une bonne conscience: qui n'a rien à se reprocher (Actes 24:16); d'une foi sincère: exempte de toute forme hypocrite (2 Tim. 1:5). Si ces conditions ne sont pas remplies notre christianisme ne sera guère qu'un vain babil (v. 6). Qu'il est brillant le contraste entre la loi qui maudit le pécheur et la grâce qui le transporte dans la gloire et le bonheur de Dieu!
Si quelqu'un pouvait comparer la servitude de la loi avec l'évangile de la grâce, c'était bien le pharisien Saul de Tarse devenu l'apôtre Paul. Sa fidélité à la loi ne l'avait nullement empêché d'être le premier des pécheurs. N'avait-il pas persécuté Jésus en persécutant si âprement les siens? Sans fausse humilité, il se déclare pire que tous les pécheurs énumérés dans les v. 9 et 10. Mais ce sont précisément des coupables et non des justes que le Christ Jésus est venu sauver (Matt. 9:13). Et puisque le premier d'entre eux a pu l'être, personne ne peut se dire trop pécheur pour être placé au bénéfice de la grâce. «Miséricorde m'a été faite», s'écrie l'apôtre à deux reprises (v. 13, 16). Il mesure la grandeur de cette miséricorde à la grandeur de sa propre misère et spontanément l'adoration s'élève de son cÅur (v. 17). Si nous jouissons souvent si peu de la grâce, c'est peut-être parce que notre conviction de péché n'a pas été suffisamment profonde. «Celui à qui il est peu pardonné â ou du moins qui le pense â aime peu» (Luc 7:47). Et toi, ami encore indifférent, la patience du Seigneur s'est exercée envers toi aussi, jusqu'à maintenant. Ne le fais pas attendre plus longtemps. Demain il sera peut-être trop tard.
Avant toutes «ces choses» dont il va parler à Timothée (1 Tim. 3:14; 1 Tim. 4:6, 11â¦), l'apôtre nomme la prière sous ses différentes formes. C'est par là que commence tout service chrétien. La volonté de salut de Dieu, l'Åuvre de Christ, et notre prière embrassent tous les hommes. Notre devoir est de prier pour tous sans restriction parce que Dieu veut que tous soient sauvés et parce que le Christ Jésus s'est donné en rançon pour tous. Si tous ne sont pas sauvés, cela ne tient donc pas à Dieu ni à Christ, mais à la dureté du cÅur de lâhomme. Et c'est notre privilège de prier pour les multitudes qui ne savent pas le faire.
Il dépend de «ceux qui sont haut placés» que nous puissions mener une vie paisible et tranquille. Demandons à Dieu de nous l'assurer par leur moyen, non pour la gaspiller au gré de nos convoitises, mais pour être plus libres de nous occuper du salut des pécheurs (Esd. 6:10).
Les frères, y compris les plus jeunes, sont appelés à prier en tout lieu, publiquement dans l'assemblée. Les sÅurs par contre y gardent le silence. Mais par leur attitude et leur tenue modeste, elles peuvent rendre un témoignage plus puissant que par des paroles. Les conséquences de la chute demeurent pour la femme (Gen. 3:16), mais la foi, l'amour, la sainteté et la modestie sont, même pour la terre, gages de délivrance et de bénédiction.
Aspirer à la surveillance doit être considéré comme une preuve d'attachement à l'assemblée. Pour exercer les fonctions de surveillant (ou d'ancien) et de serviteur (diacre), il n'est question ni d'études ni d'examen, mais de conditions morales. Elles sont de deux ordres:
1º un bon témoignage dans l'assemblée et au dehors;
2º une expérience acquise dans la vie chrétienne.
Dans toute maison, il existe une règle de conduite, une discipline collective à laquelle chacun se soumet. Il en est ainsi dans la maison du Dieu vivant: l'assemblée (1 Cor. 14:40). Nous ne sommes nullement libres de nous y comporter à notre guise. Elle est la colonne sur laquelle le nom de Christ, la Vérité, est écrit pour le faire connaître au monde entier. Grand est le mystère de la piété parce que grand est Celui sur qui sont fondées nos relations avec Dieu. La venue de Jésus comme un homme sur la terre, la parfaite justice de toute sa marche dans la puissance du Saint-Esprit et sous le regard des anges, son Nom prêché et cru ici-bas, enfin son élévation dans la gloire, constituent les éléments inséparables de ce mystère intangible confié à l'assemblée. Celle-ci est responsable devant le Seigneur de «soutenir» et de garder toute la Vérité (v. 15 fin).
Le grand mystère de la piété a été méprisé par beaucoup! Certains ont retranché ce qui les gênait. D'autres ont ajouté des pratiques légales ou des superstitions. Le «bon serviteur», lui, se nourrit de «la bonne doctrine» (v. 6; voir 1 Tim. 1:10 fin; 1 Tim. 6:3). Il sera alors en mesure d'enseigner les autres (v. 11 et 13). La piété est une vertu à laquelle on s'exerce â en grec «gymnazô», d'où vient notre mot gymnastique. On s'y entraîne. L'exercice corporel, le sport, est utile à la santé de notre corps â peu de chose en comparaison des progrès de l'âme qu'amène la pratique quotidienne de la piété. Remarquons qu'il faut s'y exercer soi-même, nul ne pouvant vivre de la piété d'autrui. à cette condition, le jeune Timothée pourra être un «entraîneur» pour d'autres (Tite 2:7): un modèle en parole, celle-ci étant confirmée par la conduite, qui est inspirée par l'amour, à son tour éclairé par la foi, laquelle enfin est préservée par la pureté (v. 12). Et comment s'exerce-t-on à la piété? En étant occupé des choses divines et en s'y donnant tout entier. La faiblesse de notre témoignage vient souvent de ce que nous nous dispersons dans trop de directions. Soyons les champions d'une seule cause, celle de Christ (2 Cor. 8:5). Nous ferons ainsi des progrès évidents à tous (v. 15).
Dans les relations avec les autres chrétiens, ce sont les liens de famille qui doivent nous servir de modèle: «comme un père,⦠comme des frères,⦠des mères,⦠des sÅurs» (v. 1, 2). Ne perdons jamais de vue que nous formons une seule et même famille, la famille de Dieu.
Chacun est invité à montrer sa piété, mais premièrement envers sa propre maison (v. 4). Les pharisiens prêchaient l'inverse. Tout en faisant étalage de dévotion, ils annulaient le commandement de Dieu en détournant les enfants de leurs devoirs les plus légitimes vis-à -vis de leurs parents (Marc 7:12, 13).
Un seul verset, le v. 10, résume une vie entière de service pour le Seigneur. Puisse chaque chrétienne ne rien désirer d'autre.
Ces 14 versets (3-16) consacrés aux veuves nous rappellent que Dieu veille sur elles d'une manière toute particulière (Ps. 68:5). L'évangile de Luc en mentionne quatre: Anne, dont l'activité en prière nuit et jour illustre le v. 5 (Luc 2:36-38). La veuve de Naïn à laquelle Jésus rendit son fils (Luc 7:12â¦). Celle qui réclamait justice dans la parabole du Luc 18. Enfin la pauvre veuve qui sous les yeux du Seigneur â et pour Sa joie â donna au trésor du Temple tout ce qu'elle avait pour vivre (Luc 21). Une foi entière en Lui, voilà ce qui plaît à Dieu par-dessus tout (Héb. 11:6).
Paul continue d'exposer à Timothée «comment il faut se conduire dans la maison de Dieu» (1 Tim. 3:15). Question capitale, à laquelle sont intéressés: Dieu Lui-même â c'est sa maison, â le Christ Jésus, enfin les anges élus, appelés à considérer la sagesse de Dieu dans l'assemblée (v. 21; Ãph. 3:10)! Or cette sagesse «si diverse» doit aussi apparaître dans les détails variés de la vie de l'assemblée: devoirs du troupeau envers ses anciens, comportement du serviteur de Dieu pour régler les cas difficiles, instructions données aux esclaves⦠(1 Tim. 6:1, 2). Que de désordres s'introduisent dès que l'on n'est plus soumis aux saines paroles, qui sont celles, non de Paul ou de Timothée, mais de notre Seigneur Jésus Christ (v. 3; 1 Thess. 4:2 et 8)!
La piété accompagnée du contentement est en elle-même un gain, un grand gain à la portée de tous (voir ch. 4:8). Notre civilisation est basée sur la création et la satisfaction de besoins toujours nouveaux. Malgré tout, le cÅur avide de l'homme reste insatiable (comp. v. 9, 10 avec Ps. 49:16-20). Remercions le Seigneur de nous assurer le nécessaire (v. 8). Nous serons toujours satisfaits de ce qu'Il nous donne, si Lui-même, le Donateur (qui est le grand Objet de la piété) satisfait pleinement notre cÅur.
«Mais toiâ¦!». L'homme de Dieu â et chaque enfant de Dieu â doit sans cesse ici-bas marcher à contre-courant. Il fuit ce que le monde aime et recherche: l'argent et les choses que l'argent procure (v. 10). Il poursuit ce qui plaît au Seigneur: justice, piété, foi, amour, patience, douceur (v. 11). Il attend Son apparition, ce temps où tout sera manifesté (v. 14).
L'apôtre ne confond pas «ceux qui sont riches» (v. 17) avec «ceux qui veulent devenir riches» (v. 9). Mais il projette sur les biens du «présent siècle» la lumière de l'éternité. L'objet de notre confiance, ce ne sont pas les dons, mais Celui qui donne (v. 17 fin); le vrai gain, c'est la piété; les vraies richesses, les bonnes Åuvres (v. 18); le vrai trésor, un bon fondement pour l'avenir (v. 19). Oui, sachons discerner et saisir «ce qui est vraiment la vieâ¦Â».
Fuisâ¦, poursuisâ¦, combatsâ¦, saisisâ¦, avons-nous trouvé dans notre lecture (v. 11, 12). Le v. 20 fait entendre un dernier impératif particulièrement solennel: «O Timothée, garde ce qui t'a été confié» (voir aussi v. 14 et 2 Tim. 1:14). Telle est l'exhortation finale, dans laquelle nous invitons chacun de nos jeunes lecteurs à remplacer par son propre nom celui de Timothée.
Bien différente de la première, cette seconde épître s'ouvre sur un temps de ruine où l'apôtre prisonnier, terminant sa course, assiste au déclin rapide du témoignage auquel il avait tant travaillé. Mais Dieu s'est servi de ces progrès du mal, déjà visibles du temps des apôtres, pour nous donner cette épître qui nous montre le chemin à suivre et les ressources de la foi dans les «temps fâcheux» qui sont les nôtres aujourd'hui (2 Tim. 3:1). Courage, écrit Paul à son «enfant bien-aimé», ne te laisse pas effrayer. Ce que nous possédons est hors de la portée de l'Ennemi, gardé par la puissance de Dieu: Père, Fils et Saint-Esprit. Celui-ci reste un esprit de puissance, d'amour, de conseil, et Il habite en nous (v. 14; Jean 14:17 fin). Notre «Sauveur Jésus Christ» n'a pas changé. Sa victoire sur la mort est acquise pour l'éternité (v. 10). Tous les points d'appui extérieurs se sont écroulés, amenant la foi à ne se reposer que sur le Seigneur (v. 12; Ps. 62:1). Ce n'est pas quand tout va bien mais quand tout va mal, que la fidélité de chacun est mise à l'épreuve (Phil. 2:22). Dans l'adversité, le grand nombre s'était détourné de l'apôtre (v. 15), tandis qu'un frère dévoué, Onésiphore, l'avait cherché et visité dans sa prison. Il faisait partie de ces miséricordieux auxquels il sera fait miséricorde (v. 18; Matt. 5:7 et Matt. 25:36 fin).
Fortifie-toi dans la grâce, recommande l'apôtre à son cher disciple. Lui-même avait appris ce secret de la bouche du Seigneur: «Ma grâce te suffit, car ma puissance s'accomplit dans l'infirmitéâ¦Â» (2 Cor. 12:9). Trois exemples: celui du soldat, de l'athlète et du laboureur, illustrent le renoncement, l'obéissance et la patience du chrétien. Ce qui caractérise le bon soldat: il ne s'encombre pas d'un bagage inutile; il est discipliné afin de plaire à ses supérieurs; il sait que le métier de soldat comporte inévitablement des souffrances, des dangers, des coups à recevoir et que ceux-ci précèdent les citations, les médailles et les défilés des jours de gloire. Cette parole est certaine, toute l'Ãcriture la confirme: notre comportement actuel aura son éternelle contrepartie. Aujourd'hui les souffrances et la mort avec Christ; demain la vie avec Lui, le règne et la gloire éternelle. Chers amis croyants, Jésus Christ nous a enrôlés sous sa bannière. Hélas! Dans une armée, il peut se trouver des déserteurs qui renient leur drapeau et leur capitaine (v. 12 fin; Jude 4 fin). Il y a mille manières, même silencieuses, de trahir notre Chef. Que le désir d'avoir son approbation, secrète aujourd'hui, publique demain, fasse de nous de bons soldats, aptes à combattre le bon combat (2 Tim. 4:7, 8; 1 Tim. 6:12).
Quand tout va bien, que l'Åuvre est prospère, l'ouvrier n'a aucun sujet d'avoir honte devant les hommes (voir 2 Tim. 1:8, 12, 16 fin). Par contre quand le témoignage est en ruine, c'est un sentiment auquel nous échappons difficilement. Mais qu'importent les mépris du monde si nous sommes approuvés par Dieu (v. 15). Et ce chapitre nous trace une ligne de conduite qui nous permet en toute circonstance d'être sûrs de cette approbation. «Là où l'incrédulité et la corruption dominent, le chrétien fidèle se sépare. En rapport avec les individus, il se purifie; avec les convoitises, il les fuit; avec le bien, il le poursuit; avec les croyants, il les recherche, se joint à eux, et rend culte à Dieu avec eux» (H.R.). Dans la pratique, ces v. 19-22 ont conduit beaucoup dâenfants de Dieu à se retirer des divers systèmes religieux de la chrétienté et à s'assembler autour du Seigneur pour la louange.
Nous avons déjà entendu un «fuis» et un «poursuis» dans la 1º épître (1 Tim. 6:11). Veuille le Seigneur graver ce v. 22 dans le cÅur de tous les jeunes croyants. N'oublions cependant pas que, autant nous devons avoir de fermeté quant à la vérité et aux principes qui ne supportent aucun compromis, autant, quant aux personnes, nous avons à user de support et de douceur (v. 24, 25; Ãph. 4:2).
Le sombre portrait moral des v. 2-5 ressemble à celui de Rom. 1:28-32, à cette différence près qu'il ne dépeint pas ici des païens mais des gens qui se disent chrétiens. Et ce qui l'aggrave: la forme de la piété, l'hypocrisie, recouvre ces traits affreux d'un vernis trompeur. «Mais toiâ¦Â», interrompt de nouveau l'apôtre (v. 10, 14; 2 Tim. 4:5). D'un côté ces gens immoraux «qui apprennent toujours et qui ne peuvent jamais parvenir à la connaissance de la véritéâ¦Â» (v. 7). De l'autre ce jeune serviteur de Dieu, nourri dès l'enfance des «saintes lettres» sous l'influence d'une mère et d'une grand-mère pieuses (2 Tim. 1:5). Heureux ceux qui, dès leur jeune âge, ont été des lecteurs assidus de la Parole de Dieu! à eux, et à nous tous, s'adresse cette exhortation: «Demeure dans les choses que tu as apprises» (v. 14).
Le v. 16 établit la pleine inspiration de toutes les Ãcritures, en même temps que leur autorité pour enseigner, convaincre, corriger, instruire dans la justice. La Parole de Dieu nourrit et forme l'homme de Dieu. Timothée en était un, malgré sa jeunesse (v. 17; 1 Tim. 6:11). Ce titre d'homme de Dieu est plus noble encore que ceux de soldat, d'ouvrier ou d'esclave du Seigneur (2 Tim. 2:3, 15, 24). Dieu nous montre ici comment on le devient. Qu'Il nous donne aussi le désir de l'être!
Même si beaucoup détournent leurs oreilles de la vérité (v. 4), l'ouvrier du Seigneur ne doit pas moins prêcher, avertir, insister «en temps et hors de temps», convaincre, reprendre, exhorterâ¦, bref accomplir pleinement son service (v. 2, 5). Paul en avait donné l'exemple. Sa course était achevée. Les sportifs savent qu'une compétition n'est jamais gagnée avant la ligne d'arrivée. Abandonner ou se laisser dépasser dans les derniers mètres, c'est avoir perdu toute la course⦠avec son prix. Et ces derniers pas sont souvent les plus difficiles. Le cher apôtre nous donne un aperçu émouvant des conditions finales de son combat et de sa course: la prison, le froid et la nudité (1 Cor. 4:11; 2 Cor. 11:27; ici il réclame son manteau: v. 13), la méchanceté et l'opposition des hommes (v. 14, 15), sa comparution devant César (Néron) en l'absence de tous ses amis (v. 16). Ceux-ci s'étaient dispersés. Démas l'avait même abandonné. On ne peut en même temps faire partie de ceux qui aiment le présent siècle (v. 10), et de ceux qui aiment l'apparition du Seigneur (v. 8). Et l'épître s'achève sur la suprême ressource en un temps de ruine: la grâce. C'était la salutation de l'apôtre (2 Tim. 1:2), c'est aussi son adieu (v. 22). Que cette grâce soit avec chacun de nous!
Nous retrouvons dans l'épître à Tite les sujets qui nous ont occupés dans la 1º à Timothée: le bon ordre dans l'assemblée, le sain enseignement opposé à celui des faux docteurs, ses fruits dans la conduite des croyants. Paul a chargé Tite de choisir et d'établir des anciens dans chaque assemblée (Actes 14:23). Nous sommes loin du principe de tant d'Ãglises dans lesquelles un seul homme cumule ces fonctions et se trouve de surcroît régulièrement appointé pour les remplir. Dignité, sobriété, hospitalité, maîtrise de soi, tels sont les caractères moraux indispensables au surveillant.
Il n'est pas flatteur le portrait du Crétois tracé par leur propre prophète et confirmé par l'apôtre. Les traits plus ou moins accusés de l'homme naturel ne sont pas effacés par la conversion. L'un reste davantage porté au mensonge, l'autre à la paresse ou à l'orgueil. Chaque enfant de Dieu doit apprendre à connaître ses propres tendances et veiller ensuite avec le secours du Seigneur à ne pas les laisser se manifester. Ainsi l'insubordination! Celle des enfants envers leurs parents (fin du v. 6) risque de se montrer plus tard envers tout l'enseignement divin (v. 10). Et Dieu ne reconnaît pas les Åuvres de celui qui ne se soumet pas à l'autorité de sa Parole (fin du v. 16).
à côté de ceux qui sont anciens dans l'assemblée (Tite 1:5-9), chaque chrétien: jeune ou âgé, frère ou sÅur, doit avoir un bon témoignage (v. 2-10). Ce qui est enjoint aux esclaves s'applique à tous les rachetés du Seigneur. Rares sont ceux qui n'ont pas un chef au-dessus d'eux et de toute manière chacun devrait pouvoir se dire, comme Paul, esclave de Dieu (Tite 1:1). Soyons des «ornements» mettant en valeur l'enseignement de notre Maître (v. 10; comp. 1 Rois 10:4, 5).
Les v. 11 et 12 nous montrent la grâce de Dieu se manifestant de deux manières.
1º Elle apporte à tous les hommes un salut qu'ils ne pouvaient atteindre par eux-mêmes.
2º Elle enseigne l'enfant de Dieu, lui apprenant à vivre sobrement dans sa vie personnelle; justement dans ses rapports avec les autres; pieusement dans ses relations avec le Seigneur. Toute la vie chrétienne tient dans ces trois adverbes.
Et ce qui la soutient, c'est l'espérance qui remplit l'âme d'un bonheur présent (v. 13; Tite 1:2; Tite 3:7).
«Notre Dieu sauveur,⦠notre grand Dieu et Sauveur Jésus Christ» (v. 10, 13; voir aussi Tite 1:3, 4; Tite 3:4, 6): ce titre, contenu dans le nom de Jésus (Dieu Sauveur) rappelle que nous Lui devons tout. Toutefois, ne l'oublions jamais: Il ne nous a pas sauvés pour nous, mais «pour Lui-même» (v. 14).
Notre conduite à l'égard des autorités et envers tous les hommes doit nécessairement faire contraste avec ce que nous étions «nous aussi» avant notre conversion. Et ce souvenir de notre triste état d'autrefois est propre à nous donner «toute douceur envers tous les hommes» (v. 2; Phil. 4:5). Loin de nous élever au-dessus d'eux, nous pouvons les inviter par notre propre exemple à profiter de la même grâce qui nous a régénérés.
Six fois cette épître fait mention des bonnes Åuvres (Tite 1:16; Tite 2:7, 14; Tite 3:1, 8, 14). Sous prétexte qu'elles n'ont pas de valeur pour le salut (v. 5), nous risquons d'en sous-estimer l'importance, de nous laisser distancer par d'autres chrétiens moins instruits sur d'autres points de doctrine. Nous avons au contraire à être «les premiers dans les bonnes Åuvres». Dans un double but: d'abord en vue d'être utiles aux hommes (v. 8), puis afin de ne pas être nous-mêmes sans fruit (v. 14). Ce fruit, le Seigneur se plaît à le produire dans la vie des siens. C'est Lui aussi qui en apprécie la nature. Seule est bonne une Åuvre faite pour Lui. En vendant son parfum au profit des pauvres, Marie aurait fait une bonne Åuvre aux yeux du monde, mais en le répandant sur les pieds du Seigneur, elle a su faire une bonne Åuvre envers Lui (Matt. 26:10).
Dans les manuels scolaires, les leçons proprement dites sont généralement suivies d'un exercice d'application. L'épître à Philémon nous y fait penser. Elle ne contient aucune révélation particulière. Mais elle montre la mise en pratique par Paul et ses compagnons des exhortations contenues dans ses épîtres. «Revêtez-vous donc, comme des élus de Dieu, saints et bien-aimés, d'entrailles de miséricorde, de bonté, d'humilitéâ¦Â», écrivait-il aux Colossiens (Col. 3:12â¦; comp. aussi le v. 5 avec Ãph. 1:15). C'est précisément à Colosses que demeurait Philémon, un homme pieux, ami de l'apôtre, riche, car il avait des esclaves. L'un d'eux, Onésime, après s'être enfui de chez lui, avait rencontré Paul, prisonnier à Rome, et avait été converti. Maintenant l'apôtre le renvoie à son maître, porteur de ce touchant message. C'était agir à l'encontre de ce qu'ordonnait la loi qui interdisait de livrer lâesclave fugitif à son maître (lire Deut. 23:15, 16). La loi en effet tenait compte de la dureté du cÅur de l'homme (comp. Marc 10:5). Tandis que la grâce chez l'apôtre tient compte de cette même grâce agissant dans le cÅur de Philémon. Paul connaît bien lâamour de celui-ci pour tous les saints (v. 5) et les preuves qu'il en a données (v. 7).
Onésime signifie «utile». Jadis esclave inutile, il méritait désormais son nom (v. 11). Plus que cela, il était devenu un frère fidèle et bien-aimé (v. 16; Col. 4:9). Aucun nom n'a plus de prix que celui de frère et il convient au maître chrétien (v. 7 fin; 20) comme à l'esclave chrétien. Paul de son côté ne met en avant d'autre titre que ceux de vieillard et de prisonnier de Jésus Christ (v. 9). S'il n'avait pensé qu'à lui-même, il ne se serait pas privé des services d'Onésime. Mais il veut que l'occasion soit donnée: à celui-ci de rendre témoignage dans la maison où il s'était jadis mal conduit; à Philémon de constater les fruits de cette conversion et de «ratifier son amour» (2 Cor. 2:8).
Cette histoire d'Onésime, en un certain sens, est la nôtre. Esclaves rebelles, nous avons été trouvés sur notre chemin de propre volonté, et ramenés à notre Maître. Non plus pour être placés sous la servitude, mais comme ceux qu'Il nomme ses frères bien-aimés (comp. v. 16 et Jean 15:15). Et Paul est ici l'image du Seigneur Jésus, payant notre dette, intercédant pour nous (v. 17-19). Que cette épître nous enseigne à introduire dans notre vie de tous les jours le christianisme pratique: l'oubli de nous-même, la délicatesse, l'humilité, la grâce,⦠bref toutes les manifestations multiples de l'amour.
L'auteur de l'épître aux Hébreux est probablement l'apôtre Paul. Mais il ne se nomme pas, pour laisser toute la place au Seigneur Jésus, le grand «apôtre⦠de notre confession» (Héb. 3:1). Après avoir parlé par le moyen de tant d'instruments divers, Dieu a fini par s'adresser directement à Israël et aux hommes dans son propre Fils (Jér. 7:25; Marc 12:6â¦). Lui est «la Parole», la pleine et définitive révélation de Dieu. Et pour nous en donner une idée plus haute, Il nous apprend qui est ce Fils: l'héritier de toutes choses, le créateur des mondes, le resplendissement de sa gloire et l'empreinte de sa substance, celui qui soutient toutes choses (Jean 1:1, 18). Eh bien! Celui qui a fait les mondes a aussi fait la purification des péchés. Mais tandis que pour créer, il Lui a suffi d'une parole, pour cette Åuvre-là , Il a dû payer le prix suprême: sa propre vie.
Une suite de citations des psaumes qu'on appelle messianiques: Ps. 2, Ps. 45, Ps. 102, Ps. 110⦠établit l'exaltation et la suprématie du Fils de Dieu. Les anges sont des créatures, Jésus est le Créateur; ils sont serviteurs, Lui est le Seigneur. Les anges, d'une manière invisible, servent en notre faveur; Jésus seul a accompli la purification des péchés, les miens et les vôtres. Et ce qu'Il est rehausse incomparablement la valeur de ce qu'Il a fait.
«Dieu⦠nous a parlé dans le Filsâ¦Â», c'est pourquoi, enchaîne le ch. 2, nous devons porter une plus grande attention aux choses que nous avons entendues⦠Déjà , sur la sainte montagne, une voix du ciel avait solennellement enjoint aux trois disciples d'écouter, non plus Moïse ni Ãlie, mais le Fils bien-aimé. «Et eux, levant leurs yeux, ne virent personne que Jésus seul» (Matt. 17:5, 8). Nous aussi, par la foi, «nous voyons Jésusâ¦Â» (v. 9). Le ch. 1 nous l'a présenté selon ses titres divins de Créateur et de Premier-né. Il nous apparaît ici comme l'Homme glorifié et le vainqueur de la mort. Au ch. 1, tous les anges de Dieu Lui rendent hommage; au ch. 2, Jésus a été fait un peu moindre qu'eux à cause de cette mort dont Il a dû connaître le goût infiniment amer (fin du v. 9). Mais le Ps. 8, cité ici, nous révèle l'ensemble du propos de Dieu à l'égard de «l'homme Christ Jésus». Une couronne de gloire et d'honneur est sur son front; la domination universelle Lui appartient de droit; bientôt tout pliera sous sa loi. Mais déjà la place occupée par «le chef de notre salut» proclame l'excellence de ce salut. Comment échapperons-nous si nous le négligeons (Héb. 10:29)? Remarquons bien: il suffit d'être négligent, de remettre à plus tard⦠Oui, hâtons-nous de saisir «un si grand salut».
Il convenait pour Dieu⦠de consommer par des souffrances le chef de notre salut (v. 10). «Il plut à l'Ãternel de le meurtrir; il l'a soumis à la souffrance», dit par ailleurs Ãsaïe 53:10. Et dans quel but? Afin d'amener plusieurs fils à la gloire. «S'il livre son âme en sacrifice pour le péché, Il verra une descendance», â ajoute aussi le prophète. Ces enfants que Dieu a donnés à Christ pour être ses compagnons dans la gloire, ce sont ses chers rachetés. «Il n'a pas honte de les appeler frères» (v. 11). Mais pour pouvoir prendre en main leur cause, Il devait leur être rendu semblable, devenir véritablement un homme (v. 14). Et notre chapitre nous donne de ce grand mystère plusieurs motifs d'un prix infini: Jésus est venu dans notre nature pour glorifier Dieu en recommençant notre histoire et lui permettre de réaliser ses plans à l'égard de l'homme. â Il a pris un corps pour pouvoir mourir et ainsi remporter la victoire sur le prince de la mort dans sa propre forteresse. â Enfin, Jésus a revêtu notre humanité pour entrer plus parfaitement dans nos peines et les comprendre avec un cÅur humain. Sa propre expérience de la souffrance lui permet de sympathiser pleinement à nos épreuves comme un sacrificateur fidèle et miséricordieux. Quelle consolation pour tous les affligés!
L'épître aux Hébreux a été appelée «l'épître des cieux ouverts». Et qui contemplons-nous dans les cieux? Jésus, à la fois apôtre â c'est-à -dire le porte-parole de Dieu aux hommes â et souverain sacrificateur: le porte-parole des hommes devant Dieu. Ãcrivant aux chrétiens hébreux, l'auteur va montrer en s'appuyant sur leur histoire comment Jésus réunit et surpasse dans sa personne les gloires que vénéraient les Juifs: celles de Moïse (Héb. 3), de Josué (Héb. 4), d'Aaron (Héb. 5)⦠Mais nous ne pouvons apprendre à connaître le Seigneur sans découvrir par contraste la perversité du cÅur naturel. Dieu le nomme «un méchant cÅur d'incrédulité» et nous rappelle qu'il est à l'origine de toutes nos misères. «Ils s'égarent toujours dans leur cÅur», déclare le v. 10 (comp. Marc 7:21). C'est pourquoi quiconque entend la voix du Seigneur (et qui oserait dire qu'il ne l'a jamais entendue?) est invité solennellement par trois fois à ne pas endurcir son cÅur (v. 7, 15; Héb. 4:7). Nous limitons généralement cette exhortation à l'évangile de la croix. Mais nous qui sommes chrétiens, n'avons-nous pas chaque jour l'occasion d'entendre la voix du Seigneur dans sa Parole? Soyons gardés de toute forme d'endurcissement, quelles que soient aujourd'hui pour nous Ses exigences!
Le repos de Dieu au septième jour, après l'Åuvre de la création, fut bientôt troublé par le péché de l'homme. Et, depuis lors «jusqu'à maintenant», le travail du Père avec celui du Fils n'a plus cessé pour la rédemption (Jean 5:17). Mais nous apprenons ici:
1º Que Dieu a toujours en vue Son repos.
2º Que celui-ci est à venir et ne se confond pas avec l'établissement du peuple en Canaan sous Josué. Israël jouira du repos sur la terre du millénium, et l'Ãglise le goûtera dans la gloire céleste.
3º Que, si Dieu veut partager son repos avec sa créature, tous cependant n'y entreront pas.
Comme autrefois dans le désert, l'incrédulité (Héb. 3:19) et la désobéissance (Héb. 4:6 fin) ferment l'accès à la promesse. Jean 3:36 nous montre d'ailleurs que celui qui désobéit se confond avec celui qui ne croit pas (note). Car faire l'Åuvre de Dieu, c'est croire en Celui qu'Il a envoyé (Jean 6:29). Hélas, il en fut d'Israël comme de multitudes aujourd'hui: «la parole qu'ils entendirent ne leur servit de rien, n'étant pas mêlée avec de la foiâ¦Â» (v. 2; lire Rom. 10:17).
Ainsi c'est l'obéissance au Seigneur qui nous permet d'entrer maintenant dans le travail de sa grâce et nous prépare à partager aussi demain le repos de son amour (Soph. 3:17).
Jusqu'à notre entrée dans le repos divin, c'est encore pour nous, enfants de Dieu, le temps de la fatigue liée à la marche, au service et au combat. Mais nous ne sommes pas laissés sans ressources. Des trois que mentionne ce chapitre, la première est la Parole de Dieu. Aujourd'hui nous entendons Sa voix⦠Cette Parole veille à notre état intérieur. Vivante, elle nous apporte la vie; opérante, elle fait son travail en nous (Ãph. 6:17 nous la présente au contraire comme arme offensive). Pénétrante enfin: laissons-nous sonder par elle.
Mais à côté du péché que la Parole met en évidence et condamne, il y a en nous de la faiblesse et des infirmités. Dieu y a pourvu au moyen de deux autres ressources. Il nous a donné un grand Souverain Sacrificateur plein de compréhension et de sympathie. Homme ici-bas, Christ a connu toutes les formes de la souffrance humaine pour pouvoir «au moment opportun» déployer envers ses faibles rachetés toutes les formes de son amour. En second lieu Il nous a ouvert l'accès au trône de la grâce. Nous sommes invités à nous en approcher par la prière avec d'autant plus de liberté et de confiance que nous y rencontrons notre bien-aimé Sauveur. Est-ce là , et là seulement, que nous cherchons du secours (Ps. 60:11)?
Quel contraste entre le saint Fils de Dieu et le sacrificateur pris d'entre les hommes, contraint d'être indulgent à cause de sa propre infirmité! Un autre contraste ressort du v. 8. En ce qui nous concerne, nous avons besoin d'apprendre l'obéissance parce que nous sommes par nature désobéissants. Le Fils de Dieu a dû l'apprendre pour une raison bien différente. Créateur souverain, Il n'est assujetti à personne. Obéir était pour Lui une chose entièrement nouvelle. Mais c'est ainsi qu'Il est en exemple et s'impose désormais à «ceux qui lui obéissent» (v. 9). Quel est, dans une collectivité, le chef qui a le plus d'autorité? Celui qui a commencé par exécuter lui-même, dans les conditions les plus difficiles, les tâches qu'il commande ensuite à ses subordonnés. Apprenons l'obéissance à l'école du Seigneur Jésus. Mais quel genre d'élèves sommes-nous? Ne méritons-nous pas souvent le reproche du v. 11: paresseux-écouter? La Parole de Dieu n'est pas ici comme au Hébreux 4 l'épée discernant les intentions du cÅur, mais la nourriture solide qui fortifie l'enfant de Dieu et le rend capable de discerner lui-même le bien du mal. Tel est le grand progrès du chrétien: devenir de plus en plus sensible à ce qui plaît au Seigneur⦠et à ce qui ne Lui plaît pas.
Oui, avançons spirituellement vers l'état adulte. Ne nous contentons pas, comme ces chrétiens sortis du judaïsme, de connaître quelques vérités élémentaires. Jésus veut être pour nous plus qu'un Sauveur des Åuvres mortes: un Seigneur, un Modèle, un Ami suprêmeâ¦
Les v. 4-6 ont souvent été employés par le diable pour troubler les enfants de Dieu. En réalité ce n'est pas d'eux qu'il est question ici mais de ceux qui n'ont de chrétien que le nom. Dans l'état moral ainsi décrit, on chercherait en vain la vie divine communiquée à l'âme d'un vrai croyant. Mais il est possible, hélas, de vivre au milieu des privilèges du christianisme sans avoir été réellement converti! C'était vrai de certains Juifs; c'est peut-être vrai aujourd'hui de quelques enfants de parents chrétiens. Quant aux croyants véritables, ils ne peuvent pas perdre leur salut. Mais ils sont toujours en danger de se relâcher. à côté des Åuvres d'amour que Dieu n'oublie pas, la foi et l'espérance ne doivent pas être négligées (v. 10, 11, 12). Elles se nourrissent des promesses divines. Le chrétien connaît son port d'attache encore invisible; il y a jeté son ancre. Si agitée que soit la mer de ce monde, la foi est «l'amarre» qui relie fermement le racheté au lieu céleste et immuable où se trouve l'objet de son espérance.
L'auteur de l'épître avait beaucoup de choses à dire au sujet de Melchisédec (Héb. 5:10, 11). Ce mystérieux personnage traverse l'histoire d'Abraham (Gen. 14), agissant comme médiateur, bénissant Abraham de la part du Dieu Très-Haut, puis bénissant ce Dieu Très-Haut au nom du patriarche. Par contre tout ce qui concerne sa personne et ses origines est laissé dans l'ombre. Et nous comprenons pourquoi. Ce qui intéresse l'Esprit de Dieu, ce n'est pas l'homme ici, mais son office. Roi et sacrificateur, Melchisédec est un «type» du Seigneur Jésus quand il régnera en justice et sera sacrificateur sur son trône. La sacrificature selon l'ordre de Melchisédec est en tous points supérieure à celle d'Aaron.
1º Son titulaire est plus excellent qu'Abraham, puisque ce patriarche a donné la dîme à Melchisédec et a été béni par lui.
2º Antérieure à l'histoire d'Israël, elle ne s'exerce pas seulement au bénéfice de ce peuple, mais de tout croyant.
3º Elle est enfin intransmissible, puisque celui qui en a la charge est toujours vivant (Rom. 8:34).
Beaucoup de personnes dans la chrétienté croient nécessaire de recourir à des intermédiaires, prêtres ou «saints». Cette épître leur apprend que Dieu nous a donné un seul souverain sacrificateur, ou médiateur, parfait et suffisant pour l'éternité (Héb. 10:21, 22).
Jusqu'à ce qu'Il soit élevé plus haut que les cieux, Jésus ne pouvait pas être notre souverain Sacrificateur. Pour pouvoir nous représenter devant Dieu il fallait d'abord qu'Il s'offre Lui-même pour nous. Avant toutes choses nous avions besoin d'un Rédempteur. Mais maintenant le Sauveur de nos âmes est aussi Celui qui nous sauve entièrement, c'est-à -dire qui nous prend en charge jusqu'à notre entrée dans sa gloire. Et comme Il est vivant à jamais, nous avons l'assurance qu'à aucun moment Il ne pourra nous faire défaut. En vérité, un tel souverain sacrificateur nous convenait. Sa perfection morale exprimée de toutes les manières et sa position en gloire devant Dieu, nous amènent à nous écrier: «Vois, ô Dieu! Et regarde la face de ton oint» (Ps. 84:9).
Bientôt nous n'aurons plus besoin de son intercession. Elle prendra fin quand tous les rachetés auront achevé leur pèlerinage. Pourquoi alors est-il répété: «tu es sacrificateur pour l'éternité» (Héb. 5:6; Héb. 6:20; Héb. 7:17, 21)? Parce que le sacrificateur est aussi celui qui conduit la louange. Service éternel que notre cher Sauveur ne sera plus seul à remplir. Il l'accomplira avec ceux qu'Il aura sauvés entièrement et qui seront à jamais ses compagnons dans la gloire (Héb. 2:12).
L'ancienne alliance du Sinaï a été autrefois rompue par la faute d'Israël. Une nouvelle alliance, annoncée en Jér. 31:31â¦, sera conclue avec ce peuple. La preuve étant faite que l'homme est incapable de tenir un engagement vis-à -vis de Dieu, cette nouvelle alliance ne lui imposera plus de remplir aucune condition (Rom. 11:27). Sa seule base sera le sang de Christ, appelé «le sang de la nouvelle alliance» (Matt. 26:28). Quatre points la caractériseront:
1º Les commandements du Seigneur seront écrits sur les cÅurs, c'est-à -dire feront appel à l'amour.
2º Israël retrouvera sa relation de peuple de l'Ãternel (v. 10; Zach. 8:8).
3º La connaissance du Seigneur sera commune à tous (v. 11; Ãsaïe 54:13).
4º Dieu ne se souviendra plus de leurs péchés ni de leurs iniquités (v. 12).
Les chrétiens en ce qui les concerne ne sont pas sous une alliance (est-il besoin d'un contrat entre un père et ses enfants?). Mais ils jouissent déjà , et au-delà , de toutes ces bénédictions promises à Israël. La Parole divine est implantée en eux (comp. 2 Cor. 3:3). Ils sont maintenant enfants de Dieu. Ils connaissent le Seigneur par l'Esprit Saint qui habite en eux. Ils ont l'assurance que leurs péchés sont effacés pour toujours. â Lecteur, ces privilèges sont-ils aussi les tiens?
Exode 35, 40 racontent comment fut construit le tabernacle. Le Lévitique donne les instructions concernant les sacrifices (Lév. 1 - 7) puis touchant les sacrificateurs (Lév. 8 - 10). Mais toutes ces ordonnances d'un culte terrestre avaient démontré leur tragique impuissance. Le tabernacle était partagé par un voile infranchissable. Le sacrificateur, pécheur, était obligé d'offrir pour lui-même (v. 7; Héb. 5:3). Les sacrifices enfin, de boucs et de veaux, ne pouvaient pas «rendre parfait quant à la conscience». Alors Dieu nous parle d'un sanctuaire céleste «plus grand et plus parfait⦠qui n'est pas de cette création» (v. 11; Héb. 8:2). Mais à quoi servirait-il s'il n'y avait pas un sacrificateur capable d'en assurer le service? Et à quoi nous servirait un parfait sacrificateur (Héb. 5 - 8) si le sacrifice n'était pas lui aussi excellent (Héb. 9 - 10)? Pour notre entière sécurité, Jésus est à la fois l'un et l'autre. Comme sacrifice, Il nous donne la paix de la conscience. Comme sacrificateur, Il nous assure la paix du cÅur et nous maintient dans la communion avec Dieu. Sous l'ancienne alliance tout était précaire et conditionnel. Maintenant tout est éternel: la rédemption (v. 12 fin; Héb. 5:9) aussi bien que l'héritage (v. 15 fin). Rien ne pourra nous les ravir ni les remettre en cause.
«Sans effusion de sang il n'y a pas de rémission» (v. 22; lire aussi Lév. 17:11). Ce que proclamait chaque sacrifice de l'ancienne alliance, ce qu'Abel avait déjà compris par la foi (Héb. 11:4), est confirmé ici de la façon la plus catégorique. Car «le salaire du péché c'est la mort», et le sang versé sur la terre est la preuve que le salaire a été payé (Deut. 12:23, 24). Le sang de Christ a été «versé pour plusieurs en rémission de péchés» (Matt. 26:28). Qui sont ces plusieurs? Tous ceux qui croient! Le sang précieux de Jésus, continuellement sous le regard de Dieu, les met à l'abri de Sa colère. Car «il est réservé aux hommes de mourir une foisâ¦Â». Il ne leur sera pas accordé une seconde existence. Pourtant tout n'est pas fini avec celle-ci, et la mort est peu de choses à côté de ce qui la suit. Ce qu'il y a après la mort? Un mot suffit à le révéler: ⦠«après cela le jugement» (2 Tim. 4:1; Apoc. 20:12). L'homme sans Dieu a devant lui ces deux terribles réalités: la mort et le jugement. Mais le racheté possède pour sa part deux bienheureuses certitudes: le pardon de tous ses péchés et le retour du Seigneur pour sa délivrance finale (v. 28). Dieu veuille que chacun de nos lecteurs fasse partie de «ceux qui l'attendent»!
La nécessité de répéter toujours et toujours les sacrifices de l'ancienne alliance montrait qu'ils étaient inefficaces. à vrai dire même, ils constituaient uniquement un acte remémoratif de péché (v. 3). La justice de Dieu n'était pas satisfaite, encore moins pouvait-Il y prendre plaisir. Alors s'est présenté quelqu'un qui a pris en main notre cause. Seul Jésus était l'objet du bon plaisir du Père, seul Il pouvait être l'offrande agréée, la sainte victime offerte une fois pour toutes. Tandis que les sacrificateurs d'ici-bas se tenaient debout, parce qu'ils n'avaient jamais terminé leur service, Christ s'est assis, preuve que son Åuvre est achevée. Et Celui qui s'est assis-perpétuité nous a rendus parfaits-perpétuité. Oui parfaits, c'est ainsi que Dieu nous voit, nos péchés étant lavés. Et ce n'est pas au futur, c'est chose accomplie et définitive. Mais n'oublions pas que l'Åuvre faite pour nous s'accompagne d'une Åuvre actuelle en nous. Le Seigneur veut mettre son amour et ses commandements dans chacun de nos cÅurs (comp. v. 16; Héb. 8:10). Ayant dit au Père en venant dans le monde: «c'est mes délices, ô mon Dieu, de faire ce qui est ton bon plaisir, et ta loi est au-dedans de mes entrailles», comment ne voudrait-Il pas que les siens Lui ressemblent (v. 7, 9; Ps. 40:6-8)?
L'Åuvre de grâce est terminée. Celui qui l'a accomplie est élevé plus haut que les cieux (Héb. 7:26). Et nous sommes invités à y pénétrer sur ses traces par le chemin nouveau et vivant, désormais ouvert à l'adorateur. Le sang de Jésus, le voile déchiré, l'intervention en notre faveur d'un grand sacrificateur donnent à notre foi une entière assurance. Approchons, frères, avec «une pleine liberté». Que rien ne nous retienne pour entrer dans les lieux saints⦠ni pour nous joindre régulièrement au rassemblement des enfants de Dieu (v. 25). Ce n'est pas pour vivre seuls, en égoïstes, que nous sommes convertis. Encourageons-nous les uns les autres à l'amour et au dévouement.
La fin du paragraphe est particulièrement solennelle. Pécher volontairement, c'était pour les Juifs professant le christianisme revenir à la loi et ainsi fouler aux pieds le saint Fils de Dieu, avilir son précieux sang, se moquer de la grâce. Mais cela peut s'appliquer à des enfants de parents chrétiens qui auraient rejeté l'enseignement reçu dans leur jeunesse et délibérément choisi le chemin du monde. Jeunes amis qui possédez de si grands privilèges, le chemin du ciel ne sera pas toujours ouvert pour vous. Approchez-vous maintenant (Jean 6:37).
Les chrétiens hébreux avaient accepté, et accepté avec joie, l'enlèvement de leurs biens terrestres (comp. Matt. 5:12). Quel était leur secret? La foi, qui s'appropriait des biens meilleurs et hors de la portée des persécuteurs. Mais la foi n'est pas nécessaire seulement dans les mauvais jours ni lors de la conversion. Elle est le principe vital du juste. Elle rend présent l'avenir et visible l'invisible. Celui qui ne la possède pas ne peut persévérer. Il se retire et Dieu ne prend pas plaisir en lui (v. 38; Héb. 4:2; 1 Cor. 10:5). Sans la foi, répète Hébreux 11:6, il est impossible de Lui plaire. Mais maintenant Dieu va nous présenter quelques-uns de ceux en qui Il trouve son plaisir (Ps. 16:3). Au ch. 11, les différents aspects de la vie de la foi sont illustrés par des témoins de l'Ancien Testament. En Abel, nous voyons cette foi s'approprier la rédemption par l'offrande d'un sacrifice agréable à Dieu. En Ãnoch, elle marche vers son but céleste. En Noé, elle condamne le monde et prêche la justice divine. Ainsi la foi caractérise toute la vie chrétienne. Et parvenus aux derniers pas de cette marche de la foi, ce n'est pas le moment de rejeter loin notre confiance. Car encore très peu de temps et Celui qui vient, viendra (v. 37). Cette désignation suffit. Jésus est «celui qui vient»; nous sommes «ceux qui l'attendent» (Héb. 9:28).
Une fois de plus dans la Bible, Abraham et les siens sont choisis par Dieu, pour nous enseigner ce qu'est la foi. «Abraham étant appelé obéitâ¦Â». Obéir à quelqu'un sans connaître ses intentions montre une pleine confiance en lui. Lorsque c'est Dieu qui l'ordonne, la foi sait aller (v. 8) et sait aussi demeurer (v. 9). Il arriva au patriarche de demeurer à Charan alors qu'il devait aller jusqu'en Canaan (Actes 7:4) et il lui arriva aussi d'aller en Ãgypte alors qu'il aurait dû demeurer dans le pays (Gen. 12:10). Mais Dieu se plaît ici à couvrir ces faux pas, de même qu'Il passe sous silence le rire de Sara, la triste fin de l'histoire d'Isaac et le triste commencement de celle de Jacob; Il ne retient de la vie des siens que ce qui Le glorifie et la foi seule peut le glorifier.
En principe il n'est pas possible d'avoir simultanément deux patries. La promesse d'une cité céleste avait donc fait d'Abraham et des siens des étrangers ici-bas. Ils n'ont pas craint de le proclamer (v. 13; Gen. 23:4); mais ils l'ont aussi montré clairement en habitant sous des tentes (2 Cor. 4:18; 2 Cor. 5:1). Ils n'ont pas eu honte de leur Dieu, c'est pourquoi Lui n'a pas honte d'eux. Il revendique ce nom de Dieu d'Abraham, d'Isaac, de Jacob. Chacun de nous a-t-il le droit de l'appeler «mon Dieu»?
Le sacrifice d'Isaac prouve qu'Abraham croit à la résurrection (comp. Rom. 4:17) et qu'il aime Dieu plus que son fils unique. La longue histoire de Jacob est racontée par son bâton, tour à tour instrument du berger, soutien du pèlerin, du boiteux et finalement de l'adorateur (v. 21). D'Isaac on pourrait penser que son discernement a été bien tardif et de Joseph qu'il y aurait eu autre chose à rappeler que cette simple recommandation touchant ses os. Mais chacun de ces patriarches proclame à sa manière sa sûre attente des choses à venir. Moïse refuse⦠choisitâ¦, estimeâ¦, parce qu'il regarde à la rémunération (voir Héb. 10:35). Il quitteâ¦, ne craint pasâ¦, tient fermeâ¦, parce qu'il voit Celui qui est invisible.
La foi est la seule pierre de touche qui permette d'apprécier la vraie valeur et la durée relative de toute chose. Mais elle est en même temps l'énergie intérieure qui rend capable de triompher, tant des obstacles â la colère du roi, la mer Rouge, Jéricho â que des convoitises: les délices du péché ou les richesses de l'Ãgypte. Oui, la foi est énergique et hardie. Et si l'exemple de Moïse nous paraît trop élevé, soyons encouragés par celui de Rahab. Quelles que soient nos circonstances, Dieu attend un fruit visible de notre foi.
à partir du v. 32 nous sommes dans le pays de Canaan. Et nous y trouvons les juges, les rois, les prophètes, la grande nuée de témoins qui nous entoure, qui nous a précédés et qui nous attend pour entrer en possession des choses promises (v. 39, 40). à travers les temps les plus sombres, le flambeau de la foi, passé de mains en mains, ne s'est jamais éteint. Dieu seul connaît la liste de ces martyrs oubliés et Il la tient à jour. «Chacun a sa propre page à faire entrer dans le volume de la fidélité» (T.A.P.). L'armée de la foi compte des éclaireurs (ch. 11), un Chef prestigieux; nous en sommes l'arrière-garde. C'est aujourd'hui notre tour d'être engagés dans cette «course de relais». Que faut-il pour bien courir? N'être ni chargés ni entravés. Commençons par nous débarrasser de tout fardeau et bagage inutile. Rejetons aussi le péché, ce filet qui fait trébucher, hélas, «si aisément»! Mais ce n'est pas tout. Il faut qu'un objet, comme un irrésistible aimant, nous attire en avant. Fixons nos regards sur Jésus, Guide et Modèle de la vie de la foi, son Chef et son Consommateur. Lui aussi avait un objet devant Lui, plus puissant que la croix, que la honte, que toute sa souffrance. C'était le «rassasiement de joie» qui devait couronner la vie de l'homme de foi selon le Ps. 16 (v. 11).
Un enfant est soumis dans sa famille à l'éducation paternelle. Elle lui fera verser quelques larmes, mais, devenu grand, il aura sujet d'en remercier ses parents. Si nous sommes fils et filles de Dieu, il est impossible que nous n'ayons pas affaire à Sa discipline (v. 8), car le Dieu saint veut former ses enfants à son image (v. 10). Cependant cette discipline pourrait nous conduire à deux réactions opposées: Tout d'abord à la mépriser, à n'en tenir aucun compte. Or nous avons à être «exercés par elle», c'est-à -dire à nous juger devant le Seigneur en recherchant pour quel motif Il nous envoie cette épreuve (Job 5:17). Le danger inverse, c'est que nous perdions courage (v. 5; Ãph. 3:13). Alors souvenons-nous du nom donné au croyant discipliné: «celui que le Seigneur aime» (v. 6). Poursuivons la paix avec tous mais sans que ce soit aux dépens de la sainteté (v. 14). N'oublions pas que nous sommes nous-mêmes les objets de la grâce, et chassons de notre cÅur les racines d'amertume (littéralement: germes de poison). Cachées d'abord, elles se manifesteront tôt ou tard si elles ne sont pas jugées aussitôt (Deut. 29:18).
Ãsaü qui n'a pu être nommé au chapitre précédent avec les membres de sa famille l'est ici pour sa honte éternelle. Qu'aucun de nous ne lui ressemble!
Ici encore un contraste est établi entre ce qu'offrait la loi et ce que le chrétien possède désormais en Christ. Au Sinaï terrible, Dieu substituera la grâce en Sion dans le prochain règne du Messie (Ps. 2:6). Mais l'enfant de Dieu vient déjà vers un ordre plus élevé de bénédictions. Il est invité à gravir les versants de cette montagne de la grâce, à pénétrer par la foi dans la «cité du Dieu vivant», la Jérusalem céleste et à en saluer les habitants. Il rencontre les myriades d'anges, puis l'assemblée des premiers-nés, c'est-à -dire l'Ãglise. Au sommet, c'est Dieu Lui-même, «juge de tous», mais qui le reçoit comme racheté de son Fils. En redescendant vers le pied, vers la base divine de toutes ces gloires, il trouve les «esprits des justes consommés» du ch. 11, et Jésus, médiateur d'une nouvelle alliance, scellée par son propre sang.
«Et ma demeure est là », dit un cantique. Si toutes les choses muables sont appelées à passer bientôt, je reçois un royaume inébranlable; mon nom est écrit dans les cieux (Luc 10:20). Et la même grâce qui m'y donne accès me permet déjà de servir ce Dieu saint. Non pas d'une manière qui me soit, mais qui Lui soit agréable. La révérence, la crainte de Lui déplaire me garderont dans le chemin de Sa volonté!
L'amour fraternel peut s'exercer sous bien des formes: l'hospitalité qui tourne au profit de celui qui la pratique (v. 2), la sympathie qui s'identifie avec ceux qui souffrent (v. 3; Héb. 10:34), la bienfaisance à laquelle Dieu Lui-même prend plaisir (v. 16).
L'avarice, hélas, a aussi plusieurs visages. On peut aimer l'argent qu'on possède, mais aussi celui qu'on désire avoir. Sachons nous contenter de ce que nous avons présentement. Et pour les besoins ou les dangers de demain, appuyons-nous «pleins de confiance» sur la fidélité du Seigneur (v. 6; Matt. 6:31-34). Celui qui est notre aide ne saurait changer. «Tu es le Même», proclamait le 1º chapitre v. 12. Le v. 8 complète par cette affirmation d'une portée insondable: «Jésus Christ est le Même hier, aujourd'hui, et éternellement». S'Il nous suffit, les «doctrines diverses et étrangères» n'auront aucune prise sur nous (v. 9). Et nous serons prêts à sortir du camp religieux formaliste (comp. Ex. 33:7) pour aller vers Jésus seul, au lieu où Sa présence est promise. Lui a offert le sacrifice suprême. Notre privilège est d'offrir en retour à Dieu, non seulement le dimanche mais sans cesse, un sacrifice de louange, ce fruit de nos lèvres qui mûrit d'abord dans notre cÅur (Ps. 45:1).
Nous avons eu de fidèles conducteurs. Vénérons leur mémoire, imitons leur foi⦠et lisons leurs écrits (v. 7). Mais Dieu nous donne aussi aujourd'hui des conducteurs (v. 17, 24). Quel est notre devoir vis-à -vis d'eux? Leur obéir, prier pour eux (v. 18), faire en sorte qu'ils puissent remplir leur service avec joie â ils veillent pour nos propres âmes. â Et également supporter la parole d'exhortation quand elle nous est adressée par eux (v. 22). Toutefois qu'aucun ouvrier du Seigneur ne nous fasse perdre de vue le grand Pasteur des brebis. Lui seul a mis sa vie pour elles et maintenant Il les mène avec Lui en dehors du camp de la religion humaine (Ex. 33:7). Désormais tous les chrétiens constituent un seul troupeau ayant à sa tête un seul Berger (Jean 10:4, 16).
L'un après l'autre, au long de l'épître, les éléments du judaïsme ont été enlevés et remplacés par les glorieuses vérités chrétiennes. Elles sont toutes résumées en Jésus-Christ. Et câest là finalement l'Åuvre que Dieu accomplit en nous (v. 21): Il nous affranchit de tout lien, nous dépouille de toute forme, pour nous attacher à son Fils ressuscité et glorifié. En attendant son apparition prochaine, puisse cette épître nous avoir appris déjà par la foi à fixer les yeux sur Lui (Héb. 12:2).
Jacques s'adresse à ses frères, chrétiens sortis du judaïsme dont ils n'ont pas encore abandonné toutes les attaches. Il les invite à considérer l'épreuve comme une parfaite joie: deux mots qui à première vue s'accordent mal ensemble. Pourtant, parmi les chrétiens hébreux certains l'avaient réalisé (Héb. 10:34). Et cette expérience rejoint la déclaration de Paul: «Nous nous glorifions dans les tribulations sachant que la tribulation produit (cultive) la patience» (Rom. 5:3; comp. Col. 1:11). Autre contradiction apparente: tandis que la patience implique l'attente de ce qu'on ne possède pas encore, Jacques ajoute: «ne manquant de rien». Ce qui peut nous faire vraiment défaut, ce ne sont pas les biens terrestres, c'est la sagesse. Alors demandons-la au Seigneur, à l'exemple du jeune Salomon (1 Rois 3:9).
Même pauvre, un chrétien ne manque de rien puisqu'il a Jésus. Et le riche peut se réjouir dans son humiliation en communion avec Celui qui s'est anéanti et abaissé Lui-même jusqu'à la mort de la croix. Irions-nous envier ceux qui passeront comme la fleur de l'herbe? Ayons en vue la couronne de vie. Elle récompensera ceux qui auront enduré l'épreuve avec patience, autrement dit ceux qui aiment le Seigneur (fin du v. 12).
Dans les v. 2 et 12, le mot tentation signifie l'épreuve qui vient du dehors. Dieu nous la dispense pour notre bien et finalement notre joie. Au v. 13, être tenté a un sens différent: il suppose le mal. On est amorcé intérieurement par ses convoitises. De cela, comment Dieu serait-Il la cause? Rien de ténébreux ne peut descendre du «Père des lumières» (comp. 1 Jean 1:5). Celui qui nous a envoyé son propre Fils nous donne avec Lui «tout don parfait» (Rom. 8:32). La source du mal est en nous: mauvaises pensées, dont les filles s'appelleront mauvaises paroles et mauvaises actions. Mais il ne suffit pas d'en être conscient. Nous risquons de ressembler à quelqu'un qui constaterait sa malpropreté dans un miroir et n'irait pas ensuite se laver. La Parole de Dieu est ce miroir. Elle montre à l'homme ce qu'il est; elle lui apprend ce quâest faire le bien (Jac. 4:17), elle ne peut le faire à sa place.
En quoi consiste le seul «service religieux» reconnu par Dieu le Père? Pas dans les vaines cérémonies que les hommes appellent «la religion». Il découle de la double position dans laquelle le Seigneur a laissé les siens: Dans le monde, et c'est le dévouement de l'amour. Pas du monde, c'est donc pour nous en conserver purs (v. 27; Jean 17:11, 14, 16).
Nous sommes influencés plus que nous ne pensons par la fausse échelle des valeurs dont le monde fait usage, telles que la fortune, le rang social⦠Même un Samuel avait besoin de l'apprendre: «l'homme regarde à l'apparence extérieure, et l'Ãternel regarde au cÅur» (1 Sam. 16:7 fin). Et savez-vous jusqu'où «l'acception de personnes» a conduit le monde? Jusqu'à mépriser et rejeter le Fils de Dieu, parce qu'Il était venu comme un pauvre ici-bas (2 Cor. 8:9). Aujourd'hui encore, le beau nom de Christ invoqué sur les chrétiens reste l'objet de moqueries et de blasphèmes. Eh bien, ceux qui le portent, ces pauvres que le monde méprise, sont désignés par le Seigneur comme les héritiers du royaume (v. 5; Matt. 5:3). à eux s'impose donc «la loi royale», c'est-à -dire celle du roi (v. 8). Or manquer au commandement d'amour, c'est transgresser toute la loi, de même qu'il suffit pour briser une chaîne de la rupture d'un seul anneau. De sorte que nous étions tous coupables, convaincus de péché. Mais Dieu a trouvé une gloire plus grande dans la miséricorde que dans le jugement. Cette miséricorde nous place désormais sous une «loi» bien différente: celle de la liberté. Liberté d'une nouvelle nature qui trouve son plaisir dans l'obéissance à Dieu (1 Pierre 2:16).
Certains ont cru voir une contradiction entre l'enseignement de Jacques et celui de Paul (par exemple en Rom. 4). En réalité chacun d'eux présente un côté différent de la vérité. Paul démontre que la foi suffit à rendre quelqu'un juste devant Dieu. Jacques explique que pour être justifiés aux yeux des hommes les Åuvres sont nécessaires (v. 24; 1 Jean 3:10). Ce n'est pas la racine, mais le fruit qui permet de juger de la qualité d'un arbre (Luc 6:43, 44). La foi intérieure ne peut se montrer aux hommes autrement que par des Åuvres. Je ne puis voir l'électricité, mais le fonctionnement d'une lampe ou d'un moteur me permet d'affirmer la présence du courant dans le fil conducteur. La foi est un principe actif (v. 22), une énergie interne qui fait mouvoir les rouages du cÅur. Paul et Jacques illustrent leur enseignement par le même exemple: celui d'Abraham, auquel s'ajoute ici celui de Rahab. Selon la morale humaine, le premier est un père criminel, la seconde une personne de mauvaise conduite, qui trahit son peuple. Leurs actes n'en sont que plus manifestement la conséquence de leur foi; elle les a amenés à faire pour Dieu les plus grands sacrifices.
Ami, vous avez peut-être dit un jour que vous aviez la foi. L'avez-vous aussi montré?
De même que la foi, si elle existe, se manifeste nécessairement par des Åuvres, de même la souillure du cÅur s'extériorise tôt ou tard par des paroles. Toute machine à vapeur possède une soupape par laquelle la pression interne excessive s'échappe irrésistiblement. Si nous laissons monter en nous cette «pression» sans la juger, elle se trahira inévitablement par des paroles que nous ne pourrons contenir. Le Seigneur nous fait ainsi constater l'impureté de nos lèvres (Ãsaïe 6:5) et nous en montre la source intérieure: l'abondance du cÅur (Matt. 12:34; Matt. 15:19; Prov. 10:20). Mais Il nous invite, par le jugement de nous-mêmes, à séparer «ce qui est précieux de ce qui est vil», afin d'être comme Sa bouche (Jér. 15:19).
Il y a sagesse et sagesse. Celle d'en haut, comme tout don parfait, descend du Père des lumières (Jac. 1:17). Ses motifs nous la feront reconnaître: elle est toujours pure, sans volonté propre, active dans le bien.
Nous devrions relire ces versets chaque fois que nous sommes sur le point de faire un mauvais usage de notre langue: querelle, mensonge (v. 14), médisance (Jac. 4:11), vanterie (Jac. 4:16), murmure (Jac. 5:9), jurement ou parole légère (Jac. 5:12; Ãph. 4:29; Ãph. 5:4). C'est-à -dire, hélas, combien de fois par jour!
Une dispute entre des enfants de Dieu révèle sans risque d'erreur la volonté non brisée chez chacun d'eux. Le Seigneur nous apprend que c'est de plus un obstacle à l'exaucement de nos prières (lire Marc 11:25). Il peut y avoir deux raisons pour lesquelles nous ne recevons pas de réponse. La première est que nous ne demandons pas, «car quiconque demande, reçoit» (Matt. 7:8). La seconde, que nous demandons mal. Il n'est pas question ici de la forme maladroite de nos prières (de toute manière «nous ne savons pas ce qu'il faut demander comme il convient»: Rom. 8:26), mais de leur but. Prions-nous en vue de la gloire du Seigneur ou pour satisfaire notre convoitise? Ces deux principes ne peuvent se concilier.
Aimer le monde, c'est trahir la cause de notre Dieu. Car le monde Lui a déclaré la guerre en crucifiant son Fils, et la neutralité n'est pas possible (Matt. 12:30).
L'envie et la convoitise sont les aimants par lesquels le monde nous attire. Mais Dieu donne infiniment plus que ce que le monde peut offrir: une plus grande grâce (v. 6; Matt. 13:12). Peuvent la goûter ceux qui ont appris du Sauveur la débonnaireté et l'humilité (Matt. 11:29). Mais pour éprouver les vertus de la grâce, il faut d'abord avoir senti ses propres misères (v. 8, 9; comp. Joël 2:12, 13).
Ceux qui font des projets sans les soumettre à la volonté de Dieu (v. 13-15; Ãsaïe 56:12 fin) et ceux qui accumulent des biens terrestres (Jac. 5:1-6) sont parfois les mêmes personnes (Luc 12:18, 19). Les unes et les autres sont étrangères-la vie de la foi. Disposer de l'avenir, c'est substituer sa propre volonté à celle de Dieu. C'est même de l'incrédulité; on montre qu'on ne croit pas au retour prochain du Seigneur. Quant aux richesses, il est particulièrement choquant de les amasser «dans les derniers jours». Les aléas qui menacent les fortunes d'ici-bas: faillites, vols, dévaluationsâ¦, se chargent de démontrer que ce sont des richesses pourries, de l'or et de l'argent rouillés (voir Ps. 52:7). C'est pourquoi le Seigneur recommande: «Faites-vous des bourses qui ne vieillissent pas, un trésor qui ne défaille pas, dans les cieux, d'où le voleur n'approche pas, et où la teigne ne détruit pas» (Luc 12:33). Lâabondance des biens matériels contribue à endurcir le cÅur: Vis-à -vis de Dieu, car on perd alors facilement le sentiment de sa dépendance et des vrais besoins, qui sont ceux de l'âme (Apoc. 3:17). Et vis-à -vis de son prochain, parce que l'on a plus de peine à se mettre à la place de ceux qui manquent du nécessaire (Prov. 18:23).
L'automne est la saison des labours. Huit à dix mois vont s'écouler jusqu'à ce que, par des alternatives de froid et de chaleur, de pluie et de soleil, mûrisse la moisson nouvelle. Que de patience il faut à l'agriculteur! Comme lui, usons de patience, «car la venue du Seigneur est proche». Usons également de nos ressources: dans les moments de joie, des cantiques; dans l'épreuve (comme en tout temps), la prière fervente de la foi. Faisons-nous quelquefois l'expérience qu'elle «peut beaucoup» (Jean 9:31 fin)? Les v. 14-16, qui servent dans la chrétienté à justifier toute sorte de pratiques, gardent leur pleine valeur si les conditions mentionnées sont réunies. Toutefois un chrétien dépendant se sentira rarement libre de demander la guérison; il priera plutôt avec son entourage pour l'acceptation paisible de la volonté de Dieu.
La fin de l'épître met l'accent sur l'aide fraternelle dans l'amour: la confession réciproque des fautes, la prière l'un pour l'autre, les soins envers ceux qui ont manqué. La doctrine tient peu de place dans cette épître. Par contre la mise en pratique de notre christianisme en tient beaucoup. Que Dieu nous accorde en effet d'être, non des auditeurs oublieux, mais des faiseurs d'Åuvres (Jac. 1:25).
Le Seigneur avait dit à son disciple Pierre avant même d'être renié par lui: «Quand une fois tu seras revenu, fortifie tes frères» (Luc 22:32). C'est le service qu'accomplit l'apôtre dans cette épître. Il rappelle nos incomparables privilèges: le salut de l'âme (v. 9) et un héritage céleste à l'abri de toute atteinte (v. 4). Dieu le garde pour les héritiers et garde ceux-ci pour lâhéritage. Mais dès à présent ils en ont un avant-goût: «une joie ineffable et glorieuse». Elle prend sa source dans l'espérance vivante qu'ils ont en une Personne vivante: Jésus ressuscité (v. 3); dans la foi (v. 5, 7); dans l'amour pour Celui que les rachetés n'ont pas encore vu, mais que leur cÅur connaît bien (v. 8). Et plus nous aimerons le Seigneur, plus nous sentirons que nous ne l'aimons pas assez.
En raison même de la valeur qu'Il reconnaît à la foi, Dieu s'emploie à la purifier au creuset de l'épreuve. Mais une assurance nous est donnée: Il ne le fait que «si cela est nécessaire» (v. 6).
Telles sont, chers amis, les réalités bienheureuses qui nous concernent, dont les prophètes se sont informés avec soin (v. 10, 11) et dans lesquelles des anges désirent regarder de près (v. 12). Nous qui sommes partie prenante dans ces choses administrées par eux, serions-nous les seuls à ne pas nous y intéresser?
La vérité, telle que l'apôtre vient de l'exposer, a des droits et des effets sur nous. Elle est cette ceinture qui affermit notre entendement et bride notre imagination (v. 13; Ãph. 6:14). Et c'est à la vérité que nous avons à obéir (v. 22). Nous qui marchions autrefois parmi les «fils de la désobéissance» (Col. 3:6, 7) sommes devenus des «enfants d'obéissance» (v. 14), obéissance non pas seulement à mais de Jésus Christ (v. 2), c'est-à -dire conforme à la sienne, motivée par l'amour pour le Père (Jean 8:29; Jean 14:31). D'ailleurs tout ici est en contraste avec l'Ancien Testament. Ce n'est pas l'argent, l'or, ni quoi que ce soit qui peuvent nous racheter (Ex. 30:11-16; Nomb. 31:50) mais le précieux sang de Christ. Ce n'est pas comme pour l'Israélite la naissance naturelle qui nous fait entrer dans les droits et privilèges du peuple de Dieu â que personne ne pense être un enfant de Dieu du seul fait qu'il a des parents chrétiens! Nous sommes régénérés par la Parole incorruptible, vivante, permanente. La sainteté requise dans toute notre conduite répond à cette nouvelle nature; nous invoquons le Dieu Saint comme Père (v. 15-17). Elle est aussi la conséquence de la valeur à laquelle Il apprécie le sacrifice de l'Agneau parfait.
Un enfant qui vient au monde doit bien vite être nourri. C'est pourquoi la Parole de Dieu, après avoir donné la vie (ch. 1:23), fournit aussi ce qu'il faut pour l'entretenir. Elle est l'«aliment complet» de l'âme, «le pur lait intellectuel» dont Christ est la substance. Si nous avons goûté que le Seigneur est bon, nous ne pourrons plus nous passer de cette divine nourriture (v. 3; Ps. 34:8).
Après la semence vivante (et l'espérance vivante au ch. 1), nous trouvons ici les pierres vivantes. Elles sont édifiées ensemble sur Celui qui est la maîtresse pierre d'angle, précieuse à la fois pour Dieu et pour nous qui croyons (v. 7), afin de constituer une maison spirituelle (voir Ãph. 2:20-22). Et toi aussi tu es une de ces pierres, avait dit le Seigneur à Simon Barjonas (comp. Matt. 16:18). Eh bien, de tels privilèges entraînent des responsabilités correspondantes! Si nous sommes une sainte sacrificature, c'est pour offrir des sacrifices spirituels agréables à Dieu. Si nous Lui sommes un peuple acquis, c'est pour annoncer Ses vertus (Ãsaïe 43:21).
Ayant été «appelés des ténèbres à sa merveilleuse lumière», pourrions-nous donner asile dans notre esprit aux convoitises charnelles? Un regard suffit pour les amorcer. Et elles font la guerre à l'âme (v. 11).
Le chrétien est invité à respecter l'ordre établi, non par «crainte du gendarme», mais pour le motif le plus grand qui puisse agir sur son cÅur: l'amour du Seigneur (v. 13; Jean 15:10). Nous ne sommes esclaves que de Dieu (v. 16 fin), et c'est Lui qui nous dicte notre attitude vis-à -vis de chacun. Tous les maîtres sont loin d'être «bons et doux»; il en est de fâcheux. Et notre témoignage aura beaucoup plus de force et de relief devant les seconds que devant les premiers. L'injustice, l'outrage et toutes les formes d'affliction sont pour l'enfant de Dieu des occasions de Le glorifier. Dans ce chemin, quelqu'un nous a devancés: celui qui fut l'Homme de douleurs. Certes, dans l'Åuvre de l'expiation Christ n'a eu et n'aura jamais ni compagnons ni imitateurs. «Lui-même â et Lui seul â a porté nos péchés en son corps sur le bois» (v. 24). Par contre, dans sa marche de justice (et par conséquent de souffrance), Il est notre parfait Modèle (1 Jean 2:6). La contradiction et la perversité des hommes ne faisaient que mettre en évidence sa patience, sa douceur, son humilité, sa sagesse, son entière confiance en Dieuâ¦: traces bénies sur lesquelles nous avons à marcher. Ainsi accomplirons-nous la dernière injonction du Seigneur à Pierre: «Toi, suis-moi» (Jean 21:22 fin).
«Pareillement, vous, femmes⦠(v. 1), vous, maris⦠(v. 7), vous jeunes gensâ¦Â» (1 Pierre 5:5). C'est toujours le même motif qu'au 1 Pierre 2:13: l'amour du Seigneur, qui dicte à chacun la conduite qu'il doit avoir dans sa famille et dans l'Assemblée. Une femme chrétienne révèle où sont ses affections par sa manière de se parer. Se préoccupe-t-elle de la beauté cachée du cÅur, celle que le Seigneur est seul à voir? Et recherche-t-elle ce qui est d'un grand prix devant Dieu: «un esprit doux et paisible» (v. 4)? Cet «ornement» fait partie de ce qui est incorruptible, de même que la Parole (1 Pierre 1:23) et que l'héritage céleste (1 Pierre 1:4). La mode selon Dieu n'a donc pas changé depuis Sara.
Notre titre d'héritiers de la grâce de la vie (v. 7) et de la bénédiction (v. 9 fin) constitue, avec l'exemple que nous a donné Celui qui est bon (v. 13; 1 Pierre 2:21, 22), un motif impérieux pour ne pas rendre outrage pour outrage.
La longue citation du Ps. 34 nous rappelle ce qu'est le gouvernement de Dieu. Si le mal se trouve dans nos bouches (v. 10) ou dans nos voies (v. 11), des conséquences douloureuses, permises par le Seigneur, pourront en résulter dès ici-bas (v. 12). Inversement, une marche dans le bien et la paix est le sûr moyen d'être béni. En plus de ce légitime désir de tout homme nous jouirons de la communion du Seigneur.
Christ a souffert sur la croix, Lui le Juste pour nous les injustes (v. 18). En retour, il nous est accordé de souffrir quelque peu pour Lui (Phil. 1:29). En faisant le bien, nous souffrons avec Lui, comme Lui a souffert (v. 14). Enfin dans toutes nos peines morales, le Seigneur sympathise avec nous (v. 12).
Si vous souffrez pour la justice, vous êtes bienheureux, affirme le v. 14 (lire aussi Matt. 5:10). Demandons à Dieu quâil nous garde de toute crainte humaine et nous donne sa crainte accompagnée de douceur, pour témoigner à tout moment de l'espérance qui est en nous.
Toutefois, quand notre conduite n'est pas bonne devant les hommes, leur parler du Seigneur ne peut que faire reporter sur Lui, le mépris que nous méritons. Puisse l'Esprit de Christ se servir de nous pour avertir nos semblables comme jadis Il s'est servi de Noé construisant son arche, pour prêcher aux incrédules de son temps (v. 19, 20)! Le déluge est l'image du jugement prêt à fondre sur le monde. Il nous parle de la mort, salaire du péché. En figure, les croyants l'ont traversé dans le baptême et sont mis à l'abri dans l'arche, qui est Christ. Lui a subi la mort à leur place et ils ressusciteront avec Lui pour une vie nouvelle (v. 21, 22).
Combien le péché dont Il a dû s'occuper a fatigué le Seigneur Jésus! Il s'en repose maintenant, l'ayant aboli dans sa mort. Et de même le chrétien doit en avoir fini avec les convoitises des hommes. Chers amis, ne nous suffit-il pas d'avoir, avant notre conversion, perdu un temps précieux dans une marche insensée vers la mort? Vivons le reste de notre temps «pour la volonté de Dieu». Sans doute notre nouveau comportement fera-t-il contraste avec celui du monde autour de nous. Et ce dernier s'étonnera que nous nous abstenions de ses joies troubles et douteuses. On fera pression sur nous, on nous plaisantera, on nous dira peut-être des injures. Pourquoi? Parce que le monde se sentira condamné par notre séparation, en attendant de l'être par le grand Juge (v. 5). Précisément, l'imminence de ce jugement nous dicte notre conduite: sobriété, vigilance, prière, amour fervent ( 1 Pierre 1:22 fin). Celui-ci se traduit de bien des manières: en cherchant la restauration de nos frères (v. 8 fin), en pratiquant une joyeuse hospitalité, en utilisant les dons de la grâce variée de Dieu au profit les uns des autres. C'est ainsi que Jésus dans le ciel continue sur la terre à glorifier le Père (ce qui est sa grande pensée) dans la vie de ses rachetés (v. 11; Jean 17:4, 11; Jean 15:8).
Au ciel, nous méditerons sans nous lasser sur les souffrances du Seigneur Jésus; elles seront le thème inépuisable de nos louanges. Mais l'occasion de les partager sera passée. Or souffrir avec Christ est une expérience liée à la vie terrestre. Avoir part à ses douleurs, connaître l'ingratitude, le mépris, la contradiction, l'insulte (v. 14), l'opposition ouverte que Lui a rencontrés, c'est le connaître Lui-même dans tous les sentiments qui ont alors été les siens. Tout le désir de Paul était de «le connaître Luiâ¦, et la communion de ses souffrancesâ¦Â» (Phil. 3:10). Mais il est une sorte de peines que Christ ne pouvait évidemment pas éprouver: celles que nous nous attirons pour avoir mal fait. Nous n'échappons pas aux «conséquences de nos inconséquences». Un chrétien malhonnête récoltera ce qu'il a semé devant les tribunaux des hommes et celui qui se sera ingéré dans les affaires de quelqu'un d'autre aura peut-être sa punition de la main de ce dernier. Ce qui est le plus triste alors, ce ne sont pas les misères que nous nous attirons, c'est le déshonneur jeté sur le nom du Seigneur. à l'inverse, souffrir comme chrétien, c'est-à -dire comme Christ, revient à glorifier Dieu dans ce beau nom (v. 16; Actes 4:17, 21).
«Pais mes agneauxâ¦; sois berger de mes brebis», avait dit le Seigneur à Pierre (Jean 21:15-17). Loin de s'en prévaloir pour se placer au-dessus des autres chrétiens (position qui lui a été attribuée dans la chrétienté), l'apôtre se désigne simplement comme ancien avec les autres anciens et recommande à ces derniers de ne pas dominer sur le troupeau du bon Berger, mais d'en être les modèles (v. 3). Les brebis ne leur appartiennent pas; ils en sont responsables devant le souverain Pasteur. Il n'en convient pas moins aux jeunes gens d'être soumis aux anciens, et à tous d'être ceints d'humilité, ce qui pourrait se traduire par «mettez le tablier du service» (v. 5; comp. 1 Pierre 3:8). C'est aux humbles que la grâce est donnée par «le Dieu de toute grâce».
«Rejetant sur Lui tout votre souci, ajoute l'apôtre, car il a soin de vous» (v. 7). Cette confiance et cet abandon à Dieu ne dispensent pas de vigilance. Satan, notre ennemi toujours menaçant, guette le moindre relâchement, et lui résister, c'est encore souffrir (v. 8, 9). Ainsi pour le chrétien dans sa mesure, mais comme pour son Modèle divin, l'Ãcriture rend une fois de plus témoignage des souffrances qui pour «un peu de temps» sont sa part⦠et des gloires qui suivront (v. 10; 1 Pierre 1:11 fin).
Pierre commence cette seconde épître en rappelant aux chrétiens ce qu'ils ont reçu en partage: une foi de pareil prix (v. 1); «tout» ce qui regarde la vie et la piété (v. 3); enfin les «très grandes et précieuses promesses» (v. 4). Notre foi qui s'empare de ce que Dieu donne ne doit pas rester inactive. Il faut qu'elle s'accompagne de l'énergie qui est appelée la vertu, afin de parvenir à la connaissance (mot caractéristique de cette épître). En même temps, pour garder la pleine disposition de nos forces, la tempérance est indispensable; puis la patience qui sait persévérer dans l'effort. Dans ce «climat moral» se développeront nos relations
1º avec le Seigneur: la piété;
2º avec nos frères: l'affection fraternelle;
3º avec tous: l'amour.
Ces sept compléments de la foi forment un tout, comme les maillons d'une chaîne. Leur absence entraîne des conséquences dramatiques dans la vie d'un chrétien: oisiveté, stérilité, myopie spirituelle. Il ne voit pas loin; sa foi ne sait plus distinguer à l'horizon la cité céleste, but du pèlerinage chrétien (comp. Héb. 11:13â¦). Déjà les portails éternels se sont élevés pour Christ, le Roi de gloire (Ps. 24:7 et 9). Que Lui-même nous accorde à sa suite une riche entrée dans son royaume éternel.
Les vérités développées dans la 1º épître rappelaient les révélations de Matthieu 16: les souffrances de Christ, l'édification de l'Assemblée, maison spirituelle bâtie sur le Roc. La 2º épître, elle, s'appuie sur le ch. 17 du même évangile annonçant les gloires qui suivent. Lors de la transfiguration, Pierre, Jacques et Jean contemplèrent Jésus dans «la gloire magnifique». Mais ils reçurent l'ordre de n'en parler à personne avant sa résurrection. Maintenant le temps de cette révélation est venu. Et Pierre qui était alors accablé de sommeil (Luc 9:32) réveille les saints par le rappel de cette scène (v. 13; 2 Pierre 3:1). Lui qui avait inconsidérément proposé de faire trois tentes s'apprête à présent à «déposer sa tente» terrestre dans lâespérance de jouir pour toujours, cette fois, de la présence de Christ, dans un corps glorieux (v. 14). Le Seigneur lui avait montré quand et de quelle mort il glorifierait Dieu (v. 14; Jean 21:18, 19). Bientôt, frères et sÅurs, nous serons à notre tour «témoins oculaires de sa majesté».
Tout au long des Ãcritures la lampe prophétique dirige son faisceau sur la gloire prochaine. Mais l'enfant de Dieu possède une lumière plus brillante encore. L'objet de son espérance vit en lui: Christ est l'Ãtoile du matin déjà levée dans son cÅur (v. 19; Col. 1:27 fin).
Les sectes de perdition sont actuellement florissantes. Leur apparition est annoncée à l'avance pour que nous n'en soyons aujourd'hui ni étonnés ni découragés (v. 1). Elles font le trafic des âmes (v. 3; Apoc. 18:13 fin).
Dans le 1º chapitre, la perspective de la gloire prochaine a été affirmée par un triple témoignage: la vision anticipée sur la sainte montagne; la prophétie; enfin l'Ãtoile splendide levée dans nos cÅurs. De même la certitude du jugement qui va fondre sur le monde est attestée par trois exemples: le sort des anges déchus (Jude 6), le déluge (Matt. 24:36â¦) et la fin de Sodome et de Gomorrhe (Jude 7). Mais au milieu d'une génération impie, le Seigneur distingue et délivre celui qui le craint (v. 9). Malgré sa mondanité, Lot était un juste. La parenthèse du v. 8 montre que Dieu enregistre chaque soupir des siens. Cependant Lot se serait épargné tous ces tourments s'il avait su, comme Abraham, apprécier le pays de la promesse. Une position fausse et équivoque devant les hommes est toujours une source de misères pour l'enfant de Dieu. Lot est le type d'un croyant sauvé comme à travers le feu (1 Cor. 3:15). Il n'aura pas une riche entrée dans le royaume (2 Pierre 1:11). Que le Seigneur nous garde de lui ressembler!
Pour renverser la vérité telle que l'a établie le ch. 1, Satan emploie deux moyens toujours les mêmes: il s'acharne à la corrompre â c'est le ch. 2 â ou à la nier ouvertement, comme nous le verrons au ch. 3. Ses instruments pour égarer les âmes sont ici présentés sous leur jour véritable. Et quel portrait abominable et effrayant que celui de ces conducteurs religieux chez lesquels le mal moral va de pair avec le mal doctrinal (v. 12-17; Matt. 7:15). Ces hommes qui promettent aux autres la liberté sont eux-mêmes esclaves de leurs passions et de leurs appétits les plus bas (v. 19). Car, parole sérieuse aussi pour le croyant, «on est esclave de celui par qui on est vaincu». Chacun de nous est-il libre, affranchi par le Seigneur (Jean 8:34-36; Ãsaïe 49:24, 25)? Ou bien se trouve-t-il encore enlacé par une chaîne inavouable? Ce monde est captivant dans le sens littéral du mot. Comme un bourbier (v. 22 fin), il retient captif le pied de l'imprudent qui s'y aventure, en même temps qu'il salit l'âme (le v. 20 mentionne les souillures du monde).
La fin du chapitre dénonce l'illusion de ceux qu'un christianisme simplement social ou intellectuel a momentanément pu faire sortir de l'ornière du péché. Une réforme morale n'est pas une conversion.
Pierre ne craint pas les répétitions. Il ne se lasse pas de rappeler les mêmes vérités à la mémoire des enfants de Dieu (v. 1; 2 Pierre 1:12, 13; Phil. 3:1; Jude 17). Ne nous lassons pas pour notre part de les relire et de les méditer. Pour la 3º fois, l'exemple du déluge revient sous la plume de l'apôtre. En contraste avec ceux qui ignorent volontairement tout avertissement (Ãph. 4:18), les bien-aimés du Seigneur ne doivent pas ignorer ses intentions. La «fin du monde», que beaucoup évoquent soit avec effroi soit avec légèreté, n'interviendra qu'au moment choisi par Lui. Le ciel et la terre «de maintenant» seront alors détruits. Seule la patience de Dieu, qui a en vue le salut des pécheurs, a jusqu'ici suspendu le jugement. Il ne veut pas qu'aucun périsse (Ãz. 33:11). Et cette patience s'exerce même en faveur des moqueurs qui la contestent et l'outragent. Mais l'humanité est engagée dans un «compte à rebours» implacable. Un instant viendra qui sera le dernier, où les promesses si souvent entendues se changeront soudain en réalités. Les événements auront fini par donner raison à l'espérance des enfants de Dieu, pour la confusion des moqueurs et des impies. Alors il sera trop tard pour «venir à la repentance» (fin du v. 9). Câest maintenant quâil faut le faire.
Ces dernières exhortations ne sont pas fondées comme les précédentes sur «les très grandes et précieuses promesses» (2 Pierre 1:4), mais sur l'instabilité de tout ce qui remplit la scène présente. Faisons quelquefois l'inventaire des biens terrestres auxquels nous tenons le plus, en écrivant au-dessous: «toutes ces choses devant donc se dissoudreâ¦Â». Ainsi serons-nous gardés d'y mettre notre cÅur. Combien le fait de savoir ces choses à l'avance devrait nous stimuler à une sainte conduite (encore un mot caractéristique de Pierre: voir 1 Pierre 1:15, 17, 18; 1 Pierre 2:12; 1 Pierre 3:1, 2, 16) et à la piété. Rien ne pousse davantage à la séparation du monde et du mal que la pensée du retour imminent du Seigneur. Rien non plus n'incite autant à l'évangélisation, car sa venue marquera la fin de sa patience à salut (v. 15). Ãtudions-nous à être trouvés tels que Christ nous veut à son retour (v. 14; Phil. 1:10), ayant fait quelque progrès dans la grâce et dans Sa connaissance (v. 18).
L'apôtre a accompli son service; il est prêt maintenant à «déposer sa tente». Et il nous donne rendez-vous dans ce jour d'éternité que notre foi salue et anticipe, en rendant gloire dès à présent à notre Seigneur et Sauveur Jésus Christ.
«Vous aussi, vous rendez témoignage; â avait dit le Seigneur aux douze â parce que dès le commencement vous êtes avec moi» (Jean 15:27). C'est ce que fait ici l'apôtre Jean. Son sujet est la vie éternelle d'abord «entendue», «vue» et «touchée» dans le Fils, maintenant communiquée à ceux qui ont reçu par la foi le droit d'être enfants de Dieu (Jean 1:12). Il faut distinguer la relation proprement dite d'avec la jouissance de cette relation, appelée la communion. La première est la part de tous les enfants du Père. La seconde, la part seulement de ceux qui marchent dans la lumière (v. 7). Les v. 6 - 2:2 expliquent comment la communion peut être entretenue, ou rétablie quand elle est interrompue. Du côté de Dieu, une provision inépuisable répond à toutes nos iniquités: le sang de Jésus Christ, son Fils. Il n'est pas de péché trop grand que ce sang précieux ne puisse effacer. Il purifie de tout péché (v. 7 fin), de toute iniquité (v. 9 fin). De notre côté, une seule chose est demandée: la pleine confession de chacun de nos manquements dont nous sommes conscients pour obtenir un plein pardon (v. 9; Ps. 32:5). Ma lourde dette a été payée par un Autre et Dieu ne serait pas juste envers mon Substitut s'Il me la réclamait de nouveau.
Au sujet du péché, ces versets réunissent plusieurs vérités de toute importance:
1º Nous aurons toute notre vie le péché en nous (1 Jean 1:8); c'est la chair ou la vieille nature.
2º Il a produit jusqu'à notre conversion les seuls fruits qu'on puisse en attendre: nous avons péché (1 Jean 1:10).
3º Le sang de Christ nous purifie de tous ces actes commis (1 Jean 1:7).
4º Nous pouvons ne plus pécher, par la puissance de la vie qui nous a été donnée (1 Jean 2:1).
5º S'il nous arrive tout de même de pécher â et, hélas, notre expérience quotidienne ne le confirme que trop â le Seigneur Jésus intervient encore. Non plus comme un Sauveur dont le sang fut versé, mais comme un Avocat auprès du Père, pour rétablir la communion.
L'obéissance (v. 3-6) et l'amour des frères (v. 7-11) sont les deux preuves que la vie est en nous. La seconde résulte d'ailleurs de la première (Jean 13:34). Cependant si nous aimons le Seigneur, nous ne trouverons jamais ses commandements pénibles (1 Jean 5:3). Mais au v. 6 Dieu nous donne une mesure encore plus haute. Marcher comme Lui a marché, c'est plus qu'obéir à des commandements. Nous trouvons dans l'évangile de Jean ce qui est vrai en Christ et dans son épître ce qui est vrai en nous (v. 8). C'est la même vie et elle doit se montrer de la même façon (1 Jean 4:17 fin).
Paul considère les chrétiens comme formant l'Assemblée de Dieu. Pour Pierre, ils constituent Son peuple céleste et Son troupeau. Pour Jean, ils sont membres de Sa famille, unis par la même vie reçue du Père. En général dans une famille, les frères et les sÅurs sont d'âge et de développement différents â bien que la relation et la part d'héritage du dernier-né soient les mêmes que celles du fils de vingt ans. Il en est ainsi dans la famille de Dieu. On y entre par la nouvelle naissance (Jean 3:3) laquelle est normalement suivie d'une croissance spirituelle. Le petit enfant qui savait seulement reconnaître son Père (comp. Gal. 4:6; Rom. 8:15-17) passe au stade de la jeunesse et des combats. Combats dont l'enjeu est son cÅur: sera-t-il pour le Père ou pour le monde? La convoitise de la chair, celle des yeux et l'orgueil de la vie sont les trois clés dont se sert «le Méchant» pour faire pénétrer le monde dans tout cÅur où il trouve de la place.
Enfin le jeune homme devient, ou devrait devenir, un père, ayant une expérience personnelle de Christ.
C'est aux petits enfants que l'apôtre écrit le plus longuement. Ils sont de par leur inexpérience plus exposés à «tout vent de doctrine». Craignons de rester toute notre vie de petits enfants (Ãph. 4:14).
«C'est ici la promesse que Lui nous a promise, â la vie éternelle» (v. 25). Jean se réfère à cette parole du bon Berger: «Mes brebis écoutent ma voix⦠et moi, je leur donne la vie éternelle» (Jean 10:27, 28). Une autre promesse du Seigneur était le don du Saint-Esprit (Jean 16:13). Cette «onction de la part du Saint» repose aujourd'hui non seulement sur ceux qui sont appelés les «pères», mais aussi sur les «petits enfants» en Christ pour les conduire dans toute la vérité. «Moi, je suis le chemin, et la vérité, et la vie; â a dit le Seigneur Jésus â nul ne vient au Père que par moi» (Jean 14:6). L'apôtre confirme ici que celui qui nie le Fils n'a pas non plus le Père (v. 23); «si vous mâaviez connu â dit Jésus aux pharisiens (Jean 8:19) â vous auriez connu aussi mon Père». Le Père ne peut pas être connu en dehors de Jésus (Matt. 11:27). C'est pourquoi l'Ennemi déploie tant d'efforts contre la personne du saint Fils de Dieu et spécialement pour faire douter de son existence éternelle et de sa divinité (v. 22). Sachons reconnaître la voix du Menteur (v. 22). Ce qui est «dès le commencement» est valable jusqu'à «la dernière heure» (v. 24, 18). En présence de toutes les «nouveautés», notre sûreté consiste à nous en tenir à l'enseignement du commencement (Gal. 1:8, 9).
Ce qui dans une famille normale constitue le lien entre ses membres c'est l'amour. Les enfants le reçoivent et l'apprennent de leurs parents, puis le leur rendent et le réalisent entre eux. Faible image de l'amour dont le Père nous a fait don en nous appelant ses enfants! Cet amour, nous ne sommes pas appelés à le comprendre mais à le voir (v. 1), et, le constatant, à y répondre.
Du v. 9, certains croyants pourraient déduire qu'ils n'ont pas la vie de Dieu puisqu'il leur arrive de pécher (voir 1 Jean 5:18). Comprenons bien que le vrai moi du chrétien, c'est le nouvel homme et que celui-ci ne peut pas pécher.
Le partage de l'humanité entre enfants de Dieu et enfants du diable est établi de la façon la plus absolue par les v. 7-12 (comp. Jean 8:44). Aujourd'hui dans bien des milieux religieux on méconnaît cette différence. Qu'il y ait des chrétiens plus ou moins pratiquants, on en convient. Mais que certains se déclarent sauvés alors que d'autres seraient perdus, on les taxe d'orgueil et d'étroitesse. Eh bien! L'incompréhension du monde, qui peut aller jusqu'à la haine, nous donne l'occasion de ressembler un peu à Jésus ici-bas (v. 1 fin; Jean 16:1-3). Bientôt nous Lui serons faits semblables aussi dans la gloire, car nous Le verrons comme Il est (v. 2).
La haine du monde contre les enfants du Père ne devrait aucunement nous surprendre (v. 13; comp. Jean 15:18â¦). Ce sont plutôt ses amabilités qui pourraient nous paraître suspectes. Quant à l'amour, le monde ne peut en concevoir que des contrefaçons; ses motifs ne sont jamais purs, jamais totalement désintéressés. Seul est véritable l'amour de Dieu qui trouve sa source en Lui-même et non dans celui qui en est l'objet. C'est d'un tel amour que nous avions besoin d'être aimés, puisqu'il n'y avait en nous rien d'aimable (Tite 3:3). Et la croix est le lieu où nous apprenons à connaître l'infini de cet amour divin (v. 16).
Les v. 19-22 soulignent la nécessité d'une bonne conscience, d'un cÅur qui ne nous condamne pas. Si nous ne pratiquions que ce qui est agréable au Seigneur, Il pourrait exaucer sans exception toutes nos prières. Des parents qui approuvent la conduite de leur enfant lui accorderont volontiers ce qu'il viendra leur demander (v. 22; comp. Jean 8:29; Jean 11:42). Demeurer en Lui, c'est l'obéissance; Lui en nous, c'est la communion qui en résulte (v. 24; 1 Jean 2:4-6; 1 Jean 4:16; Jean 14:20; Jean 15:5, 7). Plongez dans la mer un vase ouvert; il en sera à la fois baigné et rempli. Qu'il en soit ainsi de nos cÅurs et de l'amour du Christ!
La vérité a toujours eu ses «faux-monnayeurs». Et, de même que chaque citoyen sous peine de graves ennuis doit savoir reconnaître la monnaie de son pays, nous devons être capables de discerner d'où procèdent les divers enseignements qui se présentent à nous. Chacun d'eux doit être éprouvé (v. 1; 1 Thess. 5:21) et la Parole nous donne le sûr moyen de ne pas confondre les «fausses pièces» avec les bonnes. Ces dernières portent toutes le sceau de Jésus Christ venu en chair (v. 3).
Quant à Sa nature, cette épître nous apprend que Dieu est lumière (1 Jean 1:5) et qu'Il est amour (v. 8, 16). La source unique de tout amour est en Lui. Si quelqu'un aime, c'est donc le signe qu'il est né de Dieu (v. 7). Inversement, celui qui n'aime pas ne connaît pas Dieu. Il faut posséder la nature qui aime, pour savoir ce qu'est l'amour (1 Thess. 4:9). Or cet amour, dont Dieu a eu l'initiative envers nous (v. 10, 19) a répondu parfaitement à l'état de sa créature. L'homme était mort: Dieu a envoyé son Fils unique afin que nous vivions par Lui (v. 9); l'homme était coupable: Dieu a envoyé son Fils pour être la propitiation pour nos péchés (v. 10; 1 Jean 2:2); l'homme était perdu: le Père a envoyé le Fils pour être le Sauveur du monde (v. 14; Jean 3:17).
Deux faits d'une portée illimitée: Christ laissant sa vie pour nous (1 Jean 3:16) et Dieu envoyant son Fils (ch. 4:10) ont révélé aux hommes l'amour divin. Et maintenant cet amour leur est donné à connaître encore d'une troisième manière: en ce que les rachetés du Seigneur s'aiment les uns les autres. C'est ainsi que Dieu est â ou devrait être â rendu visible (v. 12) depuis que Jésus n'est plus sur la terre (Jean 1:18). Il n'est pas possible d'aimer Dieu et de ne pas aimer ses enfants. Quand quelqu'un nous est réellement cher, tout ce qui se rapporte à lui nous est cher aussi. Par exemple quelqu'un qui aime vraiment son conjoint, aime aussi la famille de celui-ci. Et Dieu ne se contente pas d'un amour verbal (1 Jean 3:18). Constamment dans cette épître reviennent les expressions «si nous disonsâ¦Â» (1 Jean 1:6, 8, 10), «celui qui ditâ¦Â» (1 Jean 2:4, 6, 9), «si quelqu'un ditâ¦Â» (v. 20). «Nous nous l'aimonsâ¦Â», pouvons-nous affirmer avec l'apôtre (v. 19). Alors, montrons-le!
Nous avons trouvé dans ces versets:
1º l'amour pour nous (v. 9); c'est le salut déjà accompli;
2º l'amour en nous (v. 12, 15, 16), versé par l'Esprit dans nos cÅurs;
3º enfin, l'amour avec nous (v. 17), nous donnant de l'assurance même pour paraître bientôt devant Dieu.
Telle est la parfaite activité envers nous de cet amour divin!
L'épître de Jean, comme son évangile, atteste que nous possédons la vie éternelle simplement par la foi en Jésus Christ, le Fils de Dieu (comp. le v. 13 avec Jean 20:31). Ne pas croire après tant de témoignages, c'est faire Dieu menteur (v. 10). Mais maintenant l'enfant de Dieu s'appuie sur des certitudes. «Nous savonsâ¦Â», ne cesse de répéter l'apôtre (v. 2, 13, 15, 18, 19, 20). Et notre foi, non seulement s'empare du salut, mais elle triomphe du monde en ce que, regardant au-delà , elle s'attache à ce qui est impérissable (v. 4). Quel bonheur de savoir aussi que Dieu nous écoute et accorde ce que nous demandons selon sa volonté (v. 14)! Le chrétien lui-même â a dit quelquâun â ne désirerait pas que quelque chose lui fût accordé qui fût contraire à la volonté de Dieu. Mais comment connaître cette volonté? Par l'intelligence que le Fils de Dieu nous a donnée (v. 20; Luc 24:45). «Et nous sommes dans le Véritable», en contraste avec le monde entier qui «gît dans le méchant». Ce dernier ne dispose dans son arsenal d'aucun objet qui puisse séduire le nouvel homme qui est en nous. Il nous offre en revanche bien des idoles propres à tenter nos pauvres cÅurs naturels. Enfants de Dieu, gardons nos affections sans partage pour le Seigneur (v. 21; 1 Cor. 10:14).
Après avoir exposé dans sa 1º épître les caractères de la vérité, l'apôtre nous montre en deux courtes lettres cette vérité «en marche». Et il ne choisit pas ici pour exemple, un père dans la foi (1 Jean 2:13), mais une dame chrétienne avec ses enfants, dont certains, à sa grande joie, marchaient dans la vérité. Jeunes chrétiens, sachez que rien ne réjouit davantage ceux qui vous aiment que de vous voir non seulement connaître, mais marcher dans les enseignements de la Parole (v. 4; 3 Jean 4). La conduite des enfants constitue la preuve qu'une maison chrétienne est gouvernée par la vérité. à une époque où tout est corrompu, le foyer est la dernière cellule où l'enfant peut se développer à l'abri de la souillure. Mais il arrive que la vérité ait à être défendue contre des ennemis du dehors (v. 10; Actes 20:30). Le vrai amour nous fait un devoir de ne pas recevoir de telles personnes. Supporterions-nous un visiteur qui viendrait nous dire des mensonges au sujet de quelqu'un qui nous est cher? Et qui nous est plus cher que le Seigneur Jésus? Une chrétienne, un enfant converti sont compétents, non pour discuter avec ces gens, mais⦠pour leur fermer la porte. La vérité est notre plus grand trésor. N'en faisons pas bon marché (Prov. 23:23)!
La 2º épître défendait de recevoir ceux qui n'apportaient pas «la doctrine du Christ». La 3º exhorte les croyants à recevoir et à aider ceux qui l'enseignent (comp. Jean 13:20). Veiller au bien des serviteurs du Seigneur, c'est prendre part à l'Ãvangile (v. 8).
Plusieurs personnes nous sont présentées dans cette courte lettre. Gaïus, son destinataire, était un bien-aimé dont l'âme prospérait, qui marchait dans la vérité, qui agissait fidèlement et dont l'amour était publiquement reconnu. Démétrius, nommé plus loin, avait lui aussi un bon témoignage (1 Tim. 3:7). Par contre, dans la même assemblée, Diotrèphe aimait à être le premier (1 Pierre 5:3), débitait de méchantes paroles contre l'apôtre, ne recevait pas les frères et en chassait d'autres de l'Assemblée. Jean mentionne aussi des frères évangélistes qui étaient «sortis pour le Nom» (v. 7; voir Actes 5:41). Le Nom par excellence est celui de Jésus; il leur suffisait comme message et ordre de mission (Actes 8:35).
«N'imite pas le mal, mais le bien», recommande l'apôtre (v. 11; 1 Thess. 5:15). Des exemples de bien comme de mal, nous en trouvons dans cette épître et autour de nous. Lesquels imitons-nous? Suivons avant tout le Seigneur Jésus, en qui ne s'est jamais trouvé que le bien (Marc 7:37).
Une trompette peut résonner pour le seul plaisir de ceux qui l'écoutent. Mais il arrive qu'elle doive retentir pour stimuler des combattants. Jude aurait aimé entretenir ses frères des sujets les plus édifiants. Hélas, devant les progrès du mal qui déjà s'insinuait «parmi les fidèles», son service, véritable cri d'alarme, se borne à leur enjoindre de combattre coûte que coûte pour la vérité. Combien d'enfants de Dieu à qui il est nécessaire de rappeler encore et toujours l'ABC de la vérité chrétienne, alors que l'Esprit voudrait les occuper de bénédictions plus hautes (Héb. 5:12)! «Vous qui une fois saviez toutâ¦Â». Avons-nous fait quelques progrès, ou au contraire reculé depuis notre conversion?
Comme la 2º épître de Pierre, celle de Jude se sert d'exemples solennels de l'Ancien Testament pour nous dépeindre l'apostasie morale des derniers jours. Deux traits la caractérisent: l'abandon de la grâce, changée en dissolution, et le mépris de l'autorité sous toutes ses formes (2 Pierre 2:10, 11). Cette dernière tendance s'affirme déjà dans les familles, dans les écoles, dans la vie sociale et professionnelle. Mais comment un enfant qui n'est pas soumis à ses parents acceptera-t-il plus tard l'autorité du Seigneur?
Il faut arriver à l'avant-dernier livre de la Bible pour apprendre ce que Dieu avait révélé à l'occasion du déluge. La prophétie d'Ãnoch contemple le Seigneur revenant avec ses saints pour le jugement des impies. Tous les pécheurs rendront compte alors de toutes leurs Åuvres et de toutes leurs paroles de provocation, sans oublier leurs murmures. Car ces gens sont «des murmurateurs, se plaignant de leur sortâ¦Â» (1 Cor. 10:10). Preuve que l'impiété et la satisfaction des convoitises ne rendent pas heureux! Veillons à ne pas être nous aussi des ingrats, mécontents de la part que le Seigneur nous a faite. «Mais vous bien-aimésâ¦!». Au milieu des pires développements du mal, il existe toujours une ligne de conduite pour le fidèle: édification mutuelle, prière, attente du Seigneur, soins fraternels. Le Saint Esprit, Dieu le Père, et notre Seigneur Jésus Christ, sont nommés ensemble comme pour nous assurer que, du côté divin, rien ne peut nous manquer (v. 20, 21). Si nous bronchons (v. 24), nous ne devons nous en prendre qu'à nous. Bien qu'étant «conservés en Jésus Christ» (v. 1; Jean 6:39), nous avons nous-mêmes à nous conserver dans la jouissance de l'amour de Dieu (v. 21). Oui, goûtons dès à présent cette «abondance de joie» et rendons à notre Dieu Sauveur l'hommage et l'adoration.
L'Apocalypse est un livre difficile. Et pourtant que de motifs pour ne pas en négliger la lecture!
1º Il est la «révélation de Jésus Christ», notre cher Sauveur.
2º Cette révélation est faite par Lui à ses esclaves, parmi lesquels Jean l'évangéliste, exilé dans l'île de Patmos, est heureux de se compter.
3º Elle nous parle, non d'un avenir vague et lointain, mais de choses qui doivent arriver «bientôt».
4º Enfin n'oublions pas que la lecture sérieuse d'une portion de l'Ãcriture suffit à apporter une bénédiction à notre âme (v. 3) parce qu'elle est la Parole de Dieu.
Il ne nous est pas demandé de la comprendre entièrement, mais de la garder (Luc 11:28).
Dès qu'il est question des gloires de Jésus, l'adoration jaillit spontanément: «à Celui qui nous aime et qui nous a lavésâ¦Â» (v. 5). Remarquons le temps des verbes: Il nous aime; son amour est toujours présent et invariable. Mais Il nous a lavés: c'est une Åuvre accomplie, achevée, parfaite. Et remarquons aussi l'ordre de ces verbes: c'est parce qu'Il nous aime que Christ nous a lavés de nos péchés. Par contre, il fallait que nous le soyons pour être faits dès aujourd'hui «un royaume, des sacrificateurs pour son Dieu et Père» (Apoc. 5:10; Apoc. 20:6 fin). Ce qu'il a fait de nous surpasse ce qu'il a fait pour nous.
Le Fils de l'homme qui apparaît ici avec les attributs de la justice sainte et inflexible, est-ce l'humble Jésus des évangiles, notre Sauveur tendre et débonnaire? Autrefois Jean se penchait sur sa poitrine avec confiance (Jean 13:25). Il tombe ici à ses pieds comme mort. Quel contraste!
Eh bien, il ne faut pas oublier ce côté de la gloire de Christ. Le Père a donné tout le jugement au Fils (Jean 5:22); Il doit l'exercer plus tard contre ceux qui n'auront pas cru (Apoc. 19, 20). Mais, dès maintenant, pendant que l'Ãglise est sur la terre, Il prend connaissance de l'état de chacune de ses assemblées (les 7 lampes d'or qui doivent briller en son absence). Oui, le Seigneur peut tout pardonner. Il est mort et ressuscité pour nous donner le pardon et la vie (v. 18). Mais Il ne peut rien laisser passer. Ses yeux sont comme des flammes de feu (Apoc. 2:18; Apoc. 19:12); rien ne Lui échappe.
Le v. 19 fournit le plan général du livre.
1º Les choses que tu as vues: cette apparition solennelle du Seigneur de gloire (Apoc. 1:12â¦).
2º Les choses qui sont: l'histoire actuelle de l'Ãglise responsable (Apoc. 2 et 3).
3º Les choses qui doivent arriver après celles-ci: les événements prophétiques qui s'accompliront après lâenlèvement de lâÃglise (Apoc. 4 - 22).
Ces lettres aux sept assemblées d'Asie décrivent en autant de tableaux successifs l'histoire de la chrétienté responsable. Le Seigneur se présente à chacune de ces églises, fait un inventaire précis de ce qu'Il y trouve⦠et n'y trouve pas, exhorte et promet Sa récompense au vainqueur.
à Ãphèse en apparence tout allait le mieux possible (v. 2, 3). Mais c'est au cÅur que le Seigneur regarde (Jér. 2:2). Malheureusement Il n'y voit plus la réponse à son propre amour; Il a cessé d'y occuper la première place! Or si une rivière est coupée de sa source, les riverains près de l'embouchure ne le remarqueront pas aussitôt. Tant que l'eau s'écoulera, les rives resteront verdoyantes; on y verra quelque temps encore la même animation⦠Ah, chers amis, interrogeons-nous! Qu'en est-il, non de notre zèle, mais de nos affections pour Christ? Pour enrayer ce déclin, le Seigneur fidèle va user d'un remède étrange: l'épreuve. Il lâche la bride à la puissance de Satan. Après Ãphèse (l'aimable) vient Smyrne qui signifie «l'amère». Ce fut le temps des martyrs sous les cruels empereurs romains (au 2º et 3º siècles). Alors, dans les arènes, devant les bêtes féroces, les chrétiens de Smyrne ont eu l'occasion de prouver leur amour pour leur Sauveur par une fidélité jusqu'à la mort.
Pendant la période de Smyrne, dix grandes persécutions collectives n'ont pas eu raison de la foi chrétienne. Au contraire, comme l'a écrit quelqu'un, «le sang des martyrs est devenu la semence de l'Ãglise». Alors Satan use d'une autre tactique, et c'est Pergame (v. 13). Ce que la violence n'a pu produire, la faveur des autorités va l'accomplir. Sous le règne de l'empereur Constantin en l'an 312, l'adoption du christianisme comme religion d'état, événement que beaucoup ont pu considérer comme un grand succès de la vérité, a favorisé le relâchement, la mondanité, l'introduction de doctrines étrangères (v. 14, 15).
Mais à Thyatire, église qui va jusqu'à la fin, le mal fait un pas de plus. Ce sont les ténèbres du Moyen-Ãge, comparées ici au sinistre règne d'Achab que sa femme Jésabel poussait à faire le mal (1 Rois 21:25). L'Ãglise s'est lassée d'être étrangère ici-bas. Elle a voulu régner. Et nous connaissons le rôle politique quâelle a toujours désiré jouer. Eh bien, la domination que cette Ãglise de Thyatire a recherchée avec tant d'arrogance est promise à ceux qu'elle a opprimés, torturés, brûlés sur les bûchers⦠mais qui sont les vrais vainqueurs. Ils régneront avec Celui qui vient comme l'Ãtoile du matin.
Les siècles ont passé. Du milieu de Thyatire, Dieu suscite la Réforme, un puissant mouvement animé par son Esprit. Puis le déclin de nouveau fait son Åuvre. La mort spirituelle envahit l'Ãglise de Sardes. Souviens-toi,⦠repens-toi, lui est-il enjoint (v. 3; comp. Apoc. 2:5, 16; Apoc. 3:19). Qui est ici le vainqueur? Celui qui n'a pas souillé ses vêtements. Connaissons-nous cette sorte de victoire pour rester pur? Le vainqueur de Sardes sera vêtu de vêtements blancs. Et contrairement au prétendu «nom de vivre» de son église, le sien ne sera jamais effacé du livre de vie.
Philadelphie (= amour des frères) est la fille du «Réveil» du 19° siècle. Ce qui la caractérise:
Peu de force! Mais le Seigneur tient ouverte pour elle la porte de l'évangile.
Fidélité-Sa Parole! Lui sera fidèle à Sa promesse: «Je viens bientôt».
Attachement-Son nom! Son nouveau nom sera leur part.
L'opprobre du monde? Il y répondra par son approbation publique: «Ils connaîtront que moi je t'ai aimé».
Nous sommes les héritiers responsables du témoignage de Philadelphie. Que le Seigneur nous donne d'en manifester les caractères, de ne pas perdre notre couronne! Car Lui éprouvera plus de joie à donner cette récompense que le vainqueur à la recevoir.
Un dernier état caractérise la chrétienté. Ses traits, nous les reconnaissons aujourd'hui: satisfaction de soi-même, tiédeur indifférente, prétentions religieuses à tout posséder, à tout connaître (Deut. 8:17; Os. 12:9). «Je n'ai besoin de rien»: c'est ce que semblent dire aussi les chrétiens qui négligent la prière. Il manque à Laodicée trois choses essentielles â l'or: la vraie justice selon Dieu â les vêtements blancs: le témoignage pratique qui en résulte â un collyre: le discernement que donne le Saint-Esprit. Mais il n'est pas trop tard pour que celui qui a des oreilles écoute! Le Seigneur donne successivement â un conseil: que chacun se hâte d'acquérir de Lui tout ce qui lui manque (comp. Matt. 25:3) â un encouragement: ce sont ceux qu'Il aime que Christ reprend et châtie â une exhortation à être zélé, à se repentir â une promesse sans prix, celle du v. 20. Ceux qui auront reçu maintenant Jésus dans leur cÅur, Lui à son tour les recevra dans son ciel, sur son trône (v. 21). Chers amis, c'est la fin de l'histoire de l'Ãglise sur la terre. Mais si grand que soit le déclin, la présence du Seigneur peut encore être réalisée. Elle fait brûler le cÅur d'une joie indicible, comme l'éprouvèrent deux disciples un soir inoubliable, lorsque Jésus entra pour rester avec eux (Luc 24:29).
Ici commence la troisième partie du livre, annoncée au ch. 1:19. Bien entendu tous les détails de la vision sont à comprendre dans un sens symbolique. Il est certain que nous ne verrons au ciel aucun trône matériel; celui-ci est simplement l'emblème du gouvernement royal. Toutefois l'interprétation de ces symboles n'est nullement laissée à notre imagination; elle nous est donnée par la Bible elle-même dans d'autres passages (Nous conseillons l'aide du petit ouvrage: le Langage Symbolique de l'Apocalypse par H.R.).
Pour contempler ces «choses qui doivent arriver bientôt» (après que l'Ãglise aura été enlevée), l'apôtre est invité à monter dans le ciel. C'est toujours d'un point de vue céleste que le chrétien doit considérer les événements de la terre pour les voir dans leur juste perspective, avec Christ pour centre.
Selon la promesse faite à Philadelphie, les rachetés du Seigneur seront gardés de l'heure de l'épreuve. Au moment où celle-ci va commencer pour le monde (Apoc. 6), nous les voyons déjà rassemblés dans la gloire. Ils sont représentés par les 24 anciens qui se prosternent en jetant leurs couronnes devant le trône. Ils célèbrent le Dieu Créateur, mais au Apoc. 5, ils vont adorer le Dieu Rédempteur.
Une question tient l'univers en suspens: «Qui est digne d'ouvrir le livre et d'en rompre les sceaux»? Autrement dit, qui exercera le jugement? Un seul le peut: celui qui est sans péché (comp. Jean 8:7), ayant, par sa perfection même, vaincu Satan et le monde. Christ est ce «lion de la tribu de Juda», déjà désigné en Gen. 49:9. Mais, aussitôt après, Il est vu sous l'apparence d'un Agneau comme immolé. Pour triompher de Satan, pour remplir le ciel d'une multitude de créatures heureuses et reconnaissantes, la croix de Jésus a été nécessaire. Et Son sacrifice est rappelé au cÅur de tous les saints de la manière la plus touchante. Dans ce ciel où tout parle de puissance et de majesté, le souvenir permanent de l'abaissement de notre cher Sauveur présentera le plus saisissant contraste. Son humilité, sa douceur, sa dépendance, sa patience⦠toutes ces perfections morales que Jésus a manifestées ici-bas ne cesseront jamais d'être visibles, nous donnant pour l'éternité la mesure de son amour.
Alors, au cantique nouveau entonné par les saints glorifiés, répondra l'écho universel de toutes les sphères de la création. «Digne est l'Agneau de recevoir â Richesse, honneur, force, pouvoir â Majesté, sagesse et puissanceâ¦Â» (v. 12, Hymnes et cantiques nº 12).
Si nous nous étonnons quelquefois de la sévérité des jugements de Dieu, c'est parce que nous ne savons pas monter (par la foi) dans le ciel. En entendant célébrer la parfaite sainteté de Dieu (Apoc. 4:8), en contemplant dans l'Agneau immolé à la fois l'amour divin et le mépris de cet amour par l'homme révolté, nous pourrions comprendre combien le jugement est juste, mérité, nécessaire. Et nous vérifierions aussi que rien n'est le fait du hasard. Dieu a le contrôle de tout ce qui se passe sur la terre. Non seulement ses voies en jugement sont décrites d'avance dans ce livre symbolique (ch. 5:1) mais chacune se produit au moment précis qu'Il a décrété, lorsque le sceau est rompu par l'Agneau. L'ouverture des quatre premiers sceaux fait surgir autant de cavaliers. Ils représentent respectivement la conquête territoriale, la guerre civile, la famine, les calamités mortelles qui se succéderont sur la terre (comp. v. 8 et Ãz. 14:21). Quand est rompu le 5º sceau, une compagnie de martyrs apparaît, implorant le Dieu souverain de leur rendre justice. Et le 6º sceau est comme la réponse à leur cri. Il suggère une terrible révolution; toutes les autorités établies sont renversées.
Combien ces mots sonnent étrangement ensemble: «la colère de l'Agneau» (v. 16; Ps. 2:12).
Ce chapitre apparaît comme une parenthèse entre le 6º et le 7º sceau. Avant d'aller plus avant dans ses voies de jugement, Dieu met à part et scelle ceux qui Lui appartiennent. Un premier groupe (v. 4-8) est formé par des Juifs des différentes tribus. Il constitue ce résidu fidèle dont les Psaumes nous révèlent les sentiments. La seconde classe de personnes se compose d'une multitude d'entre les nations qui auront cru à l'évangile du royaume (v. 9â¦). En nous présentant dès maintenant ces fidèles, c'est comme si Dieu nous disait: ces châtiments ne sont pas pour eux; ils traverseront l'épreuve sous ma protection. De la même manière, pendant la nuit de la Pâque, les Israélites étaient distingués et mis à l'abri des coups de l'ange destructeur par le sang de l'Agneau (Ex. 12:13). C'est dans ce sang que ces croyants venus de «la grande tribulation» auront lavé et blanchi leurs robes (v. 14). Leur salut ne sera pas assuré par un autre moyen que le nôtre: le précieux sang de Christ. Puis, le même Agneau qui les aura purifiés les paîtra, les protégera et les abreuvera aux fontaines de la vie (Ãsaïe 49:10). Dieu lui-même essuiera leurs larmes. Quelles promesses! Elles viennent d'avance les consoler en vue d'une détresse sans précédent!
Le 7º sceau s'ouvre par un court répit. Pendant que des anges se préparent à exécuter les jugements, un autre ange (Christ en personne) remplit les fonctions d'intercesseur (v. 3). En ce qu'Il a souffert Lui-même, le Seigneur Jésus est à même de sympathiser avec les croyants dans l'épreuve (Héb. 2:18; Héb. 4:15). Dans ces temps apocalyptiques, Il interviendra en faveur des fidèles de la grande tribulation (ceux du Apoc. 7). Et à leur tour les saints, déjà recueillis dans la gloire après avoir connu eux-mêmes sur la terre des fatigues et des peines, prendront un intérêt d'autant plus grand aux circonstances des croyants traversant cette période terrible. Ils seront ainsi sacrificateurs avec Christ, présentant à Dieu ces coupes d'or pleines de parfums qui sont les prières des saints (Apoc. 5:8 fin).
Devancés par l'intercession, chacun des sept anges embouche sa redoutable trompette. La première donne le signal d'un jugement soudain atteignant les puissants en Occident (les arbres) et la prospérité universelle. La 2º correspond à l'irruption dans l'empire d'une grande puissance terrestre anarchique. La 3º et la 4º provoquent la chute et l'apostasie des autorités responsables, plongeant les hommes dans les plus profondes ténèbres morales.
Certains commentateurs ont donné de ces chapitres les interprétations les plus fantaisistes, s'efforçant en particulier de faire correspondre les prophéties avec des événements contemporains. Rappelons donc que toute cette troisième partie de la vision de Jean est future. Elle concerne seulement l'intervalle de quelques années séparant la venue du Seigneur pour chercher son Ãglise, du commencement de son règne millénial.
La 5º trompette, ou premier malheur, libère de l'abîme un essaim d'effroyables sauterelles, instruments directs de Satan, qui infligent aux Juifs impies un tourment moral pire que la mort. à la 6º trompette apparaissent des chevaux fantastiques, crachant le feu, la fumée et le soufre, semant la mort sur leur passage. Leurs cavaliers portent des cuirasses (v. 9, 17), image de consciences endurcies (1 Tim. 4:2). En même temps les aiguillons et les queues semblables à des scorpions (v. 10) ou à des serpents (v. 19) représentent les doctrines mensongères et empoisonnées, armes perfides dont Satan se servira plus que jamais (comp. Ãsaïe 9:15).
L'emploi d'une trompette pour annoncer ces jugements leur donne le caractère d'avertissements aux hommes. Mais si durs sont les cÅurs que même ces désastres sans précédents ne les conduiront pas à la repentance (v. 20, 21).
Les ch. 10 et 11:1-13 s'intercalent entre la 6º et la 7º trompette, de même que le Apoc. 7 formait une parenthèse entre le 6º et le 7º sceau. De nouveau, Christ paraît sous l'aspect d'«un autre ange», ici aussi accompagné de signes de grâce. La nuée dont Il s'enveloppe et les colonnes de feu sur lesquelles Il se tient rappellent les soins de Dieu envers Israël au désert (Ex. 13:21, 22); l'arc-en-ciel (comp. Apoc. 4:3) parle de l'alliance de Dieu avec la terre (Gen. 9:13). Ses promesses sont ainsi indirectement rappelées. Mais Christ possède aussi les attributs de l'autorité: son visage est semblable au soleil, et Il revendique ses droits à posséder le monde. Il a dans sa main un petit livre ouvert représentant une courte période de la prophétie déjà révélée dans l'Ancien Testament. Il s'agit de la seconde «demi-semaine» de la grande tribulation (Dan. 9:27), pendant laquelle Dieu reconnaît encore le temple, l'autel et «ceux qui y adorent». Détail remarquable, ces trois ans et demi sont évalués en mois (42) pour parler de l'oppression (Apoc. 11:2), mais aussi en jours (1260) pour mesurer le témoignage d'un résidu fidèle. Dieu a compté chacun de ces jours et sait ce qu'il représente de courage et comporte de souffrances (Ps. 56:8).
Les deux témoins figurent le témoignage suffisant et complet rendu par le résidu pieux pendant la tribulation finale. Ils se présentent avec les caractères d'Ãlie et de Moïse qui, tous deux, en des temps sombres de l'histoire d'Israël assumèrent aussi un témoignage selon Dieu. à la prière du premier, le ciel resta fermé pendant trois ans et demi (v. 6; Jac. 5:17; comp. le v. 5 et 2 Rois 1:10, 12). Le second reçut le pouvoir de changer les eaux en sang (la vie en mort: Ex. 7:19) et de frapper la terre de toutes sortes de plaies. Ces fidèles seront mis à mort à Jérusalem par la «Bête romaine», consolés par la pensée qu'en ce lieu même, avant eux, «leur Seigneur a été crucifié» (Luc 13:33, 34). Et leur martyre sera suivi d'une résurrection éclatante et publique pour la consternation de leurs persécuteurs.
Enfin sonne le malheur final. Avec lui deux choses sont venues: le règne du Seigneur (v. 15 fin) et aussi Sa colère (v. 18; Ps. 110:5). Au Apoc. 6:17, les hommes épouvantés croyaient que la colère de l'Agneau était arrivée. Mais elle a été retenue jusqu'au moment où Christ prend le gouvernement du monde. Alors le ciel éclate en chants de triomphe; les saints se prosternent et adorent: Celui qui a été crucifié (v. 8 fin), règne désormais aux siècles des siècles (Luc 1:33).
Cette nouvelle division est introduite par Apoc. 11:19. L'arche de l'alliance y apparaît en signe de grâce avant les jugements sur Israël. Ce peuple (mis en scène sous le symbole de la femme enceinte revêtue du soleil) étant celui qui devait donner naissance au Messie, excite à ce titre l'opposition furieuse de Satan, le grand dragon roux. Cette inimitié entre la descendance de la femme et «le serpent ancien» (v. 9), annoncée dès la chute, s'est poursuivie à travers toute la Bible (voir Gen. 3:15; Ex. 1:22; 2 Rois 11:1; Matt. 2:16â¦). En vain le diable a concentré ses efforts pour empêcher que, par la naissance et l'élévation du Seigneur Jésus, les plans de Dieu ne s'accomplissent. Christ et ses saints célestes â l'enfant enlevé vers Dieu â sont maintenant hors de son atteinte. De plus Satan sera bientôt précipité du ciel sur la terre (lire Luc 10:18 et Rom. 16:20), où sa rage impuissante se déchaînera contre le résidu d'Israël. Ce qui caractérisera ce dernier: il gardera les commandements de Dieu (v. 17 fin). Quel a été pour Christ et quel est aujourd'hui pour nous, le secret de la force et de la victoire sur le Méchant? C'est la Parole de Dieu habitant dans le cÅur (Ps. 17:4; Matt. 4:4; 1 Jean 2:14 fin).
Jeté sur la terre, le diable met à profit le «peu de temps» qu'il a. Il se sert de deux instruments, deux «bêtes», terme qui implique l'absence de relations avec Dieu. La première (v. 1) correspond à l'empire romain reconstitué. Il réunira les caractères des trois précédents empires: rapidité du léopard (la Grèce), ténacité de l'ours (la Perse), voracité du lion (Babylone; voir Dan. 7:4-6). Au désert, Jésus avait refusé les royaumes du monde. Satan en fait don à l'empereur romain et obtient ainsi l'hommage de la terre entière (v. 4; Luc 4:5-8).
Quant à la seconde bête, elle est une contrefaçon de l'Agneau, mais son langage la trahit. C'est l'Antichrist, lequel exercera le pouvoir religieux, fera des miracles, soutiendra la première bête. Les multitudes d'hommes qu'il séduira seront marqués comme du bétail au nom de la «bête romaine». Ils sont appelés «ceux qui habitent sur la terre» (v. 8, 14; Apoc. 3:10; Apoc. 6:10; Apoc. 8:13; Apoc. 11:10) parce qu'ils y ont leurs intérêts et toutes leurs aspirations. Combien cette classe de personnes est déjà nombreuse aujourd'hui! Le v. 6 mentionne en contraste «ceux qui habitent dans le ciel» (Phil. 3:19, 20). Chrétiens, montrons «clairement», sans équivoque, où est notre habitation (Héb. 11:14).
Après une parenthèse qui nous a présenté la trinité du mal â à savoir le dragon (Apoc. 12), la première et la seconde bête (Apoc. 13) â les sept visions du Apoc. 14 se raccordent à la 7º trompette non encore accomplie (Apoc. 11:15). Mais avant d'intervenir à l'égard du mal, Dieu reconnaît et met à part un nouveau résidu de son peuple. Ces témoins ont résisté à la corruption générale. En contraste avec les masses qui portent sur leur front la marque de la bête (Apoc. 13:16) le nom de l'Agneau est inscrit sur le leur (v. 1). Portons-nous sans honte le nom de notre Sauveur? Chacun autour de nous peut-il voir à qui nous appartenons?
Ces croyants sont «ceux qui suivent l'Agneau où qu'il aille» (v. 4; comp. Jean 1:36, 37). L'ayant suivi dans l'opprobre et la souffrance, ils seront aussi ses compagnons dans le Royaume. Certains seront mis à mort par fidélité au Seigneur (comp. Apoc. 12:11). Le v. 13 les console. Loin de perdre leur part au règne, ils sont appelés bienheureux. Et leurs Åuvres les suivent (remarquons qu'elles ne les devancent pas; ce ne sont jamais les Åuvres de quelqu'un qui lui ouvrent l'accès du ciel). Chers amis, nos privilèges chrétiens sont plus élevés encore. Voudrions-nous être trouvés moins fidèles que ces témoins des derniers jours?
Le Seigneur avait jadis annoncé à ses accusateurs: «Dorénavant vous verrez le Fils de l'homme assis à la droite de la puissance, et venant sur les nuées du ciel» (Apoc. 1:7; Matt. 26:64 et Matt. 24:30). Le voici, ce Fils de l'homme, assis sur une nuée blanche. Jadis couronné d'épines, Il porte une couronne d'or; au lieu d'un roseau, Il tient une faucille tranchante. Celui que les hommes jugeaient est devenu le Juge des hommes. Et c'est à ce titre qu'Il ordonne la grande moisson de la terre, suivie de la redoutable vendange, l'une et l'autre annoncées depuis si longtemps (par ex. Joël 3:13; Matt. 13:30, 39).
Une dernière série de jugements (les coupes) va commencer avec Apoc. 15. Mais cette fois encore, les saints qui auront à les traverser sont d'abord vus en sécurité (v. 2 à 4). Après quoi les sept anges chargés de l'exécution des plaies sortent du temple et reçoivent sept coupes pleines du courroux de Dieu (comp. Jér. 25:15). Chers amis chrétiens, ce monde qui va être frappé, c'est celui que Dieu a tant aimé jusqu'à donner pour lui son Fils unique. Et les anges destructeurs n'ont pas encore reçu leur mission terrible. Celle qui nous appartient en attendant est toute autre: c'est d'y proclamer la grâce divine (2 Cor. 5:20).
Les sept coupes versées sur la terre rappellent les plaies sur l'Ãgypte: ulcère, eaux changées en sang, ténèbres, grenouilles, tonnerre, grêle et feu (voir Ex. 9:23). Au lieu de repentance, ces calamités suscitent des blasphèmes (v. 9, 11, 21). Mais un triple témoignage est rendu au Dieu Juste, par la compagnie des vainqueurs (Apoc. 15:3, 4), par l'ange des eaux (v. 5) et par l'autel lui-même (v. 7).
Les quatre premières plaies frappent respectivement les mêmes sphères que les quatre premières trompettes (Apoc. 8:7-12). La 5º atteint le trône du chef romain. La 6º prépare «le combat du grand jour». Enfin, avec la dernière coupe retentit la grande voix venant du trône: «c'est fait». Combien elle diffère du cri qui a annoncé pour nous la fin de la colère de Dieu contre le péché, après que le Fils de Dieu ait bu sur la croix la coupe que nous avions méritée: «C'est accompli» (Jean 19:30).
Ces événements solennels sont plus proches que nous ne pensons. «Puissions-nous ne jamais considérer le monde que comme une scène jugée, ayant conscience de l'effrayante colère à laquelle il ne peut échapper⦠Cela nous préservera d'être indifférents soit au mal qui est dans le monde, soit au jugement divin qui l'attend» (W.K.).
La dernière coupe comportait le jugement de Babylone (Apoc. 16:19), sujet détaillé dans les ch. 17 et 18. Il s'agit de l'Ãglise apostate, la grande chrétienté professante dont tous les vrais enfants de Dieu auront été retirés à la venue du Seigneur. Infidèle à Christ, elle s'est corrompue par des alliances impures avec le monde et ses idoles. Or, comme l'a dit quelqu'un: «la corruption de ce qu'il y a de meilleur est la pire des corruptions». Cette «prostituée» est «assise sur la bête», tirant sa force du pouvoir politique (v. 3). Alors que Jésus déclarait: «mon royaume n'est pas de ce monde», elle a revendiqué la domination terrestre (Jean 18:36). Enfin et surtout, elle a persécuté et mis à mort les vrais saints (v. 6). à ce spectacle un étonnement profond a saisi l'apôtre. Est-ce là vraiment ce que deviendrait l'Ãglise responsable? Oui, son histoire au cours des siècles ne l'a que trop confirmé déjà , en attendant sa forme finale qui est décrite ici. Mais les v. 16 et 17 nous apprennent comment périra cette «mère des abominations». Elle connaîtra le sort qu'elle a fait subir aux «témoins de Jésus», expression dans laquelle se discerne toute la tendresse du cÅur de Dieu (v. 6; voir aussi Apoc. 2:13).
On peut comparer ces visions à une série de diapositives projetant les mêmes tableaux ou événements sous des perspectives et des éclairages différents. L'effondrement de Babylone est considéré ici comme accompli directement par «le Seigneur Dieu» (v. 8, 20). Mais auparavant un commandement a retenti au v. 4: «Sortez du milieu d'elle, mon peuple» (comp. la prophétie de Jérémie contre la Babylone historique: Jér. 51:7, 8, 37, 45â¦). Cet appel se fait entendre déjà aujourd'hui: «Sortez du milieu d'eux et soyez séparés, dit le Seigneurâ¦Â» (2 Cor. 6:17). Chaque enfant de Dieu est invité à se séparer entièrement du monde religieux aux principes mélangés qui nous est présenté ici dans son état final (comp. Nomb. 16:26). Certains nous accuseront de manquer d'amour, d'être étroits et imbus d'un esprit de supériorité. Mais l'essentiel est d'obéir au Seigneur.
Les v. 12 et 13 dressent la longue liste de «tout ce qui est dans le monde», étudié pour satisfaire aux multiples convoitises des hommes (1 Jean 2:16, 17). Elle nomme en tête ce qui est le plus estimé: l'or, et se termine par ce qui a le moindre prix aux yeux de cette fausse Ãglise⦠mais qui a tant de prix pour Dieu: les âmes des hommes.
Les lamentations des marchands (v. 11, 15â¦) nous rappellent les plaintes de Démétrius et des artisans d'Ãphèse craignant de perdre le «grand profit» et le «bien-être» que leur procurait le culte de l'idole (Actes 19). Au fond, quelle différence y a-t-il entre la grande «Diane des Ãphésiens» et «Babylone la grande», entre l'idolâtrie païenne et la corruption du christianisme? Elle ne peut qu'avoir du succès, la religion qui donne à l'homme tous les fruits du désir de son âme (v. 14), qui flatte les sens en endormant la conscience (v. 22; Dan. 3:7), qui favorise le commerce et sert de prétexte à toutes sortes de réjouissances. Il suffit de voir au cours de la fin de l'année de quelle manière profane la naissance du Seigneur Jésus est célébrée par beaucoup.
«En elle a été trouvé le sang⦠des saints» (v. 24). Déjà dans la ville de Caïn, au commencement de la Bible, se trouvaient maintes choses agréables⦠pendant que criait le sang d'Abel (comp. Gen. 4:10, 17â¦). Aujourd'hui le monde religieux se réjouit pendant que le vrai croyant souffre et s'afflige (Jean 16:20). Demain retentiront les hélas! ici-bas, mais la joie du ciel y répondra (v. 20). Que Dieu nous donne de voir déjà par la foi toutes choses comme Lui les voit!
L'imposture de Babylone, sa prétention à être l'Ãglise a été publiquement confondue. Maintenant le Seigneur présente sa vraie Ãpouse aux conviés du banquet céleste. Le ciel éclate en louanges car il contemple en elle lâétendue de la grâce et de la gloire de Dieu.
à la joie de l'Ãpoux répondra celle de l'Ãpouse! Elle sâest préparée et sa parure consiste dans les actes justes des saints que Dieu leur a accordé d'accomplir quand ils étaient sur la terre. Mais les «conviés» aussi seront remplis de joie. Car «celui qui a l'Ãpouse est l'Ãpoux, mais l'ami de l'Ãpoux est tout réjoui à cause de la voix de l'Ãpoux» (Jean 3:29).
N'oublions pas, en attendant ce jour, que nous avons été «fiancés à un seul mari» pour être présentés au Christ «comme une vierge chaste» (2 Cor. 11:2). Gardons-Lui toute la fraîcheur de nos affections.
Mais, s'il est le Bien-aimé de l'Ãglise, pour le monde Il devient le grand Justicier. Sous le nom pris jadis pour manifester la grâce et la vérité, celui de «la Parole de Dieu», Il s'avance pour accomplir des «choses terribles» (Ps. 45; voir Ãsaïe 59:18; Ãsaïe 63:1-6).
Ami, quand et comment voulez-vous rencontrer Jésus? Maintenant comme un Sauveur, ou bientôt comme un Juge?
En contraste avec le «banquet des noces de l'Agneau», voici ce qui est appelé ironiquement le «grand souper de Dieu» (v. 17 fin; Ps. 2:4, 5; Soph. 1:7). L'affrontement final entre les armées du Fils de Dieu et celles du chef romain s'achèvera par un anéantissement général de ces dernières. Sans autre jugement, la bête et le faux prophète seront jetés vivants en enfer (comp. Nomb. 16:33; Ps. 55:15). Puis Dieu s'occupe de leur maître Satan. Le ch. 12 nous l'a montré précipité du ciel. Ici une chaîne et une clé symboliques mettent hors d'état de nuire le grand meurtrier. Enfin le v. 10 le montre, après les mille ans, rejoignant ses deux complices dans le lac de feu (Matt. 25:41). On comprend donc qu'il n'y ait pas dans la Bible de livre que le diable redoute davantage que celui de l'Apocalypse. Pour en empêcher la lecture, il persuade même les croyants de son obscurité.
Satan lié, plus rien ne s'oppose dorénavant au règne glorieux du Seigneur. Nous avons pu constater que ce Règne, contrairement aux pensées de beaucoup, ne sera pas amené par une amélioration progressive du monde, mais par des jugements. Chers enfants de Dieu, Christ veut partager avec nous son autorité (Dan. 7:18). Ne fraternisons pas aujourd'hui avec un monde que nous allons juger demain (1 Cor. 6:2).
Mille ans de bénédiction n'auront pas changé le cÅur de l'homme. Satan délié parviendra à soulever une ultime et gigantesque révolte des nations à laquelle Dieu répondra par un jugement sommaire et foudroyant. Maintenant sonne l'heure solennelle entre toutes: Héb. 9:27 s'accomplit â mais aussi Jean 5:24.
Tous les morts comparaissent devant le grand Juge. Il y a eu bien des différences entre eux pendant leur vie terrestre. Les uns ont été grands, honorés par leurs semblables (Luc 16:19), les autres petits ou même au ban de la société (Luc 23:39). Les voici tous réunis, sans plus de distinction, «car tous ont péchéâ¦Â» (Rom. 3:23). Pour le prouver, des livres sont ouverts où chacun retrouve avec terreur toutes ses Åuvres inscrites une à une (Ps. 28:4). Et qui peut supporter la lecture, ne serait-ce que d'une seule page du livre de ses Åuvres! Le livre de vie est ouvert aussi. Mais seulement pour confirmer que leurs noms ne s'y trouvent pas. Jetez-les dans les ténèbres de dehors â est la sentence du Juge suprême (Matt. 22:12, 13). Ils y rejoignent Satan, devenant ses compagnons de misère pour un tourment sans espoir et sans finâ¦
Le croyant, lui, ne sera pas jugé selon ses Åuvres, mais selon l'Åuvre parfaite du Seigneur Jésus.
La page est tournée. L'histoire de la première création a pris fin. L'éternité de gloire commence où Dieu sera «entouré de créatures bénies rendues capables de le connaître et de le comprendre⦠dans la jouissance de leur propre bonheur, quand le temps ne sera plus» (Introduction à la Bible JND, p. 1). Alors la mer (symbole de la confusion et de la séparation des peuples) aura cessé d'exister. Tous les rachetés seront arrivés au port, câest-à -dire au ciel. Mais Dieu ne nous révèle guère ce que nous y trouverons; Il nous dit plutôt pour notre consolation ce que nous nây trouverons plus: Dans ce monde nouveau, la mort sera abolie (1 Cor. 15:26, 54); il n'y aura plus de nuit ni de malédiction (v. 25; Apoc. 22:3, 5); plus de deuil, de cri ni de peine, toutes ces conséquences du péché auront pris fin car l'habitation de Dieu sera pour toujours avec les hommes (v. 3, 4). Et ceux qui seront restés dehors? Leur part sera la seconde mort, les ténèbres, les pleurs du remords dans un éternel éloignement de la présence du Dieu saint. Là seront les incrédules; mais aussi les timides: ceux qui n'auront jamais voulu se décider franchement pour Christ. Et également les menteurs et les hypocrites. Ami, permettez-nous pour la dernière fois de vous poser cette question: Où serez-vous pendant l'éternité?
Après avoir entrouvert le voile sur l'état éternel (v. 1-8), l'Esprit revient en arrière à la période du règne de Christ. Il nous présente une ville qui n'est plus Rome ou Babylone mais la sainte Jérusalem, «l'Ãpouse, la femme de l'Agneau». Toute cette description est symbolique. Nos sens actuels ne peuvent percevoir ni nos esprits concevoir ce qui appartient à la nouvelle création (1 Cor. 13:12). Comment expliquer par exemple à un aveugle de naissance ce que c'est que les couleurs? Aussi Dieu prend-Il ce qu'il y a de plus beau et de plus rare sur la terre: l'or, les pierres précieuses, pour nous donner quelque notion de ce que nous réserve le ciel. Le luminaire et la muraille de jaspe (v. 11, 18) nous parlent de la manifestation des gloires de Christ dans et par l'Ãglise (Apoc. 4:3). Celle-ci est illuminée par la lumière brillant dans la lampe: la gloire de Dieu «concentrée» dans l'Agneau (v. 23). à son tour, la sainte cité diffuse cette divine lumière au profit de la terre milléniale (v. 24). C'est ce que suggère Jean 17:22: «la gloire que tu m'as donnée, moi, je la leur ai donnée⦠moi en eux et toi en moi; afin⦠que le monde connaisseâ¦Â».
Et comment entrerait-il «aucune chose souillée» dans le lieu où le Seigneur habite (v. 27; lire 2 Cor. 7:1)?
Les v. 1-5 complètent la vision de la sainte Cité pendant le millénium. Et nous remarquons combien la première et la dernière page de la Bible se ressemblent. L'Ãcriture commence et s'achève par un paradis, un fleuve, un arbre de vie⦠Mais, comme l'a écrit quelqu'un, la fin est plus belle que le commencement, l'oméga plus grandiose que l'alpha, le paradis futur n'est pas l'ancien retrouvé, c'est «le paradis de Dieu» (Apoc. 2:7) avec la présence éternelle de l'Agneau qui mourut pour nous. Y auront accès uniquement des pécheurs sauvés par grâce, des hommes tels que le brigand converti (Luc 23:43). Et quelle sera l'occupation de ses habitants? Ils serviront leur Seigneur (v. 3; Apoc. 7:15); ils régneront avec Lui (v. 5 fin; Dan. 7:27). Mais ce qui aura plus de prix pour eux que tous les royaumes: «ils verront sa faceâ¦Â» (v. 4; Ps. 17:15).
D'ordinaire un esclave «ne sait pas ce que son Maître fait» (Jean 15:15). Jésus, Lui, ne cache rien à ses esclaves, devenus ses amis, des «choses qui doivent arriver bientôt» (v. 6). N'est-il pas étrange alors que nous entrions souvent si peu dans ces merveilles qui nous concernent (1 Cor. 2:9)? N'est-il pas surtout triste que nous ne prenions pas plus d'intérêt à ce que le Père a préparé pour la gloire et la joie de son Fils (Jean 14:28 fin)?
Pour Daniel et le peuple juif, la prophétie était scellée jusqu'à son futur accomplissement (Dan. 12:9). Pour le chrétien, elle n'est plus cachée (v. 10). Toute la Bible lui est donnée pour être comprise et crue. Que le Seigneur nous aide à la sonder toujours plus profondément (Jean 5:39). Qu'Il nous trouve à son retour parmi ceux qui gardent sa Parole et qui ne renient pas son Nom (Apoc. 3:8). Ce nom incomparable de Jésus, ce nom de son humanité, nous est rappelé encore une fois par Lui-même: «Moi Jésus», je suis «l'Ãtoile brillante du matin», Celui qui vient (v. 16). Nous n'attendons pas un événement mais quelquâun que nous connaissons et que nous aimons.
«Viens»! à ce désir, éveillé par l'Esprit, répond sa promesse: «Je viens bientôt» (v. 7, 12, 20); puis de nouveau l'écho des affections de l'Ãpouse: «Amen, viens Seigneur Jésus».
Nous avons été convertis pour le servir: inviter ceux qui ont soif, ceux qui veulent (v. 17)⦠et pour l'attendre. Mais le Seigneur sait que, pour ceci comme pour cela, nous avons besoin de toute sa grâce (v. 21). Câest pourquoi lâEsprit de Dieu ferme ce livre de jugement et la parole de Dieu tout entière sur cette promesse de la grâce. Elle est la ressource parfaite et suffisante qui nous gardera «jusqu'à ce qu'Il vienne» (1 Cor. 11:26 fin).
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With the prayerful desire that the Lord Jesus Christ will use this God-given ministry in this form for His glory and the blessing of many in these last days before His coming. © Les Hodgett
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Une année qui commence est un moment favorable pour «faire le point». Regardant en arrière, le croyant peut s'écrier avec reconnaissance: «Seigneur, tu as été notre demeure...» (v. 1). Avoir Dieu lui-même comme «rocher dâhabitation», quel bonheur et quelle sécurité pour le fidèle (Ps. 71:3)!
Quant au présent, il mesure la courte durée de son existence terrestre â 80 ans pour les plus vigoureux â avant que se fasse entendre pour chacun lâordre de retourner jusquâà la poussière. Il demande à Dieu de lui apprendre à compter ses jours afin d'en acquérir un cÅur sage (v. 12). La sagesse, selon Ãphésiens 5:15-16, nous amènera à saisir l'occasion (à racheter le temps ou à le mettre-profit, d'après d'autres traductions; voir aussi Col. 4:5). Oui, ces années qui se passent si vite, ne les gaspillons pas, employons-les pour le Seigneur (v. 9)!
Et vous, lecteur inconverti, cette année de grâce, la dernière peut-être, vous renouvelle l'occasion d'accepter Jésus comme votre Sauveur: saisissez-la sans plus tarder.
Cette «prière de Moïse, homme de Dieu» sera dans la bouche de l'Israël repentant des derniers jours. Mais les rachetés du Seigneur, qui connaissent son amour immense, peuvent demander dès maintenant: «Rassasie-nous, au matin (c'est-à -dire dès notre jeunesse), de ta bonté; et nous chanterons de joie et nous nous réjouirons tous nos jours» (v. 14). Que ce soit notre prière au seuil de cette nouvelle année!